{"id":236,"date":"2020-09-24T15:43:35","date_gmt":"2020-09-24T13:43:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/?post_type=chapter&#038;p=236"},"modified":"2023-04-12T13:24:57","modified_gmt":"2023-04-12T11:24:57","slug":"taiwe2020","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/texte\/taiwe2020\/","title":{"rendered":"Vers une dynamique des pratiques lexicographiques bilingues des langues africaines\/langue fran\u00e7aise : le DITFA \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la lexicologie explicative et combinatoire"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Vu le dynamisme des th\u00e9ories lexicographiques actuelles et la pratique lexicographique interlinguistique des langues africaines vers les langues occidentales, nous constatons un \u00e9cart consid\u00e9rable. Un pont doit \u00eatre \u00e9tabli dans la mesure o\u00f9 l\u2019arrimage des pratiques actuelles des dictionnaires aux r\u00e9sultats de recherche en lexicographie est une plus-value pour l\u2019am\u00e9lioration du contenu des ouvrages de ce domaine. L\u2019objet du dictionnaire, on le sait, oscille entre la p\u00e9dagogie des formes et la description des contenus culturels, destin\u00e9e soit \u00e0 des apprenant\u00b7e\u00b7s, soit \u00e0 des lecteur\u00b7trice\u00b7s ma\u00eetrisant d\u00e9j\u00e0 la langue ou \u00e0 des traducteur\u00b7trice\u00b7s (Franji\u00e9, 2008). En effet, le passage de la description langagi\u00e8re \u00e0 celle des concepts et des r\u00e9f\u00e9rents est flou dans le dictionnaire tupuri (Ta\u00efwe, 2017, p.\u00a07).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse s\u00e9mantique de la structure du <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais<\/em> (DITFA)[footnote]C\u2019est le corpus exploit\u00e9 dans ce texte.[\/footnote] de Ruelland (1988) nous laisse comprendre que la description des lex\u00e8mes en vue de la r\u00e9alisation d\u2019un ouvrage lexicographique est un travail minutieux qui ne peut se faire sans avoir consult\u00e9 au pr\u00e9alable les th\u00e9ories ad\u00e9quates. Cet exercice intellectuel n\u00e9cessite une base th\u00e9orique solide permettant de faire une analyse s\u00e9mique pouss\u00e9e de chaque adresse. Or, il existe des ouvrages lexicographiques, surtout dans les langues africaines dont la confection n\u2019a pas pris en compte les pr\u00e9alables th\u00e9oriques. Le pr\u00e9sent article questionne les r\u00e8gles et les principes utilis\u00e9s par Suzanne Ruelland pour la confection du DITFA<em>.<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient de prendre pour mod\u00e8le th\u00e9orique la structure du DEC (Dictionnaire Explicatif et Combiatoire) de Mel\u2019cuk (1984) inspir\u00e9e de la lexicographie explicative et combinatoire (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 1995). Ils donnent une orientation \u00e0 la th\u00e9orie en ces termes\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons r\u00e9solument b\u00e2ti notre approche sur la th\u00e9orie linguistique Sens Texte, qui sert de charpente et de fil directeur et nous fait aboutir \u00e0 un mod\u00e8le de dictionnaire, qui est un dictionnaire th\u00e9orique \u2013 non pas dans le sens qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019existence concr\u00e8te, mais dans l\u2019acception qu\u2019il r\u00e9pond \u00e0 une certaine vision th\u00e9orique de la r\u00e9alit\u00e9 linguistique, que son pouvoir descriptif est maximalis\u00e9, et donc que la justesse de la pr\u00e9sentation des faits de langue rend justice \u00e0 la th\u00e9orie sous-jacente (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al., <\/em>1995, p.\u00a05-6).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour des questions d\u2019ordre m\u00e9thodologique, nous avons choisi le DITFA comme corpus. Ce dictionnaire a le m\u00e9rite de constituer un document de base important pour l\u2019apprentissage et la pratique du tupuri de par son anciennet\u00e9 et le fait qu\u2019il soit plus vulgaris\u00e9 que les autres[footnote]Le dictionnaire de Cappelleti (1996) et celui en pr\u00e9paration par le comit\u00e9 de traduction de la langue tupuri (2004) sont in\u00e9dits.[\/footnote] puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans une maison d\u2019\u00e9dition connue (Peeters\/Selaf). C\u2019est un dictionnaire trilingue, mais nous insistons sur la paire tupuri-fran\u00e7ais pour maintenir la perspective bilingue. Il n\u2019est pas fortuit de parler de l\u2019\u00e9tiquetage de nos diff\u00e9rentes illustrations. Nos diff\u00e9rents exemples seront cod\u00e9s de la mani\u00e8re suivante\u00a0: les exemples sont num\u00e9rot\u00e9s en chiffre arabe du premier au dernier. Les lettres majuscules A \u00e0 Z indiquent l\u2019ordre alphab\u00e9tique o\u00f9 se situe l\u2019adresse. Cette lettre est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e du num\u00e9ro de page du dictionnaire (de 1 \u00e0 342) qui constitue l\u2019ensemble de notre corpus.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le DEC \u00e9tait au pr\u00e9alable con\u00e7u pour la description des dictionnaires monolingues, mais les avanc\u00e9es de la th\u00e9orie prouvent qu\u2019il est applicable aux dictionnaires bilingues. L\u2019objectif poursuivi ici est de d\u00e9sambigu\u00efser les unit\u00e9s lexicales qui en font appel et proposer des m\u00e9thodes de description rigoureuse, formelle et exhaustive du lexique. Pour les r\u00e9alit\u00e9s qui \u00e9chappent \u00e0 ces th\u00e9ories (telle que l\u2019inexistence des \u00e9quivalents dans la langue fran\u00e7aise), il est, dans ce cas, incontournable de passer \u00e0 une cr\u00e9ation lexicale.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les principes d\u2019application de la lexicographie explicative et combinatoire dans le DITFA<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section pr\u00e9sente les diff\u00e9rents principes de r\u00e9daction du <em>Dictionnaire Explicatif et Combinatoire<\/em> de Mel\u2019cuk (1984) inspir\u00e9s de la lexicologie explicative et combinatoire de Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>. (1995, p.\u00a05). Elle v\u00e9rifie ainsi la formalit\u00e9, la coh\u00e9rence, l\u2019uniformit\u00e9 interne et l\u2019exhaustivit\u00e9 des entr\u00e9es du DITFA.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe de formalit\u00e9<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe de formalit\u00e9 stipule que toute description lexicographique doit \u00eatre effectu\u00e9e dans un <em>m\u00e9talangage formel<\/em>. Il faut d\u00e9crire une entr\u00e9e de dictionnaire en indiquant tous les \u00e9l\u00e9ments qui rentrent dans la pr\u00e9sentation d\u2019une adresse de dictionnaire. Il s\u2019agit, entre autres, de la pr\u00e9sentation de la prononciation (phon\u00e9tique\/phonologie), de la classe grammaticale \u00e0 laquelle appartient l\u2019unit\u00e9 lexicale (nom, verbe, adjectif, adverbe\u2026). Le principe de formalit\u00e9 fait une pr\u00e9cision formelle de la description syntaxique en inventoriant tout l\u2019environnement lexical dans le but d\u2019extraire tous les emplois de la lexie mise en exergue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La description lexicographique doit \u00eatre, par cons\u00e9quent, explicite. L\u2019on ne doit pas laisser le soin \u00e0 l\u2019usager\u00b7e d\u2019user de son intuition, cela exclurait la fonction p\u00e9dagogique qu\u2019on assigne \u00e0 un ouvrage lexicographique. Pour s\u2019en convaincre, prenons les lexies suivantes\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(1)<\/strong> <strong>j\u00e4a\u1dc6k-si\u0301r <\/strong><em>n. <\/em>bosquet sacr\u00e9 du village o\u00f9 le chef de terre fait les sacrifices propri\u00e9taires aux anc\u00eatres du village (130J).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Ka\u0300le\u0300<\/strong> <em>v.empr.fr. <\/em>caler, mettre une cale pour coincer. Ndi ka\u0300le\u0300 j\u00e4a\u1dc6k ti\u014b\u00a0\u00ab\u00a0j\u2019ai cal\u00e9 la porte\u00a0\u00bb (142K).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet exemple, le m\u00e9talangage utilis\u00e9 par l\u2019autrice est le suivant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>n<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0nom\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>v<\/em>\u00a0\u00bb pour verbe et \u00ab\u00a0<em>empr<\/em>.<em>fr\u00a0\u00bb<\/em> pour indiquer que la lexie est un emprunt au fran\u00e7ais. Il faut avouer que le dictionnaire de Ruelland souffre d\u2019une absence de donn\u00e9es phonologiques indiquant la prononciation de chaque lexie-vedette.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe de coh\u00e9rence<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La description microstructurale d\u2019un article de dictionnaire, par souci de clart\u00e9, impose in\u00e9vitablement \u00e0 son\u00b7sa r\u00e9dacteur\u00b7trice la rigueur d\u2019une coh\u00e9rence interne. Pour assurer la liaison \u00e9troite, l\u2019adh\u00e9rence entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments internes du sens d\u2019une unit\u00e9 lexicale, il faut insister sur leur description logique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le sens et la structure de la d\u00e9finition doivent \u00eatre exempts de toute ambigu\u00eft\u00e9 de sens et de rupture de coh\u00e9rence dans la description. Les termes utilis\u00e9s doivent \u00eatre non \u00e9quivoques afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019ils ne pr\u00eatent \u00e0 confusion ou que l\u2019usager\u00b7e ne soit confus\u00b7e. Observons cette description insatisfaisante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(2) s\u0254\u0300\u0253ge\u0308<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>v.tr.<\/em> 1. Sucer. mba\u0301rg\u0101 s\u0254\u0300\u0253 l\u025b\u2019g\u00eb-ko\u0300o \u00ab\u00a0le b\u00e9b\u00e9 suce un fruit\u00a0\u00bb. 2. Embrasser (DITFA, 246S).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, la continuit\u00e9 entre la premi\u00e8re signification et la deuxi\u00e8me n\u2019est pas assur\u00e9e, il y a rupture de coh\u00e9rence interne. En effet, \u00ab\u00a0s\u0254\u0300\u0253ge\u0308\u00a0\u00bb n\u2019a pas pour signification \u00ab\u00a0embrasser\u00a0\u00bb au sens de \u00ab\u00a0serrer, \u00e9treindre entre ses bras\u00a0\u00bb. Ce sens ne s\u2019y retrouve que par extension. Au lieu de \u00ab\u00a0embrasser\u00a0\u00bb, il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de dire \u00ab\u00a0baiser\u00a0\u00bb (sucer les l\u00e8vres de quelqu\u2019un).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Voil\u00e0 une d\u00e9finition satisfaisante\u00a0que nous proposons\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(3) s<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0253ge\u0308 <\/strong><em>v. tr<\/em>.1. Sucer. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 sugare, ba\u0327a\u0327re, deg\u0254rg\u0254re, ta\u0327a\u0327gi : sucer le sucre, le tamarin, les fruits du savonnier \u00ab\u00a0mb\u00e1ga\u00a0\u00bb, le citron. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 d\u0254\u0254, sucer la main, se dit de quelqu\u2019un qui mange ou d\u2019un enfant qui suce sa main. 2. <strong>s<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0253ge\u0308 jag ka\u0327a\u0327ra<\/strong>\u00a0: se dit de deux personnes qui se sucent les l\u00e8vres (en faisant l\u2019amour) \/ \u00eatre nombreux \u00e0 manger un petit repas. 3. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 ja\u0308ge\u00a0: saluer d\u2019un baiser. <em>Par extension<\/em>\u00a0: embrasser.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un autre cas d\u2019incoh\u00e9rence est \u00e0 souligner dans l\u2019exemple suivant\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(4)<\/strong> <strong>\u0257a\u0300k.ge <\/strong><em>v.tr. <\/em>constater, analyser. Ndi \u0257a\u0300k r\u00eb n\u014d \u201c j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 cette affaire\u2019\u2019. \u0257a\u0300k ne \u201cpenses-y\u2019\u2019. <em>cf. <\/em>\u0257\u025b\u0300k.g\u00eb, \u0257\u00eck.g\u00ef (DITFA, 78\u0257).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a rupture de coh\u00e9rence interne parce que les deux \u00e9quivalents propos\u00e9s de la lexie \u00ab\u00a0\u0257a\u0300k.ge\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais \u00ab\u00a0constater, analyser\u00a0\u00bb n\u2019apparaissent pas dans l\u2019exemple. Ce dernier nous propose plut\u00f4t un autre lex\u00e8me synonyme des deux premiers. Le constat, l\u2019analyse et la r\u00e9flexion ne sont pas des synonymes. On dira plut\u00f4t\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(5) \u0257a\u0300k.ge <\/strong><em>v.tr. <\/em>analyser. Ndi \u0257a\u0300k r\u00eb n\u014d \u201cj\u2019ai analys\u00e9 \u00e0 cette affaire\u2019\u2019. <em>Syn. <\/em><strong>ma\u0300\u014b.g\u0113 f\u00edi<\/strong>. <em>Var. <\/em>\u0257\u025b\u0300k.g\u00eb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0257\u00eck.g\u00ef<\/strong>1 v.<em>intr<\/em>. 1) Penser. 2) se rem\u00e9morer. 3) r\u00e9fl\u00e9chir. Ex. : nd\u0254 j\u0254\u014b fen maa \u0253\u0254n mb\u0254 tuu bay \u0257\u00eck.g\u00ef l\u025b\u0253a? Pourquoi agis-tu sans r\u00e9fl\u00e9chir? Syn.\u00a0: \u0257a\u0300k.ge, \u0257\u025b\u0300k.g\u00eb. 4) distiller. 5) filtrer goutte \u00e0 goutte.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0257\u00eck.g\u00ef<\/strong>1 n. 1) pens\u00e9e. 2) projet. 3) d\u00e9sir. 4) ambition. 5) nostalgie. 6) \u00e9coulement.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe d'uniformit\u00e9 interne<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019exigence dans le traitement uniforme de la macrostructure de dictionnaire vient r\u00e9soudre plusieurs probl\u00e8mes pos\u00e9s dans la description des formes s\u00e9mantiquement proches ou qui appartiennent au m\u00eame champ notionnel. Pour assurer l\u2019uniformit\u00e9 interne de la description des articles dans un dictionnaire qui se veut explicatif et combinatoire, les lexies s\u00e9mantiquement proches sont trait\u00e9es en usant le m\u00eame m\u00e9talangage descriptif. Citons, \u00e0 titre d\u2019exemple\u00a0le traitement des termes suivants\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(6) \u0253\u0101\u014b-g\u0254 <\/strong>1. D\u00e9signe la r\u00e9gion tupuri du Cameroun autour de Doukoula dont la vari\u00e9t\u00e9 dialectale est consid\u00e9r\u00e9e comme la plus pure. 2. D\u00e9signe la r\u00e9gion tupuri des villages autour de Lall\u00e9 au Tchad dont les parlers sont plus proches de ceux du Cameroun (vers\/<em>n.i.<\/em>) (DITFA, 43\u0253).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(7) \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b <\/strong>d\u00e9signe sa propre r\u00e9gion et son propre dialecte pour un locuteur. (DITFA, 43\u0253)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(8) \u0253\u0101\u014b-w\u025b\u0301 r\u025b\u0300<\/strong> d\u00e9signe toute r\u00e9gion \u00e0 l\u2019Est du lieu o\u00f9 se trouve le locuteur ou du lieu dont il parle (du c\u00f4t\u00e9 de\/ dessous) (DITFA, 43\u0253).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous constatons que ces entr\u00e9es ne sont pas uniform\u00e9ment pr\u00e9sent\u00e9es. Pour la premi\u00e8re lexie \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-g\u0254\u00a0\u00bb, l\u2019on constate deux acceptions pendant que les deux derniers \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-w\u025b\u0301r\u025b\u0300\u00a0\u00bb n\u2019ont pas la m\u00eame structure descriptive. Or, le principe d\u2019uniformit\u00e9 interne voudrait que les lex\u00e8mes s\u00e9mantiquement proches aient le m\u00eame m\u00e9talangage de description. Par cons\u00e9quent, il est d\u2019une \u00e9vidence notoire de sp\u00e9cifier la zone g\u00e9ographique que couvre ce dialecte pour maintenir l\u2019uniformit\u00e9 interne dans la description.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Voici la description que nous proposons et qui, \u00e0 notre avis, r\u00e9pond \u00e0 l\u2019exigence de l\u2019uniformit\u00e9 interne du sens des lexies mises en exergue. Ces lexies exigent que leur traitement soit harmonis\u00e9 et r\u00e9ponde aux m\u00eames exigences m\u00e9talinguistiques. Il faut \u00e9voquer dans chaque acception les trois sens dont ces entr\u00e9es font mention. Les trois entr\u00e9es appartiennent presque toutes \u00e0 une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9, celle des noms de dialectes\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(9) <\/strong><strong>\u0181\u0101\u014b-g<\/strong><strong>\u0254<\/strong> n. 1. Compos\u00e9 de <strong>\u0253\u0101\u014b- (<\/strong>vers) et du morph\u00e8me <strong><em>-<\/em><\/strong><strong>g<\/strong><strong>\u0254<\/strong>, qui compose l\u2019ensemble de l\u2019unit\u00e9 lexicale, est une pratique traditionnelle qui consiste \u00e0 aller prendre un bouc ou un b\u00e9lier de gr\u00e9 ou de force dans une zone peu \u00e9loign\u00e9e du chef sup\u00e9rieur tupuri (Wa\u014b Dor\u00e9) pour le sacrifice. G\u00e9n\u00e9ralement connue sous le nom de \u00ab\u00a0ma\u014bge kalkao\u00a0\u00bb. 2. Le <em>\u0253<\/em><em>\u0101\u014b-g<\/em><em>\u0254<\/em> est donc la vari\u00e9t\u00e9 dialectale du tupuri parl\u00e9 dans la zone cibl\u00e9e par la pratique du <em>g<\/em><em>\u0254<\/em>. \u00c0 l\u2019origine, il d\u00e9signe la r\u00e9gion des Tupuri qui ont \u00e9migr\u00e9 du Tchad vers la zone foresti\u00e8re au Cameroun. 3. C\u2019est la zone du pays tupuri du Cameroun, plus pr\u00e9cis\u00e9ment les villages des circonscriptions administratives suivantes\u00a0: Kar-Hay, Porhi, Kalfou, Guidiguis Tchatibali, Dziguilao\u2026 Les Tupuri rest\u00e9s au Tchad les appellent \u201cjar \u0253a\u014b yoo koo w\u0254\u201d. Ces derniers les appellent aussi \u201cjar \u0253a\u014b li\u014b w\u0254\u2019\u2019. Par suite de contraction, le terme \u201c\u0253a\u014b yoo ko\u2019\u2019 est devenu \u2018\u2018\u0253a\u014b-g\u2019\u2019 ou \u201c\u0253i ko\u2019\u2019. Il d\u00e9signe aujourd\u2019hui le territoire tupuri du Cameroun hormis les villages camerounais de la fronti\u00e8re \u00e0 \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b, sans prendre en consid\u00e9ration le c\u00f4t\u00e9 \u0253a\u014bw\u025b\u0301 r\u025b\u0300. ex : jar Tupur maa Tulum wa\u0327\u0257 w\u0254 jag \u0253a\u014b g\u0254\u00a0: les Tupuri de Touloum parlent la langue de \u2018\u0253\u0101\u014b g\u0254\u2019.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0181\u0101\u014b -l\u00ed\u014b<\/strong> n. 1. Compos\u00e9 de <strong>\u0253\u0101\u014b- <\/strong>(vers) et de <strong>-li\u014b<\/strong> (chez soi, la maison). Terme qui d\u00e9signe la maison d\u2019origine. 2. Aujourd\u2019hui le terme d\u00e9signe les villages suivants\u00a0: Nenbagre, S\u025b\u025br\u025b, Daawa, Ga\u014bwu, Darbe, Mondawr\u00e9, Blambale, Laale, Guw\u025b\u025b, Ci\u014bri\u014b, Guyu, Gu\u0257um, Yoway... 3. D\u00e9signe la vari\u00e9t\u00e9 dialectale du tupuri parl\u00e9e dans ces villages et les villages frontaliers du Cameroun ayant le m\u00eame parler. Ex\u00a0: jar \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b \u0257e w\u0254 d\u00e0y ga t\u00e0y\u00a0: les Tupuri de \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b appellent le b\u0153uf \u201ctay\u2019\u2019.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0253\u0101\u014b -w<\/strong><strong>\u025b\u0301r\u025b<em>.<\/em><\/strong> 1. Compos\u00e9 de \u0253\u0101\u014b- (vers) et de -w\u025b\u0301r\u025b\u0300 (derri\u00e8re, levant), vers le soleil levant, l\u2019Est. 2. Le terme d\u00e9signe le peuple tupuri rapproch\u00e9 de Fianga et les villages frontaliers du c\u00f4t\u00e9 du Cameroun. 3. Vari\u00e9t\u00e9 dialectale en usage dans ces r\u00e9gions.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe d'exhaustivit\u00e9<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 est un point incontournable dans la description des entr\u00e9es de dictionnaire. Dans le but d\u2019am\u00e9liorer la structure d\u00e9finitionnelle du dictionnaire, le\u00b7la lexicographe doit s\u2019assurer que tous les sens des adresses sont pris en compte. Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 est appr\u00e9hend\u00e9 sous deux angles\u00a0: une interne et l\u2019autre externe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019exhaustivit\u00e9 interne<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un DEC, l\u2019exhaustivit\u00e9 interne consiste \u00e0 ne n\u00e9gliger aucun d\u00e9tail dans le traitement d\u2019une unit\u00e9 lexicale. Ce principe touche la microstructure du dictionnaire. C\u2019est dans ce sens que Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>. affirment\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un DEC, l\u2019article d\u2019une lexie L inclut tous les renseignements lexicographiques n\u00e9cessaires, d\u2019une part, pour bien utiliser L elle-m\u00eame, et d\u2019autre part, pour pouvoir trouver les autres lexies L1, L2, etc., s\u00e9mantiquement li\u00e9es \u00e0 L (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 1995, p.\u00a042).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ainsi dire, ce principe exige de la part du\u00b7de la lexicographe un travail de description pouss\u00e9e en inventoriant tous les acceptions possibles qu\u2019une lexie vedette peut avoir. Ce principe est clairement \u00e9nonc\u00e9, car il ne s\u2019agit pas, en effet, de d\u00e9crire L en mettant juste en exergue les lex\u00e8mes qui lui sont s\u00e9mantiquement li\u00e9s. Or dans le DITFA, les entr\u00e9es pr\u00e9sentent des descriptions d\u00e9faillantes qui sont partielles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au lieu de cette description par exemple\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(10) b\u00e4a <\/strong><em>n.<\/em> 1. Dieu. 2. Pluie, b\u00e4a r\u0101a \u201cil pleut\u2019\u2019. (Dieu\/pleure) b\u00e4a tuf s\u0101ar\u0113. Se dit en d\u00e9but de saison (pluie\/crache\/la salive). <em>Prov.<\/em>\u00e0 jo\u2019 d\u00eb b\u00e4a j\u00e8 k\u00ect\u00e8\u2019\u00eb g\u00e4 \u2018\u2018on ne s\u00e8me pas avec la pluie du menteur\u2019\u2019 (DITFA, 29B),<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">nous proposons plut\u00f4t la version am\u00e9lior\u00e9e suivante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(11) b\u00e0a1<\/strong> n. [Culture]. Dieu : Il est consid\u00e9r\u00e9 comme le cr\u00e9ateur et c\u2019est lui qui tient tout dans ses mains : les vivants, les morts, les puissances de la nature, celui qui donne la vie et la mort. Il est encore le juge supr\u00eame. Tous les autres gardiens de la tradition comme : les anc\u00eatres (<strong>moorebe<\/strong>), les \u00e2mes des morts (<strong>manmbuyuuri<\/strong>), les puissances qui gardent la nature, demandent reconnaissance et respect (<strong>so\u0327o\u0327re<\/strong>\u00a0), ne sont que des instruments d\u2019une seule volont\u00e9, celle de Dieu. Il y a diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de penser \u00e0 Dieu. Il y a le Dieu supr\u00eame qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0Wa\u014bkluu\u00a0\u00bb, grand chef, ou simplement <strong>b\u00e0a<\/strong> et il y a le <strong>b\u00e0a maa laa ti\u014b, <\/strong>le Dieu qui fonde le foyer et les \u00ab\u00a0b\u00e0a\u00a0\u00bb personnels, le <strong>b\u00e0a\u00a0<\/strong>de chaque famille. Au d\u00e9but de la saison des pluies, tout Tupuri mari\u00e9 pr\u00e9pare un b\u00e9lier ou un mouton accompagn\u00e9 du yii pour offrir un sacrifice au seul Dieu fondateur de son foyer et cr\u00e9ateur de l\u2019univers. On pense qu\u2019il y a un <strong>b\u00e0a<\/strong> cens\u00e9 prot\u00e9ger le mariage, qui aide \u00e0 trouver la femme et \u00e0 unir l\u2019homme et la femme <strong>b\u00e0a ha\u0327 wa\u0327y ne s<\/strong><strong>\u025b w<\/strong><strong>\u025br maa laa ti\u014b ne s<\/strong><strong>\u025bti<\/strong>. Dieu lui donne la femme pour fonder la famille. <em>Figure\u00a0:<\/em> <strong>B\u00e0a tag <\/strong><strong>\u0257uu <\/strong><strong>\u0253\u025b g<\/strong><strong>\u0254 <\/strong>dieu a effac\u00e9 son nom. \u00c0 l\u2019annonce de la mort d\u2019une personne, les gens disent que Dieu a effac\u00e9 son nom. Si la personne malade, les gens disent : <strong>B\u00e0a \u014bgar <\/strong><strong>\u0257uu <\/strong><strong>\u0253\u025b g<\/strong><strong>\u0254 g\u00e0 <\/strong><strong>\u0257a<\/strong>\u00a0: Dieu n\u2019a pas encore effac\u00e9 son nom. <em>Proverbe\u00a0<\/em>:<strong> kurkudu wa\u0327 a\u0327 ga \u00e0 j<\/strong><strong>\u0254\u014b hun se kawre <\/strong><strong>\u0253\u0254 w<\/strong><strong>\u0254 g\u00e0, s<\/strong><strong>\u025bn mokay se <\/strong><strong>\u0253\u0254 ni nd<\/strong><strong>\u0254 ma\u2019 wel B\u00e0a de d<\/strong><strong>\u0254\u0254haw<\/strong> : Pigeon dit qu\u2019il ne faut pas \u00eatre jaloux de ses proches, cela \u00e9quivaut \u00e0 un coup de gifle donn\u00e9 \u00e0 l\u2019enfant de Dieu. <em>Syn<\/em>.\u00a0: <strong>Wa\u014bkluu<\/strong>, <strong>Pantway<\/strong>, <strong>Manw\u00far-B\u00e0a<\/strong> et Dieu par J\u00e9sus-Christ, pour les croyants chr\u00e9tiens.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>b\u00e0a<\/strong>2 n. 1) cause qui d\u00e9termine les ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques. 2) pluie. 3) foudre, gr\u00eale. <em>Proverbe<\/em>\u00a0: <strong>\u00e0 kab de b\u00e0a je get<\/strong><strong>\u025b\u2019 g\u00e0<\/strong>\u00a0: on ne s\u00e8me pas avec la pluie d\u2019un menteur. <strong>b\u00e0a bayraage ti w\u01d4r <\/strong><strong>\u0253\u025b wa<\/strong>\u00a0: il ne pleut pas au bon moment. <strong>b\u00e0a caa swaare<\/strong> le ciel est couvert de nuages. Ex\u00a0: <strong>b\u00e0a caa swaare wara ci\u014b deba\u014b\u00a0<\/strong>: le ciel est couvert de nuages aujourd\u2019hui. <strong>b\u00e0a de buggi<\/strong> pleuvoir en gouttelettes. ex : <strong>b\u00e0a de buggi yaf-yafe, y<\/strong><strong>\u025bf-y<\/strong><strong>\u025bf<\/strong><strong>\u025b\u00a0<\/strong>: il pleut des gouttelettes. <strong>b\u00e0a de cw\u0229\u2019ge<\/strong> il y a une fine pluie. <strong>b\u00e0a duu l<\/strong><strong>\u025b<\/strong> le tonnerre gronde. <strong>B\u00e0a j<\/strong><strong>\u0254\u014b re<\/strong> Dieu a agi en produisant un malheur. Var. : <strong>Wa\u014bkluu j<\/strong><strong>\u0254\u014b re<\/strong>. <strong>b\u00e0a \u2018wu\u0327y l<\/strong><strong>\u025b<\/strong> la pluie se pr\u00e9pare.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Voici une autre d\u00e9faillance descriptive\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(12)<\/strong> <strong>w\u00e4\u0101 <\/strong><em>n. <\/em>\u00e9toile du matin. <em>Cf. <\/em>g\u00e9r\u00eb (273W).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tous les sens de la lexie \u00ab\u00a0w\u00e4\u0101\u00a0\u00bb ne sont pas d\u00e9termin\u00e9s. La lexie \u00ab\u00a0w\u00e4\u0101\u00a0\u00bb est polys\u00e9mique et l\u2019unit\u00e9 s\u00e9mique dont l\u2019autrice fait mention ci-haut n\u2019est qu\u2019un sens connot\u00e9 n\u00e9 de son emploi m\u00e9taphorique (fl\u00e8che = \u00e9toile). Nous proposons plut\u00f4t la description suivante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(13) W\u00e4\u0101 <\/strong><em>n<\/em> . 1) fl\u00e8che. waa maa jag ndel\u025bm \u0253\u025b\u2019 k\u0229\u0229 g\u00e0 : la fl\u00e8che dont le bout est pointu ne pique pas l\u2019autre. 2) aiguille en fer pour coudre les calebasses. W\u00e4\u0101 maa sa\u0327a\u0327 ha\u0327ne : aiguille pour coudre la calebasse. 3) \u00e9toile du matin. naa laa dewaa naage\u00a0: nous partirons \u00e0 l\u2019apparition de l\u2019\u00e9toile du matin. 4) germination des plantes. W\u00e4\u0101 s\u00f9w\u025b\u0308\u025b la we go\u00a0: les germes d\u2019arachide sont sortis.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019exhaustivit\u00e9 externe<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 externe se situe au niveau macrostructural du dictionnaire. La r\u00e9ussite d\u2019un dictionnaire r\u00e9side aussi et surtout dans l\u2019inventaire de tous les lex\u00e8mes disponibles dans la langue source. Si tous les lex\u00e8mes de la langue sont mis en exergue dans ledit dictionnaire, il y aura \u00e0 notre avis moins d\u2019ambigu\u00eft\u00e9. Le DITFA est un r\u00e9pertoire d\u2019environ 3000 entr\u00e9es lexicales. Or, une langue comme le tupuri pr\u00e9sente une mosa\u00efque d\u2019unit\u00e9 lexicale qu\u2019il faut consid\u00e9rer. Par cons\u00e9quent, pour r\u00e9pondre au principe r\u00e9dactionnel du dictionnaire explicatif, il faut inventorier le plus grand nombre possible de lex\u00e8mes de la langue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 externe peut \u00eatre per\u00e7u comme l\u2019un des principes qui guident le\u00b7la lexicologue dans la constitution de la documentation linguistique ou comme son point de d\u00e9part. Ce principe de recherche des entr\u00e9es doit \u00eatre ind\u00e9pendant du\u00b7de la lexicographe et se baser sur des faits r\u00e9els et des points de vue objectivement orient\u00e9s. Ceci dit, il faut obligatoirement consulter des bases de donn\u00e9es textuelles. C\u2019est une source tr\u00e8s importante de renseignement sur la langue. En plus du dictionnaire existant, la source de documentation qui nous semble accessible et rentable est celle des ouvrages traduits du fran\u00e7ais vers le tupuri. Elle peut servir de base de donn\u00e9es lexicales. Un exemple patent est celui de la Bible en tupuri qui est une traduction de la version fran\u00e7aise. Ce document est un r\u00e9pertoire important de lex\u00e8mes de cette langue. Le\u00b7la r\u00e9dacteur\u00b7trice du dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais peut s\u2019en servir comme base de donn\u00e9es pour l\u2019extraction de la mati\u00e8re premi\u00e8re n\u00e9cessaire afin d\u2019organiser la macrostructure du dictionnaire id\u00e9al vers lequel il\u00b7elle veut tendre.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles de description de la d\u00e9finition lexicographique bilingue<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En s\u2019appuyant sur les principes de description pr\u00e9sent\u00e9s en amont, on peut \u00e9noncer un certain nombre de r\u00e8gles de r\u00e9daction. Dans la r\u00e9daction de la d\u00e9finition lexicographique, la rigueur de la logique de la structuration du sens des lexies doit absolument \u00eatre respect\u00e9e. Cette logique passe par l\u2019observation des r\u00e8gles d\u2019\u00e9laboration de la d\u00e9finition lexicographique. Bien qu\u2019on les appelle r\u00e8gles, ces lignes directrices et ces conventions ne rev\u00eatent pas toutes un caract\u00e8re strictement obligatoire. Si certaines ne connaissent gu\u00e8re d\u2019exceptions, d\u2019autres correspondent plus \u00e0 des recommandations. Compte tenu des probl\u00e8mes que nous avons r\u00e9pertori\u00e9s dans le DITFA (Ta\u00efwe, 2017), nous pouvons \u00e9noncer quelques r\u00e8gles susceptibles de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un dictionnaire mod\u00e8le. Ces r\u00e8gles ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es en trois sous-ensembles\u00a0: d\u2019abord celles qui portent sur des domaines ou des sous-domaines, ensuite celles qui sont associ\u00e9es au d\u00e9finisseur initial, et enfin celles qui portent sur les caract\u00e8res d\u00e9finitoires.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles relatives au domaine et au sous-domaine<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe des r\u00e8gles applicables au domaine et au sous-domaine d\u2019une lexie. La d\u00e9finition ne doit ni inclure d\u2019indication du domaine ni du sous-domaine. Dans le cas des unit\u00e9s lexicales \u00e0 th\u00e8me, la mention du domaine peut s\u2019av\u00e9rer redondante lorsqu\u2019il est du m\u00eame pour l\u2019ensemble de l\u2019entr\u00e9e dont il est question.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant la description des lex\u00e8mes (et surtout au niveau du choix initial et des caract\u00e8res), on doit tenir compte du domaine (et le cas \u00e9ch\u00e9ant, du sous-domaine) auquel appartient le concept \u00e0 d\u00e9finir. Selon la fa\u00e7on dont ce domaine est structur\u00e9, le concept s\u2019inscrit dans une arborescence particuli\u00e8re, ce qui peut influencer, entre autres, le choix du d\u00e9finisseur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019incluant g\u00e9n\u00e9rique ne doit pas \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de syntagmes comme <em>esp\u00e8ce de<\/em>,<em> type de <\/em>ou <em>genre de<\/em>. Dans une relation g\u00e9n\u00e9rique, le concept sp\u00e9cifique correspond n\u00e9cessairement \u00e0 une classe (esp\u00e8ce, genre, type, etc.) du concept g\u00e9n\u00e9rique, ces mentions sont donc superflues.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e8gle pr\u00e9c\u00e9dente comporte des exceptions. Ainsi, des syntagmes tels que <em>forme de<\/em>,<em> type de<\/em>, ou<em> vari\u00e9t\u00e9 de <\/em>et<em> esp\u00e8ce de<\/em> peuvent occasionnellement \u00eatre plac\u00e9s devant le terme g\u00e9n\u00e9rique notamment lorsque le lien entre l\u2019incluant et le d\u00e9fini ne para\u00eet pas suffisamment \u00e9vident, ou encore lorsque l\u2019incluant ne transmet pas tous ses caract\u00e8res au concept que l\u2019on souhaite d\u00e9finir. Dans l\u2019ensemble, l\u2019autrice (Ruelland) a le souci du respect de cette r\u00e8gle. Toutes ses entr\u00e9es n\u2019ont pas les \u00e9l\u00e9ments m\u00e9talinguistiques mentionn\u00e9s ci-haut, ce qui est plut\u00f4t r\u00e9confortant. Exemples\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(14)<\/strong> <strong>p\u0101al\u0113<\/strong> <em>n<\/em>. Tabouret des femmes, en bois (DITFA, 230P);<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(15)<\/strong> <strong>ge\u0300\u0257r\u00ebw <\/strong><em>n. <\/em>plante parasite du <strong>furi<\/strong> (<em>Guiera senegalensis<\/em>) (DITFA, 98G).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles relatives au d\u00e9finisseur initial<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9finisseur initial doit normalement \u00eatre de la m\u00eame cat\u00e9gorie grammaticale que le terme d\u00e9fini. Ainsi, le d\u00e9finisseur initial d\u2019un substantif, celui d\u2019un verbe doit \u00eatre un verbe \u00e0 l\u2019infinitif. La d\u00e9finition ne doit ni commencer par un article, ni par adjectif d\u00e9monstratif, ni par un pronom d\u00e9monstratif (V\u00e9zina, 2009). Elle ne devrait non plus commencer par un adjectif ind\u00e9fini ni par un pronom ind\u00e9fini. Voici un exemple de d\u00e9finition qui illustre ce probl\u00e8me\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(16) t\u00ebn\u00ebn\u0113 <\/strong><em>q.<\/em> 1. Frais (d\u00e9signe la nourriture fra\u00eeche, crue et non cuisin\u00e9e). 2. d\u2019un \u00eatre anim\u00e9\u00a0: en bonne sant\u00e9, \u00e9panoui (DITFA, 259T).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette d\u00e9finition, la structure d\u00e9finitionnelle de la deuxi\u00e8me acception n\u2019est pas satisfaisante. Comme \u00e9nonc\u00e9 par la r\u00e8gle, il est inadmissible qu\u2019on introduise une d\u00e9finition par un article lorsque l\u2019entr\u00e9e est un adjectif. On dira que \u00ab\u00a0<strong>d\u2019un \u00eatre <\/strong>anim\u00e9\u00a0\u00bb est insatisfaisant. Nous proposons plut\u00f4t la description suivante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(17) T\u00ebn\u00ebn\u0113 <\/strong>adj. 1) vivant. 2) frais (nourriture fra\u00eeche). 3) cru. n\u00e0y tenene\u00a0: viande cru, pa\u0327a\u0327re-kage maa tenene\u00a0: \u0153uf frais, pa\u0327a\u0327 tenene\u00a0: lait non caill\u00e9, mbay tenen\u00a0: manioc cru. 4) \u00e9veill\u00e9. Ndi t\u00ebn\u00ebn\u0113\u00a0: je suis \u00e9veill\u00e9. 5) \u00e9panoui.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, cette r\u00e8gle ne s\u2019applique pas toujours lorsqu\u2019il s\u2019agit de la d\u00e9finition d\u2019un adjectif ou d\u2019un adverbe introduit par un faux incluant.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9finition ne doit pas \u00eatre m\u00e9talinguistique, car l\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitoire doit d\u00e9crire le concept et non le signe. Elle ne d\u00e9butera donc pas par des formules telles que <em>terme qui d\u00e9signe<\/em>,<em> nom donn\u00e9 \u00e0<\/em>,<em> verbe qui signifie.<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les adjectifs qualificatifs, le recours \u00e0 des d\u00e9finisseurs initiaux tels que <em>se dit de <\/em>et <em>qualifie le <\/em>s\u2019av\u00e8re souvent in\u00e9vitable, notamment lorsque les objets qu\u2019un adjectif peut qualifier sont restreints. Toutefois, lorsque cela est possible, on aura plut\u00f4t recours \u00e0 des d\u00e9finisseurs initiaux tels que <em>qui<\/em>,<em> relatif \u00e0<\/em>,<em> apte \u00e0<\/em>,<em> propre \u00e0<\/em>,<em> destin\u00e9<\/em>. Cette m\u00e9talangue de description permet au\u00b7\u00e0 la r\u00e9dacteur\u00b7trice de l\u2019ouvrage lexicographique de d\u00e9finir sans avoir recours \u00e0 une tournure m\u00e9talinguistique (d\u00e9finition tautologique) et de respecter le principe de substitution.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Quelques solutions \u00e0 l\u2019inexistence des \u00e9quivalents fran\u00e7ais dans la langue tupuri<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il est tr\u00e8s difficile de trouver l\u2019\u00e9quivalent exact d\u2019une unit\u00e9 lexicale tupuri en fran\u00e7ais pour certains lex\u00e8mes qui ont une charge culturelle forte. Pourtant, dans un dictionnaire bilingue, le\u00b7la lexicographe doit donner satisfaction aux utilisateur\u00b7trice\u00b7s \u00e0 l\u2019instar des traducteur\u00b7tice\u00b7s et des apprenant\u00b7e\u00b7s de la langue dont il est question. Comment proc\u00e9der alors \u00e0 la traduction dans un dictionnaire bilingue o\u00f9 ces unit\u00e9s lexicales de la langue source n\u2019ont pas, <em>a priori<\/em>, d\u2019\u00e9quivalent dans la langue cible (Franji\u00e9, 2008)?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Deux remarques s\u2019imposent ici \u00e0 notre avis. D\u2019une part, la solution pr\u00e9conis\u00e9e par ces d\u00e9fenseur\u00b7e\u00b7s n\u2019est pas toujours r\u00e9alisable[footnote]Cette position ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 chez les auteur\u00b7trice\u00b7s. Lynne Franji\u00e9 (2008), par exemple, \u00e9pouse la pens\u00e9e selon laquelle il faut faire appel \u00e0 la traduction de ce type d\u2019unit\u00e9s lexicales par des \u00e9quivalents explicatifs afin qu\u2019ils soient compris de tous les utilisateur\u00b7trice\u00b7s.\u00a0[\/footnote]. D\u2019autre part, cette typologie n\u2019est pas suffisante pour \u00e9clairer le type d\u2019\u00e9quivalence mise en jeu\u00a0: les trois composantes du sens lexical (d\u00e9notation, connotation, domaine d\u2019application) ne sont pas toujours r\u00e9alisables. Par cons\u00e9quent, il faut tout d\u2019abord insister sur le rapport signifi\u00e9\/signifiant de la langue source et son \u00e9quivalent en langue cible, d\u00e9crire ensuite, et suffisamment, l\u2019unit\u00e9 lexicale et proposer \u00e0 chaque acception des exemples qui permettront de compl\u00e9ter le sens de l\u2019entr\u00e9e en langue cible. Enfin, si ces propositions s\u2019av\u00e8rent non rentables ou faillibles, il faut alors recourir \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une unit\u00e9 lexicale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les probl\u00e8mes d\u2019\u00e9quivalence se posent sur deux plans\u00a0: le plan du r\u00e9el et le plan de la langue. Le r\u00e9el existe-t-il ou non dans la langue des locuteur\u00b7trice\u00b7s? Le lex\u00e8me qui le d\u00e9signe existe-t-il ou non dans la langue des locuteur\u00b7trice\u00b7s? \u00c0 partir de ces interrogations, Lynne Franji\u00e9 (2008) distingue trois cas de figure.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 le signifi\u00e9 renvoie \u00e0 une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 culturelle et le signifiant est repr\u00e9sent\u00e9 par un \u00e9l\u00e9ment du lexique dans les deux langues<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, l\u2019\u00e9quivalence est totale, le probl\u00e8me s\u00e9mantique s\u2019en trouve contrecarr\u00e9. Non seulement la t\u00e2che du\u00b7de la lexicographe s\u2019en trouve facilit\u00e9e, mais l\u2019usager\u00b7e est surtout satisfait\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(18) w\u00e4\u0101y <\/strong><em>n. <\/em>chien (DITFA, 175W);<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">(<strong>19) w\u00e0ag\u00eb <\/strong><em>n.<\/em> plaie (DTFA, 275W).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 le mot existe en fran\u00e7ais et en tupuri, mais la r\u00e9alit\u00e9 culturelle est absente en fran\u00e7ais<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette sous-section pr\u00e9sente le cas o\u00f9 le mot existe dans les deux langues, mais la r\u00e9alit\u00e9 culturelle est absente de l\u2019univers de la langue cible, donc peu ou pas connue de son\u00b7sa locuteur\u00b7trice. C\u2019est le cas, par exemple, de certaines r\u00e9alit\u00e9s appartenant \u00e0 la culture africaine en g\u00e9n\u00e9ral et celle tupuri en particulier\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(20)<\/strong> <strong>w\u00e0al\u00eb-m\u00e4n-s\u0101m <\/strong><em>n.<\/em> sorgho <em>sp.<\/em>, le nom vient de la forme de la panicule (DITFA, 272W).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9quivalent est dans ce cas une unit\u00e9 lexicale correspondant \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, mais le\u00b7la locuteur\u00b7trice de la langue cible ne reconna\u00eet pas forc\u00e9ment le signifi\u00e9 exact ou ne comprend pas forc\u00e9ment l\u2019\u00e9quivalent cit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 l\u2019\u00e9quivalent est inexistant<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier \u00e9l\u00e9ment est le cas o\u00f9 l\u2019\u00e9quivalent est inexistant\u00a0: la <em>r\u00e9alit\u00e9 culturelle <\/em>(signifi\u00e9) est inexistante de m\u00eame que le <em>lex\u00e8me<\/em> (signifiant) en fran\u00e7ais (langue cible). Les unit\u00e9s lexicales qui correspondent \u00e0 ce cas entrent dans la cat\u00e9gorie de ce que l\u2019on appelle les <em>intraduisibles<\/em>. C\u2019est ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui pose le probl\u00e8me de traitement du sens des entr\u00e9es dans les dictionnaires bilingues (B\u00e9joint et Thoiron, 1996). Les exemples sont nombreux en ce qui concerne la traduction tupuri\/fran\u00e7ais. Citons \u00e0 titre d\u2019illustrations les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019initiation\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(21)<\/strong> <strong>g<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0254ni <\/strong><em>n. <\/em>Initiation des hommes. Syn.\u00a0: <strong>g<\/strong><strong>\u0254\u0300n<\/strong><strong>\u0254g\u00e1y<\/strong>,<strong> l<\/strong><strong>\u025b\u0253\u025b<\/strong> (DITFA, 108G).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me des <em>intraduisibles<\/em>, nous pr\u00e9conisons le recours \u00e0 une <em>glose contextuelle<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une phrase explicative qui remplace l\u2019\u00e9quivalent lorsqu\u2019il n\u2019existe pas ou lorsqu\u2019il est partiellement pr\u00e9sent\u00e9. Elle sera assimilable \u00e0 une d\u00e9finition de dictionnaire monolingue par la description s\u00e9mantique de l\u2019entr\u00e9e qu\u2019elle fournit et \u00e0 un article d\u2019encyclop\u00e9die par l\u2019information sur l\u2019aspect culturel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sugg\u00e9rons, pour l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0g\u0254\u0300\u0254ni\u00a0\u00bb, la glose contextuelle suivante\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(22) g<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0254ni <\/strong><em>n.<\/em> [Culture]. Initiation des hommes. Les derni\u00e8res initiations remontent \u00e0 1955 (l\u2019\u00e9poque de Debsikreo) et 1975 (l\u2019\u00e9poque de D\u0254\u0254l\u025b Disdandi). \u00a0En 1975 elle se d\u00e9roula avec l\u2019aval du gouvernement tchadien et sous la r\u00e9pression du gouvernement camerounais et r\u00e9cemment en 2009 et 2010 avec l\u2019aval du gouvernement camerounais. <em>Syn<\/em>.\u00a0: gonog\u00e1y, l\u025b\u0253\u025b.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons pr\u00e9sent\u00e9 non seulement les principes et r\u00e8gles inspir\u00e9s des th\u00e9ories du <em>Dictionnaire explicatif et combinatoire<\/em>, mais \u00e9galement quelques solutions aux imperfections constat\u00e9es dans la pratique lexicographique<em>.<\/em> Nous avons utilis\u00e9 le DEC comme sonde pour \u00e9prouver le DITFA. Il appara\u00eet clairement que certains traitements d\u2019entr\u00e9es gagneraient \u00e0 \u00eatre \u00e9lagu\u00e9s. Les principes de formalit\u00e9, de coh\u00e9rence, d\u2019uniformit\u00e9 et d\u2019exhaustivit\u00e9 (interne et externe) sont les points focaux de nos investigations. Pour am\u00e9liorer le contenu s\u00e9mantique des adresses, il \u00e9tait judicieux de questionner le traitement de la d\u00e9finition lexicographique du DITFA. Tout\u00b7e praticien\u00b7ne de la lexicographie bilingue trouve ici un moyen pour l\u2019am\u00e9lioration du contenu des entr\u00e9es. Nous pr\u00e9conisons la description hypersp\u00e9cifique de l\u2019unit\u00e9 lexicale et l\u2019usage des exemples d\u00e9finitoires pour le compl\u00e9ment de sens des lex\u00e8mes dans la langue cible. Plus encore, lorsque l\u2019\u00e9quivalent n\u2019existe pas dans la langue cible, le\u00b7la lexicographe doit avoir recours \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 lexicale et l\u2019emprunt qui sont deux sources d\u2019enrichissement de la langue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces approches sont une \u00e9volution de la pratique lexicographique ancienne. Cependant, son impl\u00e9mentation reste un v\u00e9ritable serpent de mer pour les lexicographes. C\u2019est une m\u00e9thode rigoureuse qui, de nos jours, est facilit\u00e9e par l\u2019assistance par ordinateur. Il est \u00e0 noter que le travail de lexicographie n\u00e9cessite l\u2019acc\u00e8s \u00e0 de nombreuses informations de sources diff\u00e9rentes. Nous pensons que l\u2019usage des sources externes telles que les Bibles \u00e9lectroniques traduites dans les langues africaines sont des bases de donn\u00e9es importantes pour enrichir la structure d\u2019adressage des dictionnaires bilingues en Afrique. L\u2019usage des logiciels de traitement automatique des langues est une avanc\u00e9e consid\u00e9rable dans la pratique actuelle en lexicographie. Ainsi, les sciences informatique et lexicographique se c\u00f4toient dans un dynamisme qui facilite le travail du\u00b7de la chercheur\u00b7euse qui peinait davantage \u00e0 produire un lexique cons\u00e9quent.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">B\u00e9joint, Henry et Toiron, Philippe. 1996. <em>Les dictionnaires bilingues<\/em>. Paris\u00a0: De Boeck Sup\u00e9rieur.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cappelletti (1996). <em>Dictionnaire Tupuri-fran\u00e7ais<\/em>. Guidiguis\u00a0: Mission Catholique de Guidiguis.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Comit\u00e9 de traduction de la langue tupuri. 2004. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais.<\/em> Touloum\u00a0: Mission Catholique (in\u00e9dit).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Franji\u00e9, Lynne. 2008. Le casse-t\u00eate des dictionnaires bilingues pour traducteurs\u00a0: le cas des dictionnaires arabes bilingues. Dans Elisenda Bernal, Janet DeCesaris (dir.), <em>Bilingual lexicography<\/em>. <em>Euralex International Congress 13<\/em> (p.\u00a0855-868)<em>. <\/em>Barcelona, Spain.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mel\u2019cuk, Igor Alain. 1984. <em>Vers un dictionnaire explicatif et combinatoire du fran\u00e7ais contemporain<\/em>. Presses Universitaires de Montr\u00e9al\u00a0: Montr\u00e9al.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mel\u2019cuk, Igor, Clas Andr\u00e9 et Polgu\u00e8re, Alain. 1995. <em>Introduction \u00e0 la lexicologie explicative et combinatoire<\/em>. Louvain-la-Neuve\u00a0: Duculot\/AUPELF-UREF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1988. <em>Dictionnaire Tupuri-Fran\u00e7ais-Anglais\u00a0: r\u00e9gion de Mindaore-Tchad.<\/em> Paris\u00a0: Peeters\/Selaf.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2017. <em>Analyse s\u00e9mantique d\u2019un ouvrage lexicographique interlinguistique\u00a0: cas du dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais de Suzanne Ruelland.<\/em> M\u00e9moire de master en sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">V\u00e9zina, Rimouski <em>et<\/em> <em>al. <\/em>2009. <em>La R\u00e9daction de d\u00e9finitions terminologiques.<\/em> Qu\u00e9bec\u00a0: Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet article questionne les r\u00e8gles et les principes utilis\u00e9s par Suzanne Ruelland pour la confection du <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais<\/em> (DITFA). Le corpus est un dictionnaire trilingue mais nous insistons sur la paire tupuri-fran\u00e7ais pour maintenir la perspective bilingue. Ce dictionnaire a le m\u00e9rite de constituer un document de base important pour l\u2019apprentissage et la pratique du tupuri de par son anciennet\u00e9 et le fait qu\u2019il soit plus vulgaris\u00e9. Toutefois, une analyse assez fine, \u00e0 la lumi\u00e8re de la lexicologie explicative et combinatoire, permet de faire ressortir des insuffisances tant au niveau de l\u2019exhaustivit\u00e9 interne et externe qu\u2019au niveau du m\u00e9talangage formel et de la coh\u00e9rence des d\u00e9finitions accord\u00e9es aux entr\u00e9es. Ce tr\u00e9sor de la langue tupuri m\u00e9rite un soin particulier dans l\u2019inventaire de ses adresses, la structuration des collocations et leurs descriptions. Le DITFA est pass\u00e9 au crible des techniques de la lexicologie explicative et combinatoire. Ces pr\u00e9alables th\u00e9oriques sont sans doute une plus-value pour la conception et l\u2019\u00e9laboration des dictionnaires bilingues. Les \u00e9carts constat\u00e9s dans le dictionnaire de Ruelland tiennent lieu de postulat pour poser les jalons d\u2019une nouvelle analyse macro\/microstructurale du dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais inspir\u00e9e du dynamisme des pratiques lexicographiques actuelles.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/dictionnaire\/\">dictionnaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/lexicographie\/\">lexicographie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/lexicologie-explicative-et-combinatoire\/\">lexicologie explicative et combinatoire<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/tupuri\/\">tupuri<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This article questions the rules and principles used by Suzanne Ruelland to create the <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais<\/em> (DITFA). The corpus is a trilingual dictionary but we insist on the Tupuri-French pair to maintain the bilingual perspective. This dictionary has the merit of constituting an important basic document for learning and practicing Tupuri because of its seniority and the fact that it is more popularized. However, a rather fine analysis, in the light of explanatory and combinatorial lexicology, reveals shortcomings both in terms of internal and external completeness and in terms of formal metalanguage and the consistency of the definitions given to the entries. This treasure of the Tupuri language deserves particular care in the inventory of its addresses, the structuring of collocations and their descriptions. The DITFA has been sifted through the techniques of explanatory and combinatorial lexicology. These theoretical prerequisites are undoubtedly an added value for the conception and elaboration of bilingual dictionaries. The discrepancies observed in Ruelland&rsquo;s dictionary serve as a postulate to lay the foundations for a new macro\/microstructural analysis of the Tupuri-French dictionary inspired by the dynamism of current lexicographical practices.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/dictionary\/\">dictionary<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/explanatory-and-combinatorial-lexicology\/\">explanatory and combinatorial lexicology.<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/lexicography\/\">lexicography<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/tupuri\/\">Tupuri<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (tupuri)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span lang=\"EN\">K\u03adft\u03adr s\u025bn l\u0101 w\u00ec\u0257 w\u0113r j\u0101g l\u00ed\u014bg\u00ecn w\u0254 de f\u00e1\u00e1ge m\u00e0g\u00e0 Suzanne Ruelland h\u025br ti \u0253\u00e1ar\u00e0 ma kal digsi\u0254n\u025br tp\u00fcr-frans\u03ad-angl\u03adn (DITFA) go mo no. \u018a\u03adr\u03adwaln di\u014b digsion\u025br m\u00e1 j\u00e1g w\u03adr swa\u02ca, \u0101ma w\u00fcr b\u00e1\u00e1 w\u00fcu deba\u014b di\u014b ti ma nen \u0253\u0254g no tp\u00fcr\u012b- frans\u03ad ma ka\u014b ti di\u014b ti w\u03adr jag ma sar sar \u0253\u0254g no. Digsion\u025br sen go tin\u0254 di\u014b \u0253\u0254\u2019ge w\u025br y\u03adrg\u00eb po ma d\u03ad\u02ca\u03adl ma hadge wo de w\u00e3\u00e3ge tpuri w\u03adr ga \u00e1 kal go pel ta\u014bgu, ni pa s\u03ad go ti \u014bgel \u0253uy. Da\u014bge \u0253uy, frugge n\u025bn \u0253e ma k\u0257um, de nga\u0253ge d\u025b l\u025bgsikoloji ma de ndar w\u025br wo de ma de taygeti kaara, kay ma ndar nen \u014bgel ma ga gwa\u0257 wo go se\u0253e da\u014bge ti pur w\u00e3\u00e3re ma \u0253iln wo de ma faalen noga ma ga ti \u0253a\u014b klewge w\u00e3\u00e3re ma \u0253il k\u025bft\u025brn wo de w\u00e3\u00e3\u0257ge ti w\u00e3\u00e3re ma de herge \u0253il\u0253\u025b wo no. Da\u2019ge se ma de jag tpurn wii \u00f5\u00f5ge po sara ti bagge k\u0257\u025bg k\u0257\u025bg waare maga kalwo ni mo no, sre\u2019ge w\u00e3\u00e3re ma de far kaaran wo de w\u00e3\u00e3\u0257ge ti \u0253aaran wo. DITFA de lamge de \u0257e\u014b l\u025bgsikoloji ma de ndar w\u025br wo de ma de tayge ti kaara. Feere sen ga \u00e0 ko nen ni tangun wo mo de\u014b tino ga \u00e0 kay wo ma kn\u025b\u2019ge wo de yerge digsi\u0254ner ma de wer jag \u0253\u0254g\u025b. Feere maga \u00e0 ko ga bay wo ti \u014bgel \u0253e \u0253il digsi\u0254ner ma ni Ruelland wa ka\u014b wo nen naa ma \u0253o\u2019 wer \u0257e\u014b fruggi nen digsi\u0254ner tp\u00fcr-frans\u03ad ti damge nen \u0253en wo de baage waale \u0253e no de mange se ya\u2019age ci\u014b jo\u014bge digsi\u0254ner ma patala wo no. <\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (tupuri)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/digsion%c9%9br%c9%9b\/\">digsion\u025br\u025b<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/l%c9%9bgsikografi\/\">l\u025bgsikografi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/l%c9%9bgsikoloji-ma-de-ndar-w%c9%9br-wo-de-ma-de-tayge-ti-kaara\/\">l\u025bgsikoloji ma de ndar w\u025br wo de ma de tayge ti kaara<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles-autre\/tpur\/\">tpur<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>6 mai 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>22 septembre 2020<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>23 d\u00e9cembre 2020<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Vu le dynamisme des th\u00e9ories lexicographiques actuelles et la pratique lexicographique interlinguistique des langues africaines vers les langues occidentales, nous constatons un \u00e9cart consid\u00e9rable. Un pont doit \u00eatre \u00e9tabli dans la mesure o\u00f9 l\u2019arrimage des pratiques actuelles des dictionnaires aux r\u00e9sultats de recherche en lexicographie est une plus-value pour l\u2019am\u00e9lioration du contenu des ouvrages de ce domaine. L\u2019objet du dictionnaire, on le sait, oscille entre la p\u00e9dagogie des formes et la description des contenus culturels, destin\u00e9e soit \u00e0 des apprenant\u00b7e\u00b7s, soit \u00e0 des lecteur\u00b7trice\u00b7s ma\u00eetrisant d\u00e9j\u00e0 la langue ou \u00e0 des traducteur\u00b7trice\u00b7s (Franji\u00e9, 2008). En effet, le passage de la description langagi\u00e8re \u00e0 celle des concepts et des r\u00e9f\u00e9rents est flou dans le dictionnaire tupuri (Ta\u00efwe, 2017, p.\u00a07).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse s\u00e9mantique de la structure du <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais-anglais<\/em> (DITFA)<a class=\"footnote\" title=\"C\u2019est le corpus exploit\u00e9 dans ce texte.\" id=\"return-footnote-236-1\" href=\"#footnote-236-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> de Ruelland (1988) nous laisse comprendre que la description des lex\u00e8mes en vue de la r\u00e9alisation d\u2019un ouvrage lexicographique est un travail minutieux qui ne peut se faire sans avoir consult\u00e9 au pr\u00e9alable les th\u00e9ories ad\u00e9quates. Cet exercice intellectuel n\u00e9cessite une base th\u00e9orique solide permettant de faire une analyse s\u00e9mique pouss\u00e9e de chaque adresse. Or, il existe des ouvrages lexicographiques, surtout dans les langues africaines dont la confection n\u2019a pas pris en compte les pr\u00e9alables th\u00e9oriques. Le pr\u00e9sent article questionne les r\u00e8gles et les principes utilis\u00e9s par Suzanne Ruelland pour la confection du DITFA<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient de prendre pour mod\u00e8le th\u00e9orique la structure du DEC (Dictionnaire Explicatif et Combiatoire) de Mel\u2019cuk (1984) inspir\u00e9e de la lexicographie explicative et combinatoire (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>., 1995). Ils donnent une orientation \u00e0 la th\u00e9orie en ces termes\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons r\u00e9solument b\u00e2ti notre approche sur la th\u00e9orie linguistique Sens Texte, qui sert de charpente et de fil directeur et nous fait aboutir \u00e0 un mod\u00e8le de dictionnaire, qui est un dictionnaire th\u00e9orique \u2013 non pas dans le sens qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019existence concr\u00e8te, mais dans l\u2019acception qu\u2019il r\u00e9pond \u00e0 une certaine vision th\u00e9orique de la r\u00e9alit\u00e9 linguistique, que son pouvoir descriptif est maximalis\u00e9, et donc que la justesse de la pr\u00e9sentation des faits de langue rend justice \u00e0 la th\u00e9orie sous-jacente (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al., <\/em>1995, p.\u00a05-6).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour des questions d\u2019ordre m\u00e9thodologique, nous avons choisi le DITFA comme corpus. Ce dictionnaire a le m\u00e9rite de constituer un document de base important pour l\u2019apprentissage et la pratique du tupuri de par son anciennet\u00e9 et le fait qu\u2019il soit plus vulgaris\u00e9 que les autres<a class=\"footnote\" title=\"Le dictionnaire de Cappelleti (1996) et celui en pr\u00e9paration par le comit\u00e9 de traduction de la langue tupuri (2004) sont in\u00e9dits.\" id=\"return-footnote-236-2\" href=\"#footnote-236-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans une maison d\u2019\u00e9dition connue (Peeters\/Selaf). C\u2019est un dictionnaire trilingue, mais nous insistons sur la paire tupuri-fran\u00e7ais pour maintenir la perspective bilingue. Il n\u2019est pas fortuit de parler de l\u2019\u00e9tiquetage de nos diff\u00e9rentes illustrations. Nos diff\u00e9rents exemples seront cod\u00e9s de la mani\u00e8re suivante\u00a0: les exemples sont num\u00e9rot\u00e9s en chiffre arabe du premier au dernier. Les lettres majuscules A \u00e0 Z indiquent l\u2019ordre alphab\u00e9tique o\u00f9 se situe l\u2019adresse. Cette lettre est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e du num\u00e9ro de page du dictionnaire (de 1 \u00e0 342) qui constitue l\u2019ensemble de notre corpus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le DEC \u00e9tait au pr\u00e9alable con\u00e7u pour la description des dictionnaires monolingues, mais les avanc\u00e9es de la th\u00e9orie prouvent qu\u2019il est applicable aux dictionnaires bilingues. L\u2019objectif poursuivi ici est de d\u00e9sambigu\u00efser les unit\u00e9s lexicales qui en font appel et proposer des m\u00e9thodes de description rigoureuse, formelle et exhaustive du lexique. Pour les r\u00e9alit\u00e9s qui \u00e9chappent \u00e0 ces th\u00e9ories (telle que l\u2019inexistence des \u00e9quivalents dans la langue fran\u00e7aise), il est, dans ce cas, incontournable de passer \u00e0 une cr\u00e9ation lexicale.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les principes d\u2019application de la lexicographie explicative et combinatoire dans le DITFA<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section pr\u00e9sente les diff\u00e9rents principes de r\u00e9daction du <em>Dictionnaire Explicatif et Combinatoire<\/em> de Mel\u2019cuk (1984) inspir\u00e9s de la lexicologie explicative et combinatoire de Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>. (1995, p.\u00a05). Elle v\u00e9rifie ainsi la formalit\u00e9, la coh\u00e9rence, l\u2019uniformit\u00e9 interne et l\u2019exhaustivit\u00e9 des entr\u00e9es du DITFA.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe de formalit\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe de formalit\u00e9 stipule que toute description lexicographique doit \u00eatre effectu\u00e9e dans un <em>m\u00e9talangage formel<\/em>. Il faut d\u00e9crire une entr\u00e9e de dictionnaire en indiquant tous les \u00e9l\u00e9ments qui rentrent dans la pr\u00e9sentation d\u2019une adresse de dictionnaire. Il s\u2019agit, entre autres, de la pr\u00e9sentation de la prononciation (phon\u00e9tique\/phonologie), de la classe grammaticale \u00e0 laquelle appartient l\u2019unit\u00e9 lexicale (nom, verbe, adjectif, adverbe\u2026). Le principe de formalit\u00e9 fait une pr\u00e9cision formelle de la description syntaxique en inventoriant tout l\u2019environnement lexical dans le but d\u2019extraire tous les emplois de la lexie mise en exergue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La description lexicographique doit \u00eatre, par cons\u00e9quent, explicite. L\u2019on ne doit pas laisser le soin \u00e0 l\u2019usager\u00b7e d\u2019user de son intuition, cela exclurait la fonction p\u00e9dagogique qu\u2019on assigne \u00e0 un ouvrage lexicographique. Pour s\u2019en convaincre, prenons les lexies suivantes\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(1)<\/strong> <strong>j\u00e4a\u1dc6k-si\u0301r <\/strong><em>n. <\/em>bosquet sacr\u00e9 du village o\u00f9 le chef de terre fait les sacrifices propri\u00e9taires aux anc\u00eatres du village (130J).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Ka\u0300le\u0300<\/strong> <em>v.empr.fr. <\/em>caler, mettre une cale pour coincer. Ndi ka\u0300le\u0300 j\u00e4a\u1dc6k ti\u014b\u00a0\u00ab\u00a0j\u2019ai cal\u00e9 la porte\u00a0\u00bb (142K).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet exemple, le m\u00e9talangage utilis\u00e9 par l\u2019autrice est le suivant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>n<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0nom\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>v<\/em>\u00a0\u00bb pour verbe et \u00ab\u00a0<em>empr<\/em>.<em>fr\u00a0\u00bb<\/em> pour indiquer que la lexie est un emprunt au fran\u00e7ais. Il faut avouer que le dictionnaire de Ruelland souffre d\u2019une absence de donn\u00e9es phonologiques indiquant la prononciation de chaque lexie-vedette.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe de coh\u00e9rence<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La description microstructurale d\u2019un article de dictionnaire, par souci de clart\u00e9, impose in\u00e9vitablement \u00e0 son\u00b7sa r\u00e9dacteur\u00b7trice la rigueur d\u2019une coh\u00e9rence interne. Pour assurer la liaison \u00e9troite, l\u2019adh\u00e9rence entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments internes du sens d\u2019une unit\u00e9 lexicale, il faut insister sur leur description logique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le sens et la structure de la d\u00e9finition doivent \u00eatre exempts de toute ambigu\u00eft\u00e9 de sens et de rupture de coh\u00e9rence dans la description. Les termes utilis\u00e9s doivent \u00eatre non \u00e9quivoques afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019ils ne pr\u00eatent \u00e0 confusion ou que l\u2019usager\u00b7e ne soit confus\u00b7e. Observons cette description insatisfaisante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(2) s\u0254\u0300\u0253ge\u0308<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>v.tr.<\/em> 1. Sucer. mba\u0301rg\u0101 s\u0254\u0300\u0253 l\u025b\u2019g\u00eb-ko\u0300o \u00ab\u00a0le b\u00e9b\u00e9 suce un fruit\u00a0\u00bb. 2. Embrasser (DITFA, 246S).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, la continuit\u00e9 entre la premi\u00e8re signification et la deuxi\u00e8me n\u2019est pas assur\u00e9e, il y a rupture de coh\u00e9rence interne. En effet, \u00ab\u00a0s\u0254\u0300\u0253ge\u0308\u00a0\u00bb n\u2019a pas pour signification \u00ab\u00a0embrasser\u00a0\u00bb au sens de \u00ab\u00a0serrer, \u00e9treindre entre ses bras\u00a0\u00bb. Ce sens ne s\u2019y retrouve que par extension. Au lieu de \u00ab\u00a0embrasser\u00a0\u00bb, il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de dire \u00ab\u00a0baiser\u00a0\u00bb (sucer les l\u00e8vres de quelqu\u2019un).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voil\u00e0 une d\u00e9finition satisfaisante\u00a0que nous proposons\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(3) s<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0253ge\u0308 <\/strong><em>v. tr<\/em>.1. Sucer. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 sugare, ba\u0327a\u0327re, deg\u0254rg\u0254re, ta\u0327a\u0327gi : sucer le sucre, le tamarin, les fruits du savonnier \u00ab\u00a0mb\u00e1ga\u00a0\u00bb, le citron. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 d\u0254\u0254, sucer la main, se dit de quelqu\u2019un qui mange ou d\u2019un enfant qui suce sa main. 2. <strong>s<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0253ge\u0308 jag ka\u0327a\u0327ra<\/strong>\u00a0: se dit de deux personnes qui se sucent les l\u00e8vres (en faisant l\u2019amour) \/ \u00eatre nombreux \u00e0 manger un petit repas. 3. s\u0254\u0300\u0253ge\u0308 ja\u0308ge\u00a0: saluer d\u2019un baiser. <em>Par extension<\/em>\u00a0: embrasser.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Un autre cas d\u2019incoh\u00e9rence est \u00e0 souligner dans l\u2019exemple suivant\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(4)<\/strong> <strong>\u0257a\u0300k.ge <\/strong><em>v.tr. <\/em>constater, analyser. Ndi \u0257a\u0300k r\u00eb n\u014d \u201c j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 cette affaire\u2019\u2019. \u0257a\u0300k ne \u201cpenses-y\u2019\u2019. <em>cf. <\/em>\u0257\u025b\u0300k.g\u00eb, \u0257\u00eck.g\u00ef (DITFA, 78\u0257).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a rupture de coh\u00e9rence interne parce que les deux \u00e9quivalents propos\u00e9s de la lexie \u00ab\u00a0\u0257a\u0300k.ge\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais \u00ab\u00a0constater, analyser\u00a0\u00bb n\u2019apparaissent pas dans l\u2019exemple. Ce dernier nous propose plut\u00f4t un autre lex\u00e8me synonyme des deux premiers. Le constat, l\u2019analyse et la r\u00e9flexion ne sont pas des synonymes. On dira plut\u00f4t\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(5) \u0257a\u0300k.ge <\/strong><em>v.tr. <\/em>analyser. Ndi \u0257a\u0300k r\u00eb n\u014d \u201cj\u2019ai analys\u00e9 \u00e0 cette affaire\u2019\u2019. <em>Syn. <\/em><strong>ma\u0300\u014b.g\u0113 f\u00edi<\/strong>. <em>Var. <\/em>\u0257\u025b\u0300k.g\u00eb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0257\u00eck.g\u00ef<\/strong>1 v.<em>intr<\/em>. 1) Penser. 2) se rem\u00e9morer. 3) r\u00e9fl\u00e9chir. Ex. : nd\u0254 j\u0254\u014b fen maa \u0253\u0254n mb\u0254 tuu bay \u0257\u00eck.g\u00ef l\u025b\u0253a? Pourquoi agis-tu sans r\u00e9fl\u00e9chir? Syn.\u00a0: \u0257a\u0300k.ge, \u0257\u025b\u0300k.g\u00eb. 4) distiller. 5) filtrer goutte \u00e0 goutte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0257\u00eck.g\u00ef<\/strong>1 n. 1) pens\u00e9e. 2) projet. 3) d\u00e9sir. 4) ambition. 5) nostalgie. 6) \u00e9coulement.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe d&rsquo;uniformit\u00e9 interne<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019exigence dans le traitement uniforme de la macrostructure de dictionnaire vient r\u00e9soudre plusieurs probl\u00e8mes pos\u00e9s dans la description des formes s\u00e9mantiquement proches ou qui appartiennent au m\u00eame champ notionnel. Pour assurer l\u2019uniformit\u00e9 interne de la description des articles dans un dictionnaire qui se veut explicatif et combinatoire, les lexies s\u00e9mantiquement proches sont trait\u00e9es en usant le m\u00eame m\u00e9talangage descriptif. Citons, \u00e0 titre d\u2019exemple\u00a0le traitement des termes suivants\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(6) \u0253\u0101\u014b-g\u0254 <\/strong>1. D\u00e9signe la r\u00e9gion tupuri du Cameroun autour de Doukoula dont la vari\u00e9t\u00e9 dialectale est consid\u00e9r\u00e9e comme la plus pure. 2. D\u00e9signe la r\u00e9gion tupuri des villages autour de Lall\u00e9 au Tchad dont les parlers sont plus proches de ceux du Cameroun (vers\/<em>n.i.<\/em>) (DITFA, 43\u0253).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(7) \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b <\/strong>d\u00e9signe sa propre r\u00e9gion et son propre dialecte pour un locuteur. (DITFA, 43\u0253)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(8) \u0253\u0101\u014b-w\u025b\u0301 r\u025b\u0300<\/strong> d\u00e9signe toute r\u00e9gion \u00e0 l\u2019Est du lieu o\u00f9 se trouve le locuteur ou du lieu dont il parle (du c\u00f4t\u00e9 de\/ dessous) (DITFA, 43\u0253).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous constatons que ces entr\u00e9es ne sont pas uniform\u00e9ment pr\u00e9sent\u00e9es. Pour la premi\u00e8re lexie \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-g\u0254\u00a0\u00bb, l\u2019on constate deux acceptions pendant que les deux derniers \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0\u0253\u0101\u014b-w\u025b\u0301r\u025b\u0300\u00a0\u00bb n\u2019ont pas la m\u00eame structure descriptive. Or, le principe d\u2019uniformit\u00e9 interne voudrait que les lex\u00e8mes s\u00e9mantiquement proches aient le m\u00eame m\u00e9talangage de description. Par cons\u00e9quent, il est d\u2019une \u00e9vidence notoire de sp\u00e9cifier la zone g\u00e9ographique que couvre ce dialecte pour maintenir l\u2019uniformit\u00e9 interne dans la description.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voici la description que nous proposons et qui, \u00e0 notre avis, r\u00e9pond \u00e0 l\u2019exigence de l\u2019uniformit\u00e9 interne du sens des lexies mises en exergue. Ces lexies exigent que leur traitement soit harmonis\u00e9 et r\u00e9ponde aux m\u00eames exigences m\u00e9talinguistiques. Il faut \u00e9voquer dans chaque acception les trois sens dont ces entr\u00e9es font mention. Les trois entr\u00e9es appartiennent presque toutes \u00e0 une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9, celle des noms de dialectes\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(9) <\/strong><strong>\u0181\u0101\u014b-g<\/strong><strong>\u0254<\/strong> n. 1. Compos\u00e9 de <strong>\u0253\u0101\u014b- (<\/strong>vers) et du morph\u00e8me <strong><em>&#8211;<\/em><\/strong><strong>g<\/strong><strong>\u0254<\/strong>, qui compose l\u2019ensemble de l\u2019unit\u00e9 lexicale, est une pratique traditionnelle qui consiste \u00e0 aller prendre un bouc ou un b\u00e9lier de gr\u00e9 ou de force dans une zone peu \u00e9loign\u00e9e du chef sup\u00e9rieur tupuri (Wa\u014b Dor\u00e9) pour le sacrifice. G\u00e9n\u00e9ralement connue sous le nom de \u00ab\u00a0ma\u014bge kalkao\u00a0\u00bb. 2. Le <em>\u0253<\/em><em>\u0101\u014b-g<\/em><em>\u0254<\/em> est donc la vari\u00e9t\u00e9 dialectale du tupuri parl\u00e9 dans la zone cibl\u00e9e par la pratique du <em>g<\/em><em>\u0254<\/em>. \u00c0 l\u2019origine, il d\u00e9signe la r\u00e9gion des Tupuri qui ont \u00e9migr\u00e9 du Tchad vers la zone foresti\u00e8re au Cameroun. 3. C\u2019est la zone du pays tupuri du Cameroun, plus pr\u00e9cis\u00e9ment les villages des circonscriptions administratives suivantes\u00a0: Kar-Hay, Porhi, Kalfou, Guidiguis Tchatibali, Dziguilao\u2026 Les Tupuri rest\u00e9s au Tchad les appellent \u201cjar \u0253a\u014b yoo koo w\u0254\u201d. Ces derniers les appellent aussi \u201cjar \u0253a\u014b li\u014b w\u0254\u2019\u2019. Par suite de contraction, le terme \u201c\u0253a\u014b yoo ko\u2019\u2019 est devenu \u2018\u2018\u0253a\u014b-g\u2019\u2019 ou \u201c\u0253i ko\u2019\u2019. Il d\u00e9signe aujourd\u2019hui le territoire tupuri du Cameroun hormis les villages camerounais de la fronti\u00e8re \u00e0 \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b, sans prendre en consid\u00e9ration le c\u00f4t\u00e9 \u0253a\u014bw\u025b\u0301 r\u025b\u0300. ex : jar Tupur maa Tulum wa\u0327\u0257 w\u0254 jag \u0253a\u014b g\u0254\u00a0: les Tupuri de Touloum parlent la langue de \u2018\u0253\u0101\u014b g\u0254\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0181\u0101\u014b -l\u00ed\u014b<\/strong> n. 1. Compos\u00e9 de <strong>\u0253\u0101\u014b- <\/strong>(vers) et de <strong>-li\u014b<\/strong> (chez soi, la maison). Terme qui d\u00e9signe la maison d\u2019origine. 2. Aujourd\u2019hui le terme d\u00e9signe les villages suivants\u00a0: Nenbagre, S\u025b\u025br\u025b, Daawa, Ga\u014bwu, Darbe, Mondawr\u00e9, Blambale, Laale, Guw\u025b\u025b, Ci\u014bri\u014b, Guyu, Gu\u0257um, Yoway&#8230; 3. D\u00e9signe la vari\u00e9t\u00e9 dialectale du tupuri parl\u00e9e dans ces villages et les villages frontaliers du Cameroun ayant le m\u00eame parler. Ex\u00a0: jar \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b \u0257e w\u0254 d\u00e0y ga t\u00e0y\u00a0: les Tupuri de \u0253\u0101\u014b-l\u00ed\u014b appellent le b\u0153uf \u201ctay\u2019\u2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>\u0253\u0101\u014b -w<\/strong><strong>\u025b\u0301r\u025b<em>.<\/em><\/strong> 1. Compos\u00e9 de \u0253\u0101\u014b- (vers) et de -w\u025b\u0301r\u025b\u0300 (derri\u00e8re, levant), vers le soleil levant, l\u2019Est. 2. Le terme d\u00e9signe le peuple tupuri rapproch\u00e9 de Fianga et les villages frontaliers du c\u00f4t\u00e9 du Cameroun. 3. Vari\u00e9t\u00e9 dialectale en usage dans ces r\u00e9gions.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Principe d&rsquo;exhaustivit\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 est un point incontournable dans la description des entr\u00e9es de dictionnaire. Dans le but d\u2019am\u00e9liorer la structure d\u00e9finitionnelle du dictionnaire, le\u00b7la lexicographe doit s\u2019assurer que tous les sens des adresses sont pris en compte. Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 est appr\u00e9hend\u00e9 sous deux angles\u00a0: une interne et l\u2019autre externe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019exhaustivit\u00e9 interne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un DEC, l\u2019exhaustivit\u00e9 interne consiste \u00e0 ne n\u00e9gliger aucun d\u00e9tail dans le traitement d\u2019une unit\u00e9 lexicale. Ce principe touche la microstructure du dictionnaire. C\u2019est dans ce sens que Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al<\/em>. affirment\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un DEC, l\u2019article d\u2019une lexie L inclut tous les renseignements lexicographiques n\u00e9cessaires, d\u2019une part, pour bien utiliser L elle-m\u00eame, et d\u2019autre part, pour pouvoir trouver les autres lexies L1, L2, etc., s\u00e9mantiquement li\u00e9es \u00e0 L (Mel\u2019cuk <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 1995, p.\u00a042).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ainsi dire, ce principe exige de la part du\u00b7de la lexicographe un travail de description pouss\u00e9e en inventoriant tous les acceptions possibles qu\u2019une lexie vedette peut avoir. Ce principe est clairement \u00e9nonc\u00e9, car il ne s\u2019agit pas, en effet, de d\u00e9crire L en mettant juste en exergue les lex\u00e8mes qui lui sont s\u00e9mantiquement li\u00e9s. Or dans le DITFA, les entr\u00e9es pr\u00e9sentent des descriptions d\u00e9faillantes qui sont partielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au lieu de cette description par exemple\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(10) b\u00e4a <\/strong><em>n.<\/em> 1. Dieu. 2. Pluie, b\u00e4a r\u0101a \u201cil pleut\u2019\u2019. (Dieu\/pleure) b\u00e4a tuf s\u0101ar\u0113. Se dit en d\u00e9but de saison (pluie\/crache\/la salive). <em>Prov.<\/em>\u00e0 jo\u2019 d\u00eb b\u00e4a j\u00e8 k\u00ect\u00e8\u2019\u00eb g\u00e4 \u2018\u2018on ne s\u00e8me pas avec la pluie du menteur\u2019\u2019 (DITFA, 29B),<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">nous proposons plut\u00f4t la version am\u00e9lior\u00e9e suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(11) b\u00e0a1<\/strong> n. [Culture]. Dieu : Il est consid\u00e9r\u00e9 comme le cr\u00e9ateur et c\u2019est lui qui tient tout dans ses mains : les vivants, les morts, les puissances de la nature, celui qui donne la vie et la mort. Il est encore le juge supr\u00eame. Tous les autres gardiens de la tradition comme : les anc\u00eatres (<strong>moorebe<\/strong>), les \u00e2mes des morts (<strong>manmbuyuuri<\/strong>), les puissances qui gardent la nature, demandent reconnaissance et respect (<strong>so\u0327o\u0327re<\/strong>\u00a0), ne sont que des instruments d\u2019une seule volont\u00e9, celle de Dieu. Il y a diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de penser \u00e0 Dieu. Il y a le Dieu supr\u00eame qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0Wa\u014bkluu\u00a0\u00bb, grand chef, ou simplement <strong>b\u00e0a<\/strong> et il y a le <strong>b\u00e0a maa laa ti\u014b, <\/strong>le Dieu qui fonde le foyer et les \u00ab\u00a0b\u00e0a\u00a0\u00bb personnels, le <strong>b\u00e0a\u00a0<\/strong>de chaque famille. Au d\u00e9but de la saison des pluies, tout Tupuri mari\u00e9 pr\u00e9pare un b\u00e9lier ou un mouton accompagn\u00e9 du yii pour offrir un sacrifice au seul Dieu fondateur de son foyer et cr\u00e9ateur de l\u2019univers. On pense qu\u2019il y a un <strong>b\u00e0a<\/strong> cens\u00e9 prot\u00e9ger le mariage, qui aide \u00e0 trouver la femme et \u00e0 unir l\u2019homme et la femme <strong>b\u00e0a ha\u0327 wa\u0327y ne s<\/strong><strong>\u025b w<\/strong><strong>\u025br maa laa ti\u014b ne s<\/strong><strong>\u025bti<\/strong>. Dieu lui donne la femme pour fonder la famille. <em>Figure\u00a0:<\/em> <strong>B\u00e0a tag <\/strong><strong>\u0257uu <\/strong><strong>\u0253\u025b g<\/strong><strong>\u0254 <\/strong>dieu a effac\u00e9 son nom. \u00c0 l\u2019annonce de la mort d\u2019une personne, les gens disent que Dieu a effac\u00e9 son nom. Si la personne malade, les gens disent : <strong>B\u00e0a \u014bgar <\/strong><strong>\u0257uu <\/strong><strong>\u0253\u025b g<\/strong><strong>\u0254 g\u00e0 <\/strong><strong>\u0257a<\/strong>\u00a0: Dieu n\u2019a pas encore effac\u00e9 son nom. <em>Proverbe\u00a0<\/em>:<strong> kurkudu wa\u0327 a\u0327 ga \u00e0 j<\/strong><strong>\u0254\u014b hun se kawre <\/strong><strong>\u0253\u0254 w<\/strong><strong>\u0254 g\u00e0, s<\/strong><strong>\u025bn mokay se <\/strong><strong>\u0253\u0254 ni nd<\/strong><strong>\u0254 ma\u2019 wel B\u00e0a de d<\/strong><strong>\u0254\u0254haw<\/strong> : Pigeon dit qu\u2019il ne faut pas \u00eatre jaloux de ses proches, cela \u00e9quivaut \u00e0 un coup de gifle donn\u00e9 \u00e0 l\u2019enfant de Dieu. <em>Syn<\/em>.\u00a0: <strong>Wa\u014bkluu<\/strong>, <strong>Pantway<\/strong>, <strong>Manw\u00far-B\u00e0a<\/strong> et Dieu par J\u00e9sus-Christ, pour les croyants chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>b\u00e0a<\/strong>2 n. 1) cause qui d\u00e9termine les ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques. 2) pluie. 3) foudre, gr\u00eale. <em>Proverbe<\/em>\u00a0: <strong>\u00e0 kab de b\u00e0a je get<\/strong><strong>\u025b\u2019 g\u00e0<\/strong>\u00a0: on ne s\u00e8me pas avec la pluie d\u2019un menteur. <strong>b\u00e0a bayraage ti w\u01d4r <\/strong><strong>\u0253\u025b wa<\/strong>\u00a0: il ne pleut pas au bon moment. <strong>b\u00e0a caa swaare<\/strong> le ciel est couvert de nuages. Ex\u00a0: <strong>b\u00e0a caa swaare wara ci\u014b deba\u014b\u00a0<\/strong>: le ciel est couvert de nuages aujourd\u2019hui. <strong>b\u00e0a de buggi<\/strong> pleuvoir en gouttelettes. ex : <strong>b\u00e0a de buggi yaf-yafe, y<\/strong><strong>\u025bf-y<\/strong><strong>\u025bf<\/strong><strong>\u025b\u00a0<\/strong>: il pleut des gouttelettes. <strong>b\u00e0a de cw\u0229\u2019ge<\/strong> il y a une fine pluie. <strong>b\u00e0a duu l<\/strong><strong>\u025b<\/strong> le tonnerre gronde. <strong>B\u00e0a j<\/strong><strong>\u0254\u014b re<\/strong> Dieu a agi en produisant un malheur. Var. : <strong>Wa\u014bkluu j<\/strong><strong>\u0254\u014b re<\/strong>. <strong>b\u00e0a \u2018wu\u0327y l<\/strong><strong>\u025b<\/strong> la pluie se pr\u00e9pare.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Voici une autre d\u00e9faillance descriptive\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(12)<\/strong> <strong>w\u00e4\u0101 <\/strong><em>n. <\/em>\u00e9toile du matin. <em>Cf. <\/em>g\u00e9r\u00eb (273W).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Tous les sens de la lexie \u00ab\u00a0w\u00e4\u0101\u00a0\u00bb ne sont pas d\u00e9termin\u00e9s. La lexie \u00ab\u00a0w\u00e4\u0101\u00a0\u00bb est polys\u00e9mique et l\u2019unit\u00e9 s\u00e9mique dont l\u2019autrice fait mention ci-haut n\u2019est qu\u2019un sens connot\u00e9 n\u00e9 de son emploi m\u00e9taphorique (fl\u00e8che = \u00e9toile). Nous proposons plut\u00f4t la description suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(13) W\u00e4\u0101 <\/strong><em>n<\/em> . 1) fl\u00e8che. waa maa jag ndel\u025bm \u0253\u025b\u2019 k\u0229\u0229 g\u00e0 : la fl\u00e8che dont le bout est pointu ne pique pas l\u2019autre. 2) aiguille en fer pour coudre les calebasses. W\u00e4\u0101 maa sa\u0327a\u0327 ha\u0327ne : aiguille pour coudre la calebasse. 3) \u00e9toile du matin. naa laa dewaa naage\u00a0: nous partirons \u00e0 l\u2019apparition de l\u2019\u00e9toile du matin. 4) germination des plantes. W\u00e4\u0101 s\u00f9w\u025b\u0308\u025b la we go\u00a0: les germes d\u2019arachide sont sortis.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019exhaustivit\u00e9 externe<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 externe se situe au niveau macrostructural du dictionnaire. La r\u00e9ussite d\u2019un dictionnaire r\u00e9side aussi et surtout dans l\u2019inventaire de tous les lex\u00e8mes disponibles dans la langue source. Si tous les lex\u00e8mes de la langue sont mis en exergue dans ledit dictionnaire, il y aura \u00e0 notre avis moins d\u2019ambigu\u00eft\u00e9. Le DITFA est un r\u00e9pertoire d\u2019environ 3000 entr\u00e9es lexicales. Or, une langue comme le tupuri pr\u00e9sente une mosa\u00efque d\u2019unit\u00e9 lexicale qu\u2019il faut consid\u00e9rer. Par cons\u00e9quent, pour r\u00e9pondre au principe r\u00e9dactionnel du dictionnaire explicatif, il faut inventorier le plus grand nombre possible de lex\u00e8mes de la langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le principe d\u2019exhaustivit\u00e9 externe peut \u00eatre per\u00e7u comme l\u2019un des principes qui guident le\u00b7la lexicologue dans la constitution de la documentation linguistique ou comme son point de d\u00e9part. Ce principe de recherche des entr\u00e9es doit \u00eatre ind\u00e9pendant du\u00b7de la lexicographe et se baser sur des faits r\u00e9els et des points de vue objectivement orient\u00e9s. Ceci dit, il faut obligatoirement consulter des bases de donn\u00e9es textuelles. C\u2019est une source tr\u00e8s importante de renseignement sur la langue. En plus du dictionnaire existant, la source de documentation qui nous semble accessible et rentable est celle des ouvrages traduits du fran\u00e7ais vers le tupuri. Elle peut servir de base de donn\u00e9es lexicales. Un exemple patent est celui de la Bible en tupuri qui est une traduction de la version fran\u00e7aise. Ce document est un r\u00e9pertoire important de lex\u00e8mes de cette langue. Le\u00b7la r\u00e9dacteur\u00b7trice du dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais peut s\u2019en servir comme base de donn\u00e9es pour l\u2019extraction de la mati\u00e8re premi\u00e8re n\u00e9cessaire afin d\u2019organiser la macrostructure du dictionnaire id\u00e9al vers lequel il\u00b7elle veut tendre.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles de description de la d\u00e9finition lexicographique bilingue<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En s\u2019appuyant sur les principes de description pr\u00e9sent\u00e9s en amont, on peut \u00e9noncer un certain nombre de r\u00e8gles de r\u00e9daction. Dans la r\u00e9daction de la d\u00e9finition lexicographique, la rigueur de la logique de la structuration du sens des lexies doit absolument \u00eatre respect\u00e9e. Cette logique passe par l\u2019observation des r\u00e8gles d\u2019\u00e9laboration de la d\u00e9finition lexicographique. Bien qu\u2019on les appelle r\u00e8gles, ces lignes directrices et ces conventions ne rev\u00eatent pas toutes un caract\u00e8re strictement obligatoire. Si certaines ne connaissent gu\u00e8re d\u2019exceptions, d\u2019autres correspondent plus \u00e0 des recommandations. Compte tenu des probl\u00e8mes que nous avons r\u00e9pertori\u00e9s dans le DITFA (Ta\u00efwe, 2017), nous pouvons \u00e9noncer quelques r\u00e8gles susceptibles de contribuer \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un dictionnaire mod\u00e8le. Ces r\u00e8gles ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es en trois sous-ensembles\u00a0: d\u2019abord celles qui portent sur des domaines ou des sous-domaines, ensuite celles qui sont associ\u00e9es au d\u00e9finisseur initial, et enfin celles qui portent sur les caract\u00e8res d\u00e9finitoires.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles relatives au domaine et au sous-domaine<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe des r\u00e8gles applicables au domaine et au sous-domaine d\u2019une lexie. La d\u00e9finition ne doit ni inclure d\u2019indication du domaine ni du sous-domaine. Dans le cas des unit\u00e9s lexicales \u00e0 th\u00e8me, la mention du domaine peut s\u2019av\u00e9rer redondante lorsqu\u2019il est du m\u00eame pour l\u2019ensemble de l\u2019entr\u00e9e dont il est question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant la description des lex\u00e8mes (et surtout au niveau du choix initial et des caract\u00e8res), on doit tenir compte du domaine (et le cas \u00e9ch\u00e9ant, du sous-domaine) auquel appartient le concept \u00e0 d\u00e9finir. Selon la fa\u00e7on dont ce domaine est structur\u00e9, le concept s\u2019inscrit dans une arborescence particuli\u00e8re, ce qui peut influencer, entre autres, le choix du d\u00e9finisseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019incluant g\u00e9n\u00e9rique ne doit pas \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de syntagmes comme <em>esp\u00e8ce de<\/em>,<em> type de <\/em>ou <em>genre de<\/em>. Dans une relation g\u00e9n\u00e9rique, le concept sp\u00e9cifique correspond n\u00e9cessairement \u00e0 une classe (esp\u00e8ce, genre, type, etc.) du concept g\u00e9n\u00e9rique, ces mentions sont donc superflues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e8gle pr\u00e9c\u00e9dente comporte des exceptions. Ainsi, des syntagmes tels que <em>forme de<\/em>,<em> type de<\/em>, ou<em> vari\u00e9t\u00e9 de <\/em>et<em> esp\u00e8ce de<\/em> peuvent occasionnellement \u00eatre plac\u00e9s devant le terme g\u00e9n\u00e9rique notamment lorsque le lien entre l\u2019incluant et le d\u00e9fini ne para\u00eet pas suffisamment \u00e9vident, ou encore lorsque l\u2019incluant ne transmet pas tous ses caract\u00e8res au concept que l\u2019on souhaite d\u00e9finir. Dans l\u2019ensemble, l\u2019autrice (Ruelland) a le souci du respect de cette r\u00e8gle. Toutes ses entr\u00e9es n\u2019ont pas les \u00e9l\u00e9ments m\u00e9talinguistiques mentionn\u00e9s ci-haut, ce qui est plut\u00f4t r\u00e9confortant. Exemples\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(14)<\/strong> <strong>p\u0101al\u0113<\/strong> <em>n<\/em>. Tabouret des femmes, en bois (DITFA, 230P);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(15)<\/strong> <strong>ge\u0300\u0257r\u00ebw <\/strong><em>n. <\/em>plante parasite du <strong>furi<\/strong> (<em>Guiera senegalensis<\/em>) (DITFA, 98G).<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">R\u00e8gles relatives au d\u00e9finisseur initial<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9finisseur initial doit normalement \u00eatre de la m\u00eame cat\u00e9gorie grammaticale que le terme d\u00e9fini. Ainsi, le d\u00e9finisseur initial d\u2019un substantif, celui d\u2019un verbe doit \u00eatre un verbe \u00e0 l\u2019infinitif. La d\u00e9finition ne doit ni commencer par un article, ni par adjectif d\u00e9monstratif, ni par un pronom d\u00e9monstratif (V\u00e9zina, 2009). Elle ne devrait non plus commencer par un adjectif ind\u00e9fini ni par un pronom ind\u00e9fini. Voici un exemple de d\u00e9finition qui illustre ce probl\u00e8me\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(16) t\u00ebn\u00ebn\u0113 <\/strong><em>q.<\/em> 1. Frais (d\u00e9signe la nourriture fra\u00eeche, crue et non cuisin\u00e9e). 2. d\u2019un \u00eatre anim\u00e9\u00a0: en bonne sant\u00e9, \u00e9panoui (DITFA, 259T).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette d\u00e9finition, la structure d\u00e9finitionnelle de la deuxi\u00e8me acception n\u2019est pas satisfaisante. Comme \u00e9nonc\u00e9 par la r\u00e8gle, il est inadmissible qu\u2019on introduise une d\u00e9finition par un article lorsque l\u2019entr\u00e9e est un adjectif. On dira que \u00ab\u00a0<strong>d\u2019un \u00eatre <\/strong>anim\u00e9\u00a0\u00bb est insatisfaisant. Nous proposons plut\u00f4t la description suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(17) T\u00ebn\u00ebn\u0113 <\/strong>adj. 1) vivant. 2) frais (nourriture fra\u00eeche). 3) cru. n\u00e0y tenene\u00a0: viande cru, pa\u0327a\u0327re-kage maa tenene\u00a0: \u0153uf frais, pa\u0327a\u0327 tenene\u00a0: lait non caill\u00e9, mbay tenen\u00a0: manioc cru. 4) \u00e9veill\u00e9. Ndi t\u00ebn\u00ebn\u0113\u00a0: je suis \u00e9veill\u00e9. 5) \u00e9panoui.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, cette r\u00e8gle ne s\u2019applique pas toujours lorsqu\u2019il s\u2019agit de la d\u00e9finition d\u2019un adjectif ou d\u2019un adverbe introduit par un faux incluant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9finition ne doit pas \u00eatre m\u00e9talinguistique, car l\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitoire doit d\u00e9crire le concept et non le signe. Elle ne d\u00e9butera donc pas par des formules telles que <em>terme qui d\u00e9signe<\/em>,<em> nom donn\u00e9 \u00e0<\/em>,<em> verbe qui signifie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les adjectifs qualificatifs, le recours \u00e0 des d\u00e9finisseurs initiaux tels que <em>se dit de <\/em>et <em>qualifie le <\/em>s\u2019av\u00e8re souvent in\u00e9vitable, notamment lorsque les objets qu\u2019un adjectif peut qualifier sont restreints. Toutefois, lorsque cela est possible, on aura plut\u00f4t recours \u00e0 des d\u00e9finisseurs initiaux tels que <em>qui<\/em>,<em> relatif \u00e0<\/em>,<em> apte \u00e0<\/em>,<em> propre \u00e0<\/em>,<em> destin\u00e9<\/em>. Cette m\u00e9talangue de description permet au\u00b7\u00e0 la r\u00e9dacteur\u00b7trice de l\u2019ouvrage lexicographique de d\u00e9finir sans avoir recours \u00e0 une tournure m\u00e9talinguistique (d\u00e9finition tautologique) et de respecter le principe de substitution.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Quelques solutions \u00e0 l\u2019inexistence des \u00e9quivalents fran\u00e7ais dans la langue tupuri<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est tr\u00e8s difficile de trouver l\u2019\u00e9quivalent exact d\u2019une unit\u00e9 lexicale tupuri en fran\u00e7ais pour certains lex\u00e8mes qui ont une charge culturelle forte. Pourtant, dans un dictionnaire bilingue, le\u00b7la lexicographe doit donner satisfaction aux utilisateur\u00b7trice\u00b7s \u00e0 l\u2019instar des traducteur\u00b7tice\u00b7s et des apprenant\u00b7e\u00b7s de la langue dont il est question. Comment proc\u00e9der alors \u00e0 la traduction dans un dictionnaire bilingue o\u00f9 ces unit\u00e9s lexicales de la langue source n\u2019ont pas, <em>a priori<\/em>, d\u2019\u00e9quivalent dans la langue cible (Franji\u00e9, 2008)?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux remarques s\u2019imposent ici \u00e0 notre avis. D\u2019une part, la solution pr\u00e9conis\u00e9e par ces d\u00e9fenseur\u00b7e\u00b7s n\u2019est pas toujours r\u00e9alisable<a class=\"footnote\" title=\"Cette position ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 chez les auteur\u00b7trice\u00b7s. Lynne Franji\u00e9 (2008), par exemple, \u00e9pouse la pens\u00e9e selon laquelle il faut faire appel \u00e0 la traduction de ce type d\u2019unit\u00e9s lexicales par des \u00e9quivalents explicatifs afin qu\u2019ils soient compris de tous les utilisateur\u00b7trice\u00b7s.\u00a0\" id=\"return-footnote-236-3\" href=\"#footnote-236-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>. D\u2019autre part, cette typologie n\u2019est pas suffisante pour \u00e9clairer le type d\u2019\u00e9quivalence mise en jeu\u00a0: les trois composantes du sens lexical (d\u00e9notation, connotation, domaine d\u2019application) ne sont pas toujours r\u00e9alisables. Par cons\u00e9quent, il faut tout d\u2019abord insister sur le rapport signifi\u00e9\/signifiant de la langue source et son \u00e9quivalent en langue cible, d\u00e9crire ensuite, et suffisamment, l\u2019unit\u00e9 lexicale et proposer \u00e0 chaque acception des exemples qui permettront de compl\u00e9ter le sens de l\u2019entr\u00e9e en langue cible. Enfin, si ces propositions s\u2019av\u00e8rent non rentables ou faillibles, il faut alors recourir \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une unit\u00e9 lexicale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les probl\u00e8mes d\u2019\u00e9quivalence se posent sur deux plans\u00a0: le plan du r\u00e9el et le plan de la langue. Le r\u00e9el existe-t-il ou non dans la langue des locuteur\u00b7trice\u00b7s? Le lex\u00e8me qui le d\u00e9signe existe-t-il ou non dans la langue des locuteur\u00b7trice\u00b7s? \u00c0 partir de ces interrogations, Lynne Franji\u00e9 (2008) distingue trois cas de figure.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 le signifi\u00e9 renvoie \u00e0 une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 culturelle et le signifiant est repr\u00e9sent\u00e9 par un \u00e9l\u00e9ment du lexique dans les deux langues<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, l\u2019\u00e9quivalence est totale, le probl\u00e8me s\u00e9mantique s\u2019en trouve contrecarr\u00e9. Non seulement la t\u00e2che du\u00b7de la lexicographe s\u2019en trouve facilit\u00e9e, mais l\u2019usager\u00b7e est surtout satisfait\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(18) w\u00e4\u0101y <\/strong><em>n. <\/em>chien (DITFA, 175W);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(<strong>19) w\u00e0ag\u00eb <\/strong><em>n.<\/em> plaie (DTFA, 275W).<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 le mot existe en fran\u00e7ais et en tupuri, mais la r\u00e9alit\u00e9 culturelle est absente en fran\u00e7ais<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette sous-section pr\u00e9sente le cas o\u00f9 le mot existe dans les deux langues, mais la r\u00e9alit\u00e9 culturelle est absente de l\u2019univers de la langue cible, donc peu ou pas connue de son\u00b7sa locuteur\u00b7trice. C\u2019est le cas, par exemple, de certaines r\u00e9alit\u00e9s appartenant \u00e0 la culture africaine en g\u00e9n\u00e9ral et celle tupuri en particulier\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(20)<\/strong> <strong>w\u00e0al\u00eb-m\u00e4n-s\u0101m <\/strong><em>n.<\/em> sorgho <em>sp.<\/em>, le nom vient de la forme de la panicule (DITFA, 272W).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9quivalent est dans ce cas une unit\u00e9 lexicale correspondant \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, mais le\u00b7la locuteur\u00b7trice de la langue cible ne reconna\u00eet pas forc\u00e9ment le signifi\u00e9 exact ou ne comprend pas forc\u00e9ment l\u2019\u00e9quivalent cit\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Cas o\u00f9 l\u2019\u00e9quivalent est inexistant<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le dernier \u00e9l\u00e9ment est le cas o\u00f9 l\u2019\u00e9quivalent est inexistant\u00a0: la <em>r\u00e9alit\u00e9 culturelle <\/em>(signifi\u00e9) est inexistante de m\u00eame que le <em>lex\u00e8me<\/em> (signifiant) en fran\u00e7ais (langue cible). Les unit\u00e9s lexicales qui correspondent \u00e0 ce cas entrent dans la cat\u00e9gorie de ce que l\u2019on appelle les <em>intraduisibles<\/em>. C\u2019est ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui pose le probl\u00e8me de traitement du sens des entr\u00e9es dans les dictionnaires bilingues (B\u00e9joint et Thoiron, 1996). Les exemples sont nombreux en ce qui concerne la traduction tupuri\/fran\u00e7ais. Citons \u00e0 titre d\u2019illustrations les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019initiation\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(21)<\/strong> <strong>g<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0254ni <\/strong><em>n. <\/em>Initiation des hommes. Syn.\u00a0: <strong>g<\/strong><strong>\u0254\u0300n<\/strong><strong>\u0254g\u00e1y<\/strong>,<strong> l<\/strong><strong>\u025b\u0253\u025b<\/strong> (DITFA, 108G).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me des <em>intraduisibles<\/em>, nous pr\u00e9conisons le recours \u00e0 une <em>glose contextuelle<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une phrase explicative qui remplace l\u2019\u00e9quivalent lorsqu\u2019il n\u2019existe pas ou lorsqu\u2019il est partiellement pr\u00e9sent\u00e9. Elle sera assimilable \u00e0 une d\u00e9finition de dictionnaire monolingue par la description s\u00e9mantique de l\u2019entr\u00e9e qu\u2019elle fournit et \u00e0 un article d\u2019encyclop\u00e9die par l\u2019information sur l\u2019aspect culturel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sugg\u00e9rons, pour l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0g\u0254\u0300\u0254ni\u00a0\u00bb, la glose contextuelle suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>(22) g<\/strong><strong>\u0254\u0300\u0254ni <\/strong><em>n.<\/em> [Culture]. Initiation des hommes. Les derni\u00e8res initiations remontent \u00e0 1955 (l\u2019\u00e9poque de Debsikreo) et 1975 (l\u2019\u00e9poque de D\u0254\u0254l\u025b Disdandi). \u00a0En 1975 elle se d\u00e9roula avec l\u2019aval du gouvernement tchadien et sous la r\u00e9pression du gouvernement camerounais et r\u00e9cemment en 2009 et 2010 avec l\u2019aval du gouvernement camerounais. <em>Syn<\/em>.\u00a0: gonog\u00e1y, l\u025b\u0253\u025b.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous avons pr\u00e9sent\u00e9 non seulement les principes et r\u00e8gles inspir\u00e9s des th\u00e9ories du <em>Dictionnaire explicatif et combinatoire<\/em>, mais \u00e9galement quelques solutions aux imperfections constat\u00e9es dans la pratique lexicographique<em>.<\/em> Nous avons utilis\u00e9 le DEC comme sonde pour \u00e9prouver le DITFA. Il appara\u00eet clairement que certains traitements d\u2019entr\u00e9es gagneraient \u00e0 \u00eatre \u00e9lagu\u00e9s. Les principes de formalit\u00e9, de coh\u00e9rence, d\u2019uniformit\u00e9 et d\u2019exhaustivit\u00e9 (interne et externe) sont les points focaux de nos investigations. Pour am\u00e9liorer le contenu s\u00e9mantique des adresses, il \u00e9tait judicieux de questionner le traitement de la d\u00e9finition lexicographique du DITFA. Tout\u00b7e praticien\u00b7ne de la lexicographie bilingue trouve ici un moyen pour l\u2019am\u00e9lioration du contenu des entr\u00e9es. Nous pr\u00e9conisons la description hypersp\u00e9cifique de l\u2019unit\u00e9 lexicale et l\u2019usage des exemples d\u00e9finitoires pour le compl\u00e9ment de sens des lex\u00e8mes dans la langue cible. Plus encore, lorsque l\u2019\u00e9quivalent n\u2019existe pas dans la langue cible, le\u00b7la lexicographe doit avoir recours \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 lexicale et l\u2019emprunt qui sont deux sources d\u2019enrichissement de la langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces approches sont une \u00e9volution de la pratique lexicographique ancienne. Cependant, son impl\u00e9mentation reste un v\u00e9ritable serpent de mer pour les lexicographes. C\u2019est une m\u00e9thode rigoureuse qui, de nos jours, est facilit\u00e9e par l\u2019assistance par ordinateur. Il est \u00e0 noter que le travail de lexicographie n\u00e9cessite l\u2019acc\u00e8s \u00e0 de nombreuses informations de sources diff\u00e9rentes. Nous pensons que l\u2019usage des sources externes telles que les Bibles \u00e9lectroniques traduites dans les langues africaines sont des bases de donn\u00e9es importantes pour enrichir la structure d\u2019adressage des dictionnaires bilingues en Afrique. L\u2019usage des logiciels de traitement automatique des langues est une avanc\u00e9e consid\u00e9rable dans la pratique actuelle en lexicographie. Ainsi, les sciences informatique et lexicographique se c\u00f4toient dans un dynamisme qui facilite le travail du\u00b7de la chercheur\u00b7euse qui peinait davantage \u00e0 produire un lexique cons\u00e9quent.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">B\u00e9joint, Henry et Toiron, Philippe. 1996. <em>Les dictionnaires bilingues<\/em>. Paris\u00a0: De Boeck Sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cappelletti (1996). <em>Dictionnaire Tupuri-fran\u00e7ais<\/em>. Guidiguis\u00a0: Mission Catholique de Guidiguis.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Comit\u00e9 de traduction de la langue tupuri. 2004. <em>Dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais.<\/em> Touloum\u00a0: Mission Catholique (in\u00e9dit).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Franji\u00e9, Lynne. 2008. Le casse-t\u00eate des dictionnaires bilingues pour traducteurs\u00a0: le cas des dictionnaires arabes bilingues. Dans Elisenda Bernal, Janet DeCesaris (dir.), <em>Bilingual lexicography<\/em>. <em>Euralex International Congress 13<\/em> (p.\u00a0855-868)<em>. <\/em>Barcelona, Spain.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mel\u2019cuk, Igor Alain. 1984. <em>Vers un dictionnaire explicatif et combinatoire du fran\u00e7ais contemporain<\/em>. Presses Universitaires de Montr\u00e9al\u00a0: Montr\u00e9al.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mel\u2019cuk, Igor, Clas Andr\u00e9 et Polgu\u00e8re, Alain. 1995. <em>Introduction \u00e0 la lexicologie explicative et combinatoire<\/em>. Louvain-la-Neuve\u00a0: Duculot\/AUPELF-UREF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ruelland, Suzanne. 1988. <em>Dictionnaire Tupuri-Fran\u00e7ais-Anglais\u00a0: r\u00e9gion de Mindaore-Tchad.<\/em> Paris\u00a0: Peeters\/Selaf.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ta\u00efwe, Fulbert. 2017. <em>Analyse s\u00e9mantique d\u2019un ouvrage lexicographique interlinguistique\u00a0: cas du dictionnaire tupuri-fran\u00e7ais de Suzanne Ruelland.<\/em> M\u00e9moire de master en sciences du langage, Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">V\u00e9zina, Rimouski <em>et<\/em> <em>al. <\/em>2009. <em>La R\u00e9daction de d\u00e9finitions terminologiques.<\/em> Qu\u00e9bec\u00a0: Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/contributors\/taiwe\">Fulbert TA\u00cfWE<\/a><\/strong><br \/>Fulbert TA\u00cfWE est titulaire d\u2019un Master en Sciences du langage obtenu \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Ngaound\u00e9r\u00e9. Il finalise une Th\u00e8se de Doctorat\/ Ph. D dans la m\u00eame institution o\u00f9 il exerce comme moniteur en Sciences du langage au D\u00e9partement de fran\u00e7ais. Il s\u2019int\u00e9resse, dans de ses travaux, aux questions de s\u00e9mantique lexicale des langues naturelles et \u00e0 la lexicologie et lexicographie bilingue tupuri\/fran\u00e7ais. Il est par ailleurs membre du Comit\u00e9 de d\u00e9veloppement de la langue et de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne tupuri Cameroun\/Tchad.<br \/>\nPour contacter l&rsquo;auteur : fulbertt169@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-236-1\">C\u2019est le corpus exploit\u00e9 dans ce texte. <a href=\"#return-footnote-236-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-236-2\">Le dictionnaire de Cappelleti (1996) et celui en pr\u00e9paration par le comit\u00e9 de traduction de la langue tupuri (2004) sont in\u00e9dits. <a href=\"#return-footnote-236-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-236-3\">Cette position ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 chez les auteur\u00b7trice\u00b7s. Lynne Franji\u00e9 (2008), par exemple, \u00e9pouse la pens\u00e9e selon laquelle il faut faire appel \u00e0 la traduction de ce type d\u2019unit\u00e9s lexicales par des \u00e9quivalents explicatifs afin qu\u2019ils soient compris de tous les utilisateur\u00b7trice\u00b7s.\u00a0 <a href=\"#return-footnote-236-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":5,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["taiwe"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[244],"license":[],"class_list":["post-236","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-dictionnaire","motscles-lexicographie","motscles-lexicologie-explicative-et-combinatoire","motscles-tupuri","keywords-dictionary","keywords-explanatory-and-combinatorial-lexicology","keywords-lexicography","keywords-tupuri","motscles-autre-digsionr","motscles-autre-lgsikografi","motscles-autre-lgsikoloji-ma-de-ndar-wr-wo-de-ma-de-tayge-ti-kaara","motscles-autre-tpur","contributor-taiwe"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/236\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":680,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/236\/revisions\/680"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/236\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=236"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=236"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}