{"id":357,"date":"2021-12-25T10:05:58","date_gmt":"2021-12-25T09:05:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/?post_type=chapter&#038;p=357"},"modified":"2023-11-28T11:01:09","modified_gmt":"2023-11-28T10:01:09","slug":"presentation_1-1","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/texte\/presentation_1-1\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">De plus en plus, les villes-refuges refont surface, mettant \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 les probl\u00e9matiques li\u00e9es aux migrations et \u00e0 l\u2019urgence de l\u2019accueil. En Afrique, la pr\u00e9gnance des catastrophes naturelles et des conflits a des cons\u00e9quences pr\u00e9occupantes sur les migrations. Le rapport du haut-commissaire des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s au sujet des questions relatives aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux rapatri\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et plus largement aux questions humanitaires fait \u00e9tat de 33,4 millions de personnes[footnote]Ce chiffre comprend les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, les personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays, les demandeurs et demandeuses d\u2019asile, les apatrides et les autres personnes dont la situation s\u2019apparente \u00e0 celle des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, ainsi que les personnes retourn\u00e9es dans leur pays d\u2019origine en 2019 et qui re\u00e7oivent encore une aide.[\/footnote] accueillies en urgence \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2019. Cela inclut 6,3 millions de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, 18,5 millions de personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays, 529 600 demandeurs et demandeuses d\u2019asile et 975 000 apatrides[footnote]Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies, soixante-quinzi\u00e8me session, point 63 de l\u2019ordre du jour provisoire, rapport du haut-commissaire des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, questions relatives aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux rapatri\u00e9\u00b7e\u00b7s et aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et questions humanitaires. Distr. G\u00e9n\u00e9rale 24 ao\u00fbt 2020.[\/footnote]. Le Soudan du Sud, la Somalie, la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, le Soudan, la R\u00e9publique centrafricaine, l\u2019\u00c9rythr\u00e9e ou le Burundi comptent parmi les pays de provenance du plus grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s. Pendant ce temps, en ce qui concerne les pays d\u2019accueil, selon le HCR pour 2019.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Ouganda a accueilli le plus grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s (pr\u00e8s de 1,4 million), principalement en provenance du Soudan du Sud. D\u2019importantes populations de r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accueillies au Soudan (1,1 million), en \u00c9thiopie (733\u00a0000), en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (523\u00a0700), au Tchad (442\u00a0700), au Kenya (438\u00a0900), au Cameroun (406\u00a0300), au Soudan du Sud (298\u00a0300) et en R\u00e9publique-Unie de Tanzanie (242\u00a0200) (<strong>Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies<\/strong>,<strong> soixante-quinzi\u00e8me session<\/strong>,<strong> rapport du HCR<\/strong>,<strong> Distr. G\u00e9n\u00e9rale 24 ao\u00fbt 2020<\/strong>).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cet \u00e9tat des lieux donne une br\u00e8ve id\u00e9e de l\u2019ampleur des migrations et des mobilisations des \u00c9tats pour accueillir les populations en d\u00e9tresse.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, les migrations n\u2019ont pas toujours \u00e0 l\u2019origine la d\u00e9tresse. Elles peuvent \u00eatre \u00e9galement la cons\u00e9quence d\u2019une qu\u00eate de mieux-\u00eatre, de d\u00e9veloppement, de prosp\u00e9rit\u00e9 ou de ressources. L\u2019accueil ou le refuge renvoie \u00e0 des successions d\u2019implications. Celles-ci peuvent \u00eatre \u00e9conomiques, sociales, politiques ou culturelles. Autant le\/la r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e ou migrant\u00b7e est \u00e0 la recherche de s\u00e9curit\u00e9, d\u2019abri ou de survie, autant les dispositifs mis en place pour lui garantir un accueil ne vont pas sans bouleverser les fonctionnements des soci\u00e9t\u00e9s. La ville se pr\u00e9sente donc comme le lieu d\u2019une multiplicit\u00e9 de ressources souvent n\u00e9cessaires pour r\u00e9tablir un certain \u00e9quilibre de vie chez les migrant\u00b7e\u00b7s. Le pr\u00e9sent num\u00e9ro vise \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur les diff\u00e9rentes cons\u00e9quences et implications de l\u2019accueil dans la ville qui accueille, qui re\u00e7oit, qui invite et qui s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019inconnu, \u00e0 la multitude, \u00e0 la diversit\u00e9 et \u00e0 la diff\u00e9rence. Quelles sont les offres de dispositifs en pr\u00e9sence essentielles \u00e0 l\u2019accueil? Quelles sont les transformations dont les villes font l\u2019objet?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019humanitaire est sans doute une vitrine manifeste d\u2019observation des dynamiques des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, de leur accueil et de leur gestion. D\u00e8s lors, l\u2019interd\u00e9pendance entre action humanitaire et urbanisation ne va pas sans se d\u00e9ployer dans un environnement de risque et de vuln\u00e9rabilit\u00e9. Faire de l\u2019action humanitaire, c\u2019est travailler \u00e0 offrir des ressources de diff\u00e9rentes natures aux populations r\u00e9fugi\u00e9es. Ces ressources r\u00e9pondent aux besoins sanitaires, en \u00e9ducation, en logement, d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable ou m\u00eame aux dispositifs d\u2019hygi\u00e8ne. La liste pourrait s\u2019\u00e9tendre pour inclure les besoins \u00e9conomiques (notamment en activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus ou coop\u00e9ratives) ou en activit\u00e9s ludiques. C\u2019est ce qu\u2019essaye de d\u00e9montrer le texte de <strong>Yvan Hyannick OBAH<\/strong>, <strong>Lo\u00efc Bertrand<\/strong> <strong>BIANGO NYAMA<\/strong> et <strong>Marie Th\u00e9r\u00e8se MENGUE<\/strong>. En effet, il en ressort que l\u2019humanitaire contribue \u00e0 cr\u00e9er la ville au sens o\u00f9 l\u2019entend Michel Agier\u00a0; les auteurs et l\u2019autrice parlent d\u2019une \u00ab\u00a0urbanisation humanitaire\u00a0\u00bb qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la transformation des milieux ruraux et urbains mettant dont au centre de l\u2019analyse les questions infrastructurelles, les relations \u00e9conomiques et sociales, bref l\u2019urbanit\u00e9. C\u2019est dans ce m\u00eame contexte humanitaire et d\u2019urgence qu\u2019intervient le travail de <strong>Pierre Boris N\u2019NDE<\/strong>. Ce dernier analyse la transition urbaine dans une ville fronti\u00e8re \u2013 situ\u00e9e au carrefour d\u2019\u00e9changes \u00e9conomiques importants \u2013 sous le prisme de l\u2019afflux des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, de leur accueil et des ins\u00e9curit\u00e9s qui naissent \u00e0 l\u2019occasion de cet accueil. L\u2019id\u00e9e est de montrer comment les dynamiques migratoires pour causes humanitaires ont mis en lumi\u00e8re les insuffisances des ressources urbaines de la ville de Garoua Boula\u00ef et par la m\u00eame occasion comment celle-ci s\u2019est transform\u00e9e sous l\u2019influence des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s ins\u00e9r\u00e9\u00b7e\u00b7s dans le tissu urbain ainsi que des interventions humanitaires et militaires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte d\u2019<strong>Assonsi SOMA<\/strong>, qui \u00e9tudie la capitale ouagalaise comme lieu de refuge pour les populations parties du sahel et du nord burkinab\u00e8, prolonge l\u2019observation sur les influences des dynamiques humanitaires. Celui-ci analyse les choix des migrant\u00b7e\u00b7s, les capacit\u00e9s des autorit\u00e9s publiques \u00e0 g\u00e9rer l\u2019insertion socioterritoriale de nouveaux et nouvelles arrivant\u00b7e\u00b7s qui n\u00e9gocient, dans une sorte de r\u00e9silience, des espaces urbains d\u2019installation. L\u2019auteur rel\u00e8ve les effets pervers des installations de fortune que meublent tr\u00e8s opportun\u00e9ment les dynamiques d\u2019entraide ou de solidarit\u00e9. Cette th\u00e9matique se voit renforc\u00e9e et davantage probl\u00e9matis\u00e9e par les analyses de <strong>Seydou SERE<\/strong> sur la trajectoire r\u00e9sidentielle des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et migrant\u00b7e\u00b7s internationaux et internationales dans la ville de Ouagadougou. En mobilisant plusieurs sources de donn\u00e9es, l\u2019auteur montre que la forte croissance naturelle due non seulement \u00e0 l\u2019accroissement naturelle, mais aussi aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s (ivoirien\u00b7ne\u00b7s pour la plupart) a un impact s\u00e9rieux sur l\u2019acc\u00e8s au logement. Les installations qui se font de plus en plus en marge de la ville. D\u00e8s lors, les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes auraient tendance \u00e0 occuper des logements \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville tandis que les migrant\u00b7e\u00b7s internationaux et internationales se retrouveraient davantage dans des logements centraux et p\u00e9ricentraux. L\u2019auteur note que les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le num\u00e9ro offre \u00e9galement un entretien avec Cyrille HANAPPE, architecte et ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Architecture de Paris Belleville. \u00c0 l\u2019issue de cet \u00e9change enrichissant bas\u00e9 essentiellement sur les probl\u00e9matiques des villes-refuges, le regard du sp\u00e9cialiste rel\u00e8ve des points principaux \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s fran\u00e7aises d\u2019une part et europ\u00e9ennes d\u2019autres qui peuvent se r\u00e9sumer en quelques mots\u00a0: impr\u00e9paration; improvisation; hostilit\u00e9; fermeture; urgence; invisibilisation et violence. En montrant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019anticiper sur les flux et les mobilit\u00e9s, <strong>Cyrille HANAPPE<\/strong>, dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Pierre Boris N\u2019NDE, entrevoit, en cl\u00f4turant son propos, la ville-accueil dans sa dimension durable. Celle-ci int\u00e9grerait des param\u00e8tres d\u2019adaptabilit\u00e9, de transformation et de r\u00e9silience.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est dans cette approche r\u00e9siliente que se manifestent les informalit\u00e9s urbaines, tr\u00e8s souvent pour r\u00e9sister aux contraintes qu\u2019impose la modernit\u00e9 des villes, mais aussi pour trouver des espaces de survie et d\u2019existence. Le texte\u00a0de <strong>Pierre Boris N\u2019NDE<\/strong> et <strong>Guy Sylvain TALLA<\/strong> rel\u00e8ve \u00e0 juste titre, \u00e0 partir de deux villes camerounaises, l\u2019investissement populaire dans les projets urbains \u00e0 partir des quartiers. L\u2019id\u00e9e est de montrer que la migration qui consacre le passage des villages vers les villes participe \u00e0 une construction des territoires urbains, \u00e0 une identification aux territoires et, pour des besoins de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 une forme d\u2019utopie urbaine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce premier num\u00e9ro de la <strong><em>Revue Gari. Recherches et d\u00e9bats sur les villes africaines<\/em><\/strong> culmine par un travail de m\u00e9moire de crise extrait de l\u2019exposition intitul\u00e9e <em>Traces<\/em> d\u2019<strong>Yvon NGASSAM<\/strong>. L\u2019artiste visuel pr\u00e9sente les visages meurtris des victimes de la crise de Boko Haram. Il remet en sc\u00e8ne ces enfants, femmes et hommes invisibilis\u00e9s par la crise qui les a rendu\u00b7e\u00b7s migrant\u00b7e\u00b7s, r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, meurtri\u00b7e\u00b7s et parfois laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-compte. Ce sont ces m\u00e9moires violentes et douloureuses qui sont d\u00e9peintes dans les encadr\u00e9s biographiques et dont les photographies illustrent les visages de la peine qui laissent des traces chez les observateurs et observatrices. Cette exposition, c\u2019est aussi la symbolique de l\u2019amertume des crises qui trace bien opportun\u00e9ment et de mani\u00e8re incisive ses marques chez les migrant\u00b7e\u00b7s, r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s victimes que l\u2019on retrouve aussi dans les villes. Les photographies de l\u2019auteur leur redonnent vie et contribuent ainsi non seulement \u00e0 leur donner une vitrine, une part d\u2019espace, une part de territoire, mais surtout, une part de ville.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De plus en plus, les villes-refuges refont surface, mettant \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 les probl\u00e9matiques li\u00e9es aux migrations et \u00e0 l\u2019urgence de l\u2019accueil. En Afrique, la pr\u00e9gnance des catastrophes naturelles et des conflits a des cons\u00e9quences pr\u00e9occupantes sur les migrations. Le rapport du haut-commissaire des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s au sujet des questions relatives aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux rapatri\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et plus largement aux questions humanitaires fait \u00e9tat de 33,4 millions de personnes<a class=\"footnote\" title=\"Ce chiffre comprend les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, les personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays, les demandeurs et demandeuses d\u2019asile, les apatrides et les autres personnes dont la situation s\u2019apparente \u00e0 celle des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, ainsi que les personnes retourn\u00e9es dans leur pays d\u2019origine en 2019 et qui re\u00e7oivent encore une aide.\" id=\"return-footnote-357-1\" href=\"#footnote-357-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> accueillies en urgence \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2019. Cela inclut 6,3 millions de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, 18,5 millions de personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays, 529 600 demandeurs et demandeuses d\u2019asile et 975 000 apatrides<a class=\"footnote\" title=\"Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies, soixante-quinzi\u00e8me session, point 63 de l\u2019ordre du jour provisoire, rapport du haut-commissaire des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, questions relatives aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux rapatri\u00e9\u00b7e\u00b7s et aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et questions humanitaires. Distr. G\u00e9n\u00e9rale 24 ao\u00fbt 2020.\" id=\"return-footnote-357-2\" href=\"#footnote-357-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. Le Soudan du Sud, la Somalie, la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, le Soudan, la R\u00e9publique centrafricaine, l\u2019\u00c9rythr\u00e9e ou le Burundi comptent parmi les pays de provenance du plus grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s. Pendant ce temps, en ce qui concerne les pays d\u2019accueil, selon le HCR pour 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Ouganda a accueilli le plus grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s (pr\u00e8s de 1,4 million), principalement en provenance du Soudan du Sud. D\u2019importantes populations de r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accueillies au Soudan (1,1 million), en \u00c9thiopie (733\u00a0000), en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (523\u00a0700), au Tchad (442\u00a0700), au Kenya (438\u00a0900), au Cameroun (406\u00a0300), au Soudan du Sud (298\u00a0300) et en R\u00e9publique-Unie de Tanzanie (242\u00a0200) (<strong>Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies<\/strong>,<strong> soixante-quinzi\u00e8me session<\/strong>,<strong> rapport du HCR<\/strong>,<strong> Distr. G\u00e9n\u00e9rale 24 ao\u00fbt 2020<\/strong>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet \u00e9tat des lieux donne une br\u00e8ve id\u00e9e de l\u2019ampleur des migrations et des mobilisations des \u00c9tats pour accueillir les populations en d\u00e9tresse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, les migrations n\u2019ont pas toujours \u00e0 l\u2019origine la d\u00e9tresse. Elles peuvent \u00eatre \u00e9galement la cons\u00e9quence d\u2019une qu\u00eate de mieux-\u00eatre, de d\u00e9veloppement, de prosp\u00e9rit\u00e9 ou de ressources. L\u2019accueil ou le refuge renvoie \u00e0 des successions d\u2019implications. Celles-ci peuvent \u00eatre \u00e9conomiques, sociales, politiques ou culturelles. Autant le\/la r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e ou migrant\u00b7e est \u00e0 la recherche de s\u00e9curit\u00e9, d\u2019abri ou de survie, autant les dispositifs mis en place pour lui garantir un accueil ne vont pas sans bouleverser les fonctionnements des soci\u00e9t\u00e9s. La ville se pr\u00e9sente donc comme le lieu d\u2019une multiplicit\u00e9 de ressources souvent n\u00e9cessaires pour r\u00e9tablir un certain \u00e9quilibre de vie chez les migrant\u00b7e\u00b7s. Le pr\u00e9sent num\u00e9ro vise \u00e0 faire la lumi\u00e8re sur les diff\u00e9rentes cons\u00e9quences et implications de l\u2019accueil dans la ville qui accueille, qui re\u00e7oit, qui invite et qui s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019inconnu, \u00e0 la multitude, \u00e0 la diversit\u00e9 et \u00e0 la diff\u00e9rence. Quelles sont les offres de dispositifs en pr\u00e9sence essentielles \u00e0 l\u2019accueil? Quelles sont les transformations dont les villes font l\u2019objet?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019humanitaire est sans doute une vitrine manifeste d\u2019observation des dynamiques des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, de leur accueil et de leur gestion. D\u00e8s lors, l\u2019interd\u00e9pendance entre action humanitaire et urbanisation ne va pas sans se d\u00e9ployer dans un environnement de risque et de vuln\u00e9rabilit\u00e9. Faire de l\u2019action humanitaire, c\u2019est travailler \u00e0 offrir des ressources de diff\u00e9rentes natures aux populations r\u00e9fugi\u00e9es. Ces ressources r\u00e9pondent aux besoins sanitaires, en \u00e9ducation, en logement, d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable ou m\u00eame aux dispositifs d\u2019hygi\u00e8ne. La liste pourrait s\u2019\u00e9tendre pour inclure les besoins \u00e9conomiques (notamment en activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus ou coop\u00e9ratives) ou en activit\u00e9s ludiques. C\u2019est ce qu\u2019essaye de d\u00e9montrer le texte de <strong>Yvan Hyannick OBAH<\/strong>, <strong>Lo\u00efc Bertrand<\/strong> <strong>BIANGO NYAMA<\/strong> et <strong>Marie Th\u00e9r\u00e8se MENGUE<\/strong>. En effet, il en ressort que l\u2019humanitaire contribue \u00e0 cr\u00e9er la ville au sens o\u00f9 l\u2019entend Michel Agier\u00a0; les auteurs et l\u2019autrice parlent d\u2019une \u00ab\u00a0urbanisation humanitaire\u00a0\u00bb qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la transformation des milieux ruraux et urbains mettant dont au centre de l\u2019analyse les questions infrastructurelles, les relations \u00e9conomiques et sociales, bref l\u2019urbanit\u00e9. C\u2019est dans ce m\u00eame contexte humanitaire et d\u2019urgence qu\u2019intervient le travail de <strong>Pierre Boris N\u2019NDE<\/strong>. Ce dernier analyse la transition urbaine dans une ville fronti\u00e8re \u2013 situ\u00e9e au carrefour d\u2019\u00e9changes \u00e9conomiques importants \u2013 sous le prisme de l\u2019afflux des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, de leur accueil et des ins\u00e9curit\u00e9s qui naissent \u00e0 l\u2019occasion de cet accueil. L\u2019id\u00e9e est de montrer comment les dynamiques migratoires pour causes humanitaires ont mis en lumi\u00e8re les insuffisances des ressources urbaines de la ville de Garoua Boula\u00ef et par la m\u00eame occasion comment celle-ci s\u2019est transform\u00e9e sous l\u2019influence des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s ins\u00e9r\u00e9\u00b7e\u00b7s dans le tissu urbain ainsi que des interventions humanitaires et militaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte d\u2019<strong>Assonsi SOMA<\/strong>, qui \u00e9tudie la capitale ouagalaise comme lieu de refuge pour les populations parties du sahel et du nord burkinab\u00e8, prolonge l\u2019observation sur les influences des dynamiques humanitaires. Celui-ci analyse les choix des migrant\u00b7e\u00b7s, les capacit\u00e9s des autorit\u00e9s publiques \u00e0 g\u00e9rer l\u2019insertion socioterritoriale de nouveaux et nouvelles arrivant\u00b7e\u00b7s qui n\u00e9gocient, dans une sorte de r\u00e9silience, des espaces urbains d\u2019installation. L\u2019auteur rel\u00e8ve les effets pervers des installations de fortune que meublent tr\u00e8s opportun\u00e9ment les dynamiques d\u2019entraide ou de solidarit\u00e9. Cette th\u00e9matique se voit renforc\u00e9e et davantage probl\u00e9matis\u00e9e par les analyses de <strong>Seydou SERE<\/strong> sur la trajectoire r\u00e9sidentielle des d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes et migrant\u00b7e\u00b7s internationaux et internationales dans la ville de Ouagadougou. En mobilisant plusieurs sources de donn\u00e9es, l\u2019auteur montre que la forte croissance naturelle due non seulement \u00e0 l\u2019accroissement naturelle, mais aussi aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s (ivoirien\u00b7ne\u00b7s pour la plupart) a un impact s\u00e9rieux sur l\u2019acc\u00e8s au logement. Les installations qui se font de plus en plus en marge de la ville. D\u00e8s lors, les d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s internes auraient tendance \u00e0 occuper des logements \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville tandis que les migrant\u00b7e\u00b7s internationaux et internationales se retrouveraient davantage dans des logements centraux et p\u00e9ricentraux. L\u2019auteur note que les mobilit\u00e9s s\u2019effectuent du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le num\u00e9ro offre \u00e9galement un entretien avec Cyrille HANAPPE, architecte et ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Architecture de Paris Belleville. \u00c0 l\u2019issue de cet \u00e9change enrichissant bas\u00e9 essentiellement sur les probl\u00e9matiques des villes-refuges, le regard du sp\u00e9cialiste rel\u00e8ve des points principaux \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s fran\u00e7aises d\u2019une part et europ\u00e9ennes d\u2019autres qui peuvent se r\u00e9sumer en quelques mots\u00a0: impr\u00e9paration; improvisation; hostilit\u00e9; fermeture; urgence; invisibilisation et violence. En montrant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019anticiper sur les flux et les mobilit\u00e9s, <strong>Cyrille HANAPPE<\/strong>, dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Pierre Boris N\u2019NDE, entrevoit, en cl\u00f4turant son propos, la ville-accueil dans sa dimension durable. Celle-ci int\u00e9grerait des param\u00e8tres d\u2019adaptabilit\u00e9, de transformation et de r\u00e9silience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est dans cette approche r\u00e9siliente que se manifestent les informalit\u00e9s urbaines, tr\u00e8s souvent pour r\u00e9sister aux contraintes qu\u2019impose la modernit\u00e9 des villes, mais aussi pour trouver des espaces de survie et d\u2019existence. Le texte\u00a0de <strong>Pierre Boris N\u2019NDE<\/strong> et <strong>Guy Sylvain TALLA<\/strong> rel\u00e8ve \u00e0 juste titre, \u00e0 partir de deux villes camerounaises, l\u2019investissement populaire dans les projets urbains \u00e0 partir des quartiers. L\u2019id\u00e9e est de montrer que la migration qui consacre le passage des villages vers les villes participe \u00e0 une construction des territoires urbains, \u00e0 une identification aux territoires et, pour des besoins de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 une forme d\u2019utopie urbaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce premier num\u00e9ro de la <strong><em>Revue Gari. Recherches et d\u00e9bats sur les villes africaines<\/em><\/strong> culmine par un travail de m\u00e9moire de crise extrait de l\u2019exposition intitul\u00e9e <em>Traces<\/em> d\u2019<strong>Yvon NGASSAM<\/strong>. L\u2019artiste visuel pr\u00e9sente les visages meurtris des victimes de la crise de Boko Haram. Il remet en sc\u00e8ne ces enfants, femmes et hommes invisibilis\u00e9s par la crise qui les a rendu\u00b7e\u00b7s migrant\u00b7e\u00b7s, r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, meurtri\u00b7e\u00b7s et parfois laiss\u00e9\u00b7e\u00b7s-pour-compte. Ce sont ces m\u00e9moires violentes et douloureuses qui sont d\u00e9peintes dans les encadr\u00e9s biographiques et dont les photographies illustrent les visages de la peine qui laissent des traces chez les observateurs et observatrices. Cette exposition, c\u2019est aussi la symbolique de l\u2019amertume des crises qui trace bien opportun\u00e9ment et de mani\u00e8re incisive ses marques chez les migrant\u00b7e\u00b7s, r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s victimes que l\u2019on retrouve aussi dans les villes. Les photographies de l\u2019auteur leur redonnent vie et contribuent ainsi non seulement \u00e0 leur donner une vitrine, une part d\u2019espace, une part de territoire, mais surtout, une part de ville.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/contributors\/pierre-boris-nnde\">Pierre Boris N\u2019NDE<\/a><\/strong><br \/>Enseignant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9 au Cameroun, l\u2019auteur est titulaire d\u2019un PhD en anthropologie sociale et culturelle de l\u2019Universit\u00e9 Laval (Qu\u00e9bec, Canada).. Il a effectu\u00e9 un postdoctorat en recherche humanitaire sous le financement de la Fondation Croix-Rouge fran\u00e7aise. Il a \u00e9galement travaill\u00e9 comme charg\u00e9 de cours et professionnel de recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval. Il s\u2019int\u00e9resse aux dynamiques des villes, aux questions de violence et de s\u00e9curit\u00e9. Il est actuellement co-r\u00e9dacteur en chef de la revue Gari et membre du comit\u00e9 scientifique des \u00c9ditions Sciences et Bien Commun.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-357-1\">Ce chiffre comprend les r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, les personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays, les demandeurs et demandeuses d\u2019asile, les apatrides et les autres personnes dont la situation s\u2019apparente \u00e0 celle des r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, ainsi que les personnes retourn\u00e9es dans leur pays d\u2019origine en 2019 et qui re\u00e7oivent encore une aide. <a href=\"#return-footnote-357-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-357-2\">Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies, soixante-quinzi\u00e8me session, point 63 de l\u2019ordre du jour provisoire, rapport du haut-commissaire des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, questions relatives aux r\u00e9fugi\u00e9\u00b7e\u00b7s, aux rapatri\u00e9\u00b7e\u00b7s et aux d\u00e9plac\u00e9\u00b7e\u00b7s et questions humanitaires. Distr. G\u00e9n\u00e9rale 24 ao\u00fbt 2020. <a href=\"#return-footnote-357-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["pierre-boris-nnde"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[88],"license":[],"class_list":["post-357","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","contributor-pierre-boris-nnde"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/357\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":565,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/357\/revisions\/565"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/357\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=357"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=357"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/gari\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}