{"id":1082,"date":"2022-05-30T11:33:59","date_gmt":"2022-05-30T09:33:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=1082"},"modified":"2022-06-10T12:29:34","modified_gmt":"2022-06-10T10:29:34","slug":"presentation2022-vol2-no2","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/presentation2022-vol2-no2\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique pr\u00e9sente un visage peu reluisant en ce qui concerne sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9guler par-del\u00e0 les fronti\u00e8res les questions de s\u00e9curit\u00e9, de stabilit\u00e9 et leur incidence sur le principe de territorialit\u00e9[footnote]Cette note de pr\u00e9sentation s\u2019inspire d\u2019une r\u00e9flexion intitul\u00e9e \u00ab Africa toward a new configuration\u00bb\u00a0 propos\u00e9e par l\u2019auteur en 2012 dans le cadre du colloque du BRIT (Border Regions in Transition) XII: Fukuoka-Busan in East Asia, November 13-16, 2012, Fukuoka (Japan) &amp; Busan (Korea), Borderland Voices: Shaping a New World Order\u201d.[\/footnote]. Cette situation soul\u00e8ve la question de la r\u00e9silience des \u00c9tats africains aux bouleversements g\u00e9opolitiques internationaux, corollaires de la mondialisation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, des flux illicites et de l\u2019\u00e9conomie criminelle. La volont\u00e9 pour certain-e-s acteurs et actrices de remodeler les territoires est manifeste \u00e0 travers l\u2019\u00e9mergence d\u2019irr\u00e9dentismes r\u00e9gionaux \u00e0 caract\u00e8re nationaliste et la prolif\u00e9ration des r\u00e9seaux criminels internationaux. Puisant dans les imaginaires et le temps long de l\u2019histoire, l\u2019analyse de ces fermentations complexes requiert l\u2019usage d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils qui transgresse les polices disciplinaires. Car, la stabilit\u00e9 sociopolitique et le d\u00e9veloppement, sur le moyen et le long terme, exige une meilleure appropriation et une articulation efficiente des concepts suivants : temps, territoire et paix.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En remontant aux mobiles profonds de ces changements g\u00e9opolitiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale, on remarque une imbrication des ph\u00e9nom\u00e8nes locaux et globaux. Le paradigme ethnoreligieux, la \u00ab\u00a0r\u00e9seautisation\u00a0\u00bb de la menace induite par la mondialisation, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 r\u00e9gionale dans le d\u00e9veloppement, la faiblesse des \u00c9tats dans le contr\u00f4le de leur territoire, l\u2019inop\u00e9rabilit\u00e9 des organisations r\u00e9gionales et le caract\u00e8re ouvert et mondialis\u00e9 que repr\u00e9sentent les espaces frontaliers africains, fonctionnant dans leur majorit\u00e9 de mani\u00e8re autonome. Ces facteurs constituent des \u00e9l\u00e9ments certes probants, mais pas exhaustifs dans la g\u00e9n\u00e9alogie de l\u2019instabilit\u00e9 territoriale dont l\u2019Afrique est le th\u00e9\u00e2tre. On remarque sur cette base que la d\u00e9stabilisation d\u2019un \u00c9tat entra\u00eene de fait celle d\u2019un autre \u00c9tat, selon la th\u00e9orie des dominos.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les contributions r\u00e9unies dans le cadre de ce num\u00e9ro de la <em>Revue Adilaaku<\/em>, issues des champs disciplinaires pluriels, cherchent \u00e0 connecter trois concepts importants dans les champs des \u00e9tudes internationales et des sciences sociales. Il s\u2019agit de la paix, du temps et des territoires. L\u2019ambition poursuivie par ce num\u00e9ro rel\u00e8ve tout d\u2019abord d\u2019un souci de cr\u00e9er entre ces notions une coh\u00e9rence dont le but est de rendre plus lisibles et intelligibles les mutations contemporaines qui se donnent \u00e0 voir dans notre modernit\u00e9. Il s\u2019agit davantage de diagnostiquer leur interconnexion \u00e0 l\u2019aune des dynamiques contemporaines fortes d\u2019am\u00e9nagement, de transformation et de recomposition \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des temporalit\u00e9s et des territorialit\u00e9s. L\u2019analyse balaie ainsi un large spectre temporel qui nous conduit dans une perspective it\u00e9rative \u00e0 naviguer entre le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur. Ces temps ne sont pas ici con\u00e7us comme des cat\u00e9gories closes, mais comme des portes qui s\u2019ouvrent les unes sur les autres. Plus que le temps politique, fa\u00e7onn\u00e9 par la conscience imaginative, produit des effets dans le monde, il s\u2019agit du temps pris comme objet d\u2019une perception sensible, ne pouvant exister en dehors de notre pens\u00e9e, comme chez Spinoza. Bref, le temps est ici con\u00e7u comme un continuum.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des \u00e9v\u00e9nements disparus de la m\u00e9moire des contemporain-e-s offre ainsi des ressources pour une compr\u00e9hension plus fine et attel\u00e9e des dynamiques actuelles concernant la conception de la paix, sa qu\u00eate \u00e0 travers les institutions sociales comme la justice ou \u00e0 travers un ensemble de dispositifs l\u00e9gaux et informels. Si les territoires semblent \u00eatre des entit\u00e9s relativement stables depuis la fin des mouvements de d\u00e9colonisation sur le continent africain, leurs vies ne peuvent pas simplement \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9es dans une perspective institutionnelle, \u00e0 l\u2019aune des mutations spatiales qui peuvent prendre le sens de la cr\u00e9ation de nouvelles fronti\u00e8res et la naissance de nouveaux \u00c9tats. La vie des territoires dans le temps est intimement li\u00e9e \u00e0 celles des \u00ab\u00a0multiples\u00a0\u00bb qui interagissent dans ceux-ci. Elle rel\u00e8ve du rapport entre les humains devenus citoyen-ne-s ou apatrides, entre les humains et leur milieu (animal, v\u00e9g\u00e9tal ou min\u00e9ralogique).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les territoires bougent \u00e0 travers l\u2019\u00e9largissement des espaces autonomes, \u00e9chappant au contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat dans un contexte de naissance par scissiparit\u00e9 des mouvements djihadistes depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les territoires vivent \u00e0 travers des processus simultan\u00e9s de centralisation et de d\u00e9centralisation qui indiquent la volont\u00e9 des citoyen-ne-s de voir le pouvoir se d\u00e9centrer en se rapprochant des marges. De la sorte, les mouvements centrip\u00e8tes et centrifuges participent concomitamment \u00e0 un processus de construction et de d\u00e9construction de l\u2019\u00c9tat qui inaugure une \u00e8re de contestation du monopole \u00e9tatique h\u00e9rit\u00e9 de Westphalie. De ce contexte cherche \u00e0 jaillir des principes de re-territorialit\u00e9 analogues qui s\u2019inspireraient des sources religieuses, vernaculaires et ethniques. La question sociale connect\u00e9e \u00e0 un ordre n\u00e9olib\u00e9ral injuste et in\u00e9galitaire constitue, en plus des \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus, l\u2019une des matrices de ces bouleversements globaux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La volont\u00e9 de sortie des territoires dans un contexte marqu\u00e9 par des crises multiformes est capitale. Elle renseigne sur le droit des humains \u00ab\u00a0\u00e0 la respiration\u00a0\u00bb (Mbembe, 2020) et \u00e0 l\u2019utopie. Ce droit \u00e0 l\u2019utopie escompte une volont\u00e9 de r\u00e9invention des cadres sociaux nouveaux qui permettent d\u2019appr\u00e9hender la paix comme une r\u00e9alit\u00e9 labile. Celle-ci se construisant \u00e0 travers le droit de circuler des \u00ab\u00a0territoires rugueux\u00a0\u00bb vers \u00ab\u00a0des territoires lisses\u00a0\u00bb (Bopda, 2009). La paix devenant ainsi synonyme de figures territoriales diverses o\u00f9 la vie ne serait pas menac\u00e9e par l\u2019extr\u00e9misme, les conflits, la pauvret\u00e9, le racisme, la x\u00e9nophobie, etc. La paix n\u2019est pas d\u00e9finie ici comme un processus qui intervient forc\u00e9ment apr\u00e8s un conflit arm\u00e9, mais comme le r\u00e9sultat d\u2019une interm\u00e9diation constante qui d\u00e9samorce au quotidien une conflagration in\u00e9luctable dont les ferments sont la transformation de l\u2019\u00c9tat en lieu de non-appartenance et o\u00f9 les conditions sociales et \u00e9conomiques des humains sont en danger.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, la chute du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi est pour beaucoup d\u2019analystes l\u2019\u00e9l\u00e9ment fondamental du d\u00e9sordre dans le Sahel, car il a entra\u00een\u00e9 avec lui la propagation d\u2019une onde de choc dont les cons\u00e9quences sont mesurables aujourd\u2019hui en termes de d\u00e9stabilisation des pays voisins[footnote]Le d\u00e9mant\u00e8lement du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi a occasionn\u00e9 une prolif\u00e9ration des armes dans le Sahel en g\u00e9n\u00e9ral. Cet arsenal militaire a servi, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019armement du MLNA et, d\u2019autre part, \u00e0 l\u2019exacerbation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans cette partie de l\u2019Afrique.[\/footnote]. Si de telles analyses sont pertinentes, il faudrait n\u00e9anmoins se garder de transformer une telle r\u00e9alit\u00e9 en causalit\u00e9. En revanche, la question qu\u2019il faudrait se poser est celle de savoir si les \u00c9tats sah\u00e9liens n\u2019\u00e9taient pas tous fragiles au moment de la chute du r\u00e9gime libyen pour que leur s\u00e9curit\u00e9 soit \u00e9branl\u00e9e comme un ch\u00e2teau de cartes. Bien plus, comment ces \u00c9tats ont-ils ajust\u00e9 leur architecture militaire (capacit\u00e9 op\u00e9rationnelle et de projection) face \u00e0 ces d\u00e9fis s\u00e9curitaires plus exigeants?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces interrogations permettent non seulement d\u2019approfondir l\u2019analyse sur le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 la Libye en tant que pivot de la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et dans le Sahel en particulier, mais aussi sur la capacit\u00e9 de projection des arm\u00e9es africaines face aux menaces s\u00e9curitaires mutantes. La Lybie a \u00e9t\u00e9 pendant l\u2019\u00e8re Kadhafi l\u2019\u00c9tat sur lequel reposait la s\u00e9curit\u00e9 du Sahel. C\u2019est peut-\u00eatre la signification qu\u2019ont voulu donn\u00e9e les id\u00e9ologues r\u00e9alistes au concept d\u2019h\u00e9g\u00e9mon. La Libye a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans le processus de stabilisation et de r\u00e9gulation de la r\u00e9gion \u00e0 travers un syst\u00e8me complexe d\u2019alliances diverses et de pr\u00e9bendes. La chute o\u00f9 la d\u00e9stabilisation de ce pays a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9stabilisation de l\u2019ensemble r\u00e9gional dont il \u00e9tait le pivot. Les \u00c9tats qui lui sont voisins avaient une faible ma\u00eetrise de leur territoire et leurs appareils de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9taient sinistr\u00e9s d\u2019un point de vue op\u00e9rationnel pour anticiper et faire face \u00e0 la d\u00e9ferlante djihadiste (renseignements d\u00e9faillants, capacit\u00e9 insuffisante en hommes bien form\u00e9s, mat\u00e9riels militaires, etc.). On constate \u00e0 travers ce raisonnement que la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00c9tats du Sahel est le fait d\u2019un vide s\u00e9curitaire qui jadis \u00e9tait combl\u00e9 par la Libye sous Mouammar Kadhafi, mais \u00e9galement \u00e0 la naissance d\u2019\u00c9tats sans souffle au lendemain du processus de d\u00e9colonisation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quoi qu\u2019il en soit, cette image de l\u2019Afrique o\u00f9 la multiplication des zones grises est en constante augmentation pousse \u00e0 se poser la suivante : l\u2019Afrique se dirige-t-elle vers une nouvelle configuration territoriale? L\u2019expression \u00ab nouvelle configuration territoriale \u00bb ne doit pas simplement \u00eatre per\u00e7ue ici dans son sens strict de remodelage cartographique avec incidence sur les fronti\u00e8res. Contrairement \u00e0 ce qui est souvent pens\u00e9, les fronti\u00e8res africaines malgr\u00e9 le caract\u00e8re \u00ab artificiel \u00bb qui leur a souvent \u00e9t\u00e9 affubl\u00e9 sont des trac\u00e9s stables d\u2019un point de vue international (Foucher, 2020 ). Pour le remarquer, il convient de faire une comparaison avec les bouleversements qu\u2019a connus l\u2019Europe apr\u00e8s la fin de la guerre froide avec dislocation de l\u2019Union des R\u00e9publiques Socialistes et Sovi\u00e9tiques (URSS) et la naissance de plusieurs \u00c9tats. Sur le continent africain, l\u2019ind\u00e9pendance de nouveaux \u00c9tats apr\u00e8s la vague des ann\u00e9es soixante constitue un \u00e9v\u00e9nement assez rare (hormis l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019\u00c9rythr\u00e9e et du Soudan du Sud).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019historicisation de la notion de territoire en Afrique nous permet ainsi de remarquer que celui-ci se situe depuis la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale dans une dynamique de re-d\u00e9-composition. De ce fait, l\u2019instabilit\u00e9 qu\u2019on observe aux marges des \u00c9tats africains pourrait \u00eatre envisag\u00e9e dans une perspective de longue dur\u00e9e. Cette perception trouve ses fondements dans l\u2019essence m\u00eame du concept de territoire en Afrique. Si l\u2019introduction du principe de lin\u00e9arit\u00e9 a permis, apr\u00e8s le Trait\u00e9 de Westphalie (Blin, 2006), de changer la vision du territoire \u00e0 travers les fronti\u00e8res, il est tout de m\u00eame pertinent de faire remarquer que l\u2019introduction de la fronti\u00e8re ligne pendant la colonisation et leur sacralisation en 1964 \u00e0 travers le principe de l\u2019<em>utis possidetis juris<\/em> n\u2019ont pas permis une stabilisation des territoires comme ce fut le cas en Europe apr\u00e8s la paix de Westphalie. Les trafics illicites qui d\u00e9stabilisent les \u00c9tats n\u2019ont pas cess\u00e9 de s\u2019intensifier \u00e0 cause du processus de circulation transnationale qui traverse les territoires africains de part en part depuis la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si beaucoup d\u2019\u00e9tudes ont imput\u00e9 \u00e0 ces fermentations aux fronti\u00e8res africaines leur artificialit\u00e9, il est important de noter que cette artificialit\u00e9 ne peut expliquer le fait que, de la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale \u00e0 la p\u00e9riode contemporaine, les marges des empires et aujourd\u2019hui des \u00c9tats en Afrique, aient \u00e9t\u00e9 des espaces de non-droit, ins\u00e9curis\u00e9s et parfois des zones grises o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 du souverain et de l\u2019\u00c9tat ne s\u2019exer\u00e7ait gu\u00e8re. Jeffrey Herbst (2000) \u00a0tentera d\u2019expliquer ce d\u00e9ficit d\u2019autorit\u00e9 en Afrique pendant la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale et postcoloniale par la grandeur du territoire. Nous situons, quant \u00e0 nous, l\u2019\u00e9tiologie de cet \u00e9largissement des zones grises dans l\u2019incapacit\u00e9 des \u00c9tats africains \u00e0 contr\u00f4ler les flux transfrontaliers qui traversent les territoires africains. Cette difficult\u00e9 de contr\u00f4le de ces flux est due au fait que les questions de s\u00e9curit\u00e9 imbriquent des param\u00e8tres complexes li\u00e9s \u00e0 l\u2019identit\u00e9, celle-ci est b\u00e2tie sur des notions comme l\u2019ethnie, la langue, la religion, les alliances matrimoniales, commerciales, etc. Dans cette perspective la crise des territoires en Afrique ne doit pas simplement \u00eatre per\u00e7ue comme une crise de l\u2019\u00c9tat postcolonial, mais abord\u00e9e dans une perspective de longue dur\u00e9e. Car, si la colonisation a cr\u00e9\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 travers les fronti\u00e8res, elle n\u2019a pas cass\u00e9 l\u2019\u00e9lan et les facteurs qui structurent les circulations dans l\u2019espace g\u00e9opolitique africain. L\u2019int\u00e9gration des populations africaines par le bas en est un exemple patent, car la transgression o\u00f9 le passage d\u2019un territoire \u00e0 un autre est rendue possible par une conception instrumentale de l\u2019identit\u00e9, celle-ci s\u2019enracinant dans le temps long de l\u2019histoire \u00e0 travers les processus migratoires, les \u00e9changes de toutes sortes, les alliances diverses, la langue, etc. Fort de ce constat, de ces constellations d\u2019\u00e9l\u00e9ments plus ou moins complexes qu\u2019il importe de lier pour assurer une appropriation scientifique exhaustive centr\u00e9e sur l\u2019Afrique, le pr\u00e9sent num\u00e9ro offre l\u2019occasion \u00e0 cinq chercheurs des sciences sociales et humaines d\u2019ouvrir des fen\u00eatres analytiques int\u00e9ressantes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cyril Kenfack Nanfack<\/strong> examine dans un contexte de d\u00e9colonisation l\u2019apport d\u2019unit\u00e9s h\u00e9t\u00e9roclites constitu\u00e9es des guides, des pisteurs, des agents de renseignements, des autod\u00e9fenseurs et des Gardes civiques dans les op\u00e9rations de maintien de l\u2019ordre qui ont marqu\u00e9 la lutte contre le mouvement nationaliste up\u00e9ciste. L\u2019auteur soutient l\u2019id\u00e9e que ces suppl\u00e9tifs camerounais ont aid\u00e9 les autorit\u00e9s administratives et militaires dans les actions de maintien de l\u2019ordre \u00e0 travers les actions pr\u00e9ventives et r\u00e9pressives. Leurs diff\u00e9rentes actions ont contribu\u00e9 \u00e0 instaurer de nouvelles dynamiques territoriales qui se traduisaient par la cr\u00e9ation de plusieurs territoires de pacification comme en Sanaga-Maritime \u00e0 travers la ZOPAC (Zone de Pacification de la Sanaga-Maritime) et des centres de propagandes alors qu\u2019en R\u00e9gion bamil\u00e9k\u00e9 on avait les camps de regroupement et les camps de la Garde Civique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Diagne Ndiouga<\/strong> analyse dans un premier temps les politiques de contr\u00f4le mises en place par l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise afin de p\u00e9n\u00e9trer, de stabiliser et de contr\u00f4ler la province du Djolof, n\u00e9e de la cr\u00e9ation du cercle de Louga en 1887, mais aussi de s\u00e9dentariser les pasteurs nomades dont la mobilit\u00e9 constante \u00e9chappait \u00e0 tout contr\u00f4le. Consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0roublards\u00a0\u00bb avec une activit\u00e9 archa\u00efque, les pasteurs nomades apparaissent aux yeux de l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise comme un peuple \u00ab\u00a0arri\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0stagnante\u00a0\u00bb. Il fallait les apporter du progr\u00e8s par le biais de la \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb afin qu\u2019ils rentrent dans l\u2019\u00e8re de la \u00ab\u00a0modernit\u00e9\u00a0\u00bb. Il \u00e9tudie, ensuite, les politiques de restriction de la mobilit\u00e9 des nomades dont le but est de les s\u00e9dentariser. Et enfin, il met l\u2019accent sur la territorialisation n\u00e9e des r\u00e9formes administratives avec comme corollaire la nature tendue et conflictuelle des relations entre deux groupes sociaux \u2013 agriculteurs et pasteurs \u2013 qui partagent le m\u00eame espace.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Joseph Wangba Joseph<\/strong> traite des conceptions th\u00e9oriques et pratiques du concept de paix au Cameroun. Il constate d\u2019une part que la paix dans ce pays a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme \u00e9tant la n\u00e9gation de la guerre et des conflits divers avant de subir une dynamique conceptuelle. Cette nouvelle conception appr\u00e9hende la paix comme une construction durable et perp\u00e9tuelle \u00e0 travers la s\u00e9curit\u00e9 humaine et la recherche du d\u00e9veloppement int\u00e9gral des populations. Les conceptions th\u00e9oriques de la paix se situent entre la paix n\u00e9gative et la paix positive. D\u2019autre part, la paix est pratiquement en construction dans une dynamique de l\u2019approche statocentr\u00e9e \u00e0 l\u2019approche polycentr\u00e9e avec une mobilisation multisectorielle des m\u00e9canismes de paix et de s\u00e9curit\u00e9 et dans une double dimension de paix int\u00e9rieure et de paix ext\u00e9rieure.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Sylvain Baizoumi Wambae<\/strong> s\u2019int\u00e9resse aux questions du vol de b\u00e9tail et des d\u00e9lits des destructions des biens pastoraux au Nord-Cameroun. Dans un contexte o\u00f9 la criminalit\u00e9 pastorale est devenue un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s pr\u00e9occupant pour les populations, le texte r\u00e9pond aux questions suivantes\u00a0: quels sont les diff\u00e9rents instruments juridiques dont disposent les soci\u00e9t\u00e9s pastorales peules et mbororo\u00a0et comment s\u2019en servent-elles pour se pr\u00e9munir des crimes pastoraux et les r\u00e9primer? Le texte explore l\u2019univers judiciaire des Peuls et des \u00e9leveurs nomades mbororo aux prises avec la grande criminalit\u00e9. Sur la base des pratiques juridiques endog\u00e8nes en vigueur dans le septentrion camerounais, il pr\u00e9sente comment les juridictions traditionnelles endog\u00e8nes pr\u00e9viennent et luttent contre les prises d\u2019otage et les vols de b\u00e9tail. Tout en mettant de l\u2019emphase sur les limites de ces pratiques juridiques, ce travail souligne \u00e9galement les obstacles et les d\u00e9fis inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019application de cette justice au Nord-Cameroun.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Firmin Ngounmedje<\/strong>, pour sa part, questionne l\u2019effectivit\u00e9 de la responsabilit\u00e9 des organismes de maintien de la paix (OMP) en droit international en la connectant \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 du droit international humanitaire. L\u2019auteur constate que la mise en \u0153uvre op\u00e9rationnelle de ce mandat se heurte \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de violations flagrantes des droits humains. Ainsi, face \u00e0 la d\u00e9shumanisation progressive des op\u00e9rations visant prioritairement la protection, le constat qui se d\u00e9gage r\u00e9v\u00e8le que les actes pos\u00e9s lors du d\u00e9roulement des OMP \u2013 notamment les exploitations et abus sexuels \u2013 font rarement face \u00e0 la justice r\u00e9pressive. La responsabilit\u00e9 des sujets de droit international rattach\u00e9s directement ou indirectement aux OMP en droit international est certes consacr\u00e9e. Cependant, cette responsabilit\u00e9 s\u2019av\u00e8re \u00eatre en construction. C\u2019est la raison pour laquelle il convient d\u2019affirmer que le r\u00e9gime de la responsabilit\u00e9 des infractions commises \u00e0 l\u2019occasion des OMP se trouve en situation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, ces contributions offrent une opportunit\u00e9 d\u2019analyse vari\u00e9e en montrant le lien apodictique entre le temps, la ma\u00eetrise des territorialit\u00e9s et la paix. L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un tel sujet, au regard des mutations sociopolitiques et des enjeux de la mondialisation, demeure une donne essentielle de la recomposition des zones d\u2019influence et de puissance.<\/p>\r\n\r\n<div>\r\n<h2 class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Blin, Arnaud. 2006. <em>1648, la paix de Westphalie ou la naissance de l\u2019Europe politique moderne<\/em>. Complexe.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bopda, Athanase. 2009. <em>Le retournement territorial, de l\u2019espace rugueux \u00e0 l\u2019espace lisse : r\u00e9flexions d\u2019\u00e9tape<\/em>. HDR soutenue le 09 d\u00e9cembre 2010, Universit\u00e9 Paris 1.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Foucher, Michel. 2020. <em>Fronti\u00e8res d\u2019Afrique. Pour en finir avec un mythe<\/em>. CNRS Editions.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Herbst, Jeffrey. 2000. <em>States and Power in Africa: Political disengagement and its consequences<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille., 2020. Le droit universel \u00e0 la respiration.<em>\u00a0AOC<\/em>, 6 avril [en ligne],\u00a0<a href=\"https:\/\/aoc.media\/opinion\/2020\/04\/05\/le-droit-universel-a-la-respiration\/\">https:\/\/aoc.media\/opinion\/2020\/04\/05\/le-droit-universel-a-la-respiration\/<\/a> (page consult\u00e9e le 20\/09\/2021).<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique pr\u00e9sente un visage peu reluisant en ce qui concerne sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9guler par-del\u00e0 les fronti\u00e8res les questions de s\u00e9curit\u00e9, de stabilit\u00e9 et leur incidence sur le principe de territorialit\u00e9<a class=\"footnote\" title=\"Cette note de pr\u00e9sentation s\u2019inspire d\u2019une r\u00e9flexion intitul\u00e9e \u00ab Africa toward a new configuration\u00bb\u00a0 propos\u00e9e par l\u2019auteur en 2012 dans le cadre du colloque du BRIT (Border Regions in Transition) XII: Fukuoka-Busan in East Asia, November 13-16, 2012, Fukuoka (Japan) &amp; Busan (Korea), Borderland Voices: Shaping a New World Order\u201d.\" id=\"return-footnote-1082-1\" href=\"#footnote-1082-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>. Cette situation soul\u00e8ve la question de la r\u00e9silience des \u00c9tats africains aux bouleversements g\u00e9opolitiques internationaux, corollaires de la mondialisation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, des flux illicites et de l\u2019\u00e9conomie criminelle. La volont\u00e9 pour certain-e-s acteurs et actrices de remodeler les territoires est manifeste \u00e0 travers l\u2019\u00e9mergence d\u2019irr\u00e9dentismes r\u00e9gionaux \u00e0 caract\u00e8re nationaliste et la prolif\u00e9ration des r\u00e9seaux criminels internationaux. Puisant dans les imaginaires et le temps long de l\u2019histoire, l\u2019analyse de ces fermentations complexes requiert l\u2019usage d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils qui transgresse les polices disciplinaires. Car, la stabilit\u00e9 sociopolitique et le d\u00e9veloppement, sur le moyen et le long terme, exige une meilleure appropriation et une articulation efficiente des concepts suivants : temps, territoire et paix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En remontant aux mobiles profonds de ces changements g\u00e9opolitiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale, on remarque une imbrication des ph\u00e9nom\u00e8nes locaux et globaux. Le paradigme ethnoreligieux, la \u00ab\u00a0r\u00e9seautisation\u00a0\u00bb de la menace induite par la mondialisation, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 r\u00e9gionale dans le d\u00e9veloppement, la faiblesse des \u00c9tats dans le contr\u00f4le de leur territoire, l\u2019inop\u00e9rabilit\u00e9 des organisations r\u00e9gionales et le caract\u00e8re ouvert et mondialis\u00e9 que repr\u00e9sentent les espaces frontaliers africains, fonctionnant dans leur majorit\u00e9 de mani\u00e8re autonome. Ces facteurs constituent des \u00e9l\u00e9ments certes probants, mais pas exhaustifs dans la g\u00e9n\u00e9alogie de l\u2019instabilit\u00e9 territoriale dont l\u2019Afrique est le th\u00e9\u00e2tre. On remarque sur cette base que la d\u00e9stabilisation d\u2019un \u00c9tat entra\u00eene de fait celle d\u2019un autre \u00c9tat, selon la th\u00e9orie des dominos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les contributions r\u00e9unies dans le cadre de ce num\u00e9ro de la <em>Revue Adilaaku<\/em>, issues des champs disciplinaires pluriels, cherchent \u00e0 connecter trois concepts importants dans les champs des \u00e9tudes internationales et des sciences sociales. Il s\u2019agit de la paix, du temps et des territoires. L\u2019ambition poursuivie par ce num\u00e9ro rel\u00e8ve tout d\u2019abord d\u2019un souci de cr\u00e9er entre ces notions une coh\u00e9rence dont le but est de rendre plus lisibles et intelligibles les mutations contemporaines qui se donnent \u00e0 voir dans notre modernit\u00e9. Il s\u2019agit davantage de diagnostiquer leur interconnexion \u00e0 l\u2019aune des dynamiques contemporaines fortes d\u2019am\u00e9nagement, de transformation et de recomposition \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des temporalit\u00e9s et des territorialit\u00e9s. L\u2019analyse balaie ainsi un large spectre temporel qui nous conduit dans une perspective it\u00e9rative \u00e0 naviguer entre le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur. Ces temps ne sont pas ici con\u00e7us comme des cat\u00e9gories closes, mais comme des portes qui s\u2019ouvrent les unes sur les autres. Plus que le temps politique, fa\u00e7onn\u00e9 par la conscience imaginative, produit des effets dans le monde, il s\u2019agit du temps pris comme objet d\u2019une perception sensible, ne pouvant exister en dehors de notre pens\u00e9e, comme chez Spinoza. Bref, le temps est ici con\u00e7u comme un continuum.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des \u00e9v\u00e9nements disparus de la m\u00e9moire des contemporain-e-s offre ainsi des ressources pour une compr\u00e9hension plus fine et attel\u00e9e des dynamiques actuelles concernant la conception de la paix, sa qu\u00eate \u00e0 travers les institutions sociales comme la justice ou \u00e0 travers un ensemble de dispositifs l\u00e9gaux et informels. Si les territoires semblent \u00eatre des entit\u00e9s relativement stables depuis la fin des mouvements de d\u00e9colonisation sur le continent africain, leurs vies ne peuvent pas simplement \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9es dans une perspective institutionnelle, \u00e0 l\u2019aune des mutations spatiales qui peuvent prendre le sens de la cr\u00e9ation de nouvelles fronti\u00e8res et la naissance de nouveaux \u00c9tats. La vie des territoires dans le temps est intimement li\u00e9e \u00e0 celles des \u00ab\u00a0multiples\u00a0\u00bb qui interagissent dans ceux-ci. Elle rel\u00e8ve du rapport entre les humains devenus citoyen-ne-s ou apatrides, entre les humains et leur milieu (animal, v\u00e9g\u00e9tal ou min\u00e9ralogique).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les territoires bougent \u00e0 travers l\u2019\u00e9largissement des espaces autonomes, \u00e9chappant au contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat dans un contexte de naissance par scissiparit\u00e9 des mouvements djihadistes depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les territoires vivent \u00e0 travers des processus simultan\u00e9s de centralisation et de d\u00e9centralisation qui indiquent la volont\u00e9 des citoyen-ne-s de voir le pouvoir se d\u00e9centrer en se rapprochant des marges. De la sorte, les mouvements centrip\u00e8tes et centrifuges participent concomitamment \u00e0 un processus de construction et de d\u00e9construction de l\u2019\u00c9tat qui inaugure une \u00e8re de contestation du monopole \u00e9tatique h\u00e9rit\u00e9 de Westphalie. De ce contexte cherche \u00e0 jaillir des principes de re-territorialit\u00e9 analogues qui s\u2019inspireraient des sources religieuses, vernaculaires et ethniques. La question sociale connect\u00e9e \u00e0 un ordre n\u00e9olib\u00e9ral injuste et in\u00e9galitaire constitue, en plus des \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus, l\u2019une des matrices de ces bouleversements globaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La volont\u00e9 de sortie des territoires dans un contexte marqu\u00e9 par des crises multiformes est capitale. Elle renseigne sur le droit des humains \u00ab\u00a0\u00e0 la respiration\u00a0\u00bb (Mbembe, 2020) et \u00e0 l\u2019utopie. Ce droit \u00e0 l\u2019utopie escompte une volont\u00e9 de r\u00e9invention des cadres sociaux nouveaux qui permettent d\u2019appr\u00e9hender la paix comme une r\u00e9alit\u00e9 labile. Celle-ci se construisant \u00e0 travers le droit de circuler des \u00ab\u00a0territoires rugueux\u00a0\u00bb vers \u00ab\u00a0des territoires lisses\u00a0\u00bb (Bopda, 2009). La paix devenant ainsi synonyme de figures territoriales diverses o\u00f9 la vie ne serait pas menac\u00e9e par l\u2019extr\u00e9misme, les conflits, la pauvret\u00e9, le racisme, la x\u00e9nophobie, etc. La paix n\u2019est pas d\u00e9finie ici comme un processus qui intervient forc\u00e9ment apr\u00e8s un conflit arm\u00e9, mais comme le r\u00e9sultat d\u2019une interm\u00e9diation constante qui d\u00e9samorce au quotidien une conflagration in\u00e9luctable dont les ferments sont la transformation de l\u2019\u00c9tat en lieu de non-appartenance et o\u00f9 les conditions sociales et \u00e9conomiques des humains sont en danger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, la chute du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi est pour beaucoup d\u2019analystes l\u2019\u00e9l\u00e9ment fondamental du d\u00e9sordre dans le Sahel, car il a entra\u00een\u00e9 avec lui la propagation d\u2019une onde de choc dont les cons\u00e9quences sont mesurables aujourd\u2019hui en termes de d\u00e9stabilisation des pays voisins<a class=\"footnote\" title=\"Le d\u00e9mant\u00e8lement du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi a occasionn\u00e9 une prolif\u00e9ration des armes dans le Sahel en g\u00e9n\u00e9ral. Cet arsenal militaire a servi, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019armement du MLNA et, d\u2019autre part, \u00e0 l\u2019exacerbation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans cette partie de l\u2019Afrique.\" id=\"return-footnote-1082-2\" href=\"#footnote-1082-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. Si de telles analyses sont pertinentes, il faudrait n\u00e9anmoins se garder de transformer une telle r\u00e9alit\u00e9 en causalit\u00e9. En revanche, la question qu\u2019il faudrait se poser est celle de savoir si les \u00c9tats sah\u00e9liens n\u2019\u00e9taient pas tous fragiles au moment de la chute du r\u00e9gime libyen pour que leur s\u00e9curit\u00e9 soit \u00e9branl\u00e9e comme un ch\u00e2teau de cartes. Bien plus, comment ces \u00c9tats ont-ils ajust\u00e9 leur architecture militaire (capacit\u00e9 op\u00e9rationnelle et de projection) face \u00e0 ces d\u00e9fis s\u00e9curitaires plus exigeants?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces interrogations permettent non seulement d\u2019approfondir l\u2019analyse sur le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 la Libye en tant que pivot de la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et dans le Sahel en particulier, mais aussi sur la capacit\u00e9 de projection des arm\u00e9es africaines face aux menaces s\u00e9curitaires mutantes. La Lybie a \u00e9t\u00e9 pendant l\u2019\u00e8re Kadhafi l\u2019\u00c9tat sur lequel reposait la s\u00e9curit\u00e9 du Sahel. C\u2019est peut-\u00eatre la signification qu\u2019ont voulu donn\u00e9e les id\u00e9ologues r\u00e9alistes au concept d\u2019h\u00e9g\u00e9mon. La Libye a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans le processus de stabilisation et de r\u00e9gulation de la r\u00e9gion \u00e0 travers un syst\u00e8me complexe d\u2019alliances diverses et de pr\u00e9bendes. La chute o\u00f9 la d\u00e9stabilisation de ce pays a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9stabilisation de l\u2019ensemble r\u00e9gional dont il \u00e9tait le pivot. Les \u00c9tats qui lui sont voisins avaient une faible ma\u00eetrise de leur territoire et leurs appareils de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9taient sinistr\u00e9s d\u2019un point de vue op\u00e9rationnel pour anticiper et faire face \u00e0 la d\u00e9ferlante djihadiste (renseignements d\u00e9faillants, capacit\u00e9 insuffisante en hommes bien form\u00e9s, mat\u00e9riels militaires, etc.). On constate \u00e0 travers ce raisonnement que la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00c9tats du Sahel est le fait d\u2019un vide s\u00e9curitaire qui jadis \u00e9tait combl\u00e9 par la Libye sous Mouammar Kadhafi, mais \u00e9galement \u00e0 la naissance d\u2019\u00c9tats sans souffle au lendemain du processus de d\u00e9colonisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quoi qu\u2019il en soit, cette image de l\u2019Afrique o\u00f9 la multiplication des zones grises est en constante augmentation pousse \u00e0 se poser la suivante : l\u2019Afrique se dirige-t-elle vers une nouvelle configuration territoriale? L\u2019expression \u00ab nouvelle configuration territoriale \u00bb ne doit pas simplement \u00eatre per\u00e7ue ici dans son sens strict de remodelage cartographique avec incidence sur les fronti\u00e8res. Contrairement \u00e0 ce qui est souvent pens\u00e9, les fronti\u00e8res africaines malgr\u00e9 le caract\u00e8re \u00ab artificiel \u00bb qui leur a souvent \u00e9t\u00e9 affubl\u00e9 sont des trac\u00e9s stables d\u2019un point de vue international (Foucher, 2020 ). Pour le remarquer, il convient de faire une comparaison avec les bouleversements qu\u2019a connus l\u2019Europe apr\u00e8s la fin de la guerre froide avec dislocation de l\u2019Union des R\u00e9publiques Socialistes et Sovi\u00e9tiques (URSS) et la naissance de plusieurs \u00c9tats. Sur le continent africain, l\u2019ind\u00e9pendance de nouveaux \u00c9tats apr\u00e8s la vague des ann\u00e9es soixante constitue un \u00e9v\u00e9nement assez rare (hormis l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019\u00c9rythr\u00e9e et du Soudan du Sud).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019historicisation de la notion de territoire en Afrique nous permet ainsi de remarquer que celui-ci se situe depuis la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale dans une dynamique de re-d\u00e9-composition. De ce fait, l\u2019instabilit\u00e9 qu\u2019on observe aux marges des \u00c9tats africains pourrait \u00eatre envisag\u00e9e dans une perspective de longue dur\u00e9e. Cette perception trouve ses fondements dans l\u2019essence m\u00eame du concept de territoire en Afrique. Si l\u2019introduction du principe de lin\u00e9arit\u00e9 a permis, apr\u00e8s le Trait\u00e9 de Westphalie (Blin, 2006), de changer la vision du territoire \u00e0 travers les fronti\u00e8res, il est tout de m\u00eame pertinent de faire remarquer que l\u2019introduction de la fronti\u00e8re ligne pendant la colonisation et leur sacralisation en 1964 \u00e0 travers le principe de l\u2019<em>utis possidetis juris<\/em> n\u2019ont pas permis une stabilisation des territoires comme ce fut le cas en Europe apr\u00e8s la paix de Westphalie. Les trafics illicites qui d\u00e9stabilisent les \u00c9tats n\u2019ont pas cess\u00e9 de s\u2019intensifier \u00e0 cause du processus de circulation transnationale qui traverse les territoires africains de part en part depuis la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si beaucoup d\u2019\u00e9tudes ont imput\u00e9 \u00e0 ces fermentations aux fronti\u00e8res africaines leur artificialit\u00e9, il est important de noter que cette artificialit\u00e9 ne peut expliquer le fait que, de la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale \u00e0 la p\u00e9riode contemporaine, les marges des empires et aujourd\u2019hui des \u00c9tats en Afrique, aient \u00e9t\u00e9 des espaces de non-droit, ins\u00e9curis\u00e9s et parfois des zones grises o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 du souverain et de l\u2019\u00c9tat ne s\u2019exer\u00e7ait gu\u00e8re. Jeffrey Herbst (2000) \u00a0tentera d\u2019expliquer ce d\u00e9ficit d\u2019autorit\u00e9 en Afrique pendant la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale et postcoloniale par la grandeur du territoire. Nous situons, quant \u00e0 nous, l\u2019\u00e9tiologie de cet \u00e9largissement des zones grises dans l\u2019incapacit\u00e9 des \u00c9tats africains \u00e0 contr\u00f4ler les flux transfrontaliers qui traversent les territoires africains. Cette difficult\u00e9 de contr\u00f4le de ces flux est due au fait que les questions de s\u00e9curit\u00e9 imbriquent des param\u00e8tres complexes li\u00e9s \u00e0 l\u2019identit\u00e9, celle-ci est b\u00e2tie sur des notions comme l\u2019ethnie, la langue, la religion, les alliances matrimoniales, commerciales, etc. Dans cette perspective la crise des territoires en Afrique ne doit pas simplement \u00eatre per\u00e7ue comme une crise de l\u2019\u00c9tat postcolonial, mais abord\u00e9e dans une perspective de longue dur\u00e9e. Car, si la colonisation a cr\u00e9\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 travers les fronti\u00e8res, elle n\u2019a pas cass\u00e9 l\u2019\u00e9lan et les facteurs qui structurent les circulations dans l\u2019espace g\u00e9opolitique africain. L\u2019int\u00e9gration des populations africaines par le bas en est un exemple patent, car la transgression o\u00f9 le passage d\u2019un territoire \u00e0 un autre est rendue possible par une conception instrumentale de l\u2019identit\u00e9, celle-ci s\u2019enracinant dans le temps long de l\u2019histoire \u00e0 travers les processus migratoires, les \u00e9changes de toutes sortes, les alliances diverses, la langue, etc. Fort de ce constat, de ces constellations d\u2019\u00e9l\u00e9ments plus ou moins complexes qu\u2019il importe de lier pour assurer une appropriation scientifique exhaustive centr\u00e9e sur l\u2019Afrique, le pr\u00e9sent num\u00e9ro offre l\u2019occasion \u00e0 cinq chercheurs des sciences sociales et humaines d\u2019ouvrir des fen\u00eatres analytiques int\u00e9ressantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cyril Kenfack Nanfack<\/strong> examine dans un contexte de d\u00e9colonisation l\u2019apport d\u2019unit\u00e9s h\u00e9t\u00e9roclites constitu\u00e9es des guides, des pisteurs, des agents de renseignements, des autod\u00e9fenseurs et des Gardes civiques dans les op\u00e9rations de maintien de l\u2019ordre qui ont marqu\u00e9 la lutte contre le mouvement nationaliste up\u00e9ciste. L\u2019auteur soutient l\u2019id\u00e9e que ces suppl\u00e9tifs camerounais ont aid\u00e9 les autorit\u00e9s administratives et militaires dans les actions de maintien de l\u2019ordre \u00e0 travers les actions pr\u00e9ventives et r\u00e9pressives. Leurs diff\u00e9rentes actions ont contribu\u00e9 \u00e0 instaurer de nouvelles dynamiques territoriales qui se traduisaient par la cr\u00e9ation de plusieurs territoires de pacification comme en Sanaga-Maritime \u00e0 travers la ZOPAC (Zone de Pacification de la Sanaga-Maritime) et des centres de propagandes alors qu\u2019en R\u00e9gion bamil\u00e9k\u00e9 on avait les camps de regroupement et les camps de la Garde Civique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Diagne Ndiouga<\/strong> analyse dans un premier temps les politiques de contr\u00f4le mises en place par l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise afin de p\u00e9n\u00e9trer, de stabiliser et de contr\u00f4ler la province du Djolof, n\u00e9e de la cr\u00e9ation du cercle de Louga en 1887, mais aussi de s\u00e9dentariser les pasteurs nomades dont la mobilit\u00e9 constante \u00e9chappait \u00e0 tout contr\u00f4le. Consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0roublards\u00a0\u00bb avec une activit\u00e9 archa\u00efque, les pasteurs nomades apparaissent aux yeux de l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise comme un peuple \u00ab\u00a0arri\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0stagnante\u00a0\u00bb. Il fallait les apporter du progr\u00e8s par le biais de la \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb afin qu\u2019ils rentrent dans l\u2019\u00e8re de la \u00ab\u00a0modernit\u00e9\u00a0\u00bb. Il \u00e9tudie, ensuite, les politiques de restriction de la mobilit\u00e9 des nomades dont le but est de les s\u00e9dentariser. Et enfin, il met l\u2019accent sur la territorialisation n\u00e9e des r\u00e9formes administratives avec comme corollaire la nature tendue et conflictuelle des relations entre deux groupes sociaux \u2013 agriculteurs et pasteurs \u2013 qui partagent le m\u00eame espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Joseph Wangba Joseph<\/strong> traite des conceptions th\u00e9oriques et pratiques du concept de paix au Cameroun. Il constate d\u2019une part que la paix dans ce pays a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme \u00e9tant la n\u00e9gation de la guerre et des conflits divers avant de subir une dynamique conceptuelle. Cette nouvelle conception appr\u00e9hende la paix comme une construction durable et perp\u00e9tuelle \u00e0 travers la s\u00e9curit\u00e9 humaine et la recherche du d\u00e9veloppement int\u00e9gral des populations. Les conceptions th\u00e9oriques de la paix se situent entre la paix n\u00e9gative et la paix positive. D\u2019autre part, la paix est pratiquement en construction dans une dynamique de l\u2019approche statocentr\u00e9e \u00e0 l\u2019approche polycentr\u00e9e avec une mobilisation multisectorielle des m\u00e9canismes de paix et de s\u00e9curit\u00e9 et dans une double dimension de paix int\u00e9rieure et de paix ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Sylvain Baizoumi Wambae<\/strong> s\u2019int\u00e9resse aux questions du vol de b\u00e9tail et des d\u00e9lits des destructions des biens pastoraux au Nord-Cameroun. Dans un contexte o\u00f9 la criminalit\u00e9 pastorale est devenue un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s pr\u00e9occupant pour les populations, le texte r\u00e9pond aux questions suivantes\u00a0: quels sont les diff\u00e9rents instruments juridiques dont disposent les soci\u00e9t\u00e9s pastorales peules et mbororo\u00a0et comment s\u2019en servent-elles pour se pr\u00e9munir des crimes pastoraux et les r\u00e9primer? Le texte explore l\u2019univers judiciaire des Peuls et des \u00e9leveurs nomades mbororo aux prises avec la grande criminalit\u00e9. Sur la base des pratiques juridiques endog\u00e8nes en vigueur dans le septentrion camerounais, il pr\u00e9sente comment les juridictions traditionnelles endog\u00e8nes pr\u00e9viennent et luttent contre les prises d\u2019otage et les vols de b\u00e9tail. Tout en mettant de l\u2019emphase sur les limites de ces pratiques juridiques, ce travail souligne \u00e9galement les obstacles et les d\u00e9fis inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019application de cette justice au Nord-Cameroun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Firmin Ngounmedje<\/strong>, pour sa part, questionne l\u2019effectivit\u00e9 de la responsabilit\u00e9 des organismes de maintien de la paix (OMP) en droit international en la connectant \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 du droit international humanitaire. L\u2019auteur constate que la mise en \u0153uvre op\u00e9rationnelle de ce mandat se heurte \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de violations flagrantes des droits humains. Ainsi, face \u00e0 la d\u00e9shumanisation progressive des op\u00e9rations visant prioritairement la protection, le constat qui se d\u00e9gage r\u00e9v\u00e8le que les actes pos\u00e9s lors du d\u00e9roulement des OMP \u2013 notamment les exploitations et abus sexuels \u2013 font rarement face \u00e0 la justice r\u00e9pressive. La responsabilit\u00e9 des sujets de droit international rattach\u00e9s directement ou indirectement aux OMP en droit international est certes consacr\u00e9e. Cependant, cette responsabilit\u00e9 s\u2019av\u00e8re \u00eatre en construction. C\u2019est la raison pour laquelle il convient d\u2019affirmer que le r\u00e9gime de la responsabilit\u00e9 des infractions commises \u00e0 l\u2019occasion des OMP se trouve en situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, ces contributions offrent une opportunit\u00e9 d\u2019analyse vari\u00e9e en montrant le lien apodictique entre le temps, la ma\u00eetrise des territorialit\u00e9s et la paix. L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un tel sujet, au regard des mutations sociopolitiques et des enjeux de la mondialisation, demeure une donne essentielle de la recomposition des zones d\u2019influence et de puissance.<\/p>\n<div>\n<h2 class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\">Blin, Arnaud. 2006. <em>1648, la paix de Westphalie ou la naissance de l\u2019Europe politique moderne<\/em>. Complexe.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bopda, Athanase. 2009. <em>Le retournement territorial, de l\u2019espace rugueux \u00e0 l\u2019espace lisse : r\u00e9flexions d\u2019\u00e9tape<\/em>. HDR soutenue le 09 d\u00e9cembre 2010, Universit\u00e9 Paris 1.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Foucher, Michel. 2020. <em>Fronti\u00e8res d\u2019Afrique. Pour en finir avec un mythe<\/em>. CNRS Editions.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Herbst, Jeffrey. 2000. <em>States and Power in Africa: Political disengagement and its consequences<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille., 2020. Le droit universel \u00e0 la respiration.<em>\u00a0AOC<\/em>, 6 avril [en ligne],\u00a0<a href=\"https:\/\/aoc.media\/opinion\/2020\/04\/05\/le-droit-universel-a-la-respiration\/\">https:\/\/aoc.media\/opinion\/2020\/04\/05\/le-droit-universel-a-la-respiration\/<\/a> (page consult\u00e9e le 20\/09\/2021).<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/erick-sourna-loumtouang\">Erick SOURNA LOUMTOUANG<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est ma\u00eetre de recherche d\u2019histoire au Centre national d\u2019\u00e9ducation, organisme de recherche en sciences sociales sous tutelle du Minist\u00e8re de la Recherche Scientifique et de l\u2019Innovation (Cameroun). Sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire de l\u2019Afrique, il consacre ses travaux \u00e0 l\u2019historiographie africaine, \u00e0 l\u2019histoire politique du Cameroun et aux probl\u00e9matiques des fronti\u00e8res et de s\u00e9curit\u00e9 sur le continent africain depuis le d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. <br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-1082-1\">Cette note de pr\u00e9sentation s\u2019inspire d\u2019une r\u00e9flexion intitul\u00e9e \u00ab Africa toward a new configuration\u00bb\u00a0 propos\u00e9e par l\u2019auteur en 2012 dans le cadre du colloque du BRIT (Border Regions in Transition) XII: Fukuoka-Busan in East Asia, November 13-16, 2012, Fukuoka (Japan) &amp; Busan (Korea), Borderland Voices: Shaping a New World Order\u201d. <a href=\"#return-footnote-1082-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-1082-2\">Le d\u00e9mant\u00e8lement du r\u00e9gime de Mouammar Kadhafi a occasionn\u00e9 une prolif\u00e9ration des armes dans le Sahel en g\u00e9n\u00e9ral. Cet arsenal militaire a servi, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019armement du MLNA et, d\u2019autre part, \u00e0 l\u2019exacerbation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans cette partie de l\u2019Afrique. <a href=\"#return-footnote-1082-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["erick-sourna-loumtouang"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[425],"license":[],"class_list":["post-1082","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","contributor-erick-sourna-loumtouang"],"part":1026,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1082","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1082\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1131,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1082\/revisions\/1131"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1026"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1082\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1082"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1082"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1082"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1082"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}