{"id":498,"date":"2022-11-10T14:23:35","date_gmt":"2022-11-10T13:23:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/?post_type=chapter&#038;p=498"},"modified":"2023-08-15T19:00:08","modified_gmt":"2023-08-15T17:00:08","slug":"eloundou_maguiabou_et_mba2022","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/texte\/eloundou_maguiabou_et_mba2022\/","title":{"rendered":"L\u2019enseignement-apprentissage des langues nationales \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la diversit\u00e9 sociolinguistique : le poids des repr\u00e9sentations sociales"},"content":{"raw":"<div>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis les ind\u00e9pendances, la promotion de l\u2019apprentissage bilingue (Langue Nationale\/Langue Officielle[footnote]D\u00e9sormais LN et LO.[\/footnote] tr\u00e8s souvent d\u2019origine europ\u00e9enne) en Afrique est au c\u0153ur de nombreux projets d\u2019am\u00e9lioration de la rentabilit\u00e9 interne de l\u2019\u00e9cole et de l\u2019int\u00e9gration sociale de ses produits. Outre la n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder l\u2019authenticit\u00e9 socioculturelle des peuples, l\u2019apprentissage bilingue (LN\/LO) se pr\u00e9sente comme une approche p\u00e9dagogique susceptible de limiter les d\u00e9perditions scolaires, l\u2019exclusion, le redoublement et l\u2019abandon, ainsi que les blocages psychologiques des apprenant-e-s (Banque Mondiale, 2005; Nocus, Guimard et Florin, 2017; Noyau, 2016; Traor\u00e9, 2001).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le cas particulier du Cameroun, deux LO majeures (le fran\u00e7ais et l\u2019anglais) cohabitent avec les LN. Ces derni\u00e8res sont compos\u00e9es des <em>langues locales, <\/em>d\u00e9nombr\u00e9es \u00e0 environ 287 unit\u00e9s (Mbala Ze et Wamba, 2010) d\u2019abord, puis 239 (Binam Bikoi, 2012) et des <em>langues v\u00e9hiculaires \u00e0 communication \u00e9largie<\/em> telles que le pidgin-English, le fulfulde et le beti-fang (qui regroupent ewondo, bulu, etc.). Tabi Manga (2000) propose d\u2019y associer le duala, le basaa, le fe\u2019fe\u2019 et le mungaka qui, selon cet auteur, pr\u00e9senterait un taux assez \u00ab notoire \u00bb de v\u00e9hicularit\u00e9 dans les r\u00e9gions actuelles de l\u2019Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Littoral. Ceci constituerait un p\u00f4le de six langues v\u00e9hiculaires au Cameroun. Dans un cas comme dans l\u2019autre, toutes ces langues, qui sont tr\u00e8s souvent le t\u00e9moin d\u2019un attachement \u00e9motionnel fort en raison de ses origines sociales, constituent par ailleurs un facteur d\u00e9cisif de la formation de l\u2019identit\u00e9 culturelle des locuteurs, qu\u2019ils soient majoritaires ou minoritaires. En effet, chaque langue est en soi un outil d\u2019enracinement et de transmission de l\u2019h\u00e9ritage culturel. Indistinctement, les communaut\u00e9s linguistiques en font un pr\u00e9texte de fiert\u00e9. Ce qui a souvent pour effet d\u2019exacerber les replis identitaires pr\u00e9judiciables au vivre ensemble. D\u00e8s lors, quel impact sur le syst\u00e8me \u00e9ducatif, en tant que secteur par excellence d\u2019acquisition des connaissances et des comp\u00e9tences devant encadrer le savoir-faire, le savoir-\u00eatre et le savoir-vivre en soci\u00e9t\u00e9?<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Probl\u00e9matique<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Face au d\u00e9cor sociolinguistique pluriel et m\u00e9tiss\u00e9, que pr\u00e9sente le Cameroun, les recommandations des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019\u00e9ducation au Cameroun de 1995, \u00e0 la suite de ceux de la culture (1992), ont pris l\u2019initiative d\u2019accorder une place pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 la ma\u00eetrise des langues et cultures nationales qu\u2019ils pr\u00e9sentaient comme \u00abfacteur d\u2019int\u00e9gration nationale \u00bb. L\u2019objectif \u00e9tant la formation \u00ab d\u2019un citoyen patriote, \u00e9clair\u00e9, bilingue (fran\u00e7ais-anglais) et ma\u00eetrisant au moins une langue nationale, enracin\u00e9 dans sa culture, mais ouvert au monde \u00bb. De fait, les pouvoirs publics camerounais se sont r\u00e9solus \u00e0 les sauvegarder et \u00e0 les promouvoir (<em>cf<\/em>. Constitution de 1996, articles 1, 39 et 69; Document de Strat\u00e9gie du secteur de l\u2019\u00e9ducation et de la formation, p. 53; lois n\u00b02004\/018, article 22, et n\u00b02004\/019, article 24, fixant respectivement les r\u00e8gles applicables aux communes et aux r\u00e9gions). Allant dans le m\u00eame sens, la loi d\u2019orientation de l\u2019\u00e9ducation de 1998 (articles 5 et 11) pr\u00e9conisait et instruisait l\u2019apprentissage des LN aux c\u00f4t\u00e9s des deux LO. C\u2019est ainsi qu\u2019en 2000, le Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation de Base int\u00e9gra dans ses programmes une nouvelle discipline\u00a0: \u00ab culture nationale \u00bb. En 2005, il fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019ex-Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale un poste d\u2019Inspecteur p\u00e9dagogique national pour les langues et cultures nationales, poste qui sera maintenu au Minist\u00e8re des Enseignements Secondaires (MINESEC) en 2008. D\u00e8s 2008, le MINESEC obtint du Minist\u00e8re de l\u2019Enseignement Sup\u00e9rieur (<em>cf.<\/em> l\u2019arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 08\/223\/MINSUP\/DDS du 03 novembre 2008), la formation de la premi\u00e8re vague des enseignant-e-s de Langues et Cultures camerounaises \u00e0 l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Yaound\u00e9. Ceci se dresse comme compl\u00e9ment \u00e0 d\u2019 autres initiatives et projets ant\u00e9rieurs et contemporains, conduits tant par des universitaires que des chercheurs et chercheuses camerounais-es et ONG tels que : PROPELCA (Projet de Recherches Op\u00e9rationnelles pour l\u2019Enseignement des Langues au Cameroun) en 1977; AGLC (Alphabet G\u00e9n\u00e9ral des Langues camerounaises) en 1979; ANACLAC\/NACALCO (Association Nationale des Comit\u00e9s de Langues camerounaises) depuis 1989; BASAL (Basic Standardisation of All unwritten Languages) , SIL(Soci\u00e9t\u00e9 Internationale de Linguistique) , CERDOTOLA (Centre international de Recherche et de Documentation sur les Traditions et pour le D\u00e9veloppement des Langues Africaines); ELAN-Afrique (Ndibnu-Messina, 2013; 2016), etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un cas comme dans l\u2019autre, deux postulats th\u00e9oriques majeurs motivent\u00a0: (1) <em>\u00ab\u00a0<\/em>un locuteur qui ma\u00eetrise l\u2019organisation de sa langue maternelle est suffisamment outill\u00e9 pour \u00e9tablir la distance n\u00e9cessaire \u00e0 la ma\u00eetrise d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0<em>\u00bb<\/em> (Nzess\u00e9, 2005, p.\u00a0174-175) et (2) <em>\u00ab <\/em>celui qui n\u2019a pas appris \u00e0 raisonner sur la parfaite ordonnance des sch\u00e8mes structuraux de sa langue maternelle ne saura jamais analyser l\u2019organisation syntaxique de la langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb (Makouta Mboukou, 1973, p.\u00a093).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, en d\u00e9pit de l\u2019engouement constat\u00e9, l\u2019\u00e9chec des \u00e9l\u00e8ves camerounais reste pr\u00e9occupant, en g\u00e9n\u00e9ral, et en particulier en fran\u00e7ais. Au terme d\u2019une \u00e9valuation des performances du syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais, \u00e9tude men\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon de 4\u00a0880 \u00e9l\u00e8ves r\u00e9partis dans 270 \u00e9coles primaires, 70,3\u00a0% de participant-e-s \u00e9taient en dessous du seuil \u00ab\u00a0suffisant\u00a0\u00bb en langue fran\u00e7aise en d\u00e9but du cycle et 51,2\u00a0% en dessous du m\u00eame seuil en lecture et compr\u00e9hension \u00e0 la fin du cycle (PASEC, 2016). Les comp\u00e9tences utiles en fran\u00e7ais pour comprendre, apprendre et s\u2019int\u00e9grer dans des situations courantes et poursuivre une scolarit\u00e9 dans de bonnes conditions leur faisaient d\u00e9faut (PASEC, 2016). En effet, c\u2019est au-del\u00e0 du seuil <em>\u00ab\u00a0<\/em>suffisant<em>\u00a0\u00bb<\/em> que le PASEC<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">consid\u00e8re que les \u00e9l\u00e8ves disposent en principe des connaissances et comp\u00e9tences indispensables pour poursuivre leur scolarit\u00e9 dans de bonnes conditions. En de\u00e7\u00e0, les \u00e9l\u00e8ves risquent de multiplier les difficult\u00e9s lors de la poursuite de leur scolarit\u00e9 : ils sont plus susceptibles de d\u00e9couragement et d\u2019abandon scolaire ou de conna\u00eetre des difficult\u00e9s encore plus importantes dans la suite de leur scolarit\u00e9, s\u2019ils la poursuivent\u00a0(PASEC, 2014, p. 29).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si tant est vrai que la valorisation des langues endog\u00e8nes (LN) facilite la ma\u00eetrise d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re (LO) et am\u00e9liore les performances scolaires (Banque Mondiale, 2005; Makouta Mboukou, 1973; Nzess\u00e9, 2005; Noyau, 2016; Traor\u00e9, 2001, Mba, 2001, 2012, 2013,\u00a02015), comment comprendre qu\u2019en d\u00e9pit de l\u2019effectivit\u00e9 de l\u2019apprentissage bilingue LN\/LO dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais, la baisse de performances, en fran\u00e7ais notamment, soit persistante?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cette question, les auteurs accusent tr\u00e8s souvent les facteurs externes aux apprenant-e-s (Assoumou, 2007; Gerbault, 1997; Mbala ze et Wamba, 2010; Maurer, coord, 2011; Ndibnu-Messina, 2013; 2016; Tadadjeu et Mba, 1997), nonobstant le poids des cognitions individuelles et collectives sur les acquisitions et le transfert des comp\u00e9tences. Il est en effet courant que soient accus\u00e9s\u00a0: l\u2019absence d\u2019une politique linguistique nationale, le d\u00e9faut de pr\u00e9paration des langues africaines \u00e0 un usage scolaire, l\u2019absence d\u2019instruments descriptifs (grammaires, lexiques, orthographe stabilis\u00e9e) et didactiques (glossaires pour les domaines d\u2019enseignement, manuels, supports de lectures), le d\u00e9faut de mat\u00e9riel didactique, l\u2019absence et\/ou l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de formations des formateurs\/formatrices, d\u2019\u00e9tudes linguistiques, d\u2019\u00e9crits, de supports didactiques et surtout les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la gestion d\u2019un syst\u00e8me \u00e9ducatif plurilingue (Maurer, 2011; Noyau, 2016).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Fort de ce constat, la pr\u00e9sente \u00e9tude s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la dimension psychologique du ph\u00e9nom\u00e8ne, en questionnant les cognitions sociales et individuelles. Il s\u2019agit en effet d\u2019interroger la mani\u00e8re dont les apprenant-e-s vivent et per\u00e7oivent les langues nationales qui leur sont enseign\u00e9es et comment ce v\u00e9cu et cette perception influent sur l\u2019acquisition des comp\u00e9tences en LN. Des points de vue psychosociologique, psycholinguistique et didactique, cela revient \u00e0 se pr\u00e9occuper des effets des repr\u00e9sentations sociales (Moscovici, 1976; Doise, 1992, Dany, 2016) sur les acquisitions des comp\u00e9tences en LN. On entend par repr\u00e9sentations sociales : \u00ab le produit et le processus d\u2019une activit\u00e9 mentale par laquelle un individu ou un groupe reconstitue le r\u00e9el auquel il est confront\u00e9 et lui attribue une signification sp\u00e9cifique \u00bb (Abric, 1987, p. 64). Ces repr\u00e9sentations sociales \u00ab circulent dans les discours, sont port\u00e9es par les mots, v\u00e9hicul\u00e9es dans les messages et images m\u00e9diatiques, cristallis\u00e9es dans les conduites et les agencements mat\u00e9riels ou spatiaux \u00bb (Jodelet, 1989, p. 48).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, sur les 287 unit\u00e9s de LN que compte le Cameroun, seule une vingtaine[footnote]Il s\u2019agit notamment de : Akosse, Bafut, Bamoun, Bassa'a, Beti-fang, Duala, Ejagham, Fe\u2019efe\u2019e, Fufuld\u00e9, Guidar, Giziga, Ghomala, Lamnso\u2019, Mambila, Medumba, Mofo-Gud, Mundani, Noone, Toupouri, Yemba. MballaZe et ses collaborateurs (2010) consid\u00e8rent ces langues comme les \u00ab plus am\u00e9nag\u00e9es \u00bb du Cameroun.[\/footnote] est en cours d\u2019exp\u00e9rimentation (Mbala Ze et Wamba, 2010, pp. 12-15), soit moins de 10 %. Pourtant, en milieu urbain et semi-urbain, il est courant de d\u00e9nombrer au moins dix LN pour au moins soixante \u00e9coliers et \u00e9coli\u00e8res (Ndibnu-Messina, 2013). Dans chaque salle de classe, il existe en plus, au moins cinq cultures diff\u00e9rentes (Ndibnu-Messina, 2013). Suivant le <em>draft<\/em> du document de politique linguistique nationale, \u00e9labor\u00e9 en septembre 2006, nul ne devrait \u00eatre contraint, de quelque mani\u00e8re que ce soit, d\u2019apprendre une quelconque langue nationale contre son gr\u00e9 ou de s\u2019exprimer en celle-ci. Mat\u00e9riellement, cela implique qu\u2019\u00e0 tous les niveaux, l\u2019\u00e9l\u00e8ve devrait disposer d\u2019un large \u00e9ventail de langues nationales de scolarisation afin d\u2019op\u00e9rer librement son choix. Ce qui s\u2019av\u00e8re impossible sur le terrain et impose des choix per\u00e7us tant\u00f4t comme \u00ab\u00a0une imposition\u00a0\u00bb (Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, 2018), une \u00ab\u00a0menace\u00a0\u00bb (Gerbault, 1997) ou un g\u00e9n\u00e9rateur de complexes. Les autochtones locuteurs des LN pourraient se croire sup\u00e9rieurs aux allog\u00e8nes du fait que leur langue est enseign\u00e9e et impos\u00e9e tandis que chez les allog\u00e8nes, il pourrait y avoir un sentiment d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par un manque d\u2019estime de soi et la r\u00e9signation face \u00e0 l\u2019injustice, soit un sentiment d\u2019absence de consid\u00e9ration pouvant conduire au ressentiment, au repli identitaire, voire au conflit (Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, 2018). Cons\u00e9quemment, la langue de qui devrait \u00eatre enseign\u00e9e et pourquoi? Celle de l\u2019enseignant-e ou de la communaut\u00e9 d\u2019accueil de l\u2019\u00e9l\u00e8ve? Cette dissonance ne constitue-t-elle pas une entrave \u00e0 la stimulation optimale de l\u2019\u00e9nergie mentale des apprenant-e-s?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s lors, cette recherche a donc pour objectif de\u00a0: (1) documenter les repr\u00e9sentations sociales des LN; (2) de cerner l\u2019incidence desdites repr\u00e9sentations sur les acquisitions des comp\u00e9tences en LN; (3) de mod\u00e9liser lesdites repr\u00e9sentations pour en faire un savoir scolaire, un objet d\u2019enseignement et une strat\u00e9gie didactique op\u00e9rationnelle en enseignement-apprentissage bi-plurilingue. Mieux, si ces repr\u00e9sentations sont positives ou n\u00e9gatives, d\u2019adh\u00e9sion ou de rejet, de refus ou d\u2019acceptation ou encore de r\u00e9signation, comment pourraient-elles expliquer les \u00e9checs en LN, voire en LO et structurer l\u2019espoir d\u2019une am\u00e9lioration des performances? L\u2019id\u00e9e est aussi de mettre \u00e0 contribution des pratiques psycholinguistiques, didactiques et p\u00e9dagogiques qui optimisent les facteurs favorisant le processus d\u2019acquisition de langues dans des classes bi-plurilingues.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De fait, la recherche repose sur l\u2019hypoth\u00e8se principale suivante\u00a0: les repr\u00e9sentations sociales qu\u2019ont les \u00e9l\u00e8ves camerounais des langues nationales enseign\u00e9es influent sur leurs acquisitions et le d\u00e9veloppement de leurs comp\u00e9tences dans les LN. Cette influence, positive ou n\u00e9gative, peut \u00eatre capitalis\u00e9e en savoir scolaire, objet d\u2019enseignement et strat\u00e9gie didactique op\u00e9rationnelle utiles \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des performances dans le cadre d\u2019un apprentissage bi-plurilingue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette hypoth\u00e8se inscrit la recherche dans le cadre des investigations sur les repr\u00e9sentations sociales et leurs influences sur les acquis et les transferts scolaires. Au regard de la litt\u00e9rature psychosociologique (Abric, 1987; Dany, 2016; Doise, 1992; Jodelet, 1989; Moscovici, 1961, 1976), les repr\u00e9sentations sociales ont g\u00e9n\u00e9ralement une valeur pr\u00e9dictive sur le d\u00e9roulement des t\u00e2ches cognitives, les facteurs de l\u2019acquisition linguistique, les discours, les jugements, les comportements et les attitudes des individus, les pratiques des sujets et les relations sociales. En fait, les repr\u00e9sentations sont \u00e9troitement li\u00e9es aux processus cognitifs d\u2019acquisition des langues, ceci dans la mesure o\u00f9 les secondes sont d\u00e9duites des premi\u00e8res. Cela justifie d\u2019ailleurs pourquoi Abric (1994, p.\u00a013) parle de repr\u00e9sentations sociales en termes de \u00ab\u00a0<em>guide[s] pour l\u2019action<\/em>\u00a0\u00bb. Elles apparaissent d\u00e8s lors comme un ensemble d\u2019informations, d\u2019opinions et de croyances se rapportant \u00e0 un objet social, les LN enseign\u00e9es dans le cas pr\u00e9sent. De fait, leur analyse requiert la prise en compte de quatre niveaux qui font la sp\u00e9cificit\u00e9 de la psychologie sociale, tout en enrichissant la psycholinguistique et la didactique des langues\u00a0: (1) <em>le niveau intra-individuel<\/em> (perception, \u00e9valuation et comportement d\u2019un individu face \u00e0 son environnement social); (2) <em>le niveau interindividuel et situationnel<\/em> (relations entre individus dans une situation donn\u00e9e); (3) <em>le niveau positionnel<\/em> (diff\u00e9rence de positions sociales occup\u00e9es par les acteurs dans un tissu de relations sociales propres \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9) et (4) <em>le niveau id\u00e9ologique<\/em> (syst\u00e8me de repr\u00e9sentations, de croyances et de normes sociales). C\u2019est dire que les repr\u00e9sentations sociales constituent un \u00e9l\u00e9ment charni\u00e8re entre le sujet et son groupe, ainsi qu\u2019entre le groupe et son environnement. Leur prise en compte devrait pouvoir contribuer au succ\u00e8s de l\u2019apprentissage des LN voire de l\u2019apprentissage bi-plurilingue LN\/LO.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La question de l\u2019acquisition des LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole bilingue (LN\/LO) a fait \u00e0 ce jour l\u2019objet de nombreuses recherches sans pour autant questionner l\u2019incidence des repr\u00e9sentations sociales des langues sur lesdites acquisitions (Cordier, Legros, Noyau et Khalis, 2003; Legors <em>et al.<\/em>, 2005; Noyau, 2016; Sawadogo et Legros, 2007). L\u2019activation des LN durant l\u2019apprentissage influence en effet positivement les connaissances en LO. Ainsi, dans le cadre d\u2019une exp\u00e9rimentation en sciences d\u2019observation sur \u00ab faire du feu \u00bb, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que \u00ab quand l\u2019enfant peut exprimer des connaissances dans sa propre langue, le r\u00e9sultat de la t\u00e2che en fran\u00e7ais est significativement meilleur que s\u2019il s\u2019\u00e9tait entra\u00een\u00e9 uniquement en fran\u00e7ais, car il a pu structurer de fa\u00e7on hi\u00e9rarchique cette action complexe, s\u2019en faire un sc\u00e9nario mental solide, poussant des racines sur sa propre exp\u00e9rience pratique et culturelle \u00bb (Noyau, 2016, p. 61). Cependant, l\u2019hypoth\u00e8se fondamentale de cette \u00e9tude engage un travail compl\u00e9mentaire : celui de la prise en compte des repr\u00e9sentations sociales des langues en jeu. En tant que \u00ab guide (s) pour l\u2019action \u00bb (Abric, 1994, p. 13), la lin\u00e9arit\u00e9 \u00e9tablie entre apprentissage des langues endog\u00e8nes et am\u00e9lioration des performances scolaires (Noyau, 2016) peut ne pas l\u2019\u00eatre du fait desdites repr\u00e9sentations sociales. Il convient d\u2019en avoir conscience pour assurer l\u2019effectivit\u00e9 de l\u2019apprentissage des LN au Cameroun.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodologie<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans quatre r\u00e9gions du Cameroun\u00a0: l\u2019Extr\u00eame-Nord, le Centre, le Littoral et l\u2019Ouest. Les langues nationales cibl\u00e9es \u00e9taient le fulfulde, l\u2019ewondo, le ghomala\u2019, le basaa et le duala, cinq langues v\u00e9hiculaires fortement utilis\u00e9es dans les quatre aires culturelles que sont le grand-Nord, le Centre-Sud-Est, l\u2019Ouest et le Littoral. L\u2019\u00e9chantillon de l\u2019\u00e9tude est constitu\u00e9 de 1500 \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire, s\u00e9lectionn\u00e9s sur la base de la technique d\u2019\u00e9chantillonnage par choix raisonn\u00e9. Les \u00e9coles primaires cibl\u00e9es sont celles du projet ELAN-Afrique (\u00c9cole et Langues Nationales en Afrique), pilot\u00e9 par l\u2019Organisation Internationale de Francophonie, en partenariat avec le Minist\u00e8re camerounais en charge de l\u2019\u00e9ducation de base. Au niveau du secondaire, les enqu\u00eates se sont d\u00e9roul\u00e9es dans les \u00e9tablissements pilotes d\u2019enseignement des langues nationales, cibles de l\u2019\u00e9tude et relevant de la seule initiative du Minist\u00e8re camerounais des enseignements secondaires. Le questionnaire nous a servi d\u2019instrument de collecte des repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales, ainsi que de leurs performances et comp\u00e9tences dans cette discipline scolaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es ainsi collect\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es dans une approche qualitative pour une meilleure appr\u00e9ciation de la perception individuelle de la LN. Le plus important n\u2019\u00e9tant pas la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui correspondent \u00e0 tel ou tel typologie d\u2019indicateurs, mais la qualit\u00e9 des informations que ces \u00e9l\u00e8ves apportent et qui permettent d\u2019identifier et de lister les indicateurs des repr\u00e9sentations sociales des langues enseign\u00e9es, d\u2019une part, les indicateurs d\u2019acquisition de la LN et les comp\u00e9tences en LN, d\u2019autre part. En effet, il a \u00e9t\u00e9 fait usage de la m\u00e9thodologie d\u2019analyse des repr\u00e9sentations sociales propos\u00e9e par Moscovici (1961; 1986), c\u2019est-\u00e0-dire une analyse du contenu des repr\u00e9sentations sociales, d\u2019une part, et une analyse de leur structure interne, d\u2019autre part; le tout coupl\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse de l\u2019ancrage sociologique et des conditions de production (Jodelet, 1990). Nous avons \u00e9galement eu recours aux m\u00e9thodes d\u2019analyse psycholinguistique en rapport avec l\u2019apprentissage des LN.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultatsLes donn\u00e9es collect\u00e9es sont pr\u00e9sent\u00e9es en r\u00e9f\u00e9rence aux principales variables de notre sujet de recherche. Il s\u2019agit notamment de la diversit\u00e9 sociolinguistique qui se traduit par la pr\u00e9sence dans la m\u00eame salle de classe des \u00e9l\u00e8ves dont la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole est aussi la langue maternelle, et des \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres cultures linguistiques. Il s\u2019agit davantage des repr\u00e9sentations sociales de la LN qui renvoient globalement \u00e0 la relation qu\u2019entretient l\u2019apprenant-e avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00e0 la perception et \u00e0 ses sentiments \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette LN.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<div style=\"text-align: justify\">\r\n<h3>Tableau descriptif des caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales des participant-e-s \u00e0 l\u2019\u00e9tude<\/h3>\r\nLe tableau ci-dessous r\u00e9capitule les caract\u00e9ristiques des \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s, selon la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, l\u2019appartenance sociolinguistique, le cycle d\u2019\u00e9tude, l\u2019\u00e9cole, la classe, le sexe et l\u2019\u00e2ge.\r\n<p style=\"text-align: justify\"><img class=\"size-full wp-image-510 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"463\" \/> <img class=\"size-full wp-image-511 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"211\" \/><span style=\"text-align: justify;font-size: 1em\">Notre enqu\u00eate concernait 05 langues (fulfulde, \u0253asaa, duala\u0301, ewondo et gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019) r\u00e9parties dans les r\u00e9gions de l\u2019Extr\u00eame-Nord pour le fulfulde, du Centre pour l\u2019ewondo, de l\u2019Ouest pour le gh\u0254ma\u0301la\u0301 et du Littoral pour le duala\u0301 et le \u0253asaa. Elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e autant au primaire qu\u2019au secondaire. Dans les deux cycles d\u2019enseignement, un \u00e9chantillon de 750 \u00e9l\u00e8ves a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9, pour un total de 1500 participant-e-s. Au primaire, les \u00e9l\u00e8ves de 05 \u00e0 16 ans ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9-e-s dans diff\u00e9rentes \u00e9coles pilotes d\u2019enseignement des LN cibles de l\u2019\u00e9tude, dans le respect de l\u2019\u00e9quilibre de genre. Au niveau du secondaire, l\u2019approche genre a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 prise en compte. Les \u00e9l\u00e8ves s\u00e9lectionn\u00e9s proviennent des lyc\u00e9es et coll\u00e8ges dans lesquels les langues nationales cibles de l\u2019\u00e9tude sont enseign\u00e9es. Ils ou elles se situent entre 10 et 20 ans. La majorit\u00e9 de nos enqu\u00eat\u00e9-e-s ont pour langue maternelle la langue nationale enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole et sont originaires de l\u2019aire sociolinguistique couverte par l\u2019enqu\u00eate.<\/span><\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section aborde, dans une perspective descriptive et analytique, la perception, les croyances, les pr\u00e9jug\u00e9s, les st\u00e9r\u00e9otypes des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le fulfulde<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La relation que les \u00e9l\u00e8ves du primaire et ceux du secondaire entretiennent avec le fulfulde est ci-dessous pr\u00e9sent\u00e9e, selon qu\u2019ils sont locuteurs ou pas de cette LN.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (48 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de langue maternelle fulfulde aiment la langue et se r\u00e9jouissent qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, de m\u00eame que leurs parents. Ils ou elles trouvent le fulfulde facile \u00e0 apprendre. L\u2019enseignement du fulfulde leur appara\u00eet utile et b\u00e9n\u00e9fique. Il leur permet, au-del\u00e0 de la communication orale, de lire, \u00e9crire et calculer en fulfulde. Ils ou elles se repr\u00e9sentent aussi le fulfulde comme la langue du commerce, sa bonne ma\u00eetrise leur permettra de r\u00e9ussir dans cette activit\u00e9 plus tard. Le fulfulde est enfin per\u00e7u comme une garantie d\u2019insertion socioprofessionnelle, puisque le seul fait de parler cette langue donne un acc\u00e8s facile et \u00e9vident \u00e0 certaines structures locales.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres\u00a0(102 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves n\u2019investissent pas \u00e9motionnellement la langue fulfulde\u00a0: \u00ab ce n\u2019est pas ma LN\u00a0\u00bb, disent-ils pour justifier ce sentiment. Ils ou elles la trouvent inutile et n\u2019approuvent pas le fait qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, de m\u00eame que leurs parents. Pour ces \u00e9l\u00e8ves, le fulfulde est difficile \u00e0 apprendre, mais rev\u00eat un certain int\u00e9r\u00eat parce qu\u2019il leur permet de communiquer avec leurs camarades, qui sont pour la plupart de culture linguistique fulfulde; il leur permet aussi de communiquer au quartier, \u00e9tant donn\u00e9 que le fulfulde est la principale langue v\u00e9hiculaire de la communaut\u00e9. Ces \u00e9l\u00e8ves se repr\u00e9sentent par ailleurs le fulfulde comme une langue p\u00e9nible \u00e0 vivre dans la mesure o\u00f9, ne ma\u00eetrisant pas la langue, leurs camarades ont tendance \u00e0 se moquer d\u2019eux quand ils essayent de la manipuler. Ils ou elles pr\u00e9f\u00e8rent par cons\u00e9quent, dans certaines situations, rester mutiques.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (46 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de culture fulfulde aiment leur LN et adh\u00e8rent au fait qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. L\u2019enseignement de la LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole est une opportunit\u00e9 pour eux\/elles, car ils ou elles peuvent apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire le fulfulde.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (104 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les autres \u00e9l\u00e8ves, le fulfulde n\u2019a pas sa place \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils ou elles reconnaissent cependant que l\u2019enseignement du fulfulde leur permet d\u2019apprendre une nouvelle LN, de s\u2019int\u00e9grer dans la communaut\u00e9 d\u2019accueil, de communiquer avec leurs camarades et la communaut\u00e9 tout enti\u00e8re, car le fulfulde est la principale langue v\u00e9hiculaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019ewondo<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ici encore, les repr\u00e9sentations sociales de la langue ewondo, autant au primaire qu\u2019au secondaire, sont distinctement d\u00e9crites chez deux groupes d\u2019enqu\u00eat\u00e9-e-s\u00a0: les \u00e9l\u00e8ves locuteurs de la LN et les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers ou \u00e9trang\u00e8res \u00e0 cette langue.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De mani\u00e8re globale, les \u00e9l\u00e8ves ont des repr\u00e9sentations positives sur cette langue. \u00c0 cet \u00e9gard, ils ou elles \u00e9voquent l\u2019importance de cette langue, \u00e0 l\u2019instar de communiquer avec leurs parents et grands-parents, leurs camarades d\u2019origine ewondo.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (99 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ils ou elles sont plus enthousiastes que les autres \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019id\u00e9e de recevoir des enseignements dans la langue ewondo parce que c\u2019est avant tout leur langue maternelle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (51 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quelques \u00e9l\u00e8ves d'autres aires sociolinguistiques rejettent l'ewondo. Pour ceux\/celles-l\u00e0, l'ewondo n\u2019est pas leur langue et ne devrait pas \u00eatre enseign\u00e9 \u00e0 l'\u00e9cole. On a ainsi les discours du genre : \u00ab je ne suis pas ewondo \u00bb. Certain-e-s souhaitent que leur ma\u00eetresse leur apprenne aussi d\u2019autres langues : c'est le cas d'un enfant peul qui souhaiterait voir sa langue maternelle enseign\u00e9e \u00e0 l'\u00e9cole.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(35 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces \u00e9l\u00e8ves ont des repr\u00e9sentations positives de la langue ewondo. Plusieurs mobiles sont \u00e9voqu\u00e9s ici. Certain-e-s l\u2019apprennent parce que c\u2019est leur langue maternelle. D\u2019autres l\u2019aiment parce que c\u2019est une langue d\u2019enracinement culturel. Par ailleurs, cet apprentissage leur permet d\u2019approfondir leurs connaissances en cette langue. De m\u00eame, l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo contribue, pour certain-e-s, \u00e0 la valorisation des cultures et des traditions. Cette langue pourra les aider dans des relations sociales, le commerce, le mariage interethnique, les r\u00e9unions familiales, etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (115 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres cultures linguistiques estiment que l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo ne sert \u00e0 rien. Voici quelques discours : \u00ab je n\u2019ai jamais parl\u00e9 cette langue et je ne la comprends pas trop \u00bb, \u00ab parce que ce n\u2019est pas ma langue et je n\u2019aime pas cette langue \u00bb, \u00ab je pense que \u00e7a ne nous servira \u00e0 rien \u00bb, \u00ab on ne compose pas \u00e7a \u00e0 l\u2019examen \u00bb, \u00ab il ne s\u2019agit pas de ma langue et j\u2019aimerais bien me perfectionner dans ma langue \u00bb, \u00ab \u00e7a ne me sert pas trop \u00e0 grand-chose et on n\u2019enseigne pas \u00e7a dans toutes les classes \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le ghomala\u2019a<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne le ghomala\u2019, la diff\u00e9rence dans la perception de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole va se lire davantage au secondaire qu\u2019au primaire.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(tous et toutes)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s ont d\u00e9clar\u00e9 pour la majorit\u00e9 absolue qu\u2019ils ou elles sont content-e-s et motiv\u00e9-e-s d\u2019apprendre cette LN, car c\u2019est leur langue maternelle et son enseignement leur permettra de mieux la conna\u00eetre. Bref, ils et elles sont tr\u00e8s fier-e-s d\u2019apprendre leur langue maternelle, qu\u2019ils et elles aiment, \u00e0 l\u2019\u00e9cole. D\u2019ailleurs ces \u00e9l\u00e8ves affirment que l\u2019enseignement de cette langue participe \u00e0 mieux conna\u00eetre sa langue et sa culture, ainsi que communiquer et s\u2019int\u00e9grer facilement. Enfin, ils et elles d\u00e9clarent pour la plupart que cette langue pourra servir \u00e0 promouvoir le vivre-ensemble partout ailleurs.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tou-te-s les enqu\u00eat\u00e9-e-s sont originaires de la r\u00e9gion de l\u2019Ouest et ont pour LM le gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(125 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 du besoin de communiquer, les \u00e9l\u00e8ves expriment leur sentiment de motivation et de fiert\u00e9 par le fait qu\u2019ils et elles en sont locuteurs et locutrices. Pour ces \u00e9l\u00e8ves, \u00e0 travers l\u2019enseignement de la LN, on peut faire un retour aux sources et mieux s\u2019int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9, au-del\u00e0 de l\u2019aspect communicationnel. Ainsi, le sentiment d\u2019appartenance \u00e0 la langue enseign\u00e9e est bien perceptible. Pour des domaines dans lesquels la LN pourra servir, ils et elles \u00e9voquent pour la plupart la culture, l\u2019\u00e9ducation, le social et le professionnel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres <\/em><\/strong><strong>(24 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres aires culturelles disent accorder un certain int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019apprentissage du ghomala\u2019 parce qu\u2019il est important de conna\u00eetre les LN pour mieux s\u2019int\u00e9grer dans le milieu culturel qui manipule cette LN, au-del\u00e0 de l\u2019aspect communicationnel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le basaa<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au primaire comme au secondaire, les repr\u00e9sentations des apprenant-e-s vis-\u00e0-vis de la langue bassa\u2019a sont d\u00e9crites, d\u2019une part, chez les \u00e9l\u00e8ves ayant le bassa\u2019a comme langue premi\u00e8re, et d\u2019autre part, chez les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 cette LN.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le <\/em><\/strong><strong>basaa<em> comme langue maternelle <\/em>(81 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves locuteurs qui apprennent le \u0253asaa dans leurs \u00e9coles sont motiv\u00e9-e-s et content-e-s d\u2019apprendre cette langue. En plus du manifeste d\u2019appartenance \u00e0 la langue enseign\u00e9e, ils et elles trouvent l\u2019enseignement de cette langue utile, car elle leur permet de lire, \u00e9crire, calculer et mieux communiquer dans leur langue maternelle. Ils et elles appr\u00e9cient \u00e9galement le fait que l\u2019enseignement de cette langue se passe de mani\u00e8re ludique et d\u00e9clarent que sa ma\u00eetrise leur permettra de mieux la promouvoir et faciliter un meilleur enracinement dans leur culture. Et enfin, ils et elles affirment que cette langue pourra leur \u00eatre utile dans tous les domaines, notamment social et professionnel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres <\/em><\/strong><strong>(66 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves <em>(10 \u00e9l\u00e8ves)<\/em> ne sont pas tr\u00e8s motiv\u00e9-e-s et content-e-s d\u2019apprendre le basaa; ils et elles (08 \u00e9l\u00e8ves) sont frustr\u00e9-e-s par le fait qu\u2019ils et elles ne comprennent pas aussi rapidement que leurs camarades dont le basaa est la langue maternelle. Aussi, le manque de documents ne les encourage pas \u00e0 v\u00e9ritablement se mettre au travail afin de rattraper les camarades locuteurs de la LN. Certains d\u2019entre eux\/elles trouvent que c\u2019est inutile d\u2019enseigner cette langue parce qu\u2019elle n\u2019est pas la langue officielle et affirment qu\u2019elle ne pourra les aider dans aucun domaine de la vie.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (56 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces \u00e9l\u00e8ves affirment \u00eatre content-e-s et motiv\u00e9-e-s par l\u2019enseignement du basaa. Ils et elles y voient une possibilit\u00e9 de promotion des LCN (langues et cultures nationales).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (94 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">M\u00eame si ces \u00e9l\u00e8ves venant d\u2019autres aires linguistiques que le basaa (94 \u00e9l\u00e8ves) reconnaissent que l\u2019apprentissage de cette LN est une opportunit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration nationale et d\u2019insertion socio-professionnelle, beaucoup (20 \u00e9l\u00e8ves) disent n\u00e9anmoins ne pas \u00eatre motiv\u00e9-e-s \u00e0 apprendre le basaa \u00e0 l\u2019\u00e9cole, parce que ce n\u2019est pas leur langue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le duala<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Toujours dans une approche comparative, les sentiments des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019endroit de la langue duala sont ci-dessous d\u00e9crits.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (32 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les enfants autochtones, on observe un int\u00e9r\u00eat particulier pour l\u2019apprentissage de la langue duala. Ils et elles disent aimer la langue et se r\u00e9jouissent de ce qu\u2019ils et elles peuvent aussi la manipuler en situation de classe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (118 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les enfants allog\u00e8nes de la langue duala manifestent en g\u00e9n\u00e9ral un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour l\u2019apprentissage du duala. Cela vient du fait qu\u2019ils et elles se sentent discrimin\u00e9-e-s et d\u00e9sirent voir aussi leurs langues maternelles enseign\u00e9es. En plus, plusieurs parents de l\u2019EP B\u00e9panda, Omnisport, sp\u00e9cifiquement, ont publiquement menac\u00e9 les enseignant-e-s pour avoir mis leurs enfants dans les classes de duala. Ils ont demand\u00e9 et obtenu leur retrait et insertion dans les classes classiques. Et, chaque jour, les effectifs s\u2019amenuisent dans ces classes. Le rejet par les parents de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole influence consid\u00e9rablement la relation que leurs enfants entretiennent avec cette langue. Ces derniers se la repr\u00e9sentent alors comme une langue inutile et ne s\u2019investissent en vue d\u2019en acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (21 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autochtones sont, dans l\u2019ensemble, contents d\u2019apprendre et d\u2019approfondir leur langue maternelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (129 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une infime minorit\u00e9 d\u2019allog\u00e8nes \u00e9prouve le d\u00e9sir d\u2019apprendre une langue et une culture autre que la leur et d\u2019obtenir de bonnes notes. Mais, la majorit\u00e9 trouve que l\u2019enseignement du duala est un perd-temps, en ceci qu\u2019il ne leur accorde pas d\u2019opportunit\u00e9s ou de prestiges particuliers. En m\u00eame temps, ils trouvent que c\u2019est un complot pour les assimiler et leur faire parler le duala de force. En d\u00e9pit de ce fait, certains reconnaissent tout de m\u00eame que l\u2019apprentissage du duala leur permet de d\u00e9couvrir autre chose et de s\u2019ancrer davantage dans les cultures et les langues de leur pays.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Analyse des acquisitions et des comp\u00e9tences en LN<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du fulfulde<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves en fulfulde sont pr\u00e9sent\u00e9es dans une approche comparative\u00a0: \u00e9l\u00e8ves locuteurs\u00a0-\u00a0\u00e9l\u00e8ves non-locuteurs, et ce dans les deux cycles d\u2019enseignement cibl\u00e9s par l\u2019\u00e9tude.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (48 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme LN ont de tr\u00e8s bonnes performances scolaires (44 \u00e9l\u00e8ves sur 48). Les raisons qui, selon eux et elles, expliquent leur comp\u00e9tence : ils et elles aiment le fulfulde, c\u2019est leur langue maternelle, ils et elles la pratiquent depuis longtemps, ils et elles la ma\u00eetrisent bien, ils et elles se font aider par leurs parents et leurs fr\u00e8res et s\u0153urs a\u00een\u00e9-e-s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong> (102 \u00e9l\u00e8ves)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves ont des performances diversifi\u00e9es en fulfulde\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 Certains ont de bonnes performances en LN, comme dans toutes les autres disciplines (4 sur 102);<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 D\u2019autres sont moyens, les parents et l\u2019entourage parlent la langue\u00a0(24 \u00e9l\u00e8ves sur 102);<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 D\u2019autres encore sont faibles ou nuls en fulfulde (74 sur 102). Les motifs\u00a0: ils ne comprennent pas la langue, ils ne parlent pas, leurs parents ne la parlent pas, ils ne b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aucun accompagnement \u00e0 la maison.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (46 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de culture fulfulde ont de meilleures comp\u00e9tences que les autres (43 \u00e9l\u00e8ves sur 46). Diff\u00e9rentes raisons expliquent cet \u00e9cart\u00a0: c\u2019est leur langue maternelle, ils et elles la manipulent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9cole et en dehors de l\u2019\u00e9cole, ils et elles b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019assistance p\u00e9dagogique de leurs proches.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong> (104 \u00e9l\u00e8ves)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves (68 sur 104) rencontrent des difficult\u00e9s d\u2019acquisition des connaissances et de d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en fulfulde pour les motifs suivants : ils et elles n\u2019aiment pas le fulfulde, ils et elles le trouvent difficile \u00e0 apprendre, ils et elles n\u2019adh\u00e8rent pas \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019enseigner la langue fulfulde \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ils et elles auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 voir leur propre LN \u00eatre enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. 36 \u00e9l\u00e8ves sur les 104 \u00e9tranger-e-s \u00e0 la langue fulfulde s\u2019en sortent plut\u00f4t bien. Ils et elles \u00e9voquent comme justificatifs de leurs bonnes performances : la comp\u00e9tence de l\u2019enseignant-e, l\u2019assistance p\u00e9dagogique des parents, la pratique intense de la langue fulfulde dans leur entourage.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas de l\u2019ewondo<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9sentons ci-dessous les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire en ewondo, dans une approche comparative\u00a0: \u00e9l\u00e8ves locuteurs\u00a0-\u00a0\u00e9l\u00e8ves non-locuteurs.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves trouvent que leur comp\u00e9tence dans cette langue est plus ou moins bonne. Cette comp\u00e9tence mitig\u00e9e est le r\u00e9sultat des efforts fournis par les ma\u00eetresses et les parents qui les aident dans le processus d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (99 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent avoir une comp\u00e9tence assez bonne dans cette langue sont en majorit\u00e9 Ewondo. On a des d\u00e9clarations du type \u00ab\u00a0je suis fort en ewondo parce je suis ewondo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parce que mes parents m\u2019apprennent cette langue \u00e0 la maison\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parce que je suis etudi\u00a0\u00bb, etc. Mais, il y a aussi des \u00e9l\u00e8ves issus d\u2019autres ethnies qui disent \u00eatre assez comp\u00e9tents dans cette langue parce que \u00ab\u00a0la ma\u00eetresse enseigne bien\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (51 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent ne pas avoir une bonne comp\u00e9tence en ewondo sont ceux\/celles qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes ethniques. Ils et elles affichent un comportement glottophobe \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue. C\u2019est le cas de ces repr\u00e9sentations n\u00e9gatives sur l\u2019ewondo\u00a0: \u00ab\u00a0je n\u2019aime pas l\u2019ewondo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas ma langue\u00a0\u00bb. Une autre raison qu\u2019ils et elles avancent est le manque de livres et du soutien d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo \u00e0 la maison, puisque les parents et les grands-parents ne peuvent pas les aider. Les non-Ewondo pensent que leurs camarades ewondo ont de bonnes notes parce que c\u2019est leur langue maternelle et qu\u2019ils et elles la parlent \u00e0 la maison.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves en ewondo sont plus ou moins bonnes. Cette comp\u00e9tence mitig\u00e9e est le r\u00e9sultat des efforts fournis par les ma\u00eetresses et les parents qui les aident dans le processus d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (35 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent avoir une comp\u00e9tence assez bonne dans cette langue sont en majorit\u00e9 Ewondo. On a des d\u00e9clarations telles que\u00a0: \u00ab\u00a0le professeur explique bien\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u2019est ma langue maternelle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0je vis avec mes grands-parents maternels\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0\u00e0 la maison l\u2019ewondo est la langue la plus parl\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (115 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent ne pas avoir une bonne comp\u00e9tence en ewondo sont ceux\/celles qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes ethniques. Ils et elles expriment leur d\u00e9samour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ewondo : \u00ab ce qui justifie mon incomp\u00e9tence est que cette langue n\u2019est pas la mienne \u00bb. C\u2019est la glottophobie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue qui justifierait leur incomp\u00e9tence. C\u2019est ce qui ressort de ce discours : \u00ab je n\u2019aime pas l\u2019ewondo \u00bb, \u00ab ce n\u2019est pas ma langue \u00bb. Cependant, parmi les \u00e9l\u00e8ves issus d\u2019autres ethnies, il y en a qui disent \u00eatre assez comp\u00e9tents parce que \u00ab la ma\u00eetresse enseigne bien \u00bb. Ils et elles indiquent aussi les difficult\u00e9s qu\u2019ils et elles rencontrent dans l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo : la prononciation, la non-ma\u00eetrise des tons, etc. Les \u00e9l\u00e8ves non ewondo trouvent que leurs camarades ewondo ont de bonnes notes parce que c\u2019est avant tout leur langue maternelle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du ghomala\u2019<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La lecture descriptive et analytique du travail des \u00e9l\u00e8ves en ghomala\u2019 et du d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue appara\u00eet ci-dessous, avec la m\u00eame configuration\u00a0: locuteurs et non-locuteurs de cette LN.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle (tous et toutes)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves apprenant la langue gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019 ont de tr\u00e8s bonnes comp\u00e9tences en lecture\/\u00e9criture. Parmi ces \u00e9l\u00e8ves, 07 d\u00e9clarent \u00eatre nuls\/nulles concernant leur comp\u00e9tence orale et 14 disent avoir des incomp\u00e9tences en lecture\/\u00e9criture. Les comp\u00e9tences se justifient par le fait qu\u2019ils et elles sont locuteurs gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019, que la langue est bien enseign\u00e9e, pour certain-e-s et qu\u2019ils et elles ma\u00eetrisent l\u2019alphabet, pour d\u2019autres. Pour ceux\/celles qui ont d\u00e9clar\u00e9 leur incomp\u00e9tence, ils et elles justifient cela par la non-ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et le manque de documents. Notons par ailleurs que sur les 150 \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s, 146 disent que la langue utilis\u00e9e \u00e0 la maison est le gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019, contre 04 \u00e9l\u00e8ves qui disent que c\u2019est le fran\u00e7ais. Les difficult\u00e9s d\u2019apprentissage de la LN se situent pour la plupart en vocabulaire, sens et conjugaison. Bien que plusieurs ont affirm\u00e9 avoir quelques livres pour l\u2019apprentissage de la LN, d\u2019autres s\u2019appuient sur les parents pour pallier les difficult\u00e9s qu\u2019ils et elles rencontrent.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (personnes)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tou-te-s les enqu\u00eat\u00e9-e-s de la R\u00e9gion de l\u2019Ouest sont originaires de cette r\u00e9gion et ont pour langue maternelle le gh\u0254ma\u0301la\u0301.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle (125 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant l\u2019\u00e9valuation de leurs comp\u00e9tences, les \u00e9l\u00e8ves d\u00e9clarent \u00eatre comp\u00e9tent-e-s en LN parce que c\u2019est leur langue maternelle et parce qu\u2019ils et elles apprennent leur le\u00e7on et ma\u00eetrisent l\u2019orthographe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (24 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves n\u2019ayant pas le ghomala\u2019 comme LN ont de faibles performances dans cette langue. Ils et elles justifient leurs incomp\u00e9tences par le fait qu\u2019ils et elles ne ma\u00eetrisent pas ladite langue et qu\u2019elle est mal enseign\u00e9e. Ils et elles affirment par ailleurs que leurs camarades ont de bonnes notes en LN parce qu\u2019ils et elles ma\u00eetrisent la langue; c\u2019est leur langue maternelle. Ils et elles affirment avoir plus de difficult\u00e9s d\u2019apprentissage des LN au niveau de l\u2019orthographe, de la conjugaison, du vocabulaire et de la prononciation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du basaa<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ici encore, les r\u00e9sultats sont pr\u00e9sent\u00e9s suivant deux cat\u00e9gories principales\u00a0: les \u00e9l\u00e8ves dont le basaa constitue la langue maternelle et les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres aires linguistiques<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (81 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les comp\u00e9tences tant en ce qui concerne le parler qu\u2019en lecture\/\u00e9criture des \u00e9l\u00e8ves locuteurs du basaa sont au-del\u00e0 de la moyenne pour la quasi-totalit\u00e9. Ils et elles ont une bonne ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et de l\u2019orthographe de la langue, ils et elles apprennent leurs le\u00e7ons, b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019assistance p\u00e9dagogique de leurs parents.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (66 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves n\u2019ont pas de bonnes performances (ils et elles se situent dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0nul\u00a0\u00bb). Ils et elles accusent le fait qu\u2019ils et elles ne soient pas locuteurs de la langue et d\u00e9plorent aussi le manque de documents pour l\u2019apprentissage.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (94 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves autochtones ont un niveau de comp\u00e9tence \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019oral et en lecture\/\u00e9criture. Ceci se justifie par le fait qu\u2019ils et elles apprennent bien leurs le\u00e7ons, pour certain-e-s et pour d\u2019autres, c\u2019est parce qu\u2019ils et elles sont locuteurs de la langue enseign\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (56 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves non-locuteurs de la langue basaa ont, dans l\u2019ensemble, de faibles performances dans cette langue. Certain-e-s arrivent n\u00e9anmoins \u00e0 se d\u00e9marquer et \u00e0 d\u00e9velopper des performances moyennes, parce qu\u2019ils et elles nourrissent dans toutes les disciplines le go\u00fbt de l\u2019effort et de la r\u00e9ussite. Ce sont ceux\/celles-l\u00e0 qui trouvent en la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole une opportunit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du duala<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves duala sont pr\u00e9sent\u00e9es et compar\u00e9es \u00e0 celles des \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la langue.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (32 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le travail acharn\u00e9, la concentration et la motivation des \u00e9l\u00e8ves duala font d\u2019eux les plus forts, autant en expression orale qu\u2019en expression \u00e9crite.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (118 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la langue duala pr\u00e9sentent les comp\u00e9tences les plus faibles dans cette langue. Cette situation est en congruence avec leurs repr\u00e9sentations et leurs attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette LN.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala<\/em><\/strong> <strong><em>comme langue maternelle (21 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ils et elles ont de bonnes notes en LN dans l\u2019ensemble. Cela s\u2019explique par le fait qu\u2019ils et elles s\u2019investissent dans le processus d\u2019apprentissage, sont assidu-e-s et attentionn\u00e9-e-s en classe, font leurs devoirs et s\u2019exercent avec leurs camarades locuteurs duala et leurs parents.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (129 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce sont les moins performants en LN. Motifs\u00a0: cette langue les \u00e9nerve et est difficile. Ces \u00e9l\u00e8ves trouvent aussi que le professeur est incomp\u00e9tent. De plus, ils ne l\u2019aiment pas.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves autochtones sont dans l\u2019ensemble contents d\u2019apprendre et d\u2019approfondir leur langue maternelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles ont une meilleure relation avec les LN enseign\u00e9es. L\u2019analyse de leurs r\u00e9ponses au questionnaire met en exergue des repr\u00e9sentations positives des LN enseign\u00e9es. Ils et elles aiment les LN et sont davantage motiv\u00e9-e-s \u00e0 l\u2019apprendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole parce que c\u2019est leur langue maternelle. Ils et elles trouvent l\u2019enseignement des LN utiles dans la mesure o\u00f9 il leur permet d\u2019apprendre \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 calculer dans leur langue maternelle; de perfectionner leur expression orale; de s\u2019enraciner dans leur culture d\u2019appartenance; de mieux comprendre le fran\u00e7ais et les autres disciplines scolaires, puisque les enseignant-e-s utilisent souvent la LN pour enseigner et faire apprendre les autres disciplines. Ils et elles ajoutent que l\u2019apprentissage des LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole leur permet de mieux promouvoir leur culture d\u2019appartenance.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par contre, les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole ne manifestent pas un enthousiasme particulier \u00e0 apprendre cette langue. Certes, ils et elles reconnaissent qu\u2019elle leur permet de communiquer avec leurs camarades et de s\u2019int\u00e9grer dans leur communaut\u00e9 d\u2019accueil pour un vivre ensemble harmonieux, mais n\u2019ayant aucune proximit\u00e9 affective et culturelle avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ils et elles la vivent comme une \u00e9preuve difficile \u00e0 relever. Pratiquement, tou-te-s la trouvent inutile, sans int\u00e9r\u00eat dans le syst\u00e8me-\u00e9cole et source de discrimination. En effet, ils et elles \u00e9prouvent un sentiment de rejet pendant l\u2019enseignement de la LN ou pendant l\u2019utilisation de la LN pour enseigner les autres disciplines, ce d\u2019autant plus que l\u2019attention de l\u2019enseignant-e est davantage orient\u00e9e vers les \u00e9l\u00e8ves autochtones qui ma\u00eetrisent la LN et peuvent par cons\u00e9quent interagir avec lui ou elle. Cet \u00e9tat des choses conduit les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN \u00e0 un certain isolement social. Ils et elles en viennent ainsi \u00e0 regretter de devoir subir cette LN et souhaitent que leur propre langue maternelle soit elle aussi enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. En d\u00e9finitive, les \u00e9l\u00e8ves allog\u00e8nes de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole affichent un comportement glottophobe \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue. D\u2019o\u00f9 des repr\u00e9sentations n\u00e9gatives perceptibles dans les r\u00e9ponses au questionnaire. On a ainsi des discours du type : \u00ab je n\u2019aime pas l\u2019ewondo \u00bb, \u00ab le duala ce n\u2019est pas ma langue \u00bb, \u00ab je ne suis pas bassa\u2019a \u00bb, \u00ab je pr\u00e9f\u00e8re qu\u2019on apprenne aussi le moundang \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00bb, \u00ab je ne comprends pas le fulfulde \u00bb, \u00ab je ne peux m\u00eame pas avoir la moyenne l\u00e0-bas fait quoi fait quoi \u00bb, etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces repr\u00e9sentations sociales des LN influencent, de mani\u00e8re significative, les performances des \u00e9l\u00e8ves dans les LN et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences y relatives.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, les comp\u00e9tences tant \u00e0 l\u2019oral qu\u2019en lecture\/\u00e9criture des \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole sont au-del\u00e0 de la moyenne pour la quasi-totalit\u00e9. Ceci se justifie par le fait qu\u2019ils et elles sont locuteurs et locutrices de la langue enseign\u00e9e. Ils et elles d\u00e9clarent \u00e0 ce propos avoir une bonne ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et de l\u2019orthographe de la langue, et qu\u2019ils et elles apprennent leurs le\u00e7ons, aid\u00e9-e-s par leurs parents. Les \u00e9l\u00e8ves qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes linguistiques ont les r\u00e9sultats les plus faibles en LN et \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper des comp\u00e9tences autant en expression orale qu\u2019en lecture\/\u00e9criture. Au-del\u00e0 des motifs glottophobes qu\u2019ils et elles avancent pour justifier ces mauvaises performances en LN, ces \u00e9l\u00e8ves accusent \u00e9galement le manque de livres, la non-assistance p\u00e9dagogique des parents \u00e0 la maison. Cette typologie d\u2019\u00e9l\u00e8ves \u00e9tablit le lien entre le d\u00e9samour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la LN et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue en des termes tels que : \u00ab ce qui justifie mon incomp\u00e9tence est que cette langue n\u2019est pas la mienne \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De ce qui ressort des r\u00e9sultats obtenus, l\u2019apprentissage des LN se heurte au probl\u00e8me de perception de la langue enseign\u00e9e, et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en LN est fonction de la relation que l\u2019\u00e9l\u00e8ve entretient avec cette langue. En effet, selon qu\u2019elle lui est famili\u00e8re ou \u00e9trang\u00e8re, l\u2019apprenant-e s\u2019impliquera dans le processus enseignement-apprentissage ou en sera distant. Il y a donc un lien significatif entre la repr\u00e9sentation sociale des LN et l\u2019acquisition des connaissances et des comp\u00e9tences dans cette langue. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019enseignant-e de prendre en compte les param\u00e8tres psychosociologiques et psycholinguistiques dans la planification, l\u2019organisation et le d\u00e9roulement du processus enseignement-apprentissage. Car, comme le rel\u00e8ve Noyau (2014), enseigner c\u2019est d\u2019abord amener l\u2019apprenant-e, dans une perspective actionnelle, \u00e0 mettre en \u0153uvre quatre t\u00e2ches cognitives : la segmentation, la combinaison des segments, la contextualisation et la comparaison entre les formes et les fa\u00e7ons de parler. Enseigner une langue c\u2019est aussi enseigner une culture, une mani\u00e8re de percevoir le monde et d\u2019y interagir (Gerbault, 1997, p. 32). Au-del\u00e0 de la mobilisation des diff\u00e9rentes t\u00e2ches cognitives chez l\u2019apprenant-e (segmenter, combiner les segments, mettre en contexte, comparer les formes), l\u2019enseignant-e devrait pouvoir int\u00e9grer dans sa d\u00e9marche ces facteurs de l\u2019acquisition linguistique : propension \u00e0 apprendre, capacit\u00e9 linguistique, acc\u00e8s \u00e0 la langue. De mani\u00e8re op\u00e9rationnelle, il s\u2019agira pour l\u2019enseignant-e de prendre en compte les repr\u00e9sentations initiales de l\u2019apprenant-e vis-\u00e0-vis de la LN \u00e0 enseigner, en les identifiant (au d\u00e9but du processus enseignement-apprentissage) et en les fragilisant (d\u00e9montrer leurs limites) avant d\u2019introduire les donn\u00e9es linguistiques \u00e0 faire apprendre. Dans cette optique, Giordan (1996) parle de mod\u00e8le allost\u00e9rique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le mod\u00e8le allost\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par Andr\u00e9 Giordan (didacticien des sciences), en 1989. C\u2019est un mod\u00e8le d\u2019apprentissage qui pr\u00e9conise de \u00ab faire avec (les conceptions de l\u2019apprenant), pour aller contre \u00bb. Selon ce mod\u00e8le en effet, l\u2019apprentissage est un processus de transformation des conceptions de l\u2019apprenant-e. Une conception est une fa\u00e7on de raisonner, une id\u00e9e initiale, un savoir initial qu\u2019a l\u2019apprenant-e sur une question donn\u00e9e, et qui va orienter ses actions. Une conception n\u2019est pas simplement ce que l\u2019\u00e9l\u00e8ve pense, dit ou \u00e9crit, c\u2019est le \u00ab fruit de son exp\u00e9rience ant\u00e9rieure, sa grille de lecture et d\u2019interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb (Giordan, 1996, p. 1). Les conceptions de l\u2019apprenant-e peuvent constituer des obstacles \u00e0 l\u2019acquisition du nouveau savoir. C\u2019est la raison pour laquelle, selon GIORDAN, il convient \u00e0 l\u2019enseignant-e de s\u2019appuyer sur les conceptions des \u00e9l\u00e8ves pour construire le nouveau savoir.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adaptation de ce mod\u00e8le \u00e0 l\u2019enseignement des LN contribuerait \u00e0 une sorte de (re)mod\u00e9lisation des repr\u00e9sentations sociales chez l\u2019apprenant-e. Ce qui favoriserait l\u2019implication dans le processus enseignement-apprentissage des \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019approche didactique que nous proposons, notamment celle qui se pr\u00e9occupe du v\u00e9cu psychosociologique et psycholinguistique des \u00e9l\u00e8ves en situation d\u2019apprentissage des LN, se justifie par le fait que les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole se sentent inf\u00e9rieurs aux autres \u00e9l\u00e8ves dont la langue maternelle est pratiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Domin\u00e9s par ces derniers, ils ont tendance \u00e0 d\u00e9velopper des sentiments de rejet. Un tel contexte met en exergue la supr\u00e9matie des langues dominantes et le d\u00e9clin des langues issues des communaut\u00e9s domin\u00e9es. Irvine et Gal (2000) ont d\u2019ailleurs d\u00e9montr\u00e9 que les pratiques langagi\u00e8res renvoient \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie linguistique. Une r\u00e9alit\u00e9 qui ralentit consid\u00e9rablement, lorsqu\u2019elle n\u2019inhibe pas compl\u00e8tement le dynamisme du processus d\u2019acquisition chez les apprenant-e-s non natifs\/natives des langues enseign\u00e9es, dans la mesure o\u00f9 ces langues \u00ab des autres \u00bb deviennent pour eux\/elles une contrainte pour laquelle ils et elles sont rarement motiv\u00e9-e-s. Ces sentiments que d\u00e9veloppent les apprenant-e-s allog\u00e8nes linguistiques sont au c\u0153ur des conflits cognitifs latents, souvent ouverts et saisissables au travers des repr\u00e9sentations sociales qui, par nature, ont une valeur pr\u00e9dictive sur les conduites et les attitudes des individus (Dany, 2016).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019introduction des langues nationales \u00e0 l\u2019\u00e9cole camerounaise vise un but noble : promouvoir \u00e0 la fois les cultures nationales, l\u2019enracinement culturel, l\u2019int\u00e9gration nationale, le vivre ensemble. Ce but constitue des pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019ouverture efficace au monde, devenu village plan\u00e9taire. Cependant, cet objectif majeur de l\u2019\u00e9ducation nationale camerounaise rencontre des obstacles \u00e0 son impl\u00e9mentation. En effet, les \u00e9l\u00e8ves n\u2019y adh\u00e8rent pas v\u00e9ritablement, principalement ceux\/celles qui ne se reconnaissent pas dans les langues nationales choisies pour \u00eatre enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles ne s\u2019impliquent pas suffisamment dans le processus enseignement-apprentissage et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans ce domaine en est consid\u00e9rablement compromis. La pr\u00e9sente \u00e9tude visait \u00e0 identifier les causes du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat manifeste des \u00e9l\u00e8ves non locuteurs vis-\u00e0-vis des LN enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et par ricochet leurs faibles performances dans cette discipline particuli\u00e8re. Dans cette perspective, nous avons questionn\u00e9 une dimension psychologique, \u00e0 savoir les repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves. L\u2019hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9tude mettait en corr\u00e9lation les repr\u00e9sentations sociales des langues nationales enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole et le d\u00e9veloppement des acquis et des comp\u00e9tences dans ces langues. Pour \u00e9prouver cette hypoth\u00e8se, une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de 1500 apprenant-e-s camerounais-e-s des \u00e9coles primaires et secondaires pilotes d\u2019enseignement des langues nationales. Les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 l\u2019issue de cette enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8lent que les \u00e9l\u00e8ves locuteurs des langues fulfuld\u00e9, ewondo, ghomala\u2019, basaa et duala ont une meilleure relation avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole que les \u00e9l\u00e8ves non-locuteurs. Les premiers se sentent affectivement proches de la LN et sont plus motiv\u00e9s \u00e0 l\u2019apprendre davantage \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles la trouvent utile et opportune pour un v\u00e9ritable enracinement culturel. Les seconds se repr\u00e9sentent la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole comme sans int\u00e9r\u00eat et inutile comme discipline d\u2019apprentissage, m\u00eame si certains reconnaissent qu\u2019elle est un outil incontestable d\u2019int\u00e9gration nationale et de communication interpersonnelle. Ces repr\u00e9sentations positives pour les uns et n\u00e9gatives pour les autres influencent les acquisitions et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en LN. Les locuteurs de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole ont de meilleures performances et comp\u00e9tences que les non-locuteurs.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces r\u00e9sultats nous ont amen\u00e9s \u00e0 formuler des propositions allant dans le sens de la r\u00e9vision de l\u2019approche didactique des LN, pour une meilleure appropriation par les enseignant-e-s, du projet \u00ab\u00a0LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole\u00a0camerounaise\u00a0\u00bb, et une adh\u00e9sion plus efficiente des \u00e9l\u00e8ves au processus enseignement-apprentissage des LN. La d\u00e9marche pr\u00e9conise la prise en compte des d\u00e9terminants psychosociaux et psycholinguistiques dans la planification et la mise en route d\u2019une s\u00e9quence d\u2019enseignement-apprentissage des LN. Elle consiste en la mobilisation d\u2019outils didactiques et psychop\u00e9dagogiques devant aboutir \u00e0 une sorte de (re)mod\u00e9lisation des repr\u00e9sentations sociales des apprenant-e-s et, par ricochet, \u00e0 une implication \u00e9vidente dans les activit\u00e9s d\u2019apprentissage.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, A. F. 2018. Politique \u00e9ducative camerounaise de promotion des langues locales. Bessala G. et Bissaya, E. (dir.), <em>Les langues maternelles dans les couples exolingues <\/em>(p. 79-104). Dakar\u00a0: Les Nouvelles \u00c9dition Num\u00e9riques Africaines (N\u00c9NA).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Assoumou, Jules. 2005. <em>Mod\u00e8le d\u2019enseignement des langues maternelles orales dans l\u2019\u00e9ducation de base au Cameroun\u00a0: recherche et d\u00e9veloppement en zone Bulu<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Assoumou, Jules. 2007. Pour une int\u00e9gration r\u00e9ussie des langues nationales dans l\u2019enseignement scolaire au Cameroun. <em>African Journal of Applied Linguistics<\/em>, <em>05<\/em>, 5-31.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Binam Bikoi. 2012. <em>Atlas linguistique du Cameroun<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: CERDOTOLA<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ELAN. 2014. <em>Approches didactiques du bi-plurilinguisme en Afrique : apprendre en langues nationales et en fran\u00e7ais pour r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019\u00e9cole<\/em>. Paris : \u00c9ditions des Archives Contemporaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gerbault, Jeannine. 1997. L\u2019\u00e9cole camerounaise et ses langues\u00a0: le double d\u00e9fi. <em>\u00c9ducations et soci\u00e9t\u00e9s plurilingues<\/em>, <em>3<\/em>, 31-48.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Giordan, Andr\u00e9. 1996. Les conceptions de l\u2019apprenant. <em>Sciences Humaines. HS<\/em>. 12.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Irvine, Judith et Gal, Susan. 2000. Language Ideology and Linguistic differentiation. Kroskrity, Paul V. (\u00e9d.). <em>Regimes of language. Ideology, Politics and Identity <\/em>(p. 35-83). Santa Fe. Oxford: School of American Research Press. James Currey.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Maurer, Bruno. 2011. <em>Les langues de scolarisation en Afrique francophone\u00a0: enjeux et rep\u00e8res pour l\u2019action<\/em>. Paris\u00a0: AUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2001. <em>G\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019enseignement des langues camerounaises \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire au Cameroun<\/em>. Th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 1.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2012. L\u2019enseignement des langues et cultures au Cameroun le\u00e7ons d\u2019aujourd\u2019hui, semences de demain. Dans Paul Fonkwa (dir.),<em> Principes et modalit\u00e9s de l\u2019enseignement des langues et cultures camerounaises <\/em>(29-51). Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2013. Didactique de la compl\u00e9mentarit\u00e9\u00a0: une exp\u00e9rience et un id\u00e9al au Cameroun. Dans Mendoze, Gervais et Onguene, Louis-Martin (dir.), Langues nationales en situation\u00a0: r\u00e9flexions pour la revalorisation des langues premi\u00e8re (49- 58). Yaound\u00e9\u00a0: CLE.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2015. Enseignement des langues africaines en contexte multilingue et multiculturel\u00a0: le cas de PROPELCA au Cameroun. Dans Tadadjeu, Maurice (dir.), <em>\u00c9<\/em><em>coles rurales \u00e9lectroniques en langues africaines\u00a0: Exp\u00e9rimentation au Cameroun et orientation politique panafricaine <\/em>(87-101). Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbala Ze, Barnab\u00e9 et Wamba, Sylvie Rodolphine (dir.). 2010. <em>Langues de scolarisation dans l\u2019enseignement fondamental en Afrique subsaharienne<\/em>. Rapport de l\u2019\u00e9quipe-Cameroun. Paris\u00a0: AUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndibnu-Messina, Eth\u00e9. Julia. 2013. Le fran\u00e7ais et les langues nationales (LN) au Cameroun\u00a0: quelques consid\u00e9rations p\u00e9dagogiques. <em>Synergies Afrique des Grands Lacs<\/em>, <em>2<\/em>, 167-179.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndibnu-Messina, Eth\u00e9. Julia. 2016. Les constructions des savoirs en lecture\/\u00e9criture en situation plurilingue au Cameroun\u00a0: se dirige-t-on vers les classes id\u00e9ales du 21e si\u00e8cle? In <em>Les approches bi-plurilingues d'enseignement-apprentissage\u00a0: autour du programme \u00c9coles et langues nationales en Afrique (ELAN-Afrique)\u00a0: Actes du colloque du 26-27 mars 2015<\/em>. Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry, Montpellier-France\u00a0: Archives contemporaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nocus, Isabelle. Guimard, Philippe et Florin, Agn\u00e8s. 2017. Les effets d\u2019un programme bilingue d\u2019apprentissage de l\u2019\u00e9crit (initiative ELAN-Afrique) \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire en Afrique subsaharienne francophone. <em>Recherche en \u00e9ducation<\/em>,<em> 29<\/em>, 149-161.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2014. Psycholinguistique de l\u2019acquisition de langues et didactique du bi-plurilinguisme. Dans <em>ELAN-AFRIQUE, Approches didactiques du bi-plurilinguisme en Afrique, Apprendre en Langue et en fran\u00e7ais pour r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019\u00e9cole <\/em>(63-74). Paris\u00a0: \u00c9dition des Archives Contemporains.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2016. Situations d\u2019apprentissage plurilingues et pluriculturelles : relations entre langues, cultures et cognition. Dans Par\u00e9-Kabor\u00e9, A., Sawadogo, F. et Legros, D. (dir.), <em>Processus d\u2019enseignement\/ apprentissage et contextes linguistiques et culturels <\/em>(265-314)<em>.<\/em> Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2016. Transferts linguistiques et transferts de connaissances \u00e0 l\u2019\u00e9cole bilingue, recherches de terrain dans quelques pays subsahariens. Dans Bruno Maurer (dir.), <em>Les approches bi-plurilingues d\u2019enseignement-apprentissage : autour du programme Ecole et langues nationales en Afrique (ELAN)<\/em> (55-82). Paris : \u00c9ditions des Archives Contemporaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PASEC. 2016. <em>Performance du syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais. Comp\u00e9tences et facteurs de r\u00e9ussite au primaire<\/em>. COFEMEN\u00a0: Dakar<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tabi Manga, Jean. 2000. <em>Les politiques linguistiques du Cameroun. Essai d\u2019am\u00e9nagement linguistique<\/em>. Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice. 2003. Bilinguisme identitaire et apprentissage d\u2019une troisi\u00e8me langue\u00a0: le cas du Cameroun. <em>African Journal of Applied Linguistics<\/em>, <em>4<\/em>, 5-12.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice et Mba, Gabriel. 1997. L'utilisation des langues nationales dans l'\u00e9ducation au Cameroun. <em>Revue Tranel (Travaux neuch\u00e2telois de linguistique)<\/em>, <em>26<\/em>, 59-75.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019enseignement des langues nationales \u00e0 l\u2019\u00e9cole camerounaise se heurte \u00e0 la diversit\u00e9 sociolinguistique. Les langues nationales choisies par la politique \u00e9ducative pour \u00eatre enseign\u00e9es dans les \u00e9coles sont celles pratiqu\u00e9es dans la localit\u00e9 qui abrite l\u2019\u00e9cole. Ce qui signifie que les apprenant-e-s locuteurs de la langue\u00a0 ont un avantage sur les non-locuteurs. Cette situation expliquerait-elle l\u2019adh\u00e9sion quasi optimale de ces derniers \u00e0 l\u2019apprentissage des langues nationales et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette discipline particuli\u00e8re, contrairement \u00e0 ce qu\u2019on observe chez les apprenant-e-s \u00e9tranger-e-s \u00e0 ces langues?\u00a0 C\u2019est ce que l\u2019\u00e9tude a voulu v\u00e9rifier en questionnant les repr\u00e9sentations sociales des langues nationales et leur l\u2019incidence sur les apprentissages et les comp\u00e9tences en langues nationales. Une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s de 1500 \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les apprenant-e-s locuteurs ont une meilleure relation avec la langue nationale enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, s\u2019y investissent plus s\u00e9rieusement et produisent de meilleures performances en expression orale, lecture\/\u00e9criture. Tandis que certain-e-s apprenant-e-s non locuteurs ont des repr\u00e9sentations n\u00e9gatives de la langue nationale enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, lesquelles repr\u00e9sentations affectent leur adh\u00e9sion au processus d\u2019apprentissage et leurs performances dans cette langue.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/apprentissage\/\">apprentissage<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/diversite-sociolinguistique\/\">diversit\u00e9 sociolinguistique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/enseignement\/\">enseignement<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/langue-nationale\/\">langue nationale<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/motscles\/representation-sociale\/\">repr\u00e9sentation sociale<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The teaching of national languages in Cameroonian schools comes up against sociolinguistic diversity. The national languages chosen by educational policy to be taught in schools are those practised in the locality where the school is located. This means that language speakers have an advantage over non-language speakers. Does this explain the automatic adherence of the latter to learning national languages and the development of competence in that particular subject, in contrast to the situation of foreign language learners? The study sought to investigate this by examining the social representations of national languages and their impact on learning and competence in national languages. A survey of 1,500 primary and secondary school pupils revealed that speaker learners have a better relationship with the national language taught at school, are more committed to it and perform better in speaking and reading\/writing. While non-speaking learners have negative representations of the national language taught at school, which affect their engagement in the learning process and their performance in that language.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/learning\/\">learning<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/national-language\/\">national language<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/social-representation\/\">social representation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/sociolinguistic-diversity\/\">sociolinguistic diversity<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/keywords\/teaching\/\">teaching<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>25 f\u00e9vrier 2022<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>16 ao\u00fbt 2022<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>27 d\u00e9cembre 2022<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis les ind\u00e9pendances, la promotion de l\u2019apprentissage bilingue (Langue Nationale\/Langue Officielle<a class=\"footnote\" title=\"D\u00e9sormais LN et LO.\" id=\"return-footnote-498-1\" href=\"#footnote-498-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> tr\u00e8s souvent d\u2019origine europ\u00e9enne) en Afrique est au c\u0153ur de nombreux projets d\u2019am\u00e9lioration de la rentabilit\u00e9 interne de l\u2019\u00e9cole et de l\u2019int\u00e9gration sociale de ses produits. Outre la n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder l\u2019authenticit\u00e9 socioculturelle des peuples, l\u2019apprentissage bilingue (LN\/LO) se pr\u00e9sente comme une approche p\u00e9dagogique susceptible de limiter les d\u00e9perditions scolaires, l\u2019exclusion, le redoublement et l\u2019abandon, ainsi que les blocages psychologiques des apprenant-e-s (Banque Mondiale, 2005; Nocus, Guimard et Florin, 2017; Noyau, 2016; Traor\u00e9, 2001).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le cas particulier du Cameroun, deux LO majeures (le fran\u00e7ais et l\u2019anglais) cohabitent avec les LN. Ces derni\u00e8res sont compos\u00e9es des <em>langues locales, <\/em>d\u00e9nombr\u00e9es \u00e0 environ 287 unit\u00e9s (Mbala Ze et Wamba, 2010) d\u2019abord, puis 239 (Binam Bikoi, 2012) et des <em>langues v\u00e9hiculaires \u00e0 communication \u00e9largie<\/em> telles que le pidgin-English, le fulfulde et le beti-fang (qui regroupent ewondo, bulu, etc.). Tabi Manga (2000) propose d\u2019y associer le duala, le basaa, le fe\u2019fe\u2019 et le mungaka qui, selon cet auteur, pr\u00e9senterait un taux assez \u00ab notoire \u00bb de v\u00e9hicularit\u00e9 dans les r\u00e9gions actuelles de l\u2019Ouest, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Littoral. Ceci constituerait un p\u00f4le de six langues v\u00e9hiculaires au Cameroun. Dans un cas comme dans l\u2019autre, toutes ces langues, qui sont tr\u00e8s souvent le t\u00e9moin d\u2019un attachement \u00e9motionnel fort en raison de ses origines sociales, constituent par ailleurs un facteur d\u00e9cisif de la formation de l\u2019identit\u00e9 culturelle des locuteurs, qu\u2019ils soient majoritaires ou minoritaires. En effet, chaque langue est en soi un outil d\u2019enracinement et de transmission de l\u2019h\u00e9ritage culturel. Indistinctement, les communaut\u00e9s linguistiques en font un pr\u00e9texte de fiert\u00e9. Ce qui a souvent pour effet d\u2019exacerber les replis identitaires pr\u00e9judiciables au vivre ensemble. D\u00e8s lors, quel impact sur le syst\u00e8me \u00e9ducatif, en tant que secteur par excellence d\u2019acquisition des connaissances et des comp\u00e9tences devant encadrer le savoir-faire, le savoir-\u00eatre et le savoir-vivre en soci\u00e9t\u00e9?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Probl\u00e9matique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Face au d\u00e9cor sociolinguistique pluriel et m\u00e9tiss\u00e9, que pr\u00e9sente le Cameroun, les recommandations des \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019\u00e9ducation au Cameroun de 1995, \u00e0 la suite de ceux de la culture (1992), ont pris l\u2019initiative d\u2019accorder une place pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 la ma\u00eetrise des langues et cultures nationales qu\u2019ils pr\u00e9sentaient comme \u00abfacteur d\u2019int\u00e9gration nationale \u00bb. L\u2019objectif \u00e9tant la formation \u00ab d\u2019un citoyen patriote, \u00e9clair\u00e9, bilingue (fran\u00e7ais-anglais) et ma\u00eetrisant au moins une langue nationale, enracin\u00e9 dans sa culture, mais ouvert au monde \u00bb. De fait, les pouvoirs publics camerounais se sont r\u00e9solus \u00e0 les sauvegarder et \u00e0 les promouvoir (<em>cf<\/em>. Constitution de 1996, articles 1, 39 et 69; Document de Strat\u00e9gie du secteur de l\u2019\u00e9ducation et de la formation, p. 53; lois n\u00b02004\/018, article 22, et n\u00b02004\/019, article 24, fixant respectivement les r\u00e8gles applicables aux communes et aux r\u00e9gions). Allant dans le m\u00eame sens, la loi d\u2019orientation de l\u2019\u00e9ducation de 1998 (articles 5 et 11) pr\u00e9conisait et instruisait l\u2019apprentissage des LN aux c\u00f4t\u00e9s des deux LO. C\u2019est ainsi qu\u2019en 2000, le Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation de Base int\u00e9gra dans ses programmes une nouvelle discipline\u00a0: \u00ab culture nationale \u00bb. En 2005, il fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019ex-Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale un poste d\u2019Inspecteur p\u00e9dagogique national pour les langues et cultures nationales, poste qui sera maintenu au Minist\u00e8re des Enseignements Secondaires (MINESEC) en 2008. D\u00e8s 2008, le MINESEC obtint du Minist\u00e8re de l\u2019Enseignement Sup\u00e9rieur (<em>cf.<\/em> l\u2019arr\u00eat\u00e9 n\u00b0 08\/223\/MINSUP\/DDS du 03 novembre 2008), la formation de la premi\u00e8re vague des enseignant-e-s de Langues et Cultures camerounaises \u00e0 l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Yaound\u00e9. Ceci se dresse comme compl\u00e9ment \u00e0 d\u2019 autres initiatives et projets ant\u00e9rieurs et contemporains, conduits tant par des universitaires que des chercheurs et chercheuses camerounais-es et ONG tels que : PROPELCA (Projet de Recherches Op\u00e9rationnelles pour l\u2019Enseignement des Langues au Cameroun) en 1977; AGLC (Alphabet G\u00e9n\u00e9ral des Langues camerounaises) en 1979; ANACLAC\/NACALCO (Association Nationale des Comit\u00e9s de Langues camerounaises) depuis 1989; BASAL (Basic Standardisation of All unwritten Languages) , SIL(Soci\u00e9t\u00e9 Internationale de Linguistique) , CERDOTOLA (Centre international de Recherche et de Documentation sur les Traditions et pour le D\u00e9veloppement des Langues Africaines); ELAN-Afrique (Ndibnu-Messina, 2013; 2016), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans un cas comme dans l\u2019autre, deux postulats th\u00e9oriques majeurs motivent\u00a0: (1) <em>\u00ab\u00a0<\/em>un locuteur qui ma\u00eetrise l\u2019organisation de sa langue maternelle est suffisamment outill\u00e9 pour \u00e9tablir la distance n\u00e9cessaire \u00e0 la ma\u00eetrise d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0<em>\u00bb<\/em> (Nzess\u00e9, 2005, p.\u00a0174-175) et (2) <em>\u00ab <\/em>celui qui n\u2019a pas appris \u00e0 raisonner sur la parfaite ordonnance des sch\u00e8mes structuraux de sa langue maternelle ne saura jamais analyser l\u2019organisation syntaxique de la langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb (Makouta Mboukou, 1973, p.\u00a093).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, en d\u00e9pit de l\u2019engouement constat\u00e9, l\u2019\u00e9chec des \u00e9l\u00e8ves camerounais reste pr\u00e9occupant, en g\u00e9n\u00e9ral, et en particulier en fran\u00e7ais. Au terme d\u2019une \u00e9valuation des performances du syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais, \u00e9tude men\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon de 4\u00a0880 \u00e9l\u00e8ves r\u00e9partis dans 270 \u00e9coles primaires, 70,3\u00a0% de participant-e-s \u00e9taient en dessous du seuil \u00ab\u00a0suffisant\u00a0\u00bb en langue fran\u00e7aise en d\u00e9but du cycle et 51,2\u00a0% en dessous du m\u00eame seuil en lecture et compr\u00e9hension \u00e0 la fin du cycle (PASEC, 2016). Les comp\u00e9tences utiles en fran\u00e7ais pour comprendre, apprendre et s\u2019int\u00e9grer dans des situations courantes et poursuivre une scolarit\u00e9 dans de bonnes conditions leur faisaient d\u00e9faut (PASEC, 2016). En effet, c\u2019est au-del\u00e0 du seuil <em>\u00ab\u00a0<\/em>suffisant<em>\u00a0\u00bb<\/em> que le PASEC<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">consid\u00e8re que les \u00e9l\u00e8ves disposent en principe des connaissances et comp\u00e9tences indispensables pour poursuivre leur scolarit\u00e9 dans de bonnes conditions. En de\u00e7\u00e0, les \u00e9l\u00e8ves risquent de multiplier les difficult\u00e9s lors de la poursuite de leur scolarit\u00e9 : ils sont plus susceptibles de d\u00e9couragement et d\u2019abandon scolaire ou de conna\u00eetre des difficult\u00e9s encore plus importantes dans la suite de leur scolarit\u00e9, s\u2019ils la poursuivent\u00a0(PASEC, 2014, p. 29).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Si tant est vrai que la valorisation des langues endog\u00e8nes (LN) facilite la ma\u00eetrise d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re (LO) et am\u00e9liore les performances scolaires (Banque Mondiale, 2005; Makouta Mboukou, 1973; Nzess\u00e9, 2005; Noyau, 2016; Traor\u00e9, 2001, Mba, 2001, 2012, 2013,\u00a02015), comment comprendre qu\u2019en d\u00e9pit de l\u2019effectivit\u00e9 de l\u2019apprentissage bilingue LN\/LO dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais, la baisse de performances, en fran\u00e7ais notamment, soit persistante?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cette question, les auteurs accusent tr\u00e8s souvent les facteurs externes aux apprenant-e-s (Assoumou, 2007; Gerbault, 1997; Mbala ze et Wamba, 2010; Maurer, coord, 2011; Ndibnu-Messina, 2013; 2016; Tadadjeu et Mba, 1997), nonobstant le poids des cognitions individuelles et collectives sur les acquisitions et le transfert des comp\u00e9tences. Il est en effet courant que soient accus\u00e9s\u00a0: l\u2019absence d\u2019une politique linguistique nationale, le d\u00e9faut de pr\u00e9paration des langues africaines \u00e0 un usage scolaire, l\u2019absence d\u2019instruments descriptifs (grammaires, lexiques, orthographe stabilis\u00e9e) et didactiques (glossaires pour les domaines d\u2019enseignement, manuels, supports de lectures), le d\u00e9faut de mat\u00e9riel didactique, l\u2019absence et\/ou l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de formations des formateurs\/formatrices, d\u2019\u00e9tudes linguistiques, d\u2019\u00e9crits, de supports didactiques et surtout les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la gestion d\u2019un syst\u00e8me \u00e9ducatif plurilingue (Maurer, 2011; Noyau, 2016).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Fort de ce constat, la pr\u00e9sente \u00e9tude s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la dimension psychologique du ph\u00e9nom\u00e8ne, en questionnant les cognitions sociales et individuelles. Il s\u2019agit en effet d\u2019interroger la mani\u00e8re dont les apprenant-e-s vivent et per\u00e7oivent les langues nationales qui leur sont enseign\u00e9es et comment ce v\u00e9cu et cette perception influent sur l\u2019acquisition des comp\u00e9tences en LN. Des points de vue psychosociologique, psycholinguistique et didactique, cela revient \u00e0 se pr\u00e9occuper des effets des repr\u00e9sentations sociales (Moscovici, 1976; Doise, 1992, Dany, 2016) sur les acquisitions des comp\u00e9tences en LN. On entend par repr\u00e9sentations sociales : \u00ab le produit et le processus d\u2019une activit\u00e9 mentale par laquelle un individu ou un groupe reconstitue le r\u00e9el auquel il est confront\u00e9 et lui attribue une signification sp\u00e9cifique \u00bb (Abric, 1987, p. 64). Ces repr\u00e9sentations sociales \u00ab circulent dans les discours, sont port\u00e9es par les mots, v\u00e9hicul\u00e9es dans les messages et images m\u00e9diatiques, cristallis\u00e9es dans les conduites et les agencements mat\u00e9riels ou spatiaux \u00bb (Jodelet, 1989, p. 48).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, sur les 287 unit\u00e9s de LN que compte le Cameroun, seule une vingtaine<a class=\"footnote\" title=\"Il s\u2019agit notamment de : Akosse, Bafut, Bamoun, Bassa'a, Beti-fang, Duala, Ejagham, Fe\u2019efe\u2019e, Fufuld\u00e9, Guidar, Giziga, Ghomala, Lamnso\u2019, Mambila, Medumba, Mofo-Gud, Mundani, Noone, Toupouri, Yemba. MballaZe et ses collaborateurs (2010) consid\u00e8rent ces langues comme les \u00ab plus am\u00e9nag\u00e9es \u00bb du Cameroun.\" id=\"return-footnote-498-2\" href=\"#footnote-498-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> est en cours d\u2019exp\u00e9rimentation (Mbala Ze et Wamba, 2010, pp. 12-15), soit moins de 10 %. Pourtant, en milieu urbain et semi-urbain, il est courant de d\u00e9nombrer au moins dix LN pour au moins soixante \u00e9coliers et \u00e9coli\u00e8res (Ndibnu-Messina, 2013). Dans chaque salle de classe, il existe en plus, au moins cinq cultures diff\u00e9rentes (Ndibnu-Messina, 2013). Suivant le <em>draft<\/em> du document de politique linguistique nationale, \u00e9labor\u00e9 en septembre 2006, nul ne devrait \u00eatre contraint, de quelque mani\u00e8re que ce soit, d\u2019apprendre une quelconque langue nationale contre son gr\u00e9 ou de s\u2019exprimer en celle-ci. Mat\u00e9riellement, cela implique qu\u2019\u00e0 tous les niveaux, l\u2019\u00e9l\u00e8ve devrait disposer d\u2019un large \u00e9ventail de langues nationales de scolarisation afin d\u2019op\u00e9rer librement son choix. Ce qui s\u2019av\u00e8re impossible sur le terrain et impose des choix per\u00e7us tant\u00f4t comme \u00ab\u00a0une imposition\u00a0\u00bb (Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, 2018), une \u00ab\u00a0menace\u00a0\u00bb (Gerbault, 1997) ou un g\u00e9n\u00e9rateur de complexes. Les autochtones locuteurs des LN pourraient se croire sup\u00e9rieurs aux allog\u00e8nes du fait que leur langue est enseign\u00e9e et impos\u00e9e tandis que chez les allog\u00e8nes, il pourrait y avoir un sentiment d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par un manque d\u2019estime de soi et la r\u00e9signation face \u00e0 l\u2019injustice, soit un sentiment d\u2019absence de consid\u00e9ration pouvant conduire au ressentiment, au repli identitaire, voire au conflit (Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, 2018). Cons\u00e9quemment, la langue de qui devrait \u00eatre enseign\u00e9e et pourquoi? Celle de l\u2019enseignant-e ou de la communaut\u00e9 d\u2019accueil de l\u2019\u00e9l\u00e8ve? Cette dissonance ne constitue-t-elle pas une entrave \u00e0 la stimulation optimale de l\u2019\u00e9nergie mentale des apprenant-e-s?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s lors, cette recherche a donc pour objectif de\u00a0: (1) documenter les repr\u00e9sentations sociales des LN; (2) de cerner l\u2019incidence desdites repr\u00e9sentations sur les acquisitions des comp\u00e9tences en LN; (3) de mod\u00e9liser lesdites repr\u00e9sentations pour en faire un savoir scolaire, un objet d\u2019enseignement et une strat\u00e9gie didactique op\u00e9rationnelle en enseignement-apprentissage bi-plurilingue. Mieux, si ces repr\u00e9sentations sont positives ou n\u00e9gatives, d\u2019adh\u00e9sion ou de rejet, de refus ou d\u2019acceptation ou encore de r\u00e9signation, comment pourraient-elles expliquer les \u00e9checs en LN, voire en LO et structurer l\u2019espoir d\u2019une am\u00e9lioration des performances? L\u2019id\u00e9e est aussi de mettre \u00e0 contribution des pratiques psycholinguistiques, didactiques et p\u00e9dagogiques qui optimisent les facteurs favorisant le processus d\u2019acquisition de langues dans des classes bi-plurilingues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De fait, la recherche repose sur l\u2019hypoth\u00e8se principale suivante\u00a0: les repr\u00e9sentations sociales qu\u2019ont les \u00e9l\u00e8ves camerounais des langues nationales enseign\u00e9es influent sur leurs acquisitions et le d\u00e9veloppement de leurs comp\u00e9tences dans les LN. Cette influence, positive ou n\u00e9gative, peut \u00eatre capitalis\u00e9e en savoir scolaire, objet d\u2019enseignement et strat\u00e9gie didactique op\u00e9rationnelle utiles \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des performances dans le cadre d\u2019un apprentissage bi-plurilingue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette hypoth\u00e8se inscrit la recherche dans le cadre des investigations sur les repr\u00e9sentations sociales et leurs influences sur les acquis et les transferts scolaires. Au regard de la litt\u00e9rature psychosociologique (Abric, 1987; Dany, 2016; Doise, 1992; Jodelet, 1989; Moscovici, 1961, 1976), les repr\u00e9sentations sociales ont g\u00e9n\u00e9ralement une valeur pr\u00e9dictive sur le d\u00e9roulement des t\u00e2ches cognitives, les facteurs de l\u2019acquisition linguistique, les discours, les jugements, les comportements et les attitudes des individus, les pratiques des sujets et les relations sociales. En fait, les repr\u00e9sentations sont \u00e9troitement li\u00e9es aux processus cognitifs d\u2019acquisition des langues, ceci dans la mesure o\u00f9 les secondes sont d\u00e9duites des premi\u00e8res. Cela justifie d\u2019ailleurs pourquoi Abric (1994, p.\u00a013) parle de repr\u00e9sentations sociales en termes de \u00ab\u00a0<em>guide[s] pour l\u2019action<\/em>\u00a0\u00bb. Elles apparaissent d\u00e8s lors comme un ensemble d\u2019informations, d\u2019opinions et de croyances se rapportant \u00e0 un objet social, les LN enseign\u00e9es dans le cas pr\u00e9sent. De fait, leur analyse requiert la prise en compte de quatre niveaux qui font la sp\u00e9cificit\u00e9 de la psychologie sociale, tout en enrichissant la psycholinguistique et la didactique des langues\u00a0: (1) <em>le niveau intra-individuel<\/em> (perception, \u00e9valuation et comportement d\u2019un individu face \u00e0 son environnement social); (2) <em>le niveau interindividuel et situationnel<\/em> (relations entre individus dans une situation donn\u00e9e); (3) <em>le niveau positionnel<\/em> (diff\u00e9rence de positions sociales occup\u00e9es par les acteurs dans un tissu de relations sociales propres \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9) et (4) <em>le niveau id\u00e9ologique<\/em> (syst\u00e8me de repr\u00e9sentations, de croyances et de normes sociales). C\u2019est dire que les repr\u00e9sentations sociales constituent un \u00e9l\u00e9ment charni\u00e8re entre le sujet et son groupe, ainsi qu\u2019entre le groupe et son environnement. Leur prise en compte devrait pouvoir contribuer au succ\u00e8s de l\u2019apprentissage des LN voire de l\u2019apprentissage bi-plurilingue LN\/LO.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La question de l\u2019acquisition des LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole bilingue (LN\/LO) a fait \u00e0 ce jour l\u2019objet de nombreuses recherches sans pour autant questionner l\u2019incidence des repr\u00e9sentations sociales des langues sur lesdites acquisitions (Cordier, Legros, Noyau et Khalis, 2003; Legors <em>et al.<\/em>, 2005; Noyau, 2016; Sawadogo et Legros, 2007). L\u2019activation des LN durant l\u2019apprentissage influence en effet positivement les connaissances en LO. Ainsi, dans le cadre d\u2019une exp\u00e9rimentation en sciences d\u2019observation sur \u00ab faire du feu \u00bb, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que \u00ab quand l\u2019enfant peut exprimer des connaissances dans sa propre langue, le r\u00e9sultat de la t\u00e2che en fran\u00e7ais est significativement meilleur que s\u2019il s\u2019\u00e9tait entra\u00een\u00e9 uniquement en fran\u00e7ais, car il a pu structurer de fa\u00e7on hi\u00e9rarchique cette action complexe, s\u2019en faire un sc\u00e9nario mental solide, poussant des racines sur sa propre exp\u00e9rience pratique et culturelle \u00bb (Noyau, 2016, p. 61). Cependant, l\u2019hypoth\u00e8se fondamentale de cette \u00e9tude engage un travail compl\u00e9mentaire : celui de la prise en compte des repr\u00e9sentations sociales des langues en jeu. En tant que \u00ab guide (s) pour l\u2019action \u00bb (Abric, 1994, p. 13), la lin\u00e9arit\u00e9 \u00e9tablie entre apprentissage des langues endog\u00e8nes et am\u00e9lioration des performances scolaires (Noyau, 2016) peut ne pas l\u2019\u00eatre du fait desdites repr\u00e9sentations sociales. Il convient d\u2019en avoir conscience pour assurer l\u2019effectivit\u00e9 de l\u2019apprentissage des LN au Cameroun.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodologie<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans quatre r\u00e9gions du Cameroun\u00a0: l\u2019Extr\u00eame-Nord, le Centre, le Littoral et l\u2019Ouest. Les langues nationales cibl\u00e9es \u00e9taient le fulfulde, l\u2019ewondo, le ghomala\u2019, le basaa et le duala, cinq langues v\u00e9hiculaires fortement utilis\u00e9es dans les quatre aires culturelles que sont le grand-Nord, le Centre-Sud-Est, l\u2019Ouest et le Littoral. L\u2019\u00e9chantillon de l\u2019\u00e9tude est constitu\u00e9 de 1500 \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire, s\u00e9lectionn\u00e9s sur la base de la technique d\u2019\u00e9chantillonnage par choix raisonn\u00e9. Les \u00e9coles primaires cibl\u00e9es sont celles du projet ELAN-Afrique (\u00c9cole et Langues Nationales en Afrique), pilot\u00e9 par l\u2019Organisation Internationale de Francophonie, en partenariat avec le Minist\u00e8re camerounais en charge de l\u2019\u00e9ducation de base. Au niveau du secondaire, les enqu\u00eates se sont d\u00e9roul\u00e9es dans les \u00e9tablissements pilotes d\u2019enseignement des langues nationales, cibles de l\u2019\u00e9tude et relevant de la seule initiative du Minist\u00e8re camerounais des enseignements secondaires. Le questionnaire nous a servi d\u2019instrument de collecte des repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales, ainsi que de leurs performances et comp\u00e9tences dans cette discipline scolaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es ainsi collect\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es dans une approche qualitative pour une meilleure appr\u00e9ciation de la perception individuelle de la LN. Le plus important n\u2019\u00e9tant pas la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui correspondent \u00e0 tel ou tel typologie d\u2019indicateurs, mais la qualit\u00e9 des informations que ces \u00e9l\u00e8ves apportent et qui permettent d\u2019identifier et de lister les indicateurs des repr\u00e9sentations sociales des langues enseign\u00e9es, d\u2019une part, les indicateurs d\u2019acquisition de la LN et les comp\u00e9tences en LN, d\u2019autre part. En effet, il a \u00e9t\u00e9 fait usage de la m\u00e9thodologie d\u2019analyse des repr\u00e9sentations sociales propos\u00e9e par Moscovici (1961; 1986), c\u2019est-\u00e0-dire une analyse du contenu des repr\u00e9sentations sociales, d\u2019une part, et une analyse de leur structure interne, d\u2019autre part; le tout coupl\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse de l\u2019ancrage sociologique et des conditions de production (Jodelet, 1990). Nous avons \u00e9galement eu recours aux m\u00e9thodes d\u2019analyse psycholinguistique en rapport avec l\u2019apprentissage des LN.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultatsLes donn\u00e9es collect\u00e9es sont pr\u00e9sent\u00e9es en r\u00e9f\u00e9rence aux principales variables de notre sujet de recherche. Il s\u2019agit notamment de la diversit\u00e9 sociolinguistique qui se traduit par la pr\u00e9sence dans la m\u00eame salle de classe des \u00e9l\u00e8ves dont la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole est aussi la langue maternelle, et des \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres cultures linguistiques. Il s\u2019agit davantage des repr\u00e9sentations sociales de la LN qui renvoient globalement \u00e0 la relation qu\u2019entretient l\u2019apprenant-e avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00e0 la perception et \u00e0 ses sentiments \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette LN.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<h3>Tableau descriptif des caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales des participant-e-s \u00e0 l\u2019\u00e9tude<\/h3>\n<p>Le tableau ci-dessous r\u00e9capitule les caract\u00e9ristiques des \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s, selon la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, l\u2019appartenance sociolinguistique, le cycle d\u2019\u00e9tude, l\u2019\u00e9cole, la classe, le sexe et l\u2019\u00e2ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-510 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"463\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1.jpg 791w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1-300x176.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1-768x450.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1-65x38.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1-225x132.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-1-350x205.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 791px) 100vw, 791px\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-511 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2.jpg 791w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2-300x80.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2-768x205.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2-65x17.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2-225x60.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2022\/11\/Tableau-2-350x93.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 791px) 100vw, 791px\" \/><span style=\"text-align: justify;font-size: 1em\">Notre enqu\u00eate concernait 05 langues (fulfulde, \u0253asaa, duala\u0301, ewondo et gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019) r\u00e9parties dans les r\u00e9gions de l\u2019Extr\u00eame-Nord pour le fulfulde, du Centre pour l\u2019ewondo, de l\u2019Ouest pour le gh\u0254ma\u0301la\u0301 et du Littoral pour le duala\u0301 et le \u0253asaa. Elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e autant au primaire qu\u2019au secondaire. Dans les deux cycles d\u2019enseignement, un \u00e9chantillon de 750 \u00e9l\u00e8ves a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9, pour un total de 1500 participant-e-s. Au primaire, les \u00e9l\u00e8ves de 05 \u00e0 16 ans ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9-e-s dans diff\u00e9rentes \u00e9coles pilotes d\u2019enseignement des LN cibles de l\u2019\u00e9tude, dans le respect de l\u2019\u00e9quilibre de genre. Au niveau du secondaire, l\u2019approche genre a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 prise en compte. Les \u00e9l\u00e8ves s\u00e9lectionn\u00e9s proviennent des lyc\u00e9es et coll\u00e8ges dans lesquels les langues nationales cibles de l\u2019\u00e9tude sont enseign\u00e9es. Ils ou elles se situent entre 10 et 20 ans. La majorit\u00e9 de nos enqu\u00eat\u00e9-e-s ont pour langue maternelle la langue nationale enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole et sont originaires de l\u2019aire sociolinguistique couverte par l\u2019enqu\u00eate.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette section aborde, dans une perspective descriptive et analytique, la perception, les croyances, les pr\u00e9jug\u00e9s, les st\u00e9r\u00e9otypes des \u00e9l\u00e8ves vis-\u00e0-vis des langues nationales enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le fulfulde<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La relation que les \u00e9l\u00e8ves du primaire et ceux du secondaire entretiennent avec le fulfulde est ci-dessous pr\u00e9sent\u00e9e, selon qu\u2019ils sont locuteurs ou pas de cette LN.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (48 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de langue maternelle fulfulde aiment la langue et se r\u00e9jouissent qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, de m\u00eame que leurs parents. Ils ou elles trouvent le fulfulde facile \u00e0 apprendre. L\u2019enseignement du fulfulde leur appara\u00eet utile et b\u00e9n\u00e9fique. Il leur permet, au-del\u00e0 de la communication orale, de lire, \u00e9crire et calculer en fulfulde. Ils ou elles se repr\u00e9sentent aussi le fulfulde comme la langue du commerce, sa bonne ma\u00eetrise leur permettra de r\u00e9ussir dans cette activit\u00e9 plus tard. Le fulfulde est enfin per\u00e7u comme une garantie d\u2019insertion socioprofessionnelle, puisque le seul fait de parler cette langue donne un acc\u00e8s facile et \u00e9vident \u00e0 certaines structures locales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres\u00a0(102 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves n\u2019investissent pas \u00e9motionnellement la langue fulfulde\u00a0: \u00ab ce n\u2019est pas ma LN\u00a0\u00bb, disent-ils pour justifier ce sentiment. Ils ou elles la trouvent inutile et n\u2019approuvent pas le fait qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, de m\u00eame que leurs parents. Pour ces \u00e9l\u00e8ves, le fulfulde est difficile \u00e0 apprendre, mais rev\u00eat un certain int\u00e9r\u00eat parce qu\u2019il leur permet de communiquer avec leurs camarades, qui sont pour la plupart de culture linguistique fulfulde; il leur permet aussi de communiquer au quartier, \u00e9tant donn\u00e9 que le fulfulde est la principale langue v\u00e9hiculaire de la communaut\u00e9. Ces \u00e9l\u00e8ves se repr\u00e9sentent par ailleurs le fulfulde comme une langue p\u00e9nible \u00e0 vivre dans la mesure o\u00f9, ne ma\u00eetrisant pas la langue, leurs camarades ont tendance \u00e0 se moquer d\u2019eux quand ils essayent de la manipuler. Ils ou elles pr\u00e9f\u00e8rent par cons\u00e9quent, dans certaines situations, rester mutiques.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (46 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de culture fulfulde aiment leur LN et adh\u00e8rent au fait qu\u2019elle soit enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. L\u2019enseignement de la LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole est une opportunit\u00e9 pour eux\/elles, car ils ou elles peuvent apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire le fulfulde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (104 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les autres \u00e9l\u00e8ves, le fulfulde n\u2019a pas sa place \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils ou elles reconnaissent cependant que l\u2019enseignement du fulfulde leur permet d\u2019apprendre une nouvelle LN, de s\u2019int\u00e9grer dans la communaut\u00e9 d\u2019accueil, de communiquer avec leurs camarades et la communaut\u00e9 tout enti\u00e8re, car le fulfulde est la principale langue v\u00e9hiculaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019ewondo<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici encore, les repr\u00e9sentations sociales de la langue ewondo, autant au primaire qu\u2019au secondaire, sont distinctement d\u00e9crites chez deux groupes d\u2019enqu\u00eat\u00e9-e-s\u00a0: les \u00e9l\u00e8ves locuteurs de la LN et les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers ou \u00e9trang\u00e8res \u00e0 cette langue.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">De mani\u00e8re globale, les \u00e9l\u00e8ves ont des repr\u00e9sentations positives sur cette langue. \u00c0 cet \u00e9gard, ils ou elles \u00e9voquent l\u2019importance de cette langue, \u00e0 l\u2019instar de communiquer avec leurs parents et grands-parents, leurs camarades d\u2019origine ewondo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (99 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ils ou elles sont plus enthousiastes que les autres \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019id\u00e9e de recevoir des enseignements dans la langue ewondo parce que c\u2019est avant tout leur langue maternelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (51 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quelques \u00e9l\u00e8ves d&rsquo;autres aires sociolinguistiques rejettent l&rsquo;ewondo. Pour ceux\/celles-l\u00e0, l&rsquo;ewondo n\u2019est pas leur langue et ne devrait pas \u00eatre enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. On a ainsi les discours du genre : \u00ab je ne suis pas ewondo \u00bb. Certain-e-s souhaitent que leur ma\u00eetresse leur apprenne aussi d\u2019autres langues : c&rsquo;est le cas d&rsquo;un enfant peul qui souhaiterait voir sa langue maternelle enseign\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(35 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces \u00e9l\u00e8ves ont des repr\u00e9sentations positives de la langue ewondo. Plusieurs mobiles sont \u00e9voqu\u00e9s ici. Certain-e-s l\u2019apprennent parce que c\u2019est leur langue maternelle. D\u2019autres l\u2019aiment parce que c\u2019est une langue d\u2019enracinement culturel. Par ailleurs, cet apprentissage leur permet d\u2019approfondir leurs connaissances en cette langue. De m\u00eame, l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo contribue, pour certain-e-s, \u00e0 la valorisation des cultures et des traditions. Cette langue pourra les aider dans des relations sociales, le commerce, le mariage interethnique, les r\u00e9unions familiales, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (115 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres cultures linguistiques estiment que l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo ne sert \u00e0 rien. Voici quelques discours : \u00ab je n\u2019ai jamais parl\u00e9 cette langue et je ne la comprends pas trop \u00bb, \u00ab parce que ce n\u2019est pas ma langue et je n\u2019aime pas cette langue \u00bb, \u00ab je pense que \u00e7a ne nous servira \u00e0 rien \u00bb, \u00ab on ne compose pas \u00e7a \u00e0 l\u2019examen \u00bb, \u00ab il ne s\u2019agit pas de ma langue et j\u2019aimerais bien me perfectionner dans ma langue \u00bb, \u00ab \u00e7a ne me sert pas trop \u00e0 grand-chose et on n\u2019enseigne pas \u00e7a dans toutes les classes \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le ghomala\u2019a<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne le ghomala\u2019, la diff\u00e9rence dans la perception de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole va se lire davantage au secondaire qu\u2019au primaire.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(tous et toutes)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s ont d\u00e9clar\u00e9 pour la majorit\u00e9 absolue qu\u2019ils ou elles sont content-e-s et motiv\u00e9-e-s d\u2019apprendre cette LN, car c\u2019est leur langue maternelle et son enseignement leur permettra de mieux la conna\u00eetre. Bref, ils et elles sont tr\u00e8s fier-e-s d\u2019apprendre leur langue maternelle, qu\u2019ils et elles aiment, \u00e0 l\u2019\u00e9cole. D\u2019ailleurs ces \u00e9l\u00e8ves affirment que l\u2019enseignement de cette langue participe \u00e0 mieux conna\u00eetre sa langue et sa culture, ainsi que communiquer et s\u2019int\u00e9grer facilement. Enfin, ils et elles d\u00e9clarent pour la plupart que cette langue pourra servir \u00e0 promouvoir le vivre-ensemble partout ailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tou-te-s les enqu\u00eat\u00e9-e-s sont originaires de la r\u00e9gion de l\u2019Ouest et ont pour LM le gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle <\/em><\/strong><strong>(125 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 du besoin de communiquer, les \u00e9l\u00e8ves expriment leur sentiment de motivation et de fiert\u00e9 par le fait qu\u2019ils et elles en sont locuteurs et locutrices. Pour ces \u00e9l\u00e8ves, \u00e0 travers l\u2019enseignement de la LN, on peut faire un retour aux sources et mieux s\u2019int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9, au-del\u00e0 de l\u2019aspect communicationnel. Ainsi, le sentiment d\u2019appartenance \u00e0 la langue enseign\u00e9e est bien perceptible. Pour des domaines dans lesquels la LN pourra servir, ils et elles \u00e9voquent pour la plupart la culture, l\u2019\u00e9ducation, le social et le professionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres <\/em><\/strong><strong>(24 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres aires culturelles disent accorder un certain int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019apprentissage du ghomala\u2019 parce qu\u2019il est important de conna\u00eetre les LN pour mieux s\u2019int\u00e9grer dans le milieu culturel qui manipule cette LN, au-del\u00e0 de l\u2019aspect communicationnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le basaa<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au primaire comme au secondaire, les repr\u00e9sentations des apprenant-e-s vis-\u00e0-vis de la langue bassa\u2019a sont d\u00e9crites, d\u2019une part, chez les \u00e9l\u00e8ves ayant le bassa\u2019a comme langue premi\u00e8re, et d\u2019autre part, chez les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 cette LN.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le <\/em><\/strong><strong>basaa<em> comme langue maternelle <\/em>(81 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves locuteurs qui apprennent le \u0253asaa dans leurs \u00e9coles sont motiv\u00e9-e-s et content-e-s d\u2019apprendre cette langue. En plus du manifeste d\u2019appartenance \u00e0 la langue enseign\u00e9e, ils et elles trouvent l\u2019enseignement de cette langue utile, car elle leur permet de lire, \u00e9crire, calculer et mieux communiquer dans leur langue maternelle. Ils et elles appr\u00e9cient \u00e9galement le fait que l\u2019enseignement de cette langue se passe de mani\u00e8re ludique et d\u00e9clarent que sa ma\u00eetrise leur permettra de mieux la promouvoir et faciliter un meilleur enracinement dans leur culture. Et enfin, ils et elles affirment que cette langue pourra leur \u00eatre utile dans tous les domaines, notamment social et professionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres <\/em><\/strong><strong>(66 \u00e9l\u00e8ves)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves <em>(10 \u00e9l\u00e8ves)<\/em> ne sont pas tr\u00e8s motiv\u00e9-e-s et content-e-s d\u2019apprendre le basaa; ils et elles (08 \u00e9l\u00e8ves) sont frustr\u00e9-e-s par le fait qu\u2019ils et elles ne comprennent pas aussi rapidement que leurs camarades dont le basaa est la langue maternelle. Aussi, le manque de documents ne les encourage pas \u00e0 v\u00e9ritablement se mettre au travail afin de rattraper les camarades locuteurs de la LN. Certains d\u2019entre eux\/elles trouvent que c\u2019est inutile d\u2019enseigner cette langue parce qu\u2019elle n\u2019est pas la langue officielle et affirment qu\u2019elle ne pourra les aider dans aucun domaine de la vie.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (56 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces \u00e9l\u00e8ves affirment \u00eatre content-e-s et motiv\u00e9-e-s par l\u2019enseignement du basaa. Ils et elles y voient une possibilit\u00e9 de promotion des LCN (langues et cultures nationales).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (94 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">M\u00eame si ces \u00e9l\u00e8ves venant d\u2019autres aires linguistiques que le basaa (94 \u00e9l\u00e8ves) reconnaissent que l\u2019apprentissage de cette LN est une opportunit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration nationale et d\u2019insertion socio-professionnelle, beaucoup (20 \u00e9l\u00e8ves) disent n\u00e9anmoins ne pas \u00eatre motiv\u00e9-e-s \u00e0 apprendre le basaa \u00e0 l\u2019\u00e9cole, parce que ce n\u2019est pas leur langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le duala<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toujours dans une approche comparative, les sentiments des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019endroit de la langue duala sont ci-dessous d\u00e9crits.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (32 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les enfants autochtones, on observe un int\u00e9r\u00eat particulier pour l\u2019apprentissage de la langue duala. Ils et elles disent aimer la langue et se r\u00e9jouissent de ce qu\u2019ils et elles peuvent aussi la manipuler en situation de classe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (118 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les enfants allog\u00e8nes de la langue duala manifestent en g\u00e9n\u00e9ral un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour l\u2019apprentissage du duala. Cela vient du fait qu\u2019ils et elles se sentent discrimin\u00e9-e-s et d\u00e9sirent voir aussi leurs langues maternelles enseign\u00e9es. En plus, plusieurs parents de l\u2019EP B\u00e9panda, Omnisport, sp\u00e9cifiquement, ont publiquement menac\u00e9 les enseignant-e-s pour avoir mis leurs enfants dans les classes de duala. Ils ont demand\u00e9 et obtenu leur retrait et insertion dans les classes classiques. Et, chaque jour, les effectifs s\u2019amenuisent dans ces classes. Le rejet par les parents de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole influence consid\u00e9rablement la relation que leurs enfants entretiennent avec cette langue. Ces derniers se la repr\u00e9sentent alors comme une langue inutile et ne s\u2019investissent en vue d\u2019en acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (21 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autochtones sont, dans l\u2019ensemble, contents d\u2019apprendre et d\u2019approfondir leur langue maternelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (129 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une infime minorit\u00e9 d\u2019allog\u00e8nes \u00e9prouve le d\u00e9sir d\u2019apprendre une langue et une culture autre que la leur et d\u2019obtenir de bonnes notes. Mais, la majorit\u00e9 trouve que l\u2019enseignement du duala est un perd-temps, en ceci qu\u2019il ne leur accorde pas d\u2019opportunit\u00e9s ou de prestiges particuliers. En m\u00eame temps, ils trouvent que c\u2019est un complot pour les assimiler et leur faire parler le duala de force. En d\u00e9pit de ce fait, certains reconnaissent tout de m\u00eame que l\u2019apprentissage du duala leur permet de d\u00e9couvrir autre chose et de s\u2019ancrer davantage dans les cultures et les langues de leur pays.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Analyse des acquisitions et des comp\u00e9tences en LN<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du fulfulde<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves en fulfulde sont pr\u00e9sent\u00e9es dans une approche comparative\u00a0: \u00e9l\u00e8ves locuteurs\u00a0&#8211;\u00a0\u00e9l\u00e8ves non-locuteurs, et ce dans les deux cycles d\u2019enseignement cibl\u00e9s par l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (48 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme LN ont de tr\u00e8s bonnes performances scolaires (44 \u00e9l\u00e8ves sur 48). Les raisons qui, selon eux et elles, expliquent leur comp\u00e9tence : ils et elles aiment le fulfulde, c\u2019est leur langue maternelle, ils et elles la pratiquent depuis longtemps, ils et elles la ma\u00eetrisent bien, ils et elles se font aider par leurs parents et leurs fr\u00e8res et s\u0153urs a\u00een\u00e9-e-s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong> (102 \u00e9l\u00e8ves)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves ont des performances diversifi\u00e9es en fulfulde\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 Certains ont de bonnes performances en LN, comme dans toutes les autres disciplines (4 sur 102);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 D\u2019autres sont moyens, les parents et l\u2019entourage parlent la langue\u00a0(24 \u00e9l\u00e8ves sur 102);<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">\u2013 D\u2019autres encore sont faibles ou nuls en fulfulde (74 sur 102). Les motifs\u00a0: ils ne comprennent pas la langue, ils ne parlent pas, leurs parents ne la parlent pas, ils ne b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aucun accompagnement \u00e0 la maison.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le fulfulde comme langue maternelle (46 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves de culture fulfulde ont de meilleures comp\u00e9tences que les autres (43 \u00e9l\u00e8ves sur 46). Diff\u00e9rentes raisons expliquent cet \u00e9cart\u00a0: c\u2019est leur langue maternelle, ils et elles la manipulent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9cole et en dehors de l\u2019\u00e9cole, ils et elles b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019assistance p\u00e9dagogique de leurs proches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres<\/em><\/strong> (104 \u00e9l\u00e8ves)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves (68 sur 104) rencontrent des difficult\u00e9s d\u2019acquisition des connaissances et de d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en fulfulde pour les motifs suivants : ils et elles n\u2019aiment pas le fulfulde, ils et elles le trouvent difficile \u00e0 apprendre, ils et elles n\u2019adh\u00e8rent pas \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019enseigner la langue fulfulde \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ils et elles auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 voir leur propre LN \u00eatre enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. 36 \u00e9l\u00e8ves sur les 104 \u00e9tranger-e-s \u00e0 la langue fulfulde s\u2019en sortent plut\u00f4t bien. Ils et elles \u00e9voquent comme justificatifs de leurs bonnes performances : la comp\u00e9tence de l\u2019enseignant-e, l\u2019assistance p\u00e9dagogique des parents, la pratique intense de la langue fulfulde dans leur entourage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas de l\u2019ewondo<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous pr\u00e9sentons ci-dessous les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire en ewondo, dans une approche comparative\u00a0: \u00e9l\u00e8ves locuteurs\u00a0&#8211;\u00a0\u00e9l\u00e8ves non-locuteurs.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves trouvent que leur comp\u00e9tence dans cette langue est plus ou moins bonne. Cette comp\u00e9tence mitig\u00e9e est le r\u00e9sultat des efforts fournis par les ma\u00eetresses et les parents qui les aident dans le processus d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (99 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent avoir une comp\u00e9tence assez bonne dans cette langue sont en majorit\u00e9 Ewondo. On a des d\u00e9clarations du type \u00ab\u00a0je suis fort en ewondo parce je suis ewondo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parce que mes parents m\u2019apprennent cette langue \u00e0 la maison\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parce que je suis etudi\u00a0\u00bb, etc. Mais, il y a aussi des \u00e9l\u00e8ves issus d\u2019autres ethnies qui disent \u00eatre assez comp\u00e9tents dans cette langue parce que \u00ab\u00a0la ma\u00eetresse enseigne bien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (51 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent ne pas avoir une bonne comp\u00e9tence en ewondo sont ceux\/celles qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes ethniques. Ils et elles affichent un comportement glottophobe \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue. C\u2019est le cas de ces repr\u00e9sentations n\u00e9gatives sur l\u2019ewondo\u00a0: \u00ab\u00a0je n\u2019aime pas l\u2019ewondo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas ma langue\u00a0\u00bb. Une autre raison qu\u2019ils et elles avancent est le manque de livres et du soutien d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo \u00e0 la maison, puisque les parents et les grands-parents ne peuvent pas les aider. Les non-Ewondo pensent que leurs camarades ewondo ont de bonnes notes parce que c\u2019est leur langue maternelle et qu\u2019ils et elles la parlent \u00e0 la maison.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves en ewondo sont plus ou moins bonnes. Cette comp\u00e9tence mitig\u00e9e est le r\u00e9sultat des efforts fournis par les ma\u00eetresses et les parents qui les aident dans le processus d\u2019apprentissage de l\u2019ewondo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant l\u2019ewondo comme langue maternelle (35 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent avoir une comp\u00e9tence assez bonne dans cette langue sont en majorit\u00e9 Ewondo. On a des d\u00e9clarations telles que\u00a0: \u00ab\u00a0le professeur explique bien\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u2019est ma langue maternelle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0je vis avec mes grands-parents maternels\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0\u00e0 la maison l\u2019ewondo est la langue la plus parl\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (115 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9clarent ne pas avoir une bonne comp\u00e9tence en ewondo sont ceux\/celles qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes ethniques. Ils et elles expriment leur d\u00e9samour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ewondo : \u00ab ce qui justifie mon incomp\u00e9tence est que cette langue n\u2019est pas la mienne \u00bb. C\u2019est la glottophobie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue qui justifierait leur incomp\u00e9tence. C\u2019est ce qui ressort de ce discours : \u00ab je n\u2019aime pas l\u2019ewondo \u00bb, \u00ab ce n\u2019est pas ma langue \u00bb. Cependant, parmi les \u00e9l\u00e8ves issus d\u2019autres ethnies, il y en a qui disent \u00eatre assez comp\u00e9tents parce que \u00ab la ma\u00eetresse enseigne bien \u00bb. Ils et elles indiquent aussi les difficult\u00e9s qu\u2019ils et elles rencontrent dans l\u2019apprentissage de l\u2019ewondo : la prononciation, la non-ma\u00eetrise des tons, etc. Les \u00e9l\u00e8ves non ewondo trouvent que leurs camarades ewondo ont de bonnes notes parce que c\u2019est avant tout leur langue maternelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du ghomala\u2019<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La lecture descriptive et analytique du travail des \u00e9l\u00e8ves en ghomala\u2019 et du d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue appara\u00eet ci-dessous, avec la m\u00eame configuration\u00a0: locuteurs et non-locuteurs de cette LN.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle (tous et toutes)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves apprenant la langue gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019 ont de tr\u00e8s bonnes comp\u00e9tences en lecture\/\u00e9criture. Parmi ces \u00e9l\u00e8ves, 07 d\u00e9clarent \u00eatre nuls\/nulles concernant leur comp\u00e9tence orale et 14 disent avoir des incomp\u00e9tences en lecture\/\u00e9criture. Les comp\u00e9tences se justifient par le fait qu\u2019ils et elles sont locuteurs gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019, que la langue est bien enseign\u00e9e, pour certain-e-s et qu\u2019ils et elles ma\u00eetrisent l\u2019alphabet, pour d\u2019autres. Pour ceux\/celles qui ont d\u00e9clar\u00e9 leur incomp\u00e9tence, ils et elles justifient cela par la non-ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et le manque de documents. Notons par ailleurs que sur les 150 \u00e9l\u00e8ves enqu\u00eat\u00e9-e-s, 146 disent que la langue utilis\u00e9e \u00e0 la maison est le gh\u0254ma\u0301la\u0301\u2019, contre 04 \u00e9l\u00e8ves qui disent que c\u2019est le fran\u00e7ais. Les difficult\u00e9s d\u2019apprentissage de la LN se situent pour la plupart en vocabulaire, sens et conjugaison. Bien que plusieurs ont affirm\u00e9 avoir quelques livres pour l\u2019apprentissage de la LN, d\u2019autres s\u2019appuient sur les parents pour pallier les difficult\u00e9s qu\u2019ils et elles rencontrent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (personnes)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tou-te-s les enqu\u00eat\u00e9-e-s de la R\u00e9gion de l\u2019Ouest sont originaires de cette r\u00e9gion et ont pour langue maternelle le gh\u0254ma\u0301la\u0301.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le ghomala\u2019 comme langue maternelle (125 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant l\u2019\u00e9valuation de leurs comp\u00e9tences, les \u00e9l\u00e8ves d\u00e9clarent \u00eatre comp\u00e9tent-e-s en LN parce que c\u2019est leur langue maternelle et parce qu\u2019ils et elles apprennent leur le\u00e7on et ma\u00eetrisent l\u2019orthographe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (24 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves n\u2019ayant pas le ghomala\u2019 comme LN ont de faibles performances dans cette langue. Ils et elles justifient leurs incomp\u00e9tences par le fait qu\u2019ils et elles ne ma\u00eetrisent pas ladite langue et qu\u2019elle est mal enseign\u00e9e. Ils et elles affirment par ailleurs que leurs camarades ont de bonnes notes en LN parce qu\u2019ils et elles ma\u00eetrisent la langue; c\u2019est leur langue maternelle. Ils et elles affirment avoir plus de difficult\u00e9s d\u2019apprentissage des LN au niveau de l\u2019orthographe, de la conjugaison, du vocabulaire et de la prononciation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du basaa<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici encore, les r\u00e9sultats sont pr\u00e9sent\u00e9s suivant deux cat\u00e9gories principales\u00a0: les \u00e9l\u00e8ves dont le basaa constitue la langue maternelle et les \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 d\u2019autres aires linguistiques<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (81 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les comp\u00e9tences tant en ce qui concerne le parler qu\u2019en lecture\/\u00e9criture des \u00e9l\u00e8ves locuteurs du basaa sont au-del\u00e0 de la moyenne pour la quasi-totalit\u00e9. Ils et elles ont une bonne ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et de l\u2019orthographe de la langue, ils et elles apprennent leurs le\u00e7ons, b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019assistance p\u00e9dagogique de leurs parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (66 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les autres \u00e9l\u00e8ves n\u2019ont pas de bonnes performances (ils et elles se situent dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0nul\u00a0\u00bb). Ils et elles accusent le fait qu\u2019ils et elles ne soient pas locuteurs de la langue et d\u00e9plorent aussi le manque de documents pour l\u2019apprentissage.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le basaa comme langue maternelle (94 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves autochtones ont un niveau de comp\u00e9tence \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019oral et en lecture\/\u00e9criture. Ceci se justifie par le fait qu\u2019ils et elles apprennent bien leurs le\u00e7ons, pour certain-e-s et pour d\u2019autres, c\u2019est parce qu\u2019ils et elles sont locuteurs de la langue enseign\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (56 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves non-locuteurs de la langue basaa ont, dans l\u2019ensemble, de faibles performances dans cette langue. Certain-e-s arrivent n\u00e9anmoins \u00e0 se d\u00e9marquer et \u00e0 d\u00e9velopper des performances moyennes, parce qu\u2019ils et elles nourrissent dans toutes les disciplines le go\u00fbt de l\u2019effort et de la r\u00e9ussite. Ce sont ceux\/celles-l\u00e0 qui trouvent en la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole une opportunit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Cas du duala<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ici, les performances et les comp\u00e9tences des \u00e9l\u00e8ves duala sont pr\u00e9sent\u00e9es et compar\u00e9es \u00e0 celles des \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la langue.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Primaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala comme langue maternelle (32 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le travail acharn\u00e9, la concentration et la motivation des \u00e9l\u00e8ves duala font d\u2019eux les plus forts, autant en expression orale qu\u2019en expression \u00e9crite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (118 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la langue duala pr\u00e9sentent les comp\u00e9tences les plus faibles dans cette langue. Cette situation est en congruence avec leurs repr\u00e9sentations et leurs attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette LN.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li><strong>Secondaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les \u00e9l\u00e8ves ayant le duala<\/em><\/strong> <strong><em>comme langue maternelle (21 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ils et elles ont de bonnes notes en LN dans l\u2019ensemble. Cela s\u2019explique par le fait qu\u2019ils et elles s\u2019investissent dans le processus d\u2019apprentissage, sont assidu-e-s et attentionn\u00e9-e-s en classe, font leurs devoirs et s\u2019exercent avec leurs camarades locuteurs duala et leurs parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><em>Les autres (129 \u00e9l\u00e8ves)<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce sont les moins performants en LN. Motifs\u00a0: cette langue les \u00e9nerve et est difficile. Ces \u00e9l\u00e8ves trouvent aussi que le professeur est incomp\u00e9tent. De plus, ils ne l\u2019aiment pas.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9l\u00e8ves autochtones sont dans l\u2019ensemble contents d\u2019apprendre et d\u2019approfondir leur langue maternelle \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles ont une meilleure relation avec les LN enseign\u00e9es. L\u2019analyse de leurs r\u00e9ponses au questionnaire met en exergue des repr\u00e9sentations positives des LN enseign\u00e9es. Ils et elles aiment les LN et sont davantage motiv\u00e9-e-s \u00e0 l\u2019apprendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole parce que c\u2019est leur langue maternelle. Ils et elles trouvent l\u2019enseignement des LN utiles dans la mesure o\u00f9 il leur permet d\u2019apprendre \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 calculer dans leur langue maternelle; de perfectionner leur expression orale; de s\u2019enraciner dans leur culture d\u2019appartenance; de mieux comprendre le fran\u00e7ais et les autres disciplines scolaires, puisque les enseignant-e-s utilisent souvent la LN pour enseigner et faire apprendre les autres disciplines. Ils et elles ajoutent que l\u2019apprentissage des LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole leur permet de mieux promouvoir leur culture d\u2019appartenance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par contre, les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole ne manifestent pas un enthousiasme particulier \u00e0 apprendre cette langue. Certes, ils et elles reconnaissent qu\u2019elle leur permet de communiquer avec leurs camarades et de s\u2019int\u00e9grer dans leur communaut\u00e9 d\u2019accueil pour un vivre ensemble harmonieux, mais n\u2019ayant aucune proximit\u00e9 affective et culturelle avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ils et elles la vivent comme une \u00e9preuve difficile \u00e0 relever. Pratiquement, tou-te-s la trouvent inutile, sans int\u00e9r\u00eat dans le syst\u00e8me-\u00e9cole et source de discrimination. En effet, ils et elles \u00e9prouvent un sentiment de rejet pendant l\u2019enseignement de la LN ou pendant l\u2019utilisation de la LN pour enseigner les autres disciplines, ce d\u2019autant plus que l\u2019attention de l\u2019enseignant-e est davantage orient\u00e9e vers les \u00e9l\u00e8ves autochtones qui ma\u00eetrisent la LN et peuvent par cons\u00e9quent interagir avec lui ou elle. Cet \u00e9tat des choses conduit les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN \u00e0 un certain isolement social. Ils et elles en viennent ainsi \u00e0 regretter de devoir subir cette LN et souhaitent que leur propre langue maternelle soit elle aussi enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. En d\u00e9finitive, les \u00e9l\u00e8ves allog\u00e8nes de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole affichent un comportement glottophobe \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette langue. D\u2019o\u00f9 des repr\u00e9sentations n\u00e9gatives perceptibles dans les r\u00e9ponses au questionnaire. On a ainsi des discours du type : \u00ab je n\u2019aime pas l\u2019ewondo \u00bb, \u00ab le duala ce n\u2019est pas ma langue \u00bb, \u00ab je ne suis pas bassa\u2019a \u00bb, \u00ab je pr\u00e9f\u00e8re qu\u2019on apprenne aussi le moundang \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00bb, \u00ab je ne comprends pas le fulfulde \u00bb, \u00ab je ne peux m\u00eame pas avoir la moyenne l\u00e0-bas fait quoi fait quoi \u00bb, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces repr\u00e9sentations sociales des LN influencent, de mani\u00e8re significative, les performances des \u00e9l\u00e8ves dans les LN et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences y relatives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, les comp\u00e9tences tant \u00e0 l\u2019oral qu\u2019en lecture\/\u00e9criture des \u00e9l\u00e8ves appartenant \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole sont au-del\u00e0 de la moyenne pour la quasi-totalit\u00e9. Ceci se justifie par le fait qu\u2019ils et elles sont locuteurs et locutrices de la langue enseign\u00e9e. Ils et elles d\u00e9clarent \u00e0 ce propos avoir une bonne ma\u00eetrise de l\u2019alphabet et de l\u2019orthographe de la langue, et qu\u2019ils et elles apprennent leurs le\u00e7ons, aid\u00e9-e-s par leurs parents. Les \u00e9l\u00e8ves qui appartiennent \u00e0 d\u2019autres groupes linguistiques ont les r\u00e9sultats les plus faibles en LN et \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper des comp\u00e9tences autant en expression orale qu\u2019en lecture\/\u00e9criture. Au-del\u00e0 des motifs glottophobes qu\u2019ils et elles avancent pour justifier ces mauvaises performances en LN, ces \u00e9l\u00e8ves accusent \u00e9galement le manque de livres, la non-assistance p\u00e9dagogique des parents \u00e0 la maison. Cette typologie d\u2019\u00e9l\u00e8ves \u00e9tablit le lien entre le d\u00e9samour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la LN et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue en des termes tels que : \u00ab ce qui justifie mon incomp\u00e9tence est que cette langue n\u2019est pas la mienne \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De ce qui ressort des r\u00e9sultats obtenus, l\u2019apprentissage des LN se heurte au probl\u00e8me de perception de la langue enseign\u00e9e, et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en LN est fonction de la relation que l\u2019\u00e9l\u00e8ve entretient avec cette langue. En effet, selon qu\u2019elle lui est famili\u00e8re ou \u00e9trang\u00e8re, l\u2019apprenant-e s\u2019impliquera dans le processus enseignement-apprentissage ou en sera distant. Il y a donc un lien significatif entre la repr\u00e9sentation sociale des LN et l\u2019acquisition des connaissances et des comp\u00e9tences dans cette langue. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019enseignant-e de prendre en compte les param\u00e8tres psychosociologiques et psycholinguistiques dans la planification, l\u2019organisation et le d\u00e9roulement du processus enseignement-apprentissage. Car, comme le rel\u00e8ve Noyau (2014), enseigner c\u2019est d\u2019abord amener l\u2019apprenant-e, dans une perspective actionnelle, \u00e0 mettre en \u0153uvre quatre t\u00e2ches cognitives : la segmentation, la combinaison des segments, la contextualisation et la comparaison entre les formes et les fa\u00e7ons de parler. Enseigner une langue c\u2019est aussi enseigner une culture, une mani\u00e8re de percevoir le monde et d\u2019y interagir (Gerbault, 1997, p. 32). Au-del\u00e0 de la mobilisation des diff\u00e9rentes t\u00e2ches cognitives chez l\u2019apprenant-e (segmenter, combiner les segments, mettre en contexte, comparer les formes), l\u2019enseignant-e devrait pouvoir int\u00e9grer dans sa d\u00e9marche ces facteurs de l\u2019acquisition linguistique : propension \u00e0 apprendre, capacit\u00e9 linguistique, acc\u00e8s \u00e0 la langue. De mani\u00e8re op\u00e9rationnelle, il s\u2019agira pour l\u2019enseignant-e de prendre en compte les repr\u00e9sentations initiales de l\u2019apprenant-e vis-\u00e0-vis de la LN \u00e0 enseigner, en les identifiant (au d\u00e9but du processus enseignement-apprentissage) et en les fragilisant (d\u00e9montrer leurs limites) avant d\u2019introduire les donn\u00e9es linguistiques \u00e0 faire apprendre. Dans cette optique, Giordan (1996) parle de mod\u00e8le allost\u00e9rique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le mod\u00e8le allost\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par Andr\u00e9 Giordan (didacticien des sciences), en 1989. C\u2019est un mod\u00e8le d\u2019apprentissage qui pr\u00e9conise de \u00ab faire avec (les conceptions de l\u2019apprenant), pour aller contre \u00bb. Selon ce mod\u00e8le en effet, l\u2019apprentissage est un processus de transformation des conceptions de l\u2019apprenant-e. Une conception est une fa\u00e7on de raisonner, une id\u00e9e initiale, un savoir initial qu\u2019a l\u2019apprenant-e sur une question donn\u00e9e, et qui va orienter ses actions. Une conception n\u2019est pas simplement ce que l\u2019\u00e9l\u00e8ve pense, dit ou \u00e9crit, c\u2019est le \u00ab fruit de son exp\u00e9rience ant\u00e9rieure, sa grille de lecture et d\u2019interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb (Giordan, 1996, p. 1). Les conceptions de l\u2019apprenant-e peuvent constituer des obstacles \u00e0 l\u2019acquisition du nouveau savoir. C\u2019est la raison pour laquelle, selon GIORDAN, il convient \u00e0 l\u2019enseignant-e de s\u2019appuyer sur les conceptions des \u00e9l\u00e8ves pour construire le nouveau savoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adaptation de ce mod\u00e8le \u00e0 l\u2019enseignement des LN contribuerait \u00e0 une sorte de (re)mod\u00e9lisation des repr\u00e9sentations sociales chez l\u2019apprenant-e. Ce qui favoriserait l\u2019implication dans le processus enseignement-apprentissage des \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans cette langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019approche didactique que nous proposons, notamment celle qui se pr\u00e9occupe du v\u00e9cu psychosociologique et psycholinguistique des \u00e9l\u00e8ves en situation d\u2019apprentissage des LN, se justifie par le fait que les \u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers \u00e0 la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole se sentent inf\u00e9rieurs aux autres \u00e9l\u00e8ves dont la langue maternelle est pratiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Domin\u00e9s par ces derniers, ils ont tendance \u00e0 d\u00e9velopper des sentiments de rejet. Un tel contexte met en exergue la supr\u00e9matie des langues dominantes et le d\u00e9clin des langues issues des communaut\u00e9s domin\u00e9es. Irvine et Gal (2000) ont d\u2019ailleurs d\u00e9montr\u00e9 que les pratiques langagi\u00e8res renvoient \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie linguistique. Une r\u00e9alit\u00e9 qui ralentit consid\u00e9rablement, lorsqu\u2019elle n\u2019inhibe pas compl\u00e8tement le dynamisme du processus d\u2019acquisition chez les apprenant-e-s non natifs\/natives des langues enseign\u00e9es, dans la mesure o\u00f9 ces langues \u00ab des autres \u00bb deviennent pour eux\/elles une contrainte pour laquelle ils et elles sont rarement motiv\u00e9-e-s. Ces sentiments que d\u00e9veloppent les apprenant-e-s allog\u00e8nes linguistiques sont au c\u0153ur des conflits cognitifs latents, souvent ouverts et saisissables au travers des repr\u00e9sentations sociales qui, par nature, ont une valeur pr\u00e9dictive sur les conduites et les attitudes des individus (Dany, 2016).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019introduction des langues nationales \u00e0 l\u2019\u00e9cole camerounaise vise un but noble : promouvoir \u00e0 la fois les cultures nationales, l\u2019enracinement culturel, l\u2019int\u00e9gration nationale, le vivre ensemble. Ce but constitue des pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019ouverture efficace au monde, devenu village plan\u00e9taire. Cependant, cet objectif majeur de l\u2019\u00e9ducation nationale camerounaise rencontre des obstacles \u00e0 son impl\u00e9mentation. En effet, les \u00e9l\u00e8ves n\u2019y adh\u00e8rent pas v\u00e9ritablement, principalement ceux\/celles qui ne se reconnaissent pas dans les langues nationales choisies pour \u00eatre enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles ne s\u2019impliquent pas suffisamment dans le processus enseignement-apprentissage et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans ce domaine en est consid\u00e9rablement compromis. La pr\u00e9sente \u00e9tude visait \u00e0 identifier les causes du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat manifeste des \u00e9l\u00e8ves non locuteurs vis-\u00e0-vis des LN enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et par ricochet leurs faibles performances dans cette discipline particuli\u00e8re. Dans cette perspective, nous avons questionn\u00e9 une dimension psychologique, \u00e0 savoir les repr\u00e9sentations sociales des \u00e9l\u00e8ves. L\u2019hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9tude mettait en corr\u00e9lation les repr\u00e9sentations sociales des langues nationales enseign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole et le d\u00e9veloppement des acquis et des comp\u00e9tences dans ces langues. Pour \u00e9prouver cette hypoth\u00e8se, une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de 1500 apprenant-e-s camerounais-e-s des \u00e9coles primaires et secondaires pilotes d\u2019enseignement des langues nationales. Les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 l\u2019issue de cette enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8lent que les \u00e9l\u00e8ves locuteurs des langues fulfuld\u00e9, ewondo, ghomala\u2019, basaa et duala ont une meilleure relation avec la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole que les \u00e9l\u00e8ves non-locuteurs. Les premiers se sentent affectivement proches de la LN et sont plus motiv\u00e9s \u00e0 l\u2019apprendre davantage \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ils et elles la trouvent utile et opportune pour un v\u00e9ritable enracinement culturel. Les seconds se repr\u00e9sentent la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole comme sans int\u00e9r\u00eat et inutile comme discipline d\u2019apprentissage, m\u00eame si certains reconnaissent qu\u2019elle est un outil incontestable d\u2019int\u00e9gration nationale et de communication interpersonnelle. Ces repr\u00e9sentations positives pour les uns et n\u00e9gatives pour les autres influencent les acquisitions et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences en LN. Les locuteurs de la LN enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole ont de meilleures performances et comp\u00e9tences que les non-locuteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces r\u00e9sultats nous ont amen\u00e9s \u00e0 formuler des propositions allant dans le sens de la r\u00e9vision de l\u2019approche didactique des LN, pour une meilleure appropriation par les enseignant-e-s, du projet \u00ab\u00a0LN \u00e0 l\u2019\u00e9cole\u00a0camerounaise\u00a0\u00bb, et une adh\u00e9sion plus efficiente des \u00e9l\u00e8ves au processus enseignement-apprentissage des LN. La d\u00e9marche pr\u00e9conise la prise en compte des d\u00e9terminants psychosociaux et psycholinguistiques dans la planification et la mise en route d\u2019une s\u00e9quence d\u2019enseignement-apprentissage des LN. Elle consiste en la mobilisation d\u2019outils didactiques et psychop\u00e9dagogiques devant aboutir \u00e0 une sorte de (re)mod\u00e9lisation des repr\u00e9sentations sociales des apprenant-e-s et, par ricochet, \u00e0 une implication \u00e9vidente dans les activit\u00e9s d\u2019apprentissage.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ab\u00e9l\u00e9gu\u00e9, A. F. 2018. Politique \u00e9ducative camerounaise de promotion des langues locales. Bessala G. et Bissaya, E. (dir.), <em>Les langues maternelles dans les couples exolingues <\/em>(p. 79-104). Dakar\u00a0: Les Nouvelles \u00c9dition Num\u00e9riques Africaines (N\u00c9NA).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Assoumou, Jules. 2005. <em>Mod\u00e8le d\u2019enseignement des langues maternelles orales dans l\u2019\u00e9ducation de base au Cameroun\u00a0: recherche et d\u00e9veloppement en zone Bulu<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Assoumou, Jules. 2007. Pour une int\u00e9gration r\u00e9ussie des langues nationales dans l\u2019enseignement scolaire au Cameroun. <em>African Journal of Applied Linguistics<\/em>, <em>05<\/em>, 5-31.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Binam Bikoi. 2012. <em>Atlas linguistique du Cameroun<\/em>. Yaound\u00e9\u00a0: CERDOTOLA<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ELAN. 2014. <em>Approches didactiques du bi-plurilinguisme en Afrique : apprendre en langues nationales et en fran\u00e7ais pour r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019\u00e9cole<\/em>. Paris : \u00c9ditions des Archives Contemporaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gerbault, Jeannine. 1997. L\u2019\u00e9cole camerounaise et ses langues\u00a0: le double d\u00e9fi. <em>\u00c9ducations et soci\u00e9t\u00e9s plurilingues<\/em>, <em>3<\/em>, 31-48.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Giordan, Andr\u00e9. 1996. Les conceptions de l\u2019apprenant. <em>Sciences Humaines. HS<\/em>. 12.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Irvine, Judith et Gal, Susan. 2000. Language Ideology and Linguistic differentiation. Kroskrity, Paul V. (\u00e9d.). <em>Regimes of language. Ideology, Politics and Identity <\/em>(p. 35-83). Santa Fe. Oxford: School of American Research Press. James Currey.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Maurer, Bruno. 2011. <em>Les langues de scolarisation en Afrique francophone\u00a0: enjeux et rep\u00e8res pour l\u2019action<\/em>. Paris\u00a0: AUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2001. <em>G\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019enseignement des langues camerounaises \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire au Cameroun<\/em>. Th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 1.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2012. L\u2019enseignement des langues et cultures au Cameroun le\u00e7ons d\u2019aujourd\u2019hui, semences de demain. Dans Paul Fonkwa (dir.),<em> Principes et modalit\u00e9s de l\u2019enseignement des langues et cultures camerounaises <\/em>(29-51). Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2013. Didactique de la compl\u00e9mentarit\u00e9\u00a0: une exp\u00e9rience et un id\u00e9al au Cameroun. Dans Mendoze, Gervais et Onguene, Louis-Martin (dir.), Langues nationales en situation\u00a0: r\u00e9flexions pour la revalorisation des langues premi\u00e8re (49- 58). Yaound\u00e9\u00a0: CLE.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mba, Gabriel. 2015. Enseignement des langues africaines en contexte multilingue et multiculturel\u00a0: le cas de PROPELCA au Cameroun. Dans Tadadjeu, Maurice (dir.), <em>\u00c9<\/em><em>coles rurales \u00e9lectroniques en langues africaines\u00a0: Exp\u00e9rimentation au Cameroun et orientation politique panafricaine <\/em>(87-101). Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbala Ze, Barnab\u00e9 et Wamba, Sylvie Rodolphine (dir.). 2010. <em>Langues de scolarisation dans l\u2019enseignement fondamental en Afrique subsaharienne<\/em>. Rapport de l\u2019\u00e9quipe-Cameroun. Paris\u00a0: AUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndibnu-Messina, Eth\u00e9. Julia. 2013. Le fran\u00e7ais et les langues nationales (LN) au Cameroun\u00a0: quelques consid\u00e9rations p\u00e9dagogiques. <em>Synergies Afrique des Grands Lacs<\/em>, <em>2<\/em>, 167-179.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ndibnu-Messina, Eth\u00e9. Julia. 2016. Les constructions des savoirs en lecture\/\u00e9criture en situation plurilingue au Cameroun\u00a0: se dirige-t-on vers les classes id\u00e9ales du 21e si\u00e8cle? In <em>Les approches bi-plurilingues d&rsquo;enseignement-apprentissage\u00a0: autour du programme \u00c9coles et langues nationales en Afrique (ELAN-Afrique)\u00a0: Actes du colloque du 26-27 mars 2015<\/em>. Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry, Montpellier-France\u00a0: Archives contemporaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nocus, Isabelle. Guimard, Philippe et Florin, Agn\u00e8s. 2017. Les effets d\u2019un programme bilingue d\u2019apprentissage de l\u2019\u00e9crit (initiative ELAN-Afrique) \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire en Afrique subsaharienne francophone. <em>Recherche en \u00e9ducation<\/em>,<em> 29<\/em>, 149-161.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2014. Psycholinguistique de l\u2019acquisition de langues et didactique du bi-plurilinguisme. Dans <em>ELAN-AFRIQUE, Approches didactiques du bi-plurilinguisme en Afrique, Apprendre en Langue et en fran\u00e7ais pour r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019\u00e9cole <\/em>(63-74). Paris\u00a0: \u00c9dition des Archives Contemporains.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2016. Situations d\u2019apprentissage plurilingues et pluriculturelles : relations entre langues, cultures et cognition. Dans Par\u00e9-Kabor\u00e9, A., Sawadogo, F. et Legros, D. (dir.), <em>Processus d\u2019enseignement\/ apprentissage et contextes linguistiques et culturels <\/em>(265-314)<em>.<\/em> Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Noyau, Colette. 2016. Transferts linguistiques et transferts de connaissances \u00e0 l\u2019\u00e9cole bilingue, recherches de terrain dans quelques pays subsahariens. Dans Bruno Maurer (dir.), <em>Les approches bi-plurilingues d\u2019enseignement-apprentissage : autour du programme Ecole et langues nationales en Afrique (ELAN)<\/em> (55-82). Paris : \u00c9ditions des Archives Contemporaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PASEC. 2016. <em>Performance du syst\u00e8me \u00e9ducatif camerounais. Comp\u00e9tences et facteurs de r\u00e9ussite au primaire<\/em>. COFEMEN\u00a0: Dakar<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tabi Manga, Jean. 2000. <em>Les politiques linguistiques du Cameroun. Essai d\u2019am\u00e9nagement linguistique<\/em>. Paris\u00a0: Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice. 2003. Bilinguisme identitaire et apprentissage d\u2019une troisi\u00e8me langue\u00a0: le cas du Cameroun. <em>African Journal of Applied Linguistics<\/em>, <em>4<\/em>, 5-12.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tadadjeu, Maurice et Mba, Gabriel. 1997. L&rsquo;utilisation des langues nationales dans l&rsquo;\u00e9ducation au Cameroun. <em>Revue Tranel (Travaux neuch\u00e2telois de linguistique)<\/em>, <em>26<\/em>, 59-75.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/contributors\/venant-eloundou-eloundou\">Venant ELOUNDOU ELOUNDOU<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est ma\u00eetre de conf\u00e9rences-HDR et enseignant de langue fran\u00e7aise et de (socio)linguistique \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I au Cameroun.<br \/>\nContact : evenant2002@yahoo.fr<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/contributors\/gabriel-mba\">Gabriel MBA<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est professeur de rang magistral. Il assume les fonctions d&rsquo;enseignant et de chef de d\u00e9partement de Langues et Cultures Camerounaises \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Yaound\u00e9.<br \/>\nContact : mbagaby@2002yahoo.fr<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/contributors\/aline-maguiabou-yamdjeu\">Aline MAGUIABOU YAMDJEU<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;autrice est enseignante-chercheuse de psychologie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Maroua au Cameroun.<br \/>\nContact : yamdjeualine@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-498-1\">D\u00e9sormais LN et LO. <a href=\"#return-footnote-498-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-498-2\">Il s\u2019agit notamment de : Akosse, Bafut, Bamoun, Bassa'a, Beti-fang, Duala, Ejagham, Fe\u2019efe\u2019e, Fufuld\u00e9, Guidar, Giziga, Ghomala, Lamnso\u2019, Mambila, Medumba, Mofo-Gud, Mundani, Noone, Toupouri, Yemba. MballaZe et ses collaborateurs (2010) consid\u00e8rent ces langues comme les \u00ab plus am\u00e9nag\u00e9es \u00bb du Cameroun. <a href=\"#return-footnote-498-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":12,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["venant-eloundou-eloundou","gabriel-mba","aline-maguiabou-yamdjeu"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[274,261,273],"license":[],"class_list":["post-498","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","motscles-apprentissage","motscles-diversite-sociolinguistique","motscles-enseignement","motscles-langue-nationale","motscles-representation-sociale","keywords-learning","keywords-national-language","keywords-social-representation","keywords-sociolinguistic-diversity","keywords-teaching","contributor-aline-maguiabou-yamdjeu","contributor-gabriel-mba","contributor-venant-eloundou-eloundou"],"part":473,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/498","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/498\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":722,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/498\/revisions\/722"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/473"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/498\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=498"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=498"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=498"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/mashamba\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=498"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}