{"id":202,"date":"2021-10-18T12:14:53","date_gmt":"2021-10-18T10:14:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/?post_type=chapter&#038;p=202"},"modified":"2022-05-22T17:49:01","modified_gmt":"2022-05-22T15:49:01","slug":"sere-seydou2021","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/texte\/sere-seydou2021\/","title":{"rendered":"Trajectoire r\u00e9sidentielle des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et migrant\u00b7e\u00b7s \u00e0 Ouagadougou"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Entr\u00e9es tardivement dans le processus de transition urbaine, les villes africaines connaissent aujourd\u2019hui les taux de croissance les plus \u00e9lev\u00e9s au monde (Moriconi-Ebrard, 1993; Africapolis, 2008; Amadou Sanni <em>et al<\/em>., 2009). Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. C\u2019est une m\u00e9tropole en forte croissance d\u00e9mographique et spatiale, avec une population aujourd\u2019hui estim\u00e9e \u00e0 3 millions d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s et une superficie de 518\u00a0km2, soit une densit\u00e9 de (5\u00a0792\u00a0hab.\/km). Cette croissance rapide est li\u00e9e au mouvement naturel et \u00e0 une migration \u00e9galement importante, \u00e0 la fois internationale, avec les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s du conflit ivoirien au cours des ann\u00e9es 2000 et interne avec la persistance de flux migratoires d\u2019origine rurale (Prat, 1996; Ou\u00e9draogo <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2007; Guengant, 2009; Delaunay, 2009; Boyer, 2010; Rossier et <em>al.,<\/em> 2013). Selon l\u2019observatoire de la population de Ouagadougou (OPO), 71 % des adultes de plus de 15 ans ne sont pas n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la capitale (Rossier et <em>al.,<\/em> 2013). Cette croissance soutenue exerce une pression extr\u00eamement forte sur la situation r\u00e9sidentielle des Ouagalais\u00b7es, contraint\u00b7e\u00b7s tr\u00e8s souvent \u00e0 des arrangements difficiles. L\u2019offre publique \u00e9tant n\u00e9gligeable et le march\u00e9 immobilier majoritairement informel, les candidat\u00b7e\u00b7s au logement sont souvent oblig\u00e9\u00b7e\u00b7s de se d\u00e9placer \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie \u00ab\u00a0non lotie\u00a0\u00bb de la ville, sur des parcelles acquises et autoconstruites de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re, dans l\u2019attente d\u2019une r\u00e9gularisation \u00e9ventuelle (lotissement). D\u2019autres cohabitent avec leurs parents, avec des membres de leur famille ou sont h\u00e9berg\u00e9\u00b7e\u00b7s chez un tiers ou une tierce, souvent dans des conditions inconfortables. D\u2019autres enfin se rabattent sur des solutions locatives, avec des loyers souvent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 leurs revenus. Le march\u00e9 r\u00e9sidentiel \u00e0 Ougadougou est donc caract\u00e9ris\u00e9 par une grande tension entre l\u2019offre et la demande, et par une grande diversit\u00e9 de situations, entre habitant\u00b7e\u00b7s des secteurs lotis ou non lotis, mais aussi entre locataires, propri\u00e9taires, usufruitier\u00b7e\u00b7s ou personnes h\u00e9berg\u00e9es.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est dans ce contexte que l\u2019IRD[footnote]Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement.[\/footnote] a men\u00e9 un programme de recherche d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Ouaga 2009[footnote]\u00ab Ouaga 2009 : peuplement de Ouagadougou et d\u00e9veloppement urbain \u00bb, conduit par Florence BOYER et Daniel DELAUNAY, avec le financement du SCAC de l\u2019Ambassade de France au Burkina Faso.[\/footnote]\u00a0\u00bb portant sur la mesure des mobilit\u00e9s spatiales \u00e0 Ouagadougou sur l\u2019ensemble de la ville. L\u2019enqu\u00eate par questionnaire men\u00e9e en 2009 sur 1\u00a0965 logements et 10\u00a0540 individus a permis de collecter une information tr\u00e8s riche sur un domaine tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Ouagadougou. Dans la continuit\u00e9 de ce projet, nous avons entrepris en novembre 2012 une th\u00e8se centr\u00e9e sur <em>les strat\u00e9gies r\u00e9sidentielles des jeunes adultes \u00e0 Ouagadougou<\/em>[footnote]Th\u00e8se en cotutelle entre l\u2019Universit\u00e9 de Ouagadougou et l\u2019Universit\u00e9 Rennes 2, co-dirig\u00e9e par les Professeurs Vincent GOUESET et Georges COMPAORE.[\/footnote]. En effet, apr\u00e8s 18\u00a0ans, les jeunes adultes amorcent progressivement leur autonomie r\u00e9sidentielle en franchissant diff\u00e9rentes \u00e9tapes de leur cycle de vie\u00a0: fin d\u2019\u00e9tudes et entr\u00e9e dans la vie active, d\u00e9cohabitation parentale, mise en m\u00e9nage, acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 et recherche d\u2019un logement propre, id\u00e9alement en accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. La stabilisation familiale, professionnelle et r\u00e9sidentielle n\u2019est souvent acquise qu\u2019\u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9, entre 30 et 40\u00a0ans, et les jeunes adultes (18-40\u00a0ans), qui constituent 60\u00a0% de la population urbaine (INSD[footnote]Institut national de la statistique et de la d\u00e9mographie.[\/footnote], 2006), repr\u00e9sentent aussi le segment le plus expos\u00e9 de la population ouagalaise aux tensions du march\u00e9 r\u00e9sidentiel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article porte sur les probl\u00e8mes de r\u00e9sidence \u00e0 Ouagadougou rencontr\u00e9s par les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s. Il exploite les r\u00e9sultats de deux principaux corpus de donn\u00e9es mobilis\u00e9es dans nos travaux de th\u00e8se et l\u2019enqu\u00eate \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb. Entre 2013 et 2015, nous avons men\u00e9 des entretiens approfondis aupr\u00e8s de jeunes adultes et de leur entourage, mais aussi aupr\u00e8s d\u2019acteurs institutionnels et de personnes-ressources jouant un r\u00f4le dans la question du logement \u00e0 Ouagadougou ou connaissant le sujet. Il \u00e9tudie de fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique la situation compar\u00e9e des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et des migrant\u00b7e\u00b7s. Il sera ainsi question de montrer comment les avantages et les handicaps relatifs \u00e0 chacune des situations se traduisent ou non par des trajectoires r\u00e9sidentielles sp\u00e9cifiques. La composante migratoire intervient comme un facteur important, parmi d\u2019autres (\u00e2ge, sexe, activit\u00e9, situation familiale et position sociale), dans les conditions d\u2019acc\u00e8s au logement.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Aper\u00e7u des migrations urbaines au Burkina Faso\u00a0\u00a0 <\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au Burkina Faso, \u00e0 l\u2019instar des autres pays d\u2019Afrique, l\u2019armature urbaine est principalement caract\u00e9ris\u00e9e par deux grandes villes, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Ces deux villes ont accueilli ensemble 60\u00a0% des migrations en 1996 et 53,7\u00a0% en 2006 (INSD, 1996, 2009). Elles font face \u00e0 d\u2019importantes immigrations qui ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 leur extension g\u00e9ographique et leur croissance d\u00e9mographique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres villes africaines, Ouagadougou conna\u00eet une croissance tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e de sa population \u00e0 raison de 3, % par an (Beauchemin, 2003). Cette croissance \u00e9tait estim\u00e9e en 2009 \u00e0 7,6\u00a0% (Guengant, 2009). Elle accueille 47\u00a0% des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes contre 4\u00a0% d\u2019\u00e9migrant\u00b7e\u00b7s pour toute la province du Kadiogo dont elle est le chef-lieu (Zongo <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2008).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le taux de croissance des migrations est de 1,5\u00a0% pour les migrations interurbaines contre 1,4\u00a0% pour les migrations des zones rurales vers les urbaines. Aussi, les soldes migratoires en zone urbaine \u00e9taient entre 1969 et 1973 de 18\u00a0705 contre 66\u00a0169 entre 1995 et 1999 (Kabbanji, Pich\u00e9 et Dabir\u00e9, 2007).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, les migrations de retour (de la C\u00f4te d\u2019Ivoire surtout), l\u2019exode rural, les migrations interurbaines contribuent \u00e0 faire de Ouagadougou le centre urbain le plus important du pays. Bon nombre de ces migrant\u00b7e\u00b7s de retour se sont install\u00e9s surtout dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques pr\u00e9caires non lotis. L\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique de l\u2019agglom\u00e9ration de Ouagadougou se caract\u00e9rise par sa rapidit\u00e9, ce qui pose des probl\u00e8mes d\u2019expansion de l\u2019habitat et de mise en place des infrastructures et des \u00e9quipements dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques d\u00e9favoris\u00e9s (Zongo et Koudougou<em>.<\/em>, 2008).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La ville de Ouagadougou accueille des migrant\u00b7e\u00b7s provenant d\u2019horizons divers. En effet, les migrations interurbaines des populations des villes comme Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Koudougou, Kaya, Fada N\u2019Gourma, etc. vers la capitale sont en croissance. Une aur\u00e9ole de provinces autour de Ouagadougou (Zoundw\u00e9ogo, Oubritenga et Kourw\u00e9ogo) enregistre une tr\u00e8s forte baisse de leur croissance et dessine en quelque sorte la premi\u00e8re aire de recrutement migratoire de la capitale. Ces provinces voisines sont les premi\u00e8res \u00e0 fournir les migrant\u00b7e\u00b7s (DGAT\/DLR, 2006[footnote]Direction G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Am\u00e9nagement du Territoire du D\u00e9veloppement Local et R\u00e9gional[\/footnote]). Ces populations rurales qui arrivent en ville sont pour la plupart dans des situations pr\u00e9caires; ce qui limite leur acc\u00e8s aux ressources urbaines, en particulier au logement d\u2019o\u00f9 leur installation dans les quartiers non lotis.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces arriv\u00e9es dans les zones p\u00e9riph\u00e9riques non loties posent des d\u00e9fis en termes de croissance spatiale urbaine. Ces quartiers se d\u00e9veloppent certes autour de la ville, mais on constate des installations particuli\u00e8rement le long des axes routiers qui sont en direction des villages d\u2019origine de ces nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes. Rel\u00e9gu\u00e9\u00b7e\u00b7s aux portes de la ville, ils ou elles sont per\u00e7u\u00b7e\u00b7s comme des laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-comptes, des mal-log\u00e9\u00b7e\u00b7s voire des sans-domiciles fixes, alors qu\u2019ils ou elles participent \u00e0 la vie de la cit\u00e9 (Schoumaker et <em>al.<\/em>, 2003\u00a0).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Lieu de naissance des Ouagalais\u00b7es<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les migrations contribuent \u00e0 la croissance rapide de la population ouagalaise. Dans ce travail, nous nous int\u00e9resserons aux nombreux Ouagalais\u00b7es qui ne sont pas n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la capitale. Ils et elles repr\u00e9sentent environ 71\u00a0% de la population de plus de 15 ans selon l\u2019Observatoire de la population de Ouagadougou (Rosier <em>et al<\/em>., 2013). Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude Ouaga 2009 indiquent qu\u2019un peu moins de la moiti\u00e9 de la population, \u00e0 savoir 46,72\u00a0%, est n\u00e9e \u00e0 Ouagadougou contre 33,59\u00a0% pour les jeunes adultes. Plus de la moiti\u00e9 des habitant\u00b7e\u00b7s de la ville, soit 53,28\u00a0%, est n\u00e9e hors de Ouagadougou. Chez les jeunes adultes, cette proportion est 66,42\u00a0%. Elle se r\u00e9partit comme suit\u00a0: 42,05\u00a0% sont n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans le reste du Burkina Faso, 8,54\u00a0% en C\u00f4te d\u2019Ivoire, 2,04\u00a0% en Afrique de l\u2019Ouest et 0,65\u00a0% dans le reste du monde. Les d\u00e9placements internes, notamment l\u2019exode rural et les mobilit\u00e9s interurbaines, occupent une place importante dans ce processus.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Lieux de naissance des Ouagalais\u00b7es<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Lieu de naissance<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Population totale (%)<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>18-40 ans %<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Ouagadougou<\/td>\r\n<td>46,72<\/td>\r\n<td>33,59<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Reste du Burkina Faso<\/td>\r\n<td>42,05<\/td>\r\n<td>50,64<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>C\u00f4te d'Ivoire<\/td>\r\n<td>8,54<\/td>\r\n<td>12,53<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Afrique de l'Ouest<\/td>\r\n<td>2,04<\/td>\r\n<td>2,4<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Reste du monde<\/td>\r\n<td>0,65<\/td>\r\n<td>0,85<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Total<\/td>\r\n<td>100<\/td>\r\n<td>100<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p style=\"text-align: center\">Source<strong>\u00a0:<\/strong> Ouaga 2009<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon le genre, la structure par sexe de Ouagadougou est diff\u00e9rente de la structure de l\u2019ensemble de la population urbaine burkinab\u00e8. La population est compos\u00e9e d\u2019environ 50,5\u00a0% d\u2019hommes et de 49,5\u00a0% de femmes (INSD, 2006). Cette tendance est confirm\u00e9e par les r\u00e9sultats de \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb. En effet, des r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude, on retient que la population totale est compos\u00e9e de 50,83\u00a0% d\u2019hommes et 49,17\u00a0% de femmes. Cette tendance est aussi respect\u00e9e chez les 18-40 ans, les hommes sont l\u00e9g\u00e8rement les plus nombreux avec 50,56\u00a0% contre 49,44\u00a0% de femmes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9partition des habitant\u00b7e\u00b7s selon le lieu de naissance (n\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 Ouagadougou, hors de Ouagadougou, dans le reste du pays et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays) est visible dans les cartes pr\u00e9sent\u00e9es dans ce travail. Les personnes n\u00e9es dans la zone d\u2019enqu\u00eate se trouvent dans les quartiers centraux tels que Dapoya, Saint L\u00e9on, Bilbalogho, Larl\u00e9, etc., dans le p\u00e9riph\u00e9rique centre nord et nord-est. Les zones des quartiers comme Zagtouli, Nioko et Saaba font partie de cette cat\u00e9gorie. Pr\u00e9alablement des villages, elles ont \u00e9t\u00e9 par la suite rattach\u00e9es \u00e0 la ville de Ouagadougou, \u00e0 l\u2019exception de Saaba qui demeure une commune rurale. Le processus d\u2019urbanisation et d\u2019extension de la ville, ainsi que leur \u00e9talement dans le temps, a amen\u00e9 certains quartiers p\u00e9riph\u00e9riques tr\u00e8s autochtones \u2013 correspondant \u00e0 des villages traditionnels \u2013 \u00e0 rattraper la ville. Leur pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019est et au nord-est est n\u00e9gligeable.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux personnes n\u00e9es dans les localit\u00e9s du Burkina Faso autres que Ouagadougou, elles sont localis\u00e9es dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques au nord (Bissighin, Watinoma), au sud (Tengadogo, Balkui, Patte d\u2019Oie) \u00e0 l\u2019est (Djicof\u00e8) et \u00e0 l\u2019ouest (Zongo). Il ressort de cela que la majorit\u00e9 des habitant\u00b7e\u00b7s n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la zone d\u2019enqu\u00eate sont localis\u00e9\u00b7e\u00b7s au centre, au nord et \u00e0 l\u2019est de la ville. Les personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger se r\u00e9partissent \u00e0 deux endroits. Elles sont pr\u00e9sentes au Centre-Ouest (Koulouba, Zone du Bois, Dassasgho...) du fait de la pr\u00e9sence des infrastructures universitaires, des services ou des quartiers d\u2019expatri\u00e9\u00b7e\u00b7s. L\u2019autre porte d\u2019acc\u00e8s est du c\u00f4t\u00e9 ouest de la route nationale no\u00a01 Ouagadougou-Bobo-Dioulasso et le nord-ouest accueille pr\u00e9f\u00e9rentiellement les personnes venues de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Elles s\u2019ins\u00adtallent dans les quartiers situ\u00e9s sur l\u2019axe par lequel elles entrent dans la ville.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><img class=\"size-full wp-image-203 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4.jpg\" alt=\"\" width=\"524\" height=\"515\" \/><\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Quartiers d\u2019accueil \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les flux vers la ville de Ouagadougou sont importants \u00e0 l\u2019entr\u00e9e l\u2019ouest, nord et sud. Les migrant\u00b7e\u00b7s, notamment ceux et celles venant de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, acc\u00e8dent principalement par l\u2019ouest comme le montre la carte 5. Nos entretiens confirment que l\u2019ouest est effectivement leur point d\u2019entr\u00e9e dans la ville. Les quartiers et arrondissement d\u2019accueil sont\u00a0: Zone\u00a01, Taabtenga, Djicof\u00e8, dans l\u2019arrondissement\u00a010; Nioko\u00a02 dans l\u2019arrondissement\u00a04; les quartiers de Zongo, Bissighin, Kilwin et Tanpouy situ\u00e9s respectivement dans l\u2019arrondissement 8, 9 et 3 et les quartiers situ\u00e9s au sud de la ville de Tengadogo et de Nagrin.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_204\" align=\"aligncenter\" width=\"630\"]<img class=\"wp-image-204 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5.jpg\" alt=\"\" width=\"630\" height=\"400\" \/> Carte 5. Flux migratoire vers Ouagadougou[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Motifs de l\u2019immigration, insertion et strat\u00e9gies r\u00e9sidentielles<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une fois arriv\u00e9\u00b7e\u00b7s en ville, les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s adoptent plusieurs strat\u00e9gies d\u2019insertion r\u00e9sidentielle et professionnelle. Selon, Dureau (1985)\u00a0, Ou\u00e9draogo (1987)\u00a0, Pich\u00e9 <em>et al<\/em>. (2000), l\u2019insertion peut se d\u00e9composer en plusieurs modalit\u00e9s en fonction du domaine sur lequel elle se porte : insertion professionnelle et insertion sociale. Les facteurs \u00e9conomiques repr\u00e9sentent l\u2019une des raisons essentielles des migrations (Fall, 1987; Bocquier <em>et al.<\/em>, 2000\u00a0; Ou\u00e9draogo, 2002; Ou\u00e9draogo <em>et al<\/em>., 2007; Lejeune, 2007 \u00a0; Guillot, 2007\u00a0). Pour la plupart des \u00e9tudes (Todaro et Harris, 1970 \u00a0; Lututala\u00a0, 1995; Pott, 1997\u00a0), le travail reste la principale motivation des d\u00e9parts.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les facteurs sociaux occupent \u00e9galement une part importante dans les d\u00e9terminants de la migration. En effet, ces facteurs qui sont entre autres les exigences familiales, les \u00e9tudes et l\u2019attraction de la ville sont \u00e9voqu\u00e9s dans plusieurs travaux (Antoine <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 1992; Fall, 1987; Ndione\u00a0 <em>et <\/em><em>al.<\/em>, 2004). Schoumaker <em>et <\/em><em>al.<\/em> (2002) ont \u00e9tudi\u00e9 les motifs sociaux des migrations dans la ville de Ouagadougou. La situation se pr\u00e9sente comme suit\u00a0: les raisons de famille viennent en premi\u00e8re position soit environ 23\u00a0%, puis les \u00e9tudes 17\u00a0% et la sant\u00e9 pr\u00e8s de 5\u00a0%. Environ 40\u00a0% des d\u00e9plac\u00e9es femmes viennent \u00e0 Ouagadougou pour des raisons de famille, majoritairement le mariage. Cette proportion est d\u2019environ 5\u00a0% chez les hommes. La ville demeure, selon ces chercheurs, le lieu d\u2019attraction pour les populations du pays, qu\u2019elles r\u00e9sident \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Beauchemin et Schoumaker (2004)\u00a0 \u00e9voquent les m\u00eames causes, mais soulignent \u00e9galement l\u2019\u00e9quipement et les infrastructures dont disposent les deux grandes villes, notamment Ouagadougou et Bobo Dioulasso, comme autant de facteurs qui attirent les candidat\u00b7e\u00b7s \u00e0 l\u2019immigration.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Plusieurs strat\u00e9gies sont d\u00e9velopp\u00e9es par les habitant\u00b7e\u00b7s pour s\u2019ins\u00e9rer et acc\u00e9der \u00e0 un logement \u00e0 Ouagadougou. Les jeunes adultes d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s arriv\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 Ouaga (des autres localit\u00e9s du pays et hors du Burkina Faso) viennent le plus souvent soit pour les \u00e9tudes ou la recherche d\u2019un travail, soit pour des raisons sociales ou de famille, ou sont simplement de retour apr\u00e8s un s\u00e9jour pass\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les quartiers proches de l\u2019universit\u00e9, Zogona, 1\u00a0200 logements, Wemtenga, Dagnoin, dans une moindre mesure, la Zone du Bois, ainsi que les quartiers centraux de Koulouba et Paspanga sont ceux qui abritent une part importante de migrant\u00b7e\u00b7s. D\u2019autres quartiers du centre historique ou du p\u00e9ricentre au sud comme de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des barrages sont \u00e9galement concern\u00e9s par ce type de migration internationale. Au cours des ann\u00e9es 2000 \u00e0 2010, suite \u00e0 la crise ivoirienne, nombreux et nombreuses sont les jeunes revenu\u00b7e\u00b7s par contrainte et qui se sont install\u00e9\u00b7e\u00b7s dans les quartiers tels que Marcoussis, Watinoma, situ\u00e9s au nord de la ville, mais aussi dans les quartiers lotis centraux et p\u00e9ricentraux particuli\u00e8rement pour les \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes, ils ou elles s\u2019installent en zone non lotie, surtout s\u2019ils ou elles sont \u00e0 la recherche d\u2019un travail. Ce choix s\u2019explique le plus souvent par leur manque de moyens. Ils ou elles sont donc oblig\u00e9\u00b7e\u00b7s de s\u2019installer une connaissance ou aller en location avant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. De nos analyses, il ressort que les premiers quartiers d\u2019accueil \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e sont Quatre Yaar et Zogona, Wemtenga, tous des quartiers situ\u00e9s \u00e0 l\u2019est de la ville \u00e0 cause principalement de l\u2019universit\u00e9. Puis, suivent les quartiers du nord de la ville comme Tampouy, Tanghin, Somgand\u00e9 et les quartiers comme Patte d\u2019Oie, Pissy, Kouritenga, Nagrin, etc.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_205\" align=\"aligncenter\" width=\"569\"]<img class=\"wp-image-205 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6.jpg\" alt=\"\" width=\"569\" height=\"402\" \/> Carte 6. Premier quartier d\u2019installation des immigrant\u00b7e\u00b7s[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Trajectoire r\u00e9sidentielle<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les migrant\u00b7e\u00b7s jouissent d\u2019une localisation urbaine assez centrale \u00e0 Ouagadougou. La ville est avant tout celle des propri\u00e9taires puisqu\u2019ils et elles poss\u00e8dent 71,3\u00a0% des logements pour l\u2019ensemble de l\u2019espace urbain. Cependant, la moiti\u00e9 d\u2019entre eux\/elles n\u2019ont qu\u2019une reconnaissance coutumi\u00e8re de leur propri\u00e9t\u00e9 et se trouve ainsi en situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 r\u00e9sidentielle. Les logements en location n\u2019interviennent que pour 11,1\u00a0% alors que ceux qui sont pr\u00eat\u00e9s gratuitement repr\u00e9sentent 16,5\u00a0% des logements. Les proportions du statut d\u2019occupation chez jeunes adulte de 18 \u00e0 40 ans sont les suivants\u00a0: propri\u00e9taires avec titre sont environ \u00e0 32,8\u00a0%\u00a0alors que les propri\u00e9taires sans titre sont estim\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 29,26\u00a0%. La location et la colocation repr\u00e9sentent 22,73\u00a0%\u00a0et l\u2019usage \u00e0 titre gracieux tourne autour de 15,21\u00a0%.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Situ\u00e9s au centre ou en semi-p\u00e9riph\u00e9rie, les logements en location sont quasiment occup\u00e9s, du moins pour la moiti\u00e9 d\u2019entre eux, par des personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (hors C\u00f4te d\u2019Ivoire). 19,8 % de ceux et celles qui sont n\u00e9\u00b7e\u00b7s en C\u00f4te d\u2019Ivoire sont \u00e9galement en location comparativement aux autres cat\u00e9gories. Les migrant\u00b7e\u00b7s ne disposent pas assez de r\u00e9seaux familiaux et sociaux qui leur permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un logement gratuit.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Du centre vers la semi-p\u00e9riph\u00e9rie, le parc locatif se diffuse tr\u00e8s lentement au d\u00e9triment du pr\u00eat gratuit de logement. Ce statut d\u2019occupation des logements suit la m\u00eame logique que celui de la r\u00e9partition des arrivant\u00b7e\u00b7s\u00a0: les migrant\u00b7e\u00b7s se localisent dans les parties centrale et p\u00e9ricentrale et leur importance diminue au profit des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes lorsque l\u2019on s\u2019\u00e9loigne vers la p\u00e9riph\u00e9rie (Boyer, 2010).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux migrant\u00b7e\u00b7s et d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s ach\u00e8tent des parcelles en zone non lotie dans l\u2019espoir d\u2019\u00eatre attributaires. Certain\u00b7e\u00b7s d\u00e9posent des dossiers dans l\u2019optique d\u2019obtenir une parcelle \u00e0 l\u2019issue d\u2019une op\u00e9ration de lotissement et devenir propri\u00e9taires. Les jeunes gar\u00e7ons travaillant dans l\u2019informel sont les plus concern\u00e9s par cette situation. Quant \u00e0 ceux qui sont en location ou en situation de pr\u00eat, ou d\u2019h\u00e9bergement, ils ont pris l\u2019habitude de d\u00e9m\u00e9nager en fonction de l\u2019\u00e9volution de leur situation sociale, de leurs activit\u00e9s ou de l\u2019agrandissement des familles qu\u2019ils ont fond\u00e9es. Ainsi, les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie comme en t\u00e9moignent les cinq interviews r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de nos enqu\u00eates \u00e0 Ouagadougou. Elles s\u2019op\u00e8rent \u00e9galement du p\u00e9ricentre vers les zones p\u00e9riph\u00e9riques, uniquement entre le p\u00e9ricentre et des quartiers du centre-ville vers les quartiers du p\u00e9ricentre ou de la p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_206\" align=\"aligncenter\" width=\"611\"]<img class=\"wp-image-206 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7.jpg\" alt=\"\" width=\"611\" height=\"432\" \/> Carte 7. Mobilit\u00e9 r\u00e9sidentielle des Ouagalais\u00b7es[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article, qui a trait\u00e9 des trajectoires r\u00e9sidentielles des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et migrant\u00b7e\u00b7s r\u00e9sidant \u00e0 Ouagadougou, a utilis\u00e9 plusieurs sources de donn\u00e9es. Il s\u2019agit notamment des articles, des ouvrages et autres documents issus sur le sujet. Mais l\u2019analyse s\u2019est surtout appuy\u00e9e sur les donn\u00e9es de l\u2019\u00e9tude \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb et sur celles recueillies lors de nos enqu\u00eates de terrain. On peut ainsi retenir que la forte croissance urbaine que conna\u00eet la ville est soutenue par le cro\u00eet naturel, mais aussi par les d\u00e9placements internes et les migrations internationales. La question de l\u2019acc\u00e8s au logement est une pr\u00e9occupation des habitant\u00b7e\u00b7s de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s en particulier. Notre regard \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire communal se distingue par un d\u00e9coupage du centre historique constitu\u00e9 des quartiers centraux, du p\u00e9ricentre constitu\u00e9 des quartiers de la premi\u00e8re couronne\u00a0. Ces quartiers sont lotis dans l\u2019ensemble. Enfin les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, constitu\u00e9s essentiellement de quartiers non lotis et de quartiers lotis.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La localisation permet de d\u00e9gager que les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes s\u2019installent plus dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques alors que les migrant\u00b7e\u00b7s occupent une position plus centrale et p\u00e9ricentrale avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les logements en location. Cette installation aux marges de la ville peut \u00eatre mise en relation avec l\u2019efficience des r\u00e9seaux sociaux et familiaux dont les un\u00b7e\u00b7s et les autres disposent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019espace urbain. Cependant, les migrant\u00b7e\u00b7s sont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00b7e\u00b7s dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, mais on y trouve \u00e9galement les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et les Ouagalais\u00b7es de naissance qui s\u2019installent dans les quartiers centraux. Pour ce qui concerne les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, les co\u00fbts et les proc\u00e9dures de r\u00e9gularisation des quartiers non lotis sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une partie de ces flux. Les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie, des quartiers du p\u00e9ricentre vers ceux de la p\u00e9riph\u00e9rie, mais \u00e9galement entre les quartiers de m\u00eame zone.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Africapolis. 2008. <em>Dynamique de l\u2019urbanisation, 1950-2020 en Afrique de l\u2019Ouest (rapport d\u2019\u00e9tude)\u00a0: approche g\u00e9o-statistique<\/em>. Rapport d\u2019\u00e9tude, Universit\u00e9 Paris Diderot.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amadou Sanni, Mouftaou, Klissou, Pierre, Marcoux, Richard et Dominique Tabutin. 2009. <em>Villes du Sud\u00a0: Dynamiques, diversit\u00e9s et enjeux d\u00e9mographiques et sociaux<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions des archives contemporaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Antoine Philippe. 1990. Croissance urbaine et insertion des migrants dans les villes africaines,<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beauchemin, Cris. 2003. Exclusion urbaine et insertion rurale\u00a0: les logiques de l\u2019\u00e9migration urbaine. Communication, propos\u00e9e au colloque \u00ab Rrural-urbain\u00a0: les nouvelles fronti\u00e8res. Permanences et changements des in\u00e9galit\u00e9s socio-spatiales \u00bb, Poitier 18 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand Monique. 1999. \u00ab Bamako (Mali) : habitat de cour et mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles \u00bb,<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boyer, Florence et Delaunay, Daniel (coord.). 2009\u00a0. <em>Ouaga 2009. Peuplement de Ouagadougou et d\u00e9veloppement urbain<\/em>. Rapport provisoire, IRD\/SCAC\u00a0.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boyer, Florence. 2010. Croissance urbaine, statut migratoire et choix r\u00e9sidentiels des ouagalais\u00a0: vers une insertion urbaine s\u00e9gr\u00e9g\u00e9e? <em>Revue Tiers-Monde<\/em>, 201, 47-64.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, et du D\u00e9veloppement local et r\u00e9gional (DGAT\/ DLR). 2006. \u00c9tude du Sch\u00e9ma National d\u2019Am\u00e9nagement du Territoire\u00a0: note m\u00e9thodologique, 73 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fol, Sylvie, Yoan, Miot et C\u00e9cile Vignal (dir.). 2014. Mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles territoires et politiques publiques, 258 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Harris John, Todaro Michel. 1970. Migration, unemployment and development: a two sector analysis. <em>The American economic review<\/em>, <em>60<\/em>(1), 126-142.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2006. <em>Rapport d\u2019analyse des donn\u00e9es du RGPH-2006, la croissance urbaine au Burkina Faso<\/em>, 188 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2006. <em>Migration<\/em>, 150 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2019. <em>Recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitation (RGPH-2006). Projections d\u00e9mographiques 2007-2050<\/em>, 108 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kabbanji, Lama, Pich\u00e9, Victor et Bonayi Dabir\u00e9. 2007. Mesures et tendances des migrations\u00a0: une comparaison des enqu\u00eates de 1974-1975 et 2000. Dans Dieudonn\u00e9 Ou\u00e9draogo et Victor Pich\u00e9 (dir.), <em>Dynamique migratoire, insertion urbaine et environnement au Burkina Faso\u00a0: Au-del\u00e0 de la houe<\/em> (p.\u00a069-95).<em> l\u2019Harmattan<\/em>, Presses Universitaires de Ouagadougou\u00a0.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo Dieudonn\u00e9. 2002. Migration circulaire et enjeux identitaires en Afrique de l\u2019Ouest. <em>Les Cahiers du GRES<\/em>\u00a0, 7-24.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo, Dieudonn\u00e9 et Pich\u00e9 Victor (dir.). 2007. <em>Dynamique migratoire, insertion urbaine et environnement au Burkina Faso : Au-del\u00e0 de la houe<\/em>. l\u2019Harmattan, Presse universitaire de Ouagadougou\u00a0.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Philippe Antoine, Alain Dubresson et Annie Manou-Savina. 1987. Abidjan c\u00f4t\u00e9 cours : pour comprendre la question de l\u2019habitat, \u00c9ditions de l\u2019ORSTOM, Par\u00a0is.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Prat, Alain. 1996. Ouagadougou, capitale sah\u00e9lienne\u00a0: croissance urbaine et enjeu foncier. <em>Mappemonde<\/em>, <em>1<\/em>, 18-24.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rossier, Clementine, Soura, Abdramane et Bruno Lankoande. 2013. Migration et sant\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouagadougou. Une premi\u00e8re analyse exploratoire. <em>Revue Quetelet\/Quetelet Journal<\/em>, <em>1<\/em>(1), 91-118.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Schoumaker, Bruno, 2007. Urbanisation et migrations internes en Afrique subsaharienne, Institut de D\u00e9mographie, Universit\u00e9 catholique de Louvain, Belgique, 27 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Schoumaker, Bruno, Beauchemin, Cris et Bonayi Dabir\u00e9. 2002. Les migrations \u00e0 Ouagadougou : Tendances r\u00e9centes (1990-2000). <em>Ouaga Focus<\/em>, 30, 2 p\u00a0.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">S\u00e9r\u00e9 Seydou, 2011. Migrations et croissances urbaines, 80 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zongo Mahamadou, 2003. La diaspora burkinab\u00e8 en C\u00f4te d\u2019Ivoire\u00a0: Trajectoire historique, recomposition des Dynamiques migratoires et rapport avec le pays d\u2019origine. <em>Revue africaine de sociologie<\/em>\u00a0, 58-72.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zongo Mahamadou, Koudougou Saydou. 2008. Crise fonci\u00e8re et crise autour du sol dans la ville de Ouagadougou, 22 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zourkal\u00e9iniYounoussi, Pich\u00e9 Victor. 2005. Migration et emploi urbain : le cas de Ouagadougou, Burkina Faso, in \u00c9tude des populations africaines, p 69-87.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zourkal\u00e9iniYounoussi, Pich\u00e9 Victor. 2007. Migration rurale-urbaine et insertion sur le march\u00e9 du travail africain : le cas de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso), 45 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ZourkaleiniYounoussi. 2003. Les d\u00e9terminants individuels et contextuels des migrations internationales au Burkina Faso, UERD, Universit\u00e9 de Ouagadougou, 17 p.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso est une m\u00e9tropole en forte croissance d\u00e9mographique et spatiale, avec une population aujourd\u2019hui estim\u00e9e \u00e0 3 millions d\u2019habitants pour une superficie de 518 km2. Cette dynamique rapide est li\u00e9e \u00e0 la croissance naturelle et \u00e0 une migration importante, \u00e0 la fois internationale, avec les d\u00e9plac\u00e9s du conflit ivoirien au cours des ann\u00e9es 2000, et interne, avec la persistance de flux migratoires d\u2019origine rurale. Selon l\u2019observatoire de la population de Ouagadougou (OPO), 71\u00a0% des adultes de plus de 15 ans ne sont pas n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la capitale. Cette croissance soutenue exerce une pression extr\u00eamement forte sur la situation r\u00e9sidentielle des natifs et des migrants, contraints tr\u00e8s souvent \u00e0 loger dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques lotis et non lotis. Cet article analyse, les trajectoires r\u00e9sidentielles des migrant\u00b7e\u00b7s internes et internationaux \u00e0 Ouagadougou. Cette analyse s\u2019appuie sur un \u00e9tat de l\u2019art des migrations urbaines au Burkina Faso, et des donn\u00e9es de l\u2019\u00e9tude \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb, utilis\u00e9es dans le cadre de nos recherches doctorales. Ainsi, l\u2019article aborde les points sur les lieux de naissance des Ouagalais\u00b7es, les flux migratoires, les quartiers d\u2019accueil \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e et les motifs des migrations vers Ouagadougou, ainsi que les trajectoires r\u00e9sidentielles.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles\/croissance-urbaine\/\">croissance urbaine<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles\/logement\/\">logement<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles\/migration\/\">migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles\/ouagadougou\/\">Ouagadougou<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles\/residence\/\">r\u00e9sidence<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ouagadougou, the capital of Burkina Faso, is a metropolis undergoing strong demographic and spatial growth, with a population now estimated at 3 million inhabitants for an area of 518 km2. This rapid dynamic is linked to natural growth and significant migration, both international, with the displaced persons from the Ivorian conflict during the 2000s, and internal, with the persistence of migratory flows from rural areas. According to the Ouagadougou Population Observatory (OPO), 71% of adults over 15 years of age were not born in the capital. This sustained growth exerts extremely strong pressure on the residential situation of natives and migrants, who are very often forced to live in the suburbs of the city. This article analyses the residential trajectories of internal and international migrants in Ouagadougou. This analysis is based on a state of the art of urban migration in Burkina Faso, and on data from the \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb study, used in the framework of our doctoral research. Thus, the article discusses the birthplaces of Ouagadougou residents, migration flows, the neighbourhoods of arrival and the reasons for migration to Ouagadougou, as well as residential trajectories.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/keywords\/housing\/\">housing<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/keywords\/migration\/\">migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/keywords\/ouagadougou\/\">Ouagadougou<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/keywords\/residence\/\">residence<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/keywords\/urban-growth\/\">urban growth<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (autre langue)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ouagadougou, babban birnin Burkina Faso babban birni ne wanda ke da \u0199arfin al\u0199aluma da girman sarari, tare da yawan mutanen da aka kiyasta a yau kimanin mazauna miliyan 3 don yanki na 518 km2. Wannan saurin saurin yana da nasaba da bunkasar halitta da mahimmin \u0199aura, na \u0199asa da \u0199asa, tare da mutanen da suka rasa muhallansu daga rikicin Ivorian a cikin shekarun 2000, da kuma na ciki, tare da ci gaba da kwararar \u0199aura daga asalin karkara. A cewar Ouagadougou Population Observatory (OPO), 71% na manya sama da 15 ba a haife su a babban birnin ba. Wannan ci gaban na ci gaba yana matsin lamba mai \u0199arfi a kan yanayin zama na nan asali da ba\u0199in haure, galibi ana tilasta su zama a cikin unguwannin kewayen birni da wuraren zama. Wannan labarin yayi nazari ne kan hanyoyin da bakin haure na ciki da na kasashen waje ke bi a cikin Wagadugu. Wannan nazarin ya ta&rsquo;allaka ne da yanayin fasahar ci gaban birane a Burkina Faso, da kuma bayanai daga binciken \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb, wanda aka yi amfani da shi a cikin bincikenmu na digiri. Don haka, labarin yayi magana akan asalin haihuwar Ouagalais, kwararar \u0199aura, wuraren tarba a lokacin isowa da kuma dalilan \u0199aura zuwa Ouagadougou, da kuma hanyoyin zama.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (autre langue)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles-autre\/ci-gaban-birane\/\">ci gaban birane<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles-autre\/gidaje\/\">gidaje<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles-autre\/hanyoyin-zama\/\">Hanyoyin zama<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles-autre\/%c6%99aura-zuwa-birane\/\">\u0199aura zuwa birane<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/motscles-autre\/ouagadougo\/\">Ouagadougo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>18 mars 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>28 mai 2021<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>28 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Entr\u00e9es tardivement dans le processus de transition urbaine, les villes africaines connaissent aujourd\u2019hui les taux de croissance les plus \u00e9lev\u00e9s au monde (Moriconi-Ebrard, 1993; Africapolis, 2008; Amadou Sanni <em>et al<\/em>., 2009). Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. C\u2019est une m\u00e9tropole en forte croissance d\u00e9mographique et spatiale, avec une population aujourd\u2019hui estim\u00e9e \u00e0 3 millions d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s et une superficie de 518\u00a0km2, soit une densit\u00e9 de (5\u00a0792\u00a0hab.\/km). Cette croissance rapide est li\u00e9e au mouvement naturel et \u00e0 une migration \u00e9galement importante, \u00e0 la fois internationale, avec les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s du conflit ivoirien au cours des ann\u00e9es 2000 et interne avec la persistance de flux migratoires d\u2019origine rurale (Prat, 1996; Ou\u00e9draogo <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2007; Guengant, 2009; Delaunay, 2009; Boyer, 2010; Rossier et <em>al.,<\/em> 2013). Selon l\u2019observatoire de la population de Ouagadougou (OPO), 71 % des adultes de plus de 15 ans ne sont pas n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la capitale (Rossier et <em>al.,<\/em> 2013). Cette croissance soutenue exerce une pression extr\u00eamement forte sur la situation r\u00e9sidentielle des Ouagalais\u00b7es, contraint\u00b7e\u00b7s tr\u00e8s souvent \u00e0 des arrangements difficiles. L\u2019offre publique \u00e9tant n\u00e9gligeable et le march\u00e9 immobilier majoritairement informel, les candidat\u00b7e\u00b7s au logement sont souvent oblig\u00e9\u00b7e\u00b7s de se d\u00e9placer \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie \u00ab\u00a0non lotie\u00a0\u00bb de la ville, sur des parcelles acquises et autoconstruites de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re, dans l\u2019attente d\u2019une r\u00e9gularisation \u00e9ventuelle (lotissement). D\u2019autres cohabitent avec leurs parents, avec des membres de leur famille ou sont h\u00e9berg\u00e9\u00b7e\u00b7s chez un tiers ou une tierce, souvent dans des conditions inconfortables. D\u2019autres enfin se rabattent sur des solutions locatives, avec des loyers souvent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 leurs revenus. Le march\u00e9 r\u00e9sidentiel \u00e0 Ougadougou est donc caract\u00e9ris\u00e9 par une grande tension entre l\u2019offre et la demande, et par une grande diversit\u00e9 de situations, entre habitant\u00b7e\u00b7s des secteurs lotis ou non lotis, mais aussi entre locataires, propri\u00e9taires, usufruitier\u00b7e\u00b7s ou personnes h\u00e9berg\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est dans ce contexte que l\u2019IRD<a class=\"footnote\" title=\"Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement.\" id=\"return-footnote-202-1\" href=\"#footnote-202-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> a men\u00e9 un programme de recherche d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Ouaga 2009<a class=\"footnote\" title=\"\u00ab Ouaga 2009 : peuplement de Ouagadougou et d\u00e9veloppement urbain \u00bb, conduit par Florence BOYER et Daniel DELAUNAY, avec le financement du SCAC de l\u2019Ambassade de France au Burkina Faso.\" id=\"return-footnote-202-2\" href=\"#footnote-202-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb portant sur la mesure des mobilit\u00e9s spatiales \u00e0 Ouagadougou sur l\u2019ensemble de la ville. L\u2019enqu\u00eate par questionnaire men\u00e9e en 2009 sur 1\u00a0965 logements et 10\u00a0540 individus a permis de collecter une information tr\u00e8s riche sur un domaine tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Ouagadougou. Dans la continuit\u00e9 de ce projet, nous avons entrepris en novembre 2012 une th\u00e8se centr\u00e9e sur <em>les strat\u00e9gies r\u00e9sidentielles des jeunes adultes \u00e0 Ouagadougou<\/em><a class=\"footnote\" title=\"Th\u00e8se en cotutelle entre l\u2019Universit\u00e9 de Ouagadougou et l\u2019Universit\u00e9 Rennes 2, co-dirig\u00e9e par les Professeurs Vincent GOUESET et Georges COMPAORE.\" id=\"return-footnote-202-3\" href=\"#footnote-202-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>. En effet, apr\u00e8s 18\u00a0ans, les jeunes adultes amorcent progressivement leur autonomie r\u00e9sidentielle en franchissant diff\u00e9rentes \u00e9tapes de leur cycle de vie\u00a0: fin d\u2019\u00e9tudes et entr\u00e9e dans la vie active, d\u00e9cohabitation parentale, mise en m\u00e9nage, acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 et recherche d\u2019un logement propre, id\u00e9alement en accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. La stabilisation familiale, professionnelle et r\u00e9sidentielle n\u2019est souvent acquise qu\u2019\u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9, entre 30 et 40\u00a0ans, et les jeunes adultes (18-40\u00a0ans), qui constituent 60\u00a0% de la population urbaine (INSD<a class=\"footnote\" title=\"Institut national de la statistique et de la d\u00e9mographie.\" id=\"return-footnote-202-4\" href=\"#footnote-202-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>, 2006), repr\u00e9sentent aussi le segment le plus expos\u00e9 de la population ouagalaise aux tensions du march\u00e9 r\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article porte sur les probl\u00e8mes de r\u00e9sidence \u00e0 Ouagadougou rencontr\u00e9s par les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et les migrant\u00b7e\u00b7s. Il exploite les r\u00e9sultats de deux principaux corpus de donn\u00e9es mobilis\u00e9es dans nos travaux de th\u00e8se et l\u2019enqu\u00eate \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb. Entre 2013 et 2015, nous avons men\u00e9 des entretiens approfondis aupr\u00e8s de jeunes adultes et de leur entourage, mais aussi aupr\u00e8s d\u2019acteurs institutionnels et de personnes-ressources jouant un r\u00f4le dans la question du logement \u00e0 Ouagadougou ou connaissant le sujet. Il \u00e9tudie de fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique la situation compar\u00e9e des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et des migrant\u00b7e\u00b7s. Il sera ainsi question de montrer comment les avantages et les handicaps relatifs \u00e0 chacune des situations se traduisent ou non par des trajectoires r\u00e9sidentielles sp\u00e9cifiques. La composante migratoire intervient comme un facteur important, parmi d\u2019autres (\u00e2ge, sexe, activit\u00e9, situation familiale et position sociale), dans les conditions d\u2019acc\u00e8s au logement.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Aper\u00e7u des migrations urbaines au Burkina Faso\u00a0\u00a0 <\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Au Burkina Faso, \u00e0 l\u2019instar des autres pays d\u2019Afrique, l\u2019armature urbaine est principalement caract\u00e9ris\u00e9e par deux grandes villes, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Ces deux villes ont accueilli ensemble 60\u00a0% des migrations en 1996 et 53,7\u00a0% en 2006 (INSD, 1996, 2009). Elles font face \u00e0 d\u2019importantes immigrations qui ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 leur extension g\u00e9ographique et leur croissance d\u00e9mographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres villes africaines, Ouagadougou conna\u00eet une croissance tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e de sa population \u00e0 raison de 3, % par an (Beauchemin, 2003). Cette croissance \u00e9tait estim\u00e9e en 2009 \u00e0 7,6\u00a0% (Guengant, 2009). Elle accueille 47\u00a0% des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes contre 4\u00a0% d\u2019\u00e9migrant\u00b7e\u00b7s pour toute la province du Kadiogo dont elle est le chef-lieu (Zongo <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2008).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le taux de croissance des migrations est de 1,5\u00a0% pour les migrations interurbaines contre 1,4\u00a0% pour les migrations des zones rurales vers les urbaines. Aussi, les soldes migratoires en zone urbaine \u00e9taient entre 1969 et 1973 de 18\u00a0705 contre 66\u00a0169 entre 1995 et 1999 (Kabbanji, Pich\u00e9 et Dabir\u00e9, 2007).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, les migrations de retour (de la C\u00f4te d\u2019Ivoire surtout), l\u2019exode rural, les migrations interurbaines contribuent \u00e0 faire de Ouagadougou le centre urbain le plus important du pays. Bon nombre de ces migrant\u00b7e\u00b7s de retour se sont install\u00e9s surtout dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques pr\u00e9caires non lotis. L\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique de l\u2019agglom\u00e9ration de Ouagadougou se caract\u00e9rise par sa rapidit\u00e9, ce qui pose des probl\u00e8mes d\u2019expansion de l\u2019habitat et de mise en place des infrastructures et des \u00e9quipements dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques d\u00e9favoris\u00e9s (Zongo et Koudougou<em>.<\/em>, 2008).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La ville de Ouagadougou accueille des migrant\u00b7e\u00b7s provenant d\u2019horizons divers. En effet, les migrations interurbaines des populations des villes comme Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Koudougou, Kaya, Fada N\u2019Gourma, etc. vers la capitale sont en croissance. Une aur\u00e9ole de provinces autour de Ouagadougou (Zoundw\u00e9ogo, Oubritenga et Kourw\u00e9ogo) enregistre une tr\u00e8s forte baisse de leur croissance et dessine en quelque sorte la premi\u00e8re aire de recrutement migratoire de la capitale. Ces provinces voisines sont les premi\u00e8res \u00e0 fournir les migrant\u00b7e\u00b7s (DGAT\/DLR, 2006<a class=\"footnote\" title=\"Direction G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Am\u00e9nagement du Territoire du D\u00e9veloppement Local et R\u00e9gional\" id=\"return-footnote-202-5\" href=\"#footnote-202-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>). Ces populations rurales qui arrivent en ville sont pour la plupart dans des situations pr\u00e9caires; ce qui limite leur acc\u00e8s aux ressources urbaines, en particulier au logement d\u2019o\u00f9 leur installation dans les quartiers non lotis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces arriv\u00e9es dans les zones p\u00e9riph\u00e9riques non loties posent des d\u00e9fis en termes de croissance spatiale urbaine. Ces quartiers se d\u00e9veloppent certes autour de la ville, mais on constate des installations particuli\u00e8rement le long des axes routiers qui sont en direction des villages d\u2019origine de ces nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes. Rel\u00e9gu\u00e9\u00b7e\u00b7s aux portes de la ville, ils ou elles sont per\u00e7u\u00b7e\u00b7s comme des laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-comptes, des mal-log\u00e9\u00b7e\u00b7s voire des sans-domiciles fixes, alors qu\u2019ils ou elles participent \u00e0 la vie de la cit\u00e9 (Schoumaker et <em>al.<\/em>, 2003\u00a0).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Lieu de naissance des Ouagalais\u00b7es<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les migrations contribuent \u00e0 la croissance rapide de la population ouagalaise. Dans ce travail, nous nous int\u00e9resserons aux nombreux Ouagalais\u00b7es qui ne sont pas n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la capitale. Ils et elles repr\u00e9sentent environ 71\u00a0% de la population de plus de 15 ans selon l\u2019Observatoire de la population de Ouagadougou (Rosier <em>et al<\/em>., 2013). Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude Ouaga 2009 indiquent qu\u2019un peu moins de la moiti\u00e9 de la population, \u00e0 savoir 46,72\u00a0%, est n\u00e9e \u00e0 Ouagadougou contre 33,59\u00a0% pour les jeunes adultes. Plus de la moiti\u00e9 des habitant\u00b7e\u00b7s de la ville, soit 53,28\u00a0%, est n\u00e9e hors de Ouagadougou. Chez les jeunes adultes, cette proportion est 66,42\u00a0%. Elle se r\u00e9partit comme suit\u00a0: 42,05\u00a0% sont n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans le reste du Burkina Faso, 8,54\u00a0% en C\u00f4te d\u2019Ivoire, 2,04\u00a0% en Afrique de l\u2019Ouest et 0,65\u00a0% dans le reste du monde. Les d\u00e9placements internes, notamment l\u2019exode rural et les mobilit\u00e9s interurbaines, occupent une place importante dans ce processus.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Lieux de naissance des Ouagalais\u00b7es<\/p>\n<table class=\"aligncenter\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Lieu de naissance<\/strong><\/td>\n<td><strong>Population totale (%)<\/strong><\/td>\n<td><strong>18-40 ans %<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ouagadougou<\/td>\n<td>46,72<\/td>\n<td>33,59<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Reste du Burkina Faso<\/td>\n<td>42,05<\/td>\n<td>50,64<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>C\u00f4te d&rsquo;Ivoire<\/td>\n<td>8,54<\/td>\n<td>12,53<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Afrique de l&rsquo;Ouest<\/td>\n<td>2,04<\/td>\n<td>2,4<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Reste du monde<\/td>\n<td>0,65<\/td>\n<td>0,85<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Total<\/td>\n<td>100<\/td>\n<td>100<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: center\">Source<strong>\u00a0:<\/strong> Ouaga 2009<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon le genre, la structure par sexe de Ouagadougou est diff\u00e9rente de la structure de l\u2019ensemble de la population urbaine burkinab\u00e8. La population est compos\u00e9e d\u2019environ 50,5\u00a0% d\u2019hommes et de 49,5\u00a0% de femmes (INSD, 2006). Cette tendance est confirm\u00e9e par les r\u00e9sultats de \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb. En effet, des r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude, on retient que la population totale est compos\u00e9e de 50,83\u00a0% d\u2019hommes et 49,17\u00a0% de femmes. Cette tendance est aussi respect\u00e9e chez les 18-40 ans, les hommes sont l\u00e9g\u00e8rement les plus nombreux avec 50,56\u00a0% contre 49,44\u00a0% de femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9partition des habitant\u00b7e\u00b7s selon le lieu de naissance (n\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 Ouagadougou, hors de Ouagadougou, dans le reste du pays et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays) est visible dans les cartes pr\u00e9sent\u00e9es dans ce travail. Les personnes n\u00e9es dans la zone d\u2019enqu\u00eate se trouvent dans les quartiers centraux tels que Dapoya, Saint L\u00e9on, Bilbalogho, Larl\u00e9, etc., dans le p\u00e9riph\u00e9rique centre nord et nord-est. Les zones des quartiers comme Zagtouli, Nioko et Saaba font partie de cette cat\u00e9gorie. Pr\u00e9alablement des villages, elles ont \u00e9t\u00e9 par la suite rattach\u00e9es \u00e0 la ville de Ouagadougou, \u00e0 l\u2019exception de Saaba qui demeure une commune rurale. Le processus d\u2019urbanisation et d\u2019extension de la ville, ainsi que leur \u00e9talement dans le temps, a amen\u00e9 certains quartiers p\u00e9riph\u00e9riques tr\u00e8s autochtones \u2013 correspondant \u00e0 des villages traditionnels \u2013 \u00e0 rattraper la ville. Leur pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019est et au nord-est est n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux personnes n\u00e9es dans les localit\u00e9s du Burkina Faso autres que Ouagadougou, elles sont localis\u00e9es dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques au nord (Bissighin, Watinoma), au sud (Tengadogo, Balkui, Patte d\u2019Oie) \u00e0 l\u2019est (Djicof\u00e8) et \u00e0 l\u2019ouest (Zongo). Il ressort de cela que la majorit\u00e9 des habitant\u00b7e\u00b7s n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la zone d\u2019enqu\u00eate sont localis\u00e9\u00b7e\u00b7s au centre, au nord et \u00e0 l\u2019est de la ville. Les personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger se r\u00e9partissent \u00e0 deux endroits. Elles sont pr\u00e9sentes au Centre-Ouest (Koulouba, Zone du Bois, Dassasgho&#8230;) du fait de la pr\u00e9sence des infrastructures universitaires, des services ou des quartiers d\u2019expatri\u00e9\u00b7e\u00b7s. L\u2019autre porte d\u2019acc\u00e8s est du c\u00f4t\u00e9 ouest de la route nationale no\u00a01 Ouagadougou-Bobo-Dioulasso et le nord-ouest accueille pr\u00e9f\u00e9rentiellement les personnes venues de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Elles s\u2019ins\u00adtallent dans les quartiers situ\u00e9s sur l\u2019axe par lequel elles entrent dans la ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-203 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4.jpg\" alt=\"\" width=\"524\" height=\"515\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4.jpg 524w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4-300x295.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4-65x64.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4-225x221.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes1-2-3-4-350x344.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 524px) 100vw, 524px\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Quartiers d\u2019accueil \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les flux vers la ville de Ouagadougou sont importants \u00e0 l\u2019entr\u00e9e l\u2019ouest, nord et sud. Les migrant\u00b7e\u00b7s, notamment ceux et celles venant de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, acc\u00e8dent principalement par l\u2019ouest comme le montre la carte 5. Nos entretiens confirment que l\u2019ouest est effectivement leur point d\u2019entr\u00e9e dans la ville. Les quartiers et arrondissement d\u2019accueil sont\u00a0: Zone\u00a01, Taabtenga, Djicof\u00e8, dans l\u2019arrondissement\u00a010; Nioko\u00a02 dans l\u2019arrondissement\u00a04; les quartiers de Zongo, Bissighin, Kilwin et Tanpouy situ\u00e9s respectivement dans l\u2019arrondissement 8, 9 et 3 et les quartiers situ\u00e9s au sud de la ville de Tengadogo et de Nagrin.<\/p>\n<figure id=\"attachment_204\" aria-describedby=\"caption-attachment-204\" style=\"width: 630px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-204\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5.jpg\" alt=\"\" width=\"630\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5.jpg 1123w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-300x190.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-1024x650.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-768x488.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-65x41.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-225x143.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes5-350x222.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-204\" class=\"wp-caption-text\">Carte 5. Flux migratoire vers Ouagadougou<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Motifs de l\u2019immigration, insertion et strat\u00e9gies r\u00e9sidentielles<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Une fois arriv\u00e9\u00b7e\u00b7s en ville, les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s adoptent plusieurs strat\u00e9gies d\u2019insertion r\u00e9sidentielle et professionnelle. Selon, Dureau (1985)\u00a0, Ou\u00e9draogo (1987)\u00a0, Pich\u00e9 <em>et al<\/em>. (2000), l\u2019insertion peut se d\u00e9composer en plusieurs modalit\u00e9s en fonction du domaine sur lequel elle se porte : insertion professionnelle et insertion sociale. Les facteurs \u00e9conomiques repr\u00e9sentent l\u2019une des raisons essentielles des migrations (Fall, 1987; Bocquier <em>et al.<\/em>, 2000\u00a0; Ou\u00e9draogo, 2002; Ou\u00e9draogo <em>et al<\/em>., 2007; Lejeune, 2007 \u00a0; Guillot, 2007\u00a0). Pour la plupart des \u00e9tudes (Todaro et Harris, 1970 \u00a0; Lututala\u00a0, 1995; Pott, 1997\u00a0), le travail reste la principale motivation des d\u00e9parts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les facteurs sociaux occupent \u00e9galement une part importante dans les d\u00e9terminants de la migration. En effet, ces facteurs qui sont entre autres les exigences familiales, les \u00e9tudes et l\u2019attraction de la ville sont \u00e9voqu\u00e9s dans plusieurs travaux (Antoine <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 1992; Fall, 1987; Ndione\u00a0 <em>et <\/em><em>al.<\/em>, 2004). Schoumaker <em>et <\/em><em>al.<\/em> (2002) ont \u00e9tudi\u00e9 les motifs sociaux des migrations dans la ville de Ouagadougou. La situation se pr\u00e9sente comme suit\u00a0: les raisons de famille viennent en premi\u00e8re position soit environ 23\u00a0%, puis les \u00e9tudes 17\u00a0% et la sant\u00e9 pr\u00e8s de 5\u00a0%. Environ 40\u00a0% des d\u00e9plac\u00e9es femmes viennent \u00e0 Ouagadougou pour des raisons de famille, majoritairement le mariage. Cette proportion est d\u2019environ 5\u00a0% chez les hommes. La ville demeure, selon ces chercheurs, le lieu d\u2019attraction pour les populations du pays, qu\u2019elles r\u00e9sident \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Beauchemin et Schoumaker (2004)\u00a0 \u00e9voquent les m\u00eames causes, mais soulignent \u00e9galement l\u2019\u00e9quipement et les infrastructures dont disposent les deux grandes villes, notamment Ouagadougou et Bobo Dioulasso, comme autant de facteurs qui attirent les candidat\u00b7e\u00b7s \u00e0 l\u2019immigration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Plusieurs strat\u00e9gies sont d\u00e9velopp\u00e9es par les habitant\u00b7e\u00b7s pour s\u2019ins\u00e9rer et acc\u00e9der \u00e0 un logement \u00e0 Ouagadougou. Les jeunes adultes d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s arriv\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 Ouaga (des autres localit\u00e9s du pays et hors du Burkina Faso) viennent le plus souvent soit pour les \u00e9tudes ou la recherche d\u2019un travail, soit pour des raisons sociales ou de famille, ou sont simplement de retour apr\u00e8s un s\u00e9jour pass\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les quartiers proches de l\u2019universit\u00e9, Zogona, 1\u00a0200 logements, Wemtenga, Dagnoin, dans une moindre mesure, la Zone du Bois, ainsi que les quartiers centraux de Koulouba et Paspanga sont ceux qui abritent une part importante de migrant\u00b7e\u00b7s. D\u2019autres quartiers du centre historique ou du p\u00e9ricentre au sud comme de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des barrages sont \u00e9galement concern\u00e9s par ce type de migration internationale. Au cours des ann\u00e9es 2000 \u00e0 2010, suite \u00e0 la crise ivoirienne, nombreux et nombreuses sont les jeunes revenu\u00b7e\u00b7s par contrainte et qui se sont install\u00e9\u00b7e\u00b7s dans les quartiers tels que Marcoussis, Watinoma, situ\u00e9s au nord de la ville, mais aussi dans les quartiers lotis centraux et p\u00e9ricentraux particuli\u00e8rement pour les \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes, ils ou elles s\u2019installent en zone non lotie, surtout s\u2019ils ou elles sont \u00e0 la recherche d\u2019un travail. Ce choix s\u2019explique le plus souvent par leur manque de moyens. Ils ou elles sont donc oblig\u00e9\u00b7e\u00b7s de s\u2019installer une connaissance ou aller en location avant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. De nos analyses, il ressort que les premiers quartiers d\u2019accueil \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e sont Quatre Yaar et Zogona, Wemtenga, tous des quartiers situ\u00e9s \u00e0 l\u2019est de la ville \u00e0 cause principalement de l\u2019universit\u00e9. Puis, suivent les quartiers du nord de la ville comme Tampouy, Tanghin, Somgand\u00e9 et les quartiers comme Patte d\u2019Oie, Pissy, Kouritenga, Nagrin, etc.<\/p>\n<figure id=\"attachment_205\" aria-describedby=\"caption-attachment-205\" style=\"width: 569px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-205\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6.jpg\" alt=\"\" width=\"569\" height=\"402\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6.jpg 1123w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-768x542.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes6-350x247.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 569px) 100vw, 569px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-205\" class=\"wp-caption-text\">Carte 6. Premier quartier d\u2019installation des immigrant\u00b7e\u00b7s<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Trajectoire r\u00e9sidentielle<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les migrant\u00b7e\u00b7s jouissent d\u2019une localisation urbaine assez centrale \u00e0 Ouagadougou. La ville est avant tout celle des propri\u00e9taires puisqu\u2019ils et elles poss\u00e8dent 71,3\u00a0% des logements pour l\u2019ensemble de l\u2019espace urbain. Cependant, la moiti\u00e9 d\u2019entre eux\/elles n\u2019ont qu\u2019une reconnaissance coutumi\u00e8re de leur propri\u00e9t\u00e9 et se trouve ainsi en situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 r\u00e9sidentielle. Les logements en location n\u2019interviennent que pour 11,1\u00a0% alors que ceux qui sont pr\u00eat\u00e9s gratuitement repr\u00e9sentent 16,5\u00a0% des logements. Les proportions du statut d\u2019occupation chez jeunes adulte de 18 \u00e0 40 ans sont les suivants\u00a0: propri\u00e9taires avec titre sont environ \u00e0 32,8\u00a0%\u00a0alors que les propri\u00e9taires sans titre sont estim\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 29,26\u00a0%. La location et la colocation repr\u00e9sentent 22,73\u00a0%\u00a0et l\u2019usage \u00e0 titre gracieux tourne autour de 15,21\u00a0%.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Situ\u00e9s au centre ou en semi-p\u00e9riph\u00e9rie, les logements en location sont quasiment occup\u00e9s, du moins pour la moiti\u00e9 d\u2019entre eux, par des personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (hors C\u00f4te d\u2019Ivoire). 19,8 % de ceux et celles qui sont n\u00e9\u00b7e\u00b7s en C\u00f4te d\u2019Ivoire sont \u00e9galement en location comparativement aux autres cat\u00e9gories. Les migrant\u00b7e\u00b7s ne disposent pas assez de r\u00e9seaux familiaux et sociaux qui leur permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un logement gratuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Du centre vers la semi-p\u00e9riph\u00e9rie, le parc locatif se diffuse tr\u00e8s lentement au d\u00e9triment du pr\u00eat gratuit de logement. Ce statut d\u2019occupation des logements suit la m\u00eame logique que celui de la r\u00e9partition des arrivant\u00b7e\u00b7s\u00a0: les migrant\u00b7e\u00b7s se localisent dans les parties centrale et p\u00e9ricentrale et leur importance diminue au profit des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes lorsque l\u2019on s\u2019\u00e9loigne vers la p\u00e9riph\u00e9rie (Boyer, 2010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux migrant\u00b7e\u00b7s et d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s ach\u00e8tent des parcelles en zone non lotie dans l\u2019espoir d\u2019\u00eatre attributaires. Certain\u00b7e\u00b7s d\u00e9posent des dossiers dans l\u2019optique d\u2019obtenir une parcelle \u00e0 l\u2019issue d\u2019une op\u00e9ration de lotissement et devenir propri\u00e9taires. Les jeunes gar\u00e7ons travaillant dans l\u2019informel sont les plus concern\u00e9s par cette situation. Quant \u00e0 ceux qui sont en location ou en situation de pr\u00eat, ou d\u2019h\u00e9bergement, ils ont pris l\u2019habitude de d\u00e9m\u00e9nager en fonction de l\u2019\u00e9volution de leur situation sociale, de leurs activit\u00e9s ou de l\u2019agrandissement des familles qu\u2019ils ont fond\u00e9es. Ainsi, les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie comme en t\u00e9moignent les cinq interviews r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre de nos enqu\u00eates \u00e0 Ouagadougou. Elles s\u2019op\u00e8rent \u00e9galement du p\u00e9ricentre vers les zones p\u00e9riph\u00e9riques, uniquement entre le p\u00e9ricentre et des quartiers du centre-ville vers les quartiers du p\u00e9ricentre ou de la p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\n<figure id=\"attachment_206\" aria-describedby=\"caption-attachment-206\" style=\"width: 611px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-206\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7.jpg\" alt=\"\" width=\"611\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7.jpg 1123w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-768x542.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2021\/10\/SereSeydou-Cartes7-350x247.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 611px) 100vw, 611px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-206\" class=\"wp-caption-text\">Carte 7. Mobilit\u00e9 r\u00e9sidentielle des Ouagalais\u00b7es<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article, qui a trait\u00e9 des trajectoires r\u00e9sidentielles des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et migrant\u00b7e\u00b7s r\u00e9sidant \u00e0 Ouagadougou, a utilis\u00e9 plusieurs sources de donn\u00e9es. Il s\u2019agit notamment des articles, des ouvrages et autres documents issus sur le sujet. Mais l\u2019analyse s\u2019est surtout appuy\u00e9e sur les donn\u00e9es de l\u2019\u00e9tude \u00ab\u00a0Ouaga 2009\u00a0\u00bb et sur celles recueillies lors de nos enqu\u00eates de terrain. On peut ainsi retenir que la forte croissance urbaine que conna\u00eet la ville est soutenue par le cro\u00eet naturel, mais aussi par les d\u00e9placements internes et les migrations internationales. La question de l\u2019acc\u00e8s au logement est une pr\u00e9occupation des habitant\u00b7e\u00b7s de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale et des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et migrant\u00b7e\u00b7s en particulier. Notre regard \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire communal se distingue par un d\u00e9coupage du centre historique constitu\u00e9 des quartiers centraux, du p\u00e9ricentre constitu\u00e9 des quartiers de la premi\u00e8re couronne\u00a0. Ces quartiers sont lotis dans l\u2019ensemble. Enfin les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, constitu\u00e9s essentiellement de quartiers non lotis et de quartiers lotis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La localisation permet de d\u00e9gager que les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes s\u2019installent plus dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques alors que les migrant\u00b7e\u00b7s occupent une position plus centrale et p\u00e9ricentrale avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les logements en location. Cette installation aux marges de la ville peut \u00eatre mise en relation avec l\u2019efficience des r\u00e9seaux sociaux et familiaux dont les un\u00b7e\u00b7s et les autres disposent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019espace urbain. Cependant, les migrant\u00b7e\u00b7s sont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00b7e\u00b7s dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, mais on y trouve \u00e9galement les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et les Ouagalais\u00b7es de naissance qui s\u2019installent dans les quartiers centraux. Pour ce qui concerne les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques, les co\u00fbts et les proc\u00e9dures de r\u00e9gularisation des quartiers non lotis sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une partie de ces flux. Les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie, des quartiers du p\u00e9ricentre vers ceux de la p\u00e9riph\u00e9rie, mais \u00e9galement entre les quartiers de m\u00eame zone.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Africapolis. 2008. <em>Dynamique de l\u2019urbanisation, 1950-2020 en Afrique de l\u2019Ouest (rapport d\u2019\u00e9tude)\u00a0: approche g\u00e9o-statistique<\/em>. Rapport d\u2019\u00e9tude, Universit\u00e9 Paris Diderot.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amadou Sanni, Mouftaou, Klissou, Pierre, Marcoux, Richard et Dominique Tabutin. 2009. <em>Villes du Sud\u00a0: Dynamiques, diversit\u00e9s et enjeux d\u00e9mographiques et sociaux<\/em>. Paris\u00a0: \u00c9ditions des archives contemporaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Antoine Philippe. 1990. Croissance urbaine et insertion des migrants dans les villes africaines,<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beauchemin, Cris. 2003. Exclusion urbaine et insertion rurale\u00a0: les logiques de l\u2019\u00e9migration urbaine. Communication, propos\u00e9e au colloque \u00ab Rrural-urbain\u00a0: les nouvelles fronti\u00e8res. Permanences et changements des in\u00e9galit\u00e9s socio-spatiales \u00bb, Poitier 18 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand Monique. 1999. \u00ab Bamako (Mali) : habitat de cour et mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles \u00bb,<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boyer, Florence et Delaunay, Daniel (coord.). 2009\u00a0. <em>Ouaga 2009. Peuplement de Ouagadougou et d\u00e9veloppement urbain<\/em>. Rapport provisoire, IRD\/SCAC\u00a0.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Boyer, Florence. 2010. Croissance urbaine, statut migratoire et choix r\u00e9sidentiels des ouagalais\u00a0: vers une insertion urbaine s\u00e9gr\u00e9g\u00e9e? <em>Revue Tiers-Monde<\/em>, 201, 47-64.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, et du D\u00e9veloppement local et r\u00e9gional (DGAT\/ DLR). 2006. \u00c9tude du Sch\u00e9ma National d\u2019Am\u00e9nagement du Territoire\u00a0: note m\u00e9thodologique, 73 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fol, Sylvie, Yoan, Miot et C\u00e9cile Vignal (dir.). 2014. Mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles territoires et politiques publiques, 258 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Harris John, Todaro Michel. 1970. Migration, unemployment and development: a two sector analysis. <em>The American economic review<\/em>, <em>60<\/em>(1), 126-142.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2006. <em>Rapport d\u2019analyse des donn\u00e9es du RGPH-2006, la croissance urbaine au Burkina Faso<\/em>, 188 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2006. <em>Migration<\/em>, 150 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut Nationale de la Statistique et de la D\u00e9mographie (INSD). 2019. <em>Recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitation (RGPH-2006). Projections d\u00e9mographiques 2007-2050<\/em>, 108 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kabbanji, Lama, Pich\u00e9, Victor et Bonayi Dabir\u00e9. 2007. Mesures et tendances des migrations\u00a0: une comparaison des enqu\u00eates de 1974-1975 et 2000. Dans Dieudonn\u00e9 Ou\u00e9draogo et Victor Pich\u00e9 (dir.), <em>Dynamique migratoire, insertion urbaine et environnement au Burkina Faso\u00a0: Au-del\u00e0 de la houe<\/em> (p.\u00a069-95).<em> l\u2019Harmattan<\/em>, Presses Universitaires de Ouagadougou\u00a0.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo Dieudonn\u00e9. 2002. Migration circulaire et enjeux identitaires en Afrique de l\u2019Ouest. <em>Les Cahiers du GRES<\/em>\u00a0, 7-24.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo, Dieudonn\u00e9 et Pich\u00e9 Victor (dir.). 2007. <em>Dynamique migratoire, insertion urbaine et environnement au Burkina Faso : Au-del\u00e0 de la houe<\/em>. l\u2019Harmattan, Presse universitaire de Ouagadougou\u00a0.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Philippe Antoine, Alain Dubresson et Annie Manou-Savina. 1987. Abidjan c\u00f4t\u00e9 cours : pour comprendre la question de l\u2019habitat, \u00c9ditions de l\u2019ORSTOM, Par\u00a0is.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Prat, Alain. 1996. Ouagadougou, capitale sah\u00e9lienne\u00a0: croissance urbaine et enjeu foncier. <em>Mappemonde<\/em>, <em>1<\/em>, 18-24.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rossier, Clementine, Soura, Abdramane et Bruno Lankoande. 2013. Migration et sant\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouagadougou. Une premi\u00e8re analyse exploratoire. <em>Revue Quetelet\/Quetelet Journal<\/em>, <em>1<\/em>(1), 91-118.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Schoumaker, Bruno, 2007. Urbanisation et migrations internes en Afrique subsaharienne, Institut de D\u00e9mographie, Universit\u00e9 catholique de Louvain, Belgique, 27 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Schoumaker, Bruno, Beauchemin, Cris et Bonayi Dabir\u00e9. 2002. Les migrations \u00e0 Ouagadougou : Tendances r\u00e9centes (1990-2000). <em>Ouaga Focus<\/em>, 30, 2 p\u00a0.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">S\u00e9r\u00e9 Seydou, 2011. Migrations et croissances urbaines, 80 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zongo Mahamadou, 2003. La diaspora burkinab\u00e8 en C\u00f4te d\u2019Ivoire\u00a0: Trajectoire historique, recomposition des Dynamiques migratoires et rapport avec le pays d\u2019origine. <em>Revue africaine de sociologie<\/em>\u00a0, 58-72.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zongo Mahamadou, Koudougou Saydou. 2008. Crise fonci\u00e8re et crise autour du sol dans la ville de Ouagadougou, 22 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zourkal\u00e9iniYounoussi, Pich\u00e9 Victor. 2005. Migration et emploi urbain : le cas de Ouagadougou, Burkina Faso, in \u00c9tude des populations africaines, p 69-87.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Zourkal\u00e9iniYounoussi, Pich\u00e9 Victor. 2007. Migration rurale-urbaine et insertion sur le march\u00e9 du travail africain : le cas de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso), 45 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ZourkaleiniYounoussi. 2003. Les d\u00e9terminants individuels et contextuels des migrations internationales au Burkina Faso, UERD, Universit\u00e9 de Ouagadougou, 17 p.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/contributors\/seydou-sere\">Seydou SERE<\/a><\/strong><br \/>Chercheur associ\u00e9 au laboratoire ESO (Espaces et Soci\u00e9t\u00e9s et au Laboratoire Dynamique des espaces et des Soci\u00e9t\u00e9s) de l&rsquo;Universit\u00e9 de Joseph Ki ZERBO de Ouagadougou, l&rsquo;auteur est titulaire d&rsquo;un PhD en G\u00e9ographie\/Am\u00e9nagement du territoire. Ses travaux portent sur les strat\u00e9gies r\u00e9sidentielles et l\u2019acc\u00e8s au logement, notamment sur les jeunes, les pratiques, les strat\u00e9gies, la mobilit\u00e9, les trajectoires et l&rsquo;autonomie r\u00e9sidentielles, la croissance urbaine, les migrations urbaines, la d\u00e9cohabitation, l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire, etc.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-202-1\">Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement. <a href=\"#return-footnote-202-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-202-2\">\u00ab Ouaga 2009 : peuplement de Ouagadougou et d\u00e9veloppement urbain \u00bb, conduit par Florence BOYER et Daniel DELAUNAY, avec le financement du SCAC de l\u2019Ambassade de France au Burkina Faso. <a href=\"#return-footnote-202-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-202-3\">Th\u00e8se en cotutelle entre l\u2019Universit\u00e9 de Ouagadougou et l\u2019Universit\u00e9 Rennes 2, co-dirig\u00e9e par les Professeurs Vincent GOUESET et Georges COMPAORE. <a href=\"#return-footnote-202-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-202-4\">Institut national de la statistique et de la d\u00e9mographie. <a href=\"#return-footnote-202-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-202-5\">Direction G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Am\u00e9nagement du Territoire du D\u00e9veloppement Local et R\u00e9gional <a href=\"#return-footnote-202-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":5,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["seydou-sere"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[82],"license":[],"class_list":["post-202","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-croissance-urbaine","motscles-logement","motscles-migration","motscles-ouagadougou","motscles-residence","keywords-housing","keywords-migration","keywords-ouagadougou","keywords-residence","keywords-urban-growth","motscles-autre-ci-gaban-birane","motscles-autre-gidaje","motscles-autre-hanyoyin-zama","motscles-autre-aura-zuwa-birane","motscles-autre-ouagadougo","contributor-seydou-sere"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/202","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":573,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/202\/revisions\/573"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/202\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=202"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=202"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}