{"id":660,"date":"2024-04-07T09:31:18","date_gmt":"2024-04-07T07:31:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=660"},"modified":"2024-12-31T15:42:38","modified_gmt":"2024-12-31T14:42:38","slug":"bourdache2024","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/bourdache2024\/","title":{"rendered":"Des noms et des discours sur le web social. \u00c9l\u00e9ments d\u2019analyse plurielle des discours toponymiques de la communaut\u00e9 discursive de la page Facebook <em>Je<\/em>"},"content":{"raw":"<div>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre un outil de communication favorisant la cr\u00e9ation de nouvelles relations personnelles en ligne ou un facilitateur de rencontres, Facebook est un m\u00e9dia socionum\u00e9rique, mais \u00e9galement un outil d\u2019expression, qui offre \u00e0 ses usager\u00b7e\u00b7s l\u2019opportunit\u00e9 syst\u00e9matique de partager ou de mettre en ligne un contenu, de commenter ou d\u2019interagir \u00e0 un contenu informationnel et, \u00e9ventuellement, de diffuser instantan\u00e9ment d\u2019autres contenus informationnels dans d\u2019autres m\u00e9dias socionum\u00e9riques. Cela dit, ce dispositif est nourri constamment de controverses sociales qui en font un espace num\u00e9rique alternatif dans lequel les pratiques sociales hors ligne se prolongent et\/ou de nouvelles s\u2019\u00e9laborent. \u00c0 cet effet, les usager\u00b7e\u00b7s deviennent non pas des spectateur\u00b7trice\u00b7s, mais des acteur\u00b7trice\u00b7s qui ont fait de ce dispositif ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui, c\u2019est-\u00e0-dire une ar\u00e8ne de d\u00e9bat, en l\u2019alimentant et en se l\u2019appropriant \u00e0 leur profit.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, Facebook raconte le monde dans lequel ses utilisateur\u00b7trice\u00b7s \u00e9voluent et comment ils et elles se le repr\u00e9sentent. Ainsi, le foisonnement des discours produits sur ce dispositif traduit les repr\u00e9sentations sociales (linguistiques, spatiales, culturelles, etc.) des communaut\u00e9s virtuelles. La mise en discours des exp\u00e9riences v\u00e9cues et des v\u00e9rit\u00e9s sociales du monde r\u00e9el dans l\u2019espace virtuel acquiert une signification particuli\u00e8re et cela montre ostensiblement \u00e0 quel point les utilisateur\u00b7trice\u00b7s sont reli\u00e9\u00b7e\u00b7s aux espaces virtuels qui dessinent des foyers h\u00e9bergeant des r\u00e9alit\u00e9s palpables, faisant sens dans un univers ordinaire v\u00e9cu. En cela, Facebook se distingue comme un exemple \u00e9loquent, o\u00f9 certains groupes et pages \u00e9mergent et s'imposent au sein du flux technodiscursif de ce r\u00e9seau social pour articuler, \u00e0 travers mots, images, \u00e9mojis ou gifs, etc., les tourments du monde et les marquer sur l'\u00e9cran.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chaque internaute intervient au sein de ces communaut\u00e9s virtuelles pour exposer, narrer ses exp\u00e9riences personnelles ou collectives, esquisser des portraits de soi, des autres ou du monde, interrogeant les normes, les st\u00e9r\u00e9otypes et les tabous dans un langage tant\u00f4t ludique, tant\u00f4t provocateur et subversif.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au sein de ce tumulte technodiscursif qui interroge et perturbe l'ordre \u00e9tabli, impuls\u00e9 par les pages et groupes Facebook, la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne ne se prive point de commenter une portion de cette r\u00e9alit\u00e9 touchant aux appellations distinctives qui fa\u00e7onnent les entit\u00e9s du monde et singularisent les individus qui l'occupent, prenant l\u2019exemple des (sur)noms des lieux populaires et\/ou officiels. C'est dans ce contexte particulier qu'une r\u00e9cente publication post\u00e9e sur la page <em>Je[footnote]Pour consulter cette page : <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/jelapage\">https:\/\/www.facebook.com\/jelapage<\/a>[\/footnote] <\/em>a suscit\u00e9 un vif int\u00e9r\u00eat, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre substantiel de commentaires engendr\u00e9s. Au sein de la section \u00ab commentaires \u00bb de ce technodiscours incitant les abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 partager les toponymes insolites qu'ils et elles connaissent dans leur environnement local, transparaissent des propos relatifs aux toponymes qui r\u00e9v\u00e8lent des repr\u00e9sentations onomastiques teint\u00e9es d'une tonalit\u00e9 satirique et humoristique, entrem\u00ealant du graphique et du technolangagier dans le dispositif \u00e9nonciatif du commentaire de la page <em>Je<\/em>. Alors, quelles connaissances et quelles perceptions v\u00e9hicule le discours num\u00e9rique de la communaut\u00e9 discursive de la page <em>Je <\/em>sur les toponymes populaires alg\u00e9riens et sur les lieux qui leurs sont associ\u00e9s? Sous quelles formes ces perceptions des noms de lieux insolites se manifestent-elles dans les \u00e9nonciations secondes de ces abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s? Quelles ressources linguistiques et s\u00e9miotiques sont mobilis\u00e9es dans leurs discours sur les toponymes insolites? Enfin, qu\u2019apporterait l\u2019\u00e9tude des discours sur les toponymes inhabituels dans l\u2019espace \u00ab commentaire \u00bb de la page <em>Je\u00a0<\/em>\u00e0 la recherche sur le discours num\u00e9rique et\/ou onomastique?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au sein de la page <em>Je <\/em>\u2013 envisag\u00e9e comme une tribune sous forme de journal intime qui donne la parole au \u00ab Je \u00bb pour s\u2019exprimer \u2013, les discours sur les toponymes populaires sont manifestement convoqu\u00e9s avec d\u00e9rision dans une multitude de langues. Nous \u00e9mettons l\u2019hypoth\u00e8se que les repr\u00e9sentations territoriales sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et que la perception des noms insolites diff\u00e8re selon l\u2019origine g\u00e9ographique, les groupes sociaux, leur culture et leur histoire. Nous pensons aussi que le discours sur les noms insolites en commentaire, en r\u00e9action au technodiscours initial de <em>Je<\/em>, exploite les ressources techno-s\u00e9miotiques et scripturales de l\u2019interface de Facebook (\u00e9motic\u00f4nes, gifs anim\u00e9s et non anim\u00e9s, photos, hashtags) puisqu\u2019elles constituent des composants inh\u00e9rents de l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique mise en \u0153uvre par les technologies discursives. De plus, s\u2019int\u00e9resser aux discours num\u00e9riques des internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s sur les toponymes insolites peut aider \u00e0 comprendre la fa\u00e7on dont ces utilisateur\u00b7trice\u00b7s per\u00e7oivent et parlent de ces lieux inhabituels sur les r\u00e9seaux sociaux et autres plateformes en ligne. L'\u00e9tude pourrait fournir des informations sur leurs repr\u00e9sentations sociales de ces lieux, ainsi que sur les th\u00e8mes r\u00e9currents et les tendances qui \u00e9mergent dans leurs discours. Enfin, travailler sur les discours num\u00e9riques des internautes sur des toponymes qu\u2019ils et elles jugent atypiques peut \u00e9galement aider \u00e0 enrichir les \u00e9tudes sur la g\u00e9ographie culturelle et la toponymie en fournissant un \u00e9clairage r\u00e9cent des nouveaux usages d\u00e9nominatifs.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Avant d\u2019exposer les d\u00e9tails de cette recherche, nous allons d\u2019abord pr\u00e9senter les donn\u00e9es multimodales constitutives du corpus num\u00e9rique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne qui servira \u00e0 cette \u00e9tude, ainsi que les verrous m\u00e9thodologiques et \u00e9thiques qui interviennent dans sa constitution et son traitement, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019instabilit\u00e9 et la mixit\u00e9 des donn\u00e9es issues du web social. Nous analyserons ensuite le contenu des discours sur les toponymes en mettant l\u2019accent sur les deux paradigmes de l\u2019humour et de la m\u00e9moire qui caract\u00e9risent l\u2019\u00e9nonciation des cha\u00eenes de commentaires.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le corpus d\u2019\u00e9tude\u00a0sur Facebook. Quelques pr\u00e9cisions m\u00e9thodologiques et \u00e9thiques<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Notre corpus d\u2019\u00e9tude est constitu\u00e9 de commentaires d\u2019un post produit sur la page\u00a0<em>Je\u00a0<\/em>dans l\u2019environnement num\u00e9rique natif de Facebook. Cette page a \u00e9t\u00e9 choisie pour son succ\u00e8s et l\u2019importance de la participation des internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s. Le nombre important de commentaires que draine chacune de ces publications montre la popularit\u00e9 de cette page et son \u00e9cho aupr\u00e8s des jeunes issu\u00b7e\u00b7s de la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne de Facebook.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes de collecte des commentaires<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que les commentaires forment une cha\u00eene discursive ouverte et composite, ce qui implique pour nous, en tant que chercheur, de choisir une m\u00e9thodologie particuli\u00e8re pour la collecte et le traitement de ces \u00e9nonc\u00e9s num\u00e9riques. Notre corpus de commentaires repr\u00e9sente en effet \u00ab [\u2026] un ensemble d\u2019observables et non une simple collection de donn\u00e9es. Les observables seront situ\u00e9s dans leurs environnements discursifs \u00bb (Paveau, 2017, p. 70). Ce faisant, les observables num\u00e9riques composant notre corpus soul\u00e8vent quelques questions \u00e9thiques. On a pu constater que l\u2019investissement des chercheur\u00b7euse\u00b7s dans le num\u00e9rique, en exploitant ces donn\u00e9es \u00e0 des fins de recherche, influence notablement leurs pratiques. Cela leur demande de mobiliser de nouvelles m\u00e9thodes plus ad\u00e9quates, garantissant \u00e0 la fois la v\u00e9racit\u00e9 et l\u2019acceptabilit\u00e9 des donn\u00e9es d\u2019un point de vue scientifique, ainsi que leur anonymisation pour pr\u00e9server la vie priv\u00e9e des contributeur\u00b7trice\u00b7s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour un meilleur traitement m\u00e9thodologique et \u00e9thique de notre corpus, nous avons opt\u00e9 pour une d\u00e9marche \u00ab \u00e9cologique \u00bb (Paveau, 2013) qui consiste \u00e0 capturer les observables dans leur environnement num\u00e9rique natif (dits observables num\u00e9riqu\u00e9s[footnote]Le discours num\u00e9riqu\u00e9 est un genre particulier des discours du web, \u00ab produit nativement en ligne, sur un site, un blog ou un r\u00e9seau social, tout lieu num\u00e9rique accueillant de la production de discours. Il pr\u00e9sente des traits de d\u00e9lin\u00e9arisation du fil du discours, d\u2019augmentation \u00e9nonciative, de technog\u00e9n\u00e9ricit\u00e9 et de pluris\u00e9mioticit\u00e9 \u00bb (Paveau, 2015, p. 8)[\/footnote]) et \u00e0 les exporter dans un autre environnement non connect\u00e9 (format word, pdf, etc.). Cette op\u00e9ration permet justement de garder les formes sous lesquelles les observables technolangagiers et discursifs se pr\u00e9sentent dans leur contexte natif, c\u2019est-\u00e0-dire sur Facebook. L\u2019extraction des textes de commentaires est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019aide du logiciel <em>NCapture <\/em>qui nous a permis d\u2019enregistrer les m\u00e9tadonn\u00e9es de ce technodiscours en pdf, comme l\u2019illustre la capture d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_871\" align=\"aligncenter\" width=\"1366\"]<img class=\"wp-image-871 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"1366\" height=\"728\" \/> Image 1. Corpus apr\u00e8s extraction \u00e0 l\u2019aide de NCapture[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Suivant l\u2019approche \u00e9cologique du discours num\u00e9rique natif, nous avons proc\u00e9d\u00e9 uniquement dans la phase du pr\u00e9traitement du corpus \u00e0 l\u2019anonymisation des textes des commentaires qui seront utilis\u00e9s dans cet article, ainsi qu\u2019\u00e0 la s\u00e9lection de certains commentaires \u00e0 des fins illustratives. Leur citation se fera de mani\u00e8re lin\u00e9aire, en suivant les sujets abord\u00e9s, les modalit\u00e9s invoqu\u00e9es et les ressources techno-s\u00e9miolinguistiques et discursives mises en \u0153uvre. Chaque commentaire ou cha\u00eene de commentaires sera pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re anonyme sous l'entr\u00e9e \u00ab C \u00bb accompagn\u00e9 d\u2019un indice (exemple C1).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Notre posture \u00e9pist\u00e9mologique et m\u00e9thodologique est ancr\u00e9e dans la perspective postdualiste et \u00e9cologique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Elle s\u2019appuie sur les \u00e9pist\u00e9m\u00e8s de la th\u00e9orie formul\u00e9e par Marie-Anne Paveau (2017) qui int\u00e8gre les objets ext\u00e9rieurs \u00e0 la langue dans l\u2019analyse proprement dite. Cela dit, les discours localis\u00e9s dans la sph\u00e8re num\u00e9rique dite native (connect\u00e9e), \u00e0 l\u2019image des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques, ont la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre hybrides, int\u00e9grant d\u2019autres mat\u00e9rialit\u00e9s techno-s\u00e9miotiques co-constitutives de ces discours : par exemple des liens hypertextuels et des hashtags, des \u00e9motic\u00f4nes, \u00e9mojis, images, gifs, etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette \u00e9tude, l'approche choisie pour analyser les discours num\u00e9riques portant sur les toponymes populaires se concentre sur l'examen qualitatif du contenu et de la forme des discours recueillis. Cette m\u00e9thodologie peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e comme suit :<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li style=\"text-align: justify\"><em>collecte de donn\u00e9es<\/em> : nous avons accord\u00e9 une importance particuli\u00e8re \u00e0 la collecte exhaustive de (m\u00e9ta)donn\u00e9es issues du statut publi\u00e9 dans le fil technodiscursif de la page Facebook <em>Je<\/em>, pour obtenir une image claire des toponymes insolites utilis\u00e9s par les internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s;<\/li>\r\n \t<li><em>analyse de tonalit\u00e9<\/em> : pour appr\u00e9hender la diversit\u00e9 des tonalit\u00e9s pr\u00e9sentes dans les commentaires des internautes, nous avons opt\u00e9 pour une analyse des observables r\u00e9unis. Cette approche nous a permis de d\u00e9construire les \u00e9nonciations secondaires et d'identifier les nuances des tons, qu'ils soient sarcastiques, humoristiques ou autres. Cette compr\u00e9hension fine des tonalit\u00e9s exprim\u00e9es enrichit notre interpr\u00e9tation des interactions au sein de la communaut\u00e9;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\"><em>analyse de la forme<\/em> : en compl\u00e9ment de l'analyse de tonalit\u00e9, nous avons examin\u00e9 la forme des messages \u00e9chang\u00e9s sur la page <em>Je<\/em>. Cela inclut divers aspects paralangagiers co-constitutifs des discours des commentaires, tels que l'utilisation d'abr\u00e9viations, d\u2019images, d'emojis, des hyperliens d\u2019identification (les mentions), des r\u00e9action\u00e8mes[footnote]\u00c0 la suite de Djil\u00e9 Donald (2022), nous appelons \u00ab r\u00e9action\u00e8mes \u00bb les r\u00e9actions par \u00e9motic\u00f4nes \u00e0 un commentaire. Ils jouent un r\u00f4le important dans l'analyse du discours, car ils ajoutent une dimension suppl\u00e9mentaire \u00e0 la signification du commentaire, en exprimant des nuances \u00e9motionnelles qui r\u00e9v\u00e8lent des aspects psychologiques et comportementaux de l'engagement et de l'interaction au sein d'une communaut\u00e9 en ligne. Ils doivent donc \u00eatre pris en compte dans une analyse compl\u00e8te du discours num\u00e9rique, repr\u00e9sentant ainsi une forme de subjectivit\u00e9 du discours marqu\u00e9e par un signe iconique.[\/footnote], ainsi que d'autres modalit\u00e9s expressives et de citations en commentaire et ce, pour mieux comprendre les attitudes et repr\u00e9sentations des internautes au sujet des noms de lieux \u00e9voqu\u00e9s.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le commentaire comme corpus pluris\u00e9miotique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans son article sur ce qui s\u2019\u00e9crit en ligne, Marie-Anne Paveau pr\u00e9cise que \u00ab [\u2026] l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique est potentiellement, et de plus en plus fr\u00e9quemment, pluris\u00e9miotique puisque les \u00e9critures num\u00e9riques natives sont composites, co-articulant image fixe ou anim\u00e9e et parfois son \u00bb (2019, p. 13). Les commentaires, en tant qu\u2019\u00ab \u00e9crits d\u2019\u00e9cran \u00bb (Jeanneret et Souchier, 1999),<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">donnent \u00e0 voir (ou \u00e0 lire) des formes linguistiques \u00e9mergentes, et font circuler des attitudes et des repr\u00e9sentations envers les ressources mobilis\u00e9es, les formes rejet\u00e9es, les langues et les graphies choisies ainsi que le contenu informationnel. De surcro\u00eet nous dirons qu\u2019il s\u2019agit de multi-\u00e9nonciations induites par le dispositif s\u00e9mio-technique (Escande-Gauqui\u00e9, 2019) propre aux RSN (Ali Bencherif, 2022, p. 102).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ainsi dire, les commentaires sont des \u00ab technodiscours seconds \u00bb (Paveau, 2017) qui s\u2019agrippent au technodiscours premier formant un fil discursif ininterrompu caract\u00e9ris\u00e9 par une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e9nonciative, technos\u00e9miotique et interactionnelle. La dimension relationnelle et augmentable (Paveau, 2017) des discours en ligne font que les commentaires s\u2019\u00e9tendent par d\u2019autres commentaires, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e9ponses aux commentaires comptabilis\u00e9s par l\u2019interface.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le technodiscours de <em>Je<\/em>, objet de cet article, nous avons pu observer, \u00e0 travers les indices m\u00e9triques qu\u2019a g\u00e9n\u00e9r\u00e9s cette publication, que les commentaires et les r\u00e9ponses aux commentaires se situent autour de 3140 items. En nous basant sur les m\u00e9tadonn\u00e9es de cette publication et nos observations des cha\u00eenes de commentaire recueillies \u00e0 l\u2019aide du logiciel <em>NCapture<\/em>, nous avons pu d\u00e9celer deux cat\u00e9gories de commentaires : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les commentaires technoscripturaux lin\u00e9aires et de l\u2019autre les commentaires d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous entendons par commentaires technoscripturaux lin\u00e9aires, des \u00e9nonc\u00e9s qui sont d\u2019ordre textuel, non composites, se pr\u00e9sentant sans mat\u00e9rialit\u00e9s extralangagi\u00e8res (\u00e9motic\u00f4nes, hashtags, images, liens hypertextuels). Tandis que les commentaires d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9s sont ceux qui entrem\u00ealent le textuel, le paralangagier (images, \u00e9mojis) et le technologique (liens hypertextuels). Cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie est la plus r\u00e9pandue, constituant la majorit\u00e9 des commentaires collect\u00e9s. \u00c0 cette cat\u00e9gorie de commentaires, nous ajoutons les commentaires interactifs ou dialogiques, c\u2019est-\u00e0-dire les commentaires suscitant d\u2019autres r\u00e9ponses au point de former une cha\u00eene interactive. Les commentaires non interactifs ou monologiques se r\u00e9f\u00e8rent quant \u00e0 eux aux commentaires qui n\u2019ont pas suscit\u00e9 d\u2019autres r\u00e9actions, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e9ponses d\u2019autres commentateurs de la publication.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le cadre de cette recherche, la prise en compte des \u00ab commentaires interactifs \u00bb est tr\u00e8s importante, car ce sont des discours qui, \u00e0 partir de nos observations de la cha\u00eene de commentaires du corpus, viennent compl\u00e9ter et fournir d\u2019autres toponymes insolites et\/ou des informations sur le nom inhabituel formul\u00e9 en commentaire. Ces informations sont ax\u00e9es entre autres sur la v\u00e9ritable ou potentielle signification du toponyme en question et sur l\u2019histoire du lieu et du nom choisis en g\u00e9n\u00e9ral. Des discussions, qui se d\u00e9ploient d\u2019ailleurs sur des tonalit\u00e9s vari\u00e9es, sont ainsi d\u00e9clench\u00e9es pour \u00e9changer autour de la vie du toponyme (r\u00e9cit d\u00e9nominatif) entre les participant\u00b7es (<em>i.e.<\/em> les abonn\u00e9\u00b7es de la page).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autres commentaires ne sont que des renvois \u00e0 d\u2019autres contacts, c\u2019est \u00e0-dire des mentions de pseudonymes et\/ou de noms d\u2019ami\u00b7es Facebook. Ces derniers repr\u00e9sentent des commentaires d\u2019identification ou de citation d\u2019un profil (ex : @Je) servant justement \u00e0 interpeller une personne et l\u2019inciter \u00e0 participer pour enrichir la discussion sur le sujet.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">\u00c9tude des discours des utilisateur\u00b7trice\u00b7s sur Facebook : l\u2019exemple des toponymes \u00e9voqu\u00e9s en commentaire<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il peut y avoir plusieurs raisons de s\u2019int\u00e9resser aux discours num\u00e9riques des internautes sur les toponymes insolites non officiels en Alg\u00e9rie :<\/p>\r\n\r\n<ol style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">\u00c9tudier les tendances linguistiques et les habitudes de d\u00e9nomination dans la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">Observer les processus de cr\u00e9ation de noms de lieux par les communaut\u00e9s locales tels qu'ils sont partag\u00e9s par la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">Comprendre les attitudes et opinions des internautes envers ces noms insolites.<\/li>\r\n<\/ol>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme nous pouvons le voir dans ce technodiscours, c\u2019est la d\u00e9\/nomination officielle et\/ou officieuse dont il est question. Avant de s\u2019attarder sur l\u2019analyse proprement dite, il convient d\u2019abord de d\u00e9finir ce qu'est un toponyme populaire suivant ce contexte.<\/p>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_870\" align=\"aligncenter\" width=\"593\"]<img class=\"wp-image-870 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2.jpeg\" alt=\"\" width=\"593\" height=\"539\" \/> Image 2. <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/jelapage\/posts\/pfbid02AKowVVhDpvMCUnwNaVgXUWqAgs12sEw2TdNJsKZFebwe95h29xpjZeVTA4WJCrFGl\">Le statut de la page Je<\/a> (captur\u00e9 le 14 novembre 2023)[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9\/nomination officielle est du ressort de l\u2019\u00c9tat et des commissions de toponymie. La d\u00e9\/nomination officieuse[footnote]Appel\u00e9e aussi toponyme d\u2019usage, argotoponyme ou sociotoponyme (Merbouh, 2022).[\/footnote], en revanche, est populaire, issue d\u2019un usage courant, exprim\u00e9e dans les langues locales et leurs contacts (dans notre cas : les derjas, tamazights, fran\u00e7ais et leurs contacts); ces noms sont \u00ab le produit (attribution-usage) des soci\u00e9t\u00e9s, ils rel\u00e8vent des langues, du linguistique, et ils servent \u00e0 d\u00e9signer des lieux et rel\u00e8vent ainsi du spatial, de l\u2019urbain \u00bb (Merbouh, 2011, p. 128). Ils sont pour ainsi dire r\u00e9v\u00e9lateurs des particularit\u00e9s linguistiques de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne et des usages que cette derni\u00e8re en fait. Ces noms de lieux qui forment la toponymie populaire repr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat capital dans la mesure o\u00f9 ils constituent<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">[\u2026] un reflet profond\u00e9ment humain, parfois pittoresque et savoureux de l\u2019esprit des habitants d\u2019un lieu donn\u00e9. Ensuite, nommer un lieu revient \u00e0 l\u2019identifier et \u00e0 le caract\u00e9riser. Ainsi, ces noms contribuent \u00e0 l\u2019orientation et au positionnement du locuteur non seulement dans l\u2019espace g\u00e9ographique, mais \u00e9galement dans l\u2019espace social et culturel qui est le sien. De m\u00eame, la connaissance partag\u00e9e de noms populaires cr\u00e9e, exprime et soutient un sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe. On se reconna\u00eet l\u2019un l\u2019autre au travers des m\u00eames noms. En effet, ceux-ci sont ressentis comme plus authentiques, parce qu\u2019enracin\u00e9s dans un v\u00e9cu commun et une mentalit\u00e9 collective (Steffens, 2007, \u00a7 2).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les noms de lieux g\u00e9ographiques (villages, cit\u00e9s, rues, quartiers, villes), expos\u00e9s dans l\u2019espace \u00ab\u00a0commentaire\u00a0\u00bb du technodiscours de <em>Je <\/em>(image 2 ci-dessus), ont en commun leurs traits insolites qui appartiennent \u00e0 une nomenclature d\u00e9nominative h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne regroupant les noms de lieux populaires et les noms officiels per\u00e7us comme insolites. Les noms populaires sont ceux qui :<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">se superposent aux d\u00e9signations toponymiques officielles, et dans ce cas il s\u2019agit pour nous de (sur)noms de lieu;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">cat\u00e9gorisent un lieu parmi tant d\u2019autres en raison d\u2019un \u00ab anonymat toponymique \u00bb officiel (Mazri Badjadja, 2013, p. 134), c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une d\u00e9signation nouvelle est donn\u00e9e par une communaut\u00e9 sociale \u00e0 un lieu urbain, ou une cit\u00e9 qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019ici d\u00e9nomm\u00e9e par les services municipaux comp\u00e9tents. L\u2019exemple le plus frappant dans notre corpus est l\u2019odonyme d\u2019usage <em style=\"font-size: 1em\">Cit\u00e9 Zedma<\/em><span style=\"font-size: 1em\">\u00a0(litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0cit\u00e9 squatt\u00e9e\u00a0\u00bb)\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une nouvelle cit\u00e9 construite par l\u2019\u00c9tat, dont les appartements non encore distribu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 squatt\u00e9s, devenant alors la cit\u00e9 des squatteur\u00b7euse\u00b7s. Les d\u00e9nominations de ce type sont ant\u00e9rieures \u00e0 la d\u00e9nomination officielle et elles sont ancr\u00e9es dans les pratiques communicationnelles transmises par l\u2019oralit\u00e9, comme les autres cultures populaires.<\/span><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, le technodiscours de la page <em>Je<\/em> (image 2) qui implique en retour des actes de langage en commentaire, ne vise pas seulement \u00e0 amener les usager\u00b7e\u00b7s \u00e0 donner des (sur)noms de lieux, mais il met \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9preuve leur \u00ab comp\u00e9tence toponymique \u00bb (Pons, 2013), c\u2019est-\u00e0-dire les connaissances que les abonn\u00e9\u00b7es alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s ont des noms et leurs relations avec les environnements qu\u2019ils et elles d\u00e9signent. Alors, les abonn\u00e9\u00b7es de la page <em>Je<\/em>, comme le montre la capture d\u2019\u00e9cran ci-haut, ne se limitent pas \u00e0 livrer les noms insolites qu\u2019ils et elles connaissent, mais livrent les anecdotes qui motivent de telles d\u00e9nominations et leurs significations, et montrent la quasi-non-r\u00e9f\u00e9rence de ces noms aux espaces qu\u2019ils et elles d\u00e9signent. Que racontent ces utilisateur\u00b7trice\u00b7s de ces noms insolites? Et comment le racontent-ils\/elles? Et que leur disent ces noms? Quelles modalit\u00e9s expressives sont utilis\u00e9es? Les internautes voient-ils\/elles diff\u00e9remment les lieux en fonction de la signification ou de l'origine de leur nom?<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les noms propres de lieux populaires insolites formul\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran : exploration multidimensionnelle<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette troisi\u00e8me section, nous plongeons au c\u0153ur de l'impact culturel et de l'imaginaire associ\u00e9s aux toponymes insolites. Les noms de lieux ne sont pas simplement des rep\u00e8res g\u00e9ographiques, mais des t\u00e9moins charg\u00e9s de m\u00e9moires, de souvenirs et parfois m\u00eame de controverses. Nous explorerons la mani\u00e8re dont ces toponymes deviennent des porteurs d'histoires, r\u00e9veillant des \u00e9motions, des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et m\u00eame des d\u00e9bats sociaux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section se penchera sur la fa\u00e7on dont les toponymes sont profond\u00e9ment ancr\u00e9s dans l'histoire des lieux. Nous analyserons comment ces noms \u00e9voquent des exp\u00e9riences collectives, des moments marquants, mais \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments parfois douloureux de l'histoire personnelle et locale. Par ailleurs, nous explorerons les modalit\u00e9s expressives et multimodales des technologies discursives convoqu\u00e9es dans l'expression toponymique de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em>. L'utilisation d'\u00e9motic\u00f4nes, d'\u00e9mojis, de screenshots et d'autres formes multimodales enrichit le discours toponymique, comblant les lacunes de l'expression \u00e9crite en introduisant des \u00e9l\u00e9ments visuels et \u00e9motionnels dans l\u2019expression \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Nous explorerons \u00e9galement comment la perception de ces toponymes peut varier en fonction des croyances individuelles et des exp\u00e9riences personnelles.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Attitudes et modalit\u00e9s expressives multimodales au service de l\u2019expression toponymique dans les commentaires<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux toponymes attisent notre curiosit\u00e9 lorsque nous les percevons perch\u00e9s sur une plaque routi\u00e8re ou \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une ville, ou quand ils sont prononc\u00e9s. Ils nous app\u00e2tent par leur sonorit\u00e9 inhabituelle et leur humour. Cette singularit\u00e9 les grave dans l\u2019esprit de ceux et celles qui les croisent, car ils et elles ne les laissent pas indiff\u00e9rent\u00b7es. La r\u00e9miniscence toponymique surgit alors \u00e0 l\u2019\u00e9vocation des noms exceptionnels. Ainsi, la plupart des discours exprim\u00e9s en commentaire par les utilisateur\u00b7trice\u00b7s sur les toponymes dans la page <em>Je<\/em> brossent les noms de lieux qu\u2019ils et elles connaissent ou qu\u2019ils et elles ont pu croiser et ce, dans un registre humoristique \u00e0 l\u2019exemple de <em>Cit\u00e9 Je m\u2019en fou; cit\u00e9 Renault; Quartier haloufa <\/em>(\u00ab\u00a0Quartier des sangliers\u00a0\u00bb)<em>.\u00a0<\/em>En effet, certains commentateur\u00b7trice\u00b7s \u00e9voquent d\u2019autres noms avec une d\u00e9rision flagrante en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une d\u00e9nomination qui pr\u00eate \u00e0 rire puisqu\u2019elle n\u2019a rien \u00e0 voir avec le nom qu\u2019elle d\u00e9signe (exemple du toponyme Souq <em>Duba\u00ef<\/em>\u00a0\u00ab\u00a0March\u00e9 Duba\u00ef\u00a0\u00bb et Cit\u00e9\u00a0<em>Madrid<\/em>\u00a0dans\u00a0C1\u00a0et C2)\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-845 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1.jpeg\" alt=\"\" width=\"638\" height=\"148\" \/>\r\n<div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_846\" align=\"aligncenter\" width=\"445\"]<img class=\"wp-image-846 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2.jpeg\" alt=\"\" width=\"445\" height=\"62\" \/> C1\u00a0et C2[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un autre commentaire, toujours dans le m\u00eame registre, l\u2019internaute trouve la d\u00e9nomination qu\u2019elle cite (<em>Cit\u00e9 zedma<\/em>) plus dr\u00f4le en arabe classique \u0627\u0644\u0647\u062c\u0648\u0645 \u062d\u064a [footnote]Il s\u2019agit ici de la traduction qu\u2019attribue un membre de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em> dans son commentaire (Cf. C3) au toponyme populaire \u00ab cit\u00e9 zedma \u00bb[\/footnote].<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_847\" align=\"aligncenter\" width=\"633\"]<img class=\"wp-image-847 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3.jpeg\" alt=\"\" width=\"633\" height=\"127\" \/> C3[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9rision \u00e0 l\u2019\u00e9gard des noms de lieux inhabituels se manifeste dans les \u00e9nonciations C1 et C2 par le biais de la modalisation indiquant ostensiblement l\u2019attitude des sujets utilisateurs. Il s\u2019agit donc de signes iconiques imitant les mimiques faciales (\u00e9motic\u00f4nes, \u00e9mojis) et de signes graphiques (expression du rire par une succession de h). \u00ab Il est \u00e9vident que l\u2019\u00e9motic\u00f4ne joue un r\u00f4le fort dans l\u2019ancrage \u00e9nonciatif du locuteur, puisqu\u2019elle est toujours l\u2019indice de l\u2019\u00e9motion ou de la subjectivit\u00e9 du locuteur, elle inscrit n\u00e9cessairement ce dernier de fa\u00e7on forte, en montrant sa pr\u00e9sence explicite de sujet \u00e9prouvant, dans son discours \u00bb (Halt\u00e9, 2016, en ligne). L\u2019\u00e9moji du rire dans la plupart des commentaires que nous avons pass\u00e9s en revue suivent les toponymes inhabituels cit\u00e9s. Cet \u00e9moji refl\u00e8te l'attitude subjective de l'utilisateur envers le nom \u00e9voqu\u00e9 dans son commentaire. Parall\u00e8lement, il donne la repr\u00e9sentation que le sujet a construite de l\u2019objet, c\u2019est-\u00e0-dire du nom de lieu qu\u2019il juge insolite. Dans les deux commentaires qui suivent (C4, C5 et C6) les \u00e9mojis apparaissent en fin d\u2019\u00e9nonc\u00e9 et signifient que le commentateur se moque des toponymes, ce que les \u00e9nonc\u00e9s en eux-m\u00eames ne disent pas.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_901\" align=\"aligncenter\" width=\"465\"]<img class=\"wp-image-901 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image.jpeg\" alt=\"\" width=\"465\" height=\"177\" \/> C4\u00a0et\u00a0C5[\/caption]\r\n\r\n<\/div>\r\n<div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_849\" align=\"aligncenter\" width=\"523\"]<img class=\"wp-image-849 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6.jpeg\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"278\" \/> C6[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces ressources expressives comme modalit\u00e9 iconique et\/ou graphique sont des paradigmes techno-s\u00e9miotiques signifiants qui comblent ce manque manifeste du corps (notamment l\u2019absence d\u2019indications donn\u00e9es par l\u2019intonation, les expressions faciales : les soupirs, les rires) et aident \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des commentaires qu\u2019elles renforcent, pr\u00e9cisent et nuancent. La modalit\u00e9 iconique est convi\u00e9e dans les discours sur les noms de lieux insolites, comme l\u2019illustre le commentaire C7 figurant la plaque routi\u00e8re indiquant le nom de son village <em>Tighilt N Seksu<\/em> en deux langues (arabe et tamazigh) signifiant la \u00ab\u00a0vall\u00e9e du couscous\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_850\" align=\"aligncenter\" width=\"447\"]<img class=\"wp-image-850 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"447\" height=\"291\" \/> C7[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le commentaire pluris\u00e9miotique C8, comme le pr\u00e9c\u00e9dent exemple en screenshot, constitue un autre exemple des modalit\u00e9s expressives participatives du web. Il montre aux autres participant\u00b7es de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em> un cas de toponymie insolite, fa\u00e7onn\u00e9 par une normalisation toponymique officielle d'une d\u00e9rive d\u00e9nominative populaire. Il s'agit du toponyme obsc\u00e8ne <em>Bzazil Kalba<\/em> (litt\u00e9ralement \u00ab seins de la chienne \u00bb), d\u00e9signant une colline d'une altitude de 842 m\u00e8tres \u00e0 B\u00e9char. Selon divers r\u00e9cits populaires entourant ce nom atypique, l'attribution de ce qualificatif vulgaire semble \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la forme des petites collines de ce lieu \u00e9nigmatique, probablement leur disposition \u00e9voquant les mamelles d'une chienne.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_852\" align=\"aligncenter\" width=\"637\"]<img class=\"wp-image-852 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8.jpeg\" alt=\"\" width=\"637\" height=\"368\" \/> C8[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de l\u2019image photographique de plaques signal\u00e9tiques illustr\u00e9es ci-haut, d\u2019autres formes multimodales sont mises \u00e0 contribution dans l\u2019expression toponymique visant l\u2019enrichissement du sujet, \u00e0 l\u2019image du screenshot, comme l\u2019illustrent les exemples C9 et C10 ci-dessous.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_853\" align=\"aligncenter\" width=\"644\"]<img class=\"wp-image-853 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"312\" \/> C9[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce type de commentaire met en lumi\u00e8re un nom inhabituel, \u00ab BOUSBAA \u00bb qui signifie \u00ab celui au grand doigt \u00bb, qualifi\u00e9 ironiquement par le commentateur de \u00ab Plus beau \u00bb dans le contexte de la capture d'\u00e9cran de la localisation de ce lieu sur Google Maps. Dans un autre commentaire ci-dessous (C10), la repr\u00e9sentation de l'espace est \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 travers une capture d'\u00e9cran dans laquelle l'utilisateur extrait une sc\u00e8ne d'une vid\u00e9o mettant en \u00e9vidence une signalisation routi\u00e8re avec le toponyme \u00ab Hassi Akouet \u00bb d\u00e9form\u00e9 en arabe pour donner \u00ab \u0643\u064a\u0644\u0648\u0637 \u00bb (culotte). Cette repr\u00e9sentation multimodale est accompagn\u00e9e d'un texte en arabe \"\u00c7a se situe \u00e0 Bordj Badji Bouksour\" d\u00e9crivant l'emplacement du lieu.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_854\" align=\"aligncenter\" width=\"645\"]<img class=\"wp-image-854 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10.jpeg\" alt=\"\" width=\"645\" height=\"365\" \/> C10[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples ci-haut montrent l\u2019exploitation d\u2019affordances techno-s\u00e9miotiques de l\u2019interface par les internautes. Ces dernier\u00b7es enrichissent leurs commentaires en utilisant diverses repr\u00e9sentations iconiques. Certain\u00b7es pr\u00e9f\u00e8rent ins\u00e9rer une image de plaque signal\u00e9tique routi\u00e8re indiquant le nom du lieu, tandis que d'autres accompagnent leur commentaire d'une photo du lieu lui-m\u00eame, avec une mention de son nom dans le texte. Certain\u00b7es vont m\u00eame jusqu'\u00e0 inclure une capture d'\u00e9cran montrant la localisation exacte du lieu sur Google Maps. Enfin, il arrive aussi que des captures de plaques routi\u00e8res r\u00e9elles, telles celles visibles dans des vid\u00e9os Facebook, soient utilis\u00e9es pour renforcer le lien entre le toponyme mentionn\u00e9 et sa r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9capituler, outre l'utilisation des ressources pluris\u00e9miotiques, la mise en mot de chaque r\u00e9f\u00e9rence toponymique en discours est suivie le plus souvent d\u2019un \u00e9moji final ou d\u2019une autre repr\u00e9sentation iconique qui explicite l\u2019attitude du scripteur ou de la scriptrice dans son commentaire vis-\u00e0-vis du toponyme qu\u2019il ou elle cite :<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">toponyme sarcastique + \ud83d\ude02 <span style=\"font-size: 1em\" data-wp-editing=\"1\">: lorsqu'un toponyme est utilis\u00e9 de mani\u00e8re sarcastique, moqueuse ou ironique, l'\u00e9moji du rire est souvent ajout\u00e9 pour indiquer que le scripteur ou la scriptrice trouve la situation amusante (C6);<\/span><\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">toponyme qui suscite une interrogation + \ud83e\udd14 : lorsqu'un toponyme suscite une interrogation de la part du scripteur ou de la scriptrice, par exemple s'il est peu commun ou difficile \u00e0 comprendre, l'\u00e9moji de l'interrogation peut \u00eatre ajout\u00e9 pour exprimer cette incertitude ou cette curiosit\u00e9;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">toponyme \u00e0 consonance atypique ou incompr\u00e9hensible + \ud83d\ude05 \ud83e\udd74 : l'\u00e9moji du visage avec une goutte de sueur peut \u00eatre utilis\u00e9 avec un toponyme qui suscite une l\u00e9g\u00e8re confusion, une g\u00eane ou un malaise momentan\u00e9 chez le\u00b7a scripteur\u00b7trice ou indiquer une r\u00e9action l\u00e9g\u00e8rement embarrass\u00e9e ou amus\u00e9e face \u00e0 ce toponyme;<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">toponyme absurde + \ud83e\udd26 \ud83e\udd26 : indique une attitude embarrassante ou absurde face \u00e0 un toponyme populaire qui pourrait exprimer la d\u00e9ception ou le d\u00e9sarroi chez le cyber-scripteur ou la cyberscriptrice (C6);<\/li>\r\n \t<li style=\"text-align: justify\">toponyme vulgaire + \ud83e\udd2d (\ud83d\ude02) : l'\u00e9moji du visage qui se couvre la bouche peut \u00eatre utilis\u00e9 pour indiquer que le scripteur ou la scriptrice reconna\u00eet la nature inappropri\u00e9e du toponyme tout en le mentionnant.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019humour au service de la d\u00e9construction de la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 toponymique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En plus du registre satirique et des modalit\u00e9s s\u00e9mio-\u00e9nonciatives qui accompagnent ces \u00e9nonciations secondaires, il est \u00e0 noter que c\u2019est justement la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 du nom au lieu qu\u2019il d\u00e9signe qui est mise en d\u00e9rision. On le voit \u00e0 travers certaines expressions d\u00e9cel\u00e9es dans les exemples\u00a0en gras ci-dessous\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote><em>On y trouve\u00a0 <span style=\"text-decoration: underline\"><strong>tout .. sauf<\/strong><\/span><\/em><strong>\u00a0 Duba\u00ef<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0 (C1)\r\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>C tout sauf<\/em><\/strong><\/span> \u00e0 Madrid\u00a0\u00a0\u00a0(C4)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Madrid a gu\u00e9 de Constantine\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>elle est tout sauf<\/em><\/strong><\/span>\u00a0Madrid\u00a0(C2)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aire de France <span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>li mafihech riht la France<\/em><\/strong><\/span> (trad. Aire de France dans laquelle il n\u2019y a pas d\u2019odeur de la France) (C5).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, la n\u00e9gation mise en \u00e9vidence dans les expressions en gras est employ\u00e9e pour cr\u00e9er un contraste ironique ou humoristique, mettant en relief la disparit\u00e9 entre la d\u00e9nomination cit\u00e9e et la r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue. Par analogie, ces commentaires soulignent une discordance morphologique entre le toponyme mentionn\u00e9 et les lieux qu'il est cens\u00e9 repr\u00e9senter, tels que <em>Duba\u00ef, Madrid <\/em>ou<em> la France. <\/em>Cet \u00e9cart r\u00e9f\u00e9rentiel exprim\u00e9 avec humour dans les commentaires illustre l'incompr\u00e9hension de la communaut\u00e9 discursive de la page <em>Je <\/em>face aux strat\u00e9gies d\u00e9nominatives non motiv\u00e9es, comme le montre l\u2019exemple des toponymes <em>les trois Youn\u00e8s<\/em> (<em>Younes Younes Younes<\/em>) et <em>Salah Salah Salah<\/em> \u00e9voqu\u00e9s dans les commentaires ci-dessous.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_855\" align=\"aligncenter\" width=\"600\"]<img class=\"wp-image-855 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"202\" \/> C11[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces commentaires, en utilisant l'humour comme outil, d\u00e9voilent la mani\u00e8re dont les individus remettent en question et r\u00e9inventent la relation entre les mots g\u00e9ographiques et leurs r\u00e9alit\u00e9s, ajoutant des couches multiples de sens qui vont au-del\u00e0 de la simple fonction cartographique des toponymes.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9moire attach\u00e9e aux noms de lieux exprim\u00e9e en commentaire<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le c\u00f4t\u00e9 risible du nom \u00e9voqu\u00e9 en commentaire est certes patent, mais son \u00e9vocation chez certain\u00b7es fait remonter des souvenirs attach\u00e9s aux personnes et aux \u00e9v\u00e8nements qui ont germ\u00e9 dans ce lieu. Certain\u00b7es citent les ravages du terrorisme (C12, C13 et C14), du colonialisme (C15, les souvenirs d\u2019enfance) et des grands-parents (C16).<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_902\" align=\"aligncenter\" width=\"623\"]<img class=\"wp-image-902 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12.jpeg\" alt=\"\" width=\"623\" height=\"275\" \/> C12[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_903\" align=\"aligncenter\" width=\"600\"]<img class=\"wp-image-903 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c13.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"304\" \/> C13[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_857\" align=\"aligncenter\" width=\"612\"]<img class=\"wp-image-857 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c14.jpeg\" alt=\"\" width=\"612\" height=\"155\" \/> C14[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_858\" align=\"aligncenter\" width=\"510\"]<img class=\"wp-image-858 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c15.jpeg\" alt=\"\" width=\"510\" height=\"303\" \/> C15[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_859\" align=\"aligncenter\" width=\"622\"]<img class=\"wp-image-859 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c16.jpeg\" alt=\"\" width=\"622\" height=\"190\" \/> C16[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la cha\u00eene techno-interactionnelle (Denou\u00ebl, 2008), c'est-\u00e0-dire les commentaires technodiscursifs de <em>Je<\/em> sur les toponymes insolites, on d\u00e9c\u00e8le de nombreuses mentions personnelles[footnote]Les mentions ont une fonction interpellative, qui selon Justine Simon et Magali Bigey (2018, p. 66) constituent : \u00ab des proc\u00e9d\u00e9s technodiscursifs relevant d\u2019une volont\u00e9 d\u2019interaction r\u00e9elle avec le public vis\u00e9 \u00bb.[\/footnote], chacun\u00b7e identifiant ses ami\u00b7es dans un commentaire ou dans une r\u00e9ponse \u00e0 un commentaire, afin de l\u2019impliquer dans la conversation ou de lui rappeler des souvenirs ou des moments appr\u00e9ci\u00e9s v\u00e9cus en cet endroit.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_860\" align=\"aligncenter\" width=\"796\"]<img class=\"wp-image-860 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c17.jpeg\" alt=\"\" width=\"796\" height=\"335\" \/> C17[\/caption]\r\n\r\n<div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_873\" align=\"aligncenter\" width=\"636\"]<img class=\"wp-image-873 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923.jpeg\" alt=\"\" width=\"636\" height=\"246\" \/> Traduction[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">On voit que les toponymes insolites sont eux aussi porteurs d\u2019histoire et charg\u00e9s de m\u00e9moire. Ils structurent l\u2019espace de vie et le cat\u00e9gorisent parmi tant d\u2019autres. Les toponymes\u00a0<em>Hawch el Makhfi<\/em>,\u00a0<em>La Suisse<\/em> et bien d\u2019autres ont pris leur source dans cette horreur qui a marqu\u00e9 ces lieux durant la d\u00e9cennie noire o\u00f9 de nombreuses personnes ont tragiquement p\u00e9ri. Par ailleurs, \u00e9merge parfois chez les individus un imaginaire toponymique qui se manifeste nettement dans le discours du commentaire interactif ci-dessous (C18) dans lequel le jugement esth\u00e9tique exprim\u00e9 par le deuxi\u00e8me utilisateur, confirm\u00e9 par le premier, estompe le caract\u00e8re saugrenu de ce nom de quartier en lui attribuant de la beaut\u00e9.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_861\" align=\"aligncenter\" width=\"515\"]<img class=\"wp-image-861 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18.jpeg\" alt=\"\" width=\"515\" height=\"191\" \/> C18 - cha\u00eene de commentaires n\u00b018[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">D\u00e9fi de la compr\u00e9hension des toponymes : entre humour et controverse<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9vocation d\u2019un nom comme \u00ab\u00a0d\u00e9signateur risible\u00a0\u00bb (Sadoudi, 2016) n\u2019enchante pas certain\u00b7es abonn\u00e9\u00b7es qui r\u00e9agissent parfois sur un registre sceptique et insultant. C\u2019est le cas d\u2019un commentaire qui a suscit\u00e9 des r\u00e9actions \u00e0 chaud avec mentions syst\u00e9matiques au commentateur initial, \u00e0 l\u2019\u00e9vocation du toponyme <em>Larbaa Ait Irathen<\/em>, une ville du d\u00e9partement de Tizi Ouzou en Kabylie. Ce toponyme s\u2019est manifest\u00e9 plus de cinq fois dans notre \u00e9chantillon d\u2019\u00e9tude et suscite, uniquement pour la premi\u00e8re occurrence (C19<strong>), <\/strong>une quinzaine de r\u00e9ponses.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div style=\"text-align: justify\">\r\n\r\n[caption id=\"attachment_875\" align=\"aligncenter\" width=\"737\"]<img class=\"wp-image-875 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache.jpg\" alt=\"\" width=\"737\" height=\"526\" \/> C19 - cha\u00eene de commentaires n\u00b0 19[\/caption]\r\n\r\n<\/div>\r\n<div style=\"text-align: justify\">\r\n<p style=\"text-align: justify\">On observe que certain\u00b7es internautes interviennent pour r\u00e9pondre \u00e0 l'utilisateur ayant mentionn\u00e9 le toponyme, r\u00e9affirmant ainsi leur m\u00e9contentement. Ils et elles soulignent que le nom en question ne pr\u00e9sente pas de particularit\u00e9 inhabituelle, mais semble \u00eatre simplement une provocation, \u00e9tant donn\u00e9 que le lieu <em>Larbaa Ait Irathen<\/em> \u00e9voque un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent, \u00e0 savoir le drame du lynchage d'un homme non autochtone survenu lors des incendies de for\u00eat qui ont ravag\u00e9 la r\u00e9gion et toute la Kabylie en 2021. Ce type de propos s'apparente \u00e0 ce que Marie-Anne Paveau d\u00e9signe sous le terme de \u00ab commentaires-trolls \u00bb, visant \u00e0 perturber la conversation (2017, p. 46-47). Dans les cas de figure pr\u00e9sent\u00e9s, on peut d\u00e9duire que la tonalit\u00e9 du commentaire toponymique semble influencer le registre des r\u00e9ponses fournies par les autres abonn\u00e9\u00b7es, adoptant tant\u00f4t un ton sarcastique, tant\u00f4t ironique voire grossier.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Croyance, langue et sensibilit\u00e9 culturelle et leur impact sur la perception et l'interpr\u00e9tation des toponymes mis en commentaires<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Parmi les exemples susmentionn\u00e9s de noms insolites sujets \u00e0 la moquerie, certains posent un probl\u00e8me en termes de perception et de compr\u00e9hension, notamment lorsque certains toponymes ont une connotation sacr\u00e9e, faisant r\u00e9f\u00e9rence au divin, comme c'est le cas pour <em>Ain Allah<\/em>, signifiant \u00ab\u00a0source d'eau\u00a0\u00bb. Certain\u00b7es internautes interpr\u00e8tent \u00e0 tort ce nom en l'associant \u00e0 l'expression <em>\u0152il de Dieu<\/em> \u00e0 cause du double sens du nom arabe-derja <em>ain<\/em>. Cela conduit certain\u00b7es \u00e0 penser qu'il est inappropri\u00e9 de le nommer ainsi ou m\u00eame qu\u2019il est honteux de le prononcer, car il touche au divin, comme dans les exemples C20 et C21.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_863\" align=\"aligncenter\" width=\"640\"]<img class=\"wp-image-863 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20.jpeg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"142\" \/> C20[\/caption]\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\">\r\n\r\nTrad. C20 :\r\n<blockquote><em>\u00ab \u201cLes yeux de Dieu\u201d, Je demande pardon \u00e0 Allah.<\/em>\r\n\r\n<em>Je meurs d\u2019envie de savoir si celui qu\u2019il a d\u00e9nomm\u00e9e \u201c\u0153il de dieu\u201d a vraiment bu du vinaigre ou quoi. Y a aussi le chemin du Hnash (\"chemin du serpent\") \u00e0 Alger<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/blockquote>\r\n[caption id=\"attachment_864\" align=\"aligncenter\" width=\"744\"]<img class=\"wp-image-864 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242.jpeg\" alt=\"\" width=\"744\" height=\"414\" \/> C21[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1043\" align=\"aligncenter\" width=\"407\"]<img class=\"wp-image-1043 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21.jpeg\" alt=\"\" width=\"407\" height=\"297\" \/> Trad. C21[\/caption]\r\n\r\nIl semblerait donc que les croyances jouent un r\u00f4le crucial dans la r\u00e9ception et la compr\u00e9hension de certains noms de lieux comme le montrent les commentaires mentionn\u00e9s ci-dessus.\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le contexte du premier commentaire de <em>Je<\/em> sur le post abordant le toponyme <em>Tiksrayine <\/em>(ou bien<em> Tixeraine<\/em>; arabe : \u062a\u064a\u0642\u0635\u0631\u0627\u064a\u0646)[footnote]Appellation provenant du tamazigh <em>tighesret<\/em> signifiant la pierre plate servant de planche \u00e0 laver ou carr\u00e9ment le lavoir (<a href=\"https:\/\/www.jeune-independant.net\/alger-est-amazighe\/\">https:\/\/www.jeune-independant.net\/alger-est-amazighe\/<\/a>)[\/footnote], il a \u00e9t\u00e9 possible de conclure que, selon la majorit\u00e9 des r\u00e9pondant\u00b7es, l'absence de connaissance de l'origine linguistique d'un toponyme en fait un d\u00e9signateur inhabituel en raison de sa tonalit\u00e9 et de ses propri\u00e9t\u00e9s phonologiques peu famili\u00e8res. \u00c0 l'inverse, dans les exemples C22 et C23, les utilisateur\u00b7trice\u00b7s inform\u00e9\u00b7es de l'origine de ce toponyme, et familiaris\u00e9s avec le tempo sonore et les sch\u00e8mes de leur langue maternelle, le kabyle, ne comprennent pas pourquoi ce nom (<em>Tiksrayine<\/em>) serait consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9trange (voir les r\u00e9ponses en cha\u00eene au premier commentaire de <em>Je<\/em> ci-dessous).<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_867\" align=\"aligncenter\" width=\"641\"]<img class=\"wp-image-867 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22.jpeg\" alt=\"\" width=\"641\" height=\"312\" \/> C22[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_866\" align=\"aligncenter\" width=\"549\"]<img class=\"wp-image-866 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683.jpeg\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"286\" \/> C23[\/caption]\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\">\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un premier commentaire, l'auteur sugg\u00e8re que la prononciation en kabyle rend le toponyme moins \u00e9trange, soulignant ainsi l'importance de la familiarit\u00e9 linguistique dans l'\u00e9valuation de la normalit\u00e9 d'un nom de lieu. Cette observation met en avant la subjectivit\u00e9 de la perception des toponymes, d\u00e9montrant que la compr\u00e9hension linguistique peut att\u00e9nuer la perception de l'\u00e9tranget\u00e9. De ce fait, les autres r\u00e9actions remettent en question la perception de la bizarrerie du nom, sauf une, \u00ab banu Hillal Al a\u025brabi Al ajnabi \u00bb[footnote]Signifie litt\u00e9ralement \u00ab Tribu de banu hillal d\u2019Arabie l\u2019\u00e9trang\u00e8re \u00bb.[\/footnote], en r\u00e9f\u00e9rence aux arabophones. Cette r\u00e9action souligne la subjectivit\u00e9 de la perception des toponymes, mettant en \u00e9vidence que la mani\u00e8re dont chaque individu interpr\u00e8te la singularit\u00e9 d'un nom g\u00e9ographique peut diff\u00e9rer selon les \u00e9l\u00e9ments linguistiques, culturels et personnels.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le commentaire \u00ab\u00a0Texas pour les intimes\u00a0\u00bb prend alors une signification humoristique en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une autre d\u00e9nomination ou expression famili\u00e8re pour le m\u00eame lieu\u00a0: il semble jouer sur l'id\u00e9e que les intimes utilisent cette autre appellation <em>Texas<\/em>, ajoutant ainsi une couche d'humour et de complicit\u00e9 \u00e0 la discussion sur les toponymes renforc\u00e9e par la modalit\u00e9 iconique (\u00e9moji du rire). Cela montre significativement la pr\u00e9gnance de la multi-d\u00e9nomination ou de la polynomie toponymique populaire comme pourrait le sugg\u00e9rer le dernier \u00e9nonc\u00e9 (en rouge dans notre traduction) de l\u2019\u00e9change ci-dessous \u00e0 propos du <em>Quartier Haloufa[footnote]D\u2019origine arabe, f\u00e9minin pluriel de halouf signifiant \u00ab sanglier \u00bb en fran\u00e7ais.[\/footnote] <\/em>dont une intervenante explique le sens (r\u00e9ponse 2 en vert dans la traduction).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_869\" align=\"aligncenter\" width=\"625\"]<img class=\"wp-image-869 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301.jpeg\" alt=\"\" width=\"625\" height=\"419\" \/> C24 - Image 3. Extrait d\u2019\u00e9change accompagn\u00e9 en parall\u00e8le de sa traduction en fran\u00e7ais[\/caption]\r\n\r\n<\/div>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tude sur les discours num\u00e9riques autour des toponymes insolites formul\u00e9s sur la page Facebook <em>Je <\/em>a montr\u00e9 d\u2019une part la pluralit\u00e9 des usages de ces noms au sein de la soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019autre part les interrogations qu\u2019ils suscitent.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces discours r\u00e9v\u00e8lent la richesse et la complexit\u00e9 des significations associ\u00e9es aux noms de lieux insolites. Ils ne sont pas simplement des rep\u00e8res g\u00e9ographiques, mais des \u00e9l\u00e9ments charg\u00e9s de m\u00e9moires, d'\u00e9motions et de d\u00e9bats sociaux. \u00c0 travers l'utilisation d'une vari\u00e9t\u00e9 de ressources expressives multimodales, tels que les \u00e9motic\u00f4nes, les \u00e9mojis, les captures d'\u00e9cran et les commentaires humoristiques, les utilisateur\u00b7trice\u00b7s enrichissent le discours toponymique et r\u00e9v\u00e8lent diff\u00e9rentes facettes de leur relation avec ces noms inhabituels.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L'humour joue un r\u00f4le important dans la d\u00e9construction de la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 toponymique, permettant aux internautes de remettre en question et de r\u00e9inventer la relation entre les mots g\u00e9ographiques et leurs r\u00e9f\u00e9rents. Cependant, cette approche humoristique peut parfois susciter des r\u00e9actions n\u00e9gatives, notamment lorsque les toponymes touchent \u00e0 des sujets sensibles ou sacr\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, les croyances, les langues et les sensibilit\u00e9s culturelles influencent la perception et l'interpr\u00e9tation des toponymes, soulignant ainsi la subjectivit\u00e9 de cette exp\u00e9rience linguistique et g\u00e9ographique. La familiarit\u00e9 linguistique peut att\u00e9nuer la perception de l'\u00e9tranget\u00e9 d'un nom de lieu, tandis que les diff\u00e9rences culturelles peuvent entra\u00eener des interpr\u00e9tations divergentes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce travail pourrait inspirer d'autres r\u00e9flexions sur cette int\u00e9ressante question des noms et des discours qu\u2019ils suscitent dans l\u2019espace cyber\/urbain. L\u2019espace num\u00e9rique constitue \u00e0 la fois un bon catalyseur et un bon observatoire de ces discours et nous esp\u00e9rons d\u00e9velopper cette perspective en explorant les discours num\u00e9riques dans d\u2019autres lieux technodiscursifs que les pages Facebook. Une exploration des \u00e9crits d\u2019\u00e9cran qui touchent aux pratiques d\u00e9nominatives pourrait nous apporter des informations sur les usages des noms toponymiques et leurs enjeux technodiscursifs et technosociolinguistiques au sein de la communaut\u00e9 virtuelle alg\u00e9rienne, mais \u00e9galement sur la mani\u00e8re dont les gens per\u00e7oivent certains lieux ou certaines r\u00e9gions. Ces informations pourraient \u00eatre utilis\u00e9es pour informer les politiques publiques, les efforts de marketing territorial et les d\u00e9cisions d\u2019investissement. De plus, les toponymes utilis\u00e9s pour d\u00e9crire et d\u00e9limiter les espaces g\u00e9ographiques peuvent \u00e9galement servir \u00e0 construire des identit\u00e9s territoriales et renforcer les st\u00e9r\u00e9otypes sociaux. En travaillant sur les discours num\u00e9riques associ\u00e9s \u00e0 ces toponymes, on peut comprendre comment les internautes utilisent les toponymes pour construire leur propre identit\u00e9 en ligne et comment cela pourrait influencer la perception des autres.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce th\u00e8me offre des perspectives int\u00e9ressantes aux \u00e9tudes linguistiques et onomastiques futures en prenant comme objet la structure et la mat\u00e9rialit\u00e9 linguistique de ces noms circulant dans les diff\u00e9rents lieux technodiscursifs. Des relev\u00e9s syst\u00e9matiques de ces types de noms dans les commentaires \u00e9crits nous permettront, d\u2019une part, de rendre compte des usages d\u00e9nominatifs populaires subsistant dans l\u2019environnement r\u00e9el des utilisateur\u00b7trice\u00b7s et leur survivance dans la m\u00e9moire discursive et, d\u2019autre part, de mener des analyses dans la perspective de la morphologie lexicale et de la s\u00e9mantique r\u00e9f\u00e9rentielle en \u00e9tablissant une taxinomie des toponymes populaires.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine. 2022. Introduction. Dans Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine (dirs.), <em>Langues, discours et identit\u00e9s au prisme des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques<\/em>. Collection Proximit\u00e9s Sociolinguistique et langue fran\u00e7aise. Paris\u00a0: EME \u00c9ditions.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Denou\u00ebl, Julie. 2008. La notion de \u00ab tour \u00bb dans l\u2019analyse des interactions m\u00e9diatis\u00e9es par ordinateur. <em>Cahiers de prax\u00e9matique<\/em>, 50, p.\u00a0153-176. URL : <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/praxematique\/964\">http:\/\/journals.openedition.org\/praxematique\/964<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djil\u00e9, Donald. 2022.\u00a0<em>D\u00e9crire la conversation num\u00e9rique \u00e9crite. Une analyse technolinguistique de la structure et du fonctionnement du chat \u00e9crit sur Facebook<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 Alassane Ouattara.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jeanneret, Yves et <span style=\"font-size: 1em\">Souchier, <\/span><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Emmanu\u00ebl. 1999. Pour une po\u00e9tique de l'\u00e9crit d'\u00e9cran. <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Xoana<\/em><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\"> 6, p. 97-107.<\/span><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Halt\u00e9, Pierre. 2016. Enjeux pragmatiques et s\u00e9miotiques de l\u2019\u00e9tude des \u00e9motic\u00f4nes.\u00a0<em>R\u00e9seaux,<\/em> 197-198, p.\u00a0227-252. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/res.197.0227\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/res.197.0227<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mazri Badjadja, Salima. 2013. Maux des mots, de l\u2019espace \u00e0 la toponymie urbaine en ville nouvelle. Dans Yermeche Ouardia, Farid Benramdane (dirs.), <em>Le nom propre maghr\u00e9bin de l\u2019homme, de l\u2019habitat, du relief et de l\u2019eau<\/em>. CRASC, p. 133-144. URL : <a href=\"https:\/\/ouvrages.crasc.dz\/pdfs\/2013_nom-propre-maghrbin-fr-badjadja-mazri-salima.pdf\">https:\/\/ouvrages.crasc.dz\/pdfs\/2013_nom-propre-maghrbin-fr-badjadja-mazri-salima.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merbouh, Hadjer. 2011. Toponymes urbains \u00e0 Sidi Bel Abb\u00e8s-ville (Alg\u00e9rie) : usages, repr\u00e9sentations et identit\u00e9s sociolinguistiques.\u00a0<em>Nouvelle revue d\u2019onomastique<\/em> 53(1), p. 127-141. URL : <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/onoma_0755-7752_2011_num_53_1_1729\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/onoma_0755-7752_2011_num_53_1_1729<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merbouh, Hadjer. 2022. Le sociotoponyme urbain en Alg\u00e9rie\u00a0: caract\u00e9ristiques et lectures identitaires. Le cas des villes de Sidi Bel Abb\u00e8s et d\u2019A\u00efn T\u00e9mouchent. \u00a0<em>Insaniyat \/ <\/em>\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u064a\u0627\u062a [En ligne]. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/insaniyat.27355\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/insaniyat.27355<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2013. Technodiscursivit\u00e9s natives sur Twitter. Une \u00e9cologie du discours num\u00e9rique.\u00a0<em>Epist\u00e9m\u00e8: revue internationale de sciences humaines et sociales appliqu\u00e9es,<\/em> 9, p. 139-176. URL : <a href=\"https:\/\/hal.science\/hal-00859064\/document\">https:\/\/hal.science\/hal-00859064\/document<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2014. Ce qui s'\u00e9crit dans les univers num\u00e9riques. Mati\u00e8res technolangagi\u00e8res et formes technodiscursives. <em>Itin\u00e9raires. Litt\u00e9rature, textes, cultures<\/em> [En ligne]. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/itineraires.2313\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/itineraires.2313<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2012 [2015]. L\u2019int\u00e9grit\u00e9 des corpus natifs en ligne. Une \u00e9cologie postdualiste\u00a0pour la th\u00e9orie du discours.\u00a0<em>Les cahiers de prax\u00e9matique,<\/em> 59, p. 65-90. URL :\u00a0<a href=\"https:\/\/hal-univparis13.archivesouvertes.fr\/hal-01185710\">https:\/\/hal-univparis13.archivesouvertes.fr\/hal-01185710<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017.\u00a0<em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris\u00a0: Hermann.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pons, Aline. 2013. La comp\u00e9tence des noms de lieux comme cl\u00e9 pour lire la perception de l\u2019espace des habitants de Villar Perosa.\u00a0<em>G\u00e9olinguistique,<\/em> 14, p. 35-56. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/geolinguistique.816\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/geolinguistique.816<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sadoudi, Oumelaz et Mebarek, Taklit. 2016. Le nom propre comme indicateur risible. <em>Revue alg\u00e9rienne des sciences du langage RASDL, <\/em>1, p. 6-22. URL : <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/7021\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/7021<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Simon, Justine,\u00a0<span style=\"font-size: 1em\">Bigey, <\/span><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Magali <em>et<\/em> <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">al.\u00a0<\/em><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">2017. Identifier et analyser les discours d\u2019escorte sur Twitter. L\u2019influence des discours d\u2019accompagnement sur le partage social. Dans Wigham, Ciara R. et Ledegen, Gudrun (dirs.), <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Corpus de communication m\u00e9di\u00e9e par les r\u00e9seaux. Construction, structuration, analyse<\/em>, p. <span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">52-70. Paris : L\u2019Harmattan.<\/span><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Steffens, Sven. 2007. La toponymie populaire urbaine hier et aujourd\u2019hui. Le cas de Molenbeek-Saint-Jean.\u00a0<em>Brussels Studies, 9. URL : <\/em><a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/brussels\/441\">https:\/\/journals.openedition.org\/brussels\/441<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;article explore le r\u00f4le de Facebook en tant que m\u00e9dia socionum\u00e9rique, mettant en lumi\u00e8re son statut d&rsquo;outil d&rsquo;expression plut\u00f4t que de simple moyen de communication. Les utilisateurs, acteurs principaux de cet espace virtuel, y partagent du contenu, commentent et interagissent, fa\u00e7onnant ainsi une ar\u00e8ne de d\u00e9bat. Facebook refl\u00e8te les repr\u00e9sentations sociales, culturelles et identitaires \u00e0 travers les discours produits par ses utilisateurs. L&rsquo;\u00e9tude se focalise sur les discours des internautes alg\u00e9riens concernant les noms de lieux insolites, analysant les perceptions, les ressources linguistiques et s\u00e9miotiques utilis\u00e9es. S\u2019inscrivant dans une perspective \u00e9cologique du discours num\u00e9rique (Paveau 2017), l&rsquo;approche m\u00e9thodologique inclut l&rsquo;analyse multimodale d&rsquo;un corpus num\u00e9rique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne compos\u00e9 exclusivement de commentaires sur la page <em>Je<\/em> incitant leur communaut\u00e9 \u00e0 partager dans l\u2019espace commentaire les lieux les plus insolites qu\u2019ils connaissent dans leur r\u00e9gion (quartiers, villes,\u2026).<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/commentaires\/\">commentaires<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/communaute-discursive-de-je\/\">communaut\u00e9 discursive de Je<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/discours-numerique\/\">discours num\u00e9rique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/facebook\/\">Facebook<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/representations-et-perceptions-territoriales\/\">repr\u00e9sentations et perceptions territoriales<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/ressources-multimodales\/\">ressources multimodales<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/toponymes-insolites\/\">toponymes insolites<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p><strong>Names and Discourses on Social Web. Elements of Plural Analysis of Toponymic Discourses within the Discursive Community of Facebook Page<em> Je<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The article explores the role of Facebook as a socio-digital media, highlighting its status as a tool for expression rather than just a means of communication. Users, the main actors in this virtual space, share content, comment, and interact, thus shaping a debating arena. Facebook reflects social, cultural, and identity representations through the discourses produced by its users. The study focuses on the discourses of Algerian internet users regarding unusual place names, analyzing the perceptions, linguistic, and semiotic resources used. Aligning with an ecological perspective of digital discourse (Paveau 2017), the methodological approach includes multimodal analysis of a heterogeneous digital corpus consisting exclusively of comments on the \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb page encouraging their community to share in the comment section the most unusual places they know in their region (neighborhoods, cities,\u2026).<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/comments\/\">comments<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/digital-discourse\/\">digital discourse<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/discursive-community-of-je\/\">discursive community of Je<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/facebook\/\">Facebook<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/territorial-representations-and-perceptions\/\">territorial representations and perceptions<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/unusual-toponyms\/\">unusual toponyms<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (Arabe)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u0623\u0633\u0645\u0627\u0621 \u0648\u0645\u0646\u0627\u0642\u0634\u0627\u062a \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0648\u064a\u0628 \u0627\u0644\u0627\u062c\u062a\u0645\u0627\u0639\u064a. \u0639\u0646\u0627\u0635\u0631 \u0627\u0644\u062a\u062d\u0644\u064a\u0644 \u0627\u0644\u0645\u062a\u0639\u062f\u062f \u0644\u0644\u0645\u0646\u0627\u0642\u0634\u0627\u062a \u0627\u0644\u062c\u063a\u0631\u0627\u0641\u064a\u0629 \u062f\u0627\u062e\u0644 \u0627\u0644\u062c\u0645\u0627\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0646\u0627\u0637\u0642\u0629 \u0628\u0635\u0641\u062d\u0629 \u0627\u0644\u0641\u064a\u0633\u0628\u0648\u0643 \u00ab\u00a0\u0623\u0646\u0627<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u064a\u0633\u062a\u0643\u0634\u0641 \u0627\u0644\u0645\u0642\u0627\u0644 \u062f\u0648\u0631 \u0641\u064a\u0633\u0628\u0648\u0643 \u0643\u0648\u0633\u064a\u0644\u0629 \u0627\u062c\u062a\u0645\u0627\u0639\u064a\u0629 \u0631\u0642\u0645\u064a\u0629\u060c \u0645\u0633\u0644\u0637\u064b\u0627 \u0627\u0644\u0636\u0648\u0621 \u0639\u0644\u0649 \u062f\u0648\u0631\u0647 \u0643\u0623\u062f\u0627\u0629 \u0644\u0644\u062a\u0639\u0628\u064a\u0631 \u0628\u062f\u0644\u0627\u064b \u0645\u0646 \u0645\u062c\u0631\u062f \u0648\u0633\u064a\u0644\u0629 \u0644\u0644\u062a\u0648\u0627\u0635\u0644. \u0627\u0644\u0645\u0633\u062a\u062e\u062f\u0645\u0648\u0646\u060c \u0627\u0644\u0623\u0628\u0637\u0627\u0644 \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0648\u0646 \u0641\u064a \u0647\u0630\u0647 \u0627\u0644\u0641\u0636\u0627\u0621 \u0627\u0644\u0627\u0641\u062a\u0631\u0627\u0636\u064a\u060c \u064a\u0634\u0627\u0631\u0643\u0648\u0646 \u0627\u0644\u0645\u062d\u062a\u0648\u0649\u060c \u0648\u064a\u0639\u0644\u0642\u0648\u0646\u060c \u0648\u064a\u062a\u0641\u0627\u0639\u0644\u0648\u0646\u060c \u0645\u0645\u0627 \u064a\u0634\u0643\u0644 \u0633\u0627\u062d\u0629 \u0644\u0644\u0646\u0642\u0627\u0634. \u064a\u0639\u0643\u0633 \u0641\u064a\u0633\u0628\u0648\u0643 \u0627\u0644\u062a\u0645\u062b\u064a\u0644\u0627\u062a \u0627\u0644\u0627\u062c\u062a\u0645\u0627\u0639\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u062b\u0642\u0627\u0641\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0647\u0648\u064a\u0627\u062a\u064a\u0629 \u0645\u0646 \u062e\u0644\u0627\u0644 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0627\u0642\u0634\u0627\u062a \u0627\u0644\u062a\u064a \u064a\u0646\u062a\u062c\u0647\u0627 \u0645\u0633\u062a\u062e\u062f\u0645\u0648\u0647. \u062a\u0631\u0643\u0632 \u0627\u0644\u062f\u0631\u0627\u0633\u0629 \u0639\u0644\u0649 \u0645\u0646\u0627\u0642\u0634\u0627\u062a \u0627\u0644\u0645\u0633\u062a\u062e\u062f\u0645\u064a\u0646 \u0627\u0644\u062c\u0632\u0627\u0626\u0631\u064a\u064a\u0646 \u0628\u0634\u0623\u0646 \u0623\u0633\u0645\u0627\u0621 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0643\u0646 \u063a\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0639\u0627\u062f\u064a\u0629\u060c \u0645\u062d\u0644\u0644\u0629 \u0627\u0644\u0627\u0633\u062a\u0634\u0639\u0627\u0631\u0627\u062a \u0648\u0627\u0644\u0645\u0648\u0627\u0631\u062f \u0627\u0644\u0644\u063a\u0648\u064a\u0629 \u0648\u0627\u0644\u0633\u0645\u064a\u0648\u0637\u064a\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0633\u062a\u062e\u062f\u0645\u0629. \u062a\u0645\u0627\u0634\u064a\u064b\u0627 \u0645\u0639 \u0645\u0646\u0638\u0648\u0631 \u0628\u064a\u0626\u064a \u0644\u0644\u062e\u0637\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0631\u0642\u0645\u064a (\u0628\u0627\u0641\u0648 2017)\u060c \u062a\u0634\u0645\u0644 \u0627\u0644\u0637\u0631\u064a\u0642\u0629 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0647\u062c\u064a\u0629 \u0627\u0644\u062a\u062d\u0644\u064a\u0644 \u0627\u0644\u0645\u062a\u0639\u062f\u062f \u0627\u0644\u0648\u0633\u0627\u0626\u0637 \u0644\u0645\u062c\u0645\u0648\u0639\u0629 \u0628\u064a\u0627\u0646\u0627\u062a \u0631\u0642\u0645\u064a\u0629 \u0645\u062a\u0646\u0648\u0639\u0629 \u062a\u062a\u0643\u0648\u0646 \u062d\u0635\u0631\u064b\u0627 \u0645\u0646 \u0627\u0644\u062a\u0639\u0644\u064a\u0642\u0627\u062a \u0639\u0644\u0649 \u0635\u0641\u062d\u0629 \u00ab\u00a0\u0623\u0646\u0627\u00a0\u00bb \u0627\u0644\u062a\u064a \u062a\u0634\u062c\u0639 \u0645\u062c\u062a\u0645\u0639\u0647\u0645 \u0639\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0645\u0634\u0627\u0631\u0643\u0629 \u0641\u064a \u0642\u0633\u0645 \u0627\u0644\u062a\u0639\u0644\u064a\u0642\u0627\u062a \u0623\u0645\u0627\u0643\u0646 \u063a\u064a\u0631 \u0639\u0627\u062f\u064a\u0629 \u064a\u0639\u0631\u0641\u0648\u0646\u0647\u0627 \u0641\u064a \u0645\u0646\u0637\u0642\u062a\u0647\u0645 (\u0627\u0644\u0623\u062d\u064a\u0627\u0621\u060c \u0627\u0644\u0645\u062f\u0646&#8230;).<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (Arabe)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a3%d8%b3%d9%85%d8%a7%d8%a1-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d9%85%d8%a7%d9%83%d9%86-%d8%ba%d9%8a%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%a7%d8%af%d9%8a%d8%a9\/\">\u0623\u0633\u0645\u0627\u0621 \u0627\u0644\u0623\u0645\u0627\u0643\u0646 \u063a\u064a\u0631 \u0627\u0644\u0639\u0627\u062f\u064a\u0629<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a7%d9%84%d8%aa%d8%b9%d9%84%d9%8a%d9%82%d8%a7%d8%aa\/\">\u0627\u0644\u062a\u0639\u0644\u064a\u0642\u0627\u062a<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a7%d9%84%d8%aa%d9%85%d8%ab%d9%8a%d9%84%d8%a7%d8%aa-%d9%88%d8%a7%d9%84%d8%a7%d8%b3%d8%aa%d8%b4%d8%b9%d8%a7%d8%b1%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%a5%d9%82%d9%84%d9%8a%d9%85%d9%8a%d8%a9\/\">\u0627\u0644\u062a\u0645\u062b\u064a\u0644\u0627\u062a \u0648\u0627\u0644\u0627\u0633\u062a\u0634\u0639\u0627\u0631\u0627\u062a \u0627\u0644\u0625\u0642\u0644\u064a\u0645\u064a\u0629<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a7%d9%84%d8%ac%d9%85%d8%a7%d8%b9%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%86%d8%a7%d8%b7%d9%82%d8%a9-%d8%a8%d8%b5%d9%81%d8%ad%d8%a9-%d8%a3%d9%86%d8%a7\/\">\u0627\u0644\u062c\u0645\u0627\u0639\u0629 \u0627\u0644\u0646\u0627\u0637\u0642\u0629 \u0628\u0635\u0641\u062d\u0629 \u0623\u0646\u0627<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a7%d9%84%d8%ae%d8%b7%d8%a7%d8%a8-%d8%a7%d9%84%d8%b1%d9%82%d9%85%d9%8a\/\">\u0627\u0644\u062e\u0637\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0631\u0642\u0645\u064a<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%88%d8%a7%d8%b1%d8%af-%d9%85%d8%aa%d8%b9%d8%af%d8%af%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%88%d8%b3%d8%a7%d8%a6%d8%b7\/\">\u0627\u0644\u0645\u0648\u0627\u0631\u062f \u0645\u062a\u0639\u062f\u062f\u0629 \u0627\u0644\u0648\u0633\u0627\u0626\u0637<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%d9%81%d9%8a%d8%b3%d8%a8%d9%88%d9%83\/\">\u0641\u064a\u0633\u0628\u0648\u0643<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>31 janvier 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>25 mars 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 juillet 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Loin d\u2019\u00eatre un outil de communication favorisant la cr\u00e9ation de nouvelles relations personnelles en ligne ou un facilitateur de rencontres, Facebook est un m\u00e9dia socionum\u00e9rique, mais \u00e9galement un outil d\u2019expression, qui offre \u00e0 ses usager\u00b7e\u00b7s l\u2019opportunit\u00e9 syst\u00e9matique de partager ou de mettre en ligne un contenu, de commenter ou d\u2019interagir \u00e0 un contenu informationnel et, \u00e9ventuellement, de diffuser instantan\u00e9ment d\u2019autres contenus informationnels dans d\u2019autres m\u00e9dias socionum\u00e9riques. Cela dit, ce dispositif est nourri constamment de controverses sociales qui en font un espace num\u00e9rique alternatif dans lequel les pratiques sociales hors ligne se prolongent et\/ou de nouvelles s\u2019\u00e9laborent. \u00c0 cet effet, les usager\u00b7e\u00b7s deviennent non pas des spectateur\u00b7trice\u00b7s, mais des acteur\u00b7trice\u00b7s qui ont fait de ce dispositif ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui, c\u2019est-\u00e0-dire une ar\u00e8ne de d\u00e9bat, en l\u2019alimentant et en se l\u2019appropriant \u00e0 leur profit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, Facebook raconte le monde dans lequel ses utilisateur\u00b7trice\u00b7s \u00e9voluent et comment ils et elles se le repr\u00e9sentent. Ainsi, le foisonnement des discours produits sur ce dispositif traduit les repr\u00e9sentations sociales (linguistiques, spatiales, culturelles, etc.) des communaut\u00e9s virtuelles. La mise en discours des exp\u00e9riences v\u00e9cues et des v\u00e9rit\u00e9s sociales du monde r\u00e9el dans l\u2019espace virtuel acquiert une signification particuli\u00e8re et cela montre ostensiblement \u00e0 quel point les utilisateur\u00b7trice\u00b7s sont reli\u00e9\u00b7e\u00b7s aux espaces virtuels qui dessinent des foyers h\u00e9bergeant des r\u00e9alit\u00e9s palpables, faisant sens dans un univers ordinaire v\u00e9cu. En cela, Facebook se distingue comme un exemple \u00e9loquent, o\u00f9 certains groupes et pages \u00e9mergent et s&rsquo;imposent au sein du flux technodiscursif de ce r\u00e9seau social pour articuler, \u00e0 travers mots, images, \u00e9mojis ou gifs, etc., les tourments du monde et les marquer sur l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chaque internaute intervient au sein de ces communaut\u00e9s virtuelles pour exposer, narrer ses exp\u00e9riences personnelles ou collectives, esquisser des portraits de soi, des autres ou du monde, interrogeant les normes, les st\u00e9r\u00e9otypes et les tabous dans un langage tant\u00f4t ludique, tant\u00f4t provocateur et subversif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au sein de ce tumulte technodiscursif qui interroge et perturbe l&rsquo;ordre \u00e9tabli, impuls\u00e9 par les pages et groupes Facebook, la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne ne se prive point de commenter une portion de cette r\u00e9alit\u00e9 touchant aux appellations distinctives qui fa\u00e7onnent les entit\u00e9s du monde et singularisent les individus qui l&rsquo;occupent, prenant l\u2019exemple des (sur)noms des lieux populaires et\/ou officiels. C&rsquo;est dans ce contexte particulier qu&rsquo;une r\u00e9cente publication post\u00e9e sur la page <em>Je<a class=\"footnote\" title=\"Pour consulter cette page : https:\/\/www.facebook.com\/jelapage\" id=\"return-footnote-660-1\" href=\"#footnote-660-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> <\/em>a suscit\u00e9 un vif int\u00e9r\u00eat, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre substantiel de commentaires engendr\u00e9s. Au sein de la section \u00ab commentaires \u00bb de ce technodiscours incitant les abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 partager les toponymes insolites qu&rsquo;ils et elles connaissent dans leur environnement local, transparaissent des propos relatifs aux toponymes qui r\u00e9v\u00e8lent des repr\u00e9sentations onomastiques teint\u00e9es d&rsquo;une tonalit\u00e9 satirique et humoristique, entrem\u00ealant du graphique et du technolangagier dans le dispositif \u00e9nonciatif du commentaire de la page <em>Je<\/em>. Alors, quelles connaissances et quelles perceptions v\u00e9hicule le discours num\u00e9rique de la communaut\u00e9 discursive de la page <em>Je <\/em>sur les toponymes populaires alg\u00e9riens et sur les lieux qui leurs sont associ\u00e9s? Sous quelles formes ces perceptions des noms de lieux insolites se manifestent-elles dans les \u00e9nonciations secondes de ces abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s? Quelles ressources linguistiques et s\u00e9miotiques sont mobilis\u00e9es dans leurs discours sur les toponymes insolites? Enfin, qu\u2019apporterait l\u2019\u00e9tude des discours sur les toponymes inhabituels dans l\u2019espace \u00ab commentaire \u00bb de la page <em>Je\u00a0<\/em>\u00e0 la recherche sur le discours num\u00e9rique et\/ou onomastique?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au sein de la page <em>Je <\/em>\u2013 envisag\u00e9e comme une tribune sous forme de journal intime qui donne la parole au \u00ab Je \u00bb pour s\u2019exprimer \u2013, les discours sur les toponymes populaires sont manifestement convoqu\u00e9s avec d\u00e9rision dans une multitude de langues. Nous \u00e9mettons l\u2019hypoth\u00e8se que les repr\u00e9sentations territoriales sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et que la perception des noms insolites diff\u00e8re selon l\u2019origine g\u00e9ographique, les groupes sociaux, leur culture et leur histoire. Nous pensons aussi que le discours sur les noms insolites en commentaire, en r\u00e9action au technodiscours initial de <em>Je<\/em>, exploite les ressources techno-s\u00e9miotiques et scripturales de l\u2019interface de Facebook (\u00e9motic\u00f4nes, gifs anim\u00e9s et non anim\u00e9s, photos, hashtags) puisqu\u2019elles constituent des composants inh\u00e9rents de l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique mise en \u0153uvre par les technologies discursives. De plus, s\u2019int\u00e9resser aux discours num\u00e9riques des internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s sur les toponymes insolites peut aider \u00e0 comprendre la fa\u00e7on dont ces utilisateur\u00b7trice\u00b7s per\u00e7oivent et parlent de ces lieux inhabituels sur les r\u00e9seaux sociaux et autres plateformes en ligne. L&rsquo;\u00e9tude pourrait fournir des informations sur leurs repr\u00e9sentations sociales de ces lieux, ainsi que sur les th\u00e8mes r\u00e9currents et les tendances qui \u00e9mergent dans leurs discours. Enfin, travailler sur les discours num\u00e9riques des internautes sur des toponymes qu\u2019ils et elles jugent atypiques peut \u00e9galement aider \u00e0 enrichir les \u00e9tudes sur la g\u00e9ographie culturelle et la toponymie en fournissant un \u00e9clairage r\u00e9cent des nouveaux usages d\u00e9nominatifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Avant d\u2019exposer les d\u00e9tails de cette recherche, nous allons d\u2019abord pr\u00e9senter les donn\u00e9es multimodales constitutives du corpus num\u00e9rique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne qui servira \u00e0 cette \u00e9tude, ainsi que les verrous m\u00e9thodologiques et \u00e9thiques qui interviennent dans sa constitution et son traitement, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019instabilit\u00e9 et la mixit\u00e9 des donn\u00e9es issues du web social. Nous analyserons ensuite le contenu des discours sur les toponymes en mettant l\u2019accent sur les deux paradigmes de l\u2019humour et de la m\u00e9moire qui caract\u00e9risent l\u2019\u00e9nonciation des cha\u00eenes de commentaires.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le corpus d\u2019\u00e9tude\u00a0sur Facebook. Quelques pr\u00e9cisions m\u00e9thodologiques et \u00e9thiques<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Notre corpus d\u2019\u00e9tude est constitu\u00e9 de commentaires d\u2019un post produit sur la page\u00a0<em>Je\u00a0<\/em>dans l\u2019environnement num\u00e9rique natif de Facebook. Cette page a \u00e9t\u00e9 choisie pour son succ\u00e8s et l\u2019importance de la participation des internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s. Le nombre important de commentaires que draine chacune de ces publications montre la popularit\u00e9 de cette page et son \u00e9cho aupr\u00e8s des jeunes issu\u00b7e\u00b7s de la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne de Facebook.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes de collecte des commentaires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que les commentaires forment une cha\u00eene discursive ouverte et composite, ce qui implique pour nous, en tant que chercheur, de choisir une m\u00e9thodologie particuli\u00e8re pour la collecte et le traitement de ces \u00e9nonc\u00e9s num\u00e9riques. Notre corpus de commentaires repr\u00e9sente en effet \u00ab [\u2026] un ensemble d\u2019observables et non une simple collection de donn\u00e9es. Les observables seront situ\u00e9s dans leurs environnements discursifs \u00bb (Paveau, 2017, p. 70). Ce faisant, les observables num\u00e9riques composant notre corpus soul\u00e8vent quelques questions \u00e9thiques. On a pu constater que l\u2019investissement des chercheur\u00b7euse\u00b7s dans le num\u00e9rique, en exploitant ces donn\u00e9es \u00e0 des fins de recherche, influence notablement leurs pratiques. Cela leur demande de mobiliser de nouvelles m\u00e9thodes plus ad\u00e9quates, garantissant \u00e0 la fois la v\u00e9racit\u00e9 et l\u2019acceptabilit\u00e9 des donn\u00e9es d\u2019un point de vue scientifique, ainsi que leur anonymisation pour pr\u00e9server la vie priv\u00e9e des contributeur\u00b7trice\u00b7s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour un meilleur traitement m\u00e9thodologique et \u00e9thique de notre corpus, nous avons opt\u00e9 pour une d\u00e9marche \u00ab \u00e9cologique \u00bb (Paveau, 2013) qui consiste \u00e0 capturer les observables dans leur environnement num\u00e9rique natif (dits observables num\u00e9riqu\u00e9s<a class=\"footnote\" title=\"Le discours num\u00e9riqu\u00e9 est un genre particulier des discours du web, \u00ab produit nativement en ligne, sur un site, un blog ou un r\u00e9seau social, tout lieu num\u00e9rique accueillant de la production de discours. Il pr\u00e9sente des traits de d\u00e9lin\u00e9arisation du fil du discours, d\u2019augmentation \u00e9nonciative, de technog\u00e9n\u00e9ricit\u00e9 et de pluris\u00e9mioticit\u00e9 \u00bb (Paveau, 2015, p. 8)\" id=\"return-footnote-660-2\" href=\"#footnote-660-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>) et \u00e0 les exporter dans un autre environnement non connect\u00e9 (format word, pdf, etc.). Cette op\u00e9ration permet justement de garder les formes sous lesquelles les observables technolangagiers et discursifs se pr\u00e9sentent dans leur contexte natif, c\u2019est-\u00e0-dire sur Facebook. L\u2019extraction des textes de commentaires est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019aide du logiciel <em>NCapture <\/em>qui nous a permis d\u2019enregistrer les m\u00e9tadonn\u00e9es de ce technodiscours en pdf, comme l\u2019illustre la capture d\u2019\u00e9cran ci-dessous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_871\" aria-describedby=\"caption-attachment-871\" style=\"width: 1366px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-871 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"1366\" height=\"728\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1.jpeg 1366w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-300x160.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-1024x546.jpeg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-768x409.jpeg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-65x35.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-225x120.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image1.1-350x187.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1366px) 100vw, 1366px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-871\" class=\"wp-caption-text\">Image 1. Corpus apr\u00e8s extraction \u00e0 l\u2019aide de NCapture<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Suivant l\u2019approche \u00e9cologique du discours num\u00e9rique natif, nous avons proc\u00e9d\u00e9 uniquement dans la phase du pr\u00e9traitement du corpus \u00e0 l\u2019anonymisation des textes des commentaires qui seront utilis\u00e9s dans cet article, ainsi qu\u2019\u00e0 la s\u00e9lection de certains commentaires \u00e0 des fins illustratives. Leur citation se fera de mani\u00e8re lin\u00e9aire, en suivant les sujets abord\u00e9s, les modalit\u00e9s invoqu\u00e9es et les ressources techno-s\u00e9miolinguistiques et discursives mises en \u0153uvre. Chaque commentaire ou cha\u00eene de commentaires sera pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re anonyme sous l&rsquo;entr\u00e9e \u00ab C \u00bb accompagn\u00e9 d\u2019un indice (exemple C1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Notre posture \u00e9pist\u00e9mologique et m\u00e9thodologique est ancr\u00e9e dans la perspective postdualiste et \u00e9cologique de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Elle s\u2019appuie sur les \u00e9pist\u00e9m\u00e8s de la th\u00e9orie formul\u00e9e par Marie-Anne Paveau (2017) qui int\u00e8gre les objets ext\u00e9rieurs \u00e0 la langue dans l\u2019analyse proprement dite. Cela dit, les discours localis\u00e9s dans la sph\u00e8re num\u00e9rique dite native (connect\u00e9e), \u00e0 l\u2019image des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques, ont la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre hybrides, int\u00e9grant d\u2019autres mat\u00e9rialit\u00e9s techno-s\u00e9miotiques co-constitutives de ces discours : par exemple des liens hypertextuels et des hashtags, des \u00e9motic\u00f4nes, \u00e9mojis, images, gifs, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette \u00e9tude, l&rsquo;approche choisie pour analyser les discours num\u00e9riques portant sur les toponymes populaires se concentre sur l&rsquo;examen qualitatif du contenu et de la forme des discours recueillis. Cette m\u00e9thodologie peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e comme suit :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li style=\"text-align: justify\"><em>collecte de donn\u00e9es<\/em> : nous avons accord\u00e9 une importance particuli\u00e8re \u00e0 la collecte exhaustive de (m\u00e9ta)donn\u00e9es issues du statut publi\u00e9 dans le fil technodiscursif de la page Facebook <em>Je<\/em>, pour obtenir une image claire des toponymes insolites utilis\u00e9s par les internautes alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s;<\/li>\n<li><em>analyse de tonalit\u00e9<\/em> : pour appr\u00e9hender la diversit\u00e9 des tonalit\u00e9s pr\u00e9sentes dans les commentaires des internautes, nous avons opt\u00e9 pour une analyse des observables r\u00e9unis. Cette approche nous a permis de d\u00e9construire les \u00e9nonciations secondaires et d&rsquo;identifier les nuances des tons, qu&rsquo;ils soient sarcastiques, humoristiques ou autres. Cette compr\u00e9hension fine des tonalit\u00e9s exprim\u00e9es enrichit notre interpr\u00e9tation des interactions au sein de la communaut\u00e9;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\"><em>analyse de la forme<\/em> : en compl\u00e9ment de l&rsquo;analyse de tonalit\u00e9, nous avons examin\u00e9 la forme des messages \u00e9chang\u00e9s sur la page <em>Je<\/em>. Cela inclut divers aspects paralangagiers co-constitutifs des discours des commentaires, tels que l&rsquo;utilisation d&rsquo;abr\u00e9viations, d\u2019images, d&#8217;emojis, des hyperliens d\u2019identification (les mentions), des r\u00e9action\u00e8mes<a class=\"footnote\" title=\"\u00c0 la suite de Djil\u00e9 Donald (2022), nous appelons \u00ab r\u00e9action\u00e8mes \u00bb les r\u00e9actions par \u00e9motic\u00f4nes \u00e0 un commentaire. Ils jouent un r\u00f4le important dans l'analyse du discours, car ils ajoutent une dimension suppl\u00e9mentaire \u00e0 la signification du commentaire, en exprimant des nuances \u00e9motionnelles qui r\u00e9v\u00e8lent des aspects psychologiques et comportementaux de l'engagement et de l'interaction au sein d'une communaut\u00e9 en ligne. Ils doivent donc \u00eatre pris en compte dans une analyse compl\u00e8te du discours num\u00e9rique, repr\u00e9sentant ainsi une forme de subjectivit\u00e9 du discours marqu\u00e9e par un signe iconique.\" id=\"return-footnote-660-3\" href=\"#footnote-660-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>, ainsi que d&rsquo;autres modalit\u00e9s expressives et de citations en commentaire et ce, pour mieux comprendre les attitudes et repr\u00e9sentations des internautes au sujet des noms de lieux \u00e9voqu\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le commentaire comme corpus pluris\u00e9miotique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans son article sur ce qui s\u2019\u00e9crit en ligne, Marie-Anne Paveau pr\u00e9cise que \u00ab [\u2026] l\u2019\u00e9criture num\u00e9rique est potentiellement, et de plus en plus fr\u00e9quemment, pluris\u00e9miotique puisque les \u00e9critures num\u00e9riques natives sont composites, co-articulant image fixe ou anim\u00e9e et parfois son \u00bb (2019, p. 13). Les commentaires, en tant qu\u2019\u00ab \u00e9crits d\u2019\u00e9cran \u00bb (Jeanneret et Souchier, 1999),<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">donnent \u00e0 voir (ou \u00e0 lire) des formes linguistiques \u00e9mergentes, et font circuler des attitudes et des repr\u00e9sentations envers les ressources mobilis\u00e9es, les formes rejet\u00e9es, les langues et les graphies choisies ainsi que le contenu informationnel. De surcro\u00eet nous dirons qu\u2019il s\u2019agit de multi-\u00e9nonciations induites par le dispositif s\u00e9mio-technique (Escande-Gauqui\u00e9, 2019) propre aux RSN (Ali Bencherif, 2022, p. 102).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ainsi dire, les commentaires sont des \u00ab technodiscours seconds \u00bb (Paveau, 2017) qui s\u2019agrippent au technodiscours premier formant un fil discursif ininterrompu caract\u00e9ris\u00e9 par une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e9nonciative, technos\u00e9miotique et interactionnelle. La dimension relationnelle et augmentable (Paveau, 2017) des discours en ligne font que les commentaires s\u2019\u00e9tendent par d\u2019autres commentaires, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e9ponses aux commentaires comptabilis\u00e9s par l\u2019interface.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le technodiscours de <em>Je<\/em>, objet de cet article, nous avons pu observer, \u00e0 travers les indices m\u00e9triques qu\u2019a g\u00e9n\u00e9r\u00e9s cette publication, que les commentaires et les r\u00e9ponses aux commentaires se situent autour de 3140 items. En nous basant sur les m\u00e9tadonn\u00e9es de cette publication et nos observations des cha\u00eenes de commentaire recueillies \u00e0 l\u2019aide du logiciel <em>NCapture<\/em>, nous avons pu d\u00e9celer deux cat\u00e9gories de commentaires : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les commentaires technoscripturaux lin\u00e9aires et de l\u2019autre les commentaires d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous entendons par commentaires technoscripturaux lin\u00e9aires, des \u00e9nonc\u00e9s qui sont d\u2019ordre textuel, non composites, se pr\u00e9sentant sans mat\u00e9rialit\u00e9s extralangagi\u00e8res (\u00e9motic\u00f4nes, hashtags, images, liens hypertextuels). Tandis que les commentaires d\u00e9lin\u00e9aris\u00e9s sont ceux qui entrem\u00ealent le textuel, le paralangagier (images, \u00e9mojis) et le technologique (liens hypertextuels). Cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie est la plus r\u00e9pandue, constituant la majorit\u00e9 des commentaires collect\u00e9s. \u00c0 cette cat\u00e9gorie de commentaires, nous ajoutons les commentaires interactifs ou dialogiques, c\u2019est-\u00e0-dire les commentaires suscitant d\u2019autres r\u00e9ponses au point de former une cha\u00eene interactive. Les commentaires non interactifs ou monologiques se r\u00e9f\u00e8rent quant \u00e0 eux aux commentaires qui n\u2019ont pas suscit\u00e9 d\u2019autres r\u00e9actions, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e9ponses d\u2019autres commentateurs de la publication.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le cadre de cette recherche, la prise en compte des \u00ab commentaires interactifs \u00bb est tr\u00e8s importante, car ce sont des discours qui, \u00e0 partir de nos observations de la cha\u00eene de commentaires du corpus, viennent compl\u00e9ter et fournir d\u2019autres toponymes insolites et\/ou des informations sur le nom inhabituel formul\u00e9 en commentaire. Ces informations sont ax\u00e9es entre autres sur la v\u00e9ritable ou potentielle signification du toponyme en question et sur l\u2019histoire du lieu et du nom choisis en g\u00e9n\u00e9ral. Des discussions, qui se d\u00e9ploient d\u2019ailleurs sur des tonalit\u00e9s vari\u00e9es, sont ainsi d\u00e9clench\u00e9es pour \u00e9changer autour de la vie du toponyme (r\u00e9cit d\u00e9nominatif) entre les participant\u00b7es (<em>i.e.<\/em> les abonn\u00e9\u00b7es de la page).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019autres commentaires ne sont que des renvois \u00e0 d\u2019autres contacts, c\u2019est \u00e0-dire des mentions de pseudonymes et\/ou de noms d\u2019ami\u00b7es Facebook. Ces derniers repr\u00e9sentent des commentaires d\u2019identification ou de citation d\u2019un profil (ex : @Je) servant justement \u00e0 interpeller une personne et l\u2019inciter \u00e0 participer pour enrichir la discussion sur le sujet.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">\u00c9tude des discours des utilisateur\u00b7trice\u00b7s sur Facebook : l\u2019exemple des toponymes \u00e9voqu\u00e9s en commentaire<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Il peut y avoir plusieurs raisons de s\u2019int\u00e9resser aux discours num\u00e9riques des internautes sur les toponymes insolites non officiels en Alg\u00e9rie :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify\">\n<li style=\"text-align: justify\">\u00c9tudier les tendances linguistiques et les habitudes de d\u00e9nomination dans la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">Observer les processus de cr\u00e9ation de noms de lieux par les communaut\u00e9s locales tels qu&rsquo;ils sont partag\u00e9s par la cybercommunaut\u00e9 alg\u00e9rienne;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">Comprendre les attitudes et opinions des internautes envers ces noms insolites.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme nous pouvons le voir dans ce technodiscours, c\u2019est la d\u00e9\/nomination officielle et\/ou officieuse dont il est question. Avant de s\u2019attarder sur l\u2019analyse proprement dite, il convient d\u2019abord de d\u00e9finir ce qu&rsquo;est un toponyme populaire suivant ce contexte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_870\" aria-describedby=\"caption-attachment-870\" style=\"width: 593px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-870 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2.jpeg\" alt=\"\" width=\"593\" height=\"539\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2.jpeg 593w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2-300x273.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2-65x59.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2-225x205.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/image-2-350x318.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-870\" class=\"wp-caption-text\">Image 2. <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/jelapage\/posts\/pfbid02AKowVVhDpvMCUnwNaVgXUWqAgs12sEw2TdNJsKZFebwe95h29xpjZeVTA4WJCrFGl\">Le statut de la page Je<\/a> (captur\u00e9 le 14 novembre 2023)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9\/nomination officielle est du ressort de l\u2019\u00c9tat et des commissions de toponymie. La d\u00e9\/nomination officieuse<a class=\"footnote\" title=\"Appel\u00e9e aussi toponyme d\u2019usage, argotoponyme ou sociotoponyme (Merbouh, 2022).\" id=\"return-footnote-660-4\" href=\"#footnote-660-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>, en revanche, est populaire, issue d\u2019un usage courant, exprim\u00e9e dans les langues locales et leurs contacts (dans notre cas : les derjas, tamazights, fran\u00e7ais et leurs contacts); ces noms sont \u00ab le produit (attribution-usage) des soci\u00e9t\u00e9s, ils rel\u00e8vent des langues, du linguistique, et ils servent \u00e0 d\u00e9signer des lieux et rel\u00e8vent ainsi du spatial, de l\u2019urbain \u00bb (Merbouh, 2011, p. 128). Ils sont pour ainsi dire r\u00e9v\u00e9lateurs des particularit\u00e9s linguistiques de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne et des usages que cette derni\u00e8re en fait. Ces noms de lieux qui forment la toponymie populaire repr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat capital dans la mesure o\u00f9 ils constituent<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">[\u2026] un reflet profond\u00e9ment humain, parfois pittoresque et savoureux de l\u2019esprit des habitants d\u2019un lieu donn\u00e9. Ensuite, nommer un lieu revient \u00e0 l\u2019identifier et \u00e0 le caract\u00e9riser. Ainsi, ces noms contribuent \u00e0 l\u2019orientation et au positionnement du locuteur non seulement dans l\u2019espace g\u00e9ographique, mais \u00e9galement dans l\u2019espace social et culturel qui est le sien. De m\u00eame, la connaissance partag\u00e9e de noms populaires cr\u00e9e, exprime et soutient un sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe. On se reconna\u00eet l\u2019un l\u2019autre au travers des m\u00eames noms. En effet, ceux-ci sont ressentis comme plus authentiques, parce qu\u2019enracin\u00e9s dans un v\u00e9cu commun et une mentalit\u00e9 collective (Steffens, 2007, \u00a7 2).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les noms de lieux g\u00e9ographiques (villages, cit\u00e9s, rues, quartiers, villes), expos\u00e9s dans l\u2019espace \u00ab\u00a0commentaire\u00a0\u00bb du technodiscours de <em>Je <\/em>(image 2 ci-dessus), ont en commun leurs traits insolites qui appartiennent \u00e0 une nomenclature d\u00e9nominative h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne regroupant les noms de lieux populaires et les noms officiels per\u00e7us comme insolites. Les noms populaires sont ceux qui :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li style=\"text-align: justify\">se superposent aux d\u00e9signations toponymiques officielles, et dans ce cas il s\u2019agit pour nous de (sur)noms de lieu;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">cat\u00e9gorisent un lieu parmi tant d\u2019autres en raison d\u2019un \u00ab anonymat toponymique \u00bb officiel (Mazri Badjadja, 2013, p. 134), c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une d\u00e9signation nouvelle est donn\u00e9e par une communaut\u00e9 sociale \u00e0 un lieu urbain, ou une cit\u00e9 qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019ici d\u00e9nomm\u00e9e par les services municipaux comp\u00e9tents. L\u2019exemple le plus frappant dans notre corpus est l\u2019odonyme d\u2019usage <em style=\"font-size: 1em\">Cit\u00e9 Zedma<\/em><span style=\"font-size: 1em\">\u00a0(litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0cit\u00e9 squatt\u00e9e\u00a0\u00bb)\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une nouvelle cit\u00e9 construite par l\u2019\u00c9tat, dont les appartements non encore distribu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 squatt\u00e9s, devenant alors la cit\u00e9 des squatteur\u00b7euse\u00b7s. Les d\u00e9nominations de ce type sont ant\u00e9rieures \u00e0 la d\u00e9nomination officielle et elles sont ancr\u00e9es dans les pratiques communicationnelles transmises par l\u2019oralit\u00e9, comme les autres cultures populaires.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, le technodiscours de la page <em>Je<\/em> (image 2) qui implique en retour des actes de langage en commentaire, ne vise pas seulement \u00e0 amener les usager\u00b7e\u00b7s \u00e0 donner des (sur)noms de lieux, mais il met \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9preuve leur \u00ab comp\u00e9tence toponymique \u00bb (Pons, 2013), c\u2019est-\u00e0-dire les connaissances que les abonn\u00e9\u00b7es alg\u00e9rien\u00b7ne\u00b7s ont des noms et leurs relations avec les environnements qu\u2019ils et elles d\u00e9signent. Alors, les abonn\u00e9\u00b7es de la page <em>Je<\/em>, comme le montre la capture d\u2019\u00e9cran ci-haut, ne se limitent pas \u00e0 livrer les noms insolites qu\u2019ils et elles connaissent, mais livrent les anecdotes qui motivent de telles d\u00e9nominations et leurs significations, et montrent la quasi-non-r\u00e9f\u00e9rence de ces noms aux espaces qu\u2019ils et elles d\u00e9signent. Que racontent ces utilisateur\u00b7trice\u00b7s de ces noms insolites? Et comment le racontent-ils\/elles? Et que leur disent ces noms? Quelles modalit\u00e9s expressives sont utilis\u00e9es? Les internautes voient-ils\/elles diff\u00e9remment les lieux en fonction de la signification ou de l&rsquo;origine de leur nom?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les noms propres de lieux populaires insolites formul\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cran : exploration multidimensionnelle<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette troisi\u00e8me section, nous plongeons au c\u0153ur de l&rsquo;impact culturel et de l&rsquo;imaginaire associ\u00e9s aux toponymes insolites. Les noms de lieux ne sont pas simplement des rep\u00e8res g\u00e9ographiques, mais des t\u00e9moins charg\u00e9s de m\u00e9moires, de souvenirs et parfois m\u00eame de controverses. Nous explorerons la mani\u00e8re dont ces toponymes deviennent des porteurs d&rsquo;histoires, r\u00e9veillant des \u00e9motions, des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et m\u00eame des d\u00e9bats sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section se penchera sur la fa\u00e7on dont les toponymes sont profond\u00e9ment ancr\u00e9s dans l&rsquo;histoire des lieux. Nous analyserons comment ces noms \u00e9voquent des exp\u00e9riences collectives, des moments marquants, mais \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments parfois douloureux de l&rsquo;histoire personnelle et locale. Par ailleurs, nous explorerons les modalit\u00e9s expressives et multimodales des technologies discursives convoqu\u00e9es dans l&rsquo;expression toponymique de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em>. L&rsquo;utilisation d&rsquo;\u00e9motic\u00f4nes, d&rsquo;\u00e9mojis, de screenshots et d&rsquo;autres formes multimodales enrichit le discours toponymique, comblant les lacunes de l&rsquo;expression \u00e9crite en introduisant des \u00e9l\u00e9ments visuels et \u00e9motionnels dans l\u2019expression \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Nous explorerons \u00e9galement comment la perception de ces toponymes peut varier en fonction des croyances individuelles et des exp\u00e9riences personnelles.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Attitudes et modalit\u00e9s expressives multimodales au service de l\u2019expression toponymique dans les commentaires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">De nombreux toponymes attisent notre curiosit\u00e9 lorsque nous les percevons perch\u00e9s sur une plaque routi\u00e8re ou \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une ville, ou quand ils sont prononc\u00e9s. Ils nous app\u00e2tent par leur sonorit\u00e9 inhabituelle et leur humour. Cette singularit\u00e9 les grave dans l\u2019esprit de ceux et celles qui les croisent, car ils et elles ne les laissent pas indiff\u00e9rent\u00b7es. La r\u00e9miniscence toponymique surgit alors \u00e0 l\u2019\u00e9vocation des noms exceptionnels. Ainsi, la plupart des discours exprim\u00e9s en commentaire par les utilisateur\u00b7trice\u00b7s sur les toponymes dans la page <em>Je<\/em> brossent les noms de lieux qu\u2019ils et elles connaissent ou qu\u2019ils et elles ont pu croiser et ce, dans un registre humoristique \u00e0 l\u2019exemple de <em>Cit\u00e9 Je m\u2019en fou; cit\u00e9 Renault; Quartier haloufa <\/em>(\u00ab\u00a0Quartier des sangliers\u00a0\u00bb)<em>.\u00a0<\/em>En effet, certains commentateur\u00b7trice\u00b7s \u00e9voquent d\u2019autres noms avec une d\u00e9rision flagrante en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une d\u00e9nomination qui pr\u00eate \u00e0 rire puisqu\u2019elle n\u2019a rien \u00e0 voir avec le nom qu\u2019elle d\u00e9signe (exemple du toponyme Souq <em>Duba\u00ef<\/em>\u00a0\u00ab\u00a0March\u00e9 Duba\u00ef\u00a0\u00bb et Cit\u00e9\u00a0<em>Madrid<\/em>\u00a0dans\u00a0C1\u00a0et C2)\u00a0:<\/p>\n<\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-845 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1.jpeg\" alt=\"\" width=\"638\" height=\"148\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1.jpeg 638w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1-300x70.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1-65x15.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1-225x52.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c1-350x81.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 638px) 100vw, 638px\" \/><\/p>\n<div>\n<figure id=\"attachment_846\" aria-describedby=\"caption-attachment-846\" style=\"width: 445px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-846 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2.jpeg\" alt=\"\" width=\"445\" height=\"62\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2.jpeg 445w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2-300x42.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2-65x9.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2-225x31.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C2-350x49.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 445px) 100vw, 445px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-846\" class=\"wp-caption-text\">C1\u00a0et C2<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un autre commentaire, toujours dans le m\u00eame registre, l\u2019internaute trouve la d\u00e9nomination qu\u2019elle cite (<em>Cit\u00e9 zedma<\/em>) plus dr\u00f4le en arabe classique \u0627\u0644\u0647\u062c\u0648\u0645 \u062d\u064a <a class=\"footnote\" title=\"Il s\u2019agit ici de la traduction qu\u2019attribue un membre de la communaut\u00e9 discursive de Je dans son commentaire (Cf. C3) au toponyme populaire \u00ab cit\u00e9 zedma \u00bb\" id=\"return-footnote-660-5\" href=\"#footnote-660-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_847\" aria-describedby=\"caption-attachment-847\" style=\"width: 633px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-847 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3.jpeg\" alt=\"\" width=\"633\" height=\"127\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3.jpeg 633w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3-300x60.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3-65x13.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3-225x45.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C3-350x70.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 633px) 100vw, 633px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-847\" class=\"wp-caption-text\">C3<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9rision \u00e0 l\u2019\u00e9gard des noms de lieux inhabituels se manifeste dans les \u00e9nonciations C1 et C2 par le biais de la modalisation indiquant ostensiblement l\u2019attitude des sujets utilisateurs. Il s\u2019agit donc de signes iconiques imitant les mimiques faciales (\u00e9motic\u00f4nes, \u00e9mojis) et de signes graphiques (expression du rire par une succession de h). \u00ab Il est \u00e9vident que l\u2019\u00e9motic\u00f4ne joue un r\u00f4le fort dans l\u2019ancrage \u00e9nonciatif du locuteur, puisqu\u2019elle est toujours l\u2019indice de l\u2019\u00e9motion ou de la subjectivit\u00e9 du locuteur, elle inscrit n\u00e9cessairement ce dernier de fa\u00e7on forte, en montrant sa pr\u00e9sence explicite de sujet \u00e9prouvant, dans son discours \u00bb (Halt\u00e9, 2016, en ligne). L\u2019\u00e9moji du rire dans la plupart des commentaires que nous avons pass\u00e9s en revue suivent les toponymes inhabituels cit\u00e9s. Cet \u00e9moji refl\u00e8te l&rsquo;attitude subjective de l&rsquo;utilisateur envers le nom \u00e9voqu\u00e9 dans son commentaire. Parall\u00e8lement, il donne la repr\u00e9sentation que le sujet a construite de l\u2019objet, c\u2019est-\u00e0-dire du nom de lieu qu\u2019il juge insolite. Dans les deux commentaires qui suivent (C4, C5 et C6) les \u00e9mojis apparaissent en fin d\u2019\u00e9nonc\u00e9 et signifient que le commentateur se moque des toponymes, ce que les \u00e9nonc\u00e9s en eux-m\u00eames ne disent pas.<\/p>\n<figure id=\"attachment_901\" aria-describedby=\"caption-attachment-901\" style=\"width: 465px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-901 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image.jpeg\" alt=\"\" width=\"465\" height=\"177\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image.jpeg 465w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image-300x114.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image-65x25.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image-225x86.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c4-etc5-en-une-seule-image-350x133.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-901\" class=\"wp-caption-text\">C4\u00a0et\u00a0C5<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div>\n<figure id=\"attachment_849\" aria-describedby=\"caption-attachment-849\" style=\"width: 523px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-849 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6.jpeg\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"278\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6.jpeg 523w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6-300x159.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6-65x35.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6-225x120.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C6-350x186.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 523px) 100vw, 523px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-849\" class=\"wp-caption-text\">C6<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces ressources expressives comme modalit\u00e9 iconique et\/ou graphique sont des paradigmes techno-s\u00e9miotiques signifiants qui comblent ce manque manifeste du corps (notamment l\u2019absence d\u2019indications donn\u00e9es par l\u2019intonation, les expressions faciales : les soupirs, les rires) et aident \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des commentaires qu\u2019elles renforcent, pr\u00e9cisent et nuancent. La modalit\u00e9 iconique est convi\u00e9e dans les discours sur les noms de lieux insolites, comme l\u2019illustre le commentaire C7 figurant la plaque routi\u00e8re indiquant le nom de son village <em>Tighilt N Seksu<\/em> en deux langues (arabe et tamazigh) signifiant la \u00ab\u00a0vall\u00e9e du couscous\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_850\" aria-describedby=\"caption-attachment-850\" style=\"width: 447px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-850 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"447\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1.jpeg 447w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1-300x195.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1-65x42.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1-225x146.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C7.1-350x228.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 447px) 100vw, 447px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-850\" class=\"wp-caption-text\">C7<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">Le commentaire pluris\u00e9miotique C8, comme le pr\u00e9c\u00e9dent exemple en screenshot, constitue un autre exemple des modalit\u00e9s expressives participatives du web. Il montre aux autres participant\u00b7es de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em> un cas de toponymie insolite, fa\u00e7onn\u00e9 par une normalisation toponymique officielle d&rsquo;une d\u00e9rive d\u00e9nominative populaire. Il s&rsquo;agit du toponyme obsc\u00e8ne <em>Bzazil Kalba<\/em> (litt\u00e9ralement \u00ab seins de la chienne \u00bb), d\u00e9signant une colline d&rsquo;une altitude de 842 m\u00e8tres \u00e0 B\u00e9char. Selon divers r\u00e9cits populaires entourant ce nom atypique, l&rsquo;attribution de ce qualificatif vulgaire semble \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la forme des petites collines de ce lieu \u00e9nigmatique, probablement leur disposition \u00e9voquant les mamelles d&rsquo;une chienne.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_852\" aria-describedby=\"caption-attachment-852\" style=\"width: 637px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-852 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8.jpeg\" alt=\"\" width=\"637\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8.jpeg 637w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8-300x173.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8-65x38.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8-225x130.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c8-350x202.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 637px) 100vw, 637px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-852\" class=\"wp-caption-text\">C8<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">En plus de l\u2019image photographique de plaques signal\u00e9tiques illustr\u00e9es ci-haut, d\u2019autres formes multimodales sont mises \u00e0 contribution dans l\u2019expression toponymique visant l\u2019enrichissement du sujet, \u00e0 l\u2019image du screenshot, comme l\u2019illustrent les exemples C9 et C10 ci-dessous.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_853\" aria-describedby=\"caption-attachment-853\" style=\"width: 644px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-853 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1.jpeg\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1.jpeg 644w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1-300x145.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1-65x31.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1-225x109.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c9.1-350x170.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-853\" class=\"wp-caption-text\">C9<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce type de commentaire met en lumi\u00e8re un nom inhabituel, \u00ab BOUSBAA \u00bb qui signifie \u00ab celui au grand doigt \u00bb, qualifi\u00e9 ironiquement par le commentateur de \u00ab Plus beau \u00bb dans le contexte de la capture d&rsquo;\u00e9cran de la localisation de ce lieu sur Google Maps. Dans un autre commentaire ci-dessous (C10), la repr\u00e9sentation de l&rsquo;espace est \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 travers une capture d&rsquo;\u00e9cran dans laquelle l&rsquo;utilisateur extrait une sc\u00e8ne d&rsquo;une vid\u00e9o mettant en \u00e9vidence une signalisation routi\u00e8re avec le toponyme \u00ab Hassi Akouet \u00bb d\u00e9form\u00e9 en arabe pour donner \u00ab \u0643\u064a\u0644\u0648\u0637 \u00bb (culotte). Cette repr\u00e9sentation multimodale est accompagn\u00e9e d&rsquo;un texte en arabe \u00ab\u00a0\u00c7a se situe \u00e0 Bordj Badji Bouksour\u00a0\u00bb d\u00e9crivant l&#8217;emplacement du lieu.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_854\" aria-describedby=\"caption-attachment-854\" style=\"width: 645px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-854 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10.jpeg\" alt=\"\" width=\"645\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10.jpeg 645w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10-300x170.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10-65x37.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10-225x127.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c10-350x198.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-854\" class=\"wp-caption-text\">C10<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples ci-haut montrent l\u2019exploitation d\u2019affordances techno-s\u00e9miotiques de l\u2019interface par les internautes. Ces dernier\u00b7es enrichissent leurs commentaires en utilisant diverses repr\u00e9sentations iconiques. Certain\u00b7es pr\u00e9f\u00e8rent ins\u00e9rer une image de plaque signal\u00e9tique routi\u00e8re indiquant le nom du lieu, tandis que d&rsquo;autres accompagnent leur commentaire d&rsquo;une photo du lieu lui-m\u00eame, avec une mention de son nom dans le texte. Certain\u00b7es vont m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 inclure une capture d&rsquo;\u00e9cran montrant la localisation exacte du lieu sur Google Maps. Enfin, il arrive aussi que des captures de plaques routi\u00e8res r\u00e9elles, telles celles visibles dans des vid\u00e9os Facebook, soient utilis\u00e9es pour renforcer le lien entre le toponyme mentionn\u00e9 et sa r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9capituler, outre l&rsquo;utilisation des ressources pluris\u00e9miotiques, la mise en mot de chaque r\u00e9f\u00e9rence toponymique en discours est suivie le plus souvent d\u2019un \u00e9moji final ou d\u2019une autre repr\u00e9sentation iconique qui explicite l\u2019attitude du scripteur ou de la scriptrice dans son commentaire vis-\u00e0-vis du toponyme qu\u2019il ou elle cite :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li style=\"text-align: justify\">toponyme sarcastique + \ud83d\ude02 <span style=\"font-size: 1em\" data-wp-editing=\"1\">: lorsqu&rsquo;un toponyme est utilis\u00e9 de mani\u00e8re sarcastique, moqueuse ou ironique, l&rsquo;\u00e9moji du rire est souvent ajout\u00e9 pour indiquer que le scripteur ou la scriptrice trouve la situation amusante (C6);<\/span><\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">toponyme qui suscite une interrogation + \ud83e\udd14 : lorsqu&rsquo;un toponyme suscite une interrogation de la part du scripteur ou de la scriptrice, par exemple s&rsquo;il est peu commun ou difficile \u00e0 comprendre, l&rsquo;\u00e9moji de l&rsquo;interrogation peut \u00eatre ajout\u00e9 pour exprimer cette incertitude ou cette curiosit\u00e9;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">toponyme \u00e0 consonance atypique ou incompr\u00e9hensible + \ud83d\ude05 \ud83e\udd74 : l&rsquo;\u00e9moji du visage avec une goutte de sueur peut \u00eatre utilis\u00e9 avec un toponyme qui suscite une l\u00e9g\u00e8re confusion, une g\u00eane ou un malaise momentan\u00e9 chez le\u00b7a scripteur\u00b7trice ou indiquer une r\u00e9action l\u00e9g\u00e8rement embarrass\u00e9e ou amus\u00e9e face \u00e0 ce toponyme;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">toponyme absurde + \ud83e\udd26 \ud83e\udd26 : indique une attitude embarrassante ou absurde face \u00e0 un toponyme populaire qui pourrait exprimer la d\u00e9ception ou le d\u00e9sarroi chez le cyber-scripteur ou la cyberscriptrice (C6);<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">toponyme vulgaire + \ud83e\udd2d (\ud83d\ude02) : l&rsquo;\u00e9moji du visage qui se couvre la bouche peut \u00eatre utilis\u00e9 pour indiquer que le scripteur ou la scriptrice reconna\u00eet la nature inappropri\u00e9e du toponyme tout en le mentionnant.<\/li>\n<\/ul>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019humour au service de la d\u00e9construction de la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 toponymique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">En plus du registre satirique et des modalit\u00e9s s\u00e9mio-\u00e9nonciatives qui accompagnent ces \u00e9nonciations secondaires, il est \u00e0 noter que c\u2019est justement la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 du nom au lieu qu\u2019il d\u00e9signe qui est mise en d\u00e9rision. On le voit \u00e0 travers certaines expressions d\u00e9cel\u00e9es dans les exemples\u00a0en gras ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>On y trouve\u00a0 <span style=\"text-decoration: underline\"><strong>tout .. sauf<\/strong><\/span><\/em><strong>\u00a0 Duba\u00ef<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0 (C1)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>C tout sauf<\/em><\/strong><\/span> \u00e0 Madrid\u00a0\u00a0\u00a0(C4)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Madrid a gu\u00e9 de Constantine\u00a0<span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>elle est tout sauf<\/em><\/strong><\/span>\u00a0Madrid\u00a0(C2)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aire de France <span style=\"text-decoration: underline\"><strong><em>li mafihech riht la France<\/em><\/strong><\/span> (trad. Aire de France dans laquelle il n\u2019y a pas d\u2019odeur de la France) (C5).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, la n\u00e9gation mise en \u00e9vidence dans les expressions en gras est employ\u00e9e pour cr\u00e9er un contraste ironique ou humoristique, mettant en relief la disparit\u00e9 entre la d\u00e9nomination cit\u00e9e et la r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue. Par analogie, ces commentaires soulignent une discordance morphologique entre le toponyme mentionn\u00e9 et les lieux qu&rsquo;il est cens\u00e9 repr\u00e9senter, tels que <em>Duba\u00ef, Madrid <\/em>ou<em> la France. <\/em>Cet \u00e9cart r\u00e9f\u00e9rentiel exprim\u00e9 avec humour dans les commentaires illustre l&rsquo;incompr\u00e9hension de la communaut\u00e9 discursive de la page <em>Je <\/em>face aux strat\u00e9gies d\u00e9nominatives non motiv\u00e9es, comme le montre l\u2019exemple des toponymes <em>les trois Youn\u00e8s<\/em> (<em>Younes Younes Younes<\/em>) et <em>Salah Salah Salah<\/em> \u00e9voqu\u00e9s dans les commentaires ci-dessous.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_855\" aria-describedby=\"caption-attachment-855\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-855 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11.jpeg 600w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11-300x101.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11-65x22.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11-225x76.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c11-350x118.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-855\" class=\"wp-caption-text\">C11<\/figcaption><\/figure>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces commentaires, en utilisant l&rsquo;humour comme outil, d\u00e9voilent la mani\u00e8re dont les individus remettent en question et r\u00e9inventent la relation entre les mots g\u00e9ographiques et leurs r\u00e9alit\u00e9s, ajoutant des couches multiples de sens qui vont au-del\u00e0 de la simple fonction cartographique des toponymes.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9moire attach\u00e9e aux noms de lieux exprim\u00e9e en commentaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le c\u00f4t\u00e9 risible du nom \u00e9voqu\u00e9 en commentaire est certes patent, mais son \u00e9vocation chez certain\u00b7es fait remonter des souvenirs attach\u00e9s aux personnes et aux \u00e9v\u00e8nements qui ont germ\u00e9 dans ce lieu. Certain\u00b7es citent les ravages du terrorisme (C12, C13 et C14), du colonialisme (C15, les souvenirs d\u2019enfance) et des grands-parents (C16).<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_902\" aria-describedby=\"caption-attachment-902\" style=\"width: 623px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-902 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12.jpeg\" alt=\"\" width=\"623\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12.jpeg 623w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12-300x132.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12-65x29.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c12-225x99.jpeg 225w, 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title=\"Les mentions ont une fonction interpellative, qui selon Justine Simon et Magali Bigey (2018, p. 66) constituent : \u00ab des proc\u00e9d\u00e9s technodiscursifs relevant d\u2019une volont\u00e9 d\u2019interaction r\u00e9elle avec le public vis\u00e9 \u00bb.\" id=\"return-footnote-660-6\" href=\"#footnote-660-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>, chacun\u00b7e identifiant ses ami\u00b7es dans un commentaire ou dans une r\u00e9ponse \u00e0 un commentaire, afin de l\u2019impliquer dans la conversation ou de lui rappeler des souvenirs ou des moments appr\u00e9ci\u00e9s v\u00e9cus en cet endroit.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_860\" aria-describedby=\"caption-attachment-860\" style=\"width: 796px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-860 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c17.jpeg\" alt=\"\" width=\"796\" 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loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-873 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923.jpeg\" alt=\"\" width=\"636\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923.jpeg 636w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923-300x116.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923-65x25.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923-225x87.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Traduction-C17-e1717625395923-350x135.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-873\" class=\"wp-caption-text\">Traduction<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">On voit que les toponymes insolites sont eux aussi porteurs d\u2019histoire et charg\u00e9s de m\u00e9moire. Ils structurent l\u2019espace de vie et le cat\u00e9gorisent parmi tant d\u2019autres. Les toponymes\u00a0<em>Hawch el Makhfi<\/em>,\u00a0<em>La Suisse<\/em> et bien d\u2019autres ont pris leur source dans cette horreur qui a marqu\u00e9 ces lieux durant la d\u00e9cennie noire o\u00f9 de nombreuses personnes ont tragiquement p\u00e9ri. Par ailleurs, \u00e9merge parfois chez les individus un imaginaire toponymique qui se manifeste nettement dans le discours du commentaire interactif ci-dessous (C18) dans lequel le jugement esth\u00e9tique exprim\u00e9 par le deuxi\u00e8me utilisateur, confirm\u00e9 par le premier, estompe le caract\u00e8re saugrenu de ce nom de quartier en lui attribuant de la beaut\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_861\" aria-describedby=\"caption-attachment-861\" style=\"width: 515px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-861 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18.jpeg\" alt=\"\" width=\"515\" height=\"191\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18.jpeg 515w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18-300x111.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18-65x24.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18-225x83.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c18-350x130.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-861\" class=\"wp-caption-text\">C18 &#8211; cha\u00eene de commentaires n\u00b018<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\">D\u00e9fi de la compr\u00e9hension des toponymes : entre humour et controverse<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9vocation d\u2019un nom comme \u00ab\u00a0d\u00e9signateur risible\u00a0\u00bb (Sadoudi, 2016) n\u2019enchante pas certain\u00b7es abonn\u00e9\u00b7es qui r\u00e9agissent parfois sur un registre sceptique et insultant. C\u2019est le cas d\u2019un commentaire qui a suscit\u00e9 des r\u00e9actions \u00e0 chaud avec mentions syst\u00e9matiques au commentateur initial, \u00e0 l\u2019\u00e9vocation du toponyme <em>Larbaa Ait Irathen<\/em>, une ville du d\u00e9partement de Tizi Ouzou en Kabylie. Ce toponyme s\u2019est manifest\u00e9 plus de cinq fois dans notre \u00e9chantillon d\u2019\u00e9tude et suscite, uniquement pour la premi\u00e8re occurrence (C19<strong>), <\/strong>une quinzaine de r\u00e9ponses.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<figure id=\"attachment_875\" aria-describedby=\"caption-attachment-875\" style=\"width: 737px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-875 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache.jpg\" alt=\"\" width=\"737\" height=\"526\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache.jpg 737w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache-300x214.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache-225x161.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C19-en-une-seule-image_Bourdache-350x250.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 737px) 100vw, 737px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-875\" class=\"wp-caption-text\">C19 &#8211; cha\u00eene de commentaires n\u00b0 19<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">On observe que certain\u00b7es internautes interviennent pour r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;utilisateur ayant mentionn\u00e9 le toponyme, r\u00e9affirmant ainsi leur m\u00e9contentement. Ils et elles soulignent que le nom en question ne pr\u00e9sente pas de particularit\u00e9 inhabituelle, mais semble \u00eatre simplement une provocation, \u00e9tant donn\u00e9 que le lieu <em>Larbaa Ait Irathen<\/em> \u00e9voque un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent, \u00e0 savoir le drame du lynchage d&rsquo;un homme non autochtone survenu lors des incendies de for\u00eat qui ont ravag\u00e9 la r\u00e9gion et toute la Kabylie en 2021. Ce type de propos s&rsquo;apparente \u00e0 ce que Marie-Anne Paveau d\u00e9signe sous le terme de \u00ab commentaires-trolls \u00bb, visant \u00e0 perturber la conversation (2017, p. 46-47). Dans les cas de figure pr\u00e9sent\u00e9s, on peut d\u00e9duire que la tonalit\u00e9 du commentaire toponymique semble influencer le registre des r\u00e9ponses fournies par les autres abonn\u00e9\u00b7es, adoptant tant\u00f4t un ton sarcastique, tant\u00f4t ironique voire grossier.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Croyance, langue et sensibilit\u00e9 culturelle et leur impact sur la perception et l&rsquo;interpr\u00e9tation des toponymes mis en commentaires<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Parmi les exemples susmentionn\u00e9s de noms insolites sujets \u00e0 la moquerie, certains posent un probl\u00e8me en termes de perception et de compr\u00e9hension, notamment lorsque certains toponymes ont une connotation sacr\u00e9e, faisant r\u00e9f\u00e9rence au divin, comme c&rsquo;est le cas pour <em>Ain Allah<\/em>, signifiant \u00ab\u00a0source d&rsquo;eau\u00a0\u00bb. Certain\u00b7es internautes interpr\u00e8tent \u00e0 tort ce nom en l&rsquo;associant \u00e0 l&rsquo;expression <em>\u0152il de Dieu<\/em> \u00e0 cause du double sens du nom arabe-derja <em>ain<\/em>. Cela conduit certain\u00b7es \u00e0 penser qu&rsquo;il est inappropri\u00e9 de le nommer ainsi ou m\u00eame qu\u2019il est honteux de le prononcer, car il touche au divin, comme dans les exemples C20 et C21.<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_863\" aria-describedby=\"caption-attachment-863\" style=\"width: 640px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-863 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20.jpeg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"142\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20.jpeg 640w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20-300x67.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20-65x14.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20-225x50.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c20-350x78.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-863\" class=\"wp-caption-text\">C20<\/figcaption><\/figure>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p>Trad. C20 :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab \u201cLes yeux de Dieu\u201d, Je demande pardon \u00e0 Allah.<\/em><\/p>\n<p><em>Je meurs d\u2019envie de savoir si celui qu\u2019il a d\u00e9nomm\u00e9e \u201c\u0153il de dieu\u201d a vraiment bu du vinaigre ou quoi. Y a aussi le chemin du Hnash (\u00ab\u00a0chemin du serpent\u00a0\u00bb) \u00e0 Alger<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<figure id=\"attachment_864\" aria-describedby=\"caption-attachment-864\" style=\"width: 744px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-864 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242.jpeg\" alt=\"\" width=\"744\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242.jpeg 744w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242-300x167.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242-65x36.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242-225x125.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C21-en-seule-image_Bourdache-e1717625796242-350x195.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 744px) 100vw, 744px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-864\" class=\"wp-caption-text\">C21<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1043\" aria-describedby=\"caption-attachment-1043\" style=\"width: 407px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1043 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21.jpeg\" alt=\"\" width=\"407\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21.jpeg 407w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21-300x219.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21-65x47.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21-225x164.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Traduction-C21-350x255.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 407px) 100vw, 407px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1043\" class=\"wp-caption-text\">Trad. C21<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il semblerait donc que les croyances jouent un r\u00f4le crucial dans la r\u00e9ception et la compr\u00e9hension de certains noms de lieux comme le montrent les commentaires mentionn\u00e9s ci-dessus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le contexte du premier commentaire de <em>Je<\/em> sur le post abordant le toponyme <em>Tiksrayine <\/em>(ou bien<em> Tixeraine<\/em>; arabe : \u062a\u064a\u0642\u0635\u0631\u0627\u064a\u0646)<a class=\"footnote\" title=\"Appellation provenant du tamazigh tighesret signifiant la pierre plate servant de planche \u00e0 laver ou carr\u00e9ment le lavoir (https:\/\/www.jeune-independant.net\/alger-est-amazighe\/)\" id=\"return-footnote-660-7\" href=\"#footnote-660-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>, il a \u00e9t\u00e9 possible de conclure que, selon la majorit\u00e9 des r\u00e9pondant\u00b7es, l&rsquo;absence de connaissance de l&rsquo;origine linguistique d&rsquo;un toponyme en fait un d\u00e9signateur inhabituel en raison de sa tonalit\u00e9 et de ses propri\u00e9t\u00e9s phonologiques peu famili\u00e8res. \u00c0 l&rsquo;inverse, dans les exemples C22 et C23, les utilisateur\u00b7trice\u00b7s inform\u00e9\u00b7es de l&rsquo;origine de ce toponyme, et familiaris\u00e9s avec le tempo sonore et les sch\u00e8mes de leur langue maternelle, le kabyle, ne comprennent pas pourquoi ce nom (<em>Tiksrayine<\/em>) serait consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9trange (voir les r\u00e9ponses en cha\u00eene au premier commentaire de <em>Je<\/em> ci-dessous).<\/p>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_867\" aria-describedby=\"caption-attachment-867\" style=\"width: 641px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-867 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22.jpeg\" alt=\"\" width=\"641\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22.jpeg 641w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22-300x146.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22-65x32.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22-225x110.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c22-350x170.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 641px) 100vw, 641px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-867\" class=\"wp-caption-text\">C22<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_866\" aria-describedby=\"caption-attachment-866\" style=\"width: 549px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-866 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683.jpeg\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683.jpeg 549w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683-300x156.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683-65x34.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683-225x117.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/C22-ET-C23-e1717626370683-350x182.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 549px) 100vw, 549px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-866\" class=\"wp-caption-text\">C23<\/figcaption><\/figure>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un premier commentaire, l&rsquo;auteur sugg\u00e8re que la prononciation en kabyle rend le toponyme moins \u00e9trange, soulignant ainsi l&rsquo;importance de la familiarit\u00e9 linguistique dans l&rsquo;\u00e9valuation de la normalit\u00e9 d&rsquo;un nom de lieu. Cette observation met en avant la subjectivit\u00e9 de la perception des toponymes, d\u00e9montrant que la compr\u00e9hension linguistique peut att\u00e9nuer la perception de l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9. De ce fait, les autres r\u00e9actions remettent en question la perception de la bizarrerie du nom, sauf une, \u00ab banu Hillal Al a\u025brabi Al ajnabi \u00bb<a class=\"footnote\" title=\"Signifie litt\u00e9ralement \u00ab Tribu de banu hillal d\u2019Arabie l\u2019\u00e9trang\u00e8re \u00bb.\" id=\"return-footnote-660-8\" href=\"#footnote-660-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a>, en r\u00e9f\u00e9rence aux arabophones. Cette r\u00e9action souligne la subjectivit\u00e9 de la perception des toponymes, mettant en \u00e9vidence que la mani\u00e8re dont chaque individu interpr\u00e8te la singularit\u00e9 d&rsquo;un nom g\u00e9ographique peut diff\u00e9rer selon les \u00e9l\u00e9ments linguistiques, culturels et personnels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le commentaire \u00ab\u00a0Texas pour les intimes\u00a0\u00bb prend alors une signification humoristique en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une autre d\u00e9nomination ou expression famili\u00e8re pour le m\u00eame lieu\u00a0: il semble jouer sur l&rsquo;id\u00e9e que les intimes utilisent cette autre appellation <em>Texas<\/em>, ajoutant ainsi une couche d&rsquo;humour et de complicit\u00e9 \u00e0 la discussion sur les toponymes renforc\u00e9e par la modalit\u00e9 iconique (\u00e9moji du rire). Cela montre significativement la pr\u00e9gnance de la multi-d\u00e9nomination ou de la polynomie toponymique populaire comme pourrait le sugg\u00e9rer le dernier \u00e9nonc\u00e9 (en rouge dans notre traduction) de l\u2019\u00e9change ci-dessous \u00e0 propos du <em>Quartier Haloufa<a class=\"footnote\" title=\"D\u2019origine arabe, f\u00e9minin pluriel de halouf signifiant \u00ab sanglier \u00bb en fran\u00e7ais.\" id=\"return-footnote-660-9\" href=\"#footnote-660-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a> <\/em>dont une intervenante explique le sens (r\u00e9ponse 2 en vert dans la traduction).<\/p>\n<figure id=\"attachment_869\" aria-describedby=\"caption-attachment-869\" style=\"width: 625px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-869 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301.jpeg\" alt=\"\" width=\"625\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301.jpeg 625w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301-300x201.jpeg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301-65x44.jpeg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301-225x151.jpeg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/c24-et-sa-traduction-a-cote\u0301-350x235.jpeg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-869\" class=\"wp-caption-text\">C24 &#8211; Image 3. Extrait d\u2019\u00e9change accompagn\u00e9 en parall\u00e8le de sa traduction en fran\u00e7ais<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tude sur les discours num\u00e9riques autour des toponymes insolites formul\u00e9s sur la page Facebook <em>Je <\/em>a montr\u00e9 d\u2019une part la pluralit\u00e9 des usages de ces noms au sein de la soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019autre part les interrogations qu\u2019ils suscitent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces discours r\u00e9v\u00e8lent la richesse et la complexit\u00e9 des significations associ\u00e9es aux noms de lieux insolites. Ils ne sont pas simplement des rep\u00e8res g\u00e9ographiques, mais des \u00e9l\u00e9ments charg\u00e9s de m\u00e9moires, d&rsquo;\u00e9motions et de d\u00e9bats sociaux. \u00c0 travers l&rsquo;utilisation d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 de ressources expressives multimodales, tels que les \u00e9motic\u00f4nes, les \u00e9mojis, les captures d&rsquo;\u00e9cran et les commentaires humoristiques, les utilisateur\u00b7trice\u00b7s enrichissent le discours toponymique et r\u00e9v\u00e8lent diff\u00e9rentes facettes de leur relation avec ces noms inhabituels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;humour joue un r\u00f4le important dans la d\u00e9construction de la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 toponymique, permettant aux internautes de remettre en question et de r\u00e9inventer la relation entre les mots g\u00e9ographiques et leurs r\u00e9f\u00e9rents. Cependant, cette approche humoristique peut parfois susciter des r\u00e9actions n\u00e9gatives, notamment lorsque les toponymes touchent \u00e0 des sujets sensibles ou sacr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, les croyances, les langues et les sensibilit\u00e9s culturelles influencent la perception et l&rsquo;interpr\u00e9tation des toponymes, soulignant ainsi la subjectivit\u00e9 de cette exp\u00e9rience linguistique et g\u00e9ographique. La familiarit\u00e9 linguistique peut att\u00e9nuer la perception de l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 d&rsquo;un nom de lieu, tandis que les diff\u00e9rences culturelles peuvent entra\u00eener des interpr\u00e9tations divergentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce travail pourrait inspirer d&rsquo;autres r\u00e9flexions sur cette int\u00e9ressante question des noms et des discours qu\u2019ils suscitent dans l\u2019espace cyber\/urbain. L\u2019espace num\u00e9rique constitue \u00e0 la fois un bon catalyseur et un bon observatoire de ces discours et nous esp\u00e9rons d\u00e9velopper cette perspective en explorant les discours num\u00e9riques dans d\u2019autres lieux technodiscursifs que les pages Facebook. Une exploration des \u00e9crits d\u2019\u00e9cran qui touchent aux pratiques d\u00e9nominatives pourrait nous apporter des informations sur les usages des noms toponymiques et leurs enjeux technodiscursifs et technosociolinguistiques au sein de la communaut\u00e9 virtuelle alg\u00e9rienne, mais \u00e9galement sur la mani\u00e8re dont les gens per\u00e7oivent certains lieux ou certaines r\u00e9gions. Ces informations pourraient \u00eatre utilis\u00e9es pour informer les politiques publiques, les efforts de marketing territorial et les d\u00e9cisions d\u2019investissement. De plus, les toponymes utilis\u00e9s pour d\u00e9crire et d\u00e9limiter les espaces g\u00e9ographiques peuvent \u00e9galement servir \u00e0 construire des identit\u00e9s territoriales et renforcer les st\u00e9r\u00e9otypes sociaux. En travaillant sur les discours num\u00e9riques associ\u00e9s \u00e0 ces toponymes, on peut comprendre comment les internautes utilisent les toponymes pour construire leur propre identit\u00e9 en ligne et comment cela pourrait influencer la perception des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce th\u00e8me offre des perspectives int\u00e9ressantes aux \u00e9tudes linguistiques et onomastiques futures en prenant comme objet la structure et la mat\u00e9rialit\u00e9 linguistique de ces noms circulant dans les diff\u00e9rents lieux technodiscursifs. Des relev\u00e9s syst\u00e9matiques de ces types de noms dans les commentaires \u00e9crits nous permettront, d\u2019une part, de rendre compte des usages d\u00e9nominatifs populaires subsistant dans l\u2019environnement r\u00e9el des utilisateur\u00b7trice\u00b7s et leur survivance dans la m\u00e9moire discursive et, d\u2019autre part, de mener des analyses dans la perspective de la morphologie lexicale et de la s\u00e9mantique r\u00e9f\u00e9rentielle en \u00e9tablissant une taxinomie des toponymes populaires.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine. 2022. Introduction. Dans Ali-Bencherif, Mohammed Zakaria et Mahieddine, Azzeddine (dirs.), <em>Langues, discours et identit\u00e9s au prisme des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques<\/em>. Collection Proximit\u00e9s Sociolinguistique et langue fran\u00e7aise. Paris\u00a0: EME \u00c9ditions.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Denou\u00ebl, Julie. 2008. La notion de \u00ab tour \u00bb dans l\u2019analyse des interactions m\u00e9diatis\u00e9es par ordinateur. <em>Cahiers de prax\u00e9matique<\/em>, 50, p.\u00a0153-176. URL : <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/praxematique\/964\">http:\/\/journals.openedition.org\/praxematique\/964<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Djil\u00e9, Donald. 2022.\u00a0<em>D\u00e9crire la conversation num\u00e9rique \u00e9crite. Une analyse technolinguistique de la structure et du fonctionnement du chat \u00e9crit sur Facebook<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 Alassane Ouattara.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jeanneret, Yves et <span style=\"font-size: 1em\">Souchier, <\/span><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Emmanu\u00ebl. 1999. Pour une po\u00e9tique de l&rsquo;\u00e9crit d&rsquo;\u00e9cran. <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Xoana<\/em><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\"> 6, p. 97-107.<\/span><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Halt\u00e9, Pierre. 2016. Enjeux pragmatiques et s\u00e9miotiques de l\u2019\u00e9tude des \u00e9motic\u00f4nes.\u00a0<em>R\u00e9seaux,<\/em> 197-198, p.\u00a0227-252. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/res.197.0227\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/res.197.0227<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mazri Badjadja, Salima. 2013. Maux des mots, de l\u2019espace \u00e0 la toponymie urbaine en ville nouvelle. Dans Yermeche Ouardia, Farid Benramdane (dirs.), <em>Le nom propre maghr\u00e9bin de l\u2019homme, de l\u2019habitat, du relief et de l\u2019eau<\/em>. CRASC, p. 133-144. URL : <a href=\"https:\/\/ouvrages.crasc.dz\/pdfs\/2013_nom-propre-maghrbin-fr-badjadja-mazri-salima.pdf\">https:\/\/ouvrages.crasc.dz\/pdfs\/2013_nom-propre-maghrbin-fr-badjadja-mazri-salima.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merbouh, Hadjer. 2011. Toponymes urbains \u00e0 Sidi Bel Abb\u00e8s-ville (Alg\u00e9rie) : usages, repr\u00e9sentations et identit\u00e9s sociolinguistiques.\u00a0<em>Nouvelle revue d\u2019onomastique<\/em> 53(1), p. 127-141. URL : <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/onoma_0755-7752_2011_num_53_1_1729\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/onoma_0755-7752_2011_num_53_1_1729<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Merbouh, Hadjer. 2022. Le sociotoponyme urbain en Alg\u00e9rie\u00a0: caract\u00e9ristiques et lectures identitaires. Le cas des villes de Sidi Bel Abb\u00e8s et d\u2019A\u00efn T\u00e9mouchent. \u00a0<em>Insaniyat \/ <\/em>\u0625\u0646\u0633\u0627\u0646\u064a\u0627\u062a [En ligne]. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/insaniyat.27355\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/insaniyat.27355<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2013. Technodiscursivit\u00e9s natives sur Twitter. Une \u00e9cologie du discours num\u00e9rique.\u00a0<em>Epist\u00e9m\u00e8: revue internationale de sciences humaines et sociales appliqu\u00e9es,<\/em> 9, p. 139-176. URL : <a href=\"https:\/\/hal.science\/hal-00859064\/document\">https:\/\/hal.science\/hal-00859064\/document<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2014. Ce qui s&rsquo;\u00e9crit dans les univers num\u00e9riques. Mati\u00e8res technolangagi\u00e8res et formes technodiscursives. <em>Itin\u00e9raires. Litt\u00e9rature, textes, cultures<\/em> [En ligne]. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/itineraires.2313\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/itineraires.2313<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2012 [2015]. L\u2019int\u00e9grit\u00e9 des corpus natifs en ligne. Une \u00e9cologie postdualiste\u00a0pour la th\u00e9orie du discours.\u00a0<em>Les cahiers de prax\u00e9matique,<\/em> 59, p. 65-90. URL :\u00a0<a href=\"https:\/\/hal-univparis13.archivesouvertes.fr\/hal-01185710\">https:\/\/hal-univparis13.archivesouvertes.fr\/hal-01185710<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017.\u00a0<em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris\u00a0: Hermann.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pons, Aline. 2013. La comp\u00e9tence des noms de lieux comme cl\u00e9 pour lire la perception de l\u2019espace des habitants de Villar Perosa.\u00a0<em>G\u00e9olinguistique,<\/em> 14, p. 35-56. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/geolinguistique.816\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/geolinguistique.816<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sadoudi, Oumelaz et Mebarek, Taklit. 2016. Le nom propre comme indicateur risible. <em>Revue alg\u00e9rienne des sciences du langage RASDL, <\/em>1, p. 6-22. URL : <a href=\"https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/7021\">https:\/\/www.asjp.cerist.dz\/en\/article\/7021<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Simon, Justine,\u00a0<span style=\"font-size: 1em\">Bigey, <\/span><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Magali <em>et<\/em> <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">al.\u00a0<\/em><span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">2017. Identifier et analyser les discours d\u2019escorte sur Twitter. L\u2019influence des discours d\u2019accompagnement sur le partage social. Dans Wigham, Ciara R. et Ledegen, Gudrun (dirs.), <\/span><em style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">Corpus de communication m\u00e9di\u00e9e par les r\u00e9seaux. Construction, structuration, analyse<\/em>, p. <span style=\"text-indent: -1em;font-size: 1em\">52-70. Paris : L\u2019Harmattan.<\/span><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Steffens, Sven. 2007. La toponymie populaire urbaine hier et aujourd\u2019hui. Le cas de Molenbeek-Saint-Jean.\u00a0<em>Brussels Studies, 9. URL : <\/em><a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/brussels\/441\">https:\/\/journals.openedition.org\/brussels\/441<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/achour-bourdache\">Achour BOURDACHE<\/a><\/strong><br \/>Titulaire d\u2019un doctorat en sciences du langage, Achour Bourdache est affili\u00e9 au d\u00e9partement de fran\u00e7ais de l\u2019Universit\u00e9 de Bejaia et membre actif du laboratoire LESMS. Il dirige le carnet de recherche Discours, Langue et Soci\u00e9t\u00e9 (lesms.hypotheses.org). Ses recherches se concentrent sur les discours num\u00e9riques et les \u00e9crits du web social dans le contexte alg\u00e9rien.<\/p>\n<p>Courriel : achour.bourdache0@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-660-1\">Pour consulter cette page : <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/jelapage\">https:\/\/www.facebook.com\/jelapage<\/a> <a href=\"#return-footnote-660-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-2\">Le discours num\u00e9riqu\u00e9 est un genre particulier des discours du web, \u00ab produit nativement en ligne, sur un site, un blog ou un r\u00e9seau social, tout lieu num\u00e9rique accueillant de la production de discours. Il pr\u00e9sente des traits de d\u00e9lin\u00e9arisation du fil du discours, d\u2019augmentation \u00e9nonciative, de technog\u00e9n\u00e9ricit\u00e9 et de pluris\u00e9mioticit\u00e9 \u00bb (Paveau, 2015, p. 8) <a href=\"#return-footnote-660-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-3\">\u00c0 la suite de Djil\u00e9 Donald (2022), nous appelons \u00ab r\u00e9action\u00e8mes \u00bb les r\u00e9actions par \u00e9motic\u00f4nes \u00e0 un commentaire. Ils jouent un r\u00f4le important dans l'analyse du discours, car ils ajoutent une dimension suppl\u00e9mentaire \u00e0 la signification du commentaire, en exprimant des nuances \u00e9motionnelles qui r\u00e9v\u00e8lent des aspects psychologiques et comportementaux de l'engagement et de l'interaction au sein d'une communaut\u00e9 en ligne. Ils doivent donc \u00eatre pris en compte dans une analyse compl\u00e8te du discours num\u00e9rique, repr\u00e9sentant ainsi une forme de subjectivit\u00e9 du discours marqu\u00e9e par un signe iconique. <a href=\"#return-footnote-660-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-4\">Appel\u00e9e aussi toponyme d\u2019usage, argotoponyme ou sociotoponyme (Merbouh, 2022). <a href=\"#return-footnote-660-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-5\">Il s\u2019agit ici de la traduction qu\u2019attribue un membre de la communaut\u00e9 discursive de <em>Je<\/em> dans son commentaire (Cf. C3) au toponyme populaire \u00ab cit\u00e9 zedma \u00bb <a href=\"#return-footnote-660-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-6\">Les mentions ont une fonction interpellative, qui selon Justine Simon et Magali Bigey (2018, p. 66) constituent : \u00ab des proc\u00e9d\u00e9s technodiscursifs relevant d\u2019une volont\u00e9 d\u2019interaction r\u00e9elle avec le public vis\u00e9 \u00bb. <a href=\"#return-footnote-660-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-7\">Appellation provenant du tamazigh <em>tighesret<\/em> signifiant la pierre plate servant de planche \u00e0 laver ou carr\u00e9ment le lavoir (<a href=\"https:\/\/www.jeune-independant.net\/alger-est-amazighe\/\">https:\/\/www.jeune-independant.net\/alger-est-amazighe\/<\/a>) <a href=\"#return-footnote-660-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-8\">Signifie litt\u00e9ralement \u00ab Tribu de banu hillal d\u2019Arabie l\u2019\u00e9trang\u00e8re \u00bb. <a href=\"#return-footnote-660-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-660-9\">D\u2019origine arabe, f\u00e9minin pluriel de halouf signifiant \u00ab sanglier \u00bb en fran\u00e7ais. <a href=\"#return-footnote-660-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":51,"menu_order":5,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["achour-bourdache"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[201],"license":[],"class_list":["post-660","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-commentaires","motscles-communaute-discursive-de-je","motscles-discours-numerique","motscles-facebook","motscles-representations-et-perceptions-territoriales","motscles-ressources-multimodales","motscles-toponymes-insolites","keywords-comments","keywords-digital-discourse","keywords-discursive-community-of-je","keywords-facebook","keywords-territorial-representations-and-perceptions","keywords-unusual-toponyms","motscles-autre-290","motscles-autre-289","motscles-autre-288","motscles-autre-285","motscles-autre-291","motscles-autre-287","motscles-autre-286","contributor-achour-bourdache"],"part":51,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"version-history":[{"count":69,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/660\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1382,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/660\/revisions\/1382"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/51"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/660\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=660"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=660"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}