{"id":5,"date":"2019-07-24T22:07:50","date_gmt":"2019-07-24T16:07:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/2019\/07\/24\/chapter-1\/"},"modified":"2024-12-31T15:07:01","modified_gmt":"2024-12-31T14:07:01","slug":"mamoudou2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/mamoudou2019\/","title":{"rendered":"Pratique de l\u2019agropastoralisme et changement climatique"},"content":{"raw":"<h2>Introduction<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique s\u2019intensifie et devient au fil du temps une r\u00e9elle menace pour les activit\u00e9s anthropiques. Le constat alarmant du d\u00e9r\u00e8glement climatique a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par plusieurs experts et expertes, notamment ceux et celles du GIEC[footnote]Le Groupe d\u2019expert-e-s Intergouvernemental sur l\u2019\u00c9volution du Climat (GIEC) ou la variante anglaise IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) est un organe des Nations Unies cr\u00e9\u00e9 en 1988 afin d\u2019\u00e9tudier, collecter et d\u2019\u00e9valuer impartialement les donn\u00e9es du changement climatique et ses incidences dans le monde. Il est compos\u00e9 des milliers de scientifiques expert-e-s dans divers domaines.[\/footnote]. Selon le quatri\u00e8me rapport du GIEC (2012), la temp\u00e9rature globale de la plan\u00e8te a augment\u00e9 de 0,89 \u00b0C sur la p\u00e9riode allant de 1901 \u00e0 2012 et les diff\u00e9rentes projections envisagent un accroissement des temp\u00e9ratures futures de 1,8 \u00e0 4 \u00b0C en fonction des diff\u00e9rents sc\u00e9narios d\u2019\u00e9mission \u00e9tablis. Dans la m\u00eame p\u00e9riode, la pluviom\u00e9trie a fortement augment\u00e9 dans certaines r\u00e9gions du globe alors qu\u2019elle a diminu\u00e9 dans d\u2019autres, notamment au Sahel. L\u2019impact de ce changement climatique encore croissant varie en fonction des zones g\u00e9ographiques. Ainsi, les zones les moins d\u00e9velopp\u00e9es s\u2019av\u00e8rent \u00eatre les plus impact\u00e9es par ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Dans ces r\u00e9gions fortement agropastorales, la variation du climat induit des al\u00e9as consid\u00e9rables qui menacent ainsi la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations locales.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun, comme dans toute la zone sah\u00e9lienne, les activit\u00e9s agricoles et pastorales constituent le d\u00e9nominateur commun de la majeure partie de la population locale. Situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin entre l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage, l\u2019agropastoralisme au Cameroun est pratiqu\u00e9 par pr\u00e8s de 30% des agriculteurs et agricultrices, \u00e9leveurs et \u00e9leveuses (MINEPIA\/EPA, 2014). Ces activit\u00e9s agropastorales r\u00e9gissent l\u2019\u00e9conomie locale et constituent une source de revenus et d\u2019alimentation pour les agropasteur-e-s ainsi que tou-te-s les op\u00e9rateurs et op\u00e9ratrices de la fili\u00e8re qui b\u00e9n\u00e9ficient des retomb\u00e9es financi\u00e8res de ce secteur. Au-del\u00e0 de son importance \u00e9conomique, l\u2019agropastoralisme est surtout pourvoyeur des produits agropastoraux en termes de fourniture d\u2019aliments riches en prot\u00e9ines animales (viande et lait), des c\u00e9r\u00e9ales (mil, ma\u00efs et riz) et produits maraichers qui constituent les piliers de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans la r\u00e9gion.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nonobstant l\u2019aspect vital de l\u2019agropastoralisme dans une r\u00e9gion class\u00e9e comme la plus pauvre du Cameroun (avec un taux de pauvret\u00e9 de 74,3% selon ECAM[footnote]Enqu\u00eate Camerounaise aupr\u00e8s des M\u00e9nages r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Institut National de la Statistique (INS).[\/footnote] 2007), il n\u2019en demeure pas moins que ce secteur rencontre d\u2019importants goulots d\u2019\u00e9tranglement qui inhibent ses perspectives de d\u00e9veloppement. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des maladies animales engendrant des lourdes pertes directes et indirectes dans les cheptels (Sidib\u00e9, 2001), l\u2019agropastoralisme comme moyen de subsistance et d\u2019existence subit fortement la variation des facteurs climatiques. Faisant partie int\u00e9grante du bassin du Lac Tchad, la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord conna\u00eet depuis les ann\u00e9es 1970 une s\u00e9cheresse persistante, caract\u00e9ris\u00e9e par des \u00e9carts thermiques \u00e9lev\u00e9s, et une intense \u00e9vaporation de la ressource en eau (Sambo, 2018). Cette r\u00e9gion conna\u00eet une alternance d\u2019une longue saison s\u00e8che suivie d\u2019une courte saison pluvieuse souvent d\u00e9vastatrice: on a enregistr\u00e9 des inondations dans les ann\u00e9es 1988, 1999, 2010, 2012 (Watang, 2015). Il existe des preuves selon lesquelles les al\u00e9as climatiques affectent d\u00e9j\u00e0 les rendements agricoles dans divers pays (GIEC, 2007) et cela est particuli\u00e8rement palpable dans les pays \u00e0 faible revenu o\u00f9 le climat est l\u2019un des principaux d\u00e9terminants de la production agricole et o\u00f9 les populations pr\u00e9sentent des faibles capacit\u00e9s d\u2019adaptation. Il appara\u00eet clairement que les fluctuations climatiques menacent les activit\u00e9s humaines et les moyens d\u2019existence.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Avec la recrudescence des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord devient de plus en plus croissante et g\u00e9n\u00e8re des dysfonctionnements majeurs dans plusieurs secteurs, notamment l\u2019agropastoralisme qui fonctionne au rythme des saisons. Ainsi, les effets du changement climatique et le niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des agropasteur-e-s s\u2019influencent mutuellement et produisent des d\u00e9g\u00e2ts sur les activit\u00e9s des paysans et paysannes. L\u2019exposition au risque climatique pousse les acteurs et actrices du secteur agropastoral \u00e0 s\u2019adapter au ph\u00e9nom\u00e8ne pour pr\u00e9server leurs activit\u00e9s. Le d\u00e9veloppement des actions d\u2019adaptation leur permet de r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 et d\u2019inscrire leurs activit\u00e9s dans la dur\u00e9e. Ainsi, quelles sont les strat\u00e9gies d\u2019adaptation mises en place dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun? Au-del\u00e0 d\u2019\u00eatre une n\u00e9cessit\u00e9, l\u2019adaptation au changement climatique chez les agropasteur-e-s devient un imp\u00e9ratif de survie de tout le secteur. Watang (2015) signale que la mise en place des strat\u00e9gies d\u2019adaptation ad\u00e9quates constitue un d\u00e9fi permanent tant pour les pouvoirs publics, les communaut\u00e9s locales que pour les acteurs et actrices du d\u00e9veloppement qui exercent dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Le pr\u00e9sent article se construit autour de l\u2019hypoth\u00e8se que les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies locales de r\u00e9silience mise en place par les agropasteur-e-s, l\u2019\u00c9tat et les partenaires au d\u00e9veloppement renforcent l\u2019adaptation au changement climatique et le vivre-ensemble dans cette partie du pays.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Concepts et revue de la litt\u00e9rature<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019agropastoralisme comme concept scientifique a \u00e9merg\u00e9 au fil de l\u2019histoire pour se positionner dans la litt\u00e9rature en tant que mode de vie et de production pour certaines communaut\u00e9s.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Complexe et vari\u00e9, l\u2019agropastoralisme est appr\u00e9hend\u00e9 comme une pratique difficile \u00e0 saisir du fait de la mise en commun des comportements agricoles et pastoraux. Il s\u2019agit, au sens de Nori <em>et al.<\/em> (2008), d\u2019un mode de vie complexe qui essaye de maintenir un \u00e9quilibre optimal entre les p\u00e2turages, le b\u00e9tail et les populations dans des environnements al\u00e9atoires. Cette mixture entre l\u2019agriculture et le pastoralisme est souvent associ\u00e9e au nomadisme ou parfois \u00e0 un semi-nomadisme, entra\u00eenant ainsi des mouvements de transhumance qui traversent les zones cultiv\u00e9es (Coulet et Coste, 1994). Dans le concept de l\u2019agropastoralisme se cristallise la pratique conjointe de l\u2019\u00e9levage et de l\u2019agriculture. Ce mode de production sp\u00e9cifique \u00e0 une certaine communaut\u00e9, en occurrence les Peuls (Kintz, 1982), devient de plus en plus vuln\u00e9rable face \u00e0 l\u2019incertitude du climat. Le changement climatique comme ph\u00e9nom\u00e8ne global touche toutes les r\u00e9gions du monde.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au sens du GIEC (2007), le changement climatique renvoie \u00e0 toute variation de l\u2019\u00e9tat du climat identifiable par des modifications de la moyenne, et\/ou de la variabilit\u00e9 de ses propri\u00e9t\u00e9s, qui persistent dans le long terme, g\u00e9n\u00e9ralement pendant plusieurs d\u00e9cennies. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne global se rapporte \u00e0 tout changement du climat dans le temps, qu\u2019il soit d\u2019origine naturelle ou anthropique. La CCNUCC[footnote]Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.[\/footnote] (1992), pour sa part, d\u00e9finit le changement climatique comme un ensemble de changements caus\u00e9s directement ou indirectement par les activit\u00e9s humaines, lesquelles modifient la composition de l\u2019atmosph\u00e8re au niveau global. Le changement climatique, selon son origine, se diff\u00e9rencie du concept de variabilit\u00e9 climatique. Dans cette \u00e9tude, c\u2019est la d\u00e9finition du GIEC qui est retenue et un int\u00e9r\u00eat est accord\u00e9 \u00e0 la mutation des tendances de la temp\u00e9rature et de la pluviom\u00e9trie qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne intra et interannuel dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Fortement d\u00e9pendante du climat, la production agropastorale devient incertaine et appelle les acteurs et actrices \u00e0 une r\u00e9silience renforc\u00e9e.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au premier sens, la notion de r\u00e9silience est un terme li\u00e9 \u00e0 la physique des m\u00e9taux; elle mesure la capacit\u00e9 d\u2019un mat\u00e9riau \u00e0 retrouver son aspect initial apr\u00e8s avoir absorb\u00e9 un effort plus ou moins important. Dans les sciences sociales, elle s\u2019applique aux catastrophes et est employ\u00e9e pour d\u00e9signer :<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">la capacit\u00e9 des pays, des communaut\u00e9s et des m\u00e9nages \u00e0 g\u00e9rer un changement, en conservant ou en transformant leur niveau de vie face aux chocs et stress tels que tremblements de terre, s\u00e9cheresses ou conflits violents, sans compromettre leurs perspectives \u00e0 long terme (DFID[footnote]Department For International Development.[\/footnote], 2011).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il appara\u00eet ainsi que la r\u00e9silience constitue la capacit\u00e9 \u00e0 surmonter des chocs n\u00e9gatifs, \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 continuer \u00e0 vivre avec des changements et des incertitudes. Dans l\u2019agropastoralisme, la r\u00e9silience se fonde, selon Bonnet et Guibert (2014), d\u2019une part, sur la r\u00e9sistance aux chocs qui viennent perturber la bonne marche de cette activit\u00e9 et, d\u2019autre part, sur une capacit\u00e9 \u00e0 rebondir apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la crise. Ainsi, la r\u00e9silience permet aux diff\u00e9rentes communaut\u00e9s d\u2019att\u00e9nuer leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 tout en poursuivant leur activit\u00e9 en d\u00e9pit des crises et pr\u00e9server leur identit\u00e9 et mode de vie.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des incidences du climat sur le secteur agricole dans son ensemble pr\u00e9occupe divers-e-s chercheurs et chercheuses dans diff\u00e9rentes disciplines. L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 l\u2019adaptation aux fluctuations climatiques n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la mesure du ph\u00e9nom\u00e8ne. Dans la litt\u00e9rature sur les politiques relatives au changement climatique, l\u2019accent est mis plus sur les strat\u00e9gies d\u2019att\u00e9nuation que celles relatives \u00e0 l\u2019adaptation (Bele <em>et al.<\/em>, 2011). Ainsi, il se d\u00e9gage que la production des connaissances sur l\u2019adaptation au changement climatique devient une question qui meuble divers d\u00e9bats, tant au niveau local qu\u2019international. Il est \u00e0 relever que dans la plupart des travaux, la r\u00e9silience est analys\u00e9e soit du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019agriculture (Ou\u00e9draogo <em>et al.<\/em>, 2010), soit de l\u2019\u00e9levage (Bonnet et Guibert, 2014), rares sont les \u00e9tudes qui se penchent sur la r\u00e9silience de l\u2019agropastoralisme. Les questions ayant meubl\u00e9 les analyses dans ce secteur se focalisent sur les conflits agropastoraux (Gonn\u00e9 <em>et al<\/em>., 2010; Liba\u2019a, 2011; Hellendorff, 2012) et sur l\u2019usage de la ressource en eau (Watang et Ganota, 2011). Les travaux du CSAO\/OCDE[footnote]Le Club du Sahel et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CSAO) est une plateforme internationale ind\u00e9pendante; son secr\u00e9tariat est h\u00e9berg\u00e9 au sein de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE).[\/footnote] (2008) mettent en \u00e9vidence la d\u00e9pendance du secteur agropastoral aux variables climatiques tout en analysant la r\u00e9silience des paysans et paysannes face aux risques li\u00e9s au changement climatique en Afrique de l\u2019Ouest. L\u2019on note des pratiques endog\u00e8nes d\u00e9velopp\u00e9es par les agropasteur-e-s pour faire face au changement climatique. Parmi les strat\u00e9gies des paysans et paysannes, figurent les savoirs locaux qui constituent un important levier d\u2019adaptation aux al\u00e9as climatiques (Nkomwa <em>et al<\/em>., 2014). Face \u00e0 ces mutations du climat, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des syst\u00e8mes agropastoraux augmente de plus en plus (Tour\u00e9 <em>et al<\/em>., 2017) et menace m\u00eame l\u2019existence de ce mode de production. Pour Brown <em>et al.<\/em> (2007), l\u2019adaptation de ces syst\u00e8mes doit s\u2019op\u00e9rer par des ajustements qui visent \u00e0 r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 ou \u00e0 am\u00e9liorer la r\u00e9silience face \u00e0 des changements observ\u00e9s ou pr\u00e9vus au niveau du climat. Ces ajustements demandent la modification des processus, des perceptions, des pratiques et des fonctions pouvant garantir la survie de toute activit\u00e9.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Mat\u00e9riau et m\u00e9thode<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun est un vaste territoire de 34 263 km\u00b2 de superficie qui est travers\u00e9 par quatre zones climatiques notamment la plaine du Diamar\u00e9, le Ya\u00e9r\u00e9[footnote]Plaine d\u2019inondation commun\u00e9ment appel\u00e9 <em>plaine de Maga<\/em>.[\/footnote], les monts Mandara et le delta du Lac-Tchad (Anougue Tonfack <em>et al<\/em>., 2013). Dans cette r\u00e9gion \u00e0 climat soudano-sah\u00e9lien de type tropical sec o\u00f9 les pr\u00e9cipitations ne d\u00e9passent gu\u00e8re 1 200 mm\/an (MINADER[footnote]Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement Rural.[\/footnote], 2014), les al\u00e9as climatiques sont r\u00e9currents et mena\u00e7ants avec le temps. Zone fortement agropastorale, l\u2019Extr\u00eame-Nord Cameroun regorge de diverses races de b\u00e9tails et esp\u00e8ces culturales. Seignobos et Iy\u00e9bi-Mandjek (2000) identifient \u00e0 cet effet plusieurs races des grands ruminants telles que le z\u00e9bu peul du sahel, le <em>white fulani<\/em>, le <em>kapsiki<\/em> et le <em>kouri,<\/em> ainsi que des petits ruminants, notamment le mouton <em>wo\u00efla<\/em>, <em>kirdi<\/em>, <em>oudah<\/em> et la ch\u00e8vre <em>kirdi<\/em>. Comme dans la plupart des r\u00e9gions sah\u00e9liennes, on retrouve diverses cultures allant du mil au ma\u00efs en passant par le riz, l\u2019arachide, le ni\u00e9b\u00e9 et les produits maraich\u00e8res (Sambo, 2014). Toutes ces esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales constituent un riche patrimoine d\u2019une r\u00e9gion qui traverse d\u2019importants d\u00e9fis. Les \u00e9tudes de l\u2019Institut National de la Statistique r\u00e9v\u00e8lent que la pauvret\u00e9 reste plus accentu\u00e9e dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord avec un taux actuel de 74,3% contre 65,9% en 2007 et 56,3% en 2001 (ECAM, 2014). Cette situation renseigne la pr\u00e9carit\u00e9 du cadre et des conditions de vie de la population dans cette r\u00e9gion en majorit\u00e9 agropastorale. La tendance baissi\u00e8re de la pluviom\u00e9trie dans cette r\u00e9gion, coupl\u00e9e au ph\u00e9nom\u00e8ne de terrorisme qui s\u00e9vit autour du Lac Tchad (Rang\u00e9, 2018), renforce la paup\u00e9risation accrue des populations agropastorales d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Mon analyse du rapport entre l\u2019agropastoralisme et le changement climatique sous le prisme de la r\u00e9silience repose sur des enqu\u00eates (notamment des entretiens et des questionnaires) aupr\u00e8s des agropasteur-e-s et des acteurs et actrices du d\u00e9veloppement du secteur agropastoral dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Les enqu\u00eates par questionnaire se sont int\u00e9ress\u00e9es au statut des enqu\u00eat\u00e9-e-s (pour appr\u00e9hender, outre l\u2019agropastoralisme, d\u2019autres activit\u00e9s men\u00e9es), la taille du cheptel (essentiellement les bovins), la surface agricole cultiv\u00e9e, les perceptions du changement climatique et les actions de r\u00e9silience entreprises au niveau local. Du fait de l\u2019\u00e9tendue de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, les enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es dans cinq localit\u00e9s repr\u00e9sentant les quatre zones climatiques de la r\u00e9gion. Sur la base d\u2019un choix raisonn\u00e9, 164 m\u00e9nages agropastoraux ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour constituer l\u2019\u00e9chantillon de ce travail (tableau 1). J'ai retenu dans la plaine du Diamar\u00e9, les villages Meskine et Magaldao; dans le Ya\u00e9r\u00e9, le village Kolara; autour du Lac Tchad, la localit\u00e9 de Ngouma-Kribi et, dans les monts mandara, le village de Zama\u00ef. Apr\u00e8s d\u00e9pouillement et codage des donn\u00e9es du terrain, le logiciel SPSS (Statistical Package for the Social Science) a servi d\u2019outil d\u2019analyse des donn\u00e9es.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En plus des informations primaires collect\u00e9es sur le terrain, j'ai eu recours \u00e0 des entretiens avec le personnel des minist\u00e8res en charge de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage et avec des acteurs et actrices du partenariat au d\u00e9veloppement qui \u0153uvrent pour la bonne marche de l\u2019agropastoralisme dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord.<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\" border=\"0\"><caption>Tableau 1. Populations enqu\u00eat\u00e9es<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<th style=\"width: 50%\">Localit\u00e9s<\/th>\r\n<th style=\"width: 50%\">Effectifs<\/th>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\">Meskine<\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">34<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\">Kolara<\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">28<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\">Magaldao<\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">40<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\">Ngouma-Kribi<\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">36<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\">Zama\u00ef<\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">26<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 50%\"><strong>Total<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 50%\">164<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\r\n<h3 style=\"text-align: left\">Le changement climatique, un ph\u00e9nom\u00e8ne diversement per\u00e7u<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans les diff\u00e9rentes zones enqu\u00eat\u00e9es, il appara\u00eet que les populations appr\u00e9cient diff\u00e9remment le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique. Si elles sont toutes unanimes sur la diminution des p\u00e2turages pour b\u00e9tail, la baisse de la quantit\u00e9 de pluie et la d\u00e9gradation rapide des \u00e9cosyst\u00e8mes, il n\u2019en demeure pas moins que certain-e-s agropasteur-e-s se r\u00e9jouissent de l\u2019ass\u00e8chement du Lac Tchad. En effet, au fur et \u00e0 mesure que le Lac Tchad se r\u00e9tr\u00e9cit, il appara\u00eet des ilots qui permettent aux paysans et paysannes de gagner de nouvelles terres fertiles et humides propices \u00e0 la culture. En plus de pratiquer de l\u2019agriculture sur les terres nouvellement conquises, la population trouve <em>ipso facto<\/em> des p\u00e2turages suppl\u00e9mentaires pour le b\u00e9tail.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Globalement, du fait du changement climatique, on remarque une forte r\u00e9duction des ressources en eau pour les cultures et le b\u00e9tail. Cette situation engendre une instabilit\u00e9 du calendrier agricole et une diminution consid\u00e9rable du p\u00e2turage, provoquant ainsi une sous-alimentation du b\u00e9tail. Ces al\u00e9as provoquent la baisse de la fertilit\u00e9 du sol qui renforce la d\u00e9gradation des sols agraires. Du c\u00f4t\u00e9 du b\u00e9tail, ils induisent des pertes de poids dans les troupeaux, des retards de croissance et une plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux diverses maladies.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La divergence d\u2019appr\u00e9ciation des al\u00e9as climatiques d\u00e9voile le niveau d\u2019ignorance de certain-e-s paysans et paysannes \u00e0 propos du niveau de gravit\u00e9 des changements climatiques dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Cependant, les populations \u00e9tablissent une relation entre les diff\u00e9rentes transformations environnementales et la baisse de la disponibilit\u00e9 des ressources naturelles, et partant, de la production agropastorale n\u00e9cessaire \u00e0 leur survie.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: left\">La diversification des activit\u00e9s comme strat\u00e9gie de r\u00e9silience<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Longtemps sp\u00e9cialis\u00e9es \u00e0 plein temps dans le travail de la terre et des ruminants, les populations agropastorales s\u2019investissent dor\u00e9navant dans d\u2019autres activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus (tableau 2). \u00c9voluant dans un environnement risqu\u00e9 au sens climatique, les agropasteur-e-s adoptent la diversification des activit\u00e9s dans le but d\u2019att\u00e9nuer les corollaires n\u00e9gatifs des fluctuations du climat (Wane <em>et al.<\/em>, 2010). Cette r\u00e9silience \u00e9conomique vient renforcer et p\u00e9renniser leur mode de vie. Au premier plan des activit\u00e9s d\u2019appoint ou de substitution figure la pratique du commerce (43%) qui est plus prononc\u00e9e dans les zones non \u00e9loign\u00e9es des zones urbaines. Selon un agropasteur commer\u00e7ant \u00e0 Magaldao, le privil\u00e8ge de la pratique du commerce r\u00e9side dans le fait que cette activit\u00e9 ne demande pas une certaine technicit\u00e9 ou des pr\u00e9dispositions sp\u00e9cifiques pour se lancer. Dans la r\u00e9gion du Lac Tchad par contre, la p\u00eache reste une activit\u00e9 majeure pour les populations. Malgr\u00e9 la d\u00e9croissance des ressources halieutiques du lac, les populations de Ngouma-Kribi (61,11%) et ses alentours font des grandes distances sur l\u2019eau \u00e0 la recherche des poissons. Cette activit\u00e9 permet ainsi \u00e0 ces populations d\u2019avoir des revenus suppl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires pour investir dans les campagnes agricoles et\/ou entretenir le b\u00e9tail compte tenu de la rar\u00e9faction des p\u00e2turages due \u00e0 la s\u00e9cheresse et \u00e0 la surexploitation de la ressource pastorale.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il est \u00e0 noter qu\u2019au fur et \u00e0 mesure qu\u2019on assiste \u00e0 une diversification des activit\u00e9s, certain-e-s agropasteur-e-s seront amen\u00e9-e-s \u00e0 remplacer toute leur activit\u00e9 principale par une autre alternative plus lucrative. En tenant compte de ce risque, la pratique de l\u2019agropastoralisme serait donc menac\u00e9e par cette strat\u00e9gie de diversification. Cependant, l\u2019importance socioculturelle du b\u0153uf peut agir sur bon nombre d\u2019agropasteur-e-s, les contraignant ainsi \u00e0 perp\u00e9tuer l\u2019agropastoralisme.<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\" border=\"0\"><caption>Tableau 2. Les activit\u00e9s secondaires pratiqu\u00e9es par les agropasteur-e-s (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<th style=\"width: 20%\">Activit\u00e9s secondaires<\/th>\r\n<th style=\"width: 20%\">Commerce<\/th>\r\n<th style=\"width: 20%\">Artisanat<\/th>\r\n<th style=\"width: 20%\">P\u00eache<\/th>\r\n<th style=\"width: 20%\">Prestation de services<\/th>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\"><em>Localit\u00e9s<\/em><\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\" colspan=\"4\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\">Meskine<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">58,82<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">14,71<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">0,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">26,47<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\">Kolara<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">35,71<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">25,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">7,14<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">32,14<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\">Magaldao<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">52,5<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">7,50<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">15,0<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">25,00<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\">Ngouma-Kribi<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">22,22<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">11,11<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">61,11<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">5,55<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 20%\">Zama\u00ef<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">50,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">23,08<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">3,85<\/td>\r\n<td style=\"width: 20%\">23,08<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h3 style=\"text-align: left\">Le b\u0153uf, un des leviers du mode de vie des agropasteur-e-s<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Constituant une valeur socio\u00e9conomique consid\u00e9rable, le b\u0153uf reste un pilier du mode de production agropastorale dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. La fertilit\u00e9 des champs repose sur le b\u00e9tail qui, lors du passage sur les parcelles agricoles, d\u00e9pose leur d\u00e9jection utile \u00e0 la reconstitution de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du sol d\u00e9j\u00e0 d\u00e9grad\u00e9 sous l\u2019effet de la carence d\u2019eau de pluie et de la s\u00e9cheresse. Form\u00e9 presque essentiellement de la race <em>kouri<\/em>, le cheptel pr\u00e9sent dans le Lac Tchad souffre du r\u00e9tr\u00e9cissement spectaculaire[footnote]Le lac a perdu 90% de sa superficie d\u2019avant (Sylvestre, 2014). D\u2019environ 24 000 km\u00b2 dans les ann\u00e9es 1960, elle oscille de nos jours entre 2000 et 1700 km2.[\/footnote] de cette \u00e9tendue d\u2019eau. En effet, cette race de b\u0153uf, qu\u2019on ne retrouve que dans le Lac Tchad et nulle part ailleurs, s\u2019est accommod\u00e9e \u00e0 vivre dans des zones immerg\u00e9es. P\u00e2turer dans les eaux du lac constitue le mode de vie du b\u0153uf <em>kouri<\/em>, lequel se d\u00e9t\u00e9riore peu \u00e0 peu avec la r\u00e9gression du lac. Les paysans et paysannes assurent s\u2019adapter \u00e0 cette situation en faisant recours au croisement g\u00e9n\u00e9tique des esp\u00e8ces <em>kouri <\/em>avec d\u2019autres races plus r\u00e9sistantes \u00e0 l\u2019aridit\u00e9 de la zone.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La domination des petites exploitations pastorales (de moins de 20 bovins) t\u00e9moigne de l\u2019adaptabilit\u00e9 de ces acteurs et actrices. En effet, pour faire face aux al\u00e9as climatiques, certain-e-s paysans paysannes c\u00e8dent leur patrimoine bovin contre des aliments n\u00e9cessaires \u00e0 la survie du m\u00e9nage en p\u00e9riode de disette. Dans certaines localit\u00e9s (Zama\u00ef et Meskine en l'occurrence) la vente de quelques ruminants facilite l\u2019acquisition des parcelles agricoles ainsi que des nouveaux intrants. En outre, certain-e-s paysans et paysannes ont sp\u00e9cialis\u00e9 leurs troupeaux au service de traction animale pour des tiers en contrepartie d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration variable selon la structure et la surface de la parcelle \u00e0 labourer.<\/p>\r\n\r\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\" border=\"0\"><caption>Tableau 3. La distribution du cheptel bovin (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">Localit\u00e9s<\/th>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">Taille du cheptel<\/th>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">&lt; 10<\/th>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">[10 \u2013 20 [<\/th>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">[20 \u2013 30 [<\/th>\r\n<th style=\"width: 16.6667%\">&gt; 30<\/th>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">Meskine<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">29,41<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">52,94<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">11,76<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">5,89<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">Kolara<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">28,57<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">46,43<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">7,14<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">17,86<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">Magaldao<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">22,50<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">47,50<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">10,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">20,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">Ngouma-Kribi<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">41,67<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">27,78<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">13,89<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">16,67<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">Zama\u00ef<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">42,31<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">19,23<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">23,08<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\">15,38<\/td>\r\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<h3 style=\"text-align: left\">Des parcelles agricoles en extension malgr\u00e9 la domination des petites exploitations<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019importance des parcelles de moins d\u2019un hectare montre la pr\u00e9dominance des exploitations domestiques (familiales) dont la production est pour la plupart dirig\u00e9e vers l\u2019autoconsommation. Dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, le champ constitue le socle de vie tant pour le paysan ou la paysanne que pour le b\u00e9tail. Il ou elle tire des revenus et des aliments en cultivant une parcelle agricole. Le b\u00e9tail \u00e0 son tour b\u00e9n\u00e9ficiera des r\u00e9sidus de la r\u00e9colte pour son alimentation. De plus, la m\u00e9thode consistant \u00e0 faire pa\u00eetre le b\u00e9tail dans le champ post-r\u00e9colte permet d\u2019assurer un transfert des \u00e9l\u00e9ments fertilisants constitu\u00e9s dans les bouses de b\u0153uf. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un m\u00e9canisme d\u2019interd\u00e9pendance entre l\u2019\u00e9levage et l\u2019agriculture : une strat\u00e9gie gagnante. En effet, cette m\u00e9thode permet de conserver la fertilit\u00e9 naturelle des champs tout en nourrissant le b\u00e9tail. De plus, \u00e0 terme, cette pratique induit un gain \u00e9gal au montant des fertilisants chimiques cens\u00e9s \u00eatre utilis\u00e9s dans les champs. Ainsi, cette \u00e9pargne r\u00e9alis\u00e9e va \u00eatre r\u00e9investie dans les activit\u00e9s agropastorales du m\u00e9nage. Cette technique fait partie des savoirs endog\u00e8nes sur lesquels les paysans et les paysannes capitalisent pour renforcer leur r\u00e9silience face au changement climatique.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Avec les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse sporadiques, les \u00e9cosyst\u00e8mes des sols se sont d\u00e9grad\u00e9s et ne peuvent plus jouer leur r\u00f4le de catalyseur de vie microbienne. Pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer cette vie, les populations pratiquent la polyculture en lieu et place de la monoculture ax\u00e9e sur une seule sp\u00e9culation. La diversification des cultures permet \u00e0 la terre de rena\u00eetre gr\u00e2ce aux micronutriments qu\u2019apportent les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de culture (Badolo, 2008). Cette technique permet aussi de minimiser la prolif\u00e9ration des maladies culturales.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il est \u00e0 noter que la technique de la jach\u00e8re n\u2019est pas adopt\u00e9e dans la majorit\u00e9 des localit\u00e9s. Les paysans et paysannes ne faisant pas recours \u00e0 cette technique soutiennent qu\u2019une terre mise en jach\u00e8re constitue une perte \u00e9conomique consid\u00e9rable surtout pour ceux et celles qui ne disposent que des parcelles r\u00e9duites et souvent uniques. Cependant, on note l\u2019utilisation de la technique des digues qui permet de r\u00e9duire le ruissellement des eaux de pluie et accro\u00eet la fertilit\u00e9 du sol.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En r\u00e9ponse \u00e0 la rar\u00e9faction de la ressource en eau, les paysans et paysannes construisent des retenues d\u2019eau commun\u00e9ment appel\u00e9es <em>okolor\u00e9 <\/em>(en langue peule). En fait, l\u2019<em>okolor\u00e9<\/em> permet de stocker une grande quantit\u00e9 d\u2019eau pouvant servir en saison s\u00e8che. C\u2019est \u00e9galement un lieu d\u2019abreuvage du b\u00e9tail et\/ou d\u2019irrigation lors du repiquage du mil de contre-saison. Afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du m\u00e9nage, les populations construisent des greniers pour stocker une partie des c\u00e9r\u00e9ales r\u00e9colt\u00e9es qui peuvent \u00eatre consomm\u00e9es (ou vendues) en p\u00e9riode de soudure.<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\" border=\"0\"><caption>Tableau 4. Distribution des parcelles enqu\u00eat\u00e9es (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Localit\u00e9s<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Surface cultiv\u00e9e<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">&lt; 0,5 ha<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">[0,5 \u2013 1 [<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">[1 \u2013 2 [<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">[2 \u2013 4 [<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">&gt; 4 ha<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Meskine<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,24<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">29,41<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">17,65<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,76<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">2,94<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Kolara<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">35,71<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">28,57<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">14,29<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">7,14<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">10,71<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Magaldao<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">42,50<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">30,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">17,50<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">0,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">10,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Ngouma-Kribi<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">41,66<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,89<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,11<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">8,33<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">0,00<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">Zama\u00ef<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">34,62<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,46<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,54<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">3,85<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,54<\/td>\r\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cherchant diverses initiatives pour s\u2019adapter aux al\u00e9as climatiques, certaines populations se lancent dans des activit\u00e9, renforcent le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique. Au premier plan de ces activit\u00e9s, on note la d\u00e9forestation prononc\u00e9e dans certaines zones \u00e0 l\u2019instar de la r\u00e9serve foresti\u00e8re de Zama\u00ef, de Magaldao et du parc national de Waza. La demande croissance du bois-\u00e9nergie conduit les paysans et les paysannes \u00e0 se lancer dans la coupe du bois de chauffe (et la production du charbon). Les revenus de cette activit\u00e9 (polluante) restent n\u00e9cessaires \u00e0 la survie du m\u00e9nage pendant la saison s\u00e8che, en t\u00e9moigne un paysan de Zama\u00ef. Malgr\u00e9 l\u2019existence des gardes forestiers\/foresti\u00e8res et des parcs, la d\u00e9forestation s\u2019accro\u00eet et favorise l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert, surtout dans les zones autour du Lac Tchad.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En plus de la d\u00e9forestation, plusieurs paysan-e-s emploient de fa\u00e7on croissante les engrais chimiques pour renforcer le d\u00e9veloppement des cultures. Cette surutilisation des engrais polluants pr\u00e9sente d\u2019\u00e9normes dangers tant pour la sant\u00e9 de l\u2019agriculteur ou de l\u2019agricultrice que pour l\u2019environnement tout entier.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Pouvoirs publics et partenaires au d\u00e9veloppement: une coop\u00e9ration gagnante pour le secteur agropastoral?<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Depuis les ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance, diverses initiatives publiques ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre pour assurer le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture, de l\u2019\u00e9levage ainsi que de l\u2019agropastoralisme.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La diffusion de la pratique de l\u2019agropastoralisme dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun constitue l\u2019\u0153uvre d\u2019un projet agropastoral[footnote]Projet de <em>Mindif-Moulvoudaye<\/em>, en partenariat avec l\u2019agence de coop\u00e9ration am\u00e9ricaine (USAID: United State Agency for International Development), a dur\u00e9 de cinq ans (de 1980 \u00e0 1985).[\/footnote] r\u00e9alis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980. Cette vulgarisation a inscrit les paysan-e-s agropasteur-e-s dans la gestion durable des p\u00e2turages. La rationalisation de l\u2019usage de cette ressource met en \u00e9vidence le caract\u00e8re r\u00e9silient de la pratique de l\u2019agropastoralisme. La volont\u00e9 de stimuler l\u2019essor du secteur agropastoral s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e dans les ann\u00e9es 2000 \u00e0 travers des initiatives de facilitation des d\u00e9bouch\u00e9s et d\u2019acc\u00e8s aux microcr\u00e9dits. Ces appuis ont permis l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9 de certaines exploitations agropastorales \u00e0 travers des dispositifs d\u2019appui-conseil. Dans le souci de renforcer la r\u00e9silience structurelle du syst\u00e8me agropastoral, l\u2019accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la professionnalisation des exploitations. Cependant, toutes les exploitations n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des diff\u00e9rentes opportunit\u00e9s qu\u2019offrent les initiatives publiques. En effet, l\u2019existence des crit\u00e8res d\u2019enr\u00f4lement des agropasteur-e-s dans ces projets conduit \u00e0 l\u2019exclusion d\u2019un nombre important. De plus, il appara\u00eet qu\u2019apr\u00e8s la r\u00e9alisation d\u2019un projet, les paysan-e-s se concurrencent sur la ma\u00eetrise des ressources strat\u00e9giques que sont l\u2019eau et le p\u00e2turage. Cet \u00e9tat de choses g\u00e9n\u00e8re des conflits entre les paysan-e-s et menace ainsi le vivre-ensemble des communaut\u00e9s. Les politiques appliqu\u00e9es ont produit des r\u00e9sultats mitig\u00e9s (Watang, 2015) qui ne renforcent pas la r\u00e9silience des agropasteur-e-s.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique global devient de plus en plus mena\u00e7ant et expose les communaut\u00e9s sah\u00e9liennes \u00e0 d\u2019importants d\u00e9fis. Dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun, la variabilit\u00e9 climatique d\u00e9t\u00e9riore les activit\u00e9s agropastorales qui constituent le levier de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans cette contr\u00e9e. Les cons\u00e9quences de cette variabilit\u00e9 du climat sont d\u2019abord environnementales, avec une multiplication des \u00e9v\u00e8nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, mais aussi, et surtout, socio-\u00e9conomiques. Les effets du changement climatique coupl\u00e9s \u00e0 la paup\u00e9risation des m\u00e9nages (en majorit\u00e9 agropastoraux) installent une d\u00e9gradation du cadre et des conditions de vie des populations. Sachant que la pr\u00e9carit\u00e9 est une source d\u2019innovation (Favreau et Fall, 2007), les initiatives tant endog\u00e8nes que publiques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es pour permettre aux communaut\u00e9s agropastorales de mieux s\u2019adapter aux d\u00e9fis climatiques et, par le m\u00eame, assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des m\u00e9nages.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En int\u00e9grant les savoirs locaux comme strat\u00e9gie de r\u00e9silience (Sehoueto, 1996), les populations ont inscrit la pratique de l\u2019agropastoralisme dans la dur\u00e9e. En effet, le recours \u00e0 l\u2019agropastoralisme constitue d\u00e9j\u00e0 une strat\u00e9gie de survie (Bonfiglioli, 1992) pour les \u00e9leveurs et \u00e9leveuses. Au fil du temps et au fur et \u00e0 mesure que les ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques s\u2019accentuent, cette strat\u00e9gie de survie se trouve de plus en plus menac\u00e9e. Cependant, les techniques adopt\u00e9es, \u00e0 l\u2019instar du m\u00e9canisme d\u2019interd\u00e9pendance du champ au b\u00e9tail, produisent une double rentabilit\u00e9 pour le paysan ou la paysanne tant au niveau \u00e9conomique qu\u2019au niveau \u00e9cologique.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour renforcer la r\u00e9silience locale des populations, les projets de d\u00e9veloppement men\u00e9s par l\u2019\u00c9tat et ses diff\u00e9rents partenaires ont permis de mettre en place des actions d\u2019am\u00e9lioration de tous les syst\u00e8mes agropastoraux. Cependant, certaines de ces initiatives n\u2019ont pas atteint les objectifs escompt\u00e9s.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de l\u2019adaptabilit\u00e9 de l\u2019agropastoralisme aux al\u00e9as climatiques, il faut relever l\u2019apparition des conflits communautaires suite aux m\u00e9sententes dans la gestion des ressources naturelles (en occurrence les p\u00e2turages et la ressource en eau). En outre, il appara\u00eet que certaines actions de r\u00e9silience des populations contribuent au changement climatique. Ainsi, il devient urgent d\u2019inscrire toutes les actions de r\u00e9silience sous le prisme d\u2019un agropastoralisme durable qui int\u00e8gre l\u2019approche agro\u00e9cologique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Anougue Tonfack, Bernadine F., Betguiro Ngwaibo, Felix, Haiwe, Bertrand Roger, Nwowe Wanfeo, Tchokolva, Pierre et Wadai, Dominique. 2013. <em>Rapport de l\u2019\u00e9tude sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des communes de la r\u00e9gion de l\u2019extr\u00eame nord aux effets du changement climatique<\/em>. Maroua : GIZ.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Badolo, Mathieu. 2008. Indications sur les incidences potentielles des changements climatiques sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au Sahel. <em>Cahiers des changements climatiques<\/em>, <em>6<\/em>, 9 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonfiglioli, Angelo Maliki. 1992. L\u2019agropastoralisme au Tchad comme strat\u00e9gie de survie. <em>Les dimensions sociales de l\u2019ajustement en Afrique subsaharienne<\/em> (Document de travail), <em>11<\/em>. Banque Mondiale.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonnet, Bernard et Guibert, Bertrand. 2014. Strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux vuln\u00e9rabilit\u00e9s du pastoralisme. <em>Afrique contemporaine<\/em>, <em>249<\/em>, 37-51.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brown, Oli, Hammill, Anne et Mcleman Robert. 2007. Climate change as the \u2018\u2018new\u2019\u2019 security threat: implications for Africa. <em>International Affairs<\/em>, <em>83<\/em> (6), 1141-1154.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">CCNUCC. 1992. <em>Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques <\/em>(<em>D<\/em>ocument FCCC\/INFORMAL\/84).\r\n<a href=\"http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf&amp;source=gmail&amp;ust=1571136591829000&amp;usg=AFQjCNH-q46tYYLAbPbBzvkzDAVRW8UCbw\">http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Coulet, No\u00ebl et Coste, Pierre. 1994. Que sait-on des origines de la transhumance en Provence?. Dans J-C Duclos et A., Pitte (dir.), <em>L\u2019Homme et le mouton dans l\u2019espace de la transhumance<\/em> (p. 65-70). Grenoble : Mus\u00e9e dauphinois et Gl\u00e9nat.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">CSAO\/OCDE. 2008. <em>Climat, changements climatiques et pratiques agro-pastorales en zone sah\u00e9lienne <\/em>(synth\u00e8se p\u00e9riodique).\r\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/nr\/clim\/docs\/clim_080901_fr.pdf\">http:\/\/www.fao.org\/nr\/clim\/docs\/clim_080901_fr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">DFID. 2011. <em>Defining Disaster Resilience: A DFID approach paper (D\u00e9finition de la r\u00e9silience aux catastrophes: document d\u2019approche du DFID)<\/em>. Royaume-Uni : Londres.\r\n<a href=\"https:\/\/assets.publishing.service.gov.uk\/government\/uploads\/system\/uploads\/attachment_data\/file\/186874\/defining-disaster-resilience-approach-paper.pdf\">https:\/\/assets.publishing.service.gov.uk\/government\/uploads\/system\/uploads\/attachment_data\/file\/186874\/defining-disaster-resilience-approach-paper.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Favreau, Louis et Abdou Salam, Fall (dir.). 2007. <em>L\u2019Afrique qui se refait. Initiatives socio\u00e9conomiques des communaut\u00e9s et d\u00e9veloppement en Afrique noire<\/em>. Qu\u00e9bec : Presses Universitaires du Qu\u00e9bec.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eriksen, John H., Swanson, Richard, Russel, Johon T. et Daffe, Mamadou. 1984. <em>Rapport d'\u00e9valuation du projet de d\u00e9veloppement de l'\u00e9levage et de l'agriculture du Nord-Cameroun<\/em> (Projet USAID 631-0004). New-York : Ithaca.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">GIEC. 2007. <em>Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au quatri\u00e8me rapport d\u2019\u00e9valuation du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat<\/em>. Gen\u00e8ve : GIEC.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gonn\u00e9, Bernard, Sougnabe Pabame et Ngana, Felix. 2010. Le champ et le b\u0153uf en savane d\u2019Afrique centrale compl\u00e9mentarit\u00e9, antagonisme ou int\u00e9gration?. Dans L. Seiny-Boukar et P. Boumard, <em>Savanes africaines en d\u00e9veloppement: innover pour durer<\/em>. Garoua: Cirad, 8 p. cirad-00472011<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hellendorff, Bruno. 2012. <em>Changement climatique et conflits agro-pastoraux au Sahel<\/em>, (Note d\u2019analyse du GRIP, 2 octobre). Bruxelles.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">INS, ECAM. 2014. <em>Quatri\u00e8me enqu\u00eate camerounaise aupr\u00e8s des m\u00e9nages 4. Tendances, profils et d\u00e9terminants de la pauvret\u00e9 au Cameroun entre 2001 et 2014<\/em>. Yaound\u00e9 : Institut National de la Statistique.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">IPCC. 2007. <em>Climate Change 2007: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change <\/em>(M.L. Parry, O.F. Canziani, J.P. Palutikof, P.J. van der Linden and C.E. Hanson, Eds.). Cambridge: Cambridge University Press.\r\n<a href=\"https:\/\/archive.ipcc.ch\/publications_and_data\/publications_ipcc_fourth_assessment_report_wg2_report_impacts_adaptation_and_vulnerability.htm\">https:\/\/archive.ipcc.ch\/publications_and_data\/publications_ipcc_fourth_assessment_report_wg2_report_impacts_adaptation_and_vulnerability.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kintz, Dani\u00e8le. 1982. Pastoralisme? Agropastoralisme et organisation fonci\u00e8re: le cas des Peuls. Dans E. Le Bris, E. Le Roy et Leimdorfer (dir.), <em>Enjeux fonciers en Afrique noire<\/em> (p. 212-217). Paris : Orstom-Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINADER. 2014. <em>Le MINADER en Chiffres<\/em>. Yaound\u00e9 : MINADER.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINEPIA, EPA. 2014. <em>Enqu\u00eate Pastorale Annuelle 2014<\/em> (Rapport principal). Yaound\u00e9 : MINEPIA.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nkomwa, Emmanuel Charles, Kalanda, Joshua Miriam, Ngongondo, Cosmo, Monjerezi, Maurice, Chipungu, Felistus. 2014. Assessing indigenous knowledge systems and climate change adaptation strategies in agriculture : A case study of Chagaka Village, Chikhwawa, Southern Malawi. <em>Physics and Chemistry of the Earth<\/em>, <em>Parts A\/B\/C<\/em>, <em>67-69<\/em>, 164-172.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nori, Mich\u00e8le, Taylor, Michael et Sensi, Alessandra. 2008. <em>Droits pastoraux, modes de vie et adaptation au changement climatique<\/em> (Document de travail de l\u2019IMDP). Nairobi.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo, Mathieu, Demb\u00e9l\u00e9 Youssouf et Som\u00e9, L\u00e9opold. 2010. Perceptions et strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements des pr\u00e9cipitations: cas des paysans du Burkina Faso. <em>Science et Changements plan\u00e9taires\/S\u00e9cheresse<\/em>, 21 (2), 87-96.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rang\u00e9, Charline. 2018. <em>Ins\u00e9curit\u00e9s dans la r\u00e9gion du lac tchad. O\u00f9 en est le pastoralisme et comment penser son d\u00e9veloppement<\/em> (Document d\u2019orientation). FAO-CIRAD.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambo, Armel. 2018. Acc\u00e8s \u00e0 la terre et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire: cas des femmes rurales de l\u2019Extr\u00eame Nord du Cameroun (1972-2014). Dans N. Kossoumna Liba\u2019a et C. Dili Pala\u00ef (dir.), <em>Genre, savoirs et dynamiques de d\u00e9veloppement au Cameroun. Pour une valorisation des potentialit\u00e9s locales<\/em> (p. 83-100). Yaound\u00e9 : \u00c9ditions du Schabel.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambo, Armel. 2014. Vulgarisation des savoirs locaux agricoles comme strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame Nord du Cameroun. <em>Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines<\/em>, <em>num\u00e9ro sp\u00e9cial 1<\/em>, 173-185.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Seignobos, Christian et Iy\u00e9bi Mandjek, Olivier (dir.). 2000. <em>Atlas de la Province de l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun<\/em>. Paris : MINREST\/INC\/IRD.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sehoueto, Lazare Maurice. 1996. <em>Savoirs locaux ou savoirs localis\u00e9s? La production et la diffusion des savoirs agricoles paysans au B\u00e9nin : \u00e9l\u00e9ments empiriques pour une anthropologie sociale des savoirs \u00ab locaux \u00bb<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 libre de Berlin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sidib\u00e9, Samba Amadou. 2001. Impact \u00e9conomique des maladies animales sur l'\u00e9levage en Afrique Subsaharienne. Dans les <em>Actes du s\u00e9minaire sur l\u2019utilisation des m\u00e9dicaments v\u00e9t\u00e9rinaires en Afrique Subsaharienne<\/em>, 6 au 9 f\u00e9vrier (p.\u00a018-28). Dakar: EISMV.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tour\u00e9, Ibra <em>et al<\/em>. 2017. <em>Analyse de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique et environnementale des syst\u00e8mes agropastoraux dans le centre ouest du Tchad<\/em> (Rapport final, mai 2017). CIRAD-FIDA.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Wane, Abdrahmane, Ancey, V\u00e9ronique, Toure, Ibra, K\u00e2, Ndiob\u00e8ne Samba et Diao-Camara, Astou (2010). L\u2019\u00e9conomie pastorale face aux incertitudes. Le salariat au Ferlo (Sahel s\u00e9n\u00e9galais). <em>Cahiers Agricultures<\/em>, <em>19<\/em> (5), 359-365. DOI: 10.1684\/agr.2010.0427<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Watang Zi\u00e9ba, F\u00e9lix. 2015. Les enjeux de la prise en compte des changements climatiques dans les politiques de d\u00e9veloppement rural dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord Cameroun. <em>Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du Codesria<\/em>,<em> 14<\/em>.\r\n<a href=\"http:\/\/www.codesria.org\/IMG\/pdf\/felix_watang_zieba_les_enjeux_de_la_prise_en_compte_des_changements_climatiques_dans_les_politiques_de_developpement_rural_dans_la_region_de_l_extreme-nord_cameroun.pdf\">http:\/\/www.codesria.org\/IMG\/pdf\/felix_watang_zieba_les_enjeux_de_la_prise_en_compte_des_changements_climatiques_dans_les_politiques_de_developpement_rural_dans_la_region_de_l_extreme-nord_cameroun.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Watang Zi\u00e9ba, F\u00e9lix et Ganota, Boniface. 2011. Territoires agropastoraux et acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau en milieu sah\u00e9lien camerounais. Dans I.\u00a0O.\u00a0Alfaroukh, N.\u00a0Avella, P.\u00a0Grimaud (dir.), <em>La politique sectorielle du pastoralisme au Tchad : Quelles orientations? Actes du colloque national<\/em> (p. 107-113). N\u2019Djam\u00e9na : Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9levage et des ressources animales.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les zones sah\u00e9liennes, l\u2019agropastoralisme constitue la principale activit\u00e9 qui r\u00e9git l\u2019\u00e9conomie locale et occupe une part importante de la population. Au-del\u00e0 de son aspect vital dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun, l\u2019agropastoralisme est confront\u00e9 aujourd\u2019hui au ph\u00e9nom\u00e8ne des changements climatiques qui s\u2019accentue de plus en plus. Les effets du changement climatique se traduisent par la faiblesse de la pluviom\u00e9trie, des s\u00e9cheresses par moment, mais aussi des inondations \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Ayant modifi\u00e9 la pratique agropastorale, le changement climatique a pouss\u00e9 les acteurs et actrices du d\u00e9veloppement local durable \u00e0 adopter des strat\u00e9gies de r\u00e9silience sans lesquelles l\u2019\u00e9conomie de la r\u00e9gion serait menac\u00e9e. L\u2019objectif de cet article est d\u2019analyser les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique d\u00e9velopp\u00e9es au niveau local par les populations et les partenaires au d\u00e9veloppement. Au-del\u00e0 de l\u2019adaptabilit\u00e9 des populations, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l\u2019agropastoralisme face au changement climatique dans le septentrion camerounais cr\u00e9e souvent des tensions qui se transforment en conflit ouvert ou latent et menacent ainsi le vivre-ensemble.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/agropastoralisme\/\">Agropastoralisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/changement-climatique\/\">Changement climatique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/extreme-nord-du-cameroun\/\">Extr\u00eame-Nord du Cameroun<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/resilience\/\">R\u00e9silience<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">In the Sahel areas, agropastoralism is the main activity that governs the local economy and occupies a large part of the population. Beyond its vital aspect in the Far North of Cameroon, agropastoralism is now confronted with the phenomenon of climate change, which is increasingly problematic. The effects of climate change are reflected in low rainfall, occasional droughts, but also repeated floods. Having changed agropastoral practice, climate change has pushed local sustainable development actors to adopt resilience strategies, without which the region\u2019s economy would be threatened. The objective of this article is to analyze the different climate change adaptation strategies developed at the local level by populations and development partners. Beyond the adaptability of populations, the vulnerability of agropastoralism to climate change in the northern part of Cameroon often creates tensions that turn into open or latent conflicts and threaten to affect coexistence.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/agropastoralism\/\">Agropastoralism<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/climate-change\/\">climate change<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/far-north-cameroon\/\">Far-North Cameroon<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/resilience\/\">resilience<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (Fulfuld\u00e9)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nder nokkuuje sahelinkooje, agropastoralisme woni kuugal aranal nder kuu\u0257e mahooje faggudu local, e noon yee\u0257an\u0253e ton \u0257on naftoro ngal sanne. Nder se\u0253atto woyla kamerun, luuti naftoraago \u0257um ngam he\u0253a yee\u0257a, agropastoralisme \u0257on yiida e sa\u0257irma waylaago wakkatiiji, tullitannga nde weeti fuu. Batte sannjitaago wakkatiiji \u0257on annditiree bee fam\u0257ugo to\u0253o, e joorgol yaa&rsquo;i feere, bee ilooji lorti-lortintoo\u0257i fuu. \u0181aawo \u0257um sannji kuugal agropastorale, sannjaago wakkati yer\u0253i jinnganoo\u0253e developpement local durable haa hoocugo laabi dawrugo go\u0257\u0257i, \u0257in laabi \u0257i soynde mum tampinan faggudu pellel ngel. Nufaye ngol binndol woni liccititgo\/analisugo laabi hoytinngo batte sannjaago wakkati, \u0257in laabi \u0257i joodii\u0253e nokkuuje \u0257ee e walli\u0257\u0257iraa\u0253e ma\u0253\u0253e haa jaaral yeeso\/developpement tafii.\u00a0 Accu boftinol won\u0253e nder \u0257ee nokkuuje, tampere agropastoralisme saa&rsquo;i waylaago wakkatiiji\u00a0 nder se\u0253atto woyla kamerun \u01b4umminta ndego luuree e ka\u0253e kulnii\u0257e hakkunde joo\u0257ii\u0253e nder pelle sahelinkooje \u0257ee, yaha haa \u0257um wonna gen&rsquo;dal hakkunde ma\u0253\u0253e.<\/p>\n<p>Traduction : <a class=\"profileLink\" title=\"Gann\u0257o Teli Bello\" href=\"https:\/\/www.facebook.com\/ganndo.teli?__tn__=%2CdK-R-R&amp;eid=ARByFbXfEzc3Go4Uorzz9s0TKQcxMItzlxGYsmTXDapkQ3UANT51EYyIFJ4q7W2f_Kmf-V91jrBtvEvM&amp;fref=mentions\" data-hovercard=\"\/ajax\/hovercard\/user.php?id=100003643688897&amp;extragetparams=%7B%22__tn__%22%3A%22%2CdK-R-R%22%2C%22eid%22%3A%22ARByFbXfEzc3Go4Uorzz9s0TKQcxMItzlxGYsmTXDapkQ3UANT51EYyIFJ4q7W2f_Kmf-V91jrBtvEvM%22%2C%22fref%22%3A%22mentions%22%7D\" data-hovercard-prefer-more-content-show=\"1\">Gann\u0257o Teli Bello<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (Fulfuld\u00e9)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/agropastoralisme\/\">Agropastoralisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/boftinol\/\">boftinol<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/se%c9%93atto-woyla-kamerun\/\">se\u0253atto woyla kamerun<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/waylaago-wakkati\/\">waylaago wakkati<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>1 ao\u00fbt 2019<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>4 octobre 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>14 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique s\u2019intensifie et devient au fil du temps une r\u00e9elle menace pour les activit\u00e9s anthropiques. Le constat alarmant du d\u00e9r\u00e8glement climatique a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par plusieurs experts et expertes, notamment ceux et celles du GIEC<a class=\"footnote\" title=\"Le Groupe d\u2019expert-e-s Intergouvernemental sur l\u2019\u00c9volution du Climat (GIEC) ou la variante anglaise IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) est un organe des Nations Unies cr\u00e9\u00e9 en 1988 afin d\u2019\u00e9tudier, collecter et d\u2019\u00e9valuer impartialement les donn\u00e9es du changement climatique et ses incidences dans le monde. Il est compos\u00e9 des milliers de scientifiques expert-e-s dans divers domaines.\" id=\"return-footnote-5-1\" href=\"#footnote-5-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>. Selon le quatri\u00e8me rapport du GIEC (2012), la temp\u00e9rature globale de la plan\u00e8te a augment\u00e9 de 0,89 \u00b0C sur la p\u00e9riode allant de 1901 \u00e0 2012 et les diff\u00e9rentes projections envisagent un accroissement des temp\u00e9ratures futures de 1,8 \u00e0 4 \u00b0C en fonction des diff\u00e9rents sc\u00e9narios d\u2019\u00e9mission \u00e9tablis. Dans la m\u00eame p\u00e9riode, la pluviom\u00e9trie a fortement augment\u00e9 dans certaines r\u00e9gions du globe alors qu\u2019elle a diminu\u00e9 dans d\u2019autres, notamment au Sahel. L\u2019impact de ce changement climatique encore croissant varie en fonction des zones g\u00e9ographiques. Ainsi, les zones les moins d\u00e9velopp\u00e9es s\u2019av\u00e8rent \u00eatre les plus impact\u00e9es par ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Dans ces r\u00e9gions fortement agropastorales, la variation du climat induit des al\u00e9as consid\u00e9rables qui menacent ainsi la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations locales.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun, comme dans toute la zone sah\u00e9lienne, les activit\u00e9s agricoles et pastorales constituent le d\u00e9nominateur commun de la majeure partie de la population locale. Situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin entre l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage, l\u2019agropastoralisme au Cameroun est pratiqu\u00e9 par pr\u00e8s de 30% des agriculteurs et agricultrices, \u00e9leveurs et \u00e9leveuses (MINEPIA\/EPA, 2014). Ces activit\u00e9s agropastorales r\u00e9gissent l\u2019\u00e9conomie locale et constituent une source de revenus et d\u2019alimentation pour les agropasteur-e-s ainsi que tou-te-s les op\u00e9rateurs et op\u00e9ratrices de la fili\u00e8re qui b\u00e9n\u00e9ficient des retomb\u00e9es financi\u00e8res de ce secteur. Au-del\u00e0 de son importance \u00e9conomique, l\u2019agropastoralisme est surtout pourvoyeur des produits agropastoraux en termes de fourniture d\u2019aliments riches en prot\u00e9ines animales (viande et lait), des c\u00e9r\u00e9ales (mil, ma\u00efs et riz) et produits maraichers qui constituent les piliers de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Nonobstant l\u2019aspect vital de l\u2019agropastoralisme dans une r\u00e9gion class\u00e9e comme la plus pauvre du Cameroun (avec un taux de pauvret\u00e9 de 74,3% selon ECAM<a class=\"footnote\" title=\"Enqu\u00eate Camerounaise aupr\u00e8s des M\u00e9nages r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Institut National de la Statistique (INS).\" id=\"return-footnote-5-2\" href=\"#footnote-5-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> 2007), il n\u2019en demeure pas moins que ce secteur rencontre d\u2019importants goulots d\u2019\u00e9tranglement qui inhibent ses perspectives de d\u00e9veloppement. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des maladies animales engendrant des lourdes pertes directes et indirectes dans les cheptels (Sidib\u00e9, 2001), l\u2019agropastoralisme comme moyen de subsistance et d\u2019existence subit fortement la variation des facteurs climatiques. Faisant partie int\u00e9grante du bassin du Lac Tchad, la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord conna\u00eet depuis les ann\u00e9es 1970 une s\u00e9cheresse persistante, caract\u00e9ris\u00e9e par des \u00e9carts thermiques \u00e9lev\u00e9s, et une intense \u00e9vaporation de la ressource en eau (Sambo, 2018). Cette r\u00e9gion conna\u00eet une alternance d\u2019une longue saison s\u00e8che suivie d\u2019une courte saison pluvieuse souvent d\u00e9vastatrice: on a enregistr\u00e9 des inondations dans les ann\u00e9es 1988, 1999, 2010, 2012 (Watang, 2015). Il existe des preuves selon lesquelles les al\u00e9as climatiques affectent d\u00e9j\u00e0 les rendements agricoles dans divers pays (GIEC, 2007) et cela est particuli\u00e8rement palpable dans les pays \u00e0 faible revenu o\u00f9 le climat est l\u2019un des principaux d\u00e9terminants de la production agricole et o\u00f9 les populations pr\u00e9sentent des faibles capacit\u00e9s d\u2019adaptation. Il appara\u00eet clairement que les fluctuations climatiques menacent les activit\u00e9s humaines et les moyens d\u2019existence.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Avec la recrudescence des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord devient de plus en plus croissante et g\u00e9n\u00e8re des dysfonctionnements majeurs dans plusieurs secteurs, notamment l\u2019agropastoralisme qui fonctionne au rythme des saisons. Ainsi, les effets du changement climatique et le niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des agropasteur-e-s s\u2019influencent mutuellement et produisent des d\u00e9g\u00e2ts sur les activit\u00e9s des paysans et paysannes. L\u2019exposition au risque climatique pousse les acteurs et actrices du secteur agropastoral \u00e0 s\u2019adapter au ph\u00e9nom\u00e8ne pour pr\u00e9server leurs activit\u00e9s. Le d\u00e9veloppement des actions d\u2019adaptation leur permet de r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 et d\u2019inscrire leurs activit\u00e9s dans la dur\u00e9e. Ainsi, quelles sont les strat\u00e9gies d\u2019adaptation mises en place dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun? Au-del\u00e0 d\u2019\u00eatre une n\u00e9cessit\u00e9, l\u2019adaptation au changement climatique chez les agropasteur-e-s devient un imp\u00e9ratif de survie de tout le secteur. Watang (2015) signale que la mise en place des strat\u00e9gies d\u2019adaptation ad\u00e9quates constitue un d\u00e9fi permanent tant pour les pouvoirs publics, les communaut\u00e9s locales que pour les acteurs et actrices du d\u00e9veloppement qui exercent dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Le pr\u00e9sent article se construit autour de l\u2019hypoth\u00e8se que les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies locales de r\u00e9silience mise en place par les agropasteur-e-s, l\u2019\u00c9tat et les partenaires au d\u00e9veloppement renforcent l\u2019adaptation au changement climatique et le vivre-ensemble dans cette partie du pays.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Concepts et revue de la litt\u00e9rature<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019agropastoralisme comme concept scientifique a \u00e9merg\u00e9 au fil de l\u2019histoire pour se positionner dans la litt\u00e9rature en tant que mode de vie et de production pour certaines communaut\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Complexe et vari\u00e9, l\u2019agropastoralisme est appr\u00e9hend\u00e9 comme une pratique difficile \u00e0 saisir du fait de la mise en commun des comportements agricoles et pastoraux. Il s\u2019agit, au sens de Nori <em>et al.<\/em> (2008), d\u2019un mode de vie complexe qui essaye de maintenir un \u00e9quilibre optimal entre les p\u00e2turages, le b\u00e9tail et les populations dans des environnements al\u00e9atoires. Cette mixture entre l\u2019agriculture et le pastoralisme est souvent associ\u00e9e au nomadisme ou parfois \u00e0 un semi-nomadisme, entra\u00eenant ainsi des mouvements de transhumance qui traversent les zones cultiv\u00e9es (Coulet et Coste, 1994). Dans le concept de l\u2019agropastoralisme se cristallise la pratique conjointe de l\u2019\u00e9levage et de l\u2019agriculture. Ce mode de production sp\u00e9cifique \u00e0 une certaine communaut\u00e9, en occurrence les Peuls (Kintz, 1982), devient de plus en plus vuln\u00e9rable face \u00e0 l\u2019incertitude du climat. Le changement climatique comme ph\u00e9nom\u00e8ne global touche toutes les r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au sens du GIEC (2007), le changement climatique renvoie \u00e0 toute variation de l\u2019\u00e9tat du climat identifiable par des modifications de la moyenne, et\/ou de la variabilit\u00e9 de ses propri\u00e9t\u00e9s, qui persistent dans le long terme, g\u00e9n\u00e9ralement pendant plusieurs d\u00e9cennies. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne global se rapporte \u00e0 tout changement du climat dans le temps, qu\u2019il soit d\u2019origine naturelle ou anthropique. La CCNUCC<a class=\"footnote\" title=\"Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.\" id=\"return-footnote-5-3\" href=\"#footnote-5-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a> (1992), pour sa part, d\u00e9finit le changement climatique comme un ensemble de changements caus\u00e9s directement ou indirectement par les activit\u00e9s humaines, lesquelles modifient la composition de l\u2019atmosph\u00e8re au niveau global. Le changement climatique, selon son origine, se diff\u00e9rencie du concept de variabilit\u00e9 climatique. Dans cette \u00e9tude, c\u2019est la d\u00e9finition du GIEC qui est retenue et un int\u00e9r\u00eat est accord\u00e9 \u00e0 la mutation des tendances de la temp\u00e9rature et de la pluviom\u00e9trie qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne intra et interannuel dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Fortement d\u00e9pendante du climat, la production agropastorale devient incertaine et appelle les acteurs et actrices \u00e0 une r\u00e9silience renforc\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au premier sens, la notion de r\u00e9silience est un terme li\u00e9 \u00e0 la physique des m\u00e9taux; elle mesure la capacit\u00e9 d\u2019un mat\u00e9riau \u00e0 retrouver son aspect initial apr\u00e8s avoir absorb\u00e9 un effort plus ou moins important. Dans les sciences sociales, elle s\u2019applique aux catastrophes et est employ\u00e9e pour d\u00e9signer :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">la capacit\u00e9 des pays, des communaut\u00e9s et des m\u00e9nages \u00e0 g\u00e9rer un changement, en conservant ou en transformant leur niveau de vie face aux chocs et stress tels que tremblements de terre, s\u00e9cheresses ou conflits violents, sans compromettre leurs perspectives \u00e0 long terme (DFID<a class=\"footnote\" title=\"Department For International Development.\" id=\"return-footnote-5-4\" href=\"#footnote-5-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>, 2011).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il appara\u00eet ainsi que la r\u00e9silience constitue la capacit\u00e9 \u00e0 surmonter des chocs n\u00e9gatifs, \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 continuer \u00e0 vivre avec des changements et des incertitudes. Dans l\u2019agropastoralisme, la r\u00e9silience se fonde, selon Bonnet et Guibert (2014), d\u2019une part, sur la r\u00e9sistance aux chocs qui viennent perturber la bonne marche de cette activit\u00e9 et, d\u2019autre part, sur une capacit\u00e9 \u00e0 rebondir apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la crise. Ainsi, la r\u00e9silience permet aux diff\u00e9rentes communaut\u00e9s d\u2019att\u00e9nuer leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 tout en poursuivant leur activit\u00e9 en d\u00e9pit des crises et pr\u00e9server leur identit\u00e9 et mode de vie.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse des incidences du climat sur le secteur agricole dans son ensemble pr\u00e9occupe divers-e-s chercheurs et chercheuses dans diff\u00e9rentes disciplines. L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 l\u2019adaptation aux fluctuations climatiques n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la mesure du ph\u00e9nom\u00e8ne. Dans la litt\u00e9rature sur les politiques relatives au changement climatique, l\u2019accent est mis plus sur les strat\u00e9gies d\u2019att\u00e9nuation que celles relatives \u00e0 l\u2019adaptation (Bele <em>et al.<\/em>, 2011). Ainsi, il se d\u00e9gage que la production des connaissances sur l\u2019adaptation au changement climatique devient une question qui meuble divers d\u00e9bats, tant au niveau local qu\u2019international. Il est \u00e0 relever que dans la plupart des travaux, la r\u00e9silience est analys\u00e9e soit du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019agriculture (Ou\u00e9draogo <em>et al.<\/em>, 2010), soit de l\u2019\u00e9levage (Bonnet et Guibert, 2014), rares sont les \u00e9tudes qui se penchent sur la r\u00e9silience de l\u2019agropastoralisme. Les questions ayant meubl\u00e9 les analyses dans ce secteur se focalisent sur les conflits agropastoraux (Gonn\u00e9 <em>et al<\/em>., 2010; Liba\u2019a, 2011; Hellendorff, 2012) et sur l\u2019usage de la ressource en eau (Watang et Ganota, 2011). Les travaux du CSAO\/OCDE<a class=\"footnote\" title=\"Le Club du Sahel et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CSAO) est une plateforme internationale ind\u00e9pendante; son secr\u00e9tariat est h\u00e9berg\u00e9 au sein de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE).\" id=\"return-footnote-5-5\" href=\"#footnote-5-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a> (2008) mettent en \u00e9vidence la d\u00e9pendance du secteur agropastoral aux variables climatiques tout en analysant la r\u00e9silience des paysans et paysannes face aux risques li\u00e9s au changement climatique en Afrique de l\u2019Ouest. L\u2019on note des pratiques endog\u00e8nes d\u00e9velopp\u00e9es par les agropasteur-e-s pour faire face au changement climatique. Parmi les strat\u00e9gies des paysans et paysannes, figurent les savoirs locaux qui constituent un important levier d\u2019adaptation aux al\u00e9as climatiques (Nkomwa <em>et al<\/em>., 2014). Face \u00e0 ces mutations du climat, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des syst\u00e8mes agropastoraux augmente de plus en plus (Tour\u00e9 <em>et al<\/em>., 2017) et menace m\u00eame l\u2019existence de ce mode de production. Pour Brown <em>et al.<\/em> (2007), l\u2019adaptation de ces syst\u00e8mes doit s\u2019op\u00e9rer par des ajustements qui visent \u00e0 r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 ou \u00e0 am\u00e9liorer la r\u00e9silience face \u00e0 des changements observ\u00e9s ou pr\u00e9vus au niveau du climat. Ces ajustements demandent la modification des processus, des perceptions, des pratiques et des fonctions pouvant garantir la survie de toute activit\u00e9.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Mat\u00e9riau et m\u00e9thode<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun est un vaste territoire de 34 263 km\u00b2 de superficie qui est travers\u00e9 par quatre zones climatiques notamment la plaine du Diamar\u00e9, le Ya\u00e9r\u00e9<a class=\"footnote\" title=\"Plaine d\u2019inondation commun\u00e9ment appel\u00e9 plaine de Maga.\" id=\"return-footnote-5-6\" href=\"#footnote-5-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>, les monts Mandara et le delta du Lac-Tchad (Anougue Tonfack <em>et al<\/em>., 2013). Dans cette r\u00e9gion \u00e0 climat soudano-sah\u00e9lien de type tropical sec o\u00f9 les pr\u00e9cipitations ne d\u00e9passent gu\u00e8re 1 200 mm\/an (MINADER<a class=\"footnote\" title=\"Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement Rural.\" id=\"return-footnote-5-7\" href=\"#footnote-5-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>, 2014), les al\u00e9as climatiques sont r\u00e9currents et mena\u00e7ants avec le temps. Zone fortement agropastorale, l\u2019Extr\u00eame-Nord Cameroun regorge de diverses races de b\u00e9tails et esp\u00e8ces culturales. Seignobos et Iy\u00e9bi-Mandjek (2000) identifient \u00e0 cet effet plusieurs races des grands ruminants telles que le z\u00e9bu peul du sahel, le <em>white fulani<\/em>, le <em>kapsiki<\/em> et le <em>kouri,<\/em> ainsi que des petits ruminants, notamment le mouton <em>wo\u00efla<\/em>, <em>kirdi<\/em>, <em>oudah<\/em> et la ch\u00e8vre <em>kirdi<\/em>. Comme dans la plupart des r\u00e9gions sah\u00e9liennes, on retrouve diverses cultures allant du mil au ma\u00efs en passant par le riz, l\u2019arachide, le ni\u00e9b\u00e9 et les produits maraich\u00e8res (Sambo, 2014). Toutes ces esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales constituent un riche patrimoine d\u2019une r\u00e9gion qui traverse d\u2019importants d\u00e9fis. Les \u00e9tudes de l\u2019Institut National de la Statistique r\u00e9v\u00e8lent que la pauvret\u00e9 reste plus accentu\u00e9e dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord avec un taux actuel de 74,3% contre 65,9% en 2007 et 56,3% en 2001 (ECAM, 2014). Cette situation renseigne la pr\u00e9carit\u00e9 du cadre et des conditions de vie de la population dans cette r\u00e9gion en majorit\u00e9 agropastorale. La tendance baissi\u00e8re de la pluviom\u00e9trie dans cette r\u00e9gion, coupl\u00e9e au ph\u00e9nom\u00e8ne de terrorisme qui s\u00e9vit autour du Lac Tchad (Rang\u00e9, 2018), renforce la paup\u00e9risation accrue des populations agropastorales d\u00e9j\u00e0 vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Mon analyse du rapport entre l\u2019agropastoralisme et le changement climatique sous le prisme de la r\u00e9silience repose sur des enqu\u00eates (notamment des entretiens et des questionnaires) aupr\u00e8s des agropasteur-e-s et des acteurs et actrices du d\u00e9veloppement du secteur agropastoral dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Les enqu\u00eates par questionnaire se sont int\u00e9ress\u00e9es au statut des enqu\u00eat\u00e9-e-s (pour appr\u00e9hender, outre l\u2019agropastoralisme, d\u2019autres activit\u00e9s men\u00e9es), la taille du cheptel (essentiellement les bovins), la surface agricole cultiv\u00e9e, les perceptions du changement climatique et les actions de r\u00e9silience entreprises au niveau local. Du fait de l\u2019\u00e9tendue de la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, les enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es dans cinq localit\u00e9s repr\u00e9sentant les quatre zones climatiques de la r\u00e9gion. Sur la base d\u2019un choix raisonn\u00e9, 164 m\u00e9nages agropastoraux ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour constituer l\u2019\u00e9chantillon de ce travail (tableau 1). J&rsquo;ai retenu dans la plaine du Diamar\u00e9, les villages Meskine et Magaldao; dans le Ya\u00e9r\u00e9, le village Kolara; autour du Lac Tchad, la localit\u00e9 de Ngouma-Kribi et, dans les monts mandara, le village de Zama\u00ef. Apr\u00e8s d\u00e9pouillement et codage des donn\u00e9es du terrain, le logiciel SPSS (Statistical Package for the Social Science) a servi d\u2019outil d\u2019analyse des donn\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En plus des informations primaires collect\u00e9es sur le terrain, j&rsquo;ai eu recours \u00e0 des entretiens avec le personnel des minist\u00e8res en charge de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage et avec des acteurs et actrices du partenariat au d\u00e9veloppement qui \u0153uvrent pour la bonne marche de l\u2019agropastoralisme dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord.<\/p>\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\">\n<caption>Tableau 1. Populations enqu\u00eat\u00e9es<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<th style=\"width: 50%\">Localit\u00e9s<\/th>\n<th style=\"width: 50%\">Effectifs<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\">Meskine<\/td>\n<td style=\"width: 50%\">34<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\">Kolara<\/td>\n<td style=\"width: 50%\">28<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\">Magaldao<\/td>\n<td style=\"width: 50%\">40<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\">Ngouma-Kribi<\/td>\n<td style=\"width: 50%\">36<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\">Zama\u00ef<\/td>\n<td style=\"width: 50%\">26<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%\"><strong>Total<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 50%\">164<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: left\">Le changement climatique, un ph\u00e9nom\u00e8ne diversement per\u00e7u<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans les diff\u00e9rentes zones enqu\u00eat\u00e9es, il appara\u00eet que les populations appr\u00e9cient diff\u00e9remment le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique. Si elles sont toutes unanimes sur la diminution des p\u00e2turages pour b\u00e9tail, la baisse de la quantit\u00e9 de pluie et la d\u00e9gradation rapide des \u00e9cosyst\u00e8mes, il n\u2019en demeure pas moins que certain-e-s agropasteur-e-s se r\u00e9jouissent de l\u2019ass\u00e8chement du Lac Tchad. En effet, au fur et \u00e0 mesure que le Lac Tchad se r\u00e9tr\u00e9cit, il appara\u00eet des ilots qui permettent aux paysans et paysannes de gagner de nouvelles terres fertiles et humides propices \u00e0 la culture. En plus de pratiquer de l\u2019agriculture sur les terres nouvellement conquises, la population trouve <em>ipso facto<\/em> des p\u00e2turages suppl\u00e9mentaires pour le b\u00e9tail.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Globalement, du fait du changement climatique, on remarque une forte r\u00e9duction des ressources en eau pour les cultures et le b\u00e9tail. Cette situation engendre une instabilit\u00e9 du calendrier agricole et une diminution consid\u00e9rable du p\u00e2turage, provoquant ainsi une sous-alimentation du b\u00e9tail. Ces al\u00e9as provoquent la baisse de la fertilit\u00e9 du sol qui renforce la d\u00e9gradation des sols agraires. Du c\u00f4t\u00e9 du b\u00e9tail, ils induisent des pertes de poids dans les troupeaux, des retards de croissance et une plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux diverses maladies.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La divergence d\u2019appr\u00e9ciation des al\u00e9as climatiques d\u00e9voile le niveau d\u2019ignorance de certain-e-s paysans et paysannes \u00e0 propos du niveau de gravit\u00e9 des changements climatiques dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. Cependant, les populations \u00e9tablissent une relation entre les diff\u00e9rentes transformations environnementales et la baisse de la disponibilit\u00e9 des ressources naturelles, et partant, de la production agropastorale n\u00e9cessaire \u00e0 leur survie.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">La diversification des activit\u00e9s comme strat\u00e9gie de r\u00e9silience<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Longtemps sp\u00e9cialis\u00e9es \u00e0 plein temps dans le travail de la terre et des ruminants, les populations agropastorales s\u2019investissent dor\u00e9navant dans d\u2019autres activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus (tableau 2). \u00c9voluant dans un environnement risqu\u00e9 au sens climatique, les agropasteur-e-s adoptent la diversification des activit\u00e9s dans le but d\u2019att\u00e9nuer les corollaires n\u00e9gatifs des fluctuations du climat (Wane <em>et al.<\/em>, 2010). Cette r\u00e9silience \u00e9conomique vient renforcer et p\u00e9renniser leur mode de vie. Au premier plan des activit\u00e9s d\u2019appoint ou de substitution figure la pratique du commerce (43%) qui est plus prononc\u00e9e dans les zones non \u00e9loign\u00e9es des zones urbaines. Selon un agropasteur commer\u00e7ant \u00e0 Magaldao, le privil\u00e8ge de la pratique du commerce r\u00e9side dans le fait que cette activit\u00e9 ne demande pas une certaine technicit\u00e9 ou des pr\u00e9dispositions sp\u00e9cifiques pour se lancer. Dans la r\u00e9gion du Lac Tchad par contre, la p\u00eache reste une activit\u00e9 majeure pour les populations. Malgr\u00e9 la d\u00e9croissance des ressources halieutiques du lac, les populations de Ngouma-Kribi (61,11%) et ses alentours font des grandes distances sur l\u2019eau \u00e0 la recherche des poissons. Cette activit\u00e9 permet ainsi \u00e0 ces populations d\u2019avoir des revenus suppl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires pour investir dans les campagnes agricoles et\/ou entretenir le b\u00e9tail compte tenu de la rar\u00e9faction des p\u00e2turages due \u00e0 la s\u00e9cheresse et \u00e0 la surexploitation de la ressource pastorale.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il est \u00e0 noter qu\u2019au fur et \u00e0 mesure qu\u2019on assiste \u00e0 une diversification des activit\u00e9s, certain-e-s agropasteur-e-s seront amen\u00e9-e-s \u00e0 remplacer toute leur activit\u00e9 principale par une autre alternative plus lucrative. En tenant compte de ce risque, la pratique de l\u2019agropastoralisme serait donc menac\u00e9e par cette strat\u00e9gie de diversification. Cependant, l\u2019importance socioculturelle du b\u0153uf peut agir sur bon nombre d\u2019agropasteur-e-s, les contraignant ainsi \u00e0 perp\u00e9tuer l\u2019agropastoralisme.<\/p>\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\">\n<caption>Tableau 2. Les activit\u00e9s secondaires pratiqu\u00e9es par les agropasteur-e-s (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<th style=\"width: 20%\">Activit\u00e9s secondaires<\/th>\n<th style=\"width: 20%\">Commerce<\/th>\n<th style=\"width: 20%\">Artisanat<\/th>\n<th style=\"width: 20%\">P\u00eache<\/th>\n<th style=\"width: 20%\">Prestation de services<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\"><em>Localit\u00e9s<\/em><\/td>\n<td style=\"width: 20%\" colspan=\"4\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\">Meskine<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">58,82<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">14,71<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">0,00<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">26,47<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\">Kolara<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">35,71<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">25,00<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">7,14<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">32,14<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\">Magaldao<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">52,5<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">7,50<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">15,0<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">25,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\">Ngouma-Kribi<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">22,22<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">11,11<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">61,11<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">5,55<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 20%\">Zama\u00ef<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">50,00<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">23,08<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">3,85<\/td>\n<td style=\"width: 20%\">23,08<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3 style=\"text-align: left\">Le b\u0153uf, un des leviers du mode de vie des agropasteur-e-s<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Constituant une valeur socio\u00e9conomique consid\u00e9rable, le b\u0153uf reste un pilier du mode de production agropastorale dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun. La fertilit\u00e9 des champs repose sur le b\u00e9tail qui, lors du passage sur les parcelles agricoles, d\u00e9pose leur d\u00e9jection utile \u00e0 la reconstitution de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du sol d\u00e9j\u00e0 d\u00e9grad\u00e9 sous l\u2019effet de la carence d\u2019eau de pluie et de la s\u00e9cheresse. Form\u00e9 presque essentiellement de la race <em>kouri<\/em>, le cheptel pr\u00e9sent dans le Lac Tchad souffre du r\u00e9tr\u00e9cissement spectaculaire<a class=\"footnote\" title=\"Le lac a perdu 90% de sa superficie d\u2019avant (Sylvestre, 2014). D\u2019environ 24 000 km\u00b2 dans les ann\u00e9es 1960, elle oscille de nos jours entre 2000 et 1700 km2.\" id=\"return-footnote-5-8\" href=\"#footnote-5-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a> de cette \u00e9tendue d\u2019eau. En effet, cette race de b\u0153uf, qu\u2019on ne retrouve que dans le Lac Tchad et nulle part ailleurs, s\u2019est accommod\u00e9e \u00e0 vivre dans des zones immerg\u00e9es. P\u00e2turer dans les eaux du lac constitue le mode de vie du b\u0153uf <em>kouri<\/em>, lequel se d\u00e9t\u00e9riore peu \u00e0 peu avec la r\u00e9gression du lac. Les paysans et paysannes assurent s\u2019adapter \u00e0 cette situation en faisant recours au croisement g\u00e9n\u00e9tique des esp\u00e8ces <em>kouri <\/em>avec d\u2019autres races plus r\u00e9sistantes \u00e0 l\u2019aridit\u00e9 de la zone.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La domination des petites exploitations pastorales (de moins de 20 bovins) t\u00e9moigne de l\u2019adaptabilit\u00e9 de ces acteurs et actrices. En effet, pour faire face aux al\u00e9as climatiques, certain-e-s paysans paysannes c\u00e8dent leur patrimoine bovin contre des aliments n\u00e9cessaires \u00e0 la survie du m\u00e9nage en p\u00e9riode de disette. Dans certaines localit\u00e9s (Zama\u00ef et Meskine en l&rsquo;occurrence) la vente de quelques ruminants facilite l\u2019acquisition des parcelles agricoles ainsi que des nouveaux intrants. En outre, certain-e-s paysans et paysannes ont sp\u00e9cialis\u00e9 leurs troupeaux au service de traction animale pour des tiers en contrepartie d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration variable selon la structure et la surface de la parcelle \u00e0 labourer.<\/p>\n<table style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\">\n<caption>Tableau 3. La distribution du cheptel bovin (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<th style=\"width: 16.6667%\">Localit\u00e9s<\/th>\n<th style=\"width: 16.6667%\">Taille du cheptel<\/th>\n<th style=\"width: 16.6667%\">&lt; 10<\/th>\n<th style=\"width: 16.6667%\">[10 \u2013 20 [<\/th>\n<th style=\"width: 16.6667%\">[20 \u2013 30 [<\/th>\n<th style=\"width: 16.6667%\">&gt; 30<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667%\">Meskine<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">29,41<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">52,94<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">11,76<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">5,89<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667%\">Kolara<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">28,57<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">46,43<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">7,14<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">17,86<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667%\">Magaldao<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">22,50<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">47,50<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">10,00<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">20,00<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667%\">Ngouma-Kribi<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">41,67<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">27,78<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">13,89<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">16,67<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 16.6667%\">Zama\u00ef<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">42,31<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">19,23<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">23,08<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\">15,38<\/td>\n<td style=\"width: 16.6667%\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3 style=\"text-align: left\">Des parcelles agricoles en extension malgr\u00e9 la domination des petites exploitations<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019importance des parcelles de moins d\u2019un hectare montre la pr\u00e9dominance des exploitations domestiques (familiales) dont la production est pour la plupart dirig\u00e9e vers l\u2019autoconsommation. Dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, le champ constitue le socle de vie tant pour le paysan ou la paysanne que pour le b\u00e9tail. Il ou elle tire des revenus et des aliments en cultivant une parcelle agricole. Le b\u00e9tail \u00e0 son tour b\u00e9n\u00e9ficiera des r\u00e9sidus de la r\u00e9colte pour son alimentation. De plus, la m\u00e9thode consistant \u00e0 faire pa\u00eetre le b\u00e9tail dans le champ post-r\u00e9colte permet d\u2019assurer un transfert des \u00e9l\u00e9ments fertilisants constitu\u00e9s dans les bouses de b\u0153uf. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un m\u00e9canisme d\u2019interd\u00e9pendance entre l\u2019\u00e9levage et l\u2019agriculture : une strat\u00e9gie gagnante. En effet, cette m\u00e9thode permet de conserver la fertilit\u00e9 naturelle des champs tout en nourrissant le b\u00e9tail. De plus, \u00e0 terme, cette pratique induit un gain \u00e9gal au montant des fertilisants chimiques cens\u00e9s \u00eatre utilis\u00e9s dans les champs. Ainsi, cette \u00e9pargne r\u00e9alis\u00e9e va \u00eatre r\u00e9investie dans les activit\u00e9s agropastorales du m\u00e9nage. Cette technique fait partie des savoirs endog\u00e8nes sur lesquels les paysans et les paysannes capitalisent pour renforcer leur r\u00e9silience face au changement climatique.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Avec les \u00e9pisodes de s\u00e9cheresse sporadiques, les \u00e9cosyst\u00e8mes des sols se sont d\u00e9grad\u00e9s et ne peuvent plus jouer leur r\u00f4le de catalyseur de vie microbienne. Pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer cette vie, les populations pratiquent la polyculture en lieu et place de la monoculture ax\u00e9e sur une seule sp\u00e9culation. La diversification des cultures permet \u00e0 la terre de rena\u00eetre gr\u00e2ce aux micronutriments qu\u2019apportent les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de culture (Badolo, 2008). Cette technique permet aussi de minimiser la prolif\u00e9ration des maladies culturales.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il est \u00e0 noter que la technique de la jach\u00e8re n\u2019est pas adopt\u00e9e dans la majorit\u00e9 des localit\u00e9s. Les paysans et paysannes ne faisant pas recours \u00e0 cette technique soutiennent qu\u2019une terre mise en jach\u00e8re constitue une perte \u00e9conomique consid\u00e9rable surtout pour ceux et celles qui ne disposent que des parcelles r\u00e9duites et souvent uniques. Cependant, on note l\u2019utilisation de la technique des digues qui permet de r\u00e9duire le ruissellement des eaux de pluie et accro\u00eet la fertilit\u00e9 du sol.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En r\u00e9ponse \u00e0 la rar\u00e9faction de la ressource en eau, les paysans et paysannes construisent des retenues d\u2019eau commun\u00e9ment appel\u00e9es <em>okolor\u00e9 <\/em>(en langue peule). En fait, l\u2019<em>okolor\u00e9<\/em> permet de stocker une grande quantit\u00e9 d\u2019eau pouvant servir en saison s\u00e8che. C\u2019est \u00e9galement un lieu d\u2019abreuvage du b\u00e9tail et\/ou d\u2019irrigation lors du repiquage du mil de contre-saison. Afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire du m\u00e9nage, les populations construisent des greniers pour stocker une partie des c\u00e9r\u00e9ales r\u00e9colt\u00e9es qui peuvent \u00eatre consomm\u00e9es (ou vendues) en p\u00e9riode de soudure.<\/p>\n<table class=\"aligncenter\" style=\"border-collapse: collapse;width: 100%\">\n<caption>Tableau 4. Distribution des parcelles enqu\u00eat\u00e9es (en %; source : enqu\u00eate de terrain, avril 2018)<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Localit\u00e9s<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Surface cultiv\u00e9e<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">&lt; 0,5 ha<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">[0,5 \u2013 1 [<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">[1 \u2013 2 [<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">[2 \u2013 4 [<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">&gt; 4 ha<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Meskine<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,24<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">29,41<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">17,65<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,76<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">2,94<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Kolara<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">35,71<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">28,57<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">14,29<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">7,14<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">10,71<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Magaldao<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">42,50<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">30,00<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">17,50<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">0,00<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">10,00<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Ngouma-Kribi<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">41,66<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,89<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,11<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">8,33<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">0,00<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 14.2857%\">Zama\u00ef<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">34,62<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">38,46<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,54<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">3,85<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\">11,54<\/td>\n<td style=\"width: 14.2857%\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cherchant diverses initiatives pour s\u2019adapter aux al\u00e9as climatiques, certaines populations se lancent dans des activit\u00e9, renforcent le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique. Au premier plan de ces activit\u00e9s, on note la d\u00e9forestation prononc\u00e9e dans certaines zones \u00e0 l\u2019instar de la r\u00e9serve foresti\u00e8re de Zama\u00ef, de Magaldao et du parc national de Waza. La demande croissance du bois-\u00e9nergie conduit les paysans et les paysannes \u00e0 se lancer dans la coupe du bois de chauffe (et la production du charbon). Les revenus de cette activit\u00e9 (polluante) restent n\u00e9cessaires \u00e0 la survie du m\u00e9nage pendant la saison s\u00e8che, en t\u00e9moigne un paysan de Zama\u00ef. Malgr\u00e9 l\u2019existence des gardes forestiers\/foresti\u00e8res et des parcs, la d\u00e9forestation s\u2019accro\u00eet et favorise l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert, surtout dans les zones autour du Lac Tchad.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En plus de la d\u00e9forestation, plusieurs paysan-e-s emploient de fa\u00e7on croissante les engrais chimiques pour renforcer le d\u00e9veloppement des cultures. Cette surutilisation des engrais polluants pr\u00e9sente d\u2019\u00e9normes dangers tant pour la sant\u00e9 de l\u2019agriculteur ou de l\u2019agricultrice que pour l\u2019environnement tout entier.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Pouvoirs publics et partenaires au d\u00e9veloppement: une coop\u00e9ration gagnante pour le secteur agropastoral?<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Depuis les ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance, diverses initiatives publiques ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre pour assurer le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture, de l\u2019\u00e9levage ainsi que de l\u2019agropastoralisme.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La diffusion de la pratique de l\u2019agropastoralisme dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun constitue l\u2019\u0153uvre d\u2019un projet agropastoral<a class=\"footnote\" title=\"Projet de Mindif-Moulvoudaye, en partenariat avec l\u2019agence de coop\u00e9ration am\u00e9ricaine (USAID: United State Agency for International Development), a dur\u00e9 de cinq ans (de 1980 \u00e0 1985).\" id=\"return-footnote-5-9\" href=\"#footnote-5-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a> r\u00e9alis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980. Cette vulgarisation a inscrit les paysan-e-s agropasteur-e-s dans la gestion durable des p\u00e2turages. La rationalisation de l\u2019usage de cette ressource met en \u00e9vidence le caract\u00e8re r\u00e9silient de la pratique de l\u2019agropastoralisme. La volont\u00e9 de stimuler l\u2019essor du secteur agropastoral s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e dans les ann\u00e9es 2000 \u00e0 travers des initiatives de facilitation des d\u00e9bouch\u00e9s et d\u2019acc\u00e8s aux microcr\u00e9dits. Ces appuis ont permis l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9 de certaines exploitations agropastorales \u00e0 travers des dispositifs d\u2019appui-conseil. Dans le souci de renforcer la r\u00e9silience structurelle du syst\u00e8me agropastoral, l\u2019accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la professionnalisation des exploitations. Cependant, toutes les exploitations n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des diff\u00e9rentes opportunit\u00e9s qu\u2019offrent les initiatives publiques. En effet, l\u2019existence des crit\u00e8res d\u2019enr\u00f4lement des agropasteur-e-s dans ces projets conduit \u00e0 l\u2019exclusion d\u2019un nombre important. De plus, il appara\u00eet qu\u2019apr\u00e8s la r\u00e9alisation d\u2019un projet, les paysan-e-s se concurrencent sur la ma\u00eetrise des ressources strat\u00e9giques que sont l\u2019eau et le p\u00e2turage. Cet \u00e9tat de choses g\u00e9n\u00e8re des conflits entre les paysan-e-s et menace ainsi le vivre-ensemble des communaut\u00e9s. Les politiques appliqu\u00e9es ont produit des r\u00e9sultats mitig\u00e9s (Watang, 2015) qui ne renforcent pas la r\u00e9silience des agropasteur-e-s.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne du changement climatique global devient de plus en plus mena\u00e7ant et expose les communaut\u00e9s sah\u00e9liennes \u00e0 d\u2019importants d\u00e9fis. Dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun, la variabilit\u00e9 climatique d\u00e9t\u00e9riore les activit\u00e9s agropastorales qui constituent le levier de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans cette contr\u00e9e. Les cons\u00e9quences de cette variabilit\u00e9 du climat sont d\u2019abord environnementales, avec une multiplication des \u00e9v\u00e8nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, mais aussi, et surtout, socio-\u00e9conomiques. Les effets du changement climatique coupl\u00e9s \u00e0 la paup\u00e9risation des m\u00e9nages (en majorit\u00e9 agropastoraux) installent une d\u00e9gradation du cadre et des conditions de vie des populations. Sachant que la pr\u00e9carit\u00e9 est une source d\u2019innovation (Favreau et Fall, 2007), les initiatives tant endog\u00e8nes que publiques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es pour permettre aux communaut\u00e9s agropastorales de mieux s\u2019adapter aux d\u00e9fis climatiques et, par le m\u00eame, assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des m\u00e9nages.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En int\u00e9grant les savoirs locaux comme strat\u00e9gie de r\u00e9silience (Sehoueto, 1996), les populations ont inscrit la pratique de l\u2019agropastoralisme dans la dur\u00e9e. En effet, le recours \u00e0 l\u2019agropastoralisme constitue d\u00e9j\u00e0 une strat\u00e9gie de survie (Bonfiglioli, 1992) pour les \u00e9leveurs et \u00e9leveuses. Au fil du temps et au fur et \u00e0 mesure que les ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques s\u2019accentuent, cette strat\u00e9gie de survie se trouve de plus en plus menac\u00e9e. Cependant, les techniques adopt\u00e9es, \u00e0 l\u2019instar du m\u00e9canisme d\u2019interd\u00e9pendance du champ au b\u00e9tail, produisent une double rentabilit\u00e9 pour le paysan ou la paysanne tant au niveau \u00e9conomique qu\u2019au niveau \u00e9cologique.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour renforcer la r\u00e9silience locale des populations, les projets de d\u00e9veloppement men\u00e9s par l\u2019\u00c9tat et ses diff\u00e9rents partenaires ont permis de mettre en place des actions d\u2019am\u00e9lioration de tous les syst\u00e8mes agropastoraux. Cependant, certaines de ces initiatives n\u2019ont pas atteint les objectifs escompt\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de l\u2019adaptabilit\u00e9 de l\u2019agropastoralisme aux al\u00e9as climatiques, il faut relever l\u2019apparition des conflits communautaires suite aux m\u00e9sententes dans la gestion des ressources naturelles (en occurrence les p\u00e2turages et la ressource en eau). En outre, il appara\u00eet que certaines actions de r\u00e9silience des populations contribuent au changement climatique. Ainsi, il devient urgent d\u2019inscrire toutes les actions de r\u00e9silience sous le prisme d\u2019un agropastoralisme durable qui int\u00e8gre l\u2019approche agro\u00e9cologique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Anougue Tonfack, Bernadine F., Betguiro Ngwaibo, Felix, Haiwe, Bertrand Roger, Nwowe Wanfeo, Tchokolva, Pierre et Wadai, Dominique. 2013. <em>Rapport de l\u2019\u00e9tude sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des communes de la r\u00e9gion de l\u2019extr\u00eame nord aux effets du changement climatique<\/em>. Maroua : GIZ.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Badolo, Mathieu. 2008. Indications sur les incidences potentielles des changements climatiques sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au Sahel. <em>Cahiers des changements climatiques<\/em>, <em>6<\/em>, 9 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonfiglioli, Angelo Maliki. 1992. L\u2019agropastoralisme au Tchad comme strat\u00e9gie de survie. <em>Les dimensions sociales de l\u2019ajustement en Afrique subsaharienne<\/em> (Document de travail), <em>11<\/em>. Banque Mondiale.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bonnet, Bernard et Guibert, Bertrand. 2014. Strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux vuln\u00e9rabilit\u00e9s du pastoralisme. <em>Afrique contemporaine<\/em>, <em>249<\/em>, 37-51.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brown, Oli, Hammill, Anne et Mcleman Robert. 2007. Climate change as the \u2018\u2018new\u2019\u2019 security threat: implications for Africa. <em>International Affairs<\/em>, <em>83<\/em> (6), 1141-1154.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">CCNUCC. 1992. <em>Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques <\/em>(<em>D<\/em>ocument FCCC\/INFORMAL\/84).<br \/>\n<a href=\"http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf&amp;source=gmail&amp;ust=1571136591829000&amp;usg=AFQjCNH-q46tYYLAbPbBzvkzDAVRW8UCbw\">http:\/\/unfccc.int\/resource\/docs\/convkp\/convfr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Coulet, No\u00ebl et Coste, Pierre. 1994. Que sait-on des origines de la transhumance en Provence?. Dans J-C Duclos et A., Pitte (dir.), <em>L\u2019Homme et le mouton dans l\u2019espace de la transhumance<\/em> (p. 65-70). Grenoble : Mus\u00e9e dauphinois et Gl\u00e9nat.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">CSAO\/OCDE. 2008. <em>Climat, changements climatiques et pratiques agro-pastorales en zone sah\u00e9lienne <\/em>(synth\u00e8se p\u00e9riodique).<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.fao.org\/nr\/clim\/docs\/clim_080901_fr.pdf\">http:\/\/www.fao.org\/nr\/clim\/docs\/clim_080901_fr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">DFID. 2011. <em>Defining Disaster Resilience: A DFID approach paper (D\u00e9finition de la r\u00e9silience aux catastrophes: document d\u2019approche du DFID)<\/em>. Royaume-Uni : Londres.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/assets.publishing.service.gov.uk\/government\/uploads\/system\/uploads\/attachment_data\/file\/186874\/defining-disaster-resilience-approach-paper.pdf\">https:\/\/assets.publishing.service.gov.uk\/government\/uploads\/system\/uploads\/attachment_data\/file\/186874\/defining-disaster-resilience-approach-paper.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Favreau, Louis et Abdou Salam, Fall (dir.). 2007. <em>L\u2019Afrique qui se refait. Initiatives socio\u00e9conomiques des communaut\u00e9s et d\u00e9veloppement en Afrique noire<\/em>. Qu\u00e9bec : Presses Universitaires du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Eriksen, John H., Swanson, Richard, Russel, Johon T. et Daffe, Mamadou. 1984. <em>Rapport d&rsquo;\u00e9valuation du projet de d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9levage et de l&rsquo;agriculture du Nord-Cameroun<\/em> (Projet USAID 631-0004). New-York : Ithaca.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">GIEC. 2007. <em>Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au quatri\u00e8me rapport d\u2019\u00e9valuation du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat<\/em>. Gen\u00e8ve : GIEC.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gonn\u00e9, Bernard, Sougnabe Pabame et Ngana, Felix. 2010. Le champ et le b\u0153uf en savane d\u2019Afrique centrale compl\u00e9mentarit\u00e9, antagonisme ou int\u00e9gration?. Dans L. Seiny-Boukar et P. Boumard, <em>Savanes africaines en d\u00e9veloppement: innover pour durer<\/em>. Garoua: Cirad, 8 p. cirad-00472011<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hellendorff, Bruno. 2012. <em>Changement climatique et conflits agro-pastoraux au Sahel<\/em>, (Note d\u2019analyse du GRIP, 2 octobre). Bruxelles.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">INS, ECAM. 2014. <em>Quatri\u00e8me enqu\u00eate camerounaise aupr\u00e8s des m\u00e9nages 4. Tendances, profils et d\u00e9terminants de la pauvret\u00e9 au Cameroun entre 2001 et 2014<\/em>. Yaound\u00e9 : Institut National de la Statistique.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">IPCC. 2007. <em>Climate Change 2007: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change <\/em>(M.L. Parry, O.F. Canziani, J.P. Palutikof, P.J. van der Linden and C.E. Hanson, Eds.). Cambridge: Cambridge University Press.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/archive.ipcc.ch\/publications_and_data\/publications_ipcc_fourth_assessment_report_wg2_report_impacts_adaptation_and_vulnerability.htm\">https:\/\/archive.ipcc.ch\/publications_and_data\/publications_ipcc_fourth_assessment_report_wg2_report_impacts_adaptation_and_vulnerability.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kintz, Dani\u00e8le. 1982. Pastoralisme? Agropastoralisme et organisation fonci\u00e8re: le cas des Peuls. Dans E. Le Bris, E. Le Roy et Leimdorfer (dir.), <em>Enjeux fonciers en Afrique noire<\/em> (p. 212-217). Paris : Orstom-Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINADER. 2014. <em>Le MINADER en Chiffres<\/em>. Yaound\u00e9 : MINADER.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINEPIA, EPA. 2014. <em>Enqu\u00eate Pastorale Annuelle 2014<\/em> (Rapport principal). Yaound\u00e9 : MINEPIA.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nkomwa, Emmanuel Charles, Kalanda, Joshua Miriam, Ngongondo, Cosmo, Monjerezi, Maurice, Chipungu, Felistus. 2014. Assessing indigenous knowledge systems and climate change adaptation strategies in agriculture : A case study of Chagaka Village, Chikhwawa, Southern Malawi. <em>Physics and Chemistry of the Earth<\/em>, <em>Parts A\/B\/C<\/em>, <em>67-69<\/em>, 164-172.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Nori, Mich\u00e8le, Taylor, Michael et Sensi, Alessandra. 2008. <em>Droits pastoraux, modes de vie et adaptation au changement climatique<\/em> (Document de travail de l\u2019IMDP). Nairobi.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ou\u00e9draogo, Mathieu, Demb\u00e9l\u00e9 Youssouf et Som\u00e9, L\u00e9opold. 2010. Perceptions et strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements des pr\u00e9cipitations: cas des paysans du Burkina Faso. <em>Science et Changements plan\u00e9taires\/S\u00e9cheresse<\/em>, 21 (2), 87-96.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rang\u00e9, Charline. 2018. <em>Ins\u00e9curit\u00e9s dans la r\u00e9gion du lac tchad. O\u00f9 en est le pastoralisme et comment penser son d\u00e9veloppement<\/em> (Document d\u2019orientation). FAO-CIRAD.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambo, Armel. 2018. Acc\u00e8s \u00e0 la terre et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire: cas des femmes rurales de l\u2019Extr\u00eame Nord du Cameroun (1972-2014). Dans N. Kossoumna Liba\u2019a et C. Dili Pala\u00ef (dir.), <em>Genre, savoirs et dynamiques de d\u00e9veloppement au Cameroun. Pour une valorisation des potentialit\u00e9s locales<\/em> (p. 83-100). Yaound\u00e9 : \u00c9ditions du Schabel.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambo, Armel. 2014. Vulgarisation des savoirs locaux agricoles comme strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame Nord du Cameroun. <em>Science et technique, Lettres, Sciences sociales et humaines<\/em>, <em>num\u00e9ro sp\u00e9cial 1<\/em>, 173-185.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Seignobos, Christian et Iy\u00e9bi Mandjek, Olivier (dir.). 2000. <em>Atlas de la Province de l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun<\/em>. Paris : MINREST\/INC\/IRD.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sehoueto, Lazare Maurice. 1996. <em>Savoirs locaux ou savoirs localis\u00e9s? La production et la diffusion des savoirs agricoles paysans au B\u00e9nin : \u00e9l\u00e9ments empiriques pour une anthropologie sociale des savoirs \u00ab locaux \u00bb<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 libre de Berlin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sidib\u00e9, Samba Amadou. 2001. Impact \u00e9conomique des maladies animales sur l&rsquo;\u00e9levage en Afrique Subsaharienne. Dans les <em>Actes du s\u00e9minaire sur l\u2019utilisation des m\u00e9dicaments v\u00e9t\u00e9rinaires en Afrique Subsaharienne<\/em>, 6 au 9 f\u00e9vrier (p.\u00a018-28). Dakar: EISMV.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tour\u00e9, Ibra <em>et al<\/em>. 2017. <em>Analyse de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique et environnementale des syst\u00e8mes agropastoraux dans le centre ouest du Tchad<\/em> (Rapport final, mai 2017). CIRAD-FIDA.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Wane, Abdrahmane, Ancey, V\u00e9ronique, Toure, Ibra, K\u00e2, Ndiob\u00e8ne Samba et Diao-Camara, Astou (2010). L\u2019\u00e9conomie pastorale face aux incertitudes. Le salariat au Ferlo (Sahel s\u00e9n\u00e9galais). <em>Cahiers Agricultures<\/em>, <em>19<\/em> (5), 359-365. DOI: 10.1684\/agr.2010.0427<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Watang Zi\u00e9ba, F\u00e9lix. 2015. Les enjeux de la prise en compte des changements climatiques dans les politiques de d\u00e9veloppement rural dans la r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord Cameroun. <em>Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du Codesria<\/em>,<em> 14<\/em>.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.codesria.org\/IMG\/pdf\/felix_watang_zieba_les_enjeux_de_la_prise_en_compte_des_changements_climatiques_dans_les_politiques_de_developpement_rural_dans_la_region_de_l_extreme-nord_cameroun.pdf\">http:\/\/www.codesria.org\/IMG\/pdf\/felix_watang_zieba_les_enjeux_de_la_prise_en_compte_des_changements_climatiques_dans_les_politiques_de_developpement_rural_dans_la_region_de_l_extreme-nord_cameroun.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Watang Zi\u00e9ba, F\u00e9lix et Ganota, Boniface. 2011. Territoires agropastoraux et acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau en milieu sah\u00e9lien camerounais. Dans I.\u00a0O.\u00a0Alfaroukh, N.\u00a0Avella, P.\u00a0Grimaud (dir.), <em>La politique sectorielle du pastoralisme au Tchad : Quelles orientations? Actes du colloque national<\/em> (p. 107-113). N\u2019Djam\u00e9na : Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9levage et des ressources animales.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/abdou-raman-mamoudou\">Abdou-Raman MAMOUDOU<\/a><\/strong><br \/>Natif de Maroua dans l\u2019Extr\u00eame-Nord Cameroun, Abdou-Raman Mamoudou est ing\u00e9nieur en sciences sociales pour le d\u00e9veloppement. Il est, depuis 2018, en charge du marketing social pour le compte du PROJET CH\u00c8QUE SANT\u00c9 dans la r\u00e9gion du Nord. Tr\u00e8s passionn\u00e9 des th\u00e9matiques du d\u00e9veloppement durable des pays des Suds, l\u2019auteur ach\u00e8ve actuellement une formation de master 2 en \u00c9conomie Appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Maroua. Il poursuit ses recherches dans le domaine de l\u2019environnement, de l\u2019agriculture durable et leurs domaines connexes.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-5-1\">Le Groupe d\u2019expert-e-s Intergouvernemental sur l\u2019\u00c9volution du Climat (GIEC) ou la variante anglaise IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) est un organe des Nations Unies cr\u00e9\u00e9 en 1988 afin d\u2019\u00e9tudier, collecter et d\u2019\u00e9valuer impartialement les donn\u00e9es du changement climatique et ses incidences dans le monde. Il est compos\u00e9 des milliers de scientifiques expert-e-s dans divers domaines. <a href=\"#return-footnote-5-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-2\">Enqu\u00eate Camerounaise aupr\u00e8s des M\u00e9nages r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Institut National de la Statistique (INS). <a href=\"#return-footnote-5-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-3\">Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. <a href=\"#return-footnote-5-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-4\">Department For International Development. <a href=\"#return-footnote-5-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-5\">Le Club du Sahel et de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CSAO) est une plateforme internationale ind\u00e9pendante; son secr\u00e9tariat est h\u00e9berg\u00e9 au sein de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE). <a href=\"#return-footnote-5-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-6\">Plaine d\u2019inondation commun\u00e9ment appel\u00e9 <em>plaine de Maga<\/em>. <a href=\"#return-footnote-5-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-7\">Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement Rural. <a href=\"#return-footnote-5-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-8\">Le lac a perdu 90% de sa superficie d\u2019avant (Sylvestre, 2014). D\u2019environ 24 000 km\u00b2 dans les ann\u00e9es 1960, elle oscille de nos jours entre 2000 et 1700 km2. <a href=\"#return-footnote-5-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-5-9\">Projet de <em>Mindif-Moulvoudaye<\/em>, en partenariat avec l\u2019agence de coop\u00e9ration am\u00e9ricaine (USAID: United State Agency for International Development), a dur\u00e9 de cinq ans (de 1980 \u00e0 1985). <a href=\"#return-footnote-5-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":18,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"Analyse des strat\u00e9gies locales de r\u00e9silience dans l\u2019Extr\u00eame-Nord du Cameroun","pb_authors":["abdou-raman-mamoudou"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[47],"contributor":[66],"license":[],"class_list":["post-5","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-agropastoralisme","motscles-changement-climatique","motscles-extreme-nord-du-cameroun","motscles-resilience","keywords-agropastoralism","keywords-climate-change","keywords-far-north-cameroon","keywords-resilience","motscles-autre-agropastoralisme","motscles-autre-boftinol","motscles-autre-seatto-woyla-kamerun","motscles-autre-waylaago-wakkati","chapter-type-standard","contributor-abdou-raman-mamoudou"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/5","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":39,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/5\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1008,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/5\/revisions\/1008"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/5\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=5"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=5"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=5"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}