{"id":212,"date":"2020-09-16T12:30:33","date_gmt":"2020-09-16T10:30:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/?post_type=chapter&#038;p=212"},"modified":"2023-04-12T13:26:13","modified_gmt":"2023-04-12T11:26:13","slug":"nguessan2020","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/texte\/nguessan2020\/","title":{"rendered":"Temps, aspect et mode (TAM) : le cas du baoul\u00e9 wal\u00e8bo"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Koffi, Kouassi et N\u2019guessan (2017), le pays baoul\u00e9 ou V baoul\u00e9 se situe dans la partie centrale de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et son aire s\u2019\u00e9tend sur 35700 km2, soit 11\u00a0% de la superficie du territoire national. Il est limit\u00e9 au nord par les Tagbana et les Djimini, \u00e0 l\u2019est par les Abron et les Agni, \u00e0 l\u2019ouest par les Gouro, au sud par les Dida, les Abidji, les Abbey et les Agni. On distingue plusieurs parlers baoul\u00e9 selon H\u00e9rault (1982). Nous citons entre autres l\u2019agba, l\u2019a\u00eftou, l\u2019akou\u00e8, l\u2019ayaou, le dohoun, le fali, le faafou\u00e8, le gblo, le goli, le kod\u00e8, le nanafou\u00e8, le n\u2019gban, le nzikpli, le satiklan, le saa ou le sa et le wal\u00e8bo.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es de cette \u00e9tude proviennent du wal\u00e8bo. Selon N\u2019guessan (2015), ce vocable vient de <em>wal\u00e8<\/em> \u00ab\u00a0iroko\u00a0\u00bb et de <em>bo <\/em>\u00ab\u00a0sous\u00a0\u00bb, il signifie \u00ab\u00a0sous l\u2019iroko\u00a0\u00bb. Dans la tradition, la reine Abla Pokou a marqu\u00e9 une escale sous cet arbre. Le wal\u00e8bo est parl\u00e9 dans les d\u00e9partements de Sakassou, Toumodi et Tiassal\u00e9. Pour ce travail, c\u2019est le parler de la r\u00e9gion de Sakassou qui nous a fourni les donn\u00e9es. Il a pour parlers voisins le kod\u00e8, le gblo et le dohoun au nord, l\u2019a\u00eftou et le nanafou\u00e8 au sud, le faafou\u00e8 et le saa \u00e0 l\u2019est et l\u2019ayaou \u00e0 l\u2019ouest. La ville de Sakassou est situ\u00e9e presque \u00e0 42 km de Bouak\u00e9, \u00e0 35 km de Ti\u00e9bissou et 37 km de B\u00e9oumi.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Creissels et Kouadio (1977), H\u00e9rault (1982), Timyan-Ravenhill, Kouadio et Loukou (2003) et Molou Kouassi (2016) ont analys\u00e9 le syst\u00e8me de conjugaison du baoul\u00e9. Leurs \u00e9tudes ont port\u00e9 essentiellement sur les parlers des d\u00e9partements de B\u00e9oumi, de Didi\u00e9vi et de Toumodi. Cependant, tous les parlers de cette langue peuvent-ils disposer d\u2019un m\u00eame syst\u00e8me de conjugaison? Quelle est la particularit\u00e9 du syst\u00e8me verbal du wal\u00e8bo?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019objectif de ce travail est de pr\u00e9senter de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le syst\u00e8me de conjugaison du baoul\u00e9 et plus sp\u00e9cifiquement celui du wal\u00e8bo. Ensuite, nous allons montrer que le syst\u00e8me TAM est marqu\u00e9 dans ce parler baoul\u00e9 soit par un suprasegment (ton), soit par un segment (morph\u00e8me). Enfin, nous verrons si les cat\u00e9gories de temps, d\u2019aspect et de mode sont r\u00e9ellement pr\u00e9sentes en baoul\u00e9. Nous postulons que le temps, l\u2019aspect et le mode (d\u00e9sormais TAM) sont l\u2019apanage des langues naturelles. Le baoul\u00e9 wal\u00e8bo \u00e9tant une langue naturelle, on estime que ces trois cat\u00e9gories grammaticales disposent des occurrences. Il s\u2019agira alors d\u2019analyser, dans un premier temps, les dix conjugaisons du baoul\u00e9 wal\u00e8bo et, dans un second mouvement, de faire une synth\u00e8se de ce travail.\u00a0La synth\u00e8se vise \u00e0 \u00e9lucider le questionnement qui sous-tend ce travail.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Temps, aspect et mode (TAM)\u00a0: d\u00e9finitions<\/h2>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le temps<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Dubois <em>et al.<\/em> (2002, p. 478), le temps d\u00e9signe \u00ab une cat\u00e9gorie grammaticale g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e au verbe et qui traduit diverses cat\u00e9gories du temps \u2018\u2018r\u00e9el\u2019\u2019 ou \u2018\u2018naturel\u2019\u2019 \u00bb. De mani\u00e8re sp\u00e9cifique,<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">la cat\u00e9gorisation la plus fr\u00e9quente est celle qui oppose le pr\u00e9sent, moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 produit (ou \u00ab\u00a0maintenant\u00a0\u00bb) au non-pr\u00e9sent, ce dernier pouvant \u00eatre le pass\u00e9, avant le moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (\u00ab\u00a0avant maintenant\u00a0\u00bb), et le futur<em>, <\/em>apr\u00e8s le moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (\u00ab\u00a0apr\u00e8s maintenant\u00a0\u00bb)\u00a0: ce sont les temps absolus (Dubois <em>et al<\/em>., <em>ibid<\/em>., p.\u00a0478-479)<em>.<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En clair, \u00ab\u00a0la cat\u00e9gorie du temps, souvent exprim\u00e9e par des affixes du verbe, est fr\u00e9quemment traduite par des adverbes de temps (hier<em>, <\/em>maintenant<em>, <\/em>demain). En grammaire g\u00e9n\u00e9rative, le <em>temps<\/em> (Tps) est le constituant obligatoire de l\u2019auxiliaire\u00a0\u00bb (Dubois <em>et al.<\/em>, <em>ibid<\/em>., p.\u00a0479).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019aspect<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dubois <em>et al.<\/em> (2002, p.\u00a053) soutiennent que \u00ab\u00a0l\u2019aspect est une cat\u00e9gorie grammaticale qui exprime la repr\u00e9sentation que se fait le sujet parlant du proc\u00e8s exprim\u00e9 par le verbe (ou par le nom d\u2019action), c\u2019est-\u00e0-dire la repr\u00e9sentation de sa dur\u00e9e, de son d\u00e9roulement ou de son ach\u00e8vement (aspects inchoatif, progressif, r\u00e9sultatif, etc.) [...]\u00a0\u00bb. En d\u2019autres termes, cette notion \u00ab\u00a0se d\u00e9finit, par exemple, par l\u2019opposition en fran\u00e7ais entre l\u2019accompli (perfectif ou parfait) [...] et le non-accompli (ou imperfectif)\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Historiquement, le terme d\u2019<em>aspect<\/em> a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 en fran\u00e7ais (1929) pour d\u00e9signer un caract\u00e8re important de la conjugaison des verbes [...]\u00a0: la distinction entre le perfectif et l\u2019imperfectif\u00a0\u00bb (Dubois <em>et al<\/em>., <em>ibid<\/em>.). Somme toute, l\u2019<em>aspect<\/em> exprime le type d\u2019\u00e9v\u00e9nement que d\u00e9crit le pr\u00e9dicat verbal. C\u2019est la repr\u00e9sentation que se fait le locuteur (sujet) du proc\u00e8s exprim\u00e9 par le verbe. Il porte sur la dur\u00e9e, le d\u00e9roulement, l\u2019ach\u00e8vement, des \u00e9v\u00e9nements complets ou non, etc. (Comrie, 1976; Karen, 1999; Dubois <em>et al<\/em>., 2002; Genoveva, 2013; Nchare, 2005). Nous avons not\u00e9 six types d\u2019aspect dans le cadre de cette \u00e9tude qui sont le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le mode<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dubois <em>et al<\/em>. (2002, p.\u00a0307) soulignent que \u00ab\u00a0le mode, ou modalisation, s\u2019exprime par l\u2019opposition entre une attitude du sujet parlant assumant (prenant en compte) ses \u00e9nonc\u00e9s et celle du locuteur n\u2019assumant pas (rejetant) partiellement ou totalement ses \u00e9nonc\u00e9s\u00a0\u00bb. Le <em>mode<\/em> traduit le type de communication entre le locuteur et son interlocuteur ou l\u2019attitude du locuteur vis-\u00e0-vis de ses propos. C\u2019est en effet une forme d\u2019expression sp\u00e9cifique. En ce qui concerne la langue \u00e9tudi\u00e9e ici, nous mettons l\u2019accent sur quatre types de mode. Il s\u2019agit de l\u2019imp\u00e9ratif, du constatatif, de l\u2019intentionnel et de l\u2019injonctif.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les TAM du wal\u00e8bo<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les TAM sur lesquels portent cette \u00e9tude sont l\u2019imp\u00e9ratif, le constatatif, l\u2019intentionnel, l\u2019injonctif, le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019imp\u00e9ratif (Imp)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019imp\u00e9ratif n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental en baoul\u00e9. Il a, par ailleurs, comme marqueur un ton haut dont le lieu de r\u00e9alisation est le pr\u00e9dicat verbal. Cette conjugaison est pr\u00e9sente en wal\u00e8bo. Kouadio pense que les verbes de cette langue<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">ne font aucun objet de discrimination tonale et que tous les verbes monosyllabiques se r\u00e9alisent avec un ton haut inh\u00e9rent [...], une phrase \u00e0 la forme imp\u00e9rative, c\u2019est r\u00e9alis\u00e9 le verbe \u00e0 la forme de citation avec un ton haut pour le cas des monosyllabes et une modulation tonale sur la deuxi\u00e8me voyelle des verbes \u00e0 structure dissyllabique (Kouadio, cit\u00e9 par Molou, 2016, p. 213).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les d\u00e9tails de cette conjugaison sont manifestes dans les exemples[footnote]SG\u00a0: singulier \/ PL\u00a0: pluriel.[\/footnote]\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(1)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0254\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.boire.Imp<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Bois\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. je\u0301 n\u0254\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL boire.Imp<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Buvons\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. a\u0301mu\u0300\u0330 n\u0254\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL boire.Imp<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Buvez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (1) montrent qu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier (1a), le <strong>NP<\/strong>[footnote]NP\u00a0: syntagme nominal.[\/footnote] sujet est nul. Il n\u2019appara\u00eet pas. Autrement dit, il n\u2019est pas visible dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. C\u2019est \u00e0 la premi\u00e8re et \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du pluriel dans les exemples en (1b) et en (1c) que les sujets (arguments externes) sont pleins (marqu\u00e9s segmentalement).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le constatatif (Const)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019indicatif (constatatif), selon H\u00e9rault (1982, p.\u00a0301), est \u00ab\u00a0une forme verbale dont la valeur est la simple constatation d\u2019un fait ou d\u2019un \u00e9tat. Le radical verbal a le m\u00eame ton qu\u2019\u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif\u00a0\u00bb. Dans ce cas, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (phrase) d\u00e9crit seulement l\u2019\u00e9v\u00e9nement. C\u2019est la simple constatation d\u2019un fait, d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, etc. (Creissels et Kouadio, 1977). Cette conjugaison n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental comme la conjugaison pr\u00e9c\u00e9dente. C\u2019est un ton haut qui est sollicit\u00e9 pour exprimer ce TAM. Il se r\u00e9alise sur le radical verbal. Illustrons-le avec les exemples ci-apr\u00e8s.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(2)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je grossis\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 c\u025b\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu grossis\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle grossit\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous grossissons\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous grossissez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL grossir.Const<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles grossissent\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019intentionnel (Int)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le \u00ab\u00a0terme intentionnel d\u00e9signe une s\u00e9rie de formes qui expriment de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale une intention du sujet; selon le contexte, ces formes peuvent prendre une valeur tr\u00e8s proche de la valeur du futur\u00a0\u00bb (H\u00e9rault, 1982, p.\u00a0301). La marque de l\u2019intentionnel est un ton haut. Son lieu de r\u00e9alisation est le radical verbal. M\u00eame les pronoms sujets portent aussi un ton haut. Les exemples ci-dessous mettent en exergue les d\u00e9tails de cette conjugaison en baoul\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(3)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0301 fl\u025b\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle veut appeler\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous voulons appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous voulez appeler\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL appeler.Int<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles veulent dormir\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Hormis le ton, pris comme marque de l\u2019intentionnel, nous postulons aussi que des morph\u00e8mes segmentaux sont utilis\u00e9s pour exprimer cette conjugaison en baoul\u00e9. Soit les \u00e9nonc\u00e9s suivants\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(4)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0301 <em>w\u025b\u0330\u0301<\/em> n\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Int 1SG appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0301 <em>w\u025b\u0330\u0301<\/em> a\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Int 2SG appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0301 <em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/em> \u0254\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Int 3SG appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle veut appeler\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0301 <em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/em> je\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Int 1PL appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous voulons appeler\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/em> a\u0301mu\u0330\u0300 l\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Int 2PL appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous voulez appeler\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0301 <em>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/em> be\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Int 3PL appeler<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles veulent dormir\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En (4), les exemples mettent en lumi\u00e8re une autre mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019intentionnel dans cette langue. Au regard des faits, l\u2019on remarque que cette configuration se caract\u00e9rise par des morph\u00e8mes segmentaux. Au demeurant, les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong>, <strong>ku\u0301\u0330d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> et <strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> sont employ\u00e9s pour exprimer l\u2019intentionnel. Ils se positionnent entre l\u2019argument externe (sujet) et le pronom de rappel (reprise). Cette r\u00e9alisation \u00e9taye le cas o\u00f9 l\u2019intentionnel s\u2019exprime par un morph\u00e8me segmental en baoul\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019injonctif (Inj)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019injonctif est un autre type de conjugaison pr\u00e9sent en baoul\u00e9. En effet, il \u00ab exprime ordres, souhaits, d\u00e9sirs, etc. De ce fait il appara\u00eet fr\u00e9quemment \u00e0 la suite de verbes signifiant vouloir, chercher, etc. \u00bb (H\u00e9rault, <em>ibid<\/em>., p.\u00a0301). Il existe deux diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019exprimer cette conjugaison en baoul\u00e9. La premi\u00e8re sollicite un morph\u00e8me segmental. Il porte un ton bas. Celui-ci est toujours ant\u00e9pos\u00e9 au sujet. Il s\u2019agit du morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300<\/strong>. Les \u00e9nonc\u00e9s suivants illustrent cette formation.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(5)<\/p>\r\n<strong> a. <em>ma\u0330\u0300<\/em> n\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. <em>ma\u0330\u0300<\/em> a\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. <em>ma\u0330\u0300<\/em> \u0254\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. <em>ma\u0330\u0300<\/em> je\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. <em>ma\u0330\u0300<\/em> a\u0301mu\u0330\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. <em>ma\u0330\u0300<\/em> be\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300 <\/strong>est le marqueur de l\u2019injonctif dans les \u00e9nonc\u00e9s ci-dessus. Cependant, cette r\u00e9alisation enregistre souvent des modifications en situation d\u2019\u00e9nonciation. De plus amples pr\u00e9cisions sont donn\u00e9es dans les exemples en (6).<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(6)<\/p>\r\n<strong> a. ma\u0330\u0300 n\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. <em>ma\u0330\u0300a\u0300\u0330<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj.2SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. <em>m\u0254\u0300\u0330\u0254\u0300\u0330<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj.3SG pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. ma\u0330\u0300 je\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. ma\u0330\u0300 a\u0301mu\u0330\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. ma\u0330\u0300 be\u0300 su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3PL pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous remarquons un amalgame avec les exemples (6b) et (6c). Il a lieu entre le morph\u00e8me de l\u2019injonction et le pronom sujet. Apr\u00e8s l\u2019amalgame, la voyelle du morph\u00e8me de l\u2019injonctif s\u2019\u00e9lide. Ensuite, cette voyelle se nasalise et s\u2019allonge. Cette remarque est faite avec les exemples o\u00f9 les pronoms sujets sont des voyelles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9nonc\u00e9s en (5) et (6) pr\u00e9sentent la premi\u00e8re mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif en baoul\u00e9. La deuxi\u00e8me mani\u00e8re d\u2019exprimer cette conjugaison est un allongement de la voyelle pr\u00e9c\u00e9dant le radical verbal. Cette voyelle porte un ton bas phonologique et se produit seulement \u00e0 l\u2019injonctif.\u00a0\u00ab\u00a0Cet allongement est perceptible quelle que soit la nature du sujet\u00a0: pronom, nom ou groupe nominal. On peut l\u2019interpr\u00e9ter comme un pr\u00e9fixe vocalique \u00e0 ton bas dont la r\u00e9alisation est conditionn\u00e9e par la voyelle pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, 1977, p.\u00a0380). Cette mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif en baoul\u00e9 est corrobor\u00e9e par les exemples ci-apr\u00e8s.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(7)<\/p>\r\n<strong> a. <em>mi\u0300i\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. <em>a\u0300a\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. <em>\u0254\u0300\u0254\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. <em>je\u0300e\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. <em>a\u0301mu\u0330\u0300u\u0330\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. <em>be\u0300e\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL.Inj pleurer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (7) portent sur la deuxi\u00e8me mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif dans le baoul\u00e9. Dans ces \u00e9nonc\u00e9s, notons que la marque de l\u2019injonctif est visiblement la voyelle allong\u00e9e du pronom sujet. Celle-ci a \u00e9galement le m\u00eame ton que celui du sujet.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le progressif (Prog)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le progressif est le d\u00e9roulement d\u2019un processus comme \u00e9tant li\u00e9 \u00e0 un moment pr\u00e9cis, qui sauf indication contraire donn\u00e9e par le contexte, est le moment de l\u2019\u00e9nonciation. La valeur la plus fr\u00e9quente de cette conjugaison est le pr\u00e9sent actuel. Le progressif est marqu\u00e9 par le morph\u00e8me <strong>su\u0301<\/strong> et traduit en fran\u00e7ais l\u2019expression \u00ab\u00a0en train de\u00a0\u00bb. Ce morph\u00e8me porte un ton haut et est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 du pr\u00e9fixe tonal bas. Le radical verbal est au ton bas ou au ton fondamental selon qu\u2019il est suivi ou non d\u2019expansion (compl\u00e9ment) (Creissels et Kouadio, <em>op.cit<\/em>.). Consid\u00e9rons les exemples suivants en baoul\u00e9 (wal\u00e8bo).<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(8)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je suis en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu es en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle est en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous sommes en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles sont en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le progressif, comme le montrent les exemples en (8), se caract\u00e9rise par un morph\u00e8me segmental. C\u2019est effectivement le morph\u00e8me <strong>su\u0301<\/strong>. Il porte un ton haut. Molou (2016,\u00a0p.\u00a0212) soutient \u00e0 ce propos que \u00ab\u00a0le morph\u00e8me su\u0301 est toujours affect\u00e9 de ton haut\u00a0\u00bb. Il se positionne entre le sujet et le verbe. Autrement dit, il suit le sujet ou pr\u00e9c\u00e8de (s\u2019ant\u00e9pose) le pr\u00e9dicat verbal dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. On peut aussi ajouter qu\u2019il est en position pr\u00e9verbale.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le continuatif (Cont)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le continuatif se r\u00e9alise en baoul\u00e9 par un morph\u00e8me qui \u00ab\u00a0correspond par son sens au fran\u00e7ais continuer, encore\u00a0\u00bb (H\u00e9rault, 1982, p.\u00a0303). Cette conjugaison est marqu\u00e9e dans la langue objet de cette \u00e9tude par un morph\u00e8me qui est ant\u00e9pos\u00e9 au verbe (Creissels et Kouadio, 1977). En baoul\u00e9, la marque du continuatif est le morph\u00e8me <strong>t\u025b<\/strong>. Selon Molou (2016, p.\u00a0215), \u00ab\u00a0le morph\u00e8me \/t\u025b\/ copie sur sa position vocalique le ton de la voyelle du NP sujet qui est plus proche de son domaine de r\u00e9alisation\u00a0\u00bb. En d\u2019autres termes, le ton de ce morph\u00e8me d\u00e9pend de celui du sujet ou du constituant qui le pr\u00e9c\u00e8de. Mais dans notre cas, il porte un ton bas (en wal\u00e8bo). Il se positionne entre le sujet et le radical verbal. Remarquons avec les exemples en (9) les d\u00e9tails de cette conjugaison.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(9)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je le fais encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu le fais encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle le fait encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous le faisons encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous le faites encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Cont faire<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles le font encore\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019accompli (Acc)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019apr\u00e8s H\u00e9rault (1982, p.\u00a0303), l\u2019accompli \u00ab\u00a0a comme valeur la plus fr\u00e9quente la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un fait pass\u00e9 relativement au moment de l\u2019\u00e9nonciation\u00a0\u00bb. Il se trouve particuli\u00e8rement dans la narration et ne d\u00e9signe le pass\u00e9 qu\u2019en tant qu\u2019accompli au moment de l\u2019\u00e9nonciation. En fait, cette conjugaison \u00ab\u00a0ne peut, par exemple avoir la valeur d\u2019un temps du pass\u00e9 (en fran\u00e7ais) comme l\u2019imparfait\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, 1977, p.\u00a0386). Ce TAM est plus clair avec certains \u00ab\u00a0verbes qui d\u00e9notent un changement d\u2019\u00e9tat, comme c\u025b\u0301\u0330 \u2018\u2018grossir\u2019\u2019 ou s\u0254\u0330\u0301 \u2018\u2018s\u2019accro\u00eetre\u2019\u2019 avec de tels verbes, l\u2019aspect accompli exprime l\u2019\u00e9tat qui est l\u2019aboutissement du processus\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, <em>ibid<\/em>.,\u00a0p.\u00a0386). Le morph\u00e8me <strong>li\u0301<\/strong> est le marqueur de l\u2019accompli dans cette langue. Il se particularise par un ton haut. Selon Molou (2016, p. 211), \u00ab ce ton haut ne subit aucun changement lorsque l\u2019accompli s\u2019exprime sous sa forme \/li\u0301\/ \u00bb. Il vient toujours apr\u00e8s le verbe et porte un ton haut. Les exemples en (10) illustrent ce fonctionnement de l\u2019accompli.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(10)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0J\u2019ai pris\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu as pris\u00bb<\/p>\r\n<strong>c. \u0254\u0300<\/strong><strong> fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle a pris\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous avons pris\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous avez pris\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL prendre Acc<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles ont pris\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le r\u00e9sultatif (Res)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le r\u00e9sultatif, marqu\u00e9 par le morph\u00e8me \u00ab qui est s\u00e9mantiquement une forme d\u2019accompli, saisit en quelque sorte le processus au moment m\u00eame de son aboutissement. On peut le rendre en fran\u00e7ais par \u2018\u2018venir + infinitif\u2019\u2019 \u00bb (H\u00e9rault, 1982, p. 303). Il exprime le pass\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9cent (Creissels et Kouadio, 1977). Son marqueur est le morph\u00e8me segmental <strong>a\u0300<\/strong>. Il se positionne entre le sujet et le verbe. Il porte un ton bas. Les exemples en (11) pr\u00e9sentent ces faits.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(11)<\/p>\r\n<strong> a. mi\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. \u0254\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle vient de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous venons de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous venez de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles viennent de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La configuration des exemples ci-dessous pr\u00e9sente des ph\u00e9nom\u00e8nes morphophonologiques pris en situation d\u2019\u00e9nonciation. Les d\u00e9tails sont mis en relief par les \u00e9nonc\u00e9s suivants :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(12)<\/p>\r\n<strong> a. <em>ma\u0300\u0330<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. <em>wa\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle vient de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. <em>ja\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous venons de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. <em>a\u0301ma\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous venez de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. <em>ba\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL.Res coudre<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles viennent de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (12) pr\u00e9sentent un amalgame entre les pronoms sujets et le morph\u00e8me du r\u00e9sultatif de la premi\u00e8re personne du singulier \u00e0 la troisi\u00e8me personne du pluriel. La voyelle du pronom sujet s\u2019\u00e9lide afin de respecter le principe de contour obligatoire (OCP). Cette \u00e9lision est motiv\u00e9e par l\u2019OCP. Selon Leben et Goldsmith, cit\u00e9s par Ahua (2004, p. 58-59), \u00ab l\u2019admission d\u2019une syllabe minimale (Attaque, Rime AR) sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019OCP dans le cadre de la th\u00e9orie autosegmentale qui stipule que \u00ab sur une ligne autosegmentale donn\u00e9e, pour toute paire d\u2019autosegments adjacents a et b, a est diff\u00e9rent de b \u00bb. En effet, ce principe pr\u00e9cise qu\u2019il ne peut y avoir deux \u00e9l\u00e9ments identiques adjacents \u00e0 un m\u00eame niveau de la repr\u00e9sentation. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9lision de la voyelle du pronom de la premi\u00e8re personne du singulier, une nasalisation du morph\u00e8me du r\u00e9sultatif est faite, <strong>a\u0300 <\/strong>devient <strong>a\u0300\u0330<\/strong> (cf.12a). L\u2019exemple (12b) pr\u00e9sente une coalescence du pronom de la deuxi\u00e8me personne du singulier et du morph\u00e8me du r\u00e9sultatif. Ainsi, <strong>\u025b\u0300a\u0300 <\/strong>devient <strong>a\u0300<\/strong>. On remarque \u00e9galement une consonantisation (labiov\u00e9larisation) du pronom de la troisi\u00e8me personne du singulier, <strong>\u0254\u0300<\/strong> devient <strong>w <\/strong>en (12c).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le futur (Fut)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Creissels et Kouadio (1977) appellent futur\u00a0les actions o\u00f9 le processus d\u2019ex\u00e9cution est envisag\u00e9 comme devant se r\u00e9aliser \u00e0 un moment ult\u00e9rieur. Il permet d\u2019exprimer g\u00e9n\u00e9ralement une action envisag\u00e9e ou \u00e0 venir. Ceci dit, le futur aide \u00e0 souligner des actions o\u00f9 le processus d\u2019ex\u00e9cution est pr\u00e9vu ult\u00e9rieurement. D\u00e9couvrons cette conjugaison avec les exemples ci-dessous.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(13)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0J\u2019irai\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu iras\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> c. <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle ira\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301 <\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous irons\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous irez\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Fut aller<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles iront\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples inventori\u00e9s ici mettent en exergue l\u2019aspecto-modal du futur. Le futur dans cette langue est marqu\u00e9 par le morph\u00e8me <strong>wa\u0301<\/strong>. Il est toujours \u00e0 la m\u00eame position syntaxique, c\u2019est-\u00e0-dire entre le pronom sujet et le verbe. Il porte un ton haut.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel (Hab)<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel marque une action qui se produit habituellement, qui dure et se r\u00e9p\u00e8te fr\u00e9quemment. On l\u2019appelle aspect z\u00e9ro. Les exemples en (14) sont convoqu\u00e9s pour illustrer cette conjugaison en baoul\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(14)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0300 di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je mange\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0300 di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu manges\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong>c. \u0254\u0300<\/strong><strong> di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle mange\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0300 di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous mangeons\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous mangez\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0300 di\u0300<\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL manger.Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles mangent\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon les faits en (14), l\u2019habituel n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental. Sa marque est un suprasegment (ton). Le ton bas sur le verbe est le marqueur de cet aspecto-modal. Cette conjugaison ne se r\u00e9sume pas qu\u2019\u00e0 une seule formalisation, il peut aussi s\u2019exprimer par un morph\u00e8me segmental. C\u2019est ce que montrent les \u00e9nonc\u00e9s suivants\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(15)<\/p>\r\n<strong> a. n\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1SG manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je mange\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> b. a\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2SG manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu manges\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong>c. \u0254\u0301<\/strong><strong> di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3SG manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle mange\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> d. je\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">1PL manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous mangeons\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">2PL manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous mangez\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<strong> f. be\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong>\r\n<p style=\"text-align: justify\">3PL manger Hab<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles mangent\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel dans les exemples en (15) s\u2019exprime par un morph\u00e8me segmental. Il est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (phrase)\u00a0: <strong>ti\u0301ti\u0301<\/strong> est le marqueur de cette conjugaison et signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0habituel\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0habituellement\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion\u00a0: les TAM du wal\u00e8bo<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon ce qui pr\u00e9c\u00e8de, en baoul\u00e9 (wal\u00e8bo), l\u2019imp\u00e9ratif, le constatatif, l\u2019intentionnel et l\u2019injonctif sont des marques modales. Le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel sont des marques aspectuelles. En ce qui concerne les marques temporelles, cette \u00e9tude ne permet pas d\u2019en \u00e9num\u00e9rer. D\u00e8s lors, nous postulons que le syst\u00e8me de conjugaison de cette langue est particuli\u00e8rement aspecto-modal, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est marqu\u00e9 seulement par l\u2019aspect et le mode. C\u2019est dans cet ordre d\u2019id\u00e9es que Givon, cit\u00e9e par Karen (1999, p.\u00a025), affirme que \u00ab\u00a0la plupart des langues du monde, les cultures moins alphab\u00e9tis\u00e9es et tradition litt\u00e9raire en particulier, n\u2019ont souvent pas de syst\u00e8me temporel. Ces langues sont donc essentiellement aspectuelles et modales\u00a0\u00bb<em>.<\/em> C\u2019est en effet le cas des langues kwa de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et, particuli\u00e8rement, le baoul\u00e9 (wal\u00e8bo).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tude a mis l\u2019accent sur dix TAM du baoul\u00e9. Quatre sont des modaux (imp\u00e9ratif, constatatif, intentionnel et injonctif) et six sont des aspects (progressif, continuatif, accompli, r\u00e9sultatif, futur et habituel). On a pu remarquer que les marqueurs de cette langue sont soit tonal, soit morphologique ou encore s\u2019expriment par les deux proc\u00e9d\u00e9s. Ceux qui ont comme marqueur un ton (suprasegment) sont au nombre de deux. Il s\u2019agit de l\u2019imp\u00e9ratif (ton haut) et du constatatif (ton haut). Ces tons se r\u00e9alisent sur le radical verbal. Les marqueurs morphologiques segmentaux sont au nombre de six. On a le futur <strong>wa\u0301<\/strong>, le progressif <strong>su\u0301<\/strong>, le r\u00e9sultatif <strong>a\u0300<\/strong>, le continuatif <strong>t\u025b\u0300<\/strong>, l\u2019injonctif <strong>ma\u0330\u0300<\/strong> ou par l\u2019allongement de la voyelle du sujet et l\u2019accompli <strong>li\u0301<\/strong>. Les quatre premiers pr\u00e9c\u00e8dent le verbe, le cinqui\u00e8me (le cas o\u00f9 on a le morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300<\/strong>) s\u2019ant\u00e9pose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (c\u2019est d\u2019ailleurs le seul cas o\u00f9 le morph\u00e8me aspecto-modal est en d\u00e9but de phrase) et le dernier suit le verbe dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. Les marqueurs aspecto-modaux de l\u2019intentionnel (ton haut) et de l\u2019habituel (ton bas), en plus des tons que porte le verbe, utilisent aussi des morph\u00e8mes segmentaux. En clair, les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> marquent l\u2019intentionnel et le morph\u00e8me <strong>ti\u0301ti\u0301 <\/strong>est usit\u00e9 pour exprimer l\u2019habituel. Les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> se positionnent entre le sujet et le verbe dans le premier cas et <strong>ti\u0301ti\u0301<\/strong> se postpose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 dans le second.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Comrie, Bernard. 1976. <em>Aspect: An introduction to the study of verbal aspect and related problems. <\/em>Cambridge\u00a0: Cambridge University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Creissels, D\u00e9nis et Kouadio N\u2019guessan, J\u00e9r\u00e9mie. 1977. <em>Description phonologique et grammaticale d\u2019un parler baoul\u00e9<\/em>. Abidjan\u00a0: ILA.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dubois, Jean <em>et<\/em> <em>al<\/em>. 2002. <em>Dictionnaire de linguistique<\/em>. Paris\u00a0: Larousse.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Genoveva, Puskas. 2013. <em>Initiation au programme minimaliste\u00a0: \u00e9l\u00e9ments de syntaxe comparative<\/em>. Berne\u00a0: Peter Lang.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">H\u00e9rault, Georges. 1982. <em>Atlas des langues Kwa de C\u00f4te d\u2019ivoire<\/em>. Abidjan\u00a0: ILA, ACCT.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Karen, Lydia McCrindle. 1999. <em>Temps, mode et aspect\u00a0: les cr\u00e9oles des Cara\u00efbes \u00e0 base lexicale fran\u00e7aise. <\/em>Th\u00e8se de doctorat, Graduate Department of French Language and Literature, University of Toronto.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Koffi, Koffi, Kouassi Kan, Guillaume et N\u2019guessan Konan, Bertiel. 2017. Syntaxe et s\u00e9mantique des anthroponymes baoul\u00e9 et beng. <em>Revue des sciences du<\/em> <em>langage et de la Communication, <\/em>1 (1), 39-50.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Molou Kouassi, Ange Aristide. 2016. <em>Les tons du k\u0254\u0300d\u025b\u0301 : aspects lexical et grammatical<\/em>. Th\u00e8se unique de doctorat, Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny de Cocody-Abidjan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">N\u2019guessan, Konan Bertiel. 2015. <em>\u00c9tude de quelques particularit\u00e9s lexicales et syntaxiques du wal\u00e8bo<\/em>. M\u00e9moire de Master, Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny de Cocody-Abidjan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nchare, Abdoulaye Laziz. 2005. <em>Une analyse minimaliste et d\u00e9rivationnelle de la morphosyntaxe du Shupamen. <\/em>M\u00e9moire de DEA, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 1.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Timyan-Ravenhill, Judith, Kouadio N\u2019guessan, J\u00e9r\u00e9mie et Loukou, Jean Noel. 2003. <em>Dictionnaire baoul\u00e9\/fran\u00e7ais. <\/em>Abidjan\u00a0: Nouvelles \u00c9ditions Ivoiriennes (NEI).<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le baoul\u00e9 est une langue kwa de C\u00f4te d\u2019Ivoire. En effet, le parler (vari\u00e9t\u00e9) qui a fourni les donn\u00e9es \u00e0 cette investigation est le wal\u00e8bo. Son syst\u00e8me de conjugaison est essentiellement aspecto-modal. Cette \u00e9tude a mis l\u2019accent sur dix TAM du baoul\u00e9. Quatre d\u2019entre eux sont des modaux (imp\u00e9ratif, constatatif, intentionnel et injonctif) et six sont des aspects (progressif, continuatif, accompli, r\u00e9sultatif, futur et habituel). Ces TAM s\u2019expriment soit par un ton, soit par un morph\u00e8me ou encore des deux mani\u00e8res. Les suprasegmentaux sont l\u2019imp\u00e9ratif (ton haut) et le constatatif (ton haut). Ils se r\u00e9alisent sur le verbe. Les segmentaux sont le futur wa\u0301, le progressif su\u0301, le r\u00e9sultatif a\u0300, le continuatif t\u025b\u0300, l\u2019injonctif ma\u0330\u0300 ou allongement de la voyelle du sujet et l\u2019accompli li\u0301. Les quatre premiers pr\u00e9c\u00e8dent le verbe, le cinqui\u00e8me (le cas o\u00f9 on a le morph\u00e8me ma\u0330\u0300) s\u2019ant\u00e9pose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 et le dernier se postpose. L\u2019intentionnel (ton haut) et l\u2019habituel (ton bas), en plus des tons que porte le verbe, utilisent aussi des segmentaux. w\u025b\u0330\u0301<em>, <\/em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<em>, <\/em>klo\u0301 k\u025b\u0301 marquent l\u2019intentionnel et ti\u0301ti\u0301 l\u2019habituel. w\u025b\u0330\u0301<em>, <\/em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<em>, <\/em>klo\u0301 k\u025b\u0301 se positionnent entre le sujet et le verbe dans le premier cas et ti\u0301ti\u0301 se postpose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 dans le second.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/aspect\/\">aspect<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/baoule\/\">baoul\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/mode\/\">mode<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/morpheme\/\">morph\u00e8me<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/temps\/\">temps<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/walebo\/\">wal\u00e8bo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Baoul\u00e9 is a kwa language of Ivory Coast. Indeed, the talk (variety) that provided the data to this investigation is wal\u00e8bo. His conjugation system is essentially aspecto-modal. This study focused on ten Baoul\u00e9 TAM. Four are modal (imperative, ascertainable, intentional and injunctive) and six are aspects (progressive, continuous, accomplished, resultant, future and habitual). These TAM are expressed either by a tone, a morpheme or both. Suprasegmentals are the imperative (your top) and the ascertainable (your top). They are realized on the verb. The segmentals are the future w\u00e1, the progressive s\u00fa, the resultative to, the continuative t\u025b, the injunctive m\u00e0\u0330 or lengthening of the vowel of the subject and the accomplished l\u00ed. The first four precede the verb, the fifth (the case where we have the morpheme m\u00e0\u0330) is affixed to the utterance and the last is posited. The intentional (high tone) and the usual (low tone), in addition to the tones that the verb carries, also use segmentals. w\u025b\u0330, k\u1e75d\u025b k\u025b, klo k\u025b mark the intentional and titi the habitual one. w\u025b\u0330, k\u1e75d\u025b k\u025b, kl\u00f3 k\u025b are positioned between the subject and the verb in the first case and t\u00edt\u00ed is postponed to the statement in the second.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/aspect\/\">aspect<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/baoule\/\">baoul\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/mood\/\">mood<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/morpheme\/\">morpheme<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/tense\/\">tense<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/walebo\/\">wal\u00e8bo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (baoul\u00e9 wal\u00e8bo)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">bawle ti ani\u025bn m\u0254 wo kwa akpaswa nu. wal\u025bbo i\u025f\u0254l\u025b su j\u025b je kl\u025b fluwa \u014b\u0261a. i \u025fa\u025fal\u025b vje m\u0254\u0254 be fl\u025b k\u0254nzu\u0261\u025bz\u0254n ti ap\u025btomodali. fluwa \u014bga \u025fran li blu su. nnan be ti modo (\u025bnperatifu, c\u0254ntatatifu, \u025bntansi\u0254nnali ni \u025bn\u0292\u0254ntifu) kp\u0254hun nsi\u025bn ti ap\u025b (pro\u0261r\u025bsifu, k\u0254ntinwatifu, ak\u0254npli, rezutatifu, f\u0265tiri ni abit\u0265\u025bli). k\u0254nzu\u0261\u025bz\u0254n s\u0254 be fa t\u0254n nz\u025b m\u0254f\u025bmu nz\u025b i \u0272\u0254n y\u025b je wun wl\u025b.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (baoul\u00e9 wal\u00e8bo)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/ap%c9%9b\/\">ap\u025b<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/bawle\/\">bawle<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/modu\/\">modu<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/m%c9%94f%c9%9bmu\/\">m\u0254f\u025bmu<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/tamu\/\">tamu<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/tan\/\">tan<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/wal%c9%9bbo\/\">wal\u025bbo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>30 mars 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>30 ao\u00fbt 2020<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>23 d\u00e9cembre 2020<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Note de recherche<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Koffi, Kouassi et N\u2019guessan (2017), le pays baoul\u00e9 ou V baoul\u00e9 se situe dans la partie centrale de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et son aire s\u2019\u00e9tend sur 35700 km2, soit 11\u00a0% de la superficie du territoire national. Il est limit\u00e9 au nord par les Tagbana et les Djimini, \u00e0 l\u2019est par les Abron et les Agni, \u00e0 l\u2019ouest par les Gouro, au sud par les Dida, les Abidji, les Abbey et les Agni. On distingue plusieurs parlers baoul\u00e9 selon H\u00e9rault (1982). Nous citons entre autres l\u2019agba, l\u2019a\u00eftou, l\u2019akou\u00e8, l\u2019ayaou, le dohoun, le fali, le faafou\u00e8, le gblo, le goli, le kod\u00e8, le nanafou\u00e8, le n\u2019gban, le nzikpli, le satiklan, le saa ou le sa et le wal\u00e8bo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es de cette \u00e9tude proviennent du wal\u00e8bo. Selon N\u2019guessan (2015), ce vocable vient de <em>wal\u00e8<\/em> \u00ab\u00a0iroko\u00a0\u00bb et de <em>bo <\/em>\u00ab\u00a0sous\u00a0\u00bb, il signifie \u00ab\u00a0sous l\u2019iroko\u00a0\u00bb. Dans la tradition, la reine Abla Pokou a marqu\u00e9 une escale sous cet arbre. Le wal\u00e8bo est parl\u00e9 dans les d\u00e9partements de Sakassou, Toumodi et Tiassal\u00e9. Pour ce travail, c\u2019est le parler de la r\u00e9gion de Sakassou qui nous a fourni les donn\u00e9es. Il a pour parlers voisins le kod\u00e8, le gblo et le dohoun au nord, l\u2019a\u00eftou et le nanafou\u00e8 au sud, le faafou\u00e8 et le saa \u00e0 l\u2019est et l\u2019ayaou \u00e0 l\u2019ouest. La ville de Sakassou est situ\u00e9e presque \u00e0 42 km de Bouak\u00e9, \u00e0 35 km de Ti\u00e9bissou et 37 km de B\u00e9oumi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Creissels et Kouadio (1977), H\u00e9rault (1982), Timyan-Ravenhill, Kouadio et Loukou (2003) et Molou Kouassi (2016) ont analys\u00e9 le syst\u00e8me de conjugaison du baoul\u00e9. Leurs \u00e9tudes ont port\u00e9 essentiellement sur les parlers des d\u00e9partements de B\u00e9oumi, de Didi\u00e9vi et de Toumodi. Cependant, tous les parlers de cette langue peuvent-ils disposer d\u2019un m\u00eame syst\u00e8me de conjugaison? Quelle est la particularit\u00e9 du syst\u00e8me verbal du wal\u00e8bo?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019objectif de ce travail est de pr\u00e9senter de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le syst\u00e8me de conjugaison du baoul\u00e9 et plus sp\u00e9cifiquement celui du wal\u00e8bo. Ensuite, nous allons montrer que le syst\u00e8me TAM est marqu\u00e9 dans ce parler baoul\u00e9 soit par un suprasegment (ton), soit par un segment (morph\u00e8me). Enfin, nous verrons si les cat\u00e9gories de temps, d\u2019aspect et de mode sont r\u00e9ellement pr\u00e9sentes en baoul\u00e9. Nous postulons que le temps, l\u2019aspect et le mode (d\u00e9sormais TAM) sont l\u2019apanage des langues naturelles. Le baoul\u00e9 wal\u00e8bo \u00e9tant une langue naturelle, on estime que ces trois cat\u00e9gories grammaticales disposent des occurrences. Il s\u2019agira alors d\u2019analyser, dans un premier temps, les dix conjugaisons du baoul\u00e9 wal\u00e8bo et, dans un second mouvement, de faire une synth\u00e8se de ce travail.\u00a0La synth\u00e8se vise \u00e0 \u00e9lucider le questionnement qui sous-tend ce travail.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Temps, aspect et mode (TAM)\u00a0: d\u00e9finitions<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le temps<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Dubois <em>et al.<\/em> (2002, p. 478), le temps d\u00e9signe \u00ab une cat\u00e9gorie grammaticale g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e au verbe et qui traduit diverses cat\u00e9gories du temps \u2018\u2018r\u00e9el\u2019\u2019 ou \u2018\u2018naturel\u2019\u2019 \u00bb. De mani\u00e8re sp\u00e9cifique,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">la cat\u00e9gorisation la plus fr\u00e9quente est celle qui oppose le pr\u00e9sent, moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 produit (ou \u00ab\u00a0maintenant\u00a0\u00bb) au non-pr\u00e9sent, ce dernier pouvant \u00eatre le pass\u00e9, avant le moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (\u00ab\u00a0avant maintenant\u00a0\u00bb), et le futur<em>, <\/em>apr\u00e8s le moment de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (\u00ab\u00a0apr\u00e8s maintenant\u00a0\u00bb)\u00a0: ce sont les temps absolus (Dubois <em>et al<\/em>., <em>ibid<\/em>., p.\u00a0478-479)<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En clair, \u00ab\u00a0la cat\u00e9gorie du temps, souvent exprim\u00e9e par des affixes du verbe, est fr\u00e9quemment traduite par des adverbes de temps (hier<em>, <\/em>maintenant<em>, <\/em>demain). En grammaire g\u00e9n\u00e9rative, le <em>temps<\/em> (Tps) est le constituant obligatoire de l\u2019auxiliaire\u00a0\u00bb (Dubois <em>et al.<\/em>, <em>ibid<\/em>., p.\u00a0479).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019aspect<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dubois <em>et al.<\/em> (2002, p.\u00a053) soutiennent que \u00ab\u00a0l\u2019aspect est une cat\u00e9gorie grammaticale qui exprime la repr\u00e9sentation que se fait le sujet parlant du proc\u00e8s exprim\u00e9 par le verbe (ou par le nom d\u2019action), c\u2019est-\u00e0-dire la repr\u00e9sentation de sa dur\u00e9e, de son d\u00e9roulement ou de son ach\u00e8vement (aspects inchoatif, progressif, r\u00e9sultatif, etc.) [&#8230;]\u00a0\u00bb. En d\u2019autres termes, cette notion \u00ab\u00a0se d\u00e9finit, par exemple, par l\u2019opposition en fran\u00e7ais entre l\u2019accompli (perfectif ou parfait) [&#8230;] et le non-accompli (ou imperfectif)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Historiquement, le terme d\u2019<em>aspect<\/em> a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 en fran\u00e7ais (1929) pour d\u00e9signer un caract\u00e8re important de la conjugaison des verbes [&#8230;]\u00a0: la distinction entre le perfectif et l\u2019imperfectif\u00a0\u00bb (Dubois <em>et al<\/em>., <em>ibid<\/em>.). Somme toute, l\u2019<em>aspect<\/em> exprime le type d\u2019\u00e9v\u00e9nement que d\u00e9crit le pr\u00e9dicat verbal. C\u2019est la repr\u00e9sentation que se fait le locuteur (sujet) du proc\u00e8s exprim\u00e9 par le verbe. Il porte sur la dur\u00e9e, le d\u00e9roulement, l\u2019ach\u00e8vement, des \u00e9v\u00e9nements complets ou non, etc. (Comrie, 1976; Karen, 1999; Dubois <em>et al<\/em>., 2002; Genoveva, 2013; Nchare, 2005). Nous avons not\u00e9 six types d\u2019aspect dans le cadre de cette \u00e9tude qui sont le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le mode<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dubois <em>et al<\/em>. (2002, p.\u00a0307) soulignent que \u00ab\u00a0le mode, ou modalisation, s\u2019exprime par l\u2019opposition entre une attitude du sujet parlant assumant (prenant en compte) ses \u00e9nonc\u00e9s et celle du locuteur n\u2019assumant pas (rejetant) partiellement ou totalement ses \u00e9nonc\u00e9s\u00a0\u00bb. Le <em>mode<\/em> traduit le type de communication entre le locuteur et son interlocuteur ou l\u2019attitude du locuteur vis-\u00e0-vis de ses propos. C\u2019est en effet une forme d\u2019expression sp\u00e9cifique. En ce qui concerne la langue \u00e9tudi\u00e9e ici, nous mettons l\u2019accent sur quatre types de mode. Il s\u2019agit de l\u2019imp\u00e9ratif, du constatatif, de l\u2019intentionnel et de l\u2019injonctif.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les TAM du wal\u00e8bo<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les TAM sur lesquels portent cette \u00e9tude sont l\u2019imp\u00e9ratif, le constatatif, l\u2019intentionnel, l\u2019injonctif, le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019imp\u00e9ratif (Imp)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019imp\u00e9ratif n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental en baoul\u00e9. Il a, par ailleurs, comme marqueur un ton haut dont le lieu de r\u00e9alisation est le pr\u00e9dicat verbal. Cette conjugaison est pr\u00e9sente en wal\u00e8bo. Kouadio pense que les verbes de cette langue<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">ne font aucun objet de discrimination tonale et que tous les verbes monosyllabiques se r\u00e9alisent avec un ton haut inh\u00e9rent [&#8230;], une phrase \u00e0 la forme imp\u00e9rative, c\u2019est r\u00e9alis\u00e9 le verbe \u00e0 la forme de citation avec un ton haut pour le cas des monosyllabes et une modulation tonale sur la deuxi\u00e8me voyelle des verbes \u00e0 structure dissyllabique (Kouadio, cit\u00e9 par Molou, 2016, p. 213).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les d\u00e9tails de cette conjugaison sont manifestes dans les exemples<a class=\"footnote\" title=\"SG\u00a0: singulier \/ PL\u00a0: pluriel.\" id=\"return-footnote-212-1\" href=\"#footnote-212-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(1)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0254\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.boire.Imp<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Bois\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. je\u0301 n\u0254\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL boire.Imp<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Buvons\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. a\u0301mu\u0300\u0330 n\u0254\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL boire.Imp<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Buvez\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (1) montrent qu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier (1a), le <strong>NP<\/strong><a class=\"footnote\" title=\"NP\u00a0: syntagme nominal.\" id=\"return-footnote-212-2\" href=\"#footnote-212-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> sujet est nul. Il n\u2019appara\u00eet pas. Autrement dit, il n\u2019est pas visible dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. C\u2019est \u00e0 la premi\u00e8re et \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du pluriel dans les exemples en (1b) et en (1c) que les sujets (arguments externes) sont pleins (marqu\u00e9s segmentalement).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le constatatif (Const)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019indicatif (constatatif), selon H\u00e9rault (1982, p.\u00a0301), est \u00ab\u00a0une forme verbale dont la valeur est la simple constatation d\u2019un fait ou d\u2019un \u00e9tat. Le radical verbal a le m\u00eame ton qu\u2019\u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif\u00a0\u00bb. Dans ce cas, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (phrase) d\u00e9crit seulement l\u2019\u00e9v\u00e9nement. C\u2019est la simple constatation d\u2019un fait, d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, etc. (Creissels et Kouadio, 1977). Cette conjugaison n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental comme la conjugaison pr\u00e9c\u00e9dente. C\u2019est un ton haut qui est sollicit\u00e9 pour exprimer ce TAM. Il se r\u00e9alise sur le radical verbal. Illustrons-le avec les exemples ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(2)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je grossis\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 c\u025b\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu grossis\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle grossit\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous grossissons\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous grossissez\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 c\u025b\u0301\u0330<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL grossir.Const<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles grossissent\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019intentionnel (Int)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le \u00ab\u00a0terme intentionnel d\u00e9signe une s\u00e9rie de formes qui expriment de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale une intention du sujet; selon le contexte, ces formes peuvent prendre une valeur tr\u00e8s proche de la valeur du futur\u00a0\u00bb (H\u00e9rault, 1982, p.\u00a0301). La marque de l\u2019intentionnel est un ton haut. Son lieu de r\u00e9alisation est le radical verbal. M\u00eame les pronoms sujets portent aussi un ton haut. Les exemples ci-dessous mettent en exergue les d\u00e9tails de cette conjugaison en baoul\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(3)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0301 fl\u025b\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle veut appeler\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous voulons appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous voulez appeler\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL appeler.Int<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles veulent dormir\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Hormis le ton, pris comme marque de l\u2019intentionnel, nous postulons aussi que des morph\u00e8mes segmentaux sont utilis\u00e9s pour exprimer cette conjugaison en baoul\u00e9. Soit les \u00e9nonc\u00e9s suivants\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(4)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0301 <em>w\u025b\u0330\u0301<\/em> n\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Int 1SG appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0301 <em>w\u025b\u0330\u0301<\/em> a\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Int 2SG appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu veux appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0301 <em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/em> \u0254\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Int 3SG appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle veut appeler\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0301 <em>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/em> je\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Int 1PL appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous voulons appeler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/em> a\u0301mu\u0330\u0300 l\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Int 2PL appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous voulez appeler\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0301 <em>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/em> be\u0301 fl\u025b\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Int 3PL appeler<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles veulent dormir\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">En (4), les exemples mettent en lumi\u00e8re une autre mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019intentionnel dans cette langue. Au regard des faits, l\u2019on remarque que cette configuration se caract\u00e9rise par des morph\u00e8mes segmentaux. Au demeurant, les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong>, <strong>ku\u0301\u0330d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> et <strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> sont employ\u00e9s pour exprimer l\u2019intentionnel. Ils se positionnent entre l\u2019argument externe (sujet) et le pronom de rappel (reprise). Cette r\u00e9alisation \u00e9taye le cas o\u00f9 l\u2019intentionnel s\u2019exprime par un morph\u00e8me segmental en baoul\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019injonctif (Inj)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019injonctif est un autre type de conjugaison pr\u00e9sent en baoul\u00e9. En effet, il \u00ab exprime ordres, souhaits, d\u00e9sirs, etc. De ce fait il appara\u00eet fr\u00e9quemment \u00e0 la suite de verbes signifiant vouloir, chercher, etc. \u00bb (H\u00e9rault, <em>ibid<\/em>., p.\u00a0301). Il existe deux diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019exprimer cette conjugaison en baoul\u00e9. La premi\u00e8re sollicite un morph\u00e8me segmental. Il porte un ton bas. Celui-ci est toujours ant\u00e9pos\u00e9 au sujet. Il s\u2019agit du morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300<\/strong>. Les \u00e9nonc\u00e9s suivants illustrent cette formation.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(5)<\/p>\n<p><strong> a. <em>ma\u0330\u0300<\/em> n\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. <em>ma\u0330\u0300<\/em> a\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. <em>ma\u0330\u0300<\/em> \u0254\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. <em>ma\u0330\u0300<\/em> je\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. <em>ma\u0330\u0300<\/em> a\u0301mu\u0330\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. <em>ma\u0330\u0300<\/em> be\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300 <\/strong>est le marqueur de l\u2019injonctif dans les \u00e9nonc\u00e9s ci-dessus. Cependant, cette r\u00e9alisation enregistre souvent des modifications en situation d\u2019\u00e9nonciation. De plus amples pr\u00e9cisions sont donn\u00e9es dans les exemples en (6).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(6)<\/p>\n<p><strong> a. ma\u0330\u0300 n\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. <em>ma\u0330\u0300a\u0300\u0330<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj.2SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. <em>m\u0254\u0300\u0330\u0254\u0300\u0330<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj.3SG pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. ma\u0330\u0300 je\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 1PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. ma\u0330\u0300 a\u0301mu\u0330\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 2PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. ma\u0330\u0300 be\u0300 su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Inj 3PL pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous remarquons un amalgame avec les exemples (6b) et (6c). Il a lieu entre le morph\u00e8me de l\u2019injonction et le pronom sujet. Apr\u00e8s l\u2019amalgame, la voyelle du morph\u00e8me de l\u2019injonctif s\u2019\u00e9lide. Ensuite, cette voyelle se nasalise et s\u2019allonge. Cette remarque est faite avec les exemples o\u00f9 les pronoms sujets sont des voyelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9nonc\u00e9s en (5) et (6) pr\u00e9sentent la premi\u00e8re mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif en baoul\u00e9. La deuxi\u00e8me mani\u00e8re d\u2019exprimer cette conjugaison est un allongement de la voyelle pr\u00e9c\u00e9dant le radical verbal. Cette voyelle porte un ton bas phonologique et se produit seulement \u00e0 l\u2019injonctif.\u00a0\u00ab\u00a0Cet allongement est perceptible quelle que soit la nature du sujet\u00a0: pronom, nom ou groupe nominal. On peut l\u2019interpr\u00e9ter comme un pr\u00e9fixe vocalique \u00e0 ton bas dont la r\u00e9alisation est conditionn\u00e9e par la voyelle pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, 1977, p.\u00a0380). Cette mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif en baoul\u00e9 est corrobor\u00e9e par les exemples ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(7)<\/p>\n<p><strong> a. <em>mi\u0300i\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que je pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. <em>a\u0300a\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que tu pleures\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. <em>\u0254\u0300\u0254\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il\/elle pleure\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. <em>je\u0300e\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que nous pleurions\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. <em>a\u0301mu\u0330\u0300u\u0330\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Que vous pleuriez\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. <em>be\u0300e\u0300<\/em> su\u0330\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL.Inj pleurer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Qu\u2019ils\/elles pleurent\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (7) portent sur la deuxi\u00e8me mani\u00e8re d\u2019exprimer l\u2019injonctif dans le baoul\u00e9. Dans ces \u00e9nonc\u00e9s, notons que la marque de l\u2019injonctif est visiblement la voyelle allong\u00e9e du pronom sujet. Celle-ci a \u00e9galement le m\u00eame ton que celui du sujet.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le progressif (Prog)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le progressif est le d\u00e9roulement d\u2019un processus comme \u00e9tant li\u00e9 \u00e0 un moment pr\u00e9cis, qui sauf indication contraire donn\u00e9e par le contexte, est le moment de l\u2019\u00e9nonciation. La valeur la plus fr\u00e9quente de cette conjugaison est le pr\u00e9sent actuel. Le progressif est marqu\u00e9 par le morph\u00e8me <strong>su\u0301<\/strong> et traduit en fran\u00e7ais l\u2019expression \u00ab\u00a0en train de\u00a0\u00bb. Ce morph\u00e8me porte un ton haut et est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 du pr\u00e9fixe tonal bas. Le radical verbal est au ton bas ou au ton fondamental selon qu\u2019il est suivi ou non d\u2019expansion (compl\u00e9ment) (Creissels et Kouadio, <em>op.cit<\/em>.). Consid\u00e9rons les exemples suivants en baoul\u00e9 (wal\u00e8bo).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(8)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je suis en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu es en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle est en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous sommes en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 <em>su\u0301<\/em> \u025fe\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Prog d\u00e9f\u00e9quer<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles sont en train de d\u00e9f\u00e9quer\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le progressif, comme le montrent les exemples en (8), se caract\u00e9rise par un morph\u00e8me segmental. C\u2019est effectivement le morph\u00e8me <strong>su\u0301<\/strong>. Il porte un ton haut. Molou (2016,\u00a0p.\u00a0212) soutient \u00e0 ce propos que \u00ab\u00a0le morph\u00e8me su\u0301 est toujours affect\u00e9 de ton haut\u00a0\u00bb. Il se positionne entre le sujet et le verbe. Autrement dit, il suit le sujet ou pr\u00e9c\u00e8de (s\u2019ant\u00e9pose) le pr\u00e9dicat verbal dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. On peut aussi ajouter qu\u2019il est en position pr\u00e9verbale.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le continuatif (Cont)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le continuatif se r\u00e9alise en baoul\u00e9 par un morph\u00e8me qui \u00ab\u00a0correspond par son sens au fran\u00e7ais continuer, encore\u00a0\u00bb (H\u00e9rault, 1982, p.\u00a0303). Cette conjugaison est marqu\u00e9e dans la langue objet de cette \u00e9tude par un morph\u00e8me qui est ant\u00e9pos\u00e9 au verbe (Creissels et Kouadio, 1977). En baoul\u00e9, la marque du continuatif est le morph\u00e8me <strong>t\u025b<\/strong>. Selon Molou (2016, p.\u00a0215), \u00ab\u00a0le morph\u00e8me \/t\u025b\/ copie sur sa position vocalique le ton de la voyelle du NP sujet qui est plus proche de son domaine de r\u00e9alisation\u00a0\u00bb. En d\u2019autres termes, le ton de ce morph\u00e8me d\u00e9pend de celui du sujet ou du constituant qui le pr\u00e9c\u00e8de. Mais dans notre cas, il porte un ton bas (en wal\u00e8bo). Il se positionne entre le sujet et le radical verbal. Remarquons avec les exemples en (9) les d\u00e9tails de cette conjugaison.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(9)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je le fais encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu le fais encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle le fait encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous le faisons encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous le faites encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 <em>t\u025b\u0300<\/em> jo\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Cont faire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles le font encore\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019accompli (Acc)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019apr\u00e8s H\u00e9rault (1982, p.\u00a0303), l\u2019accompli \u00ab\u00a0a comme valeur la plus fr\u00e9quente la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un fait pass\u00e9 relativement au moment de l\u2019\u00e9nonciation\u00a0\u00bb. Il se trouve particuli\u00e8rement dans la narration et ne d\u00e9signe le pass\u00e9 qu\u2019en tant qu\u2019accompli au moment de l\u2019\u00e9nonciation. En fait, cette conjugaison \u00ab\u00a0ne peut, par exemple avoir la valeur d\u2019un temps du pass\u00e9 (en fran\u00e7ais) comme l\u2019imparfait\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, 1977, p.\u00a0386). Ce TAM est plus clair avec certains \u00ab\u00a0verbes qui d\u00e9notent un changement d\u2019\u00e9tat, comme c\u025b\u0301\u0330 \u2018\u2018grossir\u2019\u2019 ou s\u0254\u0330\u0301 \u2018\u2018s\u2019accro\u00eetre\u2019\u2019 avec de tels verbes, l\u2019aspect accompli exprime l\u2019\u00e9tat qui est l\u2019aboutissement du processus\u00a0\u00bb (Creissels et Kouadio, <em>ibid<\/em>.,\u00a0p.\u00a0386). Le morph\u00e8me <strong>li\u0301<\/strong> est le marqueur de l\u2019accompli dans cette langue. Il se particularise par un ton haut. Selon Molou (2016, p. 211), \u00ab ce ton haut ne subit aucun changement lorsque l\u2019accompli s\u2019exprime sous sa forme \/li\u0301\/ \u00bb. Il vient toujours apr\u00e8s le verbe et porte un ton haut. Les exemples en (10) illustrent ce fonctionnement de l\u2019accompli.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(10)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0J\u2019ai pris\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu as pris\u00bb<\/p>\n<p><strong>c. \u0254\u0300<\/strong><strong> fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle a pris\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous avons pris\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous avez pris\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 fa\u0301 <em>li\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL prendre Acc<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles ont pris\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le r\u00e9sultatif (Res)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le r\u00e9sultatif, marqu\u00e9 par le morph\u00e8me \u00ab qui est s\u00e9mantiquement une forme d\u2019accompli, saisit en quelque sorte le processus au moment m\u00eame de son aboutissement. On peut le rendre en fran\u00e7ais par \u2018\u2018venir + infinitif\u2019\u2019 \u00bb (H\u00e9rault, 1982, p. 303). Il exprime le pass\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9cent (Creissels et Kouadio, 1977). Son marqueur est le morph\u00e8me segmental <strong>a\u0300<\/strong>. Il se positionne entre le sujet et le verbe. Il porte un ton bas. Les exemples en (11) pr\u00e9sentent ces faits.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(11)<\/p>\n<p><strong> a. mi\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. \u0254\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle vient de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous venons de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0330\u0300 <em>a\u0300 <\/em>kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous venez de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles viennent de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La configuration des exemples ci-dessous pr\u00e9sente des ph\u00e9nom\u00e8nes morphophonologiques pris en situation d\u2019\u00e9nonciation. Les d\u00e9tails sont mis en relief par les \u00e9nonc\u00e9s suivants :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(12)<\/p>\n<p><strong> a. <em>ma\u0300\u0330<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. <em>a\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu viens de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. <em>wa\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle vient de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. <em>ja\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous venons de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. <em>a\u0301ma\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous venez de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. <em>ba\u0300<\/em> kpa\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL.Res coudre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles viennent de coudre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples en (12) pr\u00e9sentent un amalgame entre les pronoms sujets et le morph\u00e8me du r\u00e9sultatif de la premi\u00e8re personne du singulier \u00e0 la troisi\u00e8me personne du pluriel. La voyelle du pronom sujet s\u2019\u00e9lide afin de respecter le principe de contour obligatoire (OCP). Cette \u00e9lision est motiv\u00e9e par l\u2019OCP. Selon Leben et Goldsmith, cit\u00e9s par Ahua (2004, p. 58-59), \u00ab l\u2019admission d\u2019une syllabe minimale (Attaque, Rime AR) sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019OCP dans le cadre de la th\u00e9orie autosegmentale qui stipule que \u00ab sur une ligne autosegmentale donn\u00e9e, pour toute paire d\u2019autosegments adjacents a et b, a est diff\u00e9rent de b \u00bb. En effet, ce principe pr\u00e9cise qu\u2019il ne peut y avoir deux \u00e9l\u00e9ments identiques adjacents \u00e0 un m\u00eame niveau de la repr\u00e9sentation. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9lision de la voyelle du pronom de la premi\u00e8re personne du singulier, une nasalisation du morph\u00e8me du r\u00e9sultatif est faite, <strong>a\u0300 <\/strong>devient <strong>a\u0300\u0330<\/strong> (cf.12a). L\u2019exemple (12b) pr\u00e9sente une coalescence du pronom de la deuxi\u00e8me personne du singulier et du morph\u00e8me du r\u00e9sultatif. Ainsi, <strong>\u025b\u0300a\u0300 <\/strong>devient <strong>a\u0300<\/strong>. On remarque \u00e9galement une consonantisation (labiov\u00e9larisation) du pronom de la troisi\u00e8me personne du singulier, <strong>\u0254\u0300<\/strong> devient <strong>w <\/strong>en (12c).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le futur (Fut)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Creissels et Kouadio (1977) appellent futur\u00a0les actions o\u00f9 le processus d\u2019ex\u00e9cution est envisag\u00e9 comme devant se r\u00e9aliser \u00e0 un moment ult\u00e9rieur. Il permet d\u2019exprimer g\u00e9n\u00e9ralement une action envisag\u00e9e ou \u00e0 venir. Ceci dit, le futur aide \u00e0 souligner des actions o\u00f9 le processus d\u2019ex\u00e9cution est pr\u00e9vu ult\u00e9rieurement. D\u00e9couvrons cette conjugaison avec les exemples ci-dessous.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(13)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0J\u2019irai\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu iras\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> c. <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle ira\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous irons\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous irez\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 <em>wa\u0301<\/em> k\u0254\u0301<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL Fut aller<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles iront\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les exemples inventori\u00e9s ici mettent en exergue l\u2019aspecto-modal du futur. Le futur dans cette langue est marqu\u00e9 par le morph\u00e8me <strong>wa\u0301<\/strong>. Il est toujours \u00e0 la m\u00eame position syntaxique, c\u2019est-\u00e0-dire entre le pronom sujet et le verbe. Il porte un ton haut.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel (Hab)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel marque une action qui se produit habituellement, qui dure et se r\u00e9p\u00e8te fr\u00e9quemment. On l\u2019appelle aspect z\u00e9ro. Les exemples en (14) sont convoqu\u00e9s pour illustrer cette conjugaison en baoul\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(14)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0300 di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je mange\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0300 di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu manges\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>c. \u0254\u0300<\/strong><strong> di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle mange\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0300 di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous mangeons\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous mangez\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0300 di\u0300<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL manger.Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles mangent\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon les faits en (14), l\u2019habituel n\u2019a pas de marqueur morphologique segmental. Sa marque est un suprasegment (ton). Le ton bas sur le verbe est le marqueur de cet aspecto-modal. Cette conjugaison ne se r\u00e9sume pas qu\u2019\u00e0 une seule formalisation, il peut aussi s\u2019exprimer par un morph\u00e8me segmental. C\u2019est ce que montrent les \u00e9nonc\u00e9s suivants\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">(15)<\/p>\n<p><strong> a. n\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1SG manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Je mange\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> b. a\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2SG manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Tu manges\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>c. \u0254\u0301<\/strong><strong> di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3SG manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Il\/elle mange\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> d. je\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1PL manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Nous mangeons\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> e. a\u0301mu\u0300\u0330 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2PL manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Vous mangez\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong> f. be\u0301 di\u0300 <em>ti\u0301ti\u0301<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3PL manger Hab<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Ils\/elles mangent\u00a0d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019habituel dans les exemples en (15) s\u2019exprime par un morph\u00e8me segmental. Il est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (phrase)\u00a0: <strong>ti\u0301ti\u0301<\/strong> est le marqueur de cette conjugaison et signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0habituel\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0habituellement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion\u00a0: les TAM du wal\u00e8bo<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon ce qui pr\u00e9c\u00e8de, en baoul\u00e9 (wal\u00e8bo), l\u2019imp\u00e9ratif, le constatatif, l\u2019intentionnel et l\u2019injonctif sont des marques modales. Le progressif, le continuatif, l\u2019accompli, le r\u00e9sultatif, le futur et l\u2019habituel sont des marques aspectuelles. En ce qui concerne les marques temporelles, cette \u00e9tude ne permet pas d\u2019en \u00e9num\u00e9rer. D\u00e8s lors, nous postulons que le syst\u00e8me de conjugaison de cette langue est particuli\u00e8rement aspecto-modal, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est marqu\u00e9 seulement par l\u2019aspect et le mode. C\u2019est dans cet ordre d\u2019id\u00e9es que Givon, cit\u00e9e par Karen (1999, p.\u00a025), affirme que \u00ab\u00a0la plupart des langues du monde, les cultures moins alphab\u00e9tis\u00e9es et tradition litt\u00e9raire en particulier, n\u2019ont souvent pas de syst\u00e8me temporel. Ces langues sont donc essentiellement aspectuelles et modales\u00a0\u00bb<em>.<\/em> C\u2019est en effet le cas des langues kwa de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et, particuli\u00e8rement, le baoul\u00e9 (wal\u00e8bo).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tude a mis l\u2019accent sur dix TAM du baoul\u00e9. Quatre sont des modaux (imp\u00e9ratif, constatatif, intentionnel et injonctif) et six sont des aspects (progressif, continuatif, accompli, r\u00e9sultatif, futur et habituel). On a pu remarquer que les marqueurs de cette langue sont soit tonal, soit morphologique ou encore s\u2019expriment par les deux proc\u00e9d\u00e9s. Ceux qui ont comme marqueur un ton (suprasegment) sont au nombre de deux. Il s\u2019agit de l\u2019imp\u00e9ratif (ton haut) et du constatatif (ton haut). Ces tons se r\u00e9alisent sur le radical verbal. Les marqueurs morphologiques segmentaux sont au nombre de six. On a le futur <strong>wa\u0301<\/strong>, le progressif <strong>su\u0301<\/strong>, le r\u00e9sultatif <strong>a\u0300<\/strong>, le continuatif <strong>t\u025b\u0300<\/strong>, l\u2019injonctif <strong>ma\u0330\u0300<\/strong> ou par l\u2019allongement de la voyelle du sujet et l\u2019accompli <strong>li\u0301<\/strong>. Les quatre premiers pr\u00e9c\u00e8dent le verbe, le cinqui\u00e8me (le cas o\u00f9 on a le morph\u00e8me <strong>ma\u0330\u0300<\/strong>) s\u2019ant\u00e9pose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 (c\u2019est d\u2019ailleurs le seul cas o\u00f9 le morph\u00e8me aspecto-modal est en d\u00e9but de phrase) et le dernier suit le verbe dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9. Les marqueurs aspecto-modaux de l\u2019intentionnel (ton haut) et de l\u2019habituel (ton bas), en plus des tons que porte le verbe, utilisent aussi des morph\u00e8mes segmentaux. En clair, les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> marquent l\u2019intentionnel et le morph\u00e8me <strong>ti\u0301ti\u0301 <\/strong>est usit\u00e9 pour exprimer l\u2019habituel. Les morph\u00e8mes <strong>w\u025b\u0330\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>ku\u0330\u0301d\u025b\u0301 k\u025b\u0301<\/strong><em>, <\/em><strong>klo\u0301 k\u025b\u0301<\/strong> se positionnent entre le sujet et le verbe dans le premier cas et <strong>ti\u0301ti\u0301<\/strong> se postpose \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 dans le second.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Comrie, Bernard. 1976. <em>Aspect: An introduction to the study of verbal aspect and related problems. <\/em>Cambridge\u00a0: Cambridge University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Creissels, D\u00e9nis et Kouadio N\u2019guessan, J\u00e9r\u00e9mie. 1977. <em>Description phonologique et grammaticale d\u2019un parler baoul\u00e9<\/em>. Abidjan\u00a0: ILA.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dubois, Jean <em>et<\/em> <em>al<\/em>. 2002. <em>Dictionnaire de linguistique<\/em>. Paris\u00a0: Larousse.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Genoveva, Puskas. 2013. <em>Initiation au programme minimaliste\u00a0: \u00e9l\u00e9ments de syntaxe comparative<\/em>. Berne\u00a0: Peter Lang.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">H\u00e9rault, Georges. 1982. <em>Atlas des langues Kwa de C\u00f4te d\u2019ivoire<\/em>. Abidjan\u00a0: ILA, ACCT.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Karen, Lydia McCrindle. 1999. <em>Temps, mode et aspect\u00a0: les cr\u00e9oles des Cara\u00efbes \u00e0 base lexicale fran\u00e7aise. <\/em>Th\u00e8se de doctorat, Graduate Department of French Language and Literature, University of Toronto.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Koffi, Koffi, Kouassi Kan, Guillaume et N\u2019guessan Konan, Bertiel. 2017. Syntaxe et s\u00e9mantique des anthroponymes baoul\u00e9 et beng. <em>Revue des sciences du<\/em> <em>langage et de la Communication, <\/em>1 (1), 39-50.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Molou Kouassi, Ange Aristide. 2016. <em>Les tons du k\u0254\u0300d\u025b\u0301 : aspects lexical et grammatical<\/em>. Th\u00e8se unique de doctorat, Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny de Cocody-Abidjan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">N\u2019guessan, Konan Bertiel. 2015. <em>\u00c9tude de quelques particularit\u00e9s lexicales et syntaxiques du wal\u00e8bo<\/em>. M\u00e9moire de Master, Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny de Cocody-Abidjan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nchare, Abdoulaye Laziz. 2005. <em>Une analyse minimaliste et d\u00e9rivationnelle de la morphosyntaxe du Shupamen. <\/em>M\u00e9moire de DEA, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 1.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Timyan-Ravenhill, Judith, Kouadio N\u2019guessan, J\u00e9r\u00e9mie et Loukou, Jean Noel. 2003. <em>Dictionnaire baoul\u00e9\/fran\u00e7ais. <\/em>Abidjan\u00a0: Nouvelles \u00c9ditions Ivoiriennes (NEI).<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/contributors\/nguessan\">Konan Bertiel N\u2019GUESSAN<\/a><\/strong><br \/>Konan Bertiel N\u2019GUESSAN est doctorant en Sciences du Langage \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny de Cocody-Abidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire). Il a un master en linguistique descriptive. Il est auteur de quelques travaux de recherche : \u00ab \u00c9tude de quelques particularit\u00e9s lexicales et syntaxiques du wal\u00e8bo \u00bb, \u00ab Syntaxe et s\u00e9mantique des anthroponymes baoul\u00e9 et beng \u00bb, \u00ab La n\u00e9gation en \u00e9bri\u00e9 \u00bb, \u00ab Nasalit\u00e9 et nasalisation dans le syntagme nominal en Djimini : le cas du pluriel \u00bb, \u00ab Syntaxe des verbes physiopsychologiques du wal\u00e8bo : parler baoul\u00e9 de Sakassou \u00bb et \u00ab Syntaxe des verbes physiopsychologiques baoul\u00e9 et tagbana \u00bb.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-212-1\">SG\u00a0: singulier \/ PL\u00a0: pluriel. <a href=\"#return-footnote-212-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-212-2\">NP\u00a0: syntagme nominal. <a href=\"#return-footnote-212-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":6,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["nguessan"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[201],"license":[],"class_list":["post-212","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-aspect","motscles-baoule","motscles-mode","motscles-morpheme","motscles-temps","motscles-walebo","keywords-aspect","keywords-baoule","keywords-mood","keywords-morpheme","keywords-tense","keywords-walebo","motscles-autre-ap","motscles-autre-bawle","motscles-autre-modu","motscles-autre-mfmu","motscles-autre-tamu","motscles-autre-tan","motscles-autre-walbo","contributor-nguessan"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/212","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/212\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":682,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/212\/revisions\/682"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/212\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=212"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=212"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}