{"id":136,"date":"2019-10-16T13:25:59","date_gmt":"2019-10-16T07:25:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=136"},"modified":"2024-12-31T15:11:11","modified_gmt":"2024-12-31T14:11:11","slug":"afdrapilusccpa-bm_et-_fondation-jules-et-paul-emile-leger","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/afdrapilusccpa-bm_et-_fondation-jules-et-paul-emile-leger\/","title":{"rendered":"Des communaut\u00e9s rurales s\u2019organisent pour contrer  les effets des changements climatiques au Burkina Faso"},"content":{"raw":"<p style=\"text-align: justify\">Class\u00e9 \u00e0 la 183<sup>e<\/sup> position sur 188 pays d\u2019apr\u00e8s l\u2019indice de d\u00e9veloppement humain (IDH) calcul\u00e9 par le Programme des nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD, 2018, p. 25), le Burkina Faso reste l\u2019un des pays les plus pauvres de la plan\u00e8te. Pr\u00e8s de 71% de sa population vit en milieu rural (Banque mondiale, n.d. a) et son \u00e9conomie est essentiellement bas\u00e9e sur le secteur agricole. Les activit\u00e9s agropastorales et foresti\u00e8res y occupent plus de 80% de la population active, mais repr\u00e9sentent seulement 28,7% de la \u00ab valeur ajout\u00e9e \u00bb du produit int\u00e9rieur brut (PIB), c\u2019est-\u00e0-dire de la valeur r\u00e9elle de la richesse produite dans le pays (Banque mondiale, n. d. a; Pedon, n. d.). Ces chiffres traduisent le manque de productivit\u00e9 du secteur, principalement structur\u00e9 autour d\u2019exploitations familiales \u00e0 petite \u00e9chelle destin\u00e9es en priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019autoconsommation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui encore, pr\u00e8s de 80% des familles rurales au Burkina Faso d\u00e9pendent presque exclusivement de leur exploitation agricole pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, et plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre elles vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9 (Banque mondiale, n. d. b). L\u2019agriculture pratiqu\u00e9e reste faiblement m\u00e9canis\u00e9e, essentiellement pluviale et largement domin\u00e9e par les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et le petit \u00e9levage, fortement tributaires de la pluie. Or, dans la majeure partie du pays, la pluviom\u00e9trie n\u2019atteint qu\u2019un niveau moyen variant entre 450 \u00e0 700 mm\/an. Dans ce contexte, les changements climatiques repr\u00e9sentent, dans le temps et dans l\u2019espace, un d\u00e9fi majeur pour l\u2019agriculture familiale, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la lutte contre l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 en r\u00e9gion sah\u00e9lienne.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9conomie rurale du pays \u00e9tant presque exclusivement bas\u00e9e sur l\u2019agriculture, la question des in\u00e9galit\u00e9s entre les hommes et les femmes constitue un enjeu majeur, d\u2019autant plus que les femmes sont les plus vuln\u00e9rables aux effets des changements climatiques. En effet, m\u00eame si les femmes fournissent de 60 \u00e0 80% de la main-d\u2019\u0153uvre agricole en Afrique subsaharienne (FAO, n. d.), elles n\u2019ont traditionnellement pas acc\u00e8s au capital foncier et aux principaux moyens de production qui leur permettraient de s\u2019adapter \u00e0 ces changements (formations, mat\u00e9riel, cr\u00e9dit et intrants agricoles, etc.)<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autre enjeu important pour l\u2019avenir du secteur agricole est celui de la rel\u00e8ve et de l\u2019emploi des jeunes ruraux. Alors que plus de la moiti\u00e9 de la population a moins de 20\u00a0ans, l\u2019agriculture n\u2019attire plus les jeunes qui la jugent trop archa\u00efque, trop peu rentable et incertaine, en raison des al\u00e9as climatiques qui peuvent r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant des mois d\u2019efforts et d\u2019investissements. Le m\u00e9tier des parents et des grands-parents n\u2019attire donc plus les jeunes qui, pour assurer leur avenir, pr\u00e9f\u00e8rent souvent l\u2019exode ou des secteurs moins tributaires du climat tels que les sites miniers informels, le petit commerce et les services.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour faire face \u00e0 ces d\u00e9fis, la Politique nationale de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du Burkina Faso, mise en \u0153uvre depuis octobre 2014, insiste sur le d\u00e9veloppement des techniques agro\u00e9cologiques r\u00e9silientes aux changements climatiques et sur le besoin d\u2019investissements en infrastructures qui permettront de garantir un acc\u00e8s permanent a\u0300 l\u2019alimentation. Le projet Innovation et mobilisation pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (IMSA), financ\u00e9 par Affaires mondiales Canada, appuie la strat\u00e9gie nationale burkinab\u00e9e. Pour ce faire, il propose des actions misant sur la valorisation des savoirs traditionnels locaux dans le but de favoriser l\u2019introduction, l\u2019appropriation et la diffusion des techniques et technologies agro\u00e9cologiques innovantes adapt\u00e9es aux pratiques locales qui permettent de renforcer durablement les capacit\u00e9s d\u2019adaptation et de r\u00e9silience de plus de 3 000 productrices et producteurs aux changements climatiques. G\u00e9r\u00e9 par la Fondation Jules et Paul-\u00c9mile L\u00e9ger (FJPEL), ce projet (2015-2020) est con\u00e7u et mis en \u0153uvre par trois organisations partenaires burkinab\u00e9es\u00a0: l\u2019Association formation d\u00e9veloppement ruralit\u00e9 (AFDR) dans la r\u00e9gion du Nord, l\u2019ONG Action pour la promotion des initiatives locales (APIL) dans les r\u00e9gions du Centre, du Centre-Nord et du Plateau central, et l\u2019Union des soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives pour la commercialisation des produits agricoles de la boucle du Mouhoun (USCCPA\/BM).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La pr\u00e9sente \u00e9tude a pour objectif de donner la parole aux actrices et acteurs locaux ainsi qu\u2019aux productrices et producteurs agricoles \u00e0 petite \u00e9chelle \u2013 qui pratiquent l\u2019<em>agriculture familiale durable<\/em> (AFD) \u2013 afin de mieux faire comprendre les r\u00e9percussions des changements climatiques sur leur vie quotidienne et quelles strat\u00e9gies d\u2019adaptation semblent les plus porteuses et les mieux adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Cet article est le fruit de l\u2019expertise d\u00e9velopp\u00e9e par les organisations burkinab\u00e9es partenaires du projet IMSA, de leur exp\u00e9rience et leur connaissance approfondie du terrain, tant du point de vue de ses caract\u00e9ristiques biophysiques que de ses composantes et ses dynamiques sociales, \u00e9conomiques et culturelles. Ces actrices et acteurs, qui travaillent depuis de nombreuses ann\u00e9es aupr\u00e8s des communaut\u00e9s appuy\u00e9es, dont elles ou ils sont g\u00e9n\u00e9ralement issu-e-s et au sein desquelles elles ou ils pratiquent souvent elles-m\u00eames\/eux-m\u00eames l\u2019agriculture, offrent ainsi un t\u00e9moignage direct des probl\u00e9matiques telles que v\u00e9cues par les populations et une vision diff\u00e9rente sur les strat\u00e9gies d\u2019intervention les plus efficientes et les mieux adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Cette analyse s\u2019appuie \u00e9galement sur de nombreux t\u00e9moignages collect\u00e9s pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les populations vuln\u00e9rables, qui d\u00e9crivent les variations observ\u00e9es du climat, les impacts constat\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de leur parcelle et les effets des techniques et strat\u00e9gies d\u2019adaptation promues dans le cadre du projet.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La m\u00e9thodologie est construite autour des donn\u00e9es et des analyses produites dans le cadre du processus de suivi-\u00e9valuation du projet. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il est question de corr\u00e9ler les t\u00e9moignages, les perceptions et les observations de terrain aux donn\u00e9es climatiques et statistiques produites \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, r\u00e9gionale et communautaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, l\u2019\u00e9valuation et le suivi environnemental ont permis d\u2019analyser les r\u00e9sultats du projet en mati\u00e8re d\u2019adaptation aux changements climatiques au regard des rendements observ\u00e9s dans les parcelles voisines, mais \u00e9galement des donn\u00e9es climatiques produites par les repr\u00e9sentations r\u00e9gionales de\u00a0la Direction nationale de la m\u00e9t\u00e9orologie et des r\u00e9sultats de production des campagnes annuelles communiqu\u00e9s par le Minist\u00e8re de l\u2019agriculture et des am\u00e9nagements hydro-agricoles. De m\u00eame, les donn\u00e9es collect\u00e9es, dans le cadre de la recherche sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire men\u00e9e par un groupe de chercheurs[footnote]Groupe de recherche compos\u00e9 du Dr Hugo Melgar-Qui\u00f1onez, du Dr Patrick Cortbaoui et de Diana Dallmann (doctorante), de l\u2019Institut Margaret Gilliam pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire globale de la Facult\u00e9 d\u2019agriculture et des sciences de l\u2019environnement de l\u2019Universit\u00e9 McGill.[\/footnote] de l\u2019Institut pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire globale de l\u2019Universit\u00e9 McGill, ont permis d\u2019affiner l\u2019analyse, gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats de trois enqu\u00eates successives r\u00e9alis\u00e9es entre 2016 et 2018 aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de 625 familles, en assurant la parit\u00e9 homme\/femme des r\u00e9pondants, au moyen d\u2019un questionnaire d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des principaux crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation propos\u00e9s par la FAO.<\/p>\r\n\r\n<h2>Des d\u00e9fis croissants pour l\u2019agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le Burkina Faso a un climat aride de type soudano-sah\u00e9lien caract\u00e9ris\u00e9 par la succession de deux saisons principales. Une longue saison s\u00e8che, chaude et aride, s\u2019\u00e9tend d\u2019octobre \u00e0 mai et les temp\u00e9ratures y d\u00e9passent fr\u00e9quemment les 40\u00b0C. Quant \u00e0 la courte saison des pluies, qui a lieu de juin \u00e0 septembre, elle se distingue par des pr\u00e9cipitations concentr\u00e9es, irr\u00e9guli\u00e8res et in\u00e9galement r\u00e9parties sur le territoire. En effet, les pr\u00e9cipitations vont de 400 mm\/an dans le Nord (climat sah\u00e9lien) \u00e0 plus de 1000 mm\/an dans le Sud-Ouest[footnote]Donn\u00e9es du Minist\u00e8re de l\u2019environnement, de l\u2019\u00e9conomie verte et du changement climatique du Burkina Faso (www.environnement.gov.bf).[\/footnote]. Le nord du pays conna\u00eet les conditions les plus difficiles : les pr\u00e9cipitations y sont inf\u00e9rieures \u00e0 la moyenne nationale, comprises entre 454 mm et 779 mm\/an, et les temp\u00e9ratures maximales y ont d\u00e9pass\u00e9 les 45\u00b0C au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es[footnote]\u00ab Le Burkina Faso : M\u00e9t\u00e9o en 2017. Quel temps faisait-il? \u00bb. Consult\u00e9 le 14-03-2017 du site <a href=\"https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/\">https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/<\/a>[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques ont de dures r\u00e9percussions sur le pays. Au-del\u00e0 du stress hydrique et des s\u00e9cheresses r\u00e9currentes, qui ont plong\u00e9 plus de 3,5\u00a0millions de personnes dans l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire en 2012 selon le PAM et la DGPER[footnote]Programme alimentaire mondiale et Direction g\u00e9n\u00e9rale pour la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale.[\/footnote] (2012, p. 11), les productrices et producteurs peinent \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la plus grande variabilit\u00e9 des saisons et \u00e0 l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des pr\u00e9cipitations qui bouleversent les calendriers culturaux traditionnels et sont responsables de poches de s\u00e9cheresse ainsi que d\u2019inondations destructrices. Les s\u00e9cheresses chroniques, en particulier celles de 1974, de 1984, de 2008 et de 2011, ont exacerb\u00e9 les conflits fonciers et les tensions pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles en zone rurale. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la hausse du prix des denr\u00e9es alimentaires ont \u00e9galement caus\u00e9 d\u2019importants troubles sociaux \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le Programme d\u2019action nationale d\u2019adaptation \u00e0 la variabilit\u00e9 et aux changements climatiques du Burkina Faso pr\u00e9voit une importante diminution des pr\u00e9cipitations moyennes, de l\u2019ordre de 3,4% d\u2019ici \u00e0 2025 et de 7,3% d\u2019ici \u00e0 2050, qui pourrait s\u2019accompagner d\u2019une tr\u00e8s forte variation interannuelle et saisonni\u00e8re (MINECV-SPCNEDD[footnote]Minist\u00e8re de l\u2019environnement et du cadre de vie du Burkina Faso, Secr\u00e9tariat permanent du conseil national pour l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement durable.[\/footnote], 2007, p. 14). Les projections r\u00e9alis\u00e9es \u00e9voquent une diminution de l\u2019ordre de 20 a\u0300 30% du niveau actuel des pr\u00e9cipitations durant l\u2019hivernage et une augmentation de 60 a\u0300 80% des pr\u00e9cipitations en saison s\u00e8che sous forme de pluies courtes, localis\u00e9es et particuli\u00e8rement intenses, qui accentuent la d\u00e9gradation des sols et des cultures. Ce r\u00e9gime pluviom\u00e9trique pourrait \u00e9galement avoir une incidence importante sur le d\u00e9bit moyen des cours d\u2019eau, avec une baisse de l\u2019ordre de 54,7% du d\u00e9bit moyen du fleuve Mouhoun d\u2019ici \u00e0 2025 (Brown et Crawford, 2008, p. 38).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces changements ont un impact d\u2019autant plus grand que la forte d\u00e9gradation de l\u2019environnement, la faible qualit\u00e9 agronomique des sols, les techniques culturales inadapt\u00e9es et le manque de capital des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle leur permettent difficilement d\u2019absorber les chocs climatiques et de relancer la production apr\u00e8s une crise. \u00c0 cette probl\u00e9matique s\u2019ajoutent de mauvaises conditions de stockage et de conservation des r\u00e9coltes qui causent d\u2019importantes pertes et une diminution de la qualit\u00e9 nutritionnelle des aliments et exposent ainsi les m\u00e9nages \u00e0 des p\u00e9riodes de soudure de plus en plus longues. Selon le PAM et FEWS NET (2014, p. 1), seuls 38% des m\u00e9nages burkinab\u00e9s se trouvent en situation de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire alors que 23,8% de la population souffre d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire grave (FAO, 2018, p. 130).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les principaux effets n\u00e9gatifs des changements climatiques, tels qu\u2019ils sont actuellement ressentis par les productrices et producteurs des trois r\u00e9gions d\u2019intervention du projet IMSA, sont la plus grande variabilit\u00e9 des pr\u00e9cipitations, y compris sur de petites distances, et la fr\u00e9quence accrue des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames : \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse, vagues de chaleur, pluies intenses et inondations destructrices, mais aussi vents violents et nappes de poussi\u00e8re dans les r\u00e9gions du nord du pays. Les conditions climatiques instables et difficilement pr\u00e9visibles bouleversent les calendriers agricoles et causent des pertes importantes de rendement qui menacent la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations vuln\u00e9rables.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Gilbert Coulibaly, pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative mixte de Boron, dans la province du Mouhoun, a souffert des effets d\u2019une poche de s\u00e9cheresse qui a durement touch\u00e9 sa production :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas bien donn\u00e9 cette ann\u00e9e, car une p\u00e9riode prolong\u00e9e de s\u00e9cheresse est arriv\u00e9e pendant la floraison. Les fleurs et les plants ont s\u00e9ch\u00e9, ce qui a emp\u00each\u00e9 la formation des gousses. Il pleut moins qu\u2019avant maintenant et les producteurs comme moi arrivent \u00e0 peine \u00e0 survivre. Parfois, nous perdons une r\u00e9colte tout enti\u00e8re \u00e0 cause du manque de pluie, ou d\u2019autres fois \u00e0 cause de l\u2019exc\u00e8s de pluie.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Victime d\u2019une s\u00e9cheresse prolong\u00e9e au moment de l\u2019\u00e9piaison de son ma\u00efs, Dioma Komon, un jeune producteur qui est aussi pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative mixte Dj\u00e8kagni de Sami, dans la province des Banwa, souligne ceci :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Autrefois, il pleuvait assez et de fa\u00e7on bien r\u00e9partie dans le temps et dans l\u2019espace. Le climat \u00e9tait tr\u00e8s favorable, ce qui n\u2019est plus le cas maintenant. L\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des pluies menace notre agriculture et m\u00eame notre r\u00e9gion qui risque de perdre son titre de grenier du Burkina. Le changement climatique est en train de menacer notre source de revenus, ce qui veut dire que c\u2019est notre survie m\u00eame qui est menac\u00e9e\u2026<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces conditions difficiles ont une incidence directe sur la productivit\u00e9 agricole et se traduisent par une pression grandissante sur les ressources naturelles, hydriques et ligneuses en particulier, ainsi que par une extension rapide des surfaces cultiv\u00e9es par le d\u00e9frichement et le br\u00fblis pour compenser la baisse des rendements. \u00c0 cela s\u2019ajoutent la coupe abusive du bois de chauffe et la pression accrue du b\u00e9tail sur des p\u00e2turages moins productifs, qui affectent les ressources floristiques et faunistiques. \u00c0 en croire l\u2019\u00e9tude cartographique de l\u2019Institut g\u00e9ographique du Burkina (IBG) men\u00e9e de 1992 \u00e0 2002, les superficies naturelles couvertes de v\u00e9g\u00e9tation ont r\u00e9gress\u00e9 de 108 141 ha au profit des surfaces emblav\u00e9es. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne semble s\u2019\u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 encore au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie : selon le rapport d\u2019\u00e9tude <em>Changement climatique et agriculture durable du Burkina Faso : strat\u00e9gies de r\u00e9silience bas\u00e9es sur les savoirs locaux<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 en juin\u00a02016, 105\u00a0000\u00a0ha disparaissent chaque ann\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La disparition progressive du couvert v\u00e9g\u00e9tal expose les sols au ruissellement et \u00e0 l\u2019\u00e9rosion alors que l\u2019application excessive d\u2019engrais chimiques \u2013 le plus souvent non homologu\u00e9s \u2013 pour compenser l\u2019appauvrissement des sols acc\u00e9l\u00e8re la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes et de la biodiversit\u00e9. Le tout se traduit par une perte du capital productif et par une diminution constante du rendement des cultures vivri\u00e8res \u00e0 vocation alimentaire. La d\u00e9forestation, l\u2019\u00e9rosion et le bouleversement des cycles hydrologiques locaux acc\u00e9l\u00e8rent le processus de d\u00e9sertification et la d\u00e9t\u00e9rioration des facteurs naturels de production dont d\u00e9pend l\u2019agriculture vivri\u00e8re.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9gradation du milieu naturel renforce l\u2019impact des s\u00e9cheresses et des inondations. De plus, elle nuit \u00e0 la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance et de r\u00e9silience des syst\u00e8mes productifs familiaux aux al\u00e9as climatiques. Le ph\u00e9nom\u00e8ne atteint un point tel que de nombreux paysans se disent aujourd\u2019hui d\u00e9courag\u00e9s et h\u00e9sitent \u00e0 investir dans leur parcelle, par peur de tout perdre, d\u2019autant plus que pour les exploitations touch\u00e9es, les m\u00e9canismes d\u2019appui ou d\u2019assurance climatique sont encore rares. Les productrices et producteurs font \u00e9galement part des d\u00e9g\u00e2ts de plus en plus importants caus\u00e9s par des maladies et des ravageurs, comme les chenilles l\u00e9gionnaires, qui n\u2019avaient jusque-l\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s que dans des r\u00e9gions beaucoup plus chaudes du pays. Toutefois, il reste difficile d\u2019attribuer directement ce ph\u00e9nom\u00e8ne aux changements climatiques, notamment en raison de l\u2019absence d\u2019\u00e9tudes scientifiques fiables sur le sujet.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si le secteur c\u00e9r\u00e9alier, essentiellement pluvial et \u00e0 la base du syst\u00e8me agricole burkinab\u00e9, semble le plus fortement touch\u00e9, l\u2019\u00e9levage pastoral souffre aussi de la r\u00e9duction s\u00e9v\u00e8re du nombre de points d\u2019eau et de la surface de p\u00e2turages. La disparition progressive des gramin\u00e9es p\u00e9rennes et la concurrence de plus en plus forte pour l\u2019acc\u00e8s au foncier sont \u00e0 l\u2019origine de conflits croissants entre \u00e9leveurs et cultivateurs. D\u2019autre part, les pertes de b\u00e9tail ont de fortes r\u00e9percussions sur l\u2019\u00e9conomie familiale, pour qui les animaux constituent le principal moyen d\u2019\u00e9pargne et de r\u00e9ponse \u00e0 une crise. Ces pertes r\u00e9duisent ainsi leur capacit\u00e9 de r\u00e9silience et aggravent le cycle de la pauvret\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h2>Le renforcement des in\u00e9galit\u00e9s femmes-hommes<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques n\u2019affectent pas les femmes et les hommes de fa\u00e7on \u00e9gale. Les femmes sont, en effet, beaucoup plus vuln\u00e9rables aux al\u00e9as climatiques, en particulier en milieu rural, car elles d\u00e9pendent presque exclusivement des conditions naturelles pour assurer leur subsistance, n\u2019ayant qu\u2019un acc\u00e8s tr\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 des formations appropri\u00e9es et aux intrants agricoles (fertilisants, semences am\u00e9lior\u00e9es, mat\u00e9riel agricole et syst\u00e8mes d\u2019irrigation) indispensables pour s\u2019adapter.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Elles exploitent, de surcro\u00eet, des parcelles g\u00e9n\u00e9ralement de moins bonne qualit\u00e9 et situ\u00e9es dans des zones plus expos\u00e9es aux effets du climat. D\u2019autre part, les femmes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du m\u00eame niveau d\u2019appui communautaire que les hommes. Cet appui est pourtant n\u00e9cessaire pour la mise en \u0153uvre des techniques d\u2019am\u00e9nagement et de pr\u00e9paration des parcelles face aux effets du climat. Par exemple, le labour am\u00e9lior\u00e9 ou l\u2019am\u00e9nagement des structures anti\u00e9rosives exigent une haute intensit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre (cordons pierreux, za\u00ef ou demi-lune). Les hommes mobilisent plus facilement les ressources humaines et financi\u00e8res permettant de s\u00e9curiser leur production et d\u2019accro\u00eetre les rendements, en plus de pouvoir r\u00e9aliser des travaux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s au besoin alors que les femmes restent majoritairement cantonn\u00e9es aux activit\u00e9s familiales et informelles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cela s\u2019ajoute le fait que les femmes sont rarement propri\u00e9taires des parcelles qu\u2019elles exploitent, ce qui les emp\u00eache de s\u00e9curiser leur production et limite leur capacit\u00e9 d\u2019investissement, puisqu\u2019une terre productive est souvent r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par son propri\u00e9taire. \u00c9tant sous-repr\u00e9sent\u00e9es, voire absentes au sein des autorit\u00e9s villageoises traditionnelles ou institutionnelles, qui sont encore essentiellement contr\u00f4l\u00e9es par les hommes, les femmes ne participent pas non plus aux d\u00e9cisions relatives \u00e0 la gestion des ressources naturelles et productives. Ces diverses raisons expliquent pourquoi les parcelles exploit\u00e9es par les femmes pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement des rendements inf\u00e9rieurs \u00e0 celles des hommes et sont plus vuln\u00e9rables aux changements climatiques.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Mais les changements climatiques ont \u00e9galement une incidence sur la qualit\u00e9 de vie des femmes \u00e0 travers l\u2019ensemble des activit\u00e9s dites reproductives (t\u00e2ches domestiques, alimentation, approvisionnement en eau et en \u00e9nergie, \u00e9ducation, soins aux malades, etc.), dont elles assument la responsabilit\u00e9. La rar\u00e9faction des ressources naturelles accro\u00eet ainsi consid\u00e9rablement leur charge de travail et la p\u00e9nibilit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en bois et en eau dont elles sont traditionnellement responsables au sein du foyer. Selon le groupement f\u00e9minin Nabonswend\u00e9 de Sim, la collecte du bois de chauffe se faisait \u00e0 moins d\u2019un kilom\u00e8tre du village il y a 20\u00a0ans; de nos jours, il faut parcourir une dizaine de kilom\u00e8tres. Les efforts et le temps suppl\u00e9mentaires consacr\u00e9s \u00e0 ces corv\u00e9es se traduisent souvent par une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de vie des femmes et r\u00e9duisent leurs capacit\u00e9s \u00e0 mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus ou \u00e0 participer \u00e0 la vie communautaire. De plus, l\u2019absent\u00e9isme scolaire des filles s\u2019accro\u00eet, car elles aident leur m\u00e8re dans leurs t\u00e2ches, ce qui entretient les in\u00e9galit\u00e9s \u00e0 long terme.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, les femmes sont g\u00e9n\u00e9ralement les premi\u00e8res \u00e0 sacrifier leur ration alimentaire lorsque la nourriture vient \u00e0 manquer, et ce, ind\u00e9pendamment du travail physique qu\u2019elles exercent. Cette r\u00e9alit\u00e9 a des cons\u00e9quences directes sur leur \u00e9tat de sant\u00e9 en particulier lorsqu\u2019elles attendent un enfant.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quant \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re des femmes, elle se pr\u00e9carise sous l\u2019effet des changements climatiques. En effet, elles disposent rarement d\u2019une \u00e9pargne de s\u00e9curit\u00e9, la quasi-totalit\u00e9 de leurs revenus \u00e9tant mobilis\u00e9s pour l\u2019\u00e9ducation des enfants, l\u2019alimentation et la sant\u00e9. Si la solidarit\u00e9 familiale et communautaire joue encore un r\u00f4le crucial en zone rurale dans la r\u00e9ponse aux crises climatiques et alimentaires, les femmes ont rarement la possibilit\u00e9 de trouver un emploi r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 de compl\u00e9ment en cas de crise. Elles doivent donc le plus souvent mobiliser leurs propres \u00e9conomies pour subvenir aux besoins alimentaires de la famille tout enti\u00e8re. L\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit formel (institutionnel) reste d\u2019autre part tr\u00e8s difficile pour elles puisque les garanties exig\u00e9es, comme la terre ou le b\u00e9tail, restent le plus souvent la propri\u00e9t\u00e9 des hommes. Dans ce contexte, la constitution des groupements f\u00e9minins ou des caisses de solidarit\u00e9, appel\u00e9es <em>tontines<\/em>, reste l\u2019un des seuls moyens d\u2019acc\u00e9der au cr\u00e9dit pour les femmes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 ces nombreux d\u00e9fis et le manque d\u2019appui des politiques agricoles locales et nationales, qui ne prennent pas suffisamment en compte leurs int\u00e9r\u00eats et leurs besoins, les agricultrices sont de plus en plus vuln\u00e9rables aux changements climatiques qui creusent encore le foss\u00e9 des in\u00e9galit\u00e9s entre les femmes et les hommes. L\u2019appui sp\u00e9cifique aux productrices est fondamental pour l\u2019avenir de l\u2019agriculture. En effet, les femmes pourraient accro\u00eetre leurs rendements de 20 \u00e0 30% si elles b\u00e9n\u00e9ficiaient du m\u00eame acc\u00e8s que les hommes aux ressources productives, ce qui permettrait de r\u00e9duire le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde de 12% \u00e0 17% (ONU Femmes).<\/p>\r\n\r\n<h2>Les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements climatiques<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les partenaires burkinab\u00e9s du projet IMSA ont \u00e9labor\u00e9 diverses strat\u00e9gies pour r\u00e9pondre aux nombreux d\u00e9fis li\u00e9s aux changements climatiques et renforcer les capacit\u00e9s d\u2019adaptation des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. L\u2019approche utilis\u00e9e mise sur un processus d\u2019innovation prenant sa source \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 et repose sur l\u2019am\u00e9lioration et la diffusion des savoirs traditionnels et des techniques issues de l\u2019exp\u00e9rience de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019exploitants. Les \u00e9quipes de l\u2019AFDR, de l\u2019APIL et de l\u2019USCCPA\/BM travaillent ainsi sur la syst\u00e9matisation d\u2019itin\u00e9raires techniques adapt\u00e9s aux nouveaux enjeux climatiques, dans l\u2019objectif de mettre au point des solutions accessibles et facilement reproductibles au sein des communaut\u00e9s de base afin qu\u2019elles b\u00e9n\u00e9ficient au plus grand nombre d\u2019individus. De nombreuses innovations techniques con\u00e7ues et promues par les pays dits d\u00e9velopp\u00e9s restent, en effet, \u00e0 la fois inadapt\u00e9es au contexte africain et financi\u00e8rement inaccessibles pour les productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle, faute de capacit\u00e9 d\u2019investissement et de moyens techniques pour les mettre en \u0153uvre. La r\u00e9cup\u00e9ration, la mise en valeur et l\u2019adaptation des techniques traditionnelles de culture, parfois oubli\u00e9es, facilitent leur appropriation par le plus grand nombre et contribuent \u00e0 l\u2019obtention de r\u00e9sultats concrets et durables \u00e0 grande \u00e9chelle. Les techniques diffus\u00e9es sont pr\u00e9sent\u00e9es bri\u00e8vement, ci-dessous, par th\u00e8me.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La strat\u00e9gie de diffusion des techniques am\u00e9lior\u00e9es vise \u00e0 garantir leur pleine appropriation par les communaut\u00e9s. Ainsi, elle repose sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des centres de formation \u00e9tablis au plus pr\u00e8s des communaut\u00e9s rurales et sur la formation des technicien-ne-s et de formateurs\/formatrices locaux\/locales issu-e-s de la communaut\u00e9. Les partenaires ont \u00e9labor\u00e9 les cursus de formation et les itin\u00e9raires techniques de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019ils r\u00e9pondent aux nouveaux d\u00e9fis pos\u00e9s par les changements climatiques, tout en tenant compte des conditions pr\u00e9cises d\u2019exploitation et de la r\u00e9alit\u00e9 de chaque exploitant(e) et de chaque organisation paysanne. La formation associe un ensemble de techniques agro\u00e9cologiques destin\u00e9es \u00e0 conserver les facteurs de production et \u00e0 accro\u00eetre les rendements \u00e0 court, \u00e0 moyen et \u00e0 long terme.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations vuln\u00e9rables, les techniques qui visent \u00e0 adapter les syst\u00e8mes de production et \u00e0 accro\u00eetre leur r\u00e9silience s\u2019accompagnent non seulement d\u2019actions destin\u00e9es \u00e0 mieux contr\u00f4ler la conservation et la commercialisation des r\u00e9coltes, mais aussi d\u2019un appui au renforcement des m\u00e9canismes financiers et non financiers de solidarit\u00e9 et de r\u00e9silience par rapport aux chocs climatiques. Les principales techniques et activit\u00e9s, con\u00e7ues et mises en \u0153uvre selon une approche d\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres, sont pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous. Ramata Balma, productrice de 45 ans et m\u00e8re de quatre enfants, qui vit dans le village de Sidigo, dans la commune de Boussouma, t\u00e9moigne de ses difficult\u00e9s devant les changements climatiques et des effets b\u00e9n\u00e9fiques des techniques enseign\u00e9es :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans notre famille, nous vivons de ce que nous cultivons. Mais depuis un certain nombre d\u2019ann\u00e9es, le climat n\u2019est plus le m\u00eame qu\u2019au temps de nos parents. De nos jours, nous connaissons de fortes chaleurs en saison s\u00e8che et les pr\u00e9cipitations sont de plus en plus rares en saison des pluies. Nous souffrons beaucoup. Avant, nous ne connaissions pas la faim, mais maintenant, nous sommes oblig\u00e9s de rationner les denr\u00e9es pour pouvoir donner \u00e0 manger \u00e0 nos enfants. Par exemple, cette ann\u00e9e, les pluies ont commenc\u00e9 t\u00f4t (au mois de mai), mais actuellement (en septembre) nous vivons des \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse qui nous inqui\u00e8tent pour la suite de notre vie en campagne. Mais depuis que mon groupement b\u00e9n\u00e9ficie des appuis du projet IMSA, nous r\u00e9sistons mieux \u00e0 ces changements climatiques. Avec les semences am\u00e9lior\u00e9es, les techniques de conservation des sols et les formations sur la protection de l\u2019environnement, nous arrivons \u00e0 exploiter de mani\u00e8re raisonnable nos ressources naturelles.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3>Les techniques de conservation des sols<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les strat\u00e9gies de conservation des sols reposent sur trois principes fondamentaux : r\u00e9duire au minimum le travail des sols, r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux al\u00e9as climatiques et am\u00e9liorer le cycle de la mati\u00e8re organique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le semis direct<\/strong> consiste \u00e0 faire un scarifiage ou des poquets en respectant un \u00e9cartement de 80\u00a0cm sur 40\u00a0cm. Cette technique, qui pr\u00e9sente l\u2019avantage de conserver la structure du sol sans l\u2019exposer aux pluies ou \u00e0 la s\u00e9cheresse, fait gagner un temps pr\u00e9cieux en p\u00e9riode de semis.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour Soara Kal\u00e9, agriculteur du village de Priw\u00e9, dans la province des Banwa :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La pratique du semis direct est une r\u00e9ponse simple et efficace au probl\u00e8me d\u2019appauvrissement des sols et permet de gagner du temps au moment de la mise en place des cultures. Gr\u00e2ce \u00e0 cette technique, dit-il, j\u2019ai pu emblaver 2,5\u00a0hectares de ma\u00efs en juin pass\u00e9 et je pense obtenir une bonne r\u00e9colte cette ann\u00e9e.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019association culturale de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumineuses<\/strong>, appliqu\u00e9e par les productrices et producteurs burkinab\u00e9s depuis plus d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es (association de sorgho et de ni\u00e9b\u00e9, par exemple), enrichit les sols en azote, les prot\u00e8ge et diversifie la production \u2013 donc r\u00e9duit les risques \u2013 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tagement des cultures. L\u2019am\u00e9lioration de cette pratique consiste \u00e0 semer une l\u00e9gumineuse dans les interlignes de la culture principale (mil, sorgho ou ma\u00efs) en respectant un \u00e9cartement de 80\u00a0cm sur 40\u00a0cm entre les lignes et un d\u00e9lai de deux semaines entre les semis afin d\u2019\u00e9viter la concurrence des deux cultures.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kon\u00e9 Marie, productrice du village de Digani, dans la province de la Kossi, se dit tr\u00e8s satisfaite de cette technique :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pratique va beaucoup nous aider, nous, les femmes de l\u2019union, car \u00e7a nous permet entre autres de diversifier nos cultures en utilisant la m\u00eame parcelle, ce qui r\u00e9sout en partie le probl\u00e8me de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre lorsque l\u2019on veut \u00e9tendre ou diversifier notre production. Moi, j\u2019ai emblav\u00e9 une parcelle mixte de 0,5\u00a0hectare. Mon ni\u00e9b\u00e9 est en pleine r\u00e9colte et mon sorgho, \u00e0 la montaison, ce qui me permet de r\u00e9partir mon effort pour la r\u00e9colte.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La production de compost am\u00e9lior\u00e9 et de fumure organique<\/strong> est utilis\u00e9e pour enrichir et structurer les sols et les produits selon diff\u00e9rentes techniques comme le compostage en tas, les fosses en bordure de champ ou les effluents de biodigesteurs (figure 1). Ces techniques, notamment promues par le PAM au Burkina Faso, sont facilement accessibles aux productrices et producteurs les plus modestes, car elles sont \u00e9conomiques comparativement \u00e0 l\u2019achat d\u2019engrais chimiques. Elles ont des effets rapides sur la fertilit\u00e9 et contrent l\u2019\u00e9rosion tout en conservant l\u2019humidit\u00e9 des sols.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_137\" align=\"aligncenter\" width=\"667\"]<img class=\"size-full wp-image-137\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9.jpg\" alt=\"\" width=\"667\" height=\"244\" \/> <strong>Figure 1. <\/strong>Pr\u00e9paration du compost am\u00e9lior\u00e9. Source : AFDR et APIL, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bibata Rouamba, du village de Kamandena, dans la province du Mouhoun, qui a produit 3 tonnes de fumier en tas pour sa parcelle de 0,5 ha de ni\u00e9b\u00e9, constate les b\u00e9n\u00e9fices pour sa production en ces termes :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Vous voyez, ma parcelle de ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas trop souffert comme l\u2019an pass\u00e9, les plants se sont bien d\u00e9velopp\u00e9s et je n\u2019ai pas eu d\u2019attaque de chenilles. Mon ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas trop souffert des 15\u00a0jours de s\u00e9cheresse et \u00e7a, c\u2019est gr\u00e2ce au fertilisant organique que j\u2019ai utilis\u00e9. Je suis en train de r\u00e9colter mon ni\u00e9b\u00e9. Si tout va bien, je ferai une bonne r\u00e9colte cette ann\u00e9e.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019utilisation du compost permet d\u2019intensifier la production de mani\u00e8re \u00e9cologique et remplace la jach\u00e8re qui ne r\u00e9pond plus aux contraintes climatiques actuelles. L\u2019augmentation des rendements sur de petites superficies b\u00e9n\u00e9ficie directement aux femmes dont les parcelles sont g\u00e9n\u00e9ralement de taille modeste et les sols souvent de faible qualit\u00e9 agronomique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Alima Ou\u00e9draogo, productrice \u00e0 Tanhoko, dans la commune de Boussouma, t\u00e9moigne ainsi des apports de cette technique:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le compost m\u2019a permis d\u2019obtenir de meilleurs rendements et de m\u2019adapter aux irr\u00e9gularit\u00e9s des pluies. Sur mon exploitation d\u2019un hectare, j\u2019ai obtenu l\u2019an pass\u00e9 750\u00a0kg de ni\u00e9b\u00e9 et 900\u00a0kg de sorgho. Dans les ann\u00e9es ant\u00e9rieures, j\u2019avais \u00e0 peine 200\u00a0kg de ni\u00e9b\u00e9 ou de sorgho.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un seul biodigesteur de 4\u00a0m3 peut produire plus de 40\u00a0tonnes par an de compost d\u2019excellente qualit\u00e9, un volume qui peut fertiliser environ 8,4\u00a0ha de c\u00e9r\u00e9ales ou environ 16,8\u00a0ha de ni\u00e9b\u00e9. Les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es sur le terrain d\u00e9montrent que cet effluent, d\u00e9pourvu de m\u00e9thane, s\u2019av\u00e8re un engrais organique de meilleure qualit\u00e9 que le fumier, le compost traditionnel ou les fertilisants industriels. La production de compost est d\u2019ailleurs un facteur facilitant important dans l\u2019adoption de cette nouvelle technologie d\u2019\u00e9nergie renouvelable.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un producteur du village de Ban, dans la province des Banwa, confirme qu\u2019avec cet effluent les plantes r\u00e9sistent mieux \u00e0 la s\u00e9cheresse qu\u2019avec les engrais chimiques :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019ai voulu faire une exp\u00e9rience en utilisant une partie du champ, sur laquelle j\u2019ai appliqu\u00e9 l\u2019effluent du biodigesteur, et lorsque j\u2019ai sem\u00e9, j\u2019ai remarqu\u00e9 une nette diff\u00e9rence. Les parcelles o\u00f9 l\u2019effluent a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 se pr\u00e9sentent bien et il y a moins de mauvaises herbes. Je suis tr\u00e8s satisfait du r\u00e9sultat.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n[caption id=\"attachment_138\" align=\"aligncenter\" width=\"384\"]<img class=\"size-full wp-image-138\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux.jpg\" alt=\"\" width=\"384\" height=\"233\" \/> <strong>Figure 2. <\/strong>Cordons pierreux. Source : AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les cordons pierreux <\/strong>ci-dessus (figure 2) sont des ouvrages anti\u00e9rosifs semi-perm\u00e9ables confectionn\u00e9s \u00e0 partir de pierres polyformes dispos\u00e9es sur des courbes de niveau. Ils freinent les eaux de ruissellement et att\u00e9nuent l\u2019\u00e9rosion \u00e9olienne des sols. Les cordons pierreux permettent ainsi de conserver la mati\u00e8re organique et les \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux des sols au sein des parcelles qu\u2019ils d\u00e9limitent, en plus de favoriser l\u2019infiltration des eaux de pluie. Ils prot\u00e8gent \u00e9galement des inondations la v\u00e9g\u00e9tation et certains am\u00e9nagements tels que le za\u00ef ou les demi-lunes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les bandes enherb\u00e9es ou cordons v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s <\/strong>(figure 3) sont des barri\u00e8res biologiques qui jouent le m\u00eame r\u00f4le que les cordons pierreux dans le contr\u00f4le du ruissellement et de l\u2019\u00e9rosion des sols, mais qui ont l\u2019avantage suppl\u00e9mentaire de produire du fourrage ou de la paille pour la productrice ou le producteur. La technique consiste \u00e0 installer ou \u00e0 entretenir une bande v\u00e9g\u00e9tative d\u2019esp\u00e8ces p\u00e9rennes parall\u00e8le aux courbes de niveau et d\u2019une largeur suffisamment importante pour r\u00e9duire le ruissellement et favoriser l\u2019infiltration de l\u2019eau. Les esp\u00e8ces couramment utilis\u00e9es au Burkina Faso sont <em>Andropogon gayanus<\/em>, <em>Andropogon ascinodis<\/em>, <em>Cymbopogon ascinodis<\/em> et <em>Vetiveria zizanio\u00efdes<\/em>.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_139\" align=\"aligncenter\" width=\"383\"]<img class=\"size-full wp-image-139\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es.jpg\" alt=\"\" width=\"383\" height=\"230\" \/> <strong>Figure 3. <\/strong>Exemple de bandes enherb\u00e9es. Source : AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le paillage<\/strong> est une technique ancienne, tr\u00e8s r\u00e9pandue dans la zone sud-sah\u00e9lienne. Elle consiste \u00e0 recouvrir le sol d\u2019une couche d\u2019environ 2\u00a0cm d\u2019herbes, de branchages ou de r\u00e9sidus de r\u00e9coltes (tiges de mil, de sorgho, de riz, etc.) pour prot\u00e9ger la surface du sol contre la m\u00e9t\u00e9orisation des agr\u00e9gats due \u00e0 l\u2019impact des gouttes d\u2019eau de pluie (effet <em>splash<\/em>). Le paillage doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 pendant la saison s\u00e8che, quelques mois avant le semis, pour permettre une meilleure d\u00e9composition. Cette technique conserve l\u2019humidit\u00e9 du sol par r\u00e9duction de l\u2019\u00e9vaporation tout en facilitant, gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9composition de la mati\u00e8re organique, la r\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es. Elle favorise \u00e9galement le d\u00e9veloppement de la microfaune dont l\u2019activit\u00e9 acc\u00e9l\u00e8re le processus de d\u00e9gradation de la mati\u00e8re organique et accro\u00eet l\u2019a\u00e9ration ainsi que la porosit\u00e9 des sols (lutte contre la compaction), facilitant ainsi la p\u00e9n\u00e9tration des eaux de pluie et r\u00e9duisant le ruissellement.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le za\u00ef<\/strong> (figures 4.1 et 4.2) est une technique traditionnelle originaire du Yatenga (nord du Burkina Faso). Elle consiste \u00e0 creuser des cuvettes de 20 \u00e0 40\u00a0cm de diam\u00e8tre et de 10 \u00e0 20\u00a0cm de profondeur dans lesquelles on ajoute deux poign\u00e9es de fumure organique (de 300 \u00e0 600\u00a0g) avant le semis. La terre excav\u00e9e est utilis\u00e9e pour former des murets qui d\u00e9limitent un casier autour du paquet de semences afin de capter et de conserver les eaux de ruissellement ainsi que les \u00e9l\u00e9ments nutritifs du sol. Les rang\u00e9es de za\u00ef doivent \u00eatre d\u00e9cal\u00e9es et perpendiculaires \u00e0 la pente du terrain pour freiner le ruissellement interstitiel. La taille des cuvettes et leur espacement varient selon le type de sol et les conditions pluviom\u00e9triques; elles sont plus larges sur les sols peu perm\u00e9ables et les zones arides, pour accro\u00eetre le bassin de captation. L\u2019espacement entre les cuvettes doit id\u00e9alement \u00eatre couvert de paillis, ce qui augmente la r\u00e9tention d\u2019eau du sol et y d\u00e9clenche une activit\u00e9 biologique.<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\"><\/div>\r\n\r\n[caption id=\"attachment_140\" align=\"aligncenter\" width=\"354\"]<img class=\"size-full wp-image-140\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel.jpg\" alt=\"\" width=\"354\" height=\"230\" \/> <strong>Figure 4.1. <\/strong>Za\u00ef manuel. Source : APIL et AFDR, 2017[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_141\" align=\"aligncenter\" width=\"346\"]<img class=\"size-full wp-image-141\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es.jpg\" alt=\"\" width=\"346\" height=\"232\" \/> <strong>Figure 4.2.. <\/strong>Za\u00ef m\u00e9canis\u00e9 sur des terres d\u00e9grad\u00e9es.<br \/>Source : APIL et AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La demi-lune<\/strong> (figure 5) est une cuvette en forme de demi-cercle qui poss\u00e8de les m\u00eames fonctions que le za\u00ef, mais s\u2019av\u00e8re mieux adapt\u00e9e pour certaines cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, comme le sorgho, et sur les terrains expos\u00e9s \u00e0 de fortes pluies ou \u00e0 des vents violents. Son rebord en forme de croissant, constitu\u00e9 \u00e0 partir de la terre excav\u00e9e, est plac\u00e9 perpendiculairement \u00e0 la pente, et en aval par rapport \u00e0 celle-ci, de mani\u00e8re \u00e0 former un impluvium qui capte les eaux de ruissellement. Cette technique permet notamment la r\u00e9cup\u00e9ration des sols d\u00e9grad\u00e9s et indur\u00e9s ou encro\u00fbt\u00e9s, ce qui augmente les surfaces cultiv\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_142\" align=\"aligncenter\" width=\"712\"]<img class=\"size-full wp-image-142\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux.jpg\" alt=\"\" width=\"712\" height=\"225\" \/> <strong>Figure 5. <\/strong>Champs de sorgho avec am\u00e9nagements de demi-lunes et de cordons pierreux.<br \/>Source : APIL et AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCER) <\/strong>(figure 6) est un ouvrage qui utilise les couloirs naturels d\u2019\u00e9coulement des eaux de pluie pour constituer une r\u00e9serve d\u2019eau disponible pour l\u2019irrigation. Une structure d\u2019enrochement est dispos\u00e9e en amont de l\u2019ouvrage pour disperser la force de l\u2019eau et permettre la d\u00e9cantation des s\u00e9diments, ce qui \u00e9vitera le comblement pr\u00e9coce de l\u2019ouvrage. Ces structures s\u2019av\u00e8rent particuli\u00e8rement adapt\u00e9es aux changements du r\u00e9gime des pluies : en captant l\u2019eau des pr\u00e9cipitations violentes, elles r\u00e9duisent les risques d\u2019inondation et d\u2019\u00e9rosion pour redistribuer cette eau durant les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse afin de r\u00e9gulariser et de s\u00e9curiser les cycles de production.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_143\" align=\"aligncenter\" width=\"370\"]<img class=\"size-full wp-image-143\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"235\" \/> <strong>Figure 6. <\/strong>Bassin de collecte des eaux de ruissellement du Centre de formation agricole et artisanale du village Tangaye. Source : AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019agroforesterie<\/strong> est pratiqu\u00e9e selon une approche int\u00e9gr\u00e9e associant la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e, la production de plants en p\u00e9pini\u00e8re (figure 7) et le reboisement. Elle favorise la restauration des sols d\u00e9grad\u00e9s et la r\u00e9gularisation du cycle hydrologique et pluviom\u00e9trique local. La r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e (RNA) vise \u00e0 stimuler le d\u00e9veloppement d\u2019esp\u00e8ces ligneuses et leur int\u00e9gration au sein des parcelles cultiv\u00e9es, de mani\u00e8re \u00e0 accro\u00eetre les rendements. Cette pratique est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e des communaut\u00e9s, car m\u00eame si elle exige relativement peu d\u2019efforts et de connaissances techniques, elle produit des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 long terme.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_144\" align=\"aligncenter\" width=\"349\"]<img class=\"size-full wp-image-144\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re.jpg\" alt=\"\" width=\"349\" height=\"220\" \/> <strong>Figure 7. <\/strong>Production de plants en p\u00e9pini\u00e8re.<br \/>Source : USCCPA, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">La production de plants en p\u00e9pini\u00e8re peut se concentrer sur des esp\u00e8ces endog\u00e8nes adapt\u00e9es aux conditions locales en plus d\u2019offrir une source compl\u00e9mentaire de revenus. Les esp\u00e8ces ayant une valeur productive ou apportant diff\u00e9rents types de services \u00e9cologiques sont privil\u00e9gi\u00e9es : production fruiti\u00e8re ou ligneuse, valeur nutritive (comme celle qu\u2019offre le <em>Moringa oleifera<\/em>), esp\u00e8ces fourrag\u00e8res, enrichissement des sols en azote, lutte contre l\u2019\u00e9rosion, infiltration des eaux de ruissellement, etc. Les plantules sont mises en terre par les productrices et producteurs autour des parcelles (pour r\u00e9duire l\u2019\u00e9rosion \u00e9olienne) ou de fa\u00e7on dispers\u00e9e \u2013 de mani\u00e8re \u00e0 prot\u00e9ger les sols du rayonnement solaire tout en les enrichissant de mati\u00e8re organique. Des campagnes communautaires de reboisement sont \u00e9galement organis\u00e9es pour conserver les espaces sensibles comme les zones de ruissellement, les environs des sources et des plans d\u2019eau (ripisylves par exemple), les zones de recharge des nappes phr\u00e9atiques ou les zones bois\u00e9es restaur\u00e9es. Les effets positifs sur la biodiversit\u00e9 contribuent en outre \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre des \u00e9cosyst\u00e8mes locaux et \u00e0 la conservation des facteurs naturels de production.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les semences am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 cycle court<\/strong> (figure 8) permettent de r\u00e9duire consid\u00e9rablement la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des cultures aux s\u00e9cheresses en raccourcissant le cycle cultural. Ces semences, issues de la s\u00e9lection g\u00e9n\u00e9tique mais sans modification du g\u00e9nome (sans OGM), s\u2019av\u00e8rent plus r\u00e9sistantes au stress hydrique et permettent donc d\u2019accro\u00eetre ou s\u00e9curiser les rendements lorsque des poches de s\u00e9cheresse affectent les plants, en particulier en p\u00e9riode de germination. Le projet facilite ainsi l\u2019acquisition de semences am\u00e9lior\u00e9es certifi\u00e9es par le Service national des semences du Burkina Faso, mais appuie \u00e9galement le processus de s\u00e9lection et de conservation de semences locales par la constitution de r\u00e9serves familiales ou communautaires (dotation de silos et formations), ainsi que des banques de semences accessibles aux petits producteurs et productrices \u00e0 des conditions privil\u00e9gi\u00e9es, afin de renforcer leur r\u00e9silience face aux crises climatiques et \u00e9conomiques.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_145\" align=\"aligncenter\" width=\"379\"]<img class=\"size-full wp-image-145\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"225\" \/> <strong>Figure 8. <\/strong>Semences am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 cycle court.<br \/>Source : USCCPA, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les biopesticides <\/strong>(figure 9), \u00e9labor\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de produits naturels disponibles localement comme la poudre de neem, l\u2019oignon, l\u2019ail, le piment, la cendre ou le savon, offrent une option respectueuse de l\u2019environnement et de la sant\u00e9 humaine et facilement accessible aux productrices et aux producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. Associ\u00e9s aux fertilisants organiques, ils permettent de r\u00e9duire les co\u00fbts de la production et d\u2019accro\u00eetre sa valeur ajout\u00e9e en particulier lorsque la fili\u00e8re biologique est certifi\u00e9e. La production et l\u2019utilisation de bioherbicides et de biofongicides compl\u00e8tent cette approche.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_146\" align=\"aligncenter\" width=\"370\"]<img class=\"size-full wp-image-146\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"244\" \/> <strong>Figure 9. <\/strong>Biopesticides. Source : USCCPA, 2017[\/caption]\r\n<h3>Les techniques d\u2019\u00e9levage adapt\u00e9es aux changements climatiques<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La rar\u00e9faction du fourrage et la pression de plus en plus importante sur les ressources naturelles imposent le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage en contention (figure 10) associ\u00e9 \u00e0 des techniques am\u00e9lior\u00e9es de conservation et de pr\u00e9paration du fourrage. Cette pratique pr\u00e9sente \u00e9galement l\u2019avantage de permettre un meilleur suivi de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des animaux et de faciliter la collecte et la valorisation des d\u00e9jections pour la production de fumure destin\u00e9e \u00e0 accro\u00eetre la fertilit\u00e9 des parcelles. Ce type d\u2019\u00e9levage est d\u2019autant plus important qu\u2019il occupe une grande place dans l\u2019\u00e9conomie locale, tant par les revenus qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re que par son r\u00f4le de r\u00e9serve financi\u00e8re en cas de choc \u00e9conomique ou climatique. La vente d\u2019un animal reste un capital mobilisable qui contribue \u00e0 la r\u00e9silience des m\u00e9nages \u00e0 faibles revenus en cas de d\u00e9penses impr\u00e9vues : s\u2019il faut par exemple relancer la production agricole \u00e0 la suite d\u2019un \u00e9v\u00e9nement extr\u00eame ayant d\u00e9vast\u00e9 les champs.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_147\" align=\"aligncenter\" width=\"355\"]<img class=\"size-full wp-image-147\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention.jpg\" alt=\"\" width=\"355\" height=\"224\" \/> <strong>Figure 10. <\/strong>\u00c9levage en contention. Source : APIL, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les biodigesteurs<\/strong> permettent la production de biogaz (m\u00e9thane) avec des excr\u00e9tas animaux gr\u00e2ce au contr\u00f4le du processus de d\u00e9composition ana\u00e9robie dans une chambre d\u2019un volume de 4\u00a0m3 par m\u00e9nage. Par l\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils produisent, les biodigesteurs constituent donc un substitut au bois de chauffe pour les m\u00e9nages ruraux. En plus de r\u00e9duire la d\u00e9forestation, ils contribuent \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des techniques d\u2019\u00e9levage, car ils exigent la mise en contention des animaux, ainsi que la r\u00e9colte et la valorisation de la mati\u00e8re organique pour le fourrage et pour la pr\u00e9paration de fumure avec des effluents. Ceux-ci constituent un engrais organique d\u2019excellente qualit\u00e9, abondant (40\u00a0tonnes\/an par biodigesteur) et accessible gratuitement.<\/p>\r\nSerge Somda, technicien du Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF), pr\u00e9cise ceci :\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019engrais chimique utilis\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement rend le sol acide, d\u2019o\u00f9 l\u2019appauvrissement du sol. Si nous voulons l\u00e9guer nos terres aux g\u00e9n\u00e9rations futures, nous devons utiliser l\u2019effluent ou les fertilisants naturels. L\u2019utilisation d\u2019un fertilisant naturel comme l\u2019effluent transform\u00e9 en compost gr\u00e2ce au biodigesteur permet de pr\u00e9server nos sols.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Adou Traor\u00e9, producteur du village de Sembadougou, t\u00e9moigne des avantages de cette technique :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019effluent du biodigesteur est un vrai produit fertilisant, meilleur que l\u2019engrais chimique ou que le fumier ordinaire, car plus facilement assimilable par les plantes. Avec lui, les plants r\u00e9sistent mieux aux poches de s\u00e9cheresse et aux maladies.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les biodigesteurs r\u00e9duisent aussi de fa\u00e7on notable les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre li\u00e9es \u00e0 la combustion des mati\u00e8res ligneuses et \u00e0 l\u2019utilisation des engrais chimiques dont l\u2019application lib\u00e8re du dioxyde de carbone (CO2), mais surtout de l\u2019oxyde nitreux (N2O) qui a un pouvoir de r\u00e9chauffement 298\u00a0fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui du dioxyde de carbone.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019acc\u00e8s des m\u00e9nages ruraux aux biodigesteurs contribue enfin \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des femmes et des filles. Celles-ci, traditionnellement charg\u00e9es des corv\u00e9es de bois, sont vuln\u00e9rables aux maladies respiratoires et oculaires li\u00e9es \u00e0 l\u2019exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et prolong\u00e9e aux fum\u00e9es de combustion. Les biodigesteurs permettent de r\u00e9duire la charge de travail et la p\u00e9nibilit\u00e9 li\u00e9es \u00e0 la collecte du bois de chauffe, ainsi que le temps pass\u00e9 \u00e0 cuisiner. Am\u00e9liorant ainsi l\u2019assiduit\u00e9 scolaire des filles, ils permettent en outre aux femmes de mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus et d\u2019accro\u00eetre leur participation \u00e0 la vie communautaire. La participation des hommes \u00e0 l\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique du foyer par la collecte et la pr\u00e9paration des d\u00e9jections contribue \u00e9galement \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s au sein des m\u00e9nages.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s l\u2019installation d\u2019un biodigesteur, Mme\u00a0Ou\u00e9draogo Habibou dit Sapoka, productrice dans le nord du pays, a \u00e9tabli en 2017 un nouveau restaurant \u00e0 Bouli dans la commune de Thiou. Ce restaurant, o\u00f9 elle fait sa cuisson \u00e0 l\u2019aide du biogaz produit par son biodigesteur, r\u00e9pond aux besoins des membres de la communaut\u00e9. De plus, la disponibilit\u00e9 de la source d\u2019\u00e9nergie (biogaz) et des produits frais (l\u00e9gumes), favoris\u00e9e par les activit\u00e9s du projet IMSA, a \u00e9t\u00e9 un facteur d\u00e9terminant dans la cr\u00e9ation du restaurant.<\/p>\r\n\r\n<h3>La strat\u00e9gie de conservation et de commercialisation des r\u00e9coltes<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en march\u00e9 collective est un m\u00e9canisme permettant aux petites productrices et petits producteurs agricoles de regrouper les exc\u00e9dents de leur production individuelle au sein d\u2019une organisation paysanne en vue d\u2019en faire une commercialisation group\u00e9e avec l\u2019objectif d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vente gr\u00e2ce \u00e0 un meilleur pouvoir de n\u00e9gociation. Gr\u00e2ce \u00e0 la conservation des r\u00e9coltes dans les magasins de stockage, cette organisation peut aussi contr\u00f4ler la mise en march\u00e9 et vendre la production lorsque les prix sont favorables, ce qui permet d\u2019accro\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019am\u00e9lioration des moyens de conservation engendre une r\u00e9duction sensible des pertes post r\u00e9colte tout au long de la cha\u00eene de valeur. Les \u00e9tudes men\u00e9es par l\u2019AFDR en 2013 et le FAO (2015) au Burkina Faso montrent en effet que, chaque ann\u00e9e, les pertes et le gaspillage alimentaires atteignent en moyenne 30% pour les c\u00e9r\u00e9ales, de 40 \u00e0 50% pour les racines, les tubercules, les fruits et les l\u00e9gumes et 20% pour les ol\u00e9agineux, la viande et les produits laitiers. Gr\u00e2ce \u00e0 la conservation group\u00e9e des r\u00e9coltes, les organisations paysannes peuvent aussi racheter des productions de c\u00e9r\u00e9ales, les stocker puis les revendre \u00e0 leurs membres \u00e0 prix r\u00e9duit lors des p\u00e9riodes de soudure.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le manque d\u2019\u00e9quipements et de techniques de conservation \u00e9tait un facteur important de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des m\u00e9nages ruraux aux chocs climatiques, car il leur enlevait la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 leurs propres r\u00e9serves alimentaires en cas de perte de la production ou de besoins financiers impr\u00e9vus. Avant la mise en march\u00e9 collective, les m\u00e9nages vendaient \u00e0 bas prix leurs surplus en p\u00e9riode de r\u00e9colte, lorsque l\u2019offre \u00e9tait importante, et \u00e9taient contraints d\u2019acheter des aliments de moindre qualit\u00e9 \u00e0 un prix beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 en p\u00e9riode de soudure. Cela les exposait au risque d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et mobilisait leur \u00e9pargne qui n\u2019\u00e9tait alors plus disponible pour relancer la production apr\u00e8s un choc climatique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le syst\u00e8me de mise en march\u00e9 collective instaur\u00e9 par les partenaires burkinab\u00e9s a, entre autres, les objectifs\u00a0ci-apr\u00e8s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(i) La modification du rapport de force entre les producteurs\/productrices et les commer\u00e7ant-e-s, afin d\u2019am\u00e9liorer le pouvoir de n\u00e9gociation des productrices et producteurs en agissant sur le niveau ou la volatilit\u00e9 des prix du march\u00e9 des produits agricoles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(ii) L\u2019int\u00e9r\u00eat collectif des productrices et producteurs bas\u00e9 sur le principe de l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et sur la parit\u00e9 entre producteurs\/productrices agricoles des diff\u00e9rentes zones. Les frais li\u00e9s \u00e0 la commercialisation sont mis en commun pour que les producteurs\/productrices situ\u00e9-e-s loin des centres de regroupement des stocks ne soient pas d\u00e9favoris\u00e9-e-s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(iii) L\u2019offre de produits de qualit\u00e9, par l\u2019instauration de r\u00e8gles de commercialisation bas\u00e9es sur la qualit\u00e9 (mise en place d\u2019infrastructures et d\u2019\u00e9quipements de stockage et de conservation).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce syst\u00e8me met les productrices et les producteurs au centre de toutes les actions de commercialisation des produits agricoles, pour qu\u2019elles ou ils deviennent des actrices ou des acteurs incontournables du processus de vente. Le regroupement de l\u2019offre repose sur leur engagement \u00e0 livrer, au moment de la r\u00e9colte, un volume d\u2019exc\u00e9dents pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9. Cet engagement est consign\u00e9 par l\u2019organisation \u00e0 la base ainsi que par l\u2019organisation fa\u00eeti\u00e8re. L\u2019objectif de cette approche communautaire, soutenue par le Programme alimentaire mondial et la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de gestion des stocks de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, est d\u2019arriver \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9quilibre des pouvoirs bas\u00e9 sur la juste repr\u00e9sentativit\u00e9 et la volont\u00e9 des productrices ou des producteurs \u00e0 la base.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_148\" align=\"aligncenter\" width=\"379\"]<img class=\"size-full wp-image-148\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"219\" \/> <strong>Figure 11. <\/strong>Magasin de stockage du ni\u00e9b\u00e9.<br \/>Source : AFDR, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">La qualit\u00e9 des produits entrepos\u00e9s a une influence importante sur le prix de vente et des investissements. \u00c0 cet effet, des formations techniques ont \u00e9t\u00e9 mises en place pour am\u00e9liorer les conditions de collecte et de conservation des produits agricoles et r\u00e9pondre ainsi aux exigences du march\u00e9. D\u00e8s lors, sacs \u00e0 triple fond, silos m\u00e9talliques, palettes, bascules et magasins (figure 11 <em>supra<\/em>) se sont r\u00e9pandus. Ces moyens ont permis de r\u00e9duire les pertes li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des grains, aux attaques de rongeurs et d\u2019insectes, aux pertes de poids et \u00e0 la baisse de la valeur nutritionnelle des produits.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les fili\u00e8res traditionnellement g\u00e9r\u00e9es par les femmes, comme celles du ni\u00e9b\u00e9 et du bissap, ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement appuy\u00e9es. De plus, la repr\u00e9sentation des femmes au sein des instances dirigeantes des organisations paysannes a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e pour r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s. Ainsi, la strat\u00e9gie de commercialisation group\u00e9e du ni\u00e9b\u00e9, lanc\u00e9e par l\u2019AFDR avec les productrices, a permis d\u2019am\u00e9liorer les prix de vente et les revenus, ce qui a eu un effet direct sur la scolarisation des enfants, l\u2019alimentation et la sant\u00e9. La commercialisation group\u00e9e constitue un levier important pour l\u2019adaptation aux changements climatiques ainsi que pour la lutte contre les injustices sociales et la pauvret\u00e9 en milieu rural.<\/p>\r\n\r\n<h3>Les m\u00e9canismes financiers et non financiers favorisant la r\u00e9silience devant les changements climatiques<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans une \u00e9conomie rurale qui repose presque exclusivement sur l\u2019agriculture, et en l\u2019absence de syst\u00e8mes d\u2019assurance agricole et climatique, l\u2019\u00e9pargne collective (tontines ou microfinance) constitue un important m\u00e9canisme de r\u00e9silience, en particulier pour les femmes qui sont souvent exclues des programmes \u00e9tatiques et des m\u00e9canismes institutionnels. Des outils financiers adapt\u00e9s au contexte des changements climatiques ont donc \u00e9t\u00e9 con\u00e7us et mis en place avec la collaboration d\u2019institutions financi\u00e8res. Ils servent \u00e0 constituer des fonds de garantie et \u00e0 offrir une ligne de cr\u00e9dit dont les conditions r\u00e9pondent aux besoins des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. Ces fonds facilitent le d\u00e9marrage des campagnes agricoles ou la relance de la production apr\u00e8s une crise climatique, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019achat d\u2019intrants (semences am\u00e9lior\u00e9es et mat\u00e9riel) ou au recours \u00e0 une main-d\u2019\u0153uvre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Le montant du pr\u00eat est bas\u00e9 sur une estimation pr\u00e9visionnelle des rendements et sur l\u2019appr\u00e9ciation des prix courants. Les producteurs s\u2019engagent \u00e0 livrer un volume donn\u00e9 pour rembourser, en argent ou en nature, le cr\u00e9dit contract\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les femmes sont les premi\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficiaires de ce m\u00e9canisme, car faute de garantie fonci\u00e8re ou immobili\u00e8re, elles ont difficilement acc\u00e8s au cr\u00e9dit agricole des institutions financi\u00e8res. Afin de renforcer la strat\u00e9gie d\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres \u00e9tablie, les partenaires du projet IMSA appuient la mise en place de fonds de solidarit\u00e9 qui visent exclusivement des groupements de femmes. Les fonds de ce type utilisent l\u2019approche du programme \u00c9pargne pour le changement (EPC) (figure 12) qui mobilise les femmes tout en les formant \u00e0 la gestion collective de l\u2019\u00e9pargne afin de renforcer leurs capacit\u00e9s d\u2019investissement. L\u2019\u00e9pargne investie collectivement est utilis\u00e9e pour appuyer les initiatives \u00e9conomiques des membres, qui concernent le plus souvent l\u2019agrotransformation ou la commercialisation, mais \u00e9galement, parfois, la r\u00e9action \u00e0 un choc climatique ou \u00e9conomique. Le m\u00e9canisme d\u2019octroi des pr\u00eats et la solidarit\u00e9 entre membres, qui sont des femmes li\u00e9es par des liens communautaires forts, permettent de limiter les risques de surendettement et de garantir un taux de recouvrement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. En effet, les femmes d\u00e9cident entre elles d\u2019accorder un pr\u00eat et fixent ensemble les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. M\u00eame si le risque d\u2019endettement reste pr\u00e9sent, il faut noter cependant qu\u2019il est minime gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me collaboratif et au degr\u00e9 de solidarit\u00e9 qui facilitent le recouvrement de la quasi-totalit\u00e9 des sommes (souvent tr\u00e8s modestes) emprunt\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_149\" align=\"aligncenter\" width=\"382\"]<img class=\"size-full wp-image-149\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula.jpg\" alt=\"\" width=\"382\" height=\"244\" \/> <strong>Figure 12. <\/strong>Partage de l\u2019\u00e9pargne du groupement Basner\u00e9 et Paligwend\u00e9, commune de Oula. Source : AFRD, 2017[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9canismes non financiers de solidarit\u00e9, qu\u2019ils interviennent entre membres d\u2019une m\u00eame famille ou entre producteurs et productrices, jouent \u00e9galement un r\u00f4le important dans les soci\u00e9t\u00e9s rurales qui font face aux crises. Ils renforcent aussi les capacit\u00e9s d\u2019adaptation de l\u2019agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle vis-\u00e0-vis des bouleversements du climat. Partant de cette r\u00e9alit\u00e9, les partenaires burkinab\u00e9s\u00a0ont appuy\u00e9 la structuration d\u2019une Coop\u00e9rative d\u2019utilisation de mat\u00e9riel agricole (CUMA), laquelle facilite l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9quipements agricoles de qualit\u00e9 pour des personnes n\u2019ayant pas les moyens de m\u00e9caniser leur production. La modernisation des techniques de culture, en particulier du labour sur des terrains de plus en plus indur\u00e9s et difficiles \u00e0 travailler sous l\u2019effet de la s\u00e9cheresse, repr\u00e9sente un gain essentiel de temps et d\u2019efforts qui permet notamment aux productrices et producteurs de consacrer davantage de temps \u00e0 la mise en \u0153uvre de techniques de conservation des sols ou \u00e0 la production d\u2019intrants \u00e9cologiques. La mutualisation des moyens techniques est un levier important de solidarit\u00e9 pour lever les contraintes impos\u00e9es par les al\u00e9as climatiques, mais elle suppose un bon niveau de structuration des coop\u00e9ratives et la d\u00e9finition de m\u00e9canismes de gestion \u00e9quitables du mat\u00e9riel et des \u00e9quipements.<\/p>\r\n\r\n<h2>Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques sont une r\u00e9alit\u00e9 qui affecte durement les populations rurales du Burkina Faso en particulier les producteurs et productrices \u00e0 petite \u00e9chelle qui pratiquent l\u2019agriculture familiale durable. Mais les femmes sont davantage concern\u00e9es puisqu\u2019elles ne disposent pas des moyens techniques et financiers pour s\u2019adapter aux crises climatiques et y faire face. Dans un contexte de grande pauvret\u00e9, il est indispensable de concevoir et de mettre en \u0153uvre des approches de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9es qui reposent sur la gouvernance et la mobilisation communautaires, pour renforcer durablement les capacit\u00e9s d\u2019adaptation et de r\u00e9silience aux changements climatiques.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette perspective, le mod\u00e8le d\u2019intervention \u00e9labor\u00e9 et mis en \u0153uvre par les partenaires burkinab\u00e9s du projet Innovation et mobilisation pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de la FJPEL, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019AFDR, l\u2019APIL et l\u2019USCCPA\/BM, associe \u00e0 des m\u00e9canismes structur\u00e9s de solidarit\u00e9 l\u2019am\u00e9lioration des techniques de production traditionnelles et la diffusion d\u2019innovations culturales adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s des populations vuln\u00e9rables. Cela permet la constitution de r\u00e9serves alimentaires, une commercialisation plus juste et rentable des surplus ainsi qu\u2019un acc\u00e8s plus \u00e9quitable au cr\u00e9dit, aux intrants et \u00e0 la machinerie agricole.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La philosophie du d\u00e9veloppement rural par la base, qui s\u2019appuie sur le renforcement des capacit\u00e9s des populations locales et des acteurs du milieu, permet de rompre avec les logiques \u00e0 court terme et parfois attentistes, inadapt\u00e9es \u00e0 des conditions climatiques et socio-\u00e9conomiques en perp\u00e9tuel changement. Certes, l\u2019adaptation exige une meilleure connaissance de l\u2019\u00e9volution de son environnement et la ma\u00eetrise des techniques et des processus qui permettent d\u2019y faire face. Mais elle suppose aussi, avant tout, le renforcement des m\u00e9canismes communautaires qui aident les populations concern\u00e9es \u00e0 devenir des acteurs de changement capables de choisir et de mettre en \u0153uvre les strat\u00e9gies de r\u00e9ponse et de d\u00e9veloppement qui s\u2019accordent \u00e0 leurs besoins et \u00e0 leurs ambitions.<\/p>\r\n\r\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Banque Mondiale. n. d. a. <em>Donn\u00e9es. Population rural : % de la population totale<\/em>.\r\n<a href=\"https:\/\/donnees.banquemondiale.org\/indicateur\/sp.rur.totl.zs\">https:\/\/donnees.banquemondiale.org\/indicateur\/sp.rur.totl.zs<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Banque Mondiale. n. d. b. <em>La Banque mondiale au Bukina Faso<\/em>.\r\n<a href=\"https:\/\/www.banquemondiale.org\/fr\/country\/burkinafaso\/overview\">https:\/\/www.banquemondiale.org\/fr\/country\/burkinafaso\/overview<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brown, Oli et Crawford, Alec. 2008. <em>\u00c9valuation des cons\u00e9quences des changements climatiques sur la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest : \u00e9tude de cas nationale du Ghana et du Burkina Faso<\/em> (J. Roy, trad.). Institut International du D\u00e9veloppement Durable, Manitoba : Canada.\r\n<a href=\"https:\/\/www.iisd.org\/pdf\/2008\/security_implications_west_africa_fr.pdf\">https:\/\/www.iisd.org\/pdf\/2008\/security_implications_west_africa_fr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. n. d.. <em>La contribution des femmes \u00e0 la production agricole et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire : situation actuelle et perspectives<\/em>.\r\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/x0233f\/x0233f02.htm\">http:\/\/www.fao.org\/3\/x0233f\/x0233f02.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2015. <em>\u00c9valuation du programme de la FAO au Burkina Faso 2010-2014<\/em>. Rome, Italie : FAO.\r\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/a-bd462f.pdf\">http:\/\/www.fao.org\/3\/a-bd462f.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2018. <em>L\u2019\u00c9tat de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la nutrition dans le monde. Renforcer la r\u00e9silience face aux changements climatiques pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition<\/em>. Rome, Italie : FAO.\r\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/i9553fr\/i9553fr.pdf\">www.fao.org\/3\/i9553fr\/i9553fr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00ab Le Burkina Faso : M\u00e9t\u00e9o en 2017. Quel temps faisait-il? \u00bb.\r\n<a href=\"https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/\">https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019Environnement et du Cadre de Vie, Secr\u00e9tariat Permanent du Conseil National pour l\u2019Environnement et le D\u00e9veloppement Durable, (2017). <em>Programme d\u2019action national d\u2019adaptation \u00e0 la variabilit\u00e9 et aux changements climatiques (PANA du Bukina Faso)<\/em>. 84 pages.\r\n<a href=\"https:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/napa\/bfa01f.pdf\">https:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/napa\/bfa01f.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ONU Femmes. n. d. <em>CSW\u00a056 \u2013 Faits et chiffres sur les femmes rurales. Pauvret\u00e9 et faim<\/em>.\r\n<a href=\"http:\/\/www.unwomen.org\/fr\/news\/in-focus\/commission-on-the-status-of-women-2012\/facts-and-figures\">http:\/\/www.unwomen.org\/fr\/news\/in-focus\/commission-on-the-status-of-women-2012\/facts-and-figures<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PAM et DGPER. 2012. <em>Rapport d\u2019\u00e9valuation approfondie sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des m\u00e9nages en situation d\u2019urgence (EFSA) dans 170 communes d\u00e9clar\u00e9es \u00e0 risque d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire au Burkina<\/em>. PAM, Service de l\u2019Analyse de la S\u00e9curit\u00e9 Alimentaire, Rome : Italie.\r\n<a href=\"https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp249892.pdf\">https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp249892.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PAM et FEWS NET. 2014. <em>Analyse globale de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, de la S\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la nutrition (AGVSAN). Burkina Faso.<\/em> <em>R\u00e9sum\u00e9 Juillet 2014<\/em>.\r\n<a href=\"https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp266837.pdf\">https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp266837.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pedon, Am\u00e9d\u00e9e. n. d. Environnement \u00e9conomique et social. Repr\u00e9sentation du circuit de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise.\r\n<a href=\"http:\/\/unt.unice.fr\/aunege\/M2\/environnement_economique_et_social_Nancy2\/co\/Contenu_122.html\">http:\/\/unt.unice.fr\/aunege\/M2\/environnement_economique_et_social_Nancy2\/co\/Contenu_122.html<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PNUD. 2018. <em>Indices et indicateurs de d\u00e9veloppement humain. Mise \u00e0 jour statistique 2018<\/em> (S. Jahan, dir.). Communications Development Incorporated, Washington DC : USA.\r\n<a href=\"https:\/\/hdr.undp.org\/sites\/default\/files\/2018_human_development_statistical_update_fr.pdf\">https:\/\/hdr.undp.org\/sites\/default\/files\/2018_human_development_statistical_update_fr.pdf<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent texte a pour objectif de donner la parole aux acteurs locaux ainsi qu\u2019aux productrices et producteurs agricoles \u00e0 petite \u00e9chelle du Burkina Faso \u2013 qui pratiquent l\u2019agriculture familiale durable (AFD) \u2013 dans le but de mieux faire comprendre quelles r\u00e9percussions ont les changements climatiques sur leur vie quotidienne et quelles perspectives d\u2019adaptation semblent les plus porteuses en fonction des r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues. On y traitera des d\u00e9fis croissants pour l\u2019agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle qui ont une incidence sur la productivit\u00e9 agricole et sur la pression sur les ressources naturelles. On s\u2019attardera aussi sur le fait que les changements climatiques n\u2019affectent pas les femmes et les hommes de fa\u00e7on \u00e9gale, en creusant encore plus le foss\u00e9 des in\u00e9galit\u00e9s entre les genres. Enfin, on y pr\u00e9sentera diverses strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements climatiques. L\u2019approche utilis\u00e9e au sein du projet IMSA (Innovation et Mobilisation pour la S\u00e9curit\u00e9 Alimentaire) s\u2019inscrit dans un processus d\u2019innovation qui prend sa source \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 et repose sur l\u2019am\u00e9lioration et la diffusion des savoirs traditionnels et des techniques issues de l\u2019exp\u00e9rience de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019exploitants. Afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations vuln\u00e9rables, les techniques visant \u00e0 adapter les syst\u00e8mes de production et \u00e0 accro\u00eetre leur r\u00e9silience s\u2019accompagnent non seulement d\u2019actions destin\u00e9es \u00e0 mieux contr\u00f4ler la conservation et la commercialisation des r\u00e9coltes, mais aussi d\u2019un appui au renforcement des m\u00e9canismes financiers et non financiers de solidarit\u00e9 et de r\u00e9silience par rapport aux chocs climatiques.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/agriculture-familiale-durable\/\">Agriculture familiale durable<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/burkina-faso\/\">Burkina Faso<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/changement-climatique\/\">Changement climatique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/savoir-traditionnel\/\">Savoir traditionnel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The aim of this article is to give the floor to local actors and small-scale farmers and producers in Burkina Faso \u2013 who practise Sustainable Family Farming (SFF) \u2013 with the aim to better understand the impact of climate change on their daily lives and what prospects for adaptation seem to be the most promising according to the realities experienced. This will address growing challenges for small-scale agriculture that affect agricultural productivity and pressure on natural resources. It will also focus on the fact that climate change does not affect women and men equally, further widening the gap between gender inequalities. Finally, there will be various strategies for adapting to climate change. The approach used in the IMSA (Innovation and Mobilization for Food Security) project relies on an innovation process that takes its foundation within the community and is based on the improvement and dissemination of techniques from the experience of several generations of farmers. In order to ensure the food security of vulnerable populations, techniques for adapting production systems and increasing their resilience are accompanied not only by actions designed to better control the conservation and marketing of crops, but support for strengthening financial and non-financial mechanisms of solidarity and resilience in relation to climate shocks.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/burkina-faso\/\">Burkina Faso<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/climate-change\/\">climate change<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/sustainable-family-farming\/\">Sustainable family farming<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/traditional-knowledge\/\">Traditional knowledge<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>13 f\u00e9vrier 2019<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>4 avril 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>16 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Pratique\/retour de terrain<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Class\u00e9 \u00e0 la 183<sup>e<\/sup> position sur 188 pays d\u2019apr\u00e8s l\u2019indice de d\u00e9veloppement humain (IDH) calcul\u00e9 par le Programme des nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD, 2018, p. 25), le Burkina Faso reste l\u2019un des pays les plus pauvres de la plan\u00e8te. Pr\u00e8s de 71% de sa population vit en milieu rural (Banque mondiale, n.d. a) et son \u00e9conomie est essentiellement bas\u00e9e sur le secteur agricole. Les activit\u00e9s agropastorales et foresti\u00e8res y occupent plus de 80% de la population active, mais repr\u00e9sentent seulement 28,7% de la \u00ab valeur ajout\u00e9e \u00bb du produit int\u00e9rieur brut (PIB), c\u2019est-\u00e0-dire de la valeur r\u00e9elle de la richesse produite dans le pays (Banque mondiale, n. d. a; Pedon, n. d.). Ces chiffres traduisent le manque de productivit\u00e9 du secteur, principalement structur\u00e9 autour d\u2019exploitations familiales \u00e0 petite \u00e9chelle destin\u00e9es en priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019autoconsommation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui encore, pr\u00e8s de 80% des familles rurales au Burkina Faso d\u00e9pendent presque exclusivement de leur exploitation agricole pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, et plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre elles vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9 (Banque mondiale, n. d. b). L\u2019agriculture pratiqu\u00e9e reste faiblement m\u00e9canis\u00e9e, essentiellement pluviale et largement domin\u00e9e par les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et le petit \u00e9levage, fortement tributaires de la pluie. Or, dans la majeure partie du pays, la pluviom\u00e9trie n\u2019atteint qu\u2019un niveau moyen variant entre 450 \u00e0 700 mm\/an. Dans ce contexte, les changements climatiques repr\u00e9sentent, dans le temps et dans l\u2019espace, un d\u00e9fi majeur pour l\u2019agriculture familiale, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la lutte contre l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 en r\u00e9gion sah\u00e9lienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9conomie rurale du pays \u00e9tant presque exclusivement bas\u00e9e sur l\u2019agriculture, la question des in\u00e9galit\u00e9s entre les hommes et les femmes constitue un enjeu majeur, d\u2019autant plus que les femmes sont les plus vuln\u00e9rables aux effets des changements climatiques. En effet, m\u00eame si les femmes fournissent de 60 \u00e0 80% de la main-d\u2019\u0153uvre agricole en Afrique subsaharienne (FAO, n. d.), elles n\u2019ont traditionnellement pas acc\u00e8s au capital foncier et aux principaux moyens de production qui leur permettraient de s\u2019adapter \u00e0 ces changements (formations, mat\u00e9riel, cr\u00e9dit et intrants agricoles, etc.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019autre enjeu important pour l\u2019avenir du secteur agricole est celui de la rel\u00e8ve et de l\u2019emploi des jeunes ruraux. Alors que plus de la moiti\u00e9 de la population a moins de 20\u00a0ans, l\u2019agriculture n\u2019attire plus les jeunes qui la jugent trop archa\u00efque, trop peu rentable et incertaine, en raison des al\u00e9as climatiques qui peuvent r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant des mois d\u2019efforts et d\u2019investissements. Le m\u00e9tier des parents et des grands-parents n\u2019attire donc plus les jeunes qui, pour assurer leur avenir, pr\u00e9f\u00e8rent souvent l\u2019exode ou des secteurs moins tributaires du climat tels que les sites miniers informels, le petit commerce et les services.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour faire face \u00e0 ces d\u00e9fis, la Politique nationale de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du Burkina Faso, mise en \u0153uvre depuis octobre 2014, insiste sur le d\u00e9veloppement des techniques agro\u00e9cologiques r\u00e9silientes aux changements climatiques et sur le besoin d\u2019investissements en infrastructures qui permettront de garantir un acc\u00e8s permanent a\u0300 l\u2019alimentation. Le projet Innovation et mobilisation pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire (IMSA), financ\u00e9 par Affaires mondiales Canada, appuie la strat\u00e9gie nationale burkinab\u00e9e. Pour ce faire, il propose des actions misant sur la valorisation des savoirs traditionnels locaux dans le but de favoriser l\u2019introduction, l\u2019appropriation et la diffusion des techniques et technologies agro\u00e9cologiques innovantes adapt\u00e9es aux pratiques locales qui permettent de renforcer durablement les capacit\u00e9s d\u2019adaptation et de r\u00e9silience de plus de 3 000 productrices et producteurs aux changements climatiques. G\u00e9r\u00e9 par la Fondation Jules et Paul-\u00c9mile L\u00e9ger (FJPEL), ce projet (2015-2020) est con\u00e7u et mis en \u0153uvre par trois organisations partenaires burkinab\u00e9es\u00a0: l\u2019Association formation d\u00e9veloppement ruralit\u00e9 (AFDR) dans la r\u00e9gion du Nord, l\u2019ONG Action pour la promotion des initiatives locales (APIL) dans les r\u00e9gions du Centre, du Centre-Nord et du Plateau central, et l\u2019Union des soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives pour la commercialisation des produits agricoles de la boucle du Mouhoun (USCCPA\/BM).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La pr\u00e9sente \u00e9tude a pour objectif de donner la parole aux actrices et acteurs locaux ainsi qu\u2019aux productrices et producteurs agricoles \u00e0 petite \u00e9chelle \u2013 qui pratiquent l\u2019<em>agriculture familiale durable<\/em> (AFD) \u2013 afin de mieux faire comprendre les r\u00e9percussions des changements climatiques sur leur vie quotidienne et quelles strat\u00e9gies d\u2019adaptation semblent les plus porteuses et les mieux adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Cet article est le fruit de l\u2019expertise d\u00e9velopp\u00e9e par les organisations burkinab\u00e9es partenaires du projet IMSA, de leur exp\u00e9rience et leur connaissance approfondie du terrain, tant du point de vue de ses caract\u00e9ristiques biophysiques que de ses composantes et ses dynamiques sociales, \u00e9conomiques et culturelles. Ces actrices et acteurs, qui travaillent depuis de nombreuses ann\u00e9es aupr\u00e8s des communaut\u00e9s appuy\u00e9es, dont elles ou ils sont g\u00e9n\u00e9ralement issu-e-s et au sein desquelles elles ou ils pratiquent souvent elles-m\u00eames\/eux-m\u00eames l\u2019agriculture, offrent ainsi un t\u00e9moignage direct des probl\u00e9matiques telles que v\u00e9cues par les populations et une vision diff\u00e9rente sur les strat\u00e9gies d\u2019intervention les plus efficientes et les mieux adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s locales. Cette analyse s\u2019appuie \u00e9galement sur de nombreux t\u00e9moignages collect\u00e9s pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les populations vuln\u00e9rables, qui d\u00e9crivent les variations observ\u00e9es du climat, les impacts constat\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de leur parcelle et les effets des techniques et strat\u00e9gies d\u2019adaptation promues dans le cadre du projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La m\u00e9thodologie est construite autour des donn\u00e9es et des analyses produites dans le cadre du processus de suivi-\u00e9valuation du projet. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il est question de corr\u00e9ler les t\u00e9moignages, les perceptions et les observations de terrain aux donn\u00e9es climatiques et statistiques produites \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, r\u00e9gionale et communautaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, l\u2019\u00e9valuation et le suivi environnemental ont permis d\u2019analyser les r\u00e9sultats du projet en mati\u00e8re d\u2019adaptation aux changements climatiques au regard des rendements observ\u00e9s dans les parcelles voisines, mais \u00e9galement des donn\u00e9es climatiques produites par les repr\u00e9sentations r\u00e9gionales de\u00a0la Direction nationale de la m\u00e9t\u00e9orologie et des r\u00e9sultats de production des campagnes annuelles communiqu\u00e9s par le Minist\u00e8re de l\u2019agriculture et des am\u00e9nagements hydro-agricoles. De m\u00eame, les donn\u00e9es collect\u00e9es, dans le cadre de la recherche sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire men\u00e9e par un groupe de chercheurs<a class=\"footnote\" title=\"Groupe de recherche compos\u00e9 du Dr Hugo Melgar-Qui\u00f1onez, du Dr Patrick Cortbaoui et de Diana Dallmann (doctorante), de l\u2019Institut Margaret Gilliam pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire globale de la Facult\u00e9 d\u2019agriculture et des sciences de l\u2019environnement de l\u2019Universit\u00e9 McGill.\" id=\"return-footnote-136-1\" href=\"#footnote-136-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> de l\u2019Institut pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire globale de l\u2019Universit\u00e9 McGill, ont permis d\u2019affiner l\u2019analyse, gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats de trois enqu\u00eates successives r\u00e9alis\u00e9es entre 2016 et 2018 aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de 625 familles, en assurant la parit\u00e9 homme\/femme des r\u00e9pondants, au moyen d\u2019un questionnaire d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des principaux crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation propos\u00e9s par la FAO.<\/p>\n<h2>Des d\u00e9fis croissants pour l\u2019agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Burkina Faso a un climat aride de type soudano-sah\u00e9lien caract\u00e9ris\u00e9 par la succession de deux saisons principales. Une longue saison s\u00e8che, chaude et aride, s\u2019\u00e9tend d\u2019octobre \u00e0 mai et les temp\u00e9ratures y d\u00e9passent fr\u00e9quemment les 40\u00b0C. Quant \u00e0 la courte saison des pluies, qui a lieu de juin \u00e0 septembre, elle se distingue par des pr\u00e9cipitations concentr\u00e9es, irr\u00e9guli\u00e8res et in\u00e9galement r\u00e9parties sur le territoire. En effet, les pr\u00e9cipitations vont de 400 mm\/an dans le Nord (climat sah\u00e9lien) \u00e0 plus de 1000 mm\/an dans le Sud-Ouest<a class=\"footnote\" title=\"Donn\u00e9es du Minist\u00e8re de l\u2019environnement, de l\u2019\u00e9conomie verte et du changement climatique du Burkina Faso (www.environnement.gov.bf).\" id=\"return-footnote-136-2\" href=\"#footnote-136-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. Le nord du pays conna\u00eet les conditions les plus difficiles : les pr\u00e9cipitations y sont inf\u00e9rieures \u00e0 la moyenne nationale, comprises entre 454 mm et 779 mm\/an, et les temp\u00e9ratures maximales y ont d\u00e9pass\u00e9 les 45\u00b0C au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es<a class=\"footnote\" title=\"\u00ab Le Burkina Faso : M\u00e9t\u00e9o en 2017. Quel temps faisait-il? \u00bb. Consult\u00e9 le 14-03-2017 du site https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/\" id=\"return-footnote-136-3\" href=\"#footnote-136-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques ont de dures r\u00e9percussions sur le pays. Au-del\u00e0 du stress hydrique et des s\u00e9cheresses r\u00e9currentes, qui ont plong\u00e9 plus de 3,5\u00a0millions de personnes dans l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire en 2012 selon le PAM et la DGPER<a class=\"footnote\" title=\"Programme alimentaire mondiale et Direction g\u00e9n\u00e9rale pour la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale.\" id=\"return-footnote-136-4\" href=\"#footnote-136-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a> (2012, p. 11), les productrices et producteurs peinent \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la plus grande variabilit\u00e9 des saisons et \u00e0 l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des pr\u00e9cipitations qui bouleversent les calendriers culturaux traditionnels et sont responsables de poches de s\u00e9cheresse ainsi que d\u2019inondations destructrices. Les s\u00e9cheresses chroniques, en particulier celles de 1974, de 1984, de 2008 et de 2011, ont exacerb\u00e9 les conflits fonciers et les tensions pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles en zone rurale. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la hausse du prix des denr\u00e9es alimentaires ont \u00e9galement caus\u00e9 d\u2019importants troubles sociaux \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Programme d\u2019action nationale d\u2019adaptation \u00e0 la variabilit\u00e9 et aux changements climatiques du Burkina Faso pr\u00e9voit une importante diminution des pr\u00e9cipitations moyennes, de l\u2019ordre de 3,4% d\u2019ici \u00e0 2025 et de 7,3% d\u2019ici \u00e0 2050, qui pourrait s\u2019accompagner d\u2019une tr\u00e8s forte variation interannuelle et saisonni\u00e8re (MINECV-SPCNEDD<a class=\"footnote\" title=\"Minist\u00e8re de l\u2019environnement et du cadre de vie du Burkina Faso, Secr\u00e9tariat permanent du conseil national pour l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement durable.\" id=\"return-footnote-136-5\" href=\"#footnote-136-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>, 2007, p. 14). Les projections r\u00e9alis\u00e9es \u00e9voquent une diminution de l\u2019ordre de 20 a\u0300 30% du niveau actuel des pr\u00e9cipitations durant l\u2019hivernage et une augmentation de 60 a\u0300 80% des pr\u00e9cipitations en saison s\u00e8che sous forme de pluies courtes, localis\u00e9es et particuli\u00e8rement intenses, qui accentuent la d\u00e9gradation des sols et des cultures. Ce r\u00e9gime pluviom\u00e9trique pourrait \u00e9galement avoir une incidence importante sur le d\u00e9bit moyen des cours d\u2019eau, avec une baisse de l\u2019ordre de 54,7% du d\u00e9bit moyen du fleuve Mouhoun d\u2019ici \u00e0 2025 (Brown et Crawford, 2008, p. 38).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces changements ont un impact d\u2019autant plus grand que la forte d\u00e9gradation de l\u2019environnement, la faible qualit\u00e9 agronomique des sols, les techniques culturales inadapt\u00e9es et le manque de capital des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle leur permettent difficilement d\u2019absorber les chocs climatiques et de relancer la production apr\u00e8s une crise. \u00c0 cette probl\u00e9matique s\u2019ajoutent de mauvaises conditions de stockage et de conservation des r\u00e9coltes qui causent d\u2019importantes pertes et une diminution de la qualit\u00e9 nutritionnelle des aliments et exposent ainsi les m\u00e9nages \u00e0 des p\u00e9riodes de soudure de plus en plus longues. Selon le PAM et FEWS NET (2014, p. 1), seuls 38% des m\u00e9nages burkinab\u00e9s se trouvent en situation de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire alors que 23,8% de la population souffre d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire grave (FAO, 2018, p. 130).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les principaux effets n\u00e9gatifs des changements climatiques, tels qu\u2019ils sont actuellement ressentis par les productrices et producteurs des trois r\u00e9gions d\u2019intervention du projet IMSA, sont la plus grande variabilit\u00e9 des pr\u00e9cipitations, y compris sur de petites distances, et la fr\u00e9quence accrue des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames : \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse, vagues de chaleur, pluies intenses et inondations destructrices, mais aussi vents violents et nappes de poussi\u00e8re dans les r\u00e9gions du nord du pays. Les conditions climatiques instables et difficilement pr\u00e9visibles bouleversent les calendriers agricoles et causent des pertes importantes de rendement qui menacent la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Gilbert Coulibaly, pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative mixte de Boron, dans la province du Mouhoun, a souffert des effets d\u2019une poche de s\u00e9cheresse qui a durement touch\u00e9 sa production :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas bien donn\u00e9 cette ann\u00e9e, car une p\u00e9riode prolong\u00e9e de s\u00e9cheresse est arriv\u00e9e pendant la floraison. Les fleurs et les plants ont s\u00e9ch\u00e9, ce qui a emp\u00each\u00e9 la formation des gousses. Il pleut moins qu\u2019avant maintenant et les producteurs comme moi arrivent \u00e0 peine \u00e0 survivre. Parfois, nous perdons une r\u00e9colte tout enti\u00e8re \u00e0 cause du manque de pluie, ou d\u2019autres fois \u00e0 cause de l\u2019exc\u00e8s de pluie.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Victime d\u2019une s\u00e9cheresse prolong\u00e9e au moment de l\u2019\u00e9piaison de son ma\u00efs, Dioma Komon, un jeune producteur qui est aussi pr\u00e9sident de la coop\u00e9rative mixte Dj\u00e8kagni de Sami, dans la province des Banwa, souligne ceci :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Autrefois, il pleuvait assez et de fa\u00e7on bien r\u00e9partie dans le temps et dans l\u2019espace. Le climat \u00e9tait tr\u00e8s favorable, ce qui n\u2019est plus le cas maintenant. L\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des pluies menace notre agriculture et m\u00eame notre r\u00e9gion qui risque de perdre son titre de grenier du Burkina. Le changement climatique est en train de menacer notre source de revenus, ce qui veut dire que c\u2019est notre survie m\u00eame qui est menac\u00e9e\u2026<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces conditions difficiles ont une incidence directe sur la productivit\u00e9 agricole et se traduisent par une pression grandissante sur les ressources naturelles, hydriques et ligneuses en particulier, ainsi que par une extension rapide des surfaces cultiv\u00e9es par le d\u00e9frichement et le br\u00fblis pour compenser la baisse des rendements. \u00c0 cela s\u2019ajoutent la coupe abusive du bois de chauffe et la pression accrue du b\u00e9tail sur des p\u00e2turages moins productifs, qui affectent les ressources floristiques et faunistiques. \u00c0 en croire l\u2019\u00e9tude cartographique de l\u2019Institut g\u00e9ographique du Burkina (IBG) men\u00e9e de 1992 \u00e0 2002, les superficies naturelles couvertes de v\u00e9g\u00e9tation ont r\u00e9gress\u00e9 de 108 141 ha au profit des surfaces emblav\u00e9es. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne semble s\u2019\u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 encore au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie : selon le rapport d\u2019\u00e9tude <em>Changement climatique et agriculture durable du Burkina Faso : strat\u00e9gies de r\u00e9silience bas\u00e9es sur les savoirs locaux<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 en juin\u00a02016, 105\u00a0000\u00a0ha disparaissent chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La disparition progressive du couvert v\u00e9g\u00e9tal expose les sols au ruissellement et \u00e0 l\u2019\u00e9rosion alors que l\u2019application excessive d\u2019engrais chimiques \u2013 le plus souvent non homologu\u00e9s \u2013 pour compenser l\u2019appauvrissement des sols acc\u00e9l\u00e8re la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes et de la biodiversit\u00e9. Le tout se traduit par une perte du capital productif et par une diminution constante du rendement des cultures vivri\u00e8res \u00e0 vocation alimentaire. La d\u00e9forestation, l\u2019\u00e9rosion et le bouleversement des cycles hydrologiques locaux acc\u00e9l\u00e8rent le processus de d\u00e9sertification et la d\u00e9t\u00e9rioration des facteurs naturels de production dont d\u00e9pend l\u2019agriculture vivri\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La d\u00e9gradation du milieu naturel renforce l\u2019impact des s\u00e9cheresses et des inondations. De plus, elle nuit \u00e0 la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance et de r\u00e9silience des syst\u00e8mes productifs familiaux aux al\u00e9as climatiques. Le ph\u00e9nom\u00e8ne atteint un point tel que de nombreux paysans se disent aujourd\u2019hui d\u00e9courag\u00e9s et h\u00e9sitent \u00e0 investir dans leur parcelle, par peur de tout perdre, d\u2019autant plus que pour les exploitations touch\u00e9es, les m\u00e9canismes d\u2019appui ou d\u2019assurance climatique sont encore rares. Les productrices et producteurs font \u00e9galement part des d\u00e9g\u00e2ts de plus en plus importants caus\u00e9s par des maladies et des ravageurs, comme les chenilles l\u00e9gionnaires, qui n\u2019avaient jusque-l\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s que dans des r\u00e9gions beaucoup plus chaudes du pays. Toutefois, il reste difficile d\u2019attribuer directement ce ph\u00e9nom\u00e8ne aux changements climatiques, notamment en raison de l\u2019absence d\u2019\u00e9tudes scientifiques fiables sur le sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si le secteur c\u00e9r\u00e9alier, essentiellement pluvial et \u00e0 la base du syst\u00e8me agricole burkinab\u00e9, semble le plus fortement touch\u00e9, l\u2019\u00e9levage pastoral souffre aussi de la r\u00e9duction s\u00e9v\u00e8re du nombre de points d\u2019eau et de la surface de p\u00e2turages. La disparition progressive des gramin\u00e9es p\u00e9rennes et la concurrence de plus en plus forte pour l\u2019acc\u00e8s au foncier sont \u00e0 l\u2019origine de conflits croissants entre \u00e9leveurs et cultivateurs. D\u2019autre part, les pertes de b\u00e9tail ont de fortes r\u00e9percussions sur l\u2019\u00e9conomie familiale, pour qui les animaux constituent le principal moyen d\u2019\u00e9pargne et de r\u00e9ponse \u00e0 une crise. Ces pertes r\u00e9duisent ainsi leur capacit\u00e9 de r\u00e9silience et aggravent le cycle de la pauvret\u00e9.<\/p>\n<h2>Le renforcement des in\u00e9galit\u00e9s femmes-hommes<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques n\u2019affectent pas les femmes et les hommes de fa\u00e7on \u00e9gale. Les femmes sont, en effet, beaucoup plus vuln\u00e9rables aux al\u00e9as climatiques, en particulier en milieu rural, car elles d\u00e9pendent presque exclusivement des conditions naturelles pour assurer leur subsistance, n\u2019ayant qu\u2019un acc\u00e8s tr\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 des formations appropri\u00e9es et aux intrants agricoles (fertilisants, semences am\u00e9lior\u00e9es, mat\u00e9riel agricole et syst\u00e8mes d\u2019irrigation) indispensables pour s\u2019adapter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Elles exploitent, de surcro\u00eet, des parcelles g\u00e9n\u00e9ralement de moins bonne qualit\u00e9 et situ\u00e9es dans des zones plus expos\u00e9es aux effets du climat. D\u2019autre part, les femmes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du m\u00eame niveau d\u2019appui communautaire que les hommes. Cet appui est pourtant n\u00e9cessaire pour la mise en \u0153uvre des techniques d\u2019am\u00e9nagement et de pr\u00e9paration des parcelles face aux effets du climat. Par exemple, le labour am\u00e9lior\u00e9 ou l\u2019am\u00e9nagement des structures anti\u00e9rosives exigent une haute intensit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre (cordons pierreux, za\u00ef ou demi-lune). Les hommes mobilisent plus facilement les ressources humaines et financi\u00e8res permettant de s\u00e9curiser leur production et d\u2019accro\u00eetre les rendements, en plus de pouvoir r\u00e9aliser des travaux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s au besoin alors que les femmes restent majoritairement cantonn\u00e9es aux activit\u00e9s familiales et informelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cela s\u2019ajoute le fait que les femmes sont rarement propri\u00e9taires des parcelles qu\u2019elles exploitent, ce qui les emp\u00eache de s\u00e9curiser leur production et limite leur capacit\u00e9 d\u2019investissement, puisqu\u2019une terre productive est souvent r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par son propri\u00e9taire. \u00c9tant sous-repr\u00e9sent\u00e9es, voire absentes au sein des autorit\u00e9s villageoises traditionnelles ou institutionnelles, qui sont encore essentiellement contr\u00f4l\u00e9es par les hommes, les femmes ne participent pas non plus aux d\u00e9cisions relatives \u00e0 la gestion des ressources naturelles et productives. Ces diverses raisons expliquent pourquoi les parcelles exploit\u00e9es par les femmes pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement des rendements inf\u00e9rieurs \u00e0 celles des hommes et sont plus vuln\u00e9rables aux changements climatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais les changements climatiques ont \u00e9galement une incidence sur la qualit\u00e9 de vie des femmes \u00e0 travers l\u2019ensemble des activit\u00e9s dites reproductives (t\u00e2ches domestiques, alimentation, approvisionnement en eau et en \u00e9nergie, \u00e9ducation, soins aux malades, etc.), dont elles assument la responsabilit\u00e9. La rar\u00e9faction des ressources naturelles accro\u00eet ainsi consid\u00e9rablement leur charge de travail et la p\u00e9nibilit\u00e9 de l\u2019approvisionnement en bois et en eau dont elles sont traditionnellement responsables au sein du foyer. Selon le groupement f\u00e9minin Nabonswend\u00e9 de Sim, la collecte du bois de chauffe se faisait \u00e0 moins d\u2019un kilom\u00e8tre du village il y a 20\u00a0ans; de nos jours, il faut parcourir une dizaine de kilom\u00e8tres. Les efforts et le temps suppl\u00e9mentaires consacr\u00e9s \u00e0 ces corv\u00e9es se traduisent souvent par une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de vie des femmes et r\u00e9duisent leurs capacit\u00e9s \u00e0 mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus ou \u00e0 participer \u00e0 la vie communautaire. De plus, l\u2019absent\u00e9isme scolaire des filles s\u2019accro\u00eet, car elles aident leur m\u00e8re dans leurs t\u00e2ches, ce qui entretient les in\u00e9galit\u00e9s \u00e0 long terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, les femmes sont g\u00e9n\u00e9ralement les premi\u00e8res \u00e0 sacrifier leur ration alimentaire lorsque la nourriture vient \u00e0 manquer, et ce, ind\u00e9pendamment du travail physique qu\u2019elles exercent. Cette r\u00e9alit\u00e9 a des cons\u00e9quences directes sur leur \u00e9tat de sant\u00e9 en particulier lorsqu\u2019elles attendent un enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re des femmes, elle se pr\u00e9carise sous l\u2019effet des changements climatiques. En effet, elles disposent rarement d\u2019une \u00e9pargne de s\u00e9curit\u00e9, la quasi-totalit\u00e9 de leurs revenus \u00e9tant mobilis\u00e9s pour l\u2019\u00e9ducation des enfants, l\u2019alimentation et la sant\u00e9. Si la solidarit\u00e9 familiale et communautaire joue encore un r\u00f4le crucial en zone rurale dans la r\u00e9ponse aux crises climatiques et alimentaires, les femmes ont rarement la possibilit\u00e9 de trouver un emploi r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 de compl\u00e9ment en cas de crise. Elles doivent donc le plus souvent mobiliser leurs propres \u00e9conomies pour subvenir aux besoins alimentaires de la famille tout enti\u00e8re. L\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit formel (institutionnel) reste d\u2019autre part tr\u00e8s difficile pour elles puisque les garanties exig\u00e9es, comme la terre ou le b\u00e9tail, restent le plus souvent la propri\u00e9t\u00e9 des hommes. Dans ce contexte, la constitution des groupements f\u00e9minins ou des caisses de solidarit\u00e9, appel\u00e9es <em>tontines<\/em>, reste l\u2019un des seuls moyens d\u2019acc\u00e9der au cr\u00e9dit pour les femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 ces nombreux d\u00e9fis et le manque d\u2019appui des politiques agricoles locales et nationales, qui ne prennent pas suffisamment en compte leurs int\u00e9r\u00eats et leurs besoins, les agricultrices sont de plus en plus vuln\u00e9rables aux changements climatiques qui creusent encore le foss\u00e9 des in\u00e9galit\u00e9s entre les femmes et les hommes. L\u2019appui sp\u00e9cifique aux productrices est fondamental pour l\u2019avenir de l\u2019agriculture. En effet, les femmes pourraient accro\u00eetre leurs rendements de 20 \u00e0 30% si elles b\u00e9n\u00e9ficiaient du m\u00eame acc\u00e8s que les hommes aux ressources productives, ce qui permettrait de r\u00e9duire le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde de 12% \u00e0 17% (ONU Femmes).<\/p>\n<h2>Les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements climatiques<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les partenaires burkinab\u00e9s du projet IMSA ont \u00e9labor\u00e9 diverses strat\u00e9gies pour r\u00e9pondre aux nombreux d\u00e9fis li\u00e9s aux changements climatiques et renforcer les capacit\u00e9s d\u2019adaptation des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. L\u2019approche utilis\u00e9e mise sur un processus d\u2019innovation prenant sa source \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 et repose sur l\u2019am\u00e9lioration et la diffusion des savoirs traditionnels et des techniques issues de l\u2019exp\u00e9rience de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019exploitants. Les \u00e9quipes de l\u2019AFDR, de l\u2019APIL et de l\u2019USCCPA\/BM travaillent ainsi sur la syst\u00e9matisation d\u2019itin\u00e9raires techniques adapt\u00e9s aux nouveaux enjeux climatiques, dans l\u2019objectif de mettre au point des solutions accessibles et facilement reproductibles au sein des communaut\u00e9s de base afin qu\u2019elles b\u00e9n\u00e9ficient au plus grand nombre d\u2019individus. De nombreuses innovations techniques con\u00e7ues et promues par les pays dits d\u00e9velopp\u00e9s restent, en effet, \u00e0 la fois inadapt\u00e9es au contexte africain et financi\u00e8rement inaccessibles pour les productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle, faute de capacit\u00e9 d\u2019investissement et de moyens techniques pour les mettre en \u0153uvre. La r\u00e9cup\u00e9ration, la mise en valeur et l\u2019adaptation des techniques traditionnelles de culture, parfois oubli\u00e9es, facilitent leur appropriation par le plus grand nombre et contribuent \u00e0 l\u2019obtention de r\u00e9sultats concrets et durables \u00e0 grande \u00e9chelle. Les techniques diffus\u00e9es sont pr\u00e9sent\u00e9es bri\u00e8vement, ci-dessous, par th\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La strat\u00e9gie de diffusion des techniques am\u00e9lior\u00e9es vise \u00e0 garantir leur pleine appropriation par les communaut\u00e9s. Ainsi, elle repose sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des centres de formation \u00e9tablis au plus pr\u00e8s des communaut\u00e9s rurales et sur la formation des technicien-ne-s et de formateurs\/formatrices locaux\/locales issu-e-s de la communaut\u00e9. Les partenaires ont \u00e9labor\u00e9 les cursus de formation et les itin\u00e9raires techniques de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019ils r\u00e9pondent aux nouveaux d\u00e9fis pos\u00e9s par les changements climatiques, tout en tenant compte des conditions pr\u00e9cises d\u2019exploitation et de la r\u00e9alit\u00e9 de chaque exploitant(e) et de chaque organisation paysanne. La formation associe un ensemble de techniques agro\u00e9cologiques destin\u00e9es \u00e0 conserver les facteurs de production et \u00e0 accro\u00eetre les rendements \u00e0 court, \u00e0 moyen et \u00e0 long terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations vuln\u00e9rables, les techniques qui visent \u00e0 adapter les syst\u00e8mes de production et \u00e0 accro\u00eetre leur r\u00e9silience s\u2019accompagnent non seulement d\u2019actions destin\u00e9es \u00e0 mieux contr\u00f4ler la conservation et la commercialisation des r\u00e9coltes, mais aussi d\u2019un appui au renforcement des m\u00e9canismes financiers et non financiers de solidarit\u00e9 et de r\u00e9silience par rapport aux chocs climatiques. Les principales techniques et activit\u00e9s, con\u00e7ues et mises en \u0153uvre selon une approche d\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres, sont pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous. Ramata Balma, productrice de 45 ans et m\u00e8re de quatre enfants, qui vit dans le village de Sidigo, dans la commune de Boussouma, t\u00e9moigne de ses difficult\u00e9s devant les changements climatiques et des effets b\u00e9n\u00e9fiques des techniques enseign\u00e9es :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans notre famille, nous vivons de ce que nous cultivons. Mais depuis un certain nombre d\u2019ann\u00e9es, le climat n\u2019est plus le m\u00eame qu\u2019au temps de nos parents. De nos jours, nous connaissons de fortes chaleurs en saison s\u00e8che et les pr\u00e9cipitations sont de plus en plus rares en saison des pluies. Nous souffrons beaucoup. Avant, nous ne connaissions pas la faim, mais maintenant, nous sommes oblig\u00e9s de rationner les denr\u00e9es pour pouvoir donner \u00e0 manger \u00e0 nos enfants. Par exemple, cette ann\u00e9e, les pluies ont commenc\u00e9 t\u00f4t (au mois de mai), mais actuellement (en septembre) nous vivons des \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse qui nous inqui\u00e8tent pour la suite de notre vie en campagne. Mais depuis que mon groupement b\u00e9n\u00e9ficie des appuis du projet IMSA, nous r\u00e9sistons mieux \u00e0 ces changements climatiques. Avec les semences am\u00e9lior\u00e9es, les techniques de conservation des sols et les formations sur la protection de l\u2019environnement, nous arrivons \u00e0 exploiter de mani\u00e8re raisonnable nos ressources naturelles.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Les techniques de conservation des sols<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les strat\u00e9gies de conservation des sols reposent sur trois principes fondamentaux : r\u00e9duire au minimum le travail des sols, r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux al\u00e9as climatiques et am\u00e9liorer le cycle de la mati\u00e8re organique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le semis direct<\/strong> consiste \u00e0 faire un scarifiage ou des poquets en respectant un \u00e9cartement de 80\u00a0cm sur 40\u00a0cm. Cette technique, qui pr\u00e9sente l\u2019avantage de conserver la structure du sol sans l\u2019exposer aux pluies ou \u00e0 la s\u00e9cheresse, fait gagner un temps pr\u00e9cieux en p\u00e9riode de semis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour Soara Kal\u00e9, agriculteur du village de Priw\u00e9, dans la province des Banwa :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La pratique du semis direct est une r\u00e9ponse simple et efficace au probl\u00e8me d\u2019appauvrissement des sols et permet de gagner du temps au moment de la mise en place des cultures. Gr\u00e2ce \u00e0 cette technique, dit-il, j\u2019ai pu emblaver 2,5\u00a0hectares de ma\u00efs en juin pass\u00e9 et je pense obtenir une bonne r\u00e9colte cette ann\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019association culturale de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumineuses<\/strong>, appliqu\u00e9e par les productrices et producteurs burkinab\u00e9s depuis plus d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es (association de sorgho et de ni\u00e9b\u00e9, par exemple), enrichit les sols en azote, les prot\u00e8ge et diversifie la production \u2013 donc r\u00e9duit les risques \u2013 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tagement des cultures. L\u2019am\u00e9lioration de cette pratique consiste \u00e0 semer une l\u00e9gumineuse dans les interlignes de la culture principale (mil, sorgho ou ma\u00efs) en respectant un \u00e9cartement de 80\u00a0cm sur 40\u00a0cm entre les lignes et un d\u00e9lai de deux semaines entre les semis afin d\u2019\u00e9viter la concurrence des deux cultures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Kon\u00e9 Marie, productrice du village de Digani, dans la province de la Kossi, se dit tr\u00e8s satisfaite de cette technique :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pratique va beaucoup nous aider, nous, les femmes de l\u2019union, car \u00e7a nous permet entre autres de diversifier nos cultures en utilisant la m\u00eame parcelle, ce qui r\u00e9sout en partie le probl\u00e8me de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre lorsque l\u2019on veut \u00e9tendre ou diversifier notre production. Moi, j\u2019ai emblav\u00e9 une parcelle mixte de 0,5\u00a0hectare. Mon ni\u00e9b\u00e9 est en pleine r\u00e9colte et mon sorgho, \u00e0 la montaison, ce qui me permet de r\u00e9partir mon effort pour la r\u00e9colte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La production de compost am\u00e9lior\u00e9 et de fumure organique<\/strong> est utilis\u00e9e pour enrichir et structurer les sols et les produits selon diff\u00e9rentes techniques comme le compostage en tas, les fosses en bordure de champ ou les effluents de biodigesteurs (figure 1). Ces techniques, notamment promues par le PAM au Burkina Faso, sont facilement accessibles aux productrices et producteurs les plus modestes, car elles sont \u00e9conomiques comparativement \u00e0 l\u2019achat d\u2019engrais chimiques. Elles ont des effets rapides sur la fertilit\u00e9 et contrent l\u2019\u00e9rosion tout en conservant l\u2019humidit\u00e9 des sols.<\/p>\n<figure id=\"attachment_137\" aria-describedby=\"caption-attachment-137\" style=\"width: 667px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-137\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9.jpg\" alt=\"\" width=\"667\" height=\"244\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9.jpg 667w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9-300x110.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9-65x24.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9-225x82.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Pr\u00e9paration-du-compost-am\u00e9lior\u00e9-350x128.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-137\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 1. <\/strong>Pr\u00e9paration du compost am\u00e9lior\u00e9. Source : AFDR et APIL, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Bibata Rouamba, du village de Kamandena, dans la province du Mouhoun, qui a produit 3 tonnes de fumier en tas pour sa parcelle de 0,5 ha de ni\u00e9b\u00e9, constate les b\u00e9n\u00e9fices pour sa production en ces termes :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Vous voyez, ma parcelle de ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas trop souffert comme l\u2019an pass\u00e9, les plants se sont bien d\u00e9velopp\u00e9s et je n\u2019ai pas eu d\u2019attaque de chenilles. Mon ni\u00e9b\u00e9 n\u2019a pas trop souffert des 15\u00a0jours de s\u00e9cheresse et \u00e7a, c\u2019est gr\u00e2ce au fertilisant organique que j\u2019ai utilis\u00e9. Je suis en train de r\u00e9colter mon ni\u00e9b\u00e9. Si tout va bien, je ferai une bonne r\u00e9colte cette ann\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019utilisation du compost permet d\u2019intensifier la production de mani\u00e8re \u00e9cologique et remplace la jach\u00e8re qui ne r\u00e9pond plus aux contraintes climatiques actuelles. L\u2019augmentation des rendements sur de petites superficies b\u00e9n\u00e9ficie directement aux femmes dont les parcelles sont g\u00e9n\u00e9ralement de taille modeste et les sols souvent de faible qualit\u00e9 agronomique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Alima Ou\u00e9draogo, productrice \u00e0 Tanhoko, dans la commune de Boussouma, t\u00e9moigne ainsi des apports de cette technique:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le compost m\u2019a permis d\u2019obtenir de meilleurs rendements et de m\u2019adapter aux irr\u00e9gularit\u00e9s des pluies. Sur mon exploitation d\u2019un hectare, j\u2019ai obtenu l\u2019an pass\u00e9 750\u00a0kg de ni\u00e9b\u00e9 et 900\u00a0kg de sorgho. Dans les ann\u00e9es ant\u00e9rieures, j\u2019avais \u00e0 peine 200\u00a0kg de ni\u00e9b\u00e9 ou de sorgho.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Un seul biodigesteur de 4\u00a0m3 peut produire plus de 40\u00a0tonnes par an de compost d\u2019excellente qualit\u00e9, un volume qui peut fertiliser environ 8,4\u00a0ha de c\u00e9r\u00e9ales ou environ 16,8\u00a0ha de ni\u00e9b\u00e9. Les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es sur le terrain d\u00e9montrent que cet effluent, d\u00e9pourvu de m\u00e9thane, s\u2019av\u00e8re un engrais organique de meilleure qualit\u00e9 que le fumier, le compost traditionnel ou les fertilisants industriels. La production de compost est d\u2019ailleurs un facteur facilitant important dans l\u2019adoption de cette nouvelle technologie d\u2019\u00e9nergie renouvelable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un producteur du village de Ban, dans la province des Banwa, confirme qu\u2019avec cet effluent les plantes r\u00e9sistent mieux \u00e0 la s\u00e9cheresse qu\u2019avec les engrais chimiques :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019ai voulu faire une exp\u00e9rience en utilisant une partie du champ, sur laquelle j\u2019ai appliqu\u00e9 l\u2019effluent du biodigesteur, et lorsque j\u2019ai sem\u00e9, j\u2019ai remarqu\u00e9 une nette diff\u00e9rence. Les parcelles o\u00f9 l\u2019effluent a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 se pr\u00e9sentent bien et il y a moins de mauvaises herbes. Je suis tr\u00e8s satisfait du r\u00e9sultat.<\/p>\n<\/blockquote>\n<figure id=\"attachment_138\" aria-describedby=\"caption-attachment-138\" style=\"width: 384px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-138\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux.jpg\" alt=\"\" width=\"384\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux.jpg 384w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux-300x182.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux-65x39.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux-225x137.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Cordons-pierreux-350x212.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 384px) 100vw, 384px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-138\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 2. <\/strong>Cordons pierreux. Source : AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les cordons pierreux <\/strong>ci-dessus (figure 2) sont des ouvrages anti\u00e9rosifs semi-perm\u00e9ables confectionn\u00e9s \u00e0 partir de pierres polyformes dispos\u00e9es sur des courbes de niveau. Ils freinent les eaux de ruissellement et att\u00e9nuent l\u2019\u00e9rosion \u00e9olienne des sols. Les cordons pierreux permettent ainsi de conserver la mati\u00e8re organique et les \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux des sols au sein des parcelles qu\u2019ils d\u00e9limitent, en plus de favoriser l\u2019infiltration des eaux de pluie. Ils prot\u00e8gent \u00e9galement des inondations la v\u00e9g\u00e9tation et certains am\u00e9nagements tels que le za\u00ef ou les demi-lunes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les bandes enherb\u00e9es ou cordons v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s <\/strong>(figure 3) sont des barri\u00e8res biologiques qui jouent le m\u00eame r\u00f4le que les cordons pierreux dans le contr\u00f4le du ruissellement et de l\u2019\u00e9rosion des sols, mais qui ont l\u2019avantage suppl\u00e9mentaire de produire du fourrage ou de la paille pour la productrice ou le producteur. La technique consiste \u00e0 installer ou \u00e0 entretenir une bande v\u00e9g\u00e9tative d\u2019esp\u00e8ces p\u00e9rennes parall\u00e8le aux courbes de niveau et d\u2019une largeur suffisamment importante pour r\u00e9duire le ruissellement et favoriser l\u2019infiltration de l\u2019eau. Les esp\u00e8ces couramment utilis\u00e9es au Burkina Faso sont <em>Andropogon gayanus<\/em>, <em>Andropogon ascinodis<\/em>, <em>Cymbopogon ascinodis<\/em> et <em>Vetiveria zizanio\u00efdes<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_139\" aria-describedby=\"caption-attachment-139\" style=\"width: 383px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-139\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es.jpg\" alt=\"\" width=\"383\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es.jpg 383w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es-300x180.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es-65x39.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es-225x135.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Exemple-de-bandes-enherb\u00e9es-350x210.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 383px) 100vw, 383px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-139\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 3. <\/strong>Exemple de bandes enherb\u00e9es. Source : AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le paillage<\/strong> est une technique ancienne, tr\u00e8s r\u00e9pandue dans la zone sud-sah\u00e9lienne. Elle consiste \u00e0 recouvrir le sol d\u2019une couche d\u2019environ 2\u00a0cm d\u2019herbes, de branchages ou de r\u00e9sidus de r\u00e9coltes (tiges de mil, de sorgho, de riz, etc.) pour prot\u00e9ger la surface du sol contre la m\u00e9t\u00e9orisation des agr\u00e9gats due \u00e0 l\u2019impact des gouttes d\u2019eau de pluie (effet <em>splash<\/em>). Le paillage doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 pendant la saison s\u00e8che, quelques mois avant le semis, pour permettre une meilleure d\u00e9composition. Cette technique conserve l\u2019humidit\u00e9 du sol par r\u00e9duction de l\u2019\u00e9vaporation tout en facilitant, gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9composition de la mati\u00e8re organique, la r\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es. Elle favorise \u00e9galement le d\u00e9veloppement de la microfaune dont l\u2019activit\u00e9 acc\u00e9l\u00e8re le processus de d\u00e9gradation de la mati\u00e8re organique et accro\u00eet l\u2019a\u00e9ration ainsi que la porosit\u00e9 des sols (lutte contre la compaction), facilitant ainsi la p\u00e9n\u00e9tration des eaux de pluie et r\u00e9duisant le ruissellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le za\u00ef<\/strong> (figures 4.1 et 4.2) est une technique traditionnelle originaire du Yatenga (nord du Burkina Faso). Elle consiste \u00e0 creuser des cuvettes de 20 \u00e0 40\u00a0cm de diam\u00e8tre et de 10 \u00e0 20\u00a0cm de profondeur dans lesquelles on ajoute deux poign\u00e9es de fumure organique (de 300 \u00e0 600\u00a0g) avant le semis. La terre excav\u00e9e est utilis\u00e9e pour former des murets qui d\u00e9limitent un casier autour du paquet de semences afin de capter et de conserver les eaux de ruissellement ainsi que les \u00e9l\u00e9ments nutritifs du sol. Les rang\u00e9es de za\u00ef doivent \u00eatre d\u00e9cal\u00e9es et perpendiculaires \u00e0 la pente du terrain pour freiner le ruissellement interstitiel. La taille des cuvettes et leur espacement varient selon le type de sol et les conditions pluviom\u00e9triques; elles sont plus larges sur les sols peu perm\u00e9ables et les zones arides, pour accro\u00eetre le bassin de captation. L\u2019espacement entre les cuvettes doit id\u00e9alement \u00eatre couvert de paillis, ce qui augmente la r\u00e9tention d\u2019eau du sol et y d\u00e9clenche une activit\u00e9 biologique.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\"><\/div>\n<figure id=\"attachment_140\" aria-describedby=\"caption-attachment-140\" style=\"width: 354px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-140\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel.jpg\" alt=\"\" width=\"354\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel.jpg 354w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel-300x195.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel-65x42.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel-225x146.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-manuel-350x227.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 354px) 100vw, 354px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-140\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 4.1. <\/strong>Za\u00ef manuel. Source : APIL et AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_141\" aria-describedby=\"caption-attachment-141\" style=\"width: 346px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-141\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es.jpg\" alt=\"\" width=\"346\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es.jpg 346w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es-65x44.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Za\u00ef-m\u00e9canis\u00e9-sur-des-terres-d\u00e9grad\u00e9es-225x151.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 346px) 100vw, 346px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-141\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 4.2.. <\/strong>Za\u00ef m\u00e9canis\u00e9 sur des terres d\u00e9grad\u00e9es.<br \/>Source : APIL et AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La demi-lune<\/strong> (figure 5) est une cuvette en forme de demi-cercle qui poss\u00e8de les m\u00eames fonctions que le za\u00ef, mais s\u2019av\u00e8re mieux adapt\u00e9e pour certaines cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, comme le sorgho, et sur les terrains expos\u00e9s \u00e0 de fortes pluies ou \u00e0 des vents violents. Son rebord en forme de croissant, constitu\u00e9 \u00e0 partir de la terre excav\u00e9e, est plac\u00e9 perpendiculairement \u00e0 la pente, et en aval par rapport \u00e0 celle-ci, de mani\u00e8re \u00e0 former un impluvium qui capte les eaux de ruissellement. Cette technique permet notamment la r\u00e9cup\u00e9ration des sols d\u00e9grad\u00e9s et indur\u00e9s ou encro\u00fbt\u00e9s, ce qui augmente les surfaces cultiv\u00e9es.<\/p>\n<figure id=\"attachment_142\" aria-describedby=\"caption-attachment-142\" style=\"width: 712px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-142\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux.jpg\" alt=\"\" width=\"712\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux.jpg 712w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux-300x95.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux-65x21.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux-225x71.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Champs-de-sorgho-avec-am\u00e9nagements-de-demi-lunes-et-de-cordons-pierreux-350x111.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 712px) 100vw, 712px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-142\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 5. <\/strong>Champs de sorgho avec am\u00e9nagements de demi-lunes et de cordons pierreux.<br \/>Source : APIL et AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Le bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCER) <\/strong>(figure 6) est un ouvrage qui utilise les couloirs naturels d\u2019\u00e9coulement des eaux de pluie pour constituer une r\u00e9serve d\u2019eau disponible pour l\u2019irrigation. Une structure d\u2019enrochement est dispos\u00e9e en amont de l\u2019ouvrage pour disperser la force de l\u2019eau et permettre la d\u00e9cantation des s\u00e9diments, ce qui \u00e9vitera le comblement pr\u00e9coce de l\u2019ouvrage. Ces structures s\u2019av\u00e8rent particuli\u00e8rement adapt\u00e9es aux changements du r\u00e9gime des pluies : en captant l\u2019eau des pr\u00e9cipitations violentes, elles r\u00e9duisent les risques d\u2019inondation et d\u2019\u00e9rosion pour redistribuer cette eau durant les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse afin de r\u00e9gulariser et de s\u00e9curiser les cycles de production.<\/p>\n<figure id=\"attachment_143\" aria-describedby=\"caption-attachment-143\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-143\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"235\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye.jpg 370w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye-300x191.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye-65x41.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye-225x143.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Bassin-de-collecte-des-eaux-de-ruissellement-du-Centre-de-formation-agricole-et-artisanale-du-village-Tangaye-350x222.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-143\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 6. <\/strong>Bassin de collecte des eaux de ruissellement du Centre de formation agricole et artisanale du village Tangaye. Source : AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019agroforesterie<\/strong> est pratiqu\u00e9e selon une approche int\u00e9gr\u00e9e associant la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e, la production de plants en p\u00e9pini\u00e8re (figure 7) et le reboisement. Elle favorise la restauration des sols d\u00e9grad\u00e9s et la r\u00e9gularisation du cycle hydrologique et pluviom\u00e9trique local. La r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle assist\u00e9e (RNA) vise \u00e0 stimuler le d\u00e9veloppement d\u2019esp\u00e8ces ligneuses et leur int\u00e9gration au sein des parcelles cultiv\u00e9es, de mani\u00e8re \u00e0 accro\u00eetre les rendements. Cette pratique est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e des communaut\u00e9s, car m\u00eame si elle exige relativement peu d\u2019efforts et de connaissances techniques, elle produit des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 long terme.<\/p>\n<figure id=\"attachment_144\" aria-describedby=\"caption-attachment-144\" style=\"width: 349px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-144\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re.jpg\" alt=\"\" width=\"349\" height=\"220\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re.jpg 349w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re-65x41.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Production-de-plants-en-p\u00e9pini\u00e8re-225x142.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 349px) 100vw, 349px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-144\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 7. <\/strong>Production de plants en p\u00e9pini\u00e8re.<br \/>Source : USCCPA, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">La production de plants en p\u00e9pini\u00e8re peut se concentrer sur des esp\u00e8ces endog\u00e8nes adapt\u00e9es aux conditions locales en plus d\u2019offrir une source compl\u00e9mentaire de revenus. Les esp\u00e8ces ayant une valeur productive ou apportant diff\u00e9rents types de services \u00e9cologiques sont privil\u00e9gi\u00e9es : production fruiti\u00e8re ou ligneuse, valeur nutritive (comme celle qu\u2019offre le <em>Moringa oleifera<\/em>), esp\u00e8ces fourrag\u00e8res, enrichissement des sols en azote, lutte contre l\u2019\u00e9rosion, infiltration des eaux de ruissellement, etc. Les plantules sont mises en terre par les productrices et producteurs autour des parcelles (pour r\u00e9duire l\u2019\u00e9rosion \u00e9olienne) ou de fa\u00e7on dispers\u00e9e \u2013 de mani\u00e8re \u00e0 prot\u00e9ger les sols du rayonnement solaire tout en les enrichissant de mati\u00e8re organique. Des campagnes communautaires de reboisement sont \u00e9galement organis\u00e9es pour conserver les espaces sensibles comme les zones de ruissellement, les environs des sources et des plans d\u2019eau (ripisylves par exemple), les zones de recharge des nappes phr\u00e9atiques ou les zones bois\u00e9es restaur\u00e9es. Les effets positifs sur la biodiversit\u00e9 contribuent en outre \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre des \u00e9cosyst\u00e8mes locaux et \u00e0 la conservation des facteurs naturels de production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les semences am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 cycle court<\/strong> (figure 8) permettent de r\u00e9duire consid\u00e9rablement la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des cultures aux s\u00e9cheresses en raccourcissant le cycle cultural. Ces semences, issues de la s\u00e9lection g\u00e9n\u00e9tique mais sans modification du g\u00e9nome (sans OGM), s\u2019av\u00e8rent plus r\u00e9sistantes au stress hydrique et permettent donc d\u2019accro\u00eetre ou s\u00e9curiser les rendements lorsque des poches de s\u00e9cheresse affectent les plants, en particulier en p\u00e9riode de germination. Le projet facilite ainsi l\u2019acquisition de semences am\u00e9lior\u00e9es certifi\u00e9es par le Service national des semences du Burkina Faso, mais appuie \u00e9galement le processus de s\u00e9lection et de conservation de semences locales par la constitution de r\u00e9serves familiales ou communautaires (dotation de silos et formations), ainsi que des banques de semences accessibles aux petits producteurs et productrices \u00e0 des conditions privil\u00e9gi\u00e9es, afin de renforcer leur r\u00e9silience face aux crises climatiques et \u00e9conomiques.<\/p>\n<figure id=\"attachment_145\" aria-describedby=\"caption-attachment-145\" style=\"width: 379px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-145\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court.jpg 379w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court-300x178.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court-65x39.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court-225x134.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Semences-am\u00e9lior\u00e9es-\u00e0-cycle-court-350x208.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-145\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 8. <\/strong>Semences am\u00e9lior\u00e9es \u00e0 cycle court.<br \/>Source : USCCPA, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les biopesticides <\/strong>(figure 9), \u00e9labor\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de produits naturels disponibles localement comme la poudre de neem, l\u2019oignon, l\u2019ail, le piment, la cendre ou le savon, offrent une option respectueuse de l\u2019environnement et de la sant\u00e9 humaine et facilement accessible aux productrices et aux producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. Associ\u00e9s aux fertilisants organiques, ils permettent de r\u00e9duire les co\u00fbts de la production et d\u2019accro\u00eetre sa valeur ajout\u00e9e en particulier lorsque la fili\u00e8re biologique est certifi\u00e9e. La production et l\u2019utilisation de bioherbicides et de biofongicides compl\u00e8tent cette approche.<\/p>\n<figure id=\"attachment_146\" aria-describedby=\"caption-attachment-146\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-146\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"244\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides.jpg 370w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides-300x198.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides-65x43.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides-225x148.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Biopesticides-350x231.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-146\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 9. <\/strong>Biopesticides. Source : USCCPA, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les techniques d\u2019\u00e9levage adapt\u00e9es aux changements climatiques<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La rar\u00e9faction du fourrage et la pression de plus en plus importante sur les ressources naturelles imposent le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage en contention (figure 10) associ\u00e9 \u00e0 des techniques am\u00e9lior\u00e9es de conservation et de pr\u00e9paration du fourrage. Cette pratique pr\u00e9sente \u00e9galement l\u2019avantage de permettre un meilleur suivi de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des animaux et de faciliter la collecte et la valorisation des d\u00e9jections pour la production de fumure destin\u00e9e \u00e0 accro\u00eetre la fertilit\u00e9 des parcelles. Ce type d\u2019\u00e9levage est d\u2019autant plus important qu\u2019il occupe une grande place dans l\u2019\u00e9conomie locale, tant par les revenus qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re que par son r\u00f4le de r\u00e9serve financi\u00e8re en cas de choc \u00e9conomique ou climatique. La vente d\u2019un animal reste un capital mobilisable qui contribue \u00e0 la r\u00e9silience des m\u00e9nages \u00e0 faibles revenus en cas de d\u00e9penses impr\u00e9vues : s\u2019il faut par exemple relancer la production agricole \u00e0 la suite d\u2019un \u00e9v\u00e9nement extr\u00eame ayant d\u00e9vast\u00e9 les champs.<\/p>\n<figure id=\"attachment_147\" aria-describedby=\"caption-attachment-147\" style=\"width: 355px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-147\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention.jpg\" alt=\"\" width=\"355\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention.jpg 355w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention-65x41.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention-225x142.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/\u00c9levage-en-contention-350x221.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 355px) 100vw, 355px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-147\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 10. <\/strong>\u00c9levage en contention. Source : APIL, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les biodigesteurs<\/strong> permettent la production de biogaz (m\u00e9thane) avec des excr\u00e9tas animaux gr\u00e2ce au contr\u00f4le du processus de d\u00e9composition ana\u00e9robie dans une chambre d\u2019un volume de 4\u00a0m3 par m\u00e9nage. Par l\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils produisent, les biodigesteurs constituent donc un substitut au bois de chauffe pour les m\u00e9nages ruraux. En plus de r\u00e9duire la d\u00e9forestation, ils contribuent \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des techniques d\u2019\u00e9levage, car ils exigent la mise en contention des animaux, ainsi que la r\u00e9colte et la valorisation de la mati\u00e8re organique pour le fourrage et pour la pr\u00e9paration de fumure avec des effluents. Ceux-ci constituent un engrais organique d\u2019excellente qualit\u00e9, abondant (40\u00a0tonnes\/an par biodigesteur) et accessible gratuitement.<\/p>\n<p>Serge Somda, technicien du Programme national de biodigesteurs du Burkina Faso (PNB-BF), pr\u00e9cise ceci :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019engrais chimique utilis\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement rend le sol acide, d\u2019o\u00f9 l\u2019appauvrissement du sol. Si nous voulons l\u00e9guer nos terres aux g\u00e9n\u00e9rations futures, nous devons utiliser l\u2019effluent ou les fertilisants naturels. L\u2019utilisation d\u2019un fertilisant naturel comme l\u2019effluent transform\u00e9 en compost gr\u00e2ce au biodigesteur permet de pr\u00e9server nos sols.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Adou Traor\u00e9, producteur du village de Sembadougou, t\u00e9moigne des avantages de cette technique :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019effluent du biodigesteur est un vrai produit fertilisant, meilleur que l\u2019engrais chimique ou que le fumier ordinaire, car plus facilement assimilable par les plantes. Avec lui, les plants r\u00e9sistent mieux aux poches de s\u00e9cheresse et aux maladies.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les biodigesteurs r\u00e9duisent aussi de fa\u00e7on notable les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre li\u00e9es \u00e0 la combustion des mati\u00e8res ligneuses et \u00e0 l\u2019utilisation des engrais chimiques dont l\u2019application lib\u00e8re du dioxyde de carbone (CO2), mais surtout de l\u2019oxyde nitreux (N2O) qui a un pouvoir de r\u00e9chauffement 298\u00a0fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui du dioxyde de carbone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019acc\u00e8s des m\u00e9nages ruraux aux biodigesteurs contribue enfin \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des femmes et des filles. Celles-ci, traditionnellement charg\u00e9es des corv\u00e9es de bois, sont vuln\u00e9rables aux maladies respiratoires et oculaires li\u00e9es \u00e0 l\u2019exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et prolong\u00e9e aux fum\u00e9es de combustion. Les biodigesteurs permettent de r\u00e9duire la charge de travail et la p\u00e9nibilit\u00e9 li\u00e9es \u00e0 la collecte du bois de chauffe, ainsi que le temps pass\u00e9 \u00e0 cuisiner. Am\u00e9liorant ainsi l\u2019assiduit\u00e9 scolaire des filles, ils permettent en outre aux femmes de mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus et d\u2019accro\u00eetre leur participation \u00e0 la vie communautaire. La participation des hommes \u00e0 l\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique du foyer par la collecte et la pr\u00e9paration des d\u00e9jections contribue \u00e9galement \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s au sein des m\u00e9nages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s l\u2019installation d\u2019un biodigesteur, Mme\u00a0Ou\u00e9draogo Habibou dit Sapoka, productrice dans le nord du pays, a \u00e9tabli en 2017 un nouveau restaurant \u00e0 Bouli dans la commune de Thiou. Ce restaurant, o\u00f9 elle fait sa cuisson \u00e0 l\u2019aide du biogaz produit par son biodigesteur, r\u00e9pond aux besoins des membres de la communaut\u00e9. De plus, la disponibilit\u00e9 de la source d\u2019\u00e9nergie (biogaz) et des produits frais (l\u00e9gumes), favoris\u00e9e par les activit\u00e9s du projet IMSA, a \u00e9t\u00e9 un facteur d\u00e9terminant dans la cr\u00e9ation du restaurant.<\/p>\n<h3>La strat\u00e9gie de conservation et de commercialisation des r\u00e9coltes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La mise en march\u00e9 collective est un m\u00e9canisme permettant aux petites productrices et petits producteurs agricoles de regrouper les exc\u00e9dents de leur production individuelle au sein d\u2019une organisation paysanne en vue d\u2019en faire une commercialisation group\u00e9e avec l\u2019objectif d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vente gr\u00e2ce \u00e0 un meilleur pouvoir de n\u00e9gociation. Gr\u00e2ce \u00e0 la conservation des r\u00e9coltes dans les magasins de stockage, cette organisation peut aussi contr\u00f4ler la mise en march\u00e9 et vendre la production lorsque les prix sont favorables, ce qui permet d\u2019accro\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019am\u00e9lioration des moyens de conservation engendre une r\u00e9duction sensible des pertes post r\u00e9colte tout au long de la cha\u00eene de valeur. Les \u00e9tudes men\u00e9es par l\u2019AFDR en 2013 et le FAO (2015) au Burkina Faso montrent en effet que, chaque ann\u00e9e, les pertes et le gaspillage alimentaires atteignent en moyenne 30% pour les c\u00e9r\u00e9ales, de 40 \u00e0 50% pour les racines, les tubercules, les fruits et les l\u00e9gumes et 20% pour les ol\u00e9agineux, la viande et les produits laitiers. Gr\u00e2ce \u00e0 la conservation group\u00e9e des r\u00e9coltes, les organisations paysannes peuvent aussi racheter des productions de c\u00e9r\u00e9ales, les stocker puis les revendre \u00e0 leurs membres \u00e0 prix r\u00e9duit lors des p\u00e9riodes de soudure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le manque d\u2019\u00e9quipements et de techniques de conservation \u00e9tait un facteur important de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des m\u00e9nages ruraux aux chocs climatiques, car il leur enlevait la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 leurs propres r\u00e9serves alimentaires en cas de perte de la production ou de besoins financiers impr\u00e9vus. Avant la mise en march\u00e9 collective, les m\u00e9nages vendaient \u00e0 bas prix leurs surplus en p\u00e9riode de r\u00e9colte, lorsque l\u2019offre \u00e9tait importante, et \u00e9taient contraints d\u2019acheter des aliments de moindre qualit\u00e9 \u00e0 un prix beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 en p\u00e9riode de soudure. Cela les exposait au risque d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et mobilisait leur \u00e9pargne qui n\u2019\u00e9tait alors plus disponible pour relancer la production apr\u00e8s un choc climatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le syst\u00e8me de mise en march\u00e9 collective instaur\u00e9 par les partenaires burkinab\u00e9s a, entre autres, les objectifs\u00a0ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(i) La modification du rapport de force entre les producteurs\/productrices et les commer\u00e7ant-e-s, afin d\u2019am\u00e9liorer le pouvoir de n\u00e9gociation des productrices et producteurs en agissant sur le niveau ou la volatilit\u00e9 des prix du march\u00e9 des produits agricoles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(ii) L\u2019int\u00e9r\u00eat collectif des productrices et producteurs bas\u00e9 sur le principe de l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et sur la parit\u00e9 entre producteurs\/productrices agricoles des diff\u00e9rentes zones. Les frais li\u00e9s \u00e0 la commercialisation sont mis en commun pour que les producteurs\/productrices situ\u00e9-e-s loin des centres de regroupement des stocks ne soient pas d\u00e9favoris\u00e9-e-s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;padding-left: 40px\">(iii) L\u2019offre de produits de qualit\u00e9, par l\u2019instauration de r\u00e8gles de commercialisation bas\u00e9es sur la qualit\u00e9 (mise en place d\u2019infrastructures et d\u2019\u00e9quipements de stockage et de conservation).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce syst\u00e8me met les productrices et les producteurs au centre de toutes les actions de commercialisation des produits agricoles, pour qu\u2019elles ou ils deviennent des actrices ou des acteurs incontournables du processus de vente. Le regroupement de l\u2019offre repose sur leur engagement \u00e0 livrer, au moment de la r\u00e9colte, un volume d\u2019exc\u00e9dents pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9. Cet engagement est consign\u00e9 par l\u2019organisation \u00e0 la base ainsi que par l\u2019organisation fa\u00eeti\u00e8re. L\u2019objectif de cette approche communautaire, soutenue par le Programme alimentaire mondial et la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de gestion des stocks de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, est d\u2019arriver \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9quilibre des pouvoirs bas\u00e9 sur la juste repr\u00e9sentativit\u00e9 et la volont\u00e9 des productrices ou des producteurs \u00e0 la base.<\/p>\n<figure id=\"attachment_148\" aria-describedby=\"caption-attachment-148\" style=\"width: 379px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-148\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9.jpg\" alt=\"\" width=\"379\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9.jpg 379w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9-300x173.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9-65x38.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9-225x130.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Magasin-de-stockage-du-ni\u00e9b\u00e9-350x202.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-148\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 11. <\/strong>Magasin de stockage du ni\u00e9b\u00e9.<br \/>Source : AFDR, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">La qualit\u00e9 des produits entrepos\u00e9s a une influence importante sur le prix de vente et des investissements. \u00c0 cet effet, des formations techniques ont \u00e9t\u00e9 mises en place pour am\u00e9liorer les conditions de collecte et de conservation des produits agricoles et r\u00e9pondre ainsi aux exigences du march\u00e9. D\u00e8s lors, sacs \u00e0 triple fond, silos m\u00e9talliques, palettes, bascules et magasins (figure 11 <em>supra<\/em>) se sont r\u00e9pandus. Ces moyens ont permis de r\u00e9duire les pertes li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des grains, aux attaques de rongeurs et d\u2019insectes, aux pertes de poids et \u00e0 la baisse de la valeur nutritionnelle des produits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les fili\u00e8res traditionnellement g\u00e9r\u00e9es par les femmes, comme celles du ni\u00e9b\u00e9 et du bissap, ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement appuy\u00e9es. De plus, la repr\u00e9sentation des femmes au sein des instances dirigeantes des organisations paysannes a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e pour r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s. Ainsi, la strat\u00e9gie de commercialisation group\u00e9e du ni\u00e9b\u00e9, lanc\u00e9e par l\u2019AFDR avec les productrices, a permis d\u2019am\u00e9liorer les prix de vente et les revenus, ce qui a eu un effet direct sur la scolarisation des enfants, l\u2019alimentation et la sant\u00e9. La commercialisation group\u00e9e constitue un levier important pour l\u2019adaptation aux changements climatiques ainsi que pour la lutte contre les injustices sociales et la pauvret\u00e9 en milieu rural.<\/p>\n<h3>Les m\u00e9canismes financiers et non financiers favorisant la r\u00e9silience devant les changements climatiques<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans une \u00e9conomie rurale qui repose presque exclusivement sur l\u2019agriculture, et en l\u2019absence de syst\u00e8mes d\u2019assurance agricole et climatique, l\u2019\u00e9pargne collective (tontines ou microfinance) constitue un important m\u00e9canisme de r\u00e9silience, en particulier pour les femmes qui sont souvent exclues des programmes \u00e9tatiques et des m\u00e9canismes institutionnels. Des outils financiers adapt\u00e9s au contexte des changements climatiques ont donc \u00e9t\u00e9 con\u00e7us et mis en place avec la collaboration d\u2019institutions financi\u00e8res. Ils servent \u00e0 constituer des fonds de garantie et \u00e0 offrir une ligne de cr\u00e9dit dont les conditions r\u00e9pondent aux besoins des productrices et producteurs \u00e0 petite \u00e9chelle. Ces fonds facilitent le d\u00e9marrage des campagnes agricoles ou la relance de la production apr\u00e8s une crise climatique, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019achat d\u2019intrants (semences am\u00e9lior\u00e9es et mat\u00e9riel) ou au recours \u00e0 une main-d\u2019\u0153uvre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Le montant du pr\u00eat est bas\u00e9 sur une estimation pr\u00e9visionnelle des rendements et sur l\u2019appr\u00e9ciation des prix courants. Les producteurs s\u2019engagent \u00e0 livrer un volume donn\u00e9 pour rembourser, en argent ou en nature, le cr\u00e9dit contract\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les femmes sont les premi\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficiaires de ce m\u00e9canisme, car faute de garantie fonci\u00e8re ou immobili\u00e8re, elles ont difficilement acc\u00e8s au cr\u00e9dit agricole des institutions financi\u00e8res. Afin de renforcer la strat\u00e9gie d\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres \u00e9tablie, les partenaires du projet IMSA appuient la mise en place de fonds de solidarit\u00e9 qui visent exclusivement des groupements de femmes. Les fonds de ce type utilisent l\u2019approche du programme \u00c9pargne pour le changement (EPC) (figure 12) qui mobilise les femmes tout en les formant \u00e0 la gestion collective de l\u2019\u00e9pargne afin de renforcer leurs capacit\u00e9s d\u2019investissement. L\u2019\u00e9pargne investie collectivement est utilis\u00e9e pour appuyer les initiatives \u00e9conomiques des membres, qui concernent le plus souvent l\u2019agrotransformation ou la commercialisation, mais \u00e9galement, parfois, la r\u00e9action \u00e0 un choc climatique ou \u00e9conomique. Le m\u00e9canisme d\u2019octroi des pr\u00eats et la solidarit\u00e9 entre membres, qui sont des femmes li\u00e9es par des liens communautaires forts, permettent de limiter les risques de surendettement et de garantir un taux de recouvrement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. En effet, les femmes d\u00e9cident entre elles d\u2019accorder un pr\u00eat et fixent ensemble les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. M\u00eame si le risque d\u2019endettement reste pr\u00e9sent, il faut noter cependant qu\u2019il est minime gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me collaboratif et au degr\u00e9 de solidarit\u00e9 qui facilitent le recouvrement de la quasi-totalit\u00e9 des sommes (souvent tr\u00e8s modestes) emprunt\u00e9es.<\/p>\n<figure id=\"attachment_149\" aria-describedby=\"caption-attachment-149\" style=\"width: 382px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-149\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula.jpg\" alt=\"\" width=\"382\" height=\"244\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula.jpg 382w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula-300x192.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula-65x42.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula-225x144.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Partage-de-l\u2019\u00e9pargne-du-groupement-Basner\u00e9-et-Paligwend\u00e9-commune-de-Oula-350x224.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-149\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 12. <\/strong>Partage de l\u2019\u00e9pargne du groupement Basner\u00e9 et Paligwend\u00e9, commune de Oula. Source : AFRD, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9canismes non financiers de solidarit\u00e9, qu\u2019ils interviennent entre membres d\u2019une m\u00eame famille ou entre producteurs et productrices, jouent \u00e9galement un r\u00f4le important dans les soci\u00e9t\u00e9s rurales qui font face aux crises. Ils renforcent aussi les capacit\u00e9s d\u2019adaptation de l\u2019agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle vis-\u00e0-vis des bouleversements du climat. Partant de cette r\u00e9alit\u00e9, les partenaires burkinab\u00e9s\u00a0ont appuy\u00e9 la structuration d\u2019une Coop\u00e9rative d\u2019utilisation de mat\u00e9riel agricole (CUMA), laquelle facilite l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9quipements agricoles de qualit\u00e9 pour des personnes n\u2019ayant pas les moyens de m\u00e9caniser leur production. La modernisation des techniques de culture, en particulier du labour sur des terrains de plus en plus indur\u00e9s et difficiles \u00e0 travailler sous l\u2019effet de la s\u00e9cheresse, repr\u00e9sente un gain essentiel de temps et d\u2019efforts qui permet notamment aux productrices et producteurs de consacrer davantage de temps \u00e0 la mise en \u0153uvre de techniques de conservation des sols ou \u00e0 la production d\u2019intrants \u00e9cologiques. La mutualisation des moyens techniques est un levier important de solidarit\u00e9 pour lever les contraintes impos\u00e9es par les al\u00e9as climatiques, mais elle suppose un bon niveau de structuration des coop\u00e9ratives et la d\u00e9finition de m\u00e9canismes de gestion \u00e9quitables du mat\u00e9riel et des \u00e9quipements.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les changements climatiques sont une r\u00e9alit\u00e9 qui affecte durement les populations rurales du Burkina Faso en particulier les producteurs et productrices \u00e0 petite \u00e9chelle qui pratiquent l\u2019agriculture familiale durable. Mais les femmes sont davantage concern\u00e9es puisqu\u2019elles ne disposent pas des moyens techniques et financiers pour s\u2019adapter aux crises climatiques et y faire face. Dans un contexte de grande pauvret\u00e9, il est indispensable de concevoir et de mettre en \u0153uvre des approches de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9es qui reposent sur la gouvernance et la mobilisation communautaires, pour renforcer durablement les capacit\u00e9s d\u2019adaptation et de r\u00e9silience aux changements climatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cette perspective, le mod\u00e8le d\u2019intervention \u00e9labor\u00e9 et mis en \u0153uvre par les partenaires burkinab\u00e9s du projet Innovation et mobilisation pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de la FJPEL, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019AFDR, l\u2019APIL et l\u2019USCCPA\/BM, associe \u00e0 des m\u00e9canismes structur\u00e9s de solidarit\u00e9 l\u2019am\u00e9lioration des techniques de production traditionnelles et la diffusion d\u2019innovations culturales adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s des populations vuln\u00e9rables. Cela permet la constitution de r\u00e9serves alimentaires, une commercialisation plus juste et rentable des surplus ainsi qu\u2019un acc\u00e8s plus \u00e9quitable au cr\u00e9dit, aux intrants et \u00e0 la machinerie agricole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La philosophie du d\u00e9veloppement rural par la base, qui s\u2019appuie sur le renforcement des capacit\u00e9s des populations locales et des acteurs du milieu, permet de rompre avec les logiques \u00e0 court terme et parfois attentistes, inadapt\u00e9es \u00e0 des conditions climatiques et socio-\u00e9conomiques en perp\u00e9tuel changement. Certes, l\u2019adaptation exige une meilleure connaissance de l\u2019\u00e9volution de son environnement et la ma\u00eetrise des techniques et des processus qui permettent d\u2019y faire face. Mais elle suppose aussi, avant tout, le renforcement des m\u00e9canismes communautaires qui aident les populations concern\u00e9es \u00e0 devenir des acteurs de changement capables de choisir et de mettre en \u0153uvre les strat\u00e9gies de r\u00e9ponse et de d\u00e9veloppement qui s\u2019accordent \u00e0 leurs besoins et \u00e0 leurs ambitions.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Banque Mondiale. n. d. a. <em>Donn\u00e9es. Population rural : % de la population totale<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/donnees.banquemondiale.org\/indicateur\/sp.rur.totl.zs\">https:\/\/donnees.banquemondiale.org\/indicateur\/sp.rur.totl.zs<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Banque Mondiale. n. d. b. <em>La Banque mondiale au Bukina Faso<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.banquemondiale.org\/fr\/country\/burkinafaso\/overview\">https:\/\/www.banquemondiale.org\/fr\/country\/burkinafaso\/overview<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brown, Oli et Crawford, Alec. 2008. <em>\u00c9valuation des cons\u00e9quences des changements climatiques sur la s\u00e9curit\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest : \u00e9tude de cas nationale du Ghana et du Burkina Faso<\/em> (J. Roy, trad.). Institut International du D\u00e9veloppement Durable, Manitoba : Canada.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.iisd.org\/pdf\/2008\/security_implications_west_africa_fr.pdf\">https:\/\/www.iisd.org\/pdf\/2008\/security_implications_west_africa_fr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. n. d.. <em>La contribution des femmes \u00e0 la production agricole et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire : situation actuelle et perspectives<\/em>.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/x0233f\/x0233f02.htm\">http:\/\/www.fao.org\/3\/x0233f\/x0233f02.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2015. <em>\u00c9valuation du programme de la FAO au Burkina Faso 2010-2014<\/em>. Rome, Italie : FAO.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/a-bd462f.pdf\">http:\/\/www.fao.org\/3\/a-bd462f.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2018. <em>L\u2019\u00c9tat de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la nutrition dans le monde. Renforcer la r\u00e9silience face aux changements climatiques pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la nutrition<\/em>. Rome, Italie : FAO.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/3\/i9553fr\/i9553fr.pdf\">www.fao.org\/3\/i9553fr\/i9553fr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">\u00ab Le Burkina Faso : M\u00e9t\u00e9o en 2017. Quel temps faisait-il? \u00bb.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/\">https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019Environnement et du Cadre de Vie, Secr\u00e9tariat Permanent du Conseil National pour l\u2019Environnement et le D\u00e9veloppement Durable, (2017). <em>Programme d\u2019action national d\u2019adaptation \u00e0 la variabilit\u00e9 et aux changements climatiques (PANA du Bukina Faso)<\/em>. 84 pages.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/napa\/bfa01f.pdf\">https:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/napa\/bfa01f.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ONU Femmes. n. d. <em>CSW\u00a056 \u2013 Faits et chiffres sur les femmes rurales. Pauvret\u00e9 et faim<\/em>.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.unwomen.org\/fr\/news\/in-focus\/commission-on-the-status-of-women-2012\/facts-and-figures\">http:\/\/www.unwomen.org\/fr\/news\/in-focus\/commission-on-the-status-of-women-2012\/facts-and-figures<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PAM et DGPER. 2012. <em>Rapport d\u2019\u00e9valuation approfondie sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des m\u00e9nages en situation d\u2019urgence (EFSA) dans 170 communes d\u00e9clar\u00e9es \u00e0 risque d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire au Burkina<\/em>. PAM, Service de l\u2019Analyse de la S\u00e9curit\u00e9 Alimentaire, Rome : Italie.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp249892.pdf\">https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp249892.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PAM et FEWS NET. 2014. <em>Analyse globale de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, de la S\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la nutrition (AGVSAN). Burkina Faso.<\/em> <em>R\u00e9sum\u00e9 Juillet 2014<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp266837.pdf\">https:\/\/documents.wfp.org\/stellent\/groups\/public\/documents\/ena\/wfp266837.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pedon, Am\u00e9d\u00e9e. n. d. Environnement \u00e9conomique et social. Repr\u00e9sentation du circuit de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/unt.unice.fr\/aunege\/M2\/environnement_economique_et_social_Nancy2\/co\/Contenu_122.html\">http:\/\/unt.unice.fr\/aunege\/M2\/environnement_economique_et_social_Nancy2\/co\/Contenu_122.html<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">PNUD. 2018. <em>Indices et indicateurs de d\u00e9veloppement humain. Mise \u00e0 jour statistique 2018<\/em> (S. Jahan, dir.). Communications Development Incorporated, Washington DC : USA.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/hdr.undp.org\/sites\/default\/files\/2018_human_development_statistical_update_fr.pdf\">https:\/\/hdr.undp.org\/sites\/default\/files\/2018_human_development_statistical_update_fr.pdf<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/afdr\">AFDR<\/a><\/strong><br \/>L\u2019Association Formation D\u00e9veloppement Ruralit\u00e9 (AFDR) \u0153uvre \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle des populations de la r\u00e9gion du nord du Burkina Faso par l\u2019accroissement de la production v\u00e9g\u00e9tale et animale. Comptant plus de 3 070 productrices et producteurs membres (2 100 femmes et 970 hommes) organis\u00e9s en groupements, elle appuie \u00e9galement pr\u00e8s de 17 000 femmes r\u00e9unies au sein de 680 groupes autog\u00e9r\u00e9s, ainsi que de jeunes filles ou de jeunes gar\u00e7ons d\u00e9scolaris\u00e9s ou non scolaris\u00e9s de 9 \u00e0 18 ans.<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/apil\">APIL<\/a><\/strong><br \/>L\u2019Action pour la promotion des initiatives locales (APIL) intervient dans 120 villages et appuie pr\u00e8s de 72 000 familles des r\u00e9gions du Plateau central et du Centre-Nord (au Burkina Faso). L\u2019APIL constitue avant tout un cadre d\u2019\u00e9changes et de concertation pour promouvoir de nouvelles attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des d\u00e9fis du d\u00e9veloppement. Elle d\u00e9fend les int\u00e9r\u00eats paysans et contribue \u00e0 la lutte contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire en renfor\u00e7ant les capacit\u00e9s des organisations paysannes et des acteurs du d\u00e9veloppement rural.<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/usccpa-bm\">USCCPA\/BM<\/a><\/strong><br \/>L\u2019Union des soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives pour la commercialisation des produits agricoles de la Boucle du Mouhoun (USCCPA\/BM) compte pr\u00e8s de 3 000 membres (1 650 producteurs et 1 350 productrices), issus de 15 soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives simplifi\u00e9es (12 mixtes et 3 f\u00e9minines) r\u00e9parties dans les six provinces de la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso). <br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/la-fondation-jules-et-paul-emile-leger-fjpel\">La Fondation Jules et Paul-\u00c9mile L\u00e9ger (FJPEL)<\/a><\/strong><br \/>Depuis 70 ans maintenant, avec ses partenaires tant au Qu\u00e9bec (Canada) qu\u2019\u00e0 l\u2019international, la FJPEL r\u00e9alise des projets en faveur de la dignit\u00e9 humaine aupr\u00e8s des groupes sociaux marginalis\u00e9s. Ainsi, elle met en \u0153uvre des solutions durables et \u00e9quitables pour am\u00e9liorer les conditions de vie des personnes vuln\u00e9rables et leur permettre d\u2019exercer un plus grand pouvoir sur leur environnement. Apr\u00e8s la formulation d\u2019une nouvelle strat\u00e9gie d\u2019action en 2013, la programmation a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 jour selon trois grandes priorit\u00e9s (s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, inclusion sociale et action humanitaire) et un axe transversal (renforcement des capacit\u00e9s). La mission de la FJPEL s\u2019appuie sur la conviction que, pour briser le cycle de la pauvret\u00e9 et retrouver la dignit\u00e9, tout individu doit pouvoir satisfaire ses besoins de base, \u00e9voluer dans un milieu aimant et s\u00e9curitaire et, selon ses capacit\u00e9s, exercer un r\u00f4le social valorisant au sein de sa collectivit\u00e9.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-136-1\">Groupe de recherche compos\u00e9 du Dr Hugo Melgar-Qui\u00f1onez, du Dr Patrick Cortbaoui et de Diana Dallmann (doctorante), de l\u2019Institut Margaret Gilliam pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire globale de la Facult\u00e9 d\u2019agriculture et des sciences de l\u2019environnement de l\u2019Universit\u00e9 McGill. <a href=\"#return-footnote-136-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-2\">Donn\u00e9es du Minist\u00e8re de l\u2019environnement, de l\u2019\u00e9conomie verte et du changement climatique du Burkina Faso (www.environnement.gov.bf). <a href=\"#return-footnote-136-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-3\">\u00ab Le Burkina Faso : M\u00e9t\u00e9o en 2017. Quel temps faisait-il? \u00bb. Consult\u00e9 le 14-03-2017 du site <a href=\"https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/\">https:\/\/www.historique-meteo.net\/afrique\/burkina-faso\/2017\/<\/a> <a href=\"#return-footnote-136-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-4\">Programme alimentaire mondiale et Direction g\u00e9n\u00e9rale pour la promotion de l\u2019\u00e9conomie rurale. <a href=\"#return-footnote-136-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-136-5\">Minist\u00e8re de l\u2019environnement et du cadre de vie du Burkina Faso, Secr\u00e9tariat permanent du conseil national pour l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement durable. <a href=\"#return-footnote-136-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":18,"menu_order":9,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["afdr","apil","usccpa-bm","la-fondation-jules-et-paul-emile-leger-fjpel"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[123,124,126,125],"license":[],"class_list":["post-136","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-agriculture-familiale-durable","motscles-burkina-faso","motscles-changement-climatique","motscles-savoir-traditionnel","keywords-burkina-faso","keywords-climate-change","keywords-sustainable-family-farming","keywords-traditional-knowledge","contributor-afdr","contributor-apil","contributor-la-fondation-jules-et-paul-emile-leger-fjpel","contributor-usccpa-bm"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":34,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":842,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/revisions\/842"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/136\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=136"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=136"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}