{"id":506,"date":"2023-01-12T11:31:17","date_gmt":"2023-01-12T10:31:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/?post_type=chapter&#038;p=506"},"modified":"2024-12-19T09:35:16","modified_gmt":"2024-12-19T08:35:16","slug":"taiwe2023","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/texte\/taiwe2023\/","title":{"rendered":"Plaidoyer pour une orthographe harmonis\u00e9e du tupuri\u00a0: n\u00e9cessit\u00e9 pour la confection de ressources didactiques adapt\u00e9es"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019on a pris l\u2019habitude d\u2019affirmer que les langues africaines sont des langues \u00e0 tradition orale, il est d\u00e9sormais ind\u00e9niable que ces langues sont dot\u00e9es de syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture. Il existe des langues qui ont connu des avanc\u00e9es dans leurs descriptions. Par le biais des travaux de litt\u00e9rature orale, de linguistique descriptive ou encore des travaux de lexicographie et de traduction dans la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne, les langues africaines se d\u00e9veloppent de plus en plus pour \u00eatre mises \u00e0 la disposition du grand public. Seulement, les pratiques linguistiques sont divergentes en ce qui concerne leur syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture. La langue <em>tupuri<\/em> ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette pratique. Elle rencontre plusieurs variations aupr\u00e8s des chercheurs et chercheuses (linguistes), traducteurs et traductrices. Or, pour que le processus de standardisation de la langue soit enclench\u00e9, cette langue doit \u00eatre dot\u00e9e d\u2019un syst\u00e8me orthographique stable puisqu\u2019elle est la reconnaissance d\u2019une norme \u00e9crite. L\u2019orthographe, en tant qu\u2019ad\u00e9quation \u00e0 une norme \u00e9crite de la langue, est autant un fait culturel qu\u2019un fait linguistique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le plus important dans cet article, c\u2019est d\u2019attirer l\u2019attention des communaut\u00e9s linguistiques sur les pratiques plurigraphiques, sur ses enjeux et de donner des orientations pour une politique linguistique am\u00e9lior\u00e9e des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral, celle de la langue <em>tupuri<\/em> en particulier (Ta\u00efwe, 2020a). Le <em>tupuri<\/em> est l\u2019une des langues Adamawa du sous-groupe <em>mbum<\/em> parl\u00e9e au Nord du Cameroun et dans le Mayo-Kebbi Est au Tchad (Ruelland, 1992). Cette langue a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, \u00e0 ce jour, d\u2019importants travaux descriptifs dans tous les grands domaines de la linguistique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent travail qui s\u2019inscrit dans le vaste domaine de la planification linguistique est une contribution aux d\u00e9bats sur la standardisation des langues africaines. Les m\u00e9thodes ici se veulent comparatives, descriptives et prescriptives. Une lecture en parall\u00e8le sera faite entre les pratiques scripturales du <em>tupuri<\/em> afin d\u2019\u00e9liminer les confusions, les lourdeurs, les amalgames et les impr\u00e9cisions pour pr\u00e9senter au public et \u00e0 la communaut\u00e9 scientifique une graphie harmonis\u00e9e. L\u2019article s\u2019appuie principalement sur les principes orthographiques de <em>l\u2019Alphabet g\u00e9n\u00e9ral des langues camerounaises <\/em>(AGLC) publi\u00e9 par Tatadjeu et Sadembouo en 1979. Il est question d\u2019harmoniser les graph\u00e8mes et les perspectives conventionnelles (1984, p.\u00a03). \u00c9tant donn\u00e9 que ces principes s\u2019appliquent \u00e0 toutes les langues camerounaises, nous nous limiterons \u00e0 ceux qui concernent la langue <em>tupuri<\/em> qui nous int\u00e9resse ici.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Notre m\u00e9thode de travail consiste \u00e0 faire un inventaire de tous les ouvrages ou travaux consacr\u00e9s en langue <em>tupuri<\/em>. Le premier objectif est de jeter un regard panoramique sur l\u2019\u00e9tat des pratiques orthographiques de la langue <em>tupuri<\/em>. Nous avons pu recenser comme travaux de r\u00e9f\u00e9rences, les \u00e9crits de missionnaires (Cappellitti, 1996) et traducteurs <em>tupuri<\/em> (cat\u00e9chisme de Luther traduit en <em>tupuri<\/em>), les travaux de Ruelland (1988; 1992), les travaux du Comit\u00e9 de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne <em>tupuri<\/em>, notamment la <em>Bible<\/em> (<em>W\u00e3\u00e3re Baa<\/em>, 2005) et le <em>Cantique<\/em> (<em>Naa togod Baa<\/em>, 2017) en <em>tupuri<\/em>. La deuxi\u00e8me phase a consist\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir un rapport entre 100 unit\u00e9s lexicales pr\u00e9alablement s\u00e9lectionn\u00e9es. Un tableau synth\u00e9tique donnant l\u2019id\u00e9e de la chronologie des pratiques orthographiques dans la langue <em>tupuri<\/em> a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9. Celui-ci tient compte de deux param\u00e8tres essentiels. Au niveau de la premi\u00e8re ligne horizontale sont class\u00e9-e-s les auteurs et autrices par ordre chronologique avec une traduction en fran\u00e7ais. Au niveau vertical se trouvent les variantes graphiques des unit\u00e9s lexicales. L\u2019analyse tient compte des variations graphiques dans les travaux de Ruelland (1988), dans celui du pr\u00eatre Cappelletti (1996), dans la Bible en <em>tupuri<\/em> (2005), ainsi que le syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture d\u00e9fendu par le comit\u00e9 de traduction de la langue <em>tupuri<\/em> (2004 \u00e0 nos jours). Nous nous appuyons \u00e9galement de nos propres travaux et de notre exp\u00e9rience en lexicographie <em>tupuri<\/em> dans le cadre de l\u2019Alliance Biblique du Cameroun (ABC).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour atteindre cet objectif, nous structurons notre analyse en trois parties. La premi\u00e8re partie pr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat actuel des pratiques dans les \u00e9crits en <em>tupuri<\/em>, la deuxi\u00e8me traite des enjeux que ces pratiques plurigraphiques repr\u00e9sentent pour le d\u00e9veloppement de la langue en question, notamment sa port\u00e9e didactique. La troisi\u00e8me partie propose des perspectives pour un am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri <\/em>en particulier et pour les langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">\u00c9tat des lieux sur les pratiques plurigraphiques en <em>tupuri<\/em><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9senterons ici la situation g\u00e9n\u00e9rale relative aux pratiques plurigraphiques dans les \u00e9crits en <em>tupuri<\/em>. Nous passons en revue trois \u00e9l\u00e9ments essentiels dont la variante orthographique du glossonyme, de la p\u00e9riode des missionnaires et de Ruelland jusqu\u2019au comit\u00e9 de la langue <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Partant des variantes orthographiques du glossonyme<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019unanimit\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre faite au sujet de la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire le glossonyme <em>tupuri<\/em>. Il existe une pl\u00e9thore de graphies du nom de la langue qui varie selon les auteurs et autrices. L\u2019explication que nous proposons est une reprise de celle propos\u00e9e par Kolyang Il s\u2019interroge en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0toupouri, toubouri, tupuri, tpuri\u00a0\u2013 lequel est juste?\u00a0\u00bb (2010, p.\u00a022). Le peuple est d\u00e9sign\u00e9 au Cameroun par le terme \u00ab\u00a0Toupouri\u00a0\u00bb, avec une majuscule \u00e0 l\u2019initiale. Le m\u00eame terme, mais avec une minuscule \u00e0 l\u2019initiale (toupouri), est utilis\u00e9 pour nommer la langue. Il faut cependant reconna\u00eetre que cette appellation est sujette \u00e0 caution. En effet, le terme \u00ab\u00a0toubouri\u00a0\u00bb pars\u00e8me la litt\u00e9rature coloniale fran\u00e7aise (Seignobos et Tourneux, 2001). Ruelland dans tous ses travaux de recherche sur la langue pr\u00e9f\u00e8re <em>tupuri.<\/em> Feckoua lui, reste dans l\u2019ambivalence\u00a0: tant\u00f4t <em>tupuri <\/em>(dans sa th\u00e8se, 1977), tant\u00f4t la forme francis\u00e9e \u00ab\u00a0toupouri\u00a0\u00bb (2002). D\u2019autres chercheurs et chercheuses dans la langue et la culture de ce peuple s\u2019accordent aussi \u00e0 \u00e9crire <em>toupouri.<\/em> Il s\u2019agit entre autres de Cappelletti (1996) qui s\u2019accorde aussi sur la graphie <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En revanche, Kolyang (2010, p.\u00a022) pr\u00f4ne dans ses \u00e9crits une nouvelle graphie. En tant que locuteur natif de ladite langue, il justifie cette utilisation par la prononciation de ce peuple. Il affirme\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pose-t-on la question \u00ab\u00a0qui es-tu? (<em>nd\u0254 di\u014b je m\u00e3y?<\/em>) \u00e0 un membre de ce groupe, il r\u00e9pondra <em>je suis un Tpuri <\/em>(<em>ndi di\u014b je Tpuri<\/em>). Le \u00ab T \u00bb \u00e9tant \u00ab humide \u00bb comme comportant un \u00ab e \u00bb aspir\u00e9. Le \u00ab i \u00bb final \u00e9tant une d\u00e9clinaison. En effet, l\u2019on dit <em>a di\u014b jar tpur w\u0254\u0254<\/em> (ce sont des tpur). Le terme je (pluriel jar) d\u00e9signe le genre humain suivi de la sp\u00e9cificit\u00e9 raciale, clanique ou sociale. Le peuple se nomme lui-m\u00eame Tpur (d\u00e9clin\u00e9 en Tpuri) (Kolyang, 2010, p.\u00a022).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour cet auteur, la graphie \u00ab\u00a0tpuri\u00a0\u00bb est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 toutes les autres parce qu\u2019elle se rapproche de la prononciation chez les locuteurs et locutrices de la langue. Cette hypoth\u00e8se devra cependant \u00eatre soumise \u00e0 une enqu\u00eate phonologique qui devrait \u00e9tablir les faits de langue de fa\u00e7on rigoureuse. C\u2019est pour cette raison que nous utiliserons, dans le cadre de ce travail, <em>tupuri<\/em>, qui est d\u2019ailleurs la forme la plus connue et r\u00e9pandue dans la litt\u00e9rature.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La p\u00e9riode des missionnaires et p\u00e9riode pr\u00e9coloniale<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, et au Cameroun pr\u00e9cis\u00e9ment, les d\u00e9buts de la standardisation des langues remontent \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale et aux d\u00e9buts de la colonisation. C\u2019est une p\u00e9riode o\u00f9 les missionnaires ont commenc\u00e9 \u00e0 traduire tout ou partie de la <em>Bible<\/em> (l\u2019Ancien et le Nouveau Testament) dans les langues africaines et se sont mis \u00e0 \u00e9laborer des mat\u00e9riels p\u00e9dagogiques pour l\u2019enseignement primaire dans les missions catholiques et protestantes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le contact avec les explorateurs au XIXe si\u00e8cle, les missionnaires catholiques et protestants venus d\u2019Europe et d\u2019Am\u00e9rique ont facilit\u00e9 l\u2019introduction de la pratique de l\u2019\u00e9criture du <em>tupuri<\/em>. Aussi ne s\u2019est-on jamais servi que de l\u2019alphabet latin. Le pass\u00e9 colonial du Cameroun imposera les caract\u00e8res latins qui \u00e0 ce jour constituent la norme scripturaire attest\u00e9e de la langue <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">On citera ainsi Cappelleti (1996), qui a \u0153uvr\u00e9 comme pr\u00eatre \u00e0 la mission catholique de Guidiguis dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord au Cameroun vers 1990. Il est par ailleurs auteur d\u2019un ouvrage lexicographique, le <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais. <\/em>Un autre, plus ancien, fut envoy\u00e9 par la mission luth\u00e9rienne am\u00e9ricaine vers 1970 aupr\u00e8s de l\u2019\u00c9glise fraternelle et luth\u00e9rienne du Cameroun et fonde un grand champ de mission dans \u00e0 Doukoula dans le Mayo-Danay. Il s\u2019agit du missionnaire Gimes Ericson qui a fait ses preuves dans l\u2019enseignement biblique et la traduction du Nouveau Testament et du cat\u00e9chisme de Luther en <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La p\u00e9riode postcoloniale\u00a0: de Ruelland au comit\u00e9 de la langue <em>tupuri<\/em><\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis le d\u00e9but des travaux de Suzanne Ruelland jusqu\u2019\u00e0 la traduction de la Bible en <em>tupuri<\/em>, en passant par les travaux effectu\u00e9s par le comit\u00e9 de traduction, l\u2019\u00e9criture <em>tupuri<\/em> se diversifie davantage. L\u2019on passe de plus en plus \u00e0 un militantisme scriptural. Les batailles engag\u00e9es par le comit\u00e9 de langue se trouvent obstru\u00e9es par l\u2019absence d\u2019une harmonisation internationale. Au Tchad comme au Cameroun, toutes les communaut\u00e9s ont une culture particuli\u00e8re de l\u2019\u00e9criture de la langue <em>tupuri<\/em>. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est observable aussi bien chez les universitaires que chez les sp\u00e9cialistes de la traduction des textes chr\u00e9tiens.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un autre contexte, les communaut\u00e9s eccl\u00e9siastiques publient r\u00e9guli\u00e8rement des documents de diff\u00e9rents genres destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et l\u2019\u00e9dification spirituelle des fid\u00e8les. Dans les divers documents r\u00e9dig\u00e9s tels que les cantiques (<em>Naa togod Baa<\/em>), le cat\u00e9chisme (<em>Kat\u025bkisma ma ni Lut\u025br no<\/em>), le manuel de formation des moniteurs et monitrices d\u2019\u00e9cole de dimanche, les ab\u00e9c\u00e9daires, ainsi que des textes de litt\u00e9rature orale (contes et les proverbes), l\u2019on est peu soucieux des r\u00e8gles du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture norm\u00e9e de la langue. Pour beaucoup, l\u2019argument avanc\u00e9 est plus m\u00e9thodologique et technique. L\u2019acc\u00e8s aux caract\u00e8res sp\u00e9ciaux, les livres canoniques r\u00e9gulant l\u2019\u00e9criture <em>tupuri<\/em> et l\u2019acc\u00e8s aux logiciels d\u2019installation des claviers adapt\u00e9s pour les langues africaines sont difficilement accessibles. Les usagers et usag\u00e8res ne disposent pas d\u2019ordinateurs dot\u00e9s de syst\u00e8mes d\u2019\u00e9criture de ces langues africaines. Quand bien m\u00eame ils sont disponibles, rares sont ceux et celles qui connaissent leur fonctionnalit\u00e9. La plupart des personnes charg\u00e9es de la r\u00e9daction des livres chr\u00e9tiens dans les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> n\u2019ont pas une grande connaissance des travaux de la linguistique. L\u2019on ignore qu\u2019on n\u2019\u00e9crit pas souvent comme on ne parle. \u00catre locuteur natif ou locutrice native du <em>tupuri<\/em> ne fait pas de nous une personne qui sache \u00e9crire correctement en <em>tupuri<\/em>. Il faut tout au moins consulter les sp\u00e9cialistes pour des conseils de clarifications orthographiques. L\u2019objectif primordial est d\u2019avoir un syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture stable et unifi\u00e9 en partage.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Voici quelques exemples qui montrent \u00e0 suffisance la diversit\u00e9 de l\u2019orthographe dans les pratiques scripturales en <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Synth\u00e8se chronologique des pratiques plurigraphiques en <em>tupuri<\/em><\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n\r\n[caption id=\"attachment_509\" align=\"aligncenter\" width=\"832\"]<img class=\"wp-image-509 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1.jpg\" alt=\"\" width=\"832\" height=\"281\" \/> Source\u00a0: Ta\u00efwe (2021, p.\u00a061)[\/caption]\r\n\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0<\/em>\u00c0 la simple lecture de ce tableau, on se rend compte que d\u2019une \u00e9poque \u00e0 une autre, d\u2019un-e auteur-e \u00e0 un-e autre, les graphies utilis\u00e9es ne sont les m\u00eames. De Ruelland jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9dition de la Bible en t<em>upuri<\/em>, le syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture de la langue a \u00e9t\u00e9 sujette \u00e0 plusieurs modifications. Ruelland (1988) adopte un syst\u00e8me plut\u00f4t rigoureux. Le syst\u00e8me graphique pr\u00f4n\u00e9 par Cappelletti (1996) et celui d\u00e9fendu par le comit\u00e9 de traduction de la langue <em>tupuri<\/em> (2004) pr\u00eatent \u00e0 confusion. On est tent\u00e9 de dire qu\u2019il rel\u00e8ve de la m\u00eame \u00e9cole. Seulement, la graphie en usage dans la Bible en <em>tupuri<\/em> (2005) se trouve \u00eatre la plus simplifi\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 notre avis, l\u2019on devrait parvenir \u00e0 une normalisation de la langue <em>tupuri<\/em>. Un ensemble de prescriptions sur les variantes linguistiques devrait \u00eatre adopt\u00e9 et respect\u00e9 par tous les usagers et toutes les usag\u00e8res. Cette entreprise ne peut aboutir sans une politique linguistique bien soutenue par les chercheurs, les chercheuses et les organismes en charge des langues.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le <em>tupuri<\/em> est une langue \u00e0 tons. Selon Di Cristo \u00ab\u00a0en linguistique, les tons sont usuellement d\u00e9finis comme des unit\u00e9s m\u00e9lodiques minimales distinctives (des phon\u00e8mes de hauteurs en quelque sorte, ou des ton\u00e8mes) dont les oppositions ont pour effets de changer le sens des mots (ou des morph\u00e8mes)\u00a0\u00bb (2013, p.\u00a03).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les tons permettent de faire des diff\u00e9rences nettes entre les phon\u00e8mes. De m\u00eame, on peut aussi constater que la variation des hauteurs tonales sur un m\u00eame mot peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de la multiplication du s\u00e9mantisme de ce lex\u00e8me. On distingue en <em>tupuri<\/em> quatre hauteurs tonales (Ruelland, 1992; Kobada, 2016, p.\u00a036)\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>le ton haut [\u00b4], exemple\u00a0: \u00ab h\u00fa\u00fali \u00bb (la mort);<\/li>\r\n \t<li>le ton mi- haut [ \u00af ], exemple\u00a0: \u00ab k\u014d\u014d \u00bb (l\u2019arbre);<\/li>\r\n \t<li>le ton mi-bas [ \u00a8 ] comme dans \u00ab s\u00f6\u00f6r\u0113 \u00bb(honte);<\/li>\r\n \t<li>le ton bas [`] comme dans \u00ab g\u00e0ml\u00e0 \u00bb (b\u00e9lier).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Enjeux de l\u2019harmonisation orthographique et de l\u2019am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri<\/em><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un pays comme le Cameroun qui compte \u00e0 lui seul plus de 280 unit\u00e9s-langues (Binam Bikoi, 2012, p.\u00a05) sans intercompr\u00e9hension, le probl\u00e8me de l\u2019int\u00e9gration nationale ne peut pas se r\u00e9soudre de mani\u00e8re efficace tant que le probl\u00e8me linguistique demeure en suspens. Et nos responsables politiques en sont tellement conscient-e-s depuis longtemps qu\u2019ils et elles en font leur souci majeur. Pour preuve, cette intervention de Sengat Kuo lors de son discours d\u2019ouverture du\u00a0colloque sur \u00ab\u00a0L\u2019identit\u00e9 culturelle camerounaise\u00a0\u00bb en 1985.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9gration culturelle, \u00e9tape de notre int\u00e9gration nationale passe ainsi par l\u2019int\u00e9gration linguistique. L\u2019une et l\u2019autre sont indissociables et ob\u00e9issent aux deux plans horizontal et vertical. Sur le plan vertical, chaque Camerounais est invit\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser sa langue maternelle pour mieux se p\u00e9n\u00e9trer de sa culture ethnique afin d\u2019en extraire des universaux (Sengat Kuo, 1985).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il faut souligner la co\u00efncidence d\u2019id\u00e9e entre Sengat Kuo et Tadadjeu (1980) dans son trilinguisme extensif qui est un mod\u00e8le fiable pour une int\u00e9gration linguistique camerounaise en vue d\u2019une int\u00e9gration r\u00e9ussie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019un point de vue linguistique, il faut reconna\u00eetre que les cas d\u2019usage de syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture plurigraphique pour une langue donnent mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion aux sp\u00e9cialistes du domaine et leur permettent de trouver des solutions \u00e0 ce type d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s, voire d\u2019anticiper afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019elles se reproduisent dans d\u2019autres contextes ou dans d\u2019autres communaut\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois, les enjeux sont tels qu\u2019une harmonisation du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture faciliterait \u00e0 la fois les descriptions linguistiques et fournirait une base solide pour la confection d\u2019outils p\u00e9dagogiques adapt\u00e9s. Il a aussi des \u00e9tudes sur la traduction des documents d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re vers le <em>tupuri<\/em>; ce qui permettrait d\u2019enrichir la terminologie de cette langue, et donc d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer son processus de d\u00e9veloppement. De nombreuses initiatives, comme les r\u00e9unions de travail organis\u00e9es par des organismes tels que l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019\u00e9ducation, la science et la culture (UNESCO) ou l\u2019ancienne Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine (O.U.A.) dans les ann\u00e9es 1960-1970 ont insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place des syst\u00e8mes alphab\u00e9tiques de r\u00e9f\u00e9rence pour les langues africaines afin de permettre \u00ab\u00a0la coop\u00e9ration en vue de la promotion des langues africaines comme v\u00e9hicules de culture et instruments d\u2019\u00e9ducation permanente\u00a0\u00bb (UNESCO, 1978, \u00a7 \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb). Aussi, en proposant une orthographe harmonis\u00e9e du <em>tupuri<\/em>, on ouvre des perspectives nouvelles \u00e0 la langue pour la production litt\u00e9raire et la confection d\u2019outils didactiques ad\u00e9quats. C\u2019est \u00e9galement un motif de fiert\u00e9 pour les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> de pouvoir associer des comp\u00e9tences de lecture-\u00e9criture \u00e0 leurs pratiques orales de la langue.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Vers un nouvel am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri<\/em><\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019une des pr\u00e9occupations principales de l\u2019am\u00e9nagement linguistique <em>tupuri<\/em> est l\u2019am\u00e9nagement du corpus. Pour son statut, elle s\u2019impose peu \u00e0 peu dans les pratiques langagi\u00e8res et occupe une place de choix parmi les langues nationales du Cameroun et du Tchad. Cet am\u00e9nagement suppose, selon Ekkehard, un certain consensus.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une norme approuv\u00e9e et accept\u00e9e, au-del\u00e0 de toutes les vernaculaires, famili\u00e8res et dialectales, pour un usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et normatif dans certains domaines tels que la litt\u00e9rature, la science, l\u2019\u00e9ducation sup\u00e9rieure, les m\u00e9dias, les \u00e9glises et tous les secteurs publics; un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9gularis\u00e9 et codifi\u00e9, fond\u00e9 sur une orthographe standard, des grammaires standard de r\u00e9f\u00e9rence, des dictionnaires standard de r\u00e9f\u00e9rence, des dictionnaires standard si possible monolingues (Ekkehard, 2000, p.\u00a0394).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019am\u00e9nagement du corpus fait aussi r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la standardisation. Celle-ci comprend plusieurs phases essentielles (Ekkehard, 2000, p.\u00a0402)\u00a0: la d\u00e9termination d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 linguistique reconnue, la codification de langue choisie, l\u2019\u00e9laboration du vocabulaire et de la grammaire de la langue, la mise en place des normes de standardisation de la langue et le d\u00e9veloppement de la vari\u00e9t\u00e9 choisie.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La d\u00e9termination et la codification d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 linguistique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous entendons par d\u00e9termination d\u2019une norme ici, le choix de la norme pour servir de cadre standard de r\u00e9f\u00e9rence pour une langue choisie. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement un sujet fort sensible dans la plupart des soci\u00e9t\u00e9s africaines. Il est vrai que pour le<em> tupuri<\/em>, le choix d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 existante pour lui donner un statut favorable, ou pour qu\u2019elle devienne la forme standard d\u00e9favorisera ceux et celles qui ne l\u2019ont pas comme langue maternelle. Les locuteurs et locutrices des autres vari\u00e9t\u00e9s consid\u00e8rent qu\u2019elles sont victimes de discrimination. Il faut cependant une bonne politique d\u2019am\u00e9nagement bas\u00e9e sur des crit\u00e8res objectifs d\u00e9nu\u00e9s de tout int\u00e9r\u00eat \u00e9go\u00efste de la part des parties prenantes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour \u00e9viter cette discrimination, l\u2019on peut arriver \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une norme que nous d\u00e9nommons <em>id\u00e9alis\u00e9e<\/em>. On pourra parvenir \u00e0 une variante m\u00e9diane des vari\u00e9t\u00e9s dialectales existantes puisqu\u2019il y a intercompr\u00e9hension. Un croisement linguistique entre le <em>\u0253a\u014b- g\u0254<\/em> et le <em>\u0253a\u014b- li\u014b<\/em> sera l\u2019id\u00e9al. Il nous semble facile pour le <em>tupuri<\/em>, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il existe une Bible traduite. La forme attest\u00e9e dans ce tr\u00e9sor linguistique est une aubaine. Cet ouvrage est en usage dans toutes les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> au Tchad comme au Cameroun et partout ailleurs. Lorsqu\u2019on op\u00e8re le choix d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 m\u00e9diane, diff\u00e9rents crit\u00e8res peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>la force num\u00e9rique (en nombre de locuteurs et locutrices) de la vari\u00e9t\u00e9, et de degr\u00e9 d\u2019utilisation <em>de facto<\/em> en fonction v\u00e9hiculaire par les personnes dont ce n\u2019est pas la langue maternelle par essence;<\/li>\r\n \t<li>le degr\u00e9 de standardisation et la quantit\u00e9 de mat\u00e9riau linguistique de post- alphab\u00e9tisation disponible;<\/li>\r\n \t<li>le prestige historique ou culturel de la variante choisie pour les personnes dont ce n\u2019est pas la vari\u00e9t\u00e9 dialectale par essence;<\/li>\r\n \t<li>le prestige historique, culturel ou religieux des locuteurs et locutrices de la vari\u00e9t\u00e9 dialectale;<\/li>\r\n \t<li>le statut politique et\/ou \u00e9conomique dominant de ces personnes dont c\u2019est la vari\u00e9t\u00e9 par essence.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9termination ou le choix de la vari\u00e9t\u00e9 linguistique suppose l\u2019harmonisation de son orthographe. Ekkehard (2000, p.\u00a0402) propose deux types d\u2019harmonisation dont la premi\u00e8re est nationale et la seconde internationale. Pour lui, l\u2019harmonisation nationale des graphies par exemple vise \u00e0 \u00ab\u00a0Limiter l\u2019inventaire des symboles graphiques, y compris les diacritiques, utilis\u00e9s dans un pays multilingue pour ses diff\u00e9rentes langues\u00a0\u00bb (2000, p.\u00a0402). Le but p\u00e9dagogique poursuivi de l\u2019harmonisation nationale est de faciliter, dans un m\u00eame pays, la lecture et l\u2019\u00e9criture dans des langues autres que sa propre langue. L\u2019harmonisation internationale fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019harmonisation transfrontali\u00e8re des langues. La communaut\u00e9 linguistique <em>tupuri<\/em> est divis\u00e9e par des fronti\u00e8res nationales. La langue <em>tupuri<\/em> est parl\u00e9e au Tchad et au Cameroun. Il est donc question d\u2019aboutir \u00e0 un standard unifiant les deux communaut\u00e9s linguistiques d\u00e9partag\u00e9es entre deux pays. Pour permettre aux manuels, livres et ouvrages lexicographiques produits d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re d\u2019\u00eatre utilis\u00e9s facilement de l\u2019autre. L\u2019harmonisation internationale vise donc \u00e0 \u00e9tablir une orthographe repr\u00e9sentative de toutes les vari\u00e9t\u00e9s dialectales du <em>tupuri<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a eu des recherches ant\u00e9rieures sur l\u2019orthographe des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral, et d\u2019autres sur celle des langues camerounaises en particulier. L\u2019AGLC, propos\u00e9 par Tadadjeu et Sadembowo (1984), est une contribution majeure, qui permet de transcrire et sans trop de symboles sp\u00e9ciaux les divers sons qu\u2019on peut rencontrer dans les langues camerounaises parmi lesquelles, le <em>tupuri<\/em>. Nous voulons respecter les principes de standardisation pos\u00e9s par l\u2019AGLC. C\u2019est cet alphabet que nous utiliserons ici, et dont l\u2019emploi s\u2019impose dans toutes les publications linguistiques \u00e0 caract\u00e8re scientifique traitant des langues camerounaises.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, l\u2019utilisation de cet alphabet requiert deux conditions\u00a0: la possession de ressources permettant d\u2019\u00e9criture et d\u2019imprimer les caract\u00e8res sp\u00e9ciaux et la connaissance du fonctionnement de ces appareils. Aujourd\u2019hui, des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la fabrication et la diffusion de logiciels de saisie, comme Keyman. De m\u00eame, l\u2019av\u00e8nement du standard Unicode permet de r\u00e9soudre le probl\u00e8me d\u2019\u00e9change de fichiers. R\u00e9cemment, la Soci\u00e9t\u00e9 internationale de linguistique (SIL) a mis en place une application \u00ab\u00a0Clavier camerounais\u00a0\u00bb pour les t\u00e9l\u00e9phones portables d\u2019un usage relativement ais\u00e9 qui permet de r\u00e9diger des SMS, des courriels et d\u2019\u00e9changer des messages sur les r\u00e9seaux sociaux. Il faut reconna\u00eetre cependant que l\u2019usage de ces outils reste assez restreint. Une formation ou des strat\u00e9gies de communication pourraient amplifier leur utilisation.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9laboration du corpus et le d\u00e9veloppement de la langue<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pendant longtemps, certains chercheurs et les chercheuses europ\u00e9en-ne-s ont pens\u00e9 que les langues africaines \u00e9taient d\u00e9pourvues d\u2019expressions permettant de prendre en compte les besoins de la technologie moderne et de la communication mondiale (Diki-Kidiri, 2008, p.\u00a0277) pour les \u00e9changes commerciaux et des moyens pour enseigner de fa\u00e7on ad\u00e9quate ces langues. Il faut souligner que toutes les langues du monde ont la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9largir leurs vocabulaires par la cr\u00e9ation et l\u2019expansion de la terminologie (Atibakwa, 2008, p.\u00a0201) relative aux domaines scientifiques. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement la t\u00e2che des acad\u00e9mies de langue de se pencher sur l\u2019am\u00e9nagement du corpus. Dans le processus de standardisation d\u2019une langue, l\u2019\u00e9laboration vise l\u2019innovation lexicale programm\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9veloppement de la langue s\u2019effectue progressivement apr\u00e8s une mise en place de la langue par l\u2019autorit\u00e9 linguistique comp\u00e9tente ou le politique. Les efforts fournis par les communaut\u00e9s eccl\u00e9siastiques sont louables. Depuis deux ans d\u00e9j\u00e0, les enfants de l\u2019\u00e9cole de dimanche dans certaines zones d\u2019expression <em>tupuri<\/em> re\u00e7oivent des cours bibliques par \u00e9crit. Ces cours sont sanctionn\u00e9s par un examen qui \u00e9value leur niveau d\u2019initiation au langage afin de comprendre le <em>tupuri<\/em> biblique. Ces initiatives constituent une contribution non n\u00e9gligeable, m\u00eame si les mat\u00e9riels didactiques restent rudimentaires. Le niveau des moniteur-trice-s en la question est un sujet \u00e0 d\u00e9bat. L\u2019objet pour l\u2019heure est de parvenir \u00e0 une harmonisation du syst\u00e8me orthographique <em>tupuri<\/em> pour ne pas demeurer dans un t\u00e2tonnement et une confusion scripturaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9tape de la mise en place de la norme choisie, la langue <em>tupuri<\/em> a besoin du soutien constant des agences de promotion linguistique telles que les comit\u00e9s (comit\u00e9 de traduction de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne <em>tupuri<\/em>, comit\u00e9 de d\u00e9veloppement de la langue <em>tupuri<\/em>), les associations et acad\u00e9mies linguistiques. Ces instances consultatives sont n\u00e9cessaires pour plusieurs raisons. D\u2019abord, donner des conseils en mati\u00e8re de style et de variantes acceptables, essentiellement dans la production litt\u00e9raire; ensuite, s\u2019assurer que les textes imprim\u00e9s respectent la norme; enfin, s\u2019assurer que les innovations lexicales (Ta\u00efwe, 2020b, p.\u00a0115) soient constamment soumises \u00e0 la standardisation afin d\u2019\u00e9viter la concurrence incontr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette \u00e9tude, nous ont permis de relever un certain nombre de dysfonctionnements portant sur l\u2019orthographe de la langue <em>tupuri<\/em>. Ceux-ci sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019absence d\u2019harmonisation orthographique. Les sources documentaires consult\u00e9es ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plusieurs divergences de forme qui affectent l\u2019\u00e9criture de certains mots. Ce qui rend extr\u00eamement complexe le choix orthographique lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9crire la langue <em>tupuri<\/em>. Dans le contexte actuel de la vulgarisation des savoirs et savoir-faire locaux vers les autres mondes, la standardisation des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral et la langue <em>tupuri<\/em> en particulier est une urgence.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour arrimer la langue <em>tupuri<\/em> \u00e0 un niveau de langue codifi\u00e9e, il faut la doter d\u2019une orthographe standard, qui permettra de r\u00e9diger une grammaire de r\u00e9f\u00e9rence, un dictionnaire monolingue complet (Ta\u00efwe, 2021), des manuels suffisants et adapt\u00e9s pour l\u2019apprentissage de la lecture et de l\u2019\u00e9criture, des manuels pour les enseignant-e-s (Aleching, 2021). En outre, il faut que son vocabulaire soit constamment \u00e9largi de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e en ce qui concerne la terminologie nouvelle pour l\u2019utilisation de la langue dans l\u2019\u00e9ducation et pour la communication r\u00e9gionale ou nationale relative \u00e0 tout ce qui concerne le monde moderne. Tous ces besoins de mat\u00e9riau linguistique concret, c\u2019est-\u00e0-dire le corpus de la langue, peuvent \u00eatre planifi\u00e9s et mis en \u0153uvre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a un besoin de passer \u00e0 une franche concertation. Les parties prenantes devraient se mettre autour d\u2019une m\u00eame table pour discuter \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 du devenir de la langue <em>tupuri<\/em> et de son orthographe. De telles assises doivent \u00eatre organis\u00e9es et associ\u00e9es les sp\u00e9cialistes de la langue (sous la forme de colloque ou journ\u00e9e scientifique avec ateliers), de la traduction (dans les ateliers de traduction) et les d\u00e9positaires de la culture <em>tupuri<\/em>. Les acteur-trice-s du d\u00e9veloppement de la langue<em> tupuri<\/em> devraient donc prendre la juste mesure de la situation. Dans le contexte d\u2019une pr\u00e9sence de plus en plus croissante des technologies qui se ressentent dans les familles africaines notamment par le biais de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile, l\u2019on \u00e0 l\u2019occasion de faire un sort \u00e0 des langues qui jouent un r\u00f4le essentiel au sein des communaut\u00e9s et de parachever leur processus d\u2019int\u00e9gration dans les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs de mani\u00e8re durable.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Aleching Wissenwa, B\u00e9atrice. 2011. <em>Proposition d\u2019un mod\u00e8le d\u2019enseignement du tupuri au niveau I de l\u2019\u00e9ducation de base\u00a0: Section d\u2019initiation au langage<\/em>. M\u00e9moire de master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Atibakwa Baboya, Edema. 2008. Terminologie europ\u00e9enne et terminologie africaine\u00a0: \u00e9l\u00e9ments de comparaison. Dans Diki-Kidiri, Marcel (dir), <em>Le vocabulaire scientifique dans les langues africaines. Pour une approche culturelle de la terminologie<\/em> (269-275)<em>. <\/em>Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Binam Bikoi, Charles (dir.). 2012. <em>Atlas linguistique du Cameroun. <\/em><em>Tome 1\u00a0: Inventaire des langues<\/em>. \u00c9dition r\u00e9vis\u00e9e. Yaound\u00e9\u00a0: CERDOTOLA.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cappelletti, Piergiorgio. 1996. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais<\/em>. Mission Catholique de Guidiguis. In\u00e9dit.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Di Cristo, Albert. 2013. <em>La prosodie de la parole. <\/em><em>Une introduction. <\/em>Louvain-La-Neuve\u00a0: De Boeck. <a href=\"https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01476180\">https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01476180<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diki-Kidiri, Marcel (dir). 2008. <em>Le vocabulaire scientifique dans les langues africaines. Pour une approche culturelle de la terminologie. <\/em>Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ekkehard Wolff, Heinrich. 2000. La langue dans la soci\u00e9t\u00e9. Dans Heine, Bernd et Nurse Derek (dir.). <em>Les langues africaines. <\/em>(Tourneux, Henry et Zerner Jeanne, trad.). Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Feckoua Laoukissam, Laurent. 1977. <em>Les hommes et leurs activit\u00e9s en pays toupouri du Tchad<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat de 3e cycle en G\u00e9ographie, Universit\u00e9 Paris VIII.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kobada, Gis\u00e8le. 2016. <em>Analyse suprasegmentale du tpuri<\/em>. M\u00e9moire de Master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kolyang, Dina Ta\u00efw\u00e9. 2010. <em>Parlons tpuri<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Naa Togod Baa,<\/em> (Recueil de Cantiques en langue <em>tupuri<\/em>). 2017. Yaound\u00e9\u00a0: Alliance Biblique du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1988. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais (r\u00e9gion de Mindaor\u00e9, Tchad. <\/em>Paris\u00a0: Peeters\/Selaf.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1992. <em>Description du parler tupuri de Mindaor\u00e9, Mayo-Kebbi (Tchad)\u00a0: Phonologie, morphologie, syntaxe<\/em>, Th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat \u00e8s Lettres, Universit\u00e9 Paris III \u2013 Sorbonne Nouvelle.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Seignobos, Christian et Tourneux, Henry. 2001. Contribution \u00e0 l\u2019histoire des Toupouri et de leur langue. Dans Nicola\u00ef, Robert (\u00e9d.), <em>Le\u00e7ons d\u2019Afrique. Filiations, ruptures et reconstitution de langues. Un hommage \u00e0 Gabriel Manessy<\/em> (255-284). Louvain-Paris\u00a0: Peeters.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sengat Kuo, Fran\u00e7ois. 1985. Discours d\u2019ouverture\u00a0: l\u2019identit\u00e9 culturelle camerounaise. <em>Actes du colloque de la deuxi\u00e8me semaine culturelle nationale<\/em>. Yaound\u00e9, 13-20 mai. Minist\u00e8re de l\u2019information et de la culture du Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice. 1980. <em>A Model for Functional Trilingual Education Planning in Africa<\/em>. Paris\u00a0: UNESCO.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice., Sadembouo, \u00c9tienne. 1984. <em>Alphabet g\u00e9n\u00e9ral des langues Camerounaises<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2017. <em>Analyse s\u00e9mantique d\u2019un ouvrage lexicographique interlinguistique\u00a0: cas du Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais de Suzanne Ruelland. <\/em>Master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2020a. Vers une dynamique des pratiques lexicographiques bilingues des langues africaines\/langue fran\u00e7aise\u00a0: le DITFA \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la lexicologie explicative et combinatoire. <em>Mashamba<\/em>. <em>Linguistique, litt\u00e9rature, didactique en Afrique des grands lacs<\/em>, 1 (1), 63-83. 10.46711\/mashamba.2020.1.1.3<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2020b. La lexicographie tupuri et le probl\u00e8me de traitement s\u00e9mantique. Dans Cala\u00efna, Th\u00e9ophile (dir.), <em>Langues africaines et d\u00e9veloppement<\/em> (100-115). Paris\u00a0: Challenges litt\u00e9raires \u00e9ditions.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2021.\u00a0<em>Description lexicologique et lexicographique tupuri (Cameroun-Tchad)\u00a0: \u00e9bauche d\u2019un dictionnaire bi-unilingue tupuri-fran\u00e7ais.<\/em> Th\u00e8se de doctorat en linguistique africaine, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. (1978). <em>Langues africaines. Documents de la r\u00e9union d\u2019experts sur la transcription et l\u2019harmonization [sic] des langues africaines. <\/em>Niamey (Niger), 17 - 21 juillet 1978. <a href=\"http:\/\/www.bisharat.net\/Documents\/Niamey78fr.html\">http:\/\/www.bisharat.net\/Documents\/Niamey78fr.html<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>W<\/em>\u00e3\u00e3<em>re Baa<\/em> (la Bible en langue toupouri). 2005. Yaound\u00e9\u00a0: Alliance Biblique du Cameroun.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Cet article est une mise en garde des communaut\u00e9s linguistiques sur la question des pratiques pluri-graphiques. Il propose des orientations pour une politique linguistique am\u00e9lior\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une application \u00e0 la langue tupuri. Cette derni\u00e8re est l\u2019une des langues adamaoua du sous-groupe mbum parl\u00e9e au Nord du Cameroun et dans le Mayo-Kebbi Est du Tchad. Cette langue a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, \u00e0 ce jour, d\u2019importants travaux descriptifs dans tous les grands domaines de la linguistique. Les pratiques linguistiques en langue tupuri se trouvent controvers\u00e9es ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Dans l\u2019usage de la norme graphique et orthographique, chaque usager et usag\u00e8re y va selon son angle de r\u00e9flexion. Or, dans un processus d\u2019enseignement d\u2019une langue, il doit avoir une et unique \u00e9criture reconnue. Ainsi, de quelles ressources didactiques l\u2019enseignant-e et les \u00e9l\u00e8ves disposent-ils\/elles pour leurs activit\u00e9s d\u2019enseignement de l\u2019orthographe du tupuri lorsque les pratiques pluri-graphiques sont observables? Le pr\u00e9sent travail qui s\u2019inscrit dans le vaste domaine des langues africaines et ressources didactiques est une contribution aux d\u00e9bats sur la normalisation des langues africaines et leur enseignement.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/amenagement-du-corpus\/\">am\u00e9nagement du corpus<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/didactique\/\">didactique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/normalisation\/\">normalisation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/orthographe\/\">orthographe<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/pluri-graphie\/\">pluri-graphie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles\/tupuri\/\">tupuri<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This article is a warning to language communities on the issue of pluri-graphic practices. It proposes guidelines for an improved language policy based on an application to the Tupuri language. Tupuri is one of the Adamaoua languages of the Mbum sub-group spoken in northern Cameroon and eastern Mayo-Kebbi in Chad. To date, this language has benefited from important descriptive work in all the major fields of linguistics. Linguistic practices in Tupuri have been controversial in recent decades. In the use of the graphic and orthographic norm, each user uses it according to his or her own way of thinking. However, in the process of teaching a language, there must be a single recognised script. So, what didactic resources do teachers and students have at their disposal for their activities in teaching Tupuri spelling when pluri-graphic practices are observable? The present work, which is part of the vast field of African languages and didactic resources, is a contribution to the debates on the standardisation of African languages and their teaching.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/corpus-planning\/\">corpus planning<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/didactics\/\">didactics<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/orthography\/\">orthography<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/pluri-graphy\/\">pluri-graphy<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/standardisation\/\">standardisation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/keywords\/tupuri\/\">tupuri<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (hausa)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Wannan labarin gargadi ne ga al&rsquo;ummomin harsuna kan batun ayyukan da ake gani da yawa. Yana ba da jagorori don ingantaccen manufofin harshe. Don cimma wannan, mun za\u0253i yaren Tupuri a matsayin tsarin tsarin aiki. Yana \u0257aya daga cikin harsunan Adamaoua na \u0199ungiyar Mbum da ake magana a arewacin Kamaru da kuma a Mayo-Kebbi gabashin Chadi. Wannan harshe ya ci moriyar, har zuwa yau, daga gagarumin aikin siffantawa a duk manyan fagagen ilimin harshe. Ayyukan harshe a cikin harshen Tupuri sun kasance masu jayayya a cikin &lsquo;yan shekarun nan. A cikin yin amfani da ma&rsquo;auni na hoto da ma&rsquo;auni, kowane mai amfani yana zuwa wurin daidai da kusurwar tunaninsa. Duk da haka, a cikin tsarin koyar da harshe, dole ne ya kasance yana da rubutu guda \u0257aya da aka sani kawai. Don haka, wa\u0257anne kayan aiki ne malami da \u0257alibai suke da shi don ayyukansu na koyar da haruffan tupuri yayin da ake iya lura da ayyukan da aka tsara? Wajibi ne a ci gaba zuwa daidaitattun haruffa da zane-zane na harshen Tupuri. Don cimma wannan, an yi nazarin hanyoyi guda uku: nazarin tsarin harshe (Wiesemann, Sadembouo da Tatadjeu, 1988), kima na matakin ci gaban harshe (Sadembouo da Watters, 1987) da kuma nazarin \u0199a&rsquo;idar (Madison, 2014). Wannan aikin, wanda ya fa\u0257o a cikin fagagen fagagen harsunan Afirka da albarkatun koyarwa, don haka gudummawa ce ga mahawara kan daidaita harsunan Afirka da koyarwarsu. Binciken ya karkata ne zuwa ga gatari guda uku masu mahimmanci, gami da halin yanzu na ayyuka masu hoto da aka gani a cikin yaren Tupuri, batutuwan da ke tattare da yin amfani da damar yin amfani da shi da kuma abubuwan da za a iya amfani da su don daidaita rubutun Tupuri.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (hausa)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/ci-gaban-corpus\/\">ci gaban corpus<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/daidaitawa\/\">daidaitawa<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/gyare-gyare\/\">gyare-gyare<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/pluri-graphy\/\">pluri-graphy<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/rubutu\/\">rubutu<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/motscles-autre\/tupuri\/\">tupuri<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>30 septembre 2021<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>14 octobre 2022<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 janvier 2023<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019on a pris l\u2019habitude d\u2019affirmer que les langues africaines sont des langues \u00e0 tradition orale, il est d\u00e9sormais ind\u00e9niable que ces langues sont dot\u00e9es de syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture. Il existe des langues qui ont connu des avanc\u00e9es dans leurs descriptions. Par le biais des travaux de litt\u00e9rature orale, de linguistique descriptive ou encore des travaux de lexicographie et de traduction dans la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne, les langues africaines se d\u00e9veloppent de plus en plus pour \u00eatre mises \u00e0 la disposition du grand public. Seulement, les pratiques linguistiques sont divergentes en ce qui concerne leur syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture. La langue <em>tupuri<\/em> ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette pratique. Elle rencontre plusieurs variations aupr\u00e8s des chercheurs et chercheuses (linguistes), traducteurs et traductrices. Or, pour que le processus de standardisation de la langue soit enclench\u00e9, cette langue doit \u00eatre dot\u00e9e d\u2019un syst\u00e8me orthographique stable puisqu\u2019elle est la reconnaissance d\u2019une norme \u00e9crite. L\u2019orthographe, en tant qu\u2019ad\u00e9quation \u00e0 une norme \u00e9crite de la langue, est autant un fait culturel qu\u2019un fait linguistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le plus important dans cet article, c\u2019est d\u2019attirer l\u2019attention des communaut\u00e9s linguistiques sur les pratiques plurigraphiques, sur ses enjeux et de donner des orientations pour une politique linguistique am\u00e9lior\u00e9e des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral, celle de la langue <em>tupuri<\/em> en particulier (Ta\u00efwe, 2020a). Le <em>tupuri<\/em> est l\u2019une des langues Adamawa du sous-groupe <em>mbum<\/em> parl\u00e9e au Nord du Cameroun et dans le Mayo-Kebbi Est au Tchad (Ruelland, 1992). Cette langue a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, \u00e0 ce jour, d\u2019importants travaux descriptifs dans tous les grands domaines de la linguistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent travail qui s\u2019inscrit dans le vaste domaine de la planification linguistique est une contribution aux d\u00e9bats sur la standardisation des langues africaines. Les m\u00e9thodes ici se veulent comparatives, descriptives et prescriptives. Une lecture en parall\u00e8le sera faite entre les pratiques scripturales du <em>tupuri<\/em> afin d\u2019\u00e9liminer les confusions, les lourdeurs, les amalgames et les impr\u00e9cisions pour pr\u00e9senter au public et \u00e0 la communaut\u00e9 scientifique une graphie harmonis\u00e9e. L\u2019article s\u2019appuie principalement sur les principes orthographiques de <em>l\u2019Alphabet g\u00e9n\u00e9ral des langues camerounaises <\/em>(AGLC) publi\u00e9 par Tatadjeu et Sadembouo en 1979. Il est question d\u2019harmoniser les graph\u00e8mes et les perspectives conventionnelles (1984, p.\u00a03). \u00c9tant donn\u00e9 que ces principes s\u2019appliquent \u00e0 toutes les langues camerounaises, nous nous limiterons \u00e0 ceux qui concernent la langue <em>tupuri<\/em> qui nous int\u00e9resse ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Notre m\u00e9thode de travail consiste \u00e0 faire un inventaire de tous les ouvrages ou travaux consacr\u00e9s en langue <em>tupuri<\/em>. Le premier objectif est de jeter un regard panoramique sur l\u2019\u00e9tat des pratiques orthographiques de la langue <em>tupuri<\/em>. Nous avons pu recenser comme travaux de r\u00e9f\u00e9rences, les \u00e9crits de missionnaires (Cappellitti, 1996) et traducteurs <em>tupuri<\/em> (cat\u00e9chisme de Luther traduit en <em>tupuri<\/em>), les travaux de Ruelland (1988; 1992), les travaux du Comit\u00e9 de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne <em>tupuri<\/em>, notamment la <em>Bible<\/em> (<em>W\u00e3\u00e3re Baa<\/em>, 2005) et le <em>Cantique<\/em> (<em>Naa togod Baa<\/em>, 2017) en <em>tupuri<\/em>. La deuxi\u00e8me phase a consist\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir un rapport entre 100 unit\u00e9s lexicales pr\u00e9alablement s\u00e9lectionn\u00e9es. Un tableau synth\u00e9tique donnant l\u2019id\u00e9e de la chronologie des pratiques orthographiques dans la langue <em>tupuri<\/em> a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9. Celui-ci tient compte de deux param\u00e8tres essentiels. Au niveau de la premi\u00e8re ligne horizontale sont class\u00e9-e-s les auteurs et autrices par ordre chronologique avec une traduction en fran\u00e7ais. Au niveau vertical se trouvent les variantes graphiques des unit\u00e9s lexicales. L\u2019analyse tient compte des variations graphiques dans les travaux de Ruelland (1988), dans celui du pr\u00eatre Cappelletti (1996), dans la Bible en <em>tupuri<\/em> (2005), ainsi que le syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture d\u00e9fendu par le comit\u00e9 de traduction de la langue <em>tupuri<\/em> (2004 \u00e0 nos jours). Nous nous appuyons \u00e9galement de nos propres travaux et de notre exp\u00e9rience en lexicographie <em>tupuri<\/em> dans le cadre de l\u2019Alliance Biblique du Cameroun (ABC).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour atteindre cet objectif, nous structurons notre analyse en trois parties. La premi\u00e8re partie pr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat actuel des pratiques dans les \u00e9crits en <em>tupuri<\/em>, la deuxi\u00e8me traite des enjeux que ces pratiques plurigraphiques repr\u00e9sentent pour le d\u00e9veloppement de la langue en question, notamment sa port\u00e9e didactique. La troisi\u00e8me partie propose des perspectives pour un am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri <\/em>en particulier et pour les langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">\u00c9tat des lieux sur les pratiques plurigraphiques en <em>tupuri<\/em><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9senterons ici la situation g\u00e9n\u00e9rale relative aux pratiques plurigraphiques dans les \u00e9crits en <em>tupuri<\/em>. Nous passons en revue trois \u00e9l\u00e9ments essentiels dont la variante orthographique du glossonyme, de la p\u00e9riode des missionnaires et de Ruelland jusqu\u2019au comit\u00e9 de la langue <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Partant des variantes orthographiques du glossonyme<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019unanimit\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre faite au sujet de la mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire le glossonyme <em>tupuri<\/em>. Il existe une pl\u00e9thore de graphies du nom de la langue qui varie selon les auteurs et autrices. L\u2019explication que nous proposons est une reprise de celle propos\u00e9e par Kolyang Il s\u2019interroge en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0toupouri, toubouri, tupuri, tpuri\u00a0\u2013 lequel est juste?\u00a0\u00bb (2010, p.\u00a022). Le peuple est d\u00e9sign\u00e9 au Cameroun par le terme \u00ab\u00a0Toupouri\u00a0\u00bb, avec une majuscule \u00e0 l\u2019initiale. Le m\u00eame terme, mais avec une minuscule \u00e0 l\u2019initiale (toupouri), est utilis\u00e9 pour nommer la langue. Il faut cependant reconna\u00eetre que cette appellation est sujette \u00e0 caution. En effet, le terme \u00ab\u00a0toubouri\u00a0\u00bb pars\u00e8me la litt\u00e9rature coloniale fran\u00e7aise (Seignobos et Tourneux, 2001). Ruelland dans tous ses travaux de recherche sur la langue pr\u00e9f\u00e8re <em>tupuri.<\/em> Feckoua lui, reste dans l\u2019ambivalence\u00a0: tant\u00f4t <em>tupuri <\/em>(dans sa th\u00e8se, 1977), tant\u00f4t la forme francis\u00e9e \u00ab\u00a0toupouri\u00a0\u00bb (2002). D\u2019autres chercheurs et chercheuses dans la langue et la culture de ce peuple s\u2019accordent aussi \u00e0 \u00e9crire <em>toupouri.<\/em> Il s\u2019agit entre autres de Cappelletti (1996) qui s\u2019accorde aussi sur la graphie <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En revanche, Kolyang (2010, p.\u00a022) pr\u00f4ne dans ses \u00e9crits une nouvelle graphie. En tant que locuteur natif de ladite langue, il justifie cette utilisation par la prononciation de ce peuple. Il affirme\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pose-t-on la question \u00ab\u00a0qui es-tu? (<em>nd\u0254 di\u014b je m\u00e3y?<\/em>) \u00e0 un membre de ce groupe, il r\u00e9pondra <em>je suis un Tpuri <\/em>(<em>ndi di\u014b je Tpuri<\/em>). Le \u00ab T \u00bb \u00e9tant \u00ab humide \u00bb comme comportant un \u00ab e \u00bb aspir\u00e9. Le \u00ab i \u00bb final \u00e9tant une d\u00e9clinaison. En effet, l\u2019on dit <em>a di\u014b jar tpur w\u0254\u0254<\/em> (ce sont des tpur). Le terme je (pluriel jar) d\u00e9signe le genre humain suivi de la sp\u00e9cificit\u00e9 raciale, clanique ou sociale. Le peuple se nomme lui-m\u00eame Tpur (d\u00e9clin\u00e9 en Tpuri) (Kolyang, 2010, p.\u00a022).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour cet auteur, la graphie \u00ab\u00a0tpuri\u00a0\u00bb est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 toutes les autres parce qu\u2019elle se rapproche de la prononciation chez les locuteurs et locutrices de la langue. Cette hypoth\u00e8se devra cependant \u00eatre soumise \u00e0 une enqu\u00eate phonologique qui devrait \u00e9tablir les faits de langue de fa\u00e7on rigoureuse. C\u2019est pour cette raison que nous utiliserons, dans le cadre de ce travail, <em>tupuri<\/em>, qui est d\u2019ailleurs la forme la plus connue et r\u00e9pandue dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La p\u00e9riode des missionnaires et p\u00e9riode pr\u00e9coloniale<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, et au Cameroun pr\u00e9cis\u00e9ment, les d\u00e9buts de la standardisation des langues remontent \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale et aux d\u00e9buts de la colonisation. C\u2019est une p\u00e9riode o\u00f9 les missionnaires ont commenc\u00e9 \u00e0 traduire tout ou partie de la <em>Bible<\/em> (l\u2019Ancien et le Nouveau Testament) dans les langues africaines et se sont mis \u00e0 \u00e9laborer des mat\u00e9riels p\u00e9dagogiques pour l\u2019enseignement primaire dans les missions catholiques et protestantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le contact avec les explorateurs au XIXe si\u00e8cle, les missionnaires catholiques et protestants venus d\u2019Europe et d\u2019Am\u00e9rique ont facilit\u00e9 l\u2019introduction de la pratique de l\u2019\u00e9criture du <em>tupuri<\/em>. Aussi ne s\u2019est-on jamais servi que de l\u2019alphabet latin. Le pass\u00e9 colonial du Cameroun imposera les caract\u00e8res latins qui \u00e0 ce jour constituent la norme scripturaire attest\u00e9e de la langue <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On citera ainsi Cappelleti (1996), qui a \u0153uvr\u00e9 comme pr\u00eatre \u00e0 la mission catholique de Guidiguis dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord au Cameroun vers 1990. Il est par ailleurs auteur d\u2019un ouvrage lexicographique, le <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais. <\/em>Un autre, plus ancien, fut envoy\u00e9 par la mission luth\u00e9rienne am\u00e9ricaine vers 1970 aupr\u00e8s de l\u2019\u00c9glise fraternelle et luth\u00e9rienne du Cameroun et fonde un grand champ de mission dans \u00e0 Doukoula dans le Mayo-Danay. Il s\u2019agit du missionnaire Gimes Ericson qui a fait ses preuves dans l\u2019enseignement biblique et la traduction du Nouveau Testament et du cat\u00e9chisme de Luther en <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La p\u00e9riode postcoloniale\u00a0: de Ruelland au comit\u00e9 de la langue <em>tupuri<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis le d\u00e9but des travaux de Suzanne Ruelland jusqu\u2019\u00e0 la traduction de la Bible en <em>tupuri<\/em>, en passant par les travaux effectu\u00e9s par le comit\u00e9 de traduction, l\u2019\u00e9criture <em>tupuri<\/em> se diversifie davantage. L\u2019on passe de plus en plus \u00e0 un militantisme scriptural. Les batailles engag\u00e9es par le comit\u00e9 de langue se trouvent obstru\u00e9es par l\u2019absence d\u2019une harmonisation internationale. Au Tchad comme au Cameroun, toutes les communaut\u00e9s ont une culture particuli\u00e8re de l\u2019\u00e9criture de la langue <em>tupuri<\/em>. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est observable aussi bien chez les universitaires que chez les sp\u00e9cialistes de la traduction des textes chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un autre contexte, les communaut\u00e9s eccl\u00e9siastiques publient r\u00e9guli\u00e8rement des documents de diff\u00e9rents genres destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation et l\u2019\u00e9dification spirituelle des fid\u00e8les. Dans les divers documents r\u00e9dig\u00e9s tels que les cantiques (<em>Naa togod Baa<\/em>), le cat\u00e9chisme (<em>Kat\u025bkisma ma ni Lut\u025br no<\/em>), le manuel de formation des moniteurs et monitrices d\u2019\u00e9cole de dimanche, les ab\u00e9c\u00e9daires, ainsi que des textes de litt\u00e9rature orale (contes et les proverbes), l\u2019on est peu soucieux des r\u00e8gles du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture norm\u00e9e de la langue. Pour beaucoup, l\u2019argument avanc\u00e9 est plus m\u00e9thodologique et technique. L\u2019acc\u00e8s aux caract\u00e8res sp\u00e9ciaux, les livres canoniques r\u00e9gulant l\u2019\u00e9criture <em>tupuri<\/em> et l\u2019acc\u00e8s aux logiciels d\u2019installation des claviers adapt\u00e9s pour les langues africaines sont difficilement accessibles. Les usagers et usag\u00e8res ne disposent pas d\u2019ordinateurs dot\u00e9s de syst\u00e8mes d\u2019\u00e9criture de ces langues africaines. Quand bien m\u00eame ils sont disponibles, rares sont ceux et celles qui connaissent leur fonctionnalit\u00e9. La plupart des personnes charg\u00e9es de la r\u00e9daction des livres chr\u00e9tiens dans les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> n\u2019ont pas une grande connaissance des travaux de la linguistique. L\u2019on ignore qu\u2019on n\u2019\u00e9crit pas souvent comme on ne parle. \u00catre locuteur natif ou locutrice native du <em>tupuri<\/em> ne fait pas de nous une personne qui sache \u00e9crire correctement en <em>tupuri<\/em>. Il faut tout au moins consulter les sp\u00e9cialistes pour des conseils de clarifications orthographiques. L\u2019objectif primordial est d\u2019avoir un syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture stable et unifi\u00e9 en partage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voici quelques exemples qui montrent \u00e0 suffisance la diversit\u00e9 de l\u2019orthographe dans les pratiques scripturales en <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Synth\u00e8se chronologique des pratiques plurigraphiques en <em>tupuri<\/em><\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<figure id=\"attachment_509\" aria-describedby=\"caption-attachment-509\" style=\"width: 832px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-509 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1.jpg\" alt=\"\" width=\"832\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1.jpg 832w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1-300x101.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1-768x259.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1-65x22.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1-225x76.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2023\/01\/Taiwe_Tableau-1-350x118.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 832px) 100vw, 832px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-509\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Ta\u00efwe (2021, p.\u00a061)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>\u00a0<\/em>\u00c0 la simple lecture de ce tableau, on se rend compte que d\u2019une \u00e9poque \u00e0 une autre, d\u2019un-e auteur-e \u00e0 un-e autre, les graphies utilis\u00e9es ne sont les m\u00eames. De Ruelland jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9dition de la Bible en t<em>upuri<\/em>, le syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture de la langue a \u00e9t\u00e9 sujette \u00e0 plusieurs modifications. Ruelland (1988) adopte un syst\u00e8me plut\u00f4t rigoureux. Le syst\u00e8me graphique pr\u00f4n\u00e9 par Cappelletti (1996) et celui d\u00e9fendu par le comit\u00e9 de traduction de la langue <em>tupuri<\/em> (2004) pr\u00eatent \u00e0 confusion. On est tent\u00e9 de dire qu\u2019il rel\u00e8ve de la m\u00eame \u00e9cole. Seulement, la graphie en usage dans la Bible en <em>tupuri<\/em> (2005) se trouve \u00eatre la plus simplifi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 notre avis, l\u2019on devrait parvenir \u00e0 une normalisation de la langue <em>tupuri<\/em>. Un ensemble de prescriptions sur les variantes linguistiques devrait \u00eatre adopt\u00e9 et respect\u00e9 par tous les usagers et toutes les usag\u00e8res. Cette entreprise ne peut aboutir sans une politique linguistique bien soutenue par les chercheurs, les chercheuses et les organismes en charge des langues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le <em>tupuri<\/em> est une langue \u00e0 tons. Selon Di Cristo \u00ab\u00a0en linguistique, les tons sont usuellement d\u00e9finis comme des unit\u00e9s m\u00e9lodiques minimales distinctives (des phon\u00e8mes de hauteurs en quelque sorte, ou des ton\u00e8mes) dont les oppositions ont pour effets de changer le sens des mots (ou des morph\u00e8mes)\u00a0\u00bb (2013, p.\u00a03).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les tons permettent de faire des diff\u00e9rences nettes entre les phon\u00e8mes. De m\u00eame, on peut aussi constater que la variation des hauteurs tonales sur un m\u00eame mot peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de la multiplication du s\u00e9mantisme de ce lex\u00e8me. On distingue en <em>tupuri<\/em> quatre hauteurs tonales (Ruelland, 1992; Kobada, 2016, p.\u00a036)\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>le ton haut [\u00b4], exemple\u00a0: \u00ab h\u00fa\u00fali \u00bb (la mort);<\/li>\n<li>le ton mi- haut [ \u00af ], exemple\u00a0: \u00ab k\u014d\u014d \u00bb (l\u2019arbre);<\/li>\n<li>le ton mi-bas [ \u00a8 ] comme dans \u00ab s\u00f6\u00f6r\u0113 \u00bb(honte);<\/li>\n<li>le ton bas [`] comme dans \u00ab g\u00e0ml\u00e0 \u00bb (b\u00e9lier).<\/li>\n<\/ul>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Enjeux de l\u2019harmonisation orthographique et de l\u2019am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri<\/em><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un pays comme le Cameroun qui compte \u00e0 lui seul plus de 280 unit\u00e9s-langues (Binam Bikoi, 2012, p.\u00a05) sans intercompr\u00e9hension, le probl\u00e8me de l\u2019int\u00e9gration nationale ne peut pas se r\u00e9soudre de mani\u00e8re efficace tant que le probl\u00e8me linguistique demeure en suspens. Et nos responsables politiques en sont tellement conscient-e-s depuis longtemps qu\u2019ils et elles en font leur souci majeur. Pour preuve, cette intervention de Sengat Kuo lors de son discours d\u2019ouverture du\u00a0colloque sur \u00ab\u00a0L\u2019identit\u00e9 culturelle camerounaise\u00a0\u00bb en 1985.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019int\u00e9gration culturelle, \u00e9tape de notre int\u00e9gration nationale passe ainsi par l\u2019int\u00e9gration linguistique. L\u2019une et l\u2019autre sont indissociables et ob\u00e9issent aux deux plans horizontal et vertical. Sur le plan vertical, chaque Camerounais est invit\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser sa langue maternelle pour mieux se p\u00e9n\u00e9trer de sa culture ethnique afin d\u2019en extraire des universaux (Sengat Kuo, 1985).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il faut souligner la co\u00efncidence d\u2019id\u00e9e entre Sengat Kuo et Tadadjeu (1980) dans son trilinguisme extensif qui est un mod\u00e8le fiable pour une int\u00e9gration linguistique camerounaise en vue d\u2019une int\u00e9gration r\u00e9ussie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019un point de vue linguistique, il faut reconna\u00eetre que les cas d\u2019usage de syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture plurigraphique pour une langue donnent mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion aux sp\u00e9cialistes du domaine et leur permettent de trouver des solutions \u00e0 ce type d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s, voire d\u2019anticiper afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019elles se reproduisent dans d\u2019autres contextes ou dans d\u2019autres communaut\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois, les enjeux sont tels qu\u2019une harmonisation du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture faciliterait \u00e0 la fois les descriptions linguistiques et fournirait une base solide pour la confection d\u2019outils p\u00e9dagogiques adapt\u00e9s. Il a aussi des \u00e9tudes sur la traduction des documents d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re vers le <em>tupuri<\/em>; ce qui permettrait d\u2019enrichir la terminologie de cette langue, et donc d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer son processus de d\u00e9veloppement. De nombreuses initiatives, comme les r\u00e9unions de travail organis\u00e9es par des organismes tels que l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019\u00e9ducation, la science et la culture (UNESCO) ou l\u2019ancienne Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine (O.U.A.) dans les ann\u00e9es 1960-1970 ont insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place des syst\u00e8mes alphab\u00e9tiques de r\u00e9f\u00e9rence pour les langues africaines afin de permettre \u00ab\u00a0la coop\u00e9ration en vue de la promotion des langues africaines comme v\u00e9hicules de culture et instruments d\u2019\u00e9ducation permanente\u00a0\u00bb (UNESCO, 1978, \u00a7 \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb). Aussi, en proposant une orthographe harmonis\u00e9e du <em>tupuri<\/em>, on ouvre des perspectives nouvelles \u00e0 la langue pour la production litt\u00e9raire et la confection d\u2019outils didactiques ad\u00e9quats. C\u2019est \u00e9galement un motif de fiert\u00e9 pour les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> de pouvoir associer des comp\u00e9tences de lecture-\u00e9criture \u00e0 leurs pratiques orales de la langue.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Vers un nouvel am\u00e9nagement du corpus du <em>tupuri<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019une des pr\u00e9occupations principales de l\u2019am\u00e9nagement linguistique <em>tupuri<\/em> est l\u2019am\u00e9nagement du corpus. Pour son statut, elle s\u2019impose peu \u00e0 peu dans les pratiques langagi\u00e8res et occupe une place de choix parmi les langues nationales du Cameroun et du Tchad. Cet am\u00e9nagement suppose, selon Ekkehard, un certain consensus.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Une norme approuv\u00e9e et accept\u00e9e, au-del\u00e0 de toutes les vernaculaires, famili\u00e8res et dialectales, pour un usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et normatif dans certains domaines tels que la litt\u00e9rature, la science, l\u2019\u00e9ducation sup\u00e9rieure, les m\u00e9dias, les \u00e9glises et tous les secteurs publics; un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9gularis\u00e9 et codifi\u00e9, fond\u00e9 sur une orthographe standard, des grammaires standard de r\u00e9f\u00e9rence, des dictionnaires standard de r\u00e9f\u00e9rence, des dictionnaires standard si possible monolingues (Ekkehard, 2000, p.\u00a0394).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019am\u00e9nagement du corpus fait aussi r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la standardisation. Celle-ci comprend plusieurs phases essentielles (Ekkehard, 2000, p.\u00a0402)\u00a0: la d\u00e9termination d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 linguistique reconnue, la codification de langue choisie, l\u2019\u00e9laboration du vocabulaire et de la grammaire de la langue, la mise en place des normes de standardisation de la langue et le d\u00e9veloppement de la vari\u00e9t\u00e9 choisie.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La d\u00e9termination et la codification d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 linguistique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous entendons par d\u00e9termination d\u2019une norme ici, le choix de la norme pour servir de cadre standard de r\u00e9f\u00e9rence pour une langue choisie. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement un sujet fort sensible dans la plupart des soci\u00e9t\u00e9s africaines. Il est vrai que pour le<em> tupuri<\/em>, le choix d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 existante pour lui donner un statut favorable, ou pour qu\u2019elle devienne la forme standard d\u00e9favorisera ceux et celles qui ne l\u2019ont pas comme langue maternelle. Les locuteurs et locutrices des autres vari\u00e9t\u00e9s consid\u00e8rent qu\u2019elles sont victimes de discrimination. Il faut cependant une bonne politique d\u2019am\u00e9nagement bas\u00e9e sur des crit\u00e8res objectifs d\u00e9nu\u00e9s de tout int\u00e9r\u00eat \u00e9go\u00efste de la part des parties prenantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour \u00e9viter cette discrimination, l\u2019on peut arriver \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une norme que nous d\u00e9nommons <em>id\u00e9alis\u00e9e<\/em>. On pourra parvenir \u00e0 une variante m\u00e9diane des vari\u00e9t\u00e9s dialectales existantes puisqu\u2019il y a intercompr\u00e9hension. Un croisement linguistique entre le <em>\u0253a\u014b- g\u0254<\/em> et le <em>\u0253a\u014b- li\u014b<\/em> sera l\u2019id\u00e9al. Il nous semble facile pour le <em>tupuri<\/em>, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il existe une Bible traduite. La forme attest\u00e9e dans ce tr\u00e9sor linguistique est une aubaine. Cet ouvrage est en usage dans toutes les communaut\u00e9s <em>tupuri<\/em> au Tchad comme au Cameroun et partout ailleurs. Lorsqu\u2019on op\u00e8re le choix d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 m\u00e9diane, diff\u00e9rents crit\u00e8res peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>la force num\u00e9rique (en nombre de locuteurs et locutrices) de la vari\u00e9t\u00e9, et de degr\u00e9 d\u2019utilisation <em>de facto<\/em> en fonction v\u00e9hiculaire par les personnes dont ce n\u2019est pas la langue maternelle par essence;<\/li>\n<li>le degr\u00e9 de standardisation et la quantit\u00e9 de mat\u00e9riau linguistique de post- alphab\u00e9tisation disponible;<\/li>\n<li>le prestige historique ou culturel de la variante choisie pour les personnes dont ce n\u2019est pas la vari\u00e9t\u00e9 dialectale par essence;<\/li>\n<li>le prestige historique, culturel ou religieux des locuteurs et locutrices de la vari\u00e9t\u00e9 dialectale;<\/li>\n<li>le statut politique et\/ou \u00e9conomique dominant de ces personnes dont c\u2019est la vari\u00e9t\u00e9 par essence.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9termination ou le choix de la vari\u00e9t\u00e9 linguistique suppose l\u2019harmonisation de son orthographe. Ekkehard (2000, p.\u00a0402) propose deux types d\u2019harmonisation dont la premi\u00e8re est nationale et la seconde internationale. Pour lui, l\u2019harmonisation nationale des graphies par exemple vise \u00e0 \u00ab\u00a0Limiter l\u2019inventaire des symboles graphiques, y compris les diacritiques, utilis\u00e9s dans un pays multilingue pour ses diff\u00e9rentes langues\u00a0\u00bb (2000, p.\u00a0402). Le but p\u00e9dagogique poursuivi de l\u2019harmonisation nationale est de faciliter, dans un m\u00eame pays, la lecture et l\u2019\u00e9criture dans des langues autres que sa propre langue. L\u2019harmonisation internationale fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019harmonisation transfrontali\u00e8re des langues. La communaut\u00e9 linguistique <em>tupuri<\/em> est divis\u00e9e par des fronti\u00e8res nationales. La langue <em>tupuri<\/em> est parl\u00e9e au Tchad et au Cameroun. Il est donc question d\u2019aboutir \u00e0 un standard unifiant les deux communaut\u00e9s linguistiques d\u00e9partag\u00e9es entre deux pays. Pour permettre aux manuels, livres et ouvrages lexicographiques produits d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re d\u2019\u00eatre utilis\u00e9s facilement de l\u2019autre. L\u2019harmonisation internationale vise donc \u00e0 \u00e9tablir une orthographe repr\u00e9sentative de toutes les vari\u00e9t\u00e9s dialectales du <em>tupuri<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a eu des recherches ant\u00e9rieures sur l\u2019orthographe des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral, et d\u2019autres sur celle des langues camerounaises en particulier. L\u2019AGLC, propos\u00e9 par Tadadjeu et Sadembowo (1984), est une contribution majeure, qui permet de transcrire et sans trop de symboles sp\u00e9ciaux les divers sons qu\u2019on peut rencontrer dans les langues camerounaises parmi lesquelles, le <em>tupuri<\/em>. Nous voulons respecter les principes de standardisation pos\u00e9s par l\u2019AGLC. C\u2019est cet alphabet que nous utiliserons ici, et dont l\u2019emploi s\u2019impose dans toutes les publications linguistiques \u00e0 caract\u00e8re scientifique traitant des langues camerounaises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, l\u2019utilisation de cet alphabet requiert deux conditions\u00a0: la possession de ressources permettant d\u2019\u00e9criture et d\u2019imprimer les caract\u00e8res sp\u00e9ciaux et la connaissance du fonctionnement de ces appareils. Aujourd\u2019hui, des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la fabrication et la diffusion de logiciels de saisie, comme Keyman. De m\u00eame, l\u2019av\u00e8nement du standard Unicode permet de r\u00e9soudre le probl\u00e8me d\u2019\u00e9change de fichiers. R\u00e9cemment, la Soci\u00e9t\u00e9 internationale de linguistique (SIL) a mis en place une application \u00ab\u00a0Clavier camerounais\u00a0\u00bb pour les t\u00e9l\u00e9phones portables d\u2019un usage relativement ais\u00e9 qui permet de r\u00e9diger des SMS, des courriels et d\u2019\u00e9changer des messages sur les r\u00e9seaux sociaux. Il faut reconna\u00eetre cependant que l\u2019usage de ces outils reste assez restreint. Une formation ou des strat\u00e9gies de communication pourraient amplifier leur utilisation.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9laboration du corpus et le d\u00e9veloppement de la langue<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pendant longtemps, certains chercheurs et les chercheuses europ\u00e9en-ne-s ont pens\u00e9 que les langues africaines \u00e9taient d\u00e9pourvues d\u2019expressions permettant de prendre en compte les besoins de la technologie moderne et de la communication mondiale (Diki-Kidiri, 2008, p.\u00a0277) pour les \u00e9changes commerciaux et des moyens pour enseigner de fa\u00e7on ad\u00e9quate ces langues. Il faut souligner que toutes les langues du monde ont la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9largir leurs vocabulaires par la cr\u00e9ation et l\u2019expansion de la terminologie (Atibakwa, 2008, p.\u00a0201) relative aux domaines scientifiques. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement la t\u00e2che des acad\u00e9mies de langue de se pencher sur l\u2019am\u00e9nagement du corpus. Dans le processus de standardisation d\u2019une langue, l\u2019\u00e9laboration vise l\u2019innovation lexicale programm\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9veloppement de la langue s\u2019effectue progressivement apr\u00e8s une mise en place de la langue par l\u2019autorit\u00e9 linguistique comp\u00e9tente ou le politique. Les efforts fournis par les communaut\u00e9s eccl\u00e9siastiques sont louables. Depuis deux ans d\u00e9j\u00e0, les enfants de l\u2019\u00e9cole de dimanche dans certaines zones d\u2019expression <em>tupuri<\/em> re\u00e7oivent des cours bibliques par \u00e9crit. Ces cours sont sanctionn\u00e9s par un examen qui \u00e9value leur niveau d\u2019initiation au langage afin de comprendre le <em>tupuri<\/em> biblique. Ces initiatives constituent une contribution non n\u00e9gligeable, m\u00eame si les mat\u00e9riels didactiques restent rudimentaires. Le niveau des moniteur-trice-s en la question est un sujet \u00e0 d\u00e9bat. L\u2019objet pour l\u2019heure est de parvenir \u00e0 une harmonisation du syst\u00e8me orthographique <em>tupuri<\/em> pour ne pas demeurer dans un t\u00e2tonnement et une confusion scripturaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9tape de la mise en place de la norme choisie, la langue <em>tupuri<\/em> a besoin du soutien constant des agences de promotion linguistique telles que les comit\u00e9s (comit\u00e9 de traduction de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne <em>tupuri<\/em>, comit\u00e9 de d\u00e9veloppement de la langue <em>tupuri<\/em>), les associations et acad\u00e9mies linguistiques. Ces instances consultatives sont n\u00e9cessaires pour plusieurs raisons. D\u2019abord, donner des conseils en mati\u00e8re de style et de variantes acceptables, essentiellement dans la production litt\u00e9raire; ensuite, s\u2019assurer que les textes imprim\u00e9s respectent la norme; enfin, s\u2019assurer que les innovations lexicales (Ta\u00efwe, 2020b, p.\u00a0115) soient constamment soumises \u00e0 la standardisation afin d\u2019\u00e9viter la concurrence incontr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette \u00e9tude, nous ont permis de relever un certain nombre de dysfonctionnements portant sur l\u2019orthographe de la langue <em>tupuri<\/em>. Ceux-ci sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019absence d\u2019harmonisation orthographique. Les sources documentaires consult\u00e9es ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plusieurs divergences de forme qui affectent l\u2019\u00e9criture de certains mots. Ce qui rend extr\u00eamement complexe le choix orthographique lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9crire la langue <em>tupuri<\/em>. Dans le contexte actuel de la vulgarisation des savoirs et savoir-faire locaux vers les autres mondes, la standardisation des langues africaines en g\u00e9n\u00e9ral et la langue <em>tupuri<\/em> en particulier est une urgence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour arrimer la langue <em>tupuri<\/em> \u00e0 un niveau de langue codifi\u00e9e, il faut la doter d\u2019une orthographe standard, qui permettra de r\u00e9diger une grammaire de r\u00e9f\u00e9rence, un dictionnaire monolingue complet (Ta\u00efwe, 2021), des manuels suffisants et adapt\u00e9s pour l\u2019apprentissage de la lecture et de l\u2019\u00e9criture, des manuels pour les enseignant-e-s (Aleching, 2021). En outre, il faut que son vocabulaire soit constamment \u00e9largi de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e en ce qui concerne la terminologie nouvelle pour l\u2019utilisation de la langue dans l\u2019\u00e9ducation et pour la communication r\u00e9gionale ou nationale relative \u00e0 tout ce qui concerne le monde moderne. Tous ces besoins de mat\u00e9riau linguistique concret, c\u2019est-\u00e0-dire le corpus de la langue, peuvent \u00eatre planifi\u00e9s et mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a un besoin de passer \u00e0 une franche concertation. Les parties prenantes devraient se mettre autour d\u2019une m\u00eame table pour discuter \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 du devenir de la langue <em>tupuri<\/em> et de son orthographe. De telles assises doivent \u00eatre organis\u00e9es et associ\u00e9es les sp\u00e9cialistes de la langue (sous la forme de colloque ou journ\u00e9e scientifique avec ateliers), de la traduction (dans les ateliers de traduction) et les d\u00e9positaires de la culture <em>tupuri<\/em>. Les acteur-trice-s du d\u00e9veloppement de la langue<em> tupuri<\/em> devraient donc prendre la juste mesure de la situation. Dans le contexte d\u2019une pr\u00e9sence de plus en plus croissante des technologies qui se ressentent dans les familles africaines notamment par le biais de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile, l\u2019on \u00e0 l\u2019occasion de faire un sort \u00e0 des langues qui jouent un r\u00f4le essentiel au sein des communaut\u00e9s et de parachever leur processus d\u2019int\u00e9gration dans les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs de mani\u00e8re durable.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Aleching Wissenwa, B\u00e9atrice. 2011. <em>Proposition d\u2019un mod\u00e8le d\u2019enseignement du tupuri au niveau I de l\u2019\u00e9ducation de base\u00a0: Section d\u2019initiation au langage<\/em>. M\u00e9moire de master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Atibakwa Baboya, Edema. 2008. Terminologie europ\u00e9enne et terminologie africaine\u00a0: \u00e9l\u00e9ments de comparaison. Dans Diki-Kidiri, Marcel (dir), <em>Le vocabulaire scientifique dans les langues africaines. Pour une approche culturelle de la terminologie<\/em> (269-275)<em>. <\/em>Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Binam Bikoi, Charles (dir.). 2012. <em>Atlas linguistique du Cameroun. <\/em><em>Tome 1\u00a0: Inventaire des langues<\/em>. \u00c9dition r\u00e9vis\u00e9e. Yaound\u00e9\u00a0: CERDOTOLA.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cappelletti, Piergiorgio. 1996. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais<\/em>. Mission Catholique de Guidiguis. In\u00e9dit.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Di Cristo, Albert. 2013. <em>La prosodie de la parole. <\/em><em>Une introduction. <\/em>Louvain-La-Neuve\u00a0: De Boeck. <a href=\"https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01476180\">https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01476180<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diki-Kidiri, Marcel (dir). 2008. <em>Le vocabulaire scientifique dans les langues africaines. Pour une approche culturelle de la terminologie. <\/em>Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ekkehard Wolff, Heinrich. 2000. La langue dans la soci\u00e9t\u00e9. Dans Heine, Bernd et Nurse Derek (dir.). <em>Les langues africaines. <\/em>(Tourneux, Henry et Zerner Jeanne, trad.). Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Feckoua Laoukissam, Laurent. 1977. <em>Les hommes et leurs activit\u00e9s en pays toupouri du Tchad<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat de 3e cycle en G\u00e9ographie, Universit\u00e9 Paris VIII.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kobada, Gis\u00e8le. 2016. <em>Analyse suprasegmentale du tpuri<\/em>. M\u00e9moire de Master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kolyang, Dina Ta\u00efw\u00e9. 2010. <em>Parlons tpuri<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Naa Togod Baa,<\/em> (Recueil de Cantiques en langue <em>tupuri<\/em>). 2017. Yaound\u00e9\u00a0: Alliance Biblique du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1988. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais (r\u00e9gion de Mindaor\u00e9, Tchad. <\/em>Paris\u00a0: Peeters\/Selaf.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1992. <em>Description du parler tupuri de Mindaor\u00e9, Mayo-Kebbi (Tchad)\u00a0: Phonologie, morphologie, syntaxe<\/em>, Th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat \u00e8s Lettres, Universit\u00e9 Paris III \u2013 Sorbonne Nouvelle.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Seignobos, Christian et Tourneux, Henry. 2001. Contribution \u00e0 l\u2019histoire des Toupouri et de leur langue. Dans Nicola\u00ef, Robert (\u00e9d.), <em>Le\u00e7ons d\u2019Afrique. Filiations, ruptures et reconstitution de langues. Un hommage \u00e0 Gabriel Manessy<\/em> (255-284). Louvain-Paris\u00a0: Peeters.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sengat Kuo, Fran\u00e7ois. 1985. Discours d\u2019ouverture\u00a0: l\u2019identit\u00e9 culturelle camerounaise. <em>Actes du colloque de la deuxi\u00e8me semaine culturelle nationale<\/em>. Yaound\u00e9, 13-20 mai. Minist\u00e8re de l\u2019information et de la culture du Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice. 1980. <em>A Model for Functional Trilingual Education Planning in Africa<\/em>. Paris\u00a0: UNESCO.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice., Sadembouo, \u00c9tienne. 1984. <em>Alphabet g\u00e9n\u00e9ral des langues Camerounaises<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2017. <em>Analyse s\u00e9mantique d\u2019un ouvrage lexicographique interlinguistique\u00a0: cas du Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais de Suzanne Ruelland. <\/em>Master en Sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2020a. Vers une dynamique des pratiques lexicographiques bilingues des langues africaines\/langue fran\u00e7aise\u00a0: le DITFA \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la lexicologie explicative et combinatoire. <em>Mashamba<\/em>. <em>Linguistique, litt\u00e9rature, didactique en Afrique des grands lacs<\/em>, 1 (1), 63-83. 10.46711\/mashamba.2020.1.1.3<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2020b. La lexicographie tupuri et le probl\u00e8me de traitement s\u00e9mantique. Dans Cala\u00efna, Th\u00e9ophile (dir.), <em>Langues africaines et d\u00e9veloppement<\/em> (100-115). Paris\u00a0: Challenges litt\u00e9raires \u00e9ditions.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2021.\u00a0<em>Description lexicologique et lexicographique tupuri (Cameroun-Tchad)\u00a0: \u00e9bauche d\u2019un dictionnaire bi-unilingue tupuri-fran\u00e7ais.<\/em> Th\u00e8se de doctorat en linguistique africaine, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UNESCO. (1978). <em>Langues africaines. Documents de la r\u00e9union d\u2019experts sur la transcription et l\u2019harmonization [sic] des langues africaines. <\/em>Niamey (Niger), 17 &#8211; 21 juillet 1978. <a href=\"http:\/\/www.bisharat.net\/Documents\/Niamey78fr.html\">http:\/\/www.bisharat.net\/Documents\/Niamey78fr.html<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>W<\/em>\u00e3\u00e3<em>re Baa<\/em> (la Bible en langue toupouri). 2005. Yaound\u00e9\u00a0: Alliance Biblique du Cameroun.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/contributors\/fulbert-taiwe\">Fulbert TA\u00cfWE<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est titulaire d&rsquo;un doctorat\/ Ph.D en Linguistique africaine obtenu \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.  Sp\u00e9cialiste de la lexicographie bilingue de langues africaines\/langue fran\u00e7aise, il axe ses recherches sur les questions de standardisation et codification des langues africaines o\u00f9 il a \u00e0 son actif quelques articles scientifiques. Il enseigne la linguistique g\u00e9n\u00e9rale, linguistique appliqu\u00e9e et la linguistique africaine respectivement au D\u00e9partement de lettres modernes fran\u00e7aises de  l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Bertoua, D\u00e9partement de fran\u00e7ais et D\u00e9partement de communication de l\u2019Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9 au Cameroun. Fulbert Ta\u00efwe est par ailleurs membre du comit\u00e9 de d\u00e9veloppement de la langue et de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne tupuri Cameroun\/Tchad et consultant en linguistique aupr\u00e8s de l\u2019Alliance Biblique du Cameroun sur le projet de la traduction de la Bible d\u2019\u00e9tude en tupuri.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":11,"menu_order":8,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["fulbert-taiwe"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[232],"license":[],"class_list":["post-506","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-amenagement-du-corpus","motscles-didactique","motscles-normalisation","motscles-orthographe","motscles-pluri-graphie","motscles-tupuri","keywords-corpus-planning","keywords-didactics","keywords-orthography","keywords-pluri-graphy","keywords-standardisation","keywords-tupuri","motscles-autre-ci-gaban-corpus","motscles-autre-daidaitawa","motscles-autre-gyare-gyare","motscles-autre-pluri-graphy","motscles-autre-rubutu","motscles-autre-tupuri","contributor-fulbert-taiwe"],"part":455,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/506\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":615,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/506\/revisions\/615"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/455"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/506\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=506"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=506"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/jeynitaare\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}