{"id":650,"date":"2024-04-07T09:25:12","date_gmt":"2024-04-07T07:25:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=650"},"modified":"2024-12-31T15:41:03","modified_gmt":"2024-12-31T14:41:03","slug":"presentation2024-1-1","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/presentation2024-1-1\/","title":{"rendered":"Les discours num\u00e9riques natifs d&rsquo;Afrique : technodiscours d&rsquo;ici, technodiscours d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Pr\u00e9sentation"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Les discours num\u00e9riques natifs (d\u00e9sormais DNN) ou technodiscours sont des \u00e9nonc\u00e9s \u00e9labor\u00e9es et diffus\u00e9es originellement en ligne, notamment sur les r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques et dans tous les lieux num\u00e9riques (sites web, blogs, applications, etc.) qui accueillent des productions discursives dans une dynamique interactionnelle. Ils constituent le mat\u00e9riau de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique, une \u00e9pist\u00e9mologie nouvelle mise en place par Marie-Anne Paveau au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. Ce cadre th\u00e9orique et m\u00e9thodologique part du postulat selon lequel les travaux en sciences du langage sur \u00ab les discours natifs d\u2019internet ou du web peinent \u00e0 prendre en compte leur dimension technique, int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 leur nature langagi\u00e8re du fait de la programmation informatique qui structure les univers num\u00e9riques \u00bb (Paveau, 2017, p. 9). Pour ce faire, l\u2019analyse du discours num\u00e9rique adopte une posture post-dualiste et propose une analyse des productions discursives en ligne \u00e0 partir d\u2019une approche \u00e9cologique (ou environnementale) qui favorise la prise en compte de leurs caract\u00e9ristiques technologiques.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, les travaux sur les discours natifs en ligne int\u00e8grent de plus en plus ce positionnement \u00e9pist\u00e9mologique venu de France, selon des temporalit\u00e9s diff\u00e9rentes. En Afrique subsaharienne, certains travaux commencent \u00e0 prendre en compte les DNN, par exemple au Cameroun[footnote]Il s\u2019agit principalement des articles de Tsamo Dongmo Franck Rostov, de l\u2019universit\u00e9 de Dschang (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame).[\/footnote], en C\u00f4te d\u2019Ivoire[footnote]Les travaux de Djil\u00e9 Donald, de l\u2019Universit\u00e9 Alassane Ouattara de Bouak\u00e9 (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame), les th\u00e8ses en cours de Kouassi Hermann Andr\u00e9 \u00ab De la subjectivit\u00e9 dans le technodiscours ivoirien : Pour une analyse pragmalinguistique de quelques interjections dans le discours du web 2.0 (Facebook - WhatsApp - Twitter) \u00bb (UAO, Bouak\u00e9) et de Kon\u00e9 Abdoul Karim \u00ab Sph\u00e8re politique et analyse du discours num\u00e9rique : modalit\u00e9s argumentatives et construction de l\u2019image de soi \u00bb (Universit\u00e9 F\u00e9lix-Houphou\u00ebt-Boigny, Abidjan) montrent un int\u00e9r\u00eat certain et une \u00e9volution progressive de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique dans ce pays.[\/footnote] et au S\u00e9n\u00e9gal[footnote]Selon les informations \u00e0 notre disposition, le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019enregistre qu\u2019une th\u00e8se qui int\u00e8gre le cadre th\u00e9orico-m\u00e9thodologique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique. C\u2019est celle de Malick Diouf, \u00ab Normes linguistiques et des interactions verbales, genres et communaut\u00e9s dans la communication en ligne et les m\u00e9dias sociaux \u00bb en pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop (Dakar).[\/footnote], alors que dans la partie septentrionale, les recherches en analyse discours num\u00e9rique avancent \u00e0 grands pas. Le Maroc et surtout l\u2019Alg\u00e9rie se distinguent par l\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements scientifiques et de nombreux travaux men\u00e9s dans le but de comprendre les nuances des discours produits en ligne (Alaoui et Alaoui, 2021) et les pratiques technodiscursives dans leurs environnements num\u00e9riques (Ali Bencherif et Mahieddine, 2022). En effet, pendant que certaines recherches portent sur les unit\u00e9s technodiscursives \u00e0 analyser dans ces environnements num\u00e9riques telles que la pancarte, le commentaire, les hashtags et les slogans (Malek et Hamza, 2021), d\u2019autres explorent les m\u00e9canismes d\u00e9ploy\u00e9s pour assurer la communication en ligne comme la construction de l'identit\u00e9 et l\u2019emploi des pseudonymes (Bourdache et Lanseur, 2020). Elles mettent par ailleurs en lumi\u00e8re les dynamiques linguistiques et sociales qui dominent dans les interactions en ligne, comme les pratiques du dialogisme en ligne (Oulebsir, 2022), de la citation et les circulations des discours rapport\u00e9s (Bourdache, 2023), notamment en p\u00e9riode de crise, en l\u2019occurrence le <em>hirak<\/em> de 2019 et la Covid-19 (Benaldi, 2021).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette implantation de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique dans l\u2019univers acad\u00e9mique africain francophone s\u2019int\u00e8gre \u00e0 celle de l\u2019analyse du discours fran\u00e7aise qui a accouch\u00e9, \u00e0 la satisfaction des adeptes africain\u00b7e\u00b7s des savoirs endog\u00e8nes (Hountondji, 2001), d\u2019une analyse du discours africaine, dont \u00ab les bases th\u00e9oriques \u00bb (Diallo, 2022) ont \u00e9t\u00e9 rediscut\u00e9es puis pl\u00e9biscit\u00e9es lors du premier congr\u00e8s du R\u00e9seau Africain d\u2019Analyse du Discours (R2AD)[footnote]<a href=\"https:\/\/calenda.org\/993529?file=1\">https:\/\/calenda.org\/993529?file=1<\/a>[\/footnote]. Ce congr\u00e8s a r\u00e9uni quarante-six chercheur\u00b7euse\u00b7s venu\u00b7e\u00b7s de treize pays d\u2019Afrique, d\u2019Am\u00e9rique et d\u2019Europe autour de <em>L\u2019analyse du discours en contexte africain : une analyse du discours situ\u00e9e?<\/em> Il s\u2019est referm\u00e9 sur de vives recommandations en lien avec la mise en place de projets de recherche visant \u00e0 positionner l\u2019Afrique, et par ricochet la recherche africaine, comme productrice de savoirs. Il s\u2019agit, dans cette entreprise collective \u00e0 forts enjeux \u00e9pist\u00e9miques, de partir de corpus natifs d\u2019Afrique afin d\u2019embo\u00eeter le pas au mouvement de th\u00e9orisation insuffl\u00e9 par Bohui Dj\u00e9dj\u00e9 Hilaire et ses avertisseurs communicationnels africains, de mani\u00e8re \u00e0 changer le regard sur cette r\u00e9gion du monde consid\u00e9r\u00e9e, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, comme la parente pauvre de la production scientifique mondiale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce num\u00e9ro th\u00e9matique sur l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en Afrique francophone s\u2019inscrit dans cette perspective. Il \u00e9pouse, \u00e0 la fois, les ambitions du R2AD \u2013 \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus \u2013 et les objectifs de la Revue <em>Magana<\/em> qui veut offrir aux membres dudit r\u00e9seau et \u00e0 tou\u00b7te\u00b7s les chercheur\u00b7euse\u00b7s des Suds un espace de diffusion et de visibilisation de leurs travaux, de sorte \u00e0 \u00ab mieux appr\u00e9hender les pratiques, objets et dynamiques th\u00e9oriques \u00e0 l\u2019\u0153uvre sur le continent africain \u00bb (Pr\u00e9sentation de la revue, en ligne[footnote]<a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/politiques\/la-revue-en-bref\/\">https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/politiques\/la-revue-en-bref\/<\/a>[\/footnote]). M\u00eame si l\u2019on ne va pas jusqu\u2019\u00e0 poser une analyse du discours num\u00e9rique africaine, il convient de noter que les discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique rev\u00eatent des particularit\u00e9s qui influencent la pratique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et sont susceptibles d\u2019enrichir ses cadrages ouverts \u00e0 de nouvelles propositions. En effet, les pratiques technodiscursives et les interactions technoconversationnelles natives des lieux num\u00e9riques africains entrent dans une culture discursive num\u00e9rique plan\u00e9taire. Elles sont, comme partout ailleurs, la r\u00e9sultante d\u2019une collaboration homme-machine qui justifie leur nature hybride (composite, d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9e), faites de mat\u00e9rialit\u00e9s linguistiques (textes), iconiques (\u00e9mojis, \u00e9motic\u00f4nes, images, etc.) et de propri\u00e9t\u00e9s technologiques (cliquabilit\u00e9, hypertextualit\u00e9, r\u00e9ticularit\u00e9, fractalit\u00e9, etc.). Toutefois, elles pr\u00e9sentent des particularit\u00e9s qui sont en lien avec des contextes situ\u00e9s caract\u00e9ris\u00e9s par une composante culturelle et linguistique riche et des mutations sociopolitiques in\u00e9dites.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les articles rassembl\u00e9s dans cette mouture constituent un \u00e9chantillon, que nous pensons repr\u00e9sentatif, de ce qui se fait aujourd\u2019hui en analyse du discours num\u00e9rique sur le continent africain. Ils montrent que, malgr\u00e9 l'ar\u00e9alit\u00e9 des chercheur\u00b7euse\u00b7s, les travaux propos\u00e9s entrent dans une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, du point de vue des pratiques de recherche et des th\u00e9matiques d\u00e9velopp\u00e9es. Ils offrent une exploration approfondie des transformations linguistiques, sociales, culturelles et politiques v\u00e9hicul\u00e9es par les m\u00e9dias sociaux et les technologies discursives. Ils permettent ainsi de comprendre les soci\u00e9t\u00e9s africaines contemporaines \u00e0 partir de l\u2019observation des productions discursives et de l\u2019analyse des interactions conversationnelles qu\u2019elles induisent dans les lieux num\u00e9riques. Ce sont donc cinq articles de jeunes chercheur\u00b7euse\u00b7s qui examinent les pratiques et les appropriations sp\u00e9cifiques des discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique et qui souhaitent apporter des perspectives enrichissantes sur les repr\u00e9sentations identitaires, les dynamiques linguistiques, la citoyennet\u00e9 en ligne et les pratiques discursives num\u00e9riques en Afrique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019article de <strong>Kamila Oulebsir-Oukil<\/strong>, \u00ab\u00a0D\u00e9tournement et discours rapport\u00e9 dans les pancartes du <em>hirak<\/em> alg\u00e9rien : quelques pistes de r\u00e9flexions\u00a0\u00bb, analyse les pancartes num\u00e9riques des manifestations du <em>hirak<\/em> alg\u00e9rien en les consid\u00e9rant comme des \u00ab technogenres \u00bb. En s\u2019appuyant sur les pancartes photographi\u00e9es et partag\u00e9es sur des r\u00e9seaux sociaux comme Facebook, Twitter et Instagram, l'\u00e9tude examine comment les manifestant\u00b7e\u00b7s utilisent ces outils pour d\u00e9tourner, s\u2019approprier et resignifier des discours (proverbes, citations, paroles de chansons, etc.) qui appartiennent pour la plupart \u00e0 la culture populaire. L\u2019analyse de ces pancartes \u2013 obtenues par captures d\u2019\u00e9cran de contenus diffus\u00e9s en ligne \u2013 met en lumi\u00e8re des pratiques de discours rapport\u00e9 et de d\u00e9tournement, r\u00e9v\u00e9lant des modalit\u00e9s \u00e9nonciatives et des techniques de reprise et d\u2019autocitation utilis\u00e9es comme m\u00e9canismes de r\u00e9sistance politique \u00e0 travers l\u2019utilisation cr\u00e9ative des m\u00e9dias sociaux. Avec <strong>Franck Rostov Tsamo Dongmo<\/strong>, il est question d\u2019explorer les changements morphos\u00e9mantiques des discours en ligne en se basant sur des termes qui prennent des significations sp\u00e9cifiques dans les productions discursives des socionautes africain\u00b7e\u00b7s. Dans \u00ab Discours et polyvalence morphos\u00e9mantique en contexte num\u00e9rique africain : une analyse technolinguistique des emplois de <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> sur Facebook \u00bb, l\u2019auteur montre que les discours en ligne \u00e9voluent en fonction des contextes locaux, mettant en \u00e9vidence la flexibilit\u00e9 et l\u2019adaptabilit\u00e9 de certains mots et expressions constamment n\u00e9goci\u00e9s et red\u00e9finis par les utilisateurs et les utilisatrices. <strong>Akoua Adaye Nadia Kra<\/strong> et <strong>Abdoul Karim Kon\u00e9<\/strong> traitent, pour leur part, de la \u00ab citoyennet\u00e9 num\u00e9rique \u00bb comme \u00ab nouveau r\u00e9pertoire d\u2019actions et analysent des mobilisations citoyennes \u00bb en s\u2019appuyant sur le cas de Vincent Toh Bi Iri\u00e9. Ils y explorent la mani\u00e8re dont les m\u00e9dias sociaux red\u00e9finissent la citoyennet\u00e9 et facilitent de nouvelles formes de mobilisation sociale en C\u00f4te d'Ivoire. En se concentrant sur la figure de Vincent Toh Bi Iri\u00e9, ancien pr\u00e9fet d\u2019Abidjan, les auteur\u00b7trice\u00b7s montrent comment des plateformes comme Facebook et Twitter sont utilis\u00e9es pour engager directement les citoyens, diffuser des informations et organiser des campagnes de mobilisation. Dans son article \u00ab Des noms et des discours sur le web social. \u00c9l\u00e9ments d\u2019analyse plurielle des discours toponymiques de la communaut\u00e9 discursive de la page Facebook <em>Je<\/em>\u00a0\u00bb, <strong>Achour Bourdache<\/strong> analyse les discours toponymiques produits par les utilisateurs et utilisatrices alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s sur la page Facebook <em>Je<\/em>. Utilisant une approche multimodale, l\u2019\u00e9tude examine les dimensions linguistiques et s\u00e9miotiques des commentaires et \u00e9changes autour des noms de lieux insolites partag\u00e9s sur cette plateforme. Cette analyse permet de comprendre comment les utilisateurs et les utilisatrices red\u00e9finissent leurs environnements locaux et construisent des repr\u00e9sentations sociales et identitaires. L\u2019interaction entre les espaces physiques et num\u00e9riques montre l'importance des r\u00e9seaux sociaux comme lieux de construction et de n\u00e9gociation des identit\u00e9s collectives. Le dernier article, \u00ab Pratiques citationnelles sur smartphone et modes de prise en charge dans les technodiscours rapport\u00e9s \u00bb rend compte des pratiques citationnelles num\u00e9riques r\u00e9alis\u00e9es <em>via<\/em> les smartphones, en prenant pour objet les technodiscours rapport\u00e9s sur Facebook. <strong>Donald Djil\u00e9<\/strong> y identifie deux formats technodiscursifs\u00a0qui fonctionnent tous les deux sur la base de la capture d\u2019\u00e9cran : l\u2019une des formes de technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant (Paveau, 2017, p. 294) et la technoconversation rapport\u00e9e qu\u2019il pose comme cat\u00e9gorie nouvelle en analyse du discours num\u00e9rique. C\u2019est donc un article \u00e0 vocation \u00e9pist\u00e9mique qui part de la contribution significative des affordances du smartphone dans l\u2019exercice du discours rapport\u00e9 en ligne pour d\u00e9gager des m\u00e9canismes techno-\u00e9nonciatifs de prise en charge discursive.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tous ces travaux sont empiriques et r\u00e9alis\u00e9s en terrains num\u00e9riques. Facebook, X (ex-Twitter) ou encore YouTube ont servi de \u00ab lieux de corpus \u00bb (Bibi\u00e9-\u00c9m\u00e9rit, 2016) pour une exploration immerg\u00e9e, <em>i<\/em>.<em>e.<\/em> une observation technorelationnelle (Djil\u00e9, 2022) des discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique. Chaque article adopte les cadrages de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en proposant, pour certains, des contributions th\u00e9oriques, pour les autres, des d\u00e9marches m\u00e9thodologiques impos\u00e9es par leurs corpus. Chacune des contributions enrichit, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, la compr\u00e9hension des processus d'appropriation, les nouvelles formes de citoyennet\u00e9 et les pratiques interactionnelles en Afrique, dans un monde de plus en plus connect\u00e9. Les articles mettent en \u00e9vidence des individus ou des communaut\u00e9s \u00e0 travers les usages qu\u2019ils font des technologies num\u00e9riques, notamment en exprimant leurs identit\u00e9s, leurs engagements, leurs revendications et leurs perceptions toponymiques, r\u00e9v\u00e9lant ainsi des pratiques technodiscursives situ\u00e9es en Afrique francophone.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce num\u00e9ro veut pr\u00e9senter quelques avanc\u00e9es de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en Afrique, en proposant des r\u00e9flexions port\u00e9es sur des corpus num\u00e9riques natifs issus de cet espace g\u00e9ographique aussi complexe qu\u2019int\u00e9ressant. Il s\u2019est voulu un reflet de la diversit\u00e9 et de la dynamique des discours num\u00e9riques en Afrique francophone qui t\u00e9moignent de la vitalit\u00e9 d\u2019un champ de recherche \u2013 port\u00e9 par des jeunes chercheur\u00b7euse\u00b7s engag\u00e9\u00b7e\u00b7s et passionn\u00e9\u00b7e\u00b7s \u2013 qui continue de se d\u00e9velopper et de s\u2019enrichir. Cette livraison est donc une invitation \u00e0 poursuivre l\u2019exploration de ce domaine fascinant o\u00f9 chaque proposition est une porte vers une compr\u00e9hension plus profonde des pratiques technodiscursives et technoconversationnelles qui animent les soci\u00e9t\u00e9s africaines francophones d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<strong>\r\n<\/strong><\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alaoui, Ismail Madani et Alaoui, Sadik Madani. 2021. <em>Le discours de la rumeur \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique<\/em>. Agadir\u00a0: Publication de la Facult\u00e9 des Lettres et des Sciences Humaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine. 2022. <em>Langues, discours et identit\u00e9s au prisme des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques<\/em>. Ottignies-Louvain-la-Neuve : EME Editions.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Benaldi, Hassiba. 2021. Analyse du pathos dans les pratiques discursives num\u00e9riques sur Facebook au cours de la troisi\u00e8me vague \u00e9pid\u00e9miologique en Alg\u00e9rie. <em>Aleph<\/em>, n\u00b03, p. 223\u2011250. URL: <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/168553\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/168553<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bourdache, Achour et Lanseur, Soufiane, 2020. Le pseudonyme : reflet d'identit\u00e9 sur le web social? <em>Studii de gramatic\u0103 contrastiv\u0103<\/em>, Vol. 1, n\u00b033, p. 114-131, URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/studiidegramaticacontrastiva.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Bourdache-Lanseur-33.pdf\">http:\/\/studiidegramaticacontrastiva.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Bourdache-Lanseur-33.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bourdache, Achour. 2023. La citation comme technogenre de discours rapport\u00e9 sur Twitter : description, cat\u00e9gorisation et fonctions technodiscursives. <em>Multilinguales<\/em>, n\u00b020, p. 30-52. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/multilinguales.10870\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/multilinguales.10870<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Demba Thilel. 2022. Les bases th\u00e9oriques de l'analyse du discours africaine, <em>Revue LiLaS<\/em>, Hors-s\u00e9rie, p. 117-136.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djil\u00e9, Donald. 2022. L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs. <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Vol. 4, p. 125-148.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela<\/em>, n\u00b014-1. URL: <a href=\"http:\/\/corela.revues.org\/4594\">http:\/\/corela.revues.org\/4594<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hountondji, Paulin. 2001. Au-dela\u0300 de l\u2019ethnoscience : pour une re\u0301appropriation critique des savoirs endoge\u0300nes. <em>Notre Librairie. Revue des litt\u00e9ratures du Sud<\/em>, n\u00b0144, p. 58-65.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Malek, Azzeddine et Hamza, Madina. 2021. Quand les pancartes des manifestants plaident pour le peuple alg\u00e9rien. Analyse s\u00e9miolinguistique des \u00e9crits contestataires. <em>Socles<\/em>, Vol. 10, n\u00b01, p. 251-273.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Oulebsir, Kamila. 2022. Le dialogisme dans le discours en ligne. Analyse et proc\u00e9d\u00e9s.\u00a0 <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Vol. 4, p.149-170.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris : Hermann.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les discours num\u00e9riques natifs (d\u00e9sormais DNN) ou technodiscours sont des \u00e9nonc\u00e9s \u00e9labor\u00e9es et diffus\u00e9es originellement en ligne, notamment sur les r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques et dans tous les lieux num\u00e9riques (sites web, blogs, applications, etc.) qui accueillent des productions discursives dans une dynamique interactionnelle. Ils constituent le mat\u00e9riau de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique, une \u00e9pist\u00e9mologie nouvelle mise en place par Marie-Anne Paveau au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. Ce cadre th\u00e9orique et m\u00e9thodologique part du postulat selon lequel les travaux en sciences du langage sur \u00ab les discours natifs d\u2019internet ou du web peinent \u00e0 prendre en compte leur dimension technique, int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 leur nature langagi\u00e8re du fait de la programmation informatique qui structure les univers num\u00e9riques \u00bb (Paveau, 2017, p. 9). Pour ce faire, l\u2019analyse du discours num\u00e9rique adopte une posture post-dualiste et propose une analyse des productions discursives en ligne \u00e0 partir d\u2019une approche \u00e9cologique (ou environnementale) qui favorise la prise en compte de leurs caract\u00e9ristiques technologiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Afrique, les travaux sur les discours natifs en ligne int\u00e8grent de plus en plus ce positionnement \u00e9pist\u00e9mologique venu de France, selon des temporalit\u00e9s diff\u00e9rentes. En Afrique subsaharienne, certains travaux commencent \u00e0 prendre en compte les DNN, par exemple au Cameroun<a class=\"footnote\" title=\"Il s\u2019agit principalement des articles de Tsamo Dongmo Franck Rostov, de l\u2019universit\u00e9 de Dschang (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame).\" id=\"return-footnote-650-1\" href=\"#footnote-650-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, en C\u00f4te d\u2019Ivoire<a class=\"footnote\" title=\"Les travaux de Djil\u00e9 Donald, de l\u2019Universit\u00e9 Alassane Ouattara de Bouak\u00e9 (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame), les th\u00e8ses en cours de Kouassi Hermann Andr\u00e9 \u00ab De la subjectivit\u00e9 dans le technodiscours ivoirien : Pour une analyse pragmalinguistique de quelques interjections dans le discours du web 2.0 (Facebook - WhatsApp - Twitter) \u00bb (UAO, Bouak\u00e9) et de Kon\u00e9 Abdoul Karim \u00ab Sph\u00e8re politique et analyse du discours num\u00e9rique : modalit\u00e9s argumentatives et construction de l\u2019image de soi \u00bb (Universit\u00e9 F\u00e9lix-Houphou\u00ebt-Boigny, Abidjan) montrent un int\u00e9r\u00eat certain et une \u00e9volution progressive de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique dans ce pays.\" id=\"return-footnote-650-2\" href=\"#footnote-650-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> et au S\u00e9n\u00e9gal<a class=\"footnote\" title=\"Selon les informations \u00e0 notre disposition, le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019enregistre qu\u2019une th\u00e8se qui int\u00e8gre le cadre th\u00e9orico-m\u00e9thodologique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique. C\u2019est celle de Malick Diouf, \u00ab Normes linguistiques et des interactions verbales, genres et communaut\u00e9s dans la communication en ligne et les m\u00e9dias sociaux \u00bb en pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop (Dakar).\" id=\"return-footnote-650-3\" href=\"#footnote-650-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>, alors que dans la partie septentrionale, les recherches en analyse discours num\u00e9rique avancent \u00e0 grands pas. Le Maroc et surtout l\u2019Alg\u00e9rie se distinguent par l\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements scientifiques et de nombreux travaux men\u00e9s dans le but de comprendre les nuances des discours produits en ligne (Alaoui et Alaoui, 2021) et les pratiques technodiscursives dans leurs environnements num\u00e9riques (Ali Bencherif et Mahieddine, 2022). En effet, pendant que certaines recherches portent sur les unit\u00e9s technodiscursives \u00e0 analyser dans ces environnements num\u00e9riques telles que la pancarte, le commentaire, les hashtags et les slogans (Malek et Hamza, 2021), d\u2019autres explorent les m\u00e9canismes d\u00e9ploy\u00e9s pour assurer la communication en ligne comme la construction de l&rsquo;identit\u00e9 et l\u2019emploi des pseudonymes (Bourdache et Lanseur, 2020). Elles mettent par ailleurs en lumi\u00e8re les dynamiques linguistiques et sociales qui dominent dans les interactions en ligne, comme les pratiques du dialogisme en ligne (Oulebsir, 2022), de la citation et les circulations des discours rapport\u00e9s (Bourdache, 2023), notamment en p\u00e9riode de crise, en l\u2019occurrence le <em>hirak<\/em> de 2019 et la Covid-19 (Benaldi, 2021).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette implantation de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique dans l\u2019univers acad\u00e9mique africain francophone s\u2019int\u00e8gre \u00e0 celle de l\u2019analyse du discours fran\u00e7aise qui a accouch\u00e9, \u00e0 la satisfaction des adeptes africain\u00b7e\u00b7s des savoirs endog\u00e8nes (Hountondji, 2001), d\u2019une analyse du discours africaine, dont \u00ab les bases th\u00e9oriques \u00bb (Diallo, 2022) ont \u00e9t\u00e9 rediscut\u00e9es puis pl\u00e9biscit\u00e9es lors du premier congr\u00e8s du R\u00e9seau Africain d\u2019Analyse du Discours (R2AD)<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/calenda.org\/993529?file=1\" id=\"return-footnote-650-4\" href=\"#footnote-650-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>. Ce congr\u00e8s a r\u00e9uni quarante-six chercheur\u00b7euse\u00b7s venu\u00b7e\u00b7s de treize pays d\u2019Afrique, d\u2019Am\u00e9rique et d\u2019Europe autour de <em>L\u2019analyse du discours en contexte africain : une analyse du discours situ\u00e9e?<\/em> Il s\u2019est referm\u00e9 sur de vives recommandations en lien avec la mise en place de projets de recherche visant \u00e0 positionner l\u2019Afrique, et par ricochet la recherche africaine, comme productrice de savoirs. Il s\u2019agit, dans cette entreprise collective \u00e0 forts enjeux \u00e9pist\u00e9miques, de partir de corpus natifs d\u2019Afrique afin d\u2019embo\u00eeter le pas au mouvement de th\u00e9orisation insuffl\u00e9 par Bohui Dj\u00e9dj\u00e9 Hilaire et ses avertisseurs communicationnels africains, de mani\u00e8re \u00e0 changer le regard sur cette r\u00e9gion du monde consid\u00e9r\u00e9e, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, comme la parente pauvre de la production scientifique mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce num\u00e9ro th\u00e9matique sur l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en Afrique francophone s\u2019inscrit dans cette perspective. Il \u00e9pouse, \u00e0 la fois, les ambitions du R2AD \u2013 \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus \u2013 et les objectifs de la Revue <em>Magana<\/em> qui veut offrir aux membres dudit r\u00e9seau et \u00e0 tou\u00b7te\u00b7s les chercheur\u00b7euse\u00b7s des Suds un espace de diffusion et de visibilisation de leurs travaux, de sorte \u00e0 \u00ab mieux appr\u00e9hender les pratiques, objets et dynamiques th\u00e9oriques \u00e0 l\u2019\u0153uvre sur le continent africain \u00bb (Pr\u00e9sentation de la revue, en ligne<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/politiques\/la-revue-en-bref\/\" id=\"return-footnote-650-5\" href=\"#footnote-650-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>). M\u00eame si l\u2019on ne va pas jusqu\u2019\u00e0 poser une analyse du discours num\u00e9rique africaine, il convient de noter que les discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique rev\u00eatent des particularit\u00e9s qui influencent la pratique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et sont susceptibles d\u2019enrichir ses cadrages ouverts \u00e0 de nouvelles propositions. En effet, les pratiques technodiscursives et les interactions technoconversationnelles natives des lieux num\u00e9riques africains entrent dans une culture discursive num\u00e9rique plan\u00e9taire. Elles sont, comme partout ailleurs, la r\u00e9sultante d\u2019une collaboration homme-machine qui justifie leur nature hybride (composite, d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9e), faites de mat\u00e9rialit\u00e9s linguistiques (textes), iconiques (\u00e9mojis, \u00e9motic\u00f4nes, images, etc.) et de propri\u00e9t\u00e9s technologiques (cliquabilit\u00e9, hypertextualit\u00e9, r\u00e9ticularit\u00e9, fractalit\u00e9, etc.). Toutefois, elles pr\u00e9sentent des particularit\u00e9s qui sont en lien avec des contextes situ\u00e9s caract\u00e9ris\u00e9s par une composante culturelle et linguistique riche et des mutations sociopolitiques in\u00e9dites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les articles rassembl\u00e9s dans cette mouture constituent un \u00e9chantillon, que nous pensons repr\u00e9sentatif, de ce qui se fait aujourd\u2019hui en analyse du discours num\u00e9rique sur le continent africain. Ils montrent que, malgr\u00e9 l&rsquo;ar\u00e9alit\u00e9 des chercheur\u00b7euse\u00b7s, les travaux propos\u00e9s entrent dans une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, du point de vue des pratiques de recherche et des th\u00e9matiques d\u00e9velopp\u00e9es. Ils offrent une exploration approfondie des transformations linguistiques, sociales, culturelles et politiques v\u00e9hicul\u00e9es par les m\u00e9dias sociaux et les technologies discursives. Ils permettent ainsi de comprendre les soci\u00e9t\u00e9s africaines contemporaines \u00e0 partir de l\u2019observation des productions discursives et de l\u2019analyse des interactions conversationnelles qu\u2019elles induisent dans les lieux num\u00e9riques. Ce sont donc cinq articles de jeunes chercheur\u00b7euse\u00b7s qui examinent les pratiques et les appropriations sp\u00e9cifiques des discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique et qui souhaitent apporter des perspectives enrichissantes sur les repr\u00e9sentations identitaires, les dynamiques linguistiques, la citoyennet\u00e9 en ligne et les pratiques discursives num\u00e9riques en Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019article de <strong>Kamila Oulebsir-Oukil<\/strong>, \u00ab\u00a0D\u00e9tournement et discours rapport\u00e9 dans les pancartes du <em>hirak<\/em> alg\u00e9rien : quelques pistes de r\u00e9flexions\u00a0\u00bb, analyse les pancartes num\u00e9riques des manifestations du <em>hirak<\/em> alg\u00e9rien en les consid\u00e9rant comme des \u00ab technogenres \u00bb. En s\u2019appuyant sur les pancartes photographi\u00e9es et partag\u00e9es sur des r\u00e9seaux sociaux comme Facebook, Twitter et Instagram, l&rsquo;\u00e9tude examine comment les manifestant\u00b7e\u00b7s utilisent ces outils pour d\u00e9tourner, s\u2019approprier et resignifier des discours (proverbes, citations, paroles de chansons, etc.) qui appartiennent pour la plupart \u00e0 la culture populaire. L\u2019analyse de ces pancartes \u2013 obtenues par captures d\u2019\u00e9cran de contenus diffus\u00e9s en ligne \u2013 met en lumi\u00e8re des pratiques de discours rapport\u00e9 et de d\u00e9tournement, r\u00e9v\u00e9lant des modalit\u00e9s \u00e9nonciatives et des techniques de reprise et d\u2019autocitation utilis\u00e9es comme m\u00e9canismes de r\u00e9sistance politique \u00e0 travers l\u2019utilisation cr\u00e9ative des m\u00e9dias sociaux. Avec <strong>Franck Rostov Tsamo Dongmo<\/strong>, il est question d\u2019explorer les changements morphos\u00e9mantiques des discours en ligne en se basant sur des termes qui prennent des significations sp\u00e9cifiques dans les productions discursives des socionautes africain\u00b7e\u00b7s. Dans \u00ab Discours et polyvalence morphos\u00e9mantique en contexte num\u00e9rique africain : une analyse technolinguistique des emplois de <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> sur Facebook \u00bb, l\u2019auteur montre que les discours en ligne \u00e9voluent en fonction des contextes locaux, mettant en \u00e9vidence la flexibilit\u00e9 et l\u2019adaptabilit\u00e9 de certains mots et expressions constamment n\u00e9goci\u00e9s et red\u00e9finis par les utilisateurs et les utilisatrices. <strong>Akoua Adaye Nadia Kra<\/strong> et <strong>Abdoul Karim Kon\u00e9<\/strong> traitent, pour leur part, de la \u00ab citoyennet\u00e9 num\u00e9rique \u00bb comme \u00ab nouveau r\u00e9pertoire d\u2019actions et analysent des mobilisations citoyennes \u00bb en s\u2019appuyant sur le cas de Vincent Toh Bi Iri\u00e9. Ils y explorent la mani\u00e8re dont les m\u00e9dias sociaux red\u00e9finissent la citoyennet\u00e9 et facilitent de nouvelles formes de mobilisation sociale en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire. En se concentrant sur la figure de Vincent Toh Bi Iri\u00e9, ancien pr\u00e9fet d\u2019Abidjan, les auteur\u00b7trice\u00b7s montrent comment des plateformes comme Facebook et Twitter sont utilis\u00e9es pour engager directement les citoyens, diffuser des informations et organiser des campagnes de mobilisation. Dans son article \u00ab Des noms et des discours sur le web social. \u00c9l\u00e9ments d\u2019analyse plurielle des discours toponymiques de la communaut\u00e9 discursive de la page Facebook <em>Je<\/em>\u00a0\u00bb, <strong>Achour Bourdache<\/strong> analyse les discours toponymiques produits par les utilisateurs et utilisatrices alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s sur la page Facebook <em>Je<\/em>. Utilisant une approche multimodale, l\u2019\u00e9tude examine les dimensions linguistiques et s\u00e9miotiques des commentaires et \u00e9changes autour des noms de lieux insolites partag\u00e9s sur cette plateforme. Cette analyse permet de comprendre comment les utilisateurs et les utilisatrices red\u00e9finissent leurs environnements locaux et construisent des repr\u00e9sentations sociales et identitaires. L\u2019interaction entre les espaces physiques et num\u00e9riques montre l&rsquo;importance des r\u00e9seaux sociaux comme lieux de construction et de n\u00e9gociation des identit\u00e9s collectives. Le dernier article, \u00ab Pratiques citationnelles sur smartphone et modes de prise en charge dans les technodiscours rapport\u00e9s \u00bb rend compte des pratiques citationnelles num\u00e9riques r\u00e9alis\u00e9es <em>via<\/em> les smartphones, en prenant pour objet les technodiscours rapport\u00e9s sur Facebook. <strong>Donald Djil\u00e9<\/strong> y identifie deux formats technodiscursifs\u00a0qui fonctionnent tous les deux sur la base de la capture d\u2019\u00e9cran : l\u2019une des formes de technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant (Paveau, 2017, p. 294) et la technoconversation rapport\u00e9e qu\u2019il pose comme cat\u00e9gorie nouvelle en analyse du discours num\u00e9rique. C\u2019est donc un article \u00e0 vocation \u00e9pist\u00e9mique qui part de la contribution significative des affordances du smartphone dans l\u2019exercice du discours rapport\u00e9 en ligne pour d\u00e9gager des m\u00e9canismes techno-\u00e9nonciatifs de prise en charge discursive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tous ces travaux sont empiriques et r\u00e9alis\u00e9s en terrains num\u00e9riques. Facebook, X (ex-Twitter) ou encore YouTube ont servi de \u00ab lieux de corpus \u00bb (Bibi\u00e9-\u00c9m\u00e9rit, 2016) pour une exploration immerg\u00e9e, <em>i<\/em>.<em>e.<\/em> une observation technorelationnelle (Djil\u00e9, 2022) des discours num\u00e9riques natifs d\u2019Afrique. Chaque article adopte les cadrages de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en proposant, pour certains, des contributions th\u00e9oriques, pour les autres, des d\u00e9marches m\u00e9thodologiques impos\u00e9es par leurs corpus. Chacune des contributions enrichit, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, la compr\u00e9hension des processus d&rsquo;appropriation, les nouvelles formes de citoyennet\u00e9 et les pratiques interactionnelles en Afrique, dans un monde de plus en plus connect\u00e9. Les articles mettent en \u00e9vidence des individus ou des communaut\u00e9s \u00e0 travers les usages qu\u2019ils font des technologies num\u00e9riques, notamment en exprimant leurs identit\u00e9s, leurs engagements, leurs revendications et leurs perceptions toponymiques, r\u00e9v\u00e9lant ainsi des pratiques technodiscursives situ\u00e9es en Afrique francophone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce num\u00e9ro veut pr\u00e9senter quelques avanc\u00e9es de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique en Afrique, en proposant des r\u00e9flexions port\u00e9es sur des corpus num\u00e9riques natifs issus de cet espace g\u00e9ographique aussi complexe qu\u2019int\u00e9ressant. Il s\u2019est voulu un reflet de la diversit\u00e9 et de la dynamique des discours num\u00e9riques en Afrique francophone qui t\u00e9moignent de la vitalit\u00e9 d\u2019un champ de recherche \u2013 port\u00e9 par des jeunes chercheur\u00b7euse\u00b7s engag\u00e9\u00b7e\u00b7s et passionn\u00e9\u00b7e\u00b7s \u2013 qui continue de se d\u00e9velopper et de s\u2019enrichir. Cette livraison est donc une invitation \u00e0 poursuivre l\u2019exploration de ce domaine fascinant o\u00f9 chaque proposition est une porte vers une compr\u00e9hension plus profonde des pratiques technodiscursives et technoconversationnelles qui animent les soci\u00e9t\u00e9s africaines francophones d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<strong><br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alaoui, Ismail Madani et Alaoui, Sadik Madani. 2021. <em>Le discours de la rumeur \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique<\/em>. Agadir\u00a0: Publication de la Facult\u00e9 des Lettres et des Sciences Humaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine. 2022. <em>Langues, discours et identit\u00e9s au prisme des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques<\/em>. Ottignies-Louvain-la-Neuve : EME Editions.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Benaldi, Hassiba. 2021. Analyse du pathos dans les pratiques discursives num\u00e9riques sur Facebook au cours de la troisi\u00e8me vague \u00e9pid\u00e9miologique en Alg\u00e9rie. <em>Aleph<\/em>, n\u00b03, p. 223\u2011250. URL: <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/168553\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/168553<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bourdache, Achour et Lanseur, Soufiane, 2020. Le pseudonyme : reflet d&rsquo;identit\u00e9 sur le web social? <em>Studii de gramatic\u0103 contrastiv\u0103<\/em>, Vol. 1, n\u00b033, p. 114-131, URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/studiidegramaticacontrastiva.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Bourdache-Lanseur-33.pdf\">http:\/\/studiidegramaticacontrastiva.info\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Bourdache-Lanseur-33.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bourdache, Achour. 2023. La citation comme technogenre de discours rapport\u00e9 sur Twitter : description, cat\u00e9gorisation et fonctions technodiscursives. <em>Multilinguales<\/em>, n\u00b020, p. 30-52. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/multilinguales.10870\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/multilinguales.10870<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Demba Thilel. 2022. Les bases th\u00e9oriques de l&rsquo;analyse du discours africaine, <em>Revue LiLaS<\/em>, Hors-s\u00e9rie, p. 117-136.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djil\u00e9, Donald. 2022. L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs. <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Vol. 4, p. 125-148.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela<\/em>, n\u00b014-1. URL: <a href=\"http:\/\/corela.revues.org\/4594\">http:\/\/corela.revues.org\/4594<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hountondji, Paulin. 2001. Au-dela\u0300 de l\u2019ethnoscience : pour une re\u0301appropriation critique des savoirs endoge\u0300nes. <em>Notre Librairie. Revue des litt\u00e9ratures du Sud<\/em>, n\u00b0144, p. 58-65.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Malek, Azzeddine et Hamza, Madina. 2021. Quand les pancartes des manifestants plaident pour le peuple alg\u00e9rien. Analyse s\u00e9miolinguistique des \u00e9crits contestataires. <em>Socles<\/em>, Vol. 10, n\u00b01, p. 251-273.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Oulebsir, Kamila. 2022. Le dialogisme dans le discours en ligne. Analyse et proc\u00e9d\u00e9s.\u00a0 <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Vol. 4, p.149-170.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris : Hermann.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/donald-djile\">Donald DJIL\u00c9<\/a><\/strong><br \/>Donald Djil\u00e9 est enseignant-chercheur au d\u00e9partement des sciences du langage et de la communication de l\u2019Universit\u00e9 Alassane Ouattara (Bouak\u00e9 \u2013 C\u00f4te d\u2019Ivoire). Il est directeur de la cellule communication du R\u00e9seau Africain d\u2019Analyse du Discours (R2AD), membre du comit\u00e9 \u00e9ditorial et charg\u00e9 d\u2019\u00e9dition de la revue MAGANA. L\u2019analyse du discours dans tous ses sens. Ses travaux explorent, dans une perspective \u00e9cologique, les implications th\u00e9orico-m\u00e9thodologiques de la discursivit\u00e9 et de la conversationnalit\u00e9 native en ligne, l\u2019analyse structurale des conversations num\u00e9riques \u00e9crites, les parlers urbains et les comportements langagiers africains au prisme du web 2.0.<\/p>\n<p>Courriel : djiledonald@gmail.com<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/kamila-oulebsir-oukil\">Kamila OULEBSIR-OUKIL<\/a><\/strong><br \/>Ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019ENS-Bouzar\u00e9ah-Alger et membre du laboratoire LISODIP de cette m\u00eame institution, Kamila Oulebsir-Oukil m\u00e8ne des recherches en analyse du discours et s&rsquo;int\u00e9resse aux discours m\u00e9diatiques, politiques et num\u00e9riques. Elle \u00e9tudie la construction du sens dans le discours \u00e0 travers des unit\u00e9s linguistiques telles que les formules, slogans, hachtags et petites phrases. Ses domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat : l&rsquo;analyse du discours, la s\u00e9mantique discursive, la sociolinguistique.<\/p>\n<p>courriel : kamila.oulebsir@ensb.dz<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/achour-bourdache\">Achour BOURDACHE<\/a><\/strong><br \/>Titulaire d\u2019un doctorat en sciences du langage, Achour Bourdache est affili\u00e9 au d\u00e9partement de fran\u00e7ais de l\u2019Universit\u00e9 de Bejaia et membre actif du laboratoire LESMS. Il dirige le carnet de recherche Discours, Langue et Soci\u00e9t\u00e9 (lesms.hypotheses.org). Ses recherches se concentrent sur les discours num\u00e9riques et les \u00e9crits du web social dans le contexte alg\u00e9rien.<\/p>\n<p>Courriel : achour.bourdache0@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-650-1\">Il s\u2019agit principalement des articles de Tsamo Dongmo Franck Rostov, de l\u2019universit\u00e9 de Dschang (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame). <a href=\"#return-footnote-650-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-650-2\">Les travaux de Djil\u00e9 Donald, de l\u2019Universit\u00e9 Alassane Ouattara de Bouak\u00e9 (voir les r\u00e9f\u00e9rences dans son article ici m\u00eame), les th\u00e8ses en cours de Kouassi Hermann Andr\u00e9 \u00ab De la subjectivit\u00e9 dans le technodiscours ivoirien : Pour une analyse pragmalinguistique de quelques interjections dans le discours du web 2.0 (Facebook - WhatsApp - Twitter) \u00bb (UAO, Bouak\u00e9) et de Kon\u00e9 Abdoul Karim \u00ab Sph\u00e8re politique et analyse du discours num\u00e9rique : modalit\u00e9s argumentatives et construction de l\u2019image de soi \u00bb (Universit\u00e9 F\u00e9lix-Houphou\u00ebt-Boigny, Abidjan) montrent un int\u00e9r\u00eat certain et une \u00e9volution progressive de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique dans ce pays. <a href=\"#return-footnote-650-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-650-3\">Selon les informations \u00e0 notre disposition, le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019enregistre qu\u2019une th\u00e8se qui int\u00e8gre le cadre th\u00e9orico-m\u00e9thodologique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique. C\u2019est celle de Malick Diouf, \u00ab Normes linguistiques et des interactions verbales, genres et communaut\u00e9s dans la communication en ligne et les m\u00e9dias sociaux \u00bb en pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop (Dakar). <a href=\"#return-footnote-650-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-650-4\"><a href=\"https:\/\/calenda.org\/993529?file=1\">https:\/\/calenda.org\/993529?file=1<\/a> <a href=\"#return-footnote-650-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-650-5\"><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/politiques\/la-revue-en-bref\/\">https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/politiques\/la-revue-en-bref\/<\/a> <a href=\"#return-footnote-650-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":51,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["donald-djile","kamila-oulebsir-oukil","achour-bourdache"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[201,202,199],"license":[],"class_list":["post-650","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","contributor-achour-bourdache","contributor-donald-djile","contributor-kamila-oulebsir-oukil"],"part":51,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/650","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"version-history":[{"count":33,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/650\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1365,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/650\/revisions\/1365"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/51"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/650\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=650"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=650"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=650"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=650"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}