{"id":73,"date":"2019-10-15T00:18:00","date_gmt":"2019-10-14T18:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=73"},"modified":"2024-12-31T15:07:41","modified_gmt":"2024-12-31T14:07:41","slug":"mbaye2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/mbaye2019\/","title":{"rendered":"Manifestations et strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique"},"content":{"raw":"<p class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Note<em> : Une premi\u00e8re version de cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9e dans la revue Sciences humaines du CAMES \u00e0 l'adresse <a href=\"http:\/\/publication.lecames.org\/index.php\/hum\/article\/view\/811\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/publication.lecames.org\/index.php\/hum\/article\/view\/811<\/a>. Nous remercions le CAMES d'avoir autoris\u00e9 cette nouvelle \u00e9dition de l'article, qui ne contient que des modifications de forme. Toutes les illustrations ont \u00e9t\u00e9 produites par l'auteur.\r\n<\/em><\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"hanging-indent\">Introduction<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le changement climatique est d\u00e9fini comme l\u2019\u00e9volution r\u00e9cente du climat sur une certaine dur\u00e9e, qu\u2019elle soit due \u00e0 la variabilit\u00e9 naturelle ou aux activit\u00e9s humaines (IPCC, 2007). Les sc\u00e9narios les plus manifestes du changement climatique, pr\u00e9vus par les mod\u00e8les climatiques globaux, sont, entre autres, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature et du niveau de la mer (Stainforth <em>et al.<\/em>, 2007; Desai <em>et al.<\/em>, 2009; Wilbyet <em>et al.<\/em>, 2009). En Afrique de l\u2019Ouest, la plupart des projections climatiques sont favorables \u00e0 une r\u00e9currence de la s\u00e9cheresse au Sahel (Biasutti et Giannini, 2006). En ce 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les empreintes individuelles et culturelles jouent un r\u00f4le important dans les rapports entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement (White, 2005). Les in\u00e9galit\u00e9s sociales et \u00e9cologiques qui en d\u00e9coulent \u2013 ainsi que les perceptions communautaires de celles-ci \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale \u2013 justifient, dans une certaine mesure, leur prise en compte dans le sch\u00e9ma d\u00e9cisionnel des politiques de d\u00e9veloppement durable (Agrawal, 1995; Laigle, 2005; Corbun, 2005; Cornut <em>et al.<\/em>, 2007; Emelianoff, 2008; Mercer, 2010). Ainsi, face \u00e0 une prise de conscience de plus en plus accrue des populations, ces in\u00e9galit\u00e9s sont de plus en plus socialis\u00e9es (Batterbury, 2008; Jasanoff, 2010; Brace et Geoghegan, 2011; Crate, 2011; Granderson, 2014) au point d\u2019exercer une influence manifeste sur les pratiques culturelles (CRZ, 2004). Les am\u00e9nit\u00e9s environnementales sont donc assujetties aux sp\u00e9cificit\u00e9s individuelles et ethniques des groupes sociaux (Emelianoff, 2006).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9ponses de la soci\u00e9t\u00e9 aux changements climatiques traduisent concr\u00e8tement les strat\u00e9gies d\u2019adaptation mises en \u0153uvre par les communaut\u00e9s humaines (Arry <em>et al.<\/em>, 2014) ainsi que celles des groupes de personnes sp\u00e9cifiques qui les composent (Dekens, 2007). Elles peuvent rev\u00eatir plusieurs formes qui sont fonction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle (physique, socio-\u00e9conomique) des m\u00e9nages soumis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve (Brooks <em>et al.<\/em>, 2005; Smit et Wandel, 2006; Engle, 2011; Birk et Rasmussen, 2014) et des contingences soudaines et multi-\u00e9chelles associ\u00e9es au changement climatique.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_77\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-g\u00e9ographique-de-la-r\u00e9gion-de-Ziguinchor-300x213.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"213\" \/> <strong>Figure 1a<\/strong>. Situation g\u00e9ographique de la r\u00e9gion de Ziguinchor.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En milieu urbain s\u00e9n\u00e9galais et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la ville de Ziguinchor, le changement climatique est devenu une r\u00e9alit\u00e9. Parmi ses manifestations les plus \u00e9videntes figurent les inondations, la salinisation des parcelles rizicoles de l\u2019espace p\u00e9riurbain et l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air. La ville de Ziguinchor, situ\u00e9e \u00e0 environ 450 km de Dakar, est localis\u00e9e entre la Gambie, la Guin\u00e9e-Bissau, la r\u00e9gion de Kolda et l\u2019oc\u00e9an Atlantique (figure 1a). Elle s\u2019\u00e9tend sur 12\u00b0 33\u2032 40\u2033 de latitude Nord et 16\u00b0 17\u2032 00\u2033 de longitude Ouest. Ces coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques lui conf\u00e8rent le climat le plus humide du S\u00e9n\u00e9gal (Sagna et Leroux, 2000) ainsi que le r\u00e9seau hydrographique le plus dense du pays, compos\u00e9 du fleuve Casamance et de nombreux <em>bolongs<\/em> adjacents (anciens chenaux, temporairement remplis d\u2019eau). La pluviom\u00e9trie atteint en moyenne 1300 mm\/an, contre une moyenne nationale de 700 mm\/an. La temp\u00e9rature moyenne annuelle est de l\u2019ordre de 26\u00b0C. La moyenne mensuelle varie entre 24\u00b0C (d\u00e9cembre-janvier) et 28\u00b0C (mai-juin). Ces temp\u00e9ratures relativement \u00e9lev\u00e9es provoquent une importante \u00e9vaporation avec un maximum enregistr\u00e9 au mois d\u2019avril. Ainsi, l\u2019hygrom\u00e9trie de l\u2019air ambiant est relativement significative. La moyenne annuelle passe de 60% en saison s\u00e8che \u00e0 80% pendant la saison des pluies (ONAS, 2010).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les probl\u00e8mes environnementaux, associ\u00e9s \u00e0 ce contexte \u00e9cologique, ne sont pas n\u00e9gligeables. En effet, la ville de Ziguinchor est localis\u00e9e sur un site d\u2019implantation qui est un point de resserrement extr\u00eame du fleuve Casamance, lequel est d\u00fb \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e vers le nord des bas plateaux m\u00e9ridionaux. La partie de la ville situ\u00e9e sur les plateaux est essentiellement b\u00e2tie sur des sols ferrallitiques rouges et des formations sablo-argileuses, alors qu\u2019on r\u00e9pertorie des sols gris et des vasi\u00e8res au niveau des d\u00e9pressions fluviomarines. La capacit\u00e9 d\u2019infiltration des sols est variable. Elle est assez bonne sur les plateaux et faible \u00e0 nulle dans les zones basses, inondables (photo 1). On retiendra comme valeur moyenne 22 \u00e0 25 litres\/m\u00b2\/jour pour les sols ferrallitiques rouges des plateaux (ONAS, 2010).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_76\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Impraticabilit\u00e9-de-la-route-du-quartier-Santhiaba-Ziguinchor-avant-sa-r\u00e9habilitation-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"188\" \/> Impraticabilit\u00e9 de la route du quartier Santhiaba (Ziguinchor) avant sa r\u00e9habilitation.<br \/>Source: Mbaye, 2011[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La nappe superficielle qui alimente les nombreux puits de la ville s\u2019\u00e9coule depuis les zones de plateau vers les zones basses, o\u00f9 elle est tr\u00e8s souvent affleurante. Dans la zone de plateau, la nappe se trouve \u00e0 une profondeur pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 20 m\u00e8tres (ONAS, 2010). Suite au d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique des derni\u00e8res d\u00e9cennies, on assiste \u00e0 une baisse progressive du niveau pi\u00e9zom\u00e9trique et \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019intrusions salines sur l\u2019ensemble du bassin versant qui se traduisent par des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur les activit\u00e9s humaines, notamment la salinisation des parcelles rizicoles. Un tel contexte environnemental vuln\u00e9rable est compliqu\u00e9 \u00e0 cause de la situation d\u00e9mographique et socio-\u00e9conomique des populations d\u00e9favoris\u00e9es. En effet, la population de la ville de Ziguinchor, r\u00e9partie dans 26 quartiers (figure 1b), est caract\u00e9ris\u00e9e par un taux d\u2019accroissement annuel de 3% (Ciss\u00e9 <em>et al.<\/em>, 2010).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_78\" align=\"aligncenter\" width=\"291\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Carte-des-quartiers-de-la-commune-de-Ziguinchor.png\" alt=\"\" width=\"291\" height=\"275\" \/> <strong>Figure 1b<\/strong>. Carte des quartiers de la commune de Ziguinchor.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ainsi, en 2012, sa population qui \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 293 213 habitant-e-s avoisinait 302 009 en 2013 et 311 069 en 2014, r\u00e9parti-e-s sur une superficie de 9 km<sup>2<\/sup>, soit une densit\u00e9 moyenne d\u2019environ 35 habitant-e-s au km<sup>2<\/sup>. Les indicateurs de niveau de vie et le type d\u2019habitat sont, comme dans la plupart des villes africaines, \u00e0 la d\u00e9faveur des quartiers spontan\u00e9s qui se cr\u00e9ent. Il s\u2019agit de quartiers non encore desservis en services sociaux de base et dont le niveau de vie des populations est tr\u00e8s faible (ONAS, 2010). Les rares activit\u00e9s exerc\u00e9es par les populations sont centr\u00e9es autour du secteur informel. Ainsi, l\u2019activit\u00e9 professionnelle des chef-fe-s de famille enqu\u00eat\u00e9-e-s tourne essentiellement autour de ce secteur o\u00f9 exercent 59%, contre 9% dans l\u2019agriculture, 9% dans les professions lib\u00e9rales, 9% dans l\u2019administration et 8% dans l\u2019artisanat. Les chef-fe-s de famille retrait\u00e9-e-s ou n\u2019exer\u00e7ant aucune activit\u00e9 sont de l\u2019ordre de 6%.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la ville s\u2019identifie aussi par le caract\u00e8re polyglotte de sa population, per\u00e7u \u00e0 travers la pluralit\u00e9 ethnique. Sur les 260 chef-fe-s de famille interrog\u00e9-e-s, 118 sont des Diolas (45% des observations), contre 20 Peuls (8%), 14 Wolofs (5%), 20 Manjacks (8%), 35 Mandingues (13%), 2 Sonink\u00e9s (1%), 4 Ba\u00efnoucks (2%), 12 Mancagnes (5%), 1 Badiarank\u00e9 (0%), 3 Balantes (1%), 15 S\u00e9r\u00e8res (6%), 1 Maure (0%), 4 Sarakhol\u00e9s (2%), 6 Toucouleurs (2%) et 5 autres ethnies minoritaires (Mansouk\u00e9, P\u00e9pel, L\u00e9bou, Ackou et Bambara) soit 1% des observations. Cette \u00e9tude est une contribution sur les repr\u00e9sentations individuelles (chef-fe-s de famille) des manifestations du changement climatique \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles de la ville de Ziguinchor. Elle a pour objectif d\u2019\u00e9valuer l\u2019impact du changement d\u2019\u00e9chelle sur les r\u00e9ponses individuelles de ceux-ci relatives aux manifestations et aux strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la ville de Ziguinchor, ainsi que sur la distribution des valeurs d\u2019un indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Mat\u00e9riel et m\u00e9thodes<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es de pluie et de temp\u00e9rature mensuelles, collect\u00e9es sur la ville de Ziguinchor, proviennent de l\u2019Agence Nationale de l\u2019Aviation Civile et de la M\u00e9t\u00e9orologie (ANACIM) bas\u00e9e \u00e0 Dakar au S\u00e9n\u00e9gal. Elles couvrent la p\u00e9riode 1951-2014. La pluviom\u00e9trie standardis\u00e9e a \u00e9t\u00e9 liss\u00e9e avec une moyenne mobile d\u00e9cennale. L\u2019indice sah\u00e9lien de Lamb a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 cet effet pour mieux appr\u00e9cier la variabilit\u00e9 interannuelle \u00e0 interd\u00e9cennale de la pluviom\u00e9trie \u00e0 Ziguinchor.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, les anomalies positives (ann\u00e9es humides) sont distingu\u00e9es des anomalies n\u00e9gatives (ann\u00e9es s\u00e8ches) de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique. Cet indice se calcule selon l\u2019\u00e9quation suivante :\u00a0 <img class=\"alignnone wp-image-472 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/e\u0301quation-Mbaye.png\" alt=\"\" width=\"64\" height=\"27\" \/><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 noter que <em>xi <\/em>est le cumul pluviom\u00e9trique de l\u2019ann\u00e9e i, <em>x <\/em>est la moyenne de la pluie annuelle sur la p\u00e9riode 1951-2014 et \u03b4 est l\u2019\u00e9cart type de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique. Par ailleurs, deux s\u00e9ries trentenaires de temp\u00e9rature moyenne mensuelle sont compar\u00e9es : 1951-1982 et 1983-2014.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant les donn\u00e9es sociales, une enqu\u00eate quantitative a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en 2011 aupr\u00e8s de 260 chef-fe-s de m\u00e9nage (hommes et femmes \u00e2g\u00e9-e-s de 25 \u00e0 84 ans) r\u00e9partis dans les 26 quartiers de la ville de Ziguinchor, en raison de 10 m\u00e9nages par quartier. Elle a permis de collecter des donn\u00e9es relatives aux repr\u00e9sentations individuelles des manifestations du changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage. Les r\u00e9ponses de ces derniers sont centr\u00e9es autour de la baisse de la pluviom\u00e9trie, de l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, de la salinisation des terres et des inondations. Par ailleurs, un indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 partir des r\u00e9ponses individuelles des chef-fe-s de famille. Pour chaque quartier, les 10 chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s permettent donc de recueillir 10 r\u00e9ponses individuelles. Les valeurs de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique sont ainsi \u00e9tablies \u00e0 partir de ces r\u00e9ponses individuelles, variant entre 1 et 10. La valeur 1 correspond \u00e0 une vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique minimale, incarn\u00e9e par la r\u00e9ponse d\u2019un-e chef-fe de m\u00e9nage d\u2019un quartier, alors que la valeur 10 symbolise une vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique maximale correspondant aux r\u00e9ponses cumul\u00e9es des 10 chef-fe-s de m\u00e9nage d\u2019un quartier. La valeur moyenne de l\u2019indice que nous pouvons en d\u00e9duire est \u00e9gale \u00e0 5. Ainsi, les 26 quartiers de la ville de Ziguinchor et les 18 ethnies que nous avons interrog\u00e9es dans ces quartiers sont r\u00e9partis selon trois classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique :<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>la classe 1-4 correspond aux quartiers et aux ethnies faiblement vuln\u00e9rables;<\/li>\r\n \t<li>la valeur 5 concerne tous les quartiers et les ethnies moyennement vuln\u00e9rables;<\/li>\r\n \t<li>la classe 6-10 regroupe tous les quartiers et les ethnies qui pr\u00e9sentent un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique \u00e9lev\u00e9.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la mesure o\u00f9 les r\u00e9ponses individuelles peuvent \u00eatre diff\u00e9rentes, nous avons jug\u00e9 utile d\u2019utiliser le khi2 comme test statistique. La significativit\u00e9 des diff\u00e9rences associ\u00e9es aux r\u00e9ponses des chef-fe-s de m\u00e9nage concernant les manifestations du changement climatique et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation, propos\u00e9es par ceux-ci et celles-ci, est appr\u00e9ci\u00e9e selon un risque d\u2019erreur \u00e9gal \u00e0 5% (p &lt; 0,05). Avec le logiciel Tanagra 1.4, le khi2 est \u00e9tabli sur un nombre d\u2019observation n = 260, correspondant au Degr\u00e9 De Libert\u00e9 (DDL), c\u2019est-\u00e0-dire le nombre de chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s. Cette analyse statistique est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 deux niveaux : le quartier et l\u2019ethnie. Ce changement d\u2019\u00e9chelle va-t-il influer sur les r\u00e9ponses individuelles des chef-fe-s de m\u00e9nage relatives aux manifestations et aux strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la ville de Ziguinchor. Va-t-il aussi influencer la distribution de l\u2019effectif des quartiers et des ethnies selon les valeurs de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale, lequel est construit \u00e0 partir de ces r\u00e9ponses individuelles? Y a-t-il une concordance entre les manifestations scientifiques du changement climatique et celles relatives aux connaissances des populations?<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultats et discussion<\/h2>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Manifestations du changement climatique et connaissances scientifiques<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La ville de Ziguinchor a connu une forte variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie de 1951 \u00e0 2014, marqu\u00e9e par une tendance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la baisse (figure 2a) et l\u2019alternance de p\u00e9riodes humides et de p\u00e9riodes s\u00e8ches (figure 2b). Les p\u00e9riodes s\u00e8ches correspondent \u00e0 44 ann\u00e9es sur 64 en valeur absolue, soit 69% en valeur relative. Elles couvrent notamment les d\u00e9cennies 1970, 1980 et 1990.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_79\" align=\"aligncenter\" width=\"414\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-pluviom\u00e9trie-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014-300x131.png\" alt=\"\" width=\"414\" height=\"181\" \/> <strong>Figure 2a<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_80\" align=\"aligncenter\" width=\"412\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-pluviom\u00e9trie-standardis\u00e9e-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014.-La-courbe-en-noir-repr\u00e9sente-une-moyenne-mobile-d\u00e9cennale.-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"412\" height=\"206\" \/> <strong>Figure 2b<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie standardis\u00e9e \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014. La courbe en noir repr\u00e9sente une moyenne mobile d\u00e9cennale.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Parall\u00e8lement \u00e0 la baisse globalis\u00e9e de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique (1951-2014), on observe une augmentation tendancielle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor (figure 3).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_81\" align=\"aligncenter\" width=\"351\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-temp\u00e9rature-moyenne-de-l\u2019air-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014.-300x160.jpg\" alt=\"\" width=\"351\" height=\"187\" \/> <strong>Figure 3<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette augmentation est plus manifeste \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mensuelle (figure 4). En effet, l\u2019analyse comparative des s\u00e9ries 1951-1982 et 1983-2014 r\u00e9v\u00e8le en moyenne une augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1, 26\u00b0C. Cette variation positive laisse entrevoir des disparit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mensuelle. Ainsi, les donn\u00e9es analys\u00e9es montrent le passage d\u2019une variation minimale de 0,83\u00b0C au mois de novembre \u00e0 une variation maximale de 1,57\u00b0C au mois de mars.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_82\" align=\"aligncenter\" width=\"342\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variation-mensuelle-de-la-temp\u00e9rature-moyenne-de-l\u2019air-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014-300x159.jpg\" alt=\"\" width=\"342\" height=\"181\" \/> <strong>Figure 4<\/strong>. Variation mensuelle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.[\/caption]\r\n<h3 style=\"text-align: left\">Manifestations du changement climatique et connaissances des populations<\/h3>\r\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/h4>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019importance des repr\u00e9sentations individuelles du changement climatique dans le d\u00e9veloppement local et national est comprise depuis quelques ann\u00e9es (Bord, O\u2019Connor, Fisher, 2000; Krosnick <em>et al.<\/em>, 2006). L\u2019influence des facteurs culturels ou des perceptions communautaires des risques li\u00e9s au changement climatique est encore relativement document\u00e9e (Pidgeon, Butler, 2009; Adger <em>et al.<\/em>, 2012; Ahmad <em>et al.<\/em>, 2012). Une \u00e9tude a \u00e9tabli une relation significative entre l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air et le niveau de perception du risque li\u00e9 au changement climatique (Jenkins <em>et al.<\/em>, 2010).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor, la population cible de notre \u00e9tude a une prise de conscience non n\u00e9gligeable des manifestations du changement climatique, car sur les 260 chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s, seul 01 les ignore. Toutefois, nous constatons une diff\u00e9rence significative des repr\u00e9sentations individuelles entre les manifestations du changement climatique, particuli\u00e8rement la salinisation des terres, les inondations et la baisse de la pluviom\u00e9trie (tableau 1.).<\/p>\r\n\r\n<table><caption>Tableau 1. Repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/caption>\r\n<tbody style=\"font-size: 0.9em\">\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Augmentation de la temp\u00e9rature<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Salinistion des terres<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Inondations<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/th>\r\n<th>Ignorance<\/th>\r\n<th scope=\"row\">DDL<\/th>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<td>21<\/td>\r\n<td>0,08<\/td>\r\n<td>03<\/td>\r\n<td>188,91<\/td>\r\n<td>16<\/td>\r\n<td>285,44<\/td>\r\n<td>219<\/td>\r\n<td>300,39<\/td>\r\n<td>01<\/td>\r\n<td>260<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,6117 &gt;0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt; 0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\r\n<th><\/th>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette diff\u00e9rence dans les repr\u00e9sentations des am\u00e9nit\u00e9s environnementales li\u00e9es au changement climatique est le reflet de la pluralit\u00e9 ethnique des quartiers de la ville de Ziguinchor. Chaque cat\u00e9gorie sociale per\u00e7oit les manifestations du changement climatique selon son mode de vie. Ainsi, la salinisation des terres, les inondations et la baisse de la pluviom\u00e9trie, associ\u00e9es au changement climatique, ne peuvent pas \u00eatre socialis\u00e9es de mani\u00e8re homog\u00e8ne par les populations concern\u00e9es puisqu\u2019elles sont diff\u00e9remment expos\u00e9es \u00e0 ces ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. En revanche, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature s\u2019individualise avec une diff\u00e9rence statistiquement non significative (P = 0,6117 &gt; 0,05). En effet, la ville de Ziguinchor est r\u00e9put\u00e9e par sa chaleur, devenue partie int\u00e9grante du v\u00e9cu quotidien des populations. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e8le, par ailleurs, une cat\u00e9gorisation des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique. Ainsi, 84% des chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9s dans l\u2019ensemble des quartiers de la ville de Ziguinchor consid\u00e8rent la baisse de la pluviom\u00e9trie comme la manifestation du changement climatique la plus v\u00e9cue, contre 8% pour l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, 6% pour les inondations et 2% pour la salinisation des terres (figure 5).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_83\" align=\"aligncenter\" width=\"347\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Fr\u00e9quences-des-chefs-de-m\u00e9nage-selon-les-repr\u00e9sentations-des-manifestations-du-changement-climatique-\u00e0-l\u2019\u00e9chelle-des-quartiers-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x127.jpg\" alt=\"\" width=\"347\" height=\"147\" \/> <strong>Figure 5<\/strong>. Fr\u00e9quences des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor.[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si nous consid\u00e9rons les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique, il s\u2019av\u00e8re que les 26 quartiers sont faiblement affect\u00e9s par les inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et la salinisation des terres (tableau 2).<\/p>\r\n\r\n<table><caption>Tableau 2. Classification de l\u2019effectif des quartiers selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td rowspan=\"2\" scope=\"rowgroup\"><strong>Classes de l\u2019indice de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/strong><\/td>\r\n<td colspan=\"4\" scope=\"rowgroup\"><strong>Manifestations du changement climatique <\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Inondations<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Salinisation des terres<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">1-4 (Faible)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">11<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">5 (Moyen)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">15<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">6-10 (\u00e9lev\u00e9)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9partition de l\u2019effectif des quartiers selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique r\u00e9v\u00e8le que les 26 quartiers sont faiblement vuln\u00e9rables aux inondations, \u00e0 l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et \u00e0 la salinisation des terres. En revanche, on constate que 11 et 15 quartiers sont respectivement faiblement et moyennement vuln\u00e9rables \u00e0 la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cette classification trouve son explication dans les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par la municipalit\u00e9 \u00e0 travers les projets de pavage des quartiers de la ville et de raccordement de ceux-ci \u00e0 un syst\u00e8me d\u2019assainissement (photos 2 et 3). En effet, la strat\u00e9gie de gestion des eaux us\u00e9es, pluviales et des ordures s\u2019est nettement am\u00e9lior\u00e9e avec lesdits projets. Auparavant, il n\u2019existait aucun dispositif d\u2019assainissement soucieux de l\u2019\u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des eaux pluviales et des enjeux environnementaux associ\u00e9s. Ainsi, face \u00e0 l\u2019obsolescence, voire l\u2019inexistence d\u2019un syst\u00e8me d\u2019\u00e9vacuation ad\u00e9quat, les populations, surtout celles des quartiers p\u00e9riph\u00e9riques de la ville, \u00e9taient expos\u00e9es \u00e0 des risques d\u2019inondations. Dans un tel contexte, les populations d\u00e9veloppent des m\u00e9thodes certes empiriques de protection des terres et contre ces derni\u00e8res (sacs de sable, diguettes), mais qui renforcent tout de m\u00eame, plus ou moins, leur r\u00e9silience face aux contingences climatiques.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_84\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Etat-de-la-route-du-quartier-de-Santhiaba-Ziguinchor-apr\u00e8s-sa-r\u00e9habilitation-pavage-avec-syst\u00e8me-d\u2019assainissement-300x254.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"254\" \/> \u00c9tat de la route du quartier de Santhiaba (Ziguinchor) apr\u00e8s sa r\u00e9habilitation (pavage avec syst\u00e8me d\u2019assainissement).<br \/>Source : MBAYE, janvier 2015[\/caption]\r\n\r\n[caption id=\"attachment_85\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Vue-des-travaux-du-projet-de-pavage-des-routes-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x226.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"226\" \/> Vue des travaux du projet de pavage des routes de la ville de Ziguinchor. Source : MBAYE, janvier 2015[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, l\u2019une des caract\u00e9ristiques les plus \u00e9videntes de l\u2019ambiance climatique de la ville est, entre autres, la canicule qui s\u00e9vit quasiment toute l\u2019ann\u00e9e. Ainsi, les variations de la temp\u00e9rature de l\u2019air dans la ville selon les types de temps journalier, mensuel ou saisonnier sont tr\u00e8s faibles, au point o\u00f9 les populations sont peu sensibles \u00e0 celles-ci. Le recul de la salinisation des terres est aussi justifi\u00e9 par la restructuration progressive des quartiers de la ville et son \u00e9talement au d\u00e9triment de l\u2019espace p\u00e9riurbain. En revanche, une distribution h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des effectifs des classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale est manifeste avec la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cela se traduit concr\u00e8tement par 11 quartiers faiblement vuln\u00e9rables et 15 qui le sont moyennement. Cette classification s\u2019explique par la diversit\u00e9 des sites d\u2019implantation des quartiers \u00e0 l\u2019image des bas-fonds (photo 4), gage de vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les \u00eelots de chaleur urbaine (effet d\u2019urbanisme) et, par cons\u00e9quent, du microclimat dans la ville.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_86\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Site-d\u2019implantation-du-quartier-de-Belfort-Ziguinchor-300x205.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"205\" \/> Site d\u2019implantation du quartier de Belfort (Ziguinchor).<br \/>Source : MBAYE, janvier 2013[\/caption]\r\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des ethnies de la ville de Ziguinchor<\/h4>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La classification des ethnies selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale r\u00e9v\u00e8le une situation h\u00e9t\u00e9roclite. En effet, si on consid\u00e8re les inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et la salinisation des terres, on constate que toutes les ethnies interrog\u00e9es sont faiblement vuln\u00e9rables (tableau 3).<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\"><caption>Tableau 3. Classification de l\u2019effectif des ethnies selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/caption>\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td rowspan=\"2\" scope=\"rowgroup\"><strong>Classes de l\u2019indice <\/strong> <strong>de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/strong><\/td>\r\n<td colspan=\"4\" scope=\"rowgroup\"><strong>Manifestations du changement climatique <\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Inondations<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Salinisation des terres<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">1-4 (Faible)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">14<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">5 (Moyen)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">01<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td scope=\"rowgroup\">6-10 (\u00e9lev\u00e9)<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\r\n<td scope=\"rowgroup\">03<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La distribution de l\u2019effectif des ethnies selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique par rapport \u00e0 la \u00ab baisse de la pluviom\u00e9trie \u00bb montre que 14 ethnies sont faiblement vuln\u00e9rables, contre 01 et 03 qui les sont respectivement moyennement et fortement. Cela atteste la prise de conscience des populations relative aux impacts positifs des travaux de restructuration des quartiers par la municipalit\u00e9 qui s\u2019inscrivent dans l\u2019am\u00e9lioration de leur cadre de vie. Par ailleurs, ce v\u00e9cu populaire, diff\u00e9renci\u00e9 de la baisse de la pluviom\u00e9trie, refl\u00e8te de fait la pluralit\u00e9 ethnique, la diversit\u00e9 des modes de vie et de la socialisation des questions environnementales. De surcro\u00eet, la capacit\u00e9 d\u2019adaptation des ethnies face \u00e0 la baisse de la pluviom\u00e9trie varie selon les moyens dont elles disposent. Ainsi, selon les conditions de vie des populations, certaines cat\u00e9gories sociales peuvent \u00eatre plus r\u00e9silientes que d\u2019autres, plus vuln\u00e9rables, \u00e9conomiquement et socialement.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Strat\u00e9gies d\u2019adaptation face aux manifestations du changement climatique<\/h3>\r\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/h4>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Contrairement aux manifestations du changement climatique dont les chef-fe-s de m\u00e9nage ont plus ou moins conscience, la moiti\u00e9 de la population interrog\u00e9e (130 chef-fe-s de m\u00e9nage sur 260) ignore les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en \u0153uvre pour att\u00e9nuer les effets n\u00e9fastes du changement climatique. Les strat\u00e9gies r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la population pour faire face aux manifestations de ce dernier (inondations, augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, baisse de la pluviom\u00e9trie, salinisation des terres) sont multiples et vari\u00e9es. Il s\u2019agit notamment de l\u2019utilisation d\u2019engrais, de la construction de digues, de l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, certainement pour se pr\u00e9munir contre le paludisme qui s\u2019associe aux inondations et le reboisement pour pallier au d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique. Ces strat\u00e9gies sont significativement diff\u00e9rentes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville Ziguinchor (tableau 4).<\/p>\r\n\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"height: 60px\"><caption>Tableau 4. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor (DDL = 260)<\/caption>\r\n<tbody style=\"font-size: 0.9em\">\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Engrais<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Digues<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Moustiquaires<\/th>\r\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Reboisement<\/th>\r\n<th>Autres<\/th>\r\n<th scope=\"row\">Ignorance<\/th>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<td>Effectif<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"text-align: justify\">\r\n<td>34<\/td>\r\n<td>488,65<\/td>\r\n<td>21<\/td>\r\n<td>441,28<\/td>\r\n<td>18<\/td>\r\n<td>384,40<\/td>\r\n<td>219<\/td>\r\n<td>300,39<\/td>\r\n<td>12<\/td>\r\n<td>130<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt; 0,05<\/td>\r\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\r\n<th><\/th>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, 50% des chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s sur l\u2019ensemble des quartiers de la ville de Ziguinchor ignorent les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en place pour s\u2019adapter aux effets n\u00e9fastes du changement climatique, contre 17% pour le reboisement, 13% pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, 8% pour la construction de digues, 7% pour l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es et 5% pour les autres strat\u00e9gies (figure 6).<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_87\" align=\"aligncenter\" width=\"300\"]<img src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Fr\u00e9quences-des-chefs-de-m\u00e9nage-selon-les-repr\u00e9sentations-des-strat\u00e9gies-d\u2019adaptation-au-changement-climatique-\u00e0-l\u2019\u00e9chelle-des-quartiers-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x139.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"139\" \/> <strong>Figure 6<\/strong>. Fr\u00e9quences des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor.[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces diff\u00e9rences relatives au v\u00e9cu des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique traduisent la diversit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels auxquels les quartiers sont soumis. Cette exposition est d\u2019autant plus pr\u00e9gnante que le quartier est localis\u00e9 dans un site \u00e9cologiquement vuln\u00e9rable.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les quartiers qui jouxtent le fleuve Casamance ou localis\u00e9s dans des bas-fonds (Santhiaba, Di\u00e9faye, Kand\u00e9, Kand\u00e9 Sibenck, Belfort\u2026) sont expos\u00e9s \u00e0 des al\u00e9as diff\u00e9rents de ceux des quartiers lointains (Kansahoudy, Kandialang Est, Kandialang Ouest\u2026) ou implant\u00e9s sur un site de bas plateau. Ainsi, l\u2019appariement qui se distingue transpara\u00eet sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e9cologique des quartiers de la ville et, par cons\u00e9quent, sur le caract\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation empiriques des populations pour faire face au changement climatique.<\/p>\r\n\r\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des ethnies de la ville de Ziguinchor<\/h4>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau ethnique, seule la strat\u00e9gie li\u00e9e au reboisement n\u2019est pas diff\u00e9remment per\u00e7ue (p\u00a0<em>= 0,18 26 <\/em>&gt; 0,05) par les ethnies. Cela signifie qu\u2019elles ont la m\u00eame repr\u00e9sentation empirique du reboisement et de l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019arbre. Concernant les strat\u00e9gies relatives \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019engrais, construction de digues et l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, la tendance d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du quartier s\u2019est confirm\u00e9e (tableau 5). La distribution de l\u2019effectif des chef-fe-s de m\u00e9nage selon des repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. De 34 chef-fe-s de m\u00e9nage pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, on passe \u00e0 21 pour les digues de protection, 18 pour l\u2019utilisation des moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, 45 pour le reboisement, 130 pour les ignorants et 12 pour les autres (sensibilisation, \u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des ordures\u2026).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Tableau 5. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage selon les ethnies<\/strong><\/p>\r\n<img class=\" wp-image-819 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima.jpg\" alt=\"\" width=\"733\" height=\"144\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, si on consid\u00e8re individuellement les manifestations du changement climatique, on constate que les diff\u00e9rences dans les strat\u00e9gies d\u2019adaptation sont plus manifestes (tableau 6). La distribution de l\u2019effectif des chef-fe-s de m\u00e9nage selon des repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. De 34 chef-fe-s de m\u00e9nage pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, on passe \u00e0 21 pour les digues de protection, 18 pour l\u2019utilisation des moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, 45 pour le reboisement, 130 pour les ignorant-e-s et 12 pour les autres (sensibilisation, \u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des ordures\u2026).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Tableau 6. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement par les chef-fe-s de m\u00e9nage selon les manifestations du changement climatique<\/strong><\/p>\r\n<img class=\" wp-image-820 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima.jpg\" alt=\"\" width=\"681\" height=\"294\" \/>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui corrobore non seulement la diversit\u00e9 \u2013 partag\u00e9e dans l\u2019espace urbain \u2013 des ph\u00e9nom\u00e8nes environnementaux auxquels les populations sont assujetties, mais aussi des marqueurs sociaux. Ce regard crois\u00e9 \u2013 diff\u00e9renci\u00e9 selon les strat\u00e9gies d\u2019adaptation empiriques des populations \u2013 s\u2019explique, entre autres, par la pluralit\u00e9 ethnique et des pratiques socio-culturelles qui se refl\u00e8tent sur la socialisation des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, ainsi que des strat\u00e9gies \u00e0 mettre en place pour att\u00e9nuer leurs effets n\u00e9gatifs. Les groupes sociaux autochtones (Diola, Mandingue, par exemple) s\u2019adaptent mieux que les Wolofs, S\u00e9r\u00e8res, par exemple, puis qu\u2019ils socialisent plus facilement l\u2019espace urbain partag\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, au regard du nombre de chef-fe-s de m\u00e9nage qui restent dans l\u2019ignorance, les capacit\u00e9s d\u2019adaptation des populations doivent \u00eatre renforc\u00e9es (ateliers de formation, campagnes de sensibilisation\u2026) afin qu\u2019elles puissent jouer pleinement leur r\u00f4le dans l\u2019\u00e9laboration des strat\u00e9gies idoines de r\u00e9duction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. Le renforcement des capacit\u00e9s d\u2019adaptation des communaut\u00e9s humaines est donc plus que n\u00e9cessaire et pressant (Yohannes, 2012). Dans ce sillage, il serait judicieux de faire ressortir le caract\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation d\u00e9velopp\u00e9es par les cat\u00e9gories sociales ainsi que les sp\u00e9cificit\u00e9s des entit\u00e9s spatiales <strong>(<\/strong>Brody <em>et al.<\/em>, 2008) dans l\u2019optique d\u2019une territorialisation des politiques publiques calqu\u00e9es sur les discontinuit\u00e9s socio-spatiales, les potentialit\u00e9s et les am\u00e9nit\u00e9s environnementales des territoires.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, la ville de Ziguinchor est expos\u00e9e \u00e0 une vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale li\u00e9e au changement climatique. Parmi les manifestations \u00e9voqu\u00e9es par les populations figurent la r\u00e9currence des inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, l\u2019avanc\u00e9e de la langue sal\u00e9e et la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cela signifie que les manifestations du changement climatique sont connues par les populations \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville de Ziguinchor m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019une connaissance empirique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique, construit \u00e0 partir des connaissances individuelles (chef-fe-s de m\u00e9nage) et empiriques des manifestations du changement climatique, a montr\u00e9 que le passage de l\u2019\u00e9chelle du quartier \u00e0 celle de l\u2019ethnie entra\u00eene concomitamment le passage d\u2019un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 homog\u00e8ne des quartiers et des ethnies \u00e0 un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Le changement d\u2019\u00e9chelle a donc influ\u00e9 la distribution des effectifs des quartiers et des ethnies selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale. Ce changement d\u2019\u00e9chelle a aussi impact\u00e9 sur la significativit\u00e9 des diff\u00e9rences relatives aux repr\u00e9sentations individuelles (chef-fe-s de m\u00e9nage) des manifestations du changement climatique. En revanche, 50% des chef-fe-s de m\u00e9nage ignorent les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en \u0153uvre pour att\u00e9nuer les manifestations du changement climatique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Adger, W. N., Barnett, J., Brown, K., Marshall, N. et O\u2019brien, K. L., 2012. Cultural dimensions of climate change impacts and adaptation. <em>Nat. Clim. <\/em><em>Change<\/em>, <em>3<\/em>, 112-117.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agrawal, A. 1995. 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The origins and consequences of democratic citizens\u2019 policy agenda : A study of popular concern about global warming. <em>Climatic Change<\/em>, <em>77<\/em>, 7-43.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Laigle, L. 2005. <em>M\u00e9tropolisation et d\u00e9veloppement durable : un nouvel enjeu pour les collectivit\u00e9s territoriales?<\/em>. Actes du colloque \u00ab Logiques m\u00e9tropolitaines : mod\u00e8les, acteurs et processus \u00bb organis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Lille et l\u2019IFRESI \u2013 CNRS. Communication publi\u00e9e dans l\u2019ouvrage Actionpublique et projet m\u00e9tropolitain\u00e9dit\u00e9 chez L\u2019Harmattan, 1-12.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mercer, J., Kelman, I., Taranis, L. et Suchet, P. S., 2010. Framework for Integrating Indigenous and Scientific Knowledge for Disaster Risk Reduction. Office National D\u2019Assainissement (ONAS). <em>Etude du Plan Directeur d\u2019Assainissement de la ville de Ziguinchor<\/em>, <em>2<\/em>, 100 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pidgeon, N. et Butler, C. 2009. Risk analysis and climate change. <em>Environ.<\/em> <em>Politics, <\/em><em>18<\/em>, 670\u2013688.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sagna, P. et Leroux, M. 2000. <em>Le Climat. Les Atlas de l\u2019Afrique : S\u00e9n\u00e9gal. <\/em>Paris\u00a0: Jeune Afrique.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Smit, B. et Wandel, J. 2006. Adaptation, adaptive capacity and vulnerability. <em>Global Environmental Change, <\/em><em>16<\/em> (3), 282-292.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Stanforth, D. A., Allen, M. R. et Tredger, E. R. 2007. Confidence, uncertainty and decision-support relevance in climate predictions. <em>Philos.<\/em> <em>Trans. R. Soc.<\/em>, <em>365<\/em>, 2145-2161.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Yohannes, A., 2012. Perceptions of climate change among members of the House of Peoples, Representatives, Ethiopa. <em>Journal of Risk Research<\/em>, <em>7<\/em>, 771-785.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">White, L. 2005. Energy and Tools. Dans Nora Haenn and Richard Wilk, editor. <em>The Environment in Anthropology A Reader in Ecology, Culture and Sustainable Living<\/em> (p.\u00a0139-144). New York: University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Wilby, R. L., Troni, J., Biot, Y., Tedd, L., Hewitson, B. C., Smith, D. M. et Sutton, R. T., 2009. Review of climate risk information for adaptation and development planning. <em>Int. J. Climatol.<\/em>, <em>29<\/em>, 1193-1213.<\/p>\r\n&nbsp;","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les manifestations de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale li\u00e9e au changement climatique rev\u00eatent un caract\u00e8re multiforme dans la ville de Ziguinchor. Parmi les plus \u00e9videntes soulign\u00e9es par les populations, nous pouvons faire montre des inondations, de l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, de la salinisation des terres et de la baisse de la pluviom\u00e9trie. \u00c0 Ziguinchor, une prise de conscience empirique des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels associ\u00e9s au changement climatique semble \u00eatre une r\u00e9alit\u00e9. Pour \u00e9valuer l\u2019impact de cette prise de conscience, un indice \u00a0empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 partir des r\u00e9ponses individuelles recueillies lors d\u2019une enqu\u00eate quantitative aupr\u00e8s de 260 chef-fe-s de m\u00e9nage, r\u00e9partis dans les 26 quartiers de la ville de Ziguinchor, \u00e0 raison de 10 m\u00e9nages par quartier. Les r\u00e9ponses individuelles et empiriques des chef-fe-s de m\u00e9nage \u00e9taient relatives aux manifestations du changement climatique \u00e9voqu\u00e9es plus haut. Gr\u00e2ce \u00e0 une analyse multi-\u00e9chelles, une distribution plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des effectifs des quartiers et des ethnies a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale. Le changement d\u2019\u00e9chelle a aussi influ\u00e9 sur la significativit\u00e9 des diff\u00e9rences relatives aux repr\u00e9sentations ou r\u00e9ponses individuelles (chef-fe-s de m\u00e9nage) des manifestations du changement climatique. Par ailleurs, si une prise de conscience empirique des manifestations du changement climatique semble s\u2019av\u00e9rer, l\u2019analyse des r\u00e9ponses individuelles a en revanche r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 50 % des chef-fe-s de m\u00e9nage ignorent les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en \u0153uvre pour att\u00e9nuer les manifestations du changement climatique.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/changement-climatique\/\">Changement climatique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/representations\/\">Repr\u00e9sentations<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/senegal\/\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/societe\/\">Soci\u00e9t\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/ville\/\">Ville<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/ziguinchor\/\">Ziguinchor<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The manifestations of environmental vulnerability related to the climate change are multiform in the town of Ziguinchor. Among the most obvious experienced by the populations, we can observe \u00a0the occurrence of floods, the increase in the temperature of the air, the salinization of the grounds and the fall of rainfall. In Ziguinchor an empirical awakening of the natural phenomena associated with the climate change thus seems to be a reality. To evaluate the impact of these revelations, an empirical index of environmental vulnerability will be built starting from the individual answers collected at the time of a quantitative investigation of nearly 260 heads of households, divided in the 26 districts of the town of Ziguinchor, given there are 10 households per district. The individual and empirical answers of the heads of the household were related to the indicators of the climate change mentioned above. Thanks to the scaling (passage of the scale of the district to that of the ethnic group), a more heterogeneous distribution of manpower within districts and ethnic groups has been noted according to the classes using the empirical index of environmental vulnerability. The scaling change also influenced the significance of the differences related to representations or individual answers (heads of households) to the indicators of the climate change. In addition, if an empirical data of the indicators of the climate change seems to take shape, the analysis of the individual answers, on the other hand, revealed that 50% of the heads of households are unaware of strategies being implemented to mitigate the effects of the climate change. That supposes that the efforts must be directed towards the reinforcement of the capacities of adaptation for the populations (formation, sensitizing\u2026), in order to prepare them to take part effectively in the development of the action plans of reduction of the environmental vulnerability at the local level.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/city\/\">City<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/climate-change\/\">climate change<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/representations\/\">Representations<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/senegal\/\">Senegal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/society\/\">Society<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/ziguinchor\/\">Ziguinchor<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>15 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"no-indent\" style=\"text-align: justify\">Note<em> : Une premi\u00e8re version de cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9e dans la revue Sciences humaines du CAMES \u00e0 l&rsquo;adresse <a href=\"http:\/\/publication.lecames.org\/index.php\/hum\/article\/view\/811\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/publication.lecames.org\/index.php\/hum\/article\/view\/811<\/a>. Nous remercions le CAMES d&rsquo;avoir autoris\u00e9 cette nouvelle \u00e9dition de l&rsquo;article, qui ne contient que des modifications de forme. Toutes les illustrations ont \u00e9t\u00e9 produites par l&rsquo;auteur.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2 class=\"hanging-indent\">Introduction<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le changement climatique est d\u00e9fini comme l\u2019\u00e9volution r\u00e9cente du climat sur une certaine dur\u00e9e, qu\u2019elle soit due \u00e0 la variabilit\u00e9 naturelle ou aux activit\u00e9s humaines (IPCC, 2007). Les sc\u00e9narios les plus manifestes du changement climatique, pr\u00e9vus par les mod\u00e8les climatiques globaux, sont, entre autres, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature et du niveau de la mer (Stainforth <em>et al.<\/em>, 2007; Desai <em>et al.<\/em>, 2009; Wilbyet <em>et al.<\/em>, 2009). En Afrique de l\u2019Ouest, la plupart des projections climatiques sont favorables \u00e0 une r\u00e9currence de la s\u00e9cheresse au Sahel (Biasutti et Giannini, 2006). En ce 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les empreintes individuelles et culturelles jouent un r\u00f4le important dans les rapports entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement (White, 2005). Les in\u00e9galit\u00e9s sociales et \u00e9cologiques qui en d\u00e9coulent \u2013 ainsi que les perceptions communautaires de celles-ci \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale \u2013 justifient, dans une certaine mesure, leur prise en compte dans le sch\u00e9ma d\u00e9cisionnel des politiques de d\u00e9veloppement durable (Agrawal, 1995; Laigle, 2005; Corbun, 2005; Cornut <em>et al.<\/em>, 2007; Emelianoff, 2008; Mercer, 2010). Ainsi, face \u00e0 une prise de conscience de plus en plus accrue des populations, ces in\u00e9galit\u00e9s sont de plus en plus socialis\u00e9es (Batterbury, 2008; Jasanoff, 2010; Brace et Geoghegan, 2011; Crate, 2011; Granderson, 2014) au point d\u2019exercer une influence manifeste sur les pratiques culturelles (CRZ, 2004). Les am\u00e9nit\u00e9s environnementales sont donc assujetties aux sp\u00e9cificit\u00e9s individuelles et ethniques des groupes sociaux (Emelianoff, 2006).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9ponses de la soci\u00e9t\u00e9 aux changements climatiques traduisent concr\u00e8tement les strat\u00e9gies d\u2019adaptation mises en \u0153uvre par les communaut\u00e9s humaines (Arry <em>et al.<\/em>, 2014) ainsi que celles des groupes de personnes sp\u00e9cifiques qui les composent (Dekens, 2007). Elles peuvent rev\u00eatir plusieurs formes qui sont fonction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle (physique, socio-\u00e9conomique) des m\u00e9nages soumis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve (Brooks <em>et al.<\/em>, 2005; Smit et Wandel, 2006; Engle, 2011; Birk et Rasmussen, 2014) et des contingences soudaines et multi-\u00e9chelles associ\u00e9es au changement climatique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_77\" aria-describedby=\"caption-attachment-77\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Situation-g\u00e9ographique-de-la-r\u00e9gion-de-Ziguinchor-300x213.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"213\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-77\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 1a<\/strong>. Situation g\u00e9ographique de la r\u00e9gion de Ziguinchor.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En milieu urbain s\u00e9n\u00e9galais et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la ville de Ziguinchor, le changement climatique est devenu une r\u00e9alit\u00e9. Parmi ses manifestations les plus \u00e9videntes figurent les inondations, la salinisation des parcelles rizicoles de l\u2019espace p\u00e9riurbain et l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air. La ville de Ziguinchor, situ\u00e9e \u00e0 environ 450 km de Dakar, est localis\u00e9e entre la Gambie, la Guin\u00e9e-Bissau, la r\u00e9gion de Kolda et l\u2019oc\u00e9an Atlantique (figure 1a). Elle s\u2019\u00e9tend sur 12\u00b0 33\u2032 40\u2033 de latitude Nord et 16\u00b0 17\u2032 00\u2033 de longitude Ouest. Ces coordonn\u00e9es g\u00e9ographiques lui conf\u00e8rent le climat le plus humide du S\u00e9n\u00e9gal (Sagna et Leroux, 2000) ainsi que le r\u00e9seau hydrographique le plus dense du pays, compos\u00e9 du fleuve Casamance et de nombreux <em>bolongs<\/em> adjacents (anciens chenaux, temporairement remplis d\u2019eau). La pluviom\u00e9trie atteint en moyenne 1300 mm\/an, contre une moyenne nationale de 700 mm\/an. La temp\u00e9rature moyenne annuelle est de l\u2019ordre de 26\u00b0C. La moyenne mensuelle varie entre 24\u00b0C (d\u00e9cembre-janvier) et 28\u00b0C (mai-juin). Ces temp\u00e9ratures relativement \u00e9lev\u00e9es provoquent une importante \u00e9vaporation avec un maximum enregistr\u00e9 au mois d\u2019avril. Ainsi, l\u2019hygrom\u00e9trie de l\u2019air ambiant est relativement significative. La moyenne annuelle passe de 60% en saison s\u00e8che \u00e0 80% pendant la saison des pluies (ONAS, 2010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les probl\u00e8mes environnementaux, associ\u00e9s \u00e0 ce contexte \u00e9cologique, ne sont pas n\u00e9gligeables. En effet, la ville de Ziguinchor est localis\u00e9e sur un site d\u2019implantation qui est un point de resserrement extr\u00eame du fleuve Casamance, lequel est d\u00fb \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e vers le nord des bas plateaux m\u00e9ridionaux. La partie de la ville situ\u00e9e sur les plateaux est essentiellement b\u00e2tie sur des sols ferrallitiques rouges et des formations sablo-argileuses, alors qu\u2019on r\u00e9pertorie des sols gris et des vasi\u00e8res au niveau des d\u00e9pressions fluviomarines. La capacit\u00e9 d\u2019infiltration des sols est variable. Elle est assez bonne sur les plateaux et faible \u00e0 nulle dans les zones basses, inondables (photo 1). On retiendra comme valeur moyenne 22 \u00e0 25 litres\/m\u00b2\/jour pour les sols ferrallitiques rouges des plateaux (ONAS, 2010).<\/p>\n<figure id=\"attachment_76\" aria-describedby=\"caption-attachment-76\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Impraticabilit\u00e9-de-la-route-du-quartier-Santhiaba-Ziguinchor-avant-sa-r\u00e9habilitation-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"188\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-76\" class=\"wp-caption-text\">Impraticabilit\u00e9 de la route du quartier Santhiaba (Ziguinchor) avant sa r\u00e9habilitation.<br \/>Source: Mbaye, 2011<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La nappe superficielle qui alimente les nombreux puits de la ville s\u2019\u00e9coule depuis les zones de plateau vers les zones basses, o\u00f9 elle est tr\u00e8s souvent affleurante. Dans la zone de plateau, la nappe se trouve \u00e0 une profondeur pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 20 m\u00e8tres (ONAS, 2010). Suite au d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique des derni\u00e8res d\u00e9cennies, on assiste \u00e0 une baisse progressive du niveau pi\u00e9zom\u00e9trique et \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019intrusions salines sur l\u2019ensemble du bassin versant qui se traduisent par des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur les activit\u00e9s humaines, notamment la salinisation des parcelles rizicoles. Un tel contexte environnemental vuln\u00e9rable est compliqu\u00e9 \u00e0 cause de la situation d\u00e9mographique et socio-\u00e9conomique des populations d\u00e9favoris\u00e9es. En effet, la population de la ville de Ziguinchor, r\u00e9partie dans 26 quartiers (figure 1b), est caract\u00e9ris\u00e9e par un taux d\u2019accroissement annuel de 3% (Ciss\u00e9 <em>et al.<\/em>, 2010).<\/p>\n<figure id=\"attachment_78\" aria-describedby=\"caption-attachment-78\" style=\"width: 291px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Carte-des-quartiers-de-la-commune-de-Ziguinchor.png\" alt=\"\" width=\"291\" height=\"275\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-78\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 1b<\/strong>. Carte des quartiers de la commune de Ziguinchor.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ainsi, en 2012, sa population qui \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 293 213 habitant-e-s avoisinait 302 009 en 2013 et 311 069 en 2014, r\u00e9parti-e-s sur une superficie de 9 km<sup>2<\/sup>, soit une densit\u00e9 moyenne d\u2019environ 35 habitant-e-s au km<sup>2<\/sup>. Les indicateurs de niveau de vie et le type d\u2019habitat sont, comme dans la plupart des villes africaines, \u00e0 la d\u00e9faveur des quartiers spontan\u00e9s qui se cr\u00e9ent. Il s\u2019agit de quartiers non encore desservis en services sociaux de base et dont le niveau de vie des populations est tr\u00e8s faible (ONAS, 2010). Les rares activit\u00e9s exerc\u00e9es par les populations sont centr\u00e9es autour du secteur informel. Ainsi, l\u2019activit\u00e9 professionnelle des chef-fe-s de famille enqu\u00eat\u00e9-e-s tourne essentiellement autour de ce secteur o\u00f9 exercent 59%, contre 9% dans l\u2019agriculture, 9% dans les professions lib\u00e9rales, 9% dans l\u2019administration et 8% dans l\u2019artisanat. Les chef-fe-s de famille retrait\u00e9-e-s ou n\u2019exer\u00e7ant aucune activit\u00e9 sont de l\u2019ordre de 6%.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la ville s\u2019identifie aussi par le caract\u00e8re polyglotte de sa population, per\u00e7u \u00e0 travers la pluralit\u00e9 ethnique. Sur les 260 chef-fe-s de famille interrog\u00e9-e-s, 118 sont des Diolas (45% des observations), contre 20 Peuls (8%), 14 Wolofs (5%), 20 Manjacks (8%), 35 Mandingues (13%), 2 Sonink\u00e9s (1%), 4 Ba\u00efnoucks (2%), 12 Mancagnes (5%), 1 Badiarank\u00e9 (0%), 3 Balantes (1%), 15 S\u00e9r\u00e8res (6%), 1 Maure (0%), 4 Sarakhol\u00e9s (2%), 6 Toucouleurs (2%) et 5 autres ethnies minoritaires (Mansouk\u00e9, P\u00e9pel, L\u00e9bou, Ackou et Bambara) soit 1% des observations. Cette \u00e9tude est une contribution sur les repr\u00e9sentations individuelles (chef-fe-s de famille) des manifestations du changement climatique \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles de la ville de Ziguinchor. Elle a pour objectif d\u2019\u00e9valuer l\u2019impact du changement d\u2019\u00e9chelle sur les r\u00e9ponses individuelles de ceux-ci relatives aux manifestations et aux strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la ville de Ziguinchor, ainsi que sur la distribution des valeurs d\u2019un indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Mat\u00e9riel et m\u00e9thodes<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les donn\u00e9es de pluie et de temp\u00e9rature mensuelles, collect\u00e9es sur la ville de Ziguinchor, proviennent de l\u2019Agence Nationale de l\u2019Aviation Civile et de la M\u00e9t\u00e9orologie (ANACIM) bas\u00e9e \u00e0 Dakar au S\u00e9n\u00e9gal. Elles couvrent la p\u00e9riode 1951-2014. La pluviom\u00e9trie standardis\u00e9e a \u00e9t\u00e9 liss\u00e9e avec une moyenne mobile d\u00e9cennale. L\u2019indice sah\u00e9lien de Lamb a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 cet effet pour mieux appr\u00e9cier la variabilit\u00e9 interannuelle \u00e0 interd\u00e9cennale de la pluviom\u00e9trie \u00e0 Ziguinchor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, les anomalies positives (ann\u00e9es humides) sont distingu\u00e9es des anomalies n\u00e9gatives (ann\u00e9es s\u00e8ches) de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique. Cet indice se calcule selon l\u2019\u00e9quation suivante :\u00a0 <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-472\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/e\u0301quation-Mbaye.png\" alt=\"\" width=\"64\" height=\"27\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/e\u0301quation-Mbaye.png 179w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/e\u0301quation-Mbaye-65x27.png 65w\" sizes=\"auto, (max-width: 64px) 100vw, 64px\" \/><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">\u00c0 noter que <em>xi <\/em>est le cumul pluviom\u00e9trique de l\u2019ann\u00e9e i, <em>x <\/em>est la moyenne de la pluie annuelle sur la p\u00e9riode 1951-2014 et \u03b4 est l\u2019\u00e9cart type de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique. Par ailleurs, deux s\u00e9ries trentenaires de temp\u00e9rature moyenne mensuelle sont compar\u00e9es : 1951-1982 et 1983-2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Concernant les donn\u00e9es sociales, une enqu\u00eate quantitative a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en 2011 aupr\u00e8s de 260 chef-fe-s de m\u00e9nage (hommes et femmes \u00e2g\u00e9-e-s de 25 \u00e0 84 ans) r\u00e9partis dans les 26 quartiers de la ville de Ziguinchor, en raison de 10 m\u00e9nages par quartier. Elle a permis de collecter des donn\u00e9es relatives aux repr\u00e9sentations individuelles des manifestations du changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage. Les r\u00e9ponses de ces derniers sont centr\u00e9es autour de la baisse de la pluviom\u00e9trie, de l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, de la salinisation des terres et des inondations. Par ailleurs, un indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique a \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 partir des r\u00e9ponses individuelles des chef-fe-s de famille. Pour chaque quartier, les 10 chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s permettent donc de recueillir 10 r\u00e9ponses individuelles. Les valeurs de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique sont ainsi \u00e9tablies \u00e0 partir de ces r\u00e9ponses individuelles, variant entre 1 et 10. La valeur 1 correspond \u00e0 une vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique minimale, incarn\u00e9e par la r\u00e9ponse d\u2019un-e chef-fe de m\u00e9nage d\u2019un quartier, alors que la valeur 10 symbolise une vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique maximale correspondant aux r\u00e9ponses cumul\u00e9es des 10 chef-fe-s de m\u00e9nage d\u2019un quartier. La valeur moyenne de l\u2019indice que nous pouvons en d\u00e9duire est \u00e9gale \u00e0 5. Ainsi, les 26 quartiers de la ville de Ziguinchor et les 18 ethnies que nous avons interrog\u00e9es dans ces quartiers sont r\u00e9partis selon trois classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>la classe 1-4 correspond aux quartiers et aux ethnies faiblement vuln\u00e9rables;<\/li>\n<li>la valeur 5 concerne tous les quartiers et les ethnies moyennement vuln\u00e9rables;<\/li>\n<li>la classe 6-10 regroupe tous les quartiers et les ethnies qui pr\u00e9sentent un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique \u00e9lev\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la mesure o\u00f9 les r\u00e9ponses individuelles peuvent \u00eatre diff\u00e9rentes, nous avons jug\u00e9 utile d\u2019utiliser le khi2 comme test statistique. La significativit\u00e9 des diff\u00e9rences associ\u00e9es aux r\u00e9ponses des chef-fe-s de m\u00e9nage concernant les manifestations du changement climatique et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation, propos\u00e9es par ceux-ci et celles-ci, est appr\u00e9ci\u00e9e selon un risque d\u2019erreur \u00e9gal \u00e0 5% (p &lt; 0,05). Avec le logiciel Tanagra 1.4, le khi2 est \u00e9tabli sur un nombre d\u2019observation n = 260, correspondant au Degr\u00e9 De Libert\u00e9 (DDL), c\u2019est-\u00e0-dire le nombre de chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s. Cette analyse statistique est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 deux niveaux : le quartier et l\u2019ethnie. Ce changement d\u2019\u00e9chelle va-t-il influer sur les r\u00e9ponses individuelles des chef-fe-s de m\u00e9nage relatives aux manifestations et aux strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique dans la ville de Ziguinchor. Va-t-il aussi influencer la distribution de l\u2019effectif des quartiers et des ethnies selon les valeurs de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale, lequel est construit \u00e0 partir de ces r\u00e9ponses individuelles? Y a-t-il une concordance entre les manifestations scientifiques du changement climatique et celles relatives aux connaissances des populations?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9sultats et discussion<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Manifestations du changement climatique et connaissances scientifiques<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La ville de Ziguinchor a connu une forte variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie de 1951 \u00e0 2014, marqu\u00e9e par une tendance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la baisse (figure 2a) et l\u2019alternance de p\u00e9riodes humides et de p\u00e9riodes s\u00e8ches (figure 2b). Les p\u00e9riodes s\u00e8ches correspondent \u00e0 44 ann\u00e9es sur 64 en valeur absolue, soit 69% en valeur relative. Elles couvrent notamment les d\u00e9cennies 1970, 1980 et 1990.<\/p>\n<figure id=\"attachment_79\" aria-describedby=\"caption-attachment-79\" style=\"width: 414px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-pluviom\u00e9trie-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014-300x131.png\" alt=\"\" width=\"414\" height=\"181\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-79\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 2a<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_80\" aria-describedby=\"caption-attachment-80\" style=\"width: 412px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-pluviom\u00e9trie-standardis\u00e9e-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014.-La-courbe-en-noir-repr\u00e9sente-une-moyenne-mobile-d\u00e9cennale.-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"412\" height=\"206\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-80\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 2b<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la pluviom\u00e9trie standardis\u00e9e \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014. La courbe en noir repr\u00e9sente une moyenne mobile d\u00e9cennale.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Parall\u00e8lement \u00e0 la baisse globalis\u00e9e de la s\u00e9rie pluviom\u00e9trique (1951-2014), on observe une augmentation tendancielle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor (figure 3).<\/p>\n<figure id=\"attachment_81\" aria-describedby=\"caption-attachment-81\" style=\"width: 351px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variabilit\u00e9-interannuelle-de-la-temp\u00e9rature-moyenne-de-l\u2019air-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014.-300x160.jpg\" alt=\"\" width=\"351\" height=\"187\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 3<\/strong>. Variabilit\u00e9 interannuelle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette augmentation est plus manifeste \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mensuelle (figure 4). En effet, l\u2019analyse comparative des s\u00e9ries 1951-1982 et 1983-2014 r\u00e9v\u00e8le en moyenne une augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1, 26\u00b0C. Cette variation positive laisse entrevoir des disparit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mensuelle. Ainsi, les donn\u00e9es analys\u00e9es montrent le passage d\u2019une variation minimale de 0,83\u00b0C au mois de novembre \u00e0 une variation maximale de 1,57\u00b0C au mois de mars.<\/p>\n<figure id=\"attachment_82\" aria-describedby=\"caption-attachment-82\" style=\"width: 342px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Variation-mensuelle-de-la-temp\u00e9rature-moyenne-de-l\u2019air-\u00e0-Ziguinchor-de-1951-\u00e0-2014-300x159.jpg\" alt=\"\" width=\"342\" height=\"181\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 4<\/strong>. Variation mensuelle de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air \u00e0 Ziguinchor de 1951 \u00e0 2014.<\/figcaption><\/figure>\n<h3 style=\"text-align: left\">Manifestations du changement climatique et connaissances des populations<\/h3>\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/h4>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019importance des repr\u00e9sentations individuelles du changement climatique dans le d\u00e9veloppement local et national est comprise depuis quelques ann\u00e9es (Bord, O\u2019Connor, Fisher, 2000; Krosnick <em>et al.<\/em>, 2006). L\u2019influence des facteurs culturels ou des perceptions communautaires des risques li\u00e9s au changement climatique est encore relativement document\u00e9e (Pidgeon, Butler, 2009; Adger <em>et al.<\/em>, 2012; Ahmad <em>et al.<\/em>, 2012). Une \u00e9tude a \u00e9tabli une relation significative entre l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature moyenne de l\u2019air et le niveau de perception du risque li\u00e9 au changement climatique (Jenkins <em>et al.<\/em>, 2010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor, la population cible de notre \u00e9tude a une prise de conscience non n\u00e9gligeable des manifestations du changement climatique, car sur les 260 chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s, seul 01 les ignore. Toutefois, nous constatons une diff\u00e9rence significative des repr\u00e9sentations individuelles entre les manifestations du changement climatique, particuli\u00e8rement la salinisation des terres, les inondations et la baisse de la pluviom\u00e9trie (tableau 1.).<\/p>\n<table>\n<caption>Tableau 1. Repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/caption>\n<tbody style=\"font-size: 0.9em\">\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Augmentation de la temp\u00e9rature<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Salinistion des terres<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Inondations<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/th>\n<th>Ignorance<\/th>\n<th scope=\"row\">DDL<\/th>\n<\/tr>\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<td>21<\/td>\n<td>0,08<\/td>\n<td>03<\/td>\n<td>188,91<\/td>\n<td>16<\/td>\n<td>285,44<\/td>\n<td>219<\/td>\n<td>300,39<\/td>\n<td>01<\/td>\n<td>260<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,6117 &gt;0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt; 0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\n<th><\/th>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Cette diff\u00e9rence dans les repr\u00e9sentations des am\u00e9nit\u00e9s environnementales li\u00e9es au changement climatique est le reflet de la pluralit\u00e9 ethnique des quartiers de la ville de Ziguinchor. Chaque cat\u00e9gorie sociale per\u00e7oit les manifestations du changement climatique selon son mode de vie. Ainsi, la salinisation des terres, les inondations et la baisse de la pluviom\u00e9trie, associ\u00e9es au changement climatique, ne peuvent pas \u00eatre socialis\u00e9es de mani\u00e8re homog\u00e8ne par les populations concern\u00e9es puisqu\u2019elles sont diff\u00e9remment expos\u00e9es \u00e0 ces ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. En revanche, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature s\u2019individualise avec une diff\u00e9rence statistiquement non significative (P = 0,6117 &gt; 0,05). En effet, la ville de Ziguinchor est r\u00e9put\u00e9e par sa chaleur, devenue partie int\u00e9grante du v\u00e9cu quotidien des populations. L\u2019analyse r\u00e9v\u00e8le, par ailleurs, une cat\u00e9gorisation des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique. Ainsi, 84% des chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9s dans l\u2019ensemble des quartiers de la ville de Ziguinchor consid\u00e8rent la baisse de la pluviom\u00e9trie comme la manifestation du changement climatique la plus v\u00e9cue, contre 8% pour l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, 6% pour les inondations et 2% pour la salinisation des terres (figure 5).<\/p>\n<figure id=\"attachment_83\" aria-describedby=\"caption-attachment-83\" style=\"width: 347px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Fr\u00e9quences-des-chefs-de-m\u00e9nage-selon-les-repr\u00e9sentations-des-manifestations-du-changement-climatique-\u00e0-l\u2019\u00e9chelle-des-quartiers-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x127.jpg\" alt=\"\" width=\"347\" height=\"147\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-83\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 5<\/strong>. Fr\u00e9quences des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des manifestations du changement climatique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Si nous consid\u00e9rons les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique, il s\u2019av\u00e8re que les 26 quartiers sont faiblement affect\u00e9s par les inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et la salinisation des terres (tableau 2).<\/p>\n<table>\n<caption>Tableau 2. Classification de l\u2019effectif des quartiers selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<td rowspan=\"2\" scope=\"rowgroup\"><strong>Classes de l\u2019indice de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/strong><\/td>\n<td colspan=\"4\" scope=\"rowgroup\"><strong>Manifestations du changement climatique <\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">Inondations<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Salinisation des terres<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">1-4 (Faible)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">26<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">11<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">5 (Moyen)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">15<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">6-10 (\u00e9lev\u00e9)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify\">La r\u00e9partition de l\u2019effectif des quartiers selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique r\u00e9v\u00e8le que les 26 quartiers sont faiblement vuln\u00e9rables aux inondations, \u00e0 l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et \u00e0 la salinisation des terres. En revanche, on constate que 11 et 15 quartiers sont respectivement faiblement et moyennement vuln\u00e9rables \u00e0 la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cette classification trouve son explication dans les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par la municipalit\u00e9 \u00e0 travers les projets de pavage des quartiers de la ville et de raccordement de ceux-ci \u00e0 un syst\u00e8me d\u2019assainissement (photos 2 et 3). En effet, la strat\u00e9gie de gestion des eaux us\u00e9es, pluviales et des ordures s\u2019est nettement am\u00e9lior\u00e9e avec lesdits projets. Auparavant, il n\u2019existait aucun dispositif d\u2019assainissement soucieux de l\u2019\u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des eaux pluviales et des enjeux environnementaux associ\u00e9s. Ainsi, face \u00e0 l\u2019obsolescence, voire l\u2019inexistence d\u2019un syst\u00e8me d\u2019\u00e9vacuation ad\u00e9quat, les populations, surtout celles des quartiers p\u00e9riph\u00e9riques de la ville, \u00e9taient expos\u00e9es \u00e0 des risques d\u2019inondations. Dans un tel contexte, les populations d\u00e9veloppent des m\u00e9thodes certes empiriques de protection des terres et contre ces derni\u00e8res (sacs de sable, diguettes), mais qui renforcent tout de m\u00eame, plus ou moins, leur r\u00e9silience face aux contingences climatiques.<\/p>\n<figure id=\"attachment_84\" aria-describedby=\"caption-attachment-84\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Etat-de-la-route-du-quartier-de-Santhiaba-Ziguinchor-apr\u00e8s-sa-r\u00e9habilitation-pavage-avec-syst\u00e8me-d\u2019assainissement-300x254.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"254\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-84\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9tat de la route du quartier de Santhiaba (Ziguinchor) apr\u00e8s sa r\u00e9habilitation (pavage avec syst\u00e8me d\u2019assainissement).<br \/>Source : MBAYE, janvier 2015<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_85\" aria-describedby=\"caption-attachment-85\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Vue-des-travaux-du-projet-de-pavage-des-routes-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x226.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"226\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-85\" class=\"wp-caption-text\">Vue des travaux du projet de pavage des routes de la ville de Ziguinchor. Source : MBAYE, janvier 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, l\u2019une des caract\u00e9ristiques les plus \u00e9videntes de l\u2019ambiance climatique de la ville est, entre autres, la canicule qui s\u00e9vit quasiment toute l\u2019ann\u00e9e. Ainsi, les variations de la temp\u00e9rature de l\u2019air dans la ville selon les types de temps journalier, mensuel ou saisonnier sont tr\u00e8s faibles, au point o\u00f9 les populations sont peu sensibles \u00e0 celles-ci. Le recul de la salinisation des terres est aussi justifi\u00e9 par la restructuration progressive des quartiers de la ville et son \u00e9talement au d\u00e9triment de l\u2019espace p\u00e9riurbain. En revanche, une distribution h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des effectifs des classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale est manifeste avec la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cela se traduit concr\u00e8tement par 11 quartiers faiblement vuln\u00e9rables et 15 qui le sont moyennement. Cette classification s\u2019explique par la diversit\u00e9 des sites d\u2019implantation des quartiers \u00e0 l\u2019image des bas-fonds (photo 4), gage de vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les \u00eelots de chaleur urbaine (effet d\u2019urbanisme) et, par cons\u00e9quent, du microclimat dans la ville.<\/p>\n<figure id=\"attachment_86\" aria-describedby=\"caption-attachment-86\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Site-d\u2019implantation-du-quartier-de-Belfort-Ziguinchor-300x205.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"205\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-86\" class=\"wp-caption-text\">Site d\u2019implantation du quartier de Belfort (Ziguinchor).<br \/>Source : MBAYE, janvier 2013<\/figcaption><\/figure>\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des ethnies de la ville de Ziguinchor<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">La classification des ethnies selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale r\u00e9v\u00e8le une situation h\u00e9t\u00e9roclite. En effet, si on consid\u00e8re les inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air et la salinisation des terres, on constate que toutes les ethnies interrog\u00e9es sont faiblement vuln\u00e9rables (tableau 3).<\/p>\n<table class=\"aligncenter\">\n<caption>Tableau 3. Classification de l\u2019effectif des ethnies selon l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/caption>\n<tbody>\n<tr>\n<td rowspan=\"2\" scope=\"rowgroup\"><strong>Classes de l\u2019indice <\/strong> <strong>de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique<\/strong><\/td>\n<td colspan=\"4\" scope=\"rowgroup\"><strong>Manifestations du changement climatique <\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">Inondations<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Salinisation des terres<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">Baisse de la pluviom\u00e9trie<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">1-4 (Faible)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">18<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">14<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">5 (Moyen)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">01<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td scope=\"rowgroup\">6-10 (\u00e9lev\u00e9)<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">0<\/td>\n<td scope=\"rowgroup\">03<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify\">La distribution de l\u2019effectif des ethnies selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique par rapport \u00e0 la \u00ab baisse de la pluviom\u00e9trie \u00bb montre que 14 ethnies sont faiblement vuln\u00e9rables, contre 01 et 03 qui les sont respectivement moyennement et fortement. Cela atteste la prise de conscience des populations relative aux impacts positifs des travaux de restructuration des quartiers par la municipalit\u00e9 qui s\u2019inscrivent dans l\u2019am\u00e9lioration de leur cadre de vie. Par ailleurs, ce v\u00e9cu populaire, diff\u00e9renci\u00e9 de la baisse de la pluviom\u00e9trie, refl\u00e8te de fait la pluralit\u00e9 ethnique, la diversit\u00e9 des modes de vie et de la socialisation des questions environnementales. De surcro\u00eet, la capacit\u00e9 d\u2019adaptation des ethnies face \u00e0 la baisse de la pluviom\u00e9trie varie selon les moyens dont elles disposent. Ainsi, selon les conditions de vie des populations, certaines cat\u00e9gories sociales peuvent \u00eatre plus r\u00e9silientes que d\u2019autres, plus vuln\u00e9rables, \u00e9conomiquement et socialement.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Strat\u00e9gies d\u2019adaptation face aux manifestations du changement climatique<\/h3>\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Contrairement aux manifestations du changement climatique dont les chef-fe-s de m\u00e9nage ont plus ou moins conscience, la moiti\u00e9 de la population interrog\u00e9e (130 chef-fe-s de m\u00e9nage sur 260) ignore les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en \u0153uvre pour att\u00e9nuer les effets n\u00e9fastes du changement climatique. Les strat\u00e9gies r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la population pour faire face aux manifestations de ce dernier (inondations, augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, baisse de la pluviom\u00e9trie, salinisation des terres) sont multiples et vari\u00e9es. Il s\u2019agit notamment de l\u2019utilisation d\u2019engrais, de la construction de digues, de l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, certainement pour se pr\u00e9munir contre le paludisme qui s\u2019associe aux inondations et le reboisement pour pallier au d\u00e9ficit pluviom\u00e9trique. Ces strat\u00e9gies sont significativement diff\u00e9rentes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville Ziguinchor (tableau 4).<\/p>\n<table class=\"aligncenter\" style=\"height: 60px\">\n<caption>Tableau 4. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor (DDL = 260)<\/caption>\n<tbody style=\"font-size: 0.9em\">\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Engrais<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Digues<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Moustiquaires<\/th>\n<th colspan=\"2\" scope=\"row\">Reboisement<\/th>\n<th>Autres<\/th>\n<th scope=\"row\">Ignorance<\/th>\n<\/tr>\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>khi<sup>2<\/sup><\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<td>Effectif<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"text-align: justify\">\n<td>34<\/td>\n<td>488,65<\/td>\n<td>21<\/td>\n<td>441,28<\/td>\n<td>18<\/td>\n<td>384,40<\/td>\n<td>219<\/td>\n<td>300,39<\/td>\n<td>12<\/td>\n<td>130<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt; 0,05<\/td>\n<td colspan=\"2\" scope=\"row\">P=0,000 &lt;0,05<\/td>\n<th><\/th>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, 50% des chef-fe-s de m\u00e9nage interrog\u00e9-e-s sur l\u2019ensemble des quartiers de la ville de Ziguinchor ignorent les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en place pour s\u2019adapter aux effets n\u00e9fastes du changement climatique, contre 17% pour le reboisement, 13% pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, 8% pour la construction de digues, 7% pour l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es et 5% pour les autres strat\u00e9gies (figure 6).<\/p>\n<figure id=\"attachment_87\" aria-describedby=\"caption-attachment-87\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Fr\u00e9quences-des-chefs-de-m\u00e9nage-selon-les-repr\u00e9sentations-des-strat\u00e9gies-d\u2019adaptation-au-changement-climatique-\u00e0-l\u2019\u00e9chelle-des-quartiers-de-la-ville-de-Ziguinchor-300x139.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"139\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-87\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Figure 6<\/strong>. Fr\u00e9quences des chef-fe-s de m\u00e9nage selon les repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quartiers de la ville de Ziguinchor.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces diff\u00e9rences relatives au v\u00e9cu des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique traduisent la diversit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels auxquels les quartiers sont soumis. Cette exposition est d\u2019autant plus pr\u00e9gnante que le quartier est localis\u00e9 dans un site \u00e9cologiquement vuln\u00e9rable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les quartiers qui jouxtent le fleuve Casamance ou localis\u00e9s dans des bas-fonds (Santhiaba, Di\u00e9faye, Kand\u00e9, Kand\u00e9 Sibenck, Belfort\u2026) sont expos\u00e9s \u00e0 des al\u00e9as diff\u00e9rents de ceux des quartiers lointains (Kansahoudy, Kandialang Est, Kandialang Ouest\u2026) ou implant\u00e9s sur un site de bas plateau. Ainsi, l\u2019appariement qui se distingue transpara\u00eet sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e9cologique des quartiers de la ville et, par cons\u00e9quent, sur le caract\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation empiriques des populations pour faire face au changement climatique.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des ethnies de la ville de Ziguinchor<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Au niveau ethnique, seule la strat\u00e9gie li\u00e9e au reboisement n\u2019est pas diff\u00e9remment per\u00e7ue (p\u00a0<em>= 0,18 26 <\/em>&gt; 0,05) par les ethnies. Cela signifie qu\u2019elles ont la m\u00eame repr\u00e9sentation empirique du reboisement et de l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019arbre. Concernant les strat\u00e9gies relatives \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019engrais, construction de digues et l\u2019usage de moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, la tendance d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du quartier s\u2019est confirm\u00e9e (tableau 5). La distribution de l\u2019effectif des chef-fe-s de m\u00e9nage selon des repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. De 34 chef-fe-s de m\u00e9nage pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, on passe \u00e0 21 pour les digues de protection, 18 pour l\u2019utilisation des moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, 45 pour le reboisement, 130 pour les ignorants et 12 pour les autres (sensibilisation, \u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des ordures\u2026).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Tableau 5. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique par les chef-fe-s de m\u00e9nage selon les ethnies<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-819 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima.jpg\" alt=\"\" width=\"733\" height=\"144\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima.jpg 748w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima-300x59.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima-65x13.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima-225x44.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-5_Ibrahima-350x69.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, si on consid\u00e8re individuellement les manifestations du changement climatique, on constate que les diff\u00e9rences dans les strat\u00e9gies d\u2019adaptation sont plus manifestes (tableau 6). La distribution de l\u2019effectif des chef-fe-s de m\u00e9nage selon des repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique est h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. De 34 chef-fe-s de m\u00e9nage pour l\u2019utilisation d\u2019engrais, on passe \u00e0 21 pour les digues de protection, 18 pour l\u2019utilisation des moustiquaires impr\u00e9gn\u00e9es, 45 pour le reboisement, 130 pour les ignorant-e-s et 12 pour les autres (sensibilisation, \u00e9vacuation r\u00e9guli\u00e8re des ordures\u2026).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Tableau 6. Repr\u00e9sentations des strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement par les chef-fe-s de m\u00e9nage selon les manifestations du changement climatique<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-820 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima.jpg\" alt=\"\" width=\"681\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima.jpg 709w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima-300x129.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima-65x28.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima-225x97.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2019\/10\/Tableau-6_Ibrahima-350x151.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui corrobore non seulement la diversit\u00e9 \u2013 partag\u00e9e dans l\u2019espace urbain \u2013 des ph\u00e9nom\u00e8nes environnementaux auxquels les populations sont assujetties, mais aussi des marqueurs sociaux. Ce regard crois\u00e9 \u2013 diff\u00e9renci\u00e9 selon les strat\u00e9gies d\u2019adaptation empiriques des populations \u2013 s\u2019explique, entre autres, par la pluralit\u00e9 ethnique et des pratiques socio-culturelles qui se refl\u00e8tent sur la socialisation des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, ainsi que des strat\u00e9gies \u00e0 mettre en place pour att\u00e9nuer leurs effets n\u00e9gatifs. Les groupes sociaux autochtones (Diola, Mandingue, par exemple) s\u2019adaptent mieux que les Wolofs, S\u00e9r\u00e8res, par exemple, puis qu\u2019ils socialisent plus facilement l\u2019espace urbain partag\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, au regard du nombre de chef-fe-s de m\u00e9nage qui restent dans l\u2019ignorance, les capacit\u00e9s d\u2019adaptation des populations doivent \u00eatre renforc\u00e9es (ateliers de formation, campagnes de sensibilisation\u2026) afin qu\u2019elles puissent jouer pleinement leur r\u00f4le dans l\u2019\u00e9laboration des strat\u00e9gies idoines de r\u00e9duction de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. Le renforcement des capacit\u00e9s d\u2019adaptation des communaut\u00e9s humaines est donc plus que n\u00e9cessaire et pressant (Yohannes, 2012). Dans ce sillage, il serait judicieux de faire ressortir le caract\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation d\u00e9velopp\u00e9es par les cat\u00e9gories sociales ainsi que les sp\u00e9cificit\u00e9s des entit\u00e9s spatiales <strong>(<\/strong>Brody <em>et al.<\/em>, 2008) dans l\u2019optique d\u2019une territorialisation des politiques publiques calqu\u00e9es sur les discontinuit\u00e9s socio-spatiales, les potentialit\u00e9s et les am\u00e9nit\u00e9s environnementales des territoires.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, la ville de Ziguinchor est expos\u00e9e \u00e0 une vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale li\u00e9e au changement climatique. Parmi les manifestations \u00e9voqu\u00e9es par les populations figurent la r\u00e9currence des inondations, l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature de l\u2019air, l\u2019avanc\u00e9e de la langue sal\u00e9e et la baisse de la pluviom\u00e9trie. Cela signifie que les manifestations du changement climatique sont connues par les populations \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville de Ziguinchor m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019une connaissance empirique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 climatique, construit \u00e0 partir des connaissances individuelles (chef-fe-s de m\u00e9nage) et empiriques des manifestations du changement climatique, a montr\u00e9 que le passage de l\u2019\u00e9chelle du quartier \u00e0 celle de l\u2019ethnie entra\u00eene concomitamment le passage d\u2019un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 homog\u00e8ne des quartiers et des ethnies \u00e0 un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Le changement d\u2019\u00e9chelle a donc influ\u00e9 la distribution des effectifs des quartiers et des ethnies selon les classes de l\u2019indice empirique de vuln\u00e9rabilit\u00e9 environnementale. Ce changement d\u2019\u00e9chelle a aussi impact\u00e9 sur la significativit\u00e9 des diff\u00e9rences relatives aux repr\u00e9sentations individuelles (chef-fe-s de m\u00e9nage) des manifestations du changement climatique. En revanche, 50% des chef-fe-s de m\u00e9nage ignorent les strat\u00e9gies \u00e0 mettre en \u0153uvre pour att\u00e9nuer les manifestations du changement climatique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Adger, W. N., Barnett, J., Brown, K., Marshall, N. et O\u2019brien, K. L., 2012. Cultural dimensions of climate change impacts and adaptation. <em>Nat. Clim. <\/em><em>Change<\/em>, <em>3<\/em>, 112-117.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agrawal, A. 1995. Dismantling the Divide Between Indigenous and Scientific Knowledge. <em>Journal of Development and Change<\/em>, <em>26<\/em>, 413-439.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ahmad, S. S., William, J. S. et Zhnongwei, L., 2012. Rural Nevada and Climate Change: Vulnerability, Beliefs, and Risk Perception<strong>. <\/strong><em>Risk Analysis<\/em>,<em> 32 <\/em>(6), 1041-1059.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Arry, R., Esti, A., Muh, A. M. et Andreas, D., 2014. Environmental Ethics in Local Knowledge Responding to Climate Change: An Understanding of Seasonal Traditional Calendar <em>PranotoMongso <\/em>and Its Phenology in Karst Area of GunungKidul, Yogyakarta, Indonesia. <em>Procedia Environmental Sciences<\/em>, <em>20, <\/em>785-794.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brooks, N., Adger, W.N. et Kelly, P.M. 2005. The determinants of vulnerability and adaptive capacity at the national level and the implications for adaptation.<em>Global Environmental Change\u2013Humanand Policy Dimensions, <\/em>15 (2), 151-163.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bord, R. J., O\u2019connor R. E. et Fisher A. 2000. In what sense does the public need to understand global climate change?. <em>Public Understanding of Science<\/em>, <em>9<\/em>, 205-218.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Birk, T. et Rasmussen, K. 2014. Migration from atolls as climate change adaptation: Currentpractices, barriers and options in Solomon Islands. <em>Natural Resources Forum, <\/em><em>38<\/em>, 1-13.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brace, C. et Geoghegan, H., 2011. Human geographies of climate change: landscape, temporality and lay knowledge. <em>Prog. Hum. Geogr.<\/em>, <em>35<\/em>, 284-302.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Biasutti, M et Giannini, A., 2006. Robust Sahel drying in response to late 20th century forcings.Geophys Res Lett 33.doi:10.1029\/, GL026067.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Batterbury, S. P. J. 2008. Anthropology and global warming: the need for environmental engagement. <em>Aust. J. Anthropol<\/em>., <em>19<\/em>, 62-68.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brody, S. D., Zahran, S., Vedlitz, A. et Grover, H. 2008. Examining the relationship between physical vulnerability and public perceptions of global climate change in the United States. <em>Environment and Behavio<\/em>r, <em>1<\/em>, 72-95.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Crate, S. A. 2011. Climate and culture: anthropology in the era of contemporary climate change. <em>Annu. Rev. Anthropol<\/em>. <em>40<\/em>, 175-194.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Conseil R\u00e9gional de Ziguinchor (CRZ). 2004. <em>Plan r\u00e9gional de d\u00e9veloppement int\u00e9gr\u00e9 de la r\u00e9gion de Ziguinchor (2005-2009)<\/em> (Rapport). 146 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ciss\u00e9, G., Kon\u00e9, B., Ba, H., Mbaye, I., Koba, K., Utzinger, J. et Tanner, M., 2010. Ecohealth and Climate Change: Adaptation to Flooding Events in Riverside Secondary Cities, West Africa, Chapitre 6. Resilient Cities: Cities and Adaptation to Climate Change Proceedings of the Global Forum 2010. <em>Local Sustainability<\/em>, 1, 55-67.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Coburn, J. 2005. <em>Street Science: Community Knowledge and Environmental Health Justice<\/em>. Cambridge, MA: MIT Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Cornut, P., Bauler, T., Zacca\u00ef, E. 2007. <em>Environnement et in\u00e9galit\u00e9s sociales. <\/em>Bruxelles\u00a0: \u00c9ditions de l\u2019Universit\u00e9 de Bruxelles.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Desai, S., Hulme, M., Lempert, R. et Pielke, R. 2009. Climate prediction: a limit to adaptation?. In Adger, W. N., Lorenzoni, I., O\u2019Brien, K. L. (eds.),<em> Adapting to Climate Change: Thresholds, Values, Governance <\/em>(p.\u00a064-78). Cambridge: Cambridge University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dekens, J. 2007. <em>Local Knowledge for Disaster Preparedness: A Literature Review. Kathmandu<\/em>: ICIMOD, http:\/\/books.icimod.ord or www.disasterpreparedness.icimod.org, accessed on 11th July 2013.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Engle, N. L. 2011. 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Contribution of Working Group II to the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change <\/em>(p.\u00a07-22). Cambridge: Cambridge University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jasanoff, S. 2010. A new climate for society. <em>Theory Cult. Soc.<\/em>, <em>27<\/em>, 233-253.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Jenkins, S. H., Goebbert, K, Klockow, K. et Nowlin, M. 2010. <em>Seeing the world through a political lens: The connection between weather and climate change perceptions and beliefs. <\/em>A paper presented at the 5th Symposium on Policy and SocioEconomic Research, AMS, Atlanta, Georgia,<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Krosnick, J. A., Holbrook, A. L., Lowe, L. et Visser P.S. 2006. The origins and consequences of democratic citizens\u2019 policy agenda : A study of popular concern about global warming. <em>Climatic Change<\/em>, <em>77<\/em>, 7-43.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Laigle, L. 2005. <em>M\u00e9tropolisation et d\u00e9veloppement durable : un nouvel enjeu pour les collectivit\u00e9s territoriales?<\/em>. Actes du colloque \u00ab Logiques m\u00e9tropolitaines : mod\u00e8les, acteurs et processus \u00bb organis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Lille et l\u2019IFRESI \u2013 CNRS. Communication publi\u00e9e dans l\u2019ouvrage Actionpublique et projet m\u00e9tropolitain\u00e9dit\u00e9 chez L\u2019Harmattan, 1-12.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mercer, J., Kelman, I., Taranis, L. et Suchet, P. S., 2010. Framework for Integrating Indigenous and Scientific Knowledge for Disaster Risk Reduction. Office National D\u2019Assainissement (ONAS). <em>Etude du Plan Directeur d\u2019Assainissement de la ville de Ziguinchor<\/em>, <em>2<\/em>, 100 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Pidgeon, N. et Butler, C. 2009. Risk analysis and climate change. <em>Environ.<\/em> <em>Politics, <\/em><em>18<\/em>, 670\u2013688.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sagna, P. et Leroux, M. 2000. <em>Le Climat. Les Atlas de l\u2019Afrique : S\u00e9n\u00e9gal. <\/em>Paris\u00a0: Jeune Afrique.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Smit, B. et Wandel, J. 2006. Adaptation, adaptive capacity and vulnerability. <em>Global Environmental Change, <\/em><em>16<\/em> (3), 282-292.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Stanforth, D. A., Allen, M. R. et Tredger, E. R. 2007. Confidence, uncertainty and decision-support relevance in climate predictions. <em>Philos.<\/em> <em>Trans. R. 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Climatol.<\/em>, <em>29<\/em>, 1193-1213.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/ibrahima-mbaye\">Ibrahima MBAYE<\/a><\/strong><br \/>Ibrahima MBAYE est ma\u00eetre de conf\u00e9rences (CAMES) \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). Ses domaines de sp\u00e9cialisation en recherche sont le climat et l&rsquo;environnement. <br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":18,"menu_order":4,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"Manifestations et strat\u00e9gies d\u2019adaptation au changement climatique","pb_subtitle":"Des indicateurs op\u00e9rationnels pour la gouvernance de la ville de Ziguinchor (S\u00e9n\u00e9gal)","pb_authors":["ibrahima-mbaye"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[81],"license":[],"class_list":["post-73","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-changement-climatique","motscles-representations","motscles-senegal","motscles-societe","motscles-ville","motscles-ziguinchor","keywords-city","keywords-climate-change","keywords-representations","keywords-senegal","keywords-society","keywords-ziguinchor","contributor-ibrahima-mbaye"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/73","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":73,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/73\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":845,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/73\/revisions\/845"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/73\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=73"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=73"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=73"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}