{"id":70,"date":"2019-10-01T17:33:56","date_gmt":"2019-10-01T11:33:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=70"},"modified":"2022-05-30T11:45:02","modified_gmt":"2022-05-30T09:45:02","slug":"jiotsa2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/jiotsa2019\/","title":{"rendered":"L\u2019int\u00e9gration nationale \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des replis identitaires au Cameroun"},"content":{"raw":"<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9gration nationale est un processus dont l\u2019aboutissement induit le sentiment commun d\u2019appartenance et de construction solidaire de la nation par l\u2019ensemble de ses populations. C\u2019est dans ce sens que Durkheim, dont la d\u00e9finition est reprise par Makasso (2014, en ligne)[footnote]Lire \u00e0 cet effet \"Les d\u00e9fis de l\u2019int\u00e9gration nationale\", in <em>ASSEJA<\/em>, \u00e9crit par Isabelle MAKASSO et publi\u00e9 le mercredi le 05 Mars 2014 13:58:52. Consulter le lien <a href=\"http:\/\/asseja.net\">http:\/\/asseja.net<\/a>.[\/footnote], pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00ab\u00a0processus par lequel l\u2019individu participe \u00e0 la vie sociale de sa nation\u00a0\u00bb. En effet, l\u2019int\u00e9gration nationale traduit la situation dans laquelle les individus participent de mani\u00e8re solidaire \u00e0 la construction durable de leur nation tout en s\u2019y sentant membres \u00e0 part enti\u00e8re. Au regard de la d\u00e9licatesse qui entoure un tel processus, il est \u00e9vident qu\u2019il s\u2019agit ainsi d\u2019une construction permanente, notamment dans le cas du Cameroun qui, en tant qu\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0tour de Babel\u00a0\u00bb, pr\u00e9sente <em>ipso facto<\/em> de nombreux facteurs pouvant plut\u00f4t constituer des \u00e9cueils \u00e0 cette int\u00e9gration. Au rang de ces nombreux facteurs figure en bonne place la diversit\u00e9 culturelle qui peut \u00eatre \u00e0 la fois un atout et une entrave \u00e0 ce processus. \u00c0 la v\u00e9rit\u00e9, la diversit\u00e9 culturelle au Cameroun motive parfois cette tendance \u00e0 se replier vers sa communaut\u00e9 d\u2019appartenance.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Selon <em>Dicos Encarta<\/em> (2009), le terme repli suppose l\u2019action de se replier. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ce terme est synonyme de regroupement, lequel renvoie au sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe ou \u00e0 une communaut\u00e9 humaine sp\u00e9cifique. Les replis identitaires \u00e9voquent alors l\u2019id\u00e9e de regroupement ou de rassemblement d\u2019individus sur la base des aspirations communes et des affinit\u00e9s partag\u00e9es d\u2019ordre religieux, linguistique, ethno-tribal, historique, etc. Sur le plan g\u00e9ographique ou territorial, les replis identitaires sont un mouvement autarcique dont l\u2019expression et la cadence varient d\u2019un espace \u00e0 un autre. Au Cameroun pr\u00e9colonial et m\u00eame colonial, ce ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s ancien fut marqu\u00e9 par une dynamique ethno-r\u00e9gionale sous fond de r\u00e9appropriation des valeurs identitaires dans le but d\u2019impulser le d\u00e9veloppement local. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 un musellement des forces ethno-r\u00e9gionales durant la p\u00e9riode du monolithisme politique. Ce musellement a pris fin \u00e0 l\u2019av\u00e8nement du multipartisme (d\u00e9but des ann\u00e9es 90). Tout compte fait, le d\u00e9ploiement des regroupements identitaires dans le Cameroun ind\u00e9pendant s\u2019est fait, et continue d\u2019ailleurs \u00e0 se faire, \u00e0 double vitesse. D\u2019o\u00f9 la probl\u00e9matique d\u2019une appropriation ind\u00e9licate du ph\u00e9nom\u00e8ne au regard de la perspective de l\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En effet, l\u2019on note de plus en plus une r\u00e9surgence incontr\u00f4l\u00e9e et\/ou trouble d\u2019une certaine mouvance identitaire s\u00e9paratiste. La pr\u00e9sente \u00e9tude entend alors s\u2019interroger sur la place des replis identitaires dans le processus de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun. Elle se fixe pour objectif d\u2019examiner les risques li\u00e9s \u00e0 une mauvaise appropriation des replis identitaires dans un contexte de consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Il sera pr\u00e9cis\u00e9ment question de retracer l\u2019historique de la dynamique identitaire, d\u2019analyser les forces et faiblesses du ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0et de proposer des solutions op\u00e9rantes contre le revers du ph\u00e9nom\u00e8ne et qui permettraient de consolider l\u2019int\u00e9gration nationale. La d\u00e9marche analytique \u2013 qui est \u00e0 la fois synchronique, diachronique et sociocritique \u2013 mettra en relief le caract\u00e8re ancien et versatile des replis identitaires.<\/p>\r\n\r\n<h2>Les replis identitaires au Cameroun: un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien et \u00ab\u00a0r\u00e9silient\u00a0\u00bb<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau au Cameroun, les replis identitaires remontent \u00e0 une \u00e9poque tr\u00e8s ancienne de l\u2019histoire. En effet, la premi\u00e8re organisation \u00e0 caract\u00e8re identitaire, voire ethno-r\u00e9gionale, vit le jour au d\u00e9but du VIIe si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ. Au fil du temps, d\u2019autres regroupements identitaires virent le jour au point o\u00f9 l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 un foisonnement de regroupements identitaires \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance. Toutefois, ces regroupements identitaires ont connu des trajectoires diff\u00e9rentes dues au fait qu\u2019ils n\u2019ont pas toujours eu les m\u00eames aspirations.<\/p>\r\n\r\n<h3>Le caract\u00e8re ancien de la dynamique ethno-r\u00e9gionale au Cameroun<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les replis identitaires sont un ph\u00e9nom\u00e8ne non seulement tr\u00e8s ancien, mais surtout r\u00e9silient au Cameroun du fait qu\u2019ils se fondent essentiellement sur l\u2019affirmation de l\u2019identit\u00e9 de soi. Ils ont pris naissance avec l\u2019av\u00e8nement du <em>Ngondo<\/em> qui est sans aucun doute le plus ancien des regroupements identitaires au Cameroun (Moum\u00e9 Etia, 1991, p.\u00a06). Son origine remonte probablement au d\u00e9but du VIIe si\u00e8cle au moment o\u00f9 les Duala venaient tout juste de s\u2019installer sur l\u2019estuaire du Wouri (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0127). Doumb\u00e9 Moulongo estime d\u2019ailleurs que le <em>Ngondo<\/em> est ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du premier missionnaire (Merrick en 1843). Depuis la p\u00e9riode allemande, le <em>Ngondo<\/em> (Mpak\u00e9 Nyeke et H. G. Mbeng Dang, 2016)[footnote]Plus tard, le Ngondo d\u00e9borda le cadre duala et devint l\u2019Assembl\u00e9e traditionnelle de tous les peuples c\u00f4tiers du Cameroun (Douala, Bassa, Bakoko, Batanga, Yabassi, etc.) regroup\u00e9s sous le nom g\u00e9n\u00e9rique de Peuple Sawa.[\/footnote] a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la r\u00e9gulation de la soci\u00e9t\u00e9 <em>duala<\/em> ainsi qu\u2019au niveau des \u00e9changes commerciaux avec les Europ\u00e9ens (Doumb\u00e8 Moulongo, 1971, p.\u00a015-16). Depuis sa naissance, le <em>Ngondo<\/em> a \u00e9t\u00e9 et reste le symbole de l\u2019unit\u00e9 des <em>Duala<\/em>, la concr\u00e9tisation d\u2019un front uni appel\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019honneur de ce peuple aussi bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur[footnote]ANY, 2AC 124 Assembl\u00e9e Traditionnelle du peuple Douala, le \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb, 1952, Statuts de l\u2019assembl\u00e9e \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb; ANY, 1AC 107, 1947.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Un autre regroupement identitaire dont les origines remontent \u00e0 plusieurs si\u00e8cles est le <em>Mpo\u2019o<\/em>. De nombreux auteur-e-s \u00e0 l\u2019instar de Mboke nous apprennent que les origines du <em>Mpo\u2019o<\/em> remontent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 700 ans (Mpak\u00e9 Nyeke et Mbeng Dang, 2016, p.\u00a093). Ce regroupement int\u00e8gre un ensemble de 14 clans descendants d\u2019un anc\u00eatre \u00e9ponyme commun appel\u00e9 Nnanga Mbang Ngue alias Mpo\u2019o Mingenda Milibet Ben (l\u2019eau de la chute qui ne remonte jamais \u00e0 sa source) et de ses collat\u00e9raux Njob Mbang, Nso\u2019o Mbang, Peke Mbang (<em>ibid<\/em>., p.\u00a095). Toutefois, c\u2019est v\u00e9ritablement en 1948 que commence la f\u00eate comm\u00e9morative du peuple <em>Mpo\u2019o<\/em>. Au cours de cette f\u00eate, l\u2019amicale est remplac\u00e9e par l\u2019assembl\u00e9e coutumi\u00e8re et traditionnelle des <em>Elog Mpo\u2019o.<\/em><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Ngondo<\/em> et le <em>Mpo\u2019o<\/em> \u00e9taient par essence des associations apolitiques dont la mission essentielle \u00e9tait la revalorisation et la revitalisation de l\u2019identit\u00e9 culturelle de leur peuple respectif. \u00c0 la veille de l\u2019Ind\u00e9pendance du Cameroun, de nombreux regroupements identitaires rythmaient la vie sociopolitique.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kumze<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en mars 1948 \u00e0 Dschang par le chef traditionnel de For\u00e9k\u00e9-Dschang, Mathias Djoumessi, avait pour objectif le rassemblement\u00a0 des Bamil\u00e9k\u00e9, la pr\u00e9servation de la coutume et la revalorisation des valeurs culturelles des peuples de l\u2019Ouest-Cameroun[footnote]ANY APA 1627, Kumze, Statuts, 1949.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019Union Bamoun (UNIBA): cette assembl\u00e9e traditionnelle du peuple <em>Bamoun<\/em>, connu de nos jours sous la d\u00e9nomination de <em>Ngouon<\/em> fut \u00e0 l\u2019origine cr\u00e9\u00e9e en juin 1948 \u00e0 Foumban par le sultan des <em>Bamoun<\/em>, El Hadj Njimoluh Seidou Njoya avec le soutien d\u2019Arouna Njoya[footnote]Arouna Njoya fut s\u00e9nateur et conseiller \u00e0 l\u2019ARCAM (Assembl\u00e9e Repr\u00e9sentative du Cameroun).[\/footnote]. L\u2019UNIBA avait ainsi pour but d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019union des Bamoun et \u00e0 la pr\u00e9servation de leur riche patrimoine culturel[footnote]ANY, 2AC, 107, Assembl\u00e9e Traditionnelle du Peuple Bamoun, 1948-1955.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019<em>Efulameyon<\/em> est cr\u00e9\u00e9 en d\u00e9cembre 1948 \u00e0 l\u2019initiative de Daniel Awong Ango. Ce regroupement fusionnait les associations claniques du peuple <em>ekang<\/em> (Fang-Beti-Boulou). Ses objectifs \u00e9taient d\u2019ailleurs d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019union des Fang-Beti-Bulu des r\u00e9gions administratives du Ntem et de Kribi, \u00e0 la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, \u00e0 la renaissance culturelle, morale et intellectuelle de leur soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement des relations \u00e9troites avec l\u2019administration de tutelle[footnote]ANY, 2AC, 3681, Union Tribale Ntem-Kribi (UTNK), Statuts, 1949.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Koup\u00e9<\/em>\u00a0est l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle des populations du Moungo. Il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1950 par Jean Kw\u00e9l\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kwasio<\/em>\u00a0est l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle des ressortissants de Kribi. Cr\u00e9\u00e9 en 1953 par Christophe Ngouah Nkoulet, il fusionnait trois groupes tribaux de la r\u00e9gion kribienne que sont les <em>Ngoumba,<\/em> les <em>Mab\u00e9a <\/em>et les <em>Pfiebouri <\/em>(Ombolo, 1989, p.\u00a025). Cette assembl\u00e9e avait pour but la connaissance de l\u2019histoire, la revalorisation des coutumes et le d\u00e9veloppement de l\u2019esprit de solidarit\u00e9 (Kpwang Kpwang, 2011, p. 126).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Marata<\/em> est cr\u00e9\u00e9 en 1953 par Charles Ren\u00e9 Guy Okala[footnote]Charles Ren\u00e9 Guy Okala fut le pr\u00e9sident-fondateur du Parti Socialiste Camerounais (PSC) et ancien s\u00e9nateur du Cameroun.[\/footnote]. Cette association avait pour but de rassembler tous les peuples bantous de la vaste r\u00e9gion administrative du Mbam pour cultiver en eux l\u2019esprit de solidarit\u00e9 et l\u2019envie de pr\u00e9server leurs coutumes.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019<em>Anagsama-Lessomolo\u00a0<\/em>est cr\u00e9\u00e9 en 1956 \u00e0 Obala. Cette assembl\u00e9e fusionnait les Eton, les Manguissa et\u00a0les Batchenga dans le but non seulement\u00a0 de cultiver l\u2019entente, l\u2019entraide, la solidarit\u00e9, mais aussi, et surtout, de revaloriser leur patrimoine culturel[footnote]ANY, APA, 243, R\u00e9gion du Nyong et Sanaga, Rapport de tourn\u00e9es, 1956-1957.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kolo-Beti<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 1956 \u00e0 Yaound\u00e9 par Philippe Mbarga Manga, est une association qui avait pour objectifs le resserrement des liens de parent\u00e9 entre les <em>Kolo-Beti<\/em>, la revalorisation des cultures et traditions beti et le d\u00e9veloppement de l\u2019esprit de solidarit\u00e9 entre ces diff\u00e9rents groupes tribaux[footnote]ANY, 3AC 366, Kolo-Beti, 1956.[\/footnote].<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette pr\u00e9sentation succincte que nous venons de faire de certains regroupements identitaires au Cameroun r\u00e9v\u00e8le clairement que le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas r\u00e9cent. Bien plus, la dynamique identitaire telle que retrac\u00e9e ci-haut r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement que ces regroupements, loin d\u2019\u00eatre le socle des divisions, ont plut\u00f4t marqu\u00e9 la sc\u00e8ne camerounaise d\u2019une fa\u00e7on ind\u00e9l\u00e9bile, \u00e0 travers notamment leurs actions de rassemblement des populations culturellement proches, de revalorisation culturelle, et m\u00eame de solidarit\u00e9 et de coh\u00e9sion r\u00e9gionales (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0127). Par cons\u00e9quent, il convient de dire que ces regroupements avaient des id\u00e9aux salutaires pour la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Toutefois, leur \u00e9volution s\u2019est faite en dents de scie.<\/p>\r\n\r\n<h3>Une \u00e9volution en dents de scie du ph\u00e9nom\u00e8ne des replis identitaires au Cameroun<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans leur d\u00e9ploiement, les replis identitaires ont \u00e9t\u00e9 aussi bien positivement que n\u00e9gativement rythm\u00e9s par des contingences sociopolitiques diverses. Ainsi, trois grands moments ont rythm\u00e9 cette \u00e9volution.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le premier moment concerne la longue p\u00e9riode de d\u00e9ploiement des regroupements identitaires au Cameroun. Cette p\u00e9riode va de l\u2019\u00e8re pr\u00e9coloniale (depuis la naissance du <em>Ngondo<\/em> au VIIe si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ) \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance (Mpak\u00e9 Nyeke et Mbeng Dang, 2016). Toutes ces organisations ont contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, socioculturel et politique du territoire camerounais \u00e0 l\u2019\u00e8re pr\u00e9coloniale. Par la suite, elles ont pes\u00e9 de tout leur poids dans le combat nationaliste qui a conduit finalement \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance et \u00e0 la r\u00e9unification du pays (<em>ibid.<\/em>, p.\u00a0123). Kpwang Kpwang souligne \u00e0 cet effet:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En 1957, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019autisme o\u00f9 chaque regroupement identitaire \u00e9voluait dans son fief, quatre d\u2019entre eux, en l\u2019occurrence le Kolo-Beti, le Ngondo, le Kwasio et l\u2019Efulameyon se retrouv\u00e8rent \u00e0 Yaound\u00e9 sur invitation de Philippe Mbarga Manga, notable ewondo et pr\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral du Kolo-Beti. Cette r\u00e9union aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Union des Associations Traditionnelles du Cameroun (UNATRACAM), une coordination dont l\u2019objectif \u00e9tait, entre autres, d\u2019amener les diff\u00e9rents regroupements identitaires qui animaient la sc\u00e8ne sociale au Cameroun fran\u00e7ais de \u00ab\u00a0parler d\u2019une seule voix pour tous les sujets concernant le Cameroun\u00a0\u00bb (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0125).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ce passage d\u2019Alima vient corroborer la lecture de Kpwang Kpwang:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">au moment o\u00f9 la question du d\u00e9bat sur le Cameroun a commenc\u00e9 \u00e0 se poser avec acuit\u00e9, les regroupements identitaires se sont arrang\u00e9s pour aller \u00e0 l\u2019ONU. Les collectes de fonds organis\u00e9es dans les unit\u00e9s administratives permirent \u00e0 certains d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents \u00e0 New-York. Parmi ces p\u00e9titionnaires, on retrouvait, entre autres, le chef Ernest Betot\u00e9 Akwa pour le Ngondo, Paul Biba bi Ngota pour l\u2019Efulameyon, tous deux aux c\u00f4t\u00e9s du camp du 1er ministre Ahmadou Barbatora Ahidjo, le prot\u00e9g\u00e9 de la France coloniale; Germain Tsala Mekongo pour l\u2019Anagsama-Lessomolo, Philippe Mbarga Manga pour le Kolo-Beti, aux c\u00f4t\u00e9s du camp nationaliste dont le chef de file \u00e9tait le leader de l\u2019Union des Populations de Cameroun (UPC), le Dr F\u00e9lix Roland Moumi\u00e9, partisan de l\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale, de l\u2019\u00e9laboration de la constitution et de l\u2019organisation des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales sous le contr\u00f4le de l\u2019ONU avant la lev\u00e9e de la Tutelle (Alima, cit\u00e9 par Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0128).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Fort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il appara\u00eet clairement que les replis identitaires au Cameroun avant l\u2019ind\u00e9pendance s\u2019inscrivaient dans une dynamique salutaire, laquelle visait essentiellement la construction de la Nation \u00e0 travers notamment la d\u00e9fense de l\u2019identit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le deuxi\u00e8me moment renvoie \u00e0 la p\u00e9riode du monolithisme politique, p\u00e9riode au cours de laquelle l\u2019on a assist\u00e9 au musellement des regroupements identitaires au Cameroun. En effet, apr\u00e8s son \u00e9lection \u00e0 la t\u00eate du pays, le 05 mai 1960, le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo s\u2019est lanc\u00e9 dans un mouvement d\u2019institutionnalisation de la pens\u00e9e unique afin d\u2019aboutir \u00e0 la constitution d\u2019un \u00ab\u00a0grand parti national unifi\u00e9\u00a0\u00bb (Gaillard, 1989, p.\u00a037), lequel devrait s\u2019op\u00e9rer \u00e0 travers l\u2019\u00e9branlement total du syst\u00e8me de pluralisme politique qui avait cours jusque-l\u00e0. C\u2019est ainsi que tous les caciques et autres thurif\u00e9raires du r\u00e9gime d\u2019Ahmadou Ahidjo \u00e0 l\u2019instar d\u2019Abraham Mv\u00e9 Ndongo, Inspecteur F\u00e9d\u00e9ral du Littoral, soutenait obstin\u00e9ment que \u00ab\u00a0la poursuite de l\u2019objectif d\u2019unit\u00e9 et de paix nous commande de d\u00e9tribaliser les manifestations de culture\u00a0\u00bb (Fogui, 1991, p. 246).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans la poursuite de leur objectif, les caciques du r\u00e9gime d\u2019Ahidjo ont arr\u00eat\u00e9 un ensemble de textes juridiques visant le musellement des regroupements identitaires dans tout le pays. On peut citer dans ce registre l\u2019ordonnance du 07 mai 1960[footnote]Cette ordonnance portait sur l\u2019organisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence. Selon son article 4, la circulation des personnes et des biens devrait d\u00e9sormais \u00eatre soumise \u00e0 des mesures restrictives et \u00e9ventuellement \u00e0 une autorisation administrative.[\/footnote], la loi no\u00a067\/LF\/19 du 12 juin 1968[footnote]L\u2019article 4 de cette loi stipulait pr\u00e9cis\u00e9ment que \u00ab\u00a0les associations pr\u00e9sentant un caract\u00e8re exclusivement tribal ou clanique, ainsi que celles qui sont fond\u00e9es sur une cause ou en vue d\u2019un objet illicite contraire aux lois et aux bonnes m\u0153urs [\u2026] sont nulles et de nul effet\u00a0\u00bb. Lire \u00e0 ce sujet Fogui (1991, p.\u00a0129).[\/footnote], etc. Le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo avait estim\u00e9, pour sa part, que la construction et la r\u00e9alisation de l\u2019unit\u00e9 nationale \u2013 et donc de l\u2019int\u00e9gration \u2013 supposent qu\u2019il n\u2019y a ni <em>Ewondo<\/em>, ni <em>Duala<\/em>, ni <em>Bamil\u00e9k\u00e9<\/em>, ni <em>Boulou<\/em>, ni <em>Foulb\u00e9<\/em>, ni <em>Bassa<\/em>, etc., mais partout et toujours des Camerounais (Ahidjo, 1964, p. 29).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Suite \u00e0 la stricte application de ces mesures juridiques, tous les regroupements identitaires furent interdits d\u2019existence durant toute la p\u00e9riode du monolithisme politique au Cameroun. C\u2019est le cas de l\u2019<em>Efulameyon<\/em> (interdit le 08 septembre 1962), l\u2019Assembl\u00e9e Coutumi\u00e8re et Traditionnelle des <em>Elog-Mpo\u2019o<\/em> (ACTEM) en 1979 ainsi que du <em>Ngouon<\/em> et de beaucoup d\u2019autres. M\u00eame le <em>Ngondo<\/em> qui avait jusque-l\u00e0 r\u00e9sist\u00e9 fut interdit en 1980 (Djemba, 1991, p. 5).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le troisi\u00e8me moment est celui du retour sur la sc\u00e8ne sociopolitique des forces ethno-tribales d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 90. En effet, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019hibernation marqu\u00e9e par le musellement, voire l\u2019interdiction administrative des regroupements identitaires pendant le r\u00e8gne du monolithisme politique, l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 la reprise d\u2019activit\u00e9s de ces derniers \u00e0 la faveur de la loi 90\/053 du 19 d\u00e9cembre 1990 portant sur la libert\u00e9 d\u2019association[footnote]Cf. la loi no 90-53 du 19 d\u00e9cembre 1990 portant sur la libert\u00e9 d\u2019association au Cameroun. Cette loi stipule, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, que les associations ob\u00e9issent \u00e0 deux r\u00e9gimes. Rel\u00e8vent du r\u00e9gime de l\u2019autorisation, les associations \u00e9trang\u00e8res et les associations religieuses. Toutes les autres formes d\u2019association sont soumises au r\u00e9gime de la d\u00e9claration. Toutefois, ces r\u00e9gimes ne s\u2019appliquent pas aux associations d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ou socioculturel. Les partis politiques et les syndicats \u00e9tant r\u00e9gis par des textes particuliers.[\/footnote]. Cette loi aura non seulement permis le retour de ces organisations \u00e0 caract\u00e8re identitaire sur la sc\u00e8ne, mais elle a \u00e9galement donn\u00e9 lieu \u00e0 la naissance de nombreux festivals dans plusieurs localit\u00e9s du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au total, les replis identitaires sont un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien qui a connu une \u00e9volution en dents de scie. Depuis le retour des forces identitaires en 1990, apr\u00e8s leur interdiction pendant le r\u00e8gne du monolithisme politique, leur perception a consid\u00e9rablement \u00e9t\u00e9 \u00e9volu\u00e9e. Des soutiens aux luttes ind\u00e9pendantistes, elles sont devenues, en raison de ce contexte sociopolitique, des espaces o\u00f9 les groupes s\u2019organisent pour faire face aux influences de l\u2019int\u00e9rieur. Dans un contexte marqu\u00e9 par la promotion et la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale, les replis identitaires doivent se d\u00e9partir de toute logique autarcique qui peut compromettre l\u2019esprit communautaire et le vivre-ensemble.<\/p>\r\n\r\n<h2>Analyse des risques li\u00e9s \u00e0 une appropriation ind\u00e9licate du ph\u00e9nom\u00e8ne des replis identitaires au regard de la perspective de l\u2019int\u00e9gration nationale<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 que constituent l\u2019esprit s\u00e9paratiste, la pauvret\u00e9, l\u2019\u00e9gocentrisme et bien d\u2019autres fl\u00e9aux sociopolitiques, les Camerounais gagneraient \u00e0 tirer le meilleur parti en se r\u00e9appropriant leur patrimoine culturel tout en contribuant \u00e0 leur d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social. Au vu de la mosa\u00efque de cultures qui singularise l\u2019identit\u00e9 camerounaise, il nous semble commode de pr\u00e9coniser un type de d\u00e9veloppement dont l\u2019authenticit\u00e9 repose sur les valeurs sp\u00e9cifiques du patrimoine de chaque aire culturelle. Cette r\u00e9appropriation du ph\u00e9nom\u00e8ne du repli identitaire ferait litt\u00e9ralement corps avec le sujet Cameroun qui reste fonci\u00e8rement \u00ab\u00a0une exception plurielle\u00a0\u00bb (Kengne Fodouop, 2010).<\/p>\r\n\r\n<h3>La consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale au travers de la lutte contre les tendances centrifuges<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le mod\u00e8le r\u00e9publicain d\u2019int\u00e9gration nationale postule que l\u2019ensemble des communaut\u00e9s humaines dans un pays aspire \u00e0 un vouloir-vivre-ensemble quelles que soient leurs origines culturelles, ethniques, tribales et autres. Dans ce sillage, les uns et les autres sont appel\u00e9s \u00e0 \u00e9prouver et manifester l\u2019envie de faire partie d\u2019une m\u00eame entit\u00e9: la nation (Renan, 1982). Ainsi, il est tout simplement question d\u2019une transcendance du lien social national sur les liens sociaux originels. D\u00e8s lors, l\u2019expression du repli identitaire \u2013 \u00e0 travers notamment la formation des regroupements et autres organisations identitaires tels que les festivals culturels \u2013, pour \u00eatre salutaire, doit se d\u00e9pouiller de toute tendance centrifuge.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_336\" align=\"aligncenter\" width=\"418\"]<img class=\"size-full wp-image-336\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires.jpg\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"391\" \/> La pr\u00e9\u00e9minence de la nation sur les regroupements ethno-identitaires.<br \/>Source: Synth\u00e8se de l\u2019auteur.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La figure ci-dessus est une traduction ad\u00e9quate et pratique de l\u2019esprit dans lequel doivent baigner les replis identitaires.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau politique, tout regroupement identitaire ne devrait se d\u00e9partir des notions de patrie, de patriotisme, de civisme, de sanctuarisation et de d\u00e9fense du territoire national et des institutions de la R\u00e9publique, de d\u00e9centralisation, de gouvernance locale, de droits et devoirs citoyens et des droits de l\u2019humain en g\u00e9n\u00e9ral. Sur un tout autre plan, toutes les initiatives entreprises ne devraient pas \u00eatre en rupture d\u2019avec l\u2019id\u00e9e et la promotion du vivre-ensemble. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les actions sur le plan politique des regroupements identitaires doivent s\u2019inscrire dans une double dimension institutionnelle et participative.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau socioculturel, l\u2019int\u00e9gration nationale met en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 de constituer un brassage authentique de tous les groupes humains en une nation \u00e0 partir des sp\u00e9cificit\u00e9s ethno-tribales. \u00c9tant donn\u00e9 que ces derni\u00e8res ne peuvent \u00eatre exalt\u00e9es et p\u00e9rennis\u00e9es que dans un cadre d\u2019expression des identit\u00e9s locales, il importe donc de souligner de ce point de vue que les regroupements identitaires doivent se mouvoir sous le prisme de la coh\u00e9sion sociale. Pour s\u2019op\u00e9rer de mani\u00e8re authentique, l\u2019int\u00e9gration socioculturelle doit s\u2019int\u00e9resser aux expressions de l\u2019appartenance et des relations d\u2019une communaut\u00e9 humaine avec d\u2019autres communaut\u00e9s d\u2019une part et avec la communaut\u00e9 nationale d\u2019autre part. La promotion des festivals culturels appara\u00eet alors comme \u00e9tant une v\u00e9ritable expression de l\u2019identit\u00e9 multiculturelle du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au plan \u00e9conomique, les replis identitaires sont une force \u00e0 capitaliser dans la mesure o\u00f9 ils visent \u00e0 assurer la pleine participation des populations locales \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique des diff\u00e9rents terroirs. C\u2019est ainsi qu\u2019il est souvent organis\u00e9 des comices agropastoraux lors de certains regroupements identitaires au cours desquels les populations locales exposent les produits de leur savoir-faire. Cette pr\u00e9servation du dynamisme des diff\u00e9rentes entit\u00e9s infranationales constitue une strat\u00e9gie salutaire pour un d\u00e9veloppement harmonieux et \u00e9quilibr\u00e9 de l\u2019ensemble national. On pourrait dans ce cas parler d\u2019une conciliation de l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif avec les int\u00e9r\u00eats respectifs de chaque localit\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Une appropriation durable du repli identitaire dans la perspective de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale passe n\u00e9cessairement par la lutte contre le primordialisme ou la communaut\u00e9 primaire. D\u2019o\u00f9 la remise en cause de la strat\u00e9gie des m\u00e9morandums et de la logique du \u00ab\u00a0mapartisme[footnote]Ce concept est du penseur et philosophe camerounais Hubert Mono Djana. Il l\u2019a forg\u00e9 dans la perspective de s\u2019indigner contre toute logique \u00e9gocentrique qui consiste, pour certaines communaut\u00e9s, \u00e0 revendiquer \u00e0 tort et \u00e0 travers \u00ab\u00a0leur part du g\u00e2teau national\u00a0\u00bb.[\/footnote]\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n<h3 class=\"indent no-indent\" style=\"text-align: justify\">La capitalisation des forces et prouesses de la dynamique identitaire en vue de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9sentons \u00e0 ce niveau les conditions dans lesquelles l\u2019identit\u00e9 nationale peut \u00eatre moul\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale. De ce point de vue, il convient de souligner d\u2019embl\u00e9e que les regroupements identitaires se posent comme \u00e9tant des instruments parfaits de rassemblement des groupes humains \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale ou locale. \u00c0 ce titre, le vaste chantier d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9 et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration nationale devrait davantage se r\u00e9aliser par l\u2019entremise de ce cadre.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre le socle des divisions de toute sorte, les replis identitaires constituent une force pour l\u2019int\u00e9gration socioculturelle dans la mesure o\u00f9 ils favorisent le brassage culturel au niveau des diff\u00e9rentes localit\u00e9s concern\u00e9es, tout en contribuant \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de la vie sociale. La consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale doit \u00eatre \u00e0 m\u00eame d\u2019assurer le vivre-ensemble et de permettre la prise en compte de la diversit\u00e9 des valeurs traditionnelles et culturelles nationales. Si nous prenons l\u2019exemple des festivals culturels, il est remarquable de relever que leurs diff\u00e9rentes expressions visent non seulement \u00e0 promouvoir une cohabitation sociale harmonieuse, mais aussi et surtout \u00e0 d\u00e9velopper les valeurs culturelles et traditionnelles locales, r\u00e9gionales et nationales, tout en contribuant au d\u00e9veloppement \u00e9conomique local et national.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 certaines menaces grandissantes que constituent de nos jours l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et le terrorisme, les regroupements identitaires pourraient \u00eatre un cadre de concertation en vue d\u2019une coordination efficiente des moyens de lutte au niveau local. Le syst\u00e8me d\u2019autod\u00e9fense des populations expos\u00e9es \u00e0 ces menaces peut \u00e9galement tirer son fondement et son efficacit\u00e9 de cette logique. Les regroupements identitaires peuvent ainsi se constituer en organisations s\u00e9curitaires devant coop\u00e9rer avec les forces de maintien de l\u2019ordre pour la pr\u00e9servation de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les politiques se sont souvent servis de certains regroupements identitaires pour atteindre leurs objectifs \u00e9go\u00efstes. En effet, en tant que cadre id\u00e9al de mobilisation des masses, l\u2019adh\u00e9sion de certains individus \u00e0 ces organisations est parfois un simple moyen de vendre leur image politique et d\u2019acheter moralement la conscience d\u2019\u00e9ventuels \u00e9lecteurs\/\u00e9lectrices na\u00effs\/na\u00efves et inconscient-e-s. Cette strat\u00e9gie subtile se justifie par la nature apolitique de tout regroupement identitaire.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au sein de certaines organisations identitaires, les festivals culturels par exemple, il existe certaines initiatives louables de cr\u00e9ation de richesse afin de lutter contre la pauvret\u00e9 et le ch\u00f4mage des populations. C\u2019est ainsi que de nombreuses activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus sont cr\u00e9\u00e9es pour le grand bonheur de leurs membres. Dans cette dynamique, plusieurs Groupements d\u2019Initiatives Communes (GIC) ainsi que des coop\u00e9ratives agricoles ont vu le jour. Ces GIC et coop\u00e9ratives sont souvent b\u00e9n\u00e9ficiaires de multiples subventions et\/ou dons offerts aussi bien par l\u2019\u00c9tat que par certaines \u00e9lites locales ou certain-e-s donateurs\/donatrices priv\u00e9-e-s.<\/p>\r\n\r\n<h2>Conclusion<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La participation des individus \u00e0 toute entreprise d\u00e9veloppementale engag\u00e9e par les regroupements identitaires respectifs concourt de fort belle mani\u00e8re \u00e0 la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Depuis l\u2019av\u00e8nement des premiers regroupements au Cameroun, il y a plusieurs si\u00e8cles, les pr\u00e9occupations d\u00e9veloppementales ont toujours \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des actions entreprises en vue de l\u2019\u00e9dification solide et durable de la nation. La difficile avanc\u00e9e de la notion d\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun est principalement due \u00e0 un certain nombre de facteurs tels que le tribalisme, le primordialisme ou la communaut\u00e9 primaire, l\u2019esprit s\u00e9paratiste, les tendances centrifuges, l\u2019exclusion ou la marginalisation, les conflits entre autochtones et allog\u00e8nes, etc. Face \u00e0 tous ces obstacles qui peuvent parfois d\u00e9couler d\u2019une mauvaise appropriation du repli identitaire, nous en sommes arriv\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser que l\u2019int\u00e9gration nationale est un construit social qui ne peut s\u2019accomplir qu\u2019\u00e0 travers l\u2019int\u00e9gration de toutes les forces culturelles dans une logique de coh\u00e9sion nationale. Il est donc question de promouvoir un bilinguisme int\u00e9gral, le multiculturalisme et le vivre-ensemble, l\u2019int\u00e9gration des particularit\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019essence identitaire de la nation camerounaise, la pr\u00e9servation de la diversit\u00e9 dans l\u2019unit\u00e9, la r\u00e9alisation de l\u2019union sacr\u00e9e entre l\u2019identit\u00e9 nationale et l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale en vue de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au rang des \u00e9l\u00e9ments qui constituent le patrimoine identitaire de l\u2019humanit\u00e9 figurent en bonne place les langues, les arts et les civilisations. Une appropriation intelligente de ces \u00e9l\u00e9ments influe sur la qualit\u00e9 de la vie des soci\u00e9t\u00e9s humaines, car ils sont \u00e0 m\u00eame de produire des richesses qualitatives dont ont besoin les populations. Ces \u00e9l\u00e9ments importants du patrimoine identitaire de l\u2019humanit\u00e9 sont des v\u00e9ritables r\u00e9ceptacles au travers desquels transparaissent les <em>prouesses civilisationnelles<\/em> qui f\u00e9condent et portent l\u2019humanit\u00e9. Au Cameroun, leur inventaire syst\u00e9matique au sein des regroupements identitaires permettrait de les valoriser, de les s\u00e9curiser pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir et surtout de les exploiter \u00e0 des fins \u00e9conomiques de toutes sortes. Ainsi, un peuple r\u00e9solument tourn\u00e9 vers l\u2019avenir se doit de se r\u00e9approprier durablement l\u2019ensemble des ingr\u00e9dients de son patrimoine identitaire commun. Le d\u00e9veloppement et l\u2019int\u00e9gration auxquels aspirent les peuples africains en g\u00e9n\u00e9ral et camerounais en particulier ne sauraient se r\u00e9aliser dans le cadre d\u2019une <em>tabula rasa<\/em> de leurs diverses valeurs identitaires.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ahidjo, Ahmadou. 1964.\u00a0<em>Contribution \u00e0 la construction nationale<\/em>. Paris: Pr\u00e9sence Africaine.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alima, Jos Blaise. 1977. <em>Les chemins de l\u2019unit\u00e9. Comment se forge une nation? L\u2019exp\u00e9rience camerounaise<\/em>. Paris: ABC.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 1AC 107. 1947. <em>Statuts du Ngondo<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC 124. 1952. <em>Assembl\u00e9e Traditionnelle du peuple Douala, le \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb<\/em>. Statuts de l\u2019assembl\u00e9e \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC, 107. (1948-1955). <em>Assembl\u00e9e Traditionnelle du Peuple Bamoun<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC, 3681. 1949. <em>Union Tribale Ntem-Kribi (UTNK)<\/em>. Statuts.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 3AC 366. 1956. <em>Kolo-Beti<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, Affaires Politiques et Adaministratives. 1627. <em>Kumze<\/em>. Statuts. 1949.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, APA, 243. 1956-1957. <em>R\u00e9gion du Nyong et Sanaga<\/em> (rapport de tourn\u00e9es).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Dicos Encarta<\/em>, \u00e9dition 2009, Microsoft Corporation.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djemba, Manu. 1991. Le Ngondo 1991: la tradition \u00e0 peau dure. <em>Ngondo Info<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, p.\u00a05.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Doumb\u00e8 Moulongo, Maurice. 1971. <em>Le Ngondo, assembl\u00e9e traditionnelle du peuple duala<\/em>. Yaound\u00e9: CEPMAE.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fogui, Jean-Pierre. 1991. <em>L\u2019int\u00e9gration politique au Cameroun. Une analyse centre-p\u00e9riph\u00e9rie.<\/em> Paris: Librairie G\u00e9n\u00e9rale de Droit et de Jurisprudence.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gaillard, Philippe. 1989. <em>Le Cameroun<\/em> (tome 2). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kengne Fodouop. 2010. <em>Cameroun: autopsie d\u2019une exception plurielle<\/em>. Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kpwang Kpwang, Robert. 2011. Les Autorit\u00e9s camerounaises et la gestion des regroupements identitaires: probl\u00e9matique de fronti\u00e8re entre l\u2019Homme-tribal et l\u2019Homme-nation au Cameroun apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance et la r\u00e9unification (1960-2005). Dans <em>Boundaries and History in Africa: issues in conventional boundaries and ideological frontiers (Festschrift in honour of Verkijika G. Fanso)<\/em> (p.\u00a0122-136). Yaound\u00e9: The University of Yaounde I.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Makasso, Isabelle. 2014. Les d\u00e9fis de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun. <em>ASSEJA, <\/em><a href=\"http:\/\/asseja.net\/?pg=actu&amp;ppg=4\"><em>Jeun\u2019Action D\u00e9veloppement<\/em><\/a>, publi\u00e9 le mercredi le 05 mars 2014.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moum\u00e9 Etia, L\u00e9opold. 1991. <em>Cameroun: les ann\u00e9es ardentes. Aux origines de la vie syndicale et politique<\/em>. Paris: JAPRESS.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mpak\u00e9 Nyeke, Paul et Mbeng Dang, Hanse Gilbert. 2016. Les associations traditionnelles au Cameroun: r\u00f4le et enjeux. Le cas du Ngondo et du Mpo\u2019o. Dans <em>Pour une Afrique \u00e9mergente: une culture tourn\u00e9e vers l\u2019avenir<\/em> (p.\u00a091-118)<em>. <\/em>Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ombolo, Jean-Pierre. 1989. <em>Essai sur l\u2019histoire, les clans et les regroupements classiques des Eton du Cameroun; une \u00e9tude de la structure clanique des Eton accompagn\u00e9e d\u2019une pr\u00e9sentation anthropologique g\u00e9n\u00e9rale du cadre ethnico-culturel: la soci\u00e9t\u00e9 globale fang-beti-boulou (groupe dit pahouin)<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Renan, Ernest. 1882. <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation?<\/em>. Conf\u00e9rence \u00e0 la Sorbonne, 11 mars.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur la base des outils m\u00e9thodologiques emprunt\u00e9s au champ de la sociohistoire, il est question, dans cette \u00e9tude, de faire le point sur les avatars qui r\u00e9sultent du repli identitaire afin de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation intelligente du projet de construction de la conscience ou de l\u2019identit\u00e9 nationale au Cameroun postcolonial. Pour y parvenir, il a \u00e9t\u00e9 question de proc\u00e9der \u00e0 un recadrage historique des regroupements identitaires afin de d\u00e9gager les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9finitoires de l\u2019identit\u00e9 nationale au Cameroun. Ce recadrage vise \u00e0 souligner que la notion d\u2019int\u00e9gration nationale n\u2019est nullement empreinte des repr\u00e9sentations sociales li\u00e9es au ph\u00e9nom\u00e8ne de repli identitaire. Bien plus, il s\u2019agira d\u2019analyser, dans une perspective historique, les conditions dans lesquelles l\u2019on peut mouler l\u2019identit\u00e9 nationale \u00e0 partir de l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale. La double d\u00e9marche structuro-analytique et sociocritique, combin\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tude synchronique des faits, permet de d\u00e9montrer \u00e0 suffisance que les \u00e9l\u00e9ments authentiques de l\u2019\u00e2me camerounaise ne se per\u00e7oivent en l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale que dans le cadre de la prise en compte de la somme des valeurs identitaires positivistes.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/cameroun\/\">Cameroun<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/identite-ethno-tribale\/\">identit\u00e9 ethno-tribale<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/identite-nationale\/\">Identit\u00e9 nationale<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/integration-nationale\/\">int\u00e9gration nationale<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/repli-identitaire\/\">repli identitaire<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On the basis of methodological tools borrowed from the field of the socio-history, it is question, in this study, to take stock of the misadventures resulting from the phenomenon of the identity blocks in order to contribute to the intelligent realization of the colonial construction project of the conscience or the national identity in Cameroon. For that purpose, there was some discussion about carrying out a historical realignment of the identity regrouping in order to dissect the elements of national identity in Cameroon. The realignment that is in question here aims to stress that the concept of national integration has by no means impressed social representations related to the phenomenon of identity blocks. Much more, it will be a question of analyzing, from the historical point of view, the conditions under which one can mould the national identity from the ethno-tribal identity. The double structural-analytical and socio-critic approach, combined with the synchrony of the facts, makes it possible to show with sufficiency that the authentic elements of the Cameroonian soul are not perceived in the ethno-tribal identity, but within a framework that takes into account the sum of the positivist identity values.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/cameroon\/\">Cameroon<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/ethno-tribal-identity\/\">ethno tribal identity<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/identity-fold\/\">identity fold<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/national-identity\/\">national identity<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/national-integration\/\">national integration<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>26 novembre 2017<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>4 septembre 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>1 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9gration nationale est un processus dont l\u2019aboutissement induit le sentiment commun d\u2019appartenance et de construction solidaire de la nation par l\u2019ensemble de ses populations. C\u2019est dans ce sens que Durkheim, dont la d\u00e9finition est reprise par Makasso (2014, en ligne)<a class=\"footnote\" title=\"Lire \u00e0 cet effet &quot;Les d\u00e9fis de l\u2019int\u00e9gration nationale&quot;, in ASSEJA, \u00e9crit par Isabelle MAKASSO et publi\u00e9 le mercredi le 05 Mars 2014 13:58:52. Consulter le lien http:\/\/asseja.net.\" id=\"return-footnote-70-1\" href=\"#footnote-70-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00ab\u00a0processus par lequel l\u2019individu participe \u00e0 la vie sociale de sa nation\u00a0\u00bb. En effet, l\u2019int\u00e9gration nationale traduit la situation dans laquelle les individus participent de mani\u00e8re solidaire \u00e0 la construction durable de leur nation tout en s\u2019y sentant membres \u00e0 part enti\u00e8re. Au regard de la d\u00e9licatesse qui entoure un tel processus, il est \u00e9vident qu\u2019il s\u2019agit ainsi d\u2019une construction permanente, notamment dans le cas du Cameroun qui, en tant qu\u2019une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0tour de Babel\u00a0\u00bb, pr\u00e9sente <em>ipso facto<\/em> de nombreux facteurs pouvant plut\u00f4t constituer des \u00e9cueils \u00e0 cette int\u00e9gration. Au rang de ces nombreux facteurs figure en bonne place la diversit\u00e9 culturelle qui peut \u00eatre \u00e0 la fois un atout et une entrave \u00e0 ce processus. \u00c0 la v\u00e9rit\u00e9, la diversit\u00e9 culturelle au Cameroun motive parfois cette tendance \u00e0 se replier vers sa communaut\u00e9 d\u2019appartenance.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Selon <em>Dicos Encarta<\/em> (2009), le terme repli suppose l\u2019action de se replier. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ce terme est synonyme de regroupement, lequel renvoie au sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe ou \u00e0 une communaut\u00e9 humaine sp\u00e9cifique. Les replis identitaires \u00e9voquent alors l\u2019id\u00e9e de regroupement ou de rassemblement d\u2019individus sur la base des aspirations communes et des affinit\u00e9s partag\u00e9es d\u2019ordre religieux, linguistique, ethno-tribal, historique, etc. Sur le plan g\u00e9ographique ou territorial, les replis identitaires sont un mouvement autarcique dont l\u2019expression et la cadence varient d\u2019un espace \u00e0 un autre. Au Cameroun pr\u00e9colonial et m\u00eame colonial, ce ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s ancien fut marqu\u00e9 par une dynamique ethno-r\u00e9gionale sous fond de r\u00e9appropriation des valeurs identitaires dans le but d\u2019impulser le d\u00e9veloppement local. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 un musellement des forces ethno-r\u00e9gionales durant la p\u00e9riode du monolithisme politique. Ce musellement a pris fin \u00e0 l\u2019av\u00e8nement du multipartisme (d\u00e9but des ann\u00e9es 90). Tout compte fait, le d\u00e9ploiement des regroupements identitaires dans le Cameroun ind\u00e9pendant s\u2019est fait, et continue d\u2019ailleurs \u00e0 se faire, \u00e0 double vitesse. D\u2019o\u00f9 la probl\u00e9matique d\u2019une appropriation ind\u00e9licate du ph\u00e9nom\u00e8ne au regard de la perspective de l\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En effet, l\u2019on note de plus en plus une r\u00e9surgence incontr\u00f4l\u00e9e et\/ou trouble d\u2019une certaine mouvance identitaire s\u00e9paratiste. La pr\u00e9sente \u00e9tude entend alors s\u2019interroger sur la place des replis identitaires dans le processus de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun. Elle se fixe pour objectif d\u2019examiner les risques li\u00e9s \u00e0 une mauvaise appropriation des replis identitaires dans un contexte de consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Il sera pr\u00e9cis\u00e9ment question de retracer l\u2019historique de la dynamique identitaire, d\u2019analyser les forces et faiblesses du ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0et de proposer des solutions op\u00e9rantes contre le revers du ph\u00e9nom\u00e8ne et qui permettraient de consolider l\u2019int\u00e9gration nationale. La d\u00e9marche analytique \u2013 qui est \u00e0 la fois synchronique, diachronique et sociocritique \u2013 mettra en relief le caract\u00e8re ancien et versatile des replis identitaires.<\/p>\n<h2>Les replis identitaires au Cameroun: un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien et \u00ab\u00a0r\u00e9silient\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau au Cameroun, les replis identitaires remontent \u00e0 une \u00e9poque tr\u00e8s ancienne de l\u2019histoire. En effet, la premi\u00e8re organisation \u00e0 caract\u00e8re identitaire, voire ethno-r\u00e9gionale, vit le jour au d\u00e9but du VIIe si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ. Au fil du temps, d\u2019autres regroupements identitaires virent le jour au point o\u00f9 l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 un foisonnement de regroupements identitaires \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance. Toutefois, ces regroupements identitaires ont connu des trajectoires diff\u00e9rentes dues au fait qu\u2019ils n\u2019ont pas toujours eu les m\u00eames aspirations.<\/p>\n<h3>Le caract\u00e8re ancien de la dynamique ethno-r\u00e9gionale au Cameroun<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les replis identitaires sont un ph\u00e9nom\u00e8ne non seulement tr\u00e8s ancien, mais surtout r\u00e9silient au Cameroun du fait qu\u2019ils se fondent essentiellement sur l\u2019affirmation de l\u2019identit\u00e9 de soi. Ils ont pris naissance avec l\u2019av\u00e8nement du <em>Ngondo<\/em> qui est sans aucun doute le plus ancien des regroupements identitaires au Cameroun (Moum\u00e9 Etia, 1991, p.\u00a06). Son origine remonte probablement au d\u00e9but du VIIe si\u00e8cle au moment o\u00f9 les Duala venaient tout juste de s\u2019installer sur l\u2019estuaire du Wouri (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0127). Doumb\u00e9 Moulongo estime d\u2019ailleurs que le <em>Ngondo<\/em> est ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e du premier missionnaire (Merrick en 1843). Depuis la p\u00e9riode allemande, le <em>Ngondo<\/em> (Mpak\u00e9 Nyeke et H. G. Mbeng Dang, 2016)<a class=\"footnote\" title=\"Plus tard, le Ngondo d\u00e9borda le cadre duala et devint l\u2019Assembl\u00e9e traditionnelle de tous les peuples c\u00f4tiers du Cameroun (Douala, Bassa, Bakoko, Batanga, Yabassi, etc.) regroup\u00e9s sous le nom g\u00e9n\u00e9rique de Peuple Sawa.\" id=\"return-footnote-70-2\" href=\"#footnote-70-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la r\u00e9gulation de la soci\u00e9t\u00e9 <em>duala<\/em> ainsi qu\u2019au niveau des \u00e9changes commerciaux avec les Europ\u00e9ens (Doumb\u00e8 Moulongo, 1971, p.\u00a015-16). Depuis sa naissance, le <em>Ngondo<\/em> a \u00e9t\u00e9 et reste le symbole de l\u2019unit\u00e9 des <em>Duala<\/em>, la concr\u00e9tisation d\u2019un front uni appel\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019honneur de ce peuple aussi bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur<a class=\"footnote\" title=\"ANY, 2AC 124 Assembl\u00e9e Traditionnelle du peuple Douala, le \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb, 1952, Statuts de l\u2019assembl\u00e9e \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb; ANY, 1AC 107, 1947.\" id=\"return-footnote-70-3\" href=\"#footnote-70-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Un autre regroupement identitaire dont les origines remontent \u00e0 plusieurs si\u00e8cles est le <em>Mpo\u2019o<\/em>. De nombreux auteur-e-s \u00e0 l\u2019instar de Mboke nous apprennent que les origines du <em>Mpo\u2019o<\/em> remontent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 700 ans (Mpak\u00e9 Nyeke et Mbeng Dang, 2016, p.\u00a093). Ce regroupement int\u00e8gre un ensemble de 14 clans descendants d\u2019un anc\u00eatre \u00e9ponyme commun appel\u00e9 Nnanga Mbang Ngue alias Mpo\u2019o Mingenda Milibet Ben (l\u2019eau de la chute qui ne remonte jamais \u00e0 sa source) et de ses collat\u00e9raux Njob Mbang, Nso\u2019o Mbang, Peke Mbang (<em>ibid<\/em>., p.\u00a095). Toutefois, c\u2019est v\u00e9ritablement en 1948 que commence la f\u00eate comm\u00e9morative du peuple <em>Mpo\u2019o<\/em>. Au cours de cette f\u00eate, l\u2019amicale est remplac\u00e9e par l\u2019assembl\u00e9e coutumi\u00e8re et traditionnelle des <em>Elog Mpo\u2019o.<\/em><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Ngondo<\/em> et le <em>Mpo\u2019o<\/em> \u00e9taient par essence des associations apolitiques dont la mission essentielle \u00e9tait la revalorisation et la revitalisation de l\u2019identit\u00e9 culturelle de leur peuple respectif. \u00c0 la veille de l\u2019Ind\u00e9pendance du Cameroun, de nombreux regroupements identitaires rythmaient la vie sociopolitique.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kumze<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en mars 1948 \u00e0 Dschang par le chef traditionnel de For\u00e9k\u00e9-Dschang, Mathias Djoumessi, avait pour objectif le rassemblement\u00a0 des Bamil\u00e9k\u00e9, la pr\u00e9servation de la coutume et la revalorisation des valeurs culturelles des peuples de l\u2019Ouest-Cameroun<a class=\"footnote\" title=\"ANY APA 1627, Kumze, Statuts, 1949.\" id=\"return-footnote-70-4\" href=\"#footnote-70-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019Union Bamoun (UNIBA): cette assembl\u00e9e traditionnelle du peuple <em>Bamoun<\/em>, connu de nos jours sous la d\u00e9nomination de <em>Ngouon<\/em> fut \u00e0 l\u2019origine cr\u00e9\u00e9e en juin 1948 \u00e0 Foumban par le sultan des <em>Bamoun<\/em>, El Hadj Njimoluh Seidou Njoya avec le soutien d\u2019Arouna Njoya<a class=\"footnote\" title=\"Arouna Njoya fut s\u00e9nateur et conseiller \u00e0 l\u2019ARCAM (Assembl\u00e9e Repr\u00e9sentative du Cameroun).\" id=\"return-footnote-70-5\" href=\"#footnote-70-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. L\u2019UNIBA avait ainsi pour but d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019union des Bamoun et \u00e0 la pr\u00e9servation de leur riche patrimoine culturel<a class=\"footnote\" title=\"ANY, 2AC, 107, Assembl\u00e9e Traditionnelle du Peuple Bamoun, 1948-1955.\" id=\"return-footnote-70-6\" href=\"#footnote-70-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019<em>Efulameyon<\/em> est cr\u00e9\u00e9 en d\u00e9cembre 1948 \u00e0 l\u2019initiative de Daniel Awong Ango. Ce regroupement fusionnait les associations claniques du peuple <em>ekang<\/em> (Fang-Beti-Boulou). Ses objectifs \u00e9taient d\u2019ailleurs d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019union des Fang-Beti-Bulu des r\u00e9gions administratives du Ntem et de Kribi, \u00e0 la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, \u00e0 la renaissance culturelle, morale et intellectuelle de leur soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement des relations \u00e9troites avec l\u2019administration de tutelle<a class=\"footnote\" title=\"ANY, 2AC, 3681, Union Tribale Ntem-Kribi (UTNK), Statuts, 1949.\" id=\"return-footnote-70-7\" href=\"#footnote-70-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Koup\u00e9<\/em>\u00a0est l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle des populations du Moungo. Il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1950 par Jean Kw\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kwasio<\/em>\u00a0est l\u2019assembl\u00e9e traditionnelle des ressortissants de Kribi. Cr\u00e9\u00e9 en 1953 par Christophe Ngouah Nkoulet, il fusionnait trois groupes tribaux de la r\u00e9gion kribienne que sont les <em>Ngoumba,<\/em> les <em>Mab\u00e9a <\/em>et les <em>Pfiebouri <\/em>(Ombolo, 1989, p.\u00a025). Cette assembl\u00e9e avait pour but la connaissance de l\u2019histoire, la revalorisation des coutumes et le d\u00e9veloppement de l\u2019esprit de solidarit\u00e9 (Kpwang Kpwang, 2011, p. 126).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Marata<\/em> est cr\u00e9\u00e9 en 1953 par Charles Ren\u00e9 Guy Okala<a class=\"footnote\" title=\"Charles Ren\u00e9 Guy Okala fut le pr\u00e9sident-fondateur du Parti Socialiste Camerounais (PSC) et ancien s\u00e9nateur du Cameroun.\" id=\"return-footnote-70-8\" href=\"#footnote-70-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a>. Cette association avait pour but de rassembler tous les peuples bantous de la vaste r\u00e9gion administrative du Mbam pour cultiver en eux l\u2019esprit de solidarit\u00e9 et l\u2019envie de pr\u00e9server leurs coutumes.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019<em>Anagsama-Lessomolo\u00a0<\/em>est cr\u00e9\u00e9 en 1956 \u00e0 Obala. Cette assembl\u00e9e fusionnait les Eton, les Manguissa et\u00a0les Batchenga dans le but non seulement\u00a0 de cultiver l\u2019entente, l\u2019entraide, la solidarit\u00e9, mais aussi, et surtout, de revaloriser leur patrimoine culturel<a class=\"footnote\" title=\"ANY, APA, 243, R\u00e9gion du Nyong et Sanaga, Rapport de tourn\u00e9es, 1956-1957.\" id=\"return-footnote-70-9\" href=\"#footnote-70-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le <em>Kolo-Beti<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 1956 \u00e0 Yaound\u00e9 par Philippe Mbarga Manga, est une association qui avait pour objectifs le resserrement des liens de parent\u00e9 entre les <em>Kolo-Beti<\/em>, la revalorisation des cultures et traditions beti et le d\u00e9veloppement de l\u2019esprit de solidarit\u00e9 entre ces diff\u00e9rents groupes tribaux<a class=\"footnote\" title=\"ANY, 3AC 366, Kolo-Beti, 1956.\" id=\"return-footnote-70-10\" href=\"#footnote-70-10\" aria-label=\"Footnote 10\"><sup class=\"footnote\">[10]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette pr\u00e9sentation succincte que nous venons de faire de certains regroupements identitaires au Cameroun r\u00e9v\u00e8le clairement que le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas r\u00e9cent. Bien plus, la dynamique identitaire telle que retrac\u00e9e ci-haut r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement que ces regroupements, loin d\u2019\u00eatre le socle des divisions, ont plut\u00f4t marqu\u00e9 la sc\u00e8ne camerounaise d\u2019une fa\u00e7on ind\u00e9l\u00e9bile, \u00e0 travers notamment leurs actions de rassemblement des populations culturellement proches, de revalorisation culturelle, et m\u00eame de solidarit\u00e9 et de coh\u00e9sion r\u00e9gionales (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0127). Par cons\u00e9quent, il convient de dire que ces regroupements avaient des id\u00e9aux salutaires pour la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Toutefois, leur \u00e9volution s\u2019est faite en dents de scie.<\/p>\n<h3>Une \u00e9volution en dents de scie du ph\u00e9nom\u00e8ne des replis identitaires au Cameroun<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans leur d\u00e9ploiement, les replis identitaires ont \u00e9t\u00e9 aussi bien positivement que n\u00e9gativement rythm\u00e9s par des contingences sociopolitiques diverses. Ainsi, trois grands moments ont rythm\u00e9 cette \u00e9volution.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le premier moment concerne la longue p\u00e9riode de d\u00e9ploiement des regroupements identitaires au Cameroun. Cette p\u00e9riode va de l\u2019\u00e8re pr\u00e9coloniale (depuis la naissance du <em>Ngondo<\/em> au VIIe si\u00e8cle apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ) \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance (Mpak\u00e9 Nyeke et Mbeng Dang, 2016). Toutes ces organisations ont contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, socioculturel et politique du territoire camerounais \u00e0 l\u2019\u00e8re pr\u00e9coloniale. Par la suite, elles ont pes\u00e9 de tout leur poids dans le combat nationaliste qui a conduit finalement \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance et \u00e0 la r\u00e9unification du pays (<em>ibid.<\/em>, p.\u00a0123). Kpwang Kpwang souligne \u00e0 cet effet:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En 1957, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019autisme o\u00f9 chaque regroupement identitaire \u00e9voluait dans son fief, quatre d\u2019entre eux, en l\u2019occurrence le Kolo-Beti, le Ngondo, le Kwasio et l\u2019Efulameyon se retrouv\u00e8rent \u00e0 Yaound\u00e9 sur invitation de Philippe Mbarga Manga, notable ewondo et pr\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral du Kolo-Beti. Cette r\u00e9union aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Union des Associations Traditionnelles du Cameroun (UNATRACAM), une coordination dont l\u2019objectif \u00e9tait, entre autres, d\u2019amener les diff\u00e9rents regroupements identitaires qui animaient la sc\u00e8ne sociale au Cameroun fran\u00e7ais de \u00ab\u00a0parler d\u2019une seule voix pour tous les sujets concernant le Cameroun\u00a0\u00bb (Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0125).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ce passage d\u2019Alima vient corroborer la lecture de Kpwang Kpwang:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">au moment o\u00f9 la question du d\u00e9bat sur le Cameroun a commenc\u00e9 \u00e0 se poser avec acuit\u00e9, les regroupements identitaires se sont arrang\u00e9s pour aller \u00e0 l\u2019ONU. Les collectes de fonds organis\u00e9es dans les unit\u00e9s administratives permirent \u00e0 certains d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents \u00e0 New-York. Parmi ces p\u00e9titionnaires, on retrouvait, entre autres, le chef Ernest Betot\u00e9 Akwa pour le Ngondo, Paul Biba bi Ngota pour l\u2019Efulameyon, tous deux aux c\u00f4t\u00e9s du camp du 1er ministre Ahmadou Barbatora Ahidjo, le prot\u00e9g\u00e9 de la France coloniale; Germain Tsala Mekongo pour l\u2019Anagsama-Lessomolo, Philippe Mbarga Manga pour le Kolo-Beti, aux c\u00f4t\u00e9s du camp nationaliste dont le chef de file \u00e9tait le leader de l\u2019Union des Populations de Cameroun (UPC), le Dr F\u00e9lix Roland Moumi\u00e9, partisan de l\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale, de l\u2019\u00e9laboration de la constitution et de l\u2019organisation des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales sous le contr\u00f4le de l\u2019ONU avant la lev\u00e9e de la Tutelle (Alima, cit\u00e9 par Kpwang Kpwang, 2011, p.\u00a0128).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Fort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il appara\u00eet clairement que les replis identitaires au Cameroun avant l\u2019ind\u00e9pendance s\u2019inscrivaient dans une dynamique salutaire, laquelle visait essentiellement la construction de la Nation \u00e0 travers notamment la d\u00e9fense de l\u2019identit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le deuxi\u00e8me moment renvoie \u00e0 la p\u00e9riode du monolithisme politique, p\u00e9riode au cours de laquelle l\u2019on a assist\u00e9 au musellement des regroupements identitaires au Cameroun. En effet, apr\u00e8s son \u00e9lection \u00e0 la t\u00eate du pays, le 05 mai 1960, le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo s\u2019est lanc\u00e9 dans un mouvement d\u2019institutionnalisation de la pens\u00e9e unique afin d\u2019aboutir \u00e0 la constitution d\u2019un \u00ab\u00a0grand parti national unifi\u00e9\u00a0\u00bb (Gaillard, 1989, p.\u00a037), lequel devrait s\u2019op\u00e9rer \u00e0 travers l\u2019\u00e9branlement total du syst\u00e8me de pluralisme politique qui avait cours jusque-l\u00e0. C\u2019est ainsi que tous les caciques et autres thurif\u00e9raires du r\u00e9gime d\u2019Ahmadou Ahidjo \u00e0 l\u2019instar d\u2019Abraham Mv\u00e9 Ndongo, Inspecteur F\u00e9d\u00e9ral du Littoral, soutenait obstin\u00e9ment que \u00ab\u00a0la poursuite de l\u2019objectif d\u2019unit\u00e9 et de paix nous commande de d\u00e9tribaliser les manifestations de culture\u00a0\u00bb (Fogui, 1991, p. 246).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans la poursuite de leur objectif, les caciques du r\u00e9gime d\u2019Ahidjo ont arr\u00eat\u00e9 un ensemble de textes juridiques visant le musellement des regroupements identitaires dans tout le pays. On peut citer dans ce registre l\u2019ordonnance du 07 mai 1960<a class=\"footnote\" title=\"Cette ordonnance portait sur l\u2019organisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence. Selon son article 4, la circulation des personnes et des biens devrait d\u00e9sormais \u00eatre soumise \u00e0 des mesures restrictives et \u00e9ventuellement \u00e0 une autorisation administrative.\" id=\"return-footnote-70-11\" href=\"#footnote-70-11\" aria-label=\"Footnote 11\"><sup class=\"footnote\">[11]<\/sup><\/a>, la loi no\u00a067\/LF\/19 du 12 juin 1968<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019article 4 de cette loi stipulait pr\u00e9cis\u00e9ment que \u00ab\u00a0les associations pr\u00e9sentant un caract\u00e8re exclusivement tribal ou clanique, ainsi que celles qui sont fond\u00e9es sur une cause ou en vue d\u2019un objet illicite contraire aux lois et aux bonnes m\u0153urs [\u2026] sont nulles et de nul effet\u00a0\u00bb. Lire \u00e0 ce sujet Fogui (1991, p.\u00a0129).\" id=\"return-footnote-70-12\" href=\"#footnote-70-12\" aria-label=\"Footnote 12\"><sup class=\"footnote\">[12]<\/sup><\/a>, etc. Le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo avait estim\u00e9, pour sa part, que la construction et la r\u00e9alisation de l\u2019unit\u00e9 nationale \u2013 et donc de l\u2019int\u00e9gration \u2013 supposent qu\u2019il n\u2019y a ni <em>Ewondo<\/em>, ni <em>Duala<\/em>, ni <em>Bamil\u00e9k\u00e9<\/em>, ni <em>Boulou<\/em>, ni <em>Foulb\u00e9<\/em>, ni <em>Bassa<\/em>, etc., mais partout et toujours des Camerounais (Ahidjo, 1964, p. 29).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Suite \u00e0 la stricte application de ces mesures juridiques, tous les regroupements identitaires furent interdits d\u2019existence durant toute la p\u00e9riode du monolithisme politique au Cameroun. C\u2019est le cas de l\u2019<em>Efulameyon<\/em> (interdit le 08 septembre 1962), l\u2019Assembl\u00e9e Coutumi\u00e8re et Traditionnelle des <em>Elog-Mpo\u2019o<\/em> (ACTEM) en 1979 ainsi que du <em>Ngouon<\/em> et de beaucoup d\u2019autres. M\u00eame le <em>Ngondo<\/em> qui avait jusque-l\u00e0 r\u00e9sist\u00e9 fut interdit en 1980 (Djemba, 1991, p. 5).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le troisi\u00e8me moment est celui du retour sur la sc\u00e8ne sociopolitique des forces ethno-tribales d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 90. En effet, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019hibernation marqu\u00e9e par le musellement, voire l\u2019interdiction administrative des regroupements identitaires pendant le r\u00e8gne du monolithisme politique, l\u2019on a assist\u00e9 \u00e0 la reprise d\u2019activit\u00e9s de ces derniers \u00e0 la faveur de la loi 90\/053 du 19 d\u00e9cembre 1990 portant sur la libert\u00e9 d\u2019association<a class=\"footnote\" title=\"Cf. la loi no 90-53 du 19 d\u00e9cembre 1990 portant sur la libert\u00e9 d\u2019association au Cameroun. Cette loi stipule, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, que les associations ob\u00e9issent \u00e0 deux r\u00e9gimes. Rel\u00e8vent du r\u00e9gime de l\u2019autorisation, les associations \u00e9trang\u00e8res et les associations religieuses. Toutes les autres formes d\u2019association sont soumises au r\u00e9gime de la d\u00e9claration. Toutefois, ces r\u00e9gimes ne s\u2019appliquent pas aux associations d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ou socioculturel. Les partis politiques et les syndicats \u00e9tant r\u00e9gis par des textes particuliers.\" id=\"return-footnote-70-13\" href=\"#footnote-70-13\" aria-label=\"Footnote 13\"><sup class=\"footnote\">[13]<\/sup><\/a>. Cette loi aura non seulement permis le retour de ces organisations \u00e0 caract\u00e8re identitaire sur la sc\u00e8ne, mais elle a \u00e9galement donn\u00e9 lieu \u00e0 la naissance de nombreux festivals dans plusieurs localit\u00e9s du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au total, les replis identitaires sont un ph\u00e9nom\u00e8ne ancien qui a connu une \u00e9volution en dents de scie. Depuis le retour des forces identitaires en 1990, apr\u00e8s leur interdiction pendant le r\u00e8gne du monolithisme politique, leur perception a consid\u00e9rablement \u00e9t\u00e9 \u00e9volu\u00e9e. Des soutiens aux luttes ind\u00e9pendantistes, elles sont devenues, en raison de ce contexte sociopolitique, des espaces o\u00f9 les groupes s\u2019organisent pour faire face aux influences de l\u2019int\u00e9rieur. Dans un contexte marqu\u00e9 par la promotion et la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale, les replis identitaires doivent se d\u00e9partir de toute logique autarcique qui peut compromettre l\u2019esprit communautaire et le vivre-ensemble.<\/p>\n<h2>Analyse des risques li\u00e9s \u00e0 une appropriation ind\u00e9licate du ph\u00e9nom\u00e8ne des replis identitaires au regard de la perspective de l\u2019int\u00e9gration nationale<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 que constituent l\u2019esprit s\u00e9paratiste, la pauvret\u00e9, l\u2019\u00e9gocentrisme et bien d\u2019autres fl\u00e9aux sociopolitiques, les Camerounais gagneraient \u00e0 tirer le meilleur parti en se r\u00e9appropriant leur patrimoine culturel tout en contribuant \u00e0 leur d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social. Au vu de la mosa\u00efque de cultures qui singularise l\u2019identit\u00e9 camerounaise, il nous semble commode de pr\u00e9coniser un type de d\u00e9veloppement dont l\u2019authenticit\u00e9 repose sur les valeurs sp\u00e9cifiques du patrimoine de chaque aire culturelle. Cette r\u00e9appropriation du ph\u00e9nom\u00e8ne du repli identitaire ferait litt\u00e9ralement corps avec le sujet Cameroun qui reste fonci\u00e8rement \u00ab\u00a0une exception plurielle\u00a0\u00bb (Kengne Fodouop, 2010).<\/p>\n<h3>La consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale au travers de la lutte contre les tendances centrifuges<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le mod\u00e8le r\u00e9publicain d\u2019int\u00e9gration nationale postule que l\u2019ensemble des communaut\u00e9s humaines dans un pays aspire \u00e0 un vouloir-vivre-ensemble quelles que soient leurs origines culturelles, ethniques, tribales et autres. Dans ce sillage, les uns et les autres sont appel\u00e9s \u00e0 \u00e9prouver et manifester l\u2019envie de faire partie d\u2019une m\u00eame entit\u00e9: la nation (Renan, 1982). Ainsi, il est tout simplement question d\u2019une transcendance du lien social national sur les liens sociaux originels. D\u00e8s lors, l\u2019expression du repli identitaire \u2013 \u00e0 travers notamment la formation des regroupements et autres organisations identitaires tels que les festivals culturels \u2013, pour \u00eatre salutaire, doit se d\u00e9pouiller de toute tendance centrifuge.<\/p>\n<figure id=\"attachment_336\" aria-describedby=\"caption-attachment-336\" style=\"width: 418px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-336\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires.jpg\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires.jpg 418w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires-300x281.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires-65x61.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires-225x210.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2019\/10\/La-pr\u00e9\u00e9minence-de-la-nation-sur-les-regroupements-ethno-identitaires-350x327.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 418px) 100vw, 418px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-336\" class=\"wp-caption-text\">La pr\u00e9\u00e9minence de la nation sur les regroupements ethno-identitaires.<br \/>Source: Synth\u00e8se de l\u2019auteur.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La figure ci-dessus est une traduction ad\u00e9quate et pratique de l\u2019esprit dans lequel doivent baigner les replis identitaires.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau politique, tout regroupement identitaire ne devrait se d\u00e9partir des notions de patrie, de patriotisme, de civisme, de sanctuarisation et de d\u00e9fense du territoire national et des institutions de la R\u00e9publique, de d\u00e9centralisation, de gouvernance locale, de droits et devoirs citoyens et des droits de l\u2019humain en g\u00e9n\u00e9ral. Sur un tout autre plan, toutes les initiatives entreprises ne devraient pas \u00eatre en rupture d\u2019avec l\u2019id\u00e9e et la promotion du vivre-ensemble. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les actions sur le plan politique des regroupements identitaires doivent s\u2019inscrire dans une double dimension institutionnelle et participative.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau socioculturel, l\u2019int\u00e9gration nationale met en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 de constituer un brassage authentique de tous les groupes humains en une nation \u00e0 partir des sp\u00e9cificit\u00e9s ethno-tribales. \u00c9tant donn\u00e9 que ces derni\u00e8res ne peuvent \u00eatre exalt\u00e9es et p\u00e9rennis\u00e9es que dans un cadre d\u2019expression des identit\u00e9s locales, il importe donc de souligner de ce point de vue que les regroupements identitaires doivent se mouvoir sous le prisme de la coh\u00e9sion sociale. Pour s\u2019op\u00e9rer de mani\u00e8re authentique, l\u2019int\u00e9gration socioculturelle doit s\u2019int\u00e9resser aux expressions de l\u2019appartenance et des relations d\u2019une communaut\u00e9 humaine avec d\u2019autres communaut\u00e9s d\u2019une part et avec la communaut\u00e9 nationale d\u2019autre part. La promotion des festivals culturels appara\u00eet alors comme \u00e9tant une v\u00e9ritable expression de l\u2019identit\u00e9 multiculturelle du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au plan \u00e9conomique, les replis identitaires sont une force \u00e0 capitaliser dans la mesure o\u00f9 ils visent \u00e0 assurer la pleine participation des populations locales \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique des diff\u00e9rents terroirs. C\u2019est ainsi qu\u2019il est souvent organis\u00e9 des comices agropastoraux lors de certains regroupements identitaires au cours desquels les populations locales exposent les produits de leur savoir-faire. Cette pr\u00e9servation du dynamisme des diff\u00e9rentes entit\u00e9s infranationales constitue une strat\u00e9gie salutaire pour un d\u00e9veloppement harmonieux et \u00e9quilibr\u00e9 de l\u2019ensemble national. On pourrait dans ce cas parler d\u2019une conciliation de l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif avec les int\u00e9r\u00eats respectifs de chaque localit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Une appropriation durable du repli identitaire dans la perspective de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale passe n\u00e9cessairement par la lutte contre le primordialisme ou la communaut\u00e9 primaire. D\u2019o\u00f9 la remise en cause de la strat\u00e9gie des m\u00e9morandums et de la logique du \u00ab\u00a0mapartisme<a class=\"footnote\" title=\"Ce concept est du penseur et philosophe camerounais Hubert Mono Djana. Il l\u2019a forg\u00e9 dans la perspective de s\u2019indigner contre toute logique \u00e9gocentrique qui consiste, pour certaines communaut\u00e9s, \u00e0 revendiquer \u00e0 tort et \u00e0 travers \u00ab\u00a0leur part du g\u00e2teau national\u00a0\u00bb.\" id=\"return-footnote-70-14\" href=\"#footnote-70-14\" aria-label=\"Footnote 14\"><sup class=\"footnote\">[14]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3 class=\"indent no-indent\" style=\"text-align: justify\">La capitalisation des forces et prouesses de la dynamique identitaire en vue de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9sentons \u00e0 ce niveau les conditions dans lesquelles l\u2019identit\u00e9 nationale peut \u00eatre moul\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale. De ce point de vue, il convient de souligner d\u2019embl\u00e9e que les regroupements identitaires se posent comme \u00e9tant des instruments parfaits de rassemblement des groupes humains \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale ou locale. \u00c0 ce titre, le vaste chantier d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9 et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration nationale devrait davantage se r\u00e9aliser par l\u2019entremise de ce cadre.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre le socle des divisions de toute sorte, les replis identitaires constituent une force pour l\u2019int\u00e9gration socioculturelle dans la mesure o\u00f9 ils favorisent le brassage culturel au niveau des diff\u00e9rentes localit\u00e9s concern\u00e9es, tout en contribuant \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de la vie sociale. La consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale doit \u00eatre \u00e0 m\u00eame d\u2019assurer le vivre-ensemble et de permettre la prise en compte de la diversit\u00e9 des valeurs traditionnelles et culturelles nationales. Si nous prenons l\u2019exemple des festivals culturels, il est remarquable de relever que leurs diff\u00e9rentes expressions visent non seulement \u00e0 promouvoir une cohabitation sociale harmonieuse, mais aussi et surtout \u00e0 d\u00e9velopper les valeurs culturelles et traditionnelles locales, r\u00e9gionales et nationales, tout en contribuant au d\u00e9veloppement \u00e9conomique local et national.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 certaines menaces grandissantes que constituent de nos jours l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et le terrorisme, les regroupements identitaires pourraient \u00eatre un cadre de concertation en vue d\u2019une coordination efficiente des moyens de lutte au niveau local. Le syst\u00e8me d\u2019autod\u00e9fense des populations expos\u00e9es \u00e0 ces menaces peut \u00e9galement tirer son fondement et son efficacit\u00e9 de cette logique. Les regroupements identitaires peuvent ainsi se constituer en organisations s\u00e9curitaires devant coop\u00e9rer avec les forces de maintien de l\u2019ordre pour la pr\u00e9servation de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les politiques se sont souvent servis de certains regroupements identitaires pour atteindre leurs objectifs \u00e9go\u00efstes. En effet, en tant que cadre id\u00e9al de mobilisation des masses, l\u2019adh\u00e9sion de certains individus \u00e0 ces organisations est parfois un simple moyen de vendre leur image politique et d\u2019acheter moralement la conscience d\u2019\u00e9ventuels \u00e9lecteurs\/\u00e9lectrices na\u00effs\/na\u00efves et inconscient-e-s. Cette strat\u00e9gie subtile se justifie par la nature apolitique de tout regroupement identitaire.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au sein de certaines organisations identitaires, les festivals culturels par exemple, il existe certaines initiatives louables de cr\u00e9ation de richesse afin de lutter contre la pauvret\u00e9 et le ch\u00f4mage des populations. C\u2019est ainsi que de nombreuses activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus sont cr\u00e9\u00e9es pour le grand bonheur de leurs membres. Dans cette dynamique, plusieurs Groupements d\u2019Initiatives Communes (GIC) ainsi que des coop\u00e9ratives agricoles ont vu le jour. Ces GIC et coop\u00e9ratives sont souvent b\u00e9n\u00e9ficiaires de multiples subventions et\/ou dons offerts aussi bien par l\u2019\u00c9tat que par certaines \u00e9lites locales ou certain-e-s donateurs\/donatrices priv\u00e9-e-s.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La participation des individus \u00e0 toute entreprise d\u00e9veloppementale engag\u00e9e par les regroupements identitaires respectifs concourt de fort belle mani\u00e8re \u00e0 la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale. Depuis l\u2019av\u00e8nement des premiers regroupements au Cameroun, il y a plusieurs si\u00e8cles, les pr\u00e9occupations d\u00e9veloppementales ont toujours \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des actions entreprises en vue de l\u2019\u00e9dification solide et durable de la nation. La difficile avanc\u00e9e de la notion d\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun est principalement due \u00e0 un certain nombre de facteurs tels que le tribalisme, le primordialisme ou la communaut\u00e9 primaire, l\u2019esprit s\u00e9paratiste, les tendances centrifuges, l\u2019exclusion ou la marginalisation, les conflits entre autochtones et allog\u00e8nes, etc. Face \u00e0 tous ces obstacles qui peuvent parfois d\u00e9couler d\u2019une mauvaise appropriation du repli identitaire, nous en sommes arriv\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser que l\u2019int\u00e9gration nationale est un construit social qui ne peut s\u2019accomplir qu\u2019\u00e0 travers l\u2019int\u00e9gration de toutes les forces culturelles dans une logique de coh\u00e9sion nationale. Il est donc question de promouvoir un bilinguisme int\u00e9gral, le multiculturalisme et le vivre-ensemble, l\u2019int\u00e9gration des particularit\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019essence identitaire de la nation camerounaise, la pr\u00e9servation de la diversit\u00e9 dans l\u2019unit\u00e9, la r\u00e9alisation de l\u2019union sacr\u00e9e entre l\u2019identit\u00e9 nationale et l\u2019identit\u00e9 ethno-tribale en vue de la consolidation de l\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au rang des \u00e9l\u00e9ments qui constituent le patrimoine identitaire de l\u2019humanit\u00e9 figurent en bonne place les langues, les arts et les civilisations. Une appropriation intelligente de ces \u00e9l\u00e9ments influe sur la qualit\u00e9 de la vie des soci\u00e9t\u00e9s humaines, car ils sont \u00e0 m\u00eame de produire des richesses qualitatives dont ont besoin les populations. Ces \u00e9l\u00e9ments importants du patrimoine identitaire de l\u2019humanit\u00e9 sont des v\u00e9ritables r\u00e9ceptacles au travers desquels transparaissent les <em>prouesses civilisationnelles<\/em> qui f\u00e9condent et portent l\u2019humanit\u00e9. Au Cameroun, leur inventaire syst\u00e9matique au sein des regroupements identitaires permettrait de les valoriser, de les s\u00e9curiser pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir et surtout de les exploiter \u00e0 des fins \u00e9conomiques de toutes sortes. Ainsi, un peuple r\u00e9solument tourn\u00e9 vers l\u2019avenir se doit de se r\u00e9approprier durablement l\u2019ensemble des ingr\u00e9dients de son patrimoine identitaire commun. Le d\u00e9veloppement et l\u2019int\u00e9gration auxquels aspirent les peuples africains en g\u00e9n\u00e9ral et camerounais en particulier ne sauraient se r\u00e9aliser dans le cadre d\u2019une <em>tabula rasa<\/em> de leurs diverses valeurs identitaires.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ahidjo, Ahmadou. 1964.\u00a0<em>Contribution \u00e0 la construction nationale<\/em>. Paris: Pr\u00e9sence Africaine.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alima, Jos Blaise. 1977. <em>Les chemins de l\u2019unit\u00e9. Comment se forge une nation? L\u2019exp\u00e9rience camerounaise<\/em>. Paris: ABC.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 1AC 107. 1947. <em>Statuts du Ngondo<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC 124. 1952. <em>Assembl\u00e9e Traditionnelle du peuple Douala, le \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb<\/em>. Statuts de l\u2019assembl\u00e9e \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC, 107. (1948-1955). <em>Assembl\u00e9e Traditionnelle du Peuple Bamoun<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 2AC, 3681. 1949. <em>Union Tribale Ntem-Kribi (UTNK)<\/em>. Statuts.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, 3AC 366. 1956. <em>Kolo-Beti<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, Affaires Politiques et Adaministratives. 1627. <em>Kumze<\/em>. Statuts. 1949.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives Nationales de Yaound\u00e9, APA, 243. 1956-1957. <em>R\u00e9gion du Nyong et Sanaga<\/em> (rapport de tourn\u00e9es).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Dicos Encarta<\/em>, \u00e9dition 2009, Microsoft Corporation.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djemba, Manu. 1991. Le Ngondo 1991: la tradition \u00e0 peau dure. <em>Ngondo Info<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, p.\u00a05.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Doumb\u00e8 Moulongo, Maurice. 1971. <em>Le Ngondo, assembl\u00e9e traditionnelle du peuple duala<\/em>. Yaound\u00e9: CEPMAE.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fogui, Jean-Pierre. 1991. <em>L\u2019int\u00e9gration politique au Cameroun. Une analyse centre-p\u00e9riph\u00e9rie.<\/em> Paris: Librairie G\u00e9n\u00e9rale de Droit et de Jurisprudence.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gaillard, Philippe. 1989. <em>Le Cameroun<\/em> (tome 2). Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kengne Fodouop. 2010. <em>Cameroun: autopsie d\u2019une exception plurielle<\/em>. Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kpwang Kpwang, Robert. 2011. Les Autorit\u00e9s camerounaises et la gestion des regroupements identitaires: probl\u00e9matique de fronti\u00e8re entre l\u2019Homme-tribal et l\u2019Homme-nation au Cameroun apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance et la r\u00e9unification (1960-2005). Dans <em>Boundaries and History in Africa: issues in conventional boundaries and ideological frontiers (Festschrift in honour of Verkijika G. Fanso)<\/em> (p.\u00a0122-136). Yaound\u00e9: The University of Yaounde I.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Makasso, Isabelle. 2014. Les d\u00e9fis de l\u2019int\u00e9gration nationale au Cameroun. <em>ASSEJA, <\/em><a href=\"http:\/\/asseja.net\/?pg=actu&amp;ppg=4\"><em>Jeun\u2019Action D\u00e9veloppement<\/em><\/a>, publi\u00e9 le mercredi le 05 mars 2014.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moum\u00e9 Etia, L\u00e9opold. 1991. <em>Cameroun: les ann\u00e9es ardentes. Aux origines de la vie syndicale et politique<\/em>. Paris: JAPRESS.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mpak\u00e9 Nyeke, Paul et Mbeng Dang, Hanse Gilbert. 2016. Les associations traditionnelles au Cameroun: r\u00f4le et enjeux. Le cas du Ngondo et du Mpo\u2019o. Dans <em>Pour une Afrique \u00e9mergente: une culture tourn\u00e9e vers l\u2019avenir<\/em> (p.\u00a091-118)<em>. <\/em>Paris: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ombolo, Jean-Pierre. 1989. <em>Essai sur l\u2019histoire, les clans et les regroupements classiques des Eton du Cameroun; une \u00e9tude de la structure clanique des Eton accompagn\u00e9e d\u2019une pr\u00e9sentation anthropologique g\u00e9n\u00e9rale du cadre ethnico-culturel: la soci\u00e9t\u00e9 globale fang-beti-boulou (groupe dit pahouin)<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Renan, Ernest. 1882. <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation?<\/em>. Conf\u00e9rence \u00e0 la Sorbonne, 11 mars.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/albert-jiotsa\">Albert JIOTSA<\/a><\/strong><br \/>Docteur en histoire de l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, Albert Jiotsa est charg\u00e9 de recherche au Centre national de l\u2019\u00e9ducation au Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun).<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-70-1\">Lire \u00e0 cet effet \"Les d\u00e9fis de l\u2019int\u00e9gration nationale\", in <em>ASSEJA<\/em>, \u00e9crit par Isabelle MAKASSO et publi\u00e9 le mercredi le 05 Mars 2014 13:58:52. Consulter le lien <a href=\"http:\/\/asseja.net\">http:\/\/asseja.net<\/a>. <a href=\"#return-footnote-70-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-2\">Plus tard, le Ngondo d\u00e9borda le cadre duala et devint l\u2019Assembl\u00e9e traditionnelle de tous les peuples c\u00f4tiers du Cameroun (Douala, Bassa, Bakoko, Batanga, Yabassi, etc.) regroup\u00e9s sous le nom g\u00e9n\u00e9rique de Peuple Sawa. <a href=\"#return-footnote-70-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-3\">ANY, 2AC 124 Assembl\u00e9e Traditionnelle du peuple Douala, le \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb, 1952, Statuts de l\u2019assembl\u00e9e \u00ab\u00a0Ngondo\u00a0\u00bb; ANY, 1AC 107, 1947. <a href=\"#return-footnote-70-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-4\">ANY APA 1627, Kumze, Statuts, 1949. <a href=\"#return-footnote-70-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-5\">Arouna Njoya fut s\u00e9nateur et conseiller \u00e0 l\u2019ARCAM (Assembl\u00e9e Repr\u00e9sentative du Cameroun). <a href=\"#return-footnote-70-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-6\">ANY, 2AC, 107, Assembl\u00e9e Traditionnelle du Peuple Bamoun, 1948-1955. <a href=\"#return-footnote-70-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-7\">ANY, 2AC, 3681, Union Tribale Ntem-Kribi (UTNK), Statuts, 1949. <a href=\"#return-footnote-70-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-8\">Charles Ren\u00e9 Guy Okala fut le pr\u00e9sident-fondateur du Parti Socialiste Camerounais (PSC) et ancien s\u00e9nateur du Cameroun. <a href=\"#return-footnote-70-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-9\">ANY, APA, 243, R\u00e9gion du Nyong et Sanaga, Rapport de tourn\u00e9es, 1956-1957. <a href=\"#return-footnote-70-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-10\">ANY, 3AC 366, Kolo-Beti, 1956. <a href=\"#return-footnote-70-10\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 10\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-11\">Cette ordonnance portait sur l\u2019organisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence. Selon son article 4, la circulation des personnes et des biens devrait d\u00e9sormais \u00eatre soumise \u00e0 des mesures restrictives et \u00e9ventuellement \u00e0 une autorisation administrative. <a href=\"#return-footnote-70-11\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 11\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-12\">L\u2019article 4 de cette loi stipulait pr\u00e9cis\u00e9ment que \u00ab\u00a0les associations pr\u00e9sentant un caract\u00e8re exclusivement tribal ou clanique, ainsi que celles qui sont fond\u00e9es sur une cause ou en vue d\u2019un objet illicite contraire aux lois et aux bonnes m\u0153urs [\u2026] sont nulles et de nul effet\u00a0\u00bb. Lire \u00e0 ce sujet Fogui (1991, p.\u00a0129). <a href=\"#return-footnote-70-12\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 12\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-13\">Cf. la loi no 90-53 du 19 d\u00e9cembre 1990 portant sur la libert\u00e9 d\u2019association au Cameroun. Cette loi stipule, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, que les associations ob\u00e9issent \u00e0 deux r\u00e9gimes. Rel\u00e8vent du r\u00e9gime de l\u2019autorisation, les associations \u00e9trang\u00e8res et les associations religieuses. Toutes les autres formes d\u2019association sont soumises au r\u00e9gime de la d\u00e9claration. Toutefois, ces r\u00e9gimes ne s\u2019appliquent pas aux associations d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ou socioculturel. Les partis politiques et les syndicats \u00e9tant r\u00e9gis par des textes particuliers. <a href=\"#return-footnote-70-13\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 13\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-70-14\">Ce concept est du penseur et philosophe camerounais Hubert Mono Djana. Il l\u2019a forg\u00e9 dans la perspective de s\u2019indigner contre toute logique \u00e9gocentrique qui consiste, pour certaines communaut\u00e9s, \u00e0 revendiquer \u00e0 tort et \u00e0 travers \u00ab\u00a0leur part du g\u00e2teau national\u00a0\u00bb. <a href=\"#return-footnote-70-14\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 14\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":1,"menu_order":5,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["albert-jiotsa"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[64],"license":[],"class_list":["post-70","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-cameroun","motscles-identite-ethno-tribale","motscles-identite-nationale","motscles-integration-nationale","motscles-repli-identitaire","keywords-cameroon","keywords-ethno-tribal-identity","keywords-identity-fold","keywords-national-identity","keywords-national-integration","contributor-albert-jiotsa"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/70","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/70\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":757,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/70\/revisions\/757"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/70\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=70"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=70"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=70"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}