{"id":2508,"date":"2026-05-29T16:58:31","date_gmt":"2026-05-29T14:58:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=2508"},"modified":"2026-08-14T20:37:17","modified_gmt":"2026-08-14T18:37:17","slug":"coulibaly-2026-3-1","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/coulibaly-2026-3-1\/","title":{"rendered":"Discours et migration du Nord au Sud"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le g\u00e9ographe Cris Beauchemin (2016) invite \u00e0 appr\u00e9hender les ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires au-del\u00e0 de la seule immigration. Il souligne que ces flux, loin d\u2019\u00eatre unidirectionnels ou irr\u00e9versibles, s\u2019internationalisent et se complexifient. Si l'immigration se limite, au sens strict, \u00e0 l'arriv\u00e9e de personnes venues d'ailleurs, le concept de \u00ab\u00a0migration\u00a0\u00bb englobe une r\u00e9alit\u00e9 plus vaste incluant d\u00e9parts, arriv\u00e9es, \u00e9migrations et retours. Cette complexit\u00e9 est d'autant plus marqu\u00e9e dans le contexte africain que les donn\u00e9es sont majoritairement produites par les pays d'accueil europ\u00e9ens, orientant ainsi la focale sur l'immigration au d\u00e9triment de l'\u00e9migration. Cette asym\u00e9trie documentaire tend \u00e0 occulter les nouvelles destinations et, surtout, les dynamiques de retour. C\u2019est sur cette probl\u00e9matique du retour que nous allons nous appuyer dans cette \u00e9tude.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous assistons de plus en plus \u00e0 une vague de retour de migrant\u00b7es africain\u00b7es vers l\u2019Afrique et, comme pour l\u2019immigration clandestine, les m\u00e9dias, notamment les r\u00e9seaux sociaux en parlent abondamment. On entend partout la fin des expats au profit des repats. \u00c9taient-ils tous des expats ou simplement des \u00e9migr\u00e9s? Quelle diff\u00e9rence est \u00e9tablie dans le discours entre ces d\u00e9signations? Si diff\u00e9rence il y a, comment se construisent-elles dans le discours sur la migration?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers l\u2019examen de divers articles de presse, cette \u00e9tude se propose d\u2019analyser les angles sous lesquels sont trait\u00e9es les th\u00e9matiques de la migration et du retour. L'\u00e9tude expose d'abord les outils m\u00e9thodologiques et le corpus, avant d'analyser les titres ainsi que les concepts de repats et d'expats.<\/p>\r\n\r\n<h2>Instruments d\u2019analyse<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un premier temps, notre \u00e9tude va prendre en compte les titres des articles avant de s\u2019appuyer sur leurs contenus. Nanourougo Coulibaly dans <em>Titrologie<\/em> (2021), classe le titre dans les genres qualifi\u00e9s d'informatifs. Le titre de presse est donc un propos figurant sur la premi\u00e8re page d'un journal (tribune, ventre, pied du journal ou encore au niveau du bandeau) et qui est cens\u00e9e porter les informations capitales, v\u00e9hiculer l\u2018image du journal, tout en suscitant l'envie de l'acheter chez le lectorat.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Puis, nous allons nous int\u00e9resser \u00e0 une analyse contrastive du discours. Sophie Moirand (1992) propose une linguistique du discours comparative qui vise \u00e0 mettre en relief les diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations ayant cours dans telle ou telle culture. Patricia von M\u00fcnchow (2021) propose une r\u00e9flexion th\u00e9orique et une application m\u00e9thodologique de l\u2019analyse du discours contrastive (ADC)[footnote]ADC d\u00e9signe l\u2019Analyse du Discours Contrastive[\/footnote]. L\u2019ADC s\u2019appuie sur les travaux de l\u2019analyse du discours \u00e0 la fran\u00e7aise, enrichie par des perspectives interculturelles. Elle vise \u00e0 identifier les cultures discursives et interroge les repr\u00e9sentations mentales, sociales et discursives v\u00e9hicul\u00e9es par les textes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Notre corpus est compos\u00e9 de deux articles de m\u00e9dias diff\u00e9rents. Cette dualit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 choisie pour l\u2019\u00e9tude dans une logique comparative. Les diff\u00e9rents m\u00e9dias appartiennent tous deux \u00e0 des espaces diff\u00e9rents, ce qui est cens\u00e9 nous aider dans l\u2019analyse.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: center\">Le premier article est issu du journal <em>le Point<span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[footnote]Source : <\/span><a style=\"text-align: initial;font-size: 1em\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php\">https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php<\/a><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[\/footnote]<\/span>.<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\"><img class=\"alignnone wp-image-3014\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235.jpg\" alt=\"\" width=\"522\" height=\"263\" \/><\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La cr\u00e9ation du magazine <em>Le Point<\/em> s'inscrit dans une volont\u00e9 de renouvellement du paysage m\u00e9diatique fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1970. En 1972, une \u00e9quipe de journalistes quitte la r\u00e9daction de L\u2019Express, reprochant \u00e0 son directeur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, d'avoir transform\u00e9 l\u2019hebdomadaire en un outil de communication personnelle. L\u2019essor de Le Point se fait gr\u00e2ce \u00e0 des figures cl\u00e9s comme Claude Imbert et Olivier Chevrillon. Leur ambition est d'en faire un \"news magazine \u00e0 la fran\u00e7aise\" qui privil\u00e9gie la primaut\u00e9 des faits. L\u2019exigence li\u00e9e \u00e0 la naissance de ce projet repose sur une dualit\u00e9. L'objectif est de proposer un nouvel \u00e9ditorial mais tout en demeurant attach\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de la presse. Ainsi, le principal r\u00f4le du journaliste est \u00e0 la fois de rester objectif en informant le lectorat mais aussi de conserver une ind\u00e9pendance r\u00e9dactionnelle.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: center\">Le second article est du m\u00e9dia <em>Jeune Afrique<span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[footnote]Source : <\/span><a style=\"text-align: initial;font-size: 1em\" href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/<\/a><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\">[\/footnote].<\/span><\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\"><img class=\"alignnone wp-image-3015\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401.jpg\" alt=\"\" width=\"511\" height=\"265\" \/><\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le m\u00e9dia <em>Jeune Afrique<\/em> est accessible via le lien ci-dessus et a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 6 mars 2022, modifi\u00e9 le 10 mars 2022 \u00e0 10h10 et \u00e9crit par Mari\u00e8me Soumar\u00e9. <em>Jeune Afrique<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme le magazine mensuel de r\u00e9f\u00e9rence du continent Africain. Fond\u00e9 en 1960 \u00e0 Tunis, il offre chaque jour, sur son site internet, des informations politiques et \u00e9conomiques qui permettent \u00e0 ses lecteurs et lectrices de mieux comprendre l\u2019actualit\u00e9 africaine. M\u00eame si la r\u00e9daction est bas\u00e9e \u00e0 Paris, le journal compte plusieurs correspondants permanents \u00e9tablis sur l\u2019ensemble du continent, ainsi que plusieurs collaborateurs et collaboratrices. En plus des enqu\u00eates, dossiers, analyses et reportages, <em>Jeune Afrique<\/em> offre \u00e0 ses lecteurs et lectrices des informations exclusives. Hebdomadaire jusqu\u2019en mai 2020, sa version papier est devenue mensuelle. Il compte d\u00e9sormais plus de 35 000 abonn\u00e9\u00b7es, trois millions de visiteur\u00b7euses uniques tous les mois et plus de 12 millions de followers sur les r\u00e9seaux sociaux. Le m\u00e9dia dit s'engager \u00e0 \u00eatre la meilleure source d\u2019informations politique et \u00e9conomique, ainsi que l\u2019espace de d\u00e9bat privil\u00e9gi\u00e9 de ceux qui souhaitent construire une Afrique forte, souveraine et innovante. La s\u00e9lection de ces deux articles repose initialement sur l'impact de leurs titres qui, avant m\u00eame l'examen du contenu, captent l'attention du lectorat.<\/p>\r\n\r\n<h2>Argumentativit\u00e9 et titres de presse<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le titre s'inscrit dans les genres informatifs propres \u00e0 la presse \u00e9crite. Sa double fonction est essentielle : condenser l'information principale de l'article tout en captant l'attention du lectorat. Pour remplir son r\u00f4le d'accroche, il se doit d'\u00eatre clair, concis et percutant, orientant imm\u00e9diatement la compr\u00e9hension du sujet. Pour Nanourougo, le titre est un \u00e9nonc\u00e9, dans le sens o\u00f9 il constitue \u00ab une unit\u00e9 de communication relevant d\u2019un genre \u00bb<em> (<\/em>Coulibaly, 2021, p. 29<em>)<\/em>. Il peut donc \u00eatre analys\u00e9 dans le cadre de l\u2019\u00e9nonciation journalistique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, le premier titre qui est formul\u00e9 comme suit : <em>\u00ab <\/em><strong>La fin des expats, l'essor des repats<\/strong><strong>?<\/strong> \u00bb, contient, en son sein, une modalit\u00e9 interrogative qui se rencontre dans une situation d\u2019\u00e9change ou d\u2019interlocution et se mat\u00e9rialise par la pr\u00e9sence du point d\u2019interrogation (?). L'interrogation pr\u00e9suppose l'existence d'un interlocuteur appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre. On peut conclure qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0, soit d\u2019une question rh\u00e9torique, qui n'attend pas de r\u00e9ponse et qui permet au journaliste d\u2019exprimer une \u00e9motion, ou un point de vue, soit de l\u2019expression du doute ou d\u2019une h\u00e9sitation du journaliste. En filigrane, ce proc\u00e9d\u00e9 permet d'introduire une part de subjectivit\u00e9 ou de doute, invitant le lectorat \u00e0 s'interroger sur la complexit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s migratoires d\u00e9crites. Dans ce sens, \u00ab ce proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019interrogation oratoire, employ\u00e9 tant \u00e0 l\u2019oral qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9crit, permet de produire diff\u00e9rents effets, selon le contexte. On l\u2019utilise notamment pour piquer la curiosit\u00e9, pour orienter la pens\u00e9e, pour sugg\u00e9rer une \u00e9vidence \u00bb[footnote]Site de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue francaise, <a href=\"https:\/\/vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca\/24101\/la-redaction-et-la-communication\/figures-de-style\/figures-jouant-sur-la-construction-de-la-phrase\/linterrogation-oratoire#:~:text=Le%20proc%C3%A9d%C3%A9%20de%20l'interrogation,rendre%20le%20discours%20vivant%2C%20etc.\">https:\/\/vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca\/24101\/la-redaction-et-la-communication\/figures-de-style\/figures-jouant-sur-la-construction-de-la-phrase\/linterrogation-oratoire#:~:text=Le%20proc%C3%A9d%C3%A9%20de%20l'interrogation,rendre%20le%20discours%20vivant%2C%20etc.<\/a> [\/footnote]. Il est donc possible de voir dans cet usage, la recherche de la construction, pour le journaliste, d\u2019un titre incitateur. De plus, il y a comme un jeu de mots dans l\u2019usage et la r\u00e9sonnance de \u00ab <em>expats<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>repats<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le second article, titr\u00e9 quant \u00e0 lui, \u00ab <strong>Paroles de \"repats\" : ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine qui ont fait le choix du retour <\/strong>\u00bb, avec sa modalit\u00e9 d\u00e9clarative, affirme et montre ainsi qu\u2019il d\u00e9tient une v\u00e9rit\u00e9 et justifie sa cr\u00e9dibilit\u00e9. Cette assertion semble r\u00e9v\u00e9ler d\u2019une conviction du journaliste locuteur. L\u2019usage de la ponctuation, les deux points, \u00e0 valeur d\u2019explication, permet au journaliste de pr\u00e9ciser la premi\u00e8re partie du titre. \u00ab Les deux points, ayant un r\u00f4le d\u00e9marcatif, distinguent nettement le th\u00e8me et son d\u00e9veloppement rh\u00e9matique, selon la structure informationnelle suivante \u00bb (Do-Hurinville, 2012, p. 24). Cette valeur de pr\u00e9cision peut permettre de mettre en valeur une partie pr\u00e9cise du titre. Dans notre exemple, il ne s\u2019agit pas de contraste mais de compl\u00e9mentarit\u00e9 car les diff\u00e9rentes parties du titre se compl\u00e8tent et s\u2019expliquent. Aussi, dans son libell\u00e9, ce titre exprime clairement que le retour est un choix. Aussi, on peut noter la ressemblance entre repatri\u00e9\u00b7e et rapatri\u00e9\u00b7e. Le premier est utilis\u00e9 dans cet article et semble \u00eatre oppos\u00e9 au second. Le mot \u00ab rapatri\u00e9 \u00bb est d\u00e9fini comme : \u00ab ramener, faire revenir une personne ou un ensemble de personnes dans leur patrie, leur pays d\u2019origine \u00bb (Cf. site dictionnaire acad\u00e9mie). Cette d\u00e9finition montre bien que le rapatri\u00e9 ou la rapatri\u00e9e n\u2019exprime pas forc\u00e9ment le choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de rentrer dans sa patrie. Le verbe <em>ramener<\/em> suppose que c\u2019est une autre personne ou entit\u00e9 qui aide au retour. Cela induit donc que l\u2019individu n\u2019est pas en capacit\u00e9 de retourner par ses propres moyens. Si le Haut-Commissariat aux R\u00e9fugi\u00e9s (HCR) promeut \u00ab\u00a0le rapatriement volontaire des r\u00e9fugi\u00e9s quand certaines conditions pr\u00e9alables sont r\u00e9alis\u00e9es \u00bb (Do-Hurinville, 2012, p. 25), cela suppose donc que les rapatriements forc\u00e9s sont toujours actuels.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La titraille, en plus de prendre en compte l\u2019\u00e9nonc\u00e9, implique aussi la rubrique, et les sous-titres qui apparaissent autour du titre. Ainsi, le premier article qui est du journal <em>Le Point<\/em> est inscrit dans la rubrique \u00e9conomie. Cela va justifier donc l\u2019ancrage que va prendre l\u2019article. Le second de <em>Jeune Afrique<\/em>, est tir\u00e9 d\u2019un dossier intitul\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Diversit\u00e9, une hypocrisie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De plus, ces deux titres positionnent deux lex\u00e8mes qui n\u00e9cessitent d\u00e9finitions mais aussi contexte pour mieux appr\u00e9hender la suite. Il s\u2019agit des mots \u00ab\u00a0expats\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0repats\u00a0\u00bb<em>. <\/em>La notion de <em>repat<\/em> dans le titre de <em>Jeune Afrique<\/em> est li\u00e9e au mot retour, ce qui semble induire ou faciliter la d\u00e9finition. <em>En revanche,<\/em> <em>Expat<\/em> est le diminutif du mot expatriation. Ces deux termes sont oppos\u00e9s dans le titre du journal <em>Le Point,<\/em> parce qu\u2019ils expriment justement deux r\u00e9alit\u00e9s contraires. Quant au titre de <em>Jeune Afrique<\/em>, lui, il fait un parall\u00e8le entre <em>repatri\u00e9\u00b7e <\/em>et<em> rapatri\u00e9\u00b7e<\/em>. Si l\u2019expatri\u00e9\u00b7e est une personne qui quitte son pays pour vivre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Cf. le site), il peut \u00eatre souvent pris dans le sens d\u2019exil\u00e9 ou \u00e9migr\u00e9 (Expatrier quelqu\u2019un. L\u2019obliger \u00e0 quitter sa patrie, l'exiler) (Cf. le site). La notion de <em>repat<\/em>, quant \u00e0 elle, est issue de <em>repatri\u00e9\u00b7e,<\/em> du verbe<em> \u00ab<\/em>\u00a0rapatrier\u00bb, venant du latin <em>repatriare <\/em>qui signifie \u00ab\u00a0rentrer dans sa patrie \u00bb (Cf. site dictionnaire acad\u00e9mie). L\u2019usage donc de <em>repatri\u00e9\u00b7e<\/em> semble revenir \u00e0 celle du moyen fran\u00e7ais; <em>repat<\/em> est dit, plus courant et facile, par rapport \u00e0 <em>rapatri\u00e9\u00b7e<\/em>. Si la diff\u00e9rence semble \u00eatre une question d\u2019orthographe, dans les articles on per\u00e7oit une id\u00e9e de choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 pour saisir des opportunit\u00e9s. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que le terme est oppos\u00e9 directement \u00e0 expatri\u00e9\u00b7e mais semble \u00eatre en marge de celui de rapatri\u00e9\u00b7e. Dans l\u2019implicite, on peut consid\u00e9rer la notion de rapatriement comme ayant une charge quelque peu n\u00e9gative (des rapatri\u00e9\u00b7es qui viennent chez eux par d\u00e9faut ou \u00e0 l\u2019aide d\u2019organisations humanitaires ou presque forc\u00e9s au retour), pourtant celle plus courante de <em>repat<\/em>, cible une autre cat\u00e9gorie de personnes qui reviennent par leur propre moyen et qui ont d\u00e9cid\u00e9 du choix du retour. Partant de ce fait, quelle diff\u00e9rence peut\u2013on \u00e9tablir entre ces deux titres?<\/p>\r\n\r\n<h2>Analyse contrastive de la notion \u00ab\u00a0repats\u00a0\u00bb dans le discours<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse du discours contrastif (ADC) de Patricia von M\u00fcnchow, nous propose une m\u00e9thode pour comparer les cultures discursives \u00e0 travers les productions verbales. Dans les deux articles issus de diff\u00e9rents m\u00e9dias mais aussi de diff\u00e9rents domaines et sph\u00e8res g\u00e9ographiques, la question des <em>repats<\/em> est vue sous diff\u00e9rents angles.<\/p>\r\n\r\n<h3>Les raisons des retours ou motivations \u00e9conomiques des repatri\u00e9\u00b7es<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019article du journal <em>Le Point<\/em>, se pla\u00e7ant dans le domaine de l\u2019\u00e9conomie, justifie la direction ou la posture de son contenu. Dans l\u2019introduction du propos, le locuteur \u00e9tablit le d\u00e9cor, en parlant des investisseurs europ\u00e9ens en Afrique et des difficult\u00e9s auxquelles ceux-ci essaient de faire face. Ce contraste des difficult\u00e9s, dans l\u2019amorce de l\u2018article, est fait avec des exemples et des solutions qui semblent porter ses fruits. Selon le journal <em>Le Point<\/em>\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Le premier <strong>facteur de r\u00e9ussite<\/strong> pour les entreprises fran\u00e7aises est l'<strong>int\u00e9gration <\/strong>d'un partenaire \"<strong>enlocalis\u00e9<\/strong>\"\u00a0fiable\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le choix du lexique, comme le montre cet exemple, va dans ce sens\u00a0: \u00ab\u00a0facteur de r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0int\u00e9gration\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0enlocalis\u00e9\u00a0\u00bb. Ce dernier mot semble \u00eatre un n\u00e9ologisme qui n\u2019est pas expliqu\u00e9 par le locuteur journaliste mais qui trouve sa d\u00e9finition dans la phrase. Le verbe \u00ab\u00a0localiser\u00a0\u00bb dont il est issu, d\u00e9signe l\u2019endroit o\u00f9 se situe quelque chose. Ainsi, le mot peut \u00eatre mis en parall\u00e8le avec un autre dans la suite du d\u00e9veloppement du journaliste, c\u2019est celui de \u00ab\u00a0local content\u00a0\u00bb, comme il apparait dans le journal <em>Le Point<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0On constate que le ph\u00e9nom\u00e8ne du recours aux expatri\u00e9s europ\u00e9ens pour travailler en Afrique est en train de laisser le pas \u00e0 d'autres types de recrutement : le \u00ab <strong>local content<\/strong> \u00bb devient la norme\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept de <em>local content<\/em>\u00a0ou <em>contenu local<\/em> en fran\u00e7ais, est une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 maximiser les retomb\u00e9es \u00e9conomiques et sociales d'un projet au profit du pays h\u00f4te. De mani\u00e8re concr\u00e8te, une des choses qu\u2019inclut le <em>local content<\/em> c\u2019est l\u2019emploi local. Et c\u2019est ce dont il est question et c\u2019est le principe ou la logique des <em>repats<\/em>. Le lexique de l\u2019ensemble de l\u2019article tourne donc autour des avantages d\u2019avoir des <em>repats<\/em>. Vu que l\u2019article s\u2019inscrit dans le contexte \u00e9conomique, le journaliste \u00e9value les avantages de ce type de recrutement en comparaison <em>avec<\/em> celui d\u2019expatri\u00e9\u00b7es. On a pour preuve les comparaisons effectu\u00e9es, suivantes : \u00ab\u00a0Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s'explique par la combinaison de deux tendances : <strong>d'une part<\/strong>, le niveau des cadres africains s'est <strong>consid\u00e9rablement <\/strong>am\u00e9lior\u00e9 (70 % des \u00e9tudiants africains en MBA veulent se relocaliser en Afrique), <strong>d'autre part<\/strong> ils sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>moins chers que<\/strong> les expatri\u00e9s (leur package de mobilit\u00e9 est souvent moins \u00e9toff\u00e9) \u00bb (<em>Le Point<\/em>).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019usage des locutions adverbiales peut introduire deux aspects d'une m\u00eame id\u00e9e ou deux arguments distincts, souvent dans le cadre d'une comparaison ou d'une opposition. Ici, le journaliste compare et oppose en m\u00eame temps <em>expat<\/em> et <em>repat<\/em>. Il utilise \u00e9galement, \u00ab\u00a0moins cher que\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0consid\u00e9rablement\u00a0\u00bb. Cela permet de donner le degr\u00e9 ou le niveau d\u2019une chose, toujours dans une logique comparative. Ces diff\u00e9rents termes indiquent le bien fond\u00e9 du choix des <em>repats <\/em>dans les entreprises. Les raisons \u00e9num\u00e9r\u00e9es sont diverses\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ils m\u00ealent <strong>l\u00e9gitimit\u00e9<\/strong>, \u00ab <strong>int\u00e9r\u00eat personnel \u00e0 l'avancement du continent<\/strong> \u00bb, mais \u00e9galement <strong>intelligence \u00e9motionnelle<\/strong>, <strong>capacit\u00e9 \u00e0 rep\u00e9rer<\/strong> les tendances de fond et les signaux faibles. <strong>S\u00e9niorit\u00e9 entre pairs<\/strong>, joutes verbales, <strong>plaisanteries<\/strong>, <strong>salutations et syst\u00e8mes d'all\u00e9geances implicites<\/strong>, <strong>posture<\/strong>, non-dits, etc. sont autant de <strong>codes soci\u00e9taux<\/strong> qui ont toute leur place dans une relation <strong>commerciale r\u00e9ussie<\/strong>. <strong>Respecter ces codes<\/strong>, c'est mettre en place un <strong>climat de confiance<\/strong> avec ses partenaires locaux et construire une <strong>relation de long terme <\/strong>(Huet <em>et al.<\/em>, 2019, en ligne<em>)<\/em>.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le fait donc que le <em>repat<\/em> soit dans un environnement qu\u2019il conna\u00eet ou un espace avec lequel il a des liens ou des int\u00e9r\u00eats. Et l\u2019article l\u2019illustre bien en faisant la corr\u00e9lation suivante : \u00ab int\u00e9r\u00eat personnel \u00e0 l'avancement du continent \u00bb, le respect des codes soci\u00e9taux = climat de confiance=relation commerciale r\u00e9ussie \u00e0 long termes\u2026 En somme, le journal <em>Le Point<\/em> s\u2019int\u00e9resse aux bienfaits \u00e9conomiques de l\u2019emploi des <em>repats,<\/em> \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des expats que ce soit pour le continent que pour les entreprises qui s\u2019implantent en Afrique.<\/p>\r\n\r\n<h3>Raisons de retour : st\u00e9r\u00e9otypes et mal-\u00eatre<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui est de l\u2019article de <em>Jeune Afrique<\/em>, il d\u00e9bute en montrant les difficult\u00e9s auxquelles \u00ab ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine<em><strong>\u00bb <\/strong><\/em>(comme cit\u00e9 dans le titre) faisaient face. Cet article se proposant de donner la parole aux <em>repats<\/em>, le fait directement sans autre forme de proc\u00e9dure. Le sous-titre le marque bien, en \u00e9non\u00e7ant\u00a0: \u00ab\u00a0Diversit\u00e9 : une hypocrisie fran\u00e7aise [...] D\u00e9courag\u00e9s par les discriminations, anxieux face \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019extr\u00eame droite, de nombreux Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine ont d\u00e9cid\u00e9 de prendre un aller simple pour le continent. Et tous s\u2019en f\u00e9licitent. T\u00e9moignages \u00bb (<em>Jeune Afrique<\/em>).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que le sous-titre a pour r\u00f4le de compl\u00e9ter, pr\u00e9ciser et enrichir l'information. Il sert \u00e0 clarifier le sujet de l'article, \u00e0 susciter l'int\u00e9r\u00eat du lectorat et \u00e0 am\u00e9liorer la lisibilit\u00e9 et la compr\u00e9hension du texte. En lisant, ce sous-titre, la raison principale des retours apparait explicitement : ce sont les discriminations. L\u2019adjectif qualificatif \u00ab\u00a0D\u00e9courag\u00e9s\u00a0\u00bb, qui s\u2019accorde avec \u00ab\u00a0de nombreux Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, marque l\u2019\u00e9tat qui pousse ces personnes \u00e0 vouloir revenir en Afrique ici d\u00e9sign\u00e9e par le groupe nominal \u00ab\u00a0le continent\u00a0\u00bb. La d\u00e9signation m\u00eame de ces <em>repats<\/em>, \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine\u00a0\u00bb, en plus de d\u00e9signer la nationalit\u00e9 \u00ab\u00a0fran\u00e7aise\u00a0\u00bb des personnes, le groupe pr\u00e9positionnel, compl\u00e9ment du nom, \u00ab\u00a0d\u2019origine africaine\u00a0\u00bb, vient modifier voire qualifier le nom \u00ab\u00a0fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. Ensemble, ce groupe permet de d\u00e9crire la situation de toute personne ayant la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise mais dont les anc\u00eatres sont originaires d'Afrique. Elles sont aussi d\u00e9sign\u00e9es comme \u00e9tant des \u00ab\u00a0ex-Afrop\u00e9ennes\u00bb. Le pr\u00e9fixe <em>ex<\/em> pour signifier l\u2019\u00e9tat ant\u00e9rieur et <em>afrop\u00e9enne, <\/em>form\u00e9 du pr\u00e9fixe<em> \u00ab<\/em>\u00a0afro\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Africain et du suffixe<em> \u00ab<\/em>\u00a0p\u00e9ene<em>\u00a0\u00bb <\/em>pour Europ\u00e9en. Ce terme d\u00e9signe une personne d'ascendance africaine subsaharienne, n\u00e9e ou \u00e9lev\u00e9e en Europe. Il est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire une identit\u00e9 culturelle sp\u00e9cifique, celle d'une personne qui a des racines en Afrique mais qui a grandi et s'est d\u00e9velopp\u00e9e en Europe, cr\u00e9ant ainsi une culture hybride. L'<em>afrop\u00e9anit\u00e9 <\/em>est donc une notion qui englobe \u00e0 la fois l'h\u00e9ritage africain et l'exp\u00e9rience europ\u00e9enne (<a href=\"https:\/\/palaisdetokyo.com\/glossaire\/afropeenne\">https:\/\/palaisdetokyo.com\/glossaire\/afropeenne<\/a>).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les raisons de retour, les difficult\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es d\u00e8s le d\u00e9part, sont rapport\u00e9es par le journaliste\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a Ina, qui s\u2019est vu refuser la location d\u2019un appartement parce que son dossier \u00e9tait \u00ab trop beau pour \u00eatre vrai <strong>\u00bb<\/strong>, selon la propri\u00e9taire, qui a cru bon d\u2019ajouter : \u00ab On conna\u00eet les arnaques des Africains \u00bb. Ou Aminata, qui garde un souvenir douloureux des nombreux contr\u00f4les de police auxquels elle assistait, enfant, quand elle se promenait dans les rues de Paris avec son p\u00e8re (Soumar\u00e9, 2022, en ligne).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le titre de l\u2019article disait que la parole allait \u00eatre donn\u00e9e aux <em>repats<\/em>. On voit donc des extraits de discours rapport\u00e9s entre guillemets. En rapportant donc les paroles des <em>repats<\/em>, le journaliste d\u00e9cide de garder certains propos entre guillemets. Ce style de discours direct rapport\u00e9 peut aider \u00e0 mettre en valeur des expressions ou des propos. Le fait de citer <em>\u00ab\u00a0<\/em>trop beau pour \u00eatre vrai\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0on connait les arnaques des Africains \u00bb montre que le journaliste veut rapporter ces propos \u00e0 l\u2019identique, ne veut donc pas se permettre de les diluer ou modifier. Ce qu\u2019il va traiter plus loin de \u00ab petites remarques soi-disant bienveillantes\u00a0\u00bb aide \u00e0 d\u00e9crire par la suite les \u00ab\u00a0actes de racisme\u00a0ordinaires \u00bb, donc les st\u00e9r\u00e9otypes en circulation sur les Africains. Le st\u00e9r\u00e9otype est d\u00e9fini comme \u00e9tant \u00ab une croyance, plus ou moins partag\u00e9e, concernant un groupe social d\u00e9termin\u00e9\u00a0\u00bb (Alfredo Lescano, 2013b). C\u2019est donc une repr\u00e9sentation simplifi\u00e9e et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e d'un groupe social, souvent bas\u00e9e sur des croyances partag\u00e9es et transmises, qui peut influencer la mani\u00e8re dont les individus sont per\u00e7us et trait\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, dire \u00ab\u00a0On connait les arnaques des Africains \u00bb suppose que les Africains sont des arnaqueurs. L\u2019exemple de Aminata, avec les contr\u00f4les de Police, d\u00e9voile un autre st\u00e9r\u00e9otype : les Africain\u00b7es sont dangereux ou sont des sans-papiers. Le lexique que va utiliser Ina par la suite, pour raconter son exp\u00e9rience et son choix du retour, montre toujours ces st\u00e9r\u00e9otypes. On a par exemple : <em>\u00ab<\/em>\u00a0racisme\u00bb, \u00ab\u00a0islamophobie\u00bb<em>, <\/em>\u00ab\u00a0sectarisme\u00bb et \u00ab\u00a0communautarisme \u00bb. Tous ces termes, \u00e0 caract\u00e8re n\u00e9gatif, expriment la crainte de celle qui parle et illustrent ainsi les raisons de son retour vers l\u2019Afrique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les titres des diff\u00e9rents articles choisis pour constituer le corpus, par leurs formulations ont permis non seulement d\u2019entamer l\u2019analyse, mais aussi, de poser les notions d'\u00ab expats \u00bb et de \u00ab repats \u00bb comme des objets sociaux discursifs, porteurs de valeurs, de normes et de tensions culturelles. L'analyse contrastive r\u00e9v\u00e8le les in\u00e9galit\u00e9s symboliques dans la mani\u00e8re dont les mobilit\u00e9s sont racont\u00e9es, l\u00e9gitim\u00e9es ou invisibilis\u00e9es. On voit alors qu\u2019en fonction des espaces, le m\u00eame th\u00e8me, en l'occurrence celui des<em>\u00a0repats<\/em> est abord\u00e9 sous diff\u00e9rents angles. Ces repats sont d\u00e9crits comme remplissant les conditions requises pour aider au d\u00e9veloppement des compagnies et entreprises \u00e9trang\u00e8res install\u00e9es en Afrique dans l\u2019article du m\u00e9dia <em>Le Point<\/em>. Mais pour <em>Jeune Afrique<\/em>, ce retour est motiv\u00e9 par les conditions difficiles de vie en Europe et particuli\u00e8rement en France avec l\u2019exemple d\u2019Ina et d\u2019Aminata. Si dans le premier cas, ce retour est montr\u00e9 comme strat\u00e9gique et b\u00e9n\u00e9fique, dans le second, il est motiv\u00e9 par des craintes et est souvent mal vu par les pairs ou les parents. En fonction donc des sph\u00e8res, le discours sur les repats est abord\u00e9 diff\u00e9remment et r\u00e9pond \u00e0 des motivations diverses : \u00ab<strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Nos parents sont partis pour r\u00e9ussir, on revient pour les m\u00eames raisons \u00bb (<em>Jeune Afrique<\/em>).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\r\n<p class=\"PDq2pG_selectionAnchorContainer hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"79\" data-end=\"258\">Calabrese, Laura. 2018. Faut-il dire migrant ou r\u00e9fugi\u00e9 ? D\u00e9bat lexico-s\u00e9mantique autour d\u2019un probl\u00e8me public. <em data-start=\"190\" data-end=\"200\">Langages<\/em>, 210(2), 105-124. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/lang.210.0105\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"221\" data-end=\"258\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/lang.210.0105<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"260\" data-end=\"393\">Coulibaly, Nanourougo. 2021. <em data-start=\"289\" data-end=\"355\">Titrologie. La guerre des tranch\u00e9es m\u00e9diatiques en C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/em>. Abidjan : LiLaS\/\u00c9ditions de l\u2019ONVDP.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"395\" data-end=\"643\">Dartois, Lucile. 2022. Patricia von M\u00fcnchow, <em data-start=\"440\" data-end=\"508\">L\u2019Analyse du discours contrastive. Th\u00e9orie, m\u00e9thodologie, pratique<\/em>. Limoges : Lambert-Lucas, 2021. <em data-start=\"541\" data-end=\"569\">Questions de communication<\/em>, 42(2), 580-582. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/questionsdecommunication.30669\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"589\" data-end=\"643\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/questionsdecommunication.30669<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"645\" data-end=\"849\">Do-Hurinville, Danh-Th\u00e0nh. 2012. Les titres de presse avec <em data-start=\"704\" data-end=\"718\">En voie de N<\/em>. <em data-start=\"720\" data-end=\"728\">Verbum<\/em>, 34(1), 23-41. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/www.atilf.fr\/wp-content\/uploads\/publications\/verbum\/XXXIV\/atilf_Verbum_XXXIV_1_2_Hurinville.pdf\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"746\" data-end=\"849\">https:\/\/www.atilf.fr\/wp-content\/uploads\/publications\/verbum\/XXXIV\/atilf_Verbum_XXXIV_1_2_Hurinville.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"851\" data-end=\"984\">Lescano, Alfredo. 2013. St\u00e9r\u00e9otypes, repr\u00e9sentations sociales et blocs conceptuels. <em data-start=\"935\" data-end=\"942\">Semen<\/em>, 35. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9835\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"950\" data-end=\"984\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9835<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"986\" data-end=\"1181\">Lezou Koffi, Aim\u00e9e-Danielle. 2012. Le cin\u00e9tisme de la signification du lex\u00e8me \u00ab travail \u00bb dans <em data-start=\"1081\" data-end=\"1114\">Murambi, le livre des ossements<\/em> de B. B. Diop. <em data-start=\"1130\" data-end=\"1142\">Sudlangues<\/em>, 18, 59-71. <a class=\"decorated-link\" href=\"http:\/\/www.sudlangues.sn\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1157\" data-end=\"1181\">http:\/\/www.sudlangues.sn<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1183\" data-end=\"1387\">Ma\u00efdakoule, Ibrahim, Houessou, Dorgel\u00e8s, Lezou Koffi, Aim\u00e9e-Danielle et Kiyindou, Alain (dir.). 2023. <em data-start=\"1285\" data-end=\"1368\">La pand\u00e9mie \u00e0 coronavirus (COVID-19). Enjeux, pratiques, discours et prospectives<\/em>. Paris : Bookelis.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1389\" data-end=\"1549\">Moirand, Sophie. 1992. Des choix m\u00e9thodologiques pour une linguistique de discours comparative. <em data-start=\"1485\" data-end=\"1495\">Langages<\/em>, 105, 28-41. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3406\/lgge.1992.1622\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1511\" data-end=\"1549\">https:\/\/doi.org\/10.3406\/lgge.1992.1622<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1551\" data-end=\"1817\">Siess, J\u00fcrgen. 2022. Patricia von M\u00fcnchow. <em data-start=\"1594\" data-end=\"1662\">L\u2019Analyse du discours contrastive. Th\u00e9orie, m\u00e9thodologie, pratique<\/em> (Limoges : Lambert-Lucas). <em data-start=\"1690\" data-end=\"1728\">Argumentation et Analyse du Discours<\/em>, 29. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/aad.6813\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1785\" data-end=\"1817\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/aad.6813<\/a><\/p>\r\n\r\n<h2>Corpus<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jean-Michel Huet, Astrid de B\u00e9rail, Melissa Etoke Eyaye. 2019. La fin des expats, l'essor des repats ? <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php\">https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mari\u00e8me Soumar\u00e9. 2022. Paroles de \u00ab repats \u00bb : ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine qui ont fait le choix du retour. <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La migration est incontestablement un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019actualise au regard de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes qui traversent le monde sous l\u2019\u00e8re de la globalisation. Cet \u00e9tat de fait explique que plusieurs disciplines s\u2019int\u00e9ressent aux migrations dans leur ensemble, car elles touchent \u00e0 la fois plusieurs domaines. L\u2019analyse du Discours ne reste pas en marge. Du fait de son interdisciplinarit\u00e9, elle permet \u00e9galement d\u2019interroger les migrations. En Afrique, l\u2019Analyse du Discours prend en compte les contextes sociolinguistique et culturel. Ces sp\u00e9cificit\u00e9s qui sont, de plus en plus, mises en avant. C&rsquo;est dans cette perspective que s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le premier colloque du R\u00e9seau Africain d\u2019Analyse du Discours. Ainsi, mettre en \u00e9vidence les sp\u00e9cificit\u00e9s du contexte africain, sur la th\u00e9matique de la migration, est l\u2019objectif de cet article, notamment sur les questions d\u2019identit\u00e9 ou de d\u00e9signation des migrant\u00b7es.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/analyse-du-discours\/\">analyse du discours<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/contexte\/\">Contexte<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/identite\/\">Identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/migration\/\">Migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/stereotypes\/\">St\u00e9r\u00e9otypes<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p><strong>Discourse and Migration from North to South<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">In light of all the phenomena affecting the world in this era of globalization, migration is undoubtedly an increasingly apparent reality. This explains why several disciplines are interested in migration, as it touches on many areas. Discourse analysis is no exception. Due to its interdisciplinary nature, discourse analysis allows us to examine migration. In Africa, discourse analysis considers the sociolinguistic and cultural context. These specificities are being highlighted more and more. With this in mind, the first conference of the African Discourse Analysis Network was held. The conference aimed to highlight the unique aspects of the African context regarding migration, particularly issues of identity and migrant designation.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/context\/\">Context<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/discourse-analysis\/\">discourse analysis<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/identity\/\">Identity<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/migration\/\">Migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/stereotypes\/\">Stereotypes<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (Baoul\u00e9)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p><strong>Ij\u0254l\u025b nin sran\u2019m be tul\u025b\u2019n, \u0254 fin nglo l\u0254 lika\u2019n nun l\u0254 \u0254 k\u0254 ngua l\u0254 lika\u2019n nun<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nanwl\u025b, sran\u2019m be tul\u025b\u2019n ti sa kpa, sa kwlaa nga be o m\u025bn\u2019n nun m\u025bn wunmuan\u2019n nun bl\u025b nga nun\u2019n, be yi i nglo. I s\u0254\u2019n yiyi like nga ti y\u025b like klel\u025b wafa sunman be klo k\u025b be tu be bo l\u0254\u2019n, i nun, afin \u0254 kan lika sunman. Ij\u0254\u2019m be nun nianl\u025b\u2019n kusu timan s\u0254 wie. K\u025b m\u0254 i nun nd\u025b\u2019n ti fanunfanun\u2019n ti\u2019n, \u0254 man atin k\u025b be nian sran\u2019m be tul\u025b lika\u2019n nun wie. Afriki l\u0254\u2019n, nd\u025b kanl\u025b\u2019n i nun nianl\u025b\u2019n fa sociolinguistique nin culture be su nd\u025b\u2019n be sie i akunndan. Be su yi ninnge trele s\u0254\u2019m be nglo kpa ekun. I s\u0254 akunndan\u2019n ti y\u025b be yoli R\u00e9seau africain pour l\u2019analyse des discours i a\u0272ia klikli\u2019n ni\u0254n. \u0186 maan, like nga be kunnd\u025bli\u2019n y\u025ble k\u025b be yi sran ble\u2019m be lika nianl\u025b\u2019n i su nd\u025b\u2019n i nglo, y\u025b i li\u025b\u2019n, be fa kosan nga be kan sran\u2019n i wafa\u2019n annz\u025b be fl\u025b sran\u2019n k\u025b \u201csran ng\u2019\u0254 tu sin lika ufl\u025b\u2019n.\u201d<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (Baoul\u00e9)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/analyse-du-discours\/\">Analyse du discours<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/contexte\/\">Contexte<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/identite\/\">Identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/migration\/\">Migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/nin-ninnge-ufl%c9%9b-wie-mun-ekun\/\">nin ninnge ufl\u025b wie mun ekun<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>25 octobre 2025<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>26 mai 2026<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>10 ao\u00fbt 2026<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le g\u00e9ographe Cris Beauchemin (2016) invite \u00e0 appr\u00e9hender les ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires au-del\u00e0 de la seule immigration. Il souligne que ces flux, loin d\u2019\u00eatre unidirectionnels ou irr\u00e9versibles, s\u2019internationalisent et se complexifient. Si l&rsquo;immigration se limite, au sens strict, \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de personnes venues d&rsquo;ailleurs, le concept de \u00ab\u00a0migration\u00a0\u00bb englobe une r\u00e9alit\u00e9 plus vaste incluant d\u00e9parts, arriv\u00e9es, \u00e9migrations et retours. Cette complexit\u00e9 est d&rsquo;autant plus marqu\u00e9e dans le contexte africain que les donn\u00e9es sont majoritairement produites par les pays d&rsquo;accueil europ\u00e9ens, orientant ainsi la focale sur l&rsquo;immigration au d\u00e9triment de l&rsquo;\u00e9migration. Cette asym\u00e9trie documentaire tend \u00e0 occulter les nouvelles destinations et, surtout, les dynamiques de retour. C\u2019est sur cette probl\u00e9matique du retour que nous allons nous appuyer dans cette \u00e9tude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous assistons de plus en plus \u00e0 une vague de retour de migrant\u00b7es africain\u00b7es vers l\u2019Afrique et, comme pour l\u2019immigration clandestine, les m\u00e9dias, notamment les r\u00e9seaux sociaux en parlent abondamment. On entend partout la fin des expats au profit des repats. \u00c9taient-ils tous des expats ou simplement des \u00e9migr\u00e9s? Quelle diff\u00e9rence est \u00e9tablie dans le discours entre ces d\u00e9signations? Si diff\u00e9rence il y a, comment se construisent-elles dans le discours sur la migration?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers l\u2019examen de divers articles de presse, cette \u00e9tude se propose d\u2019analyser les angles sous lesquels sont trait\u00e9es les th\u00e9matiques de la migration et du retour. L&rsquo;\u00e9tude expose d&rsquo;abord les outils m\u00e9thodologiques et le corpus, avant d&rsquo;analyser les titres ainsi que les concepts de repats et d&rsquo;expats.<\/p>\n<h2>Instruments d\u2019analyse<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un premier temps, notre \u00e9tude va prendre en compte les titres des articles avant de s\u2019appuyer sur leurs contenus. Nanourougo Coulibaly dans <em>Titrologie<\/em> (2021), classe le titre dans les genres qualifi\u00e9s d&rsquo;informatifs. Le titre de presse est donc un propos figurant sur la premi\u00e8re page d&rsquo;un journal (tribune, ventre, pied du journal ou encore au niveau du bandeau) et qui est cens\u00e9e porter les informations capitales, v\u00e9hiculer l\u2018image du journal, tout en suscitant l&rsquo;envie de l&rsquo;acheter chez le lectorat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Puis, nous allons nous int\u00e9resser \u00e0 une analyse contrastive du discours. Sophie Moirand (1992) propose une linguistique du discours comparative qui vise \u00e0 mettre en relief les diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations ayant cours dans telle ou telle culture. Patricia von M\u00fcnchow (2021) propose une r\u00e9flexion th\u00e9orique et une application m\u00e9thodologique de l\u2019analyse du discours contrastive (ADC)<a class=\"footnote\" title=\"ADC d\u00e9signe l\u2019Analyse du Discours Contrastive\" id=\"return-footnote-2508-1\" href=\"#footnote-2508-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>. L\u2019ADC s\u2019appuie sur les travaux de l\u2019analyse du discours \u00e0 la fran\u00e7aise, enrichie par des perspectives interculturelles. Elle vise \u00e0 identifier les cultures discursives et interroge les repr\u00e9sentations mentales, sociales et discursives v\u00e9hicul\u00e9es par les textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Notre corpus est compos\u00e9 de deux articles de m\u00e9dias diff\u00e9rents. Cette dualit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 choisie pour l\u2019\u00e9tude dans une logique comparative. Les diff\u00e9rents m\u00e9dias appartiennent tous deux \u00e0 des espaces diff\u00e9rents, ce qui est cens\u00e9 nous aider dans l\u2019analyse.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center\">Le premier article est issu du journal <em>le Point<span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\"><a class=\"footnote\" title=\"Source : https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php\" id=\"return-footnote-2508-2\" href=\"#footnote-2508-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a><\/span>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3014\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235.jpg\" alt=\"\" width=\"522\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235.jpg 568w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235-300x151.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235-65x33.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235-225x113.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221235-350x176.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 522px) 100vw, 522px\" \/><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La cr\u00e9ation du magazine <em>Le Point<\/em> s&rsquo;inscrit dans une volont\u00e9 de renouvellement du paysage m\u00e9diatique fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1970. En 1972, une \u00e9quipe de journalistes quitte la r\u00e9daction de L\u2019Express, reprochant \u00e0 son directeur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, d&rsquo;avoir transform\u00e9 l\u2019hebdomadaire en un outil de communication personnelle. L\u2019essor de Le Point se fait gr\u00e2ce \u00e0 des figures cl\u00e9s comme Claude Imbert et Olivier Chevrillon. Leur ambition est d&rsquo;en faire un \u00ab\u00a0news magazine \u00e0 la fran\u00e7aise\u00a0\u00bb qui privil\u00e9gie la primaut\u00e9 des faits. L\u2019exigence li\u00e9e \u00e0 la naissance de ce projet repose sur une dualit\u00e9. L&rsquo;objectif est de proposer un nouvel \u00e9ditorial mais tout en demeurant attach\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de la presse. Ainsi, le principal r\u00f4le du journaliste est \u00e0 la fois de rester objectif en informant le lectorat mais aussi de conserver une ind\u00e9pendance r\u00e9dactionnelle.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center\">Le second article est du m\u00e9dia <em>Jeune Afrique<span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\"><a class=\"footnote\" title=\"Source : https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/\" id=\"return-footnote-2508-3\" href=\"#footnote-2508-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>.<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3015\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401.jpg\" alt=\"\" width=\"511\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401.jpg 556w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401-300x155.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401-65x34.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401-225x117.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2026\/05\/Capture-decran-2026-08-10-221401-350x181.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le m\u00e9dia <em>Jeune Afrique<\/em> est accessible via le lien ci-dessus et a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 6 mars 2022, modifi\u00e9 le 10 mars 2022 \u00e0 10h10 et \u00e9crit par Mari\u00e8me Soumar\u00e9. <em>Jeune Afrique<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme le magazine mensuel de r\u00e9f\u00e9rence du continent Africain. Fond\u00e9 en 1960 \u00e0 Tunis, il offre chaque jour, sur son site internet, des informations politiques et \u00e9conomiques qui permettent \u00e0 ses lecteurs et lectrices de mieux comprendre l\u2019actualit\u00e9 africaine. M\u00eame si la r\u00e9daction est bas\u00e9e \u00e0 Paris, le journal compte plusieurs correspondants permanents \u00e9tablis sur l\u2019ensemble du continent, ainsi que plusieurs collaborateurs et collaboratrices. En plus des enqu\u00eates, dossiers, analyses et reportages, <em>Jeune Afrique<\/em> offre \u00e0 ses lecteurs et lectrices des informations exclusives. Hebdomadaire jusqu\u2019en mai 2020, sa version papier est devenue mensuelle. Il compte d\u00e9sormais plus de 35 000 abonn\u00e9\u00b7es, trois millions de visiteur\u00b7euses uniques tous les mois et plus de 12 millions de followers sur les r\u00e9seaux sociaux. Le m\u00e9dia dit s&rsquo;engager \u00e0 \u00eatre la meilleure source d\u2019informations politique et \u00e9conomique, ainsi que l\u2019espace de d\u00e9bat privil\u00e9gi\u00e9 de ceux qui souhaitent construire une Afrique forte, souveraine et innovante. La s\u00e9lection de ces deux articles repose initialement sur l&rsquo;impact de leurs titres qui, avant m\u00eame l&rsquo;examen du contenu, captent l&rsquo;attention du lectorat.<\/p>\n<h2>Argumentativit\u00e9 et titres de presse<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le titre s&rsquo;inscrit dans les genres informatifs propres \u00e0 la presse \u00e9crite. Sa double fonction est essentielle : condenser l&rsquo;information principale de l&rsquo;article tout en captant l&rsquo;attention du lectorat. Pour remplir son r\u00f4le d&rsquo;accroche, il se doit d&rsquo;\u00eatre clair, concis et percutant, orientant imm\u00e9diatement la compr\u00e9hension du sujet. Pour Nanourougo, le titre est un \u00e9nonc\u00e9, dans le sens o\u00f9 il constitue \u00ab une unit\u00e9 de communication relevant d\u2019un genre \u00bb<em> (<\/em>Coulibaly, 2021, p. 29<em>)<\/em>. Il peut donc \u00eatre analys\u00e9 dans le cadre de l\u2019\u00e9nonciation journalistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, le premier titre qui est formul\u00e9 comme suit : <em>\u00ab <\/em><strong>La fin des expats, l&rsquo;essor des repats<\/strong><strong>?<\/strong> \u00bb, contient, en son sein, une modalit\u00e9 interrogative qui se rencontre dans une situation d\u2019\u00e9change ou d\u2019interlocution et se mat\u00e9rialise par la pr\u00e9sence du point d\u2019interrogation (?). L&rsquo;interrogation pr\u00e9suppose l&rsquo;existence d&rsquo;un interlocuteur appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre. On peut conclure qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0, soit d\u2019une question rh\u00e9torique, qui n&rsquo;attend pas de r\u00e9ponse et qui permet au journaliste d\u2019exprimer une \u00e9motion, ou un point de vue, soit de l\u2019expression du doute ou d\u2019une h\u00e9sitation du journaliste. En filigrane, ce proc\u00e9d\u00e9 permet d&rsquo;introduire une part de subjectivit\u00e9 ou de doute, invitant le lectorat \u00e0 s&rsquo;interroger sur la complexit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s migratoires d\u00e9crites. Dans ce sens, \u00ab ce proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019interrogation oratoire, employ\u00e9 tant \u00e0 l\u2019oral qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9crit, permet de produire diff\u00e9rents effets, selon le contexte. On l\u2019utilise notamment pour piquer la curiosit\u00e9, pour orienter la pens\u00e9e, pour sugg\u00e9rer une \u00e9vidence \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Site de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue francaise, https:\/\/vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca\/24101\/la-redaction-et-la-communication\/figures-de-style\/figures-jouant-sur-la-construction-de-la-phrase\/linterrogation-oratoire#:~:text=Le%20proc%C3%A9d%C3%A9%20de%20l'interrogation,rendre%20le%20discours%20vivant%2C%20etc.\" id=\"return-footnote-2508-4\" href=\"#footnote-2508-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>. Il est donc possible de voir dans cet usage, la recherche de la construction, pour le journaliste, d\u2019un titre incitateur. De plus, il y a comme un jeu de mots dans l\u2019usage et la r\u00e9sonnance de \u00ab <em>expats<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>repats<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le second article, titr\u00e9 quant \u00e0 lui, \u00ab <strong>Paroles de \u00ab\u00a0repats\u00a0\u00bb : ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine qui ont fait le choix du retour <\/strong>\u00bb, avec sa modalit\u00e9 d\u00e9clarative, affirme et montre ainsi qu\u2019il d\u00e9tient une v\u00e9rit\u00e9 et justifie sa cr\u00e9dibilit\u00e9. Cette assertion semble r\u00e9v\u00e9ler d\u2019une conviction du journaliste locuteur. L\u2019usage de la ponctuation, les deux points, \u00e0 valeur d\u2019explication, permet au journaliste de pr\u00e9ciser la premi\u00e8re partie du titre. \u00ab Les deux points, ayant un r\u00f4le d\u00e9marcatif, distinguent nettement le th\u00e8me et son d\u00e9veloppement rh\u00e9matique, selon la structure informationnelle suivante \u00bb (Do-Hurinville, 2012, p. 24). Cette valeur de pr\u00e9cision peut permettre de mettre en valeur une partie pr\u00e9cise du titre. Dans notre exemple, il ne s\u2019agit pas de contraste mais de compl\u00e9mentarit\u00e9 car les diff\u00e9rentes parties du titre se compl\u00e8tent et s\u2019expliquent. Aussi, dans son libell\u00e9, ce titre exprime clairement que le retour est un choix. Aussi, on peut noter la ressemblance entre repatri\u00e9\u00b7e et rapatri\u00e9\u00b7e. Le premier est utilis\u00e9 dans cet article et semble \u00eatre oppos\u00e9 au second. Le mot \u00ab rapatri\u00e9 \u00bb est d\u00e9fini comme : \u00ab ramener, faire revenir une personne ou un ensemble de personnes dans leur patrie, leur pays d\u2019origine \u00bb (Cf. site dictionnaire acad\u00e9mie). Cette d\u00e9finition montre bien que le rapatri\u00e9 ou la rapatri\u00e9e n\u2019exprime pas forc\u00e9ment le choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de rentrer dans sa patrie. Le verbe <em>ramener<\/em> suppose que c\u2019est une autre personne ou entit\u00e9 qui aide au retour. Cela induit donc que l\u2019individu n\u2019est pas en capacit\u00e9 de retourner par ses propres moyens. Si le Haut-Commissariat aux R\u00e9fugi\u00e9s (HCR) promeut \u00ab\u00a0le rapatriement volontaire des r\u00e9fugi\u00e9s quand certaines conditions pr\u00e9alables sont r\u00e9alis\u00e9es \u00bb (Do-Hurinville, 2012, p. 25), cela suppose donc que les rapatriements forc\u00e9s sont toujours actuels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La titraille, en plus de prendre en compte l\u2019\u00e9nonc\u00e9, implique aussi la rubrique, et les sous-titres qui apparaissent autour du titre. Ainsi, le premier article qui est du journal <em>Le Point<\/em> est inscrit dans la rubrique \u00e9conomie. Cela va justifier donc l\u2019ancrage que va prendre l\u2019article. Le second de <em>Jeune Afrique<\/em>, est tir\u00e9 d\u2019un dossier intitul\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Diversit\u00e9, une hypocrisie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De plus, ces deux titres positionnent deux lex\u00e8mes qui n\u00e9cessitent d\u00e9finitions mais aussi contexte pour mieux appr\u00e9hender la suite. Il s\u2019agit des mots \u00ab\u00a0expats\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0repats\u00a0\u00bb<em>. <\/em>La notion de <em>repat<\/em> dans le titre de <em>Jeune Afrique<\/em> est li\u00e9e au mot retour, ce qui semble induire ou faciliter la d\u00e9finition. <em>En revanche,<\/em> <em>Expat<\/em> est le diminutif du mot expatriation. Ces deux termes sont oppos\u00e9s dans le titre du journal <em>Le Point,<\/em> parce qu\u2019ils expriment justement deux r\u00e9alit\u00e9s contraires. Quant au titre de <em>Jeune Afrique<\/em>, lui, il fait un parall\u00e8le entre <em>repatri\u00e9\u00b7e <\/em>et<em> rapatri\u00e9\u00b7e<\/em>. Si l\u2019expatri\u00e9\u00b7e est une personne qui quitte son pays pour vivre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Cf. le site), il peut \u00eatre souvent pris dans le sens d\u2019exil\u00e9 ou \u00e9migr\u00e9 (Expatrier quelqu\u2019un. L\u2019obliger \u00e0 quitter sa patrie, l&rsquo;exiler) (Cf. le site). La notion de <em>repat<\/em>, quant \u00e0 elle, est issue de <em>repatri\u00e9\u00b7e,<\/em> du verbe<em> \u00ab<\/em>\u00a0rapatrier\u00bb, venant du latin <em>repatriare <\/em>qui signifie \u00ab\u00a0rentrer dans sa patrie \u00bb (Cf. site dictionnaire acad\u00e9mie). L\u2019usage donc de <em>repatri\u00e9\u00b7e<\/em> semble revenir \u00e0 celle du moyen fran\u00e7ais; <em>repat<\/em> est dit, plus courant et facile, par rapport \u00e0 <em>rapatri\u00e9\u00b7e<\/em>. Si la diff\u00e9rence semble \u00eatre une question d\u2019orthographe, dans les articles on per\u00e7oit une id\u00e9e de choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 pour saisir des opportunit\u00e9s. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que le terme est oppos\u00e9 directement \u00e0 expatri\u00e9\u00b7e mais semble \u00eatre en marge de celui de rapatri\u00e9\u00b7e. Dans l\u2019implicite, on peut consid\u00e9rer la notion de rapatriement comme ayant une charge quelque peu n\u00e9gative (des rapatri\u00e9\u00b7es qui viennent chez eux par d\u00e9faut ou \u00e0 l\u2019aide d\u2019organisations humanitaires ou presque forc\u00e9s au retour), pourtant celle plus courante de <em>repat<\/em>, cible une autre cat\u00e9gorie de personnes qui reviennent par leur propre moyen et qui ont d\u00e9cid\u00e9 du choix du retour. Partant de ce fait, quelle diff\u00e9rence peut\u2013on \u00e9tablir entre ces deux titres?<\/p>\n<h2>Analyse contrastive de la notion \u00ab\u00a0repats\u00a0\u00bb dans le discours<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse du discours contrastif (ADC) de Patricia von M\u00fcnchow, nous propose une m\u00e9thode pour comparer les cultures discursives \u00e0 travers les productions verbales. Dans les deux articles issus de diff\u00e9rents m\u00e9dias mais aussi de diff\u00e9rents domaines et sph\u00e8res g\u00e9ographiques, la question des <em>repats<\/em> est vue sous diff\u00e9rents angles.<\/p>\n<h3>Les raisons des retours ou motivations \u00e9conomiques des repatri\u00e9\u00b7es<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019article du journal <em>Le Point<\/em>, se pla\u00e7ant dans le domaine de l\u2019\u00e9conomie, justifie la direction ou la posture de son contenu. Dans l\u2019introduction du propos, le locuteur \u00e9tablit le d\u00e9cor, en parlant des investisseurs europ\u00e9ens en Afrique et des difficult\u00e9s auxquelles ceux-ci essaient de faire face. Ce contraste des difficult\u00e9s, dans l\u2019amorce de l\u2018article, est fait avec des exemples et des solutions qui semblent porter ses fruits. Selon le journal <em>Le Point<\/em>\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Le premier <strong>facteur de r\u00e9ussite<\/strong> pour les entreprises fran\u00e7aises est l&rsquo;<strong>int\u00e9gration <\/strong>d&rsquo;un partenaire \u00ab\u00a0<strong>enlocalis\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb\u00a0fiable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le choix du lexique, comme le montre cet exemple, va dans ce sens\u00a0: \u00ab\u00a0facteur de r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0int\u00e9gration\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0enlocalis\u00e9\u00a0\u00bb. Ce dernier mot semble \u00eatre un n\u00e9ologisme qui n\u2019est pas expliqu\u00e9 par le locuteur journaliste mais qui trouve sa d\u00e9finition dans la phrase. Le verbe \u00ab\u00a0localiser\u00a0\u00bb dont il est issu, d\u00e9signe l\u2019endroit o\u00f9 se situe quelque chose. Ainsi, le mot peut \u00eatre mis en parall\u00e8le avec un autre dans la suite du d\u00e9veloppement du journaliste, c\u2019est celui de \u00ab\u00a0local content\u00a0\u00bb, comme il apparait dans le journal <em>Le Point<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0On constate que le ph\u00e9nom\u00e8ne du recours aux expatri\u00e9s europ\u00e9ens pour travailler en Afrique est en train de laisser le pas \u00e0 d&rsquo;autres types de recrutement : le \u00ab <strong>local content<\/strong> \u00bb devient la norme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept de <em>local content<\/em>\u00a0ou <em>contenu local<\/em> en fran\u00e7ais, est une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 maximiser les retomb\u00e9es \u00e9conomiques et sociales d&rsquo;un projet au profit du pays h\u00f4te. De mani\u00e8re concr\u00e8te, une des choses qu\u2019inclut le <em>local content<\/em> c\u2019est l\u2019emploi local. Et c\u2019est ce dont il est question et c\u2019est le principe ou la logique des <em>repats<\/em>. Le lexique de l\u2019ensemble de l\u2019article tourne donc autour des avantages d\u2019avoir des <em>repats<\/em>. Vu que l\u2019article s\u2019inscrit dans le contexte \u00e9conomique, le journaliste \u00e9value les avantages de ce type de recrutement en comparaison <em>avec<\/em> celui d\u2019expatri\u00e9\u00b7es. On a pour preuve les comparaisons effectu\u00e9es, suivantes : \u00ab\u00a0Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;explique par la combinaison de deux tendances : <strong>d&rsquo;une part<\/strong>, le niveau des cadres africains s&rsquo;est <strong>consid\u00e9rablement <\/strong>am\u00e9lior\u00e9 (70 % des \u00e9tudiants africains en MBA veulent se relocaliser en Afrique), <strong>d&rsquo;autre part<\/strong> ils sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>moins chers que<\/strong> les expatri\u00e9s (leur package de mobilit\u00e9 est souvent moins \u00e9toff\u00e9) \u00bb (<em>Le Point<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019usage des locutions adverbiales peut introduire deux aspects d&rsquo;une m\u00eame id\u00e9e ou deux arguments distincts, souvent dans le cadre d&rsquo;une comparaison ou d&rsquo;une opposition. Ici, le journaliste compare et oppose en m\u00eame temps <em>expat<\/em> et <em>repat<\/em>. Il utilise \u00e9galement, \u00ab\u00a0moins cher que\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0consid\u00e9rablement\u00a0\u00bb. Cela permet de donner le degr\u00e9 ou le niveau d\u2019une chose, toujours dans une logique comparative. Ces diff\u00e9rents termes indiquent le bien fond\u00e9 du choix des <em>repats <\/em>dans les entreprises. Les raisons \u00e9num\u00e9r\u00e9es sont diverses\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ils m\u00ealent <strong>l\u00e9gitimit\u00e9<\/strong>, \u00ab <strong>int\u00e9r\u00eat personnel \u00e0 l&rsquo;avancement du continent<\/strong> \u00bb, mais \u00e9galement <strong>intelligence \u00e9motionnelle<\/strong>, <strong>capacit\u00e9 \u00e0 rep\u00e9rer<\/strong> les tendances de fond et les signaux faibles. <strong>S\u00e9niorit\u00e9 entre pairs<\/strong>, joutes verbales, <strong>plaisanteries<\/strong>, <strong>salutations et syst\u00e8mes d&rsquo;all\u00e9geances implicites<\/strong>, <strong>posture<\/strong>, non-dits, etc. sont autant de <strong>codes soci\u00e9taux<\/strong> qui ont toute leur place dans une relation <strong>commerciale r\u00e9ussie<\/strong>. <strong>Respecter ces codes<\/strong>, c&rsquo;est mettre en place un <strong>climat de confiance<\/strong> avec ses partenaires locaux et construire une <strong>relation de long terme <\/strong>(Huet <em>et al.<\/em>, 2019, en ligne<em>)<\/em>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le fait donc que le <em>repat<\/em> soit dans un environnement qu\u2019il conna\u00eet ou un espace avec lequel il a des liens ou des int\u00e9r\u00eats. Et l\u2019article l\u2019illustre bien en faisant la corr\u00e9lation suivante : \u00ab int\u00e9r\u00eat personnel \u00e0 l&rsquo;avancement du continent \u00bb, le respect des codes soci\u00e9taux = climat de confiance=relation commerciale r\u00e9ussie \u00e0 long termes\u2026 En somme, le journal <em>Le Point<\/em> s\u2019int\u00e9resse aux bienfaits \u00e9conomiques de l\u2019emploi des <em>repats,<\/em> \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des expats que ce soit pour le continent que pour les entreprises qui s\u2019implantent en Afrique.<\/p>\n<h3>Raisons de retour : st\u00e9r\u00e9otypes et mal-\u00eatre<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui est de l\u2019article de <em>Jeune Afrique<\/em>, il d\u00e9bute en montrant les difficult\u00e9s auxquelles \u00ab ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine<em><strong>\u00bb <\/strong><\/em>(comme cit\u00e9 dans le titre) faisaient face. Cet article se proposant de donner la parole aux <em>repats<\/em>, le fait directement sans autre forme de proc\u00e9dure. Le sous-titre le marque bien, en \u00e9non\u00e7ant\u00a0: \u00ab\u00a0Diversit\u00e9 : une hypocrisie fran\u00e7aise [&#8230;] D\u00e9courag\u00e9s par les discriminations, anxieux face \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019extr\u00eame droite, de nombreux Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine ont d\u00e9cid\u00e9 de prendre un aller simple pour le continent. Et tous s\u2019en f\u00e9licitent. T\u00e9moignages \u00bb (<em>Jeune Afrique<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que le sous-titre a pour r\u00f4le de compl\u00e9ter, pr\u00e9ciser et enrichir l&rsquo;information. Il sert \u00e0 clarifier le sujet de l&rsquo;article, \u00e0 susciter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du lectorat et \u00e0 am\u00e9liorer la lisibilit\u00e9 et la compr\u00e9hension du texte. En lisant, ce sous-titre, la raison principale des retours apparait explicitement : ce sont les discriminations. L\u2019adjectif qualificatif \u00ab\u00a0D\u00e9courag\u00e9s\u00a0\u00bb, qui s\u2019accorde avec \u00ab\u00a0de nombreux Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, marque l\u2019\u00e9tat qui pousse ces personnes \u00e0 vouloir revenir en Afrique ici d\u00e9sign\u00e9e par le groupe nominal \u00ab\u00a0le continent\u00a0\u00bb. La d\u00e9signation m\u00eame de ces <em>repats<\/em>, \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine\u00a0\u00bb, en plus de d\u00e9signer la nationalit\u00e9 \u00ab\u00a0fran\u00e7aise\u00a0\u00bb des personnes, le groupe pr\u00e9positionnel, compl\u00e9ment du nom, \u00ab\u00a0d\u2019origine africaine\u00a0\u00bb, vient modifier voire qualifier le nom \u00ab\u00a0fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. Ensemble, ce groupe permet de d\u00e9crire la situation de toute personne ayant la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise mais dont les anc\u00eatres sont originaires d&rsquo;Afrique. Elles sont aussi d\u00e9sign\u00e9es comme \u00e9tant des \u00ab\u00a0ex-Afrop\u00e9ennes\u00bb. Le pr\u00e9fixe <em>ex<\/em> pour signifier l\u2019\u00e9tat ant\u00e9rieur et <em>afrop\u00e9enne, <\/em>form\u00e9 du pr\u00e9fixe<em> \u00ab<\/em>\u00a0afro\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Africain et du suffixe<em> \u00ab<\/em>\u00a0p\u00e9ene<em>\u00a0\u00bb <\/em>pour Europ\u00e9en. Ce terme d\u00e9signe une personne d&rsquo;ascendance africaine subsaharienne, n\u00e9e ou \u00e9lev\u00e9e en Europe. Il est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire une identit\u00e9 culturelle sp\u00e9cifique, celle d&rsquo;une personne qui a des racines en Afrique mais qui a grandi et s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e en Europe, cr\u00e9ant ainsi une culture hybride. L&rsquo;<em>afrop\u00e9anit\u00e9 <\/em>est donc une notion qui englobe \u00e0 la fois l&rsquo;h\u00e9ritage africain et l&rsquo;exp\u00e9rience europ\u00e9enne (<a href=\"https:\/\/palaisdetokyo.com\/glossaire\/afropeenne\">https:\/\/palaisdetokyo.com\/glossaire\/afropeenne<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les raisons de retour, les difficult\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es d\u00e8s le d\u00e9part, sont rapport\u00e9es par le journaliste\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a Ina, qui s\u2019est vu refuser la location d\u2019un appartement parce que son dossier \u00e9tait \u00ab trop beau pour \u00eatre vrai <strong>\u00bb<\/strong>, selon la propri\u00e9taire, qui a cru bon d\u2019ajouter : \u00ab On conna\u00eet les arnaques des Africains \u00bb. Ou Aminata, qui garde un souvenir douloureux des nombreux contr\u00f4les de police auxquels elle assistait, enfant, quand elle se promenait dans les rues de Paris avec son p\u00e8re (Soumar\u00e9, 2022, en ligne).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le titre de l\u2019article disait que la parole allait \u00eatre donn\u00e9e aux <em>repats<\/em>. On voit donc des extraits de discours rapport\u00e9s entre guillemets. En rapportant donc les paroles des <em>repats<\/em>, le journaliste d\u00e9cide de garder certains propos entre guillemets. Ce style de discours direct rapport\u00e9 peut aider \u00e0 mettre en valeur des expressions ou des propos. Le fait de citer <em>\u00ab\u00a0<\/em>trop beau pour \u00eatre vrai\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0on connait les arnaques des Africains \u00bb montre que le journaliste veut rapporter ces propos \u00e0 l\u2019identique, ne veut donc pas se permettre de les diluer ou modifier. Ce qu\u2019il va traiter plus loin de \u00ab petites remarques soi-disant bienveillantes\u00a0\u00bb aide \u00e0 d\u00e9crire par la suite les \u00ab\u00a0actes de racisme\u00a0ordinaires \u00bb, donc les st\u00e9r\u00e9otypes en circulation sur les Africains. Le st\u00e9r\u00e9otype est d\u00e9fini comme \u00e9tant \u00ab une croyance, plus ou moins partag\u00e9e, concernant un groupe social d\u00e9termin\u00e9\u00a0\u00bb (Alfredo Lescano, 2013b). C\u2019est donc une repr\u00e9sentation simplifi\u00e9e et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e d&rsquo;un groupe social, souvent bas\u00e9e sur des croyances partag\u00e9es et transmises, qui peut influencer la mani\u00e8re dont les individus sont per\u00e7us et trait\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, dire \u00ab\u00a0On connait les arnaques des Africains \u00bb suppose que les Africains sont des arnaqueurs. L\u2019exemple de Aminata, avec les contr\u00f4les de Police, d\u00e9voile un autre st\u00e9r\u00e9otype : les Africain\u00b7es sont dangereux ou sont des sans-papiers. Le lexique que va utiliser Ina par la suite, pour raconter son exp\u00e9rience et son choix du retour, montre toujours ces st\u00e9r\u00e9otypes. On a par exemple : <em>\u00ab<\/em>\u00a0racisme\u00bb, \u00ab\u00a0islamophobie\u00bb<em>, <\/em>\u00ab\u00a0sectarisme\u00bb et \u00ab\u00a0communautarisme \u00bb. Tous ces termes, \u00e0 caract\u00e8re n\u00e9gatif, expriment la crainte de celle qui parle et illustrent ainsi les raisons de son retour vers l\u2019Afrique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les titres des diff\u00e9rents articles choisis pour constituer le corpus, par leurs formulations ont permis non seulement d\u2019entamer l\u2019analyse, mais aussi, de poser les notions d&rsquo;\u00ab expats \u00bb et de \u00ab repats \u00bb comme des objets sociaux discursifs, porteurs de valeurs, de normes et de tensions culturelles. L&rsquo;analyse contrastive r\u00e9v\u00e8le les in\u00e9galit\u00e9s symboliques dans la mani\u00e8re dont les mobilit\u00e9s sont racont\u00e9es, l\u00e9gitim\u00e9es ou invisibilis\u00e9es. On voit alors qu\u2019en fonction des espaces, le m\u00eame th\u00e8me, en l&rsquo;occurrence celui des<em>\u00a0repats<\/em> est abord\u00e9 sous diff\u00e9rents angles. Ces repats sont d\u00e9crits comme remplissant les conditions requises pour aider au d\u00e9veloppement des compagnies et entreprises \u00e9trang\u00e8res install\u00e9es en Afrique dans l\u2019article du m\u00e9dia <em>Le Point<\/em>. Mais pour <em>Jeune Afrique<\/em>, ce retour est motiv\u00e9 par les conditions difficiles de vie en Europe et particuli\u00e8rement en France avec l\u2019exemple d\u2019Ina et d\u2019Aminata. Si dans le premier cas, ce retour est montr\u00e9 comme strat\u00e9gique et b\u00e9n\u00e9fique, dans le second, il est motiv\u00e9 par des craintes et est souvent mal vu par les pairs ou les parents. En fonction donc des sph\u00e8res, le discours sur les repats est abord\u00e9 diff\u00e9remment et r\u00e9pond \u00e0 des motivations diverses : \u00ab<strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Nos parents sont partis pour r\u00e9ussir, on revient pour les m\u00eames raisons \u00bb (<em>Jeune Afrique<\/em>).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p class=\"PDq2pG_selectionAnchorContainer hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"79\" data-end=\"258\">Calabrese, Laura. 2018. Faut-il dire migrant ou r\u00e9fugi\u00e9 ? D\u00e9bat lexico-s\u00e9mantique autour d\u2019un probl\u00e8me public. <em data-start=\"190\" data-end=\"200\">Langages<\/em>, 210(2), 105-124. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/lang.210.0105\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"221\" data-end=\"258\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/lang.210.0105<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"260\" data-end=\"393\">Coulibaly, Nanourougo. 2021. <em data-start=\"289\" data-end=\"355\">Titrologie. La guerre des tranch\u00e9es m\u00e9diatiques en C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/em>. Abidjan : LiLaS\/\u00c9ditions de l\u2019ONVDP.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"395\" data-end=\"643\">Dartois, Lucile. 2022. Patricia von M\u00fcnchow, <em data-start=\"440\" data-end=\"508\">L\u2019Analyse du discours contrastive. Th\u00e9orie, m\u00e9thodologie, pratique<\/em>. Limoges : Lambert-Lucas, 2021. <em data-start=\"541\" data-end=\"569\">Questions de communication<\/em>, 42(2), 580-582. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/questionsdecommunication.30669\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"589\" data-end=\"643\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/questionsdecommunication.30669<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"645\" data-end=\"849\">Do-Hurinville, Danh-Th\u00e0nh. 2012. Les titres de presse avec <em data-start=\"704\" data-end=\"718\">En voie de N<\/em>. <em data-start=\"720\" data-end=\"728\">Verbum<\/em>, 34(1), 23-41. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/www.atilf.fr\/wp-content\/uploads\/publications\/verbum\/XXXIV\/atilf_Verbum_XXXIV_1_2_Hurinville.pdf\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"746\" data-end=\"849\">https:\/\/www.atilf.fr\/wp-content\/uploads\/publications\/verbum\/XXXIV\/atilf_Verbum_XXXIV_1_2_Hurinville.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"851\" data-end=\"984\">Lescano, Alfredo. 2013. St\u00e9r\u00e9otypes, repr\u00e9sentations sociales et blocs conceptuels. <em data-start=\"935\" data-end=\"942\">Semen<\/em>, 35. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9835\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"950\" data-end=\"984\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9835<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"986\" data-end=\"1181\">Lezou Koffi, Aim\u00e9e-Danielle. 2012. Le cin\u00e9tisme de la signification du lex\u00e8me \u00ab travail \u00bb dans <em data-start=\"1081\" data-end=\"1114\">Murambi, le livre des ossements<\/em> de B. B. Diop. <em data-start=\"1130\" data-end=\"1142\">Sudlangues<\/em>, 18, 59-71. <a class=\"decorated-link\" href=\"http:\/\/www.sudlangues.sn\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1157\" data-end=\"1181\">http:\/\/www.sudlangues.sn<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1183\" data-end=\"1387\">Ma\u00efdakoule, Ibrahim, Houessou, Dorgel\u00e8s, Lezou Koffi, Aim\u00e9e-Danielle et Kiyindou, Alain (dir.). 2023. <em data-start=\"1285\" data-end=\"1368\">La pand\u00e9mie \u00e0 coronavirus (COVID-19). Enjeux, pratiques, discours et prospectives<\/em>. Paris : Bookelis.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1389\" data-end=\"1549\">Moirand, Sophie. 1992. Des choix m\u00e9thodologiques pour une linguistique de discours comparative. <em data-start=\"1485\" data-end=\"1495\">Langages<\/em>, 105, 28-41. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3406\/lgge.1992.1622\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1511\" data-end=\"1549\">https:\/\/doi.org\/10.3406\/lgge.1992.1622<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\" data-start=\"1551\" data-end=\"1817\">Siess, J\u00fcrgen. 2022. Patricia von M\u00fcnchow. <em data-start=\"1594\" data-end=\"1662\">L\u2019Analyse du discours contrastive. Th\u00e9orie, m\u00e9thodologie, pratique<\/em> (Limoges : Lambert-Lucas). <em data-start=\"1690\" data-end=\"1728\">Argumentation et Analyse du Discours<\/em>, 29. <a class=\"decorated-link\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/aad.6813\" target=\"_new\" rel=\"noopener\" data-start=\"1785\" data-end=\"1817\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/aad.6813<\/a><\/p>\n<h2>Corpus<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jean-Michel Huet, Astrid de B\u00e9rail, Melissa Etoke Eyaye. 2019. La fin des expats, l&rsquo;essor des repats ? <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php\">https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mari\u00e8me Soumar\u00e9. 2022. Paroles de \u00ab repats \u00bb : ces Fran\u00e7ais d\u2019origine africaine qui ont fait le choix du retour. <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/nontehe-marie-katienin-coulibaly\">Nontehe Marie Katienin COULIBALY<\/a><\/strong><br \/>Docteure en analyse du discours de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, Coulibaly Nontehe Marie Katienin consacre ses recherches au traitement de la migration dans la presse. Elle s\u2019int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement aux discours sur les migrations en contexte africain. Elle est \u00e9galement membre du R\u00e9seau africain d\u2019analyse du discours (R2AD) et du groupe de travail Discours, Rh\u00e9torique et \u00c9pist\u00e9mologie (DiRE).<br \/>\nContact : coulibalymariekatienin@yahoo.fr<br \/>\n<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-2508-1\">ADC d\u00e9signe l\u2019Analyse du Discours Contrastive <a href=\"#return-footnote-2508-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-2508-2\">Source : <\/span><a style=\"text-align: initial;font-size: 1em\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php\">https:\/\/www.lepoint.fr\/economie\/la-fin-des-expats-l-essor-des-repats-03-02-2019-2291001_28.php<\/a><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\"> <a href=\"#return-footnote-2508-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-2508-3\">Source : <\/span><a style=\"text-align: initial;font-size: 1em\" href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/\">https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1308007\/societe\/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour\/<\/a><span style=\"text-align: initial;font-size: 1em\"> <a href=\"#return-footnote-2508-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-2508-4\">Site de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue francaise, <a href=\"https:\/\/vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca\/24101\/la-redaction-et-la-communication\/figures-de-style\/figures-jouant-sur-la-construction-de-la-phrase\/linterrogation-oratoire#:~:text=Le%20proc%C3%A9d%C3%A9%20de%20l'interrogation,rendre%20le%20discours%20vivant%2C%20etc.\">https:\/\/vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca\/24101\/la-redaction-et-la-communication\/figures-de-style\/figures-jouant-sur-la-construction-de-la-phrase\/linterrogation-oratoire#:~:text=Le%20proc%C3%A9d%C3%A9%20de%20l'interrogation,rendre%20le%20discours%20vivant%2C%20etc.<\/a>  <a href=\"#return-footnote-2508-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":53,"menu_order":16,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["nontehe-marie-katienin-coulibaly"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[807],"license":[],"class_list":["post-2508","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","motscles-analyse-du-discours","motscles-contexte","motscles-identite","motscles-migration","motscles-stereotypes","keywords-context","keywords-discourse-analysis","keywords-identity","keywords-migration","keywords-stereotypes","motscles-autre-analyse-du-discours","motscles-autre-contexte","motscles-autre-identite","motscles-autre-migration","motscles-autre-nin-ninnge-ufl-wie-mun-ekun","contributor-nontehe-marie-katienin-coulibaly"],"part":2496,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/2508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"version-history":[{"count":37,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/2508\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3109,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/2508\/revisions\/3109"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/2496"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/2508\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=2508"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=2508"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=2508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}