{"id":1184,"date":"2024-12-27T07:42:32","date_gmt":"2024-12-27T06:42:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=1184"},"modified":"2025-01-09T11:20:37","modified_gmt":"2025-01-09T10:20:37","slug":"presentation-vol3-no1-2024","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/presentation-vol3-no1-2024\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation. La Covid-19 en Afrique : implications et adaptations"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Encore une \u0153uvre scientifique de plus ou de trop sur la pand\u00e9mie de Covid-19 cinq ans apr\u00e8s? En d\u00e9pit d\u2019un nombre sans cesse croissant des travaux scientifiques sur la question, ce volume de le revue <em>Adilaaku<\/em> est utile et opportun, car il jette un regard pluriel sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne sanitaire en Afrique. Il offre un \u00e9ventail d\u2019analyses sur les mani\u00e8res dont les divers aspects de la vie ont v\u00e9cu ou subi cette pand\u00e9mie en Afrique. Et surtout, il met en exergue les implications de l\u2019intrusion de ce virus \u00e0 couronne sur le continent africain du point de vue socio-\u00e9conomique et culturel tout en mettant un accent particulier sur les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de riposte contre cette pand\u00e9mie.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Covid 19 cinq apr\u00e8s, le questionnement sur les implications et les adaptations<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bien avant l\u2019apparition de la Covid-19, l\u2019humanit\u00e9 a connu plusieurs pand\u00e9mies qui ont suscit\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des analystes. Dans ce sillage, plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es notamment sur : la peste noire qui a fait plus de soixante-quinze (75) millions de morts dans le monde (Camus, 1947); l\u2019historiographie de la pand\u00e9mie grippale de 1918-1919 plus connue sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0Grippe espagnole\u00a0\u00bb (Ricciardi, 2020) d\u00e9montre qu\u2019elle a fait plus de cinquante (50) millions de morts, d\u00e9passant ainsi le nombre de victimes de la premi\u00e8re guerre mondiale. Au fil du temps, la perception des origines de ces catastrophes sanitaires a \u00e9volu\u00e9. Toni Ricciardi en a d\u00e9termin\u00e9 trois temps forts\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0le premier de <em>punition et vengeance divine<\/em>; le deuxi\u00e8me de type <em>fataliste<\/em>, qui s\u2019est termin\u00e9 avec les Lumi\u00e8res<em>;<\/em> le troisi\u00e8me qui incrimine la <em>responsabilit\u00e9 humaine <\/em>avec une \u00e9volution qui passe d\u2019explications univoques (la recherche du bouc \u00e9missaire) \u00e0 d\u2019autres, multiformes\u00a0\u00bb (Ricciardi, 2020, p.\u00a033). L\u2019\u00e9vidence qui ressort de toutes ces perceptions paradigmatiques est que l\u2019humanit\u00e9 a toujours v\u00e9cu et continue de vivre dans une <em>Soci\u00e9t\u00e9 de risque globalis\u00e9<\/em> (Beck, 2003). Les \u00e9pid\u00e9mies locales qui se mutent de plus en plus en pand\u00e9mies globales en constituent des facteurs majeurs de ce risque permanent.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Partie de son foyer asiatique, la Covid-19 a boulevers\u00e9 l\u2019ordre international en imposant \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 une fa\u00e7on plus ou moins stricte de vivre dans une relative pr\u00e9carit\u00e9 socio-\u00e9conomique dans les pays du Sud global. Les pays en voie de d\u00e9veloppement, notamment africains, o\u00f9 les pronostics des expert\u00b7es de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) envisageaient une catastrophe humanitaire, s\u2019en sont plut\u00f4t sortis avec plus de peur que de mal m\u00eame s\u2019il faut d\u00e9plorer des d\u00e9g\u00e2ts \u00e9conomiques importants.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concept androgyne, le\/la Covid-19 est venu\u00b7e bousculer les croyances, les habitudes et les interactions sociales dans le monde en g\u00e9n\u00e9ral et en Afrique en particulier. Cette pand\u00e9mie dont l\u2019\u00e9picentre a \u00e9t\u00e9 la ville de Wuhan en Chine est apparue en 2019 et a cristallis\u00e9 les d\u00e9bats dans des divers domaines scientifiques et constitue toujours un myst\u00e8re plan\u00e9taire. En sciences sociales, elle a fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tudes aussi bien sur le plan global qu\u2019africain (Ricciardi, 2020; Nemedeu, dir., 2020; Tametong <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 2021, etc.).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau global, les d\u00e9bats se sont essentiellement articul\u00e9s autour des questions socio\u00e9conomiques et g\u00e9ostrat\u00e9giques eu \u00e9gard \u00e0 la place qu\u2019occupe la Chine dans les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement mondiales, les voyages et les march\u00e9s de mati\u00e8res premi\u00e8res. Les chercheur\u00b7euses se sont \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9\u00b7es aux mobilit\u00e9s sociales\u00a0en termes de droits et libert\u00e9s fondamentaux en contexte d\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire (Tametong <em>et al<\/em>., 2021); aux responsabilit\u00e9s des diff\u00e9rents acteurs institutionnels et sociaux; aux in\u00e9galit\u00e9s induites par cette pand\u00e9mies,\u00a0notamment la probl\u00e9matique de genre, les questions des minorit\u00e9s, etc.; la diplomatie de la crise du Covid-19\u00a0(Congost, 2021) marqu\u00e9e par des rivalit\u00e9s inter\u00e9tatiques li\u00e9e \u00e0 cette pand\u00e9mie (Bonnet, 2021). La restriction des libert\u00e9s publiques dans le cadre de la lutte contre cette pand\u00e9mie a fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tudes dont le dossier sp\u00e9cial de la revue trimestrielle de droit \u00e9conomique <em>LE NEMRO<\/em> portant sur <em>La COVID et le droit <\/em>(Nemedeu, dir., 2020).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Du point de vue g\u00e9opolitique, le d\u00e9placement des p\u00f4les de puissance et l\u2019exposition de la fragilit\u00e9 des puissances traditionnelles sont perceptibles au point o\u00f9 Pascal Boniface affirme que\u00a0\u00ab\u00a0Le roi occidental est nu\u00a0\u00bb (2020). Cette nudit\u00e9 caricaturale symbolise l\u2019impuissance des grandes puissances occidentales face \u00e0 un tout petit virus invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu (Badie, 2004). Les syst\u00e8mes de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 sociale jadis consid\u00e9r\u00e9s comme les plus performants au monde ont montr\u00e9 leurs limites face \u00e0 cette pand\u00e9mie. Cela a amen\u00e9 le Sud global \u00e0 repenser son mod\u00e8le de pr\u00e9vention et de traitement de ce fl\u00e9au plan\u00e9taire au grand dam des firmes pharmaceutiques internationales et de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). L\u2019on se souvient \u00e9galement des duels discursifs entre les officiels am\u00e9ricains et chinois au sujet de cette pand\u00e9mie en 2020. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain d\u2019alors, Donald Trump, qualifiait la Covid-19 dans ses sorties m\u00e9diatiques de \u00ab\u00a0Chinese virus\u00a0\u00bb. En revanche, son homologue chinois, Xi Jinping, estimait que ce virus aurait \u00e9t\u00e9 introduit en Chine par les services secrets am\u00e9ricains. La rivalit\u00e9 g\u00e9opolitique entre l\u2019Occident et l\u2019Extr\u00eame-Orient n\u2019a trouv\u00e9 en cette pand\u00e9mie qu\u2019un pr\u00e9texte de s\u2019accentuer davantage.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, continent pr\u00e9sent\u00e9 par Antoine Glaser et Stephen Smith comme \u00ab\u00a0la cachexie d\u2019un corps atteint par le cancer d\u2019une modernit\u00e9 mal assimil\u00e9e\u00a0\u00bb (Glaser et Smith, 1994, p.\u00a015), le chaos qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9dit n\u2019a pas eu lieu comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas en Occident et en Orient (Dusoulier, 2020). La capacit\u00e9 de r\u00e9silience de l\u2019Afrique a surpris le monde entier. Cette \u00e9vidence a motiv\u00e9 plusieurs initiatives de recherche sur le continent africain en rapport avec les pratiques endog\u00e8nes dans la lutte non seulement contre ce virus, mais aussi d\u2019autres pathologies de type viral ou bact\u00e9riologique. Toutefois, il est important de souligner que les Africain\u00b7es ont, \u00e0 l\u2019occasion de cette pand\u00e9mie, pu mesurer davantage l\u2019\u00e9tendue de leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du reste du monde. La crise russo-ukrainienne est venue accentuer cette r\u00e9alit\u00e9 avec le blocage de la livraison des bl\u00e9s russes et ukrainiens au reste du monde, dont l\u2019Afrique. Associ\u00e9s \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la Covid-19 en Afrique, les concepts d\u2019implication et d\u2019adaptation m\u00e9ritent un effort de pr\u00e9cision afin de permettre une meilleure appr\u00e9hension, et surtout compr\u00e9hension, de l\u2019esprit dans lequel s\u2019inscrit cette entreprise scientifique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La notion d\u2019implication, dans son sens premier, fait allusion \u00e0 tout ce qui se rapporte \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rent, qu\u2019il soit concret ou abstrait. Alors, impliquer c\u2019est int\u00e9resser, inclure, associer quelqu\u2019un ou quelque chose \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rent qui peut \u00eatre un projet, une id\u00e9e, un d\u00e9bat ou m\u00eame un objet concret. Dans le cadre de ce dossier, les implications en rapport avec la pr\u00e9sence de la Covid-19 en Afrique se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 tout ce que ce virus engendre du fait de son entr\u00e9e dans ce continent. De mani\u00e8re classique, l\u2019on peut alors parler des implications politiques, \u00e9conomiques, sociales et culturelles de la Covid-19 en Afrique. Il est certes vrai que, quels que soient leurs prismes d\u2019analyse, les diff\u00e9rentes contributions de ce num\u00e9ro ne sortiront pas de cette segmentation classique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept d\u2019adaptation, quant \u00e0 lui, se rapporte \u00e0 la r\u00e9silience face \u00e0 une situation de pr\u00e9carit\u00e9 des ressources, d\u2019incertitude ou m\u00eame de menace r\u00e9elle ou potentielle. Ce concept fait g\u00e9n\u00e9ralement face \u00e0 une situation de \u00ab\u00a0changement social\u00a0\u00bb con\u00e7ue par les sociologues comme \u00ab\u00a0l\u2019ensemble observable des mutations affectant tout ou partie des structures sociales et des comportements sociaux\u00a0\u00bb (\u00c9tienne <em>et al<\/em>., 2004, p.\u00a071). Ici, le terme adaptation englobe tous les moyens mat\u00e9riels, intellectuels et\/ou symboliques qui permettent aux populations africaines de faire face aux effets n\u00e9fastes induits par la venue de ce virus \u00e0 couronne en Afrique. C\u2019est dans ce cadre que l\u2019on analysera le retour exponentiel \u00e0 l\u2019usage des plantes m\u00e9dicinales africaines qui sont en parall\u00e8le, ou m\u00eame en concurrence, avec les mesures curatives et pr\u00e9ventives du syst\u00e8me pharmaceutique dit moderne. D\u2019un autre point de vue, le concept d\u2019adaptation peut \u00e9galement \u00eatre per\u00e7u sous le prisme socio-anthropologique pour d\u00e9voiler les mani\u00e8res de vivre en rapport avec l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 dans le contexte de Covid-19 en Afrique. Tous ces aspects et bien d\u2019autres ont fait l\u2019objet d\u2019analyses des chercheur\u00b7euses dans ce dossier d\u2019<em>Adilaaku<\/em>.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des auteurs\u00a0et autrices\u00a0: transformations soci\u00e9tales et r\u00e9silience en p\u00e9riode de Covid-19<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans leur \u00e9tude, <strong>IBRAHIMA Hayatou<\/strong> et <strong>ABOUBAKAR Adamou <\/strong>se sont pench\u00e9s sur la probl\u00e9matique de la gouvernance du secteur touristique camerounais en p\u00e9riode de Covid-19 en scrutant l\u2019impact de cette pand\u00e9mie sur ce secteur. Ils se sont int\u00e9ress\u00e9s aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives de la Covid-19 sur le tourisme camerounais tout en mettant en exergue les mesures d\u2019accompagnement prises par le gouvernement afin de redresser ce secteur. \u00c0 l\u2019issue de leurs analyses, ils sugg\u00e8rent une r\u00e9orientation du tourisme camerounais vers le march\u00e9 local en d\u00e9veloppant une culture touristique interne aux populations camerounaises comme alternative au march\u00e9 international du tourisme au Cameroun. Ils sugg\u00e8rent ainsi une accentuation de la promotion du tourisme par le bas \u00e0 travers la mise en place d\u2019un syst\u00e8me de sensibilisation des plus jeunes au tourisme local.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Floriane MANHOULI YORSAM <\/strong>et <strong>Carole Val\u00e9rie<\/strong> <strong>NOUAZI KEMKENG<\/strong>, quant \u00e0 elles, se sont inspir\u00e9es de leur background juridique pour explorer la question de l\u2019\u00c9tat de droit en contexte de la lutte contre la Covid-19 au Cameroun. Partant du questionnement de la compatibilit\u00e9 des mesures d\u2019urgence sanitaire adopt\u00e9es par le gouvernement camerounais dans le cadre de la lutte contre cette pand\u00e9mie et le respect des droits et libert\u00e9s individuelles, elles ont montr\u00e9, \u00e0 partir de la double dialectique du duel et du duo, qu\u2019il existe une apparente incompatibilit\u00e9 et une compatibilit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e entre les mesures sanitaires et l\u2019\u00c9tat de droit au Cameroun. Elles ont mis en exergue, \u00e0 cet effet, la situation exceptionnelle d\u2019urgence sanitaire qui priorise le droit \u00e0 la sant\u00e9, voire \u00e0 la vie au d\u00e9triment des droits et libert\u00e9s fondamentaux en p\u00e9riode normale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour sa part, <strong>Ir\u00e8ne Jos\u00e9pha NLANG<\/strong> <strong>BILLONG <\/strong>s\u2019est pench\u00e9e sur l\u2019effectivit\u00e9 de la politique sanitaire de la <em>Southern African Developmment Community<\/em> (SADC) face \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19. Elle part de l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e de cette organisation sous-r\u00e9gionale en mati\u00e8re de gestion de pand\u00e9mie (Sida, tuberculose et paludisme) pour d\u00e9montrer son efficacit\u00e9 institutionnelle et son pragmatisme dans la gestion des pand\u00e9mies. Tout ceci, argue-t-elle, est le fruit d\u2019une base juridique clairement \u00e9tablie dans le domaine de la sant\u00e9 et dont le socle est le protocole sur la sant\u00e9 de la SADC. Du point de vue op\u00e9rationnel, elle souligne la politique de coordination des strat\u00e9gies nationales de la riposte contre la Covid-19 dans la sous-r\u00e9gion sud-africaine tout en d\u00e9montrant les actions de cette organisation en faveur de tous les \u00c9tats membres dans le cadre de sa coop\u00e9ration internationale. Toutefois, l\u2019auteure rel\u00e8ve, dans la deuxi\u00e8me partie de son argumentaire, les d\u00e9fis et les perspectives de la politique de sant\u00e9 de la SADC \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la Covid-19. Elle y pr\u00e9sente deux types de contraintes\u00a0: celles qu\u2019elle qualifie de \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rales\u00a0\u00bb \u00e0 tout le continent africain, et celles \u00ab\u00a0sp\u00e9cifiques\u00a0\u00bb \u00e0 la sous-r\u00e9gion SADC. En guise de perspective, l\u2019autrice opte pour le renforcement politique et institutionnel du secteur de la sant\u00e9 dans les pays de la SADC, d\u2019une part, et l\u2019optimisation du r\u00f4le de la SADC dans le domaine de la sant\u00e9 publique, d\u2019autre part.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Adoptant une approche inductive, <strong>Malalaniaina Miora RAKOTOARIVELO\u00a0<\/strong>et <strong>Mbolatiana RAVELOARIMISA<\/strong> ont r\u00e9fl\u00e9chi sur le r\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans les r\u00e9ponses sociales engag\u00e9es face \u00e0 la pand\u00e9mie de la Covid-19. Ces autrices se sont interrog\u00e9es sur la mani\u00e8re dont les interventions de la soci\u00e9t\u00e9 civile ont pu amortir les effets de la crise sanitaire, surtout sur les populations les plus vuln\u00e9rables, et comment elle a contribu\u00e9 \u00e0 la concr\u00e9tisation des actions des pouvoirs publics sur le terrain. Pour ce faire, elles se sont appuy\u00e9es sur le mouvement \u00ab Tantsoroka Covid-19 \u00bb pour d\u00e9montrer le r\u00f4le essentiel des Organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile (OSC) dans la lutte contre le Covid-19 aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00c9tat malagasy. Leur \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que les activit\u00e9s men\u00e9es par le mouvement \u00ab Tantsoroka Covid-19 \u00bb dans dix (10) chefs-lieux de districts malgaches en soutien \u00e0 l\u2019\u00c9tat dans la lutte contre la pand\u00e9mie covidienne sont : l\u2019appui au personnel m\u00e9dical et agents communautaires, les campagnes d\u2019information et de sensibilisation et la distribution des kits alimentaires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La famille, cellule de base de la socialisation, a retenu l\u2019attention de <strong>SAKINATOU Daouda<\/strong> et <strong>L\u00e9onelle Flore NGUINTA HEUGANG<\/strong>. Celles-ci se sont introduites dans le noyau de base de la soci\u00e9t\u00e9 humaine pour analyser la fa\u00e7on dont la Covid-19 est v\u00e9cue dans les foyers dont certains des membres sont \u00ab covido-positifs \u00bb. Pour cela, elles ont men\u00e9 une petite enqu\u00eate dans des foyers camerounais, notamment dans les deux plus grandes m\u00e9tropoles : Douala et Yaound\u00e9. Leur but \u00e9tait l\u2019observation des interactions sociales entre les membres des familles o\u00f9 la Covid-19 a fait irruption. Au terme de leur analyse, il ressort que l\u2019av\u00e8nement de la Covid-19 dans les foyers camerounais a provoqu\u00e9 des effets aussi bien positifs que n\u00e9gatifs dans les interactions sociales des membres de ces foyers. D\u2019une part, il a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des rapports sociaux entre les membres d\u2019une m\u00eame famille du fait, entre autres, de la stigmatisation des membres contamin\u00e9s par la Covid-19. D\u2019autre part, il a particip\u00e9 au renforcement des liens sociaux \u00e0 travers la compassion des membres de famille \u00e0 l\u2019\u00e9gard des leurs atteints de la Covid-19.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, les contributions du volume 3 d\u2019<em>Adilaaku<\/em> participent au d\u00e9bat sur la Covid-19 en Afrique en apportant une diversit\u00e9 de regards post-pand\u00e9miques, partant des implications qu\u2019a induits l\u2019av\u00e8nement de celle-ci sur ce continent et des ripostes africaines face \u00e0 ce nouvel acteur des relations internationales invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu. En plus de participer \u00e0 ce d\u00e9bat scientifique, il aura le m\u00e9rite de rendre compte des implications pratiques de l\u2019intrusion de la Covid-19 en Afrique et les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies endog\u00e8nes de riposte mises en place par les gouvernements, les Organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et les populations africaines. Sans avoir la pr\u00e9tention d\u2019une exhaustivit\u00e9, ce num\u00e9ro est une invite \u00e0 l\u2019\u00e9largissement du d\u00e9bat sur la fragilit\u00e9 de l\u2019Afrique face aux enjeux sanitaires, s\u00e9curitaires, \u00e9conomiques et politiques du monde contemporain.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Badie, Bertrand. 2004. <em>L\u2019impuissance de la puissance. Essai sur les relations internationales<\/em>. Paris\u00a0: Fayard.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beck, Ulrich. 2003. La soci\u00e9t\u00e9 du risque globalis\u00e9 revue sous l\u2019angle de la menace terroriste. <em>Cahiers Internationaux de Sociologie<\/em>, 114, 27-33.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boniface, Pascal. 2020. <em>G\u00e9opolitique du Covid-19. Ce que nous r\u00e9v\u00e8le la crise du coronavirus<\/em>. Paris\u00a0: EYROLLES.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonnet, Pauline. 2021. La diplomatie du masque et du vaccin\u00a0: nouvel atout de soft ou de hard power pour P\u00e9kin? <em>Bulletin du conseil qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019\u00e9tudes g\u00e9opolitiques<\/em>, <em>7<\/em>(2), 37-49.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camus, Albert. 1947. <em>La Peste<\/em>. Paris\u00a0: Coll. Folioth.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Congost, Amandine. 2021. Le Blue Dot Network, un outils [sic] de soft power adapt\u00e9 aux ambitions japonaises dans le monde de l\u2019apr\u00e8s-Covid? <em>Bulletin du conseil qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019\u00e9tudes g\u00e9opolitiques<\/em>, <em>7<\/em>(2), 2-12.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dusoulier, Amandine. 2020. <em>La Covid-19 en Afrique de l\u2019Ouest : une gestion aux multiples facettes. <\/em>Bruxelles\u00a0: \u00c9clairage du GRIP.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9tienne, Jean, Bloess, Fran\u00e7oise, Noreck, Jean-Pierre et Roux, Jean-Pierre. 2004. <em>Dictionnaire de sociologie<\/em>. Paris\u00a0: Hatier.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Glaser, Antoine et Smith, Stephen. 1994. <em>L\u2019Afrique sans les Africains. Le r\u00eave blanc du continent noir<\/em>. Paris\u00a0: Stock.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nemeudeu, Roger (dir.). 2020. <em>Le NEMRO, Revue trimestrielle de droit \u00e9conomique. Le Covid et le droit<\/em>. Avril\/juin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ricciardi, Toni. 2020. Les pand\u00e9mies dans une perspective d\u2019histoire globale. Dans Gamba, Fiorenza, Nardone, Marco, Ricciardi, Toni et Cattacin, Sandro (dir.), <em>Covid-19. Le regard des sciences sociales<\/em> (p.\u00a029-43). Gen\u00e8vre et Zurich\u00a0: Editions Seisme.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tametong, Steve, Nounamo, Donald\u00a0et Wakap, Brice (dir.). 2021. <em>Covid-19 et droit au Cameroun. Regards pluriels<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: Editions Lupeppo.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Encore une \u0153uvre scientifique de plus ou de trop sur la pand\u00e9mie de Covid-19 cinq ans apr\u00e8s? En d\u00e9pit d\u2019un nombre sans cesse croissant des travaux scientifiques sur la question, ce volume de le revue <em>Adilaaku<\/em> est utile et opportun, car il jette un regard pluriel sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne sanitaire en Afrique. Il offre un \u00e9ventail d\u2019analyses sur les mani\u00e8res dont les divers aspects de la vie ont v\u00e9cu ou subi cette pand\u00e9mie en Afrique. Et surtout, il met en exergue les implications de l\u2019intrusion de ce virus \u00e0 couronne sur le continent africain du point de vue socio-\u00e9conomique et culturel tout en mettant un accent particulier sur les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de riposte contre cette pand\u00e9mie.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Covid 19 cinq apr\u00e8s, le questionnement sur les implications et les adaptations<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Bien avant l\u2019apparition de la Covid-19, l\u2019humanit\u00e9 a connu plusieurs pand\u00e9mies qui ont suscit\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des analystes. Dans ce sillage, plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es notamment sur : la peste noire qui a fait plus de soixante-quinze (75) millions de morts dans le monde (Camus, 1947); l\u2019historiographie de la pand\u00e9mie grippale de 1918-1919 plus connue sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0Grippe espagnole\u00a0\u00bb (Ricciardi, 2020) d\u00e9montre qu\u2019elle a fait plus de cinquante (50) millions de morts, d\u00e9passant ainsi le nombre de victimes de la premi\u00e8re guerre mondiale. Au fil du temps, la perception des origines de ces catastrophes sanitaires a \u00e9volu\u00e9. Toni Ricciardi en a d\u00e9termin\u00e9 trois temps forts\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0le premier de <em>punition et vengeance divine<\/em>; le deuxi\u00e8me de type <em>fataliste<\/em>, qui s\u2019est termin\u00e9 avec les Lumi\u00e8res<em>;<\/em> le troisi\u00e8me qui incrimine la <em>responsabilit\u00e9 humaine <\/em>avec une \u00e9volution qui passe d\u2019explications univoques (la recherche du bouc \u00e9missaire) \u00e0 d\u2019autres, multiformes\u00a0\u00bb (Ricciardi, 2020, p.\u00a033). L\u2019\u00e9vidence qui ressort de toutes ces perceptions paradigmatiques est que l\u2019humanit\u00e9 a toujours v\u00e9cu et continue de vivre dans une <em>Soci\u00e9t\u00e9 de risque globalis\u00e9<\/em> (Beck, 2003). Les \u00e9pid\u00e9mies locales qui se mutent de plus en plus en pand\u00e9mies globales en constituent des facteurs majeurs de ce risque permanent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Partie de son foyer asiatique, la Covid-19 a boulevers\u00e9 l\u2019ordre international en imposant \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 une fa\u00e7on plus ou moins stricte de vivre dans une relative pr\u00e9carit\u00e9 socio-\u00e9conomique dans les pays du Sud global. Les pays en voie de d\u00e9veloppement, notamment africains, o\u00f9 les pronostics des expert\u00b7es de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) envisageaient une catastrophe humanitaire, s\u2019en sont plut\u00f4t sortis avec plus de peur que de mal m\u00eame s\u2019il faut d\u00e9plorer des d\u00e9g\u00e2ts \u00e9conomiques importants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concept androgyne, le\/la Covid-19 est venu\u00b7e bousculer les croyances, les habitudes et les interactions sociales dans le monde en g\u00e9n\u00e9ral et en Afrique en particulier. Cette pand\u00e9mie dont l\u2019\u00e9picentre a \u00e9t\u00e9 la ville de Wuhan en Chine est apparue en 2019 et a cristallis\u00e9 les d\u00e9bats dans des divers domaines scientifiques et constitue toujours un myst\u00e8re plan\u00e9taire. En sciences sociales, elle a fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tudes aussi bien sur le plan global qu\u2019africain (Ricciardi, 2020; Nemedeu, dir., 2020; Tametong <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 2021, etc.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau global, les d\u00e9bats se sont essentiellement articul\u00e9s autour des questions socio\u00e9conomiques et g\u00e9ostrat\u00e9giques eu \u00e9gard \u00e0 la place qu\u2019occupe la Chine dans les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement mondiales, les voyages et les march\u00e9s de mati\u00e8res premi\u00e8res. Les chercheur\u00b7euses se sont \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9\u00b7es aux mobilit\u00e9s sociales\u00a0en termes de droits et libert\u00e9s fondamentaux en contexte d\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire (Tametong <em>et al<\/em>., 2021); aux responsabilit\u00e9s des diff\u00e9rents acteurs institutionnels et sociaux; aux in\u00e9galit\u00e9s induites par cette pand\u00e9mies,\u00a0notamment la probl\u00e9matique de genre, les questions des minorit\u00e9s, etc.; la diplomatie de la crise du Covid-19\u00a0(Congost, 2021) marqu\u00e9e par des rivalit\u00e9s inter\u00e9tatiques li\u00e9e \u00e0 cette pand\u00e9mie (Bonnet, 2021). La restriction des libert\u00e9s publiques dans le cadre de la lutte contre cette pand\u00e9mie a fait l\u2019objet de plusieurs \u00e9tudes dont le dossier sp\u00e9cial de la revue trimestrielle de droit \u00e9conomique <em>LE NEMRO<\/em> portant sur <em>La COVID et le droit <\/em>(Nemedeu, dir., 2020).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Du point de vue g\u00e9opolitique, le d\u00e9placement des p\u00f4les de puissance et l\u2019exposition de la fragilit\u00e9 des puissances traditionnelles sont perceptibles au point o\u00f9 Pascal Boniface affirme que\u00a0\u00ab\u00a0Le roi occidental est nu\u00a0\u00bb (2020). Cette nudit\u00e9 caricaturale symbolise l\u2019impuissance des grandes puissances occidentales face \u00e0 un tout petit virus invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu (Badie, 2004). Les syst\u00e8mes de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 sociale jadis consid\u00e9r\u00e9s comme les plus performants au monde ont montr\u00e9 leurs limites face \u00e0 cette pand\u00e9mie. Cela a amen\u00e9 le Sud global \u00e0 repenser son mod\u00e8le de pr\u00e9vention et de traitement de ce fl\u00e9au plan\u00e9taire au grand dam des firmes pharmaceutiques internationales et de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). L\u2019on se souvient \u00e9galement des duels discursifs entre les officiels am\u00e9ricains et chinois au sujet de cette pand\u00e9mie en 2020. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain d\u2019alors, Donald Trump, qualifiait la Covid-19 dans ses sorties m\u00e9diatiques de \u00ab\u00a0Chinese virus\u00a0\u00bb. En revanche, son homologue chinois, Xi Jinping, estimait que ce virus aurait \u00e9t\u00e9 introduit en Chine par les services secrets am\u00e9ricains. La rivalit\u00e9 g\u00e9opolitique entre l\u2019Occident et l\u2019Extr\u00eame-Orient n\u2019a trouv\u00e9 en cette pand\u00e9mie qu\u2019un pr\u00e9texte de s\u2019accentuer davantage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, continent pr\u00e9sent\u00e9 par Antoine Glaser et Stephen Smith comme \u00ab\u00a0la cachexie d\u2019un corps atteint par le cancer d\u2019une modernit\u00e9 mal assimil\u00e9e\u00a0\u00bb (Glaser et Smith, 1994, p.\u00a015), le chaos qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9dit n\u2019a pas eu lieu comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas en Occident et en Orient (Dusoulier, 2020). La capacit\u00e9 de r\u00e9silience de l\u2019Afrique a surpris le monde entier. Cette \u00e9vidence a motiv\u00e9 plusieurs initiatives de recherche sur le continent africain en rapport avec les pratiques endog\u00e8nes dans la lutte non seulement contre ce virus, mais aussi d\u2019autres pathologies de type viral ou bact\u00e9riologique. Toutefois, il est important de souligner que les Africain\u00b7es ont, \u00e0 l\u2019occasion de cette pand\u00e9mie, pu mesurer davantage l\u2019\u00e9tendue de leur d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du reste du monde. La crise russo-ukrainienne est venue accentuer cette r\u00e9alit\u00e9 avec le blocage de la livraison des bl\u00e9s russes et ukrainiens au reste du monde, dont l\u2019Afrique. Associ\u00e9s \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la Covid-19 en Afrique, les concepts d\u2019implication et d\u2019adaptation m\u00e9ritent un effort de pr\u00e9cision afin de permettre une meilleure appr\u00e9hension, et surtout compr\u00e9hension, de l\u2019esprit dans lequel s\u2019inscrit cette entreprise scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La notion d\u2019implication, dans son sens premier, fait allusion \u00e0 tout ce qui se rapporte \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rent, qu\u2019il soit concret ou abstrait. Alors, impliquer c\u2019est int\u00e9resser, inclure, associer quelqu\u2019un ou quelque chose \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rent qui peut \u00eatre un projet, une id\u00e9e, un d\u00e9bat ou m\u00eame un objet concret. Dans le cadre de ce dossier, les implications en rapport avec la pr\u00e9sence de la Covid-19 en Afrique se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 tout ce que ce virus engendre du fait de son entr\u00e9e dans ce continent. De mani\u00e8re classique, l\u2019on peut alors parler des implications politiques, \u00e9conomiques, sociales et culturelles de la Covid-19 en Afrique. Il est certes vrai que, quels que soient leurs prismes d\u2019analyse, les diff\u00e9rentes contributions de ce num\u00e9ro ne sortiront pas de cette segmentation classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept d\u2019adaptation, quant \u00e0 lui, se rapporte \u00e0 la r\u00e9silience face \u00e0 une situation de pr\u00e9carit\u00e9 des ressources, d\u2019incertitude ou m\u00eame de menace r\u00e9elle ou potentielle. Ce concept fait g\u00e9n\u00e9ralement face \u00e0 une situation de \u00ab\u00a0changement social\u00a0\u00bb con\u00e7ue par les sociologues comme \u00ab\u00a0l\u2019ensemble observable des mutations affectant tout ou partie des structures sociales et des comportements sociaux\u00a0\u00bb (\u00c9tienne <em>et al<\/em>., 2004, p.\u00a071). Ici, le terme adaptation englobe tous les moyens mat\u00e9riels, intellectuels et\/ou symboliques qui permettent aux populations africaines de faire face aux effets n\u00e9fastes induits par la venue de ce virus \u00e0 couronne en Afrique. C\u2019est dans ce cadre que l\u2019on analysera le retour exponentiel \u00e0 l\u2019usage des plantes m\u00e9dicinales africaines qui sont en parall\u00e8le, ou m\u00eame en concurrence, avec les mesures curatives et pr\u00e9ventives du syst\u00e8me pharmaceutique dit moderne. D\u2019un autre point de vue, le concept d\u2019adaptation peut \u00e9galement \u00eatre per\u00e7u sous le prisme socio-anthropologique pour d\u00e9voiler les mani\u00e8res de vivre en rapport avec l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 dans le contexte de Covid-19 en Afrique. Tous ces aspects et bien d\u2019autres ont fait l\u2019objet d\u2019analyses des chercheur\u00b7euses dans ce dossier d\u2019<em>Adilaaku<\/em>.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des auteurs\u00a0et autrices\u00a0: transformations soci\u00e9tales et r\u00e9silience en p\u00e9riode de Covid-19<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans leur \u00e9tude, <strong>IBRAHIMA Hayatou<\/strong> et <strong>ABOUBAKAR Adamou <\/strong>se sont pench\u00e9s sur la probl\u00e9matique de la gouvernance du secteur touristique camerounais en p\u00e9riode de Covid-19 en scrutant l\u2019impact de cette pand\u00e9mie sur ce secteur. Ils se sont int\u00e9ress\u00e9s aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives de la Covid-19 sur le tourisme camerounais tout en mettant en exergue les mesures d\u2019accompagnement prises par le gouvernement afin de redresser ce secteur. \u00c0 l\u2019issue de leurs analyses, ils sugg\u00e8rent une r\u00e9orientation du tourisme camerounais vers le march\u00e9 local en d\u00e9veloppant une culture touristique interne aux populations camerounaises comme alternative au march\u00e9 international du tourisme au Cameroun. Ils sugg\u00e8rent ainsi une accentuation de la promotion du tourisme par le bas \u00e0 travers la mise en place d\u2019un syst\u00e8me de sensibilisation des plus jeunes au tourisme local.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Floriane MANHOULI YORSAM <\/strong>et <strong>Carole Val\u00e9rie<\/strong> <strong>NOUAZI KEMKENG<\/strong>, quant \u00e0 elles, se sont inspir\u00e9es de leur background juridique pour explorer la question de l\u2019\u00c9tat de droit en contexte de la lutte contre la Covid-19 au Cameroun. Partant du questionnement de la compatibilit\u00e9 des mesures d\u2019urgence sanitaire adopt\u00e9es par le gouvernement camerounais dans le cadre de la lutte contre cette pand\u00e9mie et le respect des droits et libert\u00e9s individuelles, elles ont montr\u00e9, \u00e0 partir de la double dialectique du duel et du duo, qu\u2019il existe une apparente incompatibilit\u00e9 et une compatibilit\u00e9 av\u00e9r\u00e9e entre les mesures sanitaires et l\u2019\u00c9tat de droit au Cameroun. Elles ont mis en exergue, \u00e0 cet effet, la situation exceptionnelle d\u2019urgence sanitaire qui priorise le droit \u00e0 la sant\u00e9, voire \u00e0 la vie au d\u00e9triment des droits et libert\u00e9s fondamentaux en p\u00e9riode normale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour sa part, <strong>Ir\u00e8ne Jos\u00e9pha NLANG<\/strong> <strong>BILLONG <\/strong>s\u2019est pench\u00e9e sur l\u2019effectivit\u00e9 de la politique sanitaire de la <em>Southern African Developmment Community<\/em> (SADC) face \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19. Elle part de l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e de cette organisation sous-r\u00e9gionale en mati\u00e8re de gestion de pand\u00e9mie (Sida, tuberculose et paludisme) pour d\u00e9montrer son efficacit\u00e9 institutionnelle et son pragmatisme dans la gestion des pand\u00e9mies. Tout ceci, argue-t-elle, est le fruit d\u2019une base juridique clairement \u00e9tablie dans le domaine de la sant\u00e9 et dont le socle est le protocole sur la sant\u00e9 de la SADC. Du point de vue op\u00e9rationnel, elle souligne la politique de coordination des strat\u00e9gies nationales de la riposte contre la Covid-19 dans la sous-r\u00e9gion sud-africaine tout en d\u00e9montrant les actions de cette organisation en faveur de tous les \u00c9tats membres dans le cadre de sa coop\u00e9ration internationale. Toutefois, l\u2019auteure rel\u00e8ve, dans la deuxi\u00e8me partie de son argumentaire, les d\u00e9fis et les perspectives de la politique de sant\u00e9 de la SADC \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la Covid-19. Elle y pr\u00e9sente deux types de contraintes\u00a0: celles qu\u2019elle qualifie de \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rales\u00a0\u00bb \u00e0 tout le continent africain, et celles \u00ab\u00a0sp\u00e9cifiques\u00a0\u00bb \u00e0 la sous-r\u00e9gion SADC. En guise de perspective, l\u2019autrice opte pour le renforcement politique et institutionnel du secteur de la sant\u00e9 dans les pays de la SADC, d\u2019une part, et l\u2019optimisation du r\u00f4le de la SADC dans le domaine de la sant\u00e9 publique, d\u2019autre part.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Adoptant une approche inductive, <strong>Malalaniaina Miora RAKOTOARIVELO\u00a0<\/strong>et <strong>Mbolatiana RAVELOARIMISA<\/strong> ont r\u00e9fl\u00e9chi sur le r\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans les r\u00e9ponses sociales engag\u00e9es face \u00e0 la pand\u00e9mie de la Covid-19. Ces autrices se sont interrog\u00e9es sur la mani\u00e8re dont les interventions de la soci\u00e9t\u00e9 civile ont pu amortir les effets de la crise sanitaire, surtout sur les populations les plus vuln\u00e9rables, et comment elle a contribu\u00e9 \u00e0 la concr\u00e9tisation des actions des pouvoirs publics sur le terrain. Pour ce faire, elles se sont appuy\u00e9es sur le mouvement \u00ab Tantsoroka Covid-19 \u00bb pour d\u00e9montrer le r\u00f4le essentiel des Organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile (OSC) dans la lutte contre le Covid-19 aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00c9tat malagasy. Leur \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que les activit\u00e9s men\u00e9es par le mouvement \u00ab Tantsoroka Covid-19 \u00bb dans dix (10) chefs-lieux de districts malgaches en soutien \u00e0 l\u2019\u00c9tat dans la lutte contre la pand\u00e9mie covidienne sont : l\u2019appui au personnel m\u00e9dical et agents communautaires, les campagnes d\u2019information et de sensibilisation et la distribution des kits alimentaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La famille, cellule de base de la socialisation, a retenu l\u2019attention de <strong>SAKINATOU Daouda<\/strong> et <strong>L\u00e9onelle Flore NGUINTA HEUGANG<\/strong>. Celles-ci se sont introduites dans le noyau de base de la soci\u00e9t\u00e9 humaine pour analyser la fa\u00e7on dont la Covid-19 est v\u00e9cue dans les foyers dont certains des membres sont \u00ab covido-positifs \u00bb. Pour cela, elles ont men\u00e9 une petite enqu\u00eate dans des foyers camerounais, notamment dans les deux plus grandes m\u00e9tropoles : Douala et Yaound\u00e9. Leur but \u00e9tait l\u2019observation des interactions sociales entre les membres des familles o\u00f9 la Covid-19 a fait irruption. Au terme de leur analyse, il ressort que l\u2019av\u00e8nement de la Covid-19 dans les foyers camerounais a provoqu\u00e9 des effets aussi bien positifs que n\u00e9gatifs dans les interactions sociales des membres de ces foyers. D\u2019une part, il a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des rapports sociaux entre les membres d\u2019une m\u00eame famille du fait, entre autres, de la stigmatisation des membres contamin\u00e9s par la Covid-19. D\u2019autre part, il a particip\u00e9 au renforcement des liens sociaux \u00e0 travers la compassion des membres de famille \u00e0 l\u2019\u00e9gard des leurs atteints de la Covid-19.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, les contributions du volume 3 d\u2019<em>Adilaaku<\/em> participent au d\u00e9bat sur la Covid-19 en Afrique en apportant une diversit\u00e9 de regards post-pand\u00e9miques, partant des implications qu\u2019a induits l\u2019av\u00e8nement de celle-ci sur ce continent et des ripostes africaines face \u00e0 ce nouvel acteur des relations internationales invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu. En plus de participer \u00e0 ce d\u00e9bat scientifique, il aura le m\u00e9rite de rendre compte des implications pratiques de l\u2019intrusion de la Covid-19 en Afrique et les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies endog\u00e8nes de riposte mises en place par les gouvernements, les Organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et les populations africaines. Sans avoir la pr\u00e9tention d\u2019une exhaustivit\u00e9, ce num\u00e9ro est une invite \u00e0 l\u2019\u00e9largissement du d\u00e9bat sur la fragilit\u00e9 de l\u2019Afrique face aux enjeux sanitaires, s\u00e9curitaires, \u00e9conomiques et politiques du monde contemporain.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Badie, Bertrand. 2004. <em>L\u2019impuissance de la puissance. Essai sur les relations internationales<\/em>. Paris\u00a0: Fayard.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beck, Ulrich. 2003. La soci\u00e9t\u00e9 du risque globalis\u00e9 revue sous l\u2019angle de la menace terroriste. <em>Cahiers Internationaux de Sociologie<\/em>, 114, 27-33.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boniface, Pascal. 2020. <em>G\u00e9opolitique du Covid-19. Ce que nous r\u00e9v\u00e8le la crise du coronavirus<\/em>. Paris\u00a0: EYROLLES.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonnet, Pauline. 2021. La diplomatie du masque et du vaccin\u00a0: nouvel atout de soft ou de hard power pour P\u00e9kin? <em>Bulletin du conseil qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019\u00e9tudes g\u00e9opolitiques<\/em>, <em>7<\/em>(2), 37-49.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camus, Albert. 1947. <em>La Peste<\/em>. Paris\u00a0: Coll. Folioth.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Congost, Amandine. 2021. Le Blue Dot Network, un outils [sic] de soft power adapt\u00e9 aux ambitions japonaises dans le monde de l\u2019apr\u00e8s-Covid? <em>Bulletin du conseil qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019\u00e9tudes g\u00e9opolitiques<\/em>, <em>7<\/em>(2), 2-12.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dusoulier, Amandine. 2020. <em>La Covid-19 en Afrique de l\u2019Ouest : une gestion aux multiples facettes. <\/em>Bruxelles\u00a0: \u00c9clairage du GRIP.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9tienne, Jean, Bloess, Fran\u00e7oise, Noreck, Jean-Pierre et Roux, Jean-Pierre. 2004. <em>Dictionnaire de sociologie<\/em>. Paris\u00a0: Hatier.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Glaser, Antoine et Smith, Stephen. 1994. <em>L\u2019Afrique sans les Africains. Le r\u00eave blanc du continent noir<\/em>. Paris\u00a0: Stock.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nemeudeu, Roger (dir.). 2020. <em>Le NEMRO, Revue trimestrielle de droit \u00e9conomique. Le Covid et le droit<\/em>. Avril\/juin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ricciardi, Toni. 2020. Les pand\u00e9mies dans une perspective d\u2019histoire globale. Dans Gamba, Fiorenza, Nardone, Marco, Ricciardi, Toni et Cattacin, Sandro (dir.), <em>Covid-19. Le regard des sciences sociales<\/em> (p.\u00a029-43). Gen\u00e8vre et Zurich\u00a0: Editions Seisme.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tametong, Steve, Nounamo, Donald\u00a0et Wakap, Brice (dir.). 2021. <em>Covid-19 et droit au Cameroun. Regards pluriels<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: Editions Lupeppo.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/aboubakar-adamou\">ABOUBAKAR Adamou<\/a><\/strong><br \/>Politologue, charg\u00e9 de recherche au Centre national d\u2019\u00e9ducation (CNE), organisme de recherche en sciences sociales sous tutelle du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun). Sp\u00e9cialiste d\u2019\u00e9conomie politique internationale, il est le coordonnateur du laboratoire \u00ab Droit, Soci\u00e9t\u00e9 et D\u00e9veloppement \u00bb (DSD) du D\u00e9partement des \u00e9tudes politiques et juridiques (DEPJ) du CNE. Il consacre essentiellement ses recherches \u00e0 l\u2019\u00e9conomie politique (interne et internationale); les probl\u00e9matiques li\u00e9es au \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb; la sociologie politique de la partie septentrionale du Cameroun et la sociologie des organisations.<br \/>\nContact : aboubakaradamou2000@yahoo.fr <br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":11,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["aboubakar-adamou"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[436],"license":[],"class_list":["post-1184","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-aboubakar-adamou"],"part":1182,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1184\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1294,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1184\/revisions\/1294"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/1182"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1184\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1184"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1184"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}