{"id":123,"date":"2019-10-15T19:32:39","date_gmt":"2019-10-15T13:32:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=123"},"modified":"2022-01-29T17:12:11","modified_gmt":"2022-01-29T16:12:11","slug":"nour-ayeh2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/nour-ayeh2019\/","title":{"rendered":"La dynamique des temp\u00e9ratures et ses risques pour les populations de Djibouti dans le contexte du r\u00e9chauffement global"},"content":{"raw":"<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La communaut\u00e9 scientifique s\u2019accorde de plus en plus sur la question du r\u00e9chauffement de notre plan\u00e8te, ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 en 1896 par le Su\u00e9dois Svante Arrh\u00e9nius[footnote]<em>On the Influence of Carbonic Acid in the Air upon the Temperature of the Ground<\/em>, Philosophical Magazine, 41, 237-276.[\/footnote] : \u00ab On a effectivement observ\u00e9 une augmentation de la temp\u00e9rature moyenne du globe estim\u00e9e \u00e0 0,8\u00b0C (\u00e0 plus ou moins 0,2\u00b0C pr\u00e8s), depuis un peu plus d\u2019un si\u00e8cle \u00bb (Petit, 2016, p. 5). Dans le cinqui\u00e8me rapport du <em>Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat<\/em> (<em>GIEC<\/em>), le r\u00e9chauffement du climat est \u00ab sans \u00e9quivoque \u00bb. Le d\u00e9fi de limiter \u00e0 2 \u00b0C cette hausse de la temp\u00e9rature du globe est de plus en plus hors de port\u00e9e. Pourtant, ce r\u00e9chauffement du climat est responsable de plusieurs anomalies thermiques qui ont des cons\u00e9quences catastrophiques sur les populations. L\u2019\u00e9l\u00e9vation des temp\u00e9ratures est la plus \u00e9vidente; le centre national de donn\u00e9es climatologique de la <em>National Oceanic and Atmospheric Administration<\/em> (<em>NOAA<\/em>) indique que les 5 ann\u00e9es les plus chaudes depuis 1880 se concentrent \u00e0 partir de 2012. Ce r\u00e9chauffement s\u2019accompagne d\u2019\u00e9v\u00e9nements extr\u00eames de plus en plus fr\u00e9quents (vagues de chaleur, dilation des oc\u00e9ans et risques c\u00f4tiers, fonte des glaciers, cyclones plus puissants, s\u00e9cheresses catastrophiques).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 de tr\u00e8s faibles \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, l\u2019Afrique est consid\u00e9r\u00e9e comme la principale victime du r\u00e9chauffement climatique (GIEC, 2018). Pour la grande r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Est (du Soudan \u00e0 la Tanzanie), la synth\u00e8se qui a \u00e9t\u00e9 faite sur les tendances climatiques montre une d\u00e9croissance des pr\u00e9cipitations corr\u00e9lative \u00e0 une augmentation des temp\u00e9ratures (Philip Aming\u2019o Omondi <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2014). \u00a0La station de Djibouti, selon la classification de Kopping, est dans la zone aride bien qu\u2019elle se trouve seulement \u00e0 mi-distance de l\u2019\u00e9quateur et du tropique du cancer (11,4\u00b0 N). En pleine zone tropicale, cette ville devrait particuli\u00e8rement \u00eatre expos\u00e9e au probl\u00e8me de l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures. Les tendances \u00e0 la rar\u00e9faction des pr\u00e9cipitations, surtout depuis les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es (Ozer et Mahmoud, 2013). D\u2019un point de vue thermique, la dangerosit\u00e9 des temp\u00e9ratures a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e (Nour Ayeh et Ali Sougueh 2015, p. 2017). Pourtant, une approche globale sur la temp\u00e9rature qui approfondit la question \u00e0 la lumi\u00e8re du r\u00e9chauffement climatique n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e. Cette connaissance est fondamentale en termes de sant\u00e9 publique. En effet, \u00ab la mortalit\u00e9 est l\u2019un des impacts soci\u00e9taux directs de la chaleur \u00bb (OMM, 2015, p. 4). Cet article se propose donc d\u2019\u00e9valuer l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures et leur \u00e9ventuelle augmentation sur au moins une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, tout en esquissant les probl\u00e8mes qu\u2019elle pose \u00e0 la population.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour une premi\u00e8re approche des questions thermiques, nous disposons des temp\u00e9ratures enregistr\u00e9es \u00e0 la station de Djibouti a\u00e9rodrome de 1960 \u00e0 2015 (sur 54 ans pr\u00e9cis\u00e9ment) par l\u2019agence m\u00e9t\u00e9orologique de Djibouti. Ces temp\u00e9ratures concernent les maximales, les minimales et les moyennes. En th\u00e9orie, nous disposons un peu plus de 62\u00a0000 valeurs de temp\u00e9rature. En outre, nous y associerons les relev\u00e9s d\u2019humidit\u00e9 relatifs aux dix derni\u00e8res ann\u00e9es (2006-2015) pour mieux estimer les vagues de chaleur et le risque qu\u2019elles peuvent repr\u00e9senter pour les populations. L\u2019\u00e9tendue de la p\u00e9riode d\u2019\u00e9tude devrait permettre de d\u00e9gager, si possible, des tendances. La premi\u00e8re partie consistera \u00e0 d\u00e9gager les caract\u00e9ristiques thermiques de la station qui seront appr\u00e9ci\u00e9es dans un contexte r\u00e9gional. La seconde partie s\u2019articulera sur l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures moyennes annuelles, maximales et minimales.<\/p>\r\n\r\n<h2>Djibouti, une ville d\u00e9j\u00e0 caniculaire<\/h2>\r\n<h3>R\u00e9partition des temp\u00e9ratures dans la corne de l\u2019Afrique<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau de la plan\u00e8te, les temp\u00e9ratures se r\u00e9partissent d\u2019une mani\u00e8re zonale avec une d\u00e9croissance de l\u2019\u00e9quateur aux p\u00f4les. Cette r\u00e9partition s\u2019explique par le fait que les basses latitudes re\u00e7oivent plus d\u2019\u00e9nergie solaire par rapport aux r\u00e9gions de moyenne latitude et, encore plus, par rapport aux r\u00e9gions polaires. Dans quelques r\u00e9gions du globe, cette r\u00e8gle (organisation latitudinale des temp\u00e9ratures) n\u2019est pas respect\u00e9e, on parle alors d\u2019anomalie climatique ou d\u2019azonalit\u00e9 du climat.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_124\" align=\"aligncenter\" width=\"836\"]<img class=\"size-full wp-image-124\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est.jpg\" alt=\"\" width=\"836\" height=\"445\" \/> <strong>Figure 1. <\/strong>Distribution de la temp\u00e9rature en Afrique de l\u2019Est.<br \/>Source : Donn\u00e9es climat-data, cartographie Nour Ayeh, sur Qgis, interpolation IDW[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La grande r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Est est bien connue dans ces exceptions. En effet, elle pr\u00e9sente une distribution des temp\u00e9ratures longitudinales (figure 1). L\u2019ensemble de la c\u00f4te conna\u00eet des temp\u00e9ratures moyennes annuelles sup\u00e9rieures \u00e0 29\u00b0C avec des \u00e9t\u00e9s particuli\u00e8rement caniculaires. Ce sont surtout les rivages de la mer Rouge (o\u00f9 se situe Djibouti) et du golfe d\u2019Aden o\u00f9 les temp\u00e9ratures sont les plus \u00e9lev\u00e9es. La temp\u00e9rature moyenne la plus \u00e9lev\u00e9e (30,3\u00b0C \u00e0 Assab en \u00c9rythr\u00e9e) est donc relev\u00e9e sur ces rivages de la mer Rouge. Le r\u00e9gime des temp\u00e9ratures pr\u00e9sente une distribution classique avec des \u00e9t\u00e9s tr\u00e8s chauds (36,65\u00b0C en juillet \u00e0 Berbera) et des hivers relativement cl\u00e9ments (25\u00b0C de moyenne en janvier \u00e0 Berbera).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En revanche, les zones centrales sont particuli\u00e8rement temp\u00e9r\u00e9es, au sens climatologique du terme. Addis-Abeba a une temp\u00e9rature moyenne annuelle de 16,3\u00b0C, Dessi\u00e9 \u2013 un peu plus au nord \u2013 enregistre une moyenne 15,2\u00b0C et 16,8\u00b0C pour Eldoret au Kenya. Dans les deux premi\u00e8res villes, la temp\u00e9rature du mois le plus chaud ne d\u00e9passe pas 18\u00b0C, limite \u00ab propos\u00e9e par W. K\u00f6ppen au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019isotherme 18\u00b0C pour le mois le plus frais est la plus commun\u00e9ment admise pour d\u00e9limiter la zone chaude \u00bb (Planchon, 2003, p. 3). Par cette seule caract\u00e9ristique, cette zone d\u2019Afrique de l\u2019Est \u00e9chappe donc au domaine tropical (o\u00f9 aucun mois n\u2019enregistre une valeur inf\u00e9rieure \u00e0 18\u00b0C). D\u2019ailleurs, dans la classification de K\u00f6ppen, ces r\u00e9gions de hautes terres \u00e9thiopiennes et k\u00e9nyanes sont class\u00e9es comme temp\u00e9r\u00e9es (Cw). Pourtant, elles pr\u00e9sentent un r\u00e9gime thermique de type tropical. En effet, les temp\u00e9ratures maximales se concentrent avant le solstice d\u2019\u00e9t\u00e9, comme les stations tropicales classiques (\u00e0 Addis-Abeba, le mois le plus chaud est mars comme \u00e0 Eldoret).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u00e0 o\u00f9 les temp\u00e9ratures sont les plus faibles, dans les r\u00e9gions centrales pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019amplitude thermique annuelle est aussi tr\u00e8s faible (4,3\u00b0C \u00e0 Dessi\u00e9, 3\u00b0C \u00e0 Addis). Elle se rapproche de celle observ\u00e9e dans une station \u00e9quatoriale (Kisumu, 1,9\u00b0C) et reste largement en de\u00e7\u00e0 de l\u2019amplitude diurne. Ce comportement est conforme au principe de Troll selon lequel l\u2019amplitude diurne \u00ab d\u00e9pass[er]ait l\u2019amplitude annuelle, approximativement, pour tout l\u2019espace compris entre les Tropiques \u00bb (P\u00e9guy, 1961, p. 1). Les r\u00e9gions centrales ont donc encore une caract\u00e9ristique tropicale.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Par contre, les r\u00e9gions tr\u00e8s chaudes pr\u00e9sentent les amplitudes thermiques annuelles les plus fortes (11,7\u00b0C \u00e0 Berbera et 10,2\u00b0C \u00e0 Massawa) au point d\u2019\u00e9quivaloir aux amplitudes diurnes. Si l\u2019on se penche sur les diff\u00e9rences entre temp\u00e9ratures maximales et minimales, nous avons une autre information int\u00e9ressante. L\u2019\u00e9cart entre les deux (max. et min.) est bien plus important dans les zones temp\u00e9r\u00e9es centrales que dans les zones chaudes de la mer Rouge et de l\u2019oc\u00e9an Indien. Les deux derni\u00e8res zones n\u2019ont pas pourtant le m\u00eame profil. Les stations de la c\u00f4te somalienne ont plus un comportement de type \u00e9quatorial, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont marqu\u00e9es par de fortes chaleurs (sans exc\u00e8s pour autant) sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e. Par contre, les stations de la mer Rouge (Assab, Berbera, Djibouti) pr\u00e9sentent des \u00e9t\u00e9s particuli\u00e8rement caniculaires (avec des moyennes d\u00e9passant les 34\u00b0C). La faiblesse des diff\u00e9rences entre les maximales et les minimales en mer Rouge laisse supposer un fort effet de serre de la vapeur d\u2019eau issu de la forte \u00e9vaporation; d\u2019autant plus que la mer Rouge reste une des mers les plus chaudes du globe, surtout dans sa partie sud. \u00c9voquant la mer Rouge et le Golfe persique, Sanlaville note que \u00ab leur pr\u00e9sence ne contribue qu\u2019\u00e0 augmenter l\u2019humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique [\u2026] qui rend alors la chaleur particuli\u00e8rement p\u00e9nible \u00bb (Salanville, 1988, p. 13)<em>.<\/em>\u00a0Il y a une sorte d\u2019ambiance de sauna qui se cr\u00e9e sur ces rivages, particuli\u00e8rement en \u00e9t\u00e9.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette organisation longitudinale des temp\u00e9ratures d\u00e9coule totalement de l\u2019organisation du relief mis en place par le Grand Rift est-africain qui a faill\u00e9 l\u2019Afrique de la mer Rouge au Mozambique il y a 30 millions d\u2019ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Dans cette Afrique des rifts, \u00e0 structuration m\u00e9ridienne plus que latitudinale, les terres d\u2019altitude sont g\u00e9n\u00e9ralement qualifi\u00e9es de hautes terres quand il s\u2019agit de plateaux \u00e9lev\u00e9s\u00a0\u00bb (Bart, 2006, p.\u00a0235) et parsem\u00e9s de pics volcaniques tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s eux aussi (Mt Dachan \u00e0 4\u00a0620\u00a0m, Mt Bal\u00e9 \u00e0 4\u00a0307\u00a0m, Mt Kenya \u00e0 5\u00a0200\u00a0m. Les zones fra\u00eeches, pour ne pas dire froides, se calent dans les hautes terres d\u2019\u00c9thiopie et du Kenya. Les zones caniculaires, quant \u00e0 elles, se trouvent en contrebas de ces hautes terres, dans une situation d\u2019abri, par rapport aux masses d\u2019air humides.<\/p>\r\n\r\n<h3>Djibouti : des temp\u00e9ratures non conformes \u00e0 sa latitude<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau thermique, la ville de Djibouti enregistre des valeurs les plus \u00e9lev\u00e9es. Avec 30,2\u00b0C de moyenne annuelle, c\u2019est la capitale la plus chaude d\u2019Afrique et au niveau r\u00e9gional, elle est \u00e0 peine d\u00e9pass\u00e9e (0.01\u00b0C) par sa voisine Assab. L\u2019amplitude thermique annuelle est une des plus importantes de la r\u00e9gion (10,2\u00b0C) au point o\u00f9 elle d\u00e9passe les amplitudes diurnes. Le mois de juillet, le plus chaud (plus de 36\u00b0C) est caniculaire. Les hivers restent assez doux (25\u00b0C de moyenne en janvier). Sur une ann\u00e9e, seulement de 7,01\u00b0C s\u00e9pare la moyenne des maximales et la moyenne des minimales. Cela r\u00e9sulte de la temp\u00e9rature minimale encore plus \u00e9lev\u00e9e relativement aux temp\u00e9ratures maximales des autres villes. L\u2019effet de serre, d\u00fb \u00e0 la vapeur d\u2019eau, joue donc un r\u00f4le primordial \u00e0 Djibouti.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 la latitude de Djibouti (11,5\u00b0N), le climat dominant devait \u00eatre le climat de type tropical \u00e0 deux saisons (une saison des pluies et une saison s\u00e8che). Lorsqu\u2019on \u00e9tudie l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures mensuelles, compar\u00e9e \u00e0 une station tropicale \u00e0 double saison (figure 2), nous remarquons que les mois les plus chauds se retrouvent en \u00e9t\u00e9 (de juin \u00e0 septembre). La ville tropicale conna\u00eet des maxima de temp\u00e9rature juste avant le solstice d\u2019\u00e9t\u00e9. \u00c0 la m\u00eame latitude en Afrique de l\u2019Ouest, l\u2019arriv\u00e9e du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9 co\u00efncide avec l\u2019hivernage. La n\u00e9bulosit\u00e9 r\u00e9duit donc la radiation solaire et abaisse les temp\u00e9ratures.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_125\" align=\"aligncenter\" width=\"791\"]<img class=\"size-full wp-image-125\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"374\" \/> <strong>Figure 2. <\/strong>Temp\u00e9ratures moyennes \u00e0 Djibouti et \u00e0 Bamako.<br \/>Donn\u00e9es : climat-data[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour Djibouti, si les masses d\u2019air viennent bien du sud-ouest (sorte de mousson d\u2019Afrique de l\u2019Est), elles sont frein\u00e9es par la masse des hautes terres \u00e9thiopiennes. Sur ces terres, un fort effet orographique favorise une forte n\u00e9bulosit\u00e9 et des pr\u00e9cipitations abondantes qui abaissent les temp\u00e9ratures (figure 3). Une fois cette barri\u00e8re franchie, ces masses d\u2019air ont deux caract\u00e9ristiques d\u00e9favorables \u00e0 Djibouti : elles sont s\u00e8ches et subsidentes. Dans cette configuration g\u00e9ographique, les masses d\u2019air descendant des montagnes se r\u00e9chauffent \u00ab davantage dans leur descente qu\u2019elles ne se sont refroidies dans la mont\u00e9e, car le gradient adiabatique, obligatoirement sec dans cette descente est plus grand que le gradient en partie humide (et plus faible) de la mont\u00e9e \u00bb (Jouxtel, 2009, p. 89). Autrement dit, les masses d\u2019air connaissent un r\u00e9chauffement intense lors de leur descente dans la d\u00e9pression de l\u2019Afar o\u00f9 se situe Djibouti. Cette derni\u00e8re conna\u00eet donc une augmentation de la radiation solaire (solstice d\u2019\u00e9t\u00e9 oblige) et des vents secs subsidents qui emp\u00eachent la formation de nuage. Ce double ph\u00e9nom\u00e8ne est responsable des canicules estivales.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_126\" align=\"aligncenter\" width=\"1363\"]<img class=\"size-full wp-image-126\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018.png\" alt=\"\" width=\"1363\" height=\"811\" \/> <strong>Figure 3. <\/strong>Situation climatique en \u00e9t\u00e9 dans la zone o\u00f9 se situe Djibouti (7 juillet 2018).<br \/>Croquis : Nour Ayeh, donn\u00e9es Windy[\/caption]\r\n<h3>Des risques sanitaires \u00e9vidents<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nous nous sommes bas\u00e9 sur deux indices pour \u00e9valuer le risque que pr\u00e9sente la chaleur pour les populations : l\u2019indice d\u2019inconfort et l\u2019indice de chaleur. Les deux indices sont assez pratiques parce qu\u2019ils ne combinent que deux param\u00e8tres climatiques (les temp\u00e9ratures et l\u2019humidit\u00e9 relative). Ils partent du constat que l\u2019humidit\u00e9 joue un r\u00f4le dans l\u2019impact des temp\u00e9ratures sur les corps, car \u00ab l\u2019effet de la temp\u00e9rature sur la mortalit\u00e9 est modifi\u00e9 par l\u2019humidit\u00e9 qui a tendance \u00e0 l\u2019amplifier \u00bb (Slama, 2018). Par exemple, une forte humidit\u00e9 rend plus dangereuses les fortes chaleurs parce qu\u2019elle contrecarre le processus r\u00e9gulateur de la sudation. Pour le calcul, nous avons utilis\u00e9 les m\u00eames donn\u00e9es d\u2019humidit\u00e9 et de temp\u00e9rature de tous les jours entre 2006 et 2015<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Inconfort des temp\u00e9ratures<\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice d\u2019inconfort de Thom ou indice thermo-hygrom\u00e9trique (THI) combine les deux param\u00e8tres avec la formule suivante (\u00e9quation 1). Toute la population ressent un inconfort lorsque l\u2019indice d\u00e9passe 29. \u00ab Par convention, le seuil critique (medical emergency level) est fix\u00e9 \u00e0 32\u00b0C pour DI \u00bb (Besancenot, 2002, p. 226). Autrement dit, un indice d\u00e9passant les 32 met en danger m\u00e9dical les populations. Pour notre station, pour les dix ann\u00e9es (2006-2015) dont nous avons les donn\u00e9es de temp\u00e9rature et d\u2019humidit\u00e9, pour chaque ann\u00e9e, plus de la moiti\u00e9 des jours pr\u00e9sente un indice sup\u00e9rieur 29. Et un tiers des jours d\u00e9passe le seuil de 32. Ces jours se concentrent durant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 (mai, juin, juillet, ao\u00fbt, et septembre). Plus pr\u00e9occupant, c\u2019est l\u2019augmentation de la fr\u00e9quence des jours o\u00f9 l\u2019indice ne passe pas sous les 29 durant toute la journ\u00e9e (figure 4). L\u2019on sait que la mortalit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e dans deux conditions : d\u2019abord en zone urbaine (\u00e0 cause de l\u2019\u00eelot de chaleur que repr\u00e9sentent ces entit\u00e9s g\u00e9ographiques) et durant la nuit en cas de maintien de la chaleur qui emp\u00eache les personnes de r\u00e9cup\u00e9rer. En consid\u00e9rant ces deux conditions \u00e0 Djibouti, nous pouvons en d\u00e9duire que la situation climatique y est indubitablement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Les trois plus importants indices ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en 2012, 2013 et 2015 et montrent une forme d\u2019aggravation de la chaleur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\"><strong>\u00c9quation 1. Indice thermo-hygrom\u00e9trique<\/strong><\/p>\r\n<img class=\"size-full wp-image-822 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha.jpg\" alt=\"\" width=\"528\" height=\"107\" \/>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_127\" align=\"aligncenter\" width=\"816\"]<img class=\"size-full wp-image-127\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube.jpg\" alt=\"\" width=\"816\" height=\"443\" \/> <strong>Figure 4. <\/strong>Nombre de jours avec un THI sup\u00e9rieur \u00e0 29 \u00e0 l\u2019aube.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Des indices de chaleur \u00e9lev\u00e9s<\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour estimer la temp\u00e9rature ressentie, nous avons utilis\u00e9 l\u2019indice de chaleur en nous basant sur le mod\u00e8le de Steadman (\u00e9quation 2). \u00ab L\u2019indice de chaleur est couramment utilis\u00e9 aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique et il est tout particuli\u00e8rement pertinent quand la temp\u00e9rature est sup\u00e9rieure \u00e0 26\u00b0C (80\u00b0F) et que l\u2019humidit\u00e9 relative atteint au moins 40% \u00bb (OMM, 2015, p. 18). D\u2019apr\u00e8s ce mod\u00e8le, les \u00eatres humains sont en situation de danger lorsque l\u2019indice (qui se veut comme une approximation valable de la temp\u00e9rature que ressent le corps) atteint 40. Et lorsque l\u2019indice d\u00e9passe les 50, les individus se trouvent en situation de danger absolu. Nous sommes \u00e0 la recherche de deux informations : la r\u00e9currence de vague de chaleur (le calcul de l\u2019indice de chaleur est \u00e0 15h), la persistance de cette chaleur dure toute la journ\u00e9e (et donc l\u2019indice de chaleur est \u00e0 6h).<\/p>\r\n\r\n<table class=\"lines aligncenter\" style=\"height: 244px;width: 435px\" width=\"435\"><caption>\u00c9quation 2. Indice de chaleur (HI)<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 420.033px\" colspan=\"3\">Hi = c1 c2<em>T<\/em> c3<em>R<\/em> c4<em>TR <\/em> c5<em>T<\/em>\u00b2 c6<em>R<\/em>\u00b2 c7<em>T<\/em>\u00b2<em>R<\/em> c8<em>TR<\/em>\u00b2 c9<em>T<\/em>\u00b2<em>R<\/em>\u00b2\r\n\r\no\u00f9 T = la temp\u00e9rature en Fahrenheit\r\n\r\nR = l\u2019humidit\u00e9 relative<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 77.3667px\">c1<\/td>\r\n<td style=\"width: 144.317px\">-42.379<\/td>\r\n<td style=\"width: 170.417px\">c5 = -6.83783. 10-3<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 77.3667px\">c2<\/td>\r\n<td style=\"width: 144.317px\">2.04901523<\/td>\r\n<td style=\"width: 170.417px\">c6 = -5.481717.10-2<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 77.3667px\">c3<\/td>\r\n<td style=\"width: 144.317px\">10.14333127<\/td>\r\n<td style=\"width: 170.417px\">c7 = 1.22874.10-3<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 77.3667px\">c4<\/td>\r\n<td style=\"width: 144.317px\">-0.22475541<\/td>\r\n<td style=\"width: 170.417px\">c8 = -1.99.10-6<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice de chaleur d\u00e9passe les 40 sur plus de 50% des jours de l\u2019ann\u00e9e (le maximum est de 57% pour 2015). Par contre, cette chaleur dangereuse impacte in\u00e9galement les mois de l\u2019ann\u00e9e. Si d\u00e9cembre et janvier sont largement \u00e9pargn\u00e9s (moins de 1% de leurs jours sont affect\u00e9s par cette chaleur), les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 restent particuli\u00e8rement p\u00e9nibles. Plus de 92% des jours de mai \u00e0 septembre (inclus) ont un indice de chaleur sup\u00e9rieur \u00e0 40. Autrement dit, la quasi-totalit\u00e9 des jours sur cinq mois affiche des temp\u00e9ratures (ressenties) humainement insupportables. Et durant ces m\u00eames mois, pour un tiers de ces jours, la valeur d\u2019extr\u00eame danger o\u00f9 toute activit\u00e9 doit cesser (HI &gt; 50) est d\u00e9pass\u00e9e (figure 5). Cette chaleur d\u00e9borde sur les mois d\u2019octobre et d\u2019avril, et m\u00eame novembre, o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 des jours sont thermiquement p\u00e9nibles.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_128\" align=\"aligncenter\" width=\"733\"]<img class=\"size-full wp-image-128\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations.jpg\" alt=\"\" width=\"733\" height=\"298\" \/> <strong>Figure 5. <\/strong>Nombre de jours thermiquement dangereux pour les populations (HI 40).[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ces valeurs de temp\u00e9rature (issues de l\u2019indice de chaleur) interrogent m\u00eame la notion de vague de chaleur \u00e0 Djibouti, notion qui ne semble plus pertinente ici. Les vagues de chaleur sont des \u00ab \u00e9pisodes de temps inhabituellement chaud et sec ou chaud et humide qui commencent et prennent fin de mani\u00e8re imperceptible [et] qui durent au moins deux \u00e0 trois jours \u00bb (OMM, 2015, p. xiii). Faute d\u2019\u00e9laboration d\u2019une d\u00e9finition nationale, nous ne pouvons que constater que la d\u00e9finition de l\u2019OMM[footnote]Organisation Mondiale de M\u00e9t\u00e9orologie.[\/footnote] ne s\u2019applique pas \u00e0 Djibouti. La persistance sur des mois (et sans interruption aucune) de forte chaleur nous incite plus \u00e0 penser que nous avons \u00e0 faire \u00e0 une sorte de \u00ab sauna climatique \u00bb sur l\u2019ensemble de la ville durant au moins cinq mois de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Un autre \u00e9l\u00e9ment qui confirme la dangerosit\u00e9 des temp\u00e9ratures de la station de Djibouti est la persistance de la chaleur durant toute la journ\u00e9e. En cela, les calculs de l\u2019indice de chaleur \u00e0 6h du matin sont formels. En 2006, nous n\u2019avions que 6 jours avec un HI sup\u00e9rieur \u00e0 40. Ce chiffre a r\u00e9guli\u00e8rement augment\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 27 en 2012 avant de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 5 en 2015 (ann\u00e9e qui enregistre pourtant le troisi\u00e8me HI le plus important de la d\u00e9cennie). Ces valeurs indiquent que, durant toute la journ\u00e9e, les corps sont dans l\u2019incapacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer (hors climatisation).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice de chaleur va dans le m\u00eame sens que l\u2019indice d\u2019inconfort (THI). L\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures, dans le cadre du processus de r\u00e9chauffement, est donc potentiellement porteuse de catastrophes encore plus dramatiques. Mais \u00e0 quel degr\u00e9 ces temp\u00e9ratures ont-elles augment\u00e9\u00a0depuis les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies?<\/p>\r\n\r\n<h2>Djibouti, une ville de plus en plus caniculaire<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il existe deux fa\u00e7ons de rendre compte de l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures. La premi\u00e8re est de suivre l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures de 1961 \u00e0 2015 et calculer accessoirement l\u2019augmentation (en %) de ces temp\u00e9ratures. La seconde est de consid\u00e9rer les anomalies thermiques, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9cart \u00e0 la moyenne de la p\u00e9riode, des temp\u00e9ratures moyennes annuelles.<\/p>\r\n\r\n<h3>Augmentation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des temp\u00e9ratures<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures sur plus de 50 ans montre une augmentation r\u00e9guli\u00e8re des trois types de temp\u00e9ratures retenues (T\u00b0max, T\u00b0min et T\u00b0x). Les trois tendances sont quasiment identiques. En \u00e9tudiant les droites de r\u00e9gression lin\u00e9aire, les pentes affichent toutes 0,027, soit 2,7\u00b0C d\u2019augmentation en 100 ans. Entre le d\u00e9but de la p\u00e9riode et la fin de cette m\u00eame p\u00e9riode, la temp\u00e9rature moyenne annuelle a pris 1,46\u00b0C (28,68 dans la d\u00e9cennie 60 contre 30,14 durant la derni\u00e8re p\u00e9riode). Par p\u00e9riode pourtant, cette augmentation est loin d\u2019\u00eatre r\u00e9guli\u00e8re pour les trois types de temp\u00e9rature. L\u2019\u00e9tude approfondie (tous les cinq ans) montre une l\u00e9g\u00e8re acc\u00e9l\u00e9ration des temp\u00e9ratures minimales (tableau 1). Les variations thermiques (rendues en % par glissement quinquennal) montrent une l\u00e9g\u00e8re acc\u00e9l\u00e9ration des temp\u00e9ratures minimales ( 0.53% tous les 5 ans) par rapport aux temp\u00e9ratures maximales (0.48%). C\u2019est surtout depuis les ann\u00e9es 90 que ces temp\u00e9ratures minimales ont eu tendance \u00e0 s\u2019accro\u00eetre plus vite que les autres.<\/p>\r\n\r\n<table class=\"lines aligncenter\"><caption>Tableau 1. \u00c9volution des temp\u00e9ratures \u00e0 la station de Djibouti 1961-2015 (source : donn\u00e9es agence m\u00e9t\u00e9o de Djibouti)<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\"><\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">T\u00b0 moyenne<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">T\u00b0C max<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">T\u00b0C min<\/p>\r\n<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">61-65<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">29,68<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">33,5<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">25,9<\/p>\r\n<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr class=\"border\">\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">2011-2015<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">31,14<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">35<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">27,3<\/p>\r\n<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">% d\u2019augmentation quinquennale<\/p>\r\n<p class=\"indent\">1961-2015<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">0,48%<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">0,44%<\/p>\r\n<\/td>\r\n<td>\r\n<p class=\"indent\">0,53%<\/p>\r\n<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En utilisant les \u00e9quations issues de ce mod\u00e8le, nous pouvons d\u00e9gager la tendance sur les 50 prochaines ann\u00e9es, \u00e0 condition que le r\u00e9chauffement ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8re pas dans cette r\u00e9gion. Dans ces conditions, vers 2065, nous risquons d\u2019avoir, \u00e0 la station de Djibouti, une temp\u00e9rature moyenne annuelle de l\u2019ordre de 34\u00b0C, ce qui correspond globalement \u00e0 la moyenne des maximales actuelles. La temp\u00e9rature moyenne maximale montera \u00e0 36,6\u00b0C. Quant \u00e0 la temp\u00e9rature minimale, elle devrait se situer \u00e0 32\u00b0C, soit une temp\u00e9rature sup\u00e9rieure de 1,8\u00b0C par rapport \u00e0 la temp\u00e9rature moyenne actuelle.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette tendance des temp\u00e9ratures permettra une double extension (du point de vue temporel) des vagues de chaleur. Dans la journ\u00e9e, les nuits risquent d\u2019\u00eatre plus chaudes et emp\u00eacher une bonne dissipation de la chaleur. Et dans l\u2019ann\u00e9e, les nuits du mois d\u2019\u00e9t\u00e9 risquent donc de s\u2019\u00e9tendre aux mois consid\u00e9r\u00e9s pour l\u2019instant comme relativement frais. Cette double extension de la chaleur pourrait transformer les risques sanitaires en catastrophes sanitaires.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_129\" align=\"aligncenter\" width=\"748\"]<img class=\"size-full wp-image-129\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"443\" \/> <strong>Figure 6. <\/strong>\u00c9volution des temp\u00e9ratures 1961-2015. Source : Donn\u00e9es fournies par l\u2019agence m\u00e9t\u00e9o de Djibouti[\/caption]\r\n<h3>Anomalies thermiques<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour mieux faire sortir les tendances thermiques, le calcul des anomalies des temp\u00e9ratures a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile. Ces anomalies sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode donnent deux indications (figure 7) en ce qui concerne les p\u00e9riodes. Avant les ann\u00e9es 90, les temp\u00e9ratures moyennes \u00e9taient plus fra\u00eeches que la normale de la p\u00e9riode. Avant 1975 m\u00eame, aucun mois n\u2019est chaud et sept des huit ann\u00e9es les plus fra\u00eeches se concentrent de 1961 \u00e0 1974). Apr\u00e8s les ann\u00e9es 90, c\u2019est exactement le contraire qui se produit, la station enregistre rapidement des temp\u00e9ratures moyennes annuelles \u00e9lev\u00e9es par rapport \u00e0 la normale. Les cinq ann\u00e9es les plus chaudes du pays se retrouvent apr\u00e8s l\u2019an 2006 (l\u2019ann\u00e9e 2013 est la plus chaude jamais enregistr\u00e9e sur un demi-si\u00e8cle ( 2,4\u00b0C par rapport \u00e0 la moyenne de la p\u00e9riode).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Seconde indication, les profils des deux p\u00e9riodes sont si oppos\u00e9s que nous pouvons avancer que, du point de vue de la temp\u00e9rature, Djibouti a chang\u00e9 de climat. Et le basculement s\u2019est fait rapidement au d\u00e9but des ann\u00e9es 90. Les anomalies sont tr\u00e8s importantes entre les deux p\u00e9riodes au point de consid\u00e9rer que l\u2019on a \u00e0 faire \u00e0 deux climats diff\u00e9rents.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_130\" align=\"aligncenter\" width=\"889\"]<img class=\"size-full wp-image-130\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"889\" height=\"404\" \/> <strong>Figure 7. <\/strong>Anomalies thermiques 1961-2015.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Z\u00e9ro = symbole de la temp\u00e9rature moyenne de la p\u00e9riode 1961-2015<\/p>\r\n\r\n<h2>Conclusion<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les valeurs de temp\u00e9rature que nous disposons indiquent d\u00e9j\u00e0 que la station de Djibouti reste une des plus chaudes de l\u2019Afrique (avec plus de 30\u00b0C de moyenne annuelle). Cette ville caniculaire est aussi impact\u00e9e par le r\u00e9chauffement global. Les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es, qui posent d\u00e8s maintenant un risque sanitaire aux populations, se sont renforc\u00e9es depuis les 50 derni\u00e8res ann\u00e9es (d\u2019au moins 1,48\u00b0C pour la temp\u00e9rature moyenne). Et si cette tendance se poursuit, toutes les temp\u00e9ratures (moyennes, maximales et minimales) devront s\u2019accro\u00eetre de plus de 2\u00b0C pour la temp\u00e9rature moyenne dans un horizon de 50 ans. Le r\u00e9chauffement climatique est donc une r\u00e9alit\u00e9 dans cette ville, si les \u00e9tudes \u2013 comme celles du GIEC, la derni\u00e8re en date pr\u00e9cis\u00e9ment \u2013 pointent les cons\u00e9quences sur la productivit\u00e9 ou la multiplication de ph\u00e9nom\u00e8ne extr\u00eame, \u00e0 Djibouti la situation pourrait devenir invivable. Pour l\u2019instant, avec les temp\u00e9ratures ressenties que nous avons calcul\u00e9es avec le mod\u00e8le de Steenman, seuls les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 ont des temp\u00e9ratures mettant en danger la vie des \u00eatres humains. Les premi\u00e8res indications montrent que les autres mois ne seront pas \u00e9pargn\u00e9s et pour cela, les Djiboutien-ne-s devraient suivre les tendances en mati\u00e8re de temp\u00e9rature.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, nous avons not\u00e9 que l\u2019extension des valeurs dangereuses en matin\u00e9e pourrait aussi se g\u00e9n\u00e9raliser. Il nous manque \u00e0 affiner notre analyse en observant de pr\u00e8s les mois impact\u00e9s par ce r\u00e9chauffement et \u00e9tendre l\u2019analyse de la p\u00e9nibilit\u00e9 des temp\u00e9ratures sur au moins 50 ans. Une chose est s\u00fbre, ces vagues de chaleur posent un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique, d\u2019autant plus qu\u2019elles se produisent dans une zone urbaine avec une \u00e9conomie centr\u00e9e sur les transports. Les chaleurs sont d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. La canicule de 2003 en Europe a caus\u00e9, durant la premi\u00e8re quinze d\u2019ao\u00fbt de cette ann\u00e9e, une \u00ab augmentation des d\u00e9c\u00e8s par rapport \u00e0 la moyenne [qui] a atteint 60% en France entre le 1<sup>er<\/sup> et le 20 ao\u00fbt selon l\u2019INSERM, soit 14 802 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires \u00bb (Bessemoulin <em>et<\/em> <em>al<\/em>. 2004, p. 31). Certes le contexte est diff\u00e9rent \u00e0 Djibouti, mais les niveaux de temp\u00e9rature dans cette ville, ainsi que leur durabilit\u00e9 dans le temps, sont bien plus importants qu\u2019en Europe. Et il serait difficile que cette chaleur laisse indemnes les populations djiboutiennes. Paradoxalement, la mortalit\u00e9 induite par cette chaleur n\u2019est pas enregistr\u00e9e, ce qui ne permet pas une \u00e9valuation exacte de ses cons\u00e9quences sanitaires. Par cons\u00e9quent, aucune politique de sant\u00e9 publique n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en place \u00e0 ce propos : cela donne donc l\u2019impression que ce risque n\u2019existait pas. Les pr\u00e9occupations nationales en termes de risques naturels se focalisent sur les inondations (assez marginales) et la s\u00e9cheresse (qui a plus d\u2019effets n\u00e9gatifs sur les 80% de la population nationale vivant dans les villes), deux risques qui impactent beaucoup moins de population que les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Arrhenius, Svante. 1896. On the Influence of Carbonic Acid in the Air upon the Temperature of the Ground. <em>Philosophical Magazine and Journal of Science<\/em>, <em>5<\/em> (41),\u200e 237-276.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Aming\u2019o Omondi, Philip, Awange, Joseph L., Forootan, Ehsan <em>et<\/em> <em>al.<\/em> 2014.\u00a0Changes in temperature and precipitation extremes over the Greater Horn of Africa region from 1961 to 2010. <em>International Journal Of Climatology<\/em>, Int. J. Climatol., <em>34<\/em>, 1262-1277.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Bart, Fran\u00e7ois. (2006). La montagne au c\u0153ur de l\u2019Afrique orientale. <em>Cahier d\u2019outre-mer,<\/em> <em>235<\/em>, 307-322.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Bessemoulin, Pierre, Bourdette, Nicole, Courtier, Philippe et Manach, Jacques. 2004.\u00a0La canicule d\u2019ao\u00fbt 2003 en France et en Europe. <em>La M\u00e9t\u00e9orologie<\/em>, <em>46<\/em>, 25-33.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Besancenot, Jean-Pierre. 2002. Vagues de chaleur et mortalit\u00e9 dans les grandes agglom\u00e9rations urbaines. <em>Environnement, risque et sant\u00e9<\/em>, <em>4<\/em> (1), 229-240.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">King, Geoffrey. 2009.\u00a0S\u00e9\u00efsmes et volcans dans le rift. Dans Hirsch Bertrand (dir.), <em>Le Rift est-africain, une singularit\u00e9 plurielle<\/em>. Paris : IRD \u00c9ditions, 53-61. Bernard Roussel.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">K\u00f6ppen, Wladimir. 1936. Das Geographische System der Klimate. <em>Handbuch der Klimatologie<\/em>, Berlin, Bd. 1, Teil C.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">McGregor, Glenn, Bessemoulin, Pierre, Ebi, Kris et Menne, Bettina. <em>Vagues de chaleur et sant\u00e9 : guide pour l\u2019\u00e9laboration de syst\u00e8mes d\u2019alerte; <\/em>OMS-OMM, WMO-No. 1142. Gen\u00e8ve.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">P\u00e9guy, Charles.-Peguy. 1961. Une tentative de d\u00e9limitation et de sch\u00e9matisation des climats intertropicaux. <em>Revue de g\u00e9ographie de Lyon<\/em>, <em>1<\/em>(36), 1-6.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Petit, Michel. 2016. Le changement climatique d\u00fb aux activit\u00e9s humaines. <em>Livret sur l\u2019environnement<\/em>. Acad\u00e9mie des sciences, 15 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Planchon, Olivier. 2003. Transition entre climats tropicaux et temp\u00e9r\u00e9s en Am\u00e9rique du sud : essai de r\u00e9gionalisation climatique. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, <em>223<\/em>, 259-280.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">OMM. 2015.<em> Vagues de chaleur et sant\u00e9 : guide pour l\u2019\u00e9laboration de syst\u00e8mes d\u2019alerte<\/em>, <em>1142<\/em>, 128 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Ozer, Pierre et Mahmoud, Ayan. 2013. Recent Extreme Precipitation and Temperature Changes in Djibouti City (1966\u20132011). <em>Journal of Climatology<\/em>, <em>2013<\/em>, 8 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Nour Ayeh, Moustapha et Ali Sougueh, Liban. 2015.\u00a0L\u2019indice de chaleur pour \u00e9valuer la p\u00e9nibilit\u00e9 du climat des villes littorales des zones arides: le cas de Djibouti. Dans S. Dahech, S. Charfi, <em>Climat, ville et environnement<\/em>, 523-530.\r\n<a href=\"http:\/\/www.climato.be\/aic\/\">http:\/\/www.climato.be\/aic\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Slama, R\u00e9my. 2018. Comment les vagues de chaleur affectent notre sant\u00e9.\r\n<a href=\"https:\/\/theconversation.com.\">https:\/\/theconversation.com.<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Sanlaville, Paul. 1988. Des mers au milieu du d\u00e9sert : mer Rouge et Golfe arabo-persique<em>. L\u2019Arabie et ses mers bordi\u00e8res, itin\u00e9aires et voisinages, <\/em>S\u00e9minaire de recherche. Lyon : Maison de l\u2019Orient et de la M\u00e9diterran\u00e9e, 9-26.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Steadman, Robert. 1979. The Assessment of Sultriness. Part I : A Temperature-Humidity Index Based on Human Physiology and Clothing Science. <em>Journal<\/em><em> of Applied Meteorology,<\/em>\u00a0<em>7 <\/em>(18), 861-873.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La communaut\u00e9 scientifique est de plus en plus consensuelle sur le r\u00e9chauffement climatique de notre plan\u00e8te, ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 en 1896 par le Su\u00e9dois Svante Arrh\u00e9nius. Le pr\u00e9sent article se penche sur la question de la temp\u00e9rature dans la station de Djibouti sur les 60\u00a0derni\u00e8res ann\u00e9es dans le but d\u2019interroger les effets du r\u00e9chauffement climatique en zone hyperaride. Pour ce faire, nous nous sommes appuy\u00e9 sur les temp\u00e9ratures enregistr\u00e9es \u00e0 la station de Djibouti a\u00e9rodrome de 1961 \u00e0 2015 (plus d\u2019un demi-si\u00e8cle). Ces temp\u00e9ratures concernent les maximales, les minimales et les moyennes. En th\u00e9orie, elles repr\u00e9sentent plus de 62\u00a0000 valeurs de temp\u00e9rature. L\u2019\u00e9tude associe aussi les relev\u00e9s de l\u2019humidit\u00e9 relative de 2005 \u00e0 2015. L\u2019\u00e9tendue de la p\u00e9riode d\u2019\u00e9tude devait permettre de d\u00e9gager, si possible, des tendances. Pour une station extr\u00eamement chaude et donc ne poss\u00e9dant pas de marge pour les hausses, la temp\u00e9rature moyenne n\u2019a cess\u00e9 de glisser vers le haut. Sur la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, on note un accroissement de pr\u00e8s 2\u00a0\u00b0C passant de 29,7 \u00e0 31,5. Les temp\u00e9ratures maximales et minimales ont connu les m\u00eames modifications. Mais ce sont plus les temp\u00e9ratures minimales qui ont plus gagn\u00e9 des degr\u00e9s, r\u00e9duisant ainsi l\u2019amplitude thermique. La temp\u00e9rature ressentie (en tenant compte de l\u2019humidit\u00e9 relative) s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 des valeurs repr\u00e9sentant un danger certain surtout de mai \u00e0 octobre. Les tendances \u00e0 la hausse des temp\u00e9ratures et le maintien de fortes chaleurs, pendant la journ\u00e9e, tendent donc \u00e0 rendre cette station de moins en moins vivable pour les \u00eatres humains.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/indice-de-chaleur\/\">Indice de chaleur<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/rechauffement-climatique\/\">R\u00e9chauffement climatique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/risque-sanitaire\/\">Risque sanitaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/temperature\/\">Temp\u00e9rature<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/zone-aride\/\">Zone aride<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">There is an increasing consensus within the scientific community on global warming, which is a phenomenon already witnessed in 1896 by the Swedish Svante Arrh\u00e9nius. This paper deals with the question of temperature within Djibouti station over the last 60 years with a view of monitoring the effects of global warming in hyper-arid regions. In so doing, our research is based on the monitoring of temperatures recorded at the Djibouti airfield station from 1961 to 2015 (more than a century). Only maximum, minimum, medium temperatures are studied. In theory, there are more 62,000 temperature values. The study also combines the relative humidity measurements from 2005 to 2015. For an extremely hot station and therefore having no margin for rises, the average temperature has ceased to slide upwards. During the studied period, there has been a rise in temperature of almost 2\u00a0\u00b0C moving from 29.7 to 31.5. Both maximum and minimum temperatures have witnessed the same changes, but the latter went up, thereby reducing the thermal range. While taking into account relative humidity, it turns out that apparent temperature settles on dangerous levels, especially from May to October. The upward trend in temperatures combined with sustained heat waves made it harder and harder for people to live in this station.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/arid-zone\/\">Arid zone<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/global-warming\/\">Global warming<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/health-risk\/\">Health risk<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/heat-index\/\">Heat index<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/temperature\/\">temperature<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (Soo koobid (Somali))&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cilmiyahanadu way isku raacsan yihiin intooda ugu badan isbedlkan cimilada soo foodsaartay Dhulka. Ifafaalaha arrinkan waxa horaantii soo bandhigay nin reer Sweden ah oo la yidhaa <em>Svante Arrh\u00e9nius<\/em>, 1896. Maqaalkan u jeedadiisu waxuu yahay in aan wax iska waydiino heerkulka magaalada Jabuuti, lixdankii sano ee ugu dambeeyay, si aanu wax uga ogaano saamaynta isbedelka cimilada, gaar ahaan qaybaha Dhulka ee aadka u qalalan. Si aan hadafkaas u gaadhno, waxaan ku salaynay baadhitaankayaga heerkulka laga duubay tan iyo intii u dhaxaysay 1961-2015, xaruunta garoonka diyaaradaha ee Jabuuti (waa in nus qarni ka badan). Heerkulkaas waxay ku saabsan yihiin, kuwa ugu sareeya, kuwa ugu hooseeya, iyo kuwa meeldhexaad ah. Aragti ahaan way ka badan yihiin 62\u00a0000 qiyaasood. Xaruun aad u kulul weeye, oo kulkeedu in badan kor uma sii kici karo. Waa heerkulka meel dhexaadka (ee xaruntaas) ka inta badan si isdaba joog ah u sii kacay. Waxuuna kor u kacay 2\u00b0, kaas oo uu ka dhaqaajiyay 29,7\u00b0 oo uu gaadhisiiyay 31,5\u00b0. Heerkulka ugu sareeya iyo kuwa ugu hooseeya, labaduba way isbedeleen iyaguna. Haseyeeshe, waa heerkulka ugu hooseeya waxa inta ugu badan isbedelay oo kor u kacay, taas oo baaxadda heerkulka (inta dhexeeya heerkulka ugu weyn iyo ka ugu yar) hoos u dhigmay. Heerkulka la dareemayo (marka lugu daro huurka) baa jooga xaqiiiqatan meel khatar ah, inta u dhaxaysa bilaha May ilaa Oktoobar. kor ukaca heerkulka oo ah mid joogto ah iyo kulaylada iyaguna joogtadaha maalintii oo dhan, waxay ka dhigayaan xaruuntaas mid aad ugu adag ku noolaashaha aadmiga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(Traduction faite par Dr Abdourachid Mohamed, linguiste \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Djibouti.)<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (Soo koobid (Somali))&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/aag-qalalan\/\">aag qalalan<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/heerkulka\/\">heerkulka<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/isbedlka-cimilada\/\">isbedlka cimilada<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/khatarta-caafimaad\/\">khatarta caafimaad<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/tixraaca-kuleylka\/\">tixraaca kuleylka<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>13 f\u00e9vrier 2019<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>11 septembre 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La communaut\u00e9 scientifique s\u2019accorde de plus en plus sur la question du r\u00e9chauffement de notre plan\u00e8te, ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 en 1896 par le Su\u00e9dois Svante Arrh\u00e9nius<a class=\"footnote\" title=\"On the Influence of Carbonic Acid in the Air upon the Temperature of the Ground, Philosophical Magazine, 41, 237-276.\" id=\"return-footnote-123-1\" href=\"#footnote-123-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> : \u00ab On a effectivement observ\u00e9 une augmentation de la temp\u00e9rature moyenne du globe estim\u00e9e \u00e0 0,8\u00b0C (\u00e0 plus ou moins 0,2\u00b0C pr\u00e8s), depuis un peu plus d\u2019un si\u00e8cle \u00bb (Petit, 2016, p. 5). Dans le cinqui\u00e8me rapport du <em>Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat<\/em> (<em>GIEC<\/em>), le r\u00e9chauffement du climat est \u00ab sans \u00e9quivoque \u00bb. Le d\u00e9fi de limiter \u00e0 2 \u00b0C cette hausse de la temp\u00e9rature du globe est de plus en plus hors de port\u00e9e. Pourtant, ce r\u00e9chauffement du climat est responsable de plusieurs anomalies thermiques qui ont des cons\u00e9quences catastrophiques sur les populations. L\u2019\u00e9l\u00e9vation des temp\u00e9ratures est la plus \u00e9vidente; le centre national de donn\u00e9es climatologique de la <em>National Oceanic and Atmospheric Administration<\/em> (<em>NOAA<\/em>) indique que les 5 ann\u00e9es les plus chaudes depuis 1880 se concentrent \u00e0 partir de 2012. Ce r\u00e9chauffement s\u2019accompagne d\u2019\u00e9v\u00e9nements extr\u00eames de plus en plus fr\u00e9quents (vagues de chaleur, dilation des oc\u00e9ans et risques c\u00f4tiers, fonte des glaciers, cyclones plus puissants, s\u00e9cheresses catastrophiques).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 de tr\u00e8s faibles \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, l\u2019Afrique est consid\u00e9r\u00e9e comme la principale victime du r\u00e9chauffement climatique (GIEC, 2018). Pour la grande r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Est (du Soudan \u00e0 la Tanzanie), la synth\u00e8se qui a \u00e9t\u00e9 faite sur les tendances climatiques montre une d\u00e9croissance des pr\u00e9cipitations corr\u00e9lative \u00e0 une augmentation des temp\u00e9ratures (Philip Aming\u2019o Omondi <em>et<\/em> <em>al.<\/em>, 2014). \u00a0La station de Djibouti, selon la classification de Kopping, est dans la zone aride bien qu\u2019elle se trouve seulement \u00e0 mi-distance de l\u2019\u00e9quateur et du tropique du cancer (11,4\u00b0 N). En pleine zone tropicale, cette ville devrait particuli\u00e8rement \u00eatre expos\u00e9e au probl\u00e8me de l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures. Les tendances \u00e0 la rar\u00e9faction des pr\u00e9cipitations, surtout depuis les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es (Ozer et Mahmoud, 2013). D\u2019un point de vue thermique, la dangerosit\u00e9 des temp\u00e9ratures a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e (Nour Ayeh et Ali Sougueh 2015, p. 2017). Pourtant, une approche globale sur la temp\u00e9rature qui approfondit la question \u00e0 la lumi\u00e8re du r\u00e9chauffement climatique n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e. Cette connaissance est fondamentale en termes de sant\u00e9 publique. En effet, \u00ab la mortalit\u00e9 est l\u2019un des impacts soci\u00e9taux directs de la chaleur \u00bb (OMM, 2015, p. 4). Cet article se propose donc d\u2019\u00e9valuer l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures et leur \u00e9ventuelle augmentation sur au moins une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, tout en esquissant les probl\u00e8mes qu\u2019elle pose \u00e0 la population.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour une premi\u00e8re approche des questions thermiques, nous disposons des temp\u00e9ratures enregistr\u00e9es \u00e0 la station de Djibouti a\u00e9rodrome de 1960 \u00e0 2015 (sur 54 ans pr\u00e9cis\u00e9ment) par l\u2019agence m\u00e9t\u00e9orologique de Djibouti. Ces temp\u00e9ratures concernent les maximales, les minimales et les moyennes. En th\u00e9orie, nous disposons un peu plus de 62\u00a0000 valeurs de temp\u00e9rature. En outre, nous y associerons les relev\u00e9s d\u2019humidit\u00e9 relatifs aux dix derni\u00e8res ann\u00e9es (2006-2015) pour mieux estimer les vagues de chaleur et le risque qu\u2019elles peuvent repr\u00e9senter pour les populations. L\u2019\u00e9tendue de la p\u00e9riode d\u2019\u00e9tude devrait permettre de d\u00e9gager, si possible, des tendances. La premi\u00e8re partie consistera \u00e0 d\u00e9gager les caract\u00e9ristiques thermiques de la station qui seront appr\u00e9ci\u00e9es dans un contexte r\u00e9gional. La seconde partie s\u2019articulera sur l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures moyennes annuelles, maximales et minimales.<\/p>\n<h2>Djibouti, une ville d\u00e9j\u00e0 caniculaire<\/h2>\n<h3>R\u00e9partition des temp\u00e9ratures dans la corne de l\u2019Afrique<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau de la plan\u00e8te, les temp\u00e9ratures se r\u00e9partissent d\u2019une mani\u00e8re zonale avec une d\u00e9croissance de l\u2019\u00e9quateur aux p\u00f4les. Cette r\u00e9partition s\u2019explique par le fait que les basses latitudes re\u00e7oivent plus d\u2019\u00e9nergie solaire par rapport aux r\u00e9gions de moyenne latitude et, encore plus, par rapport aux r\u00e9gions polaires. Dans quelques r\u00e9gions du globe, cette r\u00e8gle (organisation latitudinale des temp\u00e9ratures) n\u2019est pas respect\u00e9e, on parle alors d\u2019anomalie climatique ou d\u2019azonalit\u00e9 du climat.<\/p>\n<figure id=\"attachment_124\" aria-describedby=\"caption-attachment-124\" style=\"width: 836px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-124\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est.jpg\" alt=\"\" width=\"836\" height=\"445\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est.jpg 836w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est-300x160.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est-768x409.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est-65x35.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est-225x120.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Distribution-de-la-temp\u00e9rature-en-Afrique-de-l\u2019Est-350x186.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 836px) 100vw, 836px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-124\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 1. <\/strong>Distribution de la temp\u00e9rature en Afrique de l\u2019Est.<br \/>Source : Donn\u00e9es climat-data, cartographie Nour Ayeh, sur Qgis, interpolation IDW<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La grande r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Est est bien connue dans ces exceptions. En effet, elle pr\u00e9sente une distribution des temp\u00e9ratures longitudinales (figure 1). L\u2019ensemble de la c\u00f4te conna\u00eet des temp\u00e9ratures moyennes annuelles sup\u00e9rieures \u00e0 29\u00b0C avec des \u00e9t\u00e9s particuli\u00e8rement caniculaires. Ce sont surtout les rivages de la mer Rouge (o\u00f9 se situe Djibouti) et du golfe d\u2019Aden o\u00f9 les temp\u00e9ratures sont les plus \u00e9lev\u00e9es. La temp\u00e9rature moyenne la plus \u00e9lev\u00e9e (30,3\u00b0C \u00e0 Assab en \u00c9rythr\u00e9e) est donc relev\u00e9e sur ces rivages de la mer Rouge. Le r\u00e9gime des temp\u00e9ratures pr\u00e9sente une distribution classique avec des \u00e9t\u00e9s tr\u00e8s chauds (36,65\u00b0C en juillet \u00e0 Berbera) et des hivers relativement cl\u00e9ments (25\u00b0C de moyenne en janvier \u00e0 Berbera).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En revanche, les zones centrales sont particuli\u00e8rement temp\u00e9r\u00e9es, au sens climatologique du terme. Addis-Abeba a une temp\u00e9rature moyenne annuelle de 16,3\u00b0C, Dessi\u00e9 \u2013 un peu plus au nord \u2013 enregistre une moyenne 15,2\u00b0C et 16,8\u00b0C pour Eldoret au Kenya. Dans les deux premi\u00e8res villes, la temp\u00e9rature du mois le plus chaud ne d\u00e9passe pas 18\u00b0C, limite \u00ab propos\u00e9e par W. K\u00f6ppen au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019isotherme 18\u00b0C pour le mois le plus frais est la plus commun\u00e9ment admise pour d\u00e9limiter la zone chaude \u00bb (Planchon, 2003, p. 3). Par cette seule caract\u00e9ristique, cette zone d\u2019Afrique de l\u2019Est \u00e9chappe donc au domaine tropical (o\u00f9 aucun mois n\u2019enregistre une valeur inf\u00e9rieure \u00e0 18\u00b0C). D\u2019ailleurs, dans la classification de K\u00f6ppen, ces r\u00e9gions de hautes terres \u00e9thiopiennes et k\u00e9nyanes sont class\u00e9es comme temp\u00e9r\u00e9es (Cw). Pourtant, elles pr\u00e9sentent un r\u00e9gime thermique de type tropical. En effet, les temp\u00e9ratures maximales se concentrent avant le solstice d\u2019\u00e9t\u00e9, comme les stations tropicales classiques (\u00e0 Addis-Abeba, le mois le plus chaud est mars comme \u00e0 Eldoret).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u00e0 o\u00f9 les temp\u00e9ratures sont les plus faibles, dans les r\u00e9gions centrales pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019amplitude thermique annuelle est aussi tr\u00e8s faible (4,3\u00b0C \u00e0 Dessi\u00e9, 3\u00b0C \u00e0 Addis). Elle se rapproche de celle observ\u00e9e dans une station \u00e9quatoriale (Kisumu, 1,9\u00b0C) et reste largement en de\u00e7\u00e0 de l\u2019amplitude diurne. Ce comportement est conforme au principe de Troll selon lequel l\u2019amplitude diurne \u00ab d\u00e9pass[er]ait l\u2019amplitude annuelle, approximativement, pour tout l\u2019espace compris entre les Tropiques \u00bb (P\u00e9guy, 1961, p. 1). Les r\u00e9gions centrales ont donc encore une caract\u00e9ristique tropicale.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Par contre, les r\u00e9gions tr\u00e8s chaudes pr\u00e9sentent les amplitudes thermiques annuelles les plus fortes (11,7\u00b0C \u00e0 Berbera et 10,2\u00b0C \u00e0 Massawa) au point d\u2019\u00e9quivaloir aux amplitudes diurnes. Si l\u2019on se penche sur les diff\u00e9rences entre temp\u00e9ratures maximales et minimales, nous avons une autre information int\u00e9ressante. L\u2019\u00e9cart entre les deux (max. et min.) est bien plus important dans les zones temp\u00e9r\u00e9es centrales que dans les zones chaudes de la mer Rouge et de l\u2019oc\u00e9an Indien. Les deux derni\u00e8res zones n\u2019ont pas pourtant le m\u00eame profil. Les stations de la c\u00f4te somalienne ont plus un comportement de type \u00e9quatorial, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles sont marqu\u00e9es par de fortes chaleurs (sans exc\u00e8s pour autant) sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e. Par contre, les stations de la mer Rouge (Assab, Berbera, Djibouti) pr\u00e9sentent des \u00e9t\u00e9s particuli\u00e8rement caniculaires (avec des moyennes d\u00e9passant les 34\u00b0C). La faiblesse des diff\u00e9rences entre les maximales et les minimales en mer Rouge laisse supposer un fort effet de serre de la vapeur d\u2019eau issu de la forte \u00e9vaporation; d\u2019autant plus que la mer Rouge reste une des mers les plus chaudes du globe, surtout dans sa partie sud. \u00c9voquant la mer Rouge et le Golfe persique, Sanlaville note que \u00ab leur pr\u00e9sence ne contribue qu\u2019\u00e0 augmenter l\u2019humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique [\u2026] qui rend alors la chaleur particuli\u00e8rement p\u00e9nible \u00bb (Salanville, 1988, p. 13)<em>.<\/em>\u00a0Il y a une sorte d\u2019ambiance de sauna qui se cr\u00e9e sur ces rivages, particuli\u00e8rement en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette organisation longitudinale des temp\u00e9ratures d\u00e9coule totalement de l\u2019organisation du relief mis en place par le Grand Rift est-africain qui a faill\u00e9 l\u2019Afrique de la mer Rouge au Mozambique il y a 30 millions d\u2019ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Dans cette Afrique des rifts, \u00e0 structuration m\u00e9ridienne plus que latitudinale, les terres d\u2019altitude sont g\u00e9n\u00e9ralement qualifi\u00e9es de hautes terres quand il s\u2019agit de plateaux \u00e9lev\u00e9s\u00a0\u00bb (Bart, 2006, p.\u00a0235) et parsem\u00e9s de pics volcaniques tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s eux aussi (Mt Dachan \u00e0 4\u00a0620\u00a0m, Mt Bal\u00e9 \u00e0 4\u00a0307\u00a0m, Mt Kenya \u00e0 5\u00a0200\u00a0m. Les zones fra\u00eeches, pour ne pas dire froides, se calent dans les hautes terres d\u2019\u00c9thiopie et du Kenya. Les zones caniculaires, quant \u00e0 elles, se trouvent en contrebas de ces hautes terres, dans une situation d\u2019abri, par rapport aux masses d\u2019air humides.<\/p>\n<h3>Djibouti : des temp\u00e9ratures non conformes \u00e0 sa latitude<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au niveau thermique, la ville de Djibouti enregistre des valeurs les plus \u00e9lev\u00e9es. Avec 30,2\u00b0C de moyenne annuelle, c\u2019est la capitale la plus chaude d\u2019Afrique et au niveau r\u00e9gional, elle est \u00e0 peine d\u00e9pass\u00e9e (0.01\u00b0C) par sa voisine Assab. L\u2019amplitude thermique annuelle est une des plus importantes de la r\u00e9gion (10,2\u00b0C) au point o\u00f9 elle d\u00e9passe les amplitudes diurnes. Le mois de juillet, le plus chaud (plus de 36\u00b0C) est caniculaire. Les hivers restent assez doux (25\u00b0C de moyenne en janvier). Sur une ann\u00e9e, seulement de 7,01\u00b0C s\u00e9pare la moyenne des maximales et la moyenne des minimales. Cela r\u00e9sulte de la temp\u00e9rature minimale encore plus \u00e9lev\u00e9e relativement aux temp\u00e9ratures maximales des autres villes. L\u2019effet de serre, d\u00fb \u00e0 la vapeur d\u2019eau, joue donc un r\u00f4le primordial \u00e0 Djibouti.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 la latitude de Djibouti (11,5\u00b0N), le climat dominant devait \u00eatre le climat de type tropical \u00e0 deux saisons (une saison des pluies et une saison s\u00e8che). Lorsqu\u2019on \u00e9tudie l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures mensuelles, compar\u00e9e \u00e0 une station tropicale \u00e0 double saison (figure 2), nous remarquons que les mois les plus chauds se retrouvent en \u00e9t\u00e9 (de juin \u00e0 septembre). La ville tropicale conna\u00eet des maxima de temp\u00e9rature juste avant le solstice d\u2019\u00e9t\u00e9. \u00c0 la m\u00eame latitude en Afrique de l\u2019Ouest, l\u2019arriv\u00e9e du solstice d\u2019\u00e9t\u00e9 co\u00efncide avec l\u2019hivernage. La n\u00e9bulosit\u00e9 r\u00e9duit donc la radiation solaire et abaisse les temp\u00e9ratures.<\/p>\n<figure id=\"attachment_125\" aria-describedby=\"caption-attachment-125\" style=\"width: 791px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-125\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"374\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako.jpg 791w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako-300x142.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako-768x363.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako-65x31.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako-225x106.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Temp\u00e9ratures-moyennes-\u00e0-Djibouti-et-\u00e0-Bamako-350x165.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 791px) 100vw, 791px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-125\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 2. <\/strong>Temp\u00e9ratures moyennes \u00e0 Djibouti et \u00e0 Bamako.<br \/>Donn\u00e9es : climat-data<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour Djibouti, si les masses d\u2019air viennent bien du sud-ouest (sorte de mousson d\u2019Afrique de l\u2019Est), elles sont frein\u00e9es par la masse des hautes terres \u00e9thiopiennes. Sur ces terres, un fort effet orographique favorise une forte n\u00e9bulosit\u00e9 et des pr\u00e9cipitations abondantes qui abaissent les temp\u00e9ratures (figure 3). Une fois cette barri\u00e8re franchie, ces masses d\u2019air ont deux caract\u00e9ristiques d\u00e9favorables \u00e0 Djibouti : elles sont s\u00e8ches et subsidentes. Dans cette configuration g\u00e9ographique, les masses d\u2019air descendant des montagnes se r\u00e9chauffent \u00ab davantage dans leur descente qu\u2019elles ne se sont refroidies dans la mont\u00e9e, car le gradient adiabatique, obligatoirement sec dans cette descente est plus grand que le gradient en partie humide (et plus faible) de la mont\u00e9e \u00bb (Jouxtel, 2009, p. 89). Autrement dit, les masses d\u2019air connaissent un r\u00e9chauffement intense lors de leur descente dans la d\u00e9pression de l\u2019Afar o\u00f9 se situe Djibouti. Cette derni\u00e8re conna\u00eet donc une augmentation de la radiation solaire (solstice d\u2019\u00e9t\u00e9 oblige) et des vents secs subsidents qui emp\u00eachent la formation de nuage. Ce double ph\u00e9nom\u00e8ne est responsable des canicules estivales.<\/p>\n<figure id=\"attachment_126\" aria-describedby=\"caption-attachment-126\" style=\"width: 1363px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-126\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018.png\" alt=\"\" width=\"1363\" height=\"811\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018.png 1363w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-300x179.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-768x457.png 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-1024x609.png 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-65x39.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-225x134.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-climatique-en-\u00e9t\u00e9-dans-la-zone-o\u00f9-se-situe-Djibouti-7-juillet-2018-350x208.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1363px) 100vw, 1363px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-126\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 3. <\/strong>Situation climatique en \u00e9t\u00e9 dans la zone o\u00f9 se situe Djibouti (7 juillet 2018).<br \/>Croquis : Nour Ayeh, donn\u00e9es Windy<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Des risques sanitaires \u00e9vidents<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nous nous sommes bas\u00e9 sur deux indices pour \u00e9valuer le risque que pr\u00e9sente la chaleur pour les populations : l\u2019indice d\u2019inconfort et l\u2019indice de chaleur. Les deux indices sont assez pratiques parce qu\u2019ils ne combinent que deux param\u00e8tres climatiques (les temp\u00e9ratures et l\u2019humidit\u00e9 relative). Ils partent du constat que l\u2019humidit\u00e9 joue un r\u00f4le dans l\u2019impact des temp\u00e9ratures sur les corps, car \u00ab l\u2019effet de la temp\u00e9rature sur la mortalit\u00e9 est modifi\u00e9 par l\u2019humidit\u00e9 qui a tendance \u00e0 l\u2019amplifier \u00bb (Slama, 2018). Par exemple, une forte humidit\u00e9 rend plus dangereuses les fortes chaleurs parce qu\u2019elle contrecarre le processus r\u00e9gulateur de la sudation. Pour le calcul, nous avons utilis\u00e9 les m\u00eames donn\u00e9es d\u2019humidit\u00e9 et de temp\u00e9rature de tous les jours entre 2006 et 2015<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Inconfort des temp\u00e9ratures<\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice d\u2019inconfort de Thom ou indice thermo-hygrom\u00e9trique (THI) combine les deux param\u00e8tres avec la formule suivante (\u00e9quation 1). Toute la population ressent un inconfort lorsque l\u2019indice d\u00e9passe 29. \u00ab Par convention, le seuil critique (medical emergency level) est fix\u00e9 \u00e0 32\u00b0C pour DI \u00bb (Besancenot, 2002, p. 226). Autrement dit, un indice d\u00e9passant les 32 met en danger m\u00e9dical les populations. Pour notre station, pour les dix ann\u00e9es (2006-2015) dont nous avons les donn\u00e9es de temp\u00e9rature et d\u2019humidit\u00e9, pour chaque ann\u00e9e, plus de la moiti\u00e9 des jours pr\u00e9sente un indice sup\u00e9rieur 29. Et un tiers des jours d\u00e9passe le seuil de 32. Ces jours se concentrent durant les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 (mai, juin, juillet, ao\u00fbt, et septembre). Plus pr\u00e9occupant, c\u2019est l\u2019augmentation de la fr\u00e9quence des jours o\u00f9 l\u2019indice ne passe pas sous les 29 durant toute la journ\u00e9e (figure 4). L\u2019on sait que la mortalit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e dans deux conditions : d\u2019abord en zone urbaine (\u00e0 cause de l\u2019\u00eelot de chaleur que repr\u00e9sentent ces entit\u00e9s g\u00e9ographiques) et durant la nuit en cas de maintien de la chaleur qui emp\u00eache les personnes de r\u00e9cup\u00e9rer. En consid\u00e9rant ces deux conditions \u00e0 Djibouti, nous pouvons en d\u00e9duire que la situation climatique y est indubitablement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Les trois plus importants indices ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en 2012, 2013 et 2015 et montrent une forme d\u2019aggravation de la chaleur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>\u00c9quation 1. Indice thermo-hygrom\u00e9trique<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-822 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha.jpg\" alt=\"\" width=\"528\" height=\"107\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha.jpg 528w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha-300x61.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha-65x13.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha-225x46.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Equation-1_Moustapha-350x71.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 528px) 100vw, 528px\" \/><\/p>\n<figure id=\"attachment_127\" aria-describedby=\"caption-attachment-127\" style=\"width: 816px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-127\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube.jpg\" alt=\"\" width=\"816\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube.jpg 816w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube-300x163.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube-768x417.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube-65x35.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube-225x122.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Nombre-de-jours-avec-un-THI-sup\u00e9rieur-\u00e0-29-\u00e0-l\u2019aube-350x190.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-127\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 4. <\/strong>Nombre de jours avec un THI sup\u00e9rieur \u00e0 29 \u00e0 l\u2019aube.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Des indices de chaleur \u00e9lev\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour estimer la temp\u00e9rature ressentie, nous avons utilis\u00e9 l\u2019indice de chaleur en nous basant sur le mod\u00e8le de Steadman (\u00e9quation 2). \u00ab L\u2019indice de chaleur est couramment utilis\u00e9 aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique et il est tout particuli\u00e8rement pertinent quand la temp\u00e9rature est sup\u00e9rieure \u00e0 26\u00b0C (80\u00b0F) et que l\u2019humidit\u00e9 relative atteint au moins 40% \u00bb (OMM, 2015, p. 18). D\u2019apr\u00e8s ce mod\u00e8le, les \u00eatres humains sont en situation de danger lorsque l\u2019indice (qui se veut comme une approximation valable de la temp\u00e9rature que ressent le corps) atteint 40. Et lorsque l\u2019indice d\u00e9passe les 50, les individus se trouvent en situation de danger absolu. Nous sommes \u00e0 la recherche de deux informations : la r\u00e9currence de vague de chaleur (le calcul de l\u2019indice de chaleur est \u00e0 15h), la persistance de cette chaleur dure toute la journ\u00e9e (et donc l\u2019indice de chaleur est \u00e0 6h).<\/p>\n<table class=\"lines aligncenter\" style=\"height: 244px;width: 435px; width: 435px;\">\n<caption>\u00c9quation 2. Indice de chaleur (HI)<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 420.033px\" colspan=\"3\">Hi = c1 c2<em>T<\/em> c3<em>R<\/em> c4<em>TR <\/em> c5<em>T<\/em>\u00b2 c6<em>R<\/em>\u00b2 c7<em>T<\/em>\u00b2<em>R<\/em> c8<em>TR<\/em>\u00b2 c9<em>T<\/em>\u00b2<em>R<\/em>\u00b2<\/p>\n<p>o\u00f9 T = la temp\u00e9rature en Fahrenheit<\/p>\n<p>R = l\u2019humidit\u00e9 relative<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 77.3667px\">c1<\/td>\n<td style=\"width: 144.317px\">-42.379<\/td>\n<td style=\"width: 170.417px\">c5 = -6.83783. 10-3<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 77.3667px\">c2<\/td>\n<td style=\"width: 144.317px\">2.04901523<\/td>\n<td style=\"width: 170.417px\">c6 = -5.481717.10-2<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 77.3667px\">c3<\/td>\n<td style=\"width: 144.317px\">10.14333127<\/td>\n<td style=\"width: 170.417px\">c7 = 1.22874.10-3<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 77.3667px\">c4<\/td>\n<td style=\"width: 144.317px\">-0.22475541<\/td>\n<td style=\"width: 170.417px\">c8 = -1.99.10-6<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice de chaleur d\u00e9passe les 40 sur plus de 50% des jours de l\u2019ann\u00e9e (le maximum est de 57% pour 2015). Par contre, cette chaleur dangereuse impacte in\u00e9galement les mois de l\u2019ann\u00e9e. Si d\u00e9cembre et janvier sont largement \u00e9pargn\u00e9s (moins de 1% de leurs jours sont affect\u00e9s par cette chaleur), les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 restent particuli\u00e8rement p\u00e9nibles. Plus de 92% des jours de mai \u00e0 septembre (inclus) ont un indice de chaleur sup\u00e9rieur \u00e0 40. Autrement dit, la quasi-totalit\u00e9 des jours sur cinq mois affiche des temp\u00e9ratures (ressenties) humainement insupportables. Et durant ces m\u00eames mois, pour un tiers de ces jours, la valeur d\u2019extr\u00eame danger o\u00f9 toute activit\u00e9 doit cesser (HI &gt; 50) est d\u00e9pass\u00e9e (figure 5). Cette chaleur d\u00e9borde sur les mois d\u2019octobre et d\u2019avril, et m\u00eame novembre, o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 des jours sont thermiquement p\u00e9nibles.<\/p>\n<figure id=\"attachment_128\" aria-describedby=\"caption-attachment-128\" style=\"width: 733px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-128\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations.jpg\" alt=\"\" width=\"733\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations.jpg 733w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations-300x122.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations-65x26.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations-225x91.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/nombre-de-jours-thermiquement-dangereux-pour-les-populations-350x142.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-128\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 5. <\/strong>Nombre de jours thermiquement dangereux pour les populations (HI 40).<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ces valeurs de temp\u00e9rature (issues de l\u2019indice de chaleur) interrogent m\u00eame la notion de vague de chaleur \u00e0 Djibouti, notion qui ne semble plus pertinente ici. Les vagues de chaleur sont des \u00ab \u00e9pisodes de temps inhabituellement chaud et sec ou chaud et humide qui commencent et prennent fin de mani\u00e8re imperceptible [et] qui durent au moins deux \u00e0 trois jours \u00bb (OMM, 2015, p. xiii). Faute d\u2019\u00e9laboration d\u2019une d\u00e9finition nationale, nous ne pouvons que constater que la d\u00e9finition de l\u2019OMM<a class=\"footnote\" title=\"Organisation Mondiale de M\u00e9t\u00e9orologie.\" id=\"return-footnote-123-2\" href=\"#footnote-123-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> ne s\u2019applique pas \u00e0 Djibouti. La persistance sur des mois (et sans interruption aucune) de forte chaleur nous incite plus \u00e0 penser que nous avons \u00e0 faire \u00e0 une sorte de \u00ab sauna climatique \u00bb sur l\u2019ensemble de la ville durant au moins cinq mois de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Un autre \u00e9l\u00e9ment qui confirme la dangerosit\u00e9 des temp\u00e9ratures de la station de Djibouti est la persistance de la chaleur durant toute la journ\u00e9e. En cela, les calculs de l\u2019indice de chaleur \u00e0 6h du matin sont formels. En 2006, nous n\u2019avions que 6 jours avec un HI sup\u00e9rieur \u00e0 40. Ce chiffre a r\u00e9guli\u00e8rement augment\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 27 en 2012 avant de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 5 en 2015 (ann\u00e9e qui enregistre pourtant le troisi\u00e8me HI le plus important de la d\u00e9cennie). Ces valeurs indiquent que, durant toute la journ\u00e9e, les corps sont dans l\u2019incapacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer (hors climatisation).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019indice de chaleur va dans le m\u00eame sens que l\u2019indice d\u2019inconfort (THI). L\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures, dans le cadre du processus de r\u00e9chauffement, est donc potentiellement porteuse de catastrophes encore plus dramatiques. Mais \u00e0 quel degr\u00e9 ces temp\u00e9ratures ont-elles augment\u00e9\u00a0depuis les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies?<\/p>\n<h2>Djibouti, une ville de plus en plus caniculaire<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il existe deux fa\u00e7ons de rendre compte de l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures. La premi\u00e8re est de suivre l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures de 1961 \u00e0 2015 et calculer accessoirement l\u2019augmentation (en %) de ces temp\u00e9ratures. La seconde est de consid\u00e9rer les anomalies thermiques, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9cart \u00e0 la moyenne de la p\u00e9riode, des temp\u00e9ratures moyennes annuelles.<\/p>\n<h3>Augmentation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des temp\u00e9ratures<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures sur plus de 50 ans montre une augmentation r\u00e9guli\u00e8re des trois types de temp\u00e9ratures retenues (T\u00b0max, T\u00b0min et T\u00b0x). Les trois tendances sont quasiment identiques. En \u00e9tudiant les droites de r\u00e9gression lin\u00e9aire, les pentes affichent toutes 0,027, soit 2,7\u00b0C d\u2019augmentation en 100 ans. Entre le d\u00e9but de la p\u00e9riode et la fin de cette m\u00eame p\u00e9riode, la temp\u00e9rature moyenne annuelle a pris 1,46\u00b0C (28,68 dans la d\u00e9cennie 60 contre 30,14 durant la derni\u00e8re p\u00e9riode). Par p\u00e9riode pourtant, cette augmentation est loin d\u2019\u00eatre r\u00e9guli\u00e8re pour les trois types de temp\u00e9rature. L\u2019\u00e9tude approfondie (tous les cinq ans) montre une l\u00e9g\u00e8re acc\u00e9l\u00e9ration des temp\u00e9ratures minimales (tableau 1). Les variations thermiques (rendues en % par glissement quinquennal) montrent une l\u00e9g\u00e8re acc\u00e9l\u00e9ration des temp\u00e9ratures minimales ( 0.53% tous les 5 ans) par rapport aux temp\u00e9ratures maximales (0.48%). C\u2019est surtout depuis les ann\u00e9es 90 que ces temp\u00e9ratures minimales ont eu tendance \u00e0 s\u2019accro\u00eetre plus vite que les autres.<\/p>\n<table class=\"lines aligncenter\">\n<caption>Tableau 1. \u00c9volution des temp\u00e9ratures \u00e0 la station de Djibouti 1961-2015 (source : donn\u00e9es agence m\u00e9t\u00e9o de Djibouti)<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p class=\"indent\">\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">T\u00b0 moyenne<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">T\u00b0C max<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">T\u00b0C min<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p class=\"indent\">61-65<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">29,68<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">33,5<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">25,9<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr class=\"border\">\n<td>\n<p class=\"indent\">2011-2015<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">31,14<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">35<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">27,3<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p class=\"indent\">% d\u2019augmentation quinquennale<\/p>\n<p class=\"indent\">1961-2015<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">0,48%<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">0,44%<\/p>\n<\/td>\n<td>\n<p class=\"indent\">0,53%<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En utilisant les \u00e9quations issues de ce mod\u00e8le, nous pouvons d\u00e9gager la tendance sur les 50 prochaines ann\u00e9es, \u00e0 condition que le r\u00e9chauffement ne s\u2019acc\u00e9l\u00e8re pas dans cette r\u00e9gion. Dans ces conditions, vers 2065, nous risquons d\u2019avoir, \u00e0 la station de Djibouti, une temp\u00e9rature moyenne annuelle de l\u2019ordre de 34\u00b0C, ce qui correspond globalement \u00e0 la moyenne des maximales actuelles. La temp\u00e9rature moyenne maximale montera \u00e0 36,6\u00b0C. Quant \u00e0 la temp\u00e9rature minimale, elle devrait se situer \u00e0 32\u00b0C, soit une temp\u00e9rature sup\u00e9rieure de 1,8\u00b0C par rapport \u00e0 la temp\u00e9rature moyenne actuelle.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette tendance des temp\u00e9ratures permettra une double extension (du point de vue temporel) des vagues de chaleur. Dans la journ\u00e9e, les nuits risquent d\u2019\u00eatre plus chaudes et emp\u00eacher une bonne dissipation de la chaleur. Et dans l\u2019ann\u00e9e, les nuits du mois d\u2019\u00e9t\u00e9 risquent donc de s\u2019\u00e9tendre aux mois consid\u00e9r\u00e9s pour l\u2019instant comme relativement frais. Cette double extension de la chaleur pourrait transformer les risques sanitaires en catastrophes sanitaires.<\/p>\n<figure id=\"attachment_129\" aria-describedby=\"caption-attachment-129\" style=\"width: 748px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-129\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"748\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015.jpg 748w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015-300x178.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015-65x38.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015-225x133.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9volution-des-temp\u00e9ratures-1961-2015-350x207.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-129\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 6. <\/strong>\u00c9volution des temp\u00e9ratures 1961-2015. Source : Donn\u00e9es fournies par l\u2019agence m\u00e9t\u00e9o de Djibouti<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Anomalies thermiques<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour mieux faire sortir les tendances thermiques, le calcul des anomalies des temp\u00e9ratures a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile. Ces anomalies sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode donnent deux indications (figure 7) en ce qui concerne les p\u00e9riodes. Avant les ann\u00e9es 90, les temp\u00e9ratures moyennes \u00e9taient plus fra\u00eeches que la normale de la p\u00e9riode. Avant 1975 m\u00eame, aucun mois n\u2019est chaud et sept des huit ann\u00e9es les plus fra\u00eeches se concentrent de 1961 \u00e0 1974). Apr\u00e8s les ann\u00e9es 90, c\u2019est exactement le contraire qui se produit, la station enregistre rapidement des temp\u00e9ratures moyennes annuelles \u00e9lev\u00e9es par rapport \u00e0 la normale. Les cinq ann\u00e9es les plus chaudes du pays se retrouvent apr\u00e8s l\u2019an 2006 (l\u2019ann\u00e9e 2013 est la plus chaude jamais enregistr\u00e9e sur un demi-si\u00e8cle ( 2,4\u00b0C par rapport \u00e0 la moyenne de la p\u00e9riode).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Seconde indication, les profils des deux p\u00e9riodes sont si oppos\u00e9s que nous pouvons avancer que, du point de vue de la temp\u00e9rature, Djibouti a chang\u00e9 de climat. Et le basculement s\u2019est fait rapidement au d\u00e9but des ann\u00e9es 90. Les anomalies sont tr\u00e8s importantes entre les deux p\u00e9riodes au point de consid\u00e9rer que l\u2019on a \u00e0 faire \u00e0 deux climats diff\u00e9rents.<\/p>\n<figure id=\"attachment_130\" aria-describedby=\"caption-attachment-130\" style=\"width: 889px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-130\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"889\" height=\"404\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015.jpg 889w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015-300x136.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015-768x349.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015-65x30.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015-225x102.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Anomalies-thermiques-1961-2015-350x159.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 889px) 100vw, 889px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-130\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 7. <\/strong>Anomalies thermiques 1961-2015.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Z\u00e9ro = symbole de la temp\u00e9rature moyenne de la p\u00e9riode 1961-2015<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les valeurs de temp\u00e9rature que nous disposons indiquent d\u00e9j\u00e0 que la station de Djibouti reste une des plus chaudes de l\u2019Afrique (avec plus de 30\u00b0C de moyenne annuelle). Cette ville caniculaire est aussi impact\u00e9e par le r\u00e9chauffement global. Les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es, qui posent d\u00e8s maintenant un risque sanitaire aux populations, se sont renforc\u00e9es depuis les 50 derni\u00e8res ann\u00e9es (d\u2019au moins 1,48\u00b0C pour la temp\u00e9rature moyenne). Et si cette tendance se poursuit, toutes les temp\u00e9ratures (moyennes, maximales et minimales) devront s\u2019accro\u00eetre de plus de 2\u00b0C pour la temp\u00e9rature moyenne dans un horizon de 50 ans. Le r\u00e9chauffement climatique est donc une r\u00e9alit\u00e9 dans cette ville, si les \u00e9tudes \u2013 comme celles du GIEC, la derni\u00e8re en date pr\u00e9cis\u00e9ment \u2013 pointent les cons\u00e9quences sur la productivit\u00e9 ou la multiplication de ph\u00e9nom\u00e8ne extr\u00eame, \u00e0 Djibouti la situation pourrait devenir invivable. Pour l\u2019instant, avec les temp\u00e9ratures ressenties que nous avons calcul\u00e9es avec le mod\u00e8le de Steenman, seuls les mois d\u2019\u00e9t\u00e9 ont des temp\u00e9ratures mettant en danger la vie des \u00eatres humains. Les premi\u00e8res indications montrent que les autres mois ne seront pas \u00e9pargn\u00e9s et pour cela, les Djiboutien-ne-s devraient suivre les tendances en mati\u00e8re de temp\u00e9rature.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, nous avons not\u00e9 que l\u2019extension des valeurs dangereuses en matin\u00e9e pourrait aussi se g\u00e9n\u00e9raliser. Il nous manque \u00e0 affiner notre analyse en observant de pr\u00e8s les mois impact\u00e9s par ce r\u00e9chauffement et \u00e9tendre l\u2019analyse de la p\u00e9nibilit\u00e9 des temp\u00e9ratures sur au moins 50 ans. Une chose est s\u00fbre, ces vagues de chaleur posent un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique, d\u2019autant plus qu\u2019elles se produisent dans une zone urbaine avec une \u00e9conomie centr\u00e9e sur les transports. Les chaleurs sont d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. La canicule de 2003 en Europe a caus\u00e9, durant la premi\u00e8re quinze d\u2019ao\u00fbt de cette ann\u00e9e, une \u00ab augmentation des d\u00e9c\u00e8s par rapport \u00e0 la moyenne [qui] a atteint 60% en France entre le 1<sup>er<\/sup> et le 20 ao\u00fbt selon l\u2019INSERM, soit 14 802 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires \u00bb (Bessemoulin <em>et<\/em> <em>al<\/em>. 2004, p. 31). Certes le contexte est diff\u00e9rent \u00e0 Djibouti, mais les niveaux de temp\u00e9rature dans cette ville, ainsi que leur durabilit\u00e9 dans le temps, sont bien plus importants qu\u2019en Europe. Et il serait difficile que cette chaleur laisse indemnes les populations djiboutiennes. Paradoxalement, la mortalit\u00e9 induite par cette chaleur n\u2019est pas enregistr\u00e9e, ce qui ne permet pas une \u00e9valuation exacte de ses cons\u00e9quences sanitaires. Par cons\u00e9quent, aucune politique de sant\u00e9 publique n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en place \u00e0 ce propos : cela donne donc l\u2019impression que ce risque n\u2019existait pas. Les pr\u00e9occupations nationales en termes de risques naturels se focalisent sur les inondations (assez marginales) et la s\u00e9cheresse (qui a plus d\u2019effets n\u00e9gatifs sur les 80% de la population nationale vivant dans les villes), deux risques qui impactent beaucoup moins de population que les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\">Arrhenius, Svante. 1896. On the Influence of Carbonic Acid in the Air upon the Temperature of the Ground. <em>Philosophical Magazine and Journal of Science<\/em>, <em>5<\/em> (41),\u200e 237-276.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Aming\u2019o Omondi, Philip, Awange, Joseph L., Forootan, Ehsan <em>et<\/em> <em>al.<\/em> 2014.\u00a0Changes in temperature and precipitation extremes over the Greater Horn of Africa region from 1961 to 2010. <em>International Journal Of Climatology<\/em>, Int. J. Climatol., <em>34<\/em>, 1262-1277.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Bart, Fran\u00e7ois. (2006). La montagne au c\u0153ur de l\u2019Afrique orientale. <em>Cahier d\u2019outre-mer,<\/em> <em>235<\/em>, 307-322.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Bessemoulin, Pierre, Bourdette, Nicole, Courtier, Philippe et Manach, Jacques. 2004.\u00a0La canicule d\u2019ao\u00fbt 2003 en France et en Europe. <em>La M\u00e9t\u00e9orologie<\/em>, <em>46<\/em>, 25-33.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Besancenot, Jean-Pierre. 2002. Vagues de chaleur et mortalit\u00e9 dans les grandes agglom\u00e9rations urbaines. <em>Environnement, risque et sant\u00e9<\/em>, <em>4<\/em> (1), 229-240.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">King, Geoffrey. 2009.\u00a0S\u00e9\u00efsmes et volcans dans le rift. Dans Hirsch Bertrand (dir.), <em>Le Rift est-africain, une singularit\u00e9 plurielle<\/em>. Paris : IRD \u00c9ditions, 53-61. Bernard Roussel.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">K\u00f6ppen, Wladimir. 1936. Das Geographische System der Klimate. <em>Handbuch der Klimatologie<\/em>, Berlin, Bd. 1, Teil C.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">McGregor, Glenn, Bessemoulin, Pierre, Ebi, Kris et Menne, Bettina. <em>Vagues de chaleur et sant\u00e9 : guide pour l\u2019\u00e9laboration de syst\u00e8mes d\u2019alerte; <\/em>OMS-OMM, WMO-No. 1142. Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">P\u00e9guy, Charles.-Peguy. 1961. Une tentative de d\u00e9limitation et de sch\u00e9matisation des climats intertropicaux. <em>Revue de g\u00e9ographie de Lyon<\/em>, <em>1<\/em>(36), 1-6.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Petit, Michel. 2016. Le changement climatique d\u00fb aux activit\u00e9s humaines. <em>Livret sur l\u2019environnement<\/em>. Acad\u00e9mie des sciences, 15 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Planchon, Olivier. 2003. Transition entre climats tropicaux et temp\u00e9r\u00e9s en Am\u00e9rique du sud : essai de r\u00e9gionalisation climatique. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, <em>223<\/em>, 259-280.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">OMM. 2015.<em> Vagues de chaleur et sant\u00e9 : guide pour l\u2019\u00e9laboration de syst\u00e8mes d\u2019alerte<\/em>, <em>1142<\/em>, 128 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Ozer, Pierre et Mahmoud, Ayan. 2013. Recent Extreme Precipitation and Temperature Changes in Djibouti City (1966\u20132011). <em>Journal of Climatology<\/em>, <em>2013<\/em>, 8 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Nour Ayeh, Moustapha et Ali Sougueh, Liban. 2015.\u00a0L\u2019indice de chaleur pour \u00e9valuer la p\u00e9nibilit\u00e9 du climat des villes littorales des zones arides: le cas de Djibouti. Dans S. Dahech, S. Charfi, <em>Climat, ville et environnement<\/em>, 523-530.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.climato.be\/aic\/\">http:\/\/www.climato.be\/aic\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Slama, R\u00e9my. 2018. Comment les vagues de chaleur affectent notre sant\u00e9.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/theconversation.com.\">https:\/\/theconversation.com.<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Sanlaville, Paul. 1988. Des mers au milieu du d\u00e9sert : mer Rouge et Golfe arabo-persique<em>. L\u2019Arabie et ses mers bordi\u00e8res, itin\u00e9aires et voisinages, <\/em>S\u00e9minaire de recherche. Lyon : Maison de l\u2019Orient et de la M\u00e9diterran\u00e9e, 9-26.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Steadman, Robert. 1979. The Assessment of Sultriness. Part I : A Temperature-Humidity Index Based on Human Physiology and Clothing Science. <em>Journal<\/em><em> of Applied Meteorology,<\/em>\u00a0<em>7 <\/em>(18), 861-873.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/moustapha-nour-ayeh\">Moustapha NOUR AYEH<\/a><\/strong><br \/>L\u2019auteur est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en g\u00e9ographie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Djibouti (UD). En tant que directeur des \u00e9tudes en sciences humaines et sociales, il g\u00e8re le master \u00ab gestion des risques et des catastrophes \u00bb, co-habilit\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Senghor et l\u2019Universit\u00e9 de Djibouti. Il s\u2019int\u00e9resse aux questions urbaines et climatiques.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-123-1\"><em>On the Influence of Carbonic Acid in the Air upon the Temperature of the Ground<\/em>, Philosophical Magazine, 41, 237-276. <a href=\"#return-footnote-123-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-123-2\">Organisation Mondiale de M\u00e9t\u00e9orologie. <a href=\"#return-footnote-123-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":18,"menu_order":7,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["moustapha-nour-ayeh"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[101],"license":[],"class_list":["post-123","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-indice-de-chaleur","motscles-rechauffement-climatique","motscles-risque-sanitaire","motscles-temperature","motscles-zone-aride","keywords-arid-zone","keywords-global-warming","keywords-health-risk","keywords-heat-index","keywords-temperature","motscles-autre-aag-qalalan","motscles-autre-heerkulka","motscles-autre-isbedlka-cimilada","motscles-autre-khatarta-caafimaad","motscles-autre-tixraaca-kuleylka","contributor-moustapha-nour-ayeh"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/123","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":37,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/123\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":840,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/123\/revisions\/840"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/123\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=123"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=123"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=123"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=123"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}