{"id":658,"date":"2024-04-07T09:30:55","date_gmt":"2024-04-07T07:30:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=658"},"modified":"2024-12-31T15:41:48","modified_gmt":"2024-12-31T14:41:48","slug":"tsamo-dongmo2024","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/tsamo-dongmo2024\/","title":{"rendered":"Discours et polyvalence morphos\u00e9mantique en contexte num\u00e9rique africain : une analyse technolinguistique des emplois de <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> sur Facebook"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En contexte \u00e9pist\u00e9mique africain, la question discursive se pose avec beaucoup d\u2019acuit\u00e9 et questionne d\u00e9sormais des approches pluriversalistes qui tendent \u00e0 doter le champ africain sur l\u2019analyse du discours de ses propres rep\u00e8res, concepts, th\u00e9ories, m\u00e9thodes et corpus discursifs. Notre contribution dans ce sens, sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, repose sur un corpus recueilli chez des locuteurs africains en activit\u00e9 sur le web 2.0. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la faveur des rapports entre la langue et le num\u00e9rique, la linguistique a peu \u00e0 peu int\u00e9gr\u00e9 une approche \u00e9cologique et postdualiste dont se r\u00e9clament l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique (ADN) et, l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre, la technolinguistique. Le fait linguistique en contact avec les environnements socionum\u00e9riques est ainsi soumis \u00e0 ce qu\u2019il conviendrait de nommer une <em>variation technolinguistique<\/em>. Dans ce travail, il est question de proc\u00e9der \u00e0 une \u00ab description technolinguistique \u00bb (Paveau, 2017, p.\u00a0140) du sens de deux expressions natives \u00e9labor\u00e9es sur Facebook par des \u00e9nonciateurs africains : <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>. \u00c0 ce sujet, nous nous appuyons sur le \u00ab\u00a0lieu de corpus\u00a0\u00bb Facebook (Bibie-\u00c9merit, 2016) qui a la particularit\u00e9 d\u2019assurer une grande circularit\u00e9 num\u00e9rique de ces deux technodiscours.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard de la souplesse s\u00e9mantique et de la polyr\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 num\u00e9rique des emplois socionum\u00e9riques de ces deux expressions en contexte africain natif, ce travail pose comme toile de fond le d\u00e9centrement du sens en analyse technolinguistique; d\u2019o\u00f9 la question suivante : s\u2019il est av\u00e9r\u00e9 que la langue est sans cesse soumise \u00e0 une variation, quel est l\u2019apport de la variable socionum\u00e9rique dans la circularit\u00e9 du sens des mots en contexte africain? Il nous semble que dans une analyse technolinguistique d\u00e9centr\u00e9e et situ\u00e9e, l\u2019\u00e9laboration et la n\u00e9gociation du sens des mots sont complexes, car fortement tributaires de l\u2019identit\u00e9 des sujets num\u00e9riques en activit\u00e9 ainsi que leurs univers r\u00e9f\u00e9rentiels.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour mieux saisir le faisceau de significations inh\u00e9rent aux deux expressions, nous nous appuyons sur la m\u00e9thode technolinguistique <em>via<\/em> les volets de la variation morphologique et s\u00e9mantique, laquelle m\u00e9thode est inscrite en creux dans les travaux de Marie-Anne Paveau sur l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique. La m\u00e9thode de collecte de donn\u00e9es choisie est celle de l\u2019extraction \u00e9cologique par capture d\u2019\u00e9cran, car cette m\u00e9thode de recueil des donn\u00e9es \u00e9craniques constitue \u00ab l\u2019alternative dont dispose les chercheur\u00b7euse\u00b7s pour pr\u00e9senter \u2013 dans un texte notamment \u2013 toutes les mat\u00e9rialit\u00e9s technos\u00e9miotiques observables dans un environnement num\u00e9rique connect\u00e9 \u00bb (Djil\u00e9, 2021, p. 5834).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse de ce travail repose sur trois articulations. Apr\u00e8s quelques prol\u00e9gom\u00e8nes conceptuels sur le cadrage th\u00e9orique de la technolinguistique et la g\u00e9n\u00e9alogie d\u00e9notative des expressions <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>, nous allons mettre en \u00e9vidence la radiographie morphologique et s\u00e9mantique du nom propre <em>Hakimi<\/em>\u00a0et examiner la souple circularit\u00e9 s\u00e9mantique du figement <em>les bruits<\/em> en contexte num\u00e9rique africain.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Prol\u00e9gom\u00e8nes th\u00e9oriques et conceptuels<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette premi\u00e8re section consistera \u00e0 situer bri\u00e8vement les rep\u00e8res th\u00e9oriques de la m\u00e9thode technolinguistique et \u00e0 souligner les emplois d\u00e9notatifs des expressions qui meubleront notre \u00e9tude.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019approche technolinguistique en sciences du langage\u00a0: efforts de filiation<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une parent\u00e9 complexe et plurielle semble fonder l\u2019existence m\u00eame d\u2019une approche dite technolinguistique en sciences du langage, tant ses liens de filiation sont d\u00e9partag\u00e9s entre l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et les linguistiques poststructurales.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019une part, la technolinguistique emprunte les bases th\u00e9oriques de l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique. Marie-Anne Paveau con\u00e7oit et int\u00e8gre le concept de technolinguistique au sein de l\u2019appareillage th\u00e9orique de l\u2019ADN dans laquelle il fonctionne comme une m\u00e9thode de description et d\u2019analyse de l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique native et des affordances communicationnelles \u00e9labor\u00e9es dans le vaste spectre de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, afin qu\u2019il soit un \u00ab dispositif qui permette de penser ses conditions et pratiques de production, ses traits formels et sa contextualisation sociale \u00bb (Paveau, 2017, p. 140). Sous cet angle, la m\u00e9thode se limite \u00e0 la d\u00e9termination des marqueurs langagiers et composites des productions natives sur le num\u00e9rique. Ainsi, cette filiation existante entre la technolinguistique et l\u2019ADN ne nous semble pas convenir \u00e0 l\u2019orientation que nous voulons accorder \u00e0 cette discipline qui se veut autonome et partie int\u00e9grante de la linguistique externe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, une parent\u00e9 \u00e9troite se dessine \u00e9galement entre la technolinguistique et les linguistiques poststructurales. Du point de vue morphologique, le mot <em>technolinguistique<\/em> est form\u00e9 des entit\u00e9s <em>techno-<\/em> (technologie\/num\u00e9rique\/web 2.0) et <em>linguistique.<\/em> Il s\u2019agit, \u00e0 premi\u00e8re vue, de l\u2019\u00e9tude scientifique de la langue employ\u00e9e dans les environnements num\u00e9riques. En effet, l\u2019essor des th\u00e9ories poststructurales a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019op\u00e9rationnalisation de quelques disciplines du langage se revendiquant de la linguistique externe, car ayant en commun le contexte extralinguistique de production et d\u2019interpr\u00e9tation comme cheval de bataille\u00a0: sociolinguistique, psycholinguistique, pragmatique, ethnolinguistique. C\u2019est dans ce paradigme que nous situons la technolinguistique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la ferveur de la globalisation, les interactions sur le web 2.0 semblent \u00eatre une reconfiguration des \u00e9changes langagiers de la vie courante, qu\u2019ils soient dans un contexte psychoaffectif (psycholinguistique), conversationnel (pragmatique), social (sociolinguistique) ou culturel (ethnolinguistique)[footnote]Le rapport entre le bin\u00f4me ADN en Afrique et ethnolinguistique en contexte num\u00e9rique pourrait \u00e9galement \u00eatre objet de d\u00e9bat avec l\u2019\u00e9l\u00e9ment culturel comme point d\u2019intersection.[\/footnote]. Dans ces cas pr\u00e9cis, la langue subit l\u2019influence des variables extralinguistiques ou en est l\u2019influenceuse. Il en est de m\u00eame pour la technolinguistique, une approche qui, selon nous, na\u00eet d\u2019une co-influence entre les \u00e9l\u00e9ments langagiers et les \u00e9l\u00e9ments technologiques en vue de donner lieu \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019une \u00e9cologie num\u00e9rique semblable \u00e0 \u00ab un dispositif au sein duquel la production langagi\u00e8re et discursive est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 des outils technologiques (appareils, logiciels, applications, plateformes \u00bb (Paveau, 2012, p. 106). Nous parlons donc d\u2019une variable technolinguistique \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 une dimension diam\u00e9sique impliquant un ensemble de facteurs qui impulsent une variation linguistique due au mode ou canal de transmission de la communication, \u00e0 savoir le web 2.0 (W\u00fcest, 2009, p. 147). C\u2019est sur la base de ce pr\u00e9alable th\u00e9orique que nous voulons examiner les technodiscours <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>, non sans avoir pr\u00e9alablement fait le point sur leur sens.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits :<\/em> pr\u00e9cis de d\u00e9notation conceptuelle<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 la base, les expressions <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em><strong>\u00a0<\/strong>en circulation dans les environnements num\u00e9riques ont donn\u00e9 naissance \u00e0 deux th\u00e9ories profanes dont les emplois tendraient \u00e0 alt\u00e9rer leurs sens respectifs.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un nom propre de personne d\u2019origine arabe. Dans le cadre de ce travail, il est associ\u00e9 au footballeur marocain Achraf Hakimi, par qui le patronyme a acquis le statut de technodiscours dans l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique. C\u2019est l\u2019une des variantes du patronyme <em>Hakim<\/em>, de rang divin dans la cosmogonie arabe. Le nom serait \u00e9galement rattach\u00e9 \u00e0 la ruse, car attribu\u00e9 \u00e0 \u00ab celui qui est sage, avis\u00e9, savant. C\u2019est l\u2019un des 99 noms divins \u00bb (Tosti, 2023)[footnote] <a href=\"https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI\">https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI<\/a> [\/footnote]. En effet, le patronyme serait devenu viral sur les r\u00e9seaux sociaux, notamment Facebook, en rapport avec une ruse mise en place par le footballeur, laquelle consistait \u00e0 mettre l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de sa fortune au nom de sa g\u00e9nitrice en vue d\u2019\u00e9viter de partitionner ladite fortune avec sa compagne en cas de divorce. Est-ce que cela suffit pour autant pour faire dire que son nom, d\u00e8s la naissance, le pr\u00e9disposerait \u00e0 faire face \u00e0 une telle situation? C\u2019est en tout cas ce que semble confirmer les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous o\u00f9 il est int\u00e9ressant de confronter une source v\u00e9rifiable (figure 1) \u00e0 l\u2019autre reconstitu\u00e9e par l\u2019imaginaire populaire (figure 2).<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1294 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1.png\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"411\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce pr\u00e9alable \u00e9tymologique s\u2019av\u00e8re incontournable dans l\u2019\u00e9laboration onomastique de ce patronyme, car les s\u00e8mes d\u00e9finitoires de <em>Hakimi<\/em> obtenus jusqu\u2019ici permettront plus bas de les confronter avec les usages socionum\u00e9riques en vue d\u2019en d\u00e9duire une constante s\u00e9mantique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le second technomot de cette \u00e9tude est l\u2019expression <em>les bruits<\/em>, qui appara\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement dans une s\u00e9quence syntaxique plus compl\u00e8te\u00a0: <em>Je suis dans les bruits<\/em>. Dans un sens d\u00e9notatif, <em>le bruit<\/em> peut \u00eatre d\u00e9fini comme tout son audible provenant d\u2019une source quelconque. Dans un prisme communicationnel, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 toute interf\u00e9rence, perturbation ou distorsion qui affecte la transmission, la r\u00e9ception ou l'interpr\u00e9tation d'un message entre un \u00e9metteur et un r\u00e9cepteur. En effet, le bruit en communication rel\u00e8ve d\u2019un trouble que l\u2019on n\u2019a pas souhait\u00e9 produire (\u00e9metteur), transmettre (message) ou recevoir (r\u00e9cepteur). Il va sans dire que les sources internes ou communicationnelles du bruit se situent sur trois p\u00f4les : le destinateur \u00e0 travers une expression peu claire, des barri\u00e8res linguistiques ou une incoh\u00e9rence du message; le r\u00e9cepteur, <em>via<\/em> des distractions, des perceptions erron\u00e9es ou un manque d'attention; le message, au moyen d\u2019une ambigu\u00eft\u00e9 linguistique; d\u2019o\u00f9 les deux captures d\u2019\u00e9cran suivantes constitu\u00e9es d\u2019une publication principale et de son augmentation discursive.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1295 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2.png\" alt=\"\" width=\"538\" height=\"409\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les premi\u00e8res tentatives de compr\u00e9hension de cette s\u00e9quence technodiscursive butent sans cesse sur les aveux d\u2019ignorance des un\u00b7e\u00b7s et sur des r\u00e9actions assez herm\u00e9tiques des autres sujets num\u00e9riques. Tout porterait \u00e0 croire que ces usages num\u00e9riques sont g\u00e9ographiquement situ\u00e9s et par cons\u00e9quent d\u00e9centr\u00e9s de la norme acad\u00e9mique. En d\u2019autres termes, l\u2019emploi de cette \u00ab expression des Camerounais \u00bb rel\u00e8ve d\u2019une des propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9finitoires du bruit : une terminologie complexe ou un contenu mal structur\u00e9 qui rend l'interpr\u00e9tation difficile pour le destinataire. C\u2019est ce qui nous pousse \u00e0 explorer plus bas les facteurs externes \u00e0 l\u2019origine du bruit impliquant, entre autres, le milieu ambiant et les barri\u00e8res physiques.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em>\u00a0: du nom propre \u00e0 l\u2019id\u00e9olog\u00e8me de la misogynie \u00e0 l\u2019africaine<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Deux articulations structurent cette section\u00a0: l\u2019analyse technolinguistique des formes et contenus du mot <em>Hakimi<\/em> sur Facebook et les valeurs culturelles, id\u00e9ologiques et s\u00e9mantiques qui lui sont associ\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Un nom propre multiforme<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude du nom propre en sciences du langage a jusqu\u2019ici fait l\u2019objet de consid\u00e9rations descriptives sous le prisme onomastique et discursif dans le cadre de l\u2019analyse cognitive du discours. Le volet num\u00e9rique inh\u00e9rent \u00e0 ce travail n\u2019est pas en reste. Il s\u2019agit pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019examiner les propri\u00e9t\u00e9s technolinguistiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes comme <em>Hakimiste, Hakimisme, Hakimien, #Hakimi, #Hakim\u00e9, #Hakimer<\/em>.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En premier lieu, nous sommes dans un prisme lexicographique, entendu comme la science de l\u2019analyse des unit\u00e9s lexicales d'une langue d\u00e9termin\u00e9e, lesquelles sont consid\u00e9r\u00e9es dans leurs formes et leurs significations et aboutissant \u00e0 l'\u00e9laboration de dictionnaires de langue. En effet, l\u2019\u00e9laboration num\u00e9rique du patronyme <em>Hakimi<\/em> sur Facebook laisse \u00e0 observer une grande valse de cat\u00e9gories morphologiques construites par les locuteurs natifs en vue de configurer les diff\u00e9rentes variantes de sa circularit\u00e9. On peut donc lire des d\u00e9riv\u00e9s comme <em>Hakimiste, Hakimisme, Hakimien<\/em>, <em>Hakimie<\/em> observables dans les deux captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1296 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3.png\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"423\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les modifications suffixales, <em>-iste, -isme<\/em>,<em> -ien<\/em> et <em>-ie<\/em> apport\u00e9es au radical <em>Hakim-<\/em> attestent du caract\u00e8re souple de la langue employ\u00e9e dans les environnements num\u00e9riques. Les uns renvoient \u00e0 une doctrine, un mode de pens\u00e9e, voire un \u00ab chemin \u00bb, les autres se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l\u2019identit\u00e9 des personnes adeptes de cette doctrine (figure 5) tandis que le dernier connote une communaut\u00e9 de peuplement dans laquelle vivraient lesdites personnes (Figure 6). C\u2019est en vertu de la souplesse morphologique des technodiscours que les sujets se font sans cesse passer pour des innovateurs dans la graphie des mots, de fa\u00e7on \u00e0 faire de leurs discours natifs d\u2019internet une sorte de \u00ab dictionnaire amoureux \u00bb autour d\u2019un mot, comme c\u2019est le cas pour <em>Hakimi<\/em>\u00a0 (Paveau, 2006, p. 150).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, la dimension morpholexicologique du discours num\u00e9rique est centr\u00e9e sur la prise en compte des caract\u00e9ristiques formelles, visuelles et expressives d\u2019un mot dans l\u2019univers digital, c\u2019est-\u00e0-dire un technomot. Selon Paveau, \u00ab\u00a0on appellera <em>technomot <\/em>un \u00e9l\u00e9ment lexical simple ou compos\u00e9 cliquable, c\u2019est-\u00e0-dire dirigeant l\u2019\u00e9crilecteur d\u2019un texte-source vers un texte-cible, relevant d\u2019une autre situation \u00e9nonciative \u00bb (2017, p. 337). Dans cette cat\u00e9gorie, nous mettons en exergue les hashtag <em>#Hakimi<\/em>, <em>#Hakim\u00e9, #Hakimer,<\/em> qui sont mis en relief dans quelques technodiscours comme l\u2019attestent les deux captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1297 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4.png\" alt=\"\" width=\"517\" height=\"422\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, la fonctionnalit\u00e9 du hashtag assure la circularit\u00e9 et la p\u00e9rennit\u00e9 num\u00e9rique du segment technolangagier #<em>Hakimi<\/em>, mis en \u00e9vidence par les sujets afin que leur activit\u00e9 discursive soit tra\u00e7able dans l\u2019\u00e9cologie socionum\u00e9rique. En qualit\u00e9 de technomot porteur de la circularit\u00e9 num\u00e9rique du ph\u00e9nom\u00e8ne en vigueur, le hashtag est un marqueur technolangagier, car il permet le marquage num\u00e9rique du slogan de la campagne sur la plateforme Facebook. Il est aussi un facteur d\u2019investigabilit\u00e9 pour ceux qui l\u2019utilisent au sein de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, dans la mesure o\u00f9 il facilite la liaison entre les diff\u00e9rents locuteurs natifs qui l\u2019emploient; en cela, il permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un jeu de donn\u00e9es qui rassemble l\u2019ensemble des \u00e9nonc\u00e9s contenant le m\u00eame hashtag. Enfin, il a aussi valeur d\u2019archivage et de documentation num\u00e9rique de ses emplois ant\u00e9rieurs, en favorisant la reprise du contenu des traces g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par #<em>Hakimi<\/em> de fa\u00e7on automatique, suite \u00e0 l\u2019interaction d\u2019autres utilisateur\u00b7trice\u00b7s num\u00e9riques ant\u00e9rieur\u00b7e\u00b7s.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> ou un vecteur de misogynie en contexte africain?<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard des variantes technomorphologiques du patronyme <em>Hakimi<\/em> abord\u00e9es plus haut, cette section de l\u2019article entend esquisser une analyse des incidences s\u00e9mantiques de ces emplois num\u00e9riquement situ\u00e9s comme laudatifs chez les hommes au d\u00e9triment des femmes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Loin des consid\u00e9rations purement formelles, les usages locutifs de <em>Hakimi<\/em> en contexte num\u00e9rique dessinent une r\u00e9elle tendance \u00e0 la promotion de l\u2019id\u00e9ologie masculine \u00e0 la limite de la misogynie. Les captures ci-dessous constituent un point de d\u00e9part d\u2019analyse.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1298 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5.png\" alt=\"\" width=\"435\" height=\"422\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers les emplois de <em>Hakimi<\/em> sur Facebook, il se d\u00e9gage une constante\u00a0de nature culturelle en contexte africain\u00a0: il y a migration du sens. <em>Hakimi<\/em> semble rev\u00eatir le manteau de l\u2019expression de la masculinit\u00e9 et, par ricochet, de la promotion d\u2019un discours d\u00e9gradant, misogyne \u00e0 la limite. Cette repr\u00e9sentation exog\u00e8ne des rapports hommes-femmes en Afrique semble \u00e9pouser les r\u00e9alit\u00e9s du contexte familial et social africain dans lequel l\u2019id\u00e9ologie patriarcale se fonde sur l\u2019inf\u00e9riorisation, voire l\u2019asservissement des femmes au profit de l\u2019homme qui jouit d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 naturelle et conventionnelle \u00e0 travers le qualificatif de \u00ab chef de famille \u00bb inscrit dans les codes de la famille de plusieurs pays \u00e0 l\u2019instar du S\u00e9n\u00e9gal, du Cameroun, du B\u00e9nin, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Mali, etc. Il est donc difficile de concevoir que le \u00ab chef \u00bb et pourvoyeur des ressources puisse perdre la face dans une bataille juridique li\u00e9e au partage des biens apr\u00e8s un divorce.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les extraits ci-dessus dessinent le spectre d\u2019une bataille bas\u00e9e sur le genre. Or, il nous semble que \u00ab la diff\u00e9rence entre elle et l\u2019homme n\u2019est pas de nature (essentialisme), mais de naissance (existentialisme) \u00bb (Fone, 2023, p. 128). En effet, la (re)pr\u00e9sentation num\u00e9rique des d\u00e9m\u00eal\u00e9s judiciaires entre Hakimi et sa compagne et la strat\u00e9gie \u00e9labor\u00e9e par ce dernier pour \u00ab s\u00e9curiser sa fortune \u00bb sont vectrices de la construction d\u2019un discours patriarcal. Les sujets num\u00e9riques de sexe masculin semblent c\u00e9l\u00e9brer une victoire mat\u00e9rielle sur les pr\u00e9suppos\u00e9es tendances calculatrices des femmes : en prenant Hakimi comme mod\u00e8le et comme \u00ab vrai africain \u00bb (figure 10), le technodiscours autour de ce dernier n\u2019est qu\u2019\u00e9logieux. Par contre, celui autour de sa compagne tend \u00e0 faire la peinture d\u2019un \u00e9chec pour la femme consid\u00e9r\u00e9e comme profiteuse, \u00ab escroc \u00bb (figure 10) avec des intentions li\u00e9es \u00e0 une \u00ab TED \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une \u00ab Tentative d\u2019Extorsion par le Divorce \u00bb de la fortune de ce dernier, comme le souligne un sujet num\u00e9rique (Figure 9). Les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques mettent en \u00e9vidence l\u2019image d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 africaine patriarcale selon laquelle la femme ne jouirait d\u2019aucune ind\u00e9pendance du fait de ses t\u00e2ches quotidiennes essentiellement m\u00e9nag\u00e8res et de ses aspirations \u00e9conomiques uniquement fix\u00e9es sur la fortune de son mari qu\u2019elle ne tardera pas \u00e0 d\u00e9tourner \u00e0 la moindre occasion; d\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e pour l\u2019homme de la prot\u00e9ger, quitte \u00e0 le faire \u00e0 travers l\u2019aide d\u2019une autre femme : sa maman.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de pr\u00e9senter une image patriarcale, machiste, et l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre, avare sur le num\u00e9rique, les captures d\u2019\u00e9cran inscrivent en creux la th\u00e9orie d\u2019un complexe d\u2019\u0152dipe\u00a0d\u00e9sormais rattach\u00e9e \u00e0 l\u2019image de Hakimi. Un complexe \u0153dipien d\u2019un nouveau type qui proc\u00e8derait par des tendances affectives de Hakimi pour sa m\u00e8re non pas par le crime sur son p\u00e8re, mais plut\u00f4t par privation des ressources mat\u00e9rielles et financi\u00e8res de sa compagne au profit de sa m\u00e8re\u00a0: somme toute, une autre sorte de mort.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou la victoire d\u2019un figement festif<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la derni\u00e8re section de cette r\u00e9flexion, nous nous int\u00e9ressons \u00e0 l\u2019expression <em>les bruits<\/em> relev\u00e9s dans notre \u00ab e-corpus \u00bb, laquelle semble charg\u00e9e de diverses connotations en fonction des usages locutifs et fonctionnels entre les locuteurs num\u00e9riques.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou l\u2019ambiance \u00e0 l\u2019africaine<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Je suis dans les bruits<\/em> deviendrait-il d\u00e9sormais synonyme de <em>je suis dans l\u2019ambiance?<\/em> C\u2019est \u00e0 premi\u00e8re vue ce que les captures d\u2019\u00e9cran s\u2019emploient \u00e0 mettre en \u00e9vidence.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> connoteraient l\u2019ambiance propre au weekend, lequel est fortement caract\u00e9ris\u00e9 par des \u00e9v\u00e8nements d\u2019envergure festive, mouvement\u00e9e et toutes autres activit\u00e9s associ\u00e9es.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1299 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6.png\" alt=\"\" width=\"599\" height=\"424\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou atmosph\u00e8re festive semble charrier d\u2019autres s\u00e8mes subsidiaires et contextuels, car imm\u00e9diatement rattach\u00e9s \u00e0 la f\u00eate, comme en t\u00e9moignent les extraits du corpus. L\u2019ambiance peut se faire dans un bar en pleine consommation d\u2019alcool (figure 11); dans un milieu dansant diff\u00e9rent du domicile de r\u00e9sidence (figure 12) ou alors dans une situation d\u2019aisance financi\u00e8re (figure 13). Dans les trois cas, \u00ab \u00eatre dans les bruits \u00bb suppose \u00eatre \u00e9motionnellement, physiquement et mat\u00e9riellement pr\u00eat \u00e0 faire la f\u00eate. La n\u00e9gociation du sens du technodiscours est ainsi soumise \u00e0 une grille h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne d\u2019\u00e9l\u00e9ments ou de variantes qui mettent en exergue une variation linguistique d\u2019ordre endog\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire un changement de sens influenc\u00e9 par le contexte extralinguistique dans lequel se trouvent les sujets discursifs au moment de l\u2019\u00e9nonciation. Bien qu\u2019il soit largement admis que <em>les bruits<\/em> renvoient \u00e0 l\u2019ambiance, on ne saurait limiter les mutations de sens propres aux technodiscours.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u2019autres cas de r\u00e9f\u00e9renciations paradigmatiques<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans une r\u00e9flexion ant\u00e9rieure, nous avons mis en \u00e9vidence le fait que l\u2019analyse des technodiscours est efficiente lorsqu\u2019elle op\u00e8re par une grille de \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9renciations paradigmatiques\u00a0\u00bb en vue de d\u00e9terminer \u00ab\u00a0la valse de cat\u00e9gories r\u00e9f\u00e9rentielles qui participent de la souplesse s\u00e9mantique d\u2019une expression\u00a0\u00bb (Tsamo Dongmo, 2023, p. 385). Ce proc\u00e9d\u00e9 nous semble convenir \u00e0 la circularit\u00e9 num\u00e9rique de l\u2019expression <em>les bruits<\/em> dont le faisceau de significations s\u2019\u00e9tend au-del\u00e0 de la seule connotation de l\u2019ambiance; d\u2019o\u00f9 les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1300 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7.png\" alt=\"\" width=\"417\" height=\"432\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier prisme pour d\u00e9celer l\u2019implicite inh\u00e9rent au logotype <em>les bruits<\/em>\u00a0explore l\u2019autonymie ou la construction du discours publicitaire en tant que discours d\u2019imposition, d\u2019existence et de l\u00e9gitimation d\u2019un nouveau produit de consommation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessus, le technodiscours <em>les bruits<\/em> est extirp\u00e9 de son contexte festif pour \u00eatre r\u00e9investi dans le genre discursif de nature publicitaire. Puisqu\u2019il est en tendance sur le num\u00e9rique au moment de son \u00e9nonciation, il est associ\u00e9 \u00e0 des produits publicitaires \u00e0 des fins de marketing et donc de vente efficiente desdits produits. En effet, l\u2019apparition d\u2019une nouvelle marque ou d\u2019un nouveau produit est presque toujours accompagn\u00e9e d\u2019une intention de communication autonymique qui vise \u00e0 l\u2019affirmer et \u00e0 l\u2019imposer chez les consommateur\u00b7trice\u00b7s, en vue de la d\u00e9marquer des autres d\u00e9j\u00e0 existantes. Dans le cas de <em>les bruits<\/em>, l\u2019entreprise de l\u00e9gitimation d\u2019un cabinet de lecture (figure 14) et la communication promotionnelle autour d\u2019un film (figure 15) s\u2019y appuient comme leviers marketing en proc\u00e9dant par la substitution des formes langagi\u00e8res normalement attendues \u00e0 leur place; d\u2019o\u00f9 l\u2019effet produit lorsque les mots <em>fautes<\/em> et <em>succ\u00e8s<\/em> c\u00e8dent la place \u00e0 un nouveau technodiscours qui fait davantage sens. Dans ce cas, le principe de l\u2019autonymie s\u2019active pour justifier les changements paradigmatiques. Une telle strat\u00e9gie discursive de commercialisation du nom de marque se justifie \u00ab parce que la marque est nouvelle, m\u00e9connue, remise en cause par sa reprise dans le vocabulaire courant, par un changement de nom ou mise en danger par sa forme \u00bb (Berthelot-Guiet, 2015, p. 104).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette r\u00e9flexion a port\u00e9 sur les enjeux du d\u00e9centrement du sens des unit\u00e9s linguistiques en analyse technolinguistique dans un contexte num\u00e9rique africain. En s\u2019appuyant sur les propri\u00e9t\u00e9s morphologiques et s\u00e9mantiques des technodiscours <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> tir\u00e9s de Facebook, elle a tent\u00e9 de montrer que le num\u00e9rique est un espace de communication qui assure la visibilit\u00e9 des discours pens\u00e9s, \u00e9labor\u00e9s et publi\u00e9s par des locuteurs africains sur le num\u00e9rique en rapport avec les th\u00e9matiques de patriarcat et d\u2019ambiance. L\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique garantit ainsi le postulat de l\u2019intelligibilit\u00e9 de ces technodiscours par les efforts de conceptualisation des chercheur\u00b7euse\u00b7s dot\u00e9s d\u2019une posture discursive, postdualiste et situ\u00e9e, voire d\u00e9centr\u00e9e de l\u2019habituelle norme linguistique impos\u00e9e par les acad\u00e9mies occidentales. Le technodiscours, quelle que soit sa forme ou sa r\u00e9f\u00e9rence, fait sens; un sens n\u00e9goci\u00e9 en fonction des r\u00e9alit\u00e9s culturelles, id\u00e9ologiques, historiques et g\u00e9ographiques des locuteurs qui les \u00e9mettent. Dans ce sens, les technodiscours <em>Hakimi <\/em>et <em>les bruits<\/em>, une fois rev\u00eatus des propri\u00e9t\u00e9s de souplesse morphologique et de flexibilit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rentielle, deviennent d\u00e9sormais l\u00e9gitimes dans la diversit\u00e9 de leurs emplois.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Berthelot-Guiet, Karine, 2015. <em>Analyser les discours publicitaires.<\/em> Paris\u00a0: Armand Colin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Bibi\u00e9-\u00c9merit, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela <\/em>14-1<em>.<\/em> DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/corela.4594\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/corela.4594<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2021. La capture d\u2019\u00e9cran face aux fils de discussion \u00e9tendus sur Facebook. <em>F\u00f3rum linguist!co<\/em>, 18, p. 5828-5842. DOI : <a href=\"https:\/\/periodicos.ufsc.br\/index.php\/forum\/article\/view\/79653\">https:\/\/doi.org\/10.5007\/1984-8412.2021.e79653<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Fone, Thomas. 2023. D\u00e9construction du discours patriarcal dans M<em>emoria de la melancol\u00eda<\/em> de Mar\u00eda Teresa Le\u00f3n. <em>Hybrides<\/em>, vol 1, Num 2, p. 124-144. URL : <a href=\"https:\/\/revuehybrides.org\/thomas-fone-a8-dec-2023\/\">https:\/\/revuehybrides.org\/thomas-fone-a8-dec-2023\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2006. <em>Les pr\u00e9discours. Sens, m\u00e9moire, cognition<\/em>. Paris : Presses Sorbonne nouvelle. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.psn.722\">10.4000\/books.psn.722\u00a0<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2012. R\u00e9alit\u00e9 et discursivit\u00e9. D\u2019autres dimensions pour la th\u00e9orie du discours. <em>Semen<\/em>, 34, p. 95-115. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9748\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9748<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L'analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris : Hermann.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Tosti, Jean. 2023. Nom de famille Hakimi. URL : <a href=\"https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI\">https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Tsamo Dongmo, Franck Rostov. 2023. \u00ab <em>C\u2019est de \u00e7a qu\u2019il s\u2019agit <\/em>\u00bb ! Sens, [d\u00e9]m\u00e9moire et circularit\u00e9 d\u2019un technodiscours souple. <em>Langues &amp; Cultures<\/em>, Vol. 04 \/Num. 01, p. 380-396. URL : <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/226305\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/226305<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">W\u00fcest, Jakob. 2009. La notion de diam\u00e9sie est-elle n\u00e9cessaire? <em>Travaux de linguistique,<\/em> 59, p. 147-162. DOI :\r\n<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/tl.059.0147\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-travaux-de-linguistique-2009-2-page-147.htm<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet article pose le probl\u00e8me des enjeux du d\u00e9centrement du sens des unit\u00e9s linguistiques en analyse technolinguistique dans un contexte num\u00e9rique africain. En s\u2019appuyant sur les propri\u00e9t\u00e9s morphologiques et s\u00e9mantiques des technodiscours <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> tir\u00e9s de Facebook<em>,<\/em> il questionne l\u2019apport de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique dans les changements paradigmatiques d\u2019ordre formel et s\u00e9mantique des technodiscours. \u00c0 partir des outils fournis par la m\u00e9thode technolinguistique et le cadre conceptuel de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique, il parvient aux r\u00e9sultats selon lesquels l\u2019\u00e9laboration du discours en contexte africain est fortement situ\u00e9e, voire postdualiste, du fait des faisceaux de signifiances n\u00e9gociables en fonction des univers r\u00e9f\u00e9rentiels des sujets num\u00e9riques en discours.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/afrique\/\">Afrique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/discours\/\">Discours<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/hakimi\/\">Hakimi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/les-bruits\/\">Les bruits<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/technolinguistique\/\">Technolinguistique<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This article raises the issue of decentring the meaning of linguistic units in technolinguistic analysis in an African digital context. Drawing on the morphological and semantic properties of Hakimi and \u00ab\u00a0Les bruits\u00a0\u00bb technodiscourses taken from Facebook, it examines the contribution of digital ecology to formal and semantic paradigm shifts in technodiscourse. Using the tools provided by the technolinguistic method and the conceptual framework of Digital Discourse Analysis, it arrives at the conclusion that the elaboration of discourse in the African context is highly situated, even post-dualistic, due to the bundles of negotiable meanings according to the referential universes of the digital subjects in discourse.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/africa\/\">Africa<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/discourse\/\">Discourse<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/hakimi\/\">Hakimi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/les-bruits\/\">les bruits<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/technolinguistics\/\">Technolinguistics<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (Lingala)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mossala Oyo \u00e9zo mema likambo ya ba enjeux ya bokabuani ya tin aya ba ndinga oyo etalani na technogie ya ndinga na kati ya contexte num\u00e9rique mboka Afrique. Soki to kangami mingui na makambo \u00e9 tali ko zala p\u00e9 na tina ya technodiscours <em>Hakimi<\/em> p\u00e9na <em>Bruits<\/em> \u00e9 wouti na Facebook, ba ko tuna nini internet e zali ko bakissa na kati ya changement ya paradigme oyo e tali ko zala p\u00e9 zala p\u00e9 na tina ya ba technodiscours. Na biloko oyo \u00e9 pessami na nzela ya technologie ya ninga p\u00e9 na \u00e9sal\u00e9li ya \u00e9tal\u00e9lo ya discours num\u00e9rique, a zui lissano t\u00e9\u00e9\u00e9 bo ti\u00e9yi ya discours na ndengue ya ba yindo e zali situ\u00e9 makassi p\u00e9na postdualiste pona utilisation nango na internet aza na sens \u00e9b\u00e9le.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (Lingala)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/bruits\/\">Bruits<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/discours\/\">Discours<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/hakimi\/\">Hakimi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/mboka-afrique\/\">Mboka Afrique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/technolinguistique\/\">Technolinguistique<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>31 janvier 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>26 mars 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 juillet 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En contexte \u00e9pist\u00e9mique africain, la question discursive se pose avec beaucoup d\u2019acuit\u00e9 et questionne d\u00e9sormais des approches pluriversalistes qui tendent \u00e0 doter le champ africain sur l\u2019analyse du discours de ses propres rep\u00e8res, concepts, th\u00e9ories, m\u00e9thodes et corpus discursifs. Notre contribution dans ce sens, sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, repose sur un corpus recueilli chez des locuteurs africains en activit\u00e9 sur le web 2.0. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la faveur des rapports entre la langue et le num\u00e9rique, la linguistique a peu \u00e0 peu int\u00e9gr\u00e9 une approche \u00e9cologique et postdualiste dont se r\u00e9clament l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique (ADN) et, l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre, la technolinguistique. Le fait linguistique en contact avec les environnements socionum\u00e9riques est ainsi soumis \u00e0 ce qu\u2019il conviendrait de nommer une <em>variation technolinguistique<\/em>. Dans ce travail, il est question de proc\u00e9der \u00e0 une \u00ab description technolinguistique \u00bb (Paveau, 2017, p.\u00a0140) du sens de deux expressions natives \u00e9labor\u00e9es sur Facebook par des \u00e9nonciateurs africains : <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>. \u00c0 ce sujet, nous nous appuyons sur le \u00ab\u00a0lieu de corpus\u00a0\u00bb Facebook (Bibie-\u00c9merit, 2016) qui a la particularit\u00e9 d\u2019assurer une grande circularit\u00e9 num\u00e9rique de ces deux technodiscours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard de la souplesse s\u00e9mantique et de la polyr\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 num\u00e9rique des emplois socionum\u00e9riques de ces deux expressions en contexte africain natif, ce travail pose comme toile de fond le d\u00e9centrement du sens en analyse technolinguistique; d\u2019o\u00f9 la question suivante : s\u2019il est av\u00e9r\u00e9 que la langue est sans cesse soumise \u00e0 une variation, quel est l\u2019apport de la variable socionum\u00e9rique dans la circularit\u00e9 du sens des mots en contexte africain? Il nous semble que dans une analyse technolinguistique d\u00e9centr\u00e9e et situ\u00e9e, l\u2019\u00e9laboration et la n\u00e9gociation du sens des mots sont complexes, car fortement tributaires de l\u2019identit\u00e9 des sujets num\u00e9riques en activit\u00e9 ainsi que leurs univers r\u00e9f\u00e9rentiels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour mieux saisir le faisceau de significations inh\u00e9rent aux deux expressions, nous nous appuyons sur la m\u00e9thode technolinguistique <em>via<\/em> les volets de la variation morphologique et s\u00e9mantique, laquelle m\u00e9thode est inscrite en creux dans les travaux de Marie-Anne Paveau sur l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique. La m\u00e9thode de collecte de donn\u00e9es choisie est celle de l\u2019extraction \u00e9cologique par capture d\u2019\u00e9cran, car cette m\u00e9thode de recueil des donn\u00e9es \u00e9craniques constitue \u00ab l\u2019alternative dont dispose les chercheur\u00b7euse\u00b7s pour pr\u00e9senter \u2013 dans un texte notamment \u2013 toutes les mat\u00e9rialit\u00e9s technos\u00e9miotiques observables dans un environnement num\u00e9rique connect\u00e9 \u00bb (Djil\u00e9, 2021, p. 5834).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse de ce travail repose sur trois articulations. Apr\u00e8s quelques prol\u00e9gom\u00e8nes conceptuels sur le cadrage th\u00e9orique de la technolinguistique et la g\u00e9n\u00e9alogie d\u00e9notative des expressions <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>, nous allons mettre en \u00e9vidence la radiographie morphologique et s\u00e9mantique du nom propre <em>Hakimi<\/em>\u00a0et examiner la souple circularit\u00e9 s\u00e9mantique du figement <em>les bruits<\/em> en contexte num\u00e9rique africain.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Prol\u00e9gom\u00e8nes th\u00e9oriques et conceptuels<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette premi\u00e8re section consistera \u00e0 situer bri\u00e8vement les rep\u00e8res th\u00e9oriques de la m\u00e9thode technolinguistique et \u00e0 souligner les emplois d\u00e9notatifs des expressions qui meubleront notre \u00e9tude.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019approche technolinguistique en sciences du langage\u00a0: efforts de filiation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Une parent\u00e9 complexe et plurielle semble fonder l\u2019existence m\u00eame d\u2019une approche dite technolinguistique en sciences du langage, tant ses liens de filiation sont d\u00e9partag\u00e9s entre l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et les linguistiques poststructurales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019une part, la technolinguistique emprunte les bases th\u00e9oriques de l\u2019Analyse du Discours Num\u00e9rique. Marie-Anne Paveau con\u00e7oit et int\u00e8gre le concept de technolinguistique au sein de l\u2019appareillage th\u00e9orique de l\u2019ADN dans laquelle il fonctionne comme une m\u00e9thode de description et d\u2019analyse de l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique native et des affordances communicationnelles \u00e9labor\u00e9es dans le vaste spectre de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, afin qu\u2019il soit un \u00ab dispositif qui permette de penser ses conditions et pratiques de production, ses traits formels et sa contextualisation sociale \u00bb (Paveau, 2017, p. 140). Sous cet angle, la m\u00e9thode se limite \u00e0 la d\u00e9termination des marqueurs langagiers et composites des productions natives sur le num\u00e9rique. Ainsi, cette filiation existante entre la technolinguistique et l\u2019ADN ne nous semble pas convenir \u00e0 l\u2019orientation que nous voulons accorder \u00e0 cette discipline qui se veut autonome et partie int\u00e9grante de la linguistique externe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, une parent\u00e9 \u00e9troite se dessine \u00e9galement entre la technolinguistique et les linguistiques poststructurales. Du point de vue morphologique, le mot <em>technolinguistique<\/em> est form\u00e9 des entit\u00e9s <em>techno-<\/em> (technologie\/num\u00e9rique\/web 2.0) et <em>linguistique.<\/em> Il s\u2019agit, \u00e0 premi\u00e8re vue, de l\u2019\u00e9tude scientifique de la langue employ\u00e9e dans les environnements num\u00e9riques. En effet, l\u2019essor des th\u00e9ories poststructurales a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019op\u00e9rationnalisation de quelques disciplines du langage se revendiquant de la linguistique externe, car ayant en commun le contexte extralinguistique de production et d\u2019interpr\u00e9tation comme cheval de bataille\u00a0: sociolinguistique, psycholinguistique, pragmatique, ethnolinguistique. C\u2019est dans ce paradigme que nous situons la technolinguistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la ferveur de la globalisation, les interactions sur le web 2.0 semblent \u00eatre une reconfiguration des \u00e9changes langagiers de la vie courante, qu\u2019ils soient dans un contexte psychoaffectif (psycholinguistique), conversationnel (pragmatique), social (sociolinguistique) ou culturel (ethnolinguistique)<a class=\"footnote\" title=\"Le rapport entre le bin\u00f4me ADN en Afrique et ethnolinguistique en contexte num\u00e9rique pourrait \u00e9galement \u00eatre objet de d\u00e9bat avec l\u2019\u00e9l\u00e9ment culturel comme point d\u2019intersection.\" id=\"return-footnote-658-1\" href=\"#footnote-658-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>. Dans ces cas pr\u00e9cis, la langue subit l\u2019influence des variables extralinguistiques ou en est l\u2019influenceuse. Il en est de m\u00eame pour la technolinguistique, une approche qui, selon nous, na\u00eet d\u2019une co-influence entre les \u00e9l\u00e9ments langagiers et les \u00e9l\u00e9ments technologiques en vue de donner lieu \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019une \u00e9cologie num\u00e9rique semblable \u00e0 \u00ab un dispositif au sein duquel la production langagi\u00e8re et discursive est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 des outils technologiques (appareils, logiciels, applications, plateformes \u00bb (Paveau, 2012, p. 106). Nous parlons donc d\u2019une variable technolinguistique \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 une dimension diam\u00e9sique impliquant un ensemble de facteurs qui impulsent une variation linguistique due au mode ou canal de transmission de la communication, \u00e0 savoir le web 2.0 (W\u00fcest, 2009, p. 147). C\u2019est sur la base de ce pr\u00e9alable th\u00e9orique que nous voulons examiner les technodiscours <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em>, non sans avoir pr\u00e9alablement fait le point sur leur sens.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits :<\/em> pr\u00e9cis de d\u00e9notation conceptuelle<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 la base, les expressions <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em><strong>\u00a0<\/strong>en circulation dans les environnements num\u00e9riques ont donn\u00e9 naissance \u00e0 deux th\u00e9ories profanes dont les emplois tendraient \u00e0 alt\u00e9rer leurs sens respectifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un nom propre de personne d\u2019origine arabe. Dans le cadre de ce travail, il est associ\u00e9 au footballeur marocain Achraf Hakimi, par qui le patronyme a acquis le statut de technodiscours dans l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique. C\u2019est l\u2019une des variantes du patronyme <em>Hakim<\/em>, de rang divin dans la cosmogonie arabe. Le nom serait \u00e9galement rattach\u00e9 \u00e0 la ruse, car attribu\u00e9 \u00e0 \u00ab celui qui est sage, avis\u00e9, savant. C\u2019est l\u2019un des 99 noms divins \u00bb (Tosti, 2023)<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI\" id=\"return-footnote-658-2\" href=\"#footnote-658-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. En effet, le patronyme serait devenu viral sur les r\u00e9seaux sociaux, notamment Facebook, en rapport avec une ruse mise en place par le footballeur, laquelle consistait \u00e0 mettre l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de sa fortune au nom de sa g\u00e9nitrice en vue d\u2019\u00e9viter de partitionner ladite fortune avec sa compagne en cas de divorce. Est-ce que cela suffit pour autant pour faire dire que son nom, d\u00e8s la naissance, le pr\u00e9disposerait \u00e0 faire face \u00e0 une telle situation? C\u2019est en tout cas ce que semble confirmer les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous o\u00f9 il est int\u00e9ressant de confronter une source v\u00e9rifiable (figure 1) \u00e0 l\u2019autre reconstitu\u00e9e par l\u2019imaginaire populaire (figure 2).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1294 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1.png\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1.png 530w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1-300x233.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1-65x50.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1-225x174.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo1-350x271.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce pr\u00e9alable \u00e9tymologique s\u2019av\u00e8re incontournable dans l\u2019\u00e9laboration onomastique de ce patronyme, car les s\u00e8mes d\u00e9finitoires de <em>Hakimi<\/em> obtenus jusqu\u2019ici permettront plus bas de les confronter avec les usages socionum\u00e9riques en vue d\u2019en d\u00e9duire une constante s\u00e9mantique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le second technomot de cette \u00e9tude est l\u2019expression <em>les bruits<\/em>, qui appara\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement dans une s\u00e9quence syntaxique plus compl\u00e8te\u00a0: <em>Je suis dans les bruits<\/em>. Dans un sens d\u00e9notatif, <em>le bruit<\/em> peut \u00eatre d\u00e9fini comme tout son audible provenant d\u2019une source quelconque. Dans un prisme communicationnel, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 toute interf\u00e9rence, perturbation ou distorsion qui affecte la transmission, la r\u00e9ception ou l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;un message entre un \u00e9metteur et un r\u00e9cepteur. En effet, le bruit en communication rel\u00e8ve d\u2019un trouble que l\u2019on n\u2019a pas souhait\u00e9 produire (\u00e9metteur), transmettre (message) ou recevoir (r\u00e9cepteur). Il va sans dire que les sources internes ou communicationnelles du bruit se situent sur trois p\u00f4les : le destinateur \u00e0 travers une expression peu claire, des barri\u00e8res linguistiques ou une incoh\u00e9rence du message; le r\u00e9cepteur, <em>via<\/em> des distractions, des perceptions erron\u00e9es ou un manque d&rsquo;attention; le message, au moyen d\u2019une ambigu\u00eft\u00e9 linguistique; d\u2019o\u00f9 les deux captures d\u2019\u00e9cran suivantes constitu\u00e9es d\u2019une publication principale et de son augmentation discursive.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1295 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2.png\" alt=\"\" width=\"538\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2.png 538w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2-300x228.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2-65x49.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2-225x171.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo2-350x266.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 538px) 100vw, 538px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les premi\u00e8res tentatives de compr\u00e9hension de cette s\u00e9quence technodiscursive butent sans cesse sur les aveux d\u2019ignorance des un\u00b7e\u00b7s et sur des r\u00e9actions assez herm\u00e9tiques des autres sujets num\u00e9riques. Tout porterait \u00e0 croire que ces usages num\u00e9riques sont g\u00e9ographiquement situ\u00e9s et par cons\u00e9quent d\u00e9centr\u00e9s de la norme acad\u00e9mique. En d\u2019autres termes, l\u2019emploi de cette \u00ab expression des Camerounais \u00bb rel\u00e8ve d\u2019une des propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9finitoires du bruit : une terminologie complexe ou un contenu mal structur\u00e9 qui rend l&rsquo;interpr\u00e9tation difficile pour le destinataire. C\u2019est ce qui nous pousse \u00e0 explorer plus bas les facteurs externes \u00e0 l\u2019origine du bruit impliquant, entre autres, le milieu ambiant et les barri\u00e8res physiques.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em>\u00a0: du nom propre \u00e0 l\u2019id\u00e9olog\u00e8me de la misogynie \u00e0 l\u2019africaine<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux articulations structurent cette section\u00a0: l\u2019analyse technolinguistique des formes et contenus du mot <em>Hakimi<\/em> sur Facebook et les valeurs culturelles, id\u00e9ologiques et s\u00e9mantiques qui lui sont associ\u00e9es.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Un nom propre multiforme<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude du nom propre en sciences du langage a jusqu\u2019ici fait l\u2019objet de consid\u00e9rations descriptives sous le prisme onomastique et discursif dans le cadre de l\u2019analyse cognitive du discours. Le volet num\u00e9rique inh\u00e9rent \u00e0 ce travail n\u2019est pas en reste. Il s\u2019agit pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019examiner les propri\u00e9t\u00e9s technolinguistiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes comme <em>Hakimiste, Hakimisme, Hakimien, #Hakimi, #Hakim\u00e9, #Hakimer<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En premier lieu, nous sommes dans un prisme lexicographique, entendu comme la science de l\u2019analyse des unit\u00e9s lexicales d&rsquo;une langue d\u00e9termin\u00e9e, lesquelles sont consid\u00e9r\u00e9es dans leurs formes et leurs significations et aboutissant \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de dictionnaires de langue. En effet, l\u2019\u00e9laboration num\u00e9rique du patronyme <em>Hakimi<\/em> sur Facebook laisse \u00e0 observer une grande valse de cat\u00e9gories morphologiques construites par les locuteurs natifs en vue de configurer les diff\u00e9rentes variantes de sa circularit\u00e9. On peut donc lire des d\u00e9riv\u00e9s comme <em>Hakimiste, Hakimisme, Hakimien<\/em>, <em>Hakimie<\/em> observables dans les deux captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1296 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3.png\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"423\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3.png 530w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3-300x239.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3-65x52.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3-225x180.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo3-350x279.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les modifications suffixales, <em>-iste, -isme<\/em>,<em> -ien<\/em> et <em>-ie<\/em> apport\u00e9es au radical <em>Hakim-<\/em> attestent du caract\u00e8re souple de la langue employ\u00e9e dans les environnements num\u00e9riques. Les uns renvoient \u00e0 une doctrine, un mode de pens\u00e9e, voire un \u00ab chemin \u00bb, les autres se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l\u2019identit\u00e9 des personnes adeptes de cette doctrine (figure 5) tandis que le dernier connote une communaut\u00e9 de peuplement dans laquelle vivraient lesdites personnes (Figure 6). C\u2019est en vertu de la souplesse morphologique des technodiscours que les sujets se font sans cesse passer pour des innovateurs dans la graphie des mots, de fa\u00e7on \u00e0 faire de leurs discours natifs d\u2019internet une sorte de \u00ab dictionnaire amoureux \u00bb autour d\u2019un mot, comme c\u2019est le cas pour <em>Hakimi<\/em>\u00a0 (Paveau, 2006, p. 150).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autre part, la dimension morpholexicologique du discours num\u00e9rique est centr\u00e9e sur la prise en compte des caract\u00e9ristiques formelles, visuelles et expressives d\u2019un mot dans l\u2019univers digital, c\u2019est-\u00e0-dire un technomot. Selon Paveau, \u00ab\u00a0on appellera <em>technomot <\/em>un \u00e9l\u00e9ment lexical simple ou compos\u00e9 cliquable, c\u2019est-\u00e0-dire dirigeant l\u2019\u00e9crilecteur d\u2019un texte-source vers un texte-cible, relevant d\u2019une autre situation \u00e9nonciative \u00bb (2017, p. 337). Dans cette cat\u00e9gorie, nous mettons en exergue les hashtag <em>#Hakimi<\/em>, <em>#Hakim\u00e9, #Hakimer,<\/em> qui sont mis en relief dans quelques technodiscours comme l\u2019attestent les deux captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1297 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4.png\" alt=\"\" width=\"517\" height=\"422\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4.png 517w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4-300x245.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4-65x53.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4-225x184.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo4-350x286.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 517px) 100vw, 517px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, la fonctionnalit\u00e9 du hashtag assure la circularit\u00e9 et la p\u00e9rennit\u00e9 num\u00e9rique du segment technolangagier #<em>Hakimi<\/em>, mis en \u00e9vidence par les sujets afin que leur activit\u00e9 discursive soit tra\u00e7able dans l\u2019\u00e9cologie socionum\u00e9rique. En qualit\u00e9 de technomot porteur de la circularit\u00e9 num\u00e9rique du ph\u00e9nom\u00e8ne en vigueur, le hashtag est un marqueur technolangagier, car il permet le marquage num\u00e9rique du slogan de la campagne sur la plateforme Facebook. Il est aussi un facteur d\u2019investigabilit\u00e9 pour ceux qui l\u2019utilisent au sein de l\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique, dans la mesure o\u00f9 il facilite la liaison entre les diff\u00e9rents locuteurs natifs qui l\u2019emploient; en cela, il permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un jeu de donn\u00e9es qui rassemble l\u2019ensemble des \u00e9nonc\u00e9s contenant le m\u00eame hashtag. Enfin, il a aussi valeur d\u2019archivage et de documentation num\u00e9rique de ses emplois ant\u00e9rieurs, en favorisant la reprise du contenu des traces g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par #<em>Hakimi<\/em> de fa\u00e7on automatique, suite \u00e0 l\u2019interaction d\u2019autres utilisateur\u00b7trice\u00b7s num\u00e9riques ant\u00e9rieur\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Hakimi<\/em> ou un vecteur de misogynie en contexte africain?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard des variantes technomorphologiques du patronyme <em>Hakimi<\/em> abord\u00e9es plus haut, cette section de l\u2019article entend esquisser une analyse des incidences s\u00e9mantiques de ces emplois num\u00e9riquement situ\u00e9s comme laudatifs chez les hommes au d\u00e9triment des femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Loin des consid\u00e9rations purement formelles, les usages locutifs de <em>Hakimi<\/em> en contexte num\u00e9rique dessinent une r\u00e9elle tendance \u00e0 la promotion de l\u2019id\u00e9ologie masculine \u00e0 la limite de la misogynie. Les captures ci-dessous constituent un point de d\u00e9part d\u2019analyse.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1298 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5.png\" alt=\"\" width=\"435\" height=\"422\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5.png 435w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5-300x291.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5-65x63.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5-225x218.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo5-350x340.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 435px) 100vw, 435px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 travers les emplois de <em>Hakimi<\/em> sur Facebook, il se d\u00e9gage une constante\u00a0de nature culturelle en contexte africain\u00a0: il y a migration du sens. <em>Hakimi<\/em> semble rev\u00eatir le manteau de l\u2019expression de la masculinit\u00e9 et, par ricochet, de la promotion d\u2019un discours d\u00e9gradant, misogyne \u00e0 la limite. Cette repr\u00e9sentation exog\u00e8ne des rapports hommes-femmes en Afrique semble \u00e9pouser les r\u00e9alit\u00e9s du contexte familial et social africain dans lequel l\u2019id\u00e9ologie patriarcale se fonde sur l\u2019inf\u00e9riorisation, voire l\u2019asservissement des femmes au profit de l\u2019homme qui jouit d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 naturelle et conventionnelle \u00e0 travers le qualificatif de \u00ab chef de famille \u00bb inscrit dans les codes de la famille de plusieurs pays \u00e0 l\u2019instar du S\u00e9n\u00e9gal, du Cameroun, du B\u00e9nin, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Mali, etc. Il est donc difficile de concevoir que le \u00ab chef \u00bb et pourvoyeur des ressources puisse perdre la face dans une bataille juridique li\u00e9e au partage des biens apr\u00e8s un divorce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les extraits ci-dessus dessinent le spectre d\u2019une bataille bas\u00e9e sur le genre. Or, il nous semble que \u00ab la diff\u00e9rence entre elle et l\u2019homme n\u2019est pas de nature (essentialisme), mais de naissance (existentialisme) \u00bb (Fone, 2023, p. 128). En effet, la (re)pr\u00e9sentation num\u00e9rique des d\u00e9m\u00eal\u00e9s judiciaires entre Hakimi et sa compagne et la strat\u00e9gie \u00e9labor\u00e9e par ce dernier pour \u00ab s\u00e9curiser sa fortune \u00bb sont vectrices de la construction d\u2019un discours patriarcal. Les sujets num\u00e9riques de sexe masculin semblent c\u00e9l\u00e9brer une victoire mat\u00e9rielle sur les pr\u00e9suppos\u00e9es tendances calculatrices des femmes : en prenant Hakimi comme mod\u00e8le et comme \u00ab vrai africain \u00bb (figure 10), le technodiscours autour de ce dernier n\u2019est qu\u2019\u00e9logieux. Par contre, celui autour de sa compagne tend \u00e0 faire la peinture d\u2019un \u00e9chec pour la femme consid\u00e9r\u00e9e comme profiteuse, \u00ab escroc \u00bb (figure 10) avec des intentions li\u00e9es \u00e0 une \u00ab TED \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une \u00ab Tentative d\u2019Extorsion par le Divorce \u00bb de la fortune de ce dernier, comme le souligne un sujet num\u00e9rique (Figure 9). Les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques mettent en \u00e9vidence l\u2019image d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 africaine patriarcale selon laquelle la femme ne jouirait d\u2019aucune ind\u00e9pendance du fait de ses t\u00e2ches quotidiennes essentiellement m\u00e9nag\u00e8res et de ses aspirations \u00e9conomiques uniquement fix\u00e9es sur la fortune de son mari qu\u2019elle ne tardera pas \u00e0 d\u00e9tourner \u00e0 la moindre occasion; d\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e pour l\u2019homme de la prot\u00e9ger, quitte \u00e0 le faire \u00e0 travers l\u2019aide d\u2019une autre femme : sa maman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de pr\u00e9senter une image patriarcale, machiste, et l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre, avare sur le num\u00e9rique, les captures d\u2019\u00e9cran inscrivent en creux la th\u00e9orie d\u2019un complexe d\u2019\u0152dipe\u00a0d\u00e9sormais rattach\u00e9e \u00e0 l\u2019image de Hakimi. Un complexe \u0153dipien d\u2019un nouveau type qui proc\u00e8derait par des tendances affectives de Hakimi pour sa m\u00e8re non pas par le crime sur son p\u00e8re, mais plut\u00f4t par privation des ressources mat\u00e9rielles et financi\u00e8res de sa compagne au profit de sa m\u00e8re\u00a0: somme toute, une autre sorte de mort.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou la victoire d\u2019un figement festif<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la derni\u00e8re section de cette r\u00e9flexion, nous nous int\u00e9ressons \u00e0 l\u2019expression <em>les bruits<\/em> relev\u00e9s dans notre \u00ab e-corpus \u00bb, laquelle semble charg\u00e9e de diverses connotations en fonction des usages locutifs et fonctionnels entre les locuteurs num\u00e9riques.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou l\u2019ambiance \u00e0 l\u2019africaine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Je suis dans les bruits<\/em> deviendrait-il d\u00e9sormais synonyme de <em>je suis dans l\u2019ambiance?<\/em> C\u2019est \u00e0 premi\u00e8re vue ce que les captures d\u2019\u00e9cran s\u2019emploient \u00e0 mettre en \u00e9vidence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> connoteraient l\u2019ambiance propre au weekend, lequel est fortement caract\u00e9ris\u00e9 par des \u00e9v\u00e8nements d\u2019envergure festive, mouvement\u00e9e et toutes autres activit\u00e9s associ\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1299 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6.png\" alt=\"\" width=\"599\" height=\"424\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6.png 599w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6-300x212.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6-65x46.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6-225x159.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo6-350x248.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 599px) 100vw, 599px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Les bruits<\/em> ou atmosph\u00e8re festive semble charrier d\u2019autres s\u00e8mes subsidiaires et contextuels, car imm\u00e9diatement rattach\u00e9s \u00e0 la f\u00eate, comme en t\u00e9moignent les extraits du corpus. L\u2019ambiance peut se faire dans un bar en pleine consommation d\u2019alcool (figure 11); dans un milieu dansant diff\u00e9rent du domicile de r\u00e9sidence (figure 12) ou alors dans une situation d\u2019aisance financi\u00e8re (figure 13). Dans les trois cas, \u00ab \u00eatre dans les bruits \u00bb suppose \u00eatre \u00e9motionnellement, physiquement et mat\u00e9riellement pr\u00eat \u00e0 faire la f\u00eate. La n\u00e9gociation du sens du technodiscours est ainsi soumise \u00e0 une grille h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne d\u2019\u00e9l\u00e9ments ou de variantes qui mettent en exergue une variation linguistique d\u2019ordre endog\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire un changement de sens influenc\u00e9 par le contexte extralinguistique dans lequel se trouvent les sujets discursifs au moment de l\u2019\u00e9nonciation. Bien qu\u2019il soit largement admis que <em>les bruits<\/em> renvoient \u00e0 l\u2019ambiance, on ne saurait limiter les mutations de sens propres aux technodiscours.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u2019autres cas de r\u00e9f\u00e9renciations paradigmatiques<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans une r\u00e9flexion ant\u00e9rieure, nous avons mis en \u00e9vidence le fait que l\u2019analyse des technodiscours est efficiente lorsqu\u2019elle op\u00e8re par une grille de \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9renciations paradigmatiques\u00a0\u00bb en vue de d\u00e9terminer \u00ab\u00a0la valse de cat\u00e9gories r\u00e9f\u00e9rentielles qui participent de la souplesse s\u00e9mantique d\u2019une expression\u00a0\u00bb (Tsamo Dongmo, 2023, p. 385). Ce proc\u00e9d\u00e9 nous semble convenir \u00e0 la circularit\u00e9 num\u00e9rique de l\u2019expression <em>les bruits<\/em> dont le faisceau de significations s\u2019\u00e9tend au-del\u00e0 de la seule connotation de l\u2019ambiance; d\u2019o\u00f9 les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1300 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7.png\" alt=\"\" width=\"417\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7.png 417w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7-290x300.png 290w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7-65x67.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7-225x233.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Ndongmo7-350x363.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 417px) 100vw, 417px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier prisme pour d\u00e9celer l\u2019implicite inh\u00e9rent au logotype <em>les bruits<\/em>\u00a0explore l\u2019autonymie ou la construction du discours publicitaire en tant que discours d\u2019imposition, d\u2019existence et de l\u00e9gitimation d\u2019un nouveau produit de consommation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les captures d\u2019\u00e9cran ci-dessus, le technodiscours <em>les bruits<\/em> est extirp\u00e9 de son contexte festif pour \u00eatre r\u00e9investi dans le genre discursif de nature publicitaire. Puisqu\u2019il est en tendance sur le num\u00e9rique au moment de son \u00e9nonciation, il est associ\u00e9 \u00e0 des produits publicitaires \u00e0 des fins de marketing et donc de vente efficiente desdits produits. En effet, l\u2019apparition d\u2019une nouvelle marque ou d\u2019un nouveau produit est presque toujours accompagn\u00e9e d\u2019une intention de communication autonymique qui vise \u00e0 l\u2019affirmer et \u00e0 l\u2019imposer chez les consommateur\u00b7trice\u00b7s, en vue de la d\u00e9marquer des autres d\u00e9j\u00e0 existantes. Dans le cas de <em>les bruits<\/em>, l\u2019entreprise de l\u00e9gitimation d\u2019un cabinet de lecture (figure 14) et la communication promotionnelle autour d\u2019un film (figure 15) s\u2019y appuient comme leviers marketing en proc\u00e9dant par la substitution des formes langagi\u00e8res normalement attendues \u00e0 leur place; d\u2019o\u00f9 l\u2019effet produit lorsque les mots <em>fautes<\/em> et <em>succ\u00e8s<\/em> c\u00e8dent la place \u00e0 un nouveau technodiscours qui fait davantage sens. Dans ce cas, le principe de l\u2019autonymie s\u2019active pour justifier les changements paradigmatiques. Une telle strat\u00e9gie discursive de commercialisation du nom de marque se justifie \u00ab parce que la marque est nouvelle, m\u00e9connue, remise en cause par sa reprise dans le vocabulaire courant, par un changement de nom ou mise en danger par sa forme \u00bb (Berthelot-Guiet, 2015, p. 104).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette r\u00e9flexion a port\u00e9 sur les enjeux du d\u00e9centrement du sens des unit\u00e9s linguistiques en analyse technolinguistique dans un contexte num\u00e9rique africain. En s\u2019appuyant sur les propri\u00e9t\u00e9s morphologiques et s\u00e9mantiques des technodiscours <em>Hakimi<\/em> et <em>les bruits<\/em> tir\u00e9s de Facebook, elle a tent\u00e9 de montrer que le num\u00e9rique est un espace de communication qui assure la visibilit\u00e9 des discours pens\u00e9s, \u00e9labor\u00e9s et publi\u00e9s par des locuteurs africains sur le num\u00e9rique en rapport avec les th\u00e9matiques de patriarcat et d\u2019ambiance. L\u2019\u00e9cologie num\u00e9rique garantit ainsi le postulat de l\u2019intelligibilit\u00e9 de ces technodiscours par les efforts de conceptualisation des chercheur\u00b7euse\u00b7s dot\u00e9s d\u2019une posture discursive, postdualiste et situ\u00e9e, voire d\u00e9centr\u00e9e de l\u2019habituelle norme linguistique impos\u00e9e par les acad\u00e9mies occidentales. Le technodiscours, quelle que soit sa forme ou sa r\u00e9f\u00e9rence, fait sens; un sens n\u00e9goci\u00e9 en fonction des r\u00e9alit\u00e9s culturelles, id\u00e9ologiques, historiques et g\u00e9ographiques des locuteurs qui les \u00e9mettent. Dans ce sens, les technodiscours <em>Hakimi <\/em>et <em>les bruits<\/em>, une fois rev\u00eatus des propri\u00e9t\u00e9s de souplesse morphologique et de flexibilit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rentielle, deviennent d\u00e9sormais l\u00e9gitimes dans la diversit\u00e9 de leurs emplois.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\">Berthelot-Guiet, Karine, 2015. <em>Analyser les discours publicitaires.<\/em> Paris\u00a0: Armand Colin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Bibi\u00e9-\u00c9merit, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela <\/em>14-1<em>.<\/em> DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/corela.4594\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/corela.4594<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2021. La capture d\u2019\u00e9cran face aux fils de discussion \u00e9tendus sur Facebook. <em>F\u00f3rum linguist!co<\/em>, 18, p. 5828-5842. DOI : <a href=\"https:\/\/periodicos.ufsc.br\/index.php\/forum\/article\/view\/79653\">https:\/\/doi.org\/10.5007\/1984-8412.2021.e79653<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Fone, Thomas. 2023. D\u00e9construction du discours patriarcal dans M<em>emoria de la melancol\u00eda<\/em> de Mar\u00eda Teresa Le\u00f3n. <em>Hybrides<\/em>, vol 1, Num 2, p. 124-144. URL : <a href=\"https:\/\/revuehybrides.org\/thomas-fone-a8-dec-2023\/\">https:\/\/revuehybrides.org\/thomas-fone-a8-dec-2023\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2006. <em>Les pr\u00e9discours. Sens, m\u00e9moire, cognition<\/em>. Paris : Presses Sorbonne nouvelle. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.psn.722\">10.4000\/books.psn.722\u00a0<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2012. R\u00e9alit\u00e9 et discursivit\u00e9. D\u2019autres dimensions pour la th\u00e9orie du discours. <em>Semen<\/em>, 34, p. 95-115. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9748\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/semen.9748<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L&rsquo;analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris : Hermann.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Tosti, Jean. 2023. Nom de famille Hakimi. URL : <a href=\"https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI\">https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Tsamo Dongmo, Franck Rostov. 2023. \u00ab <em>C\u2019est de \u00e7a qu\u2019il s\u2019agit <\/em>\u00bb ! Sens, [d\u00e9]m\u00e9moire et circularit\u00e9 d\u2019un technodiscours souple. <em>Langues &amp; Cultures<\/em>, Vol. 04 \/Num. 01, p. 380-396. URL : <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/226305\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/226305<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">W\u00fcest, Jakob. 2009. La notion de diam\u00e9sie est-elle n\u00e9cessaire? <em>Travaux de linguistique,<\/em> 59, p. 147-162. DOI :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/tl.059.0147\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-travaux-de-linguistique-2009-2-page-147.htm<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/franck-rostov-tsamo-dongmo\">Franck Rostov TSAMO DONGMO<\/a><\/strong><br \/>Franck Rostov Tsamo Dongmo est major de promotion de l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Maroua (Cameroun) et titulaire d\u2019un doctorat en Sciences du langage de l\u2019Universit\u00e9 de Dschang o\u00f9 il est enseignant \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences Humaines (FLSH). Membre de l&rsquo;\u00c9quipe de Recherche et d&rsquo;Analyse en Arts et Discours Sociaux (ERAADIS) de ladite Universit\u00e9, il est membre du comit\u00e9 scientifique de la revue Hybrides et de la section Peace Education des Presses Universitaires du Muntu. Ses travaux sont centr\u00e9s en Analyse du Discours num\u00e9rique, cognitif, \u00e9cologique et didactique.<\/p>\n<p>Courriel : ftsamodongmo@yahoo.fr<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-658-1\">Le rapport entre le bin\u00f4me ADN en Afrique et ethnolinguistique en contexte num\u00e9rique pourrait \u00e9galement \u00eatre objet de d\u00e9bat avec l\u2019\u00e9l\u00e9ment culturel comme point d\u2019intersection. <a href=\"#return-footnote-658-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-658-2\"> <a href=\"https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI\">https:\/\/www.geneanet.org\/nom-de-famille\/HAKIMI<\/a>  <a href=\"#return-footnote-658-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":51,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["franck-rostov-tsamo-dongmo"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[200],"license":[],"class_list":["post-658","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-afrique","motscles-discours","motscles-hakimi","motscles-les-bruits","motscles-technolinguistique","keywords-africa","keywords-discourse","keywords-hakimi","keywords-les-bruits","keywords-technolinguistics","motscles-autre-bruits","motscles-autre-discours","motscles-autre-hakimi","motscles-autre-mboka-afrique","motscles-autre-technolinguistique","contributor-franck-rostov-tsamo-dongmo"],"part":51,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/658","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"version-history":[{"count":80,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/658\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1380,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/658\/revisions\/1380"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/51"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/658\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=658"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=658"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=658"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=658"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}