{"id":441,"date":"2020-03-24T15:26:55","date_gmt":"2020-03-24T10:26:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=441"},"modified":"2020-05-29T15:49:25","modified_gmt":"2020-05-29T09:49:25","slug":"appel-volume-2-numero-1-transitions-ecologie","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/appel-volume-2-numero-1-transitions-ecologie\/","title":{"rendered":"Appel volume 2, num\u00e9ro 1 : Transitions environnementales et \u00e9cologie politique des savoirs : de la commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale \u00e0 la \u00ab co-motion \u00bb sociale-\u00e9cologique"},"content":{"raw":"<h2>Attention : prolongation de l'appel au 30 juin 2020<\/h2>\r\n<h2 style=\"text-align: center;\">Dossier coordonn\u00e9 par Yvan Renou (PACTE\/CNRS \u2013 UGA), Cheikh Ba (Universit\u00e9 de Picardie, PACTE\/CNRS \u2013 UGA) et Alassane Diallo (Universit\u00e9 Amadou Mahtar Mbow, CREG \u2013 UGA)<\/h2>\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les transitions environnementales \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019Anthropoc\u00e8ne\u00a0:\u00a0les interactions Nord\/Sud<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019un monde marqu\u00e9 par la pr\u00e9sence de crises multiples \u00e0 partir de la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle (Crutzen, 2006; Rockstr\u00f6m <em>et al.<\/em>, 2009; Fressoz et Bonneuil, 2013) prenant la forme d\u2019une \u00ab\u00a0crise sans fin\u00a0\u00bb (d\u2019Allone, 2012), l\u2019analyse des processus socio-\u00e9conomiques a \u00e9volu\u00e9 afin d\u2019int\u00e9grer les nouvelles caract\u00e9ristiques d\u2019un environnement d\u00e9cisionnel complexifi\u00e9 (Steffen <em>et al.<\/em>, 2015; Laurent et Pochet, 2015; Hess et Bourg, 2016). Malgr\u00e9 les tentatives de multiples entrepreneurs institutionnels de maintenir un ordre institu\u00e9 au sein duquel ils d\u00e9tenaient des positions dominantes (Scherrer <em>et al.<\/em>, 2013; Gayon et Lemoine, 2014; Geels <em>et al.<\/em>, 2016), l\u2019ordre \u00e9conomique de l\u2019apr\u00e8s seconde-guerre mondiale s\u2019est fissur\u00e9 et a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de d\u00e9sordres institutionnalisants (Lawrence <em>et al.<\/em>, 2009) rendant difficilement praticables les nouvelles incertitudes ainsi g\u00e9n\u00e9r\u00e9es (\u00ab\u00a0ontologiques\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e9pist\u00e9miques\u00a0\u00bb). Le syst\u00e8me \u00e9conomique mondial a \u00e9t\u00e9 d\u00e8s lors appel\u00e9 \u00e0 \u00e9voluer et \u00e0 d\u00e9ployer des transitions l\u2019orientant vers des trajectoires soutenables (Vivien, 2007; Douai et Plumecocq, 2017).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La notion de transition est polys\u00e9mique (c\u2019est-\u00e0-dire floue et ambigu\u00eb). Cristallisant l\u2019attention de nombreux observateurs et observatrices, elle s\u2019av\u00e8re essentielle afin de cerner avec pr\u00e9cision la mani\u00e8re dont se structurent les enjeux orientant le d\u00e9veloppement des \u00e9conomies et des soci\u00e9t\u00e9s au XXI\u00e8me si\u00e8cle. Alors que les conceptions premi\u00e8res de la notion de transition pouvaient l\u2019apparenter \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0transit\u00a0\u00bb (Hess et Bourg, 2016), c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un changement d\u2019orientation dans la continuit\u00e9 des finalit\u00e9s poursuivies, il s\u2019agit plut\u00f4t aujourd\u2019hui de penser un changement d\u2019\u00e9tat (une rupture, une discontinuit\u00e9) ainsi que les chemins, \u00e9tapes et moyens pour le rendre praticable. Pour ce faire, la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb (Brundtland <em>et al.<\/em>, 1987) ne semble plus \u00eatre la boussole appropri\u00e9e (Hess et Bourg, 2016; p.\u00a011). Outre les objectifs difficilement concr\u00e9tisables des d\u00e9couplages annonc\u00e9s (entre la croissance du PIB, la croissance des consommations \u00e9nerg\u00e9tiques, la croissance des in\u00e9galit\u00e9s et les d\u00e9gradations environnementales), ce sont les promesses du d\u00e9veloppement \u00e9conomique classique (croissance du PIB fond\u00e9e sur l\u2019innovation technologique notamment) qui sont battues en br\u00e8che\u00a0:\u00a0augmentation du bien-\u00eatre, plein emploi et r\u00e9sorption des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus fondamentalement, Hess et Bourg (2016) identifient trois limites compromettant les potentialit\u00e9s analytiques de la notion de d\u00e9veloppement durable\u00a0:\u00a0i) cherchant \u00e0 pr\u00e9venir les difficult\u00e9s lointaines \u00e0 partir du pr\u00e9sent, elle semble dans l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 signifier une rupture avec ce dernier; ii) pens\u00e9e et con\u00e7ue par la haute fonction publique onusienne comme une d\u00e9marche \u00ab\u00a0top-down\u00a0\u00bb, elle peine \u00e0 structurer concr\u00e8tement les d\u00e9marches \u00ab\u00a0bottom-up\u00a0\u00bb qui \u00e9mergent de mani\u00e8re profuse aujourd\u2019hui; iii) pens\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9sir de progr\u00e8s fond\u00e9 sur les avanc\u00e9es technologiques (une \u00ab\u00a0\u00e9conomie des promesses\u00a0\u00bb), elle r\u00e9pond mal aux enjeux de l\u2019adaptation \u00e0 des changements par des savoirs profanes et\/ou non t\u00e9l\u00e9ologiques (une \u00ab\u00a0\u00e9conomie du pari\u00bb). Au final, la notion de d\u00e9veloppement durable semble partiellement invalid\u00e9e par l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e2ge de l\u2019Anthropoc\u00e8ne, qui lui-m\u00eame ouvre sur une conception critique de la notion de transition.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Anthropoc\u00e8ne signale en effet l\u2019\u00e9chec de la modernit\u00e9 qui promettait d\u2019arracher l\u2019histoire \u00e0 la nature, de lib\u00e9rer le devenir humain de tout d\u00e9terminisme naturel. Construit sur les notions de dette \u00e9cologique et d\u2019\u00e9change in\u00e9gal entre le Nord et le Sud et situ\u00e9e \u00e0 l\u2019interface des sciences du syst\u00e8me Terre, de la th\u00e9orie du syst\u00e8me-monde (Wallerstein, 2011) et de l\u2019histoire sociale et environnementale, une certaine conception de cette notion (Bonneuil et Fressoz, 2013) met en \u00e9vidence un ressort commun aux dominations \u00e9conomiques et sociales, aux injustices environnementales et aux d\u00e9r\u00e8glements \u00e9cologiques d\u00e9sormais d\u2019ampleur g\u00e9ologique. Elle nous ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des mille liens d\u2019appartenance et de r\u00e9troactions qui attachent nos soci\u00e9t\u00e9s aux processus complexes d\u2019une Terre qui n\u2019est ni stable, ni ext\u00e9rieure, ni infinie. Comprendre le fonctionnement de ces socio-\u00e9co-syst\u00e8mes demande de disposer d\u2019une d\u00e9finition renouvel\u00e9e de la notion de transition fond\u00e9e sur une compr\u00e9hension politique des dynamiques institutionnelles qui travaillent les socio-natures.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pr\u00e9sent appel s\u2019inscrit dans une perspective envisageant les \u00ab\u00a0transitions\u00a0\u00bb sous un angle renouvel\u00e9. S\u2019inscrivant dans la continuit\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de travaux r\u00e9cents (Truffer <em>et al.<\/em>, 2015; Ollivier <em>et al.<\/em>, 2018), ces derni\u00e8res ne sont pas r\u00e9duites \u00e0 un changement incr\u00e9mental ou param\u00e9trique (Mahoney et Thelen, 2010), ni \u00e0 un processus t\u00e9l\u00e9ologique (Geels, 2011) mais bien \u00e0 une transformation r\u00e9it\u00e9r\u00e9e des structures de l\u2019action collective par des collectifs organis\u00e9s et organisants. Appliqu\u00e9e au contexte africain, une telle conception implique de d\u00e9ployer un institutionnalisme historique et pragmatique qui laisse toute sa place \u00e0 l\u2019analyse des processus de (d\u00e9)colonisation (Bansel <em>et al.<\/em>, 2005) qui ont marqu\u00e9 les relations entre le Nord et le Sud pendant les deux derniers si\u00e8cles ainsi qu\u2019aux strat\u00e9gies de (d\u00e9)colonialit\u00e9 (Grosfoguel, 2006; Sarr, 2016) induites par les politiques n\u00e9olib\u00e9rales d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de l\u2019espace de jeu strat\u00e9gique qui en r\u00e9sulte doit permettre d\u2019\u00e9tudier la puissance de conformation des politiques environnementales import\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur ainsi que les r\u00e9sistances et les innovations pratiques qu\u2019elles font \u00e9merger en retour. Dit autrement, il s\u2019agit d\u2019\u00e9tudier les relations dialogiques qui se d\u00e9veloppent entre deux dynamiques <em>a priori<\/em> antagonistes\u00a0:\u00a0la \u201ccommotion\u201d coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale et la \u201cco-motion\u201d sociale-\u00e9cologique (Howitt <em>et al.<\/em>, 2017). Nous nous inscrivons en effet dans la continuit\u00e9 d\u2019\u00e9tudes faisant le constat que, face \u00e0 la domination des savoirs experts (eurocentr\u00e9s) incorpor\u00e9s dans des instruments et des dispositifs concrets de gouvernance des ressources environnementales sur divers territoires africains, \u00e9mergent des pratiques dissidentes empruntant \u00e0 des ontologies politiques alternatives et mobilisant des savoirs \u201cindig\u00e8nes\u201d susceptibles d\u2019entretenir un \u201cdialogue cognitif\u201d producteur de solutions soutenables pour les socio-\u00e9co-syst\u00e8mes concern\u00e9s. Rendre compte pr\u00e9cis\u00e9ment du jeu strat\u00e9gique dans lequel s\u2019ins\u00e8rent ces pratiques est ici l\u2019enjeu central.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Sortir des traumatismes coloniaux et n\u00e9olib\u00e9raux\u00a0:\u00a0les ressources environnementales africaines au prisme de l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Sortir de la grande nuit\u00a0\u00bb (Mbembe, 2010) n\u00e9cessite, pour le continent africain, de s\u2019engager dans un exercice r\u00e9flexif articulant les traumatismes coloniaux (Bancel et Blanchard, 2005 et 2010; Boulbina, 2018) et n\u00e9o-lib\u00e9raux (Klein, 2010). L\u2019enjeu est afin d\u2019\u00e9clairer diff\u00e9remment les situations probl\u00e9matiques pr\u00e9sentes et d\u2019informer des transitions environnementales soutenables \u00ab\u00a0par et pour\u00a0\u00bb les protagonistes et les ressources concern\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exercice n\u2019est pas ais\u00e9. Entre une Afrique sah\u00e9lienne confront\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes complexes d\u2019adaptation au changement climatique, une Afrique des for\u00eats qui se positionne sur le march\u00e9 de la pr\u00e9servation des puits de carbone, l\u2019Afrique du sud industrielle, un delta du Niger ravag\u00e9 par la pollution li\u00e9e \u00e0 l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re et des petits \u00c9tats tirant leurs ressources du tourisme et menac\u00e9s par la mont\u00e9e des eaux, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a de commun? Au-del\u00e0 des r\u00e9cits crois\u00e9s sur une Afrique imaginaire et proche de la nature, ou \u00e0 l\u2019inverse d\u2019une Afrique menac\u00e9e par le <em>land grabbing<\/em> des grands groupes internationaux, et dont la d\u00e9gradation \u00e9cologique pousserait \u00e0 l\u2019exode, c\u2019est bien la question des trajectoires de d\u00e9veloppement et des effets sur l\u2019environnement qui peut donner un sens \u00e0 cette question \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent (Nubukpo, 2019).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Penser le lien entre trajectoires de d\u00e9veloppement et environnement suppose d\u2019abord de rappeler les effets de la ru\u00e9e coloniale sur les ressources naturelles, laquelle a durablement structur\u00e9 les environnements africains\u00a0:\u00a0coupure entre des zones c\u00f4ti\u00e8res qui furent les lieux des comptoirs de commerce et hinterland sous-d\u00e9velopp\u00e9, r\u00e9seaux de transport qui d\u00e9coulaient de cette division, accaparement des meilleures terres au profit des colons dans le cas des colonies de peuplement, monocultures de rente et d\u2019exportation, effets sur les importations alimentaires\u2026 Toute la difficult\u00e9 est cependant de ne pas consid\u00e9rer les \u00c9tats africains \u00e0 la seule aune de l\u2019h\u00e9ritage colonial, au risque d\u2019oublier l\u2019historicit\u00e9 propre du rapport des soci\u00e9t\u00e9s africaines \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 la fa\u00e7on dont les Africain-e-s ont aussi \u00e9t\u00e9 les acteurs et actrices du contr\u00f4le de la nature (J. Sim\u00e9ant-Germanos, 2019), m\u00eame si ces dernier.e.s ont \u00e9t\u00e9 acclimat\u00e9-e-s \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 des territoires concern\u00e9s (K. Nubukpo et B. Samuel, 2017). La socio-anthropologie du d\u00e9veloppement a bien montr\u00e9 que le d\u00e9veloppement des cultures commerciales ou l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 agricole \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre un effet m\u00e9canique de la colonisation d\u2019hier ou des politiques de d\u00e9veloppement d\u2019aujourd\u2019hui, et qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre du r\u00e9cit d\u2019une modernisation exog\u00e8ne, technologique et triomphante, beaucoup d\u2019innovations, nourries de savoirs sp\u00e9cifiques, venaient des Africain-e-s et non de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019incomp\u00e9tence \u00e9cologique des Africain-e-s a cependant continu\u00e9 d\u2019informer le caract\u00e8re oxymorique du \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb. En effet, il est maintenant bien admis que les Objectifs du D\u00e9veloppement Durable (ODD) ont \u00e9t\u00e9 une fa\u00e7on de proposer une nouvelle t\u00e9l\u00e9ologie inscrite dans la continuit\u00e9 du consensus de Washington (Egil, 2015) ou, dit autrement, de fa\u00e7onner une nouvelle conception de la modernit\u00e9 permettant d\u2019\u00e9noncer la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019environnement sans qu\u2019elle n\u2019apparaisse contraire \u00e0 la croissance. Au traumatisme colonial induisant un acc\u00e8s in\u00e9gal et une exploitation non soutenable des ressources environnementales, a donc succ\u00e9d\u00e9 le traumatisme n\u00e9o-lib\u00e9ral contribuant \u00e0 la marchandisation de ces derni\u00e8res via le d\u00e9veloppement d\u2019une logique d\u00e9veloppementiste et extractiviste (de Sousa Santos, 2011).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Affirmant le pouvoir d\u2019une gouvernementailit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale fond\u00e9e sur les instruments, les ODD ont contribu\u00e9 \u00e0 mettre \u00ab\u00a0\u00e0 distance\u00a0\u00bb toute l\u2019\u00e9paisseur et la complexit\u00e9 du r\u00e9el. S\u2019int\u00e9resser aux modalit\u00e9s de l\u2019action publique environnementale et aux logiques de quantification sur lesquelles elles s\u2019appuient permet d\u00e8s lors de mieux en cerner la force op\u00e9ratoire, mais aussi les \u00e9ventuelles limites associ\u00e9es aux instruments mobilis\u00e9s. En \u00e9tendant au niveau mondial les concepts du New Public Management, les ODD ont en effet fait un pas de plus dans la mise en place de la gouvernementalit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale\u00a0:\u00a0celle-ci se caract\u00e9rise par l\u2019organisation des politiques publiques autour de la satisfaction d\u2019indicateurs, par le recours \u00e0 l\u2019\u00e9talonnage (benchmarking) comme mode de comparaison de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action accomplie et par la libert\u00e9 des moyens accord\u00e9s aux agents (d\u00e8s lors que leur action ne remet pas en cause les objectifs). Les ODD poursuivent, approfondissent et g\u00e9n\u00e9ralisent donc la d\u00e9marche des OMD, moyennant un certain effort d\u2019adaptation (Egil, 2015).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les ODD ont ind\u00e9niablement un pouvoir conformant, il reste que le grand r\u00e9cit du rouleau compresseur n\u00e9olib\u00e9ral bute sur le fait qu\u2019une partie des outils du New Public Management, s\u2019ils participent \u00e0 la \u00ab\u00a0bureaucratisation du monde\u00a0\u00bb (Hibou, 2011), peinent \u00e0 totalement orienter les comportements, en tout cas dans le sens d\u00e9sir\u00e9. C\u2019est en particulier vrai parce que la force op\u00e9ratoire de ces outils est d\u00e9coupl\u00e9e de leurs usages politiques ou parce que la finalit\u00e9 qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 leur sp\u00e9cification bute sur l\u2019impossibilit\u00e9 pratique de contr\u00f4ler totalement la r\u00e9alit\u00e9 sociale. Ainsi, tout en produisant un \u00ab\u00a0schisme de r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (Aykut et Dahan, 2015) par la s\u00e9paration entre les mondes qu\u2019ils fabriquent, ces instruments cr\u00e9ent potentiellement un espace de jeu pour les protagonistes \u00e0 m\u00eame de s\u2019y investir. En effet, Peter Sloterdijk (2013) nous rappelle que c\u2019est en visitant le Palais de cristal de Londres, vaste construction moderniste \u00e9difi\u00e9e pour l\u2019Exposition universelle de 1851 et en lisant l\u2019occidentaliste Nikola\u00ef Tchernychevski que Dosto\u00efevski est devenu anti-occidental. \u00a0Ainsi, Sloterdijk (cit\u00e9 par Egil, 2015, p.\u00a0119) rappelle que \u00ab\u00a0Tchernychevski comprenait l\u2019\u00e9difice comme m\u00e9taphore d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 occidentale qui devait \u2018\u2018abolir le r\u00e9el, l\u2019ext\u00e9rieur, tout ce champ d\u2019exp\u00e9riences et d\u2019aventures d\u2019o\u00f9 il ne vient que de mauvaises nouvelles\u2019\u2019 pour cr\u00e9er un \u2018\u2018espace int\u00e9rieur, domestique, o\u00f9 il ne reste que la communication sur les belles choses\u2019\u2019\u00a0\u00bb. Le pouvoir de s\u00e9paration est fragile.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est cet espace de jeu laiss\u00e9 par une r\u00e9gulation forc\u00e9ment incompl\u00e8te des ressources environnementales que nous proposons de mieux cerner \u00e0 l\u2019aune de l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs, qu\u2019elle soit d\u2019inspiration asiatique (Mercer <em>et al.<\/em>, 2010; Okada <em>et al.<\/em>, 2018; Forsyth, 2019), africaine (Mbembe, 2019; Sarr, 2016; Diagne, 2017) ou sud-am\u00e9ricaine (Grosfoguel, 2006; Escobar, 2019; Mignolo, 2017). Cet espace de jeu strat\u00e9gique, articulant selon des modalit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es \u00ab\u00a0commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0co-motion sociale-\u00e9cologique\u00a0\u00bb peut en effet \u00eatre potentiellement investi par une diversit\u00e9 de protagonistes profitant d\u2019un contexte g\u00e9n\u00e9ral marqu\u00e9 par la multiplication d\u2019\u00e9v\u00e8nements physiques et mat\u00e9riels \u00e0 caract\u00e8re environnemental (PNUD, PNUE, GIEC)\u00a0:\u00a0ces derniers d\u00e9bordent en effet g\u00e9n\u00e9ralement les cadrages gestionnaires d\u2019inspiration n\u00e9o-lib\u00e9rale et contribuent \u00e0 l\u2019affirmation de modalit\u00e9s de r\u00e9gulation alternatives inform\u00e9es par des savoirs \u00ab\u00a0autochtones\u00a0\u00bb jusqu\u2019ici invisibilis\u00e9s (de Sousa Santos, 2011). La lutte entre \u00ab\u00a0ontologies politiques\u00a0\u00bb (Escobar, 2019) \u00e0 laquelle ces jeux donnent lieu semble en mesure de contribuer \u00e0 l\u2019identification de \u00ab\u00a0mission collaborative\u00a0\u00bb entre d\u00e9positaires de savoirs experts et de savoirs indig\u00e8nes, d\u00e9bouchant sur la co-production de transitions environnementales \u00ab\u00a0par le bas\u00a0\u00bb et ouvrant sur de nouvelles trajectoires de d\u00e9veloppement (Bello-Bravo, 2020).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Entre transmodernit\u00e9 et tournant global des sciences sociales\u00a0:\u00a0dessiner les contours possibles des dynamiques transitionnelles<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors qu\u2019il appara\u00eet que \u00ab\u00a0nous avons des probl\u00e8mes modernes pour lesquels il n\u2019existe aucune solution moderne\u00a0\u00bb (de Sousa Santos, 2011, p.\u00a032), l\u2019une des voies que peuvent emprunter les analyses de la transition peut \u00eatre celle de la \u00ab\u00a0transmodernit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0cette derni\u00e8re est fond\u00e9e sur une d\u00e9prise de la colonialit\u00e9 occidentale et sur un principe de reconnaissance de toutes les formes de pens\u00e9e et de savoirs (notamment indig\u00e8nes) afin d\u2019\u00e9laborer une \u00ab\u00a0pluriversalit\u00e9\u00a0\u00bb commune. Cette conception \u00ab\u00a0\u00e9pist\u00e9mopolitique\u00a0\u00bb de la science (Dufoix et Mac\u00e9, 2019) est toutefois critiqu\u00e9e par les tenant-e-s du tournant global des sciences sociales invitant \u00e0 une d\u00e9marche plus positive\u00a0:\u00a0d\u00e9crire et comparer de mani\u00e8re non occidentalo-centrique les diverses mani\u00e8res qu\u2019ont les acteurs et actrices de construire, instituer et transformer la r\u00e9alit\u00e9, d\u2019organiser les n\u00e9cessit\u00e9s de leurs interd\u00e9pendances, les l\u00e9gitimit\u00e9s de leurs cadres d\u2019action et les conflictualit\u00e9s induites.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Mettant \u00e0 \u00e9gale distance le \u00ab\u00a0syncr\u00e9tisme\u00a0\u00bb des un-e-s et la \u00ab\u00a0neutralit\u00e9 axiologique\u00a0\u00bb des autres, nous appelons les auteur-e-s \u00e0 d\u00e9velopper des approches fond\u00e9es sur un institutionnalisme critique (Cleaver, 2015) inform\u00e9 par l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs\u00a0:\u00a0de nature historique, pragmatique et projectique (Renou, 2019), ce dossier s\u2019attachera \u00e0 identifier les conditions d\u2019existence et de r\u00e9alisation de \u00ab\u00a0mondes possibles\u00a0\u00bb susceptibles d\u2019orienter les dynamiques transitionnelles sociale-\u00e9cologiques \u00e0 venir. Questionnant aussi bien les modalit\u00e9s et les m\u00e9thodes de production de savoirs que les cadres heuristiques et les finalit\u00e9s politiques, il se mettra \u00ab\u00a0en qu\u00eate d\u2019enqu\u00eates\u00a0\u00bb sur les Afriques transitionnelles.<\/p>\r\n\r\n<h2>Pistes de r\u00e9flexion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Les questionnements qui orienteront ce travail collectif renverront (entre autres) aux enjeux suivants :<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify;\">\r\n \t<li>Enjeux analytiques\u00a0:\u00a0comment traiter de l\u2019ins\u00e9paration \u00ab\u00a0commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0co-motion sociale-\u00e9cologique\u00a0\u00bb et de la pluralit\u00e9 de leurs modalit\u00e9s d\u2019interaction\u00a0:\u00a0doit-on privil\u00e9gier les approches en termes de d\u00e9pendance de sentier et de points de rupture, de d\u00e9terministe structurel et de reproduction h\u00e9g\u00e9monique (Castro-Gomez, 2006), d\u2019espace de jeu et de n\u00e9gociation strat\u00e9gique (Bello-Bravo, 2020)?<\/li>\r\n \t<li>Enjeux \u00e9pist\u00e9mologiques\u00a0:\u00a0comment faire \u00e9voluer les th\u00e9ories en sciences sociales afin de construire une approche dialogique de la production de savoirs\u00a0:\u00a0faut-il privil\u00e9gier les approches en termes de \u00ab\u00a0lutte des ontologies politiques\u00a0\u00bb supposant un rapport frontal entre ontologies (Escobar, 2019), celles \u00e9voquant une perspective \u00ab\u00a0non fondationiste\u00a0\u00bb favorisant la plasticit\u00e9 des processus d\u2019individuation (Velicu, 2015), invoquer la notion de \u00ab\u00a0cr\u00e9olit\u00e9\u00a0\u00bb comme voie alternative, c\u2019est-\u00e0-dire comme production de r\u00e9sultats improbables incorpor\u00e9s de mani\u00e8re non intentionnelle par les protagonistes?<\/li>\r\n \t<li>Enjeux m\u00e9thodologiques\u00a0:\u00a0comment instrumenter de mani\u00e8re innovante les dispositifs de production, de combinaison voire de confrontation des savoirs? Comment penser de nouvelles m\u00e9thodes et de nouveaux protocoles de recherche (Lloyd <em>et al.<\/em>, 2015) susceptibles de d\u00e9coloniser les institutions occidentales et de r\u00e9duire leurs effets de domination \u00e9pist\u00e9mique (Howitt <em>et al.<\/em>, 2017)? Faut-il modifier les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9criture scientifique en ayant recours aux auteurs \u00ab\u00a0non humains\u00a0\u00bb, faire \u00e9voluer les formats et les contenus d\u2019\u00e9criture, pluraliser les mediums de production de connaissance?<\/li>\r\n \t<li>Enjeux pratiques\u00a0:\u00a0comment d\u00e9velopper des analyses de la d\u00e9construction au service de la reconstruction th\u00e9orico-pratique et \u00e9viter le proc\u00e8s d\u2019analyses critiques \u00ab\u00a0th\u00e9oriques\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0discursives\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0homog\u00e9n\u00e9isantes\u00a0\u00bb et <em>in fine<\/em> empreintes d\u2019une \u00ab\u00a0relative d\u00e9sinvolture\u00a0\u00bb pour la complexit\u00e9 du social (Martuccelli, 2019)? Comment choisir et faire parler ses \u00e9tudes de cas afin de \u00ab\u00a0reconsid\u00e9rer l\u2019espace\u00a0\u00bb et ainsi construire, dans un vaste mouvement de production cumulative, une approche se r\u00e9clamant de l\u2019\u00bb\u00a0universel diversel\u00a0\u00bb (Grosfoguel, 2006)?<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Conditions de soumission<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La revue <em>Naaj<\/em> publie exclusivement en langue fran\u00e7aise, mais peut exceptionnellement admettre des textes en anglais ou en d\u2019autres langues si elle dispose d\u2019une ressource humaine circonstancielle pour les \u00e9valuer et les r\u00e9viser. Elle pratique l\u2019\u00e9valuation par les pair-e-s (<em>peer-review<\/em>) et dispose d\u2019une politique anti plagiat arrim\u00e9e \u00e0 celle du <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/\">Grenier des savoirs<\/a>. Les r\u00e9sum\u00e9s seront exclusivement soumis en ligne \u00e0 l\u2019adresse suivante\u00a0:<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"blank\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/formulaire\/<\/a><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dossier en pr\u00e9paration, dont le contenu scientifique est d\u00e9taill\u00e9 ci-dessus, souhaite privil\u00e9gier une approche interdisciplinaire de la th\u00e9matique propos\u00e9e. Les auteur-e_s de toutes les sciences sociales et humaines sont appel\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 participer sans pour autant s\u2019y limiter. Ils ou elles sont invit\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 explorer la th\u00e9matique \u00e0 partir d\u2019analyses locales, nationales voire internationales. La mise en contexte d\u2019\u00e9tudes empiriques, de corpus originaux, la rencontre entre une approche th\u00e9orique solide et un terrain sont vivement encourag\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Calendrier<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ouverture de l\u2019appel\u00a0:\u00a0<strong>24 mars 2020<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>PROLONGATION : Date limite de r\u00e9ception des r\u00e9sum\u00e9s (<\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/formulaire\/\"><strong>en ligne uniquement<\/strong><\/a><strong>) : 30 juin 2020<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ponse aux auteurs et autrices apr\u00e8s \u00e9valuation de la proposition\u00a0:\u00a0<strong>semaine du 15 juillet 2020<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ception des textes complets (en ligne uniquement)\u00a0:\u00a0<strong>15 septembre 2020<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Publication du volume : <strong>15 d\u00e9cembre 2020<\/strong><\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/politiques\/comite-de-redaction\/\">Comit\u00e9 de r\u00e9daction<\/a><\/h2>\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/politiques\/comite-scientifique-et-politique-devaluation\/\">Comit\u00e9 scientifique<\/a><\/h2>\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Aykut, S., &amp; Dahan, A. (2014). Que peut-on esp\u00e9rer des n\u00e9gociations climatiques? B. Laville, S. Thi\u00e9bault, A. Euzen\u00a0:\u00a0<em>Quelles solutions face au changement,<\/em> CNRS Editions, 85-93.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., &amp; Blanchard, P. (2005). Les origines r\u00e9publicaines de la fracture coloniale.\u00a0<em>La Fracture coloniale. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au prisme de l'h\u00e9ritage colonial<\/em>, 33-44.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., &amp; Blanchard, P. (2010). Colonisation\u00a0:\u00a0comm\u00e9morations et m\u00e9moriaux. Conflictualit\u00e9 sociale et politique d\u2019un enjeu m\u00e9moriel.\u00a0<em>Ruptures postcoloniales. Les nouveaux visages de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, Paris<\/em>, 480-508.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., Blanchard, P. &amp; Lemaire, S. (2005). <em>La fracture coloniale. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au prisme de l'h\u00e9ritage colonial. <\/em>La D\u00e9couverte, \u00ab\u00a0Cahiers libres\u00a0\u00bb, 322 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., Blanchard, P. et Verg\u00e8s, F. (2003). <em>La R\u00e9publique coloniale. Essai sur une utopie<\/em>. Paris, Albin Michel.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bello-Bravo, J. (2020). Managing biodiversity &amp; divinities: Case study of one twenty-year humanitarian forest restoration project in Benin.\u00a0<em>World Development<\/em>,\u00a0<em>126<\/em>, 104707.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bonneuil, C. &amp; Fressoz, J-B. (2013), <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement anthropoc\u00e8ne. La terre, l\u2019histoire et nous<\/em>. Paris, Le Seuil, coll. \u00ab\u00a0Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb, 304 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Boulbina, S., L. (2010). Une Afrique coup\u00e9e en deux.\u00a0<em>Africultures<\/em>, (3), 16-25.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Brundtland, G. H., Khalid, M., Agnelli, S., Al-Athel, S. &amp; Chidzero, B. (1987). <em>Our common future<\/em>. New York, 8.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Castro-G\u00f3mez, S. (2006). Le chapitre manquant d'Empire.\u00a0<em>Multitudes<\/em>, (3), 27-49.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Cleaver, F., &amp; De Koning, J. (2015). Furthering critical institutionalism.\u00a0<em>International Journal of the Commons<\/em>,\u00a0<em>9<\/em>(1).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Crutzen, P. J. (2006). The \u201canthropocene\u201d. <em>In Earth system science in the anthropocene<\/em> (pp. 13-18). Springer, Berlin, Heidelberg.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">d'Allonnes, M. R. (2012). <em>La Crise sans fin. Essai sur l'exp\u00e9rience moderne du temps\u00a0:\u00a0Essai sur l'exp\u00e9rience moderne du temps<\/em>. Le Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">de Sousa Santos, B. (2011). \u00c9pist\u00e9mologies du Sud. <em>\u00c9tudes rurales<\/em>, <em>187<\/em>, 21-50. DOI\u00a0:\u00a010.4000\/etudesrurales.9351<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Diagne, S. B. (2017). Pour un universel vraiment universel.\u00a0 In <em>\u00c9crire l\u2019Afrique-Monde<\/em>, 71-78.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Douai, A., &amp; Plumecocq, G. (2017). <em>L'\u00e9conomie \u00e9cologique<\/em>. La D\u00e9couverte.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Dufoix, S. &amp; Mac\u00e9, \u00c9. (2019). Les enjeux d\u2019une sociologie mondiale non-h\u00e9g\u00e9monique.\u00a0<em>Zilsel<\/em>, (1), 88-121.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Egil, F. (2015). Les Objectifs de d\u00e9veloppement durable, nouveau \u00ab\u00a0palais de cristal\u00a0\u00bb?\u00a0<em>Politique africaine<\/em>, (4), 99-120.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Escobar, A. (2019).\u00a0<em>Autonom\u00eda y dise\u00f1o: la realizaci\u00f3n de lo comunal<\/em>. Editorial Universidad del Cauca.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Forsyth, I. H. (2019).\u00a0<em>Throne of Wisdom<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Gayon, V. &amp; Lemoine, B. (2014). Maintenir l'ordre \u00e9conomique. Politiques de d\u00e9sencastrement et de r\u00e9encastrement de l'\u00e9conomie, <em>Politix<\/em>, (1), 7-35. DOI\u00a0:\u00a010.3917\/pox.105.0007. URL\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-politix-2014-1-page-7.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-politix-2014-1-page-7.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2004). From sectoral systems of innovation to socio-technical systems: Insights about dynamics and change from sociology and institutional theory.\u00a0<em>Research policy<\/em>,\u00a0<em>33<\/em>(6-7), 897-920.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2005). Processes and patterns in transitions and system innovations: Refining the co-evolutionary multi-level perspective.\u00a0<em>Technological forecasting and social change<\/em>,\u00a0<em>72<\/em>(6), 681-696.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2011). The multi-level perspective on sustainability transitions: Responses to seven criticisms.\u00a0<em>Environmental innovation and societal transitions<\/em>,\u00a0<em>1<\/em>(1), 24-40.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2011). The multi-level perspective on sustainability transitions: Responses to seven criticisms. <em>Environmental innovation and societal transitions<\/em>, 1(1), 24-40.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W., &amp; Schot, J. (2007). Typology of sociotechnical transition pathways.\u00a0<em>Research policy<\/em>,\u00a0<em>36<\/em>(3), 399-417.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W., Kern, F., Fuchs, G., Hinderer, N., Kungl, G., Mylan, J., ... &amp; Wassermann, S. (2016). The enactment of socio-technical transition pathways: a reformulated typology and a comparative multi-level analysis of the German and UK low-carbon electricity transitions (1990\u20132014). <em>Research Policy<\/em>, 45(4), 896-913.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Grosfoguel, R. (2006). Les implications des alt\u00e9rit\u00e9s \u00e9pist\u00e9miques dans la red\u00e9finition du capitalisme global.\u00a0<em>Multitudes<\/em>, (3), 51-74.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hamouda, O. (2002). P. Dockes et al., les traditions \u00e9conomiques Fran\u00e7aises 1848-1939. <em>Cahiers d'\u00e9conomie politique\/Papers in Political Economy<\/em>, (1), 165-168.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hess, G., &amp; Bourg, D. (Eds.). (2016). <em>Science, conscience et environnement: penser le monde complexe<\/em>. Presses universitaires de France.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hibou, B. (2011).\u00a0<em>Anatomie politique de la domination<\/em>. Paris,\u00a0 La D\u00e9couverte.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Howitt, R., MacEwan, D., Medell\u00edn-Azuara, J., Lund, J., &amp; Sumner, D. (2017). Economic analysis of the 2015 drought for California agriculture. <em>UNEP<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Klein, H. S. (2010).\u00a0<em>The Atlantic slave trade<\/em>. Cambridge University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Laurent, E. &amp; Philippe Pochet, (2015). <em>La transition ne pourra \u00eatre qu\u2019\u00e9cologique et sociale<\/em>. Sciences Po publications.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Lawrence, T. B., Suddaby, R., &amp; Leca, B. (Eds.). (2009<em>). Institutional work: Actors and agency in institutional studies of organizations<\/em>. Cambridge university press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Lloyd, K., Howitt, R., Bilous, R., Clark, L., Dowling, R., Fagan, R., &amp; Suchet-Pearson, S. (2015). Geographic contributions to institutional curriculum reform in Australia: The challenge of embedding field-based learning.\u00a0<em>Journal of Geography in Higher Education<\/em>,\u00a0<em>39<\/em>(4), 491-503.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mahoney, J., &amp; Thelen, K. (2010). A theory of gradual institutional change.\u00a0<em>Explaining institutional change: Ambiguity, agency, and power<\/em>,\u00a0Cambridge University Press, Cambridge<em>, 1<\/em>, 1-37.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martin, K. (2017). The Values of Strategy: Valuation Practices, Rivalry and Strategic Agency, <em>Organization studies<\/em>, 38 (12), 1753-1773.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martinache, I. (2018). L\u2019\u00e9conomie \u00e9cologique. <em>Idees economiques et sociales<\/em>, (2), 79-79.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martuccelli, D. (2019). La vie en commun et la question du faire soci\u00e9t\u00e9.\u00a0<em>Nouvelle revue de psychosociologie<\/em>, (2), 73-84.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mbembe, A. (2010). <em>Sortir de la grande nuit. Essai sur l\u2019Afrique d\u00e9colonis\u00e9e<\/em>.\u00a0Paris, La D\u00e9couverte, 252 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mbembe, A. (2019).\u00a0<em>Necropolitics<\/em>. Duke University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mercer, J., Kelman, I., Taranis, L., &amp; Suchet\u2010Pearson, S. (2010). Framework for integrating indigenous and scientific knowledge for disaster risk reduction.\u00a0<em>Disasters<\/em>,\u00a0<em>34<\/em>(1), 214-239.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mignolo, W. D. (2017). Colonialidade: o lado mais escuro da modernidade.\u00a0<em>Revista Brasileira de Ci\u00eancias Sociais<\/em>,\u00a0<em>32<\/em>(94).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Nubukpo, K. (2019). \u00a0<em>L\u2019Urgence africaine. Changeons le mod\u00e8le de croissance<\/em>. Paris, Odile Jacob, 236\u00a0p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Nubukpo, K., &amp; Samuel, B. (2017). Entre les plans d\u2019\u00e9mergence sans vision et des visions sans \u00e9mergence: la difficile appropriation par l\u2019Afrique de ses trajectoires de d\u00e9veloppement.\u00a0<em>Politique africaine<\/em>, (1), 51-63.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Okada, T., Howitt, R., Haynes, K., Bird, D., &amp; McAneney, J. (2018). Recovering local sociality: Learnings from post-disaster community-scale recoveries.\u00a0<em>International journal of disaster risk reduction<\/em>,\u00a0<em>31<\/em>, 1030-1042.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Ollivier, G., Magda, D., Maz\u00e9, A., Plumecocq, G., &amp; Lamine, C. (2018). <em>Agroecological transitions: what can sustainability transition frameworks teach us? An ontological and empirical analysis<\/em>. Ecology and Society, 23(2).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Renou, Y. (2019). <em>N\u00e9gocier des transitions socio-institutionnelles: travail des possibles, r\u00e9gimes de valorisation et communs<\/em>, HDR, Universit\u00e9 de Grenoble-Alpes.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Rockstr\u00f6m, J., Steffen, W., Noone, K., Persson, \u00c5., Chapin III, F. S., Lambin, E., ... &amp; Nykvist, B. (2009). Planetary boundaries: exploring the safe operating space for humanity. <em>Ecology and society<\/em>, 14(2).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sarr, F. (2016).\u00a0<em>Afrotopia<\/em>. Philippe Rey.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Scherer, A. G., Palazzo, G., &amp; Seidl, D. (2013). Managing legitimacy in complex and heterogeneous environments: Sustainable development in a globalized world. <em>Journal of management studies<\/em>, 50(2), 259-284.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sim\u00e9ant-Germanos, J. (2019). Penser les ing\u00e9nieries de l\u2019environnement en Afrique \u00e0 l\u2019aune des sciences sociales du d\u00e9veloppement.\u00a0<em>Zilsel<\/em>, (2), 281-313.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sloterdijk, P. (2013).\u00a0<em>In the world interior of capital: Towards a philosophical theory of globalization<\/em>. Polity.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Steffen, W., Richardson, K., Rockstr\u00f6m, J., Cornell, S., Fetzer, I., Bennett, E., Biggs, R., Carpenter, S., de Vries, W., de Wit, C., Folke, C., Gerten, D., Heinke, J., Mace, G., Persson, L., Ramanathan, V., Reyers, B., S\u00f6rlin, S., (2015). Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet, , <em>Science<\/em>, 347, American Association for the Advancement of Science.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Truffer, B., Murphy, J. T., &amp; Raven, R. (2015). <em>The geography of sustainability transitions: Contours of an emerging theme<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Velicu, A. M. (2015). Langues de sp\u00e9cialit\u00e9 (s) sur objectif de traduction\u00a0:\u00a0strat\u00e9gies de gestion du manque chronique de savoirs \u00ab\u00a0disciplinaires\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Dialogos<\/em>,\u00a0<em>16<\/em>(32), 45-64.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Vivien, F-Dominique. (2007). <em>Le d\u00e9veloppement soutenable. <\/em>La D\u00e9couverte, \u00ab\u00a0Rep\u00e8res\u00a0\u00bb, 128 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Vo\u00df, J. P., Smith, A., &amp; Grin, J. (2009). Designing long-term policy: rethinking transition management.\u00a0<em>Policy sciences<\/em>,\u00a0<em>42<\/em>(4), 275-302.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Wallerstein, I. (2011). <em>The modern world-system I: Capitalist agriculture and the origins of the European world-economy in the sixteenth century<\/em> (1). Univ of California Press.<\/p>","rendered":"<h2>Attention : prolongation de l&rsquo;appel au 30 juin 2020<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Dossier coordonn\u00e9 par Yvan Renou (PACTE\/CNRS \u2013 UGA), Cheikh Ba (Universit\u00e9 de Picardie, PACTE\/CNRS \u2013 UGA) et Alassane Diallo (Universit\u00e9 Amadou Mahtar Mbow, CREG \u2013 UGA)<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les transitions environnementales \u00e0 l\u2019\u00e2ge de l\u2019Anthropoc\u00e8ne\u00a0:\u00a0les interactions Nord\/Sud<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019un monde marqu\u00e9 par la pr\u00e9sence de crises multiples \u00e0 partir de la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle (Crutzen, 2006; Rockstr\u00f6m <em>et al.<\/em>, 2009; Fressoz et Bonneuil, 2013) prenant la forme d\u2019une \u00ab\u00a0crise sans fin\u00a0\u00bb (d\u2019Allone, 2012), l\u2019analyse des processus socio-\u00e9conomiques a \u00e9volu\u00e9 afin d\u2019int\u00e9grer les nouvelles caract\u00e9ristiques d\u2019un environnement d\u00e9cisionnel complexifi\u00e9 (Steffen <em>et al.<\/em>, 2015; Laurent et Pochet, 2015; Hess et Bourg, 2016). Malgr\u00e9 les tentatives de multiples entrepreneurs institutionnels de maintenir un ordre institu\u00e9 au sein duquel ils d\u00e9tenaient des positions dominantes (Scherrer <em>et al.<\/em>, 2013; Gayon et Lemoine, 2014; Geels <em>et al.<\/em>, 2016), l\u2019ordre \u00e9conomique de l\u2019apr\u00e8s seconde-guerre mondiale s\u2019est fissur\u00e9 et a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de d\u00e9sordres institutionnalisants (Lawrence <em>et al.<\/em>, 2009) rendant difficilement praticables les nouvelles incertitudes ainsi g\u00e9n\u00e9r\u00e9es (\u00ab\u00a0ontologiques\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e9pist\u00e9miques\u00a0\u00bb). Le syst\u00e8me \u00e9conomique mondial a \u00e9t\u00e9 d\u00e8s lors appel\u00e9 \u00e0 \u00e9voluer et \u00e0 d\u00e9ployer des transitions l\u2019orientant vers des trajectoires soutenables (Vivien, 2007; Douai et Plumecocq, 2017).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La notion de transition est polys\u00e9mique (c\u2019est-\u00e0-dire floue et ambigu\u00eb). Cristallisant l\u2019attention de nombreux observateurs et observatrices, elle s\u2019av\u00e8re essentielle afin de cerner avec pr\u00e9cision la mani\u00e8re dont se structurent les enjeux orientant le d\u00e9veloppement des \u00e9conomies et des soci\u00e9t\u00e9s au XXI\u00e8me si\u00e8cle. Alors que les conceptions premi\u00e8res de la notion de transition pouvaient l\u2019apparenter \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0transit\u00a0\u00bb (Hess et Bourg, 2016), c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un changement d\u2019orientation dans la continuit\u00e9 des finalit\u00e9s poursuivies, il s\u2019agit plut\u00f4t aujourd\u2019hui de penser un changement d\u2019\u00e9tat (une rupture, une discontinuit\u00e9) ainsi que les chemins, \u00e9tapes et moyens pour le rendre praticable. Pour ce faire, la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb (Brundtland <em>et al.<\/em>, 1987) ne semble plus \u00eatre la boussole appropri\u00e9e (Hess et Bourg, 2016; p.\u00a011). Outre les objectifs difficilement concr\u00e9tisables des d\u00e9couplages annonc\u00e9s (entre la croissance du PIB, la croissance des consommations \u00e9nerg\u00e9tiques, la croissance des in\u00e9galit\u00e9s et les d\u00e9gradations environnementales), ce sont les promesses du d\u00e9veloppement \u00e9conomique classique (croissance du PIB fond\u00e9e sur l\u2019innovation technologique notamment) qui sont battues en br\u00e8che\u00a0:\u00a0augmentation du bien-\u00eatre, plein emploi et r\u00e9sorption des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus fondamentalement, Hess et Bourg (2016) identifient trois limites compromettant les potentialit\u00e9s analytiques de la notion de d\u00e9veloppement durable\u00a0:\u00a0i) cherchant \u00e0 pr\u00e9venir les difficult\u00e9s lointaines \u00e0 partir du pr\u00e9sent, elle semble dans l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 signifier une rupture avec ce dernier; ii) pens\u00e9e et con\u00e7ue par la haute fonction publique onusienne comme une d\u00e9marche \u00ab\u00a0top-down\u00a0\u00bb, elle peine \u00e0 structurer concr\u00e8tement les d\u00e9marches \u00ab\u00a0bottom-up\u00a0\u00bb qui \u00e9mergent de mani\u00e8re profuse aujourd\u2019hui; iii) pens\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9sir de progr\u00e8s fond\u00e9 sur les avanc\u00e9es technologiques (une \u00ab\u00a0\u00e9conomie des promesses\u00a0\u00bb), elle r\u00e9pond mal aux enjeux de l\u2019adaptation \u00e0 des changements par des savoirs profanes et\/ou non t\u00e9l\u00e9ologiques (une \u00ab\u00a0\u00e9conomie du pari\u00bb). Au final, la notion de d\u00e9veloppement durable semble partiellement invalid\u00e9e par l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e2ge de l\u2019Anthropoc\u00e8ne, qui lui-m\u00eame ouvre sur une conception critique de la notion de transition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Anthropoc\u00e8ne signale en effet l\u2019\u00e9chec de la modernit\u00e9 qui promettait d\u2019arracher l\u2019histoire \u00e0 la nature, de lib\u00e9rer le devenir humain de tout d\u00e9terminisme naturel. Construit sur les notions de dette \u00e9cologique et d\u2019\u00e9change in\u00e9gal entre le Nord et le Sud et situ\u00e9e \u00e0 l\u2019interface des sciences du syst\u00e8me Terre, de la th\u00e9orie du syst\u00e8me-monde (Wallerstein, 2011) et de l\u2019histoire sociale et environnementale, une certaine conception de cette notion (Bonneuil et Fressoz, 2013) met en \u00e9vidence un ressort commun aux dominations \u00e9conomiques et sociales, aux injustices environnementales et aux d\u00e9r\u00e8glements \u00e9cologiques d\u00e9sormais d\u2019ampleur g\u00e9ologique. Elle nous ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des mille liens d\u2019appartenance et de r\u00e9troactions qui attachent nos soci\u00e9t\u00e9s aux processus complexes d\u2019une Terre qui n\u2019est ni stable, ni ext\u00e9rieure, ni infinie. Comprendre le fonctionnement de ces socio-\u00e9co-syst\u00e8mes demande de disposer d\u2019une d\u00e9finition renouvel\u00e9e de la notion de transition fond\u00e9e sur une compr\u00e9hension politique des dynamiques institutionnelles qui travaillent les socio-natures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pr\u00e9sent appel s\u2019inscrit dans une perspective envisageant les \u00ab\u00a0transitions\u00a0\u00bb sous un angle renouvel\u00e9. S\u2019inscrivant dans la continuit\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de travaux r\u00e9cents (Truffer <em>et al.<\/em>, 2015; Ollivier <em>et al.<\/em>, 2018), ces derni\u00e8res ne sont pas r\u00e9duites \u00e0 un changement incr\u00e9mental ou param\u00e9trique (Mahoney et Thelen, 2010), ni \u00e0 un processus t\u00e9l\u00e9ologique (Geels, 2011) mais bien \u00e0 une transformation r\u00e9it\u00e9r\u00e9e des structures de l\u2019action collective par des collectifs organis\u00e9s et organisants. Appliqu\u00e9e au contexte africain, une telle conception implique de d\u00e9ployer un institutionnalisme historique et pragmatique qui laisse toute sa place \u00e0 l\u2019analyse des processus de (d\u00e9)colonisation (Bansel <em>et al.<\/em>, 2005) qui ont marqu\u00e9 les relations entre le Nord et le Sud pendant les deux derniers si\u00e8cles ainsi qu\u2019aux strat\u00e9gies de (d\u00e9)colonialit\u00e9 (Grosfoguel, 2006; Sarr, 2016) induites par les politiques n\u00e9olib\u00e9rales d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de l\u2019espace de jeu strat\u00e9gique qui en r\u00e9sulte doit permettre d\u2019\u00e9tudier la puissance de conformation des politiques environnementales import\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur ainsi que les r\u00e9sistances et les innovations pratiques qu\u2019elles font \u00e9merger en retour. Dit autrement, il s\u2019agit d\u2019\u00e9tudier les relations dialogiques qui se d\u00e9veloppent entre deux dynamiques <em>a priori<\/em> antagonistes\u00a0:\u00a0la \u201ccommotion\u201d coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale et la \u201cco-motion\u201d sociale-\u00e9cologique (Howitt <em>et al.<\/em>, 2017). Nous nous inscrivons en effet dans la continuit\u00e9 d\u2019\u00e9tudes faisant le constat que, face \u00e0 la domination des savoirs experts (eurocentr\u00e9s) incorpor\u00e9s dans des instruments et des dispositifs concrets de gouvernance des ressources environnementales sur divers territoires africains, \u00e9mergent des pratiques dissidentes empruntant \u00e0 des ontologies politiques alternatives et mobilisant des savoirs \u201cindig\u00e8nes\u201d susceptibles d\u2019entretenir un \u201cdialogue cognitif\u201d producteur de solutions soutenables pour les socio-\u00e9co-syst\u00e8mes concern\u00e9s. Rendre compte pr\u00e9cis\u00e9ment du jeu strat\u00e9gique dans lequel s\u2019ins\u00e8rent ces pratiques est ici l\u2019enjeu central.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Sortir des traumatismes coloniaux et n\u00e9olib\u00e9raux\u00a0:\u00a0les ressources environnementales africaines au prisme de l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Sortir de la grande nuit\u00a0\u00bb (Mbembe, 2010) n\u00e9cessite, pour le continent africain, de s\u2019engager dans un exercice r\u00e9flexif articulant les traumatismes coloniaux (Bancel et Blanchard, 2005 et 2010; Boulbina, 2018) et n\u00e9o-lib\u00e9raux (Klein, 2010). L\u2019enjeu est afin d\u2019\u00e9clairer diff\u00e9remment les situations probl\u00e9matiques pr\u00e9sentes et d\u2019informer des transitions environnementales soutenables \u00ab\u00a0par et pour\u00a0\u00bb les protagonistes et les ressources concern\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exercice n\u2019est pas ais\u00e9. Entre une Afrique sah\u00e9lienne confront\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes complexes d\u2019adaptation au changement climatique, une Afrique des for\u00eats qui se positionne sur le march\u00e9 de la pr\u00e9servation des puits de carbone, l\u2019Afrique du sud industrielle, un delta du Niger ravag\u00e9 par la pollution li\u00e9e \u00e0 l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re et des petits \u00c9tats tirant leurs ressources du tourisme et menac\u00e9s par la mont\u00e9e des eaux, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a de commun? Au-del\u00e0 des r\u00e9cits crois\u00e9s sur une Afrique imaginaire et proche de la nature, ou \u00e0 l\u2019inverse d\u2019une Afrique menac\u00e9e par le <em>land grabbing<\/em> des grands groupes internationaux, et dont la d\u00e9gradation \u00e9cologique pousserait \u00e0 l\u2019exode, c\u2019est bien la question des trajectoires de d\u00e9veloppement et des effets sur l\u2019environnement qui peut donner un sens \u00e0 cette question \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent (Nubukpo, 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Penser le lien entre trajectoires de d\u00e9veloppement et environnement suppose d\u2019abord de rappeler les effets de la ru\u00e9e coloniale sur les ressources naturelles, laquelle a durablement structur\u00e9 les environnements africains\u00a0:\u00a0coupure entre des zones c\u00f4ti\u00e8res qui furent les lieux des comptoirs de commerce et hinterland sous-d\u00e9velopp\u00e9, r\u00e9seaux de transport qui d\u00e9coulaient de cette division, accaparement des meilleures terres au profit des colons dans le cas des colonies de peuplement, monocultures de rente et d\u2019exportation, effets sur les importations alimentaires\u2026 Toute la difficult\u00e9 est cependant de ne pas consid\u00e9rer les \u00c9tats africains \u00e0 la seule aune de l\u2019h\u00e9ritage colonial, au risque d\u2019oublier l\u2019historicit\u00e9 propre du rapport des soci\u00e9t\u00e9s africaines \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 la fa\u00e7on dont les Africain-e-s ont aussi \u00e9t\u00e9 les acteurs et actrices du contr\u00f4le de la nature (J. Sim\u00e9ant-Germanos, 2019), m\u00eame si ces dernier.e.s ont \u00e9t\u00e9 acclimat\u00e9-e-s \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 des territoires concern\u00e9s (K. Nubukpo et B. Samuel, 2017). La socio-anthropologie du d\u00e9veloppement a bien montr\u00e9 que le d\u00e9veloppement des cultures commerciales ou l\u2019augmentation de la productivit\u00e9 agricole \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre un effet m\u00e9canique de la colonisation d\u2019hier ou des politiques de d\u00e9veloppement d\u2019aujourd\u2019hui, et qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre du r\u00e9cit d\u2019une modernisation exog\u00e8ne, technologique et triomphante, beaucoup d\u2019innovations, nourries de savoirs sp\u00e9cifiques, venaient des Africain-e-s et non de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019incomp\u00e9tence \u00e9cologique des Africain-e-s a cependant continu\u00e9 d\u2019informer le caract\u00e8re oxymorique du \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb. En effet, il est maintenant bien admis que les Objectifs du D\u00e9veloppement Durable (ODD) ont \u00e9t\u00e9 une fa\u00e7on de proposer une nouvelle t\u00e9l\u00e9ologie inscrite dans la continuit\u00e9 du consensus de Washington (Egil, 2015) ou, dit autrement, de fa\u00e7onner une nouvelle conception de la modernit\u00e9 permettant d\u2019\u00e9noncer la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019environnement sans qu\u2019elle n\u2019apparaisse contraire \u00e0 la croissance. Au traumatisme colonial induisant un acc\u00e8s in\u00e9gal et une exploitation non soutenable des ressources environnementales, a donc succ\u00e9d\u00e9 le traumatisme n\u00e9o-lib\u00e9ral contribuant \u00e0 la marchandisation de ces derni\u00e8res via le d\u00e9veloppement d\u2019une logique d\u00e9veloppementiste et extractiviste (de Sousa Santos, 2011).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Affirmant le pouvoir d\u2019une gouvernementailit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale fond\u00e9e sur les instruments, les ODD ont contribu\u00e9 \u00e0 mettre \u00ab\u00a0\u00e0 distance\u00a0\u00bb toute l\u2019\u00e9paisseur et la complexit\u00e9 du r\u00e9el. S\u2019int\u00e9resser aux modalit\u00e9s de l\u2019action publique environnementale et aux logiques de quantification sur lesquelles elles s\u2019appuient permet d\u00e8s lors de mieux en cerner la force op\u00e9ratoire, mais aussi les \u00e9ventuelles limites associ\u00e9es aux instruments mobilis\u00e9s. En \u00e9tendant au niveau mondial les concepts du New Public Management, les ODD ont en effet fait un pas de plus dans la mise en place de la gouvernementalit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale\u00a0:\u00a0celle-ci se caract\u00e9rise par l\u2019organisation des politiques publiques autour de la satisfaction d\u2019indicateurs, par le recours \u00e0 l\u2019\u00e9talonnage (benchmarking) comme mode de comparaison de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action accomplie et par la libert\u00e9 des moyens accord\u00e9s aux agents (d\u00e8s lors que leur action ne remet pas en cause les objectifs). Les ODD poursuivent, approfondissent et g\u00e9n\u00e9ralisent donc la d\u00e9marche des OMD, moyennant un certain effort d\u2019adaptation (Egil, 2015).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les ODD ont ind\u00e9niablement un pouvoir conformant, il reste que le grand r\u00e9cit du rouleau compresseur n\u00e9olib\u00e9ral bute sur le fait qu\u2019une partie des outils du New Public Management, s\u2019ils participent \u00e0 la \u00ab\u00a0bureaucratisation du monde\u00a0\u00bb (Hibou, 2011), peinent \u00e0 totalement orienter les comportements, en tout cas dans le sens d\u00e9sir\u00e9. C\u2019est en particulier vrai parce que la force op\u00e9ratoire de ces outils est d\u00e9coupl\u00e9e de leurs usages politiques ou parce que la finalit\u00e9 qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 leur sp\u00e9cification bute sur l\u2019impossibilit\u00e9 pratique de contr\u00f4ler totalement la r\u00e9alit\u00e9 sociale. Ainsi, tout en produisant un \u00ab\u00a0schisme de r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (Aykut et Dahan, 2015) par la s\u00e9paration entre les mondes qu\u2019ils fabriquent, ces instruments cr\u00e9ent potentiellement un espace de jeu pour les protagonistes \u00e0 m\u00eame de s\u2019y investir. En effet, Peter Sloterdijk (2013) nous rappelle que c\u2019est en visitant le Palais de cristal de Londres, vaste construction moderniste \u00e9difi\u00e9e pour l\u2019Exposition universelle de 1851 et en lisant l\u2019occidentaliste Nikola\u00ef Tchernychevski que Dosto\u00efevski est devenu anti-occidental. \u00a0Ainsi, Sloterdijk (cit\u00e9 par Egil, 2015, p.\u00a0119) rappelle que \u00ab\u00a0Tchernychevski comprenait l\u2019\u00e9difice comme m\u00e9taphore d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 occidentale qui devait \u2018\u2018abolir le r\u00e9el, l\u2019ext\u00e9rieur, tout ce champ d\u2019exp\u00e9riences et d\u2019aventures d\u2019o\u00f9 il ne vient que de mauvaises nouvelles\u2019\u2019 pour cr\u00e9er un \u2018\u2018espace int\u00e9rieur, domestique, o\u00f9 il ne reste que la communication sur les belles choses\u2019\u2019\u00a0\u00bb. Le pouvoir de s\u00e9paration est fragile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est cet espace de jeu laiss\u00e9 par une r\u00e9gulation forc\u00e9ment incompl\u00e8te des ressources environnementales que nous proposons de mieux cerner \u00e0 l\u2019aune de l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs, qu\u2019elle soit d\u2019inspiration asiatique (Mercer <em>et al.<\/em>, 2010; Okada <em>et al.<\/em>, 2018; Forsyth, 2019), africaine (Mbembe, 2019; Sarr, 2016; Diagne, 2017) ou sud-am\u00e9ricaine (Grosfoguel, 2006; Escobar, 2019; Mignolo, 2017). Cet espace de jeu strat\u00e9gique, articulant selon des modalit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es \u00ab\u00a0commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0co-motion sociale-\u00e9cologique\u00a0\u00bb peut en effet \u00eatre potentiellement investi par une diversit\u00e9 de protagonistes profitant d\u2019un contexte g\u00e9n\u00e9ral marqu\u00e9 par la multiplication d\u2019\u00e9v\u00e8nements physiques et mat\u00e9riels \u00e0 caract\u00e8re environnemental (PNUD, PNUE, GIEC)\u00a0:\u00a0ces derniers d\u00e9bordent en effet g\u00e9n\u00e9ralement les cadrages gestionnaires d\u2019inspiration n\u00e9o-lib\u00e9rale et contribuent \u00e0 l\u2019affirmation de modalit\u00e9s de r\u00e9gulation alternatives inform\u00e9es par des savoirs \u00ab\u00a0autochtones\u00a0\u00bb jusqu\u2019ici invisibilis\u00e9s (de Sousa Santos, 2011). La lutte entre \u00ab\u00a0ontologies politiques\u00a0\u00bb (Escobar, 2019) \u00e0 laquelle ces jeux donnent lieu semble en mesure de contribuer \u00e0 l\u2019identification de \u00ab\u00a0mission collaborative\u00a0\u00bb entre d\u00e9positaires de savoirs experts et de savoirs indig\u00e8nes, d\u00e9bouchant sur la co-production de transitions environnementales \u00ab\u00a0par le bas\u00a0\u00bb et ouvrant sur de nouvelles trajectoires de d\u00e9veloppement (Bello-Bravo, 2020).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Entre transmodernit\u00e9 et tournant global des sciences sociales\u00a0:\u00a0dessiner les contours possibles des dynamiques transitionnelles<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors qu\u2019il appara\u00eet que \u00ab\u00a0nous avons des probl\u00e8mes modernes pour lesquels il n\u2019existe aucune solution moderne\u00a0\u00bb (de Sousa Santos, 2011, p.\u00a032), l\u2019une des voies que peuvent emprunter les analyses de la transition peut \u00eatre celle de la \u00ab\u00a0transmodernit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0cette derni\u00e8re est fond\u00e9e sur une d\u00e9prise de la colonialit\u00e9 occidentale et sur un principe de reconnaissance de toutes les formes de pens\u00e9e et de savoirs (notamment indig\u00e8nes) afin d\u2019\u00e9laborer une \u00ab\u00a0pluriversalit\u00e9\u00a0\u00bb commune. Cette conception \u00ab\u00a0\u00e9pist\u00e9mopolitique\u00a0\u00bb de la science (Dufoix et Mac\u00e9, 2019) est toutefois critiqu\u00e9e par les tenant-e-s du tournant global des sciences sociales invitant \u00e0 une d\u00e9marche plus positive\u00a0:\u00a0d\u00e9crire et comparer de mani\u00e8re non occidentalo-centrique les diverses mani\u00e8res qu\u2019ont les acteurs et actrices de construire, instituer et transformer la r\u00e9alit\u00e9, d\u2019organiser les n\u00e9cessit\u00e9s de leurs interd\u00e9pendances, les l\u00e9gitimit\u00e9s de leurs cadres d\u2019action et les conflictualit\u00e9s induites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mettant \u00e0 \u00e9gale distance le \u00ab\u00a0syncr\u00e9tisme\u00a0\u00bb des un-e-s et la \u00ab\u00a0neutralit\u00e9 axiologique\u00a0\u00bb des autres, nous appelons les auteur-e-s \u00e0 d\u00e9velopper des approches fond\u00e9es sur un institutionnalisme critique (Cleaver, 2015) inform\u00e9 par l\u2019\u00e9cologie politique des savoirs\u00a0:\u00a0de nature historique, pragmatique et projectique (Renou, 2019), ce dossier s\u2019attachera \u00e0 identifier les conditions d\u2019existence et de r\u00e9alisation de \u00ab\u00a0mondes possibles\u00a0\u00bb susceptibles d\u2019orienter les dynamiques transitionnelles sociale-\u00e9cologiques \u00e0 venir. Questionnant aussi bien les modalit\u00e9s et les m\u00e9thodes de production de savoirs que les cadres heuristiques et les finalit\u00e9s politiques, il se mettra \u00ab\u00a0en qu\u00eate d\u2019enqu\u00eates\u00a0\u00bb sur les Afriques transitionnelles.<\/p>\n<h2>Pistes de r\u00e9flexion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les questionnements qui orienteront ce travail collectif renverront (entre autres) aux enjeux suivants :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Enjeux analytiques\u00a0:\u00a0comment traiter de l\u2019ins\u00e9paration \u00ab\u00a0commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0co-motion sociale-\u00e9cologique\u00a0\u00bb et de la pluralit\u00e9 de leurs modalit\u00e9s d\u2019interaction\u00a0:\u00a0doit-on privil\u00e9gier les approches en termes de d\u00e9pendance de sentier et de points de rupture, de d\u00e9terministe structurel et de reproduction h\u00e9g\u00e9monique (Castro-Gomez, 2006), d\u2019espace de jeu et de n\u00e9gociation strat\u00e9gique (Bello-Bravo, 2020)?<\/li>\n<li>Enjeux \u00e9pist\u00e9mologiques\u00a0:\u00a0comment faire \u00e9voluer les th\u00e9ories en sciences sociales afin de construire une approche dialogique de la production de savoirs\u00a0:\u00a0faut-il privil\u00e9gier les approches en termes de \u00ab\u00a0lutte des ontologies politiques\u00a0\u00bb supposant un rapport frontal entre ontologies (Escobar, 2019), celles \u00e9voquant une perspective \u00ab\u00a0non fondationiste\u00a0\u00bb favorisant la plasticit\u00e9 des processus d\u2019individuation (Velicu, 2015), invoquer la notion de \u00ab\u00a0cr\u00e9olit\u00e9\u00a0\u00bb comme voie alternative, c\u2019est-\u00e0-dire comme production de r\u00e9sultats improbables incorpor\u00e9s de mani\u00e8re non intentionnelle par les protagonistes?<\/li>\n<li>Enjeux m\u00e9thodologiques\u00a0:\u00a0comment instrumenter de mani\u00e8re innovante les dispositifs de production, de combinaison voire de confrontation des savoirs? Comment penser de nouvelles m\u00e9thodes et de nouveaux protocoles de recherche (Lloyd <em>et al.<\/em>, 2015) susceptibles de d\u00e9coloniser les institutions occidentales et de r\u00e9duire leurs effets de domination \u00e9pist\u00e9mique (Howitt <em>et al.<\/em>, 2017)? Faut-il modifier les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9criture scientifique en ayant recours aux auteurs \u00ab\u00a0non humains\u00a0\u00bb, faire \u00e9voluer les formats et les contenus d\u2019\u00e9criture, pluraliser les mediums de production de connaissance?<\/li>\n<li>Enjeux pratiques\u00a0:\u00a0comment d\u00e9velopper des analyses de la d\u00e9construction au service de la reconstruction th\u00e9orico-pratique et \u00e9viter le proc\u00e8s d\u2019analyses critiques \u00ab\u00a0th\u00e9oriques\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0discursives\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0homog\u00e9n\u00e9isantes\u00a0\u00bb et <em>in fine<\/em> empreintes d\u2019une \u00ab\u00a0relative d\u00e9sinvolture\u00a0\u00bb pour la complexit\u00e9 du social (Martuccelli, 2019)? Comment choisir et faire parler ses \u00e9tudes de cas afin de \u00ab\u00a0reconsid\u00e9rer l\u2019espace\u00a0\u00bb et ainsi construire, dans un vaste mouvement de production cumulative, une approche se r\u00e9clamant de l\u2019\u00bb\u00a0universel diversel\u00a0\u00bb (Grosfoguel, 2006)?<\/li>\n<\/ul>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Conditions de soumission<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La revue <em>Naaj<\/em> publie exclusivement en langue fran\u00e7aise, mais peut exceptionnellement admettre des textes en anglais ou en d\u2019autres langues si elle dispose d\u2019une ressource humaine circonstancielle pour les \u00e9valuer et les r\u00e9viser. Elle pratique l\u2019\u00e9valuation par les pair-e-s (<em>peer-review<\/em>) et dispose d\u2019une politique anti plagiat arrim\u00e9e \u00e0 celle du <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/\">Grenier des savoirs<\/a>. Les r\u00e9sum\u00e9s seront exclusivement soumis en ligne \u00e0 l\u2019adresse suivante\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"blank\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/formulaire\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dossier en pr\u00e9paration, dont le contenu scientifique est d\u00e9taill\u00e9 ci-dessus, souhaite privil\u00e9gier une approche interdisciplinaire de la th\u00e9matique propos\u00e9e. Les auteur-e_s de toutes les sciences sociales et humaines sont appel\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 participer sans pour autant s\u2019y limiter. Ils ou elles sont invit\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 explorer la th\u00e9matique \u00e0 partir d\u2019analyses locales, nationales voire internationales. La mise en contexte d\u2019\u00e9tudes empiriques, de corpus originaux, la rencontre entre une approche th\u00e9orique solide et un terrain sont vivement encourag\u00e9es.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Calendrier<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ouverture de l\u2019appel\u00a0:\u00a0<strong>24 mars 2020<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>PROLONGATION : Date limite de r\u00e9ception des r\u00e9sum\u00e9s (<\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/formulaire\/\"><strong>en ligne uniquement<\/strong><\/a><strong>) : 30 juin 2020<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ponse aux auteurs et autrices apr\u00e8s \u00e9valuation de la proposition\u00a0:\u00a0<strong>semaine du 15 juillet 2020<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ception des textes complets (en ligne uniquement)\u00a0:\u00a0<strong>15 septembre 2020<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Publication du volume : <strong>15 d\u00e9cembre 2020<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/politiques\/comite-de-redaction\/\">Comit\u00e9 de r\u00e9daction<\/a><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/politiques\/comite-scientifique-et-politique-devaluation\/\">Comit\u00e9 scientifique<\/a><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Aykut, S., &amp; Dahan, A. (2014). Que peut-on esp\u00e9rer des n\u00e9gociations climatiques? B. Laville, S. Thi\u00e9bault, A. Euzen\u00a0:\u00a0<em>Quelles solutions face au changement,<\/em> CNRS Editions, 85-93.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., &amp; Blanchard, P. (2005). Les origines r\u00e9publicaines de la fracture coloniale.\u00a0<em>La Fracture coloniale. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au prisme de l&rsquo;h\u00e9ritage colonial<\/em>, 33-44.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., &amp; Blanchard, P. (2010). Colonisation\u00a0:\u00a0comm\u00e9morations et m\u00e9moriaux. Conflictualit\u00e9 sociale et politique d\u2019un enjeu m\u00e9moriel.\u00a0<em>Ruptures postcoloniales. Les nouveaux visages de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, Paris<\/em>, 480-508.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., Blanchard, P. &amp; Lemaire, S. (2005). <em>La fracture coloniale. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au prisme de l&rsquo;h\u00e9ritage colonial. <\/em>La D\u00e9couverte, \u00ab\u00a0Cahiers libres\u00a0\u00bb, 322 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bancel, N., Blanchard, P. et Verg\u00e8s, F. (2003). <em>La R\u00e9publique coloniale. Essai sur une utopie<\/em>. Paris, Albin Michel.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bello-Bravo, J. (2020). Managing biodiversity &amp; divinities: Case study of one twenty-year humanitarian forest restoration project in Benin.\u00a0<em>World Development<\/em>,\u00a0<em>126<\/em>, 104707.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Bonneuil, C. &amp; Fressoz, J-B. (2013), <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement anthropoc\u00e8ne. La terre, l\u2019histoire et nous<\/em>. Paris, Le Seuil, coll. \u00ab\u00a0Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb, 304 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Boulbina, S., L. (2010). Une Afrique coup\u00e9e en deux.\u00a0<em>Africultures<\/em>, (3), 16-25.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Brundtland, G. H., Khalid, M., Agnelli, S., Al-Athel, S. &amp; Chidzero, B. (1987). <em>Our common future<\/em>. New York, 8.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Castro-G\u00f3mez, S. (2006). Le chapitre manquant d&rsquo;Empire.\u00a0<em>Multitudes<\/em>, (3), 27-49.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Cleaver, F., &amp; De Koning, J. (2015). Furthering critical institutionalism.\u00a0<em>International Journal of the Commons<\/em>,\u00a0<em>9<\/em>(1).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Crutzen, P. J. (2006). The \u201canthropocene\u201d. <em>In Earth system science in the anthropocene<\/em> (pp. 13-18). Springer, Berlin, Heidelberg.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">d&rsquo;Allonnes, M. R. (2012). <em>La Crise sans fin. Essai sur l&rsquo;exp\u00e9rience moderne du temps\u00a0:\u00a0Essai sur l&rsquo;exp\u00e9rience moderne du temps<\/em>. Le Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">de Sousa Santos, B. (2011). \u00c9pist\u00e9mologies du Sud. <em>\u00c9tudes rurales<\/em>, <em>187<\/em>, 21-50. DOI\u00a0:\u00a010.4000\/etudesrurales.9351<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Diagne, S. B. (2017). Pour un universel vraiment universel.\u00a0 In <em>\u00c9crire l\u2019Afrique-Monde<\/em>, 71-78.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Douai, A., &amp; Plumecocq, G. (2017). <em>L&rsquo;\u00e9conomie \u00e9cologique<\/em>. La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Dufoix, S. &amp; Mac\u00e9, \u00c9. (2019). Les enjeux d\u2019une sociologie mondiale non-h\u00e9g\u00e9monique.\u00a0<em>Zilsel<\/em>, (1), 88-121.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Egil, F. (2015). Les Objectifs de d\u00e9veloppement durable, nouveau \u00ab\u00a0palais de cristal\u00a0\u00bb?\u00a0<em>Politique africaine<\/em>, (4), 99-120.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Escobar, A. (2019).\u00a0<em>Autonom\u00eda y dise\u00f1o: la realizaci\u00f3n de lo comunal<\/em>. Editorial Universidad del Cauca.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Forsyth, I. H. (2019).\u00a0<em>Throne of Wisdom<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Gayon, V. &amp; Lemoine, B. (2014). Maintenir l&rsquo;ordre \u00e9conomique. Politiques de d\u00e9sencastrement et de r\u00e9encastrement de l&rsquo;\u00e9conomie, <em>Politix<\/em>, (1), 7-35. DOI\u00a0:\u00a010.3917\/pox.105.0007. URL\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-politix-2014-1-page-7.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-politix-2014-1-page-7.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2004). From sectoral systems of innovation to socio-technical systems: Insights about dynamics and change from sociology and institutional theory.\u00a0<em>Research policy<\/em>,\u00a0<em>33<\/em>(6-7), 897-920.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2005). Processes and patterns in transitions and system innovations: Refining the co-evolutionary multi-level perspective.\u00a0<em>Technological forecasting and social change<\/em>,\u00a0<em>72<\/em>(6), 681-696.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2011). The multi-level perspective on sustainability transitions: Responses to seven criticisms.\u00a0<em>Environmental innovation and societal transitions<\/em>,\u00a0<em>1<\/em>(1), 24-40.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W. (2011). The multi-level perspective on sustainability transitions: Responses to seven criticisms. <em>Environmental innovation and societal transitions<\/em>, 1(1), 24-40.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W., &amp; Schot, J. (2007). Typology of sociotechnical transition pathways.\u00a0<em>Research policy<\/em>,\u00a0<em>36<\/em>(3), 399-417.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Geels, F. W., Kern, F., Fuchs, G., Hinderer, N., Kungl, G., Mylan, J., &#8230; &amp; Wassermann, S. (2016). The enactment of socio-technical transition pathways: a reformulated typology and a comparative multi-level analysis of the German and UK low-carbon electricity transitions (1990\u20132014). <em>Research Policy<\/em>, 45(4), 896-913.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Grosfoguel, R. (2006). Les implications des alt\u00e9rit\u00e9s \u00e9pist\u00e9miques dans la red\u00e9finition du capitalisme global.\u00a0<em>Multitudes<\/em>, (3), 51-74.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hamouda, O. (2002). P. Dockes et al., les traditions \u00e9conomiques Fran\u00e7aises 1848-1939. <em>Cahiers d&rsquo;\u00e9conomie politique\/Papers in Political Economy<\/em>, (1), 165-168.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hess, G., &amp; Bourg, D. (Eds.). (2016). <em>Science, conscience et environnement: penser le monde complexe<\/em>. Presses universitaires de France.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Hibou, B. (2011).\u00a0<em>Anatomie politique de la domination<\/em>. Paris,\u00a0 La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Howitt, R., MacEwan, D., Medell\u00edn-Azuara, J., Lund, J., &amp; Sumner, D. (2017). Economic analysis of the 2015 drought for California agriculture. <em>UNEP<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Klein, H. S. (2010).\u00a0<em>The Atlantic slave trade<\/em>. Cambridge University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Laurent, E. &amp; Philippe Pochet, (2015). <em>La transition ne pourra \u00eatre qu\u2019\u00e9cologique et sociale<\/em>. Sciences Po publications.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Lawrence, T. B., Suddaby, R., &amp; Leca, B. (Eds.). (2009<em>). Institutional work: Actors and agency in institutional studies of organizations<\/em>. Cambridge university press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Lloyd, K., Howitt, R., Bilous, R., Clark, L., Dowling, R., Fagan, R., &amp; Suchet-Pearson, S. (2015). Geographic contributions to institutional curriculum reform in Australia: The challenge of embedding field-based learning.\u00a0<em>Journal of Geography in Higher Education<\/em>,\u00a0<em>39<\/em>(4), 491-503.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mahoney, J., &amp; Thelen, K. (2010). A theory of gradual institutional change.\u00a0<em>Explaining institutional change: Ambiguity, agency, and power<\/em>,\u00a0Cambridge University Press, Cambridge<em>, 1<\/em>, 1-37.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martin, K. (2017). The Values of Strategy: Valuation Practices, Rivalry and Strategic Agency, <em>Organization studies<\/em>, 38 (12), 1753-1773.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martinache, I. (2018). L\u2019\u00e9conomie \u00e9cologique. <em>Idees economiques et sociales<\/em>, (2), 79-79.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Martuccelli, D. (2019). La vie en commun et la question du faire soci\u00e9t\u00e9.\u00a0<em>Nouvelle revue de psychosociologie<\/em>, (2), 73-84.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mbembe, A. (2010). <em>Sortir de la grande nuit. Essai sur l\u2019Afrique d\u00e9colonis\u00e9e<\/em>.\u00a0Paris, La D\u00e9couverte, 252 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mbembe, A. (2019).\u00a0<em>Necropolitics<\/em>. Duke University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mercer, J., Kelman, I., Taranis, L., &amp; Suchet\u2010Pearson, S. (2010). Framework for integrating indigenous and scientific knowledge for disaster risk reduction.\u00a0<em>Disasters<\/em>,\u00a0<em>34<\/em>(1), 214-239.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Mignolo, W. D. (2017). Colonialidade: o lado mais escuro da modernidade.\u00a0<em>Revista Brasileira de Ci\u00eancias Sociais<\/em>,\u00a0<em>32<\/em>(94).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Nubukpo, K. (2019). \u00a0<em>L\u2019Urgence africaine. Changeons le mod\u00e8le de croissance<\/em>. Paris, Odile Jacob, 236\u00a0p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Nubukpo, K., &amp; Samuel, B. (2017). Entre les plans d\u2019\u00e9mergence sans vision et des visions sans \u00e9mergence: la difficile appropriation par l\u2019Afrique de ses trajectoires de d\u00e9veloppement.\u00a0<em>Politique africaine<\/em>, (1), 51-63.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Okada, T., Howitt, R., Haynes, K., Bird, D., &amp; McAneney, J. (2018). Recovering local sociality: Learnings from post-disaster community-scale recoveries.\u00a0<em>International journal of disaster risk reduction<\/em>,\u00a0<em>31<\/em>, 1030-1042.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Ollivier, G., Magda, D., Maz\u00e9, A., Plumecocq, G., &amp; Lamine, C. (2018). <em>Agroecological transitions: what can sustainability transition frameworks teach us? An ontological and empirical analysis<\/em>. Ecology and Society, 23(2).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Renou, Y. (2019). <em>N\u00e9gocier des transitions socio-institutionnelles: travail des possibles, r\u00e9gimes de valorisation et communs<\/em>, HDR, Universit\u00e9 de Grenoble-Alpes.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Rockstr\u00f6m, J., Steffen, W., Noone, K., Persson, \u00c5., Chapin III, F. S., Lambin, E., &#8230; &amp; Nykvist, B. (2009). Planetary boundaries: exploring the safe operating space for humanity. <em>Ecology and society<\/em>, 14(2).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sarr, F. (2016).\u00a0<em>Afrotopia<\/em>. Philippe Rey.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Scherer, A. G., Palazzo, G., &amp; Seidl, D. (2013). Managing legitimacy in complex and heterogeneous environments: Sustainable development in a globalized world. <em>Journal of management studies<\/em>, 50(2), 259-284.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sim\u00e9ant-Germanos, J. (2019). Penser les ing\u00e9nieries de l\u2019environnement en Afrique \u00e0 l\u2019aune des sciences sociales du d\u00e9veloppement.\u00a0<em>Zilsel<\/em>, (2), 281-313.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Sloterdijk, P. (2013).\u00a0<em>In the world interior of capital: Towards a philosophical theory of globalization<\/em>. Polity.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Steffen, W., Richardson, K., Rockstr\u00f6m, J., Cornell, S., Fetzer, I., Bennett, E., Biggs, R., Carpenter, S., de Vries, W., de Wit, C., Folke, C., Gerten, D., Heinke, J., Mace, G., Persson, L., Ramanathan, V., Reyers, B., S\u00f6rlin, S., (2015). Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet, , <em>Science<\/em>, 347, American Association for the Advancement of Science.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Truffer, B., Murphy, J. T., &amp; Raven, R. (2015). <em>The geography of sustainability transitions: Contours of an emerging theme<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Velicu, A. M. (2015). Langues de sp\u00e9cialit\u00e9 (s) sur objectif de traduction\u00a0:\u00a0strat\u00e9gies de gestion du manque chronique de savoirs \u00ab\u00a0disciplinaires\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Dialogos<\/em>,\u00a0<em>16<\/em>(32), 45-64.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Vivien, F-Dominique. (2007). <em>Le d\u00e9veloppement soutenable. <\/em>La D\u00e9couverte, \u00ab\u00a0Rep\u00e8res\u00a0\u00bb, 128 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Vo\u00df, J. P., Smith, A., &amp; Grin, J. (2009). Designing long-term policy: rethinking transition management.\u00a0<em>Policy sciences<\/em>,\u00a0<em>42<\/em>(4), 275-302.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify;\">Wallerstein, I. (2011). <em>The modern world-system I: Capitalist agriculture and the origins of the European world-economy in the sixteenth century<\/em> (1). Univ of California Press.<\/p>\n","protected":false},"author":11,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-441","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry"],"part":38,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":544,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/441\/revisions\/544"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/38"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/441\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=441"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=441"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}