{"id":770,"date":"2021-10-16T20:55:51","date_gmt":"2021-10-16T18:55:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/?post_type=chapter&#038;p=770"},"modified":"2025-01-09T09:28:12","modified_gmt":"2025-01-09T08:28:12","slug":"mboumegne_et_djomo2022","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/texte\/mboumegne_et_djomo2022\/","title":{"rendered":"La protection internationale du patrimoine culturel : les le\u00e7ons tir\u00e9es du proc\u00e8s de Tombouctou devant la Cour p\u00e9nale internationale et son rayonnement en droit p\u00e9nal camerounais"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 la protection du patrimoine culturel n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Les l\u00e9gislateurs et l\u00e9gislatrices sur le plan national et international, les juridictions sur ce double aspect \u00e9galement, ainsi que la doctrine ont fait usage de leur plume pour mettre en exergue l\u2019importance du patrimoine culturel; notion qui m\u00e9rite d\u2019amples clarifications afin de mieux appr\u00e9hender ses contours et sa protection. En doctrine, le patrimoine culturel consiste en tous les \u00e9l\u00e9ments et traditions qui expriment le mode de vie et de pens\u00e9e d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re et qui r\u00e9v\u00e8lent ses accomplissements intellectuels et spirituels (Prott, 1990, p. 224). En outre, le patrimoine culturel peut \u00eatre d\u00e9crit par trois cat\u00e9gories de biens. D\u2019abord, le patrimoine culturel immeuble comprend les monuments et sites naturels qui montrent l\u2019\u00e9volution des modes de vie. Ensuite, les objets culturels qui incluent les objets d\u2019importance arch\u00e9ologique, pr\u00e9historique, historique et biologique. Enfin, le patrimoine culturel immat\u00e9riel \u00e0 l\u2019instar des connaissances, les techniques, aptitudes, d\u00e9couvertes, traditions, c\u00e9r\u00e9monies, rituels et transmissions orales. (Panayotopoulos, 2015, p.19). Par ailleurs, d\u2019apr\u00e8s Keugong, le patrimoine culturel sert \u00e0 imposer une protection l\u00e9gale des biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels consid\u00e9r\u00e9s comme une ressource essentielle au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social et culturel d\u2019une nation donn\u00e9e ou de toute l\u2019humanit\u00e9. (Keugong, 2020, p. 272). \u00c0 la diff\u00e9rence de la premi\u00e8re approche d\u00e9finitionnelle, l\u2019autrice clarifie le patrimoine par son but. En droit international, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la convention[footnote]Article 1 de la convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 sa dix-septi\u00e8me session \u00e0 Paris, le 16 novembre 1972.[\/footnote] concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, sont consid\u00e9r\u00e9s comme patrimoine culturel : les monuments[footnote]Exemples\u00a0: \u0153uvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, \u00e9l\u00e9ments ou structures de caract\u00e8re arch\u00e9ologique, inscriptions, grottes et groupes d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science.[\/footnote], les ensembles[footnote]Exemples\u00a0: groupes de constructions isol\u00e9es ou r\u00e9unies, qui, en raison de leur architecture, de leur unit\u00e9, ou de leur int\u00e9gration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science.[\/footnote] et les sites[footnote]Exemples\u00a0: \u0153uvres humaine ou \u0153uvres conjugu\u00e9es de l\u2019humain et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites arch\u00e9ologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esth\u00e9tique, ethnologique ou anthropologique.[\/footnote]. La protection du patrimoine culturel qui d\u00e9coule de l\u2019approche doctrinale et l\u00e9gislative est renforc\u00e9e par la jurisprudence de la Cour p\u00e9nale internationale dans l\u2019affaire Procureur contre Al Mahdi. Dans le cadre d\u2019un conflit arm\u00e9 non international sur le territoire du Mali et l\u2019occupation ult\u00e9rieure de Tombouctou par les groupes arm\u00e9s al-Qa\u00efda au Maghreb islamique et Ansar dine, les attaques ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9es intentionnellement par M. Al Mahdi contre dix sites du patrimoine culturel les plus importants \u00e0 Tombouctou entre le 30 juin et le 11 juillet 2012. \u00c0 titre illustratif, on peut citer les mausol\u00e9es des saints et les mosqu\u00e9es de Tombouctou. (Cour p\u00e9nale Internationale, 2016, n\u00b0ICC-01\/12-01\/15). Comme au Mali, le patrimoine culturel fait face \u00e0 de nombreuses atteintes dans les r\u00e9gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun depuis 2016. Selon Human Rigth Watch, le 24 septembre 2019, des militaires du Bataillon d\u2019intervention rapide (BIR) ont attaqu\u00e9 et pill\u00e9 la chefferie de Bafut, dans la r\u00e9gion du Nord-Ouest; palais inscrit sur la liste indicative de sites du patrimoine mondial (Human Right Watch, 2019) depuis 2006 par l\u2019UNESCO,. \u00c0 l\u2019observation, le d\u00e9fi de la protection du patrimoine culturel malgr\u00e9 sa cons\u00e9cration par la l\u00e9gislation est d\u2019actualit\u00e9 au Cameroun. Pour renforcer ses motivations dans l\u2019affaire Al Madhi dans l\u2019op\u00e9ration de qualification en crime de guerre des attaques contre les mausol\u00e9es et mosqu\u00e9es de Tombouctou, la chambre de premi\u00e8re instance de la Cour p\u00e9nale internationale met en \u00e9vidence l\u2019argument suivant\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le statut que leur a accord\u00e9 l\u2019UNESCO met en \u00e9vidence l\u2019importance particuli\u00e8re que ces b\u00e2timents rev\u00eatent pour le patrimoine culturel international, sachant que \u00ab la dignit\u00e9 de l\u2019homme exigeant la diffusion de la culture et l\u2019\u00e9ducation de tous en vue de la justice, de la libert\u00e9 et de la paix, il y a l\u00e0, pour toutes les nations, des devoirs sacr\u00e9s \u00e0 remplir dans un esprit de mutuelle assistance (Affaire Al Mahdi 2016, \u00a7 46<strong>)<\/strong>.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Eu \u00e9gard \u00e0 ces analyses pr\u00e9liminaires, on peut poser la question suivante : le proc\u00e8s de Tombouctou est-il le socle du renforcement de la protection internationale du patrimoine culturel? \u00c0 l\u2019observation, la destruction des biens appartenant au patrimoine culturel peut \u00eatre \u00e9rig\u00e9e en crime de guerre et sanctionn\u00e9e par les juridictions internationales comp\u00e9tentes (Nicolas, 2016, p.1). De m\u00eame, sur le plan interne des \u00c9tats, l\u2019existence d\u2019un arsenal de r\u00e9pressions concourt \u00e0 cette protection internationale. La l\u00e9gislation camerounaise n\u2019est pas rest\u00e9e insensible \u00e0 l\u2019effet de ce proc\u00e8s. \u00c0 travers la loi de juillet 2016 portant code p\u00e9nal, il a \u00e9rig\u00e9 en infraction l\u2019atteinte au patrimoine culturel. Afin de confirmer ou d\u2019infirmer l\u2019hypoth\u00e8se dans cette \u00e9tude, il convient de dire que le recours \u00e0 la m\u00e9thode juridique a permis de parcourir les instruments juridiques relatifs \u00e0 la protection internationale et nationale du patrimoine culturel afin d\u2019en faire une analyse et d\u2019appr\u00e9cier l\u2019application desdites normes par la juridiction p\u00e9nale internationale qu\u2019est la Cour p\u00e9nale internationale. De m\u00eame, l\u2019association de la m\u00e9thode socioanthropologique permet de mettre en \u00e9vidence la r\u00e9percussion d\u2019une telle protection sur le plan social. \u00c0 cet effet, si la qualification de la destruction du patrimoine culturel en crime de guerre et sa r\u00e9pression par la Cour p\u00e9nale internationale est un atout dans le renforcement de sa protection, il faut dire que cette audace a produit des effets sur l\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gislatrice au Cameroun.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>La r\u00e9pression de la destruction du patrimoine culturel sous la qualification de crime de guerre, un \u00e9l\u00e9ment suppl\u00e9mentaire de sa protection<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient de mettre l\u2019accent, d\u2019une part, sur la qualification des faits en crime de guerre comme condition de mise en jeu de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables et, d\u2019autre part, sur les sp\u00e9cificit\u00e9s des crit\u00e8res de fixation de la peine.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La qualification des faits en crime de guerre, une condition de mise en jeu de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La notion de \u00ab\u00a0crime de guerre\u00a0\u00bb fait l\u2019objet de plusieurs assertions eu \u00e9gard \u00e0 la panoplie des instruments juridiques qui en donnent une d\u00e9finition ou d\u00e9terminent son contenu. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la lecture des instruments ci-apr\u00e8s permet de mettre en \u00e9vidence les diff\u00e9rentes clarifications du crime de guerre. Il s\u2019agit notamment des Conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949, de leurs Protocoles additionnels I et II de 1977, des Conventions de la Haye de 1899 et 1907, ainsi que du Statut de Rome de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) de 1998, pr\u00e9cis\u00e9ment en son article 8. De prime abord, les Conventions de Gen\u00e8ve rel\u00e8vent plusieurs cat\u00e9gories d\u2019infractions constitutives de crimes de guerre. \u00c0 titre illustratif, on peut citer\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les exp\u00e9riences biologiques, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter une atteinte grave \u00e0 l'int\u00e9grit\u00e9 physique ou \u00e0 la sant\u00e9, la destruction et l'appropriation de biens non justifi\u00e9es par des n\u00e9cessit\u00e9s militaires et ex\u00e9cut\u00e9es sur une grande \u00e9chelle de fa\u00e7on illicite et arbitraire (Conventions de Gen\u00e8ve, 1949, cit\u00e9e par Oumba, 2007, p. 7).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Oumba fait ressortir les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction de crimes de guerre suivants<strong>\u00a0:<\/strong><\/p>\r\n\r\n<ul>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment l\u00e9gal qui signifie qu\u2019aucun acte ne peut \u00eatre p\u00e9nalement r\u00e9prim\u00e9 s\u2019il ne constituait pas une infraction \u00e0 la loi p\u00e9nale au moment o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 commis;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment de contexte qui implique que les crimes de guerre doivent \u00eatre commis dans un contexte tout particulier en dehors duquel les m\u00eames actes ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s de crimes de guerre;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral ou psychologique qui existe lorsque la personne responsable a agi avec \u00ab intention et connaissance \u00bb ou avec l\u2019une ou l\u2019autre;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel qui suppose la commission d\u2019un acte, c\u2019est-\u00e0-dire un comportement humain ou une conduite humaine volontaire.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence des \u00e9l\u00e9ments constitutifs classiques d\u2019une infraction en droit p\u00e9nal, le crime de guerre a la particularit\u00e9 de se voir adjoindre un \u00e9l\u00e9ment de contexte. Par ailleurs, pour qualifier l\u2019infraction de crime de guerre dans le cadre du proc\u00e8s de Tombouctou, la CPI tire sa d\u00e9finition de l\u2019article 8 de son statut qui classe les crimes en cat\u00e9gorie. Il s\u2019agit notamment des cas suivants\u00a0: les infractions graves aux conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949 qui recouvrent des actes dirig\u00e9s contre les personnes ou les biens prot\u00e9g\u00e9s par les dispositions des conventions de Gen\u00e8ve; les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits arm\u00e9s internationaux; les violations graves de l\u2019article 3 commun aux quatre conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949 en cas de conflits arm\u00e9s ne pr\u00e9sentant pas un caract\u00e8re international; les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits arm\u00e9s ne pr\u00e9sentant pas un caract\u00e8re international. La jurisprudence issue de l\u2019affaire Al Madhi d\u00e9finit le crime de guerre comme \u00e9tant<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des b\u00e2timents consacr\u00e9s \u00e0 la religion, \u00e0 l\u2019enseignement, \u00e0 l\u2019art, \u00e0 la science ou \u00e0 l\u2019action caritative, des monuments historiques, des h\u00f4pitaux et des lieux o\u00f9 des malades et des bless\u00e9s sont rassembl\u00e9s, pour autant que ces b\u00e2timents ne soient pas des objectifs militaires (Procureur c.Al Madhi, 2006, \u00a711).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De ce qui pr\u00e9c\u00e8de, on retient que les \u00e9l\u00e9ments intentionnels, mat\u00e9riels et contextuels ci-apr\u00e8s constituent la composante de qualification des faits en crime de guerre par la CPI. Il s\u2019agit de l\u2019existence d\u2019un conflit arm\u00e9 non international, la destruction de monuments culturels et religieux \u00e0 Tombouctou, selon diff\u00e9rents modes de participation, la connaissance de l\u2019existence du conflit par la personne responsable, le lancement de l\u2019attaque par cette personne, contre un ou plusieurs b\u00e2timents consacr\u00e9s \u00e0 la religion, et qui ne sont pas des objectifs militaires (Nicolas, 2016, p. 5-7). La mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale de l\u2019auteur ou l\u2019autrice de l\u2019infraction sur la base des preuves av\u00e9r\u00e9es, dans ce cas d\u2019esp\u00e8ce, est renforc\u00e9e par l\u2019aveu spontan\u00e9 de cette personne. Deux concepts m\u00e9ritent des clarifications suppl\u00e9mentaires dans le cadre de cette analyse. Celui de \u00ab\u00a0conflit arm\u00e9 non international\u00a0\u00bb, synonyme de \u00ab guerre civile \u00bb, se caract\u00e9rise par l\u2019affrontement opposant les forces arm\u00e9es d\u2019un \u00c9tat \u00e0 des forces arm\u00e9es dissidentes ou rebelles (Verri, 1988, p. 37). En l\u2019occurrence, il s\u2019est agi d\u2019al-Qa\u00efda dont le chef \u00e9tait Al Madhi au moment des faits. S\u2019agissant de l\u2019aveu, il convient de dire que ce sont les \u00ab d\u00e9clarations par lesquelles l\u2019int\u00e9ress\u00e9 reconna\u00eet, en totalit\u00e9 ou en partie, le bien-fond\u00e9 des accusations port\u00e9es contre lui\u00a0\u00bb (Merle et Vitu, 2001, p. 234). En outre, les \u00e9l\u00e9ments suivants d\u00e9terminent la culpabilit\u00e9 de celui-ci. Tout d\u2019abord, il a supervis\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution des op\u00e9rations, utilisant ses soldats de la Hesbah et supervisant les autres attaquants venus participer aux op\u00e9rations.; il a rassembl\u00e9, achet\u00e9 et distribu\u00e9 les outils\/moyens n\u00e9cessaires pour mener l\u2019attaque. Ensuite, il \u00e9tait pr\u00e9sent sur tous les sites attaqu\u00e9s, donnant des instructions et apportant un soutien moral. Il a personnellement particip\u00e9 \u00e0 l\u2019attaque qui a conduit \u00e0 la destruction d\u2019au moins cinq monuments : a) le mausol\u00e9e Alpha Moya; b) le mausol\u00e9e Cheick Sidi Ahmed Ben Amar Arragadi; c) la porte de la mosqu\u00e9e Sidi Yahia; d) le mausol\u00e9e Ahmed Fulane, et e) le mausol\u00e9e Bahaber Babadi\u00e9. Enfin, il \u00e9tait charg\u00e9 \u2014 sur d\u00e9signation d\u2019Al Chinguetti \u2014 de communiquer avec les journalistes afin de leur expliquer l\u2019attaque et de la justifier (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a740). Ces \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants dans la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables de l\u2019infraction constituent, entre autres, des crit\u00e8res d\u2019appr\u00e9ciation de la fixation de la peine.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des sp\u00e9cificit\u00e9s des crit\u00e8res de fixation de la peine<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le proc\u00e8s de Tombouctou se singularise aussi par les crit\u00e8res de fixation de la peine. Au-del\u00e0 de la gravit\u00e9 du crime et la situation de la personne \u00e0 l\u2019origine de l\u2019infraction, des facteurs se rattachant aux biens culturels d\u00e9truits sont pris en compte. Notamment, l\u2019inscription au patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9, le caract\u00e8re religieux, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et les fonctions de la peine. D\u2019embl\u00e9e, la peine renvoie \u00e0 un \u00ab\u00a0ch\u00e2timent \u00e9dict\u00e9 par la loi \u00e0 l\u2019effet de pr\u00e9venir et, s\u2019il y a lieu, de r\u00e9primer l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019ordre social qualifi\u00e9e d\u2019infraction; ch\u00e2timent inflig\u00e9 en mati\u00e8re p\u00e9nale par le juge r\u00e9pressif\u00a0\u00bb (Groulez, 2007, p. 1). Elle a plusieurs fonctions\u00a0: pr\u00e9ventive, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle permet de freiner, voire d\u2019emp\u00eacher l\u2019accomplissement de comportements jug\u00e9s ind\u00e9sirables; r\u00e9paratrice, r\u00e9tributive et sociop\u00e9dagogique. (van de Kerchove, 2005, p. 25-30). Sa fixation dans un proc\u00e8s par la CPI prend en compte les consid\u00e9rations telles que la gravit\u00e9 du crime et la situation personnelle de la personne condamn\u00e9e. D\u2019ailleurs, c\u2019est que fait la Cour aux termes de l\u2019article 78 alin\u00e9a 1 du Statut de la CPI, lorsqu\u2019elle fixe la peine. La destruction de biens culturels est devenue un instrument de terreur pour les groupes tels que l\u2019\u00c9tat islamique. (Nicolas, 2016, p. 2). Par ailleurs, l\u2019inscription par l\u2019UNESCO de neuf des monuments attaqu\u00e9s au patrimoine mondial de l\u2019humanit\u00e9 renforce la gravit\u00e9 du crime commis, car leur destruction affecte non seulement les victimes directes des crimes, notamment les fid\u00e8les et habitant\u00b7e\u00b7s de Tombouctou, mais aussi toute la population du Mali et la communaut\u00e9 internationale. (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a780) Il faut rappeler que le patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9 entra\u00eene \u00ab des obligations qui non seulement engagent les \u00c9tats et les organisations internationales, mais interdisent \u00e9galement aux individus ou aux particuliers, ainsi qu\u2019\u00e0 tout autre sujet de droit international, de s\u2019en approprier \u00e0 des fins exclusives\u00a0\u00bb (Panayotopoulos, 2015, p. 35). Toutefois, cette r\u00e9pression a un fondement juridique ant\u00e9rieur au statut de la CPI. La Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit arm\u00e9 de 1954 met en place le \u00ab\u00a0registre international des biens culturels sous protection sp\u00e9ciale \u00bb dans lequel peuvent \u00eatre inscrits \u00ab\u00a0certains refuges, centres monumentaux ou autres biens culturels immeubles\u00a0\u00bb (Convention de la Haye, 1954, article 1 alin\u00e9a 1) situ\u00e9s sur le territoire de l\u2019\u00c9tat demandeur, \u00e9l\u00e9ments qui, d\u00e8s leur inscription, jouissent d\u2019une immunit\u00e9 devant \u00eatre respect\u00e9e par toutes les parties. Aussi cette Convention institutionnalise-t-elle l\u2019existence d\u2019un responsable de la protection du patrimoine culturel en cas de conflit arm\u00e9. (Panayotopoulos, 2015, p. 117). En outre, le motif religieux discriminatoire est pris \u00e9galement en compte pour \u00e9valuer la gravit\u00e9 du crime et, par cons\u00e9quent, la peine. De plus, les circonstances att\u00e9nuantes suivantes ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es pour infliger la peine de neuf ans \u00e0 l\u2019encontre du responsable de l\u2019infraction: l\u2019aveu de culpabilit\u00e9 d\u2019Ahmad Al Mahdi, sa coop\u00e9ration avec l\u2019accusation, les remords et l\u2019empathie qu\u2019il a exprim\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard des victimes, sa r\u00e9ticence initiale \u00e0 l\u2019id\u00e9e de commettre le crime et les mesures qu\u2019il a prises pour limiter les dommages caus\u00e9s et m\u00eame si elle rev\u00eat une importance limit\u00e9e, sa bonne conduite en d\u00e9tention malgr\u00e9 la situation de sa famille. (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a7109). Le proc\u00e8s de Tombouctou devant la CPI renforce le r\u00e9gime de protection du patrimoine culturel. Son effet est par cons\u00e9quent perceptible en ce sens que les l\u00e9gislations internes des \u00c9tats, comme le Cameroun, garantissent la sauvegarde du patrimoine culturel.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019influence relative du proc\u00e8s de Tombouctou en droit p\u00e9nal camerounais<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La relativit\u00e9 se justifie par l\u2019internalisation implicite de la convention de l\u2019UNESCO du 16 novembre 1972 dans le Code p\u00e9nal camerounais et la correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel en droit p\u00e9nal camerounais.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019internalisation implicite de la convention de l\u2019UNESCO du 16 novembre 1972 dans le Code p\u00e9nal camerounais<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gislatrice en droit p\u00e9nal camerounais, \u00e0 travers l\u2019article 187 alin\u00e9a 1, marque son adh\u00e9sion au principe de sauvegarde du patrimoine culturel contre toutes atteintes. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate est la possibilit\u00e9 de mettre en mouvement l\u2019action publique pour assurer la r\u00e9pression en cas d\u2019atteinte justifi\u00e9e. Mais il convient de noter que la l\u00e9gislation en cette mati\u00e8re est impr\u00e9cise sur la d\u00e9finition de patrimoine culturel et naturel dans le Code p\u00e9nal. Peut-\u00eatre, il se r\u00e9f\u00e8re au droit international en la mati\u00e8re (UNESCO, 1972) comme il le pr\u00e9cise dans l\u2019expos\u00e9 de motif de ce code \u00e0 propos de l\u2019internalisation des conventions internationales. Les biens prot\u00e9g\u00e9s par la l\u00e9gislation p\u00e9nale camerounaise concernent le patrimoine culturel et naturel national. Ce dernier comprend :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<ul>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les monuments naturels constitu\u00e9s par des formations physiques et biologiques ou par des groupes de telles formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esth\u00e9tique ou scientifique,<\/span><\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les formations g\u00e9ologiques et physiographiques et les zones strictement d\u00e9limit\u00e9es constituant l\u2019habitat d\u2019esp\u00e8ces animale et v\u00e9g\u00e9tale menac\u00e9es, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation,<\/span><\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les sites naturels ou les zones naturelles strictement d\u00e9limit\u00e9es, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science, de la conservation ou de la beaut\u00e9 naturelle (UNESCO, 1982, article 2)<\/span><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/blockquote>\r\nPar contre, la convention de l\u2019UNESCO d\u00e9finit de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e le patrimoine culturel en ces termes :\r\n<blockquote>\r\n<ul>\r\n \t<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[\u2026] sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u201cpatrimoine culturel\u201d :<\/span><\/li>\r\n \t<li>Les monuments : \u0153uvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, \u00e9l\u00e9ments ou structures de caract\u00e8re arch\u00e9ologique, inscriptions, grottes et groupes d\u2019\u00e9l\u00e9ments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science,<\/li>\r\n \t<li>Les ensembles : groupes de constructions isol\u00e9es ou r\u00e9unies, qui, en raison de leur architecture, de leur unit\u00e9, ou de leur int\u00e9gration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science,<\/li>\r\n \t<li>Les sites : \u0153uvres de l\u2019homme ou \u0153uvres conjugu\u00e9es de l\u2019homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites arch\u00e9ologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esth\u00e9tique, ethnologique ou anthropologique (UNESCO, 1972, article 1).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte camerounais manifeste un laconisme dans sa d\u00e9finition du patrimoine culturel et l\u2019affirmation de son attachement \u00e0 la convention de l\u2019UNESCO qui est implicitement une consid\u00e9ration de la d\u00e9finition du patrimoine culturel par l\u2019UNESCO, reprise par la jurisprudence Procureur contre Al Madhi de la CPI. On peut en d\u00e9duire que la pr\u00e9occupation de la protection sp\u00e9ciale, dans l\u00e9gislation camerounaise, est av\u00e9r\u00e9. Il conviendra d\u2019en appr\u00e9cier dans les modalit\u00e9s de r\u00e9pression des atteintes \u00e0 ces biens.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel en droit p\u00e9nal camerounais<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le Code p\u00e9nal est un texte essentiellement r\u00e9pressif. Il pr\u00e9voit des infractions et leurs r\u00e9pressions. Pour y parvenir, il faut d\u00e9finir l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel et intentionnel de l\u2019infraction dans le processus de qualification. \u00c0 la lecture de l\u2019article 187 du Code p\u00e9nal camerounais, le texte met essentiellement l\u2019accent sur les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels, constitutifs de l\u2019infraction d\u2019atteintes au patrimoine culturel et naturel national. Cette \u00e9num\u00e9ration se pr\u00e9sente de la mani\u00e8re suivante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">l\u2019exploitation et l\u2019exportation illicite des biens culturels et naturels de l\u2019\u00c9tat ou encore toute forme de d\u00e9valorisation de ce patrimoine;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">le refus d\u2019inscrire \u00e0 l\u2019inventaire ou d\u2019enregistrer les biens meubles et immeubles appartenant \u00e0 l\u2019\u00c9tat, aux collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es, aux personnes physiques ou morales, et pr\u00e9sentant du point de vue de l\u2019histoire de l\u2019art ou de la pens\u00e9e, de la science, de la technique et du tourisme et pr\u00e9sentant un int\u00e9r\u00eat suffisant pour rendre n\u00e9cessaire leur pr\u00e9servation;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">le refus de classer ou de d\u00e9classer un bien culturel et naturel de l\u2019\u00c9tat;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">apposer des affiches ou des dispositifs de publicit\u00e9s sur les monuments class\u00e9s, etc.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Fort heureusement, une jurisprudence camerounaise ancienne mise en \u00e9vidence par la doctrine rel\u00e8ve l\u2019existence de l\u2019\u00e9l\u00e9ment intentionnel. Keugong rel\u00e8ve que les juges camerounais, dans l\u2019application de l\u2019article 316 relatif \u00e0 la destruction des biens, ont toujours exig\u00e9 l\u2019existence d\u2019un \u00e9l\u00e9ment intentionnel qui consiste en la volont\u00e9 de nuire \u00e0 autrui en le privant enti\u00e8rement ou partiellement de son bien[footnote]C. S., Arr\u00eat n\u00b0 107 du 17 janvier 1961, B.A.C.S., n\u00b0 3, p. 66[\/footnote] (Keugong, 2020, p. 280). Le texte sanctionne ces agissements des peines allant de 06 mois \u00e0 02 ans d\u2019emprisonnement ferme et une amende allant de 100 000 F CFA \u00e0 3 000 000 F CFA. On peut se rendre compte qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence du droit international p\u00e9nal en la mati\u00e8re, la loi camerounaise classe cette infraction dans la cat\u00e9gorie des d\u00e9lits. Cette correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel adoucit-elle la protection particuli\u00e8re inaugur\u00e9e par le proc\u00e8s de Tombouctou? Cette question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre analys\u00e9e en consid\u00e9ration de la multiplication de foyers de guerre dans les r\u00e9gions septentrionales et anglophones du Cameroun; pays qui regorge des sites inscrits au patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9. Il abrite deux patrimoines naturels class\u00e9s par l\u2019UNESCO : la r\u00e9serve de faune du Dja\u00a0et le Trinational de la Sangha. La question qui se pose est de savoir si les autorit\u00e9s judiciaires du Cameroun seront comp\u00e9tentes pour qualifier de crimes de guerre l\u2019atteinte \u00e0 ces patrimoines en cas de survenance, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles ne l\u2019ont pas comme le pr\u00e9voyait la l\u00e9gislation internationale. N\u2019\u00e9tant pas signataire du statut de Rome sur la CPI, la juridiction p\u00e9nale camerounaise ne peut pas offrir le m\u00eame traitement aux responsables de l\u2019infraction en vertu de la r\u00e8gle \u00ab\u00a0pas d\u2019infraction sans texte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pas de sanction sans texte\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers le proc\u00e8s historique de Tombouctou, la Cour p\u00e9nale internationale r\u00e9affirme toute sa d\u00e9termination dans la protection internationale du patrimoine culturel et naturel de l\u2019\u00c9tat malien, par ailleurs patrimoine de l\u2019humanit\u00e9. Les effets de ce proc\u00e8s sont multidimensionnels. Sur le plan international, toute atteinte au patrimoine culturel est d\u00e9sormais qualifi\u00e9e de crime de guerre en temps de guerre. Sur le plan interne du Cameroun par exemple, la r\u00e9forme p\u00e9nale de 2016 s\u2019en inspire et apporte une innovation importante\u00a0: la protection p\u00e9nale des biens culturels. M\u00eame si \u00e0 ce niveau, la destruction de ces biens est un d\u00e9lit, la notion de patrimoine culturel et naturel reste textuellement \u00e0 repr\u00e9ciser. La multiplication des foyers de crises au Cameroun n\u2019est-elle pas l\u2019occasion de criminaliser les atteintes potentielles au patrimoine culturel?<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Babelon, Jean-Pierre et Chastel, Andr\u00e9. 1994. <em>La Notion de patrimoine.<\/em> Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Basilico, Sandrine. 2005<em>. Red\u00e9finir le Patrimoine culturel \u00e0 l\u2019heure de la globalisation. Des cultures et des Hommes. Clefs anthropologiques pour la mondialisation<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cour P\u00e9nale Internationale. 2006. Affaire Procureur c. Al Madhi.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Edimo, Fran\u00e7ois. 2016. L\u2019incrimination du terrorisme en droit p\u00e9nal camerounais. <em>Juridical Tribune<\/em>, <em>6<\/em>(1), 164-174.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esso, Laurent. 2016. Lumi\u00e8re sur le Code p\u00e9nal<em>.<\/em> Communication gouvernementale du 15 juillet. Ministre de la Justice du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Frier, Pierre-Laurent. 2003.\u00a0Le patrimoine. Dans Denis Alland et St\u00e9phane Rials, <em>Dictionnaire de la culture juridique.<\/em> Paris\u00a0: PUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Groulez, Margaux. 2007. <em>L\u2019Individualisation de la sanction p\u00e9nale<\/em>. M\u00e9moire de master 2, droit priv\u00e9 approfondi, sp\u00e9cialit\u00e9 p\u00e9nale, Universit\u00e9 de Lille 2.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">van de Kerchove, Michel. 2005. Les fonctions de la sanction p\u00e9nale : entre droit et philosophie.\u00a0<em>Informations sociales<\/em> 127, 22-31. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/inso.127.0022#xd_co_f=MmNlOGZhODUxMmExMzBiMzRjYjE1ODMzMTY4MTI4OTE=~\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/inso.127.0022<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Keugong Watcho, R.\u00a0S. 2020. La protection du patrimoine culturel et naturel national par le nouveau Code p\u00e9nal camerounais. <em>Annales de l\u2019Universit\u00e9 de Parakou<\/em>, <em>3<\/em>(1), 271-287.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Le H\u00e9garat, Thibault. 2015. Un historique de la notion de patrimoine<em>.<\/em> Archives ouvertes en ligne, https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-01232019.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nicolas,\u00a0<strong>Marie. 2016.<\/strong> Le verdict de Tombouctou\u00a0: Le prix des remords.\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme [en ligne]<\/em>. https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2661<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nicolas,\u00a0<strong>Marie. 2016<\/strong>. Le proc\u00e8s de Tombouctou\u00a0: Un tournant historique?\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme<\/em>\u00a0[en ligne]. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2109\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2109<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merle, Roger et Vitu. 2001.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mignot-Mahdavi,<strong> Rebecca<\/strong>. 2014.\u00a0La notion de peine en droit international p\u00e9nal \u00e9clair\u00e9e par la CPI.\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme<\/em>\u00a0[en ligne]. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.838\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.838<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">OUMBA, Parfait. 2017. Crimes de guerre, d\u00e9finitions et distinctions. S\u00e9minaire de formation \u00e0 l\u2019Ecole nationale de la magistrature sur le droit international humanitaire, 9 mai 2017, Yaound\u00e9. https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01591453\/file\/Crimes de guerre d\u00e9finitions et distinction.pdf<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pradel, Jean. 1999. <em>Principes de droit criminel. 1\u00a0: Droit p\u00e9nal g\u00e9n\u00e9ral<\/em>. Paris\u00a0: Cujas.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. 1972. <em>Patrimoine. <\/em>Indicateurs UNESCO de la culture pour le d\u00e9veloppement. Manuel m\u00e9thodologique. <a href=\"https:\/\/fr.unesco.org\/creativity\/activities\/indicateurs-unesco-de-culture-pour-developpement\">https:\/\/fr.unesco.org\/creativity\/activities\/indicateurs-unesco-de-culture-pour-developpement<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. 1972. Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. En ligne : http:\/\/portal.unesco.org\/fr\/ev.php-URL_ID=13055&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le proc\u00e8s de Tombouctou a marqu\u00e9 une \u00e9tape d\u00e9cisive dans la protection du patrimoine culturel. Des \u00e9l\u00e9ments l\u2019attestent\u00a0: la qualification de l\u2019atteinte au patrimoine culturel en crime de guerre pendant les conflits arm\u00e9s non internationaux et sa r\u00e9pression par la Cour p\u00e9nale internationale. L\u2019effet de ce proc\u00e8s r\u00e9side dans son impact sur la protection effective du patrimoine culturel au Cameroun. La l\u00e9gislation p\u00e9nale, dans le code du 12 juillet 2016, proc\u00e8de par une internalisation des biens culturels consacr\u00e9s par l\u2019UNESCO, en y accordant un r\u00e9gime de r\u00e9pression souple. Non seulement, il a fait le choix de correctionnaliser l\u2019atteinte au patrimoine culturel, mais aussi, et ce \u00e0 la diff\u00e9rence de la Cour p\u00e9nale internationale dans l\u2019affaire Procureur contre Al Mahdi, le <em>quantum<\/em> de la peine pr\u00e9vue est doux. La l\u00e9gislation sanctionne ces agissements des peines allant de 06 mois \u00e0 02 ans d\u2019emprisonnement ferme et une amende allant de 100 000 F CFA \u00e0 3 000 000 de F CFA (article 187 du Code p\u00e9nal). Cette option est critiquable eu \u00e9gard au d\u00e9veloppement des foyers de conflits dans les r\u00e9gions anglophones et septentrionales du Cameroun qui ne sont pas sans cons\u00e9quences sur le patrimoine culturel dans ces r\u00e9gions. Le pr\u00e9sent article interpelle l\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gislatrice afin qu\u2019il criminalise l\u2019atteinte au patrimoine culturel.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/atteinte\/\">atteinte<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/cour-penale-internationale\/\">cour p\u00e9nale internationale<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/crime-de-guerre\/\">crime de guerre<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/droit-penal\/\">droit p\u00e9nal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/patrimoine-culturel\/\">patrimoine culturel<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/proces\/\">proc\u00e8s<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/motscles\/repression\/\">r\u00e9pression<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The Tombouctou trial marked a decisive step in the protection of cultural heritage. This is evidenced by the qualification of the attack on cultural heritage as a war crime during non-international armed conflicts and its repression by the International Criminal Court. The effect of this trial lies in its impact on the effective protection of cultural heritage in Cameroon. The criminal legislator, in the code of 12 July 2016, proceeds by internalising cultural property enshrined by UNESCO, by granting it a flexible repression regime. Not only has it chosen to criminalise the violation of cultural heritage, but also, unlike the International Criminal Court in the case of Prosecutor vs. Al Mahdi, the quantum of the penalty provided for is mild. The legislator punishes these acts with sentences ranging from six (6) months to two (2) years of imprisonment and a fine ranging from 100,000 FCFA to 3 million FCFA (Article 187 of the Penal Code). This option is questionable in view of the development of conflicts in the English-speaking and northern regions of Cameroon, which are not without consequences for the cultural heritage in these regions. This article calls on the legislator to criminalise the violation of cultural heritage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/criminal-law\/\">criminal law<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/cultural-heritage\/\">Cultural heritage<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/infringement\/\">infringement<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/international-criminal-court\/\">international Criminal Court<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/repression\/\">repression<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/trial\/\">trial<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/keywords\/war-crime\/\">war crime<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>22 juin 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>13 mars 2021<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>24 f\u00e9vrier 2022<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 la protection du patrimoine culturel n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. Les l\u00e9gislateurs et l\u00e9gislatrices sur le plan national et international, les juridictions sur ce double aspect \u00e9galement, ainsi que la doctrine ont fait usage de leur plume pour mettre en exergue l\u2019importance du patrimoine culturel; notion qui m\u00e9rite d\u2019amples clarifications afin de mieux appr\u00e9hender ses contours et sa protection. En doctrine, le patrimoine culturel consiste en tous les \u00e9l\u00e9ments et traditions qui expriment le mode de vie et de pens\u00e9e d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re et qui r\u00e9v\u00e8lent ses accomplissements intellectuels et spirituels (Prott, 1990, p. 224). En outre, le patrimoine culturel peut \u00eatre d\u00e9crit par trois cat\u00e9gories de biens. D\u2019abord, le patrimoine culturel immeuble comprend les monuments et sites naturels qui montrent l\u2019\u00e9volution des modes de vie. Ensuite, les objets culturels qui incluent les objets d\u2019importance arch\u00e9ologique, pr\u00e9historique, historique et biologique. Enfin, le patrimoine culturel immat\u00e9riel \u00e0 l\u2019instar des connaissances, les techniques, aptitudes, d\u00e9couvertes, traditions, c\u00e9r\u00e9monies, rituels et transmissions orales. (Panayotopoulos, 2015, p.19). Par ailleurs, d\u2019apr\u00e8s Keugong, le patrimoine culturel sert \u00e0 imposer une protection l\u00e9gale des biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels consid\u00e9r\u00e9s comme une ressource essentielle au d\u00e9veloppement \u00e9conomique, social et culturel d\u2019une nation donn\u00e9e ou de toute l\u2019humanit\u00e9. (Keugong, 2020, p. 272). \u00c0 la diff\u00e9rence de la premi\u00e8re approche d\u00e9finitionnelle, l\u2019autrice clarifie le patrimoine par son but. En droit international, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la convention<a class=\"footnote\" title=\"Article 1 de la convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 sa dix-septi\u00e8me session \u00e0 Paris, le 16 novembre 1972.\" id=\"return-footnote-770-1\" href=\"#footnote-770-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, sont consid\u00e9r\u00e9s comme patrimoine culturel : les monuments<a class=\"footnote\" title=\"Exemples\u00a0: \u0153uvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, \u00e9l\u00e9ments ou structures de caract\u00e8re arch\u00e9ologique, inscriptions, grottes et groupes d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science.\" id=\"return-footnote-770-2\" href=\"#footnote-770-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>, les ensembles<a class=\"footnote\" title=\"Exemples\u00a0: groupes de constructions isol\u00e9es ou r\u00e9unies, qui, en raison de leur architecture, de leur unit\u00e9, ou de leur int\u00e9gration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science.\" id=\"return-footnote-770-3\" href=\"#footnote-770-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a> et les sites<a class=\"footnote\" title=\"Exemples\u00a0: \u0153uvres humaine ou \u0153uvres conjugu\u00e9es de l\u2019humain et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites arch\u00e9ologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esth\u00e9tique, ethnologique ou anthropologique.\" id=\"return-footnote-770-4\" href=\"#footnote-770-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>. La protection du patrimoine culturel qui d\u00e9coule de l\u2019approche doctrinale et l\u00e9gislative est renforc\u00e9e par la jurisprudence de la Cour p\u00e9nale internationale dans l\u2019affaire Procureur contre Al Mahdi. Dans le cadre d\u2019un conflit arm\u00e9 non international sur le territoire du Mali et l\u2019occupation ult\u00e9rieure de Tombouctou par les groupes arm\u00e9s al-Qa\u00efda au Maghreb islamique et Ansar dine, les attaques ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9es intentionnellement par M. Al Mahdi contre dix sites du patrimoine culturel les plus importants \u00e0 Tombouctou entre le 30 juin et le 11 juillet 2012. \u00c0 titre illustratif, on peut citer les mausol\u00e9es des saints et les mosqu\u00e9es de Tombouctou. (Cour p\u00e9nale Internationale, 2016, n\u00b0ICC-01\/12-01\/15). Comme au Mali, le patrimoine culturel fait face \u00e0 de nombreuses atteintes dans les r\u00e9gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun depuis 2016. Selon Human Rigth Watch, le 24 septembre 2019, des militaires du Bataillon d\u2019intervention rapide (BIR) ont attaqu\u00e9 et pill\u00e9 la chefferie de Bafut, dans la r\u00e9gion du Nord-Ouest; palais inscrit sur la liste indicative de sites du patrimoine mondial (Human Right Watch, 2019) depuis 2006 par l\u2019UNESCO,. \u00c0 l\u2019observation, le d\u00e9fi de la protection du patrimoine culturel malgr\u00e9 sa cons\u00e9cration par la l\u00e9gislation est d\u2019actualit\u00e9 au Cameroun. Pour renforcer ses motivations dans l\u2019affaire Al Madhi dans l\u2019op\u00e9ration de qualification en crime de guerre des attaques contre les mausol\u00e9es et mosqu\u00e9es de Tombouctou, la chambre de premi\u00e8re instance de la Cour p\u00e9nale internationale met en \u00e9vidence l\u2019argument suivant\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le statut que leur a accord\u00e9 l\u2019UNESCO met en \u00e9vidence l\u2019importance particuli\u00e8re que ces b\u00e2timents rev\u00eatent pour le patrimoine culturel international, sachant que \u00ab la dignit\u00e9 de l\u2019homme exigeant la diffusion de la culture et l\u2019\u00e9ducation de tous en vue de la justice, de la libert\u00e9 et de la paix, il y a l\u00e0, pour toutes les nations, des devoirs sacr\u00e9s \u00e0 remplir dans un esprit de mutuelle assistance (Affaire Al Mahdi 2016, \u00a7 46<strong>)<\/strong>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Eu \u00e9gard \u00e0 ces analyses pr\u00e9liminaires, on peut poser la question suivante : le proc\u00e8s de Tombouctou est-il le socle du renforcement de la protection internationale du patrimoine culturel? \u00c0 l\u2019observation, la destruction des biens appartenant au patrimoine culturel peut \u00eatre \u00e9rig\u00e9e en crime de guerre et sanctionn\u00e9e par les juridictions internationales comp\u00e9tentes (Nicolas, 2016, p.1). De m\u00eame, sur le plan interne des \u00c9tats, l\u2019existence d\u2019un arsenal de r\u00e9pressions concourt \u00e0 cette protection internationale. La l\u00e9gislation camerounaise n\u2019est pas rest\u00e9e insensible \u00e0 l\u2019effet de ce proc\u00e8s. \u00c0 travers la loi de juillet 2016 portant code p\u00e9nal, il a \u00e9rig\u00e9 en infraction l\u2019atteinte au patrimoine culturel. Afin de confirmer ou d\u2019infirmer l\u2019hypoth\u00e8se dans cette \u00e9tude, il convient de dire que le recours \u00e0 la m\u00e9thode juridique a permis de parcourir les instruments juridiques relatifs \u00e0 la protection internationale et nationale du patrimoine culturel afin d\u2019en faire une analyse et d\u2019appr\u00e9cier l\u2019application desdites normes par la juridiction p\u00e9nale internationale qu\u2019est la Cour p\u00e9nale internationale. De m\u00eame, l\u2019association de la m\u00e9thode socioanthropologique permet de mettre en \u00e9vidence la r\u00e9percussion d\u2019une telle protection sur le plan social. \u00c0 cet effet, si la qualification de la destruction du patrimoine culturel en crime de guerre et sa r\u00e9pression par la Cour p\u00e9nale internationale est un atout dans le renforcement de sa protection, il faut dire que cette audace a produit des effets sur l\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gislatrice au Cameroun.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>La r\u00e9pression de la destruction du patrimoine culturel sous la qualification de crime de guerre, un \u00e9l\u00e9ment suppl\u00e9mentaire de sa protection<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient de mettre l\u2019accent, d\u2019une part, sur la qualification des faits en crime de guerre comme condition de mise en jeu de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables et, d\u2019autre part, sur les sp\u00e9cificit\u00e9s des crit\u00e8res de fixation de la peine.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La qualification des faits en crime de guerre, une condition de mise en jeu de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La notion de \u00ab\u00a0crime de guerre\u00a0\u00bb fait l\u2019objet de plusieurs assertions eu \u00e9gard \u00e0 la panoplie des instruments juridiques qui en donnent une d\u00e9finition ou d\u00e9terminent son contenu. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la lecture des instruments ci-apr\u00e8s permet de mettre en \u00e9vidence les diff\u00e9rentes clarifications du crime de guerre. Il s\u2019agit notamment des Conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949, de leurs Protocoles additionnels I et II de 1977, des Conventions de la Haye de 1899 et 1907, ainsi que du Statut de Rome de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) de 1998, pr\u00e9cis\u00e9ment en son article 8. De prime abord, les Conventions de Gen\u00e8ve rel\u00e8vent plusieurs cat\u00e9gories d\u2019infractions constitutives de crimes de guerre. \u00c0 titre illustratif, on peut citer\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les exp\u00e9riences biologiques, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter une atteinte grave \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique ou \u00e0 la sant\u00e9, la destruction et l&rsquo;appropriation de biens non justifi\u00e9es par des n\u00e9cessit\u00e9s militaires et ex\u00e9cut\u00e9es sur une grande \u00e9chelle de fa\u00e7on illicite et arbitraire (Conventions de Gen\u00e8ve, 1949, cit\u00e9e par Oumba, 2007, p. 7).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Oumba fait ressortir les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction de crimes de guerre suivants<strong>\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment l\u00e9gal qui signifie qu\u2019aucun acte ne peut \u00eatre p\u00e9nalement r\u00e9prim\u00e9 s\u2019il ne constituait pas une infraction \u00e0 la loi p\u00e9nale au moment o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 commis;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment de contexte qui implique que les crimes de guerre doivent \u00eatre commis dans un contexte tout particulier en dehors duquel les m\u00eames actes ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s de crimes de guerre;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral ou psychologique qui existe lorsque la personne responsable a agi avec \u00ab intention et connaissance \u00bb ou avec l\u2019une ou l\u2019autre;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel qui suppose la commission d\u2019un acte, c\u2019est-\u00e0-dire un comportement humain ou une conduite humaine volontaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence des \u00e9l\u00e9ments constitutifs classiques d\u2019une infraction en droit p\u00e9nal, le crime de guerre a la particularit\u00e9 de se voir adjoindre un \u00e9l\u00e9ment de contexte. Par ailleurs, pour qualifier l\u2019infraction de crime de guerre dans le cadre du proc\u00e8s de Tombouctou, la CPI tire sa d\u00e9finition de l\u2019article 8 de son statut qui classe les crimes en cat\u00e9gorie. Il s\u2019agit notamment des cas suivants\u00a0: les infractions graves aux conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949 qui recouvrent des actes dirig\u00e9s contre les personnes ou les biens prot\u00e9g\u00e9s par les dispositions des conventions de Gen\u00e8ve; les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits arm\u00e9s internationaux; les violations graves de l\u2019article 3 commun aux quatre conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949 en cas de conflits arm\u00e9s ne pr\u00e9sentant pas un caract\u00e8re international; les autres violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits arm\u00e9s ne pr\u00e9sentant pas un caract\u00e8re international. La jurisprudence issue de l\u2019affaire Al Madhi d\u00e9finit le crime de guerre comme \u00e9tant<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des b\u00e2timents consacr\u00e9s \u00e0 la religion, \u00e0 l\u2019enseignement, \u00e0 l\u2019art, \u00e0 la science ou \u00e0 l\u2019action caritative, des monuments historiques, des h\u00f4pitaux et des lieux o\u00f9 des malades et des bless\u00e9s sont rassembl\u00e9s, pour autant que ces b\u00e2timents ne soient pas des objectifs militaires (Procureur c.Al Madhi, 2006, \u00a711).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">De ce qui pr\u00e9c\u00e8de, on retient que les \u00e9l\u00e9ments intentionnels, mat\u00e9riels et contextuels ci-apr\u00e8s constituent la composante de qualification des faits en crime de guerre par la CPI. Il s\u2019agit de l\u2019existence d\u2019un conflit arm\u00e9 non international, la destruction de monuments culturels et religieux \u00e0 Tombouctou, selon diff\u00e9rents modes de participation, la connaissance de l\u2019existence du conflit par la personne responsable, le lancement de l\u2019attaque par cette personne, contre un ou plusieurs b\u00e2timents consacr\u00e9s \u00e0 la religion, et qui ne sont pas des objectifs militaires (Nicolas, 2016, p. 5-7). La mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale de l\u2019auteur ou l\u2019autrice de l\u2019infraction sur la base des preuves av\u00e9r\u00e9es, dans ce cas d\u2019esp\u00e8ce, est renforc\u00e9e par l\u2019aveu spontan\u00e9 de cette personne. Deux concepts m\u00e9ritent des clarifications suppl\u00e9mentaires dans le cadre de cette analyse. Celui de \u00ab\u00a0conflit arm\u00e9 non international\u00a0\u00bb, synonyme de \u00ab guerre civile \u00bb, se caract\u00e9rise par l\u2019affrontement opposant les forces arm\u00e9es d\u2019un \u00c9tat \u00e0 des forces arm\u00e9es dissidentes ou rebelles (Verri, 1988, p. 37). En l\u2019occurrence, il s\u2019est agi d\u2019al-Qa\u00efda dont le chef \u00e9tait Al Madhi au moment des faits. S\u2019agissant de l\u2019aveu, il convient de dire que ce sont les \u00ab d\u00e9clarations par lesquelles l\u2019int\u00e9ress\u00e9 reconna\u00eet, en totalit\u00e9 ou en partie, le bien-fond\u00e9 des accusations port\u00e9es contre lui\u00a0\u00bb (Merle et Vitu, 2001, p. 234). En outre, les \u00e9l\u00e9ments suivants d\u00e9terminent la culpabilit\u00e9 de celui-ci. Tout d\u2019abord, il a supervis\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution des op\u00e9rations, utilisant ses soldats de la Hesbah et supervisant les autres attaquants venus participer aux op\u00e9rations.; il a rassembl\u00e9, achet\u00e9 et distribu\u00e9 les outils\/moyens n\u00e9cessaires pour mener l\u2019attaque. Ensuite, il \u00e9tait pr\u00e9sent sur tous les sites attaqu\u00e9s, donnant des instructions et apportant un soutien moral. Il a personnellement particip\u00e9 \u00e0 l\u2019attaque qui a conduit \u00e0 la destruction d\u2019au moins cinq monuments : a) le mausol\u00e9e Alpha Moya; b) le mausol\u00e9e Cheick Sidi Ahmed Ben Amar Arragadi; c) la porte de la mosqu\u00e9e Sidi Yahia; d) le mausol\u00e9e Ahmed Fulane, et e) le mausol\u00e9e Bahaber Babadi\u00e9. Enfin, il \u00e9tait charg\u00e9 \u2014 sur d\u00e9signation d\u2019Al Chinguetti \u2014 de communiquer avec les journalistes afin de leur expliquer l\u2019attaque et de la justifier (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a740). Ces \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants dans la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des responsables de l\u2019infraction constituent, entre autres, des crit\u00e8res d\u2019appr\u00e9ciation de la fixation de la peine.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des sp\u00e9cificit\u00e9s des crit\u00e8res de fixation de la peine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le proc\u00e8s de Tombouctou se singularise aussi par les crit\u00e8res de fixation de la peine. Au-del\u00e0 de la gravit\u00e9 du crime et la situation de la personne \u00e0 l\u2019origine de l\u2019infraction, des facteurs se rattachant aux biens culturels d\u00e9truits sont pris en compte. Notamment, l\u2019inscription au patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9, le caract\u00e8re religieux, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et les fonctions de la peine. D\u2019embl\u00e9e, la peine renvoie \u00e0 un \u00ab\u00a0ch\u00e2timent \u00e9dict\u00e9 par la loi \u00e0 l\u2019effet de pr\u00e9venir et, s\u2019il y a lieu, de r\u00e9primer l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019ordre social qualifi\u00e9e d\u2019infraction; ch\u00e2timent inflig\u00e9 en mati\u00e8re p\u00e9nale par le juge r\u00e9pressif\u00a0\u00bb (Groulez, 2007, p. 1). Elle a plusieurs fonctions\u00a0: pr\u00e9ventive, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle permet de freiner, voire d\u2019emp\u00eacher l\u2019accomplissement de comportements jug\u00e9s ind\u00e9sirables; r\u00e9paratrice, r\u00e9tributive et sociop\u00e9dagogique. (van de Kerchove, 2005, p. 25-30). Sa fixation dans un proc\u00e8s par la CPI prend en compte les consid\u00e9rations telles que la gravit\u00e9 du crime et la situation personnelle de la personne condamn\u00e9e. D\u2019ailleurs, c\u2019est que fait la Cour aux termes de l\u2019article 78 alin\u00e9a 1 du Statut de la CPI, lorsqu\u2019elle fixe la peine. La destruction de biens culturels est devenue un instrument de terreur pour les groupes tels que l\u2019\u00c9tat islamique. (Nicolas, 2016, p. 2). Par ailleurs, l\u2019inscription par l\u2019UNESCO de neuf des monuments attaqu\u00e9s au patrimoine mondial de l\u2019humanit\u00e9 renforce la gravit\u00e9 du crime commis, car leur destruction affecte non seulement les victimes directes des crimes, notamment les fid\u00e8les et habitant\u00b7e\u00b7s de Tombouctou, mais aussi toute la population du Mali et la communaut\u00e9 internationale. (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a780) Il faut rappeler que le patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9 entra\u00eene \u00ab des obligations qui non seulement engagent les \u00c9tats et les organisations internationales, mais interdisent \u00e9galement aux individus ou aux particuliers, ainsi qu\u2019\u00e0 tout autre sujet de droit international, de s\u2019en approprier \u00e0 des fins exclusives\u00a0\u00bb (Panayotopoulos, 2015, p. 35). Toutefois, cette r\u00e9pression a un fondement juridique ant\u00e9rieur au statut de la CPI. La Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit arm\u00e9 de 1954 met en place le \u00ab\u00a0registre international des biens culturels sous protection sp\u00e9ciale \u00bb dans lequel peuvent \u00eatre inscrits \u00ab\u00a0certains refuges, centres monumentaux ou autres biens culturels immeubles\u00a0\u00bb (Convention de la Haye, 1954, article 1 alin\u00e9a 1) situ\u00e9s sur le territoire de l\u2019\u00c9tat demandeur, \u00e9l\u00e9ments qui, d\u00e8s leur inscription, jouissent d\u2019une immunit\u00e9 devant \u00eatre respect\u00e9e par toutes les parties. Aussi cette Convention institutionnalise-t-elle l\u2019existence d\u2019un responsable de la protection du patrimoine culturel en cas de conflit arm\u00e9. (Panayotopoulos, 2015, p. 117). En outre, le motif religieux discriminatoire est pris \u00e9galement en compte pour \u00e9valuer la gravit\u00e9 du crime et, par cons\u00e9quent, la peine. De plus, les circonstances att\u00e9nuantes suivantes ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es pour infliger la peine de neuf ans \u00e0 l\u2019encontre du responsable de l\u2019infraction: l\u2019aveu de culpabilit\u00e9 d\u2019Ahmad Al Mahdi, sa coop\u00e9ration avec l\u2019accusation, les remords et l\u2019empathie qu\u2019il a exprim\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard des victimes, sa r\u00e9ticence initiale \u00e0 l\u2019id\u00e9e de commettre le crime et les mesures qu\u2019il a prises pour limiter les dommages caus\u00e9s et m\u00eame si elle rev\u00eat une importance limit\u00e9e, sa bonne conduite en d\u00e9tention malgr\u00e9 la situation de sa famille. (Procureur c. Al Madhi, 2006, \u00a7109). Le proc\u00e8s de Tombouctou devant la CPI renforce le r\u00e9gime de protection du patrimoine culturel. Son effet est par cons\u00e9quent perceptible en ce sens que les l\u00e9gislations internes des \u00c9tats, comme le Cameroun, garantissent la sauvegarde du patrimoine culturel.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019influence relative du proc\u00e8s de Tombouctou en droit p\u00e9nal camerounais<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La relativit\u00e9 se justifie par l\u2019internalisation implicite de la convention de l\u2019UNESCO du 16 novembre 1972 dans le Code p\u00e9nal camerounais et la correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel en droit p\u00e9nal camerounais.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019internalisation implicite de la convention de l\u2019UNESCO du 16 novembre 1972 dans le Code p\u00e9nal camerounais<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autorit\u00e9 l\u00e9gislatrice en droit p\u00e9nal camerounais, \u00e0 travers l\u2019article 187 alin\u00e9a 1, marque son adh\u00e9sion au principe de sauvegarde du patrimoine culturel contre toutes atteintes. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate est la possibilit\u00e9 de mettre en mouvement l\u2019action publique pour assurer la r\u00e9pression en cas d\u2019atteinte justifi\u00e9e. Mais il convient de noter que la l\u00e9gislation en cette mati\u00e8re est impr\u00e9cise sur la d\u00e9finition de patrimoine culturel et naturel dans le Code p\u00e9nal. Peut-\u00eatre, il se r\u00e9f\u00e8re au droit international en la mati\u00e8re (UNESCO, 1972) comme il le pr\u00e9cise dans l\u2019expos\u00e9 de motif de ce code \u00e0 propos de l\u2019internalisation des conventions internationales. Les biens prot\u00e9g\u00e9s par la l\u00e9gislation p\u00e9nale camerounaise concernent le patrimoine culturel et naturel national. Ce dernier comprend :<\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les monuments naturels constitu\u00e9s par des formations physiques et biologiques ou par des groupes de telles formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue esth\u00e9tique ou scientifique,<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les formations g\u00e9ologiques et physiographiques et les zones strictement d\u00e9limit\u00e9es constituant l\u2019habitat d\u2019esp\u00e8ces animale et v\u00e9g\u00e9tale menac\u00e9es, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation,<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">Les sites naturels ou les zones naturelles strictement d\u00e9limit\u00e9es, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science, de la conservation ou de la beaut\u00e9 naturelle (UNESCO, 1982, article 2)<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p>Par contre, la convention de l\u2019UNESCO d\u00e9finit de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e le patrimoine culturel en ces termes :<\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[\u2026] sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u201cpatrimoine culturel\u201d :<\/span><\/li>\n<li>Les monuments : \u0153uvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, \u00e9l\u00e9ments ou structures de caract\u00e8re arch\u00e9ologique, inscriptions, grottes et groupes d\u2019\u00e9l\u00e9ments, qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science,<\/li>\n<li>Les ensembles : groupes de constructions isol\u00e9es ou r\u00e9unies, qui, en raison de leur architecture, de leur unit\u00e9, ou de leur int\u00e9gration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science,<\/li>\n<li>Les sites : \u0153uvres de l\u2019homme ou \u0153uvres conjugu\u00e9es de l\u2019homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites arch\u00e9ologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esth\u00e9tique, ethnologique ou anthropologique (UNESCO, 1972, article 1).<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte camerounais manifeste un laconisme dans sa d\u00e9finition du patrimoine culturel et l\u2019affirmation de son attachement \u00e0 la convention de l\u2019UNESCO qui est implicitement une consid\u00e9ration de la d\u00e9finition du patrimoine culturel par l\u2019UNESCO, reprise par la jurisprudence Procureur contre Al Madhi de la CPI. On peut en d\u00e9duire que la pr\u00e9occupation de la protection sp\u00e9ciale, dans l\u00e9gislation camerounaise, est av\u00e9r\u00e9. Il conviendra d\u2019en appr\u00e9cier dans les modalit\u00e9s de r\u00e9pression des atteintes \u00e0 ces biens.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel en droit p\u00e9nal camerounais<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Code p\u00e9nal est un texte essentiellement r\u00e9pressif. Il pr\u00e9voit des infractions et leurs r\u00e9pressions. Pour y parvenir, il faut d\u00e9finir l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel et intentionnel de l\u2019infraction dans le processus de qualification. \u00c0 la lecture de l\u2019article 187 du Code p\u00e9nal camerounais, le texte met essentiellement l\u2019accent sur les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels, constitutifs de l\u2019infraction d\u2019atteintes au patrimoine culturel et naturel national. Cette \u00e9num\u00e9ration se pr\u00e9sente de la mani\u00e8re suivante\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\">l\u2019exploitation et l\u2019exportation illicite des biens culturels et naturels de l\u2019\u00c9tat ou encore toute forme de d\u00e9valorisation de ce patrimoine;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">le refus d\u2019inscrire \u00e0 l\u2019inventaire ou d\u2019enregistrer les biens meubles et immeubles appartenant \u00e0 l\u2019\u00c9tat, aux collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es, aux personnes physiques ou morales, et pr\u00e9sentant du point de vue de l\u2019histoire de l\u2019art ou de la pens\u00e9e, de la science, de la technique et du tourisme et pr\u00e9sentant un int\u00e9r\u00eat suffisant pour rendre n\u00e9cessaire leur pr\u00e9servation;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">le refus de classer ou de d\u00e9classer un bien culturel et naturel de l\u2019\u00c9tat;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">apposer des affiches ou des dispositifs de publicit\u00e9s sur les monuments class\u00e9s, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Fort heureusement, une jurisprudence camerounaise ancienne mise en \u00e9vidence par la doctrine rel\u00e8ve l\u2019existence de l\u2019\u00e9l\u00e9ment intentionnel. Keugong rel\u00e8ve que les juges camerounais, dans l\u2019application de l\u2019article 316 relatif \u00e0 la destruction des biens, ont toujours exig\u00e9 l\u2019existence d\u2019un \u00e9l\u00e9ment intentionnel qui consiste en la volont\u00e9 de nuire \u00e0 autrui en le privant enti\u00e8rement ou partiellement de son bien<a class=\"footnote\" title=\"C. S., Arr\u00eat n\u00b0 107 du 17 janvier 1961, B.A.C.S., n\u00b0 3, p. 66\" id=\"return-footnote-770-5\" href=\"#footnote-770-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a> (Keugong, 2020, p. 280). Le texte sanctionne ces agissements des peines allant de 06 mois \u00e0 02 ans d\u2019emprisonnement ferme et une amende allant de 100 000 F CFA \u00e0 3 000 000 F CFA. On peut se rendre compte qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence du droit international p\u00e9nal en la mati\u00e8re, la loi camerounaise classe cette infraction dans la cat\u00e9gorie des d\u00e9lits. Cette correctionnalisation de l\u2019atteinte au patrimoine culturel adoucit-elle la protection particuli\u00e8re inaugur\u00e9e par le proc\u00e8s de Tombouctou? Cette question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre analys\u00e9e en consid\u00e9ration de la multiplication de foyers de guerre dans les r\u00e9gions septentrionales et anglophones du Cameroun; pays qui regorge des sites inscrits au patrimoine commun de l\u2019humanit\u00e9. Il abrite deux patrimoines naturels class\u00e9s par l\u2019UNESCO : la r\u00e9serve de faune du Dja\u00a0et le Trinational de la Sangha. La question qui se pose est de savoir si les autorit\u00e9s judiciaires du Cameroun seront comp\u00e9tentes pour qualifier de crimes de guerre l\u2019atteinte \u00e0 ces patrimoines en cas de survenance, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles ne l\u2019ont pas comme le pr\u00e9voyait la l\u00e9gislation internationale. N\u2019\u00e9tant pas signataire du statut de Rome sur la CPI, la juridiction p\u00e9nale camerounaise ne peut pas offrir le m\u00eame traitement aux responsables de l\u2019infraction en vertu de la r\u00e8gle \u00ab\u00a0pas d\u2019infraction sans texte\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pas de sanction sans texte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers le proc\u00e8s historique de Tombouctou, la Cour p\u00e9nale internationale r\u00e9affirme toute sa d\u00e9termination dans la protection internationale du patrimoine culturel et naturel de l\u2019\u00c9tat malien, par ailleurs patrimoine de l\u2019humanit\u00e9. Les effets de ce proc\u00e8s sont multidimensionnels. Sur le plan international, toute atteinte au patrimoine culturel est d\u00e9sormais qualifi\u00e9e de crime de guerre en temps de guerre. Sur le plan interne du Cameroun par exemple, la r\u00e9forme p\u00e9nale de 2016 s\u2019en inspire et apporte une innovation importante\u00a0: la protection p\u00e9nale des biens culturels. M\u00eame si \u00e0 ce niveau, la destruction de ces biens est un d\u00e9lit, la notion de patrimoine culturel et naturel reste textuellement \u00e0 repr\u00e9ciser. La multiplication des foyers de crises au Cameroun n\u2019est-elle pas l\u2019occasion de criminaliser les atteintes potentielles au patrimoine culturel?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Babelon, Jean-Pierre et Chastel, Andr\u00e9. 1994. <em>La Notion de patrimoine.<\/em> Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Basilico, Sandrine. 2005<em>. Red\u00e9finir le Patrimoine culturel \u00e0 l\u2019heure de la globalisation. Des cultures et des Hommes. Clefs anthropologiques pour la mondialisation<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cour P\u00e9nale Internationale. 2006. Affaire Procureur c. Al Madhi.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Edimo, Fran\u00e7ois. 2016. L\u2019incrimination du terrorisme en droit p\u00e9nal camerounais. <em>Juridical Tribune<\/em>, <em>6<\/em>(1), 164-174.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esso, Laurent. 2016. Lumi\u00e8re sur le Code p\u00e9nal<em>.<\/em> Communication gouvernementale du 15 juillet. Ministre de la Justice du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Frier, Pierre-Laurent. 2003.\u00a0Le patrimoine. Dans Denis Alland et St\u00e9phane Rials, <em>Dictionnaire de la culture juridique.<\/em> Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Groulez, Margaux. 2007. <em>L\u2019Individualisation de la sanction p\u00e9nale<\/em>. M\u00e9moire de master 2, droit priv\u00e9 approfondi, sp\u00e9cialit\u00e9 p\u00e9nale, Universit\u00e9 de Lille 2.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">van de Kerchove, Michel. 2005. Les fonctions de la sanction p\u00e9nale : entre droit et philosophie.\u00a0<em>Informations sociales<\/em> 127, 22-31. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/inso.127.0022#xd_co_f=MmNlOGZhODUxMmExMzBiMzRjYjE1ODMzMTY4MTI4OTE=~\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/inso.127.0022<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Keugong Watcho, R.\u00a0S. 2020. La protection du patrimoine culturel et naturel national par le nouveau Code p\u00e9nal camerounais. <em>Annales de l\u2019Universit\u00e9 de Parakou<\/em>, <em>3<\/em>(1), 271-287.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Le H\u00e9garat, Thibault. 2015. Un historique de la notion de patrimoine<em>.<\/em> Archives ouvertes en ligne, https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-01232019.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nicolas,\u00a0<strong>Marie. 2016.<\/strong> Le verdict de Tombouctou\u00a0: Le prix des remords.\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme [en ligne]<\/em>. https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2661<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nicolas,\u00a0<strong>Marie. 2016<\/strong>. Le proc\u00e8s de Tombouctou\u00a0: Un tournant historique?\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme<\/em>\u00a0[en ligne]. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2109\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.2109<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merle, Roger et Vitu. 2001.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mignot-Mahdavi,<strong> Rebecca<\/strong>. 2014.\u00a0La notion de peine en droit international p\u00e9nal \u00e9clair\u00e9e par la CPI.\u00a0<em>La Revue des droits de l\u2019homme<\/em>\u00a0[en ligne]. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.838\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/revdh.838<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">OUMBA, Parfait. 2017. Crimes de guerre, d\u00e9finitions et distinctions. S\u00e9minaire de formation \u00e0 l\u2019Ecole nationale de la magistrature sur le droit international humanitaire, 9 mai 2017, Yaound\u00e9. https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01591453\/file\/Crimes de guerre d\u00e9finitions et distinction.pdf<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pradel, Jean. 1999. <em>Principes de droit criminel. 1\u00a0: Droit p\u00e9nal g\u00e9n\u00e9ral<\/em>. Paris\u00a0: Cujas.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. 1972. <em>Patrimoine. <\/em>Indicateurs UNESCO de la culture pour le d\u00e9veloppement. Manuel m\u00e9thodologique. <a href=\"https:\/\/fr.unesco.org\/creativity\/activities\/indicateurs-unesco-de-culture-pour-developpement\">https:\/\/fr.unesco.org\/creativity\/activities\/indicateurs-unesco-de-culture-pour-developpement<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. 1972. Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. En ligne : http:\/\/portal.unesco.org\/fr\/ev.php-URL_ID=13055&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/serges-frederic-mboumegne-dzesseu\">Serges Fr\u00e9d\u00e9ric MBOUMEGNE DZESSEU<\/a><\/strong><br \/>Titulaire d\u2019un doctorat PhD en droit, l&rsquo;auteur est Ma\u00eetre de recherche, Juriste au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun). Il a coordonn\u00e9 le groupe de r\u00e9flexion \u00ab Justice, L\u00e9gislation et D\u00e9veloppement \u00bb au sein du laboratoire de recherche \u00ab Droit, Soci\u00e9t\u00e9 et D\u00e9veloppement \u00bb du D\u00e9partement des \u00e9tudes politiques et juridiques (Centre National d\u2019\u00c9ducation). Par ailleurs, il est charg\u00e9 d\u2019enseignement \u00e0 la facult\u00e9 de droit  et sciences politiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Nantes (France). Membre-expert du Comit\u00e9 pour la Pr\u00e9vention de la Torture (CPTA) en Afrique (m\u00e9canisme sp\u00e9cial de la Commission africaine des droits de l\u2019homme et des peuples), il est \u00e9galement consultant international et auteur de plusieurs publications.<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/contributors\/valery-bleriot-djomo-tamen\">Val\u00e9ry Bl\u00e9riot DJOMO TAMEN<\/a><\/strong><br \/>Doctorant en science politique, Val\u00e9ry Bl\u00e9riot DJOMO TAMEN est charg\u00e9 de recherche au Centre national d\u2019\u00e9ducation du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun).<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-770-1\">Article 1 de la convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 sa dix-septi\u00e8me session \u00e0 Paris, le 16 novembre 1972. <a href=\"#return-footnote-770-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-770-2\">Exemples\u00a0: \u0153uvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, \u00e9l\u00e9ments ou structures de caract\u00e8re arch\u00e9ologique, inscriptions, grottes et groupes d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science. <a href=\"#return-footnote-770-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-770-3\">Exemples\u00a0: groupes de constructions isol\u00e9es ou r\u00e9unies, qui, en raison de leur architecture, de leur unit\u00e9, ou de leur int\u00e9gration dans le paysage, ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l\u2019histoire, de l\u2019art ou de la science. <a href=\"#return-footnote-770-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-770-4\">Exemples\u00a0: \u0153uvres humaine ou \u0153uvres conjugu\u00e9es de l\u2019humain et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites arch\u00e9ologiques qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esth\u00e9tique, ethnologique ou anthropologique. <a href=\"#return-footnote-770-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-770-5\">C. S., Arr\u00eat n\u00b0 107 du 17 janvier 1961, B.A.C.S., n\u00b0 3, p. 66 <a href=\"#return-footnote-770-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":50,"menu_order":8,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["serges-frederic-mboumegne-dzesseu","valery-bleriot-djomo-tamen"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[77,213],"license":[],"class_list":["post-770","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-atteinte","motscles-cour-penale-internationale","motscles-crime-de-guerre","motscles-droit-penal","motscles-patrimoine-culturel","motscles-proces","motscles-repression","keywords-criminal-law","keywords-cultural-heritage","keywords-infringement","keywords-international-criminal-court","keywords-repression","keywords-trial","keywords-war-crime","contributor-serges-frederic-mboumegne-dzesseu","contributor-valery-bleriot-djomo-tamen"],"part":760,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/770","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/users\/50"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/770\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1160,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/770\/revisions\/1160"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/760"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/770\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=770"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=770"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=770"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/adilaaku\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=770"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}