{"id":645,"date":"2021-04-05T07:57:44","date_gmt":"2021-04-05T05:57:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=645"},"modified":"2025-01-03T07:05:52","modified_gmt":"2025-01-03T06:05:52","slug":"sarr2021","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/sarr2021\/","title":{"rendered":"L\u2019Afrique aussi et encore r\u00e9ifi\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019environnement"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique, n\u2019\u00e9tant actuellement responsable que de 3,8 % des \u00e9missions de Gaz \u00e0 effet de serre (GES) dans le monde, est pourtant la r\u00e9gion la plus vuln\u00e9rable aux effets du changement climatique si bien que son d\u00e9veloppement en est tr\u00e8s affect\u00e9 (Diop, 2015). Le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019<em>El ni\u00f1o <\/em>est \u00e0 ce titre une illustration de l\u2019effet papillon proc\u00e9dant d\u2019une impr\u00e9visibilit\u00e9 dans le globe terrestre, mais prouvant comment les \u00e9cosyst\u00e8mes sont li\u00e9s et les espaces interconnect\u00e9s. Les pays africains, du sud du Sahara notamment, subissent de plein fouet les effets d\u00e9vastateurs de la s\u00e9cheresse, des inondations, des \u00e9rosions c\u00f4ti\u00e8res, des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames, etc. Avec des structures politiques sous r\u00e9gime d\u2019aide (Lavigne Delville, 2016), une ali\u00e9nation culturelle (Diop, 1981) et des mod\u00e8les \u00e9conomiques extravertis (Kass\u00e9 et Ben Hammouda, 2002), l\u2019environnement se r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu comme un domaine de r\u00e9ification de plus.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si la gouvernance mondiale de l\u2019environnement est situ\u00e9e dans le temps mondial des ann\u00e9es 1970, avec notamment le rapport Meadows, le premier Choc p\u00e9trolier, le premier sommet de la Terre \u00e0 Stockholm et la s\u00e9cheresse du Sahel, le r\u00e9gime historique de la colonisation datant de 1492 polarise cet ordre environnemental. D\u2019ailleurs, Amin (1993, 1988) situe l\u2019eurocentrisme \u00e0 cette date charni\u00e8re et montre comment l\u2019id\u00e9ologie du capital persiste. En effet, le premier moment qui \u00e9mane de la suppos\u00e9e d\u00e9couverte de l\u2019Am\u00e9rique est une <em>intrusion<\/em> en ce sens qu\u2019elle d\u00e9structure les cultures am\u00e9rindiennes en s\u2019appropriant leurs richesses et ressources naturelles sous le fallacieux pr\u00e9texte de leur \u00ab\u00a0apporter Dieu\u00a0\u00bb, alors que le deuxi\u00e8me moment est fait d\u2019<em>injonctions<\/em> en cr\u00e9ant une gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui s\u2019illustre d\u00e9sormais \u00e0 travers la <em>Conference of Parties<\/em> (COP) qui r\u00e9git les n\u00e9gociations internationales sur le climat. Ce cheminement, qui est une <em>irruption <\/em>dans les expressions culturelles des peuples autochtones, signifie simultan\u00e9ment une <em>incursion<\/em> dans les modes de gestion des ressources naturelles au niveau local. Il participe ensuite \u00e0 d\u00e9finir un statut de l\u2019environnement en Afrique par la traite n\u00e9gri\u00e8re qui restructure l\u2019utilisation de la force.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que l\u2019environnement appara\u00eet progressivement comme un instrument de plus dans la r\u00e9ification du continent, comme c\u2019est le cas dans les domaines \u00e9conomique, politique et culturel. Il semble bien que le domaine environnemental soit le plus ancien, \u00e9tant le lit naturel de ces domaines plus connus. L\u2019environnement a d\u00e8s lors motiv\u00e9 les exp\u00e9ditions et explorations du continent europ\u00e9en vers ce qu\u2019il a appel\u00e9 le \u00ab\u00a0nouveau monde\u00a0\u00bb. Les r\u00e9cents travaux de Ferdinand (2019) sur l\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale et Blanc (2020) sur le \u00ab\u00a0colonialisme\u00a0vert\u00a0\u00bb montrent, de part et d\u2019autre, les liaisons dangereuses entre colonisation et destruction de l\u2019environnement sous l\u2019apparence, somme toute, de sauveur de la Nature par l\u2019Occident. La nouvelle \u00e8re g\u00e9ologique qualifi\u00e9e d\u2019\u00ab\u00a0Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb par Crutzen (2002)[footnote]Paul Joseph Crutzen, prix Nobel de Chimie en 1995, a propos\u00e9 d\u2019appeler notre \u00e8re g\u00e9ologique l\u2019Anthropoc\u00e8ne et d\u2019en marquer le d\u00e9but en l\u2019an 1784, date du d\u00e9p\u00f4t du brevet de la machine \u00e0 vapeur par James Watt, indiqu\u00e9 comme le d\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle. Pour d\u2019autres chercheurs et chercheuses, la modification du biotope par l\u2019activit\u00e9 humaine date de bien avant, elle pourrait m\u00eame remonter au pal\u00e9olithique.[\/footnote] rel\u00e8verait d\u2019un eurocentrisme qui propage une mani\u00e8re unilat\u00e9rale d\u2019user des ressources naturelles. Or, le rapport \u00e0 l\u2019environnement est v\u00e9cu diff\u00e9remment selon les ontologies des soci\u00e9t\u00e9s humaines. Ainsi, nous tenterons d\u2019analyse les rep\u00e8res de voie de passage de la commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale \u00e0 la \u00ab\u00a0co-motion\u00a0\u00bb sociale-\u00e9cologique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette situation entra\u00eene des cons\u00e9quences\u00a0au rang desquelles une imposition de la culture n\u00e9olib\u00e9rale dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, un d\u00e9ni de la diversit\u00e9 culturelle, une m\u00e9connaissance des rapports de l\u2019humain et du non-humain, une pr\u00e9carit\u00e9 du vivant, une ignorance de l\u2019impr\u00e9dictibilit\u00e9 des syst\u00e8mes socio-\u00e9cologiques. Or, l\u2019environnement est un bien indivis, socialement construit et repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 travers une culture donn\u00e9e qui le vit et le transforme suivant son historicit\u00e9. Pour ne pas s\u2019\u00e9tonner de l\u2019intrusion de l\u2019environnement dans le d\u00e9bat de la\u00a0commotion coloniale et n\u00e9olib\u00e9rale, il suffit juste de voir que les ressources naturelles qui peuplent l\u2019environnement servent de mati\u00e8res premi\u00e8res aux activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques. Le lien est alors \u00e9tabli entre les enjeux \u00e9conomiques et les d\u00e9fis \u00e9cologiques. De ce point de vue, on peut retenir, ne serait-ce qu\u2019\u00e0 titre d\u2019hypoth\u00e8se de travail, que la r\u00e9gulation \u00e9conomique internationale a des connexions avec la gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui demeure sous l\u2019emprise du syst\u00e8me-monde. En Afrique, les industries extractives et la monoculture d\u00e9gradent, appauvrissent les sols et augmentent l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire avec la disparition d\u2019une agriculture vivri\u00e8re fid\u00e8le \u00e0 des pratiques qualifi\u00e9es d\u2019agro\u00e9cologiques. D\u2019ailleurs, l\u2019expropriation fonci\u00e8re et le <em>land grabbing<\/em> prennent des proportions de plus en plus grandes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Historiquement, en Afrique, le rapport \u00e0 l\u2019environnement n\u2019est pas un rapport instrumental; il est plut\u00f4t un rapport symbiotique, une \u00ab\u00a0ontologie relationnelle\u00a0\u00bb distincte de l\u2019ontologie \u00ab\u00a0dualiste\u00a0\u00bb, relevant de la modernit\u00e9 s\u00e9culaire, capitaliste et lib\u00e9rale (Escobar, 2018). Les communaut\u00e9s tirent une partie de leur substance dans l\u2019environnement comme dans la cosmogonie. Des noms de famille, des rituels, des constructions d\u2019habitation, des am\u00e9nagements paysagers, des activit\u00e9s cycliques, etc. s\u2019inspirent de la nature pour se gaver d\u2019un \u00e9quilibre pr\u00e9venant ou bienveillant. Cette propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas le propre de l\u2019Afrique. D\u2019autres r\u00e9gions du monde, comme l\u2019Am\u00e9rique Latine, les Cara\u00efbes, l\u2019Oc\u00e9anie, etc., s\u2019inscrivent dans ce m\u00eame \u00e9lan vital. La quatri\u00e8me r\u00e9volution industrielle a, cependant, boulevers\u00e9 l\u2019ordre naturel qui conforte la pr\u00e9pond\u00e9rance de l\u2019\u00e9conomie et accepte la dict\u00e9e actuelle du num\u00e9rique. Les prodigieuses transformations survenues depuis l\u2019invention de la machine \u00e0 vapeur de James Watt en 1765 ont fini de red\u00e9finir un certain rapport \u00e0 l\u2019environnement qui trouve ses racines anciennes dans le fameux souhait cart\u00e9sien de \u00ab\u00a0rendre les hommes ma\u00eetres et processeurs de la nature\u00a0\u00bb. Partant, c\u2019est au sein de l\u2019\u00e9cologie (politique) que semble se dessiner les grandes interrogations sur le temps pass\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 et l\u2019avenir de la plan\u00e8te Terre\u00a0: ce qui pose le d\u00e9fi de penser, du vivre-ensemble et d\u2019habiter au\/le monde.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La m\u00e9thodologie consiste en une analyse documentaire critique, mais aussi factuelle et \u00e0 l\u2019emploi de la r\u00e9flexivit\u00e9 qui informe d\u2019une certaine \u00e9pist\u00e9mologie, laquelle privil\u00e9gie le rapport dialogique du soi \u00e0 soi pour percevoir l\u2019expression du sens et le d\u00e9voilement des enjeux d\u2019une part et, d\u2019autre part, d\u2019historiciser la production des savoirs. Cette d\u00e9marche s\u2019appuiera donc sur des \u00e9l\u00e9ments empiriques tir\u00e9s de nos exp\u00e9riences de recherche. Notre cadre\u00a0d\u2019analyse est ancr\u00e9 dans la sociologie de l\u2019environnement et le paradigme r\u00e9aliste des relations internationales. Il concerne \u00e9galement une critique socio-anthropologique du d\u00e9veloppement \u00e0 cause du mythe sans cesse renouvel\u00e9 du progr\u00e8s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous allons voir que l\u2019Afrique est non seulement marginalis\u00e9e dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, mais pour des besoins de conservation des ressources naturelles. Elle accomplit une t\u00e2che-monde qu\u2019elle ne serait la seule \u00e0 faire malgr\u00e9 sa faible participation \u00e0 la pollution industrielle et domestique. Lorsque l\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale et le \u00ab\u00a0colonialisme vert\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8lent comment l\u2019environnement est un volet ignor\u00e9 de la colonisation, c\u2019est que la domination qui y est exerc\u00e9e est entretenue par les logiques \u00e9conomiques d\u2019extraction et de d\u00e9gradation des ressources naturelles. Les cons\u00e9quences, pour le moins disruptives, sont d\u2019une extr\u00eame remise en cause du caract\u00e8re de sujet de l\u2019Afrique. C\u2019est de ce constat que se d\u00e9gagera la port\u00e9e \u00e9pist\u00e9mologique de l\u2019analyse.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Par l\u2019\u00e9conomie, la guerre de l\u2019environnement a d\u00e9j\u00e0 (eu) lieu\u2026 en Afrique<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique est per\u00e7ue et construite de l\u2019ext\u00e9rieur. Son image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e entra\u00eene des cons\u00e9quences sur la place qu\u2019elle occupe dans la globalisation. Si sa marginalisation \u00e9conomique et son rejet politique sont un fait, le domaine de l\u2019environnement informe de la m\u00eame conception qui tend \u00e0 faire du continent un \u00e9ternel objet. C\u2019est ainsi que l\u2019Afrique s\u2019accorde la plupart du temps \u00e0 remplir une t\u00e2che-monde qui profite au temps des puissances occidentales et d\u00e9poss\u00e8de les temps sociaux de ses peuples. Le r\u00e9alisme du syst\u00e8me international n\u2019\u00e9pargne aucun domaine de la vie, pas m\u00eame l\u2019environnement, seul v\u00e9ritable bien commun mondial.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique marginale ou marginalis\u00e9e dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui s\u2019illustre sur le terrain du climat r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 son tour, la centralit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie au sein des grandes institutions intergouvernementales (Fonds mon\u00e9taire international, Banque mondiale, Syst\u00e8me des Nations unies). La division internationale du travail conf\u00e8re souvent une place marginale aux r\u00e9gions subsahariennes qui est justifi\u00e9e par les relents de la colonisation. Cela participe \u00e0 construire un st\u00e9r\u00e9otype n\u00e9gatif qui devient influent lorsqu\u2019une politique doit y \u00eatre appliqu\u00e9e sans une prise en compte de leur originalit\u00e9, de leur potentiel et de leur dynamisme. Bien \u00e9videmment, ces politiques se jouent de cette perception pour tirer leur \u00e9pingle du jeu, mais l\u2019\u00e9tat de leur souverainet\u00e9 d\u00e9j\u00e0 mis en mal se reproduit dans l\u2019environnement. Le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) a, par le pass\u00e9, essuy\u00e9 des critiques. Il lui a \u00e9t\u00e9 notamment reproch\u00e9 sa normativit\u00e9 (Dahan, 2007) et l\u2019infirmation de certaines conclusions (Dubuis, 2010); il en est de m\u00eame de la composition des \u00e9quipes de scientifiques assez europ\u00e9ocentr\u00e9es. Ces p\u00e9rip\u00e9ties furent qualifi\u00e9es de <em>climagate<\/em>. Ainsi, on peut voir comment la probl\u00e9matique du changement climatique appara\u00eet comme un nouveau march\u00e9 du d\u00e9veloppement dans la perspective r\u00e9aliste des relations internationales (Sarr, 2019).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les immenses ressources naturelles pr\u00eat\u00e9es \u00e0 l\u2019Afrique ne permettent pas \u00e0 ses \u00c9tats d\u2019\u00ab\u00a0imposer\u00a0\u00bb leurs prix dans la fourniture des mati\u00e8res premi\u00e8res et la mise en place d\u2019unit\u00e9s de transformation dans ses contr\u00e9es. La plupart des pays connaissent des instabilit\u00e9s politiques chroniques ou vell\u00e9itaires. On peut citer entre autres l\u2019exemple de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, du Gabon, du Burundi, du Cameroun, de la Guin\u00e9e, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Zimbabwe, du Niger, de l\u2019Angola, etc. Bien des ann\u00e9es plus t\u00f4t, Diop (1955) sonnait une \u00ab\u00a0alerte sous les tropiques\u00a0\u00bb d\u2019abord sur les questions d\u2019\u00e9nergies hydraulique, solaire, atomique, thermonucl\u00e9aire, \u00e9olienne, thermique des mers et marr\u00e9e-motrice avant de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 tout autre aspect et domaine concernant le d\u00e9veloppement qui constituent aujourd\u2019hui un enjeu g\u00e9ostrat\u00e9gique. C\u2019est cette ru\u00e9e vers l\u2019Afrique qui demeure active depuis le colonialisme et d\u00e9nonc\u00e9e avec v\u00e9h\u00e9mence par C\u00e9saire (1950) lorsqu\u2019il posa l\u2019\u00e9quation suivant laquelle colonisation \u00e9gale chosification. Et pour la justifier, il mentionne les aspects \u00e9conomiques qui concernent des cultures vivri\u00e8res d\u00e9truites, la sous-alimentation qui s\u2019est install\u00e9e, le d\u00e9veloppement agricole qui a \u00e9t\u00e9 orient\u00e9 selon le seul b\u00e9n\u00e9fice des m\u00e9tropoles, les rafles des produits et des mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 la place des \u00e9conomies naturelles, harmonieuses et viables, des \u00e9conomies d\u00e9sorganis\u00e9es \u00e0 la mesure de l\u2019humain indig\u00e8ne.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Eu \u00e9gard \u00e0 sa marginalisation dans le syst\u00e8me international dans plusieurs domaines, l\u2019Afrique demeure cet espace projet\u00e9 des exp\u00e9rimentations et des t\u00e2ches-monde qui s\u2019accompagnent m\u00eame d\u2019une d\u00e9possession du temps. C\u2019est ainsi que les politiques environnementales ne sont pas sans reproduire le m\u00eame sch\u00e9ma que les politiques \u00e9conomiques qui tendent \u00e0 fabriquer de \u00ab\u00a0bons \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb. Cette perspective prend forme d\u2019autant plus qu\u2019il y a des \u00ab\u00a0fonds verts\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0fonds climat\u00a0\u00bb en circulation pour les administrations et les collectivit\u00e9s territoriales. Ce sont des m\u00e9canismes de l\u2019Organisation des Nations unies (ONU) pour financer les projets d\u2019att\u00e9nuation et d\u2019adaptation au changement climatique. C\u2019est \u00e0 travers la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) que s\u2019op\u00e8re un transfert de fonds des pays d\u00e9velopp\u00e9s aux pays jug\u00e9s les plus vuln\u00e9rables. Projet \u00e9mergent lors de la COP16 \u00e0 Canc\u00fan en 2010, le Fonds pour l\u2019environnement mondial (FEM) est officiellement lanc\u00e9 en 2011 lors de la COP17 \u00e0 Durban et op\u00e9rationnel depuis 2015. L\u2019objectif fix\u00e9 par les \u00c9tats est de mobiliser plus de 100\u00a0milliards de dollars par an entre la signature de l\u2019accord et 2020. Le S\u00e9n\u00e9gal en a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 au titre du Projet FP021 (Projet de gestion des crues urbaines int\u00e9gr\u00e9es au S\u00e9n\u00e9gal) \u00e0 hauteur de 16.8 (USD million) avec l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) comme entit\u00e9 accr\u00e9dit\u00e9e en date du 14 octobre 2016.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Janicot <em>et al<\/em>. (2015, p.\u00a0115) affirment que \u00ab\u00a0La bande sah\u00e9lo-soudanienne, qui s\u2019\u00e9tend du S\u00e9n\u00e9gal jusqu\u2019au Soudan, est point\u00e9e par les experts du GIEC comme une des r\u00e9gions du globe les plus vuln\u00e9rables au changement climatique\u00a0\u00bb. En effet, le cinqui\u00e8me rapport du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) en 2014 fait \u00e9tat des temp\u00e9ratures qui pourraient augmenter de 3 \u00e0 4\u00a0\u00b0C dans le Sahel d\u2019ici la fin du XXIe si\u00e8cle. Gemenne (2011) \u00e9tablit qu\u2019au regard des pr\u00e9visions actuelles, l\u2019Afrique subsaharienne fera partie, avec les petits \u00e9tats insulaires, les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res et delta\u00efques, des zones les plus touch\u00e9es par le changement climatique. En effet, le <em>ND-GAIN Vulnerability Index<\/em> montre que l\u2019Afrique reste la r\u00e9gion la plus expos\u00e9e, et plus particuli\u00e8rement la Bande saharo-sah\u00e9lienne (BSS). Au rang des cons\u00e9quences, nous pouvons citer\u00a0: l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la diminution des ressources hydriques, les probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique, la baisse des rendements agricoles, etc. qui remettent en cause les objectifs de d\u00e9veloppement. L\u2019une des cons\u00e9quences dramatiques observ\u00e9e et qui entre dans la cat\u00e9gorie des plus grands d\u00e9fis pr\u00e9sents et futurs, c\u2019est la migration environnementale. D\u2019ailleurs, Ionesco, Mokhnacheva et Gemenne (2016) ont d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9gion sah\u00e9lienne est le si\u00e8ge du plus grand potentiel au monde de migrations environnementales. Cela \u00e9mane d\u2019un probl\u00e8me beaucoup plus global qui concerne les in\u00e9galit\u00e9s sociales et territoriales. Pourtant, dans une perspective de justice environnementale, les pertes et dommages ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des n\u00e9gociations sur le climat lors de la COP de Varsovie en 2013, de la COP21 de Paris en 2015 et de la COP16 de Marrakech en 2016. Leur prise en compte a d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019adoption du <em>Warsaw International Mechanism for Loss and Damage Associated with Climate Change Impacts<\/em> avec pour mission principale de g\u00e9rer les questions relatives aux pertes et dommages associ\u00e9s aux impacts des changements climatiques \u00e0 long terme dans les pays en d\u00e9veloppement qui sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Sa mise en \u0153uvre est une responsabilit\u00e9 d\u2019un comit\u00e9 ex\u00e9cutif compos\u00e9 d\u2019experts sous l\u2019\u00e9gide de la CCNUCC. Elle s\u2019appuie surtout sur la mobilisation de fonds pour financer des actions de rem\u00e9diation et d\u2019att\u00e9nuation des pertes et dommages surtout chez les communaut\u00e9s pauvres.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La conservation des ressources naturelles ou quand l\u2019Afrique accomplit une t\u00e2che-monde<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9ification de l\u2019Afrique est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 en \u00e9conomie. On peut se souvenir ainsi de l\u2019ancien secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense sous Kennedy et Johnson, Robert McNamara, qui d\u00e9clarait le 30 septembre 1968, lors de sa premi\u00e8re allocution publique en tant que pr\u00e9sident de la Banque mondiale, que c\u2019est en Afrique, qui parvient \u00e0 peine au seuil des investissements majeurs de d\u00e9veloppement, que devrait se produire l\u2019extension la plus consid\u00e9rable de leurs activit\u00e9s. Cette vision d\u00e9veloppementaliste alimente les principes d\u2019intervention des institutions de Bretton Woods (Fonds mon\u00e9taire international \u2013 FMI \u2013 et Banque mondiale) dont le summum fut le fameux Consensus de Washington dans les ann\u00e9es 1990. Gilroy (2020) rapporte une note l\u00e9gendaire ult\u00e9rieurement divulgu\u00e9e aux militant\u00b7e\u00b7s de mouvement environnementaliste de Lawrence Summers \u00e0 la derni\u00e8re d\u00e9cennie du XXe si\u00e8cle, alors \u00e9conomiste en chef \u00e0 la Banque mondiale avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 de Harvard, qui estime raisonnable une mesure d\u2019exportation de la pollution vers les \u00ab\u00a0pays les moins d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb. Cette mesure est gla\u00e7ante d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9verser des d\u00e9chets toxiques sur le continent africain. D\u2019ailleurs, ceci est devenu une mesure banale tant beaucoup de pays africains se font la d\u00e9charge du Nord industrialis\u00e9. Il y a bien \u00e9videmment des cons\u00e9quences sanitaires et environnementales encourues par les \u00e9cosyst\u00e8mes et les \u00eatres vivants, mais il semble que la manne financi\u00e8re empoch\u00e9e force l\u2019argument. Le Kenya s\u2019est r\u00e9cemment fait l\u2019\u00e9cho du commerce de plastique avec l\u2019argument du recyclage, mais qui, en r\u00e9alit\u00e9, sert \u00e0 l\u2019industrie am\u00e9ricaine notamment \u00e0 amoindrir les impacts environnementaux de leur traitement[footnote]https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De m\u00eame, l\u2019Afrique subsaharienne et l\u2019Am\u00e9rique latine furent parmi les r\u00e9gions les plus en proie \u00e0 cette politique n\u00e9olib\u00e9rale avec des d\u00e9cennies perdues d\u00e9bouchant sur une grande d\u00e9sillusion (Stiglitz, 2002), les politiques de conservation des ressources naturelles promues par les Accords environnementaux multilat\u00e9raux (AEM)[footnote]Ce sont : la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB) et la Convention des nations unies sur la lutte contre la d\u00e9sertification (CNULD).[\/footnote] de la Convention de Rio de 1992 pr\u00e9sentent une perspective mitig\u00e9e et ambivalente pour le d\u00e9veloppement durable. La r\u00e9duction des \u00e9missions de GES, promue depuis le Protocole de Kyoto en 1997 au moins, demeure un int\u00e9r\u00eat actuel malgr\u00e9 l\u2019ambivalence des plus grands pays pollueurs au monde de se conformer aux exigences de maintenir bas le r\u00e9chauffement climatique. Les remous autour de l\u2019Accord de Paris sur le climat en 2015 montrent comment les enjeux \u00e9conomiques sont au c\u0153ur des choix strat\u00e9giques. De plus, depuis 2009, le m\u00e9canisme de R\u00e9duction des \u00e9missions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9forestation et \u00e0 la d\u00e9gradation des for\u00eats tropicales (REDD ) a \u00e9t\u00e9 mis en place pour atteindre les objectifs internationaux de ma\u00eetrise des \u00e9missions de GES. C\u2019est ainsi que les for\u00eats tropicales repr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat croissant. Le Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (PNUE) et les Organisations non gouvernementales (ONG) \u00e9voluant sur les questions environnementales portent beaucoup d\u2019espoir au continent africain pour les puits carbone. Ils repr\u00e9sentent un march\u00e9 \u00e9norme o\u00f9 l\u2019Afrique est particuli\u00e8rement scrut\u00e9e du fait de ses for\u00eats pour la s\u00e9questration carbone.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que le nombre d\u2019Aires marines prot\u00e9g\u00e9es (AMP) n\u2019a cess\u00e9 d\u2019accro\u00eetre en Afrique depuis le Sommet du d\u00e9veloppement durable tenu \u00e0 Johannesburg en 2002. Leur mise en place s\u2019inscrit dans la mouvance du Sommet de la Terre de Rio de 1992. \u00c0 partir de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB), elles sont surtout popularis\u00e9es par le Congr\u00e8s mondial des aires prot\u00e9g\u00e9es tenu \u00e0 Durban du 8 au 17 septembre 2003 sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il dressait le bilan des aires prot\u00e9g\u00e9es mondiales tout en d\u00e9finissant des objectifs prioritaires pour la d\u00e9cennie \u00e0 venir. De ce fait, un R\u00e9seau r\u00e9gional des aires marines prot\u00e9g\u00e9es d\u2019Afrique de l\u2019Ouest<strong> (<\/strong>RAMPAO) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 pour apporter un accompagnement technique dans la gestion. Il convient d\u2019adopter des m\u00e9thodes de cogestion qui s\u2019appuient sur la d\u00e9centralisation et l\u2019approche \u00e9cosyst\u00e9mique promue par la CDB, mais les enjeux locaux de conservation r\u00e9v\u00e8lent une dimension politique source de bien des conflits (Bertrand, Montagne et Karsenty, 2006).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Partant, l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal avait manifest\u00e9 son intention de cr\u00e9er des AMP; d\u2019o\u00f9 la signature en 2004 du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel n\u00b0\u00a02004-1408 du 04 novembre 2004 portant cr\u00e9ation de cinq AMP\u00a0(Saint-Louis, Kayar, Joal-Fadiouth, Bamboung et Ab\u00e9n\u00e9). Except\u00e9 l\u2019AMP de Bamboung qui s\u2019\u00e9vertue \u00e0 conserver une zone de fray\u00e8res et d\u2019alimentation pour l\u2019ichtyofaune, le lamantin, le dauphin et les tortues marines et l\u2019AMP de Joal-Fadiouth comme zone de fray\u00e8res et site de reproduction des tortues marines, toutes les autres AMP s\u2019occupent de protection et de conservation des p\u00eacheries. En outre, en 2013, furent cr\u00e9\u00e9es dans le delta du Saloum, les AMP de Sangomar (communes de Palmarin et de Dionewar) et de Gandoul (commune de Djirnda). Pour marquer davantage sa volont\u00e9, l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal a cr\u00e9\u00e9 par le d\u00e9cret n\u00b0\u00a02012-543 du 24 mai 2012 la Direction des aires marines communautaires prot\u00e9g\u00e9es (DAMCP). \u00c0 ces sept AMP, s\u2019ajoutent six parcs nationaux (Niokolo-Koba, Langue de Barbarie, Oiseaux du Djoudj, \u00celes de la Madeleine, Delta du Saloum et Basse Casamance), quatre r\u00e9serves naturelles (Guembeul, Popenguine, Kalissaye et Ferlo Nord) et deux r\u00e9serves naturelles communautaires (Somone et Palmarin).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019ambition de conservation est affich\u00e9e avec des arguments qui forcent l\u2019assentiment, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019au niveau des territoires, il y a des confiscations d\u2019espaces de p\u00eache et des d\u00e9possessions de terre sans alternative pour les populations locales. Parmi les plus grands parcs qui grugent beaucoup de superficies souvent au d\u00e9triment des populations locales\u00a0en Afrique, on a\u00a0: Kruger (Afrique du Sud), Masai Mara (Kenya), Serengeti (Tanzanie), Kilimandjaro (Tanzanie), Bwindi, Namib-Naukluft (Namibie), chutes Victoria\/Mosi-oa-Tunya (la fum\u00e9e qui gronde) (Zambie-Zimbabwe). C\u2019est ainsi qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal des populations ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9guerpies lors de l\u2019\u00e9tablissement du parc de Niokolo Koba, avec 76\u00a0000\u00a0hectares pendant que des exploitants priv\u00e9s profitent d\u2019une partie des terres. De plus, les r\u00e9serves naturelles sont le privil\u00e8ge des nantis qui ont les moyens de profiter de la nature. La conservation n\u2019est pas toujours de l\u2019int\u00e9r\u00eat des populations; c\u2019est ce que montre Diallo (2019) dans une \u00e9tude men\u00e9e dans l\u2019AMP de Bamboung, avec en cause, l\u2019orientation conservationniste des ONG au tournant des ann\u00e9es 1980. Ce n\u2019est pas tant la conservation qui est \u00e0 remettre en cause, mais les logiques qui la fondent. La surexploitation pour des raisons industrielles est diff\u00e9rente d\u2019une exploitation m\u00e9nag\u00e8re vivri\u00e8re qui n\u00e9cessiterait de gros moyens de d\u00e9fense de l\u2019environnement. C\u2019est d\u2019ailleurs m\u00e9conna\u00eetre que les communaut\u00e9s ont des m\u00e9thodes propres de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des ressources telles que les pratiques agro\u00e9cologiques red\u00e9couvertes et les normes coutumi\u00e8res de conservation des ressources naturelles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est pourquoi Blanc (2020) parle d\u2019un \u00ab\u00a0colonialisme\u00a0vert\u00a0\u00bb \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle avec la cr\u00e9ation par les colons des premiers parcs naturels du continent, du Congo jusqu\u2019en Afrique du Sud avec la folle id\u00e9e d\u2019avoir retrouv\u00e9 une nature disparue en Europe. L\u2019exotisme, comme il leur a plu de consid\u00e9rer les soci\u00e9t\u00e9s africaines \u00e0 travers une science (l\u2019anthropologie) et une politique (la colonisation), est une qu\u00eate. Revenant au raisonnement de l\u2019auteur, le but inavou\u00e9 \u00e9tait alors de trouver un vaste espace pour le bonheur des safaris touristiques faits d\u2019animaux sauvages en grand nombre et gambadant en toute libert\u00e9. \u00c0 l\u2019en croire, l\u2019expulsion des communaut\u00e9s locales et les violences de toutes sortes sont exerc\u00e9es par\u00a0des \u00e9co-gardes soutenus par l'UNESCO, le WWF et tant d\u2019autres ONG. Cela remet en cause la capacit\u00e9 extraordinaire de mobilit\u00e9 et de circulation des communaut\u00e9s avec leurs biens, d\u00e9j\u00e0 depuis le temps de l\u2019\u00c9gypte pharaonique et de la Nubie antique le long du Nil et dans la savane soudanaise. Il s\u2019y ajoute l\u2019implantation de communaut\u00e9s sur des espaces qu\u2019elles ont su dompter et entretenir un rapport sacr\u00e9. Les empires de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest comme le Ghana, le Mali et le Songha\u00ef \u00e9taient d\u2019une richesse qui permirent le d\u00e9veloppement de grands foyers de commerce qu\u2019on puisse apparenter \u00e0 une mondialisation, ou du moins \u00e0 un multilat\u00e9ralisme avant l\u2019heure, et qui n\u2019avaient pas besoin de guerre pour se faire, mais d\u2019\u00e9changes plut\u00f4t relationnels qu\u2019instrumentaux. Aujourd\u2019hui encore, la migration interne en Afrique concerne beaucoup plus de personnes que l\u2019\u00e9migration internationale malgr\u00e9 le toll\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne depuis les mers atlantiques et m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019environnement, l\u2019autre volet ignor\u00e9 ou encore inconnu de la colonisation<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le rapport de colonialit\u00e9 qui d\u00e9finit les relations Nord\/Sud, l\u2019environnement est apparu moins visible que les domaines \u00e9conomiques, politiques et culturels dans les relations de domination. En se repla\u00e7ant dans le contexte de la polarisation des mondes, on se rend compte que l\u2019environnement est un \u00e9l\u00e9ment central du colonialisme, d\u2019autant plus que ce sont des mati\u00e8res premi\u00e8res qui sont recherch\u00e9es \u00e0 l\u2019autre bout du monde. La R\u00e9volution industrielle qui profite beaucoup de cette pr\u00e9figuration des relations internationales aura c\u00e9d\u00e9 aux g\u00e9n\u00e9rations futures une plan\u00e8te anthropocentrique qui fragilise l\u2019humanit\u00e9, les territoires et les ressources. La crise \u00e9cologique qu\u2019elle traverse tient ses origines dans le colonialisme.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale pour lever le rideau<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Kodjo-Grandvaux (2020) dresse un portrait assez exhaustif des origines coloniales de la crise \u00e9cologique au rang desquelles le capitalisme, structur\u00e9 autour d\u2019une \u00e9conomie extractive et des monocultures intensives. La cons\u00e9quence est sans appel pour la biodiversit\u00e9 (Bednik, 2016). Des Afro-Am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es 1970 (Nathan Hare, Terry Jones), ensuite des Latino-Am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es 1990 (Walter Mignolo, Ram\u00f3n Grosfoguel, Arturo Escobar), ont \u00e9tabli le lien entre conqu\u00eate de l\u2019Am\u00e9rique, traite n\u00e9gri\u00e8re et colonisation sur la pr\u00e9dation des ressources naturelles. La pauvret\u00e9 structurelle qui existe dans le Sud global tient ses causes anciennes du mercantilisme d\u2019alors. L\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale qui s\u2019appuie sur la critique du d\u00e9veloppement met \u00e0 nu trois probl\u00e8mes majeurs, \u00e0 savoir, la colonisation, l\u2019extractivisme et la monoculture qui sont \u00e0 la base de la domination \u00e9conomique. L\u2019Afrique en souffre particuli\u00e8rement. C\u2019est pourquoi Escobar (2018), qui est du nombre des penseurs d\u00e9coloniaux sud-am\u00e9ricains[footnote]En plus de lui qui est \u00e0 North Carolina, il y a Nelson Maldonado-Torres (Rutgers), Walter Mignolo (Duke) et Ram\u00f3n Grosfoguel (Berkeley). L\u2019espace nord-am\u00e9ricain est plus ouvert aux \u00e9tudes postcoloniales et d\u00e9coloniales que la France, par exemple, dont la frilosit\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit de ces \u00e9tudes frise le ridicule. Mais il ne peut en \u00eatre autrement du fait de son pass\u00e9 colonisateur avec tout ce qui en d\u00e9coule aujourd\u2019hui encore.[\/footnote], int\u00e9grant l\u2019\u00e9cologie au tournant d\u00e9colonial, n\u2019a pas manqu\u00e9 de fonder sa remarquable contribution sur la critique d\u2019abord du d\u00e9veloppement. Malgr\u00e9 les critiques et les alternatives pour le concept de d\u00e9veloppement, il n\u2019a jamais mieux r\u00e9sist\u00e9, malgr\u00e9 m\u00eame les crises cycliques ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du capitalisme. Le d\u00e9veloppement est si structurant de la vie des populations que sa reconsid\u00e9ration est une condition pour une \u00e9cologie d\u00e9coloniale. \u00c9galement, les luttes des indig\u00e8nes et les mouvements de lib\u00e9ration en Colombie contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme sont les sources d\u2019un usage des ressources naturelles en ad\u00e9quation avec les int\u00e9r\u00eats du pays et les cultures locales[footnote]M\u00eame en politique, cette perspective est une r\u00e9alit\u00e9. On peut voir \u00e0 ce propos le vibrant discours d\u2019investiture du vice-pr\u00e9sident de l\u2019\u00c9tat plurinational de Bolivie, David Choquehuanca, le 8 novembre 2020. Lien\u00a0: https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk, consult\u00e9 le 21 novembre 2020.[\/footnote]. \u00c0 travers la construction du mot <em>sentirpensar<\/em>, on remarque une distance par rapport au chosisme du monde occidental.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En proposant de penser l\u2019\u00e9cologie depuis le monde carib\u00e9en, Ferdinand (2019) rappelle la violence avec laquelle les destins des Europ\u00e9en\u00b7ne\u00b7s, Am\u00e9rindien\u00b7ne\u00b7s et Africain\u00b7es sont scell\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019esclavagisme avec son corollaire d\u2019imp\u00e9rialisme qui d\u00e9truit les paysages et les territoires. Pour notre part, nous pensons que sa m\u00e9taphore de la temp\u00eate qui se d\u00e9charge de la cale du navire n\u00e9grier[footnote]Inspir\u00e9 par le tableau de William Turner, <em>Le N\u00e9grier ou Le Bateau n\u00e9grier (1840)<\/em>, Mus\u00e9e des beaux-arts, Boston (USA).[\/footnote] pour mieux faire face au d\u00e9cha\u00eenement des mers est une invite \u00e0 restaurer la dignit\u00e9 humaine et l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cosyst\u00e9mique emport\u00e9 dans les vagues capitalistes. Celles-ci excluent nombre des habitant\u00b7e\u00b7s de la plan\u00e8te Terre. Aujourd\u2019hui que nous sommes 7.5\u00a0milliards avec tout le discours malthusien rab\u00e2ch\u00e9 encore r\u00e9cemment en Afrique, il y a fort \u00e0 parier que certain\u00b7e\u00b7s encombrent ceux ou celles qui les indisposent. Car ayant aper\u00e7u\u00a0l\u2019impens\u00e9 de la double fracture moderne qui s\u00e9pare les questions coloniales des destructions environnementales, il ne s\u2019agit pas de rendre coup pour coup, mais de la panser par un \u00ab\u00a0habiter ensemble\u00a0\u00bb, d\u2019autant plus qu\u2019humains et non-humains partagent l\u2019horizon d\u2019un monde commun. Cette attitude est non seulement empathique pour aborder l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019ips\u00e9it\u00e9, mais aussi dans le sens et la mesure d\u2019une justice qui permet justement le vivre-ensemble avec un mieux-\u00eatre dans une arche de No\u00e9 qui bannit<em>\u00a0<\/em>les in\u00e9galit\u00e9s sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, selon les expressions de Ferdinand (2019).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a au moins deux niveaux de d\u00e9monstration du probl\u00e8me abord\u00e9. Premi\u00e8rement, une litt\u00e9rature ancr\u00e9e et \u00e9mergente \u00e0 la fois fait de la colonisation une cause de la d\u00e9gradation des environnements du Sud global en rappelant ses causes vraiment anciennes, participe \u00e0 former et \u00e0 d\u00e9finir l\u2019Anthropoc\u00e8ne et impacte la richesse de certaines nations tout en causant la pauvret\u00e9 d\u2019autres. Cette perspective prend le nom d\u2019une \u00e9cologie d\u00e9coloniale, fortement li\u00e9e \u00e0 la probl\u00e9matique du d\u00e9veloppement en Am\u00e9rique latine. Les penseurs d\u00e9coloniaux d\u2019Am\u00e9rique latine sont si bien en avance dans la r\u00e9flexion qu\u2019ils investissent l\u2019\u00e9cologie. En effet, le groupe de la Commission \u00e9conomique de l\u2019Am\u00e9rique latine (CEPAL) avait \u00e9t\u00e9 le centre d\u2019impulsion de la critique de la division internationale du travail et de l\u2019\u00e9change in\u00e9gal sous la f\u00e9rule de Raoul Pr\u00e9bisch. D\u2019ailleurs, la th\u00e9orie de la d\u00e9pendance qui renouvelle l\u2019anti-imp\u00e9rialisme est inspir\u00e9e \u00e0 partir de l\u00e0. Le second niveau du probl\u00e8me est l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019att\u00e9nuation et d\u2019adaptation au changement climatique comme source et r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une t\u00e2che-monde allou\u00e9e \u00e0 l\u2019Afrique pour configurer davantage son r\u00f4le p\u00e9riph\u00e9rique et donc, sa r\u00e9ification de nouveau. On retrouve ainsi le sens de \u00ab\u00a0violence \u00e9pist\u00e9mique\u00a0\u00bb d\u00e9cri\u00e9e par Bhargava (2013) sur la mani\u00e8re de concevoir et d\u2019aborder un sujet qui le fait finalement \u00eatre un objet malgr\u00e9 lui.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Une domination environnementale qui appelle des luttes de territoires<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chez Haraway (2016), La notion de \u00ab\u00a0plantationoc\u00e8ne\u00a0\u00bb cherche \u00e0 traduire l\u2019histoire v\u00e9cue dans les plantations am\u00e9ricaines \u00e0 partir du XVe si\u00e8cle. Elle a aliment\u00e9 la traite des Noir\u00b7e\u00b7s et serait responsable du d\u00e9r\u00e8glement survenu dans les pratiques agricoles autochtones. C\u2019est ainsi qu\u2019en Afrique subsaharienne la monoculture intensive a particip\u00e9 \u00e0 appauvrir les sols en plus de la d\u00e9forestation massive pour disposer de terres arables, bien plus que ce dont les communaut\u00e9s locales avaient besoin pour se nourrir. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire qui touche beaucoup de pays du Sahel peut trouver une explication dans ce s\u00e9quencement de l\u2019exploitation des mati\u00e8res premi\u00e8res pour alimenter les industries capitalistes. C\u2019est le cas par exemple de la culture de l\u2019arachide au S\u00e9n\u00e9gal. Si l\u2019hypoth\u00e8se du retour des pluies est pr\u00e9sentement v\u00e9rifi\u00e9e (Vischel <em>et al.<\/em>, 2015), il n\u2019en demeure pas moins que la conjugaison des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames ou soudains et la salinisation des terres impactent durablement les rendements agricoles. De plus, il y a l\u2019utilisation de pesticides qui sont n\u00e9fastes pour les terres et la sant\u00e9 humaine, pourtant interdite dans les pays membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, comme le chlord\u00e9cone. Si la d\u00e9pendance aux engrais chimiques est une dure r\u00e9alit\u00e9 dans le monde rural, c\u2019est qu\u2019il y a eu une destruction des pratiques agraires soucieuses de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement. C\u2019est pourquoi la promotion actuelle de l\u2019agro\u00e9cologie est une aberration d\u00e8s lors que les modes endog\u00e8nes de culture ont \u00e9t\u00e9 sciemment d\u00e9truits. Il en va de m\u00eame des probl\u00e8mes de nutrition qui sont d\u2019abord un probl\u00e8me de qualit\u00e9 des semences agricoles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cela peut para\u00eetre banal, mais il nous est apparu important de mentionner que l\u2019Afrique est encore vue comme une terre sauvage. En effet, le num\u00e9ro hors-s\u00e9rie d\u2019ao\u00fbt-septembre de <em>National Geographic<\/em> (2020), qui fait \u00e9tat des plus beaux parcs nationaux du monde, a nomm\u00e9 les cinq continents de sorte qu\u2019il soit refl\u00e9t\u00e9 une certaine image favorable ou d\u00e9favorable d\u00e9j\u00e0 bien ancr\u00e9e[footnote]Ainsi on a en Am\u00e9rique du Nord\u00a0: <em>Au pays des canyons et de grands lacs<\/em>\u00a0; Am\u00e9rique centrale et du Sud\u00a0: <em>au paradis des jaguars et des limas\u00a0<\/em>; Europe\u00a0: <em>Le berceau de toutes les l\u00e9gendes<\/em>\u00a0; Asie\u00a0: <em>Brumes, jungles et montagnes<\/em>\u00a0; Afrique\u00a0: <em>Fascination du monde sauvage<\/em>.[\/footnote]. C\u2019est la notion en Am\u00e9rique de <em>wirlderness<\/em>, chez Ferdinand (2019), qui appara\u00eet ici. Pour le cas de l\u2019Afrique, c\u2019est sans surprise l\u2019id\u00e9e de sauvage qui demeure fonctionnelle dans l\u2019imaginaire occidental. De grands espaces qui repr\u00e9sentent une biodiversit\u00e9 suscitent l\u2019int\u00e9r\u00eat des \u00ab\u00a0amoureux de la nature\u00a0\u00bb, des politiques et des scientifiques aussi. Pour aller plus loin sur cette question, le cas de la France avec son pass\u00e9 colonisateur est r\u00e9v\u00e9lateur \u00e0 plus d\u2019un titre. En effet, les fiches th\u00e9matiques sur les AMP en 2019 du Rapport sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019environnement de la France informent d\u2019une situation tr\u00e8s contrast\u00e9e entre la m\u00e9tropole et l\u2019outre-mer. La m\u00e9tropole, qui ne repr\u00e9sente que 3,64\u00a0% de la superficie des eaux fran\u00e7aises, est couverte par un r\u00e9seau de petites et nombreuses AMP. \u00c0 l\u2019inverse, les espaces maritimes ultramarins, qui repr\u00e9sentent 96,36\u00a0% des eaux fran\u00e7aises, font l\u2019objet d\u2019une couverture h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne en mati\u00e8re d\u2019AMP. Par cons\u00e9quent, la mainmise de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais sur les territoires d\u2019outre-mer r\u00e9pondrait d\u2019un besoin d\u2019espaces vitaux pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les esp\u00e8ces et avoir des garanties en cas de crise \u00e9cologique majeure. De plus, depuis 1960, la France occupe ill\u00e9gitimement les \u00eeles \u00c9parses, quatre \u00eeles de Madagascar situ\u00e9es entre le continent africain et Madagascar<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Ce peut-\u00eatre une forme de domination environnementale qui ne dit pas son nom. Dans le rapport de colonialit\u00e9, il y a donc une domination qui se propage \u00e0 toutes les relations de pouvoir sur le corps, les m\u0153urs, la terre, le langage, l\u2019art, etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que s\u2019organise un peu partout dans le monde, comme en Amazonie, une lutte pour les territoires, une lutte pour la reconnaissance et surtout de visibilit\u00e9 (Preci, Gautreau et Tallet, 2020). Il en est de m\u00eame de la notion d\u2019\u00e9cocide qui \u00e9mergea vers la fin des ann\u00e9es 1940, mais qui n\u2019est pas encore consacr\u00e9e dans le droit international public (Neyret, 2014). Pourtant, la notion \u00e9mergente d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9cophagie\u00a0\u00bb qui concerne d\u00e9sormais tous les \u00e9v\u00e9nements qui alt\u00e8rent la plan\u00e8te notamment par la d\u00e9forestation, la d\u00e9sertification, la monoculture, l\u2019extinction des esp\u00e8ces, les menaces nucl\u00e9aires, etc. offre des donn\u00e9es empiriques pour alimenter les d\u00e9bats sur l\u2019environnement mondial qui doivent se r\u00e9duire uniquement \u00e0 des n\u00e9gociations sur le climat. Ici, il y a des mouvements sociaux et des formes d\u2019action collective qui partent de la nature pour alimenter le champ politique pour la prise de d\u00e9cision et qui pr\u00e9serve les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes et futures. On comprend ainsi comment le d\u00e9veloppement durable appara\u00eet comme un slogan plut\u00f4t qu\u2019une r\u00e9alit\u00e9 au sein des communaut\u00e9s et des \u00e9cosyst\u00e8mes. L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme appara\u00eet ainsi comme un mouvement qui tente de solutionner les contradictions en plus de celles existantes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s (Larr\u00e8re, 2012).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un peu comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, l\u2019Afrique paie le plus lourd tribut de la pollution dont elle n\u2019est que d\u00e9risoirement ou accessoirement responsable. En effet, pendant qu\u2019elle contribue pour moins de 4\u00a0% aux \u00e9missions mondiales de GES, l\u2019establishment du d\u00e9veloppement \u00e9conomique l\u2019appelle \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9carbonisation\u00a0\u00bb et plus encore aux transitions \u00e9cologiques et\/ou \u00e9nerg\u00e9tiques. On voit d\u2019ailleurs se multiplier les termes d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0m\u00e9tiers verts\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0botanicals\u00a0\u00bb qui posent mal un probl\u00e8me qui n\u2019en est pas un. Pourtant, la CCNUCC poursuit sans cesse une \u00ab\u00a0justice climatique\u00a0\u00bb, mieux encore, d\u2019\u00e9quit\u00e9, \u00e0 travers son article 3, d\u2019autant plus que depuis le Protocole de Kyoto en 1997, il y a toujours eu une distinction entre les pays d\u00e9velopp\u00e9s et les Pays en d\u00e9veloppement (PED) en mati\u00e8re de \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9s communes\u00a0\u00bb. L\u2019Appel de Lima en faveur de l\u2019action climatique en 2014 insistait sur la diff\u00e9rence de d\u00e9veloppement pour motiver les capacit\u00e9s de chaque pays \u00e0 contribuer; ce que l\u2019Accord de Paris en 2015 a mat\u00e9rialis\u00e9 dans son article 2, eu \u00e9gard aux contextes nationaux diff\u00e9rents. En effet, les Contributions pr\u00e9vues d\u00e9termin\u00e9es au niveau national (CPDN) \u00e9manant de l\u2019Accord de Paris de 2015 n\u2019en sont pas moins des instruments de gouvernance n\u00e9olib\u00e9rale standardis\u00e9e en ce sens qu\u2019elles sont un moyen de contr\u00f4le pour suivre dans chaque pays les politiques de r\u00e9duction des \u00e9missions nationales et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux effets du changement climatique. Ceci n\u2019a rien de nouveau dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, car les CPDN s\u2019inscrivent dans le prolongement du plan d\u2019action de Bali en prenant la suite des communications nationales initi\u00e9es dans le cadre de la CCNUCC. Les pays dits en voie de d\u00e9veloppement n\u2019ont pas le choix puisqu\u2019ils constituent aussi un support pour les Partenaires techniques et financiers (PTF) d\u2019intervenir dans le cadre de financement des programmes et projets au niveau des fonds verts. Par cons\u00e9quent, les aires culturelles s\u2019invitent dans le d\u00e9bat, que l\u2019on se situe dans une perspective postcoloniale ou non. Ce qui montre d\u2019ailleurs pourquoi Chakrabarty (2010) a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 sur ses quatre th\u00e8ses de l\u2019histoire du climat, notamment par Fressoz et Lou\u00e2pre (2015). Mais l\u2019id\u00e9e d\u2019une red\u00e9couverte de la nature perdue fait son chemin (Gwenna\u00ebl et Heurtebise, 2018), notamment dans ce qui est commun\u00e9ment appel\u00e9 les humanit\u00e9s environnementales. Enfin, le r\u00e9chauffement climatique appara\u00eet comme une forme de colonisation dans le domaine de l\u2019environnement en creusant des in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 existantes (Agarwal et Narain, 2014).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le continent africain n\u2019a donc pas fini de vaincre ses vieux d\u00e9mons. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu une prolif\u00e9ration de productions scientifiques et artistiques pour \u00ab\u00a0laver son honneur\u00a0\u00bb et pour restaurer le sujet qu\u2019il constitue afin de prendre part de mani\u00e8re dynamique et effective \u00e0 la marche du monde. Ces productions tendent donc \u00e0 redonner \u00e0 l\u2019Afrique une polarit\u00e9 perdue dans les m\u00e9andres de la traite n\u00e9gri\u00e8re et de la colonisation par une r\u00e9appropriation du sens \u00e0 partir des milieux intellectuels et de certains cercles politiques et artistiques. Comme on le sait, l\u2019espace sociog\u00e9ographique de l\u2019Afrique subit des ali\u00e9nations de toutes sortes. Si l\u2019\u00e9conomie, la politique et la culture sont connues pour \u00eatre les lieux d\u2019exercice de ces ali\u00e9nations, avec leur corollaire d\u2019extraversion des mod\u00e8les et d\u2019inconscience de soi, il n\u2019en demeure pas moins le cadre \u00e9pist\u00e9mique, lieu de production des savoirs o\u00f9 les st\u00e9r\u00e9otypes et les clich\u00e9s sont l\u00e9gion dans l\u2019africanisme de toute part. C\u2019est de la m\u00eame sorte que l\u2019environnement devient, \u00e0 son tour, un cadre ali\u00e9nant, une commotion de plus, sans doute la premi\u00e8re, mais m\u00e9connue ou ignor\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui que les appels aux transitions \u00e9cologique ou \u00e9nerg\u00e9tique se multiplient, comme il en \u00e9tait ainsi des appels aux transitions d\u00e9mocratique et d\u00e9mographique en Afrique, nous estimons qu\u2019il est n\u00e9cessaire de revoir quelques consid\u00e9rations devenues banales, mais sujettes \u00e0 pr\u00e9caution \u00e0 cause des r\u00e9gimes d\u2019historicit\u00e9 qui se confrontent et s\u2019entrechoquent. En effet, le nouvel agenda international du d\u00e9veloppement qui s\u2019illustre \u00e0 travers les Objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD) cristallise des craintes au regard des exp\u00e9riences douloureuses des Programmes d\u2019ajustements structurels (PAS) et des exp\u00e9riences mitig\u00e9es des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) pour, dit-on, r\u00e9duire la pauvret\u00e9. Cette vulgate n\u00e9olib\u00e9rale entra\u00eene des effets pervers pour le nouvel agenda (Egil, 2015). C\u2019est comme si le \u00ab\u00a0Sud global\u00a0\u00bb consacre toujours son temps \u00e0 satisfaire l\u2019agenda du \u00ab\u00a0Nord global\u00a0\u00bb, terminologie du reste ali\u00e9nante.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une nouvelle \u00e8re \u00e9merge \u00e0 travers le concept de transition. La derni\u00e8re qui nous est apparue en Afrique est la \u00ab\u00a0grande transition\u00a0\u00bb que Mbembe (2020) appelle de ses v\u0153ux dans le contexte post-COVID-19. Le concept s\u2019impose au niveau international sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9cologie et de l\u2019\u00e9nergie pour r\u00e9sorber les effets induits par le changement climatique. Ne risque-t-on pas de s\u2019emballer dans une direction qui est plus dans l\u2019ordre id\u00e9ologique internationale que dans l\u2019activit\u00e9 r\u00e9elle des soci\u00e9t\u00e9s sous ordre de domination? De plus, \u00e0 supposer que la transition soit en cours, comment en d\u00e9terminer l\u2019amorce et situer son \u00e9volution? Que fait-on des pratiques agro\u00e9cologiques fonctionnelles dans le milieu naturel et dans les syst\u00e8mes sociaux locaux? C\u2019est l\u00e0 que les savoirs locaux prennent tout leur sens dans la restauration des \u00e9quilibres \u00e9cosyst\u00e9miques et la r\u00e9invention des modes de gouvernance en fonction des \u00e9chelles d\u2019action et des relations de pouvoir.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agarwal, Anil et Narain, Sunita. 2014. Le r\u00e9chauffement climatique dans un monde in\u00e9galitaire. Un cas de colonialisme environnemental. Dans Bourg, Dominique et Fragni\u00e8re, Augustin (dir.), <em>La Pens\u00e9e \u00e9cologique\u00a0: une anthologie <\/em>(761-772)<em>. <\/em>Paris\u00a0: PUF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amin, Samir. 1993. 1492\u00a0: La polarisation des mondes. Entretien avec Samir Amin. <em>Cahiers Sciences Humaines<\/em>\u00a0<em>: Trente ans (1963-1992)<\/em>, hors-s\u00e9rie, 19-23.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amin, Samir, 1988. <em>L\u2019Eurocentrisme. Critique d\u2019une id\u00e9ologie<\/em>. Paris\u00a0: Anthropos\/Economica<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bednik, Anna. 2016. <em>Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature\u00a0: logiques, cons\u00e9quences, r\u00e9sistances<\/em>. Neuvy-en-Champagne\u00a0: Le passager clandestin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ben Hammouda, Hakim et Kass\u00e9, Moustapha (dir.). 2002. <em>Repenser Bretton Woods. R\u00e9ponses africaines<\/em>. Paris\/Dakar\u00a0: Karthala\/CODESRIA.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand, Alain,\u00a0Montagne, Pierre,\u00a0et Karsenty, Alain (dir.). 2006. <em>L\u2019\u00c9tat et la gestion locale durable des for\u00eats en Afrique francophone et<\/em> <em>\u00e0 Madagascar<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bhargava, Rajeev. 2013. Pour en finir avec l\u2019injustice \u00e9pist\u00e9mique du colonialisme.<em> Socio <\/em>[En ligne], 1, 41-75. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/socio\/203\">http:\/\/journals.openedition.org\/socio\/203<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Blanc, Guillaume, 2020. <em>L'invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l\u2019\u00c9den africain. <\/em>Paris\u00a0: Flammarion.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>\u00a0<\/strong>Larr\u00e8re, Catherine. 2012.\u00a0L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme\u00a0: f\u00e9minisme \u00e9cologique ou \u00e9cologie f\u00e9ministe. <em>Trac\u00e9s. Revue de Sciences humaines<\/em>\u00a0[En ligne], 22. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/traces\/5454\">http:\/\/journals.openedition.org\/traces\/5454<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">C\u00e9saire, Aim\u00e9. 1950. <em>Discours sur le colonialisme<\/em>. Paris\u00a0: Pr\u00e9sence africaine.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chakrabarty, Dipesh. 2010. Le climat de l\u2019histoire\u00a0: quatre th\u00e8ses. <em>Revue internationale des livres et des id\u00e9es<\/em>, 15, 22-31.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Commissariat g\u00e9n\u00e9ral au d\u00e9veloppement durable. 2019. <em>Rapport de synth\u00e8se. L\u2019environnement en France<\/em>. Paris\u00a0: La Documentation Fran\u00e7aise.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dahan, Amy, 2007.\u00a0Le changement climatique, une expertise entre science et politique.\u00a0<em>La Revue pour l\u2019histoire du CNRS<\/em>\u00a0[En ligne], 16. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/histoire-cnrs.revues.org\/1543\">http:\/\/histoire-cnrs.revues.org\/1543<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Mariama. 2019. La fabrique des acteurs de la justice environnementale dans l\u2019Aire marine prot\u00e9g\u00e9e du Bamboung au S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0<em>VertigO <\/em>[En ligne], 19(1). En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/vertigo\/24088\">http:\/\/journals.openedition.org\/vertigo\/24088<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Cheikh Anta. 1955. Alerte sous les tropiques. <em>Pr\u00e9sence Africaine<\/em>, 5(V), 8-33.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Cheikh Anta. 1981. <em>Civilisation ou Barbarie<\/em>. Paris\u00a0: Pr\u00e9sence Africaine.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Makhtar. 2015. La COP21\u00a0: une chance \u00e0 saisir pour l\u2019Afrique. <em>G\u00e9o\u00e9conomie<\/em>, 5, n\u00b0 77, 63-71.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dubuis, Etienne. 2010. <em>Sale temps pour le GIEC<\/em><em>\u00a0: du prix Nobel aux affaires, grandeur et d\u00e9cadence des experts du climat. <\/em>Lausanne\u00a0: Favre Sa.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Egil, Fran\u00e7ois. 2015. Les Objectifs de d\u00e9veloppement durable, nouveau \u00ab\u00a0palais de cristal\u00a0\u00bb?. <em>Politique africaine<\/em>, <em>4<\/em> (140), 99-120.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Escobar, Arturo. 2018. <em>Sentir-penser avec la Terre. L\u2019\u00e9cologie au-del\u00e0 de l\u2019Occident<\/em> (Atelier de Minga. trad.). Paris\u00a0: Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fanon, Frantz. 1961. <em>Les Damn\u00e9s de la terre<\/em>. Paris\u00a0: Fran\u00e7ois Maspero.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ferdinand, Malcom. 2019. <em>Une \u00c9cologie d\u00e9coloniale. Penser l\u2019\u00e9cologie d\u2019une perspective carib\u00e9enne<\/em>. Paris\u00a0: Seuil.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fressoz, Jean-Baptiste et Lou\u00e2pre, Muriel. 2015. L\u2019\u00e8re anthropoc\u00e8ne\u00a0: pour en finir avec la fin de l\u2019histoire. Entretien avec Jean-Baptiste Fressoz. <em>\u00c9crire l'histoire <\/em>[En ligne], 15, 53-60. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/elh\/589\">http:\/\/journals.openedition.org\/elh\/589<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gemenne, Fran\u00e7ois. 2011. Climate-induced population displacements in a 4 C world. <em>Philosophical Transactions of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences, <\/em>369, 182-195.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pachauri, Rajendra K. et Meyer, Leo (dir.). 2014. <em>Changements climatiques 2014. Rapport de synth\u00e8se. Contribution des Groupes de travail I, II et III au cinqui\u00e8me Rapport d\u2019\u00e9valuation du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat. <\/em>Gen\u00e8ve\u00a0: GIEC.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gilroy, Paul, 2020. <em>M\u00e9lancolie postcoloniale<\/em> (Marc Saint-Up\u00e9ry, trad.). Paris\u00a0: B42.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gwenna\u00ebl, Gaffric et Heurtebise, Jean-Yves. 2018. Zhuangzi et l\u2019Anthropoc\u00e8ne. R\u00e9flexions sur l\u2019(auto)orientalisme vert. <em>Essais<\/em> <em>Revue interdisciplinaire d\u2019Humanit\u00e9s <\/em>[En ligne], 13, 17-32. En ligne\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/essais\/439.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Haraway, Donna. 2016. Anthropoc\u00e8ne, capitaloc\u00e8ne, plantationoc\u00e8ne, chthuluc\u00e8ne. Faire des parents (Fr\u00e9d\u00e9ric Neyrat, trad.). <em>Multitudes<\/em>, 4 (65), 75-81.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ionesco, Dina, Mokhnacheva, Daria et Gemenne, Fran\u00e7ois. 2016. <em>Atlas des migrations environnementales. <\/em>Paris\u00a0: Presses de Sciences Po.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Janicot, Serge, Aubertin, Catherine, Bernoux, Martial, Dounias, Edmond, Gu\u00e9gan, Jean-Fran\u00e7ois, Lebel, Thierry, Mazurek, Hubert, Sultan, Benjamin et Reinert, Magali (dir.). 2015. <em>Changement climatique. Quels d\u00e9fis pour le Sud<\/em>?<em>.<\/em> Marseille\u00a0: IRD.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kodjo-Grandvaux, S\u00e9verine. 2020. Aux origines coloniales de la crise \u00e9cologique. <em>Le Monde<\/em>. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/01\/24\/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html\">https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/01\/24\/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Lavigne Delville, Philippe (dir.). 2016. La fabrique de l\u2019action publique dans les pays \u00ab\u00a0sous r\u00e9gime d\u2019aide\u00a0\u00bb. <em>Anthropologie &amp; d\u00e9veloppement<\/em>, 45, 183 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille. 2020. L'Afrique post-COVID-19\u00a0: la grande transition. <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20200507-l-afrique-post-covid-19-la-grande-transition\">https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20200507-l-afrique-post-covid-19-la-grande-transition<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">National Geographic. 2020. <em>Les plus beaux Parcs nationaux du monde. 76 parcs sur 5 continents<\/em>. Hors-s\u00e9rie\u00a0: aout-septembre, 132 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Neyret, Laurent. 2014. Pour la reconnaissance du crime d'\u00e9cocide. <em>Revue juridique de l'environnement<\/em>, 39 (hors-s\u00e9rie 1),\u200e 177-193. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-revue-juridique-de-l-environnement-2014-HS01-page-177.html\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-revue-juridique-de-l-environnement-2014-HS01-page-177.html<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Preci, Alberto,\u00a0Gautreau, Pierre et\u00a0Tallet, Bernard. 2020. Sortis du bois. Les nouvelles formes de visibilit\u00e9s des Wichis du Nord de l\u2019Argentine.\u00a0<em>Espace populations soci\u00e9t\u00e9s<\/em>\u00a0[En ligne], 1-2. En ligne\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/eps\/10047.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sarr, Serigne Momar. 2019. Le changement climatique dans les relations internationales. Un nouvel \u00e2ge du d\u00e9veloppement?. <em>Liens Nouvelle S\u00e9rie<\/em>, 1(28), 154-164.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Stiglitz, Joseph. 2002. <em>La grande D\u00e9sillusion<\/em>. Paris\u00a0: Fayard.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Vischel, Th\u00e9o, Lebel, Thierry, Panthou, G\u00e9r\u00e9my, Quantin, Guillaume, Rossi, Aur\u00e9lien, Martinet, Maxime, 2015. Chapitre 2. Le retour d\u2019une p\u00e9riode humide au Sahel? Observations et perspectives. Dans\u00a0Sultan, Benjamin, Lalou, Richard, Mouftaou, Amadou Sanni, Oumarou, Amadou et Soumar\u00e9, Mame Arame (dir.), <em>Les soci\u00e9t\u00e9s rurales face aux changements climatiques et environnementaux en Afrique de l\u2019ouest <\/em>(43-60). Marseille\u00a0: IRD Editions. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique\">https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.un.org\/press\/fr\/2018\/cpsd663.doc.htm\">https:\/\/www.un.org\/press\/fr\/2018\/cpsd663.doc.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019Anthropoc\u00e8ne se trouve \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019adaptation et \u00e0 l\u2019interface de l\u2019humain et du non-humain, la g\u00e9opolitique des savoirs en contexte postcolonial frise la domination sous une forme ignor\u00e9e dans le cadre de l\u2019environnement. Cette contribution vise donc \u00e0 montrer que l\u2019Afrique est d\u00e9sormais r\u00e9ifi\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019environnement. Quoique le colonialisme d\u00e8s ses d\u00e9buts nous laisse l\u2019apercevoir, c\u2019est \u00e0 partir de l\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale dans les Am\u00e9riques que cet encore inconnu appara\u00eet plus clairement et informe d\u2019ailleurs de la crise \u00e9cologique visible dans le dernier tiers du XXe si\u00e8cle. Ainsi, l\u2019accommodement de l\u2019Afrique aux instruments internationaux de gouvernance de l\u2019environnement n\u2019est qu\u2019un prolongement de sa d\u00e9pendance structurelle qui entretient des logiques d\u2019extraversion plut\u00f4t pernicieuses pour les cultures locales. Partant, l\u2019environnement est un si\u00e8ge de biais port\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019Afrique. Cette vision \u00e0 son encontre s\u2019ajoute \u00e0 la commotion \u00e9pist\u00e9mologique subie au m\u00eame titre que les commotions \u00e9conomiques, politiques et culturelles. Enfin, s\u2019il est \u00e9tabli que l\u2019Afrique subit plus les effets du changement climatique notamment provoqu\u00e9s par l\u2019activit\u00e9 industrielle et domestique du Nord, on comprend mal les appels aux transitions \u00e9cologiques et \u00e9nerg\u00e9tiques, si ce n\u2019est, \u00e0 cause de sa position d\u00e9j\u00e0 marginale dans le syst\u00e8me international, l\u2019accomplissement d\u2019une t\u00e2che-monde qui permettrait au capitalisme de tenir davantage.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/afrique\/\">Afrique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/colonialisme\/\">colonialisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/environnement\/\">environnement<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/epistemologie\/\">\u00e9pist\u00e9mologie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/ontologie\/\">ontologie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/ressources-naturelles\/\">ressources naturelles<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">At a time when the Anthropocene is undergoing adaptation tests and at the interface of the human and the non-human, the geopolitics of knowledge in the postcolonial context borders on domination in a form that is ignored in the context of the environment. This contribution therefore aims to show that Africa is now reified from the environment. Although colonialism from its beginnings gives us a glimpse of this, it is from the decolonial ecology in the Americas that this still unknown appears more clearly and informs us of the ecological crisis visible in the last third of the 20th century. Thus, Africa&rsquo;s accommodation to the international instruments of environmental governance is only an extension of its structural dependence, which maintains rather pernicious extraversion logics for local cultures. Consequently, the environment is a seat of bias against Africa. This view of Africa is in addition to the epistemological commotion suffered in the same way as economic, political and cultural commotion. Finally, while there is evidence that Africa is suffering more from the effects of climate change, particularly as a result of industrial and domestic activity in the North, there is little understanding of the calls for ecological and energy transitions, if not, because of its already marginal position in the international system, the accomplishment of a global task on its own that would enable capitalism to hold its own.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/africa\/\">Africa<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/colonialism\/\">colonialism<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/environment\/\">environment<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/epistemology\/\">epistemology<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/natural-resources\/\">natural resources<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/ontology\/\">ontology<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>12 octobre 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>29 novembre 2020<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>4 juin 2021<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Synth\u00e8se\/d\u00e9bat<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique, n\u2019\u00e9tant actuellement responsable que de 3,8 % des \u00e9missions de Gaz \u00e0 effet de serre (GES) dans le monde, est pourtant la r\u00e9gion la plus vuln\u00e9rable aux effets du changement climatique si bien que son d\u00e9veloppement en est tr\u00e8s affect\u00e9 (Diop, 2015). Le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019<em>El ni\u00f1o <\/em>est \u00e0 ce titre une illustration de l\u2019effet papillon proc\u00e9dant d\u2019une impr\u00e9visibilit\u00e9 dans le globe terrestre, mais prouvant comment les \u00e9cosyst\u00e8mes sont li\u00e9s et les espaces interconnect\u00e9s. Les pays africains, du sud du Sahara notamment, subissent de plein fouet les effets d\u00e9vastateurs de la s\u00e9cheresse, des inondations, des \u00e9rosions c\u00f4ti\u00e8res, des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames, etc. Avec des structures politiques sous r\u00e9gime d\u2019aide (Lavigne Delville, 2016), une ali\u00e9nation culturelle (Diop, 1981) et des mod\u00e8les \u00e9conomiques extravertis (Kass\u00e9 et Ben Hammouda, 2002), l\u2019environnement se r\u00e9v\u00e8le peu \u00e0 peu comme un domaine de r\u00e9ification de plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si la gouvernance mondiale de l\u2019environnement est situ\u00e9e dans le temps mondial des ann\u00e9es 1970, avec notamment le rapport Meadows, le premier Choc p\u00e9trolier, le premier sommet de la Terre \u00e0 Stockholm et la s\u00e9cheresse du Sahel, le r\u00e9gime historique de la colonisation datant de 1492 polarise cet ordre environnemental. D\u2019ailleurs, Amin (1993, 1988) situe l\u2019eurocentrisme \u00e0 cette date charni\u00e8re et montre comment l\u2019id\u00e9ologie du capital persiste. En effet, le premier moment qui \u00e9mane de la suppos\u00e9e d\u00e9couverte de l\u2019Am\u00e9rique est une <em>intrusion<\/em> en ce sens qu\u2019elle d\u00e9structure les cultures am\u00e9rindiennes en s\u2019appropriant leurs richesses et ressources naturelles sous le fallacieux pr\u00e9texte de leur \u00ab\u00a0apporter Dieu\u00a0\u00bb, alors que le deuxi\u00e8me moment est fait d\u2019<em>injonctions<\/em> en cr\u00e9ant une gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui s\u2019illustre d\u00e9sormais \u00e0 travers la <em>Conference of Parties<\/em> (COP) qui r\u00e9git les n\u00e9gociations internationales sur le climat. Ce cheminement, qui est une <em>irruption <\/em>dans les expressions culturelles des peuples autochtones, signifie simultan\u00e9ment une <em>incursion<\/em> dans les modes de gestion des ressources naturelles au niveau local. Il participe ensuite \u00e0 d\u00e9finir un statut de l\u2019environnement en Afrique par la traite n\u00e9gri\u00e8re qui restructure l\u2019utilisation de la force.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que l\u2019environnement appara\u00eet progressivement comme un instrument de plus dans la r\u00e9ification du continent, comme c\u2019est le cas dans les domaines \u00e9conomique, politique et culturel. Il semble bien que le domaine environnemental soit le plus ancien, \u00e9tant le lit naturel de ces domaines plus connus. L\u2019environnement a d\u00e8s lors motiv\u00e9 les exp\u00e9ditions et explorations du continent europ\u00e9en vers ce qu\u2019il a appel\u00e9 le \u00ab\u00a0nouveau monde\u00a0\u00bb. Les r\u00e9cents travaux de Ferdinand (2019) sur l\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale et Blanc (2020) sur le \u00ab\u00a0colonialisme\u00a0vert\u00a0\u00bb montrent, de part et d\u2019autre, les liaisons dangereuses entre colonisation et destruction de l\u2019environnement sous l\u2019apparence, somme toute, de sauveur de la Nature par l\u2019Occident. La nouvelle \u00e8re g\u00e9ologique qualifi\u00e9e d\u2019\u00ab\u00a0Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb par Crutzen (2002)<a class=\"footnote\" title=\"Paul Joseph Crutzen, prix Nobel de Chimie en 1995, a propos\u00e9 d\u2019appeler notre \u00e8re g\u00e9ologique l\u2019Anthropoc\u00e8ne et d\u2019en marquer le d\u00e9but en l\u2019an 1784, date du d\u00e9p\u00f4t du brevet de la machine \u00e0 vapeur par James Watt, indiqu\u00e9 comme le d\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle. Pour d\u2019autres chercheurs et chercheuses, la modification du biotope par l\u2019activit\u00e9 humaine date de bien avant, elle pourrait m\u00eame remonter au pal\u00e9olithique.\" id=\"return-footnote-645-1\" href=\"#footnote-645-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> rel\u00e8verait d\u2019un eurocentrisme qui propage une mani\u00e8re unilat\u00e9rale d\u2019user des ressources naturelles. Or, le rapport \u00e0 l\u2019environnement est v\u00e9cu diff\u00e9remment selon les ontologies des soci\u00e9t\u00e9s humaines. Ainsi, nous tenterons d\u2019analyse les rep\u00e8res de voie de passage de la commotion coloniale et n\u00e9o-lib\u00e9rale \u00e0 la \u00ab\u00a0co-motion\u00a0\u00bb sociale-\u00e9cologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette situation entra\u00eene des cons\u00e9quences\u00a0au rang desquelles une imposition de la culture n\u00e9olib\u00e9rale dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, un d\u00e9ni de la diversit\u00e9 culturelle, une m\u00e9connaissance des rapports de l\u2019humain et du non-humain, une pr\u00e9carit\u00e9 du vivant, une ignorance de l\u2019impr\u00e9dictibilit\u00e9 des syst\u00e8mes socio-\u00e9cologiques. Or, l\u2019environnement est un bien indivis, socialement construit et repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 travers une culture donn\u00e9e qui le vit et le transforme suivant son historicit\u00e9. Pour ne pas s\u2019\u00e9tonner de l\u2019intrusion de l\u2019environnement dans le d\u00e9bat de la\u00a0commotion coloniale et n\u00e9olib\u00e9rale, il suffit juste de voir que les ressources naturelles qui peuplent l\u2019environnement servent de mati\u00e8res premi\u00e8res aux activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques. Le lien est alors \u00e9tabli entre les enjeux \u00e9conomiques et les d\u00e9fis \u00e9cologiques. De ce point de vue, on peut retenir, ne serait-ce qu\u2019\u00e0 titre d\u2019hypoth\u00e8se de travail, que la r\u00e9gulation \u00e9conomique internationale a des connexions avec la gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui demeure sous l\u2019emprise du syst\u00e8me-monde. En Afrique, les industries extractives et la monoculture d\u00e9gradent, appauvrissent les sols et augmentent l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire avec la disparition d\u2019une agriculture vivri\u00e8re fid\u00e8le \u00e0 des pratiques qualifi\u00e9es d\u2019agro\u00e9cologiques. D\u2019ailleurs, l\u2019expropriation fonci\u00e8re et le <em>land grabbing<\/em> prennent des proportions de plus en plus grandes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Historiquement, en Afrique, le rapport \u00e0 l\u2019environnement n\u2019est pas un rapport instrumental; il est plut\u00f4t un rapport symbiotique, une \u00ab\u00a0ontologie relationnelle\u00a0\u00bb distincte de l\u2019ontologie \u00ab\u00a0dualiste\u00a0\u00bb, relevant de la modernit\u00e9 s\u00e9culaire, capitaliste et lib\u00e9rale (Escobar, 2018). Les communaut\u00e9s tirent une partie de leur substance dans l\u2019environnement comme dans la cosmogonie. Des noms de famille, des rituels, des constructions d\u2019habitation, des am\u00e9nagements paysagers, des activit\u00e9s cycliques, etc. s\u2019inspirent de la nature pour se gaver d\u2019un \u00e9quilibre pr\u00e9venant ou bienveillant. Cette propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas le propre de l\u2019Afrique. D\u2019autres r\u00e9gions du monde, comme l\u2019Am\u00e9rique Latine, les Cara\u00efbes, l\u2019Oc\u00e9anie, etc., s\u2019inscrivent dans ce m\u00eame \u00e9lan vital. La quatri\u00e8me r\u00e9volution industrielle a, cependant, boulevers\u00e9 l\u2019ordre naturel qui conforte la pr\u00e9pond\u00e9rance de l\u2019\u00e9conomie et accepte la dict\u00e9e actuelle du num\u00e9rique. Les prodigieuses transformations survenues depuis l\u2019invention de la machine \u00e0 vapeur de James Watt en 1765 ont fini de red\u00e9finir un certain rapport \u00e0 l\u2019environnement qui trouve ses racines anciennes dans le fameux souhait cart\u00e9sien de \u00ab\u00a0rendre les hommes ma\u00eetres et processeurs de la nature\u00a0\u00bb. Partant, c\u2019est au sein de l\u2019\u00e9cologie (politique) que semble se dessiner les grandes interrogations sur le temps pass\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 et l\u2019avenir de la plan\u00e8te Terre\u00a0: ce qui pose le d\u00e9fi de penser, du vivre-ensemble et d\u2019habiter au\/le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La m\u00e9thodologie consiste en une analyse documentaire critique, mais aussi factuelle et \u00e0 l\u2019emploi de la r\u00e9flexivit\u00e9 qui informe d\u2019une certaine \u00e9pist\u00e9mologie, laquelle privil\u00e9gie le rapport dialogique du soi \u00e0 soi pour percevoir l\u2019expression du sens et le d\u00e9voilement des enjeux d\u2019une part et, d\u2019autre part, d\u2019historiciser la production des savoirs. Cette d\u00e9marche s\u2019appuiera donc sur des \u00e9l\u00e9ments empiriques tir\u00e9s de nos exp\u00e9riences de recherche. Notre cadre\u00a0d\u2019analyse est ancr\u00e9 dans la sociologie de l\u2019environnement et le paradigme r\u00e9aliste des relations internationales. Il concerne \u00e9galement une critique socio-anthropologique du d\u00e9veloppement \u00e0 cause du mythe sans cesse renouvel\u00e9 du progr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous allons voir que l\u2019Afrique est non seulement marginalis\u00e9e dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, mais pour des besoins de conservation des ressources naturelles. Elle accomplit une t\u00e2che-monde qu\u2019elle ne serait la seule \u00e0 faire malgr\u00e9 sa faible participation \u00e0 la pollution industrielle et domestique. Lorsque l\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale et le \u00ab\u00a0colonialisme vert\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8lent comment l\u2019environnement est un volet ignor\u00e9 de la colonisation, c\u2019est que la domination qui y est exerc\u00e9e est entretenue par les logiques \u00e9conomiques d\u2019extraction et de d\u00e9gradation des ressources naturelles. Les cons\u00e9quences, pour le moins disruptives, sont d\u2019une extr\u00eame remise en cause du caract\u00e8re de sujet de l\u2019Afrique. C\u2019est de ce constat que se d\u00e9gagera la port\u00e9e \u00e9pist\u00e9mologique de l\u2019analyse.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Par l\u2019\u00e9conomie, la guerre de l\u2019environnement a d\u00e9j\u00e0 (eu) lieu\u2026 en Afrique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique est per\u00e7ue et construite de l\u2019ext\u00e9rieur. Son image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e entra\u00eene des cons\u00e9quences sur la place qu\u2019elle occupe dans la globalisation. Si sa marginalisation \u00e9conomique et son rejet politique sont un fait, le domaine de l\u2019environnement informe de la m\u00eame conception qui tend \u00e0 faire du continent un \u00e9ternel objet. C\u2019est ainsi que l\u2019Afrique s\u2019accorde la plupart du temps \u00e0 remplir une t\u00e2che-monde qui profite au temps des puissances occidentales et d\u00e9poss\u00e8de les temps sociaux de ses peuples. Le r\u00e9alisme du syst\u00e8me international n\u2019\u00e9pargne aucun domaine de la vie, pas m\u00eame l\u2019environnement, seul v\u00e9ritable bien commun mondial.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique marginale ou marginalis\u00e9e dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La gouvernance mondiale de l\u2019environnement qui s\u2019illustre sur le terrain du climat r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 son tour, la centralit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie au sein des grandes institutions intergouvernementales (Fonds mon\u00e9taire international, Banque mondiale, Syst\u00e8me des Nations unies). La division internationale du travail conf\u00e8re souvent une place marginale aux r\u00e9gions subsahariennes qui est justifi\u00e9e par les relents de la colonisation. Cela participe \u00e0 construire un st\u00e9r\u00e9otype n\u00e9gatif qui devient influent lorsqu\u2019une politique doit y \u00eatre appliqu\u00e9e sans une prise en compte de leur originalit\u00e9, de leur potentiel et de leur dynamisme. Bien \u00e9videmment, ces politiques se jouent de cette perception pour tirer leur \u00e9pingle du jeu, mais l\u2019\u00e9tat de leur souverainet\u00e9 d\u00e9j\u00e0 mis en mal se reproduit dans l\u2019environnement. Le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) a, par le pass\u00e9, essuy\u00e9 des critiques. Il lui a \u00e9t\u00e9 notamment reproch\u00e9 sa normativit\u00e9 (Dahan, 2007) et l\u2019infirmation de certaines conclusions (Dubuis, 2010); il en est de m\u00eame de la composition des \u00e9quipes de scientifiques assez europ\u00e9ocentr\u00e9es. Ces p\u00e9rip\u00e9ties furent qualifi\u00e9es de <em>climagate<\/em>. Ainsi, on peut voir comment la probl\u00e9matique du changement climatique appara\u00eet comme un nouveau march\u00e9 du d\u00e9veloppement dans la perspective r\u00e9aliste des relations internationales (Sarr, 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les immenses ressources naturelles pr\u00eat\u00e9es \u00e0 l\u2019Afrique ne permettent pas \u00e0 ses \u00c9tats d\u2019\u00ab\u00a0imposer\u00a0\u00bb leurs prix dans la fourniture des mati\u00e8res premi\u00e8res et la mise en place d\u2019unit\u00e9s de transformation dans ses contr\u00e9es. La plupart des pays connaissent des instabilit\u00e9s politiques chroniques ou vell\u00e9itaires. On peut citer entre autres l\u2019exemple de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, du Gabon, du Burundi, du Cameroun, de la Guin\u00e9e, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Zimbabwe, du Niger, de l\u2019Angola, etc. Bien des ann\u00e9es plus t\u00f4t, Diop (1955) sonnait une \u00ab\u00a0alerte sous les tropiques\u00a0\u00bb d\u2019abord sur les questions d\u2019\u00e9nergies hydraulique, solaire, atomique, thermonucl\u00e9aire, \u00e9olienne, thermique des mers et marr\u00e9e-motrice avant de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 tout autre aspect et domaine concernant le d\u00e9veloppement qui constituent aujourd\u2019hui un enjeu g\u00e9ostrat\u00e9gique. C\u2019est cette ru\u00e9e vers l\u2019Afrique qui demeure active depuis le colonialisme et d\u00e9nonc\u00e9e avec v\u00e9h\u00e9mence par C\u00e9saire (1950) lorsqu\u2019il posa l\u2019\u00e9quation suivant laquelle colonisation \u00e9gale chosification. Et pour la justifier, il mentionne les aspects \u00e9conomiques qui concernent des cultures vivri\u00e8res d\u00e9truites, la sous-alimentation qui s\u2019est install\u00e9e, le d\u00e9veloppement agricole qui a \u00e9t\u00e9 orient\u00e9 selon le seul b\u00e9n\u00e9fice des m\u00e9tropoles, les rafles des produits et des mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 la place des \u00e9conomies naturelles, harmonieuses et viables, des \u00e9conomies d\u00e9sorganis\u00e9es \u00e0 la mesure de l\u2019humain indig\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Eu \u00e9gard \u00e0 sa marginalisation dans le syst\u00e8me international dans plusieurs domaines, l\u2019Afrique demeure cet espace projet\u00e9 des exp\u00e9rimentations et des t\u00e2ches-monde qui s\u2019accompagnent m\u00eame d\u2019une d\u00e9possession du temps. C\u2019est ainsi que les politiques environnementales ne sont pas sans reproduire le m\u00eame sch\u00e9ma que les politiques \u00e9conomiques qui tendent \u00e0 fabriquer de \u00ab\u00a0bons \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb. Cette perspective prend forme d\u2019autant plus qu\u2019il y a des \u00ab\u00a0fonds verts\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0fonds climat\u00a0\u00bb en circulation pour les administrations et les collectivit\u00e9s territoriales. Ce sont des m\u00e9canismes de l\u2019Organisation des Nations unies (ONU) pour financer les projets d\u2019att\u00e9nuation et d\u2019adaptation au changement climatique. C\u2019est \u00e0 travers la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) que s\u2019op\u00e8re un transfert de fonds des pays d\u00e9velopp\u00e9s aux pays jug\u00e9s les plus vuln\u00e9rables. Projet \u00e9mergent lors de la COP16 \u00e0 Canc\u00fan en 2010, le Fonds pour l\u2019environnement mondial (FEM) est officiellement lanc\u00e9 en 2011 lors de la COP17 \u00e0 Durban et op\u00e9rationnel depuis 2015. L\u2019objectif fix\u00e9 par les \u00c9tats est de mobiliser plus de 100\u00a0milliards de dollars par an entre la signature de l\u2019accord et 2020. Le S\u00e9n\u00e9gal en a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 au titre du Projet FP021 (Projet de gestion des crues urbaines int\u00e9gr\u00e9es au S\u00e9n\u00e9gal) \u00e0 hauteur de 16.8 (USD million) avec l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) comme entit\u00e9 accr\u00e9dit\u00e9e en date du 14 octobre 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Janicot <em>et al<\/em>. (2015, p.\u00a0115) affirment que \u00ab\u00a0La bande sah\u00e9lo-soudanienne, qui s\u2019\u00e9tend du S\u00e9n\u00e9gal jusqu\u2019au Soudan, est point\u00e9e par les experts du GIEC comme une des r\u00e9gions du globe les plus vuln\u00e9rables au changement climatique\u00a0\u00bb. En effet, le cinqui\u00e8me rapport du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) en 2014 fait \u00e9tat des temp\u00e9ratures qui pourraient augmenter de 3 \u00e0 4\u00a0\u00b0C dans le Sahel d\u2019ici la fin du XXIe si\u00e8cle. Gemenne (2011) \u00e9tablit qu\u2019au regard des pr\u00e9visions actuelles, l\u2019Afrique subsaharienne fera partie, avec les petits \u00e9tats insulaires, les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res et delta\u00efques, des zones les plus touch\u00e9es par le changement climatique. En effet, le <em>ND-GAIN Vulnerability Index<\/em> montre que l\u2019Afrique reste la r\u00e9gion la plus expos\u00e9e, et plus particuli\u00e8rement la Bande saharo-sah\u00e9lienne (BSS). Au rang des cons\u00e9quences, nous pouvons citer\u00a0: l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la diminution des ressources hydriques, les probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique, la baisse des rendements agricoles, etc. qui remettent en cause les objectifs de d\u00e9veloppement. L\u2019une des cons\u00e9quences dramatiques observ\u00e9e et qui entre dans la cat\u00e9gorie des plus grands d\u00e9fis pr\u00e9sents et futurs, c\u2019est la migration environnementale. D\u2019ailleurs, Ionesco, Mokhnacheva et Gemenne (2016) ont d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9gion sah\u00e9lienne est le si\u00e8ge du plus grand potentiel au monde de migrations environnementales. Cela \u00e9mane d\u2019un probl\u00e8me beaucoup plus global qui concerne les in\u00e9galit\u00e9s sociales et territoriales. Pourtant, dans une perspective de justice environnementale, les pertes et dommages ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des n\u00e9gociations sur le climat lors de la COP de Varsovie en 2013, de la COP21 de Paris en 2015 et de la COP16 de Marrakech en 2016. Leur prise en compte a d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019adoption du <em>Warsaw International Mechanism for Loss and Damage Associated with Climate Change Impacts<\/em> avec pour mission principale de g\u00e9rer les questions relatives aux pertes et dommages associ\u00e9s aux impacts des changements climatiques \u00e0 long terme dans les pays en d\u00e9veloppement qui sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Sa mise en \u0153uvre est une responsabilit\u00e9 d\u2019un comit\u00e9 ex\u00e9cutif compos\u00e9 d\u2019experts sous l\u2019\u00e9gide de la CCNUCC. Elle s\u2019appuie surtout sur la mobilisation de fonds pour financer des actions de rem\u00e9diation et d\u2019att\u00e9nuation des pertes et dommages surtout chez les communaut\u00e9s pauvres.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La conservation des ressources naturelles ou quand l\u2019Afrique accomplit une t\u00e2che-monde<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019id\u00e9e d\u2019une r\u00e9ification de l\u2019Afrique est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 en \u00e9conomie. On peut se souvenir ainsi de l\u2019ancien secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense sous Kennedy et Johnson, Robert McNamara, qui d\u00e9clarait le 30 septembre 1968, lors de sa premi\u00e8re allocution publique en tant que pr\u00e9sident de la Banque mondiale, que c\u2019est en Afrique, qui parvient \u00e0 peine au seuil des investissements majeurs de d\u00e9veloppement, que devrait se produire l\u2019extension la plus consid\u00e9rable de leurs activit\u00e9s. Cette vision d\u00e9veloppementaliste alimente les principes d\u2019intervention des institutions de Bretton Woods (Fonds mon\u00e9taire international \u2013 FMI \u2013 et Banque mondiale) dont le summum fut le fameux Consensus de Washington dans les ann\u00e9es 1990. Gilroy (2020) rapporte une note l\u00e9gendaire ult\u00e9rieurement divulgu\u00e9e aux militant\u00b7e\u00b7s de mouvement environnementaliste de Lawrence Summers \u00e0 la derni\u00e8re d\u00e9cennie du XXe si\u00e8cle, alors \u00e9conomiste en chef \u00e0 la Banque mondiale avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 de Harvard, qui estime raisonnable une mesure d\u2019exportation de la pollution vers les \u00ab\u00a0pays les moins d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb. Cette mesure est gla\u00e7ante d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9verser des d\u00e9chets toxiques sur le continent africain. D\u2019ailleurs, ceci est devenu une mesure banale tant beaucoup de pays africains se font la d\u00e9charge du Nord industrialis\u00e9. Il y a bien \u00e9videmment des cons\u00e9quences sanitaires et environnementales encourues par les \u00e9cosyst\u00e8mes et les \u00eatres vivants, mais il semble que la manne financi\u00e8re empoch\u00e9e force l\u2019argument. Le Kenya s\u2019est r\u00e9cemment fait l\u2019\u00e9cho du commerce de plastique avec l\u2019argument du recyclage, mais qui, en r\u00e9alit\u00e9, sert \u00e0 l\u2019industrie am\u00e9ricaine notamment \u00e0 amoindrir les impacts environnementaux de leur traitement<a class=\"footnote\" title=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique.\" id=\"return-footnote-645-2\" href=\"#footnote-645-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De m\u00eame, l\u2019Afrique subsaharienne et l\u2019Am\u00e9rique latine furent parmi les r\u00e9gions les plus en proie \u00e0 cette politique n\u00e9olib\u00e9rale avec des d\u00e9cennies perdues d\u00e9bouchant sur une grande d\u00e9sillusion (Stiglitz, 2002), les politiques de conservation des ressources naturelles promues par les Accords environnementaux multilat\u00e9raux (AEM)<a class=\"footnote\" title=\"Ce sont : la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB) et la Convention des nations unies sur la lutte contre la d\u00e9sertification (CNULD).\" id=\"return-footnote-645-3\" href=\"#footnote-645-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a> de la Convention de Rio de 1992 pr\u00e9sentent une perspective mitig\u00e9e et ambivalente pour le d\u00e9veloppement durable. La r\u00e9duction des \u00e9missions de GES, promue depuis le Protocole de Kyoto en 1997 au moins, demeure un int\u00e9r\u00eat actuel malgr\u00e9 l\u2019ambivalence des plus grands pays pollueurs au monde de se conformer aux exigences de maintenir bas le r\u00e9chauffement climatique. Les remous autour de l\u2019Accord de Paris sur le climat en 2015 montrent comment les enjeux \u00e9conomiques sont au c\u0153ur des choix strat\u00e9giques. De plus, depuis 2009, le m\u00e9canisme de R\u00e9duction des \u00e9missions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9forestation et \u00e0 la d\u00e9gradation des for\u00eats tropicales (REDD ) a \u00e9t\u00e9 mis en place pour atteindre les objectifs internationaux de ma\u00eetrise des \u00e9missions de GES. C\u2019est ainsi que les for\u00eats tropicales repr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat croissant. Le Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (PNUE) et les Organisations non gouvernementales (ONG) \u00e9voluant sur les questions environnementales portent beaucoup d\u2019espoir au continent africain pour les puits carbone. Ils repr\u00e9sentent un march\u00e9 \u00e9norme o\u00f9 l\u2019Afrique est particuli\u00e8rement scrut\u00e9e du fait de ses for\u00eats pour la s\u00e9questration carbone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que le nombre d\u2019Aires marines prot\u00e9g\u00e9es (AMP) n\u2019a cess\u00e9 d\u2019accro\u00eetre en Afrique depuis le Sommet du d\u00e9veloppement durable tenu \u00e0 Johannesburg en 2002. Leur mise en place s\u2019inscrit dans la mouvance du Sommet de la Terre de Rio de 1992. \u00c0 partir de la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB), elles sont surtout popularis\u00e9es par le Congr\u00e8s mondial des aires prot\u00e9g\u00e9es tenu \u00e0 Durban du 8 au 17 septembre 2003 sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il dressait le bilan des aires prot\u00e9g\u00e9es mondiales tout en d\u00e9finissant des objectifs prioritaires pour la d\u00e9cennie \u00e0 venir. De ce fait, un R\u00e9seau r\u00e9gional des aires marines prot\u00e9g\u00e9es d\u2019Afrique de l\u2019Ouest<strong> (<\/strong>RAMPAO) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 pour apporter un accompagnement technique dans la gestion. Il convient d\u2019adopter des m\u00e9thodes de cogestion qui s\u2019appuient sur la d\u00e9centralisation et l\u2019approche \u00e9cosyst\u00e9mique promue par la CDB, mais les enjeux locaux de conservation r\u00e9v\u00e8lent une dimension politique source de bien des conflits (Bertrand, Montagne et Karsenty, 2006).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Partant, l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal avait manifest\u00e9 son intention de cr\u00e9er des AMP; d\u2019o\u00f9 la signature en 2004 du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel n\u00b0\u00a02004-1408 du 04 novembre 2004 portant cr\u00e9ation de cinq AMP\u00a0(Saint-Louis, Kayar, Joal-Fadiouth, Bamboung et Ab\u00e9n\u00e9). Except\u00e9 l\u2019AMP de Bamboung qui s\u2019\u00e9vertue \u00e0 conserver une zone de fray\u00e8res et d\u2019alimentation pour l\u2019ichtyofaune, le lamantin, le dauphin et les tortues marines et l\u2019AMP de Joal-Fadiouth comme zone de fray\u00e8res et site de reproduction des tortues marines, toutes les autres AMP s\u2019occupent de protection et de conservation des p\u00eacheries. En outre, en 2013, furent cr\u00e9\u00e9es dans le delta du Saloum, les AMP de Sangomar (communes de Palmarin et de Dionewar) et de Gandoul (commune de Djirnda). Pour marquer davantage sa volont\u00e9, l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal a cr\u00e9\u00e9 par le d\u00e9cret n\u00b0\u00a02012-543 du 24 mai 2012 la Direction des aires marines communautaires prot\u00e9g\u00e9es (DAMCP). \u00c0 ces sept AMP, s\u2019ajoutent six parcs nationaux (Niokolo-Koba, Langue de Barbarie, Oiseaux du Djoudj, \u00celes de la Madeleine, Delta du Saloum et Basse Casamance), quatre r\u00e9serves naturelles (Guembeul, Popenguine, Kalissaye et Ferlo Nord) et deux r\u00e9serves naturelles communautaires (Somone et Palmarin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019ambition de conservation est affich\u00e9e avec des arguments qui forcent l\u2019assentiment, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019au niveau des territoires, il y a des confiscations d\u2019espaces de p\u00eache et des d\u00e9possessions de terre sans alternative pour les populations locales. Parmi les plus grands parcs qui grugent beaucoup de superficies souvent au d\u00e9triment des populations locales\u00a0en Afrique, on a\u00a0: Kruger (Afrique du Sud), Masai Mara (Kenya), Serengeti (Tanzanie), Kilimandjaro (Tanzanie), Bwindi, Namib-Naukluft (Namibie), chutes Victoria\/Mosi-oa-Tunya (la fum\u00e9e qui gronde) (Zambie-Zimbabwe). C\u2019est ainsi qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal des populations ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9guerpies lors de l\u2019\u00e9tablissement du parc de Niokolo Koba, avec 76\u00a0000\u00a0hectares pendant que des exploitants priv\u00e9s profitent d\u2019une partie des terres. De plus, les r\u00e9serves naturelles sont le privil\u00e8ge des nantis qui ont les moyens de profiter de la nature. La conservation n\u2019est pas toujours de l\u2019int\u00e9r\u00eat des populations; c\u2019est ce que montre Diallo (2019) dans une \u00e9tude men\u00e9e dans l\u2019AMP de Bamboung, avec en cause, l\u2019orientation conservationniste des ONG au tournant des ann\u00e9es 1980. Ce n\u2019est pas tant la conservation qui est \u00e0 remettre en cause, mais les logiques qui la fondent. La surexploitation pour des raisons industrielles est diff\u00e9rente d\u2019une exploitation m\u00e9nag\u00e8re vivri\u00e8re qui n\u00e9cessiterait de gros moyens de d\u00e9fense de l\u2019environnement. C\u2019est d\u2019ailleurs m\u00e9conna\u00eetre que les communaut\u00e9s ont des m\u00e9thodes propres de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des ressources telles que les pratiques agro\u00e9cologiques red\u00e9couvertes et les normes coutumi\u00e8res de conservation des ressources naturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est pourquoi Blanc (2020) parle d\u2019un \u00ab\u00a0colonialisme\u00a0vert\u00a0\u00bb \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle avec la cr\u00e9ation par les colons des premiers parcs naturels du continent, du Congo jusqu\u2019en Afrique du Sud avec la folle id\u00e9e d\u2019avoir retrouv\u00e9 une nature disparue en Europe. L\u2019exotisme, comme il leur a plu de consid\u00e9rer les soci\u00e9t\u00e9s africaines \u00e0 travers une science (l\u2019anthropologie) et une politique (la colonisation), est une qu\u00eate. Revenant au raisonnement de l\u2019auteur, le but inavou\u00e9 \u00e9tait alors de trouver un vaste espace pour le bonheur des safaris touristiques faits d\u2019animaux sauvages en grand nombre et gambadant en toute libert\u00e9. \u00c0 l\u2019en croire, l\u2019expulsion des communaut\u00e9s locales et les violences de toutes sortes sont exerc\u00e9es par\u00a0des \u00e9co-gardes soutenus par l&rsquo;UNESCO, le WWF et tant d\u2019autres ONG. Cela remet en cause la capacit\u00e9 extraordinaire de mobilit\u00e9 et de circulation des communaut\u00e9s avec leurs biens, d\u00e9j\u00e0 depuis le temps de l\u2019\u00c9gypte pharaonique et de la Nubie antique le long du Nil et dans la savane soudanaise. Il s\u2019y ajoute l\u2019implantation de communaut\u00e9s sur des espaces qu\u2019elles ont su dompter et entretenir un rapport sacr\u00e9. Les empires de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest comme le Ghana, le Mali et le Songha\u00ef \u00e9taient d\u2019une richesse qui permirent le d\u00e9veloppement de grands foyers de commerce qu\u2019on puisse apparenter \u00e0 une mondialisation, ou du moins \u00e0 un multilat\u00e9ralisme avant l\u2019heure, et qui n\u2019avaient pas besoin de guerre pour se faire, mais d\u2019\u00e9changes plut\u00f4t relationnels qu\u2019instrumentaux. Aujourd\u2019hui encore, la migration interne en Afrique concerne beaucoup plus de personnes que l\u2019\u00e9migration internationale malgr\u00e9 le toll\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne depuis les mers atlantiques et m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019environnement, l\u2019autre volet ignor\u00e9 ou encore inconnu de la colonisation<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le rapport de colonialit\u00e9 qui d\u00e9finit les relations Nord\/Sud, l\u2019environnement est apparu moins visible que les domaines \u00e9conomiques, politiques et culturels dans les relations de domination. En se repla\u00e7ant dans le contexte de la polarisation des mondes, on se rend compte que l\u2019environnement est un \u00e9l\u00e9ment central du colonialisme, d\u2019autant plus que ce sont des mati\u00e8res premi\u00e8res qui sont recherch\u00e9es \u00e0 l\u2019autre bout du monde. La R\u00e9volution industrielle qui profite beaucoup de cette pr\u00e9figuration des relations internationales aura c\u00e9d\u00e9 aux g\u00e9n\u00e9rations futures une plan\u00e8te anthropocentrique qui fragilise l\u2019humanit\u00e9, les territoires et les ressources. La crise \u00e9cologique qu\u2019elle traverse tient ses origines dans le colonialisme.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale pour lever le rideau<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Kodjo-Grandvaux (2020) dresse un portrait assez exhaustif des origines coloniales de la crise \u00e9cologique au rang desquelles le capitalisme, structur\u00e9 autour d\u2019une \u00e9conomie extractive et des monocultures intensives. La cons\u00e9quence est sans appel pour la biodiversit\u00e9 (Bednik, 2016). Des Afro-Am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es 1970 (Nathan Hare, Terry Jones), ensuite des Latino-Am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es 1990 (Walter Mignolo, Ram\u00f3n Grosfoguel, Arturo Escobar), ont \u00e9tabli le lien entre conqu\u00eate de l\u2019Am\u00e9rique, traite n\u00e9gri\u00e8re et colonisation sur la pr\u00e9dation des ressources naturelles. La pauvret\u00e9 structurelle qui existe dans le Sud global tient ses causes anciennes du mercantilisme d\u2019alors. L\u2019\u00e9cologie d\u00e9coloniale qui s\u2019appuie sur la critique du d\u00e9veloppement met \u00e0 nu trois probl\u00e8mes majeurs, \u00e0 savoir, la colonisation, l\u2019extractivisme et la monoculture qui sont \u00e0 la base de la domination \u00e9conomique. L\u2019Afrique en souffre particuli\u00e8rement. C\u2019est pourquoi Escobar (2018), qui est du nombre des penseurs d\u00e9coloniaux sud-am\u00e9ricains<a class=\"footnote\" title=\"En plus de lui qui est \u00e0 North Carolina, il y a Nelson Maldonado-Torres (Rutgers), Walter Mignolo (Duke) et Ram\u00f3n Grosfoguel (Berkeley). L\u2019espace nord-am\u00e9ricain est plus ouvert aux \u00e9tudes postcoloniales et d\u00e9coloniales que la France, par exemple, dont la frilosit\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit de ces \u00e9tudes frise le ridicule. Mais il ne peut en \u00eatre autrement du fait de son pass\u00e9 colonisateur avec tout ce qui en d\u00e9coule aujourd\u2019hui encore.\" id=\"return-footnote-645-4\" href=\"#footnote-645-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a>, int\u00e9grant l\u2019\u00e9cologie au tournant d\u00e9colonial, n\u2019a pas manqu\u00e9 de fonder sa remarquable contribution sur la critique d\u2019abord du d\u00e9veloppement. Malgr\u00e9 les critiques et les alternatives pour le concept de d\u00e9veloppement, il n\u2019a jamais mieux r\u00e9sist\u00e9, malgr\u00e9 m\u00eame les crises cycliques ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du capitalisme. Le d\u00e9veloppement est si structurant de la vie des populations que sa reconsid\u00e9ration est une condition pour une \u00e9cologie d\u00e9coloniale. \u00c9galement, les luttes des indig\u00e8nes et les mouvements de lib\u00e9ration en Colombie contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme sont les sources d\u2019un usage des ressources naturelles en ad\u00e9quation avec les int\u00e9r\u00eats du pays et les cultures locales<a class=\"footnote\" title=\"M\u00eame en politique, cette perspective est une r\u00e9alit\u00e9. On peut voir \u00e0 ce propos le vibrant discours d\u2019investiture du vice-pr\u00e9sident de l\u2019\u00c9tat plurinational de Bolivie, David Choquehuanca, le 8 novembre 2020. Lien\u00a0: https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk, consult\u00e9 le 21 novembre 2020.\" id=\"return-footnote-645-5\" href=\"#footnote-645-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. \u00c0 travers la construction du mot <em>sentirpensar<\/em>, on remarque une distance par rapport au chosisme du monde occidental.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En proposant de penser l\u2019\u00e9cologie depuis le monde carib\u00e9en, Ferdinand (2019) rappelle la violence avec laquelle les destins des Europ\u00e9en\u00b7ne\u00b7s, Am\u00e9rindien\u00b7ne\u00b7s et Africain\u00b7es sont scell\u00e9s \u00e0 partir de l\u2019esclavagisme avec son corollaire d\u2019imp\u00e9rialisme qui d\u00e9truit les paysages et les territoires. Pour notre part, nous pensons que sa m\u00e9taphore de la temp\u00eate qui se d\u00e9charge de la cale du navire n\u00e9grier<a class=\"footnote\" title=\"Inspir\u00e9 par le tableau de William Turner, Le N\u00e9grier ou Le Bateau n\u00e9grier (1840), Mus\u00e9e des beaux-arts, Boston (USA).\" id=\"return-footnote-645-6\" href=\"#footnote-645-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a> pour mieux faire face au d\u00e9cha\u00eenement des mers est une invite \u00e0 restaurer la dignit\u00e9 humaine et l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cosyst\u00e9mique emport\u00e9 dans les vagues capitalistes. Celles-ci excluent nombre des habitant\u00b7e\u00b7s de la plan\u00e8te Terre. Aujourd\u2019hui que nous sommes 7.5\u00a0milliards avec tout le discours malthusien rab\u00e2ch\u00e9 encore r\u00e9cemment en Afrique, il y a fort \u00e0 parier que certain\u00b7e\u00b7s encombrent ceux ou celles qui les indisposent. Car ayant aper\u00e7u\u00a0l\u2019impens\u00e9 de la double fracture moderne qui s\u00e9pare les questions coloniales des destructions environnementales, il ne s\u2019agit pas de rendre coup pour coup, mais de la panser par un \u00ab\u00a0habiter ensemble\u00a0\u00bb, d\u2019autant plus qu\u2019humains et non-humains partagent l\u2019horizon d\u2019un monde commun. Cette attitude est non seulement empathique pour aborder l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019ips\u00e9it\u00e9, mais aussi dans le sens et la mesure d\u2019une justice qui permet justement le vivre-ensemble avec un mieux-\u00eatre dans une arche de No\u00e9 qui bannit<em>\u00a0<\/em>les in\u00e9galit\u00e9s sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, selon les expressions de Ferdinand (2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il y a au moins deux niveaux de d\u00e9monstration du probl\u00e8me abord\u00e9. Premi\u00e8rement, une litt\u00e9rature ancr\u00e9e et \u00e9mergente \u00e0 la fois fait de la colonisation une cause de la d\u00e9gradation des environnements du Sud global en rappelant ses causes vraiment anciennes, participe \u00e0 former et \u00e0 d\u00e9finir l\u2019Anthropoc\u00e8ne et impacte la richesse de certaines nations tout en causant la pauvret\u00e9 d\u2019autres. Cette perspective prend le nom d\u2019une \u00e9cologie d\u00e9coloniale, fortement li\u00e9e \u00e0 la probl\u00e9matique du d\u00e9veloppement en Am\u00e9rique latine. Les penseurs d\u00e9coloniaux d\u2019Am\u00e9rique latine sont si bien en avance dans la r\u00e9flexion qu\u2019ils investissent l\u2019\u00e9cologie. En effet, le groupe de la Commission \u00e9conomique de l\u2019Am\u00e9rique latine (CEPAL) avait \u00e9t\u00e9 le centre d\u2019impulsion de la critique de la division internationale du travail et de l\u2019\u00e9change in\u00e9gal sous la f\u00e9rule de Raoul Pr\u00e9bisch. D\u2019ailleurs, la th\u00e9orie de la d\u00e9pendance qui renouvelle l\u2019anti-imp\u00e9rialisme est inspir\u00e9e \u00e0 partir de l\u00e0. Le second niveau du probl\u00e8me est l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019att\u00e9nuation et d\u2019adaptation au changement climatique comme source et r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une t\u00e2che-monde allou\u00e9e \u00e0 l\u2019Afrique pour configurer davantage son r\u00f4le p\u00e9riph\u00e9rique et donc, sa r\u00e9ification de nouveau. On retrouve ainsi le sens de \u00ab\u00a0violence \u00e9pist\u00e9mique\u00a0\u00bb d\u00e9cri\u00e9e par Bhargava (2013) sur la mani\u00e8re de concevoir et d\u2019aborder un sujet qui le fait finalement \u00eatre un objet malgr\u00e9 lui.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Une domination environnementale qui appelle des luttes de territoires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez Haraway (2016), La notion de \u00ab\u00a0plantationoc\u00e8ne\u00a0\u00bb cherche \u00e0 traduire l\u2019histoire v\u00e9cue dans les plantations am\u00e9ricaines \u00e0 partir du XVe si\u00e8cle. Elle a aliment\u00e9 la traite des Noir\u00b7e\u00b7s et serait responsable du d\u00e9r\u00e8glement survenu dans les pratiques agricoles autochtones. C\u2019est ainsi qu\u2019en Afrique subsaharienne la monoculture intensive a particip\u00e9 \u00e0 appauvrir les sols en plus de la d\u00e9forestation massive pour disposer de terres arables, bien plus que ce dont les communaut\u00e9s locales avaient besoin pour se nourrir. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire qui touche beaucoup de pays du Sahel peut trouver une explication dans ce s\u00e9quencement de l\u2019exploitation des mati\u00e8res premi\u00e8res pour alimenter les industries capitalistes. C\u2019est le cas par exemple de la culture de l\u2019arachide au S\u00e9n\u00e9gal. Si l\u2019hypoth\u00e8se du retour des pluies est pr\u00e9sentement v\u00e9rifi\u00e9e (Vischel <em>et al.<\/em>, 2015), il n\u2019en demeure pas moins que la conjugaison des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames ou soudains et la salinisation des terres impactent durablement les rendements agricoles. De plus, il y a l\u2019utilisation de pesticides qui sont n\u00e9fastes pour les terres et la sant\u00e9 humaine, pourtant interdite dans les pays membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, comme le chlord\u00e9cone. Si la d\u00e9pendance aux engrais chimiques est une dure r\u00e9alit\u00e9 dans le monde rural, c\u2019est qu\u2019il y a eu une destruction des pratiques agraires soucieuses de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement. C\u2019est pourquoi la promotion actuelle de l\u2019agro\u00e9cologie est une aberration d\u00e8s lors que les modes endog\u00e8nes de culture ont \u00e9t\u00e9 sciemment d\u00e9truits. Il en va de m\u00eame des probl\u00e8mes de nutrition qui sont d\u2019abord un probl\u00e8me de qualit\u00e9 des semences agricoles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cela peut para\u00eetre banal, mais il nous est apparu important de mentionner que l\u2019Afrique est encore vue comme une terre sauvage. En effet, le num\u00e9ro hors-s\u00e9rie d\u2019ao\u00fbt-septembre de <em>National Geographic<\/em> (2020), qui fait \u00e9tat des plus beaux parcs nationaux du monde, a nomm\u00e9 les cinq continents de sorte qu\u2019il soit refl\u00e9t\u00e9 une certaine image favorable ou d\u00e9favorable d\u00e9j\u00e0 bien ancr\u00e9e<a class=\"footnote\" title=\"Ainsi on a en Am\u00e9rique du Nord\u00a0: Au pays des canyons et de grands lacs\u00a0; Am\u00e9rique centrale et du Sud\u00a0: au paradis des jaguars et des limas\u00a0; Europe\u00a0: Le berceau de toutes les l\u00e9gendes\u00a0; Asie\u00a0: Brumes, jungles et montagnes\u00a0; Afrique\u00a0: Fascination du monde sauvage.\" id=\"return-footnote-645-7\" href=\"#footnote-645-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a>. C\u2019est la notion en Am\u00e9rique de <em>wirlderness<\/em>, chez Ferdinand (2019), qui appara\u00eet ici. Pour le cas de l\u2019Afrique, c\u2019est sans surprise l\u2019id\u00e9e de sauvage qui demeure fonctionnelle dans l\u2019imaginaire occidental. De grands espaces qui repr\u00e9sentent une biodiversit\u00e9 suscitent l\u2019int\u00e9r\u00eat des \u00ab\u00a0amoureux de la nature\u00a0\u00bb, des politiques et des scientifiques aussi. Pour aller plus loin sur cette question, le cas de la France avec son pass\u00e9 colonisateur est r\u00e9v\u00e9lateur \u00e0 plus d\u2019un titre. En effet, les fiches th\u00e9matiques sur les AMP en 2019 du Rapport sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019environnement de la France informent d\u2019une situation tr\u00e8s contrast\u00e9e entre la m\u00e9tropole et l\u2019outre-mer. La m\u00e9tropole, qui ne repr\u00e9sente que 3,64\u00a0% de la superficie des eaux fran\u00e7aises, est couverte par un r\u00e9seau de petites et nombreuses AMP. \u00c0 l\u2019inverse, les espaces maritimes ultramarins, qui repr\u00e9sentent 96,36\u00a0% des eaux fran\u00e7aises, font l\u2019objet d\u2019une couverture h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne en mati\u00e8re d\u2019AMP. Par cons\u00e9quent, la mainmise de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais sur les territoires d\u2019outre-mer r\u00e9pondrait d\u2019un besoin d\u2019espaces vitaux pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les esp\u00e8ces et avoir des garanties en cas de crise \u00e9cologique majeure. De plus, depuis 1960, la France occupe ill\u00e9gitimement les \u00eeles \u00c9parses, quatre \u00eeles de Madagascar situ\u00e9es entre le continent africain et Madagascar<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Ce peut-\u00eatre une forme de domination environnementale qui ne dit pas son nom. Dans le rapport de colonialit\u00e9, il y a donc une domination qui se propage \u00e0 toutes les relations de pouvoir sur le corps, les m\u0153urs, la terre, le langage, l\u2019art, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ainsi que s\u2019organise un peu partout dans le monde, comme en Amazonie, une lutte pour les territoires, une lutte pour la reconnaissance et surtout de visibilit\u00e9 (Preci, Gautreau et Tallet, 2020). Il en est de m\u00eame de la notion d\u2019\u00e9cocide qui \u00e9mergea vers la fin des ann\u00e9es 1940, mais qui n\u2019est pas encore consacr\u00e9e dans le droit international public (Neyret, 2014). Pourtant, la notion \u00e9mergente d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9cophagie\u00a0\u00bb qui concerne d\u00e9sormais tous les \u00e9v\u00e9nements qui alt\u00e8rent la plan\u00e8te notamment par la d\u00e9forestation, la d\u00e9sertification, la monoculture, l\u2019extinction des esp\u00e8ces, les menaces nucl\u00e9aires, etc. offre des donn\u00e9es empiriques pour alimenter les d\u00e9bats sur l\u2019environnement mondial qui doivent se r\u00e9duire uniquement \u00e0 des n\u00e9gociations sur le climat. Ici, il y a des mouvements sociaux et des formes d\u2019action collective qui partent de la nature pour alimenter le champ politique pour la prise de d\u00e9cision et qui pr\u00e9serve les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes et futures. On comprend ainsi comment le d\u00e9veloppement durable appara\u00eet comme un slogan plut\u00f4t qu\u2019une r\u00e9alit\u00e9 au sein des communaut\u00e9s et des \u00e9cosyst\u00e8mes. L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme appara\u00eet ainsi comme un mouvement qui tente de solutionner les contradictions en plus de celles existantes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s (Larr\u00e8re, 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un peu comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, l\u2019Afrique paie le plus lourd tribut de la pollution dont elle n\u2019est que d\u00e9risoirement ou accessoirement responsable. En effet, pendant qu\u2019elle contribue pour moins de 4\u00a0% aux \u00e9missions mondiales de GES, l\u2019establishment du d\u00e9veloppement \u00e9conomique l\u2019appelle \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9carbonisation\u00a0\u00bb et plus encore aux transitions \u00e9cologiques et\/ou \u00e9nerg\u00e9tiques. On voit d\u2019ailleurs se multiplier les termes d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9conomie verte\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0m\u00e9tiers verts\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0botanicals\u00a0\u00bb qui posent mal un probl\u00e8me qui n\u2019en est pas un. Pourtant, la CCNUCC poursuit sans cesse une \u00ab\u00a0justice climatique\u00a0\u00bb, mieux encore, d\u2019\u00e9quit\u00e9, \u00e0 travers son article 3, d\u2019autant plus que depuis le Protocole de Kyoto en 1997, il y a toujours eu une distinction entre les pays d\u00e9velopp\u00e9s et les Pays en d\u00e9veloppement (PED) en mati\u00e8re de \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9s communes\u00a0\u00bb. L\u2019Appel de Lima en faveur de l\u2019action climatique en 2014 insistait sur la diff\u00e9rence de d\u00e9veloppement pour motiver les capacit\u00e9s de chaque pays \u00e0 contribuer; ce que l\u2019Accord de Paris en 2015 a mat\u00e9rialis\u00e9 dans son article 2, eu \u00e9gard aux contextes nationaux diff\u00e9rents. En effet, les Contributions pr\u00e9vues d\u00e9termin\u00e9es au niveau national (CPDN) \u00e9manant de l\u2019Accord de Paris de 2015 n\u2019en sont pas moins des instruments de gouvernance n\u00e9olib\u00e9rale standardis\u00e9e en ce sens qu\u2019elles sont un moyen de contr\u00f4le pour suivre dans chaque pays les politiques de r\u00e9duction des \u00e9missions nationales et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux effets du changement climatique. Ceci n\u2019a rien de nouveau dans la gouvernance mondiale de l\u2019environnement, car les CPDN s\u2019inscrivent dans le prolongement du plan d\u2019action de Bali en prenant la suite des communications nationales initi\u00e9es dans le cadre de la CCNUCC. Les pays dits en voie de d\u00e9veloppement n\u2019ont pas le choix puisqu\u2019ils constituent aussi un support pour les Partenaires techniques et financiers (PTF) d\u2019intervenir dans le cadre de financement des programmes et projets au niveau des fonds verts. Par cons\u00e9quent, les aires culturelles s\u2019invitent dans le d\u00e9bat, que l\u2019on se situe dans une perspective postcoloniale ou non. Ce qui montre d\u2019ailleurs pourquoi Chakrabarty (2010) a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 sur ses quatre th\u00e8ses de l\u2019histoire du climat, notamment par Fressoz et Lou\u00e2pre (2015). Mais l\u2019id\u00e9e d\u2019une red\u00e9couverte de la nature perdue fait son chemin (Gwenna\u00ebl et Heurtebise, 2018), notamment dans ce qui est commun\u00e9ment appel\u00e9 les humanit\u00e9s environnementales. Enfin, le r\u00e9chauffement climatique appara\u00eet comme une forme de colonisation dans le domaine de l\u2019environnement en creusant des in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 existantes (Agarwal et Narain, 2014).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le continent africain n\u2019a donc pas fini de vaincre ses vieux d\u00e9mons. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu une prolif\u00e9ration de productions scientifiques et artistiques pour \u00ab\u00a0laver son honneur\u00a0\u00bb et pour restaurer le sujet qu\u2019il constitue afin de prendre part de mani\u00e8re dynamique et effective \u00e0 la marche du monde. Ces productions tendent donc \u00e0 redonner \u00e0 l\u2019Afrique une polarit\u00e9 perdue dans les m\u00e9andres de la traite n\u00e9gri\u00e8re et de la colonisation par une r\u00e9appropriation du sens \u00e0 partir des milieux intellectuels et de certains cercles politiques et artistiques. Comme on le sait, l\u2019espace sociog\u00e9ographique de l\u2019Afrique subit des ali\u00e9nations de toutes sortes. Si l\u2019\u00e9conomie, la politique et la culture sont connues pour \u00eatre les lieux d\u2019exercice de ces ali\u00e9nations, avec leur corollaire d\u2019extraversion des mod\u00e8les et d\u2019inconscience de soi, il n\u2019en demeure pas moins le cadre \u00e9pist\u00e9mique, lieu de production des savoirs o\u00f9 les st\u00e9r\u00e9otypes et les clich\u00e9s sont l\u00e9gion dans l\u2019africanisme de toute part. C\u2019est de la m\u00eame sorte que l\u2019environnement devient, \u00e0 son tour, un cadre ali\u00e9nant, une commotion de plus, sans doute la premi\u00e8re, mais m\u00e9connue ou ignor\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui que les appels aux transitions \u00e9cologique ou \u00e9nerg\u00e9tique se multiplient, comme il en \u00e9tait ainsi des appels aux transitions d\u00e9mocratique et d\u00e9mographique en Afrique, nous estimons qu\u2019il est n\u00e9cessaire de revoir quelques consid\u00e9rations devenues banales, mais sujettes \u00e0 pr\u00e9caution \u00e0 cause des r\u00e9gimes d\u2019historicit\u00e9 qui se confrontent et s\u2019entrechoquent. En effet, le nouvel agenda international du d\u00e9veloppement qui s\u2019illustre \u00e0 travers les Objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD) cristallise des craintes au regard des exp\u00e9riences douloureuses des Programmes d\u2019ajustements structurels (PAS) et des exp\u00e9riences mitig\u00e9es des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) pour, dit-on, r\u00e9duire la pauvret\u00e9. Cette vulgate n\u00e9olib\u00e9rale entra\u00eene des effets pervers pour le nouvel agenda (Egil, 2015). C\u2019est comme si le \u00ab\u00a0Sud global\u00a0\u00bb consacre toujours son temps \u00e0 satisfaire l\u2019agenda du \u00ab\u00a0Nord global\u00a0\u00bb, terminologie du reste ali\u00e9nante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une nouvelle \u00e8re \u00e9merge \u00e0 travers le concept de transition. La derni\u00e8re qui nous est apparue en Afrique est la \u00ab\u00a0grande transition\u00a0\u00bb que Mbembe (2020) appelle de ses v\u0153ux dans le contexte post-COVID-19. Le concept s\u2019impose au niveau international sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9cologie et de l\u2019\u00e9nergie pour r\u00e9sorber les effets induits par le changement climatique. Ne risque-t-on pas de s\u2019emballer dans une direction qui est plus dans l\u2019ordre id\u00e9ologique internationale que dans l\u2019activit\u00e9 r\u00e9elle des soci\u00e9t\u00e9s sous ordre de domination? De plus, \u00e0 supposer que la transition soit en cours, comment en d\u00e9terminer l\u2019amorce et situer son \u00e9volution? Que fait-on des pratiques agro\u00e9cologiques fonctionnelles dans le milieu naturel et dans les syst\u00e8mes sociaux locaux? C\u2019est l\u00e0 que les savoirs locaux prennent tout leur sens dans la restauration des \u00e9quilibres \u00e9cosyst\u00e9miques et la r\u00e9invention des modes de gouvernance en fonction des \u00e9chelles d\u2019action et des relations de pouvoir.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agarwal, Anil et Narain, Sunita. 2014. Le r\u00e9chauffement climatique dans un monde in\u00e9galitaire. Un cas de colonialisme environnemental. Dans Bourg, Dominique et Fragni\u00e8re, Augustin (dir.), <em>La Pens\u00e9e \u00e9cologique\u00a0: une anthologie <\/em>(761-772)<em>. <\/em>Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amin, Samir. 1993. 1492\u00a0: La polarisation des mondes. Entretien avec Samir Amin. <em>Cahiers Sciences Humaines<\/em>\u00a0<em>: Trente ans (1963-1992)<\/em>, hors-s\u00e9rie, 19-23.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amin, Samir, 1988. <em>L\u2019Eurocentrisme. Critique d\u2019une id\u00e9ologie<\/em>. Paris\u00a0: Anthropos\/Economica<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bednik, Anna. 2016. <em>Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature\u00a0: logiques, cons\u00e9quences, r\u00e9sistances<\/em>. Neuvy-en-Champagne\u00a0: Le passager clandestin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ben Hammouda, Hakim et Kass\u00e9, Moustapha (dir.). 2002. <em>Repenser Bretton Woods. R\u00e9ponses africaines<\/em>. Paris\/Dakar\u00a0: Karthala\/CODESRIA.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand, Alain,\u00a0Montagne, Pierre,\u00a0et Karsenty, Alain (dir.). 2006. <em>L\u2019\u00c9tat et la gestion locale durable des for\u00eats en Afrique francophone et<\/em> <em>\u00e0 Madagascar<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bhargava, Rajeev. 2013. Pour en finir avec l\u2019injustice \u00e9pist\u00e9mique du colonialisme.<em> Socio <\/em>[En ligne], 1, 41-75. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/socio\/203\">http:\/\/journals.openedition.org\/socio\/203<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Blanc, Guillaume, 2020. <em>L&rsquo;invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l\u2019\u00c9den africain. <\/em>Paris\u00a0: Flammarion.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>\u00a0<\/strong>Larr\u00e8re, Catherine. 2012.\u00a0L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme\u00a0: f\u00e9minisme \u00e9cologique ou \u00e9cologie f\u00e9ministe. <em>Trac\u00e9s. Revue de Sciences humaines<\/em>\u00a0[En ligne], 22. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/traces\/5454\">http:\/\/journals.openedition.org\/traces\/5454<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">C\u00e9saire, Aim\u00e9. 1950. <em>Discours sur le colonialisme<\/em>. Paris\u00a0: Pr\u00e9sence africaine.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chakrabarty, Dipesh. 2010. Le climat de l\u2019histoire\u00a0: quatre th\u00e8ses. <em>Revue internationale des livres et des id\u00e9es<\/em>, 15, 22-31.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Commissariat g\u00e9n\u00e9ral au d\u00e9veloppement durable. 2019. <em>Rapport de synth\u00e8se. L\u2019environnement en France<\/em>. Paris\u00a0: La Documentation Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dahan, Amy, 2007.\u00a0Le changement climatique, une expertise entre science et politique.\u00a0<em>La Revue pour l\u2019histoire du CNRS<\/em>\u00a0[En ligne], 16. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/histoire-cnrs.revues.org\/1543\">http:\/\/histoire-cnrs.revues.org\/1543<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Mariama. 2019. La fabrique des acteurs de la justice environnementale dans l\u2019Aire marine prot\u00e9g\u00e9e du Bamboung au S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0<em>VertigO <\/em>[En ligne], 19(1). En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/vertigo\/24088\">http:\/\/journals.openedition.org\/vertigo\/24088<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Cheikh Anta. 1955. Alerte sous les tropiques. <em>Pr\u00e9sence Africaine<\/em>, 5(V), 8-33.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Cheikh Anta. 1981. <em>Civilisation ou Barbarie<\/em>. Paris\u00a0: Pr\u00e9sence Africaine.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diop, Makhtar. 2015. La COP21\u00a0: une chance \u00e0 saisir pour l\u2019Afrique. <em>G\u00e9o\u00e9conomie<\/em>, 5, n\u00b0 77, 63-71.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dubuis, Etienne. 2010. <em>Sale temps pour le GIEC<\/em><em>\u00a0: du prix Nobel aux affaires, grandeur et d\u00e9cadence des experts du climat. <\/em>Lausanne\u00a0: Favre Sa.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Egil, Fran\u00e7ois. 2015. Les Objectifs de d\u00e9veloppement durable, nouveau \u00ab\u00a0palais de cristal\u00a0\u00bb?. <em>Politique africaine<\/em>, <em>4<\/em> (140), 99-120.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Escobar, Arturo. 2018. <em>Sentir-penser avec la Terre. L\u2019\u00e9cologie au-del\u00e0 de l\u2019Occident<\/em> (Atelier de Minga. trad.). Paris\u00a0: Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fanon, Frantz. 1961. <em>Les Damn\u00e9s de la terre<\/em>. Paris\u00a0: Fran\u00e7ois Maspero.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ferdinand, Malcom. 2019. <em>Une \u00c9cologie d\u00e9coloniale. Penser l\u2019\u00e9cologie d\u2019une perspective carib\u00e9enne<\/em>. Paris\u00a0: Seuil.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fressoz, Jean-Baptiste et Lou\u00e2pre, Muriel. 2015. L\u2019\u00e8re anthropoc\u00e8ne\u00a0: pour en finir avec la fin de l\u2019histoire. Entretien avec Jean-Baptiste Fressoz. <em>\u00c9crire l&rsquo;histoire <\/em>[En ligne], 15, 53-60. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/elh\/589\">http:\/\/journals.openedition.org\/elh\/589<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gemenne, Fran\u00e7ois. 2011. Climate-induced population displacements in a 4 C world. <em>Philosophical Transactions of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences, <\/em>369, 182-195.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pachauri, Rajendra K. et Meyer, Leo (dir.). 2014. <em>Changements climatiques 2014. Rapport de synth\u00e8se. Contribution des Groupes de travail I, II et III au cinqui\u00e8me Rapport d\u2019\u00e9valuation du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat. <\/em>Gen\u00e8ve\u00a0: GIEC.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gilroy, Paul, 2020. <em>M\u00e9lancolie postcoloniale<\/em> (Marc Saint-Up\u00e9ry, trad.). Paris\u00a0: B42.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gwenna\u00ebl, Gaffric et Heurtebise, Jean-Yves. 2018. Zhuangzi et l\u2019Anthropoc\u00e8ne. R\u00e9flexions sur l\u2019(auto)orientalisme vert. <em>Essais<\/em> <em>Revue interdisciplinaire d\u2019Humanit\u00e9s <\/em>[En ligne], 13, 17-32. En ligne\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/essais\/439.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Haraway, Donna. 2016. Anthropoc\u00e8ne, capitaloc\u00e8ne, plantationoc\u00e8ne, chthuluc\u00e8ne. Faire des parents (Fr\u00e9d\u00e9ric Neyrat, trad.). <em>Multitudes<\/em>, 4 (65), 75-81.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ionesco, Dina, Mokhnacheva, Daria et Gemenne, Fran\u00e7ois. 2016. <em>Atlas des migrations environnementales. <\/em>Paris\u00a0: Presses de Sciences Po.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Janicot, Serge, Aubertin, Catherine, Bernoux, Martial, Dounias, Edmond, Gu\u00e9gan, Jean-Fran\u00e7ois, Lebel, Thierry, Mazurek, Hubert, Sultan, Benjamin et Reinert, Magali (dir.). 2015. <em>Changement climatique. Quels d\u00e9fis pour le Sud<\/em>?<em>.<\/em> Marseille\u00a0: IRD.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kodjo-Grandvaux, S\u00e9verine. 2020. Aux origines coloniales de la crise \u00e9cologique. <em>Le Monde<\/em>. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/01\/24\/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html\">https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/01\/24\/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Lavigne Delville, Philippe (dir.). 2016. La fabrique de l\u2019action publique dans les pays \u00ab\u00a0sous r\u00e9gime d\u2019aide\u00a0\u00bb. <em>Anthropologie &amp; d\u00e9veloppement<\/em>, 45, 183 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mbembe, Achille. 2020. L&rsquo;Afrique post-COVID-19\u00a0: la grande transition. <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20200507-l-afrique-post-covid-19-la-grande-transition\">https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20200507-l-afrique-post-covid-19-la-grande-transition<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">National Geographic. 2020. <em>Les plus beaux Parcs nationaux du monde. 76 parcs sur 5 continents<\/em>. Hors-s\u00e9rie\u00a0: aout-septembre, 132 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Neyret, Laurent. 2014. Pour la reconnaissance du crime d&rsquo;\u00e9cocide. <em>Revue juridique de l&rsquo;environnement<\/em>, 39 (hors-s\u00e9rie 1),\u200e 177-193. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-revue-juridique-de-l-environnement-2014-HS01-page-177.html\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-revue-juridique-de-l-environnement-2014-HS01-page-177.html<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Preci, Alberto,\u00a0Gautreau, Pierre et\u00a0Tallet, Bernard. 2020. Sortis du bois. Les nouvelles formes de visibilit\u00e9s des Wichis du Nord de l\u2019Argentine.\u00a0<em>Espace populations soci\u00e9t\u00e9s<\/em>\u00a0[En ligne], 1-2. En ligne\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/eps\/10047.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sarr, Serigne Momar. 2019. Le changement climatique dans les relations internationales. Un nouvel \u00e2ge du d\u00e9veloppement?. <em>Liens Nouvelle S\u00e9rie<\/em>, 1(28), 154-164.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Stiglitz, Joseph. 2002. <em>La grande D\u00e9sillusion<\/em>. Paris\u00a0: Fayard.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Vischel, Th\u00e9o, Lebel, Thierry, Panthou, G\u00e9r\u00e9my, Quantin, Guillaume, Rossi, Aur\u00e9lien, Martinet, Maxime, 2015. Chapitre 2. Le retour d\u2019une p\u00e9riode humide au Sahel? Observations et perspectives. Dans\u00a0Sultan, Benjamin, Lalou, Richard, Mouftaou, Amadou Sanni, Oumarou, Amadou et Soumar\u00e9, Mame Arame (dir.), <em>Les soci\u00e9t\u00e9s rurales face aux changements climatiques et environnementaux en Afrique de l\u2019ouest <\/em>(43-60). Marseille\u00a0: IRD Editions. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique\">https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.un.org\/press\/fr\/2018\/cpsd663.doc.htm\">https:\/\/www.un.org\/press\/fr\/2018\/cpsd663.doc.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/serigne-momar-sarr\">Serigne Momar SARR<\/a><\/strong><br \/>Docteur en Sociologie de l\u2019Universit\u00e9 Gaston Berger de Saint-Louis (S\u00e9n\u00e9gal) et de l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg (France), Serigne Momar Sarr est Enseignant-Chercheur au D\u00e9partement de Sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). Ses axes de recherche concernent l\u2019environnement, le monde rural, les politiques de d\u00e9veloppement, l\u2019administration, les cultures urbaines, les relations internationales et l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie des sciences sociales. Il est l\u2019auteur de plusieurs articles et communications scientifiques. Il s\u2019investit beaucoup dans le service \u00e0 la communaut\u00e9, notamment \u00e0 travers la formation en techniques de d\u00e9bat, aux styles universitaire et parlementaire et l\u2019accompagnement des organisations communautaires de femmes et de jeunes au sein de leur territoire. Enfin, il est co-fondateur du laboratoire associatif \u00ab\u00a0La fabrique des Sciences\u00a0\u00bb qui a pour objectif principal la vulgarisation scientifique afin de suppl\u00e9menter les politiques publiques et renforcer l\u2019artisanat.<br \/>\nContact : serigne-momar.sarr@univ-zig.sn<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-645-1\">Paul Joseph Crutzen, prix Nobel de Chimie en 1995, a propos\u00e9 d\u2019appeler notre \u00e8re g\u00e9ologique l\u2019Anthropoc\u00e8ne et d\u2019en marquer le d\u00e9but en l\u2019an 1784, date du d\u00e9p\u00f4t du brevet de la machine \u00e0 vapeur par James Watt, indiqu\u00e9 comme le d\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle. Pour d\u2019autres chercheurs et chercheuses, la modification du biotope par l\u2019activit\u00e9 humaine date de bien avant, elle pourrait m\u00eame remonter au pal\u00e9olithique. <a href=\"#return-footnote-645-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-2\">https:\/\/www.agenceecofin.com\/gestion-publique\/0509-79887-le-kenya-future-porte-d-entree-des-dechets-plastiques-americains-vers-l-afrique. <a href=\"#return-footnote-645-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-3\">Ce sont : la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Convention sur la diversit\u00e9 biologique (CDB) et la Convention des nations unies sur la lutte contre la d\u00e9sertification (CNULD). <a href=\"#return-footnote-645-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-4\">En plus de lui qui est \u00e0 North Carolina, il y a Nelson Maldonado-Torres (Rutgers), Walter Mignolo (Duke) et Ram\u00f3n Grosfoguel (Berkeley). L\u2019espace nord-am\u00e9ricain est plus ouvert aux \u00e9tudes postcoloniales et d\u00e9coloniales que la France, par exemple, dont la frilosit\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit de ces \u00e9tudes frise le ridicule. Mais il ne peut en \u00eatre autrement du fait de son pass\u00e9 colonisateur avec tout ce qui en d\u00e9coule aujourd\u2019hui encore. <a href=\"#return-footnote-645-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-5\">M\u00eame en politique, cette perspective est une r\u00e9alit\u00e9. On peut voir \u00e0 ce propos le vibrant discours d\u2019investiture du vice-pr\u00e9sident de l\u2019\u00c9tat plurinational de Bolivie, David Choquehuanca, le 8 novembre 2020. Lien\u00a0: https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=R0R1_FWZ2vk, consult\u00e9 le 21 novembre 2020. <a href=\"#return-footnote-645-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-6\">Inspir\u00e9 par le tableau de William Turner, <em>Le N\u00e9grier ou Le Bateau n\u00e9grier (1840)<\/em>, Mus\u00e9e des beaux-arts, Boston (USA). <a href=\"#return-footnote-645-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-645-7\">Ainsi on a en Am\u00e9rique du Nord\u00a0: <em>Au pays des canyons et de grands lacs<\/em>\u00a0; Am\u00e9rique centrale et du Sud\u00a0: <em>au paradis des jaguars et des limas\u00a0<\/em>; Europe\u00a0: <em>Le berceau de toutes les l\u00e9gendes<\/em>\u00a0; Asie\u00a0: <em>Brumes, jungles et montagnes<\/em>\u00a0; Afrique\u00a0: <em>Fascination du monde sauvage<\/em>. <a href=\"#return-footnote-645-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":7,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["serigne-momar-sarr"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[177],"license":[],"class_list":["post-645","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-afrique","motscles-colonialisme","motscles-environnement","motscles-epistemologie","motscles-ontologie","motscles-ressources-naturelles","keywords-africa","keywords-colonialism","keywords-environment","keywords-epistemology","keywords-natural-resources","keywords-ontology","contributor-serigne-momar-sarr"],"part":642,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/645","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/645\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1037,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/645\/revisions\/1037"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/642"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/645\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=645"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=645"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=645"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=645"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}