{"id":320,"date":"2019-10-22T02:38:53","date_gmt":"2019-10-21T20:38:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=320"},"modified":"2022-05-30T11:45:11","modified_gmt":"2022-05-30T09:45:11","slug":"presentation-1-1","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/presentation-1-1\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation. Nation et R\u00e9publique sous le prisme des d\u00e9fis contemporains"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Ce premier dossier d\u2019<em>Adilaaku. Droit, politique et soci\u00e9t\u00e9 en Afrique<\/em> rassemble des travaux sur la th\u00e9matique \u00ab\u00a0Nation et R\u00e9publique sous le prisme des crises contemporaines\u00a0\u00bb. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le projet de cette revue est de contribuer modestement \u00e0 la r\u00e9flexion sur les mutations et transformations qui affectent l\u2019ordre politique et juridique contemporain. Elle participe ainsi au renouvellement de la compr\u00e9hension des grands enjeux. Se fondant sur la maxime<em> Ubi Societas, Ibi jus, Ibi Societas<strong>, <\/strong><\/em><em>Ubi politicas <\/em>qui enseigne <em>qu\u2019il n\u2019y a pas de soci\u00e9t\u00e9 sans droit ni de soci\u00e9t\u00e9 sans politique,<\/em> <em>Adilaaku<\/em> met le droit et la politique au service du bien-\u00eatre de l\u2019humain. Il faut dire qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019individus est anim\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9glementer et de pacifier les rapports.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Nation et R\u00e9publique\u00a0: filiation conceptuelle<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La nation na\u00eet du besoin de vivre en commun, de la communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant de la cohabitation sur un m\u00eame territoire. Elle est d\u00e9finie comme<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">une communaut\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement fix\u00e9e sur un m\u00eame territoire d\u00e9termin\u00e9 dont la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9sulte de caract\u00e9ristiques ethniques, linguistiques, culturelles, de coutumes sociales et de traditions historiques et religieuses, tous facteurs qui d\u00e9veloppent un sentiment d\u2019appartenance et des aspirations politiques trouvant leur manifestation essentielle dans la volont\u00e9 collective de s\u2019\u00e9riger en corps politique souverain au regard du droit international (Cornu, 2011, p. 672).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette acception, elle se confond \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Selon Jean-Marc Siro\u00ebn (2006), le passage du concept d\u2019\u00c9tat \u00e0 celui d\u2019\u00c9tat-nation pr\u00e9cise le cadre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel s\u2019exerce le pouvoir coercitif de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est dire que la Nation est li\u00e9e \u00e0 la R\u00e9publique. L\u2019\u00c9tat\u00a0contemporain appartient \u00e0 tous et toutes, \u00e0 chacun et chacune, sous r\u00e9serve de la nationalit\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, apr\u00e8s les accords sanctifi\u00e9s par le trait\u00e9 de Westphalie en 1648, les soci\u00e9t\u00e9s humaines, au-del\u00e0 des consid\u00e9rations sociologiques et culturelles, ont acquis l\u2019identit\u00e9 de la \u00ab\u00a0<em>res publica<\/em>\u00a0\u00bb. Le mod\u00e8le r\u00e9publicain a \u00e9t\u00e9 largement pl\u00e9biscit\u00e9 au XIXe si\u00e8cle apr\u00e8s la r\u00e9volution fran\u00e7aise et, surtout, au cours du XXe du fait de la d\u00e9colonisation. Le renforcement de l\u2019\u00c9tat et la construction de la nation \u00e9taient des objectifs communs poursuivis par les pouvoirs africains nouveaux (Nouazi Kemkeng, 2015, p.\u00a0155). Appliqu\u00e9e aux \u00c9tats d\u00e9mocratiques, la distinction entre monarchie et R\u00e9publique repose principalement sur le statut du Chef de l\u2019\u00c9tat et, notamment, sur le mode de d\u00e9volution de la fonction. Substantiellement, la R\u00e9publique tend \u00e0 se rapprocher de la d\u00e9mocratie. Elle incarne un id\u00e9al de lib\u00e9ration des peuples, de protection des droits et libert\u00e9s, de gestion des affaires publiques dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous et toutes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce mod\u00e8le est aujourd\u2019hui sacr\u00e9, d\u2019o\u00f9 sa constitutionnalisation et sa protection par la loi fondamentale. Les valeurs r\u00e9publicaines font l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 qui permet d\u00e9sormais de censurer. La constitution camerounaise du 18 janvier 1996 dispose, \u00e0 cet effet, que \u00ab La R\u00e9publique du Cameroun est un \u00c9tat unitaire d\u00e9centralis\u00e9. Elle est une et indivisible, la\u00efque, d\u00e9mocratique et sociale. Elle reconna\u00eet et prot\u00e8ge les valeurs traditionnelles conformes aux principes d\u00e9mocratiques, aux droits de l\u2019homme [de l\u2019humain] et \u00e0 la loi \u00bb (article 1, paragr. 2). L\u2019unit\u00e9 et la coh\u00e9sion puisent leur essence \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9motion naturelle de tout groupe partageant le hasard de la g\u00e9ographie et dans les \u00e9l\u00e9ments objectifs qui nourrissent la volont\u00e9 de vivre et de vaincre ensemble l\u2019adversit\u00e9 et de r\u00e9ussir un projet de soci\u00e9t\u00e9 largement partag\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e8re du d\u00e9clin de l\u2019\u00c9tat, dont le pouvoir s\u2019est dissout dans les r\u00e9seaux du march\u00e9 mondialis\u00e9, la nation est somm\u00e9e de red\u00e9finir son r\u00f4le et de repenser son association \u00e0 l\u2019\u00c9tat. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la souverainet\u00e9 des \u00c9tats est largement mise en cause par les comp\u00e9tences et les contraintes transnationales (Kacowicz, 2000). L\u2019\u00c9tat est aujourd\u2019hui mis en concurrence par d\u2019autres formes d\u2019organisations publiques ou priv\u00e9es (Kacowicz, 2000). La d\u00e9limitation de l\u2019\u00c9tat et de la nation est d\u2019ailleurs loin de correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Au Cameroun, il existe<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">une mosa\u00efque ethnique et linguistique sur laquelle se superposent d\u2019autres facteurs de divergence (religion, politique, corporation, etc.). La construction d\u2019un \u00c9tat-Nation sur cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 s\u2019est souvent heurt\u00e9e \u00e0 certaines forces centrifuges et \u00e0 des vell\u00e9it\u00e9s de replis identitaires. Malgr\u00e9 les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en la mati\u00e8re, la consolidation des acquis en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9gration nationale, de paix, de justice, de coh\u00e9sion sociale et de d\u00e9mocratisation demeure un d\u00e9fi (Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, de la planification et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, 2009, p.\u00a0iv).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">La R\u00e9publique et la Nation en crise<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis quelque temps, la R\u00e9publique du Cameroun est secou\u00e9e dans sa coh\u00e9sion et sa stabilit\u00e9. La mont\u00e9e en puissance des revendications identitaires, la crise des fronti\u00e8res et le \u00ab\u00a0choc des civilisations\u00a0\u00bb forcent \u00e0 admettre que l\u2019interd\u00e9pendance entre les concepts de R\u00e9publique et de Nation s\u2019effrite in\u00e9luctablement. Cette observation est valable dans bon nombre de pays sur la sc\u00e8ne internationale, en Afrique et, en particulier, au Cameroun. Le constat de la crise des principes directeurs tels que l\u2019unit\u00e9 nationale et l\u2019\u00e9galit\u00e9 de tou-te-s les citoyen-ne-s devant la loi est une invite urgente \u00e0 la r\u00e9flexion contextualis\u00e9e autour des concepts de R\u00e9publique et de Nation. Cette urgence est d\u2019autant plus av\u00e9r\u00e9e que, malgr\u00e9 la volont\u00e9 gouvernementale de concr\u00e9tiser et de consolider la nation, la d\u00e9mocratie et la R\u00e9publique, les identit\u00e9s sociales et culturelles sont de plus en plus expos\u00e9es et cristallis\u00e9es sur la sc\u00e8ne publique nationale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9surgence de la question anglophone soul\u00e8ve la question de l\u2019unit\u00e9 et de l\u2019indivisibilit\u00e9 de la R\u00e9publique. Loin d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0un slogan\u00a0\u00bb constitutionnel, l\u2019unit\u00e9 et l\u2019indivisibilit\u00e9 de la R\u00e9publique sont un tr\u00e9sor national et historique ch\u00e8rement acquis. L\u2019on se doit de prot\u00e9ger les acquis de la R\u00e9publique sans toutefois minorer l\u2019imp\u00e9rativit\u00e9 de sa mutation afin d\u2019\u00e9pouser les besoins et in\u00e9galit\u00e9s qui naissent aujourd\u2019hui. Au rang de ces d\u00e9fis auxquels la Nation et la R\u00e9publique font face, figurent \u00e9galement la r\u00e9surgence des populismes\u00a0et des irr\u00e9dentismes r\u00e9gionaux, le poids et les valeurs des langues dans l\u2019espace r\u00e9publicain,\u00a0la multiculturalit\u00e9, l\u2019int\u00e9gration nationale, les identit\u00e9s culturelles et la paix sociale au Cameroun, la place de la diaspora, les enjeux de la double nationalit\u00e9 en R\u00e9publique, la gouvernance des identit\u00e9s et d\u00e9fis s\u00e9curitaires, etc.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Nation et r\u00e9publique, sous la plume des contributeurs et contributrices\u2026<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce premier num\u00e9ro apporte des r\u00e9flexions constructives essentiellement bas\u00e9es sur des ph\u00e9nom\u00e8nes qui semblent inciter \u00e0 l\u2019anarchie sur la sc\u00e8ne politique nationale en l\u00e9gitimant les appropriations individualistes et les vell\u00e9it\u00e9s s\u00e9paratistes au m\u00e9pris d\u2019une construction homog\u00e8ne et inclusive au sein de\u00a0l\u2019\u00c9tat du Cameroun. Ainsi, les contributions viennent \u00e0 point nomm\u00e9, car elles apportent une valeur ajout\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre doctrinale sur cette question. Les divers articles, bien qu\u2019explorant majoritairement le cas du Cameroun du point de vue interne et international, sont unis par la m\u00eame ambition de participer \u00e0 l\u2019imposante r\u00e9flexion tant sur la solubilit\u00e9 de la nationalit\u00e9 dans la R\u00e9publique que sur la consubstantialit\u00e9 de l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019\u00c9tat. Ils permettent ainsi d\u2019\u00e9valuer la pertinence de la promotion des questions de nationalit\u00e9 ou de souverainet\u00e9 r\u00e9publicaine\u00a0dans le contexte actuel de politique mondialis\u00e9e ou globalis\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Face aux principes et th\u00e9ories contemporains, la remise en cause de la d\u00e9finition de l\u2019\u00c9tat en droit international aujourd\u2019hui constitue un signe \u00e9vident. En se basant sur des cas concrets, <strong>Carole Val\u00e9rie Nouazi Kemkeng<\/strong> questionne les transformations actuelles de l\u2019\u00c9tat qui ont entra\u00een\u00e9 une d\u00e9construction th\u00e9orique de ses crit\u00e8res de d\u00e9finition en droit international. L\u2019\u00c9tat gagnerait \u00e0 s\u2019adapter face aux d\u00e9fis et multiples contingences qui l\u2019affectent aujourd\u2019hui puisqu\u2019il demeure une forme d\u2019organisation politique insurpassable. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, s\u2019il est vrai que la R\u00e9publique du Cameroun pr\u00e9sente certaines matrices expressives de fragilit\u00e9, comme le pensent <strong>Herman Minkonda <\/strong>et <strong>Bertrand-Michel Mahini<\/strong>, il n\u2019en reste pas moins que les dynamiques d\u00e9veloppementalistes mises en \u0153uvre par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux l\u2019\u00e9loignent de cette situation n\u00e9gativement d\u00e9nigrante et stigmatisante.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En outre, le souci de construction de la nation camerounaise, face au bi-juridisme en mati\u00e8re de loi p\u00e9nale de forme, a conduit \u00e0 une harmonisation de la loi p\u00e9nale dans le but d\u2019actualiser la l\u00e9gislation r\u00e9pressive en vue de la rendre conforme aux \u00e9volutions de la modernit\u00e9. <strong>Serges Fr\u00e9d\u00e9ric Mboumegne Dzesseu<\/strong> dira alors que la r\u00e9gulation des rapports dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e est une des conditions <em>sine qua non<\/em> de la paix, de la s\u00e9curit\u00e9 mais aussi du d\u00e9veloppement. Elle passe par des institutions fortes, assises sur des instruments juridiques accessibles et prenant en compte les r\u00e9alit\u00e9s socio-\u00e9conomiques et culturelles. L\u2019\u00c9tat devrait donc songer \u00e0 une codification \u00e9galitaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 l\u2019identit\u00e9 et au d\u00e9veloppement institutionnel, <strong>Albert Djiotsa<\/strong> dresse le constat qu\u2019on se situe dans un contexte de crise des principes identitaires qui gouvernent la R\u00e9publique et nourrissent l\u2019unit\u00e9 nationale. Ainsi, la question de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun, abord\u00e9e dans ce num\u00e9ro, s\u2019appr\u00e9hende dans une perspective historique et consid\u00e8re que l\u2019on peut mouler l\u2019identit\u00e9 nationale \u00e0 partir de l\u2019identit\u00e9 ethnotribale. Mais cette contribution d\u00e9montre que les \u00e9l\u00e9ments authentiques de l\u2019\u00e2me camerounaise ne se per\u00e7oivent en l\u2019identit\u00e9 ethnotribale que dans le cadre de la prise en compte de la somme des valeurs identitaires positives. Dans la m\u00eame perspective, l\u2019\u00c9tat gagnerait, selon <strong>Gabriel Nguijoi<\/strong>, \u00e0 conserver le lien national \u00e0 travers une gouvernance des identit\u00e9s, laquelle passerait par la consolidation d\u2019une conception communautariste, voire \u00ab\u00a0communaucratique\u00a0\u00bb du politique dans un contexte de brouillage historique et de nonchalance de l\u2019id\u00e9ologie nationaliste. C\u2019est pourquoi le d\u00e9senchantement de l\u2019identit\u00e9 r\u00e9publicaine au Cameroun, au regard de l\u2019id\u00e9al-type de la R\u00e9publique telle qu\u2019originellement d\u00e9finie, est constitutionnellement proclam\u00e9, symboliquement projet\u00e9 et politiquement entretenu si on en croit <strong>Bertrand Mahini<\/strong> et <strong>Sakinatou Daouada<\/strong>. Il a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 \u00e0 tous les acteurs et \u00e0 toutes les actrices de la vie publique nationale d\u2019\u0153uvrer pour une r\u00e9appropriation contemporaine de l\u2019esprit de la <em>res publica<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, l\u2019analyse de la Nation et de la R\u00e9publique dans un contexte de d\u00e9veloppement institutionnel inscrit le Cameroun dans un \u00e9lan de comp\u00e9titivit\u00e9 avec d\u2019autres pays africains qui ont grandement besoin s\u2019approprier de tous les avantages que procure la modernisation leur administration. Dans ce sens, <strong>Marcelle Lucette Mbang<\/strong>, <strong>Christine Nad\u00e8ge Ada<\/strong> et <strong>Carole Val\u00e9rie Nouazi Kemkeng<\/strong> proposent que l\u2019int\u00e9gration de la num\u00e9risation dans l\u2019administration puisse non seulement promouvoir le d\u00e9veloppement social, politique \u00e9conomique et humain,\u00a0mais aussi permettre de faire face aux nouvelles formes de menaces s\u00e9curitaires (pr\u00e9vention de la grande criminalit\u00e9 et lutte contre la corruption) et sociopolitiques (ma\u00eetrise du fichier \u00e9lectoral et de la citoyennet\u00e9 camerounaise). Ainsi, le syst\u00e8me d\u2019identification s\u00e9curitaire s\u2019impose comme une n\u00e9cessit\u00e9 de modernit\u00e9 et de fiabilit\u00e9 des titres identitaires dans le but de consolider la nation camerounaise.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"no-indent hanging-indent\" style=\"text-align: left\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<div>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cornu, G\u00e9rard. 2011. <em>Vocabulaire juridique<\/em> (9e \u00e9d.). Paris: PUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kacowicz, Arie M. 2000. La mondialisation, nouveau d\u00e9fi pour l\u2019Etat-Nation. <em>Foi et d\u00e9veloppement<\/em>, 284.\r\n<a href=\"http:\/\/www.lebret-irfed.org\/spip.php?article631\">http:\/\/www.lebret-irfed.org\/spip.php?article631<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, de la planification et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. 2009. <em>Cameroun Vision 2035<\/em> (document de travail).\r\n<a href=\"http:\/\/extwprlegs1.fao.org\/docs\/pdf\/cmr145894.pdf\">http:\/\/extwprlegs1.fao.org\/docs\/pdf\/cmr145894.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nouazi Kemkeng, Carole Val\u00e9rie. 2015. L\u2019id\u00e9ologie de l\u2019unit\u00e9 nationale et le r\u00e9visionnisme constitutionnel au Cameroun. <em>Droit et politique,<\/em> <em>Jurisdoctoria. Revue doctorale de droit<\/em>, <em>12<\/em>, 155-181.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9publique du Cameroun. 1996. <em>La Constitution du Cameroun <\/em>(issue de la loi N<sup>o<\/sup> 96\/06 du 18 janvier 1996 portant r\u00e9vision de la constitution du 2 juin 1972).<em>\r\n<\/em><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Siro\u00ebn, Jean-Marc. 2006. L\u2019\u00c9tat-nation survivra-t-il \u00e0 la mondialisation?. Dans G\u00e9rard Ebabdjian et Pierre Berthaud, Pierre (dir.), <em>La question politique en \u00e9conomie internationale<\/em> (p. 297-312). Paris: La D\u00e9couverte.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce premier dossier d\u2019<em>Adilaaku. Droit, politique et soci\u00e9t\u00e9 en Afrique<\/em> rassemble des travaux sur la th\u00e9matique \u00ab\u00a0Nation et R\u00e9publique sous le prisme des crises contemporaines\u00a0\u00bb. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le projet de cette revue est de contribuer modestement \u00e0 la r\u00e9flexion sur les mutations et transformations qui affectent l\u2019ordre politique et juridique contemporain. Elle participe ainsi au renouvellement de la compr\u00e9hension des grands enjeux. Se fondant sur la maxime<em> Ubi Societas, Ibi jus, Ibi Societas<strong>, <\/strong><\/em><em>Ubi politicas <\/em>qui enseigne <em>qu\u2019il n\u2019y a pas de soci\u00e9t\u00e9 sans droit ni de soci\u00e9t\u00e9 sans politique,<\/em> <em>Adilaaku<\/em> met le droit et la politique au service du bien-\u00eatre de l\u2019humain. Il faut dire qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019individus est anim\u00e9e par la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9glementer et de pacifier les rapports.<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Nation et R\u00e9publique\u00a0: filiation conceptuelle<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La nation na\u00eet du besoin de vivre en commun, de la communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant de la cohabitation sur un m\u00eame territoire. Elle est d\u00e9finie comme<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">une communaut\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement fix\u00e9e sur un m\u00eame territoire d\u00e9termin\u00e9 dont la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9sulte de caract\u00e9ristiques ethniques, linguistiques, culturelles, de coutumes sociales et de traditions historiques et religieuses, tous facteurs qui d\u00e9veloppent un sentiment d\u2019appartenance et des aspirations politiques trouvant leur manifestation essentielle dans la volont\u00e9 collective de s\u2019\u00e9riger en corps politique souverain au regard du droit international (Cornu, 2011, p. 672).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette acception, elle se confond \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Selon Jean-Marc Siro\u00ebn (2006), le passage du concept d\u2019\u00c9tat \u00e0 celui d\u2019\u00c9tat-nation pr\u00e9cise le cadre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel s\u2019exerce le pouvoir coercitif de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est dire que la Nation est li\u00e9e \u00e0 la R\u00e9publique. L\u2019\u00c9tat\u00a0contemporain appartient \u00e0 tous et toutes, \u00e0 chacun et chacune, sous r\u00e9serve de la nationalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, apr\u00e8s les accords sanctifi\u00e9s par le trait\u00e9 de Westphalie en 1648, les soci\u00e9t\u00e9s humaines, au-del\u00e0 des consid\u00e9rations sociologiques et culturelles, ont acquis l\u2019identit\u00e9 de la \u00ab\u00a0<em>res publica<\/em>\u00a0\u00bb. Le mod\u00e8le r\u00e9publicain a \u00e9t\u00e9 largement pl\u00e9biscit\u00e9 au XIXe si\u00e8cle apr\u00e8s la r\u00e9volution fran\u00e7aise et, surtout, au cours du XXe du fait de la d\u00e9colonisation. Le renforcement de l\u2019\u00c9tat et la construction de la nation \u00e9taient des objectifs communs poursuivis par les pouvoirs africains nouveaux (Nouazi Kemkeng, 2015, p.\u00a0155). Appliqu\u00e9e aux \u00c9tats d\u00e9mocratiques, la distinction entre monarchie et R\u00e9publique repose principalement sur le statut du Chef de l\u2019\u00c9tat et, notamment, sur le mode de d\u00e9volution de la fonction. Substantiellement, la R\u00e9publique tend \u00e0 se rapprocher de la d\u00e9mocratie. Elle incarne un id\u00e9al de lib\u00e9ration des peuples, de protection des droits et libert\u00e9s, de gestion des affaires publiques dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de tous et toutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce mod\u00e8le est aujourd\u2019hui sacr\u00e9, d\u2019o\u00f9 sa constitutionnalisation et sa protection par la loi fondamentale. Les valeurs r\u00e9publicaines font l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 qui permet d\u00e9sormais de censurer. La constitution camerounaise du 18 janvier 1996 dispose, \u00e0 cet effet, que \u00ab La R\u00e9publique du Cameroun est un \u00c9tat unitaire d\u00e9centralis\u00e9. Elle est une et indivisible, la\u00efque, d\u00e9mocratique et sociale. Elle reconna\u00eet et prot\u00e8ge les valeurs traditionnelles conformes aux principes d\u00e9mocratiques, aux droits de l\u2019homme [de l\u2019humain] et \u00e0 la loi \u00bb (article 1, paragr. 2). L\u2019unit\u00e9 et la coh\u00e9sion puisent leur essence \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9motion naturelle de tout groupe partageant le hasard de la g\u00e9ographie et dans les \u00e9l\u00e9ments objectifs qui nourrissent la volont\u00e9 de vivre et de vaincre ensemble l\u2019adversit\u00e9 et de r\u00e9ussir un projet de soci\u00e9t\u00e9 largement partag\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e8re du d\u00e9clin de l\u2019\u00c9tat, dont le pouvoir s\u2019est dissout dans les r\u00e9seaux du march\u00e9 mondialis\u00e9, la nation est somm\u00e9e de red\u00e9finir son r\u00f4le et de repenser son association \u00e0 l\u2019\u00c9tat. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la souverainet\u00e9 des \u00c9tats est largement mise en cause par les comp\u00e9tences et les contraintes transnationales (Kacowicz, 2000). L\u2019\u00c9tat est aujourd\u2019hui mis en concurrence par d\u2019autres formes d\u2019organisations publiques ou priv\u00e9es (Kacowicz, 2000). La d\u00e9limitation de l\u2019\u00c9tat et de la nation est d\u2019ailleurs loin de correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Au Cameroun, il existe<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">une mosa\u00efque ethnique et linguistique sur laquelle se superposent d\u2019autres facteurs de divergence (religion, politique, corporation, etc.). La construction d\u2019un \u00c9tat-Nation sur cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 s\u2019est souvent heurt\u00e9e \u00e0 certaines forces centrifuges et \u00e0 des vell\u00e9it\u00e9s de replis identitaires. Malgr\u00e9 les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en la mati\u00e8re, la consolidation des acquis en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9gration nationale, de paix, de justice, de coh\u00e9sion sociale et de d\u00e9mocratisation demeure un d\u00e9fi (Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, de la planification et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, 2009, p.\u00a0iv).<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">La R\u00e9publique et la Nation en crise<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis quelque temps, la R\u00e9publique du Cameroun est secou\u00e9e dans sa coh\u00e9sion et sa stabilit\u00e9. La mont\u00e9e en puissance des revendications identitaires, la crise des fronti\u00e8res et le \u00ab\u00a0choc des civilisations\u00a0\u00bb forcent \u00e0 admettre que l\u2019interd\u00e9pendance entre les concepts de R\u00e9publique et de Nation s\u2019effrite in\u00e9luctablement. Cette observation est valable dans bon nombre de pays sur la sc\u00e8ne internationale, en Afrique et, en particulier, au Cameroun. Le constat de la crise des principes directeurs tels que l\u2019unit\u00e9 nationale et l\u2019\u00e9galit\u00e9 de tou-te-s les citoyen-ne-s devant la loi est une invite urgente \u00e0 la r\u00e9flexion contextualis\u00e9e autour des concepts de R\u00e9publique et de Nation. Cette urgence est d\u2019autant plus av\u00e9r\u00e9e que, malgr\u00e9 la volont\u00e9 gouvernementale de concr\u00e9tiser et de consolider la nation, la d\u00e9mocratie et la R\u00e9publique, les identit\u00e9s sociales et culturelles sont de plus en plus expos\u00e9es et cristallis\u00e9es sur la sc\u00e8ne publique nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9surgence de la question anglophone soul\u00e8ve la question de l\u2019unit\u00e9 et de l\u2019indivisibilit\u00e9 de la R\u00e9publique. Loin d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0un slogan\u00a0\u00bb constitutionnel, l\u2019unit\u00e9 et l\u2019indivisibilit\u00e9 de la R\u00e9publique sont un tr\u00e9sor national et historique ch\u00e8rement acquis. L\u2019on se doit de prot\u00e9ger les acquis de la R\u00e9publique sans toutefois minorer l\u2019imp\u00e9rativit\u00e9 de sa mutation afin d\u2019\u00e9pouser les besoins et in\u00e9galit\u00e9s qui naissent aujourd\u2019hui. Au rang de ces d\u00e9fis auxquels la Nation et la R\u00e9publique font face, figurent \u00e9galement la r\u00e9surgence des populismes\u00a0et des irr\u00e9dentismes r\u00e9gionaux, le poids et les valeurs des langues dans l\u2019espace r\u00e9publicain,\u00a0la multiculturalit\u00e9, l\u2019int\u00e9gration nationale, les identit\u00e9s culturelles et la paix sociale au Cameroun, la place de la diaspora, les enjeux de la double nationalit\u00e9 en R\u00e9publique, la gouvernance des identit\u00e9s et d\u00e9fis s\u00e9curitaires, etc.<\/p>\n<h2 class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Nation et r\u00e9publique, sous la plume des contributeurs et contributrices\u2026<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce premier num\u00e9ro apporte des r\u00e9flexions constructives essentiellement bas\u00e9es sur des ph\u00e9nom\u00e8nes qui semblent inciter \u00e0 l\u2019anarchie sur la sc\u00e8ne politique nationale en l\u00e9gitimant les appropriations individualistes et les vell\u00e9it\u00e9s s\u00e9paratistes au m\u00e9pris d\u2019une construction homog\u00e8ne et inclusive au sein de\u00a0l\u2019\u00c9tat du Cameroun. Ainsi, les contributions viennent \u00e0 point nomm\u00e9, car elles apportent une valeur ajout\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre doctrinale sur cette question. Les divers articles, bien qu\u2019explorant majoritairement le cas du Cameroun du point de vue interne et international, sont unis par la m\u00eame ambition de participer \u00e0 l\u2019imposante r\u00e9flexion tant sur la solubilit\u00e9 de la nationalit\u00e9 dans la R\u00e9publique que sur la consubstantialit\u00e9 de l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019\u00c9tat. Ils permettent ainsi d\u2019\u00e9valuer la pertinence de la promotion des questions de nationalit\u00e9 ou de souverainet\u00e9 r\u00e9publicaine\u00a0dans le contexte actuel de politique mondialis\u00e9e ou globalis\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Face aux principes et th\u00e9ories contemporains, la remise en cause de la d\u00e9finition de l\u2019\u00c9tat en droit international aujourd\u2019hui constitue un signe \u00e9vident. En se basant sur des cas concrets, <strong>Carole Val\u00e9rie Nouazi Kemkeng<\/strong> questionne les transformations actuelles de l\u2019\u00c9tat qui ont entra\u00een\u00e9 une d\u00e9construction th\u00e9orique de ses crit\u00e8res de d\u00e9finition en droit international. L\u2019\u00c9tat gagnerait \u00e0 s\u2019adapter face aux d\u00e9fis et multiples contingences qui l\u2019affectent aujourd\u2019hui puisqu\u2019il demeure une forme d\u2019organisation politique insurpassable. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, s\u2019il est vrai que la R\u00e9publique du Cameroun pr\u00e9sente certaines matrices expressives de fragilit\u00e9, comme le pensent <strong>Herman Minkonda <\/strong>et <strong>Bertrand-Michel Mahini<\/strong>, il n\u2019en reste pas moins que les dynamiques d\u00e9veloppementalistes mises en \u0153uvre par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux l\u2019\u00e9loignent de cette situation n\u00e9gativement d\u00e9nigrante et stigmatisante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En outre, le souci de construction de la nation camerounaise, face au bi-juridisme en mati\u00e8re de loi p\u00e9nale de forme, a conduit \u00e0 une harmonisation de la loi p\u00e9nale dans le but d\u2019actualiser la l\u00e9gislation r\u00e9pressive en vue de la rendre conforme aux \u00e9volutions de la modernit\u00e9. <strong>Serges Fr\u00e9d\u00e9ric Mboumegne Dzesseu<\/strong> dira alors que la r\u00e9gulation des rapports dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e est une des conditions <em>sine qua non<\/em> de la paix, de la s\u00e9curit\u00e9 mais aussi du d\u00e9veloppement. Elle passe par des institutions fortes, assises sur des instruments juridiques accessibles et prenant en compte les r\u00e9alit\u00e9s socio-\u00e9conomiques et culturelles. L\u2019\u00c9tat devrait donc songer \u00e0 une codification \u00e9galitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 l\u2019identit\u00e9 et au d\u00e9veloppement institutionnel, <strong>Albert Djiotsa<\/strong> dresse le constat qu\u2019on se situe dans un contexte de crise des principes identitaires qui gouvernent la R\u00e9publique et nourrissent l\u2019unit\u00e9 nationale. Ainsi, la question de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun, abord\u00e9e dans ce num\u00e9ro, s\u2019appr\u00e9hende dans une perspective historique et consid\u00e8re que l\u2019on peut mouler l\u2019identit\u00e9 nationale \u00e0 partir de l\u2019identit\u00e9 ethnotribale. Mais cette contribution d\u00e9montre que les \u00e9l\u00e9ments authentiques de l\u2019\u00e2me camerounaise ne se per\u00e7oivent en l\u2019identit\u00e9 ethnotribale que dans le cadre de la prise en compte de la somme des valeurs identitaires positives. Dans la m\u00eame perspective, l\u2019\u00c9tat gagnerait, selon <strong>Gabriel Nguijoi<\/strong>, \u00e0 conserver le lien national \u00e0 travers une gouvernance des identit\u00e9s, laquelle passerait par la consolidation d\u2019une conception communautariste, voire \u00ab\u00a0communaucratique\u00a0\u00bb du politique dans un contexte de brouillage historique et de nonchalance de l\u2019id\u00e9ologie nationaliste. C\u2019est pourquoi le d\u00e9senchantement de l\u2019identit\u00e9 r\u00e9publicaine au Cameroun, au regard de l\u2019id\u00e9al-type de la R\u00e9publique telle qu\u2019originellement d\u00e9finie, est constitutionnellement proclam\u00e9, symboliquement projet\u00e9 et politiquement entretenu si on en croit <strong>Bertrand Mahini<\/strong> et <strong>Sakinatou Daouada<\/strong>. Il a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 \u00e0 tous les acteurs et \u00e0 toutes les actrices de la vie publique nationale d\u2019\u0153uvrer pour une r\u00e9appropriation contemporaine de l\u2019esprit de la <em>res publica<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, l\u2019analyse de la Nation et de la R\u00e9publique dans un contexte de d\u00e9veloppement institutionnel inscrit le Cameroun dans un \u00e9lan de comp\u00e9titivit\u00e9 avec d\u2019autres pays africains qui ont grandement besoin s\u2019approprier de tous les avantages que procure la modernisation leur administration. Dans ce sens, <strong>Marcelle Lucette Mbang<\/strong>, <strong>Christine Nad\u00e8ge Ada<\/strong> et <strong>Carole Val\u00e9rie Nouazi Kemkeng<\/strong> proposent que l\u2019int\u00e9gration de la num\u00e9risation dans l\u2019administration puisse non seulement promouvoir le d\u00e9veloppement social, politique \u00e9conomique et humain,\u00a0mais aussi permettre de faire face aux nouvelles formes de menaces s\u00e9curitaires (pr\u00e9vention de la grande criminalit\u00e9 et lutte contre la corruption) et sociopolitiques (ma\u00eetrise du fichier \u00e9lectoral et de la citoyennet\u00e9 camerounaise). Ainsi, le syst\u00e8me d\u2019identification s\u00e9curitaire s\u2019impose comme une n\u00e9cessit\u00e9 de modernit\u00e9 et de fiabilit\u00e9 des titres identitaires dans le but de consolider la nation camerounaise.<\/p>\n<h2 class=\"no-indent hanging-indent\" style=\"text-align: left\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<div>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cornu, G\u00e9rard. 2011. <em>Vocabulaire juridique<\/em> (9e \u00e9d.). Paris: PUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kacowicz, Arie M. 2000. La mondialisation, nouveau d\u00e9fi pour l\u2019Etat-Nation. <em>Foi et d\u00e9veloppement<\/em>, 284.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.lebret-irfed.org\/spip.php?article631\">http:\/\/www.lebret-irfed.org\/spip.php?article631<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, de la planification et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. 2009. <em>Cameroun Vision 2035<\/em> (document de travail).<br \/>\n<a href=\"http:\/\/extwprlegs1.fao.org\/docs\/pdf\/cmr145894.pdf\">http:\/\/extwprlegs1.fao.org\/docs\/pdf\/cmr145894.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nouazi Kemkeng, Carole Val\u00e9rie. 2015. L\u2019id\u00e9ologie de l\u2019unit\u00e9 nationale et le r\u00e9visionnisme constitutionnel au Cameroun. <em>Droit et politique,<\/em> <em>Jurisdoctoria. Revue doctorale de droit<\/em>, <em>12<\/em>, 155-181.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9publique du Cameroun. 1996. <em>La Constitution du Cameroun <\/em>(issue de la loi N<sup>o<\/sup> 96\/06 du 18 janvier 1996 portant r\u00e9vision de la constitution du 2 juin 1972).<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Siro\u00ebn, Jean-Marc. 2006. L\u2019\u00c9tat-nation survivra-t-il \u00e0 la mondialisation?. Dans G\u00e9rard Ebabdjian et Pierre Berthaud, Pierre (dir.), <em>La question politique en \u00e9conomie internationale<\/em> (p. 297-312). Paris: La D\u00e9couverte.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/carole-valerie-nouazi-kemkeng\">Carole Val\u00e9rie NOUAZI KEMKENG<\/a><\/strong><br \/>Titulaire d\u2019un doctorat\/Ph.D en droit public, Carole Val\u00e9rie Nouazi Kemkeng est ma\u00eetre de recherche et chef de D\u00e9partement des \u00e9tudes politiques et juridiques au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun).<br \/>\nContact : nouazi.carole@gmail.com<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/abdou-njikam-njifotie\">Abdou NJIKAM NJIFOTIE<\/a><\/strong><br \/>Charg\u00e9 de recherche au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun), Abdou NJIKAM NJIFOTIE est sp\u00e9cialiste des cultures et institutions de gouvernance des collectivit\u00e9s et des espaces.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":11,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["carole-valerie-nouazi-kemkeng","abdou-njikam-njifotie"],"pb_section_license":"cc-by-sa"},"chapter-type":[],"contributor":[230,100],"license":[53],"class_list":["post-320","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","contributor-abdou-njikam-njifotie","contributor-carole-valerie-nouazi-kemkeng","license-cc-by-sa"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":40,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":742,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/320\/revisions\/742"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/320\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=320"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=320"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}