{"id":139,"date":"2019-10-07T16:36:48","date_gmt":"2019-10-07T10:36:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=139"},"modified":"2022-05-30T11:45:04","modified_gmt":"2022-05-30T09:45:04","slug":"minkonda_et_mahini2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/minkonda_et_mahini2019\/","title":{"rendered":"Analyse sociopolitique de la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat du Cameroun"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux \u00c9tats-Unis, le regard port\u00e9 sur les questions s\u00e9curitaires a consid\u00e9rablement \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9. Les pays pauvres sont d\u00e9sormais per\u00e7us comme des fabriques de potentielles menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 des pays d\u00e9velopp\u00e9s voire pour la paix dans le monde. C\u2019est donc dans la perspective de repenser la s\u00e9curit\u00e9 internationale que va se d\u00e9velopper le concept d\u2019\u00c9tat fragile. Ce terme, rapidement saisi par Carment, Stewart et Yiagadeesen (cit\u00e9s par Nay, 2013, p. 141) comme \u00ab un objet d\u2019\u00e9tude majeur pour les sciences sociales \u00bb, d\u00e9signe de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rique les \u00c9tats en crise consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant faibles, vuln\u00e9rables, dysfonctionnels, effondr\u00e9s, d\u00e9faillants, anachroniques, faillis, pr\u00e9caires, fragment\u00e9s, etc. (Nay, 2013, p. 142). Plus sp\u00e9cifiquement, il renvoie au manque de volont\u00e9 politique et \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 manifeste pour un pays de produire les services de base \u00e0 ses populations. De mani\u00e8re extensive, est \u00c9tat fragile, tout pays affaibli \u00ab par les guerres, les crises institutionnelles r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou la pauvret\u00e9 extr\u00eame \u00bb et dans lequel \u00ab\u00a0les institutions de gouvernement ne sont plus capables de maintenir des conditions de stabilit\u00e9 politique et de d\u00e9veloppement suffisantes pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 et le bien-\u00eatre des populations\u00a0\u00bb (Nay, <em>ibid.<\/em>, p. 141).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Longtemps affubl\u00e9 des \u00e9pith\u00e8tes d\u2019\u00c9tat sorcier, autoritaire, sous-d\u00e9velopp\u00e9, post-autoritaire, absent et n\u00e9opatrimonial (Eboko et Awondo, 2018, p. 6), le Cameroun sera associ\u00e9 \u00e0 la nouvelle cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tat fragile le 25 mai 2010 par l\u2019Organisation non gouvernementale (ONG) <em>International<\/em> <em>Crisis Group <\/em>(ICG). Six ans plus tard, Eyram Zoubgbede (2016), dans un texte fort \u00e9vocateur intitul\u00e9 \u00ab Votre pays est-il un \u00c9tat fragile?\u00a0\u00bb, identifiait \u00e0 l\u2019aide des matrices r\u00e9f\u00e9rentielles du rapport de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique (OCDE) sur l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9 en 2015, l\u2019\u00c9tat du Cameroun comme \u00e9tant une R\u00e9publique fragile. Les rapports 2016 et 2017 de ICG (2016), qui s\u2019appuient sur l\u2019analyse de la guerre contre <em>Boko haram<\/em> et sur la crise anglophone, reviennent \u00e0 la charge en classant implicitement, mais certainement le Cameroun dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles (Minkonda, 2017, p. 297-332). Dans cette mise en filigrane, le Cameroun est montr\u00e9 comme un pays dans lequel le r\u00eave de \u00ab vivre \u00e0 l\u2019abri de la peur et \u00e0 l\u2019abri du besoin\u00a0\u00bb (Minkonda, 2018a, p. 103-132) est persistant et dans lequel les instances \u00e9tatiques n\u2019ont pas la volont\u00e9 politique et\/ou la capacit\u00e9 d\u2019assumer les fonctions essentielles requises pour faire reculer la pauvret\u00e9, promouvoir le d\u00e9veloppement et assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le respect des droits de l\u2019homme. En consid\u00e9rant les \u00e9l\u00e9ments qui pr\u00e9c\u00e8dent, on peut trouver une explication \u00e0 cet \u00e9tat de fait.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s avoir r\u00e9uni malgr\u00e9 lui la quasi-totalit\u00e9 des germes d\u2019effondrement (Cl\u00e9ment, 2003), le Cameroun serait devenu comme le Soudan (Jumbert, 2014), la Somalie (Hagmann\u00a0 et Hoehne, 2009), l\u2019Indon\u00e9sie (Heiduk, 2014) ou l\u2019Ouganda (Fisher, 2014). Cet \u00c9tat aurait substantiellement perdu le monopole de la contrainte physique l\u00e9gitime (Weber, 1971, p. 34-47). Selon les normes inspir\u00e9es de celles des pays d\u00e9velopp\u00e9s (Huntington, 1965, p. 392), il serait incapable de satisfaire les attentes de sa population, de r\u00e9pondre, par des processus reconnus et accept\u00e9s par cette derni\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u00e9volution de ses attentes, de g\u00e9rer les moyens disponibles et de n\u00e9gocier l\u2019obtention des ressources n\u00e9cessaires, pour y faire face. Poss\u00e9dant en son sein des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9stabilisations et de destructions. Dans ce contexte, le Cameroun serait d\u00e9j\u00e0 un probable candidat \u00e0 la faillite avec une pr\u00e9sence des facteurs de d\u00e9sint\u00e9gration (Zartman, 1995) et de fragmentation (Pierre-Caps et Mouton, 2012). L\u2019actualit\u00e9 elle-m\u00eame tend \u00e0 confirmer qu\u2019\u00e0 la stabilit\u00e9 relative de ce pays depuis les ind\u00e9pendances, a succ\u00e9d\u00e9 une \u00e9mergence sans pr\u00e9c\u00e9dent des sympt\u00f4mes crisog\u00e8nes et conflictog\u00e8nes. Le Cameroun appartiendrait donc \u00e0 cette \u00ab cause perdue\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9conomie internationale qui, de surcroit, serait incapable d\u2019acheter son ticket d\u2019entr\u00e9e dans la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 du savoir \u00bb (Chasseriaux, 2004, p. 163-178). \u00c0 la lumi\u00e8re de toutes ces consid\u00e9rations, il devient difficile d\u2019envisager une perspective diff\u00e9rente qui exclurait le Cameroun de cette liste qui la proclame hors course ou hors-jeu dans le nouvel ordre mondial (Foreign Policy, 2005, p. 56-65). Pourtant, suivant une autre hypoth\u00e8se bas\u00e9e sur des perspectives empiriques et des actions d\u00e9veloppementales qui sont sanctionn\u00e9es par de nombreux rapports[footnote]Nous pensons ici entre autres aux classements<em>\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0<em>Doing Business<\/em> 2014 \u00e0 2016 \u00bb dans lesquels le Cameroun a de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale gagn\u00e9 plusieurs places dans le sens de l\u2019am\u00e9lioration de son niveau de d\u00e9veloppement.[\/footnote], cette damnation \u2013 \u00e0 la limite normale \u2013 (Durkheim, 1991) du Cameroun dans cette situation de \u00ab mal partie\u00a0\u00bb (Dumont, 1962), r\u00e9siste difficilement \u00e0 l\u2019observation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le sillage des prol\u00e9gom\u00e8nes qui viennent d\u2019\u00eatre pos\u00e9s, cette contribution, dont l\u2019\u00e9nonc\u00e9 est interrogatif et le propos dialectique, a pour objectif d\u2019engager un d\u00e9bat analytique sur l\u2019appartenance r\u00e9elle ou suppos\u00e9e du Cameroun \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles. Ainsi, en puisant dans le portefeuille du constructivisme social et de l\u2019interactionnisme, des recettes de la m\u00e9thodologie discursive, la d\u00e9monstration sera essentiellement bas\u00e9e sur les rapports des ONG et d\u2019organisations internationales ou intergouvernementales. On citera entre autres, <em>Amnesty international<\/em>,<em> l\u2019ICG<\/em>, l\u2019OCDE, <em>Doing business<\/em>. Nous nous servirons \u00e9galement des donn\u00e9es empiriques, des instruments et des outils d\u00e9veloppementalistes que le Cameroun a mis en \u0153uvre depuis plusieurs ann\u00e9es afin de se lancer dans la dynamique de l\u2019\u00e9mergence. Fort de tout ceci, peut-on valablement d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e selon laquelle le Cameroun est un pays dans lequel les institutions sont incapables d\u2019assurer les fonctions fondamentales de l\u2019\u00c9tat w\u00e9b\u00e9rien, \u00e0 savoir la satisfaction des services de base \u00e0 ses populations, le contr\u00f4le du territoire national, la protection contre des ing\u00e9rences ext\u00e9rieures? Pour y r\u00e9pondre, l\u2019analyse se fera en deux mouvements. Dans le premier, il sera question de pr\u00e9senter les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui permettent d\u2019aligner le Cameroun, dans une certaine mesure, dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles. Dans le second, nous verrons que les actions de r\u00e9silience et les options choisies par ce pays l\u2019inscrivent dans un processus de r\u00e9sistance durable \u00e0 la faillite.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les variables expressives de l\u2019appartenance du Cameroun \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019alignement de la R\u00e9publique du Cameroun dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles, au regard des diff\u00e9rents rapports des ONG et OIG, commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 relever de la \u00ab normalit\u00e9\u00a0\u00bb (Durkheim, 1991, p. 52). Sa seule \u00e9vocation rel\u00e8ve m\u00eame d\u00e9j\u00e0 du domaine des \u00e9vidences, des r\u00e9alit\u00e9s acquises sur lesquelles nul n\u2019est besoin de s\u2019attarder \u00e0 nouveau. Cet ensemble de faits est d\u00fb \u00e0 l\u2019existence d\u2019un d\u00e9ficit d\u00e9mocratique et d\u2019une mont\u00e9e en puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent des p\u00f4les d\u2019instabilit\u00e9 dans le pays.<\/p>\r\n\r\n<h3 class=\"no-indent\">Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique, un crit\u00e8re de la fragilit\u00e9 du Cameroun<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique d\u00e9signe un manque de l\u00e9gitimit\u00e9 des \u00a0institutions et des hommes charg\u00e9s de pr\u00e9sider aux affaires d\u2019une communaut\u00e9 politique (Moravcsik, 2003, p. 87).\u00a0 Il est une expression principalement invoqu\u00e9e pour faire valoir le fait que le syst\u00e8me politique et ses acteurs souffrent d\u2019un manque de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique et qu\u2019ils semblent inaccessibles au citoyen du fait de la complexit\u00e9 du syst\u00e8me de gouvernance (Michel, 2008, p. 109). Dans le cas du Cameroun, qui se donne \u00e0 voir et \u00e0 penser comme \u00ab \u00c9tat stationnaire\u00a0\u00bb \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire une organisation politique qui produit un syst\u00e8me d\u2019all\u00e9geances client\u00e9listes dont l\u2019objectif central est la conservation du pouvoir (Eboko et Awondo, 2018, p. 4) \u2013, le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique se manifeste par l\u2019existence d\u2019un gouvernement perp\u00e9tuel et par l\u2019existence d\u2019un mode n\u00e9opatrimonial de r\u00e9gulation politique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le gouvernement perp\u00e9tuel ou \u00ab sempiternel \u00bb renvoie \u00e0 un mode de gestion d\u2019\u00c9tat qui se singularise par des man\u0153uvres gouvernantes orient\u00e9es vers la p\u00e9rennisation inconditionnelle du leader pr\u00e9sidentiel au sommet de l\u2019architecture institutionnelle (Owona Nguini, 2009, p. 254-268). Ce mod\u00e8le de gouvernance, qui se caract\u00e9rise par une \u00ab d\u00e9mocratisation janusienne\u00a0\u00bb (Owona Nguini et Menthong, 2018, p. 2), se retrouve g\u00e9n\u00e9ralement dans un contexte marqu\u00e9 par la propension des acteurs h\u00e9g\u00e9moniques qui dominent les dispositifs \u00e9tatiques et s\u2019\u00e9ternisent au pouvoir.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le champ politique camerounais est un espace relativement \u00ab clos \u00bb (Popper, 1992) qui se particularise par une long\u00e9vit\u00e9 exceptionnelle du Chef de l\u2019\u00c9tat \u00e0 la t\u00eate du pays (Sindjoun, 1996, p. 57-67). Consid\u00e9r\u00e9 par certains analystes politiques comme le \u00ab gestionnaire du temps \u00bb, le \u00ab ma\u00eetre du sens \u00bb et le \u00ab juge des int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs \u00bb (Sindjoun, 1996, p. 41), le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Cameroun, comme ses pairs d\u2019Afrique Centrale (Minkonda, 2017, p. 304-306), est devenu presque inamovible. Pour se maintenir au sommet de la pyramide gouvernante, il proc\u00e8de en fait par une \u00ab instrumentalisation politique du droit\u00a0\u00bb (Sindjoun et Owona Nguini, 1997) dont le but est d\u2019asseoir la structuration dominante de son pouvoir par des actions qui permettent de consolider la pr\u00e9pond\u00e9rance de la fonction pr\u00e9sidentielle. \u00ab Pr\u00e9sident \u00e0 vie \u00bb, il bat le record d\u2019une long\u00e9vit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent au pouvoir gr\u00e2ce \u00e0 une ma\u00eetrise d\u2019une \u00ab d\u00e9mocratisation passive\u00a0\u00bb (Menthong, 1998, p. 40-52) qui s\u2019appr\u00e9cie par la voie d\u2019\u00e9lections loyales, libres et comp\u00e9titives. Pr\u00e9sidant aux destin\u00e9es du Cameroun depuis 1982, \u00e0 la suite de la d\u00e9mission du premier Chef d\u2019\u00c9tat Ahmadou Ahidjo (1960-1982), il a pass\u00e9 \u00e0 ce jour 36 ans \u00e0 la t\u00eate de la magistrature supr\u00eame.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quant au manque d\u2019alternance au sommet de l\u2019\u00c9tat, il est marqu\u00e9 par une raret\u00e9 des dynamiques d\u2019alternance des postes de pouvoir. Les hauts commis de ce syst\u00e8me politique pr\u00e9sidentialiste (Sindjoun, 1996) se conduisent comme des entrepreneurs et op\u00e9rateurs \u00e9conomiques motiv\u00e9s essentiellement par le d\u00e9veloppement de ressources de \u00ab monopolisation de pouvoir\u00a0\u00bb (Joseph, 1990, p. 45-53) \u00e0 m\u00eame de permettre une redistribution client\u00e9liste et une installation des moyens de domination atemporel et \u00e9ternel. Ces diff\u00e9rents acteurs qui gravitent autour du chef de l\u2019\u00c9tat ont mis en place des instruments qui permettent de consolider la pr\u00e9pond\u00e9rance de la fonction pr\u00e9sidentielle et qui les aident \u00e0 canaliser un renouvellement sans renouveau des \u00e9lites politiques (Eboko, 1999). Pour illustrer ce propos, prenons le cas de quelques \u00e9lites qui d\u00e9tiennent certains leviers du pouvoir politique, \u00e9conomique et institutionnel depuis plusieurs d\u00e9cennies \u00e0 l\u2019instar du pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale depuis 1992 (soit 25 ans[footnote]Il est int\u00e9ressant de noter que ce dernier est d\u00e9put\u00e9 au parlement du Cameroun depuis les ann\u00e9es 1970.[\/footnote]), du pr\u00e9sident du Conseil \u00c9conomique et Social depuis 1984 (soit 33 ans; il a aussi \u00e9t\u00e9 ministre sous Ahidjo); du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 Nationale des Hydrocarbures depuis 1983 (soit 34 ans); du premier pr\u00e9sident de la Cour Supr\u00eame 1992-2014 (soit 22 ans), etc. Ce gouvernement se perp\u00e9tue en raison du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autre indice du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique en contexte camerounais est le mode n\u00e9opatrimonial de r\u00e9gulation politique. L\u2019exercice \u00ab n\u00e9opatrimonial \u00bb du pouvoir op\u00e8re \u00ab dans le cadre et avec la revendication d\u2019un cadre \u00e9tatique moderne de type l\u00e9gal-rationnel\u00a0\u00bb (Bach et Gazibo, 2011, p. 11). De ceci, d\u00e9coule une interp\u00e9n\u00e9tration constante entre int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et int\u00e9r\u00eats publics, la gestion sur un mode priv\u00e9 de fonctions officielles, le n\u00e9potisme dans le recrutement des fonctionnaires et dans la s\u00e9lection de l\u2019entourage des officiels, la primaut\u00e9 des loyaut\u00e9s personnelles sur les relations institutionnelles, ainsi qu\u2019une faiblesse corr\u00e9lative des institutions et du droit qui n\u2019ont pas la capacit\u00e9 d\u2019encadrer le comportement des acteurs. On peut \u00e9galement ajouter \u00e0 cette liste la faible imputabilit\u00e9 des dirigeants, un client\u00e9lisme pouss\u00e9 et l\u2019absence d\u2019incitation ou d\u2019obligation \u00e0 adapter des politiques \u00e9conomiques porteuses de d\u00e9veloppement.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si ce type hybride d\u2019organisation politico-institutionnelle ne peut plus \u00eatre per\u00e7u comme l\u2019apanage des \u00ab soci\u00e9t\u00e9s en d\u00e9veloppement \u00bb (Meny, 1992), il reste qu\u2019il s\u2019enracine avec plus de vigueur, de dext\u00e9rit\u00e9 voire m\u00eame de facilit\u00e9 au Cameroun (M\u00e9dard, 1977, p. 39). Plusieurs auteurs qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la sc\u00e8ne politique africaine et camerounaise (Chabal et Daloz, 1999) sont d\u2019accord pour dire que le Cameroun ploie sous le poids de la mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e0 deux principaux niveaux. Premi\u00e8rement, le n\u00e9opatrimonialisme, qui est intrins\u00e8quement antid\u00e9mocratique, est constitu\u00e9 par un ensemble de m\u00e9canismes et de normes qui mine la comp\u00e9tition et la participation politique (Sindjoun, 1994, p. 143-165). Deuxi\u00e8mement, il joue un r\u00f4le central dans le sous-d\u00e9veloppement du Cameroun et constitue un facteur explicatif essentiel de la crise polico-\u00e9conomique et celle des valeurs au Cameroun. Le Cameroun est, selon Jean-Fran\u00e7ois M\u00e9dard (1977, p. 15), un \u00c9tat \u00e0 la fois \u00ab fort, autoritaire et [\u2026] impuissant \u00bb o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 politico-administrative est convertie en patrimoine priv\u00e9 par une bureaucratie et un parti que le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo contr\u00f4lait \u00e9troitement. Personnalisation du pouvoir, confusion entre domaine public et domaine priv\u00e9 et absence de distinction entre la fonction et son titulaire sont masqu\u00e9es. Il est int\u00e9ressant de noter que cette situation n\u2019a pas beaucoup chang\u00e9 sous le r\u00e8gne du pr\u00e9sident Paul Biya. Elle s\u2019est simplement modernis\u00e9e et sophistiqu\u00e9e, confirmant ainsi l\u2019hypoth\u00e8se gramscienne \u2013 reprise par Bayart \u2013 de la continuit\u00e9 du \u00ab bloc h\u00e9g\u00e9monique \u00bb et de la dynamique de \u00ab l\u2019assimilation r\u00e9ciproque des \u00e9lites\u00a0\u00bb (Bayart, 1989, p. 15).<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019instabilit\u00e9 politique, une variable d\u00e9terminante de la fragilit\u00e9 du Cameroun<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019instabilit\u00e9 politique renvoie \u00e0 la propension d\u2019un pays \u00e0 s\u2019effondrer, de fa\u00e7on constitutionnelle ou non, suite \u00e0 une longue d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence syst\u00e9mique (Zartman, 1997). Elle est due \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements d\u00e9stabilisants qui \u00f4tent toute capacit\u00e9 de r\u00e9silience et minent tout d\u00e9veloppement durable. G\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 la crise de la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et \u00e0 sa d\u00e9liquescence (Mbembe, 1993, p. 345-375), elle se singularise au Cameroun par l\u2019existence des facteurs crisog\u00e8nes dans le septentrion, dans la r\u00e9gion de l\u2019Est ainsi que dans les r\u00e9gions dites anglophones.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La guerre que l\u2019\u00c9tat du Cameroun m\u00e8ne contre le terrorisme dans le septentrion et la lutte contre le banditisme et les incursions de rebelles \u00e0 l\u2019Est du pays constituent la premi\u00e8re dorsale explicative de l\u2019instabilit\u00e9 politique. En effet, apparu en 2003 dans le Nord-Est du Nig\u00e9ria (Higazi, 2013, p. 137-164), le groupe terroriste <em>Boko Haram<\/em> pose aujourd\u2019hui un d\u00e9fi s\u00e9curitaire majeur \u00e0 l\u2019\u00c9tat camerounais et, dans une certaine mesure aussi, aux pays voisins qui se trouvent aux alentours du bassin du Lac Tchad. M\u00eame si, les r\u00e9ponses du Cameroun pour faire face \u00e0 cette menace connaissent des fortunes relativement \u00e9logieuses, <em>Boko Haram<\/em> a r\u00e9ussi \u00e0 installer un climat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 tous azimuts dans le septentrion. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des actes pernicieux qui ont troubl\u00e9 le quotidien des populations de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord du pays (Pomerolle, 2015, p. 163-177)[footnote]On peut citer entre autres\u00a0: enl\u00e8vements, attaques de villages, vols de b\u00e9tail, attentats-suicides, embuscades contre les forces arm\u00e9es, trafic d\u2019armes entre le Tchad et les territoires sous son contr\u00f4le au Nigeria, etc.[\/footnote], les actions de cette secte ont non seulement compl\u00e8tement reconfigur\u00e9es le mode de vie des individus dans la r\u00e9gion, mais elles ont davantage plong\u00e9 toute la zone dans une situation de crise permanente.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la r\u00e9gion de l\u2019Est, le Cameroun subit depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 l\u2019escalade de la crise politique en R\u00e9publique Centrafricaine. Les violations de ses fronti\u00e8res r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sont coupl\u00e9es de pillages et d\u2019enl\u00e8vements des groupes rebelles et des milices d\u2019autod\u00e9fenses. Au-del\u00e0 du fait que les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 ont jusqu\u2019ici r\u00e9ussi \u00e0 repousser et \u00e0 contrecarrer toutes ces attaques, l\u2019afflux massif des personnes en provenance de la R\u00e9publique Centrafricaine a des r\u00e9percussions tr\u00e8s graves sur le plan socio-\u00e9conomique et au niveau de la s\u00e9curit\u00e9 des localit\u00e9s frontali\u00e8res du Cameroun (International Crisis Group, 2015).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Avec la situation dramatique et tragique qui s\u00e9vit dans les zones dites anglophones, le Cameroun est mal class\u00e9 dans la hi\u00e9rarchie des nations du syst\u00e8me mondial (Hermet, 1980, p. 205-221). Certains observateurs de la sc\u00e8ne politique n\u2019h\u00e9sitent m\u00eame plus \u00e0 caract\u00e9riser ce pays de \u00ab sous-d\u00e9velopp\u00e9 \u00bb ou \u00ab n\u00e9opatrimonial \u00bb, \u00ab autoritaire \u00bb, \u00ab post autoritaire \u00bb, \u00ab sorcier \u00bb, ou simplement \u00ab absent\u00a0\u00bb (Eboko et Awondo, 2018, p. 3). Les facteurs crisog\u00e8nes des r\u00e9gions dites anglophones renforcent cette lecture. En dehors des menaces s\u00e9curitaires qui proviennent pour la plupart de ses voisins \u00e0 l\u2019instar du Nig\u00e9ria et de la RCA, le Cameroun fait face aujourd\u2019hui \u00e0 une mont\u00e9e en puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent des revendications d\u2019une partie de sa population en l\u2019occurrence anglophone. Repr\u00e9sentant 20 % de la population, les citoyens de cette zone du pays se sentent marginalis\u00e9s. Si, leur col\u00e8re est due \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 sociale qui ne d\u00e9passait pas encore le stade d\u2019un mouvement d\u2019humeur, leurs frustrations se sont exprim\u00e9es avec force \u00e0 partir de 2016 lorsque des revendications corporatistes se sont transform\u00e9es en des revendications politiques qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des gr\u00e8ves et des \u00e9meutes. L\u2019ampleur de la situation a oblig\u00e9 le gouvernement \u00e0 n\u00e9gocier avec les syndicats et \u00e0 faire quelques concessions[footnote]\u00a0 En effet, pour essayer de rem\u00e9dier \u00e0 ces revendications plus ou moins l\u00e9gitimes, le gouvernement a entrepris plusieurs actions. On peut citer\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une Chambre de Common Law \u00e0 la Cours Supr\u00eame, la cr\u00e9ation d\u2019une division de Common Law \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale d\u2019Administration et de Magistrature pour la formation des magistrats anglophones, la traduction du Code CIMA et du Code OHADA, le recrutement de mille enseignants bilingues dans la Fonction Publique et une subvention de deux milliards de Francs CFA pour soutenir les coll\u00e8ges et autres instituts priv\u00e9s dans la zone anglophone notamment.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">M\u00eame si la mobilisation en faveur du f\u00e9d\u00e9ralisme et\/ou de la s\u00e9cession a pris des proportions inqui\u00e9tantes \u00e0 cause de la forte militarisation des revendications, le m\u00e9contentement d\u2019une large majorit\u00e9 de la communaut\u00e9 anglophone demeure. Depuis trois ans, les deux r\u00e9gions dites anglophones vivent au rythme des villes mortes, du boycott des \u00e9coles et d\u2019incidents violents. En paralysant les activit\u00e9s sociales et \u00e9conomiques, cette crise affecte in\u00e9luctablement le tissu \u00e9conomique national. Si rien n\u2019est fait \u00e0 terme, elle pourrait co\u00fbter au Cameroun quelques points de croissance du PIB et remettre en question les pr\u00e9visions de croissance qui sont de l\u2019ordre de 6\u00a0%, car ces deux r\u00e9gions fournissent l\u2019essentiel de la production nationale de p\u00e9trole brut et sont propices \u00e0 la cr\u00e9ation de plantations des cultures de rente.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, nous voulons consid\u00e9rer un autre sc\u00e9nario en marge du diagnostic qui vient d\u2019\u00eatre pos\u00e9. En faisant fi de ce contexte de crise plurielle, la posture optimiste de certains analystes pourrait s\u2019expliquer. D\u00e8s lors, pour tenter de comprendre, on posera le probl\u00e8me diff\u00e9remment et, plus modestement, en partant de l\u2019hypoth\u00e8se que les diff\u00e9rentes actions que le Cameroun m\u00e8ne au quotidien compensent ses faiblesses et l\u2019extirpent de cette situation de fragilit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les variables expressives de la r\u00e9silience de l\u2019\u00c9tat du Cameroun face aux risques d\u2019effondrement<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">S\u2019il existe des moments de crises notoires dans la dynamique contemporaine de construction de l\u2019\u00c9tat du Cameroun (Bayart, 1985), il faut \u00e9galement noter que ce dernier a d\u00e9montr\u00e9 jusqu\u2019ici une r\u00e9silience certaine. Cette capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l\u2019effondrement (Cl\u00e9ment, 2004\u00a0: 35-50) est le r\u00e9sultat d\u2019une double dynamique du \u00ab dedans et du dehors\u00a0\u00bb (Balandier, 1971). Elle se traduit ainsi par des actions nationales et par un engagement international afin de se sortir de l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h3 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les actions nationales de sauvetage du Cameroun<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les th\u00e9ories du d\u00e9veloppement politique et du d\u00e9clin politique sont g\u00e9n\u00e9ralement avanc\u00e9es pour d\u00e9crire la situation d\u2019un pays soit en raison de la perte de ses capacit\u00e9s \u00e0 remplir ses fonctions r\u00e9galiennes, soit parce qu\u2019il parvient \u00e0 s\u2019en (re)saisir (Huntington, 1965). S\u2019inscrivant dans la seconde perspective, comme tout \u00c9tat qui aspire \u00e0 un d\u00e9veloppement durable, le Cameroun a mis en place un nombre de m\u00e9canismes afin de se soustraire de la menace de la fragilit\u00e9 et de se maintenir dans sa dynamique d\u2019\u00e9mergence. Ces actions nationales sont principalement bas\u00e9es sur des mesures socio-\u00e9conomiques et s\u00e9curitaires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le plan socio-\u00e9conomique, nombre d\u2019actions sont impl\u00e9ment\u00e9es dans l\u2019optique de dynamiser les leviers de l\u2019\u00e9mergence. L\u2019on notera fondamentalement la red\u00e9finition par le Cameroun de sa politique de d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique d\u00e8s sa sortie de l\u2019initiative PPTE (Pays Pauvres Tr\u00e8s Endett\u00e9s)[footnote]Celle-ci est une initiative des institutions de <em>Bretton Woods<\/em> (Fonds Mon\u00e9taire International et Banque Mondiale) lanc\u00e9e dans l\u2019optique de porter assistance au pays les plus pauvres du monde en vue de garantir la soutenabilit\u00e9 de leur dette ext\u00e9rieure.[\/footnote]. Sa nouvelle politique de d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique repose d\u00e9sormais, et ce depuis 2007, sur un nouveau r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat[footnote]Loi N\u00b02007\/006 du 26 d\u00e9cembre 2007 portant r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat. Ce dispositif vient inclure le budget-programme et la gestion ax\u00e9e sur les r\u00e9sultats dans l\u2019optique d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des d\u00e9penses publiques.[\/footnote] et sur ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler \u00a0la \u00ab vision 2035 \u00bb[footnote]\u00c9labor\u00e9 en 2009 et impl\u00e9ment\u00e9 depuis 2011, la \u00ab vision 2015\u00a0\u00bb est le document qui formule la vision du d\u00e9veloppement \u00e0 long terme de l\u2019\u00c9tat du Cameroun, notamment \u00e0 l\u2019horizon 2035.[\/footnote]. Cette derni\u00e8re est progressivement impl\u00e9ment\u00e9e par la mise en \u0153uvre des mesures contenues dans le Document de strat\u00e9gie pour la croissance et l\u2019emploi (DSCE)[footnote]C\u2019est le document-r\u00e9pertoire des orientations strat\u00e9giques nationales pour la vision \u00e0 long terme, celle de faire de l\u2019\u00c9tat du Cameroun un pays \u00e9mergent et uni dans sa diversit\u00e9. Autrement dit, c\u2019est le cadre de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019action gouvernementale pour la p\u00e9riode allant de 2010 \u00e0 2020. Elabor\u00e9 en ao\u00fbt 2009, il est une version revue et corrig\u00e9e du premier Document de strat\u00e9gie pour la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 (DSRP) r\u00e9dig\u00e9e en 2003. Entre autres objectifs, il s\u2019agit d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e9conomique, la cr\u00e9ation d\u2019emplois et la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 pour le bien-\u00eatre des populations.[\/footnote]. Ce document est un concentr\u00e9 d\u2019enjeux et de d\u00e9fis qui fait corps par l\u2019entremise d\u2019un outil de pilotage et de guidage de l\u2019action publique \u00e9tatique en termes de prosp\u00e9rit\u00e9 nationale \u00e0 court terme (2020). \u00c0 travers ces outils, l\u2019intention des pouvoirs publics semble clairement s\u2019afficher\u00a0: celle d\u2019inscrire v\u00e9ritablement le Cameroun dans la voie de l\u2019\u00e9mergence d\u2019ici \u00e0 l\u2019horizon 2035.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette perspective, des actions ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es en vue de l\u2019am\u00e9lioration du climat des affaires. Celles-ci ont globalement port\u00e9 sur la mise en \u0153uvre des mesures relatives aux r\u00e9formes r\u00e9glementaires en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d\u2019entreprise, de collecte des taxes, de minimisation des co\u00fbts de transaction dans l\u2019optique de garantir les droits de propri\u00e9t\u00e9 et de r\u00e9solution des diff\u00e9rends (Minkonda, 2017, p. 320). \u00c0 cette fin, la loi no 2013\/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations \u00e0 l\u2019investissement priv\u00e9 a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e et promulgu\u00e9e. Cette loi dispose, dans le chapitre des incitations fiscales, des b\u00e9n\u00e9fices en termes d\u2019exon\u00e9rations, d\u2019exemptions ou de r\u00e9duction des paiements pendant la phase d\u2019exploration et d\u2019exploitation, \u00e0 l\u2019endroit de tous les investisseurs. \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019instauration du guichet unique pour toutes les formalit\u00e9s relatives \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019entreprises.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de tous ces initiatives et efforts \u00e9conomiques men\u00e9s en interne, le pays a remport\u00e9 en juillet 2016 le premier prix du forum mondial d\u2019investissement \u00e0 Nairobi au Kenya (Minkonda, 2017, p. 322). Ce prix lui a permis aussi d\u2019am\u00e9liorer son classement dans le rapport 2016 du <em>Tink-Tank<\/em> am\u00e9ricain <em>Global Integrity. <\/em>Au fait, class\u00e9 pays \u00e0 faible int\u00e9grit\u00e9, il a vu sa note pass\u00e9e de 27 en 2015 \u00e0 celle de 36 en 2016 dans l\u2019<em>Africa Integrity Indicators<\/em> (AII) du <em>Global Integrity<\/em> en association avec la Fondation Mo Ibrahim. De m\u00eame, m\u00eame si l\u2019exacerbation de la crise anglophone coupl\u00e9e aux difficult\u00e9s quotidiennes ont port\u00e9 un s\u00e9rieux coup sur la croissance \u00e9conomique, dans le rapport <em>Doing Business<\/em> de 2017, le Cameroun a gagn\u00e9 trois places en passant de 166e en 2016 \u00e0 163e en 2017 (<em>Doing Business<\/em>, 2017, p. 16). Du reste, ce pays, 13e \u00e9conomie du continent, reste \u00ab la plus forte et la plus diversifi\u00e9e de la CEMAC\u00a0\u00bb[footnote]Communaut\u00e9 \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l\u2019Afrique centrale. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse\u00a0: https:\/\/www.s-ge.com\/sites\/default\/files\/cserver\/publication\/free\/rapport-economique-kamerun-eda-05-2017.pdf[\/footnote] avec un r\u00e9gime politique assez stable eu \u00e9gard \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9lection pr\u00e9sidentielle qui a ethniquement polaris\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise. Cet ensemble d\u2019actions socio-\u00e9conomiques a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 des mesures s\u00e9curitaires tr\u00e8s fortes dans les diff\u00e9rentes zones en crise.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En outre, sur le plan s\u00e9curitaire plusieurs initiatives politiques ont \u00e9t\u00e9 prises pour lutter contre les menaces asym\u00e9triques et les revendications des populations. Pour faire face \u00e0 ces menaces, les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite de l\u2019arm\u00e9e, le Bataillon d'Intervention Rapide (BIR), ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s dans l\u2019Extr\u00eame-Nord. Par d\u00e9crets[footnote]D\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; d\u00e9cret n\u00b02014\/309 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/181 du 25 juillet 2001 portant organisation de la gendarmerie nationale.[\/footnote] promulgu\u00e9s le 14 ao\u00fbt 2014, le pr\u00e9sident Paul Biya d\u00e9cidait de scinder la troisi\u00e8me r\u00e9gion militaire interarm\u00e9e, bas\u00e9e \u00e0 Garoua, et de cr\u00e9er une quatri\u00e8me r\u00e9gion, bas\u00e9e \u00e0 Maroua, chef-lieu de l\u2019Extr\u00eame-Nord, ainsi que de cr\u00e9er une nouvelle r\u00e9gion de gendarmerie. De m\u00eame, un r\u00e9gime d\u2019exception informel, a \u00e9t\u00e9 mis en place. Il s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9 par le d\u00e9ploiement d\u2019environ 6 000 soldats \u00e0 l\u2019Extr\u00eame-Nord du pays; l\u2019interdiction du port du voile int\u00e9gral; l\u2019interdiction des manifestations publiques; l\u2019interdiction des attroupements; l\u2019adoption de la loi n\u00b02014\/028 du 23 d\u00e9cembre 2014 portant r\u00e9pression des actes de terrorisme. Ainsi, en novembre 2016, les forces de s\u00e9curit\u00e9 avaient d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9 au moins 970 membres pr\u00e9sum\u00e9s de <em>Boko Haram<\/em>, majoritairement des hommes, dont environ 880 \u00e9taient incarc\u00e9r\u00e9s\u00a0: 125 condamn\u00e9s et environ 755 en attente de jugement \u00e0 la prison de Maroua et dans les prisons secondaires de Kouss\u00e9ri, de Mora, \u00e0 la prison principale de Yaound\u00e9 et \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la recherche ext\u00e9rieure (DGRE) (ICG, 2016). Gr\u00e2ce \u00e0 toutes ces mesures s\u00e9curitaires, la capacit\u00e9 de nuisance des diff\u00e9rentes menaces \u00e0 l\u2019instar de la secte terroriste <em>Boko Haram<\/em> a consid\u00e9rablement baiss\u00e9 en intensit\u00e9. Ce qui a sans doute amen\u00e9 Mahini (2019, p. 205) \u00e0 parler du paradigme camerounais de lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l\u2019homme comme \u00ab un contre-terrorisme rationalis\u00e9\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qui repose sur l\u2019utilisation concomitante des forces de s\u00e9curit\u00e9 et de la loi et sur une sociol\u00e9gitimation (implication et participation des populations) de la guerre contre le <em>Boko haram<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant principalement la crise anglophone, une kyrielle de mesures gouvernementales ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 entreprises pour apporter un d\u00e9but de solution. Au-del\u00e0 des mesures militaires[footnote]Le d\u00e9ploiement des forces arm\u00e9e et de s\u00e9curit\u00e9,; le d\u00e9cret n\u00b02018\/148 du 21 f\u00e9vrier 2018 portant modification du d\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 modifiant le d\u00e9cret n\u00b0 2001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; le d\u00e9cret n\u00b0 2018\/149 du 21 f\u00e9vrier 2018, portant modification des dispositions du d\u00e9cret n\u00b0 2001\/183 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation des formations de combat de l\u2019arm\u00e9e de terre\u00a0 etc.[\/footnote], on peut citer entre autres\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une Commission nationale pour le bilinguisme et le multiculturalisme, de sections <em>Common Law <\/em>\u00e0 la Cour supr\u00eame et \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale d\u2019Administration et de magistrature (ENAM), le recrutement de magistrats anglophones et bilingues, le recrutement de 1000 enseignants bilingues ou encore le r\u00e9tablissement de la connexion internet apr\u00e8s 92 jours d\u2019interruption et de mani\u00e8re relativement r\u00e9cente, la cr\u00e9ation d\u2019un plan d\u2019urgence humanitaire. M\u00eame si les figures de proue de la contestation les ont jug\u00e9es tardives et insuffisantes, elles ont n\u00e9anmoins permis de baisser l\u2019intensit\u00e9 de la crise et poser les bases d\u2019un d\u00e9but de pourparlers. La somme de ces efforts gouvernementaux pour \u00e9loigner le pays de l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9 est fortement sous-tendue par un engagement international.<\/p>\r\n\r\n<h3 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019engagement international du Cameroun<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il se manifeste \u00e0 deux niveaux.\u00a0 D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on note les actions internationales du Cameroun et de l\u2019autre, les actions de la communaut\u00e9 internationale en faveur du Cameroun.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions internationales de l\u2019\u00c9tat du Cameroun en vue de se d\u00e9rober de la situation de fragilit\u00e9 sont l\u00e9gion.\u00a0 \u00c0 ce titre, il a abrit\u00e9 le sommet extraordinaire de la CEMAC[footnote]Elle s\u2019est tenue dans la capitale politique, Yaound\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 2016.[\/footnote] dans l\u2019optique de sauver les \u00e9conomies des pays de la zone qui subissent de plein fouet les baisses des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res et des ressources p\u00e9troli\u00e8res, mais surtout de d\u00e9fendre la cr\u00e9dibilit\u00e9 internationale de l\u2019ensemble de la sous-r\u00e9gion. En 2013, c\u2019est au Cameroun, pays qualifi\u00e9 de dangereux par certaines chancelleries occidentales[footnote]En 2014, la France pr\u00e9sente la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, la zone de Bakassi, les fronti\u00e8res des r\u00e9gions de l\u2019Est et du Sud-ouest comme des \u00ab zones rouges\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un <em>environnement formellement d\u00e9conseill\u00e9<\/em> de fr\u00e9quentation. Les r\u00e9gions du Nord et de l\u2019Adamaoua ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es en \u00ab zone orange\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, <em>espace d\u00e9conseill\u00e9<\/em>. Voir, le journal <em>La Nouvelle Expression<\/em> du vendredi 18 juillet 2014 pour plus de d\u00e9tails. Bien plus, on peut lire sur la page \u00ab France Diplomatie \u00bb (https:\/\/www.diplomatie.gouv.fr)\u00a0: \u00ab Il est recommand\u00e9 d\u2019observer la plus grande vigilance sur l\u2019ensemble du territoire du pays [Cameroun], y compris dans les deux grandes villes Douala et Yaound\u00e9\u00a0\u00bb.[\/footnote], qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9es les strat\u00e9gies pour la gestion de la paix, de la s\u00fbret\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 de la r\u00e9gion golfe de Guin\u00e9e. Ainsi, dans le communiqu\u00e9 sanctionnant la fin des travaux, il avait alors \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que c\u2019est \u00ab le Cameroun qui abritera le si\u00e8ge du Centre interr\u00e9gional de coordination, pr\u00e9vu par le m\u00e9morandum d\u2019entente entre la CEEAC, la CEDEAO et la CGG sur la s\u00fbret\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019espace maritime de l\u2019Afrique centrale et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0\u00bb[footnote]Communiqu\u00e9 Final du Sommet des Chefs d\u2019Etat et de Gouvernement de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique Centrale (CEEAC), de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) et de la Commission du Golfe de Guin\u00e9e (CGG) sur la S\u00fbret\u00e9 et la S\u00e9curit\u00e9 Maritimes dans le golfe de Guin\u00e9e, Yaound\u00e9, le 25 juin 2013.[\/footnote]. En 2014, c\u2019est encore au Cameroun que la conf\u00e9rence de l\u2019Association des Parlementaires du Commonwealth (APC) s\u2019est tenue. Celle-ci a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le sommet sur la guerre contre <em>Boko Haram<\/em> qui a eu lieu \u00e0 Yaound\u00e9 en janvier 2015 dans la perspective de la mobilisation internationale contre le terrorisme (Tagou et Tchouamou Dinkou, 2016: 7). \u00c0 cette liste non exhaustive, s\u2019ajoute la conf\u00e9rence continentale des parlementaires africains pour r\u00e9fl\u00e9chir sur la probl\u00e9matique de l\u2019int\u00e9gration politique et socio-\u00e9conomique du continent africain\u00a0: le r\u00f4le du parlement panafricain[footnote]L\u2019assembl\u00e9e s\u2019est tenue du 22 au 25 ao\u00fbt 2017.[\/footnote]; la r\u00e9union des chefs de police de l\u2019Afrique Centrale et de l\u2019Ouest sous le th\u00e8me \u00ab\u00a0Lutter contre le terrorisme en Afrique centrale et de l\u2019Ouest \u00bb dont les \u00e9changes ont port\u00e9 sur la strat\u00e9gie antiterroriste mondiale d\u2019Interpol, etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le Cameroun participe activement aux c\u00f4t\u00e9s des Nations unies, particuli\u00e8rement dans les op\u00e9rations de maintien de la paix, dans la lutte contre le terrorisme, \u00e0 la restauration de la stabilit\u00e9 et de l\u2019orthodoxie institutionnelle dans de nombreux pays. \u00c0 ce propos, l\u2019on note \u00ab une participation tout azimut \u00bb (Ntuda Ebode, 2005) des forces de d\u00e9fense camerounaises aux op\u00e9rations de maintien de la paix. Au-del\u00e0 de la \u00ab participation individuelle \u00bb[footnote]Elle renvoie au d\u00e9ploiement d\u2019un nombre minimal d\u2019hommes qui agiront soit au plan strat\u00e9gique, soit au plan militaire.[\/footnote] au Darfour, au sud du Kivu, en Angola, au Rwanda, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, on note aussi une \u00ab participation collective\u00a0\u00bb (Ndzie, 2009), principalement en R\u00e9publique Centrafricaine (RCA) depuis 2008 jusqu\u2019\u00e0 nos jours, malgr\u00e9 son engagement dans de multiples fronts \u00e0 ses fronti\u00e8res. En outre, le Cameroun accueille et encadre sur son territoire de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s. D\u2019apr\u00e8s Najat Rochdi,<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il accueille aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 320 000 r\u00e9fugi\u00e9s et demandeurs d\u2019asile qui ont fui les conflits sanglants en R\u00e9publique Centrafricaine et au Nig\u00e9ria. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, plus de 120 000 Camerounais ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s d\u2019abandonner leurs lieux de vie et sont d\u00e9sormais des d\u00e9plac\u00e9s internes suite aux violentes actions de Boko Haram\u2026 Cette attitude internationale du pays est un message de solidarit\u00e9 que les Camerounaises et les Camerounais envoient au monde entier (Rochdi, 2016, p. 3).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions de la communaut\u00e9 internationale en faveur du Cameroun concourent aussi significativement \u00e0 sa r\u00e9sistance contre une \u00e9ventuelle faillite. Ces actions renvoient \u00e0 la plus-value que le Cameroun tire de ses relations avec les Organisations intergouvernementales (OIG), les Organisations non gouvernementales (ONG), les Bailleurs de Fonds Internationaux (BFI) et les pays partenaires au d\u00e9veloppement. Avec l\u2019Organisation des Nations Unies (ONU), deux exemples suffisent \u00e0 illustrer l\u2019action de cet organisme dans la r\u00e9silience de Cameroun contre l\u2019effondrement. Il s\u2019agit de son r\u00f4le dans la r\u00e9solution pacifique du conflit de Bakassi. Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par la signature des accords de<em> Green<\/em> <em>Tree<\/em> en juin 2006 qui d\u00e9finissaient les m\u00e9canismes de la r\u00e9trocession de la presqu\u2019\u00eele de Bakassi au Cameroun, \u00e9vitant par la m\u00eame occasion une escalade du conflit arm\u00e9 entre le Nig\u00e9ria et le Cameroun. On citera \u00e9galement l\u2019appui au d\u00e9veloppement que l\u2019ONU apporte au Cameroun. \u00c0 cet effet, les Nations Unies et le Cameroun ont r\u00e9cemment sign\u00e9 le \u00ab Plan Cadre des Nations Unies Pour l\u2019Aide au D\u00e9veloppement (PNUAD) \u00bb, un plan strat\u00e9gique qui donne un aper\u00e7u des actions et des priorit\u00e9s pour la p\u00e9riode 2018-2020.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la recherche des solutions pour l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de sa croissance, le Cameroun a toujours b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des conseils de la Banque Mondiale (BM). Cette aide se traduit soit par l\u2019assistance technique, soit par l\u2019assistance financi\u00e8re. R\u00e9cemment, l\u2019\u00c9tat du Cameroun a\u00a0 \u00e9t\u00e9 encore accompagn\u00e9 par le Fonds Mon\u00e9taire International (FMI) dans le domaine de la croissance \u00e9conomique, notamment \u00e0 travers le Programme \u00c9conomique Triennal \u00ab FEC \u00bb (\u00ab Facilit\u00e9 \u00c9largie de Cr\u00e9dit\u00a0\u00bb). Ce programme a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 26 juin 2017 et l\u2019\u00e9valuation conduit par Corine Del\u00e9chat entre les 24 octobre et le 3 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e a montr\u00e9 une satisfaction de l\u2019institution. D\u2019autant que, l\u2019\u00e9volution des r\u00e9serves d\u2019\u00e9change sont pass\u00e9es de 2,2 % \u00e0 pratiquement 2,7 % et des couvertures des importations qui passent de 3 \u00e0 4,7 %.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions des \u00c9tats partenaires ne sont pas des moindres. La Chine est par exemple le premier partenaire financier de l\u2019\u00c9tat du Cameroun. Son apport en termes d\u2019investissements fait du Cameroun l\u2019un des grands b\u00e9n\u00e9ficiaires du financement chinois du continent. Toute chose qui atteste de l\u2019attractivit\u00e9 de ce pays. En effet, l\u2019\u00ab Empire du Milieu\u00a0\u00bb a, au cours de la p\u00e9riode 2012-2013, financ\u00e9 la r\u00e9alisation de 11 projets de d\u00e9veloppement \u00e0 travers la Banque de D\u00e9veloppement de Chine (BDC) et de 15 projets \u00e0 travers <em>Exim Bank of China<\/em> (rapport du DAD-Cameroon sur l\u2019Aide au D\u00e9veloppement, 2013, pp. 112-113). Plus r\u00e9cemment encore, cette banque d\u2019investissements a respectivement particip\u00e9 en 2015 et 2016 \u00e0 la pose d\u2019un c\u00e2ble sous-marin \u00e0 fibre optique reliant le Cameroun et le Br\u00e9sil \u00e0 hauteur de 198, 9 milliards de F CFA et \u00e0 la construction du second terminal \u00e0 conteneurs du port de Kribi \u00e0 hauteur de 370 milliards de F CFA. D\u2019ailleurs, le Cameroun a pu b\u00e9n\u00e9ficier, \u00e0 l\u2019issue de la visite d\u2019\u00c9tat du 22 au 24 mars 2018 du pr\u00e9sident Paul Biya en Chine; d\u2019un don sans contrepartie d\u2019une valeur de 334 milliards F CFA pour l\u2019ann\u00e9e 2018 et 84 milliards pour les trois prochaines ann\u00e9es (Investir au Cameroun, 2018).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Union Europ\u00e9enne (UE), pour sa part, se pose comme le partenaire privil\u00e9gi\u00e9 du Cameroun. En 2016, cette conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00c9tats a, selon l\u2019Organisation pour la Coop\u00e9ration et le D\u00e9veloppement \u00c9conomique (OCDE), financ\u00e9 le d\u00e9veloppement du Cameroun \u00e0 hauteur de 285,5 milliards de F CFA. Cette contribution est estim\u00e9e \u00e0 57 % de l\u2019Aide Publique au D\u00e9veloppement (APD).<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le Cameroun serait-il d\u00e9j\u00e0 un \u00c9tat fragile, sociologiquement programm\u00e9 pour p\u00e9rir? \u00c0 partir des variables mobilis\u00e9es dans la premi\u00e8re partie de cette analyse, nous avons essay\u00e9 de pr\u00e9senter dans ce travail les arguments qui tendent \u00e0 montrer la partie assertive de cette interrogation de m\u00eame que ceux qui la nient. Le Cameroun n\u2019a pas syst\u00e9matiquement et d\u00e9finitivement fait son entr\u00e9e dans\u00a0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles m\u00eame s\u2019il y a lieu de reconna\u00eetre que les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9stabilisateurs et les multiples crises qui s\u2019agglutinent sur son espace topographique ont amen\u00e9 certains observateurs \u00e0 l\u2019y classer h\u00e2tivement. Il y a donc n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9passer le clivage \u00c9tats faibles d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et \u00c9tats forts de l\u2019autre pour la simple raison que tous les \u00c9tats, quels qu\u2019ils soient, pr\u00e9sentent des degr\u00e9s de fragilit\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tout compte fait, la perception du Cameroun sous le prisme de la th\u00e9orie de l\u2019\u00c9tat fragile reste donc une posture \u00e9minemment nuanc\u00e9e. S\u2019il est vrai que les th\u00e8ses pour l\u2019aligner dans la liste des pays fragiles contiennent des \u00e9lans de pertinence, cette R\u00e9publique a oppos\u00e9 une v\u00e9ritable r\u00e9silience face \u00e0 toutes aux menaces et crises. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, elle se trouve dans l\u2019obligation de prendre certaines mesures politiques, \u00e9conomiques et sociales pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et la dignit\u00e9 de ses populations (Minkonda, 2018b, p.175). Car, sa situation d\u2019\u00c9tat de fragilit\u00e9 pourrait malheureusement perdurer et conduire \u00e0 une situation chaotique \u00a0(Minkonda, <em>ibid<\/em>., p. 113). Dans la mesure o\u00f9 l\u2019objet de ce travail n\u2019\u00e9tait pas de lui proposer des solutions cl\u00e9s en main pour s\u2019extirper de cette trajectoire, nous pouvons n\u00e9anmoins avancer que la sortie de cet \u00e9tat de fragilit\u00e9 est une condition pr\u00e9alable pour son \u00e9mergence.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bach, Daniel et Gazibo, Mamoudou (dir). 2011. <em>L\u2019\u00c9tat n\u00e9opatrimonial. Gen\u00e8se et trajectoires<\/em> <em>contemporaines<\/em>. Ottawa: PUO.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Balandier, Georges. 1971. <em>Sens et puissance. Les dynamiques sociales<\/em>. Paris: PUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bayart, Jean-Fran\u00e7ois. 1985.<em> L\u2019\u00c9tat au Cameroun<\/em>. Paris: Presses de Sciences Po.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bayart, Jean-Fran\u00e7ois. 1989. <em>L\u2019\u00c9tat en Afrique. La politique du ventre<\/em>. Paris: Fayard.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chabal, Patrick. et Daloz, Jean-Pascal. (1999). <em>Africa Works: Discorder as Political Instrument<\/em>. London\/Oxford\/Bloomington:\u00a0 James Currey\/Indiana University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chasseriaux, Jean-Michel. 2004. Construire ensemble la soci\u00e9t\u00e9 du savoir en Afrique.\u00a0<em>Afrique contemporaine<\/em>, <em>209<\/em> (1), 163-178.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cl\u00e9ment, Caty. 2003. <em>A Common Pattern of State Collapse? A comparative Study of Lebanon, Somalia and Former-Yugoslavia<\/em>. Th\u00e8se de doctorat en science politique, Universit\u00e9 de Louvain-La-Neuve, France.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cl\u00e9ment, Caty. 2004. Un mod\u00e8le commun d\u2019effondrement de l\u2019\u00c9tat? Une aqqc du Liban, de la Somalie et de l\u2019ex-Yougoslavie. <em>Revue internationale de politique compar\u00e9e<\/em>, <em>11<\/em> (1), 35-50.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">DAD-Cameroon. 2013. <em>L\u2019Aide au D\u00e9veloppement 2012-2013<\/em> (rapport).\r\n<a href=\"https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs\/UNDP-CMR-rapport-DAD).pdf\">https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs\/UNDP-CMR-rapport-DAD).pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02014\/309 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/181 du 25 juillet 2001 portant organisation de la gendarmerie nationale.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02018\/148 du 21 f\u00e9vrier 2018 portant modification du d\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 modifiant le d\u00e9cret N\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret N\u00b02018\/149 du 21 f\u00e9vrier 2018, portant modification des dispositions du d\u00e9cret N\u00b0 2001\/183 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation des formations de combat de l\u2019arm\u00e9e de terre.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dumont, Ren\u00e9. 1962. <em>L\u2019Afrique noire est mal partie<\/em>. Paris: Le Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Durkheim, \u00c9mile. 1991. <em>Les<\/em> <em>formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse<\/em>. Paris: Librairie G\u00e9n\u00e9rale Fran\u00e7aise.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eboko, Fred. 1999. Les \u00e9lites politiques au Cameroun. Le renouvellement sans renouveau. Dans Jean-Pascal Daloz (dir.), <em>Le (non) renouvellement des \u00e9lites en Afrique subsaharienne, <\/em>(p. 99-133). Paris\u00a0: Talence, CEAN.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Eboko, Fred et Awondo, Patrick. 2018. Introduction au th\u00e8me, L\u2019\u00c9tat stationnaire, entre chaos et renaissance<\/em><em>.<\/em><em> Politique africaine<\/em>, <em>150<\/em> (2), 5-27.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eyram Zougbede, Patrick. 2016. Votre pays est-il un \u00c9tat fragile?. <em>L\u2019Afrique des Id\u00e9es<\/em>.\r\n<a href=\"http:\/\/www.lafriquedesidees.org\/votre-pays-est-il-un-etat-fragile\/\">http:\/\/www.lafriquedesidees.org\/votre-pays-est-il-un-etat-fragile\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fisher, Jonathan. 2014. When it pays to be \u2018fragile state\u2019: Uganda\u2019s use and abuse of a dubious concept. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 316-332.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Foreign Policy. 2005.\u00a0The Failed States Index. <em>Foreign Policy<\/em>,<em> 149<\/em><strong>,<\/strong> 56-65.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hagmann, Tobias et Hoehne, Markus Virgil. 2009. Failures of the State Failure Debate: Evidence from the Somali Territories. <em>Journal of International Development<\/em>, <em>21<\/em> (1), 42-57.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Heiduk, Felix. 2014. State desintegration and power politicsin post-Suharto Indonesia. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 300-315.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hermet, Guy. 1980. Entre l\u2019utopie et la strat\u00e9gie\u00a0: la hi\u00e9rarchie des nations dans le syst\u00e8me mondial.\r\n<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/collection\/rfsp\"><em>Revue fran\u00e7aise de science politique<\/em><\/a>,\u00a0<em>30<\/em> (2), p.\u00a0205-221.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Higazi, Adam et Brisset-Foucault, Florence. 2013. Les origines et la transformation de l'insurrection de Boko Haram dans le Nord du Nigeria. <em>Politique africaine<\/em>, <em>130<\/em> (2), 137-164.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Huntington, Samuel Phillips. 1965. Political development and political Decay. <em>World Politics<\/em>, 17, p.\u00a0382-395.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2016. <em>Cameroun\u00a0: faire face \u00e0 Boko Haram<\/em> (rapport Afrique no 241).\r\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/241-cameroon-confontring-boko-haram-fr.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/241-cameroon-confontring-boko-haram-fr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2010.\u00a0<em>Cameroun\u00a0: \u00c9tat fragile?<\/em> (rapport Afrique no 160).\r\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/160-cameroon-fragile-state-french.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/160-cameroon-fragile-state-french.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2015. <em>Centrafrique\u00a0: les racines de la violence<\/em> (rapport Afrique no 230). R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de\r\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/230-central-african-republic-the-roots-of-violence-french.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/230-central-african-republic-the-roots-of-violence-french.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2017. <em>Cameroun\u00a0: la crise anglophone \u00e0 la crois\u00e9e des chemins<\/em> (rapport\u00a0Afrique\u00a0no\u00a0250).\r\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/250-cameroun-la-crise-anglophone-a-la-croisee-des-chemins_0.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/250-cameroun-la-crise-anglophone-a-la-croisee-des-chemins_0.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Joseph, Richard. 1990. Le renouvellement politique en Afrique Subsaharienne\u00a0: un d\u00e9fi pour les ann\u00e9es 1990. <em>L\u2019Afrique 2003<\/em>, <em>7<\/em>, 45-53.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jumbert, Maria Gabrielsen. 2014. How Soudan\u2019s \u2018rogue\u2019 state label shape US responses to the Darfur conflict\u00a0: what\u2019s the problem and who\u2019s in charge?. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 88-104.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi N\u00b02007\/006 du 26 D\u00e9cembre 2007 portant r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mahini, Bertrand-Michel. 2019. Lutte contre le terrorisme et respect des droits humains\u00a0: le paradigme camerounais. Dans Edouard Epiphane. Yogo et Henry Boah Yebouet (dir.), <em>Terrorisme et droits de l\u2019homme au sud du Sahara<\/em> (p. 181-206). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille. 1993.\u00a0Crise de l\u00e9gitimit\u00e9, restauration autoritaire et d\u00e9liquescence de l\u2019\u00c9tat. Dans Peter Geschiere et Piet Konings (dir.), <em>Itin\u00e9raires d\u2019accumulation au Cameroun<\/em> (p. 345-375). Paris: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">M\u00e9dard, Jean-Fran\u00e7ois. 1977. <em>L\u2019\u00c9tat sous-d\u00e9velopp\u00e9 au Cameroun<\/em>. Paris: Pedone.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Menthong, H\u00e9l\u00e8ne-Laure. 1998. Vote et communautarisme au Cameroun\u00a0: \u201cun vote de c\u0153ur, de sang et de raison\u201d. <em>Politique africaine<\/em>, <em>69<\/em>, 40-55.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Meny, Yves. 1992.<em> La Corruption de la R\u00e9publique<\/em>. Paris: Fayard.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Michel, H\u00e9l\u00e8ne. 2008. Au-del\u00e0 du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique. <em>Savoir\/Agir<\/em>, <em>3<\/em> (1), 109-117.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2017.\u00a0Le d\u00e9veloppement est-il soluble dans un \u00c9tat fragile? El\u00e9ments pour une discussion politiste du d\u00e9veloppement dans les \u00c9tats en situation de fragilit\u00e9 en Afrique centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>La Fragilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat en Afrique centrale. Ressorts, implications et prescriptions<\/em> (p. 297-332). Paris: Edilivre.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2018a. La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo\u00a0: Une vitrine d\u2019observation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 humaine en Afrique Centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>Clin d\u2019\u0153il sur la s\u00e9curit\u00e9 humaine<\/em> (p. 103-132). Paris: Edilivre.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2018b. S\u00e9curit\u00e9 humaine et d\u00e9veloppement humain en imbrication\u00a0: plaidoyer pour une nouvelle approche de r\u00e9flexion pour le d\u00e9veloppement en Afrique Centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>Clin d\u2019\u0153il sur la s\u00e9curit\u00e9 humaine <\/em>(p. 100-125). Paris: Edilivre.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moravcsik, Andrew. (2003). Le mythe du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique europ\u00e9en. <em>Raisons politiques<\/em>, <em>10<\/em> (2), 87-105.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nay, Olivier. 2013. La th\u00e9orie des \u00ab \u00c9tats fragiles\u00a0\u00bb\u00a0: un nouveau d\u00e9veloppementalisme politique?. <em>Gouvernement et action publique,<\/em> <em>1<\/em> (1),\u00a0 139-151.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndzie, Justine Nathalie. 2009. <em>La participation des forces de d\u00e9fense camerounaise aux op\u00e9rations de maintien de la paix en Afrique<\/em>. M\u00e9moire de master en relations internationales option diplomatie, Institut des Relations Internationales du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ntuda Ebode, Joseph Vincent. 2005.\u00a0Une participation tous azimuts au maintien de la paix.\u00a0 <em>Honneur et fid\u00e9lit\u00e9<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, 7-8.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">OCDE. 2016. <em>Sur l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9<\/em>. Rapport.\r\n<a href=\"https:\/\/www.oecd.org\/fr\/cad\/conflits-fragilite-resilience\/etats-de-fragilite-2016-9789264269996-fr.htm\">https:\/\/www.oecd.org\/fr\/cad\/conflits-fragilite-resilience\/etats-de-fragilite-2016-9789264269996-fr.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Owona Nguini, Mathias \u00c9ric. 2009. Le Gouvernement perp\u00e9tuel en Afrique Centrale\u00a0: le temps politique pr\u00e9sidentialiste entre autoritarisme et parlementarisme dans la CEMAC. Dans Jean-Lucien Ewangue (dir.), <em>Enjeux g\u00e9opolitiques en Afrique Centrale<\/em> (p. 254-268). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Owona Nguini, Mathias \u00c9ric et Menthong, H\u00e9l\u00e8ne-Laure. 2018. \u2018\u2018Gouvernement perp\u00e9tuel\u2019\u2019 et d\u00e9mocratisation janusienne au Cameroun (1990-2018). <em>Politique africaine,<\/em> <em>150<\/em> (2), 97-114.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pierre-Caps, St\u00e9phane et Mouton, Jean-Denis (dir). 2012. <em>\u00c9tats fragment\u00e9s<\/em>. Nancy: Presses Universitaires de Nancy.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pomerolle, Marie-Emmanuelle. 2015. Les violences dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun\u00a0: le complot comme outil d\u2019interpr\u00e9tation et de luttes politique. <em>Politique Africaine<\/em>, <em>138<\/em> (2), 163-177.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Popper, Karl. 1992. <em>Un univers de propension<\/em>s. <em>Deux \u00e9tudes sur la causalit\u00e9 et l\u2019\u00e9volution<\/em> (A. Foyer, trad.). Paris: L\u2019\u00e9clat.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Rapport\u00a0Doing\u00a0Business<\/em>, 2017.\r\n<a href=\"https:\/\/francais.doingbusiness.org\/content\/dam\/doingBusiness\/media\/Annual-Reports\/Foreign\/DB17-Mini-Book-French.pdf\">https:\/\/francais.doingbusiness.org\/content\/dam\/doingBusiness\/media\/Annual-Reports\/Foreign\/DB17-Mini-Book-French.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rochdi, Najat. 2016. <em>Rapport Annuel des Nations Unies<\/em>.\r\n<a href=\"https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs-one-un-cameroun\/2017\/Annual Report 2016 Francais-final.pdf\">https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs-one-un-cameroun\/2017\/Annual Report 2016 Francais-final.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc. 1994.\u00a0Cameroun\u00a0: le syst\u00e8me politique face aux enjeux de la transition d\u00e9mocratique (1990-1993). Dans <em>L\u2019Afrique politique, vue sur la d\u00e9mocratisation \u00e0 mar\u00e9e basse<\/em> (p.143-165). Paris: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc. 1996. <em>Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Cameroun (1982-1996). Les acteurs et leur r\u00f4le dans le jeu politique<\/em>. Bordeaux: CEAN-IEP.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc et Owona Nguini, Mathias \u00c9ric. 1997. Politisation du droit et juridicisation de la politique. L\u2019esprit sociologique de la transition politique au Cameroun. Dans Dominique Darbon et Jean Du Bois De Gaudisson (dir.), <em>La cr\u00e9ation du droit en Afrique<\/em>, (p. 217-245). Paris: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tagou, C\u00e9lestin et Tchouamou Dinkou, Dany Jordana. 2016.\u00a0Porosit\u00e9 des fronti\u00e8res et ins\u00e9curit\u00e9 tansfrontali\u00e8re au ph\u00e9nom\u00e8ne Boko Haram \u00e0 K\u00e9rawa et Limani. <em>Revue africaine de paix, communication et d\u00e9veloppement<\/em>, <em>2<\/em>, 5-30.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Weber, Max. (1971).<em> \u00c9conomie et soci\u00e9t\u00e9<\/em>. Paris: Plon.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zartman, William (dir.). 1997. <em>L\u2019Effondrement de l\u2019\u00c9tat. D\u00e9sint\u00e9gration et restauration du pouvoir l\u00e9gitime<\/em>. Paris\u00a0 Nouveaux horizons.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zartman, William. (eds). 1995. <em>Collapsed States: The Disintegration and Restoration of Legitime<\/em> <em>Authority<\/em>. Boulder: Lynne Rienner Publishers.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Certaines \u00e9tudes consid\u00e8rent la R\u00e9publique du Cameroun comme faisant partie de la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles. Le pr\u00e9sent article se propose, \u00e0 partir de ces travaux, d\u2019ouvrir \u00e0 nouveau le d\u00e9bat sur l\u2019appartenance suppos\u00e9e ou r\u00e9elle de cet \u00c9tat \u00e0 ladite cat\u00e9gorie. D\u00e8s lors, l\u2019analyse puise l\u2019essentiel de sa d\u00e9marche dans le portefeuille th\u00e9orique du constructivisme social et de l\u2019interactionnisme. Il est concr\u00e8tement question de se demander s\u2019il est vrai que le Cameroun pr\u00e9sente les traits de caract\u00e8re de la fragilit\u00e9. Ce faisant, l\u2019on montrera que les dynamiques d\u00e9veloppementalistes mises en \u0153uvre par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux le soustraient de cette situation n\u00e9gative pour l\u2019orientation r\u00e9solument sur le sentier du d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/cameroun\/\">Cameroun<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/developpement-durable\/\">D\u00e9veloppement durable<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/etat\/\">\u00c9tat<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/fragilite\/\">Fragilit\u00e9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This article focuses on the Fragility of the State. In view of the identification of the Republic of Cameroon as part of the fragile state group according to certain studies, an analytical debate on the alleged or actual membership of the State of Cameroon in this group is necessary. By drawing on the theoretical portfolio of social constructivism and interactionism, this study demonstrates that while it is true that the Republic of Cameroon presents some expressive matrices of fragility, the fact remains that the developmentalist dynamics implemented by public authorities and international partners, removes it from this negatively denigrating and stigmatizing situation.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/cameroon\/\">Cameroon<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/fragile\/\">Fragile<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/fragility\/\">Fragility<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/republic\/\">Republic<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>9 d\u00e9cembre 2017<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>17 juillet 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>7 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux \u00c9tats-Unis, le regard port\u00e9 sur les questions s\u00e9curitaires a consid\u00e9rablement \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9. Les pays pauvres sont d\u00e9sormais per\u00e7us comme des fabriques de potentielles menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 des pays d\u00e9velopp\u00e9s voire pour la paix dans le monde. C\u2019est donc dans la perspective de repenser la s\u00e9curit\u00e9 internationale que va se d\u00e9velopper le concept d\u2019\u00c9tat fragile. Ce terme, rapidement saisi par Carment, Stewart et Yiagadeesen (cit\u00e9s par Nay, 2013, p. 141) comme \u00ab un objet d\u2019\u00e9tude majeur pour les sciences sociales \u00bb, d\u00e9signe de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rique les \u00c9tats en crise consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant faibles, vuln\u00e9rables, dysfonctionnels, effondr\u00e9s, d\u00e9faillants, anachroniques, faillis, pr\u00e9caires, fragment\u00e9s, etc. (Nay, 2013, p. 142). Plus sp\u00e9cifiquement, il renvoie au manque de volont\u00e9 politique et \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 manifeste pour un pays de produire les services de base \u00e0 ses populations. De mani\u00e8re extensive, est \u00c9tat fragile, tout pays affaibli \u00ab par les guerres, les crises institutionnelles r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou la pauvret\u00e9 extr\u00eame \u00bb et dans lequel \u00ab\u00a0les institutions de gouvernement ne sont plus capables de maintenir des conditions de stabilit\u00e9 politique et de d\u00e9veloppement suffisantes pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 et le bien-\u00eatre des populations\u00a0\u00bb (Nay, <em>ibid.<\/em>, p. 141).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Longtemps affubl\u00e9 des \u00e9pith\u00e8tes d\u2019\u00c9tat sorcier, autoritaire, sous-d\u00e9velopp\u00e9, post-autoritaire, absent et n\u00e9opatrimonial (Eboko et Awondo, 2018, p. 6), le Cameroun sera associ\u00e9 \u00e0 la nouvelle cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tat fragile le 25 mai 2010 par l\u2019Organisation non gouvernementale (ONG) <em>International<\/em> <em>Crisis Group <\/em>(ICG). Six ans plus tard, Eyram Zoubgbede (2016), dans un texte fort \u00e9vocateur intitul\u00e9 \u00ab Votre pays est-il un \u00c9tat fragile?\u00a0\u00bb, identifiait \u00e0 l\u2019aide des matrices r\u00e9f\u00e9rentielles du rapport de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique (OCDE) sur l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9 en 2015, l\u2019\u00c9tat du Cameroun comme \u00e9tant une R\u00e9publique fragile. Les rapports 2016 et 2017 de ICG (2016), qui s\u2019appuient sur l\u2019analyse de la guerre contre <em>Boko haram<\/em> et sur la crise anglophone, reviennent \u00e0 la charge en classant implicitement, mais certainement le Cameroun dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles (Minkonda, 2017, p. 297-332). Dans cette mise en filigrane, le Cameroun est montr\u00e9 comme un pays dans lequel le r\u00eave de \u00ab vivre \u00e0 l\u2019abri de la peur et \u00e0 l\u2019abri du besoin\u00a0\u00bb (Minkonda, 2018a, p. 103-132) est persistant et dans lequel les instances \u00e9tatiques n\u2019ont pas la volont\u00e9 politique et\/ou la capacit\u00e9 d\u2019assumer les fonctions essentielles requises pour faire reculer la pauvret\u00e9, promouvoir le d\u00e9veloppement et assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le respect des droits de l\u2019homme. En consid\u00e9rant les \u00e9l\u00e9ments qui pr\u00e9c\u00e8dent, on peut trouver une explication \u00e0 cet \u00e9tat de fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s avoir r\u00e9uni malgr\u00e9 lui la quasi-totalit\u00e9 des germes d\u2019effondrement (Cl\u00e9ment, 2003), le Cameroun serait devenu comme le Soudan (Jumbert, 2014), la Somalie (Hagmann\u00a0 et Hoehne, 2009), l\u2019Indon\u00e9sie (Heiduk, 2014) ou l\u2019Ouganda (Fisher, 2014). Cet \u00c9tat aurait substantiellement perdu le monopole de la contrainte physique l\u00e9gitime (Weber, 1971, p. 34-47). Selon les normes inspir\u00e9es de celles des pays d\u00e9velopp\u00e9s (Huntington, 1965, p. 392), il serait incapable de satisfaire les attentes de sa population, de r\u00e9pondre, par des processus reconnus et accept\u00e9s par cette derni\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u00e9volution de ses attentes, de g\u00e9rer les moyens disponibles et de n\u00e9gocier l\u2019obtention des ressources n\u00e9cessaires, pour y faire face. Poss\u00e9dant en son sein des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9stabilisations et de destructions. Dans ce contexte, le Cameroun serait d\u00e9j\u00e0 un probable candidat \u00e0 la faillite avec une pr\u00e9sence des facteurs de d\u00e9sint\u00e9gration (Zartman, 1995) et de fragmentation (Pierre-Caps et Mouton, 2012). L\u2019actualit\u00e9 elle-m\u00eame tend \u00e0 confirmer qu\u2019\u00e0 la stabilit\u00e9 relative de ce pays depuis les ind\u00e9pendances, a succ\u00e9d\u00e9 une \u00e9mergence sans pr\u00e9c\u00e9dent des sympt\u00f4mes crisog\u00e8nes et conflictog\u00e8nes. Le Cameroun appartiendrait donc \u00e0 cette \u00ab cause perdue\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9conomie internationale qui, de surcroit, serait incapable d\u2019acheter son ticket d\u2019entr\u00e9e dans la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 du savoir \u00bb (Chasseriaux, 2004, p. 163-178). \u00c0 la lumi\u00e8re de toutes ces consid\u00e9rations, il devient difficile d\u2019envisager une perspective diff\u00e9rente qui exclurait le Cameroun de cette liste qui la proclame hors course ou hors-jeu dans le nouvel ordre mondial (Foreign Policy, 2005, p. 56-65). Pourtant, suivant une autre hypoth\u00e8se bas\u00e9e sur des perspectives empiriques et des actions d\u00e9veloppementales qui sont sanctionn\u00e9es par de nombreux rapports<a class=\"footnote\" title=\"Nous pensons ici entre autres aux classements\u00a0\u00ab\u00a0Doing Business 2014 \u00e0 2016 \u00bb dans lesquels le Cameroun a de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale gagn\u00e9 plusieurs places dans le sens de l\u2019am\u00e9lioration de son niveau de d\u00e9veloppement.\" id=\"return-footnote-139-1\" href=\"#footnote-139-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, cette damnation \u2013 \u00e0 la limite normale \u2013 (Durkheim, 1991) du Cameroun dans cette situation de \u00ab mal partie\u00a0\u00bb (Dumont, 1962), r\u00e9siste difficilement \u00e0 l\u2019observation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le sillage des prol\u00e9gom\u00e8nes qui viennent d\u2019\u00eatre pos\u00e9s, cette contribution, dont l\u2019\u00e9nonc\u00e9 est interrogatif et le propos dialectique, a pour objectif d\u2019engager un d\u00e9bat analytique sur l\u2019appartenance r\u00e9elle ou suppos\u00e9e du Cameroun \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles. Ainsi, en puisant dans le portefeuille du constructivisme social et de l\u2019interactionnisme, des recettes de la m\u00e9thodologie discursive, la d\u00e9monstration sera essentiellement bas\u00e9e sur les rapports des ONG et d\u2019organisations internationales ou intergouvernementales. On citera entre autres, <em>Amnesty international<\/em>,<em> l\u2019ICG<\/em>, l\u2019OCDE, <em>Doing business<\/em>. Nous nous servirons \u00e9galement des donn\u00e9es empiriques, des instruments et des outils d\u00e9veloppementalistes que le Cameroun a mis en \u0153uvre depuis plusieurs ann\u00e9es afin de se lancer dans la dynamique de l\u2019\u00e9mergence. Fort de tout ceci, peut-on valablement d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e selon laquelle le Cameroun est un pays dans lequel les institutions sont incapables d\u2019assurer les fonctions fondamentales de l\u2019\u00c9tat w\u00e9b\u00e9rien, \u00e0 savoir la satisfaction des services de base \u00e0 ses populations, le contr\u00f4le du territoire national, la protection contre des ing\u00e9rences ext\u00e9rieures? Pour y r\u00e9pondre, l\u2019analyse se fera en deux mouvements. Dans le premier, il sera question de pr\u00e9senter les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui permettent d\u2019aligner le Cameroun, dans une certaine mesure, dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles. Dans le second, nous verrons que les actions de r\u00e9silience et les options choisies par ce pays l\u2019inscrivent dans un processus de r\u00e9sistance durable \u00e0 la faillite.<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les variables expressives de l\u2019appartenance du Cameroun \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019alignement de la R\u00e9publique du Cameroun dans la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles, au regard des diff\u00e9rents rapports des ONG et OIG, commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 relever de la \u00ab normalit\u00e9\u00a0\u00bb (Durkheim, 1991, p. 52). Sa seule \u00e9vocation rel\u00e8ve m\u00eame d\u00e9j\u00e0 du domaine des \u00e9vidences, des r\u00e9alit\u00e9s acquises sur lesquelles nul n\u2019est besoin de s\u2019attarder \u00e0 nouveau. Cet ensemble de faits est d\u00fb \u00e0 l\u2019existence d\u2019un d\u00e9ficit d\u00e9mocratique et d\u2019une mont\u00e9e en puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent des p\u00f4les d\u2019instabilit\u00e9 dans le pays.<\/p>\n<h3 class=\"no-indent\">Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique, un crit\u00e8re de la fragilit\u00e9 du Cameroun<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique d\u00e9signe un manque de l\u00e9gitimit\u00e9 des \u00a0institutions et des hommes charg\u00e9s de pr\u00e9sider aux affaires d\u2019une communaut\u00e9 politique (Moravcsik, 2003, p. 87).\u00a0 Il est une expression principalement invoqu\u00e9e pour faire valoir le fait que le syst\u00e8me politique et ses acteurs souffrent d\u2019un manque de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique et qu\u2019ils semblent inaccessibles au citoyen du fait de la complexit\u00e9 du syst\u00e8me de gouvernance (Michel, 2008, p. 109). Dans le cas du Cameroun, qui se donne \u00e0 voir et \u00e0 penser comme \u00ab \u00c9tat stationnaire\u00a0\u00bb \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire une organisation politique qui produit un syst\u00e8me d\u2019all\u00e9geances client\u00e9listes dont l\u2019objectif central est la conservation du pouvoir (Eboko et Awondo, 2018, p. 4) \u2013, le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique se manifeste par l\u2019existence d\u2019un gouvernement perp\u00e9tuel et par l\u2019existence d\u2019un mode n\u00e9opatrimonial de r\u00e9gulation politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le gouvernement perp\u00e9tuel ou \u00ab sempiternel \u00bb renvoie \u00e0 un mode de gestion d\u2019\u00c9tat qui se singularise par des man\u0153uvres gouvernantes orient\u00e9es vers la p\u00e9rennisation inconditionnelle du leader pr\u00e9sidentiel au sommet de l\u2019architecture institutionnelle (Owona Nguini, 2009, p. 254-268). Ce mod\u00e8le de gouvernance, qui se caract\u00e9rise par une \u00ab d\u00e9mocratisation janusienne\u00a0\u00bb (Owona Nguini et Menthong, 2018, p. 2), se retrouve g\u00e9n\u00e9ralement dans un contexte marqu\u00e9 par la propension des acteurs h\u00e9g\u00e9moniques qui dominent les dispositifs \u00e9tatiques et s\u2019\u00e9ternisent au pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le champ politique camerounais est un espace relativement \u00ab clos \u00bb (Popper, 1992) qui se particularise par une long\u00e9vit\u00e9 exceptionnelle du Chef de l\u2019\u00c9tat \u00e0 la t\u00eate du pays (Sindjoun, 1996, p. 57-67). Consid\u00e9r\u00e9 par certains analystes politiques comme le \u00ab gestionnaire du temps \u00bb, le \u00ab ma\u00eetre du sens \u00bb et le \u00ab juge des int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs \u00bb (Sindjoun, 1996, p. 41), le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Cameroun, comme ses pairs d\u2019Afrique Centrale (Minkonda, 2017, p. 304-306), est devenu presque inamovible. Pour se maintenir au sommet de la pyramide gouvernante, il proc\u00e8de en fait par une \u00ab instrumentalisation politique du droit\u00a0\u00bb (Sindjoun et Owona Nguini, 1997) dont le but est d\u2019asseoir la structuration dominante de son pouvoir par des actions qui permettent de consolider la pr\u00e9pond\u00e9rance de la fonction pr\u00e9sidentielle. \u00ab Pr\u00e9sident \u00e0 vie \u00bb, il bat le record d\u2019une long\u00e9vit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent au pouvoir gr\u00e2ce \u00e0 une ma\u00eetrise d\u2019une \u00ab d\u00e9mocratisation passive\u00a0\u00bb (Menthong, 1998, p. 40-52) qui s\u2019appr\u00e9cie par la voie d\u2019\u00e9lections loyales, libres et comp\u00e9titives. Pr\u00e9sidant aux destin\u00e9es du Cameroun depuis 1982, \u00e0 la suite de la d\u00e9mission du premier Chef d\u2019\u00c9tat Ahmadou Ahidjo (1960-1982), il a pass\u00e9 \u00e0 ce jour 36 ans \u00e0 la t\u00eate de la magistrature supr\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant au manque d\u2019alternance au sommet de l\u2019\u00c9tat, il est marqu\u00e9 par une raret\u00e9 des dynamiques d\u2019alternance des postes de pouvoir. Les hauts commis de ce syst\u00e8me politique pr\u00e9sidentialiste (Sindjoun, 1996) se conduisent comme des entrepreneurs et op\u00e9rateurs \u00e9conomiques motiv\u00e9s essentiellement par le d\u00e9veloppement de ressources de \u00ab monopolisation de pouvoir\u00a0\u00bb (Joseph, 1990, p. 45-53) \u00e0 m\u00eame de permettre une redistribution client\u00e9liste et une installation des moyens de domination atemporel et \u00e9ternel. Ces diff\u00e9rents acteurs qui gravitent autour du chef de l\u2019\u00c9tat ont mis en place des instruments qui permettent de consolider la pr\u00e9pond\u00e9rance de la fonction pr\u00e9sidentielle et qui les aident \u00e0 canaliser un renouvellement sans renouveau des \u00e9lites politiques (Eboko, 1999). Pour illustrer ce propos, prenons le cas de quelques \u00e9lites qui d\u00e9tiennent certains leviers du pouvoir politique, \u00e9conomique et institutionnel depuis plusieurs d\u00e9cennies \u00e0 l\u2019instar du pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale depuis 1992 (soit 25 ans<a class=\"footnote\" title=\"Il est int\u00e9ressant de noter que ce dernier est d\u00e9put\u00e9 au parlement du Cameroun depuis les ann\u00e9es 1970.\" id=\"return-footnote-139-2\" href=\"#footnote-139-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>), du pr\u00e9sident du Conseil \u00c9conomique et Social depuis 1984 (soit 33 ans; il a aussi \u00e9t\u00e9 ministre sous Ahidjo); du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 Nationale des Hydrocarbures depuis 1983 (soit 34 ans); du premier pr\u00e9sident de la Cour Supr\u00eame 1992-2014 (soit 22 ans), etc. Ce gouvernement se perp\u00e9tue en raison du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autre indice du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique en contexte camerounais est le mode n\u00e9opatrimonial de r\u00e9gulation politique. L\u2019exercice \u00ab n\u00e9opatrimonial \u00bb du pouvoir op\u00e8re \u00ab dans le cadre et avec la revendication d\u2019un cadre \u00e9tatique moderne de type l\u00e9gal-rationnel\u00a0\u00bb (Bach et Gazibo, 2011, p. 11). De ceci, d\u00e9coule une interp\u00e9n\u00e9tration constante entre int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et int\u00e9r\u00eats publics, la gestion sur un mode priv\u00e9 de fonctions officielles, le n\u00e9potisme dans le recrutement des fonctionnaires et dans la s\u00e9lection de l\u2019entourage des officiels, la primaut\u00e9 des loyaut\u00e9s personnelles sur les relations institutionnelles, ainsi qu\u2019une faiblesse corr\u00e9lative des institutions et du droit qui n\u2019ont pas la capacit\u00e9 d\u2019encadrer le comportement des acteurs. On peut \u00e9galement ajouter \u00e0 cette liste la faible imputabilit\u00e9 des dirigeants, un client\u00e9lisme pouss\u00e9 et l\u2019absence d\u2019incitation ou d\u2019obligation \u00e0 adapter des politiques \u00e9conomiques porteuses de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si ce type hybride d\u2019organisation politico-institutionnelle ne peut plus \u00eatre per\u00e7u comme l\u2019apanage des \u00ab soci\u00e9t\u00e9s en d\u00e9veloppement \u00bb (Meny, 1992), il reste qu\u2019il s\u2019enracine avec plus de vigueur, de dext\u00e9rit\u00e9 voire m\u00eame de facilit\u00e9 au Cameroun (M\u00e9dard, 1977, p. 39). Plusieurs auteurs qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la sc\u00e8ne politique africaine et camerounaise (Chabal et Daloz, 1999) sont d\u2019accord pour dire que le Cameroun ploie sous le poids de la mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e0 deux principaux niveaux. Premi\u00e8rement, le n\u00e9opatrimonialisme, qui est intrins\u00e8quement antid\u00e9mocratique, est constitu\u00e9 par un ensemble de m\u00e9canismes et de normes qui mine la comp\u00e9tition et la participation politique (Sindjoun, 1994, p. 143-165). Deuxi\u00e8mement, il joue un r\u00f4le central dans le sous-d\u00e9veloppement du Cameroun et constitue un facteur explicatif essentiel de la crise polico-\u00e9conomique et celle des valeurs au Cameroun. Le Cameroun est, selon Jean-Fran\u00e7ois M\u00e9dard (1977, p. 15), un \u00c9tat \u00e0 la fois \u00ab fort, autoritaire et [\u2026] impuissant \u00bb o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 politico-administrative est convertie en patrimoine priv\u00e9 par une bureaucratie et un parti que le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo contr\u00f4lait \u00e9troitement. Personnalisation du pouvoir, confusion entre domaine public et domaine priv\u00e9 et absence de distinction entre la fonction et son titulaire sont masqu\u00e9es. Il est int\u00e9ressant de noter que cette situation n\u2019a pas beaucoup chang\u00e9 sous le r\u00e8gne du pr\u00e9sident Paul Biya. Elle s\u2019est simplement modernis\u00e9e et sophistiqu\u00e9e, confirmant ainsi l\u2019hypoth\u00e8se gramscienne \u2013 reprise par Bayart \u2013 de la continuit\u00e9 du \u00ab bloc h\u00e9g\u00e9monique \u00bb et de la dynamique de \u00ab l\u2019assimilation r\u00e9ciproque des \u00e9lites\u00a0\u00bb (Bayart, 1989, p. 15).<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019instabilit\u00e9 politique, une variable d\u00e9terminante de la fragilit\u00e9 du Cameroun<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019instabilit\u00e9 politique renvoie \u00e0 la propension d\u2019un pays \u00e0 s\u2019effondrer, de fa\u00e7on constitutionnelle ou non, suite \u00e0 une longue d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence syst\u00e9mique (Zartman, 1997). Elle est due \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements d\u00e9stabilisants qui \u00f4tent toute capacit\u00e9 de r\u00e9silience et minent tout d\u00e9veloppement durable. G\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 la crise de la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et \u00e0 sa d\u00e9liquescence (Mbembe, 1993, p. 345-375), elle se singularise au Cameroun par l\u2019existence des facteurs crisog\u00e8nes dans le septentrion, dans la r\u00e9gion de l\u2019Est ainsi que dans les r\u00e9gions dites anglophones.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La guerre que l\u2019\u00c9tat du Cameroun m\u00e8ne contre le terrorisme dans le septentrion et la lutte contre le banditisme et les incursions de rebelles \u00e0 l\u2019Est du pays constituent la premi\u00e8re dorsale explicative de l\u2019instabilit\u00e9 politique. En effet, apparu en 2003 dans le Nord-Est du Nig\u00e9ria (Higazi, 2013, p. 137-164), le groupe terroriste <em>Boko Haram<\/em> pose aujourd\u2019hui un d\u00e9fi s\u00e9curitaire majeur \u00e0 l\u2019\u00c9tat camerounais et, dans une certaine mesure aussi, aux pays voisins qui se trouvent aux alentours du bassin du Lac Tchad. M\u00eame si, les r\u00e9ponses du Cameroun pour faire face \u00e0 cette menace connaissent des fortunes relativement \u00e9logieuses, <em>Boko Haram<\/em> a r\u00e9ussi \u00e0 installer un climat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 tous azimuts dans le septentrion. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des actes pernicieux qui ont troubl\u00e9 le quotidien des populations de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord du pays (Pomerolle, 2015, p. 163-177)<a class=\"footnote\" title=\"On peut citer entre autres\u00a0: enl\u00e8vements, attaques de villages, vols de b\u00e9tail, attentats-suicides, embuscades contre les forces arm\u00e9es, trafic d\u2019armes entre le Tchad et les territoires sous son contr\u00f4le au Nigeria, etc.\" id=\"return-footnote-139-3\" href=\"#footnote-139-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>, les actions de cette secte ont non seulement compl\u00e8tement reconfigur\u00e9es le mode de vie des individus dans la r\u00e9gion, mais elles ont davantage plong\u00e9 toute la zone dans une situation de crise permanente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la r\u00e9gion de l\u2019Est, le Cameroun subit depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 l\u2019escalade de la crise politique en R\u00e9publique Centrafricaine. Les violations de ses fronti\u00e8res r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sont coupl\u00e9es de pillages et d\u2019enl\u00e8vements des groupes rebelles et des milices d\u2019autod\u00e9fenses. Au-del\u00e0 du fait que les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 ont jusqu\u2019ici r\u00e9ussi \u00e0 repousser et \u00e0 contrecarrer toutes ces attaques, l\u2019afflux massif des personnes en provenance de la R\u00e9publique Centrafricaine a des r\u00e9percussions tr\u00e8s graves sur le plan socio-\u00e9conomique et au niveau de la s\u00e9curit\u00e9 des localit\u00e9s frontali\u00e8res du Cameroun (International Crisis Group, 2015).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avec la situation dramatique et tragique qui s\u00e9vit dans les zones dites anglophones, le Cameroun est mal class\u00e9 dans la hi\u00e9rarchie des nations du syst\u00e8me mondial (Hermet, 1980, p. 205-221). Certains observateurs de la sc\u00e8ne politique n\u2019h\u00e9sitent m\u00eame plus \u00e0 caract\u00e9riser ce pays de \u00ab sous-d\u00e9velopp\u00e9 \u00bb ou \u00ab n\u00e9opatrimonial \u00bb, \u00ab autoritaire \u00bb, \u00ab post autoritaire \u00bb, \u00ab sorcier \u00bb, ou simplement \u00ab absent\u00a0\u00bb (Eboko et Awondo, 2018, p. 3). Les facteurs crisog\u00e8nes des r\u00e9gions dites anglophones renforcent cette lecture. En dehors des menaces s\u00e9curitaires qui proviennent pour la plupart de ses voisins \u00e0 l\u2019instar du Nig\u00e9ria et de la RCA, le Cameroun fait face aujourd\u2019hui \u00e0 une mont\u00e9e en puissance sans pr\u00e9c\u00e9dent des revendications d\u2019une partie de sa population en l\u2019occurrence anglophone. Repr\u00e9sentant 20 % de la population, les citoyens de cette zone du pays se sentent marginalis\u00e9s. Si, leur col\u00e8re est due \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 sociale qui ne d\u00e9passait pas encore le stade d\u2019un mouvement d\u2019humeur, leurs frustrations se sont exprim\u00e9es avec force \u00e0 partir de 2016 lorsque des revendications corporatistes se sont transform\u00e9es en des revendications politiques qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des gr\u00e8ves et des \u00e9meutes. L\u2019ampleur de la situation a oblig\u00e9 le gouvernement \u00e0 n\u00e9gocier avec les syndicats et \u00e0 faire quelques concessions<a class=\"footnote\" title=\"\u00a0 En effet, pour essayer de rem\u00e9dier \u00e0 ces revendications plus ou moins l\u00e9gitimes, le gouvernement a entrepris plusieurs actions. On peut citer\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une Chambre de Common Law \u00e0 la Cours Supr\u00eame, la cr\u00e9ation d\u2019une division de Common Law \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale d\u2019Administration et de Magistrature pour la formation des magistrats anglophones, la traduction du Code CIMA et du Code OHADA, le recrutement de mille enseignants bilingues dans la Fonction Publique et une subvention de deux milliards de Francs CFA pour soutenir les coll\u00e8ges et autres instituts priv\u00e9s dans la zone anglophone notamment.\" id=\"return-footnote-139-4\" href=\"#footnote-139-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">M\u00eame si la mobilisation en faveur du f\u00e9d\u00e9ralisme et\/ou de la s\u00e9cession a pris des proportions inqui\u00e9tantes \u00e0 cause de la forte militarisation des revendications, le m\u00e9contentement d\u2019une large majorit\u00e9 de la communaut\u00e9 anglophone demeure. Depuis trois ans, les deux r\u00e9gions dites anglophones vivent au rythme des villes mortes, du boycott des \u00e9coles et d\u2019incidents violents. En paralysant les activit\u00e9s sociales et \u00e9conomiques, cette crise affecte in\u00e9luctablement le tissu \u00e9conomique national. Si rien n\u2019est fait \u00e0 terme, elle pourrait co\u00fbter au Cameroun quelques points de croissance du PIB et remettre en question les pr\u00e9visions de croissance qui sont de l\u2019ordre de 6\u00a0%, car ces deux r\u00e9gions fournissent l\u2019essentiel de la production nationale de p\u00e9trole brut et sont propices \u00e0 la cr\u00e9ation de plantations des cultures de rente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, nous voulons consid\u00e9rer un autre sc\u00e9nario en marge du diagnostic qui vient d\u2019\u00eatre pos\u00e9. En faisant fi de ce contexte de crise plurielle, la posture optimiste de certains analystes pourrait s\u2019expliquer. D\u00e8s lors, pour tenter de comprendre, on posera le probl\u00e8me diff\u00e9remment et, plus modestement, en partant de l\u2019hypoth\u00e8se que les diff\u00e9rentes actions que le Cameroun m\u00e8ne au quotidien compensent ses faiblesses et l\u2019extirpent de cette situation de fragilit\u00e9.<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les variables expressives de la r\u00e9silience de l\u2019\u00c9tat du Cameroun face aux risques d\u2019effondrement<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">S\u2019il existe des moments de crises notoires dans la dynamique contemporaine de construction de l\u2019\u00c9tat du Cameroun (Bayart, 1985), il faut \u00e9galement noter que ce dernier a d\u00e9montr\u00e9 jusqu\u2019ici une r\u00e9silience certaine. Cette capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l\u2019effondrement (Cl\u00e9ment, 2004\u00a0: 35-50) est le r\u00e9sultat d\u2019une double dynamique du \u00ab dedans et du dehors\u00a0\u00bb (Balandier, 1971). Elle se traduit ainsi par des actions nationales et par un engagement international afin de se sortir de l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Les actions nationales de sauvetage du Cameroun<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les th\u00e9ories du d\u00e9veloppement politique et du d\u00e9clin politique sont g\u00e9n\u00e9ralement avanc\u00e9es pour d\u00e9crire la situation d\u2019un pays soit en raison de la perte de ses capacit\u00e9s \u00e0 remplir ses fonctions r\u00e9galiennes, soit parce qu\u2019il parvient \u00e0 s\u2019en (re)saisir (Huntington, 1965). S\u2019inscrivant dans la seconde perspective, comme tout \u00c9tat qui aspire \u00e0 un d\u00e9veloppement durable, le Cameroun a mis en place un nombre de m\u00e9canismes afin de se soustraire de la menace de la fragilit\u00e9 et de se maintenir dans sa dynamique d\u2019\u00e9mergence. Ces actions nationales sont principalement bas\u00e9es sur des mesures socio-\u00e9conomiques et s\u00e9curitaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le plan socio-\u00e9conomique, nombre d\u2019actions sont impl\u00e9ment\u00e9es dans l\u2019optique de dynamiser les leviers de l\u2019\u00e9mergence. L\u2019on notera fondamentalement la red\u00e9finition par le Cameroun de sa politique de d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique d\u00e8s sa sortie de l\u2019initiative PPTE (Pays Pauvres Tr\u00e8s Endett\u00e9s)<a class=\"footnote\" title=\"Celle-ci est une initiative des institutions de Bretton Woods (Fonds Mon\u00e9taire International et Banque Mondiale) lanc\u00e9e dans l\u2019optique de porter assistance au pays les plus pauvres du monde en vue de garantir la soutenabilit\u00e9 de leur dette ext\u00e9rieure.\" id=\"return-footnote-139-5\" href=\"#footnote-139-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. Sa nouvelle politique de d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique repose d\u00e9sormais, et ce depuis 2007, sur un nouveau r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat<a class=\"footnote\" title=\"Loi N\u00b02007\/006 du 26 d\u00e9cembre 2007 portant r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat. Ce dispositif vient inclure le budget-programme et la gestion ax\u00e9e sur les r\u00e9sultats dans l\u2019optique d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des d\u00e9penses publiques.\" id=\"return-footnote-139-6\" href=\"#footnote-139-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a> et sur ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler \u00a0la \u00ab vision 2035 \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"\u00c9labor\u00e9 en 2009 et impl\u00e9ment\u00e9 depuis 2011, la \u00ab vision 2015\u00a0\u00bb est le document qui formule la vision du d\u00e9veloppement \u00e0 long terme de l\u2019\u00c9tat du Cameroun, notamment \u00e0 l\u2019horizon 2035.\" id=\"return-footnote-139-7\" href=\"#footnote-139-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>. Cette derni\u00e8re est progressivement impl\u00e9ment\u00e9e par la mise en \u0153uvre des mesures contenues dans le Document de strat\u00e9gie pour la croissance et l\u2019emploi (DSCE)<a class=\"footnote\" title=\"C\u2019est le document-r\u00e9pertoire des orientations strat\u00e9giques nationales pour la vision \u00e0 long terme, celle de faire de l\u2019\u00c9tat du Cameroun un pays \u00e9mergent et uni dans sa diversit\u00e9. Autrement dit, c\u2019est le cadre de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019action gouvernementale pour la p\u00e9riode allant de 2010 \u00e0 2020. Elabor\u00e9 en ao\u00fbt 2009, il est une version revue et corrig\u00e9e du premier Document de strat\u00e9gie pour la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 (DSRP) r\u00e9dig\u00e9e en 2003. Entre autres objectifs, il s\u2019agit d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e9conomique, la cr\u00e9ation d\u2019emplois et la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 pour le bien-\u00eatre des populations.\" id=\"return-footnote-139-8\" href=\"#footnote-139-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a>. Ce document est un concentr\u00e9 d\u2019enjeux et de d\u00e9fis qui fait corps par l\u2019entremise d\u2019un outil de pilotage et de guidage de l\u2019action publique \u00e9tatique en termes de prosp\u00e9rit\u00e9 nationale \u00e0 court terme (2020). \u00c0 travers ces outils, l\u2019intention des pouvoirs publics semble clairement s\u2019afficher\u00a0: celle d\u2019inscrire v\u00e9ritablement le Cameroun dans la voie de l\u2019\u00e9mergence d\u2019ici \u00e0 l\u2019horizon 2035.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette perspective, des actions ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es en vue de l\u2019am\u00e9lioration du climat des affaires. Celles-ci ont globalement port\u00e9 sur la mise en \u0153uvre des mesures relatives aux r\u00e9formes r\u00e9glementaires en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d\u2019entreprise, de collecte des taxes, de minimisation des co\u00fbts de transaction dans l\u2019optique de garantir les droits de propri\u00e9t\u00e9 et de r\u00e9solution des diff\u00e9rends (Minkonda, 2017, p. 320). \u00c0 cette fin, la loi no 2013\/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations \u00e0 l\u2019investissement priv\u00e9 a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e et promulgu\u00e9e. Cette loi dispose, dans le chapitre des incitations fiscales, des b\u00e9n\u00e9fices en termes d\u2019exon\u00e9rations, d\u2019exemptions ou de r\u00e9duction des paiements pendant la phase d\u2019exploration et d\u2019exploitation, \u00e0 l\u2019endroit de tous les investisseurs. \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019instauration du guichet unique pour toutes les formalit\u00e9s relatives \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019entreprises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de tous ces initiatives et efforts \u00e9conomiques men\u00e9s en interne, le pays a remport\u00e9 en juillet 2016 le premier prix du forum mondial d\u2019investissement \u00e0 Nairobi au Kenya (Minkonda, 2017, p. 322). Ce prix lui a permis aussi d\u2019am\u00e9liorer son classement dans le rapport 2016 du <em>Tink-Tank<\/em> am\u00e9ricain <em>Global Integrity. <\/em>Au fait, class\u00e9 pays \u00e0 faible int\u00e9grit\u00e9, il a vu sa note pass\u00e9e de 27 en 2015 \u00e0 celle de 36 en 2016 dans l\u2019<em>Africa Integrity Indicators<\/em> (AII) du <em>Global Integrity<\/em> en association avec la Fondation Mo Ibrahim. De m\u00eame, m\u00eame si l\u2019exacerbation de la crise anglophone coupl\u00e9e aux difficult\u00e9s quotidiennes ont port\u00e9 un s\u00e9rieux coup sur la croissance \u00e9conomique, dans le rapport <em>Doing Business<\/em> de 2017, le Cameroun a gagn\u00e9 trois places en passant de 166e en 2016 \u00e0 163e en 2017 (<em>Doing Business<\/em>, 2017, p. 16). Du reste, ce pays, 13e \u00e9conomie du continent, reste \u00ab la plus forte et la plus diversifi\u00e9e de la CEMAC\u00a0\u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Communaut\u00e9 \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l\u2019Afrique centrale. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse\u00a0: https:\/\/www.s-ge.com\/sites\/default\/files\/cserver\/publication\/free\/rapport-economique-kamerun-eda-05-2017.pdf\" id=\"return-footnote-139-9\" href=\"#footnote-139-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a> avec un r\u00e9gime politique assez stable eu \u00e9gard \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9lection pr\u00e9sidentielle qui a ethniquement polaris\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise. Cet ensemble d\u2019actions socio-\u00e9conomiques a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 des mesures s\u00e9curitaires tr\u00e8s fortes dans les diff\u00e9rentes zones en crise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En outre, sur le plan s\u00e9curitaire plusieurs initiatives politiques ont \u00e9t\u00e9 prises pour lutter contre les menaces asym\u00e9triques et les revendications des populations. Pour faire face \u00e0 ces menaces, les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite de l\u2019arm\u00e9e, le Bataillon d&rsquo;Intervention Rapide (BIR), ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s dans l\u2019Extr\u00eame-Nord. Par d\u00e9crets<a class=\"footnote\" title=\"D\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; d\u00e9cret n\u00b02014\/309 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/181 du 25 juillet 2001 portant organisation de la gendarmerie nationale.\" id=\"return-footnote-139-10\" href=\"#footnote-139-10\" aria-label=\"Footnote 10\"><sup class=\"footnote\">[10]<\/sup><\/a> promulgu\u00e9s le 14 ao\u00fbt 2014, le pr\u00e9sident Paul Biya d\u00e9cidait de scinder la troisi\u00e8me r\u00e9gion militaire interarm\u00e9e, bas\u00e9e \u00e0 Garoua, et de cr\u00e9er une quatri\u00e8me r\u00e9gion, bas\u00e9e \u00e0 Maroua, chef-lieu de l\u2019Extr\u00eame-Nord, ainsi que de cr\u00e9er une nouvelle r\u00e9gion de gendarmerie. De m\u00eame, un r\u00e9gime d\u2019exception informel, a \u00e9t\u00e9 mis en place. Il s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9 par le d\u00e9ploiement d\u2019environ 6 000 soldats \u00e0 l\u2019Extr\u00eame-Nord du pays; l\u2019interdiction du port du voile int\u00e9gral; l\u2019interdiction des manifestations publiques; l\u2019interdiction des attroupements; l\u2019adoption de la loi n\u00b02014\/028 du 23 d\u00e9cembre 2014 portant r\u00e9pression des actes de terrorisme. Ainsi, en novembre 2016, les forces de s\u00e9curit\u00e9 avaient d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9 au moins 970 membres pr\u00e9sum\u00e9s de <em>Boko Haram<\/em>, majoritairement des hommes, dont environ 880 \u00e9taient incarc\u00e9r\u00e9s\u00a0: 125 condamn\u00e9s et environ 755 en attente de jugement \u00e0 la prison de Maroua et dans les prisons secondaires de Kouss\u00e9ri, de Mora, \u00e0 la prison principale de Yaound\u00e9 et \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la recherche ext\u00e9rieure (DGRE) (ICG, 2016). Gr\u00e2ce \u00e0 toutes ces mesures s\u00e9curitaires, la capacit\u00e9 de nuisance des diff\u00e9rentes menaces \u00e0 l\u2019instar de la secte terroriste <em>Boko Haram<\/em> a consid\u00e9rablement baiss\u00e9 en intensit\u00e9. Ce qui a sans doute amen\u00e9 Mahini (2019, p. 205) \u00e0 parler du paradigme camerounais de lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l\u2019homme comme \u00ab un contre-terrorisme rationalis\u00e9\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qui repose sur l\u2019utilisation concomitante des forces de s\u00e9curit\u00e9 et de la loi et sur une sociol\u00e9gitimation (implication et participation des populations) de la guerre contre le <em>Boko haram<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant principalement la crise anglophone, une kyrielle de mesures gouvernementales ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 entreprises pour apporter un d\u00e9but de solution. Au-del\u00e0 des mesures militaires<a class=\"footnote\" title=\"Le d\u00e9ploiement des forces arm\u00e9e et de s\u00e9curit\u00e9,; le d\u00e9cret n\u00b02018\/148 du 21 f\u00e9vrier 2018 portant modification du d\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 modifiant le d\u00e9cret n\u00b0 2001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; le d\u00e9cret n\u00b0 2018\/149 du 21 f\u00e9vrier 2018, portant modification des dispositions du d\u00e9cret n\u00b0 2001\/183 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation des formations de combat de l\u2019arm\u00e9e de terre\u00a0 etc.\" id=\"return-footnote-139-11\" href=\"#footnote-139-11\" aria-label=\"Footnote 11\"><sup class=\"footnote\">[11]<\/sup><\/a>, on peut citer entre autres\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une Commission nationale pour le bilinguisme et le multiculturalisme, de sections <em>Common Law <\/em>\u00e0 la Cour supr\u00eame et \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale d\u2019Administration et de magistrature (ENAM), le recrutement de magistrats anglophones et bilingues, le recrutement de 1000 enseignants bilingues ou encore le r\u00e9tablissement de la connexion internet apr\u00e8s 92 jours d\u2019interruption et de mani\u00e8re relativement r\u00e9cente, la cr\u00e9ation d\u2019un plan d\u2019urgence humanitaire. M\u00eame si les figures de proue de la contestation les ont jug\u00e9es tardives et insuffisantes, elles ont n\u00e9anmoins permis de baisser l\u2019intensit\u00e9 de la crise et poser les bases d\u2019un d\u00e9but de pourparlers. La somme de ces efforts gouvernementaux pour \u00e9loigner le pays de l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9 est fortement sous-tendue par un engagement international.<\/p>\n<h3 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019engagement international du Cameroun<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il se manifeste \u00e0 deux niveaux.\u00a0 D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on note les actions internationales du Cameroun et de l\u2019autre, les actions de la communaut\u00e9 internationale en faveur du Cameroun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions internationales de l\u2019\u00c9tat du Cameroun en vue de se d\u00e9rober de la situation de fragilit\u00e9 sont l\u00e9gion.\u00a0 \u00c0 ce titre, il a abrit\u00e9 le sommet extraordinaire de la CEMAC<a class=\"footnote\" title=\"Elle s\u2019est tenue dans la capitale politique, Yaound\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 2016.\" id=\"return-footnote-139-12\" href=\"#footnote-139-12\" aria-label=\"Footnote 12\"><sup class=\"footnote\">[12]<\/sup><\/a> dans l\u2019optique de sauver les \u00e9conomies des pays de la zone qui subissent de plein fouet les baisses des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res et des ressources p\u00e9troli\u00e8res, mais surtout de d\u00e9fendre la cr\u00e9dibilit\u00e9 internationale de l\u2019ensemble de la sous-r\u00e9gion. En 2013, c\u2019est au Cameroun, pays qualifi\u00e9 de dangereux par certaines chancelleries occidentales<a class=\"footnote\" title=\"En 2014, la France pr\u00e9sente la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, la zone de Bakassi, les fronti\u00e8res des r\u00e9gions de l\u2019Est et du Sud-ouest comme des \u00ab zones rouges\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un environnement formellement d\u00e9conseill\u00e9 de fr\u00e9quentation. Les r\u00e9gions du Nord et de l\u2019Adamaoua ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es en \u00ab zone orange\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, espace d\u00e9conseill\u00e9. Voir, le journal La Nouvelle Expression du vendredi 18 juillet 2014 pour plus de d\u00e9tails. Bien plus, on peut lire sur la page \u00ab France Diplomatie \u00bb (https:\/\/www.diplomatie.gouv.fr)\u00a0: \u00ab Il est recommand\u00e9 d\u2019observer la plus grande vigilance sur l\u2019ensemble du territoire du pays [Cameroun], y compris dans les deux grandes villes Douala et Yaound\u00e9\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-139-13\" href=\"#footnote-139-13\" aria-label=\"Footnote 13\"><sup class=\"footnote\">[13]<\/sup><\/a>, qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9es les strat\u00e9gies pour la gestion de la paix, de la s\u00fbret\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 de la r\u00e9gion golfe de Guin\u00e9e. Ainsi, dans le communiqu\u00e9 sanctionnant la fin des travaux, il avait alors \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que c\u2019est \u00ab le Cameroun qui abritera le si\u00e8ge du Centre interr\u00e9gional de coordination, pr\u00e9vu par le m\u00e9morandum d\u2019entente entre la CEEAC, la CEDEAO et la CGG sur la s\u00fbret\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019espace maritime de l\u2019Afrique centrale et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0\u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Communiqu\u00e9 Final du Sommet des Chefs d\u2019Etat et de Gouvernement de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique Centrale (CEEAC), de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) et de la Commission du Golfe de Guin\u00e9e (CGG) sur la S\u00fbret\u00e9 et la S\u00e9curit\u00e9 Maritimes dans le golfe de Guin\u00e9e, Yaound\u00e9, le 25 juin 2013.\" id=\"return-footnote-139-14\" href=\"#footnote-139-14\" aria-label=\"Footnote 14\"><sup class=\"footnote\">[14]<\/sup><\/a>. En 2014, c\u2019est encore au Cameroun que la conf\u00e9rence de l\u2019Association des Parlementaires du Commonwealth (APC) s\u2019est tenue. Celle-ci a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le sommet sur la guerre contre <em>Boko Haram<\/em> qui a eu lieu \u00e0 Yaound\u00e9 en janvier 2015 dans la perspective de la mobilisation internationale contre le terrorisme (Tagou et Tchouamou Dinkou, 2016: 7). \u00c0 cette liste non exhaustive, s\u2019ajoute la conf\u00e9rence continentale des parlementaires africains pour r\u00e9fl\u00e9chir sur la probl\u00e9matique de l\u2019int\u00e9gration politique et socio-\u00e9conomique du continent africain\u00a0: le r\u00f4le du parlement panafricain<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019assembl\u00e9e s\u2019est tenue du 22 au 25 ao\u00fbt 2017.\" id=\"return-footnote-139-15\" href=\"#footnote-139-15\" aria-label=\"Footnote 15\"><sup class=\"footnote\">[15]<\/sup><\/a>; la r\u00e9union des chefs de police de l\u2019Afrique Centrale et de l\u2019Ouest sous le th\u00e8me \u00ab\u00a0Lutter contre le terrorisme en Afrique centrale et de l\u2019Ouest \u00bb dont les \u00e9changes ont port\u00e9 sur la strat\u00e9gie antiterroriste mondiale d\u2019Interpol, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Cameroun participe activement aux c\u00f4t\u00e9s des Nations unies, particuli\u00e8rement dans les op\u00e9rations de maintien de la paix, dans la lutte contre le terrorisme, \u00e0 la restauration de la stabilit\u00e9 et de l\u2019orthodoxie institutionnelle dans de nombreux pays. \u00c0 ce propos, l\u2019on note \u00ab une participation tout azimut \u00bb (Ntuda Ebode, 2005) des forces de d\u00e9fense camerounaises aux op\u00e9rations de maintien de la paix. Au-del\u00e0 de la \u00ab participation individuelle \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Elle renvoie au d\u00e9ploiement d\u2019un nombre minimal d\u2019hommes qui agiront soit au plan strat\u00e9gique, soit au plan militaire.\" id=\"return-footnote-139-16\" href=\"#footnote-139-16\" aria-label=\"Footnote 16\"><sup class=\"footnote\">[16]<\/sup><\/a> au Darfour, au sud du Kivu, en Angola, au Rwanda, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, on note aussi une \u00ab participation collective\u00a0\u00bb (Ndzie, 2009), principalement en R\u00e9publique Centrafricaine (RCA) depuis 2008 jusqu\u2019\u00e0 nos jours, malgr\u00e9 son engagement dans de multiples fronts \u00e0 ses fronti\u00e8res. En outre, le Cameroun accueille et encadre sur son territoire de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s. D\u2019apr\u00e8s Najat Rochdi,<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il accueille aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 320 000 r\u00e9fugi\u00e9s et demandeurs d\u2019asile qui ont fui les conflits sanglants en R\u00e9publique Centrafricaine et au Nig\u00e9ria. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, plus de 120 000 Camerounais ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s d\u2019abandonner leurs lieux de vie et sont d\u00e9sormais des d\u00e9plac\u00e9s internes suite aux violentes actions de Boko Haram\u2026 Cette attitude internationale du pays est un message de solidarit\u00e9 que les Camerounaises et les Camerounais envoient au monde entier (Rochdi, 2016, p. 3).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions de la communaut\u00e9 internationale en faveur du Cameroun concourent aussi significativement \u00e0 sa r\u00e9sistance contre une \u00e9ventuelle faillite. Ces actions renvoient \u00e0 la plus-value que le Cameroun tire de ses relations avec les Organisations intergouvernementales (OIG), les Organisations non gouvernementales (ONG), les Bailleurs de Fonds Internationaux (BFI) et les pays partenaires au d\u00e9veloppement. Avec l\u2019Organisation des Nations Unies (ONU), deux exemples suffisent \u00e0 illustrer l\u2019action de cet organisme dans la r\u00e9silience de Cameroun contre l\u2019effondrement. Il s\u2019agit de son r\u00f4le dans la r\u00e9solution pacifique du conflit de Bakassi. Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par la signature des accords de<em> Green<\/em> <em>Tree<\/em> en juin 2006 qui d\u00e9finissaient les m\u00e9canismes de la r\u00e9trocession de la presqu\u2019\u00eele de Bakassi au Cameroun, \u00e9vitant par la m\u00eame occasion une escalade du conflit arm\u00e9 entre le Nig\u00e9ria et le Cameroun. On citera \u00e9galement l\u2019appui au d\u00e9veloppement que l\u2019ONU apporte au Cameroun. \u00c0 cet effet, les Nations Unies et le Cameroun ont r\u00e9cemment sign\u00e9 le \u00ab Plan Cadre des Nations Unies Pour l\u2019Aide au D\u00e9veloppement (PNUAD) \u00bb, un plan strat\u00e9gique qui donne un aper\u00e7u des actions et des priorit\u00e9s pour la p\u00e9riode 2018-2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la recherche des solutions pour l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de sa croissance, le Cameroun a toujours b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des conseils de la Banque Mondiale (BM). Cette aide se traduit soit par l\u2019assistance technique, soit par l\u2019assistance financi\u00e8re. R\u00e9cemment, l\u2019\u00c9tat du Cameroun a\u00a0 \u00e9t\u00e9 encore accompagn\u00e9 par le Fonds Mon\u00e9taire International (FMI) dans le domaine de la croissance \u00e9conomique, notamment \u00e0 travers le Programme \u00c9conomique Triennal \u00ab FEC \u00bb (\u00ab Facilit\u00e9 \u00c9largie de Cr\u00e9dit\u00a0\u00bb). Ce programme a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 26 juin 2017 et l\u2019\u00e9valuation conduit par Corine Del\u00e9chat entre les 24 octobre et le 3 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e a montr\u00e9 une satisfaction de l\u2019institution. D\u2019autant que, l\u2019\u00e9volution des r\u00e9serves d\u2019\u00e9change sont pass\u00e9es de 2,2 % \u00e0 pratiquement 2,7 % et des couvertures des importations qui passent de 3 \u00e0 4,7 %.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les actions des \u00c9tats partenaires ne sont pas des moindres. La Chine est par exemple le premier partenaire financier de l\u2019\u00c9tat du Cameroun. Son apport en termes d\u2019investissements fait du Cameroun l\u2019un des grands b\u00e9n\u00e9ficiaires du financement chinois du continent. Toute chose qui atteste de l\u2019attractivit\u00e9 de ce pays. En effet, l\u2019\u00ab Empire du Milieu\u00a0\u00bb a, au cours de la p\u00e9riode 2012-2013, financ\u00e9 la r\u00e9alisation de 11 projets de d\u00e9veloppement \u00e0 travers la Banque de D\u00e9veloppement de Chine (BDC) et de 15 projets \u00e0 travers <em>Exim Bank of China<\/em> (rapport du DAD-Cameroon sur l\u2019Aide au D\u00e9veloppement, 2013, pp. 112-113). Plus r\u00e9cemment encore, cette banque d\u2019investissements a respectivement particip\u00e9 en 2015 et 2016 \u00e0 la pose d\u2019un c\u00e2ble sous-marin \u00e0 fibre optique reliant le Cameroun et le Br\u00e9sil \u00e0 hauteur de 198, 9 milliards de F CFA et \u00e0 la construction du second terminal \u00e0 conteneurs du port de Kribi \u00e0 hauteur de 370 milliards de F CFA. D\u2019ailleurs, le Cameroun a pu b\u00e9n\u00e9ficier, \u00e0 l\u2019issue de la visite d\u2019\u00c9tat du 22 au 24 mars 2018 du pr\u00e9sident Paul Biya en Chine; d\u2019un don sans contrepartie d\u2019une valeur de 334 milliards F CFA pour l\u2019ann\u00e9e 2018 et 84 milliards pour les trois prochaines ann\u00e9es (Investir au Cameroun, 2018).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Union Europ\u00e9enne (UE), pour sa part, se pose comme le partenaire privil\u00e9gi\u00e9 du Cameroun. En 2016, cette conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00c9tats a, selon l\u2019Organisation pour la Coop\u00e9ration et le D\u00e9veloppement \u00c9conomique (OCDE), financ\u00e9 le d\u00e9veloppement du Cameroun \u00e0 hauteur de 285,5 milliards de F CFA. Cette contribution est estim\u00e9e \u00e0 57 % de l\u2019Aide Publique au D\u00e9veloppement (APD).<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Cameroun serait-il d\u00e9j\u00e0 un \u00c9tat fragile, sociologiquement programm\u00e9 pour p\u00e9rir? \u00c0 partir des variables mobilis\u00e9es dans la premi\u00e8re partie de cette analyse, nous avons essay\u00e9 de pr\u00e9senter dans ce travail les arguments qui tendent \u00e0 montrer la partie assertive de cette interrogation de m\u00eame que ceux qui la nient. Le Cameroun n\u2019a pas syst\u00e9matiquement et d\u00e9finitivement fait son entr\u00e9e dans\u00a0 la cat\u00e9gorie d\u2019\u00c9tats fragiles m\u00eame s\u2019il y a lieu de reconna\u00eetre que les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9stabilisateurs et les multiples crises qui s\u2019agglutinent sur son espace topographique ont amen\u00e9 certains observateurs \u00e0 l\u2019y classer h\u00e2tivement. Il y a donc n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9passer le clivage \u00c9tats faibles d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et \u00c9tats forts de l\u2019autre pour la simple raison que tous les \u00c9tats, quels qu\u2019ils soient, pr\u00e9sentent des degr\u00e9s de fragilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout compte fait, la perception du Cameroun sous le prisme de la th\u00e9orie de l\u2019\u00c9tat fragile reste donc une posture \u00e9minemment nuanc\u00e9e. S\u2019il est vrai que les th\u00e8ses pour l\u2019aligner dans la liste des pays fragiles contiennent des \u00e9lans de pertinence, cette R\u00e9publique a oppos\u00e9 une v\u00e9ritable r\u00e9silience face \u00e0 toutes aux menaces et crises. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, elle se trouve dans l\u2019obligation de prendre certaines mesures politiques, \u00e9conomiques et sociales pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et la dignit\u00e9 de ses populations (Minkonda, 2018b, p.175). Car, sa situation d\u2019\u00c9tat de fragilit\u00e9 pourrait malheureusement perdurer et conduire \u00e0 une situation chaotique \u00a0(Minkonda, <em>ibid<\/em>., p. 113). Dans la mesure o\u00f9 l\u2019objet de ce travail n\u2019\u00e9tait pas de lui proposer des solutions cl\u00e9s en main pour s\u2019extirper de cette trajectoire, nous pouvons n\u00e9anmoins avancer que la sortie de cet \u00e9tat de fragilit\u00e9 est une condition pr\u00e9alable pour son \u00e9mergence.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bach, Daniel et Gazibo, Mamoudou (dir). 2011. <em>L\u2019\u00c9tat n\u00e9opatrimonial. Gen\u00e8se et trajectoires<\/em> <em>contemporaines<\/em>. Ottawa: PUO.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Balandier, Georges. 1971. <em>Sens et puissance. Les dynamiques sociales<\/em>. Paris: PUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bayart, Jean-Fran\u00e7ois. 1985.<em> L\u2019\u00c9tat au Cameroun<\/em>. Paris: Presses de Sciences Po.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bayart, Jean-Fran\u00e7ois. 1989. <em>L\u2019\u00c9tat en Afrique. La politique du ventre<\/em>. Paris: Fayard.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chabal, Patrick. et Daloz, Jean-Pascal. (1999). <em>Africa Works: Discorder as Political Instrument<\/em>. London\/Oxford\/Bloomington:\u00a0 James Currey\/Indiana University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chasseriaux, Jean-Michel. 2004. Construire ensemble la soci\u00e9t\u00e9 du savoir en Afrique.\u00a0<em>Afrique contemporaine<\/em>, <em>209<\/em> (1), 163-178.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cl\u00e9ment, Caty. 2003. <em>A Common Pattern of State Collapse? A comparative Study of Lebanon, Somalia and Former-Yugoslavia<\/em>. Th\u00e8se de doctorat en science politique, Universit\u00e9 de Louvain-La-Neuve, France.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cl\u00e9ment, Caty. 2004. Un mod\u00e8le commun d\u2019effondrement de l\u2019\u00c9tat? Une aqqc du Liban, de la Somalie et de l\u2019ex-Yougoslavie. <em>Revue internationale de politique compar\u00e9e<\/em>, <em>11<\/em> (1), 35-50.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">DAD-Cameroon. 2013. <em>L\u2019Aide au D\u00e9veloppement 2012-2013<\/em> (rapport).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs\/UNDP-CMR-rapport-DAD).pdf\">https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs\/UNDP-CMR-rapport-DAD).pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02014\/309 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/181 du 25 juillet 2001 portant organisation de la gendarmerie nationale.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02018\/148 du 21 f\u00e9vrier 2018 portant modification du d\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 modifiant le d\u00e9cret N\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret N\u00b02018\/149 du 21 f\u00e9vrier 2018, portant modification des dispositions du d\u00e9cret N\u00b0 2001\/183 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation des formations de combat de l\u2019arm\u00e9e de terre.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dumont, Ren\u00e9. 1962. <em>L\u2019Afrique noire est mal partie<\/em>. Paris: Le Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Durkheim, \u00c9mile. 1991. <em>Les<\/em> <em>formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse<\/em>. Paris: Librairie G\u00e9n\u00e9rale Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eboko, Fred. 1999. Les \u00e9lites politiques au Cameroun. Le renouvellement sans renouveau. Dans Jean-Pascal Daloz (dir.), <em>Le (non) renouvellement des \u00e9lites en Afrique subsaharienne, <\/em>(p. 99-133). Paris\u00a0: Talence, CEAN.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Eboko, Fred et Awondo, Patrick. 2018. Introduction au th\u00e8me, L\u2019\u00c9tat stationnaire, entre chaos et renaissance<\/em><em>.<\/em><em> Politique africaine<\/em>, <em>150<\/em> (2), 5-27.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eyram Zougbede, Patrick. 2016. Votre pays est-il un \u00c9tat fragile?. <em>L\u2019Afrique des Id\u00e9es<\/em>.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.lafriquedesidees.org\/votre-pays-est-il-un-etat-fragile\/\">http:\/\/www.lafriquedesidees.org\/votre-pays-est-il-un-etat-fragile\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fisher, Jonathan. 2014. When it pays to be \u2018fragile state\u2019: Uganda\u2019s use and abuse of a dubious concept. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 316-332.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Foreign Policy. 2005.\u00a0The Failed States Index. <em>Foreign Policy<\/em>,<em> 149<\/em><strong>,<\/strong> 56-65.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hagmann, Tobias et Hoehne, Markus Virgil. 2009. Failures of the State Failure Debate: Evidence from the Somali Territories. <em>Journal of International Development<\/em>, <em>21<\/em> (1), 42-57.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Heiduk, Felix. 2014. State desintegration and power politicsin post-Suharto Indonesia. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 300-315.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hermet, Guy. 1980. Entre l\u2019utopie et la strat\u00e9gie\u00a0: la hi\u00e9rarchie des nations dans le syst\u00e8me mondial.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/collection\/rfsp\"><em>Revue fran\u00e7aise de science politique<\/em><\/a>,\u00a0<em>30<\/em> (2), p.\u00a0205-221.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Higazi, Adam et Brisset-Foucault, Florence. 2013. Les origines et la transformation de l&rsquo;insurrection de Boko Haram dans le Nord du Nigeria. <em>Politique africaine<\/em>, <em>130<\/em> (2), 137-164.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Huntington, Samuel Phillips. 1965. Political development and political Decay. <em>World Politics<\/em>, 17, p.\u00a0382-395.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2016. <em>Cameroun\u00a0: faire face \u00e0 Boko Haram<\/em> (rapport Afrique no 241).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/241-cameroon-confontring-boko-haram-fr.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/241-cameroon-confontring-boko-haram-fr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2010.\u00a0<em>Cameroun\u00a0: \u00c9tat fragile?<\/em> (rapport Afrique no 160).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/160-cameroon-fragile-state-french.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/160-cameroon-fragile-state-french.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2015. <em>Centrafrique\u00a0: les racines de la violence<\/em> (rapport Afrique no 230). R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de<br \/>\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/230-central-african-republic-the-roots-of-violence-french.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/230-central-african-republic-the-roots-of-violence-french.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">International Crisis Group. 2017. <em>Cameroun\u00a0: la crise anglophone \u00e0 la crois\u00e9e des chemins<\/em> (rapport\u00a0Afrique\u00a0no\u00a0250).<br \/>\n<a href=\"https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/250-cameroun-la-crise-anglophone-a-la-croisee-des-chemins_0.pdf\">https:\/\/d2071andvip0wj.cloudfront.net\/250-cameroun-la-crise-anglophone-a-la-croisee-des-chemins_0.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Joseph, Richard. 1990. Le renouvellement politique en Afrique Subsaharienne\u00a0: un d\u00e9fi pour les ann\u00e9es 1990. <em>L\u2019Afrique 2003<\/em>, <em>7<\/em>, 45-53.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jumbert, Maria Gabrielsen. 2014. How Soudan\u2019s \u2018rogue\u2019 state label shape US responses to the Darfur conflict\u00a0: what\u2019s the problem and who\u2019s in charge?. <em>Third world Quarterly<\/em>, <em>35<\/em> (2), 88-104.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi N\u00b02007\/006 du 26 D\u00e9cembre 2007 portant r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mahini, Bertrand-Michel. 2019. Lutte contre le terrorisme et respect des droits humains\u00a0: le paradigme camerounais. Dans Edouard Epiphane. Yogo et Henry Boah Yebouet (dir.), <em>Terrorisme et droits de l\u2019homme au sud du Sahara<\/em> (p. 181-206). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille. 1993.\u00a0Crise de l\u00e9gitimit\u00e9, restauration autoritaire et d\u00e9liquescence de l\u2019\u00c9tat. Dans Peter Geschiere et Piet Konings (dir.), <em>Itin\u00e9raires d\u2019accumulation au Cameroun<\/em> (p. 345-375). Paris: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">M\u00e9dard, Jean-Fran\u00e7ois. 1977. <em>L\u2019\u00c9tat sous-d\u00e9velopp\u00e9 au Cameroun<\/em>. Paris: Pedone.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Menthong, H\u00e9l\u00e8ne-Laure. 1998. Vote et communautarisme au Cameroun\u00a0: \u201cun vote de c\u0153ur, de sang et de raison\u201d. <em>Politique africaine<\/em>, <em>69<\/em>, 40-55.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Meny, Yves. 1992.<em> La Corruption de la R\u00e9publique<\/em>. Paris: Fayard.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Michel, H\u00e9l\u00e8ne. 2008. Au-del\u00e0 du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique. <em>Savoir\/Agir<\/em>, <em>3<\/em> (1), 109-117.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2017.\u00a0Le d\u00e9veloppement est-il soluble dans un \u00c9tat fragile? El\u00e9ments pour une discussion politiste du d\u00e9veloppement dans les \u00c9tats en situation de fragilit\u00e9 en Afrique centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>La Fragilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat en Afrique centrale. Ressorts, implications et prescriptions<\/em> (p. 297-332). Paris: Edilivre.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2018a. La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo\u00a0: Une vitrine d\u2019observation de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 humaine en Afrique Centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>Clin d\u2019\u0153il sur la s\u00e9curit\u00e9 humaine<\/em> (p. 103-132). Paris: Edilivre.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minkonda, Hermann. 2018b. S\u00e9curit\u00e9 humaine et d\u00e9veloppement humain en imbrication\u00a0: plaidoyer pour une nouvelle approche de r\u00e9flexion pour le d\u00e9veloppement en Afrique Centrale. Dans Edouard Epiphane Yogo (dir.), <em>Clin d\u2019\u0153il sur la s\u00e9curit\u00e9 humaine <\/em>(p. 100-125). Paris: Edilivre.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moravcsik, Andrew. (2003). Le mythe du d\u00e9ficit d\u00e9mocratique europ\u00e9en. <em>Raisons politiques<\/em>, <em>10<\/em> (2), 87-105.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nay, Olivier. 2013. La th\u00e9orie des \u00ab \u00c9tats fragiles\u00a0\u00bb\u00a0: un nouveau d\u00e9veloppementalisme politique?. <em>Gouvernement et action publique,<\/em> <em>1<\/em> (1),\u00a0 139-151.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndzie, Justine Nathalie. 2009. <em>La participation des forces de d\u00e9fense camerounaise aux op\u00e9rations de maintien de la paix en Afrique<\/em>. M\u00e9moire de master en relations internationales option diplomatie, Institut des Relations Internationales du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ntuda Ebode, Joseph Vincent. 2005.\u00a0Une participation tous azimuts au maintien de la paix.\u00a0 <em>Honneur et fid\u00e9lit\u00e9<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, 7-8.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">OCDE. 2016. <em>Sur l\u2019\u00e9tat de fragilit\u00e9<\/em>. Rapport.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.oecd.org\/fr\/cad\/conflits-fragilite-resilience\/etats-de-fragilite-2016-9789264269996-fr.htm\">https:\/\/www.oecd.org\/fr\/cad\/conflits-fragilite-resilience\/etats-de-fragilite-2016-9789264269996-fr.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Owona Nguini, Mathias \u00c9ric. 2009. Le Gouvernement perp\u00e9tuel en Afrique Centrale\u00a0: le temps politique pr\u00e9sidentialiste entre autoritarisme et parlementarisme dans la CEMAC. Dans Jean-Lucien Ewangue (dir.), <em>Enjeux g\u00e9opolitiques en Afrique Centrale<\/em> (p. 254-268). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Owona Nguini, Mathias \u00c9ric et Menthong, H\u00e9l\u00e8ne-Laure. 2018. \u2018\u2018Gouvernement perp\u00e9tuel\u2019\u2019 et d\u00e9mocratisation janusienne au Cameroun (1990-2018). <em>Politique africaine,<\/em> <em>150<\/em> (2), 97-114.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pierre-Caps, St\u00e9phane et Mouton, Jean-Denis (dir). 2012. <em>\u00c9tats fragment\u00e9s<\/em>. Nancy: Presses Universitaires de Nancy.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pomerolle, Marie-Emmanuelle. 2015. Les violences dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun\u00a0: le complot comme outil d\u2019interpr\u00e9tation et de luttes politique. <em>Politique Africaine<\/em>, <em>138<\/em> (2), 163-177.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Popper, Karl. 1992. <em>Un univers de propension<\/em>s. <em>Deux \u00e9tudes sur la causalit\u00e9 et l\u2019\u00e9volution<\/em> (A. Foyer, trad.). Paris: L\u2019\u00e9clat.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Rapport\u00a0Doing\u00a0Business<\/em>, 2017.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/francais.doingbusiness.org\/content\/dam\/doingBusiness\/media\/Annual-Reports\/Foreign\/DB17-Mini-Book-French.pdf\">https:\/\/francais.doingbusiness.org\/content\/dam\/doingBusiness\/media\/Annual-Reports\/Foreign\/DB17-Mini-Book-French.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rochdi, Najat. 2016. <em>Rapport Annuel des Nations Unies<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs-one-un-cameroun\/2017\/Annual Report 2016 Francais-final.pdf\">https:\/\/www.undp.org\/content\/dam\/cameroon\/docs-one-un-cameroun\/2017\/Annual Report 2016 Francais-final.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc. 1994.\u00a0Cameroun\u00a0: le syst\u00e8me politique face aux enjeux de la transition d\u00e9mocratique (1990-1993). Dans <em>L\u2019Afrique politique, vue sur la d\u00e9mocratisation \u00e0 mar\u00e9e basse<\/em> (p.143-165). Paris: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc. 1996. <em>Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Cameroun (1982-1996). Les acteurs et leur r\u00f4le dans le jeu politique<\/em>. Bordeaux: CEAN-IEP.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sindjoun, Luc et Owona Nguini, Mathias \u00c9ric. 1997. Politisation du droit et juridicisation de la politique. L\u2019esprit sociologique de la transition politique au Cameroun. Dans Dominique Darbon et Jean Du Bois De Gaudisson (dir.), <em>La cr\u00e9ation du droit en Afrique<\/em>, (p. 217-245). Paris: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tagou, C\u00e9lestin et Tchouamou Dinkou, Dany Jordana. 2016.\u00a0Porosit\u00e9 des fronti\u00e8res et ins\u00e9curit\u00e9 tansfrontali\u00e8re au ph\u00e9nom\u00e8ne Boko Haram \u00e0 K\u00e9rawa et Limani. <em>Revue africaine de paix, communication et d\u00e9veloppement<\/em>, <em>2<\/em>, 5-30.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Weber, Max. (1971).<em> \u00c9conomie et soci\u00e9t\u00e9<\/em>. Paris: Plon.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zartman, William (dir.). 1997. <em>L\u2019Effondrement de l\u2019\u00c9tat. D\u00e9sint\u00e9gration et restauration du pouvoir l\u00e9gitime<\/em>. Paris\u00a0 Nouveaux horizons.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zartman, William. (eds). 1995. <em>Collapsed States: The Disintegration and Restoration of Legitime<\/em> <em>Authority<\/em>. Boulder: Lynne Rienner Publishers.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/minkonda\">Hermann MINKONDA<\/a><\/strong><br \/>Hermann Minkonda est docteur en science politique et chercheur au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun). Il s\u2019int\u00e9resse aux questions de gouvernance communautaire, de d\u00e9veloppement, de religion, de strat\u00e9gie, de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il est consultant \u00e0 l\u2019\u00c9tat-major de l\u2019Arm\u00e9e de Terre du Cameroun, \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale du Cameroun et au Bureau des \u00c9tudes Strat\u00e9giques.<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/mahini\">Bertrand-Michel MAHINI<\/a><\/strong><br \/>Bertrand-Michel Mahini est chercheur au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun). Il est actuellement moniteur de science politique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II-Soa o\u00f9 il pr\u00e9pare une th\u00e8se de doctorat Ph.D en science politique. Ses travaux de recherche portent sur les questions parlementaires, les \u00e9tudes de genre et politique, de communication politique, de religion et de violence politique.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-139-1\">Nous pensons ici entre autres aux classements<em>\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0<em>Doing Business<\/em> 2014 \u00e0 2016 \u00bb dans lesquels le Cameroun a de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale gagn\u00e9 plusieurs places dans le sens de l\u2019am\u00e9lioration de son niveau de d\u00e9veloppement. <a href=\"#return-footnote-139-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-2\">Il est int\u00e9ressant de noter que ce dernier est d\u00e9put\u00e9 au parlement du Cameroun depuis les ann\u00e9es 1970. <a href=\"#return-footnote-139-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-3\">On peut citer entre autres\u00a0: enl\u00e8vements, attaques de villages, vols de b\u00e9tail, attentats-suicides, embuscades contre les forces arm\u00e9es, trafic d\u2019armes entre le Tchad et les territoires sous son contr\u00f4le au Nigeria, etc. <a href=\"#return-footnote-139-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-4\">\u00a0 En effet, pour essayer de rem\u00e9dier \u00e0 ces revendications plus ou moins l\u00e9gitimes, le gouvernement a entrepris plusieurs actions. On peut citer\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une Chambre de Common Law \u00e0 la Cours Supr\u00eame, la cr\u00e9ation d\u2019une division de Common Law \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale d\u2019Administration et de Magistrature pour la formation des magistrats anglophones, la traduction du Code CIMA et du Code OHADA, le recrutement de mille enseignants bilingues dans la Fonction Publique et une subvention de deux milliards de Francs CFA pour soutenir les coll\u00e8ges et autres instituts priv\u00e9s dans la zone anglophone notamment. <a href=\"#return-footnote-139-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-5\">Celle-ci est une initiative des institutions de <em>Bretton Woods<\/em> (Fonds Mon\u00e9taire International et Banque Mondiale) lanc\u00e9e dans l\u2019optique de porter assistance au pays les plus pauvres du monde en vue de garantir la soutenabilit\u00e9 de leur dette ext\u00e9rieure. <a href=\"#return-footnote-139-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-6\">Loi N\u00b02007\/006 du 26 d\u00e9cembre 2007 portant r\u00e9gime financier de l\u2019\u00c9tat. Ce dispositif vient inclure le budget-programme et la gestion ax\u00e9e sur les r\u00e9sultats dans l\u2019optique d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des d\u00e9penses publiques. <a href=\"#return-footnote-139-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-7\">\u00c9labor\u00e9 en 2009 et impl\u00e9ment\u00e9 depuis 2011, la \u00ab vision 2015\u00a0\u00bb est le document qui formule la vision du d\u00e9veloppement \u00e0 long terme de l\u2019\u00c9tat du Cameroun, notamment \u00e0 l\u2019horizon 2035. <a href=\"#return-footnote-139-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-8\">C\u2019est le document-r\u00e9pertoire des orientations strat\u00e9giques nationales pour la vision \u00e0 long terme, celle de faire de l\u2019\u00c9tat du Cameroun un pays \u00e9mergent et uni dans sa diversit\u00e9. Autrement dit, c\u2019est le cadre de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019action gouvernementale pour la p\u00e9riode allant de 2010 \u00e0 2020. Elabor\u00e9 en ao\u00fbt 2009, il est une version revue et corrig\u00e9e du premier Document de strat\u00e9gie pour la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 (DSRP) r\u00e9dig\u00e9e en 2003. Entre autres objectifs, il s\u2019agit d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e9conomique, la cr\u00e9ation d\u2019emplois et la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 pour le bien-\u00eatre des populations. <a href=\"#return-footnote-139-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-9\">Communaut\u00e9 \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l\u2019Afrique centrale. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse\u00a0: https:\/\/www.s-ge.com\/sites\/default\/files\/cserver\/publication\/free\/rapport-economique-kamerun-eda-05-2017.pdf <a href=\"#return-footnote-139-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-10\">D\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; d\u00e9cret n\u00b02014\/309 du 14 ao\u00fbt 2014 portant modification du d\u00e9cret n\u00b02001\/181 du 25 juillet 2001 portant organisation de la gendarmerie nationale. <a href=\"#return-footnote-139-10\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 10\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-11\">Le d\u00e9ploiement des forces arm\u00e9e et de s\u00e9curit\u00e9,; le d\u00e9cret n\u00b02018\/148 du 21 f\u00e9vrier 2018 portant modification du d\u00e9cret N\u00b02014\/308 du 14 ao\u00fbt 2014 modifiant le d\u00e9cret n\u00b0 2001\/180 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation du commandement militaire territorial; le d\u00e9cret n\u00b0 2018\/149 du 21 f\u00e9vrier 2018, portant modification des dispositions du d\u00e9cret n\u00b0 2001\/183 du 25 juillet 2001 portant r\u00e9organisation des formations de combat de l\u2019arm\u00e9e de terre\u00a0 etc. <a href=\"#return-footnote-139-11\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 11\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-12\">Elle s\u2019est tenue dans la capitale politique, Yaound\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 2016. <a href=\"#return-footnote-139-12\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 12\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-13\">En 2014, la France pr\u00e9sente la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, la zone de Bakassi, les fronti\u00e8res des r\u00e9gions de l\u2019Est et du Sud-ouest comme des \u00ab zones rouges\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un <em>environnement formellement d\u00e9conseill\u00e9<\/em> de fr\u00e9quentation. Les r\u00e9gions du Nord et de l\u2019Adamaoua ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es en \u00ab zone orange\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, <em>espace d\u00e9conseill\u00e9<\/em>. Voir, le journal <em>La Nouvelle Expression<\/em> du vendredi 18 juillet 2014 pour plus de d\u00e9tails. Bien plus, on peut lire sur la page \u00ab France Diplomatie \u00bb (https:\/\/www.diplomatie.gouv.fr)\u00a0: \u00ab Il est recommand\u00e9 d\u2019observer la plus grande vigilance sur l\u2019ensemble du territoire du pays [Cameroun], y compris dans les deux grandes villes Douala et Yaound\u00e9\u00a0\u00bb. <a href=\"#return-footnote-139-13\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 13\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-14\">Communiqu\u00e9 Final du Sommet des Chefs d\u2019Etat et de Gouvernement de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique Centrale (CEEAC), de la Communaut\u00e9 \u00c9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) et de la Commission du Golfe de Guin\u00e9e (CGG) sur la S\u00fbret\u00e9 et la S\u00e9curit\u00e9 Maritimes dans le golfe de Guin\u00e9e, Yaound\u00e9, le 25 juin 2013. <a href=\"#return-footnote-139-14\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 14\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-15\">L\u2019assembl\u00e9e s\u2019est tenue du 22 au 25 ao\u00fbt 2017. <a href=\"#return-footnote-139-15\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 15\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-139-16\">Elle renvoie au d\u00e9ploiement d\u2019un nombre minimal d\u2019hommes qui agiront soit au plan strat\u00e9gique, soit au plan militaire. <a href=\"#return-footnote-139-16\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 16\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":18,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["minkonda","mahini"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[111,117],"license":[],"class_list":["post-139","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-cameroun","motscles-developpement-durable","motscles-etat","motscles-fragilite","keywords-cameroon","keywords-fragile","keywords-fragility","keywords-republic","contributor-mahini","contributor-minkonda"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/139","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/139\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":491,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/139\/revisions\/491"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/139\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=139"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=139"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=139"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=139"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}