{"id":662,"date":"2024-04-07T09:31:52","date_gmt":"2024-04-07T07:31:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/?post_type=chapter&#038;p=662"},"modified":"2024-12-31T15:43:03","modified_gmt":"2024-12-31T14:43:03","slug":"djile2024","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/texte\/djile2024\/","title":{"rendered":"Pratiques citationnelles sur smartphone et modes de prise en charge dans les technodiscours rapport\u00e9s"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous vivons \u00e0 l\u2019\u00e8re du nomadisme num\u00e9rique, une \u00e9poque marqu\u00e9e par la pr\u00e9pond\u00e9rance de la Communication M\u00e9di\u00e9e par T\u00e9l\u00e9phonie mobile (Li\u00e9nard, 2012, p. 144) sur toutes les autres formes de communication. Cette h\u00e9g\u00e9monie du smartphone vient certainement du fait qu\u2019il conf\u00e8re des dons d\u2019ubiquit\u00e9 (omnipr\u00e9sence) et de polychronie (omnipotence) qui permettent, par exemple, de cr\u00e9er et diffuser du contenu sur plusieurs sites web \u00e0 la fois, mais encore plus, de faire passer des productions discursives d\u2019un lieu num\u00e9rique \u00e0 un autre avec c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. En effet, le smartphone, \u00ab les usages num\u00e9riques et l'\u00e9criture sur la Toile ont boulevers\u00e9 en profondeur certaines des pratiques traditionnelles du discours rapport\u00e9 \u00bb (Grossmann et Rosier, 2018, p. 22). En d\u2019autres termes, cet artefact technologique participe \u00e0 plus d\u2019un titre \u00e0 la dynamique de production et de circulation des contenus web natifs, en mobilisant ses affordances[footnote]\u00ab Une affordance (<em>to afford<\/em> : procurer) est une propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un objet ou un trait de l\u2019environnement imm\u00e9diat qui indique quelle relation l\u2019usager doit instaurer avec l\u2019objet, comment il doit s\u2019en servir, ce qu\u2019il doit faire avec. \u00bb (Paveau, 2012, p. 53)[\/footnote] (comme la capture d\u2019\u00e9cran) ou celles des applications et des plateformes (les APIs, les onglets, les boutons, etc.) qui meublent le web. C\u2019est dire que la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone, jointe \u00e0 la r\u00e9ticularit\u00e9 des environnements num\u00e9riques, fournissent aux socionautes[footnote]Utilisateur\u00b7trice\u00b7s des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques.[\/footnote] la possibilit\u00e9 de pratiquer des formes proprement num\u00e9riques de discours rapport\u00e9 \u2013 donc de citation \u2013 dont l\u2019une des d\u00e9clinaisons consiste en l\u2019insertion d\u2019un technodiscours iconis\u00e9 dans l\u2019\u00e9laboration du fil d\u2019un autre technodiscours.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, quelles sont les pratiques num\u00e9riques de la citation qui \u00e9mergent sur Facebook? Comment la prise en charge \u00e9nonciative s\u2019op\u00e8re-t-elle dans ces modes num\u00e9riques natifs de circulation des discours?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces interrogations aux implications th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques pr\u00e9gnantes, cet article, qui va s\u2019organiser en trois parties, s\u2019appuie sur un cadre de r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques prenant en compte l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation. Ce double ancrage permet d\u2019observer les implications intertextuelles et polys\u00e9miotiques du technodiscours rapport\u00e9, en tant que pratique citationnelle en ligne ainsi que les mani\u00e8res num\u00e9riquement natives d\u2019\u00e9laborer les \u00e9nonc\u00e9s et de prendre en charge des productions technodiscursives.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Fondements th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques de la recherche<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les technodiscours rapport\u00e9s rel\u00e8vent de ph\u00e9nom\u00e8nes interdiscursifs ou intertextuels natifs des environnements num\u00e9riques connect\u00e9s. Ils impliquent, de ce fait, la mobilisation d\u2019appareils th\u00e9oriques, de m\u00e9thodes de collecte de donn\u00e9es et de pr\u00e9sentation des observables susceptibles de faciliter l\u2019analyse de leurs caract\u00e9ristiques linguistiques sans occulter leurs propri\u00e9t\u00e9s technologiques. C\u2019est pourquoi cet article s\u2019appuie sur un <em>mashup<\/em> \u00e9pist\u00e9mologique : l\u2019analyse du discours num\u00e9rique de Marie-Anne Paveau et la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation d\u2019\u00c9mile Benveniste. L\u2019adoption d\u2019une telle posture th\u00e9orique a pour objectif de rendre explicite la notion de discours rapport\u00e9 dans son acception num\u00e9rique, en exploitant un \u00ab petit corpus \u00bb ou une \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb qui pr\u00e9sentent un grand int\u00e9r\u00eat pour l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Ancrage en analyse du discours num\u00e9rique et en \u00e9nonciation<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les choix th\u00e9oriques op\u00e9r\u00e9s visent la conformit\u00e9 des analyses \u00e0 effectuer avec les implications technologiques et linguistiques (discursives et \u00e9nonciatives) des technodiscours rapport\u00e9s. Entendus comme pratiques citationnelles natives en ligne, ces derniers appartiennent \u00e0 un ensemble de formats discursifs sp\u00e9cifiques des environnements num\u00e9riques connect\u00e9s.\u00a0 Ils s\u2019appr\u00e9hendent \u00e0 l\u2019aune de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique qui fournit un cadre th\u00e9orique et m\u00e9thodologique ad\u00e9quat pour \u00ab la description et l\u2019analyse du fonctionnement des productions langagi\u00e8res natives d\u2019internet, et plus particuli\u00e8rement du web 2.0, dans leurs environnements de production, en mobilisant \u00e0 consid\u00e9ration \u00e9gale les ressources langagi\u00e8res et non langagi\u00e8res des \u00e9nonc\u00e9s \u00e9labor\u00e9s \u00bb (Paveau, 2017, p. 27). Il s\u2019agit plus sp\u00e9cifiquement, avec l\u2019analyse du discours num\u00e9rique, de rendre compte de la mise en discours qui sous-tend la pratique du technodiscours rapport\u00e9 par les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Il y a donc, au-del\u00e0 de cette forme num\u00e9rique native de discours rapport\u00e9, un exercice de \u00ab mise en fonctionnement de la langue \u00bb (Benveniste, 1970, p. 12) permis et support\u00e9 par les plateformes num\u00e9riques. Cette sorte d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique justifie la prise en compte de la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation \u2013 articul\u00e9e \u00e0 l\u2019analyse du discours num\u00e9rique \u2013 dont la pertinence r\u00e9side dans l\u2019opportunit\u00e9 qu\u2019elle donne de mettre au jour des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9nonciatifs natifs en ligne \u00e0 travers des m\u00e9canismes interdiscursifs et intertextuels qui actualisent des mani\u00e8res num\u00e9riquement natives de prendre en charge les productions technodiscursives.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00ab Petit corpus \u00bb ou \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb : quel int\u00e9r\u00eat pour l\u2019analyse des discours num\u00e9riques?<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau m\u00e9thodologique, la capture d\u2019\u00e9cran a servi de <em>modus operandi<\/em> pour la constitution d\u2019un \u00ab petit corpus \u00bb (Danino, 2018), en r\u00e9alit\u00e9, une \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb (Paveau, 2019b; Djil\u00e9, 2020) recueillis en consid\u00e9rant Facebook comme \u00ab lieu de corpus \u00bb (\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, 2016), dans la perspective du \u00ab <em>web as corpus<\/em> \u00bb (Gatto, 2014) qui tient compte de la contribution des environnements num\u00e9riques dans l\u2019\u00e9laboration, la publication et l\u2019interpr\u00e9tation des technodiscours (Djil\u00e9, 2019, p. 47). Ce protocole phare de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique \u2013 <em>i.e. <\/em>la collection d\u2019exemples \u2013 est \u00ab une position m\u00e9thodologique minor\u00e9e, voire combattue \u00bb (Paveau, 2019, p. 120) par les analystes du discours <em>mainstream<\/em> qui lui opposent le principe de repr\u00e9sentativit\u00e9. Pourtant, comme a pu le souligner Charlotte Danino (2018, \u00a7 14), \u00ab la notion de repr\u00e9sentativit\u00e9 fait face \u00e0 celle d\u2019exemple et de ce qui d\u00e9termine sa valeur, et donc sa port\u00e9e \u00bb. Elle poursuit son argumentation en faveur de petits corpus en probl\u00e9matisant cette confrontation entre corpus repr\u00e9sentatif et collection d\u2019exemples en ces termes : \u00ab Newton aurait-il eu besoin d\u2019\u00e9tudier trois pommes pour penser la gravit\u00e9? \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Poser le probl\u00e8me ainsi, c\u2019est implicitement red\u00e9finir la notion de corpus en remettant en cause le crit\u00e8re de quantit\u00e9. C\u2019est aussi ce que la pr\u00e9sente recherche soutient. Elle invite les analystes du discours \u00e0 d\u00e9passer les consid\u00e9rations quantitativistes pour faire place au qualitatif \u2013 vocation premi\u00e8re des \u00e9tudes dans ce domaine \u2013, en mettant un point d\u2019honneur \u00e0 l\u2019explicitation des ph\u00e9nom\u00e8nes linguistiques singuliers non r\u00e9pertori\u00e9s dans les cat\u00e9gorisations connues, mais qui s\u2019inscrivent pleinement dans les <em>us <\/em>langagiers et les <em>habitus<\/em> scripturaux de certaines communaut\u00e9s. Elle propose que toute collecte de donn\u00e9es langagi\u00e8res organisables ou organis\u00e9es par cat\u00e9gories d\u2019observables soit subsum\u00e9e sous le vocable de corpus. Qui plus est, d\u2019un point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, la repr\u00e9sentativit\u00e9 devient impertinente, du moins si l\u2019on s\u2019en tient aux propos de Sophie Moirand qui pr\u00e9cise :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Travailler sur de petits corpus permet de rep\u00e9rer des formes langagi\u00e8res pas forc\u00e9ment \u00ab fr\u00e9quentes \u00bb, au sens statistique du terme, mais des formes \u00ab \u00e9mergentes \u00bb r\u00e9v\u00e9latrices du temps pr\u00e9sent, et qui de ce fait font partie d\u2019un \u00ab arsenal argumentatif \u00bb \u00e0 un moment pr\u00e9cis de l\u2019histoire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, un arsenal porteur lui-m\u00eame de l\u2019Histoire de cette soci\u00e9t\u00e9 (Moirand, 2018, \u00a7 51).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui concerne sp\u00e9cifiquement cette \u00e9tude sur les technodiscours rapport\u00e9s, la \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb par capture d\u2019\u00e9cran rev\u00eat de nombreux int\u00e9r\u00eats dont le principal est la prise en compte de la dimension \u00e9cologique dans l\u2019analyse des productions technodiscursives. Elle est \u00e9galement pertinente dans la mesure o\u00f9 elle met en lumi\u00e8re des occurrences sp\u00e9cifiques de pratiques technolangagi\u00e8res et des formes \u00e9mergentes de technodiscours rapport\u00e9s \u00e0 pr\u00e9gnance iconotextuelle.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 : une pratique citationnelle num\u00e9rique native<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Avant d\u2019aborder les questions relatives au technodiscours rapport\u00e9, il convient de revenir sur le discours rapport\u00e9 (hors ligne) avec lequel il partage certaines caract\u00e9ristiques. Pour Francis Grossmann et Laurence Rosier (2018), la notion de discours rapport\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab l\u2019ensemble des proc\u00e9d\u00e9s permettant de signaler, d\u2019introduire un discours, \u00e9crit ou oral ou polys\u00e9miotique, \u00e9mis par un \u00e9nonciateur diff\u00e9rent de l\u2019\u00e9nonciateur principal \u00bb (Grossmann et Rosier, 2018). Le discours rapport\u00e9 est donc marqu\u00e9 par l\u2019intertextualit\u00e9 qui est en fait un acte de r\u00e9-\u00e9nonciation. Il repose sur l\u2019int\u00e9gration d\u2019un discours (cit\u00e9) dans un autre discours (citant), en les distinguant \u2013 dans le style direct notamment \u2013 par des mat\u00e9rialit\u00e9s langagi\u00e8res (comme les verbes introducteurs) et des marqueurs typographiques de distance \u00e9nonciative (les deux points, les guillemets, etc.). Dans ce format discursif qui fonctionne selon la formule [<em>discours citant : \u00ab discours cit\u00e9 \u00bb<\/em>], l\u2019\u00e9nonciateur citant \u00ab fait mention des mots m\u00eames employ\u00e9s par l\u2019\u00e9nonciateur cit\u00e9, ou plut\u00f4t il pr\u00e9sente son \u00e9nonc\u00e9 comme tel (\u201cIl m\u2019a dit : \u00ab Tu dois partir \u00bb\u201d) \u00bb (Maingueneau, 2009, p. 48).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019intertextualit\u00e9 et la r\u00e9-\u00e9nonciation structurent \u00e9galement la pratique du discours rapport\u00e9 en ligne. C\u2019est du moins ce qu\u2019explique Michel Marcoccia \u00e0 travers un commentaire sur les discours num\u00e9riques dans lequel il mentionne l\u2019intertextualit\u00e9 comme pratique citationnelle :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9crits num\u00e9riques se caract\u00e9risent aussi par le fait qu\u2019ils manifestent un haut degr\u00e9 d\u2019intertextualit\u00e9, par la pr\u00e9sence (plus ou moins litt\u00e9rale et int\u00e9grale) de textes dans d\u2019autres textes. La citation, comme convocation explicite d\u2019un texte, \u00e0 la fois pr\u00e9sent\u00e9 et distanci\u00e9 par des marqueurs sp\u00e9cifiques [\u2026] est l\u2019exemple le plus \u00e9vident d\u2019intertextualit\u00e9 (Marcoccia, 2016, p. 100).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En ligne, l\u2019intertextualit\u00e9 est polys\u00e9miotique. Au sens de Grossmann (2018), cela signifie que la reprise d\u2019un discours num\u00e9rique ne concerne pas uniquement les mati\u00e8res textuelles. Elle porte parfois sur des images, des photographies de texte (phototextes) ou des technographismes (pour reprendre les termes de Paveau, 2019c) int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 un technodiscours (cit\u00e9) au cours de l\u2019\u00e9laboration du fil d\u2019un autre technodiscours (citant). Ce processus de mise en discours s\u2019ins\u00e8re dans l\u2019ensemble des technodiscours rapport\u00e9s qui permettent de \u00ab\u00a0transf\u00e9rer un discours d\u2019un espace num\u00e9rique natif source \u00e0 un espace num\u00e9rique natif cible \u00bb (Paveau, 2017, p. 289). Pour Francis Grossmann (2018), il serait plus appropri\u00e9 de dire \u00ab\u00a0discours rapport\u00e9 partag\u00e9 sur la Toile\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0discours rapport\u00e9 sur la Toile\u00a0\u00bb. Il estime que parler de \u00ab\u00a0technodiscours rapport\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019av\u00e8re discutable dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9finition de la notion indique que cette forme de discours rapport\u00e9 en ligne s\u2019op\u00e8re \u00ab\u00a0<em>via<\/em> une proc\u00e9dure automatis\u00e9e de partage\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 289). Qui plus est, Marie-Anne Paveau choisit d\u2019en rendre compte en prenant \u00ab\u00a0le cas du partage d\u2019un billet de blog sur un compte Facebook\u00a0\u00bb. Les \u00e9tapes de cette \u00ab\u00a0proc\u00e9dure technolangagi\u00e8re\u00a0\u00bb et les trois formes de technodiscours rapport\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9cline ensuite mentionnent d\u00e8s la premi\u00e8re phrase de chaque explication qu\u2019\u00ab il s\u2019agit d\u2019un\u00a0partage\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si cette critique trouve sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans les termes employ\u00e9s, il semble \u00e9vident que, dans les environnements num\u00e9riques connect\u00e9s, rapporter un (techno)discours n\u2019est pas fondamentalement diff\u00e9rent de le partager. La diff\u00e9rence avec le discours rapport\u00e9 non num\u00e9rique se situe certainement au niveau du processus de mise en discours choisi pour configurer mat\u00e9riellement et visuellement la r\u00e9-\u00e9nonciation. Avec le partage, l\u2019intertextualit\u00e9 est enti\u00e8rement prise en charge par les affordances de l\u2019environnement num\u00e9rique. En effet, le bouton \u00ab partager \u00bb enclenche la mise en place d\u2019un nouveau cadre d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique qui int\u00e8gre \u2013 dans le cas de Facebook par exemple \u2013 le technodiscours cit\u00e9 dans le technodiscours citant. Dans un tel cas de figure, le partage ne se distingue du rapportage que lexicalement : les deux termes d\u00e9notent une m\u00eame activit\u00e9 \u00e9nonciative, une m\u00eame pratique citationnelle caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019insertion d\u2019un technodiscours cit\u00e9 dans un technodiscours citant. Quand cet acte de r\u00e9-\u00e9nonciation passe par la capture d\u2019\u00e9cran, le technodiscours \u00e0 citer est extirp\u00e9 \u2013 de mani\u00e8re \u00e9cologique \u2013 de son environnement natif. Il est par la suite introduit dans un nouvel environnement d\u2019adoption ou d\u2019adaptation, en pr\u00e9sentant une configuration hi\u00e9rarchique et visuelle similaire \u00e0 celle du partage. Dans ces deux pratiques citationnelles natives en ligne, les processus \u00e9nonciatifs mettent au jour un mode d\u2019adressage et un sch\u00e9ma techno-\u00e9nonciatif \u00e0 partir desquels un \u00e9nonciateur num\u00e9rique (Paveau, 2017, p. 149; Djil\u00e9, 2022, p. 131) \u2013 identifiable en g\u00e9n\u00e9ral par sa photo de profil et son nom de profil (pseudonyme) \u2013 diffuse un technodiscours aupr\u00e8s d\u2019autres instances \u00e9nonciatives num\u00e9riques, en passant soit par un bouton de \u00ab partage \u00bb, soit par un hacking d\u2019usage de la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, l\u2019utilisation de la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone fait d\u00e9sormais partie de la culture web. Elle s\u2019inscrit dans le \u00ab\u00a0<em>pictorial turn<\/em> \u00bb (tournant visuel) de la discursivit\u00e9 num\u00e9rique caract\u00e9ris\u00e9 par une \u00ab domination de l\u2019image sur le langage articul\u00e9 [\u2026] [qui] n\u2019exclut pas pour autant une part linguistique et narrative, bien au contraire, il les articule simplement selon une autre perspective, prioritairement visuelle \u00bb (Nachtergael, 2017, p. 292-293). Ce tournant visuel a n\u00e9cessairement une influence majeure sur \u00ab les choix technos\u00e9miotiques des internautes\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 205). Il favorise l\u2019\u00e9mergence de formes particuli\u00e8res de publications avec une pr\u00e9pond\u00e9rance de technographismes, \u00e0 savoir des \u00ab production[s] s\u00e9miotique[s] associant texte et image dans un composite natif d\u2019internet \u00bb (Paveau, 2017, p. 305).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En d\u2019autres termes, les publications iconotextuelles \u2013 dont la mise en discours passe par l\u2019insertion de captures d\u2019\u00e9cran sur smartphone \u2013 ont le vent en poupe sur les r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques, particuli\u00e8rement sur Facebook qui enregistre le plus grand nombre d\u2019occurrences observables dans les \u00ab\u00a0groupes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0communaut\u00e9s\u00a0virtuelles\u00a0\u00bb (Li\u00e9nard, 2012). Elles ont fait \u00e9merger deux formes num\u00e9riques natives du discours rapport\u00e9\u00a0: la premi\u00e8re est l\u2019une des trois d\u00e9clinaisons du \u00ab\u00a0technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 294) et la seconde est une nouvelle cat\u00e9gorie qui concerne des cas de conversations num\u00e9riques \u00e9crites rapport\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le \u00ab technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant \u00bb par capture d\u2019\u00e9cran<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant est \u00ab un partage \u00e0 l\u2019identique relevant de la copie, avec ou sans marques explicites de discours citant et discours cit\u00e9 \u00bb (Paveau, 2017, p. 294). Quand il est effectu\u00e9 par la capture d\u2019\u00e9cran, il permet de reprendre un contenu num\u00e9rique en restituant son format originel. En effet, la capture d\u2019\u00e9cran simplifie la pratique du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant en ce qu\u2019elle constitue \u00ab une sorte d\u2019extraction \u00e9cologique par figement de technodiscours \u00bb (Djil\u00e9, 2020, p. 63), une technique d\u2019iconisation et de stockage de technodiscours \u2013 quel que soit le site web ou l\u2019application mobile utilis\u00e9e[footnote]\u00c0 l\u2019exception de Snapchat qui bloque les captures d\u2019\u00e9cran par d\u00e9faut et envoie une notification indiquant que l\u2019interlocuteur a tent\u00e9 d\u2019en faire. Il existe toutefois des tutoriels qui fournissent des astuces pour r\u00e9aliser des captures d\u2019\u00e9cran incognito.[\/footnote] \u2013 en vue d\u2019une r\u00e9utilisation ult\u00e9rieure au cours d\u2019une construction discursive en ligne.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1048\" align=\"aligncenter\" width=\"1136\"]<img class=\"wp-image-1048 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"1136\" height=\"1017\" \/> Exemple 1. Technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran, Facebook, affichage du 11 novembre 2020[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019exemple ci-dessus, la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone permet d\u2019ins\u00e9rer la photographie d\u2019un technodiscours au cours de l\u2019\u00e9laboration du fil discursif d\u2019un autre technodiscours, en affichant l\u2019ensemble des mati\u00e8res technolangagi\u00e8res : le p\u00e9ritexte (les m\u00e9tadonn\u00e9es d\u2019horodatage, les \u00e9nonc\u00e9s de geste \u00ab J\u2019aime \u00bb et \u00ab R\u00e9pondre\u00a0\u00bb) et des traces num\u00e9riques comme l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative (photo de profil, nom de profil) et l\u2019identit\u00e9 calcul\u00e9e (le nombre de r\u00e9actions) de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9 (Georges, 2010). L\u2019insertion de ce technodiscours iconis\u00e9 est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u2013 dans la majeure partie des cas \u2013 d\u2019une \u00e9tape de traitement au cours de laquelle le phototexte obtenu subit des retouches. Il peut s\u2019agir, entre autres, du rognage de l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique (Cardon, 2008; Paveau, 2015) ou de l\u2019anonymisation (par utilisation de formes ou de gribouillages) qui r\u00e9pondent tr\u00e8s souvent \u00e0 une question \u00e9thique en rapport avec la protection de l\u2019identit\u00e9 des utilisateur\u00b7trice\u00b7s dont les productions discursives sont utilis\u00e9es parfois \u00e0 leur insu.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La technoconversation rapport\u00e9e<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la typologie des technodiscours rapport\u00e9s d\u00e9gag\u00e9e par Marie-Anne Paveau (2017, p. 293-294), l\u2019observation des pratiques discursives et conversationnelles sur Facebook permet d\u2019identifier une nouvelle pratique citationnelle qui consiste \u00e0 rapporter des conversations num\u00e9riques \u00e9crites. Je nomme cette nouvelle cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0technoconversation rapport\u00e9e\u00a0\u00bb, en proposant une d\u00e9finition qui en explique le fonctionnement, \u00e0 partir des observables contenus dans les exemples suivants.<\/p>\r\n<img class=\"aligncenter wp-image-1305 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1.png\" alt=\"\" width=\"464\" height=\"388\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La technoconversation rapport\u00e9e est un processus citationnel qui fonctionne sur le mod\u00e8le du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran. Elle commence par une sorte de th\u00e9saurisation, c\u2019est-\u00e0-dire une op\u00e9ration de stockage permise par le smartphone et facilit\u00e9e par la capture d\u2019\u00e9cran. Il s'ensuit un processus de mise en discours qui comprend l\u2019\u00e9tape de l\u2019insertion d\u2019une ou de plusieurs captures d\u2019\u00e9cran non point comme illustrations, mais plut\u00f4t comme parties constitutives d\u2019une conversation num\u00e9rique \u00e9crite \u00e0 rapporter (partiellement ou totalement) dans le strict respect \u00e9cologique de la configuration originelle. La technoconversation rapport\u00e9e consiste donc \u00e0 publier ou republier une conversation num\u00e9rique \u00e9crite priv\u00e9e issue d\u2019une fen\u00eatre de discussion instantan\u00e9e (exemple 2) ou un \u00e9change semi-public (commentaire suivi de r\u00e9ponse) r\u00e9alis\u00e9 dans l\u2019\u00ab espace d\u2019exposition [techno]discursive \u00bb (Develotte, 1996 et 2006) d\u2019un r\u00e9seau social num\u00e9rique (exemple 3). Cette pratique technodiscursive permet \u00e0 des utilisateur\u00b7trice\u00b7s de citer et de faire circuler des technoconversations, les faisant passer, par exemple, des applications pour smartphones comme WhatsApp et Messenger de Meta \u2013 con\u00e7ues pour permettre la r\u00e9alisation de discussions num\u00e9riques natives par envoi et r\u00e9ception de technodiscours au sein d\u2019un dispositif technologique de conversation \u2013 aux plateformes des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques (Facebook, X ou ex-Twitter, Instagram, etc.), et inversement.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Des modes de prise en charge \u00e9nonciative natifs du web<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 et la technoconversation rapport\u00e9e sont des pratiques citationnelles qui permettent \u00e0 un \u00e9nonciateur num\u00e9rique de rapporter le technodiscours ou la technoconversation d\u2019un ou de plusieurs autres \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Ces pratiques technodiscursives supposent la mise en place d\u2019un sch\u00e9ma techno-\u00e9nonciatif dans lequel un \u00e9nonciateur num\u00e9rique (citant) technorapporte les technodiscours d\u2019un ou plusieurs \u00e9nonciateurs num\u00e9riques (cit\u00e9s). Elles supposent \u00e9galement un positionnement de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis du technodiscours ou de la technoconversation rapport\u00e9s. En effet, \u00ab tout \u00e9nonc\u00e9 pr\u00e9suppose une instance qui prend en charge ce qui est appel\u00e9, suivant les cadres de r\u00e9f\u00e9rence, le dictum, la lexie, le contenu propositionnel, la pr\u00e9dication, selon le sch\u00e8me minimal d\u2019\u00e9nonciation \u00ab JE DIS (\u201cce qui est dit\u201d) \u00bb (Rabatel, 2009, p. 72). Ce sch\u00e9ma de lexie \u2013 pour reprendre les termes d\u2019Antoine Culioli \u2013 est partag\u00e9 par les diverses formes de discours rapport\u00e9s hors ligne et dans les op\u00e9rations de rapportage dans les environnements num\u00e9riques connect\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De fait, la prise en charge d\u2019un technodiscours ou d\u2019une technoconversation rapport\u00e9e par capture d\u2019\u00e9cran ne se manifeste pas forc\u00e9ment dans le sens de l\u2019expression d\u2019un point de vue ou de la v\u00e9riconditionnalit\u00e9 \u2013 ou <em>commitment<\/em> \u2013 (Beyssade et Marandin, 2009; Paillard, 2009). Elle se manifeste parfois sous la forme d\u2019un m\u00e9canisme dont se sert un \u00e9nonciateur num\u00e9rique citant pour r\u00e9cup\u00e9rer (ou s\u2019approprier) une \u00e9nonciation autre, la focaliser ou modaliser, de mani\u00e8re implicite ou explicite, sa r\u00e9ception et sa perception, gr\u00e2ce \u00e0 des marqueurs num\u00e9riques de d\u00e9ixis directe ou indirecte (Paveau, 2019a, en ligne) : je les nomme respectivement r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative, focalisation techno-\u00e9nonciative et modalisation techno-\u00e9nonciative.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative consiste, pour un \u00e9nonciateur num\u00e9rique, \u00e0 rapporter un technodiscours comme s\u2019il s\u2019agissait de sa propre \u00e9nonciation, comme s\u2019il en \u00e9tait l\u2019auteur. En effet, dans la mise en discours du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran, le dispositif de construction de la publication fournit une palette d\u2019affordances \u2013 dans la version mobile disponible sur les smartphones \u2013 qui permettent \u00e0 l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant de modifier la capture d\u2019\u00e9cran \u00e0 sa guise. Il a donc la possibilit\u00e9 de rapporter un technodiscours sans les composantes de l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative (photo de profil, pseudo) de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1051\" align=\"aligncenter\" width=\"345\"]<img class=\"wp-image-1051 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"345\" height=\"368\" \/> Exemple 4. R\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet exemple de technodiscours rapport\u00e9, les marqueurs de l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9 sont rogn\u00e9s. Pour rappel, les socionautes font usage de certaines techniques d\u2019anonymisation de l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique (par rognage, floutage ou gribouillage) dans une optique \u00e9thique relative \u00e0 la protection de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9. Ce principe n\u2019est pas forc\u00e9ment applicable aux contenus diffus\u00e9s par\/sur certaines personnes jug\u00e9es publiques (chanteur\u00b7trice\u00b7s, musicien\u00b7ne\u00b7s, footballeur\u00b7euse\u00b7s, etc.) qui utilisent le technodiscours rapport\u00e9 et la fractalit\u00e9 des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques comme biais d\u2019augmentation de leur capital social. Dans certains cas, ces techniques d\u2019anonymisation sont utilis\u00e9es comme moyen d\u2019appropriation d\u2019une \u00e9nonciation autre, un m\u00e9canisme pour r\u00e9cup\u00e9rer le technodiscours (notamment quand il est \u00e0 la premi\u00e8re personne du singulier \u00ab je \u00bb). Dans ce contexte, ce qui est rapport\u00e9 s\u2019apparente \u00e0 un discours autonyme ou une \u00e9nonciation autor\u00e9f\u00e9renci\u00e9e, surtout en l\u2019absence d\u2019un technodiscours citant pour l\u2019introduire.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La focalisation techno-\u00e9nonciative<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le rognage, le floutage et le gribouillage ne servent pas qu\u2019\u00e0 supprimer ou prot\u00e9ger l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique d\u2019un \u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de leur fonction de r\u00e9cup\u00e9ration, ils constituent des marqueurs de d\u00e9ixis indirecte (Paveau, 2019a, en ligne) <em>i.e.<\/em> des traces dans le technodiscours rapport\u00e9 ou la technoconversation rapport\u00e9e qui attestent qu\u2019une modification a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e \u00e0 la capture d\u2019\u00e9cran par l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant ou un autre \u00e9nonciateur num\u00e9rique avant lui. Ils permettent ainsi, <em>via<\/em> des formes gribouill\u00e9es ou des formes g\u00e9om\u00e9triques (cercle, rectangle, fl\u00e8che, etc.), d\u2019entourer, d\u2019encadrer, d\u2019indiquer, c\u2019est-\u00e0-dire mettre en <em>focus<\/em> un ou plusieurs technodiscours dans un technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran ou une technoconversation rapport\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019exemple 5 ci-dessous, la d\u00e9ixis num\u00e9rique r\u00e9v\u00e8le des mani\u00e8res proprement num\u00e9riques de pratiquer la focalisation dans les technodiscours rapport\u00e9s par capture d\u2019\u00e9cran. Elle met au jour deux niveaux de focalisation techno-\u00e9nonciative qu\u2019il convient d\u2019expliciter non sans en avoir donn\u00e9 la d\u00e9finition et les caract\u00e9ristiques.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1052\" align=\"aligncenter\" width=\"1103\"]<img class=\"wp-image-1052 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"1103\" height=\"1161\" \/> Exemple 5. Focalisation techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les observables de cet exemple de technoconversation rapport\u00e9e montrent que la focalisation techno-\u00e9nonciative consiste \u00e0 supprimer les marqueurs d\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative afin de cristalliser l\u2019attention de l\u2019audience sur les \u00e9nonc\u00e9s num\u00e9riques et non sur les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Cette technique sert donc de strat\u00e9gie \u00e0 l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant pour concentrer les regards des r\u00e9cepteurs non point sur les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques cit\u00e9s, mais plut\u00f4t sur les technodiscours de la capture d\u2019\u00e9cran ins\u00e9r\u00e9e dans la publication; ce qui constitue un premier niveau de focalisation techno-\u00e9nonciative. Le second niveau de focalisation techno-\u00e9nonciative fait du gribouillage \u2013 utile pour encercler ou souligner (\u00e0 main lev\u00e9e) du contenu \u2013 un outil pour attirer l\u2019attention des destinataires sur un \u00e9nonc\u00e9 num\u00e9rique. En proc\u00e9dant de la sorte, l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant met en relief un \u00e9l\u00e9ment constitutif du technodiscours rapport\u00e9 par capture d\u2019\u00e9cran ou de la technoconversation rapport\u00e9e ainsi focalis\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La modalisation techno-\u00e9nonciative<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le dispositif de construction de la publication sur Facebook permet l\u2019insertion d\u2019un technodiscours introducteur au-dessus d\u2019un technodiscours ou technoconversation rapport\u00e9e par capture d\u2019\u00e9cran. Il peut \u00eatre monos\u00e9miotique (fait uniquement de mati\u00e8res textuelles, iconiques ou hypertextuelles) ou composite, c\u2019est-\u00e0-dire constitu\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant \u00e0 la fois des paradigmes textuel, iconique et hypertextuel. C\u2019est un technodiscours citant, marqueur de d\u00e9ixis directe (Paveau, 2019a, en ligne) \u2013 qui constitue une trace technolinguistique de subjectivit\u00e9 \u2013, \u00e0 partir duquel l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant introduit le technodiscours rapport\u00e9 ou la technoconversation rapport\u00e9e dans un contexte nouveau.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_1060\" align=\"aligncenter\" width=\"747\"]<img class=\"wp-image-1060 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1.jpg\" alt=\"\" width=\"747\" height=\"802\" \/> Exemple 6. Modalisation techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019exemple 6 ci-dessus pr\u00e9sente un cas de changement de contexte caract\u00e9ris\u00e9 par la vis\u00e9e interpr\u00e9tative insuffl\u00e9e par l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant \u00e0 travers des \u00e9motic\u00f4nes de rire (\u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e) qui traduisent ce qu\u2019il fait \u00e0 propos de ce qu\u2019il technorapporte. La modalisation techno-\u00e9nonciative se manifeste ici \u00e0 travers le contenu s\u00e9mantique des constituants iconiques ou la fonction modalisante des \u00e9motic\u00f4nes (Halt\u00e9, 2016) qui traduisent la posture de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis de ce qu\u2019il technorapporte, modalisant technolinguistiquement la r\u00e9ception, la perception et l\u2019interpr\u00e9tation du technodiscours rapport\u00e9 ou de la technoconversation rapport\u00e9e dans une perspective humoristique. En d\u2019autres termes, la modalisation techno-\u00e9nonciative r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la production d\u2019un technodiscours citant destin\u00e9 \u00e0 montrer explicitement la position de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis du technodiscours rapport\u00e9 ou de la technoconversation rapport\u00e9e, \u00e0 travers ce qu\u2019il en dit ou ce qu\u2019il en fait. Elle se manifeste par le sens qu\u2019il lui affecte et l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019il en fait et indique, par la m\u00eame occasion, la mani\u00e8re dont les \u00ab utilisateurs recevant \u00bb (\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, 2019, \u00a7 54) ou \u00e9nonciateurs num\u00e9riques recevant devront, \u00e0 leur tour, l\u2019interpr\u00e9ter.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, \u00e0 partir d\u2019une analyse technolinguistique de leurs observables, les exemples mobilis\u00e9s ont montr\u00e9 que le technodiscours rapport\u00e9 par capture d\u2019\u00e9cran et la technoconversation rapport\u00e9e sont des pratiques citationnelles en ligne qui impliquent des modes num\u00e9riques natifs de prise en charge \u00e9nonciative. Il ne s\u2019agit pas de modes de prise en charge ou de postures techno-\u00e9nonciatives qui s\u2019excluent. Bien au contraire, les m\u00e9canismes techno-\u00e9nonciatifs de r\u00e9cup\u00e9ration, de focalisation et de modalisation peuvent \u00eatre utilis\u00e9s de mani\u00e8re simultan\u00e9e au cours d\u2019une \u00e9nonciation num\u00e9rique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion\u00a0: pour une th\u00e9orie num\u00e9rique de l\u2019\u00e9nonciation<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 est une pratique citationnelle qui appartient \u00e0 la webculture mondiale. Son utilisation sur Facebook r\u00e9v\u00e8le des formes de discours rapport\u00e9 en ligne et des modes de prise en charge \u00e9nonciative web-natifs relev\u00e9s, nomm\u00e9s et explicit\u00e9s dans cet article. Il en ressort que les technodiscours rapport\u00e9s <em>via<\/em> capture d\u2019\u00e9cran et les technoconversations rapport\u00e9es mettent en exergue une \u00e9nonciation num\u00e9rique, \u00ab mat\u00e9rielle parce qu\u2019elle passe par l\u2019\u00e9laboration logicielle de technographismes, et visuelle parce que l\u2019image y est pr\u00e9dominante par rapport au texte, ne serait-ce que par le format de circulation \u00bb (Paveau, 2017, p. 309; 2019c). Ce bouleversement de l\u2019ordre s\u00e9miotique de la production discursive en ligne a pour corolaire la disparition de certaines mat\u00e9rialit\u00e9s inh\u00e9rentes au discours rapport\u00e9 hors ligne \u00e0 savoir les marques typographiques de d\u00e9marcation (les deux points, les guillemets, etc.), les modalisateurs et les verbes introducteurs du discours cit\u00e9. En d\u2019autres termes, le technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran et la technoconversation rapport\u00e9e sur Facebook renferment des m\u00e9canismes d\u2019\u00e9nonciation qui fournissent des modes technolinguistiques de circulation des \u00e9nonc\u00e9s : \u00ab leurs mat\u00e9rialit\u00e9s sont certes celles de toutes les productions discursives en ligne, mais les processus de mise en discours et surtout les strat\u00e9gies techno-\u00e9nonciatives qu\u2019elles sous-tendent appartiennent \u00e0 des cat\u00e9gories r\u00e9centes et en construction en analyse du discours num\u00e9rique \u00bb (Djil\u00e9, 2020, p. 60).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les analyses technolinguistiques effectu\u00e9es dans cet article montrent la n\u00e9cessit\u00e9 pour les analystes des discours et des corpus num\u00e9riques natifs de se doter d\u2019une th\u00e9orie susceptible de prendre en compte les particularit\u00e9s technologiques et les sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e9nonciatives de la discursivit\u00e9 et de la conversationnalit\u00e9 web natives. Les implications \u00e9nonciatives de ces pratiques citationnelles par capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone renforcent l\u2019id\u00e9e de la mise en place d\u2019une th\u00e9orie num\u00e9rique de l\u2019\u00e9nonciation propos\u00e9e dans \u00ab L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs \u00bb (Djil\u00e9, 2022). Cette proposition th\u00e9orique y a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e en tant que constituant de l\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Dans cet appareil th\u00e9orique plus vaste, elle a permis de rendre compte des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9nonciatifs inh\u00e9rents aux conversations num\u00e9riques \u00e9crites natives en ligne, en s\u2019appuyant sur les concepts d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique, d\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique et d\u2019\u00e9nonc\u00e9 num\u00e9rique; concepts bien ancr\u00e9s dans les travaux sur l\u2019analyse des discours et des conversations num\u00e9riques. Ces concepts (largement mobilis\u00e9s au cours des d\u00e9monstrations <em>supra<\/em>) ainsi que les modes de prise en charge techno-\u00e9nonciative d\u00e9gag\u00e9s dans le pr\u00e9sent article visent \u00e0 enrichir l\u2019appareil conceptuel de la th\u00e9orie num\u00e9rique de l'\u00e9nonciation et \u00e0 \u00e9toffer les outils susceptibles de permettre une analyse \u00e9nonciative des productions discursives num\u00e9riques \u00e9crites, en tenant compte de leurs caract\u00e9ristiques linguistiques et de leurs propri\u00e9t\u00e9s technologiques.<\/p>\r\n\r\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\r\n<div class=\"layoutArea\">\r\n<div class=\"column\">\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Re\u0301fe\u0301rences bibliographiques<\/h2>\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n<\/div>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Benveniste, \u00c9mile. 1970. L'appareil formel de l'\u00e9nonciation. <em>Langages<\/em>, n\u00b017, p. 12-18.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beyssade, Claire et Marandin, Jean-Marie. 2009. <em>Commitment<\/em> : une attitude dialogique. <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 89-107.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cardon, Dominique. 2008. Le Design de la visibilit\u00e9. Un essai de cartographie du web 2.0. <em>R\u00e9seaux<\/em>, n\u00b0152, p. 93-137.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Danino, Charlotte. 2018. Introduction. <em>Corpus<\/em>, n\u00b018. URL: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3099\">http:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3099<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Develotte, Christine. 1996. Les interactions discursives en jeu dans un syst\u00e8me \u00e9ducatif. Dans Moirand, Sophie (ed.), <em>Le Fran\u00e7ais dans le monde<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, <em>le discours : enjeux et perspectives<\/em>, Paris, Hachette, p. 142-149.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Develotte, Christine. 2006. D\u00e9crire l\u2019espace d\u2019exposition discursive dans un campus num\u00e9rique. <em>Le fran\u00e7ais dans le monde. Recherches et applications<\/em> (num\u00e9ro sp\u00e9cial), p. 88\u2013100.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2019. Vers une analyse conversationnelle des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques.<em> Revue du CRELIS<\/em>, n\u00b08, p. 41-50.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2020. D\u00e9centrer l\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique. De l\u2019acception universelle aux pratiques africanis\u00e9es du trolling et du grammar nazisme. <em>Communication et langages<\/em>, n\u00b0205, p. 57-75.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2022. L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs. <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Volume 4, p. 125-148.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela<\/em>, n\u00b014-1. URL: <a href=\"http:\/\/corela.revues.org\/4594\">http:\/\/corela.revues.org\/4594<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2019. Affordances et mat\u00e9rialit\u00e9 dans les publications fant\u00f4mes sur Facebook. Dans <em>Les affordances langagi\u00e8res : textualit\u00e9 num\u00e9rique, mat\u00e9rialit\u00e9 discursive<\/em>, <em>Corela<\/em>, HS-28. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/8486\">https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/8486<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gatto, Maristella. 2014. <em>Web As Corpus. Theory and Practice<\/em>. London: Bloomsbury Academic.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Georges, Fanny. 2010. <em>Identit\u00e9s virtuelles. Les profils utilisateurs du web 2.0<\/em>. Paris\u00a0: L&gt;P \/ Questions th\u00e9oriques.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grossmann, Francis et Rosier, Laurence. 2018. Quelques aspects de l'\u00e9videntialit\u00e9 hypertextuelle : relations entre discours rapport\u00e9 et discours d'arri\u00e8re-plan. Dans Simon Justine (Dir.), <em>Le discours hypertextualis\u00e9. Espaces \u00e9nonciatifs mosa\u00efques<\/em>, Besan\u00e7on, Presses universitaires de Franche-Comt\u00e9, p. 41-64.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grossmann, Francis. 2020. Discours rapport\u00e9 <em>vs<\/em> discours partag\u00e9 : convergences, diff\u00e9rences, probl\u00e8mes de fronti\u00e8res. <em>Le discours et la langue,<\/em> 12 (Actes du colloque Ci-dit : \u00ab Le discours rapport\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique : du discours cit\u00e9 au discours partag\u00e9 \u00bb), p. 43-66.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Halt\u00e9, Pierre. 2016. \u00c9motic\u00f4nes et modalisation dans un corpus d\u2019enseignement par t\u2019chat. <em>\u00c9tudes de linguistique appliqu\u00e9e : revue de didactologie des langues-cultures<\/em>, n\u00b0 184, p. 441-453.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Li\u00e9nard, Fabien. 2012. Tic, communication \u00e9lectronique \u00e9crite, communaut\u00e9s virtuelles et \u00e9cole. <em>Ela. \u00c9tudes de linguistique appliqu\u00e9e<\/em>, n\u00b0166, p. 143-155.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Maingueneau, Dominique. 2009. <em>Les termes cl\u00e9s de l\u2019analyse du discours<\/em>. Paris : \u00c9ditions du Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Marcoccia, Michel. 2016. <em>Analyser la communication num\u00e9rique \u00e9crite<\/em>, Paris\u00a0: Armand Colin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moirand, Sophie. 2018. L\u2019apport de petits corpus \u00e0 la compr\u00e9hension des faits d\u2019actualit\u00e9. <em>Corpus<\/em>, n\u00b018. URL : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3519\">https:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3519<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nachtergael, Magali. 2017. Le devenir-image de la litt\u00e9rature : peut-on parler de \u201cn\u00e9o-litt\u00e9rature\u201d? Dans P. Mougin (dir.), <em>La tentation litt\u00e9raire de l\u2019art contemporain<\/em>, Dijon : les presses du r\u00e9el, p. 291-304.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paillard, Denis. 2009. Prise en charge, <em>commitment<\/em> ou sc\u00e8ne \u00e9nonciative. <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 109-128.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2012. Ce que disent les objets. Sens, affordance, cognition. <em>Synergies Pays Riverains de la Baltique<\/em>. URL : <a href=\"https:\/\/gerflint.fr\/Base\/Baltique9\/paveau.pdf\">https:\/\/gerflint.fr\/Base\/Baltique9\/paveau.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2015. Ce qui s\u2019\u00e9crit dans les univers num\u00e9riques. Mati\u00e8res technolangagi\u00e8res et formes technodiscursives. <em>Itin\u00e9raires ltc.<\/em> URL : <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/itineraires\/2313\">http:\/\/journals.openedition.org\/itineraires\/2313<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris\u00a0: Hermann.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019a. La photographie d\u00e9ictique en ligne [4\/7]. Des textes, des textes et des textes. <em>Technologies discursives<\/em>. URL : <a href=\"https:\/\/technodiscours.hypotheses.org\/720\">https:\/\/technodiscours.hypotheses.org\/720<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019b. La resignification. Pratiques technodiscursives de r\u00e9p\u00e9tition subversive sur le web relationnel. <em>Langage et Soci\u00e9t\u00e9<\/em>, n\u00b0167, p. 111-141.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019c. Technographismes en ligne. \u00c9nonciation mat\u00e9rielle visuelle et iconisation du texte. <em>Corela<\/em>, HS-28. URL : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/9185\">https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/9185<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rabatel, Alain. 2009. Prise en charge et imputation, ou la prise en charge \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e\u2026 <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 71-87.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet article traite du technodiscours rapport\u00e9, une pratique citationnelle num\u00e9rique native qui embarque un technodiscours dans un autre, en se passant des mat\u00e9rialit\u00e9s langagi\u00e8res et typographiques traditionnelles du discours rapport\u00e9. Sa pratique sur Facebook fait \u00e9merger deux formats technodiscursifs\u00a0: une des d\u00e9clinaisons du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant et la technoconversation rapport\u00e9e qui partagent des traits de num\u00e9ricit\u00e9 et des m\u00e9canismes de prise en charge techno-\u00e9nonciative permis par le smartphone et facilit\u00e9s par la capture d\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/capture-decran\/\">Capture d\u2019\u00e9cran<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/facebook\/\">Facebook<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/pratique-citationnelle\/\">Pratique citationnelle<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/technoconversation-rapportee\/\">Technoconversation rapport\u00e9e<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles\/technodiscours-rapporte\/\">Technodiscours rapport\u00e9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Citation practices on smartphones and modes of ownership in reported technodiscourses<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This article deals with reported technodiscourse, a native digital citation practice that embeds one technodiscourse in another, dispensing with the traditional linguistic and typographic materialities of reported discourse. Its practice on Facebook gives rise to two technodiscursive formats: one of the declensions of the reported technodiscourse repeating and the reported technoconversation, which share numeracy features and mechanisms of techno-enunciative empowerment permitted by the smartphone and facilitated by screenshot.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/citation-practice\/\">Citation practice<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/facebook\/\">Facebook<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/reported-technoconversation\/\">Reported technoconversation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/reported-technodiscourse\/\">Reported technodiscourse<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/keywords\/screenshot\/\">Screenshot<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (B\u00e9t\u00e9)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>k\u0254\u0301dr\u026a\u0301 a\u0300 la\u0301la\u0301le\u0301\u025f\u026a\u0301 m\u0275\u0301 a\u0300 d\u026a\u0301s\u025b\u0300n\u026a\u0304 w\u025b\u0300r\u026a\u0300\u00a0 \u0272\u025b\u0300 \u025b\u0301\u0253a\u0300 a\u0300 w\u028a\u0301 \u0261\u028c\u0300\u0261\u0265\u025b\u0301 m\u028c\u0300 \u0261\u0254\u0300ma\u0300na\u0300 d\u025b\u0300r\u028a\u0300 kr\u028a\u0301 s\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p>w\u025b\u0301r\u026a\u0301 \u025b\u0300 pr\u026a\u0304\u025b\u0300 \u0261\u0254\u0300ma\u0300na\u0300 d\u025b\u0300r\u028a\u0300 w\u028a\u0301 m\u0275\u0301 b\u0254\u0300\u0261\u028a\u0300 la\u0300 s\u025b\u0304n\u026a\u0301\u025b\u0300 m\u0275\u0304| m\u0254\u0300m\u0254\u0300 a\u0300 w\u025b\u0301r\u026a\u0301 \u0254\u0301 s\u025b\u0300\u025b\u0300 \u0261\u0254\u0300ma\u0300na\u0300 d\u025b\u0300r\u028a\u0300 a\u0301 ji\u0301ze\u0301 w\u028a\u0301 mi\u0304e\u0300|| s\u025b\u0301 m\u0254\u0300m\u0254\u0300 k\u028c\u0301 \u0254\u0301 lu\u0304le\u0301 a\u0300 w\u025b\u0301r\u026a\u0301 \u0254\u0300n\u026a\u0301 m\u0275\u0301 du\u0301a\u0300du\u0300a\u0300n\u026a\u0300 \u0254\u0301 n\u026a\u0301 nu\u0304\u0264 \u0300n\u026a\u0301\u00a0: \u0254\u0301 l\u025b\u0301 na\u0301| \u025b\u0300 \u0253a\u0304 a\u0300 \u0253\u0268\u0304ra\u0300\u0253u\u0304ru\u0304 la\u0301 \u025b\u0300 p\u027ei\u0304\u025b\u0300 fe\u0301si\u0300bu\u0301k\u0264\u0304 kr\u028a\u030d| \u025b\u0300 ci\u0301 s\u0254\u0301 m\u0275\u0304 \u0253\u0254\u0300g\u028a\u0300 la\u030d tu\u0304ra\u0300ni\u0301\u025b\u0300 m\u0275\u0301|| t\u025b\u0301k\u025b\u0301n\u0254\u0300 tu\u0304ra\u0300n\u026a\u0300 f\u028a\u0301 a\u0300 m\u0275\u0301s\u025b\u0301n\u026a\u0300 w\u025b\u0300r\u026a\u0300 m\u0275\u0301| n\u0300 m\u0275\u0301s\u025b\u0300n\u026a\u0300w\u025b\u0300r\u026a\u0300 m\u025b\u0300m\u025b\u0300 wa\u0301 je\u0301\u0253re\u0304ni\u0300\u025b\u0300 la\u0301la\u0301le\u0301ji\u0301 a\u0300 fo\u0301t\u0265i\u0304 za\u0300||<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (B\u00e9t\u00e9)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/fes%c9%aabuk%c9%a4\/\">fe\u0301s\u026a\u0300bu\u0301k\u0264\u0304<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%c9%a1%c9%94mana-d%c9%9br%ca%8a-a-m%c9%b5s%c9%9bn%c9%aa-w%c9%9br%c9%aa\/\">\u0261\u0254\u0300ma\u0300na\u0300 d\u025b\u0300r\u028a\u0300 a\u0300 m\u0275\u0301s\u025b\u0300n\u026a\u0300 w\u025b\u0300\u0300r\u026a\u0300<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/%c9%a1%c9%94mana-d%c9%9br%ca%8a-a-w%c9%9br%c9%aa-a-m%c9%b5s%c9%9bn%c9%aas%c9%9bn%c9%94\/\">\u0261\u0254\u0300ma\u0300na\u0300 d\u025b\u0300r\u028a\u0300 a\u0300 w\u025b\u0300\u0300r\u026a\u0300 a\u0301 m\u0275\u0301s\u025b\u0300n\u026a\u0300s\u025b\u0300n\u0254\u0300<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/lalaleji-ak%c9%be%ca%8a-a-zuzukwa\/\">la\u0301la\u0301le\u0301ji\u0301 a\u0300k\u027e\u028a\u0301 a\u0300 zu\u0301zu\u0300kwa\u0301<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/motscles-autre\/m%c9%94m%c9%94-a-d%c9%aas%c9%9bn%c9%aa-w%c9%9br%c9%aa\/\">m\u0254\u0300m\u0254\u0300 a\u0301 d\u026a\u0301s\u025b\u0300n\u026a\u0300 w\u025b\u0300r\u026a\u0300<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>9 f\u00e9vrier 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>28 mars 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 juillet 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous vivons \u00e0 l\u2019\u00e8re du nomadisme num\u00e9rique, une \u00e9poque marqu\u00e9e par la pr\u00e9pond\u00e9rance de la Communication M\u00e9di\u00e9e par T\u00e9l\u00e9phonie mobile (Li\u00e9nard, 2012, p. 144) sur toutes les autres formes de communication. Cette h\u00e9g\u00e9monie du smartphone vient certainement du fait qu\u2019il conf\u00e8re des dons d\u2019ubiquit\u00e9 (omnipr\u00e9sence) et de polychronie (omnipotence) qui permettent, par exemple, de cr\u00e9er et diffuser du contenu sur plusieurs sites web \u00e0 la fois, mais encore plus, de faire passer des productions discursives d\u2019un lieu num\u00e9rique \u00e0 un autre avec c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. En effet, le smartphone, \u00ab les usages num\u00e9riques et l&rsquo;\u00e9criture sur la Toile ont boulevers\u00e9 en profondeur certaines des pratiques traditionnelles du discours rapport\u00e9 \u00bb (Grossmann et Rosier, 2018, p. 22). En d\u2019autres termes, cet artefact technologique participe \u00e0 plus d\u2019un titre \u00e0 la dynamique de production et de circulation des contenus web natifs, en mobilisant ses affordances<a class=\"footnote\" title=\"\u00ab Une affordance (to afford : procurer) est une propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un objet ou un trait de l\u2019environnement imm\u00e9diat qui indique quelle relation l\u2019usager doit instaurer avec l\u2019objet, comment il doit s\u2019en servir, ce qu\u2019il doit faire avec. \u00bb (Paveau, 2012, p. 53)\" id=\"return-footnote-662-1\" href=\"#footnote-662-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> (comme la capture d\u2019\u00e9cran) ou celles des applications et des plateformes (les APIs, les onglets, les boutons, etc.) qui meublent le web. C\u2019est dire que la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone, jointe \u00e0 la r\u00e9ticularit\u00e9 des environnements num\u00e9riques, fournissent aux socionautes<a class=\"footnote\" title=\"Utilisateur\u00b7trice\u00b7s des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques.\" id=\"return-footnote-662-2\" href=\"#footnote-662-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> la possibilit\u00e9 de pratiquer des formes proprement num\u00e9riques de discours rapport\u00e9 \u2013 donc de citation \u2013 dont l\u2019une des d\u00e9clinaisons consiste en l\u2019insertion d\u2019un technodiscours iconis\u00e9 dans l\u2019\u00e9laboration du fil d\u2019un autre technodiscours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, quelles sont les pratiques num\u00e9riques de la citation qui \u00e9mergent sur Facebook? Comment la prise en charge \u00e9nonciative s\u2019op\u00e8re-t-elle dans ces modes num\u00e9riques natifs de circulation des discours?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces interrogations aux implications th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques pr\u00e9gnantes, cet article, qui va s\u2019organiser en trois parties, s\u2019appuie sur un cadre de r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques prenant en compte l\u2019analyse du discours num\u00e9rique et la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation. Ce double ancrage permet d\u2019observer les implications intertextuelles et polys\u00e9miotiques du technodiscours rapport\u00e9, en tant que pratique citationnelle en ligne ainsi que les mani\u00e8res num\u00e9riquement natives d\u2019\u00e9laborer les \u00e9nonc\u00e9s et de prendre en charge des productions technodiscursives.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Fondements th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques de la recherche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les technodiscours rapport\u00e9s rel\u00e8vent de ph\u00e9nom\u00e8nes interdiscursifs ou intertextuels natifs des environnements num\u00e9riques connect\u00e9s. Ils impliquent, de ce fait, la mobilisation d\u2019appareils th\u00e9oriques, de m\u00e9thodes de collecte de donn\u00e9es et de pr\u00e9sentation des observables susceptibles de faciliter l\u2019analyse de leurs caract\u00e9ristiques linguistiques sans occulter leurs propri\u00e9t\u00e9s technologiques. C\u2019est pourquoi cet article s\u2019appuie sur un <em>mashup<\/em> \u00e9pist\u00e9mologique : l\u2019analyse du discours num\u00e9rique de Marie-Anne Paveau et la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation d\u2019\u00c9mile Benveniste. L\u2019adoption d\u2019une telle posture th\u00e9orique a pour objectif de rendre explicite la notion de discours rapport\u00e9 dans son acception num\u00e9rique, en exploitant un \u00ab petit corpus \u00bb ou une \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb qui pr\u00e9sentent un grand int\u00e9r\u00eat pour l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Ancrage en analyse du discours num\u00e9rique et en \u00e9nonciation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les choix th\u00e9oriques op\u00e9r\u00e9s visent la conformit\u00e9 des analyses \u00e0 effectuer avec les implications technologiques et linguistiques (discursives et \u00e9nonciatives) des technodiscours rapport\u00e9s. Entendus comme pratiques citationnelles natives en ligne, ces derniers appartiennent \u00e0 un ensemble de formats discursifs sp\u00e9cifiques des environnements num\u00e9riques connect\u00e9s.\u00a0 Ils s\u2019appr\u00e9hendent \u00e0 l\u2019aune de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique qui fournit un cadre th\u00e9orique et m\u00e9thodologique ad\u00e9quat pour \u00ab la description et l\u2019analyse du fonctionnement des productions langagi\u00e8res natives d\u2019internet, et plus particuli\u00e8rement du web 2.0, dans leurs environnements de production, en mobilisant \u00e0 consid\u00e9ration \u00e9gale les ressources langagi\u00e8res et non langagi\u00e8res des \u00e9nonc\u00e9s \u00e9labor\u00e9s \u00bb (Paveau, 2017, p. 27). Il s\u2019agit plus sp\u00e9cifiquement, avec l\u2019analyse du discours num\u00e9rique, de rendre compte de la mise en discours qui sous-tend la pratique du technodiscours rapport\u00e9 par les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Il y a donc, au-del\u00e0 de cette forme num\u00e9rique native de discours rapport\u00e9, un exercice de \u00ab mise en fonctionnement de la langue \u00bb (Benveniste, 1970, p. 12) permis et support\u00e9 par les plateformes num\u00e9riques. Cette sorte d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique justifie la prise en compte de la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation \u2013 articul\u00e9e \u00e0 l\u2019analyse du discours num\u00e9rique \u2013 dont la pertinence r\u00e9side dans l\u2019opportunit\u00e9 qu\u2019elle donne de mettre au jour des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9nonciatifs natifs en ligne \u00e0 travers des m\u00e9canismes interdiscursifs et intertextuels qui actualisent des mani\u00e8res num\u00e9riquement natives de prendre en charge les productions technodiscursives.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00ab Petit corpus \u00bb ou \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb : quel int\u00e9r\u00eat pour l\u2019analyse des discours num\u00e9riques?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau m\u00e9thodologique, la capture d\u2019\u00e9cran a servi de <em>modus operandi<\/em> pour la constitution d\u2019un \u00ab petit corpus \u00bb (Danino, 2018), en r\u00e9alit\u00e9, une \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb (Paveau, 2019b; Djil\u00e9, 2020) recueillis en consid\u00e9rant Facebook comme \u00ab lieu de corpus \u00bb (\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, 2016), dans la perspective du \u00ab <em>web as corpus<\/em> \u00bb (Gatto, 2014) qui tient compte de la contribution des environnements num\u00e9riques dans l\u2019\u00e9laboration, la publication et l\u2019interpr\u00e9tation des technodiscours (Djil\u00e9, 2019, p. 47). Ce protocole phare de l\u2019analyse du discours num\u00e9rique \u2013 <em>i.e. <\/em>la collection d\u2019exemples \u2013 est \u00ab une position m\u00e9thodologique minor\u00e9e, voire combattue \u00bb (Paveau, 2019, p. 120) par les analystes du discours <em>mainstream<\/em> qui lui opposent le principe de repr\u00e9sentativit\u00e9. Pourtant, comme a pu le souligner Charlotte Danino (2018, \u00a7 14), \u00ab la notion de repr\u00e9sentativit\u00e9 fait face \u00e0 celle d\u2019exemple et de ce qui d\u00e9termine sa valeur, et donc sa port\u00e9e \u00bb. Elle poursuit son argumentation en faveur de petits corpus en probl\u00e9matisant cette confrontation entre corpus repr\u00e9sentatif et collection d\u2019exemples en ces termes : \u00ab Newton aurait-il eu besoin d\u2019\u00e9tudier trois pommes pour penser la gravit\u00e9? \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Poser le probl\u00e8me ainsi, c\u2019est implicitement red\u00e9finir la notion de corpus en remettant en cause le crit\u00e8re de quantit\u00e9. C\u2019est aussi ce que la pr\u00e9sente recherche soutient. Elle invite les analystes du discours \u00e0 d\u00e9passer les consid\u00e9rations quantitativistes pour faire place au qualitatif \u2013 vocation premi\u00e8re des \u00e9tudes dans ce domaine \u2013, en mettant un point d\u2019honneur \u00e0 l\u2019explicitation des ph\u00e9nom\u00e8nes linguistiques singuliers non r\u00e9pertori\u00e9s dans les cat\u00e9gorisations connues, mais qui s\u2019inscrivent pleinement dans les <em>us <\/em>langagiers et les <em>habitus<\/em> scripturaux de certaines communaut\u00e9s. Elle propose que toute collecte de donn\u00e9es langagi\u00e8res organisables ou organis\u00e9es par cat\u00e9gories d\u2019observables soit subsum\u00e9e sous le vocable de corpus. Qui plus est, d\u2019un point de vue \u00e9pist\u00e9mologique, la repr\u00e9sentativit\u00e9 devient impertinente, du moins si l\u2019on s\u2019en tient aux propos de Sophie Moirand qui pr\u00e9cise :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Travailler sur de petits corpus permet de rep\u00e9rer des formes langagi\u00e8res pas forc\u00e9ment \u00ab fr\u00e9quentes \u00bb, au sens statistique du terme, mais des formes \u00ab \u00e9mergentes \u00bb r\u00e9v\u00e9latrices du temps pr\u00e9sent, et qui de ce fait font partie d\u2019un \u00ab arsenal argumentatif \u00bb \u00e0 un moment pr\u00e9cis de l\u2019histoire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, un arsenal porteur lui-m\u00eame de l\u2019Histoire de cette soci\u00e9t\u00e9 (Moirand, 2018, \u00a7 51).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui concerne sp\u00e9cifiquement cette \u00e9tude sur les technodiscours rapport\u00e9s, la \u00ab collection d\u2019exemples \u00bb par capture d\u2019\u00e9cran rev\u00eat de nombreux int\u00e9r\u00eats dont le principal est la prise en compte de la dimension \u00e9cologique dans l\u2019analyse des productions technodiscursives. Elle est \u00e9galement pertinente dans la mesure o\u00f9 elle met en lumi\u00e8re des occurrences sp\u00e9cifiques de pratiques technolangagi\u00e8res et des formes \u00e9mergentes de technodiscours rapport\u00e9s \u00e0 pr\u00e9gnance iconotextuelle.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 : une pratique citationnelle num\u00e9rique native<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Avant d\u2019aborder les questions relatives au technodiscours rapport\u00e9, il convient de revenir sur le discours rapport\u00e9 (hors ligne) avec lequel il partage certaines caract\u00e9ristiques. Pour Francis Grossmann et Laurence Rosier (2018), la notion de discours rapport\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab l\u2019ensemble des proc\u00e9d\u00e9s permettant de signaler, d\u2019introduire un discours, \u00e9crit ou oral ou polys\u00e9miotique, \u00e9mis par un \u00e9nonciateur diff\u00e9rent de l\u2019\u00e9nonciateur principal \u00bb (Grossmann et Rosier, 2018). Le discours rapport\u00e9 est donc marqu\u00e9 par l\u2019intertextualit\u00e9 qui est en fait un acte de r\u00e9-\u00e9nonciation. Il repose sur l\u2019int\u00e9gration d\u2019un discours (cit\u00e9) dans un autre discours (citant), en les distinguant \u2013 dans le style direct notamment \u2013 par des mat\u00e9rialit\u00e9s langagi\u00e8res (comme les verbes introducteurs) et des marqueurs typographiques de distance \u00e9nonciative (les deux points, les guillemets, etc.). Dans ce format discursif qui fonctionne selon la formule [<em>discours citant : \u00ab discours cit\u00e9 \u00bb<\/em>], l\u2019\u00e9nonciateur citant \u00ab fait mention des mots m\u00eames employ\u00e9s par l\u2019\u00e9nonciateur cit\u00e9, ou plut\u00f4t il pr\u00e9sente son \u00e9nonc\u00e9 comme tel (\u201cIl m\u2019a dit : \u00ab Tu dois partir \u00bb\u201d) \u00bb (Maingueneau, 2009, p. 48).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019intertextualit\u00e9 et la r\u00e9-\u00e9nonciation structurent \u00e9galement la pratique du discours rapport\u00e9 en ligne. C\u2019est du moins ce qu\u2019explique Michel Marcoccia \u00e0 travers un commentaire sur les discours num\u00e9riques dans lequel il mentionne l\u2019intertextualit\u00e9 comme pratique citationnelle :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9crits num\u00e9riques se caract\u00e9risent aussi par le fait qu\u2019ils manifestent un haut degr\u00e9 d\u2019intertextualit\u00e9, par la pr\u00e9sence (plus ou moins litt\u00e9rale et int\u00e9grale) de textes dans d\u2019autres textes. La citation, comme convocation explicite d\u2019un texte, \u00e0 la fois pr\u00e9sent\u00e9 et distanci\u00e9 par des marqueurs sp\u00e9cifiques [\u2026] est l\u2019exemple le plus \u00e9vident d\u2019intertextualit\u00e9 (Marcoccia, 2016, p. 100).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">En ligne, l\u2019intertextualit\u00e9 est polys\u00e9miotique. Au sens de Grossmann (2018), cela signifie que la reprise d\u2019un discours num\u00e9rique ne concerne pas uniquement les mati\u00e8res textuelles. Elle porte parfois sur des images, des photographies de texte (phototextes) ou des technographismes (pour reprendre les termes de Paveau, 2019c) int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 un technodiscours (cit\u00e9) au cours de l\u2019\u00e9laboration du fil d\u2019un autre technodiscours (citant). Ce processus de mise en discours s\u2019ins\u00e8re dans l\u2019ensemble des technodiscours rapport\u00e9s qui permettent de \u00ab\u00a0transf\u00e9rer un discours d\u2019un espace num\u00e9rique natif source \u00e0 un espace num\u00e9rique natif cible \u00bb (Paveau, 2017, p. 289). Pour Francis Grossmann (2018), il serait plus appropri\u00e9 de dire \u00ab\u00a0discours rapport\u00e9 partag\u00e9 sur la Toile\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0discours rapport\u00e9 sur la Toile\u00a0\u00bb. Il estime que parler de \u00ab\u00a0technodiscours rapport\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019av\u00e8re discutable dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9finition de la notion indique que cette forme de discours rapport\u00e9 en ligne s\u2019op\u00e8re \u00ab\u00a0<em>via<\/em> une proc\u00e9dure automatis\u00e9e de partage\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 289). Qui plus est, Marie-Anne Paveau choisit d\u2019en rendre compte en prenant \u00ab\u00a0le cas du partage d\u2019un billet de blog sur un compte Facebook\u00a0\u00bb. Les \u00e9tapes de cette \u00ab\u00a0proc\u00e9dure technolangagi\u00e8re\u00a0\u00bb et les trois formes de technodiscours rapport\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9cline ensuite mentionnent d\u00e8s la premi\u00e8re phrase de chaque explication qu\u2019\u00ab il s\u2019agit d\u2019un\u00a0partage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si cette critique trouve sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans les termes employ\u00e9s, il semble \u00e9vident que, dans les environnements num\u00e9riques connect\u00e9s, rapporter un (techno)discours n\u2019est pas fondamentalement diff\u00e9rent de le partager. La diff\u00e9rence avec le discours rapport\u00e9 non num\u00e9rique se situe certainement au niveau du processus de mise en discours choisi pour configurer mat\u00e9riellement et visuellement la r\u00e9-\u00e9nonciation. Avec le partage, l\u2019intertextualit\u00e9 est enti\u00e8rement prise en charge par les affordances de l\u2019environnement num\u00e9rique. En effet, le bouton \u00ab partager \u00bb enclenche la mise en place d\u2019un nouveau cadre d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique qui int\u00e8gre \u2013 dans le cas de Facebook par exemple \u2013 le technodiscours cit\u00e9 dans le technodiscours citant. Dans un tel cas de figure, le partage ne se distingue du rapportage que lexicalement : les deux termes d\u00e9notent une m\u00eame activit\u00e9 \u00e9nonciative, une m\u00eame pratique citationnelle caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019insertion d\u2019un technodiscours cit\u00e9 dans un technodiscours citant. Quand cet acte de r\u00e9-\u00e9nonciation passe par la capture d\u2019\u00e9cran, le technodiscours \u00e0 citer est extirp\u00e9 \u2013 de mani\u00e8re \u00e9cologique \u2013 de son environnement natif. Il est par la suite introduit dans un nouvel environnement d\u2019adoption ou d\u2019adaptation, en pr\u00e9sentant une configuration hi\u00e9rarchique et visuelle similaire \u00e0 celle du partage. Dans ces deux pratiques citationnelles natives en ligne, les processus \u00e9nonciatifs mettent au jour un mode d\u2019adressage et un sch\u00e9ma techno-\u00e9nonciatif \u00e0 partir desquels un \u00e9nonciateur num\u00e9rique (Paveau, 2017, p. 149; Djil\u00e9, 2022, p. 131) \u2013 identifiable en g\u00e9n\u00e9ral par sa photo de profil et son nom de profil (pseudonyme) \u2013 diffuse un technodiscours aupr\u00e8s d\u2019autres instances \u00e9nonciatives num\u00e9riques, en passant soit par un bouton de \u00ab partage \u00bb, soit par un hacking d\u2019usage de la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, l\u2019utilisation de la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone fait d\u00e9sormais partie de la culture web. Elle s\u2019inscrit dans le \u00ab\u00a0<em>pictorial turn<\/em> \u00bb (tournant visuel) de la discursivit\u00e9 num\u00e9rique caract\u00e9ris\u00e9 par une \u00ab domination de l\u2019image sur le langage articul\u00e9 [\u2026] [qui] n\u2019exclut pas pour autant une part linguistique et narrative, bien au contraire, il les articule simplement selon une autre perspective, prioritairement visuelle \u00bb (Nachtergael, 2017, p. 292-293). Ce tournant visuel a n\u00e9cessairement une influence majeure sur \u00ab les choix technos\u00e9miotiques des internautes\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 205). Il favorise l\u2019\u00e9mergence de formes particuli\u00e8res de publications avec une pr\u00e9pond\u00e9rance de technographismes, \u00e0 savoir des \u00ab production[s] s\u00e9miotique[s] associant texte et image dans un composite natif d\u2019internet \u00bb (Paveau, 2017, p. 305).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En d\u2019autres termes, les publications iconotextuelles \u2013 dont la mise en discours passe par l\u2019insertion de captures d\u2019\u00e9cran sur smartphone \u2013 ont le vent en poupe sur les r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques, particuli\u00e8rement sur Facebook qui enregistre le plus grand nombre d\u2019occurrences observables dans les \u00ab\u00a0groupes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0communaut\u00e9s\u00a0virtuelles\u00a0\u00bb (Li\u00e9nard, 2012). Elles ont fait \u00e9merger deux formes num\u00e9riques natives du discours rapport\u00e9\u00a0: la premi\u00e8re est l\u2019une des trois d\u00e9clinaisons du \u00ab\u00a0technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant\u00a0\u00bb (Paveau, 2017, p. 294) et la seconde est une nouvelle cat\u00e9gorie qui concerne des cas de conversations num\u00e9riques \u00e9crites rapport\u00e9es.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le \u00ab technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant \u00bb par capture d\u2019\u00e9cran<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant est \u00ab un partage \u00e0 l\u2019identique relevant de la copie, avec ou sans marques explicites de discours citant et discours cit\u00e9 \u00bb (Paveau, 2017, p. 294). Quand il est effectu\u00e9 par la capture d\u2019\u00e9cran, il permet de reprendre un contenu num\u00e9rique en restituant son format originel. En effet, la capture d\u2019\u00e9cran simplifie la pratique du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant en ce qu\u2019elle constitue \u00ab une sorte d\u2019extraction \u00e9cologique par figement de technodiscours \u00bb (Djil\u00e9, 2020, p. 63), une technique d\u2019iconisation et de stockage de technodiscours \u2013 quel que soit le site web ou l\u2019application mobile utilis\u00e9e<a class=\"footnote\" title=\"\u00c0 l\u2019exception de Snapchat qui bloque les captures d\u2019\u00e9cran par d\u00e9faut et envoie une notification indiquant que l\u2019interlocuteur a tent\u00e9 d\u2019en faire. Il existe toutefois des tutoriels qui fournissent des astuces pour r\u00e9aliser des captures d\u2019\u00e9cran incognito.\" id=\"return-footnote-662-3\" href=\"#footnote-662-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a> \u2013 en vue d\u2019une r\u00e9utilisation ult\u00e9rieure au cours d\u2019une construction discursive en ligne.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1048\" aria-describedby=\"caption-attachment-1048\" style=\"width: 1136px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1048 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"1136\" height=\"1017\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020.jpg 1136w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-300x269.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-1024x917.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-768x688.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-65x58.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-225x201.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-1.-Technodiscours-rapporte\u0301-re\u0301pe\u0301tant-par-capture-de\u0301cran-Facebook-affichage-du-11-novembre-2020-350x313.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1136px) 100vw, 1136px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1048\" class=\"wp-caption-text\">Exemple 1. Technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran, Facebook, affichage du 11 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019exemple ci-dessus, la capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone permet d\u2019ins\u00e9rer la photographie d\u2019un technodiscours au cours de l\u2019\u00e9laboration du fil discursif d\u2019un autre technodiscours, en affichant l\u2019ensemble des mati\u00e8res technolangagi\u00e8res : le p\u00e9ritexte (les m\u00e9tadonn\u00e9es d\u2019horodatage, les \u00e9nonc\u00e9s de geste \u00ab J\u2019aime \u00bb et \u00ab R\u00e9pondre\u00a0\u00bb) et des traces num\u00e9riques comme l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative (photo de profil, nom de profil) et l\u2019identit\u00e9 calcul\u00e9e (le nombre de r\u00e9actions) de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9 (Georges, 2010). L\u2019insertion de ce technodiscours iconis\u00e9 est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u2013 dans la majeure partie des cas \u2013 d\u2019une \u00e9tape de traitement au cours de laquelle le phototexte obtenu subit des retouches. Il peut s\u2019agir, entre autres, du rognage de l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique (Cardon, 2008; Paveau, 2015) ou de l\u2019anonymisation (par utilisation de formes ou de gribouillages) qui r\u00e9pondent tr\u00e8s souvent \u00e0 une question \u00e9thique en rapport avec la protection de l\u2019identit\u00e9 des utilisateur\u00b7trice\u00b7s dont les productions discursives sont utilis\u00e9es parfois \u00e0 leur insu.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La technoconversation rapport\u00e9e<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la typologie des technodiscours rapport\u00e9s d\u00e9gag\u00e9e par Marie-Anne Paveau (2017, p. 293-294), l\u2019observation des pratiques discursives et conversationnelles sur Facebook permet d\u2019identifier une nouvelle pratique citationnelle qui consiste \u00e0 rapporter des conversations num\u00e9riques \u00e9crites. Je nomme cette nouvelle cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0technoconversation rapport\u00e9e\u00a0\u00bb, en proposant une d\u00e9finition qui en explique le fonctionnement, \u00e0 partir des observables contenus dans les exemples suivants.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1305 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1.png\" alt=\"\" width=\"464\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1.png 464w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1-300x251.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1-65x54.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1-225x188.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/04\/Djile1-350x293.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La technoconversation rapport\u00e9e est un processus citationnel qui fonctionne sur le mod\u00e8le du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran. Elle commence par une sorte de th\u00e9saurisation, c\u2019est-\u00e0-dire une op\u00e9ration de stockage permise par le smartphone et facilit\u00e9e par la capture d\u2019\u00e9cran. Il s&rsquo;ensuit un processus de mise en discours qui comprend l\u2019\u00e9tape de l\u2019insertion d\u2019une ou de plusieurs captures d\u2019\u00e9cran non point comme illustrations, mais plut\u00f4t comme parties constitutives d\u2019une conversation num\u00e9rique \u00e9crite \u00e0 rapporter (partiellement ou totalement) dans le strict respect \u00e9cologique de la configuration originelle. La technoconversation rapport\u00e9e consiste donc \u00e0 publier ou republier une conversation num\u00e9rique \u00e9crite priv\u00e9e issue d\u2019une fen\u00eatre de discussion instantan\u00e9e (exemple 2) ou un \u00e9change semi-public (commentaire suivi de r\u00e9ponse) r\u00e9alis\u00e9 dans l\u2019\u00ab espace d\u2019exposition [techno]discursive \u00bb (Develotte, 1996 et 2006) d\u2019un r\u00e9seau social num\u00e9rique (exemple 3). Cette pratique technodiscursive permet \u00e0 des utilisateur\u00b7trice\u00b7s de citer et de faire circuler des technoconversations, les faisant passer, par exemple, des applications pour smartphones comme WhatsApp et Messenger de Meta \u2013 con\u00e7ues pour permettre la r\u00e9alisation de discussions num\u00e9riques natives par envoi et r\u00e9ception de technodiscours au sein d\u2019un dispositif technologique de conversation \u2013 aux plateformes des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques (Facebook, X ou ex-Twitter, Instagram, etc.), et inversement.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Des modes de prise en charge \u00e9nonciative natifs du web<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 et la technoconversation rapport\u00e9e sont des pratiques citationnelles qui permettent \u00e0 un \u00e9nonciateur num\u00e9rique de rapporter le technodiscours ou la technoconversation d\u2019un ou de plusieurs autres \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Ces pratiques technodiscursives supposent la mise en place d\u2019un sch\u00e9ma techno-\u00e9nonciatif dans lequel un \u00e9nonciateur num\u00e9rique (citant) technorapporte les technodiscours d\u2019un ou plusieurs \u00e9nonciateurs num\u00e9riques (cit\u00e9s). Elles supposent \u00e9galement un positionnement de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis du technodiscours ou de la technoconversation rapport\u00e9s. En effet, \u00ab tout \u00e9nonc\u00e9 pr\u00e9suppose une instance qui prend en charge ce qui est appel\u00e9, suivant les cadres de r\u00e9f\u00e9rence, le dictum, la lexie, le contenu propositionnel, la pr\u00e9dication, selon le sch\u00e8me minimal d\u2019\u00e9nonciation \u00ab JE DIS (\u201cce qui est dit\u201d) \u00bb (Rabatel, 2009, p. 72). Ce sch\u00e9ma de lexie \u2013 pour reprendre les termes d\u2019Antoine Culioli \u2013 est partag\u00e9 par les diverses formes de discours rapport\u00e9s hors ligne et dans les op\u00e9rations de rapportage dans les environnements num\u00e9riques connect\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De fait, la prise en charge d\u2019un technodiscours ou d\u2019une technoconversation rapport\u00e9e par capture d\u2019\u00e9cran ne se manifeste pas forc\u00e9ment dans le sens de l\u2019expression d\u2019un point de vue ou de la v\u00e9riconditionnalit\u00e9 \u2013 ou <em>commitment<\/em> \u2013 (Beyssade et Marandin, 2009; Paillard, 2009). Elle se manifeste parfois sous la forme d\u2019un m\u00e9canisme dont se sert un \u00e9nonciateur num\u00e9rique citant pour r\u00e9cup\u00e9rer (ou s\u2019approprier) une \u00e9nonciation autre, la focaliser ou modaliser, de mani\u00e8re implicite ou explicite, sa r\u00e9ception et sa perception, gr\u00e2ce \u00e0 des marqueurs num\u00e9riques de d\u00e9ixis directe ou indirecte (Paveau, 2019a, en ligne) : je les nomme respectivement r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative, focalisation techno-\u00e9nonciative et modalisation techno-\u00e9nonciative.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative consiste, pour un \u00e9nonciateur num\u00e9rique, \u00e0 rapporter un technodiscours comme s\u2019il s\u2019agissait de sa propre \u00e9nonciation, comme s\u2019il en \u00e9tait l\u2019auteur. En effet, dans la mise en discours du technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran, le dispositif de construction de la publication fournit une palette d\u2019affordances \u2013 dans la version mobile disponible sur les smartphones \u2013 qui permettent \u00e0 l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant de modifier la capture d\u2019\u00e9cran \u00e0 sa guise. Il a donc la possibilit\u00e9 de rapporter un technodiscours sans les composantes de l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative (photo de profil, pseudo) de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1051\" aria-describedby=\"caption-attachment-1051\" style=\"width: 345px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1051 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"345\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg 345w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-281x300.jpg 281w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-65x69.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-4.-Re\u0301cupe\u0301ration-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-225x240.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 345px) 100vw, 345px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1051\" class=\"wp-caption-text\">Exemple 4. R\u00e9cup\u00e9ration techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet exemple de technodiscours rapport\u00e9, les marqueurs de l\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9 sont rogn\u00e9s. Pour rappel, les socionautes font usage de certaines techniques d\u2019anonymisation de l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique (par rognage, floutage ou gribouillage) dans une optique \u00e9thique relative \u00e0 la protection de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9. Ce principe n\u2019est pas forc\u00e9ment applicable aux contenus diffus\u00e9s par\/sur certaines personnes jug\u00e9es publiques (chanteur\u00b7trice\u00b7s, musicien\u00b7ne\u00b7s, footballeur\u00b7euse\u00b7s, etc.) qui utilisent le technodiscours rapport\u00e9 et la fractalit\u00e9 des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques comme biais d\u2019augmentation de leur capital social. Dans certains cas, ces techniques d\u2019anonymisation sont utilis\u00e9es comme moyen d\u2019appropriation d\u2019une \u00e9nonciation autre, un m\u00e9canisme pour r\u00e9cup\u00e9rer le technodiscours (notamment quand il est \u00e0 la premi\u00e8re personne du singulier \u00ab je \u00bb). Dans ce contexte, ce qui est rapport\u00e9 s\u2019apparente \u00e0 un discours autonyme ou une \u00e9nonciation autor\u00e9f\u00e9renci\u00e9e, surtout en l\u2019absence d\u2019un technodiscours citant pour l\u2019introduire.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La focalisation techno-\u00e9nonciative<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rognage, le floutage et le gribouillage ne servent pas qu\u2019\u00e0 supprimer ou prot\u00e9ger l\u2019identit\u00e9 num\u00e9rique d\u2019un \u00e9nonciateur num\u00e9rique cit\u00e9. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de leur fonction de r\u00e9cup\u00e9ration, ils constituent des marqueurs de d\u00e9ixis indirecte (Paveau, 2019a, en ligne) <em>i.e.<\/em> des traces dans le technodiscours rapport\u00e9 ou la technoconversation rapport\u00e9e qui attestent qu\u2019une modification a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e \u00e0 la capture d\u2019\u00e9cran par l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant ou un autre \u00e9nonciateur num\u00e9rique avant lui. Ils permettent ainsi, <em>via<\/em> des formes gribouill\u00e9es ou des formes g\u00e9om\u00e9triques (cercle, rectangle, fl\u00e8che, etc.), d\u2019entourer, d\u2019encadrer, d\u2019indiquer, c\u2019est-\u00e0-dire mettre en <em>focus<\/em> un ou plusieurs technodiscours dans un technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran ou une technoconversation rapport\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019exemple 5 ci-dessous, la d\u00e9ixis num\u00e9rique r\u00e9v\u00e8le des mani\u00e8res proprement num\u00e9riques de pratiquer la focalisation dans les technodiscours rapport\u00e9s par capture d\u2019\u00e9cran. Elle met au jour deux niveaux de focalisation techno-\u00e9nonciative qu\u2019il convient d\u2019expliciter non sans en avoir donn\u00e9 la d\u00e9finition et les caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1052\" aria-describedby=\"caption-attachment-1052\" style=\"width: 1103px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1052 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"1103\" height=\"1161\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020.jpg 1103w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-285x300.jpg 285w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-973x1024.jpg 973w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-768x808.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-65x68.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-225x237.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-5.-Focalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-350x368.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1103px) 100vw, 1103px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1052\" class=\"wp-caption-text\">Exemple 5. Focalisation techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Les observables de cet exemple de technoconversation rapport\u00e9e montrent que la focalisation techno-\u00e9nonciative consiste \u00e0 supprimer les marqueurs d\u2019identit\u00e9 d\u00e9clarative afin de cristalliser l\u2019attention de l\u2019audience sur les \u00e9nonc\u00e9s num\u00e9riques et non sur les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques. Cette technique sert donc de strat\u00e9gie \u00e0 l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant pour concentrer les regards des r\u00e9cepteurs non point sur les \u00e9nonciateurs num\u00e9riques cit\u00e9s, mais plut\u00f4t sur les technodiscours de la capture d\u2019\u00e9cran ins\u00e9r\u00e9e dans la publication; ce qui constitue un premier niveau de focalisation techno-\u00e9nonciative. Le second niveau de focalisation techno-\u00e9nonciative fait du gribouillage \u2013 utile pour encercler ou souligner (\u00e0 main lev\u00e9e) du contenu \u2013 un outil pour attirer l\u2019attention des destinataires sur un \u00e9nonc\u00e9 num\u00e9rique. En proc\u00e9dant de la sorte, l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant met en relief un \u00e9l\u00e9ment constitutif du technodiscours rapport\u00e9 par capture d\u2019\u00e9cran ou de la technoconversation rapport\u00e9e ainsi focalis\u00e9e.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La modalisation techno-\u00e9nonciative<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le dispositif de construction de la publication sur Facebook permet l\u2019insertion d\u2019un technodiscours introducteur au-dessus d\u2019un technodiscours ou technoconversation rapport\u00e9e par capture d\u2019\u00e9cran. Il peut \u00eatre monos\u00e9miotique (fait uniquement de mati\u00e8res textuelles, iconiques ou hypertextuelles) ou composite, c\u2019est-\u00e0-dire constitu\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant \u00e0 la fois des paradigmes textuel, iconique et hypertextuel. C\u2019est un technodiscours citant, marqueur de d\u00e9ixis directe (Paveau, 2019a, en ligne) \u2013 qui constitue une trace technolinguistique de subjectivit\u00e9 \u2013, \u00e0 partir duquel l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant introduit le technodiscours rapport\u00e9 ou la technoconversation rapport\u00e9e dans un contexte nouveau.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1060\" aria-describedby=\"caption-attachment-1060\" style=\"width: 747px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1060 size-full\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1.jpg\" alt=\"\" width=\"747\" height=\"802\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1.jpg 747w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1-279x300.jpg 279w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1-65x70.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1-225x242.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-content\/uploads\/sites\/24\/2024\/06\/Exemple-6.-Modalisation-techno-e\u0301nonciative-Facebook-affichage-du-13-novembre-2020-1-350x376.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 747px) 100vw, 747px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1060\" class=\"wp-caption-text\">Exemple 6. Modalisation techno-\u00e9nonciative, Facebook, affichage du 13 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019exemple 6 ci-dessus pr\u00e9sente un cas de changement de contexte caract\u00e9ris\u00e9 par la vis\u00e9e interpr\u00e9tative insuffl\u00e9e par l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant \u00e0 travers des \u00e9motic\u00f4nes de rire (\u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e) qui traduisent ce qu\u2019il fait \u00e0 propos de ce qu\u2019il technorapporte. La modalisation techno-\u00e9nonciative se manifeste ici \u00e0 travers le contenu s\u00e9mantique des constituants iconiques ou la fonction modalisante des \u00e9motic\u00f4nes (Halt\u00e9, 2016) qui traduisent la posture de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis de ce qu\u2019il technorapporte, modalisant technolinguistiquement la r\u00e9ception, la perception et l\u2019interpr\u00e9tation du technodiscours rapport\u00e9 ou de la technoconversation rapport\u00e9e dans une perspective humoristique. En d\u2019autres termes, la modalisation techno-\u00e9nonciative r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la production d\u2019un technodiscours citant destin\u00e9 \u00e0 montrer explicitement la position de l\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique citant vis-\u00e0-vis du technodiscours rapport\u00e9 ou de la technoconversation rapport\u00e9e, \u00e0 travers ce qu\u2019il en dit ou ce qu\u2019il en fait. Elle se manifeste par le sens qu\u2019il lui affecte et l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019il en fait et indique, par la m\u00eame occasion, la mani\u00e8re dont les \u00ab utilisateurs recevant \u00bb (\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, 2019, \u00a7 54) ou \u00e9nonciateurs num\u00e9riques recevant devront, \u00e0 leur tour, l\u2019interpr\u00e9ter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, \u00e0 partir d\u2019une analyse technolinguistique de leurs observables, les exemples mobilis\u00e9s ont montr\u00e9 que le technodiscours rapport\u00e9 par capture d\u2019\u00e9cran et la technoconversation rapport\u00e9e sont des pratiques citationnelles en ligne qui impliquent des modes num\u00e9riques natifs de prise en charge \u00e9nonciative. Il ne s\u2019agit pas de modes de prise en charge ou de postures techno-\u00e9nonciatives qui s\u2019excluent. Bien au contraire, les m\u00e9canismes techno-\u00e9nonciatifs de r\u00e9cup\u00e9ration, de focalisation et de modalisation peuvent \u00eatre utilis\u00e9s de mani\u00e8re simultan\u00e9e au cours d\u2019une \u00e9nonciation num\u00e9rique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion\u00a0: pour une th\u00e9orie num\u00e9rique de l\u2019\u00e9nonciation<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le technodiscours rapport\u00e9 est une pratique citationnelle qui appartient \u00e0 la webculture mondiale. Son utilisation sur Facebook r\u00e9v\u00e8le des formes de discours rapport\u00e9 en ligne et des modes de prise en charge \u00e9nonciative web-natifs relev\u00e9s, nomm\u00e9s et explicit\u00e9s dans cet article. Il en ressort que les technodiscours rapport\u00e9s <em>via<\/em> capture d\u2019\u00e9cran et les technoconversations rapport\u00e9es mettent en exergue une \u00e9nonciation num\u00e9rique, \u00ab mat\u00e9rielle parce qu\u2019elle passe par l\u2019\u00e9laboration logicielle de technographismes, et visuelle parce que l\u2019image y est pr\u00e9dominante par rapport au texte, ne serait-ce que par le format de circulation \u00bb (Paveau, 2017, p. 309; 2019c). Ce bouleversement de l\u2019ordre s\u00e9miotique de la production discursive en ligne a pour corolaire la disparition de certaines mat\u00e9rialit\u00e9s inh\u00e9rentes au discours rapport\u00e9 hors ligne \u00e0 savoir les marques typographiques de d\u00e9marcation (les deux points, les guillemets, etc.), les modalisateurs et les verbes introducteurs du discours cit\u00e9. En d\u2019autres termes, le technodiscours rapport\u00e9 r\u00e9p\u00e9tant par capture d\u2019\u00e9cran et la technoconversation rapport\u00e9e sur Facebook renferment des m\u00e9canismes d\u2019\u00e9nonciation qui fournissent des modes technolinguistiques de circulation des \u00e9nonc\u00e9s : \u00ab leurs mat\u00e9rialit\u00e9s sont certes celles de toutes les productions discursives en ligne, mais les processus de mise en discours et surtout les strat\u00e9gies techno-\u00e9nonciatives qu\u2019elles sous-tendent appartiennent \u00e0 des cat\u00e9gories r\u00e9centes et en construction en analyse du discours num\u00e9rique \u00bb (Djil\u00e9, 2020, p. 60).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les analyses technolinguistiques effectu\u00e9es dans cet article montrent la n\u00e9cessit\u00e9 pour les analystes des discours et des corpus num\u00e9riques natifs de se doter d\u2019une th\u00e9orie susceptible de prendre en compte les particularit\u00e9s technologiques et les sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e9nonciatives de la discursivit\u00e9 et de la conversationnalit\u00e9 web natives. Les implications \u00e9nonciatives de ces pratiques citationnelles par capture d\u2019\u00e9cran sur smartphone renforcent l\u2019id\u00e9e de la mise en place d\u2019une th\u00e9orie num\u00e9rique de l\u2019\u00e9nonciation propos\u00e9e dans \u00ab L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs \u00bb (Djil\u00e9, 2022). Cette proposition th\u00e9orique y a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e en tant que constituant de l\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Dans cet appareil th\u00e9orique plus vaste, elle a permis de rendre compte des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9nonciatifs inh\u00e9rents aux conversations num\u00e9riques \u00e9crites natives en ligne, en s\u2019appuyant sur les concepts d\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique, d\u2019\u00e9nonciateur num\u00e9rique et d\u2019\u00e9nonc\u00e9 num\u00e9rique; concepts bien ancr\u00e9s dans les travaux sur l\u2019analyse des discours et des conversations num\u00e9riques. Ces concepts (largement mobilis\u00e9s au cours des d\u00e9monstrations <em>supra<\/em>) ainsi que les modes de prise en charge techno-\u00e9nonciative d\u00e9gag\u00e9s dans le pr\u00e9sent article visent \u00e0 enrichir l\u2019appareil conceptuel de la th\u00e9orie num\u00e9rique de l&rsquo;\u00e9nonciation et \u00e0 \u00e9toffer les outils susceptibles de permettre une analyse \u00e9nonciative des productions discursives num\u00e9riques \u00e9crites, en tenant compte de leurs caract\u00e9ristiques linguistiques et de leurs propri\u00e9t\u00e9s technologiques.<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<h2 style=\"text-align: justify\">Re\u0301fe\u0301rences bibliographiques<\/h2>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Benveniste, \u00c9mile. 1970. L&rsquo;appareil formel de l&rsquo;\u00e9nonciation. <em>Langages<\/em>, n\u00b017, p. 12-18.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beyssade, Claire et Marandin, Jean-Marie. 2009. <em>Commitment<\/em> : une attitude dialogique. <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 89-107.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cardon, Dominique. 2008. Le Design de la visibilit\u00e9. Un essai de cartographie du web 2.0. <em>R\u00e9seaux<\/em>, n\u00b0152, p. 93-137.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Danino, Charlotte. 2018. Introduction. <em>Corpus<\/em>, n\u00b018. URL: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3099\">http:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3099<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Develotte, Christine. 1996. Les interactions discursives en jeu dans un syst\u00e8me \u00e9ducatif. Dans Moirand, Sophie (ed.), <em>Le Fran\u00e7ais dans le monde<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, <em>le discours : enjeux et perspectives<\/em>, Paris, Hachette, p. 142-149.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Develotte, Christine. 2006. D\u00e9crire l\u2019espace d\u2019exposition discursive dans un campus num\u00e9rique. <em>Le fran\u00e7ais dans le monde. Recherches et applications<\/em> (num\u00e9ro sp\u00e9cial), p. 88\u2013100.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2019. Vers une analyse conversationnelle des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques.<em> Revue du CRELIS<\/em>, n\u00b08, p. 41-50.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2020. D\u00e9centrer l\u2019\u00e9nonciation num\u00e9rique. De l\u2019acception universelle aux pratiques africanis\u00e9es du trolling et du grammar nazisme. <em>Communication et langages<\/em>, n\u00b0205, p. 57-75.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Djil\u00e9, Donald. 2022. L\u2019analyse des conversations num\u00e9riques. Proposition th\u00e9orique et contributions m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019analyse des corpus num\u00e9riques natifs. <em>Heterotopica<\/em>, Num\u00e9ro sp\u00e9cial, Volume 4, p. 125-148.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2016. La notion de lieu de corpus : un nouvel outil pour l\u2019\u00e9tude des terrains num\u00e9riques en linguistique. <em>Corela<\/em>, n\u00b014-1. URL: <a href=\"http:\/\/corela.revues.org\/4594\">http:\/\/corela.revues.org\/4594<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c9m\u00e9rit-Bibi\u00e9, Laetitia. 2019. Affordances et mat\u00e9rialit\u00e9 dans les publications fant\u00f4mes sur Facebook. Dans <em>Les affordances langagi\u00e8res : textualit\u00e9 num\u00e9rique, mat\u00e9rialit\u00e9 discursive<\/em>, <em>Corela<\/em>, HS-28. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/8486\">https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/8486<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gatto, Maristella. 2014. <em>Web As Corpus. Theory and Practice<\/em>. London: Bloomsbury Academic.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Georges, Fanny. 2010. <em>Identit\u00e9s virtuelles. Les profils utilisateurs du web 2.0<\/em>. Paris\u00a0: L&gt;P \/ Questions th\u00e9oriques.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grossmann, Francis et Rosier, Laurence. 2018. Quelques aspects de l&rsquo;\u00e9videntialit\u00e9 hypertextuelle : relations entre discours rapport\u00e9 et discours d&rsquo;arri\u00e8re-plan. Dans Simon Justine (Dir.), <em>Le discours hypertextualis\u00e9. Espaces \u00e9nonciatifs mosa\u00efques<\/em>, Besan\u00e7on, Presses universitaires de Franche-Comt\u00e9, p. 41-64.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grossmann, Francis. 2020. Discours rapport\u00e9 <em>vs<\/em> discours partag\u00e9 : convergences, diff\u00e9rences, probl\u00e8mes de fronti\u00e8res. <em>Le discours et la langue,<\/em> 12 (Actes du colloque Ci-dit : \u00ab Le discours rapport\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique : du discours cit\u00e9 au discours partag\u00e9 \u00bb), p. 43-66.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Halt\u00e9, Pierre. 2016. \u00c9motic\u00f4nes et modalisation dans un corpus d\u2019enseignement par t\u2019chat. <em>\u00c9tudes de linguistique appliqu\u00e9e : revue de didactologie des langues-cultures<\/em>, n\u00b0 184, p. 441-453.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Li\u00e9nard, Fabien. 2012. Tic, communication \u00e9lectronique \u00e9crite, communaut\u00e9s virtuelles et \u00e9cole. <em>Ela. \u00c9tudes de linguistique appliqu\u00e9e<\/em>, n\u00b0166, p. 143-155.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Maingueneau, Dominique. 2009. <em>Les termes cl\u00e9s de l\u2019analyse du discours<\/em>. Paris : \u00c9ditions du Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Marcoccia, Michel. 2016. <em>Analyser la communication num\u00e9rique \u00e9crite<\/em>, Paris\u00a0: Armand Colin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Moirand, Sophie. 2018. L\u2019apport de petits corpus \u00e0 la compr\u00e9hension des faits d\u2019actualit\u00e9. <em>Corpus<\/em>, n\u00b018. URL : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3519\">https:\/\/journals.openedition.org\/corpus\/3519<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nachtergael, Magali. 2017. Le devenir-image de la litt\u00e9rature : peut-on parler de \u201cn\u00e9o-litt\u00e9rature\u201d? Dans P. Mougin (dir.), <em>La tentation litt\u00e9raire de l\u2019art contemporain<\/em>, Dijon : les presses du r\u00e9el, p. 291-304.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paillard, Denis. 2009. Prise en charge, <em>commitment<\/em> ou sc\u00e8ne \u00e9nonciative. <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 109-128.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2012. Ce que disent les objets. Sens, affordance, cognition. <em>Synergies Pays Riverains de la Baltique<\/em>. URL : <a href=\"https:\/\/gerflint.fr\/Base\/Baltique9\/paveau.pdf\">https:\/\/gerflint.fr\/Base\/Baltique9\/paveau.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2015. Ce qui s\u2019\u00e9crit dans les univers num\u00e9riques. Mati\u00e8res technolangagi\u00e8res et formes technodiscursives. <em>Itin\u00e9raires ltc.<\/em> URL : <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/itineraires\/2313\">http:\/\/journals.openedition.org\/itineraires\/2313<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2017. <em>L\u2019analyse du discours num\u00e9rique. Dictionnaire des formes et des pratiques<\/em>. Paris\u00a0: Hermann.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019a. La photographie d\u00e9ictique en ligne [4\/7]. Des textes, des textes et des textes. <em>Technologies discursives<\/em>. URL : <a href=\"https:\/\/technodiscours.hypotheses.org\/720\">https:\/\/technodiscours.hypotheses.org\/720<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019b. La resignification. Pratiques technodiscursives de r\u00e9p\u00e9tition subversive sur le web relationnel. <em>Langage et Soci\u00e9t\u00e9<\/em>, n\u00b0167, p. 111-141.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Paveau, Marie-Anne. 2019c. Technographismes en ligne. \u00c9nonciation mat\u00e9rielle visuelle et iconisation du texte. <em>Corela<\/em>, HS-28. URL : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/9185\">https:\/\/journals.openedition.org\/corela\/9185<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rabatel, Alain. 2009. Prise en charge et imputation, ou la prise en charge \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e\u2026 <em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0162, p. 71-87.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/contributors\/donald-djile\">Donald DJIL\u00c9<\/a><\/strong><br \/>Donald Djil\u00e9 est enseignant-chercheur au d\u00e9partement des sciences du langage et de la communication de l\u2019Universit\u00e9 Alassane Ouattara (Bouak\u00e9 \u2013 C\u00f4te d\u2019Ivoire). Il est directeur de la cellule communication du R\u00e9seau Africain d\u2019Analyse du Discours (R2AD), membre du comit\u00e9 \u00e9ditorial et charg\u00e9 d\u2019\u00e9dition de la revue MAGANA. L\u2019analyse du discours dans tous ses sens. Ses travaux explorent, dans une perspective \u00e9cologique, les implications th\u00e9orico-m\u00e9thodologiques de la discursivit\u00e9 et de la conversationnalit\u00e9 native en ligne, l\u2019analyse structurale des conversations num\u00e9riques \u00e9crites, les parlers urbains et les comportements langagiers africains au prisme du web 2.0.<\/p>\n<p>Courriel : djiledonald@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-662-1\">\u00ab Une affordance (<em>to afford<\/em> : procurer) est une propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un objet ou un trait de l\u2019environnement imm\u00e9diat qui indique quelle relation l\u2019usager doit instaurer avec l\u2019objet, comment il doit s\u2019en servir, ce qu\u2019il doit faire avec. \u00bb (Paveau, 2012, p. 53) <a href=\"#return-footnote-662-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-662-2\">Utilisateur\u00b7trice\u00b7s des r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques. <a href=\"#return-footnote-662-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-662-3\">\u00c0 l\u2019exception de Snapchat qui bloque les captures d\u2019\u00e9cran par d\u00e9faut et envoie une notification indiquant que l\u2019interlocuteur a tent\u00e9 d\u2019en faire. Il existe toutefois des tutoriels qui fournissent des astuces pour r\u00e9aliser des captures d\u2019\u00e9cran incognito. <a href=\"#return-footnote-662-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":51,"menu_order":6,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["donald-djile"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[202],"license":[],"class_list":["post-662","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-capture-decran","motscles-facebook","motscles-pratique-citationnelle","motscles-technoconversation-rapportee","motscles-technodiscours-rapporte","keywords-citation-practice","keywords-facebook","keywords-reported-technoconversation","keywords-reported-technodiscourse","keywords-screenshot","motscles-autre-fesbuk","motscles-autre-mana-dr-a-msn-wr","motscles-autre-mana-dr-a-wr-a-msnsn","motscles-autre-lalaleji-ak-a-zuzukwa","motscles-autre-mm-a-dsn-wr","contributor-donald-djile"],"part":51,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/662","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"version-history":[{"count":61,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/662\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1383,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/662\/revisions\/1383"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/51"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/662\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=662"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=662"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=662"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/magana\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=662"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}