{"id":195,"date":"2019-10-09T14:33:52","date_gmt":"2019-10-09T08:33:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=195"},"modified":"2022-05-30T11:45:25","modified_gmt":"2022-05-30T09:45:25","slug":"molo-zogo2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/molo-zogo2019\/","title":{"rendered":"La gestion de crise au Cameroun: les catastrophes de Nyos et Nsam"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire ancienne et r\u00e9cente du Cameroun attire l\u2019attention sur la permanence des situations de crise qui d\u00e9coulent de certains al\u00e9as ou des situations anodines qui se transforment en v\u00e9ritables crises. Ces catastrophes, quelle que soit l\u2019ampleur, cristallisent l\u2019attention des pouvoirs publics. La r\u00e9action de ces derniers se manifeste par la mise sur pied de politiques publiques capables d\u2019assurer une meilleure gestion des risques et des crises. L\u2019\u00e9ruption limnique de Nyos du 21 ao\u00fbt 1986 et l\u2019incendie de Nsam le 14 f\u00e9vrier 1998 sont, \u00e0 ce jour, parmi les plus importantes catastrophes naturelles et anthropiques, respectivement, que le Cameroun a connues au cours du si\u00e8cle dernier (Molo Zogo, 2018). Ces d\u00e9sastres ont \u00e9mu la sc\u00e8ne nationale et internationale avec un bilan humain et mat\u00e9riel consid\u00e9rable. Ainsi, ils se positionnent \u00e0 maints \u00e9gards comme les \u00e9v\u00e8nements pionniers de la gestion des crises au Cameroun[footnote]La catastrophe du lac Nyos est \u00e0 l\u2019origine de la loi n\u00b0 86\/06 du 6 d\u00e9cembre 1986 portant r\u00e9organisation g\u00e9n\u00e9rale de la protection civile tandis que le d\u00e9cret n\u00b0 98\/31 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur est cons\u00e9quent de la catastrophe de Nsam[\/footnote]. Au vu du caract\u00e8re atypique de ces catastrophes et des crises qui en ont d\u00e9coul\u00e9, cet article se propose d\u2019analyser les manifestations et les m\u00e9canismes de gestion corr\u00e9l\u00e9s en vue de limiter les vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Il s\u2019appuie sur une m\u00e9thode d\u2019observation documentaire de ces deux \u00e9v\u00e9nements consid\u00e9r\u00e9s respectivement comme \u00e9tant une crise \u00e9v\u00e8nementielle (Kahn, 1963) et une crise \u00ab processuelle \u00bb (Forgues, 1996; Punderich <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 2009).<\/p>\r\n\r\n<h2>Le Lac Nyos: un exemple de catastrophe naturelle et de crise \u00e9v\u00e8nementielle<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Rien ou presque n\u2019annon\u00e7ait aux yeux des populations de la petite localit\u00e9 de Nyos, pr\u00e8s de Wum, un rendez-vous tragique avec la \u00ab\u00a0mort collective\u00a0\u00bb (Clavandier, 2004). Pourtant, dans la nuit du jeudi 21 ao\u00fbt 1986 au vendredi 22, un gaz venu des profondeurs du lac dans cette r\u00e9gion montagneuse (Nyos est \u00e0 1100 m\u00e8tres d\u2019altitude et form\u00e9 autour du crat\u00e8re d\u2019un ancien volcan \u00e9teint) s\u2019\u00e9leva tout droit dans les airs pour atteindre les bas fonds et les vall\u00e9es (Monda, 1987a, p.\u00a02). Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es de trois explosions, les eaux du lac s\u2019\u00e9lev\u00e8rent pour r\u00e9pandre un gaz mortel qui, dans sa course infernale, an\u00e9antit toute vie sur un rayon de plus de 20 kilom\u00e8tres (Hell, 2015). Aux 1746 morts et 847 bless\u00e9s pour 4500 d\u00e9plac\u00e9s (RFI, 2006), s\u2019ajouta la destruction de la faune avec plusieurs milliers d\u2019animaux retrouv\u00e9s sans vie (Yakam, 2015).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si certaines crises contemporaines sont fortement marqu\u00e9es par le spectre technologique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont le produit de la modernit\u00e9 (Beck, 2001), et donc \u00ab\u00a0l\u2019accumulation de fragilit\u00e9s plus l\u2019ignorance\u00a0\u00bb (Roux-Dufort, 2000, p.\u00a0129), la crise d\u00e9coulant de la catastrophe du Lac Nyos nous montre ici que la conception ancienne de l\u2019in\u00e9luctabilit\u00e9 de certaines \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb n\u2019est pas totalement d\u00e9pass\u00e9e. Seulement, il convient de questionner la gestion de crise comme politique publique pour voir si elle tient compte des sp\u00e9cificit\u00e9s de la crise ou de la nature de l\u2019al\u00e9a d\u00e9clenchant la catastrophe.<\/p>\r\n\r\n<h3>Une gestion de crise de longue dur\u00e9e et une n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duction permanente de la vuln\u00e9rabilit\u00e9<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La catastrophe du Lac Nyos \u00e9tait assez particuli\u00e8re[footnote]La catastrophe du Lac Nyos demeure \u00e0 ce jour, la plus grande catastrophe gazeuse jamais enregistr\u00e9e dans le monde. Mais l\u2019exposition du Cameroun au risque d\u2019\u00e9ruption limnique ne se limite pas \u00e0 Nyos, car le lac Monoun, deux ann\u00e9es plus t\u00f4t, c\u2019est-\u00e0-dire le 15 ao\u00fbt 1984, avait \u00e9galement rejet\u00e9 du gaz tuant au passage 37 personnes.[\/footnote] et le fort bilan qu\u2019elle entra\u00eena n\u00e9cessitait des mesures sp\u00e9ciales pour sa gestion. De ce fait, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre rendu sur les lieux du drame le 24 ao\u00fbt 1986 (Bakoa, 1987, p. 4), prit un d\u00e9cret (n\u00b0 86\/1069) pour organiser l\u2019action des diff\u00e9rents acteurs sur le terrain[footnote]Le comit\u00e9 national de gestion \u00e9tait compos\u00e9 comme suit: Pr\u00e9sident: le MINAT ou son repr\u00e9sentant; Membres: le ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique charg\u00e9 de la d\u00e9fense ou son repr\u00e9sentant; le ministre des finances ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019agriculture ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019information et de la culture ou de son repr\u00e9sentant; le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure ou son repr\u00e9sentant.[\/footnote]. Ce d\u00e9cret \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 00331 du 29 ao\u00fbt 1986 qui mettait sur pied les comit\u00e9s provinciaux de r\u00e9ception et de gestion des secours dans les villes de Bamenda et Douala. \u00c0 Yaound\u00e9, un sous-comit\u00e9 fut mis sur pied dans l\u2019optique d\u2019accueillir, informer, guider et encadrer tous ceux et celles qui d\u00e9siraient se rendre sur les lieux du sinistre (Anonyme, 1986, p. 4). De ces textes de loi, les autorit\u00e9s lan\u00e7aient un appel \u00e0 la solidarit\u00e9 nationale et internationale qui se manifesta rapidement et dont le but des structures cr\u00e9\u00e9es \u00e9tait la gestion (Anonyme, 1986, p. 6). La mise sur pied de ces comit\u00e9s atteste de ce que le Cameroun n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 la gestion des crises d\u2019une telle envergure et que les m\u00e9canismes existants s\u2019av\u00e9raient insuffisants tant au niveau des ressources humaines qu\u2019aux niveaux mat\u00e9riel et technique. En 1986, on comptait peu de g\u00e9ologues, et encore moins de catastrophologues, et le Service de la Protection Civile du Minist\u00e8re d\u2019\u00c9tat charg\u00e9 de l\u2019Administration Territoriale F\u00e9d\u00e9rale ne disposait pas d\u2019une cartographie fiable des zones \u00e0 risques (Molo Zogo, 2018). La phase de gestion <em>in intinere<\/em> de la catastrophe fut ouverte d\u00e8s l\u2019annonce d\u2019une d\u00e9p\u00eache[footnote]On pouvait y lire ce qu\u2019il suit: \u00ab\u00a0Dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt, une explosion de gaz toxique s\u2019est produite au Lac Nyos pr\u00e8s de Wum\u00a0\u00bb. Elle pr\u00e9cisait \u00e9galement que des hommes et des animaux mouraient et qu\u2019une intervention des secours et des urgences \u00e9tait plus qu\u2019imp\u00e9rieuse (<em>Cameroon Tribune<\/em>, 1987, p. 4).[\/footnote] du gouverneur de la province du Nord-Ouest le lendemain du sinistre (Bakoa, 1986, p. 4). D\u2019abord, il y eut une r\u00e9union de crise \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique qui regroupait les repr\u00e9sentants de quatre d\u00e9partements minist\u00e9riels (Administration territoriale, d\u00e9fense, s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure et sant\u00e9 publique). Ensuite, le 23 ao\u00fbt 1986, une \u00e9quipe mixte d\u2019intervention partit de Yaound\u00e9 pour le lieu du drame. Elle avait \u00e0 sa t\u00eate le g\u00e9n\u00e9ral de brigade James Tataw, chef d\u2019\u00c9tat-major de l\u2019arm\u00e9e de terre, et \u00e9tait constitu\u00e9e de m\u00e9decins, de techniciens du minist\u00e8re des mines et des responsables de la d\u00e9fense (Bakoa, 1986, p. 4).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en \u0153uvre des secours et des interventions, quant \u00e0 elle, prit corps d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9quipe constitu\u00e9e d\u2019experts du minist\u00e8re de la sant\u00e9[footnote]Cette \u00e9quipe \u00e9tait dirig\u00e9e par le Pr Kaptu\u00e9, directeur de la sant\u00e9 publique et constitu\u00e9e des docteurs Njijoh, directeur adjoint de la sant\u00e9, Niat, chef du service de la r\u00e9animation chirurgicale \u00e0 l\u2019h\u00f4pital central de Yaound\u00e9; Fonto, Wali Muna, Simo Moyo et Njikam.[\/footnote]. Mais les v\u00e9ritables actions de grande port\u00e9e firent suite \u00e0 la constitution de la \u00ab cellule de crise \u00bb qui tint sa premi\u00e8re r\u00e9union le 27 ao\u00fbt 1986 (Anonyme, 1986), soit cinq jours apr\u00e8s le drame. Les survivant-e-s furent admis dans les centres hospitaliers[footnote]Il s\u2019agit du dispensaire de la Mission Catholique et des H\u00f4pitaux de Wum et Nkambe.[\/footnote] et pris-es en charge (Mengueme, 1986). Dans ces camps de recasement, des mesures furent aussit\u00f4t mises sur pied pour loger les rescap\u00e9s, les nourrir, les soigner et leur offrir des lits et du mat\u00e9riel de premi\u00e8re aide (<em>ibid<\/em>.). Les mois qui suivirent la catastrophe, des camps de rescap\u00e9s furent construits \u00e0 Wum et Nkambe, Cha et Subum (Bakoa, 1987, p.\u00a08) qui sont des villages voisins de Nyos (Yengo, 1987, p.\u00a012) et \u00e9parpill\u00e9s dans les diff\u00e9rents d\u00e9partements de la province du Nord-Ouest (<em>ibid<\/em>.). \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, le processus de d\u00e9cision fut lent et la gestion <em>in itinere<\/em> connut de nombreux probl\u00e8mes dont celui de la planification des actions d\u2019assistance et de prise en charge. Aussi l\u2019enclavement de la zone sinistr\u00e9e et l\u2019absence de routes priv\u00e8rent-elles certain-e-s sinistr\u00e9-e-s, comme ceux et celles de Kimbi[footnote]Pour se rendre \u00e0 Kimbi situ\u00e9 \u00e0 65 kilom\u00e8tres environ de Wum, il fallait parcourir 300 kilom\u00e8tres \u00e0 travers trois d\u00e9partements: Mezam, Bui et Donga Mantum.[\/footnote], de secours, car la zone \u00e9tait inaccessible en saison pluvieuse particuli\u00e8rement (Mengueme, 1986). La gestion de la catastrophe du lac Nyos a continu\u00e9 avec les m\u00e9canismes <em>ex-post krisis<\/em> qui avaient pour but de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations des r\u00e9gions concern\u00e9es par ces maars (Nyos et Monoun), mais aussi d\u2019extraire le gaz en profondeur dans ces \u00ab\u00a0vall\u00e9es de la mort\u00a0\u00bb. \u00c0 partir de 1990, une \u00e9quipe de scientifiques de diverses nationalit\u00e9s a entrepris une \u00e9tude autour des lacs Nyos et Monoun en r\u00e9alisant une exp\u00e9rience \u00e0 partir de tuyaux de poly\u00e9thyl\u00e8ne dans l\u2019optique de comprendre le m\u00e9canisme d\u2019expansion du CO2 dissout dans les eaux de ces lacs (Tchindjang et Njilah, 1999). Gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats encourageants obtenus par les chercheurs, des colonnes ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es avec des vannes pour d\u00e9gazer le lac Nyos d\u00e8s 1995 (Kusakabe <em>et al.<\/em>, 2003). Ces vannes permettent de contr\u00f4ler le d\u00e9gazage \u00e0 travers les colonnes; l\u2019eau ainsi propuls\u00e9e est satur\u00e9e et constitu\u00e9e de 80 \u00e0 90\u00a0% de CO2 pour une teneur importante qui serait d\u2019environ 85\u00a0m\/10\u00a0m3 de CO2 en dehors du m\u00e9thane et de l\u2019hydrog\u00e8ne sulfur\u00e9 (Tchindjang et Njilah, p.\u00a052). C\u2019est ce qui justifie la pr\u00e9sence et le contr\u00f4le des \u00e9quipes de l\u2019Institut de recherches g\u00e9ologiques et mini\u00e8res (IRGM) sur le site. Par ailleurs, des mesures sp\u00e9ciales ont \u00e9t\u00e9 prises afin que les populations soient alert\u00e9es par un signal sonore en cas de concentration anormale de CO2; ce qui leur permettrait de trouver refuge dans les points hauts du relief (<em>ibid<\/em>.). Notons qu\u2019un dispositif semblable existe \u00e9galement \u00e0 Monoun.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois, les donn\u00e9es indiquent en m\u00eame temps une recharge du gaz dans le lac \u00e0 partir des profondeurs du volcan (Kusakabe <em>et al.<\/em>, 2000), ce qui signifie qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une gestion continue. La digue naturelle qui retient les eaux du lac Nyos a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e pour \u00e9viter sa rupture qui ferait au moins \u00ab dix mille morts \u00bb du Cameroun au Nigeria selon les estimations de McKie (2000). Cet exemple est un v\u00e9ritable cas d\u2019\u00e9tude au Cameroun, pays aux 40 lacs de crat\u00e8re (Kusakabe, 2017), et dans le monde. La gestion de la crise de Nyos fut p\u00e9nible, car jamais auparavant le pays n\u2019avait fait face \u00e0 une \u00ab calamit\u00e9 \u00bb d\u2019une telle ampleur. Et sa nature ou son origine naturelle et abrupte vint rendre encore plus difficile cette gestion qui mettait \u00e0 nu le niveau d\u2019impr\u00e9paration du Cameroun dont la protection civile \u00e9tait encore embryonnaire et sortait \u00e0 peine d\u2019un assujettissement \u00e0 la politique nationale de d\u00e9fense (1967-1973). Or, entre 1986 et 1998, ann\u00e9e de la crise de Nsam, plusieurs m\u00e9canismes de gestion des crises avaient \u00e9t\u00e9 mis sur pied et n\u2019attendaient que d\u2019\u00eatre exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\r\n\r\n<h2>Un exemple de crise processuelle: l\u2019incendie de Nsam du 14 f\u00e9vrier 1998<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le 14 f\u00e9vrier 1998, deux citernes de la R\u00e9gie des chemins de fer du Cameroun (REGIFERCAM) arrivent sur les installations de la Soci\u00e9t\u00e9 camerounaise des d\u00e9p\u00f4ts p\u00e9troliers (SCDP) de Yaound\u00e9 qui les renvoie aussit\u00f4t pour contenu frauduleux (Touna, 1998, p. 4). Or, pendant cette op\u00e9ration de retour des citernes, un accident se produit \u00e0 cause du d\u00e9s\u00e9quilibre des wagons dont le contenu a fait l\u2019objet d\u2019un important siphonnage \u00e0 Nsam, une bourgade de Yaound\u00e9 (Molo Zogo, 2018). Se renversant alors, les 100 000 litres de carburant qu\u2019elles contenaient firent l\u2019objet d\u2019une prise d\u2019assaut par les populations, accourues sur le robinet providentiel pour emporter la \u00ab manne de la Saint Valentin \u00bb (<em>ibid<\/em>.) L\u2019incendie qui survint en ce lieu entra\u00eena la mort de plus de 250 personnes (Touna, 1998, p.\u00a04). Cette catastrophe, d\u2019une gravit\u00e9 inou\u00efe, prit des allures d\u2019un drame national n\u00e9cessitant une assistance internationale et un dispositif extraordinaire pour sa gestion. La plupart des sinistr\u00e9-e-s, \u00e0 en croire le Colonel Bernard Vialla (1998, p.\u00a08), chef de la mission fran\u00e7aise pour la catastrophe de Nsam, avaient des corps br\u00fbl\u00e9s entre 50 et 90\u00a0%, c\u2019est-\u00e0-dire les br\u00fblures les plus graves qui soient. Cette catastrophe est survenue douze ann\u00e9es apr\u00e8s celle de Nyos qui a donn\u00e9 suite \u00e0 des modifications institutionnelles et au renforcement du dispositif national, juridique et op\u00e9rationnel de gestion des risques et catastrophes. Entre 1986 et f\u00e9vrier 1998, d\u2019importants textes juridiques ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sur la protection civile et de nouvelles structures ont vu le jour \u00e0 l\u2019instar de la Direction de la protection civile (DPC) du Minist\u00e8re de l\u2019administration territoriale en 1995 et le Conseil national de la protection civile un an plus tard (Molo Zogo, 2018).<\/p>\r\n\r\n<h3>G\u00e9rer une catastrophe anthropique comme une catastrophe naturelle?\u00a0Analyse de la gestion de la crise de Nsam 1998<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les principaux acteurs et actrices de la phase de\u00a0gestion de secours \u00e0 Nsam furent les riverain-e-s et les volontaires qui, par un impressionnant \u00e9lan de solidarit\u00e9, transport\u00e8rent les d\u00e9pouilles et les victimes du lieu du sinistre vers les centres hospitaliers de la ville de Yaound\u00e9 (Mengue A Koung, 1999, p.\u00a08). Contrairement \u00e0 Nyos o\u00f9 les victimes \u00e9taient en incapacit\u00e9 de porter secours, Nsam fut une d\u00e9monstration de la solidarit\u00e9 effective des sinistr\u00e9-e-s entre eux. Les riverain-e-s mu\u00e9-e-s en secouristes et pompiers\/pompi\u00e8res de circonstance extirpaient les d\u00e9pouilles du lieu d\u2019incendie tandis que des automobilistes les acheminaient dans les h\u00f4pitaux (Touna, 1998, p.\u00a05). Cet \u00e9lan de solidarit\u00e9 collective s\u2019est accompagn\u00e9 de mesures d\u2019intervention publique qui \u00e9taient certes d\u00e9ficitaires, mais non absentes: cr\u00e9ation du comit\u00e9 de crise convoqu\u00e9 par le premier ministre et dirig\u00e9 par le ministre de la d\u00e9fense, convocation du conseil interminist\u00e9riel du 16 f\u00e9vrier (Ebolo, 1998, p.\u00a02); cr\u00e9ation d\u2019une commission d\u2019enqu\u00eate qui avait 45 jours pour rendre les r\u00e9sultats sur les causes et les responsabilit\u00e9s dans le d\u00e9clenchement de la crise (Noa, 1998, p.\u00a03). La mise sur pied de cette commission d\u2019enqu\u00eate marquait d\u00e9j\u00e0 une ligne de d\u00e9marcation d\u2019avec Nyos o\u00f9 la responsabilit\u00e9 de la crise fut attribu\u00e9e \u00e0 la nature, aux monstres vivant sous les eaux du lac, aux esprits mal intentionn\u00e9s (Ackad, 1987), \u00e0 Dieu. Bref, on a assist\u00e9 \u00e0 une d\u00e9responsabilisation de l\u2019humain. Pourtant, \u00e0 Nsam, les responsabilit\u00e9s humaines mettaient en lumi\u00e8re la construction de la crise et la faillite des humains qui n\u2019ont pas su la pr\u00e9venir et qui devaient \u00eatre punis pour cela. Toutefois, le principal probl\u00e8me de la gestion de crise <em>in itinere<\/em> \u00e0 Nsam fut la redondance des structures mises sur pied pour g\u00e9rer la crise. De fait, plusieurs cellules de crise furent cr\u00e9\u00e9es dans des minist\u00e8res diff\u00e9rents avec un manque de lisibilit\u00e9 sur leur r\u00f4le et leur impact dans le d\u00e9ploiement de l\u2019action gouvernementale. Ce manque de synergie et la cacophonie qu\u2019elle entra\u00eena entre les diff\u00e9rents acteurs publics r\u00e9v\u00e9laient l\u2019impr\u00e9paration du Cameroun dans la gestion des sinistres majeurs. L\u2019on comprit que les diff\u00e9rentes avanc\u00e9es post \u00ab\u00a0lac Nyos\u00a0\u00bb avaient certes \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fiques au niveau de la densification du dispositif institutionnel, mais n\u2019avaient gu\u00e8re donn\u00e9 lieu \u00e0 la pr\u00e9cision d\u2019un plan d\u2019Organisation des secours (ORSEC) qui est la mise en place des instruments pr\u00e9cisant \u00ab\u00a0les r\u00f4les et les responsabilit\u00e9s des diff\u00e9rents intervenants en cas de sinistres divers, en vue de sauver le plus grand nombre possible de victimes et de biens\u00a0\u00bb (Matanda, 2000, p.\u00a024). Un manquement que voulait combler le d\u00e9cret n\u00b0\u00a098\/031 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de la prise en charge des sinistr\u00e9-e-s pendant de longs mois \u00e0 la Fondation Chantal Biya, dans les h\u00f4pitaux central et g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9, puis au Centre des handicap\u00e9s de Yaound\u00e9, il faut noter que la gestion \u00e0 moyen et \u00e0 long terme de cette crise, comme pour le lac Nyos d\u2019ailleurs, passait par la r\u00e9duction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations. Et \u00e0 Nsam, les pouvoirs publics furent confront\u00e9s \u00e0 un dilemme entre d\u00e9localiser les installations de la SCDP \u2013 op\u00e9ration qui aurait \u00e9t\u00e9 certes tr\u00e8s dispendieuse, mais plus s\u00fbre du point de vue s\u00e9curitaire \u2013 et r\u00e9installer les populations vuln\u00e9rables et riveraines dans un autre site choisi et am\u00e9nag\u00e9 pour la circonstance. Or, c\u2019est cette deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se qui prosp\u00e9ra et donna suite \u00e0 l\u2019installation de quelques familles \u00e0 Mendong-village, une banlieue de Yaound\u00e9 (Ebolo, 1998, p.\u00a02). Cette d\u00e9localisation n\u2019a pas compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9 le risque, car, \u00e0 ce jour, les populations occupent toujours la zone, qui devrait normalement \u00eatre <em>non aedificandi<\/em>, avec des constructions anarchiques et dans une pauvret\u00e9 manifeste (Assako, 2000). Par ailleurs, la SCDP a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la d\u00e9limitation d\u2019une zone de s\u00e9curit\u00e9 qui n\u2019est toutefois pas respect\u00e9e par les populations riveraines dont certaines n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des dispositions publiques de r\u00e9duction des vuln\u00e9rabilit\u00e9s. D\u2019autre part, certains facteurs (pauvret\u00e9, sous-int\u00e9gration aux infrastructures urbaines, ch\u00f4mage, etc.) maintiennent le risque permanent dans ce quartier et rendent difficile une possible intervention des secours en cas de nouvel incendie, confirmant par le fait m\u00eame la th\u00e8se d\u2019un n\u00e9cessaire relogement de ces populations loin des couloirs ferroviaires et des zones industrielles comme ultime solution (<em>ibid<\/em>.). La gestion de la catastrophe de Nsam, comme celle du lac Nyos, reste donc inachev\u00e9e et permanente.<\/p>\r\n\r\n<h2>Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, il appara\u00eet clairement que les catastrophes du lac Nyos et de Nsam ont \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9es par des al\u00e9as certes diff\u00e9rents et qui constituent la particularit\u00e9 de chacune de ces crises, mais avec des itin\u00e9raires de gestion semblables \u00e0 maints \u00e9gards. Ce qui nous permet de conclure que la nature de l\u2019al\u00e9a d\u00e9clenchant la crise n\u2019a qu\u2019une importance moindre, sinon simplement au niveau de l\u2019\u00e9tablissement des responsabilit\u00e9s sur le d\u00e9clenchement de la catastrophe. Le principal point de convergence est, quant \u00e0 lui, au moins pour ce qui est de ces deux crises, la permanence des vuln\u00e9rabilit\u00e9s \u00e0 Nyos et \u00e0 Nsam qui imposent une veille permanente. La gestion de ces crises ne sera donc achev\u00e9e que lorsque le \u00ab\u00a0risque z\u00e9ro\u00a0\u00bb aura \u00e9t\u00e9 atteint. C\u2019est un travail de veille permanente.<\/p>\r\n\r\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Anonyme. 1986. Le chef de l\u2019Etat a cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 National de Gestion.<em> Cameroon Tribune<\/em>, <em>3657<\/em>, 6.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 00331 du 29 ao\u00fbt 1986 portant cr\u00e9ation des comit\u00e9s provinciaux de Douala et de Bamenda (J. O. septembre 1986).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ateba Noah. 1998. O\u00f9 est le rapport?. <em>Mutations<\/em>, <em>105<\/em>, 3.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beck, Ulrich. 2001. <em>La soci\u00e9t\u00e9 du risque: sur la voie d\u2019une autre modernit\u00e9<\/em> (1\u00e8re \u00e9dition). Paris: Aubier.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 86\/1069 du 27 ao\u00fbt 1986 portant cr\u00e9ation d\u2019un Comit\u00e9 National de r\u00e9ception et de gestion des secours aux sinistr\u00e9s.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 98\/031 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Forgues, Bernard. 1996. Nouvelles approches de la gestion de crise. <em>Revue fran\u00e7aise de gestion<\/em>, <em>108<\/em>, 72-78.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hell, Joseph Victor. 2015, juillet. <em>Les catastrophes des lacs Nyos et Monoun: Bilan et perspectives<\/em>. Communication pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la conf\u00e9rence scientifique \u00ab\u00a0le mois de la recherche\u00a0\u00bb, Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kahn, Herman. 1963. Some consequences of crisis which limit the viability of organizations. <em>Administrative science quaterly<\/em>, <em>8<\/em>, 61-82.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru. 2017. Lakes Nyos and Monoun disasters (Cameroon). Limnic erruption caused by excessive accumulation of magmatic CO2 in crater lakes. <em>Geochemistry monograph series<\/em>, <em>1<\/em>, 1-50.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru, Tanyileke, Gregory, Cord, Mac et Schladow, Geoffrey. 2000. Recent pH and CO2 profiles at Lakes Nyos and Monoun Cameroon: implications for the degassing strategy and it numerical simulation. <em>Journal of Volcanology and Geothermal Res<\/em><em>earch<\/em>, <em>97<\/em>, 241-260.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru, Tanyileke, Gregory, Evans, Williams et Kling, George. 2003. Current status of Lakes Nyos and Monoun, Cameroon. <em>Cities on volcanoes<\/em>, <em>3<\/em>, 14-18.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Matanda, Serge. 2000. <em>Observatoire des risques naturels au Cameroun, relation pluie-inondation et plan ORSEC: Le cas des villes c\u00f4ti\u00e8res de Kribi, Douala et Limb\u00e9<\/em>. M\u00e9moire de master en formation de m\u00e9decine des catastrophes, Universit\u00e9 de Paris 12 Cr\u00e9teil et Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mengue A Koung. 1999. Les gestes qui ont sauv\u00e9. <em>Mutations<\/em>, <em>194<\/em>, 8.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mengueme, Jean. 1986.\u00a0Note sur la catastrophe du Lac Nyos. <em>Archives priv\u00e9es de Tchouamo Willy<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Molo Zogo, Ren\u00e9 Lionel Brice. 2018. <em>Protection civile: gestion des risques et des situations de crise au Cameroun. 1973-1998<\/em>. M\u00e9moire de master en histoire, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monda Bakoa. 1987a. Promptitude et efficacit\u00e9. <em>Cameroon Tribune<\/em>, <em>3949<\/em>, 4.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monda Bakoa. 1987b. Les camps de l\u2019espoir. <em>Cameroon Tribune<\/em>, <em>3949<\/em>, 8.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">RFI. 2016. Il y a 30 ans, la catastrophe du Lac Nyos endeuillait le Cameroun.\r\n<a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/afrique\/20160821-cameroun-drame-lac-nyos-trente-ans\">http:\/\/www.rfi.fr\/afrique\/20160821-cameroun-drame-lac-nyos-trente-ans<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Roux-Dufort, Christophe. 2000. <em>G\u00e9rer et d\u00e9cider en situation de crise<\/em>, Paris: Dunod.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tchindjang, Mesmin et Njilah, Isaac. 1999.\u00a0Risque d\u2019inondation dans la vall\u00e9e de Nyos. <em>African journal of science and technology (AJST)<\/em>, <em>2<\/em>, 50-62.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Touna, Richard. 1998. La mauvaise organisation des secours. <em>Le Messager<\/em>, <em>728<\/em>, 5.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Vialla, Bernard. 1998. C\u2019est une premi\u00e8re mondiale. <em>Le Messager<\/em>, <em>730<\/em>, 8.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La catastrophe du lac Nyos reste, \u00e0 ce jour, la plus importante crise issue d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel au Cameroun. Quelques ann\u00e9es plus tard, ce pays a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par une catastrophe d\u2019origine humaine connue sous le nom de catastrophe de Nsam. Ces deux \u00e9v\u00e9nements tragiques ont contribu\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer les m\u00e9canismes de gestion des risques et situations de crise. Bien que ces catastrophes fussent diff\u00e9rentes, leur gestion fut confront\u00e9e aux m\u00eames difficult\u00e9s \u00e0 cause de plusieurs contraintes structurelles et organisationnelles qui tendent \u00e0 perp\u00e9tuer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations de Nyos et de Nsam et maintenir ces risques permanents.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/catastrophe\/\">Catastrophe<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/crise\/\">Crise<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/gestion-de-crise\/\">Gestion de crise<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/incendie\/\">Incendie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/lac-nyos\/\">Lac Nyos<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/nsam\/\">Nsam<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/risque\/\">Risque<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The Lake Nyos disaster remains, to this day, the most significant crisis stemming from a natural disaster in Cameroon. It led to the improvement of risk management mechanisms and crisis, which a few years later found themselves subjected to another crisis resulting from human activity: the Nsam disaster. Although the hazards of these disasters were different, the management of these two events encountered the same problems because of several structural and organizational limitations, which tend to perpetuate the vulnerability of the populations in Nyos and Nsam, and maintain these systemic risks.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/crisis\/\">crisis<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/crisis-management\/\">Crisis management<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/disaster\/\">Disaster<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/fire\/\">Fire<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/nsam\/\">Nsam<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/nyos-lake\/\">Nyos Lake<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/risk\/\">Risk<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>1 mai 2018<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>4 octobre 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>9 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Note de recherche<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire ancienne et r\u00e9cente du Cameroun attire l\u2019attention sur la permanence des situations de crise qui d\u00e9coulent de certains al\u00e9as ou des situations anodines qui se transforment en v\u00e9ritables crises. Ces catastrophes, quelle que soit l\u2019ampleur, cristallisent l\u2019attention des pouvoirs publics. La r\u00e9action de ces derniers se manifeste par la mise sur pied de politiques publiques capables d\u2019assurer une meilleure gestion des risques et des crises. L\u2019\u00e9ruption limnique de Nyos du 21 ao\u00fbt 1986 et l\u2019incendie de Nsam le 14 f\u00e9vrier 1998 sont, \u00e0 ce jour, parmi les plus importantes catastrophes naturelles et anthropiques, respectivement, que le Cameroun a connues au cours du si\u00e8cle dernier (Molo Zogo, 2018). Ces d\u00e9sastres ont \u00e9mu la sc\u00e8ne nationale et internationale avec un bilan humain et mat\u00e9riel consid\u00e9rable. Ainsi, ils se positionnent \u00e0 maints \u00e9gards comme les \u00e9v\u00e8nements pionniers de la gestion des crises au Cameroun<a class=\"footnote\" title=\"La catastrophe du lac Nyos est \u00e0 l\u2019origine de la loi n\u00b0 86\/06 du 6 d\u00e9cembre 1986 portant r\u00e9organisation g\u00e9n\u00e9rale de la protection civile tandis que le d\u00e9cret n\u00b0 98\/31 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur est cons\u00e9quent de la catastrophe de Nsam\" id=\"return-footnote-195-1\" href=\"#footnote-195-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>. Au vu du caract\u00e8re atypique de ces catastrophes et des crises qui en ont d\u00e9coul\u00e9, cet article se propose d\u2019analyser les manifestations et les m\u00e9canismes de gestion corr\u00e9l\u00e9s en vue de limiter les vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Il s\u2019appuie sur une m\u00e9thode d\u2019observation documentaire de ces deux \u00e9v\u00e9nements consid\u00e9r\u00e9s respectivement comme \u00e9tant une crise \u00e9v\u00e8nementielle (Kahn, 1963) et une crise \u00ab processuelle \u00bb (Forgues, 1996; Punderich <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 2009).<\/p>\n<h2>Le Lac Nyos: un exemple de catastrophe naturelle et de crise \u00e9v\u00e8nementielle<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Rien ou presque n\u2019annon\u00e7ait aux yeux des populations de la petite localit\u00e9 de Nyos, pr\u00e8s de Wum, un rendez-vous tragique avec la \u00ab\u00a0mort collective\u00a0\u00bb (Clavandier, 2004). Pourtant, dans la nuit du jeudi 21 ao\u00fbt 1986 au vendredi 22, un gaz venu des profondeurs du lac dans cette r\u00e9gion montagneuse (Nyos est \u00e0 1100 m\u00e8tres d\u2019altitude et form\u00e9 autour du crat\u00e8re d\u2019un ancien volcan \u00e9teint) s\u2019\u00e9leva tout droit dans les airs pour atteindre les bas fonds et les vall\u00e9es (Monda, 1987a, p.\u00a02). Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es de trois explosions, les eaux du lac s\u2019\u00e9lev\u00e8rent pour r\u00e9pandre un gaz mortel qui, dans sa course infernale, an\u00e9antit toute vie sur un rayon de plus de 20 kilom\u00e8tres (Hell, 2015). Aux 1746 morts et 847 bless\u00e9s pour 4500 d\u00e9plac\u00e9s (RFI, 2006), s\u2019ajouta la destruction de la faune avec plusieurs milliers d\u2019animaux retrouv\u00e9s sans vie (Yakam, 2015).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si certaines crises contemporaines sont fortement marqu\u00e9es par le spectre technologique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont le produit de la modernit\u00e9 (Beck, 2001), et donc \u00ab\u00a0l\u2019accumulation de fragilit\u00e9s plus l\u2019ignorance\u00a0\u00bb (Roux-Dufort, 2000, p.\u00a0129), la crise d\u00e9coulant de la catastrophe du Lac Nyos nous montre ici que la conception ancienne de l\u2019in\u00e9luctabilit\u00e9 de certaines \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb n\u2019est pas totalement d\u00e9pass\u00e9e. Seulement, il convient de questionner la gestion de crise comme politique publique pour voir si elle tient compte des sp\u00e9cificit\u00e9s de la crise ou de la nature de l\u2019al\u00e9a d\u00e9clenchant la catastrophe.<\/p>\n<h3>Une gestion de crise de longue dur\u00e9e et une n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duction permanente de la vuln\u00e9rabilit\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La catastrophe du Lac Nyos \u00e9tait assez particuli\u00e8re<a class=\"footnote\" title=\"La catastrophe du Lac Nyos demeure \u00e0 ce jour, la plus grande catastrophe gazeuse jamais enregistr\u00e9e dans le monde. Mais l\u2019exposition du Cameroun au risque d\u2019\u00e9ruption limnique ne se limite pas \u00e0 Nyos, car le lac Monoun, deux ann\u00e9es plus t\u00f4t, c\u2019est-\u00e0-dire le 15 ao\u00fbt 1984, avait \u00e9galement rejet\u00e9 du gaz tuant au passage 37 personnes.\" id=\"return-footnote-195-2\" href=\"#footnote-195-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> et le fort bilan qu\u2019elle entra\u00eena n\u00e9cessitait des mesures sp\u00e9ciales pour sa gestion. De ce fait, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre rendu sur les lieux du drame le 24 ao\u00fbt 1986 (Bakoa, 1987, p. 4), prit un d\u00e9cret (n\u00b0 86\/1069) pour organiser l\u2019action des diff\u00e9rents acteurs sur le terrain<a class=\"footnote\" title=\"Le comit\u00e9 national de gestion \u00e9tait compos\u00e9 comme suit: Pr\u00e9sident: le MINAT ou son repr\u00e9sentant; Membres: le ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique charg\u00e9 de la d\u00e9fense ou son repr\u00e9sentant; le ministre des finances ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019agriculture ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019information et de la culture ou de son repr\u00e9sentant; le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure ou son repr\u00e9sentant.\" id=\"return-footnote-195-3\" href=\"#footnote-195-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>. Ce d\u00e9cret \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 00331 du 29 ao\u00fbt 1986 qui mettait sur pied les comit\u00e9s provinciaux de r\u00e9ception et de gestion des secours dans les villes de Bamenda et Douala. \u00c0 Yaound\u00e9, un sous-comit\u00e9 fut mis sur pied dans l\u2019optique d\u2019accueillir, informer, guider et encadrer tous ceux et celles qui d\u00e9siraient se rendre sur les lieux du sinistre (Anonyme, 1986, p. 4). De ces textes de loi, les autorit\u00e9s lan\u00e7aient un appel \u00e0 la solidarit\u00e9 nationale et internationale qui se manifesta rapidement et dont le but des structures cr\u00e9\u00e9es \u00e9tait la gestion (Anonyme, 1986, p. 6). La mise sur pied de ces comit\u00e9s atteste de ce que le Cameroun n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 la gestion des crises d\u2019une telle envergure et que les m\u00e9canismes existants s\u2019av\u00e9raient insuffisants tant au niveau des ressources humaines qu\u2019aux niveaux mat\u00e9riel et technique. En 1986, on comptait peu de g\u00e9ologues, et encore moins de catastrophologues, et le Service de la Protection Civile du Minist\u00e8re d\u2019\u00c9tat charg\u00e9 de l\u2019Administration Territoriale F\u00e9d\u00e9rale ne disposait pas d\u2019une cartographie fiable des zones \u00e0 risques (Molo Zogo, 2018). La phase de gestion <em>in intinere<\/em> de la catastrophe fut ouverte d\u00e8s l\u2019annonce d\u2019une d\u00e9p\u00eache<a class=\"footnote\" title=\"On pouvait y lire ce qu\u2019il suit: \u00ab\u00a0Dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt, une explosion de gaz toxique s\u2019est produite au Lac Nyos pr\u00e8s de Wum\u00a0\u00bb. Elle pr\u00e9cisait \u00e9galement que des hommes et des animaux mouraient et qu\u2019une intervention des secours et des urgences \u00e9tait plus qu\u2019imp\u00e9rieuse (Cameroon Tribune, 1987, p. 4).\" id=\"return-footnote-195-4\" href=\"#footnote-195-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a> du gouverneur de la province du Nord-Ouest le lendemain du sinistre (Bakoa, 1986, p. 4). D\u2019abord, il y eut une r\u00e9union de crise \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique qui regroupait les repr\u00e9sentants de quatre d\u00e9partements minist\u00e9riels (Administration territoriale, d\u00e9fense, s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure et sant\u00e9 publique). Ensuite, le 23 ao\u00fbt 1986, une \u00e9quipe mixte d\u2019intervention partit de Yaound\u00e9 pour le lieu du drame. Elle avait \u00e0 sa t\u00eate le g\u00e9n\u00e9ral de brigade James Tataw, chef d\u2019\u00c9tat-major de l\u2019arm\u00e9e de terre, et \u00e9tait constitu\u00e9e de m\u00e9decins, de techniciens du minist\u00e8re des mines et des responsables de la d\u00e9fense (Bakoa, 1986, p. 4).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en \u0153uvre des secours et des interventions, quant \u00e0 elle, prit corps d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9quipe constitu\u00e9e d\u2019experts du minist\u00e8re de la sant\u00e9<a class=\"footnote\" title=\"Cette \u00e9quipe \u00e9tait dirig\u00e9e par le Pr Kaptu\u00e9, directeur de la sant\u00e9 publique et constitu\u00e9e des docteurs Njijoh, directeur adjoint de la sant\u00e9, Niat, chef du service de la r\u00e9animation chirurgicale \u00e0 l\u2019h\u00f4pital central de Yaound\u00e9; Fonto, Wali Muna, Simo Moyo et Njikam.\" id=\"return-footnote-195-5\" href=\"#footnote-195-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. Mais les v\u00e9ritables actions de grande port\u00e9e firent suite \u00e0 la constitution de la \u00ab cellule de crise \u00bb qui tint sa premi\u00e8re r\u00e9union le 27 ao\u00fbt 1986 (Anonyme, 1986), soit cinq jours apr\u00e8s le drame. Les survivant-e-s furent admis dans les centres hospitaliers<a class=\"footnote\" title=\"Il s\u2019agit du dispensaire de la Mission Catholique et des H\u00f4pitaux de Wum et Nkambe.\" id=\"return-footnote-195-6\" href=\"#footnote-195-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a> et pris-es en charge (Mengueme, 1986). Dans ces camps de recasement, des mesures furent aussit\u00f4t mises sur pied pour loger les rescap\u00e9s, les nourrir, les soigner et leur offrir des lits et du mat\u00e9riel de premi\u00e8re aide (<em>ibid<\/em>.). Les mois qui suivirent la catastrophe, des camps de rescap\u00e9s furent construits \u00e0 Wum et Nkambe, Cha et Subum (Bakoa, 1987, p.\u00a08) qui sont des villages voisins de Nyos (Yengo, 1987, p.\u00a012) et \u00e9parpill\u00e9s dans les diff\u00e9rents d\u00e9partements de la province du Nord-Ouest (<em>ibid<\/em>.). \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, le processus de d\u00e9cision fut lent et la gestion <em>in itinere<\/em> connut de nombreux probl\u00e8mes dont celui de la planification des actions d\u2019assistance et de prise en charge. Aussi l\u2019enclavement de la zone sinistr\u00e9e et l\u2019absence de routes priv\u00e8rent-elles certain-e-s sinistr\u00e9-e-s, comme ceux et celles de Kimbi<a class=\"footnote\" title=\"Pour se rendre \u00e0 Kimbi situ\u00e9 \u00e0 65 kilom\u00e8tres environ de Wum, il fallait parcourir 300 kilom\u00e8tres \u00e0 travers trois d\u00e9partements: Mezam, Bui et Donga Mantum.\" id=\"return-footnote-195-7\" href=\"#footnote-195-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>, de secours, car la zone \u00e9tait inaccessible en saison pluvieuse particuli\u00e8rement (Mengueme, 1986). La gestion de la catastrophe du lac Nyos a continu\u00e9 avec les m\u00e9canismes <em>ex-post krisis<\/em> qui avaient pour but de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations des r\u00e9gions concern\u00e9es par ces maars (Nyos et Monoun), mais aussi d\u2019extraire le gaz en profondeur dans ces \u00ab\u00a0vall\u00e9es de la mort\u00a0\u00bb. \u00c0 partir de 1990, une \u00e9quipe de scientifiques de diverses nationalit\u00e9s a entrepris une \u00e9tude autour des lacs Nyos et Monoun en r\u00e9alisant une exp\u00e9rience \u00e0 partir de tuyaux de poly\u00e9thyl\u00e8ne dans l\u2019optique de comprendre le m\u00e9canisme d\u2019expansion du CO2 dissout dans les eaux de ces lacs (Tchindjang et Njilah, 1999). Gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats encourageants obtenus par les chercheurs, des colonnes ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es avec des vannes pour d\u00e9gazer le lac Nyos d\u00e8s 1995 (Kusakabe <em>et al.<\/em>, 2003). Ces vannes permettent de contr\u00f4ler le d\u00e9gazage \u00e0 travers les colonnes; l\u2019eau ainsi propuls\u00e9e est satur\u00e9e et constitu\u00e9e de 80 \u00e0 90\u00a0% de CO2 pour une teneur importante qui serait d\u2019environ 85\u00a0m\/10\u00a0m3 de CO2 en dehors du m\u00e9thane et de l\u2019hydrog\u00e8ne sulfur\u00e9 (Tchindjang et Njilah, p.\u00a052). C\u2019est ce qui justifie la pr\u00e9sence et le contr\u00f4le des \u00e9quipes de l\u2019Institut de recherches g\u00e9ologiques et mini\u00e8res (IRGM) sur le site. Par ailleurs, des mesures sp\u00e9ciales ont \u00e9t\u00e9 prises afin que les populations soient alert\u00e9es par un signal sonore en cas de concentration anormale de CO2; ce qui leur permettrait de trouver refuge dans les points hauts du relief (<em>ibid<\/em>.). Notons qu\u2019un dispositif semblable existe \u00e9galement \u00e0 Monoun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois, les donn\u00e9es indiquent en m\u00eame temps une recharge du gaz dans le lac \u00e0 partir des profondeurs du volcan (Kusakabe <em>et al.<\/em>, 2000), ce qui signifie qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une gestion continue. La digue naturelle qui retient les eaux du lac Nyos a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e pour \u00e9viter sa rupture qui ferait au moins \u00ab dix mille morts \u00bb du Cameroun au Nigeria selon les estimations de McKie (2000). Cet exemple est un v\u00e9ritable cas d\u2019\u00e9tude au Cameroun, pays aux 40 lacs de crat\u00e8re (Kusakabe, 2017), et dans le monde. La gestion de la crise de Nyos fut p\u00e9nible, car jamais auparavant le pays n\u2019avait fait face \u00e0 une \u00ab calamit\u00e9 \u00bb d\u2019une telle ampleur. Et sa nature ou son origine naturelle et abrupte vint rendre encore plus difficile cette gestion qui mettait \u00e0 nu le niveau d\u2019impr\u00e9paration du Cameroun dont la protection civile \u00e9tait encore embryonnaire et sortait \u00e0 peine d\u2019un assujettissement \u00e0 la politique nationale de d\u00e9fense (1967-1973). Or, entre 1986 et 1998, ann\u00e9e de la crise de Nsam, plusieurs m\u00e9canismes de gestion des crises avaient \u00e9t\u00e9 mis sur pied et n\u2019attendaient que d\u2019\u00eatre exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<h2>Un exemple de crise processuelle: l\u2019incendie de Nsam du 14 f\u00e9vrier 1998<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 14 f\u00e9vrier 1998, deux citernes de la R\u00e9gie des chemins de fer du Cameroun (REGIFERCAM) arrivent sur les installations de la Soci\u00e9t\u00e9 camerounaise des d\u00e9p\u00f4ts p\u00e9troliers (SCDP) de Yaound\u00e9 qui les renvoie aussit\u00f4t pour contenu frauduleux (Touna, 1998, p. 4). Or, pendant cette op\u00e9ration de retour des citernes, un accident se produit \u00e0 cause du d\u00e9s\u00e9quilibre des wagons dont le contenu a fait l\u2019objet d\u2019un important siphonnage \u00e0 Nsam, une bourgade de Yaound\u00e9 (Molo Zogo, 2018). Se renversant alors, les 100 000 litres de carburant qu\u2019elles contenaient firent l\u2019objet d\u2019une prise d\u2019assaut par les populations, accourues sur le robinet providentiel pour emporter la \u00ab manne de la Saint Valentin \u00bb (<em>ibid<\/em>.) L\u2019incendie qui survint en ce lieu entra\u00eena la mort de plus de 250 personnes (Touna, 1998, p.\u00a04). Cette catastrophe, d\u2019une gravit\u00e9 inou\u00efe, prit des allures d\u2019un drame national n\u00e9cessitant une assistance internationale et un dispositif extraordinaire pour sa gestion. La plupart des sinistr\u00e9-e-s, \u00e0 en croire le Colonel Bernard Vialla (1998, p.\u00a08), chef de la mission fran\u00e7aise pour la catastrophe de Nsam, avaient des corps br\u00fbl\u00e9s entre 50 et 90\u00a0%, c\u2019est-\u00e0-dire les br\u00fblures les plus graves qui soient. Cette catastrophe est survenue douze ann\u00e9es apr\u00e8s celle de Nyos qui a donn\u00e9 suite \u00e0 des modifications institutionnelles et au renforcement du dispositif national, juridique et op\u00e9rationnel de gestion des risques et catastrophes. Entre 1986 et f\u00e9vrier 1998, d\u2019importants textes juridiques ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sur la protection civile et de nouvelles structures ont vu le jour \u00e0 l\u2019instar de la Direction de la protection civile (DPC) du Minist\u00e8re de l\u2019administration territoriale en 1995 et le Conseil national de la protection civile un an plus tard (Molo Zogo, 2018).<\/p>\n<h3>G\u00e9rer une catastrophe anthropique comme une catastrophe naturelle?\u00a0Analyse de la gestion de la crise de Nsam 1998<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les principaux acteurs et actrices de la phase de\u00a0gestion de secours \u00e0 Nsam furent les riverain-e-s et les volontaires qui, par un impressionnant \u00e9lan de solidarit\u00e9, transport\u00e8rent les d\u00e9pouilles et les victimes du lieu du sinistre vers les centres hospitaliers de la ville de Yaound\u00e9 (Mengue A Koung, 1999, p.\u00a08). Contrairement \u00e0 Nyos o\u00f9 les victimes \u00e9taient en incapacit\u00e9 de porter secours, Nsam fut une d\u00e9monstration de la solidarit\u00e9 effective des sinistr\u00e9-e-s entre eux. Les riverain-e-s mu\u00e9-e-s en secouristes et pompiers\/pompi\u00e8res de circonstance extirpaient les d\u00e9pouilles du lieu d\u2019incendie tandis que des automobilistes les acheminaient dans les h\u00f4pitaux (Touna, 1998, p.\u00a05). Cet \u00e9lan de solidarit\u00e9 collective s\u2019est accompagn\u00e9 de mesures d\u2019intervention publique qui \u00e9taient certes d\u00e9ficitaires, mais non absentes: cr\u00e9ation du comit\u00e9 de crise convoqu\u00e9 par le premier ministre et dirig\u00e9 par le ministre de la d\u00e9fense, convocation du conseil interminist\u00e9riel du 16 f\u00e9vrier (Ebolo, 1998, p.\u00a02); cr\u00e9ation d\u2019une commission d\u2019enqu\u00eate qui avait 45 jours pour rendre les r\u00e9sultats sur les causes et les responsabilit\u00e9s dans le d\u00e9clenchement de la crise (Noa, 1998, p.\u00a03). La mise sur pied de cette commission d\u2019enqu\u00eate marquait d\u00e9j\u00e0 une ligne de d\u00e9marcation d\u2019avec Nyos o\u00f9 la responsabilit\u00e9 de la crise fut attribu\u00e9e \u00e0 la nature, aux monstres vivant sous les eaux du lac, aux esprits mal intentionn\u00e9s (Ackad, 1987), \u00e0 Dieu. Bref, on a assist\u00e9 \u00e0 une d\u00e9responsabilisation de l\u2019humain. Pourtant, \u00e0 Nsam, les responsabilit\u00e9s humaines mettaient en lumi\u00e8re la construction de la crise et la faillite des humains qui n\u2019ont pas su la pr\u00e9venir et qui devaient \u00eatre punis pour cela. Toutefois, le principal probl\u00e8me de la gestion de crise <em>in itinere<\/em> \u00e0 Nsam fut la redondance des structures mises sur pied pour g\u00e9rer la crise. De fait, plusieurs cellules de crise furent cr\u00e9\u00e9es dans des minist\u00e8res diff\u00e9rents avec un manque de lisibilit\u00e9 sur leur r\u00f4le et leur impact dans le d\u00e9ploiement de l\u2019action gouvernementale. Ce manque de synergie et la cacophonie qu\u2019elle entra\u00eena entre les diff\u00e9rents acteurs publics r\u00e9v\u00e9laient l\u2019impr\u00e9paration du Cameroun dans la gestion des sinistres majeurs. L\u2019on comprit que les diff\u00e9rentes avanc\u00e9es post \u00ab\u00a0lac Nyos\u00a0\u00bb avaient certes \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fiques au niveau de la densification du dispositif institutionnel, mais n\u2019avaient gu\u00e8re donn\u00e9 lieu \u00e0 la pr\u00e9cision d\u2019un plan d\u2019Organisation des secours (ORSEC) qui est la mise en place des instruments pr\u00e9cisant \u00ab\u00a0les r\u00f4les et les responsabilit\u00e9s des diff\u00e9rents intervenants en cas de sinistres divers, en vue de sauver le plus grand nombre possible de victimes et de biens\u00a0\u00bb (Matanda, 2000, p.\u00a024). Un manquement que voulait combler le d\u00e9cret n\u00b0\u00a098\/031 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de la prise en charge des sinistr\u00e9-e-s pendant de longs mois \u00e0 la Fondation Chantal Biya, dans les h\u00f4pitaux central et g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9, puis au Centre des handicap\u00e9s de Yaound\u00e9, il faut noter que la gestion \u00e0 moyen et \u00e0 long terme de cette crise, comme pour le lac Nyos d\u2019ailleurs, passait par la r\u00e9duction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations. Et \u00e0 Nsam, les pouvoirs publics furent confront\u00e9s \u00e0 un dilemme entre d\u00e9localiser les installations de la SCDP \u2013 op\u00e9ration qui aurait \u00e9t\u00e9 certes tr\u00e8s dispendieuse, mais plus s\u00fbre du point de vue s\u00e9curitaire \u2013 et r\u00e9installer les populations vuln\u00e9rables et riveraines dans un autre site choisi et am\u00e9nag\u00e9 pour la circonstance. Or, c\u2019est cette deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se qui prosp\u00e9ra et donna suite \u00e0 l\u2019installation de quelques familles \u00e0 Mendong-village, une banlieue de Yaound\u00e9 (Ebolo, 1998, p.\u00a02). Cette d\u00e9localisation n\u2019a pas compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9 le risque, car, \u00e0 ce jour, les populations occupent toujours la zone, qui devrait normalement \u00eatre <em>non aedificandi<\/em>, avec des constructions anarchiques et dans une pauvret\u00e9 manifeste (Assako, 2000). Par ailleurs, la SCDP a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la d\u00e9limitation d\u2019une zone de s\u00e9curit\u00e9 qui n\u2019est toutefois pas respect\u00e9e par les populations riveraines dont certaines n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des dispositions publiques de r\u00e9duction des vuln\u00e9rabilit\u00e9s. D\u2019autre part, certains facteurs (pauvret\u00e9, sous-int\u00e9gration aux infrastructures urbaines, ch\u00f4mage, etc.) maintiennent le risque permanent dans ce quartier et rendent difficile une possible intervention des secours en cas de nouvel incendie, confirmant par le fait m\u00eame la th\u00e8se d\u2019un n\u00e9cessaire relogement de ces populations loin des couloirs ferroviaires et des zones industrielles comme ultime solution (<em>ibid<\/em>.). La gestion de la catastrophe de Nsam, comme celle du lac Nyos, reste donc inachev\u00e9e et permanente.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En somme, il appara\u00eet clairement que les catastrophes du lac Nyos et de Nsam ont \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9es par des al\u00e9as certes diff\u00e9rents et qui constituent la particularit\u00e9 de chacune de ces crises, mais avec des itin\u00e9raires de gestion semblables \u00e0 maints \u00e9gards. Ce qui nous permet de conclure que la nature de l\u2019al\u00e9a d\u00e9clenchant la crise n\u2019a qu\u2019une importance moindre, sinon simplement au niveau de l\u2019\u00e9tablissement des responsabilit\u00e9s sur le d\u00e9clenchement de la catastrophe. Le principal point de convergence est, quant \u00e0 lui, au moins pour ce qui est de ces deux crises, la permanence des vuln\u00e9rabilit\u00e9s \u00e0 Nyos et \u00e0 Nsam qui imposent une veille permanente. La gestion de ces crises ne sera donc achev\u00e9e que lorsque le \u00ab\u00a0risque z\u00e9ro\u00a0\u00bb aura \u00e9t\u00e9 atteint. C\u2019est un travail de veille permanente.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Anonyme. 1986. Le chef de l\u2019Etat a cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 National de Gestion.<em> Cameroon Tribune<\/em>, <em>3657<\/em>, 6.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 00331 du 29 ao\u00fbt 1986 portant cr\u00e9ation des comit\u00e9s provinciaux de Douala et de Bamenda (J. O. septembre 1986).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ateba Noah. 1998. O\u00f9 est le rapport?. <em>Mutations<\/em>, <em>105<\/em>, 3.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beck, Ulrich. 2001. <em>La soci\u00e9t\u00e9 du risque: sur la voie d\u2019une autre modernit\u00e9<\/em> (1\u00e8re \u00e9dition). Paris: Aubier.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 86\/1069 du 27 ao\u00fbt 1986 portant cr\u00e9ation d\u2019un Comit\u00e9 National de r\u00e9ception et de gestion des secours aux sinistr\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 98\/031 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Forgues, Bernard. 1996. Nouvelles approches de la gestion de crise. <em>Revue fran\u00e7aise de gestion<\/em>, <em>108<\/em>, 72-78.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hell, Joseph Victor. 2015, juillet. <em>Les catastrophes des lacs Nyos et Monoun: Bilan et perspectives<\/em>. Communication pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la conf\u00e9rence scientifique \u00ab\u00a0le mois de la recherche\u00a0\u00bb, Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kahn, Herman. 1963. Some consequences of crisis which limit the viability of organizations. <em>Administrative science quaterly<\/em>, <em>8<\/em>, 61-82.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru. 2017. Lakes Nyos and Monoun disasters (Cameroon). Limnic erruption caused by excessive accumulation of magmatic CO2 in crater lakes. <em>Geochemistry monograph series<\/em>, <em>1<\/em>, 1-50.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru, Tanyileke, Gregory, Cord, Mac et Schladow, Geoffrey. 2000. Recent pH and CO2 profiles at Lakes Nyos and Monoun Cameroon: implications for the degassing strategy and it numerical simulation. <em>Journal of Volcanology and Geothermal Res<\/em><em>earch<\/em>, <em>97<\/em>, 241-260.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kusakabe, Minoru, Tanyileke, Gregory, Evans, Williams et Kling, George. 2003. Current status of Lakes Nyos and Monoun, Cameroon. <em>Cities on volcanoes<\/em>, <em>3<\/em>, 14-18.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Matanda, Serge. 2000. <em>Observatoire des risques naturels au Cameroun, relation pluie-inondation et plan ORSEC: Le cas des villes c\u00f4ti\u00e8res de Kribi, Douala et Limb\u00e9<\/em>. M\u00e9moire de master en formation de m\u00e9decine des catastrophes, Universit\u00e9 de Paris 12 Cr\u00e9teil et Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mengue A Koung. 1999. Les gestes qui ont sauv\u00e9. <em>Mutations<\/em>, <em>194<\/em>, 8.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mengueme, Jean. 1986.\u00a0Note sur la catastrophe du Lac Nyos. <em>Archives priv\u00e9es de Tchouamo Willy<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Molo Zogo, Ren\u00e9 Lionel Brice. 2018. <em>Protection civile: gestion des risques et des situations de crise au Cameroun. 1973-1998<\/em>. M\u00e9moire de master en histoire, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monda Bakoa. 1987a. Promptitude et efficacit\u00e9. <em>Cameroon Tribune<\/em>, <em>3949<\/em>, 4.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monda Bakoa. 1987b. Les camps de l\u2019espoir. <em>Cameroon Tribune<\/em>, <em>3949<\/em>, 8.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">RFI. 2016. Il y a 30 ans, la catastrophe du Lac Nyos endeuillait le Cameroun.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/afrique\/20160821-cameroun-drame-lac-nyos-trente-ans\">http:\/\/www.rfi.fr\/afrique\/20160821-cameroun-drame-lac-nyos-trente-ans<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Roux-Dufort, Christophe. 2000. <em>G\u00e9rer et d\u00e9cider en situation de crise<\/em>, Paris: Dunod.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tchindjang, Mesmin et Njilah, Isaac. 1999.\u00a0Risque d\u2019inondation dans la vall\u00e9e de Nyos. <em>African journal of science and technology (AJST)<\/em>, <em>2<\/em>, 50-62.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Touna, Richard. 1998. La mauvaise organisation des secours. <em>Le Messager<\/em>, <em>728<\/em>, 5.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Vialla, Bernard. 1998. C\u2019est une premi\u00e8re mondiale. <em>Le Messager<\/em>, <em>730<\/em>, 8.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/rene-lionel-brice-molo-zogo\">Ren\u00e9 Lionel Brice MOLO ZOGO<\/a><\/strong><br \/>L\u2019auteur est doctorant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I et \u00e0 l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales (EHESS-GSPR). Ses recherches portent sur les disaster studies en g\u00e9n\u00e9ral, la sociohistoire et la g\u00e9ohistoire des risques, crises, catastrophes et l\u2019histoire des mentalit\u00e9s en particulier.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-195-1\">La catastrophe du lac Nyos est \u00e0 l\u2019origine de la loi n\u00b0 86\/06 du 6 d\u00e9cembre 1986 portant r\u00e9organisation g\u00e9n\u00e9rale de la protection civile tandis que le d\u00e9cret n\u00b0 98\/31 du 9 mars 1998 portant organisation des plans d\u2019urgence et des secours en cas de catastrophe ou de risque majeur est cons\u00e9quent de la catastrophe de Nsam <a href=\"#return-footnote-195-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-2\">La catastrophe du Lac Nyos demeure \u00e0 ce jour, la plus grande catastrophe gazeuse jamais enregistr\u00e9e dans le monde. Mais l\u2019exposition du Cameroun au risque d\u2019\u00e9ruption limnique ne se limite pas \u00e0 Nyos, car le lac Monoun, deux ann\u00e9es plus t\u00f4t, c\u2019est-\u00e0-dire le 15 ao\u00fbt 1984, avait \u00e9galement rejet\u00e9 du gaz tuant au passage 37 personnes. <a href=\"#return-footnote-195-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-3\">Le comit\u00e9 national de gestion \u00e9tait compos\u00e9 comme suit: Pr\u00e9sident: le MINAT ou son repr\u00e9sentant; Membres: le ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique charg\u00e9 de la d\u00e9fense ou son repr\u00e9sentant; le ministre des finances ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019agriculture ou son repr\u00e9sentant; le ministre de l\u2019information et de la culture ou de son repr\u00e9sentant; le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure ou son repr\u00e9sentant. <a href=\"#return-footnote-195-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-4\">On pouvait y lire ce qu\u2019il suit: \u00ab\u00a0Dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt, une explosion de gaz toxique s\u2019est produite au Lac Nyos pr\u00e8s de Wum\u00a0\u00bb. Elle pr\u00e9cisait \u00e9galement que des hommes et des animaux mouraient et qu\u2019une intervention des secours et des urgences \u00e9tait plus qu\u2019imp\u00e9rieuse (<em>Cameroon Tribune<\/em>, 1987, p. 4). <a href=\"#return-footnote-195-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-5\">Cette \u00e9quipe \u00e9tait dirig\u00e9e par le Pr Kaptu\u00e9, directeur de la sant\u00e9 publique et constitu\u00e9e des docteurs Njijoh, directeur adjoint de la sant\u00e9, Niat, chef du service de la r\u00e9animation chirurgicale \u00e0 l\u2019h\u00f4pital central de Yaound\u00e9; Fonto, Wali Muna, Simo Moyo et Njikam. <a href=\"#return-footnote-195-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-6\">Il s\u2019agit du dispensaire de la Mission Catholique et des H\u00f4pitaux de Wum et Nkambe. <a href=\"#return-footnote-195-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-195-7\">Pour se rendre \u00e0 Kimbi situ\u00e9 \u00e0 65 kilom\u00e8tres environ de Wum, il fallait parcourir 300 kilom\u00e8tres \u00e0 travers trois d\u00e9partements: Mezam, Bui et Donga Mantum. <a href=\"#return-footnote-195-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":18,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["rene-lionel-brice-molo-zogo"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[162],"license":[],"class_list":["post-195","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-catastrophe","motscles-crise","motscles-gestion-de-crise","motscles-incendie","motscles-lac-nyos","motscles-nsam","motscles-risque","keywords-crisis","keywords-crisis-management","keywords-disaster","keywords-fire","keywords-nsam","keywords-nyos-lake","keywords-risk","contributor-rene-lionel-brice-molo-zogo"],"part":156,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/195","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/195\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":370,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/195\/revisions\/370"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/156"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/195\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=195"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=195"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=195"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=195"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}