{"id":1669,"date":"2025-05-17T07:29:32","date_gmt":"2025-05-17T05:29:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=1669"},"modified":"2025-11-24T22:32:03","modified_gmt":"2025-11-24T21:32:03","slug":"2-1presentation2025","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/2-1presentation2025\/","title":{"rendered":"L&rsquo;analyse du discours au Br\u00e9sil : une perspective afro"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Une question a motiv\u00e9 la proposition de ce dossier : pouvons-nous affirmer qu\u2019<em>un tournant afro est en cours dans l\u2019analyse du discours pratiqu\u00e9e au Br\u00e9sil<\/em>? Dans notre esprit, cette interrogation n\u2019est ni capricieuse ni rh\u00e9torique. Il s\u2019agit d\u2019une question qui, selon nous, s\u2019impose dans la mesure o\u00f9, comme nous l\u2019avons mentionn\u00e9 dans l\u2019appel \u00e0 contributions, nous observons avec satisfaction l\u2019institutionnalisation de diff\u00e9rents processus discursifs qui se mat\u00e9rialisent par une pr\u00e9occupation, une prise de position th\u00e9orique, dans les sciences humaines br\u00e9siliennes, en faveur d\u2019une perspective guid\u00e9e par les questions ethno-raciales. Cette tendance traverse des disciplines vari\u00e9es, de l\u2019anthropologie, la p\u00e9dagogie et la sociologie jusqu\u2019\u00e0 la psychanalyse, la g\u00e9ographie, le droit et m\u00eame l\u2019architecture, des domaines <em>a priori<\/em> consid\u00e9r\u00e9s comme moins ouverts \u00e0 ce type de pr\u00e9occupation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pr\u00e9occupation se manifeste, par exemple, non seulement par la circulation croissante d\u2019auteur\u00b7trices contemporain\u00b7es dans les travaux desquels cette question est explicitement pr\u00e9sente \u2013 en droit, avec Ana Luiza Pinheiro Flauzina (Flauzina, 2008; 2023) et Thula Rafaela de Oliveira Pires (Pires, 2016); dans les \u00e9tudes de genre et de race, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des villes, avec des auteur\u00b7trices comme Carla Akotirene (Akotirene, 2018), Joice Berth (Berth, 2023) et Deivison Nkosi (Faustino, 2018, 2020[footnote]Bien qu\u2019il signe ses livres sous le nom de Deivison Faustino, ce sociologue br\u00e9silien, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo et sp\u00e9cialiste de Frantz Fanon, est \u00e9galement connu sous le nom de Deivison Nkosi, nom sous lequel il animait des cours libres avant de devenir professeur universitaire.[\/footnote]) \u2013 mais aussi, et surtout, par la republication et l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9ditorial accru pour des auteurs fondamentaux et souvent oubli\u00e9s, qui font l\u2019objet aujourd\u2019hui d\u2019un processus de contemporan\u00e9isation. Parmi ces penseur\u00b7euses \u00e9minent\u00b7es figurent Neusa Santos Souza en psychanalyse (Souza, 1983), Milton Santos en g\u00e9ographie \u2013 et il serait injuste de ne citer qu\u2019un seul de ses centaines de textes publi\u00e9s sur six d\u00e9cennies \u2013 L\u00e9lia Gonzalez dans les sciences sociales en g\u00e9n\u00e9ral, de la philosophie \u00e0 l\u2019anthropologie (notamment dans l\u2019\u0153uvre coordonn\u00e9e par Gonzalez 2020, qui rassemble des textes publi\u00e9s entre 1975 et 1990), et Frantz Fanon en philosophie, psychiatrie et psychanalyse, particuli\u00e8rement dans son ouvrage de 1952.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le domaine des \u00e9tudes du langage, Henry (1977) affirme que, dans les ann\u00e9es 1960, la linguistique occupait la place de science pilote des sciences humaines, un statut reconnu \u00e0 l\u2019\u00e9poque non seulement par certains linguistes (comme Georges Mounin), mais aussi par des chercheurs d\u2019autres disciplines, tels que Claude L\u00e9vi-Strauss, Jacques Lacan et Roland Barthes. Ce fait historique nous aide \u00e0 comprendre qu\u2019il existe un va-et-vient productif dans le panorama \u00e9pist\u00e9mologique. Autrement dit, les \u00e9tudes du langage ne sont pas \u00e9trang\u00e8res aux tournants, qu\u2019il s\u2019agisse du tournant discursif (Gracia, 2004), pragmatique (Nigro, 2009), narratif (Moita Lopes, 2021), postmoderne (Green, 2019) ou culturel (Reckwitz, 2002).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant la question qui nous int\u00e9resse, celle d\u2019un possible tournant afro dans l\u2019(les) analyse(s) du discours br\u00e9silienne(s), nous consid\u00e9rons qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une interrogation non seulement possible, mais n\u00e9cessaire. M\u00eame si nous ne pouvons y r\u00e9pondre directement \u2013 du moins pas dans ce temps et cet espace \u2013, nous pouvons assur\u00e9ment la travailler; et si nous d\u00e9fendons ou faisons l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un tournant afro dans ces conditions th\u00e9oriques, nous allons plus loin en tentant de le caract\u00e9riser. \u00c0 notre avis, il s\u2019agit aussi d\u2019un tournant noir, car il provoque une r\u00e9flexion sur la racialisation des discours (Modesto, 2021), qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, m\u00eame parmi les analystes du discours, ne signifieraient pas la race, ne produiraient pas de sens sur les couleurs de peau et leurs implications dans une formation sociale marqu\u00e9e par le racisme. Dans ce tournant, outre la mise en lumi\u00e8re d\u2019intellectuel\u00b7le\u00b7s noir\u00b7e\u00b7s souvent effac\u00e9\u00b7e\u00b7s par la tradition universitaire, il y aurait \u00e9galement la circulation d\u2019id\u00e9es et la construction d\u2019un certain canon d\u00e9construit d\u2019auteurs issus des peuples indig\u00e8nes, comme les \u0153uvres d\u2019Ailton Krenak (Krenak, 2019) et de Davi Kopenawa Yanomami (Kopenawa, Albert, 2015). Plus encore, ce serait un tournant permettant d\u2019\u00e9tablir un dialogue mettant en sc\u00e8ne les relations entre le Br\u00e9sil et l\u2019Afrique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En suivant ce que nous avons \u00e9nonc\u00e9 plus haut, il est essentiel de traiter avec l\u2019attention n\u00e9cessaire ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9pist\u00e9mologique qui, bien qu\u2019il se d\u00e9ploie dans un contexte international o\u00f9 l\u2019agenda de la n\u00e9gritude se diffuse \u2013 de la science \u00e0 la philosophie et \u00e0 la politique, partisane ou non, en passant par la culture pop (au risque d\u2019\u00eatre assimil\u00e9e par le Capital) \u2013, s\u2019impose comme un \u00e9v\u00e9nement dans l\u2019(les) analyse(s) du discours.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les sept interventions qui composent ce dossier \u2013 six articles et une interview \u2013 donnent assur\u00e9ment corps \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement. Ce sont des textes qui placent la question de la racialit\u00e9, particuli\u00e8rement la n\u00e9gritude, comme cl\u00e9 de lecture au service de l\u2019analyse du discours, \u00e0 travers diff\u00e9rents efforts de proposition conceptuelle, de d\u00e9placements de positions et de mani\u00e8res de comprendre les conditions de production des discours. Ils sugg\u00e8rent des formes d\u2019interpr\u00e9tation racialis\u00e9e de la colonisation et de la politique au Br\u00e9sil et en Afrique, des modes d\u2019instrumentalisation des savoirs, des mani\u00e8res dont les d\u00e9mocraties se configurent et des formes de r\u00e9sistance possibles dans la vie et dans le champ th\u00e9orique. Plus encore : ce sont des textes qui, face \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9pondre seuls \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude ayant motiv\u00e9 l\u2019organisation de ce dossier, permettent au moins d\u2019esquisser une r\u00e9ponse. L\u2019inqui\u00e9tude est devenue prospective et s\u2019est collectivis\u00e9e comme une provocation pour les auteur\u00b7trices qui nous ont envoy\u00e9 leurs contributions.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un d\u00e9fi s\u2019est impos\u00e9 : la publication d\u2019une revue en fran\u00e7ais, sur une plateforme africaine, organis\u00e9e par des Br\u00e9silien\u00b7nes. Quelle langue accepter? Nous devons donc quelques remerciements. Tout d\u2019abord \u00e0 Aim\u00e9e-Danielle Lezou Koffi et \u00e0 Marie-Anne Paveau, directrices de <em>Magana<\/em>, qui, en plus d\u2019avoir accept\u00e9 notre proposition de dossier, ont permis que nous recevions des articles en portugais, en plus du fran\u00e7ais, pour \u00e9valuation avant traduction. Ainsi, certains de ces articles ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s en langue portugaise, dans la forme pratiqu\u00e9e au Br\u00e9sil. D\u2019o\u00f9 le deuxi\u00e8me remerciement : la traduction en fran\u00e7ais n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible que gr\u00e2ce au pr\u00e9cieux soutien de la CAPES PROEX, via le Programme de troisi\u00e8me cycle en \u00c9tudes du Langage de l\u2019UFF, qui a permis <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/note-sur-la-traduction\/\"><span style=\"background-color: #ffffff\">le travail de Nina Rioult.<\/span> <\/a>Nous remercions le Posling-UFF d\u2019avoir rendu possible cette publication, ainsi que pour le renforcement d\u2019une politique d\u2019internationalisation qui ne se limite pas aux partenariats avec les pays du Nord global, mais qui privil\u00e9gie, \u00e0 juste titre, le dialogue Sud-Sud.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Voici maintenant une pr\u00e9sentation des textes de ce dossier.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ouvrant la discussion de ce volume, le travail de Carmolino C\u00e1 et S\u00f3stenes Ericson (tous deux de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale d\u2019Alagoas). Intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le sens de la d\u00e9mocratie dans le discours du PAIGC : un legs de la dictature\u00a0\u00bb, ce texte, s\u2019appuyant sur l\u2019analyse du discours initi\u00e9e par Michel P\u00eacheux en France et d\u00e9velopp\u00e9e par Eni Orlandi au Br\u00e9sil, et en dialogue avec Jacqueline Authier-Revuz, vise \u00e0 analyser les effets de sens de la d\u00e9mocratie dans les processus discursifs du Parti Africain pour l\u2019Ind\u00e9pendance de la Guin\u00e9e et du Cap-Vert (PAIGC) dans le contexte de l\u2019expulsion des 15 parlementaires qualifi\u00e9s de \u00ab tra\u00eetres \u00bb par le Parti. L\u2019analyse des auteurs montre que, en refusant d\u2019accepter la position impos\u00e9e par la direction du Parti, qui obligeait les parlementaires \u00e0 voter en faveur du Gouvernement, puis en demandant l\u2019expulsion des 15 \u00ab tra\u00eetres \u00bb, une m\u00e9moire discursive est activ\u00e9e dans l\u2019interdiscours, constituant une formation partisane des lib\u00e9rateurs, paradoxalement marqu\u00e9e par une tendance autoritaire, ce qu\u2019ils appellent une \u00ab d\u00e9mocratie de l\u2019imposition \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans \u00ab Temps de (re)construction : tensions raciales et projections dans l\u2019engagement \u00e0 reconstruire le Br\u00e9sil et \u00e0 valoriser sa culture \u00bb, Liliane Souza dos Anjos (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo) et Felipe Augusto Santana do Nascimento (Institut F\u00e9d\u00e9ral d\u2019Alagoas) analysent la promesse discursive d\u2019union et de reconstruction du gouvernement pr\u00e9sidentiel actuel, exprim\u00e9e \u00e0 travers diff\u00e9rentes mat\u00e9rialit\u00e9s signifiantes en composition. Cette composition inclut une photographie du jour de l\u2019investiture de Lula, actuel pr\u00e9sident du Br\u00e9sil pour son troisi\u00e8me mandat, son discours et le slogan adopt\u00e9 par son Gouvernement. Pour ce faire, les auteur\u00b7e\u00b7s mobilisent le concept de \u00ab discours racialis\u00e9s \u00bb, d\u00e9montrant comment le fonctionnement promissif en question impose, sur diff\u00e9rents objets symboliques, une double n\u00e9cessit\u00e9 : celle de traverser les effets imaginaires suscit\u00e9s par l\u2019alliance ainsi forg\u00e9e, et celle de revisiter les sens de la d\u00e9mocratie culturelle afin de repenser l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019id\u00e9ologie juridique et de d\u00e9construire le consensus autour de la culture.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kodjovi Agbonagban (Universit\u00e9 de Lom\u00e9), quant \u00e0 lui, examine la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9nonciation de l\u2019esclavage dans les textes de l\u2019\u00e9crivain togolais Kangni Alem. Dans son article intitul\u00e9 \u00ab La probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9nonciation dans le n\u00e9o-r\u00e9cit d\u2019esclaves chez Kangni Alem \u00bb, l\u2019auteur \u00e9tudie comment Kangni Alem, en tant qu\u2019\u00e9crivain postcolonial, explore la m\u00e9moire historique de l\u2019esclavage en tentant d\u2019inscrire dans l\u2019acte \u00e9nonciatif une esth\u00e9tique de renouvellement et de transgression. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 la relation historique entre les deux principaux espaces d\u2019\u00e9nonciation \u2013 l\u2019Afrique et le Br\u00e9sil \u2013, montrant comment ces espaces fa\u00e7onnent le discours renouvel\u00e9 autour de l\u2019esclavage transatlantique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans \u00ab\u00a0Pratiques de r\u00e9existences noires au Br\u00e9sil : une analyse discursive critique afro-diasporique\u00a0\u00bb, Marcos Antonio Lima do Bonfim (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Pernambouc) s\u2019appuie sur des auteurs des \u00e9tudes critiques du discours, de la grammaire du design visuel et de la pens\u00e9e d\u00e9coloniale afro-diasporique pour analyser discursivement les pratiques de r\u00e9existences noires mobilis\u00e9es par une travestie noire au Br\u00e9sil en tant que \u00ab <em>bicha preta<\/em> \u00bb (\u00ab\u00a0p\u00e9d\u00e9 noire\u00a0\u00bb), proposant ainsi une perspective d\u2019analyse discursive critique sous une orientation d\u00e9coloniale afro-diasporique. \u00c0 travers l\u2019analyse de la (re)production du racisme LGBTQIA+phobe et des resignifications discursivo-s\u00e9miotiques pr\u00e9sentes dans les exp\u00e9riences et r\u00e9existences du corps \u00ab <em>bicha preta<\/em> \u00bb lors d\u2019un championnat de po\u00e9sie parl\u00e9e (SLAM), l\u2019auteur soutient que la colonialit\u00e9 de l\u2019\u00eatre se constitue et est constitu\u00e9e par une perspective de genre ancr\u00e9e dans l\u2019h\u00e9t\u00e9ronormativit\u00e9 cisgenre blanche, qui exclut, discrimine, humilie et violente les travesties noires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Vanise Medeiros (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense) propose une relation th\u00e9orique entre les concepts de \u00ab verb\u00e9tisation \u00bb, qu\u2019elle a formul\u00e9 dans des travaux ant\u00e9rieurs, et de \u00ab savoirs subjugu\u00e9s \u00bb de la sociologue Patricia Hill Collins, pour analyser les d\u00e9signations dans le <em>Dictionnaire des favelas Marielle Franco<\/em>, dans le but de contribuer \u00e0 l\u2019avancement des r\u00e9flexions sur la d\u00e9colonisation linguistique. Dans son texte, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Verb\u00e9tisation et d\u00e9signations dans le <em>Dictionnaire des favelas Marielle Franco<\/em>\u00a0\u00bb, l\u2019autrice d\u00e9veloppe une r\u00e9flexion sur la notion de verb\u00e9tisation, un processus qui transforme des signifiants d\u00e9coup\u00e9s comme items lexicaux en entr\u00e9es d\u2019instruments linguistiques dans une formation sociale, consid\u00e9rant que ce processus est une pratique socio-historico-id\u00e9ologique. Toute l\u2019analyse repose sur l\u2019id\u00e9e que la pratique de la verb\u00e9tisation, dans les conditions de production qu\u2019elle examine, constitue une pratique genr\u00e9e et racialis\u00e9e, qui invite \u00e0 une \u00e9coute sociale, dans la lign\u00e9e de Michel P\u00eacheux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier article est sign\u00e9 par nous, organisateurs de ce dossier : Phellipe Marcel da Silva Esteves (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense) et Rog\u00e9rio Modesto (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Santa Cruz). Dans l\u2019article \u00ab\u00a0Les mani\u00e8res de signifier l\u2019intellectualit\u00e9 noire dans le discours encyclop\u00e9dique : \u00e9tudes sur l\u2019<em>Encyclop\u00e9die noire<\/em>\u00a0\u00bb, nous analysons comment l\u2019\u0153uvre <em>Enciclop\u00e9dia negra : biografias afro-brasileiras<\/em>, de Fl\u00e1vio dos Santos Gomes, Jaime Lauriano et Lilia Moritz Schwarcz, publi\u00e9e par la maison d\u2019\u00e9dition br\u00e9silienne Companhia das Letras en 2021, resignifie l\u2019intellectualit\u00e9 noire au Br\u00e9sil en proposant de r\u00e9cup\u00e9rer et valoriser plus de 550 personnalit\u00e9s noires, luttant ainsi contre l\u2019\u00e9pist\u00e9micide. Deux mouvements analytiques interconnect\u00e9s sont op\u00e9r\u00e9s. Le premier confronte cette encyclop\u00e9die avec le <em>Diccionario biobibliographico brazileiro<\/em> (1883-1902). Le second compare deux biographies d\u2019intellectuels noirs du champ des Lettres, concluant que, malgr\u00e9 les avanc\u00e9es de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die noire<\/em>, celle-ci perp\u00e9tue des discours st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, sans mettre en lumi\u00e8re les barri\u00e8res structurelles du racisme.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour clore le dossier, nous proposons un entretien avec le professeur et chercheur br\u00e9silien Pedro de Souza. En tant qu\u2019homme noir, gay et pratiquant l\u2019analyse du discours depuis ses premiers moments d\u2019institutionnalisation au Br\u00e9sil \u2013 avec l\u2019introduction de l\u2019\u0153uvre de Michel P\u00eacheux \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 \u2013, Pedro de Souza nous offre une perspective de vie et de travail th\u00e9orique de quelqu\u2019un qui a pu voir et vivre les emp\u00eachements silencieux des discussions sur le genre et la race dans la th\u00e9orie, jusqu\u2019au tournant afro que nous d\u00e9fendons ici. C\u2019est un chercheur majeur dans le paysage acad\u00e9mique, qui, avec brio, navigue entre les th\u00e8mes du discours, de l\u2019\u00e9nonciation, de la subjectivit\u00e9, de l\u2019\u00e9criture et de la voix. Docteur en Linguistique depuis 1993 (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Campinas), il est aujourd\u2019hui professeur titulaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Santa Catarina.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 notre avis, cet ensemble de textes nous permet de t\u00e9moigner d\u2019un tournant afro dans les analyses du discours d\u00e9velopp\u00e9es au Br\u00e9sil, visant \u00e9galement un dialogue avec les chercheur\u00b7e\u00b7s africain\u00b7e\u00b7s souhaitant partager leurs int\u00e9r\u00eats et pr\u00e9occupations avec ceux et celles qui agissent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique. Nous esp\u00e9rons que ce tournant produira de bons effets pour ce champ d\u2019\u00e9tudes et vous invitons \u00e0 la lecture, certains que ces effets viendront.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Akotirene, Carla. 2018. <em>O que \u00e9 interseccionalidade? <\/em>Belo Horizonte: Letramento.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berth, Joice. 2023. <em>Se a cidade fosse nossa<\/em>. Rio de Janeiro: Paz &amp; Terra.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fanon, Frantz. 1952. <em>Peau noire, masques blancs<\/em>. Paris: Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Faustino, Deivison. 2018. <em>Frantz Fanon: <\/em>um revolucion\u00e1rio, particularmente negro. S\u00e3o Paulo: Ciclo Cont\u00ednuo.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Faustino, Deivison. 2020. <em>A disputa em torno de Frantz Fanon: <\/em>a teoria e a pol\u00edtica dos fanonismos contempor\u00e2neos. S\u00e3o Paulo: Intermeios.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Flauzina, Ana Luiza Pinheiro. 2008. <em>Corpo negro ca\u00eddo no ch\u00e3o<\/em>. Rio de Janeiro: Contraponto.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Flauzina, Ana Luiza Pinheiro. 2023. <em>Repert\u00f3rios da resist\u00eancia: <\/em>arte, justi\u00e7a e os horizontes da luta negra no Brasil. Salvador: Edufba.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gracia, Tom\u00e1s Ib\u00e1\u00f1ez. 2004. O giro lingu\u00edstico. In Lupicinio I\u00f1iguez (Org.), <em>Manual de An\u00e1lise do Discurso em Ci\u00eancias Sociais<\/em>. Petr\u00f3polis: Vozes.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Green, Jill. 2019. Coreografando uma virada p\u00f3s-moderna: o processo criativo e a som\u00e1tica. <em>Revista Vazantes<\/em>, 2(2), 18\u201328.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gonzalez, L\u00e9lia. 2020. <em>Por um feminismo afro-latino-americano: <\/em>ensaios, interven\u00e7\u00f5es e di\u00e1logos. Rio de Janeiro: Zahar.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Henry, Paul. 1977. <em>Le mauvais outil : <\/em>langue, sujet et discours. Paris\u00a0: \u00c9ditions Klincksieck,<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kopenawa, Davi, &amp; Albert, Bruce. 2015. <em>A queda do c\u00e9u: <\/em>palavra de um xam\u00e3 yanomami. S\u00e3o Paulo: Companhia das Letras.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Krenak, Ailton. 2019. <em>Ideias para adiar o fim do mundo<\/em>. S\u00e3o Paulo: Companhia das Letras.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Modesto, Rog\u00e9rio. 2021. Os discursos racializados. <em>Revista da ABRALIN<\/em>, 20(2), 1\u201319.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moita Lopes, Luiz Paulo. 2021. Os espa\u00e7otempos da narrativa como construto te\u00f3rico-metodol\u00f3gico na investiga\u00e7\u00e3o em lingu\u00edstica aplicada. <em>Caderno de Letras<\/em>, (40), maio-agosto.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nigro, Rachel. 2009. A virada lingu\u00edstico-pragm\u00e1tica e o p\u00f3s-positivismo. <em>Direito, Estado e Sociedade<\/em>, (34), jan.\/jun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pires, Thula Rafaela de Oliveira. 2016. <em>Criminaliza\u00e7\u00e3o do racismo: <\/em>entre pol\u00edtica de reconhecimento e meio de legitima\u00e7\u00e3o do controle social sobre os negros. Bras\u00edlia: Brado Negro.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Reckwitz, Andreas. 2002. Toward a Theory of Social Practices: A Development in Culturalist Theorizing. <em>European Journal of Social Theory<\/em>, v. 5, n. 2, p. 243-263.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Souza, Neusa Santos. 1983. <em>Tornar-se negro ou As vicissitudes da identidade do negro brasileiro em ascens\u00e3o social<\/em>. Rio de Janeiro: Edi\u00e7\u00f5es Graal.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une question a motiv\u00e9 la proposition de ce dossier : pouvons-nous affirmer qu\u2019<em>un tournant afro est en cours dans l\u2019analyse du discours pratiqu\u00e9e au Br\u00e9sil<\/em>? Dans notre esprit, cette interrogation n\u2019est ni capricieuse ni rh\u00e9torique. Il s\u2019agit d\u2019une question qui, selon nous, s\u2019impose dans la mesure o\u00f9, comme nous l\u2019avons mentionn\u00e9 dans l\u2019appel \u00e0 contributions, nous observons avec satisfaction l\u2019institutionnalisation de diff\u00e9rents processus discursifs qui se mat\u00e9rialisent par une pr\u00e9occupation, une prise de position th\u00e9orique, dans les sciences humaines br\u00e9siliennes, en faveur d\u2019une perspective guid\u00e9e par les questions ethno-raciales. Cette tendance traverse des disciplines vari\u00e9es, de l\u2019anthropologie, la p\u00e9dagogie et la sociologie jusqu\u2019\u00e0 la psychanalyse, la g\u00e9ographie, le droit et m\u00eame l\u2019architecture, des domaines <em>a priori<\/em> consid\u00e9r\u00e9s comme moins ouverts \u00e0 ce type de pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pr\u00e9occupation se manifeste, par exemple, non seulement par la circulation croissante d\u2019auteur\u00b7trices contemporain\u00b7es dans les travaux desquels cette question est explicitement pr\u00e9sente \u2013 en droit, avec Ana Luiza Pinheiro Flauzina (Flauzina, 2008; 2023) et Thula Rafaela de Oliveira Pires (Pires, 2016); dans les \u00e9tudes de genre et de race, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des villes, avec des auteur\u00b7trices comme Carla Akotirene (Akotirene, 2018), Joice Berth (Berth, 2023) et Deivison Nkosi (Faustino, 2018, 2020<a class=\"footnote\" title=\"Bien qu\u2019il signe ses livres sous le nom de Deivison Faustino, ce sociologue br\u00e9silien, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo et sp\u00e9cialiste de Frantz Fanon, est \u00e9galement connu sous le nom de Deivison Nkosi, nom sous lequel il animait des cours libres avant de devenir professeur universitaire.\" id=\"return-footnote-1669-1\" href=\"#footnote-1669-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>) \u2013 mais aussi, et surtout, par la republication et l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9ditorial accru pour des auteurs fondamentaux et souvent oubli\u00e9s, qui font l\u2019objet aujourd\u2019hui d\u2019un processus de contemporan\u00e9isation. Parmi ces penseur\u00b7euses \u00e9minent\u00b7es figurent Neusa Santos Souza en psychanalyse (Souza, 1983), Milton Santos en g\u00e9ographie \u2013 et il serait injuste de ne citer qu\u2019un seul de ses centaines de textes publi\u00e9s sur six d\u00e9cennies \u2013 L\u00e9lia Gonzalez dans les sciences sociales en g\u00e9n\u00e9ral, de la philosophie \u00e0 l\u2019anthropologie (notamment dans l\u2019\u0153uvre coordonn\u00e9e par Gonzalez 2020, qui rassemble des textes publi\u00e9s entre 1975 et 1990), et Frantz Fanon en philosophie, psychiatrie et psychanalyse, particuli\u00e8rement dans son ouvrage de 1952.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le domaine des \u00e9tudes du langage, Henry (1977) affirme que, dans les ann\u00e9es 1960, la linguistique occupait la place de science pilote des sciences humaines, un statut reconnu \u00e0 l\u2019\u00e9poque non seulement par certains linguistes (comme Georges Mounin), mais aussi par des chercheurs d\u2019autres disciplines, tels que Claude L\u00e9vi-Strauss, Jacques Lacan et Roland Barthes. Ce fait historique nous aide \u00e0 comprendre qu\u2019il existe un va-et-vient productif dans le panorama \u00e9pist\u00e9mologique. Autrement dit, les \u00e9tudes du langage ne sont pas \u00e9trang\u00e8res aux tournants, qu\u2019il s\u2019agisse du tournant discursif (Gracia, 2004), pragmatique (Nigro, 2009), narratif (Moita Lopes, 2021), postmoderne (Green, 2019) ou culturel (Reckwitz, 2002).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant la question qui nous int\u00e9resse, celle d\u2019un possible tournant afro dans l\u2019(les) analyse(s) du discours br\u00e9silienne(s), nous consid\u00e9rons qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une interrogation non seulement possible, mais n\u00e9cessaire. M\u00eame si nous ne pouvons y r\u00e9pondre directement \u2013 du moins pas dans ce temps et cet espace \u2013, nous pouvons assur\u00e9ment la travailler; et si nous d\u00e9fendons ou faisons l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un tournant afro dans ces conditions th\u00e9oriques, nous allons plus loin en tentant de le caract\u00e9riser. \u00c0 notre avis, il s\u2019agit aussi d\u2019un tournant noir, car il provoque une r\u00e9flexion sur la racialisation des discours (Modesto, 2021), qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, m\u00eame parmi les analystes du discours, ne signifieraient pas la race, ne produiraient pas de sens sur les couleurs de peau et leurs implications dans une formation sociale marqu\u00e9e par le racisme. Dans ce tournant, outre la mise en lumi\u00e8re d\u2019intellectuel\u00b7le\u00b7s noir\u00b7e\u00b7s souvent effac\u00e9\u00b7e\u00b7s par la tradition universitaire, il y aurait \u00e9galement la circulation d\u2019id\u00e9es et la construction d\u2019un certain canon d\u00e9construit d\u2019auteurs issus des peuples indig\u00e8nes, comme les \u0153uvres d\u2019Ailton Krenak (Krenak, 2019) et de Davi Kopenawa Yanomami (Kopenawa, Albert, 2015). Plus encore, ce serait un tournant permettant d\u2019\u00e9tablir un dialogue mettant en sc\u00e8ne les relations entre le Br\u00e9sil et l\u2019Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En suivant ce que nous avons \u00e9nonc\u00e9 plus haut, il est essentiel de traiter avec l\u2019attention n\u00e9cessaire ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9pist\u00e9mologique qui, bien qu\u2019il se d\u00e9ploie dans un contexte international o\u00f9 l\u2019agenda de la n\u00e9gritude se diffuse \u2013 de la science \u00e0 la philosophie et \u00e0 la politique, partisane ou non, en passant par la culture pop (au risque d\u2019\u00eatre assimil\u00e9e par le Capital) \u2013, s\u2019impose comme un \u00e9v\u00e9nement dans l\u2019(les) analyse(s) du discours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les sept interventions qui composent ce dossier \u2013 six articles et une interview \u2013 donnent assur\u00e9ment corps \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement. Ce sont des textes qui placent la question de la racialit\u00e9, particuli\u00e8rement la n\u00e9gritude, comme cl\u00e9 de lecture au service de l\u2019analyse du discours, \u00e0 travers diff\u00e9rents efforts de proposition conceptuelle, de d\u00e9placements de positions et de mani\u00e8res de comprendre les conditions de production des discours. Ils sugg\u00e8rent des formes d\u2019interpr\u00e9tation racialis\u00e9e de la colonisation et de la politique au Br\u00e9sil et en Afrique, des modes d\u2019instrumentalisation des savoirs, des mani\u00e8res dont les d\u00e9mocraties se configurent et des formes de r\u00e9sistance possibles dans la vie et dans le champ th\u00e9orique. Plus encore : ce sont des textes qui, face \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9pondre seuls \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude ayant motiv\u00e9 l\u2019organisation de ce dossier, permettent au moins d\u2019esquisser une r\u00e9ponse. L\u2019inqui\u00e9tude est devenue prospective et s\u2019est collectivis\u00e9e comme une provocation pour les auteur\u00b7trices qui nous ont envoy\u00e9 leurs contributions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un d\u00e9fi s\u2019est impos\u00e9 : la publication d\u2019une revue en fran\u00e7ais, sur une plateforme africaine, organis\u00e9e par des Br\u00e9silien\u00b7nes. Quelle langue accepter? Nous devons donc quelques remerciements. Tout d\u2019abord \u00e0 Aim\u00e9e-Danielle Lezou Koffi et \u00e0 Marie-Anne Paveau, directrices de <em>Magana<\/em>, qui, en plus d\u2019avoir accept\u00e9 notre proposition de dossier, ont permis que nous recevions des articles en portugais, en plus du fran\u00e7ais, pour \u00e9valuation avant traduction. Ainsi, certains de ces articles ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s en langue portugaise, dans la forme pratiqu\u00e9e au Br\u00e9sil. D\u2019o\u00f9 le deuxi\u00e8me remerciement : la traduction en fran\u00e7ais n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible que gr\u00e2ce au pr\u00e9cieux soutien de la CAPES PROEX, via le Programme de troisi\u00e8me cycle en \u00c9tudes du Langage de l\u2019UFF, qui a permis <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/note-sur-la-traduction\/\"><span style=\"background-color: #ffffff\">le travail de Nina Rioult.<\/span> <\/a>Nous remercions le Posling-UFF d\u2019avoir rendu possible cette publication, ainsi que pour le renforcement d\u2019une politique d\u2019internationalisation qui ne se limite pas aux partenariats avec les pays du Nord global, mais qui privil\u00e9gie, \u00e0 juste titre, le dialogue Sud-Sud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voici maintenant une pr\u00e9sentation des textes de ce dossier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ouvrant la discussion de ce volume, le travail de Carmolino C\u00e1 et S\u00f3stenes Ericson (tous deux de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale d\u2019Alagoas). Intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le sens de la d\u00e9mocratie dans le discours du PAIGC : un legs de la dictature\u00a0\u00bb, ce texte, s\u2019appuyant sur l\u2019analyse du discours initi\u00e9e par Michel P\u00eacheux en France et d\u00e9velopp\u00e9e par Eni Orlandi au Br\u00e9sil, et en dialogue avec Jacqueline Authier-Revuz, vise \u00e0 analyser les effets de sens de la d\u00e9mocratie dans les processus discursifs du Parti Africain pour l\u2019Ind\u00e9pendance de la Guin\u00e9e et du Cap-Vert (PAIGC) dans le contexte de l\u2019expulsion des 15 parlementaires qualifi\u00e9s de \u00ab tra\u00eetres \u00bb par le Parti. L\u2019analyse des auteurs montre que, en refusant d\u2019accepter la position impos\u00e9e par la direction du Parti, qui obligeait les parlementaires \u00e0 voter en faveur du Gouvernement, puis en demandant l\u2019expulsion des 15 \u00ab tra\u00eetres \u00bb, une m\u00e9moire discursive est activ\u00e9e dans l\u2019interdiscours, constituant une formation partisane des lib\u00e9rateurs, paradoxalement marqu\u00e9e par une tendance autoritaire, ce qu\u2019ils appellent une \u00ab d\u00e9mocratie de l\u2019imposition \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans \u00ab Temps de (re)construction : tensions raciales et projections dans l\u2019engagement \u00e0 reconstruire le Br\u00e9sil et \u00e0 valoriser sa culture \u00bb, Liliane Souza dos Anjos (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de S\u00e3o Paulo) et Felipe Augusto Santana do Nascimento (Institut F\u00e9d\u00e9ral d\u2019Alagoas) analysent la promesse discursive d\u2019union et de reconstruction du gouvernement pr\u00e9sidentiel actuel, exprim\u00e9e \u00e0 travers diff\u00e9rentes mat\u00e9rialit\u00e9s signifiantes en composition. Cette composition inclut une photographie du jour de l\u2019investiture de Lula, actuel pr\u00e9sident du Br\u00e9sil pour son troisi\u00e8me mandat, son discours et le slogan adopt\u00e9 par son Gouvernement. Pour ce faire, les auteur\u00b7e\u00b7s mobilisent le concept de \u00ab discours racialis\u00e9s \u00bb, d\u00e9montrant comment le fonctionnement promissif en question impose, sur diff\u00e9rents objets symboliques, une double n\u00e9cessit\u00e9 : celle de traverser les effets imaginaires suscit\u00e9s par l\u2019alliance ainsi forg\u00e9e, et celle de revisiter les sens de la d\u00e9mocratie culturelle afin de repenser l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019id\u00e9ologie juridique et de d\u00e9construire le consensus autour de la culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Kodjovi Agbonagban (Universit\u00e9 de Lom\u00e9), quant \u00e0 lui, examine la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9nonciation de l\u2019esclavage dans les textes de l\u2019\u00e9crivain togolais Kangni Alem. Dans son article intitul\u00e9 \u00ab La probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9nonciation dans le n\u00e9o-r\u00e9cit d\u2019esclaves chez Kangni Alem \u00bb, l\u2019auteur \u00e9tudie comment Kangni Alem, en tant qu\u2019\u00e9crivain postcolonial, explore la m\u00e9moire historique de l\u2019esclavage en tentant d\u2019inscrire dans l\u2019acte \u00e9nonciatif une esth\u00e9tique de renouvellement et de transgression. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 la relation historique entre les deux principaux espaces d\u2019\u00e9nonciation \u2013 l\u2019Afrique et le Br\u00e9sil \u2013, montrant comment ces espaces fa\u00e7onnent le discours renouvel\u00e9 autour de l\u2019esclavage transatlantique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans \u00ab\u00a0Pratiques de r\u00e9existences noires au Br\u00e9sil : une analyse discursive critique afro-diasporique\u00a0\u00bb, Marcos Antonio Lima do Bonfim (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale du Pernambouc) s\u2019appuie sur des auteurs des \u00e9tudes critiques du discours, de la grammaire du design visuel et de la pens\u00e9e d\u00e9coloniale afro-diasporique pour analyser discursivement les pratiques de r\u00e9existences noires mobilis\u00e9es par une travestie noire au Br\u00e9sil en tant que \u00ab <em>bicha preta<\/em> \u00bb (\u00ab\u00a0p\u00e9d\u00e9 noire\u00a0\u00bb), proposant ainsi une perspective d\u2019analyse discursive critique sous une orientation d\u00e9coloniale afro-diasporique. \u00c0 travers l\u2019analyse de la (re)production du racisme LGBTQIA+phobe et des resignifications discursivo-s\u00e9miotiques pr\u00e9sentes dans les exp\u00e9riences et r\u00e9existences du corps \u00ab <em>bicha preta<\/em> \u00bb lors d\u2019un championnat de po\u00e9sie parl\u00e9e (SLAM), l\u2019auteur soutient que la colonialit\u00e9 de l\u2019\u00eatre se constitue et est constitu\u00e9e par une perspective de genre ancr\u00e9e dans l\u2019h\u00e9t\u00e9ronormativit\u00e9 cisgenre blanche, qui exclut, discrimine, humilie et violente les travesties noires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Vanise Medeiros (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense) propose une relation th\u00e9orique entre les concepts de \u00ab verb\u00e9tisation \u00bb, qu\u2019elle a formul\u00e9 dans des travaux ant\u00e9rieurs, et de \u00ab savoirs subjugu\u00e9s \u00bb de la sociologue Patricia Hill Collins, pour analyser les d\u00e9signations dans le <em>Dictionnaire des favelas Marielle Franco<\/em>, dans le but de contribuer \u00e0 l\u2019avancement des r\u00e9flexions sur la d\u00e9colonisation linguistique. Dans son texte, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Verb\u00e9tisation et d\u00e9signations dans le <em>Dictionnaire des favelas Marielle Franco<\/em>\u00a0\u00bb, l\u2019autrice d\u00e9veloppe une r\u00e9flexion sur la notion de verb\u00e9tisation, un processus qui transforme des signifiants d\u00e9coup\u00e9s comme items lexicaux en entr\u00e9es d\u2019instruments linguistiques dans une formation sociale, consid\u00e9rant que ce processus est une pratique socio-historico-id\u00e9ologique. Toute l\u2019analyse repose sur l\u2019id\u00e9e que la pratique de la verb\u00e9tisation, dans les conditions de production qu\u2019elle examine, constitue une pratique genr\u00e9e et racialis\u00e9e, qui invite \u00e0 une \u00e9coute sociale, dans la lign\u00e9e de Michel P\u00eacheux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier article est sign\u00e9 par nous, organisateurs de ce dossier : Phellipe Marcel da Silva Esteves (Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense) et Rog\u00e9rio Modesto (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Santa Cruz). Dans l\u2019article \u00ab\u00a0Les mani\u00e8res de signifier l\u2019intellectualit\u00e9 noire dans le discours encyclop\u00e9dique : \u00e9tudes sur l\u2019<em>Encyclop\u00e9die noire<\/em>\u00a0\u00bb, nous analysons comment l\u2019\u0153uvre <em>Enciclop\u00e9dia negra : biografias afro-brasileiras<\/em>, de Fl\u00e1vio dos Santos Gomes, Jaime Lauriano et Lilia Moritz Schwarcz, publi\u00e9e par la maison d\u2019\u00e9dition br\u00e9silienne Companhia das Letras en 2021, resignifie l\u2019intellectualit\u00e9 noire au Br\u00e9sil en proposant de r\u00e9cup\u00e9rer et valoriser plus de 550 personnalit\u00e9s noires, luttant ainsi contre l\u2019\u00e9pist\u00e9micide. Deux mouvements analytiques interconnect\u00e9s sont op\u00e9r\u00e9s. Le premier confronte cette encyclop\u00e9die avec le <em>Diccionario biobibliographico brazileiro<\/em> (1883-1902). Le second compare deux biographies d\u2019intellectuels noirs du champ des Lettres, concluant que, malgr\u00e9 les avanc\u00e9es de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die noire<\/em>, celle-ci perp\u00e9tue des discours st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, sans mettre en lumi\u00e8re les barri\u00e8res structurelles du racisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour clore le dossier, nous proposons un entretien avec le professeur et chercheur br\u00e9silien Pedro de Souza. En tant qu\u2019homme noir, gay et pratiquant l\u2019analyse du discours depuis ses premiers moments d\u2019institutionnalisation au Br\u00e9sil \u2013 avec l\u2019introduction de l\u2019\u0153uvre de Michel P\u00eacheux \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 \u2013, Pedro de Souza nous offre une perspective de vie et de travail th\u00e9orique de quelqu\u2019un qui a pu voir et vivre les emp\u00eachements silencieux des discussions sur le genre et la race dans la th\u00e9orie, jusqu\u2019au tournant afro que nous d\u00e9fendons ici. C\u2019est un chercheur majeur dans le paysage acad\u00e9mique, qui, avec brio, navigue entre les th\u00e8mes du discours, de l\u2019\u00e9nonciation, de la subjectivit\u00e9, de l\u2019\u00e9criture et de la voix. Docteur en Linguistique depuis 1993 (Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Campinas), il est aujourd\u2019hui professeur titulaire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Santa Catarina.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 notre avis, cet ensemble de textes nous permet de t\u00e9moigner d\u2019un tournant afro dans les analyses du discours d\u00e9velopp\u00e9es au Br\u00e9sil, visant \u00e9galement un dialogue avec les chercheur\u00b7e\u00b7s africain\u00b7e\u00b7s souhaitant partager leurs int\u00e9r\u00eats et pr\u00e9occupations avec ceux et celles qui agissent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique. Nous esp\u00e9rons que ce tournant produira de bons effets pour ce champ d\u2019\u00e9tudes et vous invitons \u00e0 la lecture, certains que ces effets viendront.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Akotirene, Carla. 2018. <em>O que \u00e9 interseccionalidade? <\/em>Belo Horizonte: Letramento.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berth, Joice. 2023. <em>Se a cidade fosse nossa<\/em>. Rio de Janeiro: Paz &amp; Terra.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fanon, Frantz. 1952. <em>Peau noire, masques blancs<\/em>. Paris: Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Faustino, Deivison. 2018. <em>Frantz Fanon: <\/em>um revolucion\u00e1rio, particularmente negro. S\u00e3o Paulo: Ciclo Cont\u00ednuo.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Faustino, Deivison. 2020. <em>A disputa em torno de Frantz Fanon: <\/em>a teoria e a pol\u00edtica dos fanonismos contempor\u00e2neos. S\u00e3o Paulo: Intermeios.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Flauzina, Ana Luiza Pinheiro. 2008. <em>Corpo negro ca\u00eddo no ch\u00e3o<\/em>. Rio de Janeiro: Contraponto.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Flauzina, Ana Luiza Pinheiro. 2023. <em>Repert\u00f3rios da resist\u00eancia: <\/em>arte, justi\u00e7a e os horizontes da luta negra no Brasil. Salvador: Edufba.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gracia, Tom\u00e1s Ib\u00e1\u00f1ez. 2004. O giro lingu\u00edstico. In Lupicinio I\u00f1iguez (Org.), <em>Manual de An\u00e1lise do Discurso em Ci\u00eancias Sociais<\/em>. Petr\u00f3polis: Vozes.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Green, Jill. 2019. Coreografando uma virada p\u00f3s-moderna: o processo criativo e a som\u00e1tica. <em>Revista Vazantes<\/em>, 2(2), 18\u201328.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gonzalez, L\u00e9lia. 2020. <em>Por um feminismo afro-latino-americano: <\/em>ensaios, interven\u00e7\u00f5es e di\u00e1logos. Rio de Janeiro: Zahar.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Henry, Paul. 1977. <em>Le mauvais outil : <\/em>langue, sujet et discours. Paris\u00a0: \u00c9ditions Klincksieck,<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kopenawa, Davi, &amp; Albert, Bruce. 2015. <em>A queda do c\u00e9u: <\/em>palavra de um xam\u00e3 yanomami. S\u00e3o Paulo: Companhia das Letras.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Krenak, Ailton. 2019. <em>Ideias para adiar o fim do mundo<\/em>. S\u00e3o Paulo: Companhia das Letras.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Modesto, Rog\u00e9rio. 2021. Os discursos racializados. <em>Revista da ABRALIN<\/em>, 20(2), 1\u201319.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moita Lopes, Luiz Paulo. 2021. Os espa\u00e7otempos da narrativa como construto te\u00f3rico-metodol\u00f3gico na investiga\u00e7\u00e3o em lingu\u00edstica aplicada. <em>Caderno de Letras<\/em>, (40), maio-agosto.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nigro, Rachel. 2009. A virada lingu\u00edstico-pragm\u00e1tica e o p\u00f3s-positivismo. <em>Direito, Estado e Sociedade<\/em>, (34), jan.\/jun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pires, Thula Rafaela de Oliveira. 2016. <em>Criminaliza\u00e7\u00e3o do racismo: <\/em>entre pol\u00edtica de reconhecimento e meio de legitima\u00e7\u00e3o do controle social sobre os negros. Bras\u00edlia: Brado Negro.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Reckwitz, Andreas. 2002. Toward a Theory of Social Practices: A Development in Culturalist Theorizing. <em>European Journal of Social Theory<\/em>, v. 5, n. 2, p. 243-263.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Souza, Neusa Santos. 1983. <em>Tornar-se negro ou As vicissitudes da identidade do negro brasileiro em ascens\u00e3o social<\/em>. Rio de Janeiro: Edi\u00e7\u00f5es Graal.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/phellipe-marcel-da-silva-esteves\">Phellipe MARCEL DA SILVA ESTEVES<\/a><\/strong><br \/>Professeur de linguistique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale Fluminense. Journaliste (UFRJ), ma\u00eetrise en lettres (langue portugaise \u2014 UERJ) et doctorat en \u00e9tudes linguistiques (UFF, avec un \u00e9tage doctoral \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Sorbonne Paris Nord). Dipl\u00f4m\u00e9 du programme de r\u00e9sidence de recherche de la Biblioth\u00e8que nationale. Vice-coordinateur du programme de troisi\u00e8me cycle en \u00e9tudes linguistiques \u00e0 l\u2019UFF. Boursier du programme Jeune Scientifique de notre \u00c9tat de la FAPERJ, qui finance \u00e9galement cette production. Ses domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat sont l\u2019histoire des id\u00e9es linguistiques, l\u2019analyse du discours et l\u2019histoire du livre. <\/p>\n<p>Courriel : phellipemarcel@id.uff.br<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/rogerio-modesto\">Rog\u00e9rio MODESTO<\/a><\/strong><br \/>Professeur de langue portugaise et de linguistique au d\u00e9partement des lettres et des arts de l\u2019Universit\u00e9 \u00c9tatique de Santa Cruz \u2014 UESC, o\u00f9 il travaille sur le dipl\u00f4me de premier cycle et le programme de troisi\u00e8me cycle en lettres : langues et repr\u00e9sentations. Il est titulair d\u2019une licence et d\u2019une licence en langues vernaculaires de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Bahia \u2014 UFBA (2010) ; d\u2019une ma\u00eetrise (2014) et d\u2019un doctorat (2018) en linguistique de l\u2019Universit\u00e9 \u00c9tatique de Campinas \u2014 UNICAMP. Il effectue actuellement un stage postdoctoral en \u00e9tudes linguistiques \u00e0 l\u2019Universidade Federal Fluminense \u2014 UFF. Il dirige le projet DTeR \u2014 Discours et tensions raciales (DLA\/UESC). Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019analyse du discours, \u00e0 l\u2019histoire des id\u00e9es linguistiques, \u00e0 la langue et \u00e0 la racialit\u00e9.<\/p>\n<p>Courriel : rlmsantos@uesc.br<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-1669-1\">Bien qu\u2019il signe ses livres sous le nom de Deivison Faustino, ce sociologue br\u00e9silien, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de S\u00e3o Paulo et sp\u00e9cialiste de Frantz Fanon, est \u00e9galement connu sous le nom de Deivison Nkosi, nom sous lequel il animait des cours libres avant de devenir professeur universitaire. <a href=\"#return-footnote-1669-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":51,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["phellipe-marcel-da-silva-esteves","rogerio-modesto"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[414,415],"license":[],"class_list":["post-1669","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","contributor-phellipe-marcel-da-silva-esteves","contributor-rogerio-modesto"],"part":645,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1669\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2097,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1669\/revisions\/2097"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/645"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/1669\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=1669"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=1669"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=1669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}