{"id":864,"date":"2024-12-29T13:10:59","date_gmt":"2024-12-29T12:10:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=864"},"modified":"2025-01-03T20:37:23","modified_gmt":"2025-01-03T19:37:23","slug":"marega_et_al2024","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/marega_et_al2024\/","title":{"rendered":"Entre potentialit\u00e9s et d\u00e9gradation : les d\u00e9fis de la valorisation verte et bleue des zones humides de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal)"},"content":{"raw":"<div style=\"text-align: justify\">\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les vall\u00e9es urbaines, fr\u00e9quemment appr\u00e9hend\u00e9es comme des corridors verts et bleus, sont au c\u0153ur des enjeux socio-spatiaux contemporains des villes. Elles accueillent une diversit\u00e9 d\u2019usages \u2013 agriculture urbaine, loisirs\u2026 \u2013 li\u00e9e aux ressources qu\u2019elles rec\u00e8lent et qui sont mobilis\u00e9es par les populations dans un but \u00e9conomique, culturel ou de bien-\u00eatre. Avec le changement climatique, elles sont aussi per\u00e7ues comme un moyen d\u2019en att\u00e9nuer les effets par le maintien ou la restauration des services \u00e9cosyst\u00e9miques des milieux humides de fond de vall\u00e9e. Les zones humides qu\u2019elles accueillent sont ainsi au c\u0153ur de la fabrique de l\u2019espace urbain (Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2024), qu\u2019elle soit planifi\u00e9e ou non, et constituent des laboratoires de l\u2019int\u00e9gration urbaine de la nature (eau, sol, v\u00e9g\u00e9tation) en ville dans un contexte de mise en r\u00e9seau des \u00e9l\u00e9ments de la nature. En prenant appui sur la vall\u00e9e fossile du Sine qui traverse la ville de Diourbel (Baol, S\u00e9n\u00e9gal), il s\u2019agit de montrer comment la variabilit\u00e9 climatique articul\u00e9e avec l\u2019\u00e9volution des usages suscitent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s nouvelles. Ces derni\u00e8res bousculent les perceptions des acteurs et actrices institutionnels\/institutionnelles et des habitant\u00b7es et favorisent la mise en place de nouvelles pratiques et d\u2019initiatives in\u00e9dites de valorisation. Jadis mara\u00eech\u00e8re, la vall\u00e9e fossile urbaine du Sine est marqu\u00e9e depuis une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es par des changements socio-environnementaux qui ont redessin\u00e9 ses modes d\u2019appropriation par les populations locales, chang\u00e9 ses paysages et le r\u00f4le qu\u2019elle occupait dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique de Diourbel.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970-1980 a entra\u00een\u00e9 un important d\u00e9clin et une r\u00e9organisation spatiale du mara\u00eechage dans la vall\u00e9e. L\u2019enjeu de r\u00e9pondre aux besoins alimentaires d\u2019une population croissante donne une place particuli\u00e8re \u00e0 la dimension productive des zones humides urbaines de Diourbel. L\u2019augmentation de la population et l\u2019urbanisation qui s\u2019en est suivie, ainsi que l\u2019exploitation du sable, ont \u00e9galement modifi\u00e9 les modes d\u2019appropriation et cr\u00e9\u00e9 de nouvelles centralit\u00e9s avec des espaces appr\u00e9ci\u00e9s et valoris\u00e9s diff\u00e9remment. Une des cons\u00e9quences a \u00e9t\u00e9 la fragmentation de la vall\u00e9e fossile en quatre secteurs, faisant l\u2019effet d\u2019\u00eelots verts et bleus aux modes de valorisation distincts, et \u00e0 leur effacement spatial allant parfois jusqu\u2019\u00e0 leur disparition du paysage urbain (Le Calvez <em>et al.<\/em>, 2023).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces processus et ces reconfigurations spatiales sont aujourd\u2019hui le terreau de nouvelles vuln\u00e9rabilit\u00e9s qui ont \u00e9merg\u00e9 avec le retour des pluies \u00e0 Diourbel, expression de la variabilit\u00e9 climatique que conna\u00eet le S\u00e9n\u00e9gal. L\u2019eau retrouve son chemin naturel, ce qui entra\u00eene des inondations r\u00e9currentes dans les quartiers implant\u00e9s dans la vall\u00e9e. Celles-ci sont aggrav\u00e9es par la saturation des r\u00e9seaux d\u2019assainissement et leur dysfonctionnement. L\u2019acc\u00e8s aux ressources de la vall\u00e9e (eau et sol) n\u00e9cessaires aux activit\u00e9s de mara\u00eechage qui avaient fait la renomm\u00e9e historique de la ville est rendu difficile aussi bien sur les volets quantitatifs que qualitatifs. Si Diourbel renoue ainsi avec une certaine pr\u00e9sence remarqu\u00e9e de l\u2019eau dans la vall\u00e9e fossile, celle-ci est n\u00e9anmoins diff\u00e9remment per\u00e7ue et v\u00e9cue. Source de risques pour les populations (sanitaires, environnementales, \u00e9conomiques\u2026) dans certains secteurs, elle constitue ailleurs des opportunit\u00e9s de d\u00e9veloppement. Afin d\u2019enrayer les d\u00e9gradations de la vall\u00e9e et pour maintenir les activit\u00e9s dont d\u00e9pendent une partie de la population, des projets de restauration se structurent.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ce contexte, l\u2019article questionne les perceptions relatives \u00e0 ces changements socio-environnementaux ainsi que les leviers d\u2019action pour une valorisation globale et int\u00e9gr\u00e9e, verte et bleue, des zones humides de Diourbel, devenues aujourd\u2019hui une mosa\u00efque d\u2019\u00eelots humides disjoints. Penser les potentialit\u00e9s des zones humides de Diourbel invite aussi \u00e0 \u00e9clairer sa trajectoire pass\u00e9e et actuelle pour une meilleure int\u00e9gration de ces espaces dans les politiques publiques de planification et d\u2019am\u00e9nagement dans un contexte de pression urbaine et de changement climatique (Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2023)[footnote]L\u2019article mobilise et met en avant une partie des r\u00e9sultats issus des travaux effectu\u00e9s dans le cadre du programme BOUDIOU, un projet de recherche-action sur les marais urbains de Bourges (France) et les zones humides de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal) face au changement climatique. Il prolonge \u00e9galement les r\u00e9flexions engag\u00e9es dans le cadre du colloque international sur les am\u00e9nit\u00e9s et fragilit\u00e9s des zones humides urbaines du Nord et des Sud face au changement climatique (11 au 13 mai 2023 \u00e0 Bourges) et remobilise les donn\u00e9es issues de l\u2019exposition \u00ab femmes et hommes des marais de Bourges et des zones humides de Diourbel face au changement climatique \u00bb (Sajaloli <em>et al<\/em>., 2023) pr\u00e9sent\u00e9e tant en France qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le plan m\u00e9thodologique, l\u2019article, selon les canons des sciences humaines, convoque cinq approches compl\u00e9mentaires. La g\u00e9omatique et la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection quand il s\u2019agit de caract\u00e9riser les changements spatiaux intervenus dans la vall\u00e9e du Sine; l\u2019analyse climatique pour mesurer l\u2019ampleur des changements globaux; les entretiens semi-directifs et leurs traitements lexicaux et lexicologiques par le logiciel libre Iramuteq afin de rep\u00e9rer les perceptions et les repr\u00e9sentations des lieux d\u2019eau; l\u2019approche \u00e9conomique fond\u00e9e sur le consentement \u00e0 payer \u00e9claire l\u2019adh\u00e9sion sociale aux mutations vertes et bleues de l\u2019espace. Le propre de la d\u00e9marche choisie, dont chaque pan est successivement pr\u00e9sent\u00e9 dans la d\u00e9monstration, r\u00e9side dans la confrontation des cinq approches, ce qui est susceptible d\u2019\u00e9clairer les d\u00e9fis multiformes de la revalorisation de cette zone humide urbaine et d\u2019en rep\u00e9rer l\u2019op\u00e9rationnalit\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Caract\u00e9riser de mani\u00e8re globale les changements socio-environnementaux intervenus dans la vall\u00e9e du Sine depuis les ann\u00e9es 1960 suppose que soient \u00e9tudi\u00e9s simultan\u00e9ment les phases s\u00e8ches et humides, leurs effets sur l\u2019espace avec toutes les mutations d\u2019usage et d\u2019occupation des sols associ\u00e9es ainsi que les perceptions de ces bouleversements ayant guid\u00e9 l\u2019am\u00e9nagement \u00e9volutif de la vall\u00e9e. D\u00e8s lors, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s multiformes, produits des interactions dialectiques entre l\u2019\u00e9volution des facteurs naturels et celle des r\u00e9actions anthropiques, sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par deux enqu\u00eates aupr\u00e8s des usagers et par une analyse lexicologique. En \u00e9merge une vision ambivalente associant menaces et am\u00e9nit\u00e9s qui pr\u00e9figurent l\u2019am\u00e9nagement futur de la vall\u00e9e, l\u2019\u00e9valuation de ses potentialit\u00e9s \u00e9conomiques par une troisi\u00e8me enqu\u00eate sur les services \u00e9cosyst\u00e9miques et, in fine, la construction d\u2019une trame verte et bleue dans la vall\u00e9e du Sine.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel\u00a0: un espace fluctuant au gr\u00e9 des changements socio-environnementaux<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Observer et \u00e9tudier les changements, c\u2019est analyser les permanences et les mutations et expliciter les facteurs \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9volution d\u2019un espace et de ses pratiques associ\u00e9es. Le climat et la pression d\u00e9mographique jouent un r\u00f4le moteur dans les changements socio-environnementaux affectant les zones humides de Diourbel avec des effets per\u00e7us diff\u00e9remment dans le temps et dans l\u2019espace.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le Sine \u00e0 Diourbel\u00a0: ass\u00e8chement de la vall\u00e9e et variabilit\u00e9 climatique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Vall\u00e9e morte ou vall\u00e9e fossile, les qualificatifs relatifs \u00e0 ces d\u00e9pressions mettent en avant d\u2019anciennes rivi\u00e8res longtemps ass\u00e9ch\u00e9es occupant une grande partie du S\u00e9n\u00e9gal int\u00e9rieur. Du sud du Ferlo en direction du Sine-Saloum, le cours de la vall\u00e9e du Sine traverse en plein c\u0153ur la commune de Diourbel. Sur une distance de 250 km au total, le tron\u00e7on du Sine qui traverse la zone urbaine centrale de Diourbel du Nord au Sud fait environ 7 km.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Localisation de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_867\" align=\"aligncenter\" width=\"457\"]<img class=\"wp-image-867\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega.jpg\" alt=\"\" width=\"457\" height=\"323\" \/> Source\u00a0: Mod\u00e8le num\u00e9rique de surface (MNS) cr\u00e9e \u00e0 partir d'une orthophotographie par drone le 20\/12\/2023, Open Street Map, Esri Satellite \/ ArcGis Word Imagery, \u00a9Auteur\u00b7es, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire de la fossilisation des vall\u00e9es du S\u00e9n\u00e9gal int\u00e9rieur est relat\u00e9e dans plusieurs \u00e9crits sans datation exacte de la p\u00e9riode d\u2019ass\u00e8chement. D\u2019apr\u00e8s Brigaud (1961), il est arriv\u00e9 parfois que les vall\u00e9es fossiles du S\u00e9n\u00e9gal soient en eau. Pendant la p\u00e9riode de conqu\u00eate coloniale, le lieutenant de Vaisseau Braouezec Jules (1828-1870) indique en 1841 qu\u2019une inondation a travers\u00e9 tout le Djolof noyant les vall\u00e9es mortes du Ferlo. Certains comme Yves Henry (1918), disent qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 possible de voyager en pirogue par la vall\u00e9e du Ferlo, de Navel pr\u00e8s de Matam, au lac de Guiers \u00e0 cause des pluies exceptionnelles. En 1907, puis en 1930, les cartes topographiques lev\u00e9es par le Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale[footnote]Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, cotes 1 FI 1099 et 1 FI 353.[\/footnote] Figurent nettement le trac\u00e9 du Sine et ses affluents en signalant toutefois les cours d\u2019eau \u00e0 sec une partie de l\u2019ann\u00e9e \u00bb. En 1952, dans la vall\u00e9e du Sine, le rapport annuel du service de l\u2019agriculture du cercle de Diourbel stipule que tous les bas- fonds qui ceinturent la ville de Diourbel ont \u00e9t\u00e9 en totalit\u00e9 travaill\u00e9s par les maraichers d\u00e8s le d\u00e9but de la saison s\u00e8che. De m\u00eame, le marigot de N\u2019Diand\u00e9, prolongement de la vall\u00e9e du Sine au Sud de Diourbel a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9 dans la quasi-totalit\u00e9 de sa surface exploitable, le canal fournissant de l\u2019eau ayant \u00e9t\u00e9 entretenu par les exploitants maraichers[footnote]Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, document de 1952, c\u00f4te 2G56 n\u00b0 109.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, la question de la revitalisation des vall\u00e9es fossiles du Ferlo \u00e0 travers les crues du fleuve S\u00e9n\u00e9gal en amont de Matam a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par L\u00e9on Claveau en 1918 (Tourte, 2005). Tel un serpent de mer, ce projet colonial a maintes fois \u00e9t\u00e9 repris et \u00e9voqu\u00e9 par les politiques et programmes d\u2019am\u00e9nagement du S\u00e9n\u00e9gal ind\u00e9pendant. Sous la tutelle du Minist\u00e8re de l\u2019hydraulique, le Programme de Revitalisation des Vall\u00e9es Fossiles (PRVF) a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 en 1988 et pr\u00e9voyait ainsi de remettre en eau de mani\u00e8re permanente 3000 km d\u2019anciens cours d\u2019eau \u00e0 savoir les vall\u00e9es du Ferlo, du Saloum, du Sine, du Baobolon, du Car Car et de la Sandougou (Adams, 2000). Cependant, en dehors de la basse vall\u00e9e du Ferlo qui a \u00e9t\u00e9 mise en eau, ce programme de Revitalisation des Vall\u00e9es Fossiles (PRVF) a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 suite \u00e0 une divergence d\u2019appr\u00e9ciation entre les autorit\u00e9s mauritaniennes et s\u00e9n\u00e9galaises sur la faisabilit\u00e9 et les cons\u00e9quences de ce projet (Sy, 2010).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette question de la revitalisation des vall\u00e9es fossiles, en particulier celle du Sine, est aussi d\u2019actualit\u00e9, car li\u00e9e \u00e0 la trajectoire climatique r\u00e9cente qui a jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l\u2019ass\u00e8chement de ces cours d\u2019eau. En effet, depuis 1968, on observe \u00e0 Diourbel et ailleurs dans le Sahel une accentuation progressive de l\u2019aridit\u00e9. Cette s\u00e9cheresse est d\u2019autant plus brutale qu\u2019elle succ\u00e8de \u00e0 une p\u00e9riode hyper humide de 1951 \u00e0 1967. En 1961, un rapport du Centre national de recherche agronomique de Bambey consult\u00e9 aux Archives nationales de Dakar[footnote]Cote Po III 1451, Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal.[\/footnote] d\u00e9crit une vall\u00e9e drain\u00e9e en hivernage et encore humide le reste de l\u2019ann\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019influence \u00e9olienne a contribu\u00e9 \u00e0 colmater par endroit la d\u00e9pression, limitant le drainage, for\u00e7ant le cours d\u2019eau \u00e0 dessiner des m\u00e9andres compliqu\u00e9s. En saison s\u00e8che, le lit mineur est marqu\u00e9 par une succession de petites mares et de trous d\u2019eau \u00bb (Charreau <em>et al.<\/em>, 1961).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La s\u00e9cheresse, avec deux paroxysmes en 1972 et 1984, est remarquable par sa dur\u00e9e et par l\u2019ampleur des d\u00e9ficits d\u2019\u00e9coulement, de l\u2019ordre de 40\u00a0% en moyenne pour le S\u00e9n\u00e9gal (Kane, 2002). Si on observe l\u2019\u00e9volution de l\u2019indice standardis\u00e9 des pr\u00e9cipitions (figure 2), la tendance met en \u00e9vidence plusieurs ann\u00e9es d\u2019extr\u00eames s\u00e9cheresses (1972, 1973, 1978, 1984 par exemple). Ce contexte climatique a lourdement impact\u00e9 la vall\u00e9e du Sine en l\u2019ass\u00e9chant compl\u00e8tement.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. Indice Standardis\u00e9 des pr\u00e9cipitations \u00e0 Diourbel entre 1951 et 2020<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_868\" align=\"aligncenter\" width=\"436\"]<img class=\"wp-image-868\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"436\" height=\"243\" \/> Source\u00a0: d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es pluviom\u00e9triques de l\u2019ANACIM. \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990, on observe un retour vers les normales pluviom\u00e9triques \u00e0 Diourbel. Malgr\u00e9 la grande variabilit\u00e9 entre ann\u00e9e s\u00e8che et ann\u00e9e humide, les phases plus humides sont de plus en plus fr\u00e9quentes. Avec cette reprise pluviom\u00e9trique, une grande partie de la vall\u00e9e du Sine concentre un \u00e9coulement temporaire jusqu\u2019au d\u00e9but de la saison s\u00e8che, l\u2019eau retrouvant son chemin dans la vall\u00e9e et faisant fi de l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation des sols.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Pression d\u00e9mographique et \u00e9volution des modes d\u2019occupation et d\u2019usage du sol\u00a0: vers une mosa\u00efque verte et bleue?<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 70 et 80 ont eu comme effet direct de rendre disponibles des terres qui \u00e9taient jusque-l\u00e0 submerg\u00e9es une partie de l\u2019ann\u00e9e. Cette mise \u00e0 nu de la vall\u00e9e et l\u2019absence d\u2019\u00e9coulement important en hivernage ont suscit\u00e9 une occupation des bas-fonds par l\u2019urbanisation croissante de la commune. La commune de Diourbel conna\u00eet en effet une pression d\u00e9mographique importante. Selon les projections d\u00e9mographiques du Recensement G\u00e9n\u00e9ral de la Population et de l'Habitat (RGPH, 2013), la population de la commune de Diourbel est estim\u00e9e \u00e0 151 163 habitant\u00b7es pour l\u2019ann\u00e9e 2017. Avec une superficie de 36 km<sup>2<\/sup> la densit\u00e9 de la population est de 4199 habitant\u00b7es au km<sup>2<\/sup> (ARD, 2017). Cette forte croissance de la population urbaine dans une ville moyenne comme Diourbel pose plusieurs d\u00e9fis dont la probl\u00e9matique fonci\u00e8re[footnote]Selon un entretien avec M. Alioune Tine, second-adjoint au maire de la ville de Diourbel, la ville fr\u00f4le les 160 000 \u00e0 170 000 habitants en 2023 d\u2019apr\u00e8s le dernier recensement.[\/footnote]. La croissance d\u00e9mographique de la population communale diourbelloise se traduit par un \u00e9talement de la ville au-del\u00e0 de ses limites dans les communes qui la jouxtent, mais aussi dans les zones humides intra- urbaines. L\u2019occupation des zones non planifi\u00e9es pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019espaces fragilise ainsi la vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel. Entre appropriation formelle ou informelle, expropriation et occupation temporaire, les transactions fonci\u00e8res donnent lieu \u00e0 des arrangements spatiaux qui questionnent et r\u00e9inventent la ville, red\u00e9finissent les espaces de production, notamment agricole et maraich\u00e8re, cr\u00e9ent des espaces de risque et donc de nouvelles vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Les ann\u00e9es de s\u00e9cheresse ont eu \u00e9galement des cons\u00e9quences non n\u00e9gligeables sur le couvert v\u00e9g\u00e9tal, d\u2019o\u00f9 d\u2019importants changements dans les modes d\u2019occupation agricole du sol (Diallo <em>et al.<\/em>, 2022). Les syst\u00e8mes de production de la vall\u00e9e fossile du Sine ont \u00e9t\u00e9 lourdement affect\u00e9s par ces \u00e9volutions et par le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la ressource en eau. Vall\u00e9e maraich\u00e8re intens\u00e9ment cultiv\u00e9e et reconnue pour la qualit\u00e9 et l\u2019abondance de ses produits dans tout le S\u00e9n\u00e9gal avant l\u2019arriv\u00e9e de la s\u00e9cheresse au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, le Sine a perdu sa vocation agricole durant les d\u00e9cennies 1970 et 1980 tandis que les marigots disparaissaient[footnote]Symbole tragique de cet ass\u00e8chement des bas-fonds, le dernier ca\u00efman des zones humides de Diourbel est mort en 1987.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 partir de la m\u00e9thode de classification non supervis\u00e9e fond\u00e9e sur l\u2019algorithme des Nu\u00e9es Dynamiques (Marega <em>et al.<\/em>, 2021; Andrieu et Mering, 2008; Diday, 1971), nous avons cartographi\u00e9 l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation des sols \u00e0 Diourbel via des images satellites Landsat 5 et OLI - TIRS \u00e0 30 m de r\u00e9solution spatiale. Suivant les diff\u00e9rentes r\u00e9ponses spectrales, cinq classes th\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 extraites, \u00e0 savoir\u00a0: 1) le b\u00e2ti, 2) les sols nus, 3) la v\u00e9g\u00e9tation et 5) l\u2019eau et les zones humides. Une analyse des trajectoires concernant l\u2019occupation des sols \u00e0 Diourbel entre 1985 et 2023 met en \u00e9vidence cette extension urbaine qui fragmente la vall\u00e9e fossile (fig. 3 et 4). Passant de 570 hectares de b\u00e2ti en 1985, la commune de Diourbel affiche 965 hectares de surface b\u00e2ti en 2023. Plus de 31 hectares de b\u00e2ti ont \u00e9t\u00e9 construits sur des espaces qui \u00e9taient class\u00e9s comme zones humides en 1985 (tab.1). S\u2019agissant des lieux d\u2019eau, ils sont pass\u00e9s de 74 hectares en 1985 \u00e0 47 hectares en 2023. Par ailleurs, on observe une augmentation importante du couvert v\u00e9g\u00e9tal sur les espaces p\u00e9riph\u00e9riques qui jouxtent l\u2019aire urbaine allant d\u2019un peu plus 1000 hectares en 1985 \u00e0 plus de 6000 hectares en 2023. Cette augmentation du couvert v\u00e9g\u00e9tal aujourd\u2019hui \u00e0 Diourbel et ses environs contraste avec la situation de la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 70 et 80. Avec la s\u00e9cheresse chronique de ces deux d\u00e9cennies et la d\u00e9gradation du couvert v\u00e9g\u00e9tal, de grandes \u00e9tendues de la vall\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 nu, subissant un tassement et un encro\u00fbtement emp\u00eachant l\u2019eau de s\u2019infiltrer dans le sol, accentuant ainsi le ruissellement et les risques r\u00e9currents li\u00e9s \u00e0 l\u2019inondation des zones remblay\u00e9es et construites avec le retour des pluies. Ainsi, une des cons\u00e9quences de ces ann\u00e9es de s\u00e9cheresse a \u00e9t\u00e9 la perte de la m\u00e9moire du risque d\u2019inondation, ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s fr\u00e9quent en Afrique de l\u2019Ouest comme en Europe (Gralepois <em>et al.<\/em>, 2011; Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2012).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. Occupation du sol \u00e0 Diourbel en 1985 et 2023<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_869\" align=\"aligncenter\" width=\"523\"]<img class=\"wp-image-869\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"258\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 4. Changements des modes d\u2019occupation du sol entre 1985 et 2023<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_870\" align=\"aligncenter\" width=\"494\"]<img class=\"wp-image-870\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"494\" height=\"354\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023. Sources\u00a0: Cartes r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir d\u2019images Landsat OLI- TIRS, prise de vue du 22\/01\/2023, et Landsat 5 TM, prise de vue du 06\/02\/1985. Projection UTM WGS84 - Zone 28 N, r\u00e9solution spatiale 30 m, donn\u00e9es acquises via USGS\/EarthExplorer, https:\/\/earthexplorer.usgs.gov\/[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Matrice et quantification des changements observ\u00e9s entre 1985 et 2023, \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"width: 488px;height: 399px\">\r\n<tbody>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\"><strong>Changements observ\u00e9s entre 1985 et 2023<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\"><strong>Superficie en hectares<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Stabilit\u00e9 du b\u00e2ti<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">299,3<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment des sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">416,07<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">218,07<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment de l'eau et des zones humides<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">30,51<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">R\u00e9gression du b\u00e2ti au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">-212,13<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Sols nus stables<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">2373,48<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de la v\u00e9g\u00e9tation au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-473,31<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de l'eau et des zones humides au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-29,43<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">R\u00e9gression du b\u00e2ti au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">-47,07<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Progression de la v\u00e9g\u00e9tation sur sols nus<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">5652,27<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">V\u00e9g\u00e9tation stable<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">444,06<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de l'eau et des zones humides au b\u00e9n\u00e9fice de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-7,65<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l'eau et des zones humides au d\u00e9triment du b\u00e2ti<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">11,07<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l'eau et des zones humides au d\u00e9triment des sols nu<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">17,37<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 31px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l'eau au d\u00e9triment de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">12,15<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr style=\"height: 15px\">\r\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Eau et zones humides stables<\/td>\r\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">6,57<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il d\u00e9coule de ces changements une fragmentation de la vall\u00e9e en plusieurs \u00eelots humides et bas-fonds disjoints depuis les ann\u00e9es 1980. Le retour des pluies, dans un contexte de vall\u00e9e remodel\u00e9e par la s\u00e9cheresse, interroge les ruptures cr\u00e9\u00e9es dans les chemins d\u2019eau. Ces changements et \u00e9volution dans les modes d\u2019occupation et d\u2019utilisation du sol \u00e0 Diourbel sont \u00e0 la base d\u2019une mosa\u00efque verte et bleue per\u00e7ue et mise en valeur diff\u00e9remment selon les acteurs\/actrices et les zones g\u00e9ographiques autour de la vall\u00e9e (fig.\u00a05).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 5. Localisation des zones \u00e9tudi\u00e9es \u00e0 Diourbel<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_871\" align=\"aligncenter\" width=\"475\"]<img class=\"wp-image-871\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"475\" height=\"337\" \/> Sources\u00a0: Carte r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d\u2019images Landsat OLI- TIRS (prise de vue du 22\/01\/2023), Fond Google satellite et OpenStreetMap \/ \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023[\/caption]\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes de recueil et d\u2019analyse des donn\u00e9es discursives sur les perceptions des changements socio-environnementaux, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s et les futures potentialit\u00e9s de l\u2019espace<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les investigations dans la vall\u00e9e du Sine et les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans la contribution reposent sur un dispositif \u00e9toff\u00e9 de recueil de donn\u00e9es discursives. Pertinente pour la collecte d\u2019informations sur les pratiques et les perceptions, l\u2019approche qualitative en sciences humaines et sociales porte une attention particuli\u00e8re aux significations que les acteurs et actrices de la soci\u00e9t\u00e9 donnent aux ph\u00e9nom\u00e8nes et privil\u00e9gie la compr\u00e9hension, la description et l\u2019induction. Dans le cadre de l\u2019\u00e9tude sur les perceptions des changements socio- environnementaux par les habitant\u00b7es et les usagers des zones humides de la vall\u00e9e, la m\u00e9thode de l\u2019entretien semi-directif a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e. Deux guides d\u2019entretien ont \u00e9t\u00e9 construits pour r\u00e9pondre \u00e0 deux sous-objectifs distincts\u00a0: le premier \u00e9tant d\u2019enqu\u00eater sp\u00e9cifiquement sur les acteurs et actrices ayant des pratiques agricoles (mara\u00eechage, \u00e9levage\u2026) et de vente des produits; le deuxi\u00e8me \u00e9tant d\u2019appr\u00e9hender la perception des inondations dans les zones urbanis\u00e9es de la vall\u00e9e du Sine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un premier guide pour l\u2019enqu\u00eate sur les pratiques agricoles et de vente \u00e9tait compos\u00e9 de quatre th\u00e9matiques portant sur le d\u00e9roulement de leurs activit\u00e9s (statut foncier, usages et finalit\u00e9 de ces usages, rentabilit\u00e9), sur leur perception et utilisation de l\u2019eau (qualit\u00e9, pollution, accessibilit\u00e9, forage, puits\u2026), sur le changement climatique (impact sur les activit\u00e9s, strat\u00e9gies d\u2019adaptation, risque d\u2019inondation) et enfin sur leur perception des zones humides et ses possibilit\u00e9s de valorisation. Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en mars 2022 aupr\u00e8s de 33 personnes repr\u00e9sentatives des usages de la vall\u00e9e. Toujours dans le sens d\u2019une repr\u00e9sentativit\u00e9 des discours, des personnes des cinq principales zones humides de la commune de Diourbel (cf Fig..5) ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es\u00a0: <em>Kambu suuf<\/em>[footnote]Terme Wolof pouvant se traduire par \u00ab trou de sable \u00bb pour d\u00e9signer les zones humides qui ont pris place dans les anciennes carri\u00e8res d\u2019extraction de sable[\/footnote] au sud-ouest, Thierno Kandji Est au centre, Keur Cheikh Ibra vers le nord-ouest, Keur Baye Laye \u00e0 l\u2019ouest et Keur Cheikh Anta situ\u00e9 aussi au nord. Le choix de n\u2019interroger que des usagers des zones humides et non les habitant\u00b7es jouxtant les aires palustres sans jamais les utiliser a fortement influenc\u00e9 l\u2019\u00e9chantillon. Lequel est essentiellement masculin (88\u00a0%), dans la force de l\u2019\u00e2ge (40\u00a0% de plus de 65 ans, 24\u00a0% entre 45 ans et 65 ans), surtout maraicher (70\u00a0%), cultivant pour vendre leurs produits (79\u00a0%), ayant un avis n\u00e9gatif sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau (55\u00a0%) et une vision elle aussi n\u00e9gative des zones humides de la vall\u00e9e du Sine (70\u00a0%). Pour cette enqu\u00eate, une analyse mixte des discours \u2013 qualitative avec une approche lexicale et quantitative avec l\u2019utilisation du logiciel de lexicologie statistique Iramuteq \u2013 a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 partir du corpus pr\u00e9alablement traduit en fran\u00e7ais[footnote]Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 retranscrits en fran\u00e7ais dans un fichier de pr\u00e8s de 200 000 signes.[\/footnote]. Si la premi\u00e8re \u00e9claire le v\u00e9cu des relations entre les usagers et la zone humide, la seconde, en recourant \u00e0 une analyse multivari\u00e9e, dresse une typologie comportementaliste de ces derniers.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une deuxi\u00e8me enqu\u00eate par entretien semi-directif a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur le th\u00e8me de la perception du risque des inondations dans les quartiers de Diourbel afin de saisir la fa\u00e7on dont les changements sont appr\u00e9hend\u00e9s, v\u00e9cus et per\u00e7us (Ba, 2023). Le guide, r\u00e9alis\u00e9 par D. Ba en d\u00e9cembre 2022[footnote]L\u2019\u00e9tude de Dieynaba BA (2023) sur les inondations \u00e0 Diourbel a constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey.[\/footnote] \u00e9tait organis\u00e9 autour de quatre grands th\u00e8mes\u00a0: la personne interrog\u00e9e, l\u2019origine des zones humides de Diourbel, les perceptions sur la probl\u00e9matique des inondations dans la commune de Diourbel, la valorisation de ces zones humides. Au total, 16 personnes ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9es dans diff\u00e9rents quartiers de la ville. Une analyse qualitative th\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e la plus pertinente pour mettre en exergue les perceptions. Enfin, le dispositif m\u00e9thodologique de l\u2019\u00e9tude est compl\u00e9t\u00e9 par une troisi\u00e8me enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9 par A. Fall (2023)[footnote]L\u2019\u00e9tude d\u2019Adjara Fall (2023) a l\u00e0 aussi constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey.[\/footnote] sur la valeur \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques des zones humides de Diourbel. 50 questionnaires ont \u00e9t\u00e9 remplis. Certains \u00e9l\u00e9ments en sont repris dans cet article afin de mieux appr\u00e9cier les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements socio- environnementaux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La vall\u00e9e fossile du Sine ou comment composer avec une vuln\u00e9rabilit\u00e9 multiforme \u00e0 Diourbel?Un entrelacement de facteurs anthropiques et naturels pr\u00e9side \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une vuln\u00e9rabilit\u00e9 multiforme dans la vall\u00e9e du Sine de Diourbel. \u00c0 la probl\u00e9matique centrale de la gestion des eaux d\u2019hivernage et des eaux us\u00e9es, s\u2019ajoute celle des usages qui d\u00e9gradent les ressources (sols et eau) et entra\u00eenent une fragilisation accrue des activit\u00e9s de mara\u00eechage dans la vall\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des risques d\u2019inondation qui questionnent les (dis)continuit\u00e9s relatives \u00e0 la circulation de l\u2019eau<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme plusieurs villes s\u00e9n\u00e9galaises (Dakar, Saint Louis, Thi\u00e8s\u2026), Diourbel est confront\u00e9e \u00e0 des inondations r\u00e9currentes depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es; ce qui cr\u00e9ent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s nouvelles pour les populations r\u00e9sidant dans les quartiers touch\u00e9s. Au total, au moins 6 quartiers de Diourbel sont r\u00e9guli\u00e8rement atteints, l\u2019eau pouvant stagner plusieurs mois rendant impraticables certaines rues et l\u2019acc\u00e8s aux maisons et monter jusqu\u2019\u00e0 un m\u00e8tre dans certains quartiers (fig. 6).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 6. Inondations \u00e0 Diourbel<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_872\" align=\"aligncenter\" width=\"508\"]<img class=\"wp-image-872\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"508\" height=\"167\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023 (\u00e0 gauche) et \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023 (\u00e0 droite)[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le quartier de Thierno Kandji \u00e0 Diourbel est particuli\u00e8rement touch\u00e9 par les inondations. \u00c0 gauche, le carrefour est inond\u00e9, les habitant\u00b7es passent par l\u2019\u00e9troit trottoir \u00e0 droite du lampadaire. \u00c0 droite, les traces sur le mur d\u2019une maison rendent compte de la hauteur que peut atteindre l\u2019eau.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces inondations sont la cons\u00e9quence d\u2019un entrelacement de facteurs naturels et anthropiques. L\u2019urbanisation des bas-fonds ass\u00e9ch\u00e9s de la vall\u00e9e du Sine a entra\u00een\u00e9 une artificialisation des sols, une modification de la configuration des lieux (pentes\u2026) et la cr\u00e9ation de coupures urbaines qui bloquent l\u2019eau ou la r\u00e9oriente (routes, voie de chemin de fer\u2026). Or, l\u2019eau retrouve son chemin naturel dans les points les plus bas de la vall\u00e9e fossile du Sine, points bas qui sont d\u00e9sormais occup\u00e9s par des quartiers d\u2019habitations. La concentration des pluies dans le temps et leur intensification entra\u00eenent une saturation plus rapide des sols nus et un ruissellement accru sur les zones imperm\u00e9abilis\u00e9es par cette urbanisation. En outre, la difficult\u00e9 \u00e0 planifier l\u2019expansion urbaine en l\u2019accompagnant d\u2019am\u00e9nagements d\u00e9di\u00e9s aux eaux pluviales complexifie la situation. Gu\u00e8ye (2014) pr\u00e9cise \u00e9galement que les r\u00e9seaux existants ne sont pas calibr\u00e9s pour les d\u00e9bits d\u2019eaux us\u00e9es qui augmentent ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 cause de l\u2019urbanisation croissante et des pluies. Les vitesses d\u2019\u00e9coulement augmentent elles aussi, entra\u00eenant une saturation du r\u00e9seau.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les am\u00e9nagements urbains d\u2019assainissement\u2013 dont font partie les eaux pluviales - qui existent dans certains secteurs de ces quartiers aggravent les inondations, faute d\u2019entretien des ouvrages qui composent les r\u00e9seaux ou tout simplement par d\u00e9faut d\u2019ouvrage. Le mauvais \u00e9tat et le mauvais entretien du syst\u00e8me d\u2019assainissement ont deux cons\u00e9quences principales\u00a0: d\u2019une part, une absence d\u2019\u00e9vacuation vers l\u2019aval de la vall\u00e9e fossile, d\u2019autre part, un blocage de l\u2019\u00e9coulement (bassins de r\u00e9tention servant de d\u00e9potoirs, canaux bouch\u00e9s) qui favorise les inondations. Le canal d\u2019assainissement qui parcourt le quartier Ngolombith dans la vall\u00e9e est ainsi caract\u00e9ristique de l\u2019aggravation des inondations faute de syst\u00e8me d\u2019\u00e9vacuation ad\u00e9quat\u00a0: malgr\u00e9 sa vocation initiale d\u2019\u00e9vacuer les eaux us\u00e9es des quartiers hauts vers les <em>Kambu suuf <\/em>en aval, il s\u2019arr\u00eate net dans une cuvette et d\u00e9verse ainsi les eaux dans une zone r\u00e9sidentielle noyant ce quartier. Cet habitant ne dit pas autre chose\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sommes tous confront\u00e9s aux inondations depuis la pr\u00e9sence de cette route, mais \u00e7a a empir\u00e9 avec la pr\u00e9sence de cette canalisation. Elle est pr\u00e9sente ici depuis 2 ans; l\u2019eau devait \u00eatre achemin\u00e9e jusque vers Kambu suuf, mais ils ont arr\u00eat\u00e9 ici, car, selon eux, les moyens ne permettaient plus de continuer. Cons\u00e9quence, tout le quartier est maintenant inond\u00e9; mais avant cela; nous n\u2019\u00e9tions pas confront\u00e9s \u00e0 ce probl\u00e8me d\u2018inondation.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019inadaptation des ouvrages et le manque d\u2019entretien rel\u00e8vent de la gestion collective de l\u2019eau \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville de Diourbel. Les dysfonctionnements constat\u00e9s et les t\u00e9moignages relay\u00e9s par les entretiens r\u00e9alis\u00e9s sur le terrain \u00e9rigent la restauration des chemins de l\u2019eau en priorit\u00e9 majeure tant les cons\u00e9quences de la stagnation de l\u2019eau sur les habitant\u00b7es des quartiers concern\u00e9s sont importantes. Celles-ci sont triples pour les personnes interrog\u00e9es. Les inondations entra\u00eenent une perte \u00e9conomique pour les mara\u00eecher\u00b7es, les artisans et les commer\u00e7ant\u00b7es qui voient leurs produits d\u00e9truits par la stagnation de l\u2019eau\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a 2 ans, j\u2019ai perdu 7 tonnes de ciment \u00e0 cause de la forte pluie, [\u2026] tout ce que l\u2019eau touche est d\u00e9truit; elle n\u2019envahissait que la cour, mais maintenant, tout l\u2019int\u00e9rieur du b\u00e2timent est touch\u00e9 \u00bb (entretien aupr\u00e8s d\u2019un quincailler, d\u00e9cembre 2022).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019incidence est \u00e9galement fonci\u00e8re, car les inondations entra\u00eenent une perte de valeur du b\u00e2ti \u00e0 cause de sa d\u00e9gradation. Certains habitant\u00b7es sont contraint\u00b7es d\u2019abandonner les maisons qui sont inond\u00e9es sans que des compensations ne soient propos\u00e9es. En 2012, une estimation \u00e9manant de la municipalit\u00e9 indique que 1080 personnes auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9es \u00e0 cause des inondations. Dans le m\u00eame sens, certaines parcelles achet\u00e9es par des propri\u00e9taires sont d\u00e9sormais inconstructibles \u00e0 cause de l\u2019eau qui recouvre les terrains une partie de l\u2019ann\u00e9e. Plus globalement, l\u2019enjeu est social, car la stagnation de l\u2019eau, en emp\u00eachant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certaines rues, cr\u00e9e un isolement pour les personnes riveraines. \u00c0 cela s\u2019ajoute un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, comme l\u2019explique une autre personne rencontr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Nous vivons un isolement, surtout \u00e0 partir de la nuit. Personne n\u2019ose trainer ici le soir \u00bb. En sus, l\u2019impossibilit\u00e9 pour certain\u00b7es commer\u00e7ant\u00b7es ou mara\u00eecher\u00b7es \u00e0 travailler en p\u00e9riode d\u2019inondation a un impact sur les revenus et sur les familles. La perception des inondations est variable selon les personnes rencontr\u00e9es, m\u00eame si toutes s\u2019accordent \u00e0 dire que la stagnation de l\u2019eau est le probl\u00e8me majeur. L\u2019inondation est appr\u00e9hend\u00e9e comme \u00ab cette eau qui stagne ici depuis l\u2019hivernage \u00bb. Elle est appel\u00e9e<em> \u00ab wam\u00e9 \u00bb <\/em>par une autre personne rencontr\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire une eau abondante et stagnante, plut\u00f4t que <em>\u00ab mbeund \u00bb, <\/em>terme wolof pour les inondations. Elle envahit tout, tel que l\u2019explique un habitant\u00a0: \u00ab l\u2019eau de pluie qui envahit les habitations jusqu\u2019\u00e0 ce que les populations soient oblig\u00e9es de se d\u00e9placer \u00bb. L\u2019enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le par ailleurs que les personnes rencontr\u00e9es ne s\u2019accordent pas sur l\u2019origine des inondations. Pour les uns, elles sont li\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels comme le ruissellement, les fortes pluies. Mais pour d\u2019autres, le caract\u00e8re anthropique des inondations ne fait aucun doute, et notamment pour cette femme riveraine qui souligne que \u00ab une inondation est due \u00e0 une cause naturelle, mais celle-l\u00e0 est li\u00e9e \u00e0 une cause anthropique \u00bb. Les am\u00e9nagements des eaux pluviales et les d\u00e9chets sont mis en cause.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des usages qui fragilisent la vall\u00e9e\u00a0: du d\u00e9p\u00f4t des d\u00e9chets \u00e0 la d\u00e9gradation des paysages et la qualit\u00e9 des ressources en eau<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019accumulation des d\u00e9chets solides dans la vall\u00e9e du Sine est une r\u00e9alit\u00e9 qui n\u2019\u00e9pargne actuellement aucun des secteurs de la vall\u00e9e. Cette funeste utilisation de l\u2019espace se d\u00e9ploie \u00e0 la fois dans les interstices laiss\u00e9s vacants tout en composant avec le mara\u00eechage, les activit\u00e9s de loisirs, les habitations en zone urbaine. L\u2019occupation principale du sol dans des secteurs p\u00e9riph\u00e9riques donne naissance \u00e0 de v\u00e9ritables champs d\u2019\u00e9pais d\u00e9chets (fig. 7). L\u2019accumulation verticale cr\u00e9e des couches enti\u00e8res de sol qui servent de remblais pour les habitations qui grignotent petit \u00e0 petit les versants de la vall\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 7. D\u00e9chets et zones humides \u00e0 Diourbel<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_873\" align=\"aligncenter\" width=\"431\"]<img class=\"wp-image-873\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"431\" height=\"288\" \/> En plein c\u0153ur de Diourbel, un fragment de la vall\u00e9e fossile du Sine qui apparait ici comme un \u00eelot encercl\u00e9 par du b\u00e2ti et des d\u00e9p\u00f4ts de d\u00e9chets qui entravent la circulation de l\u2019eau. Vue a\u00e9rienne par drone - le 20\/12\/2023, \u00a9 Auteur\u00b7es[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">La gestion des d\u00e9chets dans la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel, comme dans beaucoup de villes d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Dorier, 2002), est un enjeu majeur dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9p\u00f4t syst\u00e9matique entra\u00eene notamment une d\u00e9gradation de l\u2019environnement et de l\u2019eau, que le br\u00fblage r\u00e9gulier tente de r\u00e9sorber, entra\u00eenant paradoxalement une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de l\u2019air. La vall\u00e9e du Sine n\u2019a pas eu vocation \u00e0 accueillir les d\u00e9chets de Diourbel, la situation s\u2019est install\u00e9e petit \u00e0 petit au fil des ann\u00e9es\u00a0: d\u2019une part par l\u2019impossibilit\u00e9 croissante d\u2019absorber le flux des d\u00e9chets solides m\u00e9nagers et, d\u2019autre part, par l\u2019impossibilit\u00e9 de les \u00e9vacuer dans la d\u00e9charge publique de la ville. Les espaces de la vall\u00e9e du Sine laiss\u00e9s vacants par l\u2019eau et par le mara\u00eechage durant la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970 et 1980 ont ainsi \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s pour h\u00e9berger les d\u00e9chets de la population tandis que la municipalit\u00e9 d\u00e9cidait au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 de diriger les eaux us\u00e9es de la ville vers ces bas-fonds. Le d\u00e9p\u00f4t dans la vall\u00e9e joue deux r\u00f4les\u00a0: il peut \u00eatre transitoire lorsque des bennes sont mises \u00e0 disposition et devient d\u00e9finitif lorsque les bennes ne peuvent \u00eatre d\u00e9plac\u00e9es. Il s\u2019agit \u00e9galement et souvent de d\u00e9p\u00f4ts ill\u00e9gaux sauvages dans certains secteurs qui n\u2019ont pas de bennes. Des nettoyages r\u00e9guliers ont toutefois lieu comme celui men\u00e9 dans la zone centrale de <em>Pencum Ndox<\/em>[footnote]Terme wolof signifiant \u00ab Lieu d\u2019eau \u00bb, <em>Pencum Ndox <\/em>est le nom donn\u00e9 au projet de restauration \u00e9cologique d\u2019une portion de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel, et port\u00e9 par M. Sidy Guiss\u00e9 Diop.[\/footnote] en 2023.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De plus, ces d\u00e9chets entra\u00eenent une pollution visuelle et olfactive, bouchent les r\u00e9seaux d\u2019\u00e9vacuation des eaux et contribuent tr\u00e8s probablement \u00e0 la pollution des eaux de surface et souterraines. \u00c0 ce jour, aucune \u00e9tude n\u2019a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur la pr\u00e9sence de polluants dans les eaux de la vall\u00e9e et des nappes souterraines. Les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s des acteurs\/actrices de la vall\u00e9e ont uniquement document\u00e9 la perception sur les impacts directs et indirects des d\u00e9chets solides sur les activit\u00e9s, le cadre de vie et la sant\u00e9. Pour les mara\u00eecher\u00b7es, la perception est ambivalente. Certains d\u00e9chets plastiques portent pr\u00e9judice \u00e0 leurs activit\u00e9s\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quand il y a du vent tous les d\u00e9chets s\u2019envolent et se collent aux arbres ce qui est n\u00e9faste pour nos plantes. En plus, les d\u00e9chets plastiques tuent les animaux en divagation qui \u00e0 leur tour d\u00e9gagent de tr\u00e8s mauvaises odeurs. Ceci perturbe notre bien-\u00eatre et menace notre sant\u00e9. Il y a de l\u2019eau dans les Kambu Suuf; sans les d\u00e9chets, cette eau pourrait \u00eatre utile.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les d\u00e9chets sont une pollution au m\u00eame titre que les eaux us\u00e9es. Une personne rencontr\u00e9e mentionne cette accumulation renvoyant \u00e0 un cloaque\u00a0: \u00ab Des d\u00e9chets et des eaux us\u00e9es s\u2019y m\u00e9langent, ce qui d\u00e9gage une forte odeur naus\u00e9abonde. Je ne le fr\u00e9quente plus depuis un bon moment \u00bb<em>. <\/em>Les zones humides sont devenues pour d\u2019autres une d\u00e9charge \u00e0 ciel ouvert\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le lieu d'habitation des serpents et un d\u00e9potoir d'ordures. Notre sant\u00e9 et notre s\u00e9curit\u00e9 sont menac\u00e9es par ces espaces humides. Il n'y a plus d'activit\u00e9s autour des zones humides sauf les ramasseurs de d\u00e9chets parce que maintenant c'est une d\u00e9charge \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La principale probl\u00e9matique est en effet la pollution de l\u2019eau, c\u2019est un sujet r\u00e9current, une des menaces les plus mentionn\u00e9es dans l\u2019enqu\u00eate aupr\u00e8s des mara\u00eecher\u00b7es. Il est souvent fait mention de la contamination des nappes souterraines qui inqui\u00e8te particuli\u00e8rement les personnes rencontr\u00e9es, mais elles expliquent qu\u2019\u00e0 moyen terme, l\u2019enjeu demeure le maintien de leurs activit\u00e9s. De fa\u00e7on plut\u00f4t contre-intuitive, ce ne sont pas les d\u00e9chets qui sont mentionn\u00e9s comme les sources de pollution de l\u2019eau, mais les eaux us\u00e9es et un \u00e9v\u00e9nement qui a marqu\u00e9 les esprits localement\u00a0: le d\u00e9versement de produits chimiques par l\u2019usine Sonacos dans les ann\u00e9es 1990. Pour beaucoup, cette pollution est d\u00e9finitive\u00a0: \u00ab La qualit\u00e9 de l\u2019eau s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es. Des eaux us\u00e9es sont d\u00e9vers\u00e9es dans la vall\u00e9e, la polluant de mani\u00e8re inexorable \u00bb. Pourtant, d\u2019autres d\u00e9chets organiques sont appr\u00e9ci\u00e9s quand ils sont valoris\u00e9s sous forme de compost et amendent les sols. Ils sont m\u00eames pl\u00e9biscit\u00e9s pour remplacer les produits fertilisants chimiques.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Entre d\u00e9valorisation et attraction\u00a0: une diversit\u00e9 des perceptions et des vuln\u00e9rabilit\u00e9s<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau est au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans la vall\u00e9e du Sine\u00a0: entre trop et trop peu, souvent de qualit\u00e9 insuffisante, elle est omnipr\u00e9sente dans les entretiens r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s des usagers, le mara\u00eechage d\u00e9pendant de la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der de fa\u00e7on p\u00e9renne \u00e0 une ressource aquatique de qualit\u00e9 suffisante. La perception de la vall\u00e9e du Sine par les mara\u00eecher\u00b7es est avant tout une vision de l\u2019eau, largement li\u00e9e \u00e0 la fa\u00e7on dont elle est utilis\u00e9e et per\u00e7ue. Pourtant, de l\u2019enqu\u00eate \u00e9merge une appr\u00e9hension ambivalente de l\u2019eau, \u00e0 la fois ressource et danger, avenir et pass\u00e9, nuisance et opportunit\u00e9. Des 33 entretiens r\u00e9alis\u00e9s par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019universit\u00e9 de Bambey, le traitement lexical men\u00e9 par le logiciel libre Iramuteq r\u00e9v\u00e8le des postures vari\u00e9es. La forme active (c\u2019est-\u00e0-dire le mot) \u00ab eau \u00bb est mentionn\u00e9e 366 fois (sur les 2553 formes utilis\u00e9es), marais (204 fois), champ (136 fois), cultiver (98 fois), terre (94 fois) et pluie (73 fois). On retrouve la vocation maraich\u00e8re de la zone humide, mais aussi une perception aig\u00fce des changements en cours, notamment climatique (33 fois) li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux. Le nuage de mots est \u00e0 cet \u00e9gard repr\u00e9sentatif de la perception globale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 8. Perception des zones humides diourbelloises<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_874\" align=\"aligncenter\" width=\"320\"]<img class=\"wp-image-874\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega.png\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"317\" \/> \u00a9Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019universit\u00e9 de Bambey[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 1em\">Cependant, la variable \u00e2ge est assez discriminante. Les moins de 25 ans ont une vision des zones humides assez diff\u00e9rente des 25-45 et des plus de 45 ans : il y a d\u2019une certaine mani\u00e8re une zone humide des jeunes, assez tourn\u00e9e vers le renouvellement de ses fonctions (p\u00eache, fraicheur, agr\u00e9ment, loisirs\u2026), une zone humide des adultes qui rassemble les mara\u00eecher\u00b7es en activit\u00e9 tr\u00e8s engag\u00e9s dans les productions commerciales et une vall\u00e9e humide des plus \u00e2g\u00e9s, plus sensibles aux changements n\u00e9gatifs intervenus. Cette variable \u00e2ge recoupe en partie la variable lieu qui isole bien les lieux d\u2019eau du Centre, per\u00e7us tr\u00e8s n\u00e9gativement, de ceux de l\u2019ouest (Keur Baye Laye) et du Sud (<\/span><em style=\"font-size: 1em\">Kambu suuf<\/em><span style=\"font-size: 1em\">) qui, encore mara\u00eechers, suscitent \u00e0 la fois des espoirs (si la municipalit\u00e9 intervient pour les am\u00e9liorer) et des d\u00e9ceptions (salinit\u00e9, inondation, pollution). De m\u00eame, la variable sexe, m\u00eame si elle est peu repr\u00e9sentative, car l\u2019essentiel des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es sont des hommes (le maraichage est une vocation masculine) d\u00e9voile, chez les femmes, une plus grande condamnation envers l\u2019amoncellement de d\u00e9chets et, a contrario, une satisfaction trouv\u00e9e dans la fra\u00eecheur, la nature et les am\u00e9nit\u00e9s environnementales. Il y aurait donc, l\u00e0 encore, une zone humide des hommes et celle des femmes, plus tourn\u00e9e vers l\u2019innovation (Diouf Ndiaye, 2013).<\/span><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse multivari\u00e9e, conduite par une classification de Reinert, synth\u00e9tise toutes les variables et leurs modalit\u00e9s. Elle distingue des groupes homog\u00e8nes d\u2019individus ayant un m\u00eame discours sur les zones humides.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 9. Classification suivant les profils des enqu\u00eat\u00e9s et les modalit\u00e9s de r\u00e9ponses<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_875\" align=\"aligncenter\" width=\"415\"]<img class=\"wp-image-875\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega.png\" alt=\"\" width=\"415\" height=\"313\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019Universit\u00e9 de Bambey[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse en CHD (classification hi\u00e9rarchique descendante) distingue 7 classes, chacune reli\u00e9e \u00e0 un corpus de mots bien sp\u00e9cifiques. N\u00e9anmoins, d\u2019apr\u00e8s l\u2019arbre hi\u00e9rarchique (Fig..\u00a09), l\u2019opposition principale est entre la classe 7 et toutes les autres classes. De m\u00eame, dans la branche non classe 7, la classe 6 se distingue nettement des autres. Ceci appara\u00eet bien dans l\u2019AFC (Analyse factorielle de correspondances) mise ci-dessous (fig. 10)\u00a0: la classe 7 (en rose) est tr\u00e8s isol\u00e9e et fortement diff\u00e9renciable des autres classes. Il s\u2019agit des propri\u00e9taires \u00e2g\u00e9s touch\u00e9s par la pollution des eaux et le changement climatique, mais qui n\u2019ont pu s\u2019adapter et d\u00e9clarent leur activit\u00e9 non rentable. Il en va de m\u00eame pour la classe 6 (en bleu fonc\u00e9) qui rassemble des locataires adultes, touch\u00e9s par la pollution et le changement climatique mais qui ont su s\u2019adapter et d\u00e9velopper une activit\u00e9 maraich\u00e8re rentable. Les autres classes (de 1 \u00e0 5) sont plus intriqu\u00e9es, mais il est possible de regrouper les classes 2 et 4 (vert p\u00e2le et gris) caract\u00e9ris\u00e9es par des usages li\u00e9s aux loisirs pratiqu\u00e9s par les jeunes. Les 3 autres classes (rouge, bleu, vert vif) sont assez proches et marquent toute une gamme d\u2019usages non agricoles, souvent pratiqu\u00e9s par des femmes.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette analyse lexicale s\u2019inscrit donc dans une tension opposant les activit\u00e9s maraich\u00e8res, toujours dominantes, essentiellement masculines, conduites par des adultes ou des personnes \u00e2g\u00e9es, et les autres vocations plus r\u00e9centes, notamment li\u00e9es au loisir et \u00e0 l\u2019agr\u00e9ment ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres ressources (p\u00eache), int\u00e9ressant davantage les jeunes et les femmes. Elle est d\u2019une certaine mani\u00e8re porteuse d\u2019espoir pour la revalorisation des vall\u00e9es et leur diversification d\u2019usages. Encore faut-il que la qualit\u00e9 et l\u2019\u00e9coulement des eaux s\u2019am\u00e9liorent afin que Diourbel puisse accueillir ces projets qui s\u2019int\u00e8grent dans la valorisation verte et bleue du Sine. Dans cette perspective de restauration et de revalorisation de la vall\u00e9e fossile du Sine, se pose donc la question de la recr\u00e9ation des chemins de l\u2019eau dans la ville, susceptible de lutter contre les inondations en reconstituant la continuit\u00e9 des \u00e9coulements.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 10. Visions des zones humides de Diourbel<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_876\" align=\"aligncenter\" width=\"438\"]<img class=\"wp-image-876\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega.png\" alt=\"\" width=\"438\" height=\"319\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 de Bambey[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Formes de valorisation dans une zone humide sous pression : pratiques d\u2019adaptation et de restauration de la vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 ces menaces et \u00e0 leurs effets destructeurs, de nouvelles am\u00e9nit\u00e9s \u00e9mergent du fait du changement climatique, qui de mani\u00e8re concomitante, r\u00e9active le maraichage et induit de nouvelles fonctions aux zones humides et des changements socioculturels des habitant\u00b7es de Diourbel, plus enclins \u00e0 pratiquer des activit\u00e9s de loisirs verts de Diourbel.<\/p>\r\n\r\n<\/div>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Trajectoire spatio-temporelle du syst\u00e8me maraicher et ses modulations par les modes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adaptation du syst\u00e8me-maraicher aux variations climatiques et aux al\u00e9as anthropiques se lit dans les transferts g\u00e9ographiques d\u2019usages (fig. 11).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 11. Trajectoire g\u00e9ographique des usages dans les zones humides de Kamb Suuf et de Keur Baye Laye<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_877\" align=\"aligncenter\" width=\"490\"]<img class=\"wp-image-877\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"291\" \/> \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Alors que les sites initiaux, situ\u00e9s au centre et au nord de la vall\u00e9e, \u00e9taient devenus impropres au mara\u00eechage du fait de la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970 et 1980, les trous form\u00e9s par l\u2019extraction de sable dans le sud de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel (quartier de Thierno Khandji, <em>Kambu suuf<\/em>) ont \u00e9t\u00e9 requalifi\u00e9s en zones de mara\u00eechage. En effet, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau \u00e9tait facilit\u00e9 dans ces carri\u00e8res, la nappe \u00e9tant plus proche et le sol particuli\u00e8rement fertile dans ces trous. Des puits ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9s afin de d\u00e9velopper les parcelles mara\u00eech\u00e8res (Ba, 2023), explique un mara\u00eecher du quartier de Thiebbo\u00a0: \u00ab \u00c0 chaque fois qu\u2019ils terminaient d\u2019exploiter une partie du <em>Kamb<\/em>, le propri\u00e9taire du camion, un membre de la famille de Baye Laye c\u00e9dait les terres pour du maraichage. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on entendait partout parler des jardins de Diourbel \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re se fixe pendant deux d\u00e9cennies autour des <em>Kambu suuf<\/em>. Deux \u00e9v\u00e9nements mettent un terme \u00e0 cette concentration m\u00e9ridionale du mara\u00eechage. Le premier, celui de la pollution des eaux par les rejets de la principale usine de transformation de l\u2019arachide, la Sonacos, en 1992. Si elle condamne brutalement l\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re, cette pollution co\u00efncide fort heureusement avec le retour des pluies permettant aux mara\u00eechers de Keur Baye Laye, secteur humide situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de la ville, de cultiver de nouveau les champs. Le second \u00e9v\u00e9nement est li\u00e9 au fait qu\u2019en 2012, la zone de <em>Kambu suuf <\/em>est transform\u00e9e en bassin de r\u00e9tention des eaux us\u00e9es par la collectivit\u00e9 de Diourbel\u00a0: le mara\u00eechage dispara\u00eet m\u00eame si des pompages pour alimenter les planches de cultures s\u2019y poursuivent\u00a0: \u00ab Avec les fortes inondations qui ont s\u00e9vi dans la commune, vers les ann\u00e9es 2000, la municipalit\u00e9 a eu comme id\u00e9e de drainer les eaux des pluies vers les kambs. Et, depuis, l\u2019espace est ainsi, plein d\u2019eau. Tout cet espace fait environ 20 ha \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette zone est \u00e9galement devenue, avec le d\u00e9part de beaucoup de mara\u00eechers, un lieu de d\u00e9p\u00f4t d\u2019ordures m\u00e9nag\u00e8res solides, tandis que l\u2019abondance des pluies d\u2019hivernage l\u2019a transform\u00e9e en plan d\u2019eau insalubre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 ces mutations spatio-temporelles, succ\u00e8de depuis peu un changement de perception des zones humides associ\u00e9 d\u2019une part \u00e0 l\u2019apparition d\u2019un besoin de nature et de loisirs verts, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une sensibilit\u00e9 verte et bleue, notamment chez les jeunes, et d\u2019autre part, \u00e0 une diversification des usages (p\u00eache, \u00e9levage\u2026) m\u00eame si le mara\u00eechage reste dominant. C\u2019est dans cette ouverture que l\u2019\u00e9valuation des services \u00e9conomiques conduite par Adjara Fall (2023) trouve tout son sens.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les mutations spatio-temporelles sont ainsi caract\u00e9ris\u00e9es par une triple mobilit\u00e9\u00a0: spatiale avec des d\u00e9placements g\u00e9ographiques des zones maraich\u00e8res et de ses mara\u00eecher\u00b7es selon l\u2019abondance et la qualit\u00e9 des eaux; fonctionnelle du fait qu\u2019une m\u00eame zone ayant pu conna\u00eetre des modes de valorisation tr\u00e8s dissemblables; psychosociale avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019un rapport in\u00e9dit entre les communaut\u00e9s diourbelloises et leurs zones humides. Il y a ainsi une plasticit\u00e9 de l\u2019am\u00e9nagement qui rejoint la mobilit\u00e9 biophysique des milieux d\u2019eau.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Revaloriser les zones humides en leur affectant une valeur \u00e9conomique\u00a0: l\u2019exemple de <em>Kambu Suuf<\/em><\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c9valuer \u00e9conomiquement les services \u00e9cosyst\u00e9miques en utilisant la m\u00e9thode de pr\u00e9f\u00e9rences d\u00e9clar\u00e9es fond\u00e9e sur la demande (Hamid, 2018; Meral, 2012; Quill\u00e9rou, 2019) \u00e9claire les r\u00e9elles attentes des usagers vis-\u00e0-vis de la zone humide qu\u2019ils c\u00f4toient. Par une enqu\u00eate aupr\u00e8s de 50 personnes qui mobilisent une \u00e9valuation contingente, on d\u00e9termine le consentement des consommateur\u00b7trices \u00e0 payer un bien naturel, ici le <em>Kambu Suuf<\/em>, pour susciter l\u2019am\u00e9lioration du milieu humide (Fall, 2023). Les questions portent d\u2019abord sur l\u2019identification des services \u00e9cosyst\u00e9miques et leur hi\u00e9rarchie, puis dans le cadre d\u2019un hypoth\u00e9tique lancement d\u2019un programme de r\u00e9habilitation de l\u2019espace, l\u2019on se demande quelle somme chaque enqu\u00eat\u00e9\u00b7e serait pr\u00eat \u00e0 verser pour contribuer \u00e0 cet objectif.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, 16 personnes d\u00e9clarent ne pas souhaiter ou ne pas pouvoir participer au programme de paiement pour la revalorisation des zones humides de <em>Kambu Suuf<\/em>. Pour ce qui est du refus qui concerne 32\u00a0% de l\u2019\u00e9chantillon enqu\u00eat\u00e9, 10\u00a0% refusent, car ils n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat pour les <em>Kambu Suuf<\/em>, 6\u00a0% avancent que ce n\u2019est pas \u00e0 eux de payer, mais plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00c9tat de le faire, 6\u00a0% ne sont pas s\u00fbrs que l\u2019argent collect\u00e9 sera utilis\u00e9 pour financer la d\u00e9pollution et l\u2019am\u00e9nagement des <em>Kambu Suuf<\/em>, 4\u00a0% veulent bien, mais leur revenu ne le permet pas.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une majorit\u00e9 de personnes, 68\u00a0% de l\u2019\u00e9chantillon, se dit pr\u00eate \u00e0 payer pour que <em>Kambu Suuf <\/em>soit d\u00e9pollu\u00e9e et am\u00e9nag\u00e9e. Les motifs pour lesquelles les personnes sont pr\u00eates \u00e0 payer pour la revalorisation permettent d\u2019affiner la compr\u00e9hension des pr\u00e9occupations des habitant\u00b7es et usager\u00b7es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce secteur de la vall\u00e9e. Pour 23 des 34 personnes, le motif choisi est celui \u00ab d\u2019assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\u00a0\u00bb. Ce motif est d\u2019ailleurs syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent m\u00eame lorsque d\u2019autres motifs sont s\u00e9lectionn\u00e9s (tableau 2). Pour 12\u00a0% des r\u00e9pondant\u00b7es, l\u2019enjeu agricole est coupl\u00e9 au d\u00e9veloppement du tourisme, \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du cadre de vie et \u00e0 la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes. D\u2019autres personnes choisissent plut\u00f4t le couple enjeu agricole- am\u00e9lioration du cadre de vie ou enjeu agricole- conservation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Ce motif qui porte sur la conservation des milieux naturels et leur restauration n\u2019appara\u00eet en fait qu\u2019\u00e0 cinq reprises dans les r\u00e9ponses positives. Les pr\u00e9occupations sont d\u2019abord li\u00e9es au maintien voire au d\u00e9veloppement des pratiques agricoles dans les <em>Kambu Suuf<\/em>, \u00e0 la lutte contre la pollution pour l\u2019am\u00e9lioration de la vie quotidienne et pour favoriser le tourisme. L\u2019enjeu \u00e9cologique intervient en second lieu, les personnes mettent plut\u00f4t en avant les enjeux socio- \u00e9conomiques qui traversent les zones humides.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 2. Les motifs d\u2019approbation et de refus au programme de financement envisag\u00e9 \/ Source\u00a0: \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, \u00e0 partir des donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate, 2023<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n<table class=\"aligncenter\" style=\"width: 444px\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Participer au programme envisag\u00e9?<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>Effectif<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\"><strong>Pourcentage<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Non<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>16<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">---<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Autres (\u00e0 pr\u00e9ciser)<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">10<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">63%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Ce n\u2019est pas \u00e0 moi de payer, c\u2019est plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00c9tat de le faire<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Je ne suis pas s\u00fbr que le montant soit utilis\u00e9 pour financer la d\u00e9pollution des zones humides<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Mon revenu ne me le permet pas<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">4<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">25%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>OUI<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>34<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">---<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">23<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">68%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\r\n\r\n| am\u00e9liorer le cadre de vie de la commune<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">3%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\r\n\r\n| conserver cet \u00e9cosyst\u00e8me aussi riche pour les g\u00e9n\u00e9rations futures<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">3%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\r\n\r\n| conserver cet \u00e9cosyst\u00e8me aussi riche pour les g\u00e9n\u00e9rations futures | d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel, | Am\u00e9liorer le\r\n\r\ncadre de vie de la commune<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">4<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">12%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\r\n\r\n| d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel,<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\"><\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">9%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\r\n\r\n| d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel, Am\u00e9liorer le\r\n\r\ncadre de vie de la commune<\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\">2<\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Total g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>50<\/strong><\/td>\r\n<td style=\"width: 91.7472px\">---<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par rapport \u00e0 leur contribution au programme envisag\u00e9 sur les 68\u00a0% des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es qui se disent pr\u00eat\u00b7es \u00e0 payer pour que les zones humides de Diourbel <em>(Kambu suuf) <\/em>soient d\u00e9pollu\u00e9es et am\u00e9nag\u00e9es, 56\u00a0% ont choisi un v\u00e9hicule de paiement mon\u00e9taire et 12\u00a0% un v\u00e9hicule non mon\u00e9taire. Comme v\u00e9hicule de paiement non mon\u00e9taire, sur les trois types de sp\u00e9culations propos\u00e9es, 8\u00a0% des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es ont choisi l\u2019oignon, 2\u00a0% le gombo et 2\u00a0% la tomate. Seulement trois individus ont propos\u00e9 des montants sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux pr\u00e9vus dans les ench\u00e8res. Les montants consentis (CAP) varient de 10\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA \u00e0 500\u00a0000 F\u00a0CFA et peuvent \u00eatre class\u00e9s comme suit\u00a0: 92\u00a0% des personnes consentent \u00e0 payer un montant annuel allant de 10\u00a0000 \u00e0 100\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA, 3\u00a0% des personnes consentent \u00e0 payer entre 100\u00a0000 et 200\u00a0000 F CFA et 6\u00a0% consentent \u00e0 payer plus de 200\u00a0000 F CFA. Le consentement moyen est de 81 323 F CFA, la m\u00e9diane de 60\u00a0000 F CFA, le minimum de 10\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA et le maximum est de 500\u00a0000 F CFA.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Co\u00efncidence significative, la part de ceux et celles qui ont une vision n\u00e9gative des zones humides d\u2019apr\u00e8s l\u2019enqu\u00eate des \u00e9tudiant\u00b7es sur les usages (70\u00a0%) est similaire \u00e0 celle de ceux et celles qui se disent pr\u00eat\u00b7es \u00e0 payer pour leur revalorisation (68\u00a0%). Par-del\u00e0 les biais statistiques (les deux enqu\u00eates n\u2019ont pas exactement \u00e9t\u00e9 conduites aupr\u00e8s du m\u00eame \u00e9chantillon), cela r\u00e9v\u00e8le l\u2019ambivalence perceptive de ces zones humides urbaines et, en filigrane, leurs perspectives d\u2019avenir. Espaces d\u00e9grad\u00e9s, parfois insalubres et souvent d\u00e9laiss\u00e9s, ces secteurs sont n\u00e9anmoins vitaux en assurant revenus et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 de nombreux\u00b7euses mara\u00eecher\u00b7es, car per\u00e7us comme productifs et f\u00e9conds. Leur r\u00e9habilitation, dans le cadre du projet vision verte et bleue, s\u2019inscrit donc dans cette ambivalence\u00a0: en l\u2019\u00e9tat la zone humide repousse, mais revitalis\u00e9e, elle attire.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les recherches effectu\u00e9es dans le cadre du programme BOUDIOU mettent en exergue de nombreuses vuln\u00e9rabilit\u00e9s, mais aussi la multifonctionnalit\u00e9 des zones humides urbaines de Diourbel. Les enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019extension de la ville au d\u00e9triment des zones humides, la fr\u00e9quence des risques d\u2019inondation en lien avec les changements d\u2019usages de sols et le changement climatique font peser des menaces sur cet espace qui rend de multiples services (production agricole, maraichage, ressources en eau\u2026) aux populations. C\u2019est dans ce contexte g\u00e9n\u00e9ral que l\u2019on note un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les zones humides urbaines de Diourbel comme en t\u00e9moignent les nombreux et disparates projets d\u2019am\u00e9nagement de la vall\u00e9e du Sine qui, peu ou prou, s\u2019inscrivent dans une vision verte et bleue de la cit\u00e9. Une op\u00e9ration remarquable et novatrice provient d\u2019une initiative priv\u00e9e situ\u00e9e au centre de la ville\u00a0: Pencum Ndox, un ancien d\u00e9potoir fortement affect\u00e9 par la pollution plastique, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 en un site \u00e9cologique et r\u00e9cr\u00e9atif tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 par les jeunes diourbellois. La valorisation de cet espace par la cr\u00e9ation d\u2019espaces conservatoires a permis de cr\u00e9er des emplois, de mieux g\u00e9rer l\u2019environnement et \u00e9galement de d\u00e9velopper des activit\u00e9s maraich\u00e8res et touristiques. De m\u00eame, un projet \u00e9tatique, conduit par le Minist\u00e8re des mines, vise \u00e0 revaloriser toutes les zones humides au sud de la ville li\u00e9es \u00e0 l\u2019extraction de sable (<em>Kambu suuf <\/em>1, 2 et 3).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, des tentatives agronomiques d\u2019adaptation des cultures au changement climatique, comme la diffusion du millet (Muller <em>et al.<\/em>, 2017) apparaissent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la r\u00e9gion. Cette multifonctionnalit\u00e9 des zones humides diourbelloises donne ainsi lieu \u00e0 une diversit\u00e9 d\u2019approches dans les formes de (re)valorisation. En parall\u00e8le, les r\u00e9sultats montrent \u00e9galement des perceptions vari\u00e9es suivant les acteurs. Plusieurs visages des zones humides de Diourbel sont mis en avant dans les perceptions\u00a0: espace-ressource pour certains, espace-risque, espace-d\u00e9potoir, et espace-loisirs verts pour d\u2019autres. Ces perceptions m\u00e8nent \u00e0 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation et de valorisation diff\u00e9renci\u00e9es. Si on observe une multiplication des initiatives qui vont dans le sens de la valorisation des zones humides de Diourbel, on remarque qu\u2019elles sont cependant assez peu mises en r\u00e9seau. Des initiatives individuelles comme le projet Pencum Ndox mettent en \u00e9vidence les opportunit\u00e9s de valorisation. Leur mise en pratique passera par une approche collective et institutionnelle visant \u00e0 am\u00e9nager et \u00e0 revaloriser ces espaces. Fortement sollicit\u00e9e par les riverain\u00b7es des bas-fonds insalubres, l\u2019actuelle municipalit\u00e9 a d\u00e9but\u00e9 l\u2019assainissement des zones humides centrales et envisage de nouveau de reconnecter tous les \u00eelots humides aujourd\u2019hui disjoints. Si la question du financement de ces op\u00e9rations et les conflits d\u2019ambition entre acteurs dissemblables (\u00c9tat, r\u00e9gion, collectivit\u00e9 territoriale, acteurs priv\u00e9s, acteurs associatifs\u2026) rendent aujourd\u2019hui redoutable la revalorisation de la vall\u00e9e fossile urbaine du Sine \u00e0 Diourbel, nul doute que tous ces projets s\u2019inscrivent dans une vision verte et bleue de la ville.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Adams, Adrian. 2000. Fleuve S\u00e9n\u00e9gal\u00a0: gestion de la crue et avenir de la vall\u00e9e, <em>International Institute for Environment and Development (<\/em>IIED), 31 p. <a href=\"https:\/\/www.iied.org\/sites\/default\/files\/pdfs\/migrate\/X170IIED.pdf\">https:\/\/www.iied.org\/sites\/default\/files\/pdfs\/migrate\/X170IIED.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agence R\u00e9gionale de D\u00e9veloppement. 2017. <em>Plan de D\u00e9veloppement Communal (PDC) de Diourbel (2017-2022)<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Andrieu, Julien et Mering, Catherine. 2008. Cartographie par t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection des changements de la couverture v\u00e9g\u00e9tale sur la bande littorale ouest-africaine\u00a0: exemple des Rivi\u00e8res du Sud du delta du Saloum au Rio Geba. <em>Teledetection<\/em>, <em>8<\/em>(2), 93-118. <a href=\"https:\/\/shs.hal.science\/halshs-00388170\">https:\/\/shs.hal.science\/halshs-00388170<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1907. Carte d\u2019\u00e9tat-major au 1\/100\u00a0000e, Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, c\u00f4te 1FI 1099.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1930. Carte d\u2019\u00e9tat-major au 1\/100\u00a0000e, Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, c\u00f4te 1FI 353.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1952. Rapport annuel de synth\u00e8se 1952, Service de l\u2019agriculture, 2eme circonscription agricole, Cercle de Diourbel, 8 p., c\u00f4te 2G56 n\u00b0 109.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ba, Djieynaba. 2023. <em>La valorisation des zones humides, une solution au ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019inondations \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des territoires<\/em>\u00a0:<em> Cas de la commune de Diourbel<\/em>. M\u00e9moire de Master 2 D\u00e9veloppement Durable, Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey, direction Aladji Diop et Caroline Le Calvez, 60 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brigaud, Felix. 1961. <em>\u00c9tudes s\u00e9n\u00e9galaises n\u00b0 9, connaissance du S\u00e9n\u00e9gal, fascicule 2- hydrographie<\/em>, centre IFAN, S\u00e9n\u00e9gal, 108 p. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2\">5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Charreau, Claude, Mara, Michel et Poulain, Jean-Fran\u00e7ois. 1961. <em>\u00c9tude des terrains maraichers de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel et estimation des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par l\u2019\u00e9pandage des eaux us\u00e9es de la SEIB<\/em>, IRAT-CRA Bambey, 12 p., c\u00f4te 1G53, <a href=\"https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers15-09\/12844.pdf\">https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers15-09\/12844.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Souleymane, Faye, Mbagnick et Nacro, Bismark Hassn. 2022. La variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique et ses impacts sur les rendements et les surfaces cultiv\u00e9es dans le bassin arachidier\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 la\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 r\u00e9gion\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Thi\u00e8s.\u00a0 <em>Vertigo<\/em>,\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 2022,\u00a0\u00a0 23\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p. <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_<\/a> <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_d<\/a> <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">e_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diday, Etienne. 1971. Une nouvelle m\u00e9thode de classification automatique et reconnaissance des formes\u00a0: la m\u00e9thode des nu\u00e9es dynamiques. <em>Revue de statistique appliqu\u00e9e<\/em>,<em>\u00a0\u00a0\u00a0 19<\/em>(2),\u00a0 19-33. <a href=\"http:\/\/www.numdam.org\/item\/RSA_1971 19_2_19_0.pdf\">http:\/\/www.numdam.org\/item\/RSA_1971 19_2_19_0.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diouf Ndiaye, Awa. 2013. <em>Les femmes et le d\u00e9veloppement local au S\u00e9n\u00e9gal. Le r\u00f4le des associations f\u00e9minines dans le bassin arachidier. L\u2019exemple de Diourbel<\/em>. Th\u00e8se de doctorat de g\u00e9ographie de l\u2019universit\u00e9 de Bordeaux 3 sous la direction de Serge Morin, 527\u00a0p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dorier-Apprill, Elisabeth. 2002. <em>Gestion des d\u00e9chets urbain et aide \u00e0 la d\u00e9cision municipale<\/em>\u00a0:<em> municipalit\u00e9s de Mopti (Mali) et circonscription urbaine de Porto Novo (B\u00e9nin), rapport final du programme gestion durable des d\u00e9chets et de l\u2019assainissement urbain<\/em>. IRD &amp; UMR population, Environnement, D\u00e9veloppement, 54 p. <a href=\"https:\/\/www.pseau.org\/epa\/gdda\/Actions\/Action_D08\/Rapport_final_Vol1_D08.pdf\">https:\/\/www.pseau.org\/epa\/gdda\/Actions\/Action_D08\/Rapport_final_Vol1_D08.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fall, Adjara. 2023. <em>\u00c9valuation de la Valeur \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques des zones humides (Kambu Suuf) de Diourbel et perception des diff\u00e9rentes valeurs attribu\u00e9es par les communaut\u00e9s locales<\/em>. M\u00e9moire de master 2 D\u00e9veloppement Durable de l\u2019universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey, direction Adama Faye et Bertrand Sajaloli, 99 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gralepois Mathilde, Servain-Courant Sylvie, Sajaloli Bertrand, Serrano Jos\u00e9 et Dournel Sylvain. 2011. Tant va la ville \u00e0 l\u2019eau. L\u2019int\u00e9gration du risque d\u2019inondation aux d\u00e9cisions politiques et administratives d\u2019am\u00e9nagement urbain des agglom\u00e9rations lig\u00e9riennes. Dans HEUDE J. <em>et al.<\/em>, <em>Hors du lit, al\u00e9as, risques et m\u00e9moire <\/em>(p.\u00a0255-263). II\u00e8me Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes de Liessies, Cycle \u00ab M\u00e9moires et cours d\u2019eau \u00bb Liessies 23-24 septembre 2010, <em>Revue du Nord<\/em>, n\u00b0 16, Hors-s\u00e9rie, collection Art et Arch\u00e9ologie, 292 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gu\u00e8ye, Modou. 2014. <em>La con<\/em>fig<em>uration du r\u00e9seau hydrographique et les inondations \u00e0 Diourbel\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>[m\u00e9moire\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 master, UCAD]\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p57,\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 58, 61. <a href=\"http:\/\/bibnum.ucad.sn\/viewer.php?c=mmoires&amp;d=meml_2015_0377\">http:\/\/bibnum.ucad.sn\/viewer.php?c=mmoires&amp;d=meml_2015_0377<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hamid, Mohammed Lemine. 2018. <em>\u00c9valuation \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques offerts par les aires marines prot\u00e9g\u00e9es en Afrique de National du Banc d\u2019Arguin- Mauritanie. <\/em>Th\u00e8se de doctorat. <a href=\"https:\/\/theses.hal.science\/tel-02047962\/document\">https:\/\/theses.hal.science\/tel-02047962\/document<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Henry, Yves. 1918. <em>Irrigations et cultures irrigu\u00e9es en Afrique tropicale<\/em>. Paris, Emile Larose, 296 p., 5 cartes p. annexes.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kane, Alioune. 2002. <em>Crues et inondations dans la basse vall\u00e9e du fleuve S\u00e9n\u00e9gal <\/em>In\u00a0: Gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources naturelles en zones inondables tropicales [en ligne]. Marseille\u00a0: IRD \u00c9ditions, 2002, disponible sur Internet\u00a0:<a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536\">&lt;ht<\/a>t<a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536\">p:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536&gt;.<\/a> ISBN\u00a0: 978-2-7099-1817-6. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.irdeditions.8536\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.irdeditions.8536<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Le Calvez, Caroline, Marega, Oumar et Sajaloli, Bertrand. 2023. S\u2019adapter pour sauvegarder les marais class\u00e9s de Bourges (France)? Une zone humide urbaine \u00e0 la crois\u00e9e des changements socio-environnementaux. <em>Dynamiques Environnementales<\/em>, 49.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Marega Oumar, San Emeterio Jos\u00e9-Luis, Fall, Ababacar et Andrieu Julien. 2021. Cartographie par t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection des variations spatio-temporelles de la couverture v\u00e9g\u00e9tale spontan\u00e9e face \u00e0 la variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique au Sahel\u00a0: approche multiscalaire. <em>Physio- G\u00e9o <\/em>[En ligne], <em>16<\/em>. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-geo.11977\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-<\/a> <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-geo.11977\">geo.11977<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">M\u00e9ral, Philippe. 2012. <em>Le concept de service \u00e9cosyst\u00e9mique en \u00e9conomie\u00a0:<\/em> <em>origine et tendances r\u00e9centes<\/em>. En ligne\u00a0:\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.nss-journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf\">https:\/\/www.nss-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.nss-journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf\">journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Muller, Bertrand, Lalou, Ricard, Kouakou, Patrice, Soumar\u00e9, Mame Amar\u00e9, Bourgoin Jeremy, Dor\u00e9go S\u00e9raphin et Sine Bassirou. 2017. The return of Sanio millet in the Sine. Rational adaptation to climate evolution. In Sultan, Benjamin <em>et al.<\/em>, 2017, <em>Rural societies in face of climatic and environmental changes in West Africa <\/em>(p.\u00a0351-373). Marseille, IRD. <a href=\"https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers19-05\/010068401.pdf\">https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers19-05\/010068401.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Quill\u00e9rou, Emmanuelle. 2019. <em>ELD CAMPUS Module<\/em>\u00a0: <em>Evaluation \u00e9conomique des services ecisystemiques.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">https:\/\/www.eld-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Eval<\/a> <a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">uation_economique_191028_www.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tourte, Ren\u00e9. 2005. <em>Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone. Le temps des stations et de la mise en valeur (1918-1940\/1945) <\/em>(Vol. 5). Rome\u00a0: Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 656 p.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Servain-Courant, Sylvie, Dournel, Sylvain et Andrieu, Dominique. 2012. L\u2019inscription paysag\u00e8re du risque d\u2019inondation dans les politiques urbaines des agglom\u00e9rations lig\u00e9riennes, proposition d\u2019un marqueur de r\u00e9silience spatiale. <em>Revue G\u00e9ographique de l'Est <\/em>[En ligne], 51(3-4). URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/rge.revues.org\/3439\">http:\/\/rge.revues.org\/3439<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Le Calvez, Caroline, et Marega, Oumar. 2023. <em>Femmes et hommes des marais de Bourges (France, Cher) et de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal); Ensemble, vivre et s\u2019adapter au changement<\/em>. Fresque de 25 posters et kakemono, expos\u00e9 du 11 mai au 30 septembre au Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle de Bourges, du 1 au 15 octobre \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Dupanloup d\u2019Orl\u00e9ans, du 1 au 12 d\u00e9cembre dans le hall de l\u2019UFR LLSH de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, du 18 au 25 d\u00e9cembre au Centre culturel de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Le Calvez, Caroline, Marega, Oumar. 2024. L\u2019eau dans la ville\u00a0: am\u00e9nit\u00e9s et fragilit\u00e9s des zones humides urbaines du Nord et des Suds face au changement climatique. <em>Zones Humides Infos<\/em>, 105, 3-4. <a href=\"https:\/\/www.snpn.com\/produit\/zones-humides-infos-n-105-janvier-2024\/\">https:\/\/www.snpn.com\/produit\/zones-humides-infos-n-105-janvier-2024\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sy, Oumar. 2010. Mobilit\u00e9 pastorale dans la Basse vall\u00e9e du Ferlo dans le contexte de la remise en eau. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, 249, 31-46. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/com\/5848\">https:\/\/journals.openedition.org\/com\/5848<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Conserver et valoriser les zones humides urbaines dans un contexte de pression citadine et de changement climatique est une \u00e9quation difficile. La ville de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal), \u00e0 travers la vall\u00e9e fossile du Sine qui la traverse, est aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 ce d\u00e9fi qui invite \u00e0 une r\u00e9flexion sur la gestion durable de ce milieu \u00e0 la fois fragile et porteur d\u2019importants services \u00e9cosyst\u00e9miques. Les vuln\u00e9rabilit\u00e9s y sont multiples du fait de l\u2019extr\u00eame variabilit\u00e9 du climat (s\u00e9cheresse, inondations\u2026), de la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de l\u2019eau et des sols par la salinisation et de la pollution par les d\u00e9chets, de la pression et de la sp\u00e9culation fonci\u00e8re aff\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00e9talement urbain. Ces fragilit\u00e9s et vuln\u00e9rabilit\u00e9s se traduisent par des changements socio-environnementaux qui interrogent les potentialit\u00e9s et les strat\u00e9gies d\u2019adaptation pour une valorisation verte et bleue des zones humides de Diourbel. Ainsi, l\u2019objectif principal de cet article est d\u2019analyser la trajectoire des usages et des paysages des zones humides de cette cit\u00e9 et de confronter le couple vuln\u00e9rabilit\u00e9-am\u00e9nit\u00e9 dans les espaces d\u2019eau dans un contexte de multiples changements. D\u00e8s lors, la finalit\u00e9 est d\u2019\u00e9clairer les permanences et les mutations qui les caract\u00e9risent, leur perception par les populations locales et d\u2019envisager des strat\u00e9gies de valorisation, actuelles ou futures, pour ces lieux d\u2019eau.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/adaptation\/\">Adaptation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/perceptions\/\">perceptions<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/senegal\/\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/vallee-fossile-du-sine\/\">vall\u00e9e fossile du Sine<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/variabilite-climatique\/\">variabilit\u00e9 climatique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/vulnerabilites\/\">vuln\u00e9rabilit\u00e9s<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/zone-humide-urbaine\/\">zone humide urbaine<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Conserving and developing urban wetlands in a context of urban pressure and climate change is a difficult equation. The city of Diourbel (Senegal), through the fossilised Sine valley that runs through it, is currently facing this challenge, which calls for reflection on the sustainable management of this environment that is both fragile and provides important ecosystem services. The area is vulnerable to a number of factors, including extreme climate variability (drought, flooding, etc.), deteriorating water and soil quality due to salinisation and pollution from waste, and pressure and speculation on land due to urban sprawl. These fragilities and vulnerabilities are reflected in socio-environmental changes that raise questions about the potential and adaptation strategies for green and blue development of Diourbel&rsquo;s wetlands. The main objective of this article is to analyse the trajectory of the uses and landscapes of the city&rsquo;s wetlands and to compare the vulnerability-amenity pair in water areas in a context of multiple changes. The aim is therefore to shed light on the permanent features and changes that characterise them, how they are perceived by the local population and to consider current and future strategies for enhancing these water areas.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/adaptation\/\">Adaptation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/climate-variability\/\">climate variability<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/perceptions\/\">perceptions<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/senegal\/\">Senegal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/sine-fossil-valley\/\">Sine fossil valley<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/urban-wetlands\/\">urban wetlands<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/vulnerabilities\/\">vulnerabilities,<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (wolof)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ba\u00f1a y\u00e0q ak g\u00ebna dooleel tool yi ci d\u00ebkki taax yi ci jamono yii \u00f1uy dundu jafe-jafe ak coppite klimaa bi, lu jafe la. D\u00ebkk bu Diourbel (Senegal), jaar ci val\u00e9 fosil bu Sine bi koy j\u00e0ll, tay mingi j\u00e0nkoonte ak jafe-jafe bii di woo nit \u00f1i \u00f1u xalaat ci yoriinu environmaa bi, environmaa bi yomba dagg, te dafay indi ay serwiis yu am solo ci ecosystem bi. Barina jafe-jafe yu bawoo ci coppite yu bari yi am ci klimaa bi (bekkoor, mb\u00ebnd, ak \u00f1oom seen), y\u00e0qu-y\u00e0qu ndox mi ak suuf si ndax xoromu ak polusio\u014b bu bawoo ci mbalit, fitna ak jaay suuf yi j\u00ebm ci yaatuwaayu d\u00ebkk yu mag yi. Yooyu \u00f1akk kattan ak \u00f1akk kattan \u00f1oo jur coppite ci askan wi ak environmaa bi, te loolu dafay indi jafe-jafe ci pexe yi\u00f1 m\u00ebna j\u00ebfandikoo ngir g\u00ebna am solo ci tool yu Diourbel yu wert ak yu baxa. Kon li g\u00ebna am solo ci x\u00ebt wii mooy j\u00e0ngat yoon wi j\u00ebfandikoo ak nataalu w\u00ebreef yi ci tool yi ci d\u00ebkk bii, ngir j\u00e0nkoonte ak vuln\u00e9rabilit\u00e9-amenity \u00f1aari barabi ndox yi ci biir coppite yu bari ngir leeral permanence ak coppite yi leen di m\u00e0ndargaal, seeni gis-gis ci askanu d\u00ebkk bi ak xoolaat pexe yu am ci jamono jii wala \u00ebl\u00ebg ngir yokkute ci barabi ndox yooyu.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (wolof)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/coppite-klimaa-bi\/\">coppite klimaa bi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/fexe-and\/\">fexe \u00e0nd<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/gaan-gaanu\/\">gaa\u00f1-gaa\u00f1u<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/gis-gis-yi\/\">gis-gis yi<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/senegal\/\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/tool-urbain\/\">tool urbain<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/valle-fosil-sinus\/\">vall\u00e9 fosil sinus<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>29 mars 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>23 septembre 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>31 d\u00e9cembre 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les vall\u00e9es urbaines, fr\u00e9quemment appr\u00e9hend\u00e9es comme des corridors verts et bleus, sont au c\u0153ur des enjeux socio-spatiaux contemporains des villes. Elles accueillent une diversit\u00e9 d\u2019usages \u2013 agriculture urbaine, loisirs\u2026 \u2013 li\u00e9e aux ressources qu\u2019elles rec\u00e8lent et qui sont mobilis\u00e9es par les populations dans un but \u00e9conomique, culturel ou de bien-\u00eatre. Avec le changement climatique, elles sont aussi per\u00e7ues comme un moyen d\u2019en att\u00e9nuer les effets par le maintien ou la restauration des services \u00e9cosyst\u00e9miques des milieux humides de fond de vall\u00e9e. Les zones humides qu\u2019elles accueillent sont ainsi au c\u0153ur de la fabrique de l\u2019espace urbain (Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2024), qu\u2019elle soit planifi\u00e9e ou non, et constituent des laboratoires de l\u2019int\u00e9gration urbaine de la nature (eau, sol, v\u00e9g\u00e9tation) en ville dans un contexte de mise en r\u00e9seau des \u00e9l\u00e9ments de la nature. En prenant appui sur la vall\u00e9e fossile du Sine qui traverse la ville de Diourbel (Baol, S\u00e9n\u00e9gal), il s\u2019agit de montrer comment la variabilit\u00e9 climatique articul\u00e9e avec l\u2019\u00e9volution des usages suscitent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s nouvelles. Ces derni\u00e8res bousculent les perceptions des acteurs et actrices institutionnels\/institutionnelles et des habitant\u00b7es et favorisent la mise en place de nouvelles pratiques et d\u2019initiatives in\u00e9dites de valorisation. Jadis mara\u00eech\u00e8re, la vall\u00e9e fossile urbaine du Sine est marqu\u00e9e depuis une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es par des changements socio-environnementaux qui ont redessin\u00e9 ses modes d\u2019appropriation par les populations locales, chang\u00e9 ses paysages et le r\u00f4le qu\u2019elle occupait dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique de Diourbel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970-1980 a entra\u00een\u00e9 un important d\u00e9clin et une r\u00e9organisation spatiale du mara\u00eechage dans la vall\u00e9e. L\u2019enjeu de r\u00e9pondre aux besoins alimentaires d\u2019une population croissante donne une place particuli\u00e8re \u00e0 la dimension productive des zones humides urbaines de Diourbel. L\u2019augmentation de la population et l\u2019urbanisation qui s\u2019en est suivie, ainsi que l\u2019exploitation du sable, ont \u00e9galement modifi\u00e9 les modes d\u2019appropriation et cr\u00e9\u00e9 de nouvelles centralit\u00e9s avec des espaces appr\u00e9ci\u00e9s et valoris\u00e9s diff\u00e9remment. Une des cons\u00e9quences a \u00e9t\u00e9 la fragmentation de la vall\u00e9e fossile en quatre secteurs, faisant l\u2019effet d\u2019\u00eelots verts et bleus aux modes de valorisation distincts, et \u00e0 leur effacement spatial allant parfois jusqu\u2019\u00e0 leur disparition du paysage urbain (Le Calvez <em>et al.<\/em>, 2023).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces processus et ces reconfigurations spatiales sont aujourd\u2019hui le terreau de nouvelles vuln\u00e9rabilit\u00e9s qui ont \u00e9merg\u00e9 avec le retour des pluies \u00e0 Diourbel, expression de la variabilit\u00e9 climatique que conna\u00eet le S\u00e9n\u00e9gal. L\u2019eau retrouve son chemin naturel, ce qui entra\u00eene des inondations r\u00e9currentes dans les quartiers implant\u00e9s dans la vall\u00e9e. Celles-ci sont aggrav\u00e9es par la saturation des r\u00e9seaux d\u2019assainissement et leur dysfonctionnement. L\u2019acc\u00e8s aux ressources de la vall\u00e9e (eau et sol) n\u00e9cessaires aux activit\u00e9s de mara\u00eechage qui avaient fait la renomm\u00e9e historique de la ville est rendu difficile aussi bien sur les volets quantitatifs que qualitatifs. Si Diourbel renoue ainsi avec une certaine pr\u00e9sence remarqu\u00e9e de l\u2019eau dans la vall\u00e9e fossile, celle-ci est n\u00e9anmoins diff\u00e9remment per\u00e7ue et v\u00e9cue. Source de risques pour les populations (sanitaires, environnementales, \u00e9conomiques\u2026) dans certains secteurs, elle constitue ailleurs des opportunit\u00e9s de d\u00e9veloppement. Afin d\u2019enrayer les d\u00e9gradations de la vall\u00e9e et pour maintenir les activit\u00e9s dont d\u00e9pendent une partie de la population, des projets de restauration se structurent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ce contexte, l\u2019article questionne les perceptions relatives \u00e0 ces changements socio-environnementaux ainsi que les leviers d\u2019action pour une valorisation globale et int\u00e9gr\u00e9e, verte et bleue, des zones humides de Diourbel, devenues aujourd\u2019hui une mosa\u00efque d\u2019\u00eelots humides disjoints. Penser les potentialit\u00e9s des zones humides de Diourbel invite aussi \u00e0 \u00e9clairer sa trajectoire pass\u00e9e et actuelle pour une meilleure int\u00e9gration de ces espaces dans les politiques publiques de planification et d\u2019am\u00e9nagement dans un contexte de pression urbaine et de changement climatique (Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2023)<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019article mobilise et met en avant une partie des r\u00e9sultats issus des travaux effectu\u00e9s dans le cadre du programme BOUDIOU, un projet de recherche-action sur les marais urbains de Bourges (France) et les zones humides de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal) face au changement climatique. Il prolonge \u00e9galement les r\u00e9flexions engag\u00e9es dans le cadre du colloque international sur les am\u00e9nit\u00e9s et fragilit\u00e9s des zones humides urbaines du Nord et des Sud face au changement climatique (11 au 13 mai 2023 \u00e0 Bourges) et remobilise les donn\u00e9es issues de l\u2019exposition \u00ab femmes et hommes des marais de Bourges et des zones humides de Diourbel face au changement climatique \u00bb (Sajaloli et al., 2023) pr\u00e9sent\u00e9e tant en France qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal.\" id=\"return-footnote-864-1\" href=\"#footnote-864-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le plan m\u00e9thodologique, l\u2019article, selon les canons des sciences humaines, convoque cinq approches compl\u00e9mentaires. La g\u00e9omatique et la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection quand il s\u2019agit de caract\u00e9riser les changements spatiaux intervenus dans la vall\u00e9e du Sine; l\u2019analyse climatique pour mesurer l\u2019ampleur des changements globaux; les entretiens semi-directifs et leurs traitements lexicaux et lexicologiques par le logiciel libre Iramuteq afin de rep\u00e9rer les perceptions et les repr\u00e9sentations des lieux d\u2019eau; l\u2019approche \u00e9conomique fond\u00e9e sur le consentement \u00e0 payer \u00e9claire l\u2019adh\u00e9sion sociale aux mutations vertes et bleues de l\u2019espace. Le propre de la d\u00e9marche choisie, dont chaque pan est successivement pr\u00e9sent\u00e9 dans la d\u00e9monstration, r\u00e9side dans la confrontation des cinq approches, ce qui est susceptible d\u2019\u00e9clairer les d\u00e9fis multiformes de la revalorisation de cette zone humide urbaine et d\u2019en rep\u00e9rer l\u2019op\u00e9rationnalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Caract\u00e9riser de mani\u00e8re globale les changements socio-environnementaux intervenus dans la vall\u00e9e du Sine depuis les ann\u00e9es 1960 suppose que soient \u00e9tudi\u00e9s simultan\u00e9ment les phases s\u00e8ches et humides, leurs effets sur l\u2019espace avec toutes les mutations d\u2019usage et d\u2019occupation des sols associ\u00e9es ainsi que les perceptions de ces bouleversements ayant guid\u00e9 l\u2019am\u00e9nagement \u00e9volutif de la vall\u00e9e. D\u00e8s lors, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s multiformes, produits des interactions dialectiques entre l\u2019\u00e9volution des facteurs naturels et celle des r\u00e9actions anthropiques, sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par deux enqu\u00eates aupr\u00e8s des usagers et par une analyse lexicologique. En \u00e9merge une vision ambivalente associant menaces et am\u00e9nit\u00e9s qui pr\u00e9figurent l\u2019am\u00e9nagement futur de la vall\u00e9e, l\u2019\u00e9valuation de ses potentialit\u00e9s \u00e9conomiques par une troisi\u00e8me enqu\u00eate sur les services \u00e9cosyst\u00e9miques et, in fine, la construction d\u2019une trame verte et bleue dans la vall\u00e9e du Sine.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel\u00a0: un espace fluctuant au gr\u00e9 des changements socio-environnementaux<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Observer et \u00e9tudier les changements, c\u2019est analyser les permanences et les mutations et expliciter les facteurs \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9volution d\u2019un espace et de ses pratiques associ\u00e9es. Le climat et la pression d\u00e9mographique jouent un r\u00f4le moteur dans les changements socio-environnementaux affectant les zones humides de Diourbel avec des effets per\u00e7us diff\u00e9remment dans le temps et dans l\u2019espace.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le Sine \u00e0 Diourbel\u00a0: ass\u00e8chement de la vall\u00e9e et variabilit\u00e9 climatique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Vall\u00e9e morte ou vall\u00e9e fossile, les qualificatifs relatifs \u00e0 ces d\u00e9pressions mettent en avant d\u2019anciennes rivi\u00e8res longtemps ass\u00e9ch\u00e9es occupant une grande partie du S\u00e9n\u00e9gal int\u00e9rieur. Du sud du Ferlo en direction du Sine-Saloum, le cours de la vall\u00e9e du Sine traverse en plein c\u0153ur la commune de Diourbel. Sur une distance de 250 km au total, le tron\u00e7on du Sine qui traverse la zone urbaine centrale de Diourbel du Nord au Sud fait environ 7 km.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Localisation de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel<\/p>\n<figure id=\"attachment_867\" aria-describedby=\"caption-attachment-867\" style=\"width: 457px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-867\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega.jpg\" alt=\"\" width=\"457\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega.jpg 650w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_MArega-350x247.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 457px) 100vw, 457px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-867\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Mod\u00e8le num\u00e9rique de surface (MNS) cr\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une orthophotographie par drone le 20\/12\/2023, Open Street Map, Esri Satellite \/ ArcGis Word Imagery, \u00a9Auteur\u00b7es, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019histoire de la fossilisation des vall\u00e9es du S\u00e9n\u00e9gal int\u00e9rieur est relat\u00e9e dans plusieurs \u00e9crits sans datation exacte de la p\u00e9riode d\u2019ass\u00e8chement. D\u2019apr\u00e8s Brigaud (1961), il est arriv\u00e9 parfois que les vall\u00e9es fossiles du S\u00e9n\u00e9gal soient en eau. Pendant la p\u00e9riode de conqu\u00eate coloniale, le lieutenant de Vaisseau Braouezec Jules (1828-1870) indique en 1841 qu\u2019une inondation a travers\u00e9 tout le Djolof noyant les vall\u00e9es mortes du Ferlo. Certains comme Yves Henry (1918), disent qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 possible de voyager en pirogue par la vall\u00e9e du Ferlo, de Navel pr\u00e8s de Matam, au lac de Guiers \u00e0 cause des pluies exceptionnelles. En 1907, puis en 1930, les cartes topographiques lev\u00e9es par le Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale<a class=\"footnote\" title=\"Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, cotes 1 FI 1099 et 1 FI 353.\" id=\"return-footnote-864-2\" href=\"#footnote-864-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a> Figurent nettement le trac\u00e9 du Sine et ses affluents en signalant toutefois les cours d\u2019eau \u00e0 sec une partie de l\u2019ann\u00e9e \u00bb. En 1952, dans la vall\u00e9e du Sine, le rapport annuel du service de l\u2019agriculture du cercle de Diourbel stipule que tous les bas- fonds qui ceinturent la ville de Diourbel ont \u00e9t\u00e9 en totalit\u00e9 travaill\u00e9s par les maraichers d\u00e8s le d\u00e9but de la saison s\u00e8che. De m\u00eame, le marigot de N\u2019Diand\u00e9, prolongement de la vall\u00e9e du Sine au Sud de Diourbel a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9 dans la quasi-totalit\u00e9 de sa surface exploitable, le canal fournissant de l\u2019eau ayant \u00e9t\u00e9 entretenu par les exploitants maraichers<a class=\"footnote\" title=\"Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, document de 1952, c\u00f4te 2G56 n\u00b0 109.\" id=\"return-footnote-864-3\" href=\"#footnote-864-3\" aria-label=\"Footnote 3\"><sup class=\"footnote\">[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, la question de la revitalisation des vall\u00e9es fossiles du Ferlo \u00e0 travers les crues du fleuve S\u00e9n\u00e9gal en amont de Matam a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par L\u00e9on Claveau en 1918 (Tourte, 2005). Tel un serpent de mer, ce projet colonial a maintes fois \u00e9t\u00e9 repris et \u00e9voqu\u00e9 par les politiques et programmes d\u2019am\u00e9nagement du S\u00e9n\u00e9gal ind\u00e9pendant. Sous la tutelle du Minist\u00e8re de l\u2019hydraulique, le Programme de Revitalisation des Vall\u00e9es Fossiles (PRVF) a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 en 1988 et pr\u00e9voyait ainsi de remettre en eau de mani\u00e8re permanente 3000 km d\u2019anciens cours d\u2019eau \u00e0 savoir les vall\u00e9es du Ferlo, du Saloum, du Sine, du Baobolon, du Car Car et de la Sandougou (Adams, 2000). Cependant, en dehors de la basse vall\u00e9e du Ferlo qui a \u00e9t\u00e9 mise en eau, ce programme de Revitalisation des Vall\u00e9es Fossiles (PRVF) a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 suite \u00e0 une divergence d\u2019appr\u00e9ciation entre les autorit\u00e9s mauritaniennes et s\u00e9n\u00e9galaises sur la faisabilit\u00e9 et les cons\u00e9quences de ce projet (Sy, 2010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette question de la revitalisation des vall\u00e9es fossiles, en particulier celle du Sine, est aussi d\u2019actualit\u00e9, car li\u00e9e \u00e0 la trajectoire climatique r\u00e9cente qui a jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l\u2019ass\u00e8chement de ces cours d\u2019eau. En effet, depuis 1968, on observe \u00e0 Diourbel et ailleurs dans le Sahel une accentuation progressive de l\u2019aridit\u00e9. Cette s\u00e9cheresse est d\u2019autant plus brutale qu\u2019elle succ\u00e8de \u00e0 une p\u00e9riode hyper humide de 1951 \u00e0 1967. En 1961, un rapport du Centre national de recherche agronomique de Bambey consult\u00e9 aux Archives nationales de Dakar<a class=\"footnote\" title=\"Cote Po III 1451, Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal.\" id=\"return-footnote-864-4\" href=\"#footnote-864-4\" aria-label=\"Footnote 4\"><sup class=\"footnote\">[4]<\/sup><\/a> d\u00e9crit une vall\u00e9e drain\u00e9e en hivernage et encore humide le reste de l\u2019ann\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019influence \u00e9olienne a contribu\u00e9 \u00e0 colmater par endroit la d\u00e9pression, limitant le drainage, for\u00e7ant le cours d\u2019eau \u00e0 dessiner des m\u00e9andres compliqu\u00e9s. En saison s\u00e8che, le lit mineur est marqu\u00e9 par une succession de petites mares et de trous d\u2019eau \u00bb (Charreau <em>et al.<\/em>, 1961).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La s\u00e9cheresse, avec deux paroxysmes en 1972 et 1984, est remarquable par sa dur\u00e9e et par l\u2019ampleur des d\u00e9ficits d\u2019\u00e9coulement, de l\u2019ordre de 40\u00a0% en moyenne pour le S\u00e9n\u00e9gal (Kane, 2002). Si on observe l\u2019\u00e9volution de l\u2019indice standardis\u00e9 des pr\u00e9cipitions (figure 2), la tendance met en \u00e9vidence plusieurs ann\u00e9es d\u2019extr\u00eames s\u00e9cheresses (1972, 1973, 1978, 1984 par exemple). Ce contexte climatique a lourdement impact\u00e9 la vall\u00e9e du Sine en l\u2019ass\u00e9chant compl\u00e8tement.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. Indice Standardis\u00e9 des pr\u00e9cipitations \u00e0 Diourbel entre 1951 et 2020<\/p>\n<figure id=\"attachment_868\" aria-describedby=\"caption-attachment-868\" style=\"width: 436px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-868\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"436\" height=\"243\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega.jpg 733w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega-300x167.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega-65x36.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega-225x126.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Marega-350x195.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 436px) 100vw, 436px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-868\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es pluviom\u00e9triques de l\u2019ANACIM. \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990, on observe un retour vers les normales pluviom\u00e9triques \u00e0 Diourbel. Malgr\u00e9 la grande variabilit\u00e9 entre ann\u00e9e s\u00e8che et ann\u00e9e humide, les phases plus humides sont de plus en plus fr\u00e9quentes. Avec cette reprise pluviom\u00e9trique, une grande partie de la vall\u00e9e du Sine concentre un \u00e9coulement temporaire jusqu\u2019au d\u00e9but de la saison s\u00e8che, l\u2019eau retrouvant son chemin dans la vall\u00e9e et faisant fi de l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation des sols.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Pression d\u00e9mographique et \u00e9volution des modes d\u2019occupation et d\u2019usage du sol\u00a0: vers une mosa\u00efque verte et bleue?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les s\u00e9cheresses des ann\u00e9es 70 et 80 ont eu comme effet direct de rendre disponibles des terres qui \u00e9taient jusque-l\u00e0 submerg\u00e9es une partie de l\u2019ann\u00e9e. Cette mise \u00e0 nu de la vall\u00e9e et l\u2019absence d\u2019\u00e9coulement important en hivernage ont suscit\u00e9 une occupation des bas-fonds par l\u2019urbanisation croissante de la commune. La commune de Diourbel conna\u00eet en effet une pression d\u00e9mographique importante. Selon les projections d\u00e9mographiques du Recensement G\u00e9n\u00e9ral de la Population et de l&rsquo;Habitat (RGPH, 2013), la population de la commune de Diourbel est estim\u00e9e \u00e0 151 163 habitant\u00b7es pour l\u2019ann\u00e9e 2017. Avec une superficie de 36 km<sup>2<\/sup> la densit\u00e9 de la population est de 4199 habitant\u00b7es au km<sup>2<\/sup> (ARD, 2017). Cette forte croissance de la population urbaine dans une ville moyenne comme Diourbel pose plusieurs d\u00e9fis dont la probl\u00e9matique fonci\u00e8re<a class=\"footnote\" title=\"Selon un entretien avec M. Alioune Tine, second-adjoint au maire de la ville de Diourbel, la ville fr\u00f4le les 160 000 \u00e0 170 000 habitants en 2023 d\u2019apr\u00e8s le dernier recensement.\" id=\"return-footnote-864-5\" href=\"#footnote-864-5\" aria-label=\"Footnote 5\"><sup class=\"footnote\">[5]<\/sup><\/a>. La croissance d\u00e9mographique de la population communale diourbelloise se traduit par un \u00e9talement de la ville au-del\u00e0 de ses limites dans les communes qui la jouxtent, mais aussi dans les zones humides intra- urbaines. L\u2019occupation des zones non planifi\u00e9es pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019espaces fragilise ainsi la vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel. Entre appropriation formelle ou informelle, expropriation et occupation temporaire, les transactions fonci\u00e8res donnent lieu \u00e0 des arrangements spatiaux qui questionnent et r\u00e9inventent la ville, red\u00e9finissent les espaces de production, notamment agricole et maraich\u00e8re, cr\u00e9ent des espaces de risque et donc de nouvelles vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Les ann\u00e9es de s\u00e9cheresse ont eu \u00e9galement des cons\u00e9quences non n\u00e9gligeables sur le couvert v\u00e9g\u00e9tal, d\u2019o\u00f9 d\u2019importants changements dans les modes d\u2019occupation agricole du sol (Diallo <em>et al.<\/em>, 2022). Les syst\u00e8mes de production de la vall\u00e9e fossile du Sine ont \u00e9t\u00e9 lourdement affect\u00e9s par ces \u00e9volutions et par le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la ressource en eau. Vall\u00e9e maraich\u00e8re intens\u00e9ment cultiv\u00e9e et reconnue pour la qualit\u00e9 et l\u2019abondance de ses produits dans tout le S\u00e9n\u00e9gal avant l\u2019arriv\u00e9e de la s\u00e9cheresse au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, le Sine a perdu sa vocation agricole durant les d\u00e9cennies 1970 et 1980 tandis que les marigots disparaissaient<a class=\"footnote\" title=\"Symbole tragique de cet ass\u00e8chement des bas-fonds, le dernier ca\u00efman des zones humides de Diourbel est mort en 1987.\" id=\"return-footnote-864-6\" href=\"#footnote-864-6\" aria-label=\"Footnote 6\"><sup class=\"footnote\">[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 partir de la m\u00e9thode de classification non supervis\u00e9e fond\u00e9e sur l\u2019algorithme des Nu\u00e9es Dynamiques (Marega <em>et al.<\/em>, 2021; Andrieu et Mering, 2008; Diday, 1971), nous avons cartographi\u00e9 l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation des sols \u00e0 Diourbel via des images satellites Landsat 5 et OLI &#8211; TIRS \u00e0 30 m de r\u00e9solution spatiale. Suivant les diff\u00e9rentes r\u00e9ponses spectrales, cinq classes th\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 extraites, \u00e0 savoir\u00a0: 1) le b\u00e2ti, 2) les sols nus, 3) la v\u00e9g\u00e9tation et 5) l\u2019eau et les zones humides. Une analyse des trajectoires concernant l\u2019occupation des sols \u00e0 Diourbel entre 1985 et 2023 met en \u00e9vidence cette extension urbaine qui fragmente la vall\u00e9e fossile (fig. 3 et 4). Passant de 570 hectares de b\u00e2ti en 1985, la commune de Diourbel affiche 965 hectares de surface b\u00e2ti en 2023. Plus de 31 hectares de b\u00e2ti ont \u00e9t\u00e9 construits sur des espaces qui \u00e9taient class\u00e9s comme zones humides en 1985 (tab.1). S\u2019agissant des lieux d\u2019eau, ils sont pass\u00e9s de 74 hectares en 1985 \u00e0 47 hectares en 2023. Par ailleurs, on observe une augmentation importante du couvert v\u00e9g\u00e9tal sur les espaces p\u00e9riph\u00e9riques qui jouxtent l\u2019aire urbaine allant d\u2019un peu plus 1000 hectares en 1985 \u00e0 plus de 6000 hectares en 2023. Cette augmentation du couvert v\u00e9g\u00e9tal aujourd\u2019hui \u00e0 Diourbel et ses environs contraste avec la situation de la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 70 et 80. Avec la s\u00e9cheresse chronique de ces deux d\u00e9cennies et la d\u00e9gradation du couvert v\u00e9g\u00e9tal, de grandes \u00e9tendues de la vall\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 nu, subissant un tassement et un encro\u00fbtement emp\u00eachant l\u2019eau de s\u2019infiltrer dans le sol, accentuant ainsi le ruissellement et les risques r\u00e9currents li\u00e9s \u00e0 l\u2019inondation des zones remblay\u00e9es et construites avec le retour des pluies. Ainsi, une des cons\u00e9quences de ces ann\u00e9es de s\u00e9cheresse a \u00e9t\u00e9 la perte de la m\u00e9moire du risque d\u2019inondation, ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s fr\u00e9quent en Afrique de l\u2019Ouest comme en Europe (Gralepois <em>et al.<\/em>, 2011; Sajaloli <em>et al.<\/em>, 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. Occupation du sol \u00e0 Diourbel en 1985 et 2023<\/p>\n<figure id=\"attachment_869\" aria-describedby=\"caption-attachment-869\" style=\"width: 523px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-869\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"523\" height=\"258\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega.jpg 681w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega-300x148.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega-65x32.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega-225x111.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Marega-350x173.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 523px) 100vw, 523px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-869\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 4. Changements des modes d\u2019occupation du sol entre 1985 et 2023<\/p>\n<figure id=\"attachment_870\" aria-describedby=\"caption-attachment-870\" style=\"width: 494px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-870\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"494\" height=\"354\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega.jpg 679w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega-300x215.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega-65x47.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega-225x161.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Marega-350x251.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-870\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023. Sources\u00a0: Cartes r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir d\u2019images Landsat OLI- TIRS, prise de vue du 22\/01\/2023, et Landsat 5 TM, prise de vue du 06\/02\/1985. Projection UTM WGS84 &#8211; Zone 28 N, r\u00e9solution spatiale 30 m, donn\u00e9es acquises via USGS\/EarthExplorer, https:\/\/earthexplorer.usgs.gov\/<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Matrice et quantification des changements observ\u00e9s entre 1985 et 2023, \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<table class=\"aligncenter\" style=\"width: 488px;height: 399px\">\n<tbody>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\"><strong>Changements observ\u00e9s entre 1985 et 2023<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\"><strong>Superficie en hectares<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Stabilit\u00e9 du b\u00e2ti<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">299,3<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment des sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">416,07<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">218,07<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression du b\u00e2ti au d\u00e9triment de l&rsquo;eau et des zones humides<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">30,51<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">R\u00e9gression du b\u00e2ti au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">-212,13<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Sols nus stables<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">2373,48<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de la v\u00e9g\u00e9tation au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-473,31<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de l&rsquo;eau et des zones humides au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-29,43<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">R\u00e9gression du b\u00e2ti au b\u00e9n\u00e9fice des sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">-47,07<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Progression de la v\u00e9g\u00e9tation sur sols nus<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">5652,27<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">V\u00e9g\u00e9tation stable<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">444,06<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">R\u00e9gression de l&rsquo;eau et des zones humides au b\u00e9n\u00e9fice de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">-7,65<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l&rsquo;eau et des zones humides au d\u00e9triment du b\u00e2ti<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">11,07<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l&rsquo;eau et des zones humides au d\u00e9triment des sols nu<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">17,37<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 31px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 31px\">Progression de l&rsquo;eau au d\u00e9triment de la v\u00e9g\u00e9tation<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 31px\">12,15<\/td>\n<\/tr>\n<tr style=\"height: 15px\">\n<td style=\"width: 302.741px;height: 15px\">Eau et zones humides stables<\/td>\n<td style=\"width: 156.619px;height: 15px\">6,57<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Il d\u00e9coule de ces changements une fragmentation de la vall\u00e9e en plusieurs \u00eelots humides et bas-fonds disjoints depuis les ann\u00e9es 1980. Le retour des pluies, dans un contexte de vall\u00e9e remodel\u00e9e par la s\u00e9cheresse, interroge les ruptures cr\u00e9\u00e9es dans les chemins d\u2019eau. Ces changements et \u00e9volution dans les modes d\u2019occupation et d\u2019utilisation du sol \u00e0 Diourbel sont \u00e0 la base d\u2019une mosa\u00efque verte et bleue per\u00e7ue et mise en valeur diff\u00e9remment selon les acteurs\/actrices et les zones g\u00e9ographiques autour de la vall\u00e9e (fig.\u00a05).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 5. Localisation des zones \u00e9tudi\u00e9es \u00e0 Diourbel<\/p>\n<figure id=\"attachment_871\" aria-describedby=\"caption-attachment-871\" style=\"width: 475px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-871\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"475\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega.jpg 735w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega-300x213.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega-225x160.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Marega-350x249.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 475px) 100vw, 475px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-871\" class=\"wp-caption-text\">Sources\u00a0: Carte r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d\u2019images Landsat OLI- TIRS (prise de vue du 22\/01\/2023), Fond Google satellite et OpenStreetMap \/ \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<h3 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes de recueil et d\u2019analyse des donn\u00e9es discursives sur les perceptions des changements socio-environnementaux, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s et les futures potentialit\u00e9s de l\u2019espace<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les investigations dans la vall\u00e9e du Sine et les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans la contribution reposent sur un dispositif \u00e9toff\u00e9 de recueil de donn\u00e9es discursives. Pertinente pour la collecte d\u2019informations sur les pratiques et les perceptions, l\u2019approche qualitative en sciences humaines et sociales porte une attention particuli\u00e8re aux significations que les acteurs et actrices de la soci\u00e9t\u00e9 donnent aux ph\u00e9nom\u00e8nes et privil\u00e9gie la compr\u00e9hension, la description et l\u2019induction. Dans le cadre de l\u2019\u00e9tude sur les perceptions des changements socio- environnementaux par les habitant\u00b7es et les usagers des zones humides de la vall\u00e9e, la m\u00e9thode de l\u2019entretien semi-directif a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e. Deux guides d\u2019entretien ont \u00e9t\u00e9 construits pour r\u00e9pondre \u00e0 deux sous-objectifs distincts\u00a0: le premier \u00e9tant d\u2019enqu\u00eater sp\u00e9cifiquement sur les acteurs et actrices ayant des pratiques agricoles (mara\u00eechage, \u00e9levage\u2026) et de vente des produits; le deuxi\u00e8me \u00e9tant d\u2019appr\u00e9hender la perception des inondations dans les zones urbanis\u00e9es de la vall\u00e9e du Sine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un premier guide pour l\u2019enqu\u00eate sur les pratiques agricoles et de vente \u00e9tait compos\u00e9 de quatre th\u00e9matiques portant sur le d\u00e9roulement de leurs activit\u00e9s (statut foncier, usages et finalit\u00e9 de ces usages, rentabilit\u00e9), sur leur perception et utilisation de l\u2019eau (qualit\u00e9, pollution, accessibilit\u00e9, forage, puits\u2026), sur le changement climatique (impact sur les activit\u00e9s, strat\u00e9gies d\u2019adaptation, risque d\u2019inondation) et enfin sur leur perception des zones humides et ses possibilit\u00e9s de valorisation. Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en mars 2022 aupr\u00e8s de 33 personnes repr\u00e9sentatives des usages de la vall\u00e9e. Toujours dans le sens d\u2019une repr\u00e9sentativit\u00e9 des discours, des personnes des cinq principales zones humides de la commune de Diourbel (cf Fig..5) ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es\u00a0: <em>Kambu suuf<\/em><a class=\"footnote\" title=\"Terme Wolof pouvant se traduire par \u00ab trou de sable \u00bb pour d\u00e9signer les zones humides qui ont pris place dans les anciennes carri\u00e8res d\u2019extraction de sable\" id=\"return-footnote-864-7\" href=\"#footnote-864-7\" aria-label=\"Footnote 7\"><sup class=\"footnote\">[7]<\/sup><\/a> au sud-ouest, Thierno Kandji Est au centre, Keur Cheikh Ibra vers le nord-ouest, Keur Baye Laye \u00e0 l\u2019ouest et Keur Cheikh Anta situ\u00e9 aussi au nord. Le choix de n\u2019interroger que des usagers des zones humides et non les habitant\u00b7es jouxtant les aires palustres sans jamais les utiliser a fortement influenc\u00e9 l\u2019\u00e9chantillon. Lequel est essentiellement masculin (88\u00a0%), dans la force de l\u2019\u00e2ge (40\u00a0% de plus de 65 ans, 24\u00a0% entre 45 ans et 65 ans), surtout maraicher (70\u00a0%), cultivant pour vendre leurs produits (79\u00a0%), ayant un avis n\u00e9gatif sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau (55\u00a0%) et une vision elle aussi n\u00e9gative des zones humides de la vall\u00e9e du Sine (70\u00a0%). Pour cette enqu\u00eate, une analyse mixte des discours \u2013 qualitative avec une approche lexicale et quantitative avec l\u2019utilisation du logiciel de lexicologie statistique Iramuteq \u2013 a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 partir du corpus pr\u00e9alablement traduit en fran\u00e7ais<a class=\"footnote\" title=\"Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 retranscrits en fran\u00e7ais dans un fichier de pr\u00e8s de 200 000 signes.\" id=\"return-footnote-864-8\" href=\"#footnote-864-8\" aria-label=\"Footnote 8\"><sup class=\"footnote\">[8]<\/sup><\/a>. Si la premi\u00e8re \u00e9claire le v\u00e9cu des relations entre les usagers et la zone humide, la seconde, en recourant \u00e0 une analyse multivari\u00e9e, dresse une typologie comportementaliste de ces derniers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une deuxi\u00e8me enqu\u00eate par entretien semi-directif a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur le th\u00e8me de la perception du risque des inondations dans les quartiers de Diourbel afin de saisir la fa\u00e7on dont les changements sont appr\u00e9hend\u00e9s, v\u00e9cus et per\u00e7us (Ba, 2023). Le guide, r\u00e9alis\u00e9 par D. Ba en d\u00e9cembre 2022<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019\u00e9tude de Dieynaba BA (2023) sur les inondations \u00e0 Diourbel a constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey.\" id=\"return-footnote-864-9\" href=\"#footnote-864-9\" aria-label=\"Footnote 9\"><sup class=\"footnote\">[9]<\/sup><\/a> \u00e9tait organis\u00e9 autour de quatre grands th\u00e8mes\u00a0: la personne interrog\u00e9e, l\u2019origine des zones humides de Diourbel, les perceptions sur la probl\u00e9matique des inondations dans la commune de Diourbel, la valorisation de ces zones humides. Au total, 16 personnes ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9es dans diff\u00e9rents quartiers de la ville. Une analyse qualitative th\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e la plus pertinente pour mettre en exergue les perceptions. Enfin, le dispositif m\u00e9thodologique de l\u2019\u00e9tude est compl\u00e9t\u00e9 par une troisi\u00e8me enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9 par A. Fall (2023)<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019\u00e9tude d\u2019Adjara Fall (2023) a l\u00e0 aussi constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey.\" id=\"return-footnote-864-10\" href=\"#footnote-864-10\" aria-label=\"Footnote 10\"><sup class=\"footnote\">[10]<\/sup><\/a> sur la valeur \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques des zones humides de Diourbel. 50 questionnaires ont \u00e9t\u00e9 remplis. Certains \u00e9l\u00e9ments en sont repris dans cet article afin de mieux appr\u00e9cier les strat\u00e9gies d\u2019adaptation aux changements socio- environnementaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La vall\u00e9e fossile du Sine ou comment composer avec une vuln\u00e9rabilit\u00e9 multiforme \u00e0 Diourbel?Un entrelacement de facteurs anthropiques et naturels pr\u00e9side \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une vuln\u00e9rabilit\u00e9 multiforme dans la vall\u00e9e du Sine de Diourbel. \u00c0 la probl\u00e9matique centrale de la gestion des eaux d\u2019hivernage et des eaux us\u00e9es, s\u2019ajoute celle des usages qui d\u00e9gradent les ressources (sols et eau) et entra\u00eenent une fragilisation accrue des activit\u00e9s de mara\u00eechage dans la vall\u00e9e.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des risques d\u2019inondation qui questionnent les (dis)continuit\u00e9s relatives \u00e0 la circulation de l\u2019eau<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme plusieurs villes s\u00e9n\u00e9galaises (Dakar, Saint Louis, Thi\u00e8s\u2026), Diourbel est confront\u00e9e \u00e0 des inondations r\u00e9currentes depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es; ce qui cr\u00e9ent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s nouvelles pour les populations r\u00e9sidant dans les quartiers touch\u00e9s. Au total, au moins 6 quartiers de Diourbel sont r\u00e9guli\u00e8rement atteints, l\u2019eau pouvant stagner plusieurs mois rendant impraticables certaines rues et l\u2019acc\u00e8s aux maisons et monter jusqu\u2019\u00e0 un m\u00e8tre dans certains quartiers (fig. 6).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 6. Inondations \u00e0 Diourbel<\/p>\n<figure id=\"attachment_872\" aria-describedby=\"caption-attachment-872\" style=\"width: 508px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-872\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"508\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega.jpg 650w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega-300x99.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega-65x21.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega-225x74.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Marega-350x115.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 508px) 100vw, 508px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-872\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023 (\u00e0 gauche) et \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023 (\u00e0 droite)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Le quartier de Thierno Kandji \u00e0 Diourbel est particuli\u00e8rement touch\u00e9 par les inondations. \u00c0 gauche, le carrefour est inond\u00e9, les habitant\u00b7es passent par l\u2019\u00e9troit trottoir \u00e0 droite du lampadaire. \u00c0 droite, les traces sur le mur d\u2019une maison rendent compte de la hauteur que peut atteindre l\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces inondations sont la cons\u00e9quence d\u2019un entrelacement de facteurs naturels et anthropiques. L\u2019urbanisation des bas-fonds ass\u00e9ch\u00e9s de la vall\u00e9e du Sine a entra\u00een\u00e9 une artificialisation des sols, une modification de la configuration des lieux (pentes\u2026) et la cr\u00e9ation de coupures urbaines qui bloquent l\u2019eau ou la r\u00e9oriente (routes, voie de chemin de fer\u2026). Or, l\u2019eau retrouve son chemin naturel dans les points les plus bas de la vall\u00e9e fossile du Sine, points bas qui sont d\u00e9sormais occup\u00e9s par des quartiers d\u2019habitations. La concentration des pluies dans le temps et leur intensification entra\u00eenent une saturation plus rapide des sols nus et un ruissellement accru sur les zones imperm\u00e9abilis\u00e9es par cette urbanisation. En outre, la difficult\u00e9 \u00e0 planifier l\u2019expansion urbaine en l\u2019accompagnant d\u2019am\u00e9nagements d\u00e9di\u00e9s aux eaux pluviales complexifie la situation. Gu\u00e8ye (2014) pr\u00e9cise \u00e9galement que les r\u00e9seaux existants ne sont pas calibr\u00e9s pour les d\u00e9bits d\u2019eaux us\u00e9es qui augmentent ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 cause de l\u2019urbanisation croissante et des pluies. Les vitesses d\u2019\u00e9coulement augmentent elles aussi, entra\u00eenant une saturation du r\u00e9seau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les am\u00e9nagements urbains d\u2019assainissement\u2013 dont font partie les eaux pluviales &#8211; qui existent dans certains secteurs de ces quartiers aggravent les inondations, faute d\u2019entretien des ouvrages qui composent les r\u00e9seaux ou tout simplement par d\u00e9faut d\u2019ouvrage. Le mauvais \u00e9tat et le mauvais entretien du syst\u00e8me d\u2019assainissement ont deux cons\u00e9quences principales\u00a0: d\u2019une part, une absence d\u2019\u00e9vacuation vers l\u2019aval de la vall\u00e9e fossile, d\u2019autre part, un blocage de l\u2019\u00e9coulement (bassins de r\u00e9tention servant de d\u00e9potoirs, canaux bouch\u00e9s) qui favorise les inondations. Le canal d\u2019assainissement qui parcourt le quartier Ngolombith dans la vall\u00e9e est ainsi caract\u00e9ristique de l\u2019aggravation des inondations faute de syst\u00e8me d\u2019\u00e9vacuation ad\u00e9quat\u00a0: malgr\u00e9 sa vocation initiale d\u2019\u00e9vacuer les eaux us\u00e9es des quartiers hauts vers les <em>Kambu suuf <\/em>en aval, il s\u2019arr\u00eate net dans une cuvette et d\u00e9verse ainsi les eaux dans une zone r\u00e9sidentielle noyant ce quartier. Cet habitant ne dit pas autre chose\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sommes tous confront\u00e9s aux inondations depuis la pr\u00e9sence de cette route, mais \u00e7a a empir\u00e9 avec la pr\u00e9sence de cette canalisation. Elle est pr\u00e9sente ici depuis 2 ans; l\u2019eau devait \u00eatre achemin\u00e9e jusque vers Kambu suuf, mais ils ont arr\u00eat\u00e9 ici, car, selon eux, les moyens ne permettaient plus de continuer. Cons\u00e9quence, tout le quartier est maintenant inond\u00e9; mais avant cela; nous n\u2019\u00e9tions pas confront\u00e9s \u00e0 ce probl\u00e8me d\u2018inondation.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019inadaptation des ouvrages et le manque d\u2019entretien rel\u00e8vent de la gestion collective de l\u2019eau \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la ville de Diourbel. Les dysfonctionnements constat\u00e9s et les t\u00e9moignages relay\u00e9s par les entretiens r\u00e9alis\u00e9s sur le terrain \u00e9rigent la restauration des chemins de l\u2019eau en priorit\u00e9 majeure tant les cons\u00e9quences de la stagnation de l\u2019eau sur les habitant\u00b7es des quartiers concern\u00e9s sont importantes. Celles-ci sont triples pour les personnes interrog\u00e9es. Les inondations entra\u00eenent une perte \u00e9conomique pour les mara\u00eecher\u00b7es, les artisans et les commer\u00e7ant\u00b7es qui voient leurs produits d\u00e9truits par la stagnation de l\u2019eau\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a 2 ans, j\u2019ai perdu 7 tonnes de ciment \u00e0 cause de la forte pluie, [\u2026] tout ce que l\u2019eau touche est d\u00e9truit; elle n\u2019envahissait que la cour, mais maintenant, tout l\u2019int\u00e9rieur du b\u00e2timent est touch\u00e9 \u00bb (entretien aupr\u00e8s d\u2019un quincailler, d\u00e9cembre 2022).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019incidence est \u00e9galement fonci\u00e8re, car les inondations entra\u00eenent une perte de valeur du b\u00e2ti \u00e0 cause de sa d\u00e9gradation. Certains habitant\u00b7es sont contraint\u00b7es d\u2019abandonner les maisons qui sont inond\u00e9es sans que des compensations ne soient propos\u00e9es. En 2012, une estimation \u00e9manant de la municipalit\u00e9 indique que 1080 personnes auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9es \u00e0 cause des inondations. Dans le m\u00eame sens, certaines parcelles achet\u00e9es par des propri\u00e9taires sont d\u00e9sormais inconstructibles \u00e0 cause de l\u2019eau qui recouvre les terrains une partie de l\u2019ann\u00e9e. Plus globalement, l\u2019enjeu est social, car la stagnation de l\u2019eau, en emp\u00eachant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certaines rues, cr\u00e9e un isolement pour les personnes riveraines. \u00c0 cela s\u2019ajoute un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, comme l\u2019explique une autre personne rencontr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Nous vivons un isolement, surtout \u00e0 partir de la nuit. Personne n\u2019ose trainer ici le soir \u00bb. En sus, l\u2019impossibilit\u00e9 pour certain\u00b7es commer\u00e7ant\u00b7es ou mara\u00eecher\u00b7es \u00e0 travailler en p\u00e9riode d\u2019inondation a un impact sur les revenus et sur les familles. La perception des inondations est variable selon les personnes rencontr\u00e9es, m\u00eame si toutes s\u2019accordent \u00e0 dire que la stagnation de l\u2019eau est le probl\u00e8me majeur. L\u2019inondation est appr\u00e9hend\u00e9e comme \u00ab cette eau qui stagne ici depuis l\u2019hivernage \u00bb. Elle est appel\u00e9e<em> \u00ab wam\u00e9 \u00bb <\/em>par une autre personne rencontr\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire une eau abondante et stagnante, plut\u00f4t que <em>\u00ab mbeund \u00bb, <\/em>terme wolof pour les inondations. Elle envahit tout, tel que l\u2019explique un habitant\u00a0: \u00ab l\u2019eau de pluie qui envahit les habitations jusqu\u2019\u00e0 ce que les populations soient oblig\u00e9es de se d\u00e9placer \u00bb. L\u2019enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le par ailleurs que les personnes rencontr\u00e9es ne s\u2019accordent pas sur l\u2019origine des inondations. Pour les uns, elles sont li\u00e9es \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels comme le ruissellement, les fortes pluies. Mais pour d\u2019autres, le caract\u00e8re anthropique des inondations ne fait aucun doute, et notamment pour cette femme riveraine qui souligne que \u00ab une inondation est due \u00e0 une cause naturelle, mais celle-l\u00e0 est li\u00e9e \u00e0 une cause anthropique \u00bb. Les am\u00e9nagements des eaux pluviales et les d\u00e9chets sont mis en cause.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des usages qui fragilisent la vall\u00e9e\u00a0: du d\u00e9p\u00f4t des d\u00e9chets \u00e0 la d\u00e9gradation des paysages et la qualit\u00e9 des ressources en eau<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019accumulation des d\u00e9chets solides dans la vall\u00e9e du Sine est une r\u00e9alit\u00e9 qui n\u2019\u00e9pargne actuellement aucun des secteurs de la vall\u00e9e. Cette funeste utilisation de l\u2019espace se d\u00e9ploie \u00e0 la fois dans les interstices laiss\u00e9s vacants tout en composant avec le mara\u00eechage, les activit\u00e9s de loisirs, les habitations en zone urbaine. L\u2019occupation principale du sol dans des secteurs p\u00e9riph\u00e9riques donne naissance \u00e0 de v\u00e9ritables champs d\u2019\u00e9pais d\u00e9chets (fig. 7). L\u2019accumulation verticale cr\u00e9e des couches enti\u00e8res de sol qui servent de remblais pour les habitations qui grignotent petit \u00e0 petit les versants de la vall\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 7. D\u00e9chets et zones humides \u00e0 Diourbel<\/p>\n<figure id=\"attachment_873\" aria-describedby=\"caption-attachment-873\" style=\"width: 431px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-873\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"431\" height=\"288\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega.jpg 650w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega-65x43.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega-225x150.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-7_Marega-350x234.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 431px) 100vw, 431px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-873\" class=\"wp-caption-text\">En plein c\u0153ur de Diourbel, un fragment de la vall\u00e9e fossile du Sine qui apparait ici comme un \u00eelot encercl\u00e9 par du b\u00e2ti et des d\u00e9p\u00f4ts de d\u00e9chets qui entravent la circulation de l\u2019eau. Vue a\u00e9rienne par drone &#8211; le 20\/12\/2023, \u00a9 Auteur\u00b7es<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">La gestion des d\u00e9chets dans la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel, comme dans beaucoup de villes d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Dorier, 2002), est un enjeu majeur dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9p\u00f4t syst\u00e9matique entra\u00eene notamment une d\u00e9gradation de l\u2019environnement et de l\u2019eau, que le br\u00fblage r\u00e9gulier tente de r\u00e9sorber, entra\u00eenant paradoxalement une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de l\u2019air. La vall\u00e9e du Sine n\u2019a pas eu vocation \u00e0 accueillir les d\u00e9chets de Diourbel, la situation s\u2019est install\u00e9e petit \u00e0 petit au fil des ann\u00e9es\u00a0: d\u2019une part par l\u2019impossibilit\u00e9 croissante d\u2019absorber le flux des d\u00e9chets solides m\u00e9nagers et, d\u2019autre part, par l\u2019impossibilit\u00e9 de les \u00e9vacuer dans la d\u00e9charge publique de la ville. Les espaces de la vall\u00e9e du Sine laiss\u00e9s vacants par l\u2019eau et par le mara\u00eechage durant la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970 et 1980 ont ainsi \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s pour h\u00e9berger les d\u00e9chets de la population tandis que la municipalit\u00e9 d\u00e9cidait au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 de diriger les eaux us\u00e9es de la ville vers ces bas-fonds. Le d\u00e9p\u00f4t dans la vall\u00e9e joue deux r\u00f4les\u00a0: il peut \u00eatre transitoire lorsque des bennes sont mises \u00e0 disposition et devient d\u00e9finitif lorsque les bennes ne peuvent \u00eatre d\u00e9plac\u00e9es. Il s\u2019agit \u00e9galement et souvent de d\u00e9p\u00f4ts ill\u00e9gaux sauvages dans certains secteurs qui n\u2019ont pas de bennes. Des nettoyages r\u00e9guliers ont toutefois lieu comme celui men\u00e9 dans la zone centrale de <em>Pencum Ndox<\/em><a class=\"footnote\" title=\"Terme wolof signifiant \u00ab Lieu d\u2019eau \u00bb, Pencum Ndox est le nom donn\u00e9 au projet de restauration \u00e9cologique d\u2019une portion de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel, et port\u00e9 par M. Sidy Guiss\u00e9 Diop.\" id=\"return-footnote-864-11\" href=\"#footnote-864-11\" aria-label=\"Footnote 11\"><sup class=\"footnote\">[11]<\/sup><\/a> en 2023.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De plus, ces d\u00e9chets entra\u00eenent une pollution visuelle et olfactive, bouchent les r\u00e9seaux d\u2019\u00e9vacuation des eaux et contribuent tr\u00e8s probablement \u00e0 la pollution des eaux de surface et souterraines. \u00c0 ce jour, aucune \u00e9tude n\u2019a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur la pr\u00e9sence de polluants dans les eaux de la vall\u00e9e et des nappes souterraines. Les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s des acteurs\/actrices de la vall\u00e9e ont uniquement document\u00e9 la perception sur les impacts directs et indirects des d\u00e9chets solides sur les activit\u00e9s, le cadre de vie et la sant\u00e9. Pour les mara\u00eecher\u00b7es, la perception est ambivalente. Certains d\u00e9chets plastiques portent pr\u00e9judice \u00e0 leurs activit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Quand il y a du vent tous les d\u00e9chets s\u2019envolent et se collent aux arbres ce qui est n\u00e9faste pour nos plantes. En plus, les d\u00e9chets plastiques tuent les animaux en divagation qui \u00e0 leur tour d\u00e9gagent de tr\u00e8s mauvaises odeurs. Ceci perturbe notre bien-\u00eatre et menace notre sant\u00e9. Il y a de l\u2019eau dans les Kambu Suuf; sans les d\u00e9chets, cette eau pourrait \u00eatre utile.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les d\u00e9chets sont une pollution au m\u00eame titre que les eaux us\u00e9es. Une personne rencontr\u00e9e mentionne cette accumulation renvoyant \u00e0 un cloaque\u00a0: \u00ab Des d\u00e9chets et des eaux us\u00e9es s\u2019y m\u00e9langent, ce qui d\u00e9gage une forte odeur naus\u00e9abonde. Je ne le fr\u00e9quente plus depuis un bon moment \u00bb<em>. <\/em>Les zones humides sont devenues pour d\u2019autres une d\u00e9charge \u00e0 ciel ouvert\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le lieu d&rsquo;habitation des serpents et un d\u00e9potoir d&rsquo;ordures. Notre sant\u00e9 et notre s\u00e9curit\u00e9 sont menac\u00e9es par ces espaces humides. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;activit\u00e9s autour des zones humides sauf les ramasseurs de d\u00e9chets parce que maintenant c&rsquo;est une d\u00e9charge \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La principale probl\u00e9matique est en effet la pollution de l\u2019eau, c\u2019est un sujet r\u00e9current, une des menaces les plus mentionn\u00e9es dans l\u2019enqu\u00eate aupr\u00e8s des mara\u00eecher\u00b7es. Il est souvent fait mention de la contamination des nappes souterraines qui inqui\u00e8te particuli\u00e8rement les personnes rencontr\u00e9es, mais elles expliquent qu\u2019\u00e0 moyen terme, l\u2019enjeu demeure le maintien de leurs activit\u00e9s. De fa\u00e7on plut\u00f4t contre-intuitive, ce ne sont pas les d\u00e9chets qui sont mentionn\u00e9s comme les sources de pollution de l\u2019eau, mais les eaux us\u00e9es et un \u00e9v\u00e9nement qui a marqu\u00e9 les esprits localement\u00a0: le d\u00e9versement de produits chimiques par l\u2019usine Sonacos dans les ann\u00e9es 1990. Pour beaucoup, cette pollution est d\u00e9finitive\u00a0: \u00ab La qualit\u00e9 de l\u2019eau s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es. Des eaux us\u00e9es sont d\u00e9vers\u00e9es dans la vall\u00e9e, la polluant de mani\u00e8re inexorable \u00bb. Pourtant, d\u2019autres d\u00e9chets organiques sont appr\u00e9ci\u00e9s quand ils sont valoris\u00e9s sous forme de compost et amendent les sols. Ils sont m\u00eames pl\u00e9biscit\u00e9s pour remplacer les produits fertilisants chimiques.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Entre d\u00e9valorisation et attraction\u00a0: une diversit\u00e9 des perceptions et des vuln\u00e9rabilit\u00e9s<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau est au c\u0153ur des pr\u00e9occupations dans la vall\u00e9e du Sine\u00a0: entre trop et trop peu, souvent de qualit\u00e9 insuffisante, elle est omnipr\u00e9sente dans les entretiens r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s des usagers, le mara\u00eechage d\u00e9pendant de la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der de fa\u00e7on p\u00e9renne \u00e0 une ressource aquatique de qualit\u00e9 suffisante. La perception de la vall\u00e9e du Sine par les mara\u00eecher\u00b7es est avant tout une vision de l\u2019eau, largement li\u00e9e \u00e0 la fa\u00e7on dont elle est utilis\u00e9e et per\u00e7ue. Pourtant, de l\u2019enqu\u00eate \u00e9merge une appr\u00e9hension ambivalente de l\u2019eau, \u00e0 la fois ressource et danger, avenir et pass\u00e9, nuisance et opportunit\u00e9. Des 33 entretiens r\u00e9alis\u00e9s par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019universit\u00e9 de Bambey, le traitement lexical men\u00e9 par le logiciel libre Iramuteq r\u00e9v\u00e8le des postures vari\u00e9es. La forme active (c\u2019est-\u00e0-dire le mot) \u00ab eau \u00bb est mentionn\u00e9e 366 fois (sur les 2553 formes utilis\u00e9es), marais (204 fois), champ (136 fois), cultiver (98 fois), terre (94 fois) et pluie (73 fois). On retrouve la vocation maraich\u00e8re de la zone humide, mais aussi une perception aig\u00fce des changements en cours, notamment climatique (33 fois) li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux. Le nuage de mots est \u00e0 cet \u00e9gard repr\u00e9sentatif de la perception globale.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 8. Perception des zones humides diourbelloises<\/p>\n<figure id=\"attachment_874\" aria-describedby=\"caption-attachment-874\" style=\"width: 320px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-874\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega.png\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"317\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega.png 458w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega-300x297.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega-150x150.png 150w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega-65x64.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega-225x223.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-8_Marega-350x346.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-874\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019universit\u00e9 de Bambey<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 1em\">Cependant, la variable \u00e2ge est assez discriminante. Les moins de 25 ans ont une vision des zones humides assez diff\u00e9rente des 25-45 et des plus de 45 ans : il y a d\u2019une certaine mani\u00e8re une zone humide des jeunes, assez tourn\u00e9e vers le renouvellement de ses fonctions (p\u00eache, fraicheur, agr\u00e9ment, loisirs\u2026), une zone humide des adultes qui rassemble les mara\u00eecher\u00b7es en activit\u00e9 tr\u00e8s engag\u00e9s dans les productions commerciales et une vall\u00e9e humide des plus \u00e2g\u00e9s, plus sensibles aux changements n\u00e9gatifs intervenus. Cette variable \u00e2ge recoupe en partie la variable lieu qui isole bien les lieux d\u2019eau du Centre, per\u00e7us tr\u00e8s n\u00e9gativement, de ceux de l\u2019ouest (Keur Baye Laye) et du Sud (<\/span><em style=\"font-size: 1em\">Kambu suuf<\/em><span style=\"font-size: 1em\">) qui, encore mara\u00eechers, suscitent \u00e0 la fois des espoirs (si la municipalit\u00e9 intervient pour les am\u00e9liorer) et des d\u00e9ceptions (salinit\u00e9, inondation, pollution). De m\u00eame, la variable sexe, m\u00eame si elle est peu repr\u00e9sentative, car l\u2019essentiel des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es sont des hommes (le maraichage est une vocation masculine) d\u00e9voile, chez les femmes, une plus grande condamnation envers l\u2019amoncellement de d\u00e9chets et, a contrario, une satisfaction trouv\u00e9e dans la fra\u00eecheur, la nature et les am\u00e9nit\u00e9s environnementales. Il y aurait donc, l\u00e0 encore, une zone humide des hommes et celle des femmes, plus tourn\u00e9e vers l\u2019innovation (Diouf Ndiaye, 2013).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse multivari\u00e9e, conduite par une classification de Reinert, synth\u00e9tise toutes les variables et leurs modalit\u00e9s. Elle distingue des groupes homog\u00e8nes d\u2019individus ayant un m\u00eame discours sur les zones humides.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 9. Classification suivant les profils des enqu\u00eat\u00e9s et les modalit\u00e9s de r\u00e9ponses<\/p>\n<figure id=\"attachment_875\" aria-describedby=\"caption-attachment-875\" style=\"width: 415px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-875\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega.png\" alt=\"\" width=\"415\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega.png 579w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega-300x226.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega-65x49.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega-225x170.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-9_Marega-350x264.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 415px) 100vw, 415px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-875\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiant.e.s de l\u2019Universit\u00e9 de Bambey<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse en CHD (classification hi\u00e9rarchique descendante) distingue 7 classes, chacune reli\u00e9e \u00e0 un corpus de mots bien sp\u00e9cifiques. N\u00e9anmoins, d\u2019apr\u00e8s l\u2019arbre hi\u00e9rarchique (Fig..\u00a09), l\u2019opposition principale est entre la classe 7 et toutes les autres classes. De m\u00eame, dans la branche non classe 7, la classe 6 se distingue nettement des autres. Ceci appara\u00eet bien dans l\u2019AFC (Analyse factorielle de correspondances) mise ci-dessous (fig. 10)\u00a0: la classe 7 (en rose) est tr\u00e8s isol\u00e9e et fortement diff\u00e9renciable des autres classes. Il s\u2019agit des propri\u00e9taires \u00e2g\u00e9s touch\u00e9s par la pollution des eaux et le changement climatique, mais qui n\u2019ont pu s\u2019adapter et d\u00e9clarent leur activit\u00e9 non rentable. Il en va de m\u00eame pour la classe 6 (en bleu fonc\u00e9) qui rassemble des locataires adultes, touch\u00e9s par la pollution et le changement climatique mais qui ont su s\u2019adapter et d\u00e9velopper une activit\u00e9 maraich\u00e8re rentable. Les autres classes (de 1 \u00e0 5) sont plus intriqu\u00e9es, mais il est possible de regrouper les classes 2 et 4 (vert p\u00e2le et gris) caract\u00e9ris\u00e9es par des usages li\u00e9s aux loisirs pratiqu\u00e9s par les jeunes. Les 3 autres classes (rouge, bleu, vert vif) sont assez proches et marquent toute une gamme d\u2019usages non agricoles, souvent pratiqu\u00e9s par des femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette analyse lexicale s\u2019inscrit donc dans une tension opposant les activit\u00e9s maraich\u00e8res, toujours dominantes, essentiellement masculines, conduites par des adultes ou des personnes \u00e2g\u00e9es, et les autres vocations plus r\u00e9centes, notamment li\u00e9es au loisir et \u00e0 l\u2019agr\u00e9ment ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres ressources (p\u00eache), int\u00e9ressant davantage les jeunes et les femmes. Elle est d\u2019une certaine mani\u00e8re porteuse d\u2019espoir pour la revalorisation des vall\u00e9es et leur diversification d\u2019usages. Encore faut-il que la qualit\u00e9 et l\u2019\u00e9coulement des eaux s\u2019am\u00e9liorent afin que Diourbel puisse accueillir ces projets qui s\u2019int\u00e8grent dans la valorisation verte et bleue du Sine. Dans cette perspective de restauration et de revalorisation de la vall\u00e9e fossile du Sine, se pose donc la question de la recr\u00e9ation des chemins de l\u2019eau dans la ville, susceptible de lutter contre les inondations en reconstituant la continuit\u00e9 des \u00e9coulements.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 10. Visions des zones humides de Diourbel<\/p>\n<figure id=\"attachment_876\" aria-describedby=\"caption-attachment-876\" style=\"width: 438px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-876\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega.png\" alt=\"\" width=\"438\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega.png 1118w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-300x218.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-1024x746.png 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-768x559.png 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-65x47.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-225x164.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-10_Marega-350x255.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 438px) 100vw, 438px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-876\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, d\u2019apr\u00e8s les enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les \u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 de Bambey<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Formes de valorisation dans une zone humide sous pression : pratiques d\u2019adaptation et de restauration de la vall\u00e9e fossile du Sine \u00e0 Diourbel<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Face \u00e0 ces menaces et \u00e0 leurs effets destructeurs, de nouvelles am\u00e9nit\u00e9s \u00e9mergent du fait du changement climatique, qui de mani\u00e8re concomitante, r\u00e9active le maraichage et induit de nouvelles fonctions aux zones humides et des changements socioculturels des habitant\u00b7es de Diourbel, plus enclins \u00e0 pratiquer des activit\u00e9s de loisirs verts de Diourbel.<\/p>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Trajectoire spatio-temporelle du syst\u00e8me maraicher et ses modulations par les modes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adaptation du syst\u00e8me-maraicher aux variations climatiques et aux al\u00e9as anthropiques se lit dans les transferts g\u00e9ographiques d\u2019usages (fig. 11).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 11. Trajectoire g\u00e9ographique des usages dans les zones humides de Kamb Suuf et de Keur Baye Laye<\/p>\n<figure id=\"attachment_877\" aria-describedby=\"caption-attachment-877\" style=\"width: 490px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-877\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega.jpg 739w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega-300x178.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega-65x39.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega-225x133.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-11_Marega-350x207.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-877\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Auteur\u00b7es, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Alors que les sites initiaux, situ\u00e9s au centre et au nord de la vall\u00e9e, \u00e9taient devenus impropres au mara\u00eechage du fait de la s\u00e9cheresse des ann\u00e9es 1970 et 1980, les trous form\u00e9s par l\u2019extraction de sable dans le sud de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel (quartier de Thierno Khandji, <em>Kambu suuf<\/em>) ont \u00e9t\u00e9 requalifi\u00e9s en zones de mara\u00eechage. En effet, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau \u00e9tait facilit\u00e9 dans ces carri\u00e8res, la nappe \u00e9tant plus proche et le sol particuli\u00e8rement fertile dans ces trous. Des puits ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9s afin de d\u00e9velopper les parcelles mara\u00eech\u00e8res (Ba, 2023), explique un mara\u00eecher du quartier de Thiebbo\u00a0: \u00ab \u00c0 chaque fois qu\u2019ils terminaient d\u2019exploiter une partie du <em>Kamb<\/em>, le propri\u00e9taire du camion, un membre de la famille de Baye Laye c\u00e9dait les terres pour du maraichage. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on entendait partout parler des jardins de Diourbel \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re se fixe pendant deux d\u00e9cennies autour des <em>Kambu suuf<\/em>. Deux \u00e9v\u00e9nements mettent un terme \u00e0 cette concentration m\u00e9ridionale du mara\u00eechage. Le premier, celui de la pollution des eaux par les rejets de la principale usine de transformation de l\u2019arachide, la Sonacos, en 1992. Si elle condamne brutalement l\u2019activit\u00e9 mara\u00eech\u00e8re, cette pollution co\u00efncide fort heureusement avec le retour des pluies permettant aux mara\u00eechers de Keur Baye Laye, secteur humide situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de la ville, de cultiver de nouveau les champs. Le second \u00e9v\u00e9nement est li\u00e9 au fait qu\u2019en 2012, la zone de <em>Kambu suuf <\/em>est transform\u00e9e en bassin de r\u00e9tention des eaux us\u00e9es par la collectivit\u00e9 de Diourbel\u00a0: le mara\u00eechage dispara\u00eet m\u00eame si des pompages pour alimenter les planches de cultures s\u2019y poursuivent\u00a0: \u00ab Avec les fortes inondations qui ont s\u00e9vi dans la commune, vers les ann\u00e9es 2000, la municipalit\u00e9 a eu comme id\u00e9e de drainer les eaux des pluies vers les kambs. Et, depuis, l\u2019espace est ainsi, plein d\u2019eau. Tout cet espace fait environ 20 ha \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette zone est \u00e9galement devenue, avec le d\u00e9part de beaucoup de mara\u00eechers, un lieu de d\u00e9p\u00f4t d\u2019ordures m\u00e9nag\u00e8res solides, tandis que l\u2019abondance des pluies d\u2019hivernage l\u2019a transform\u00e9e en plan d\u2019eau insalubre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 ces mutations spatio-temporelles, succ\u00e8de depuis peu un changement de perception des zones humides associ\u00e9 d\u2019une part \u00e0 l\u2019apparition d\u2019un besoin de nature et de loisirs verts, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une sensibilit\u00e9 verte et bleue, notamment chez les jeunes, et d\u2019autre part, \u00e0 une diversification des usages (p\u00eache, \u00e9levage\u2026) m\u00eame si le mara\u00eechage reste dominant. C\u2019est dans cette ouverture que l\u2019\u00e9valuation des services \u00e9conomiques conduite par Adjara Fall (2023) trouve tout son sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les mutations spatio-temporelles sont ainsi caract\u00e9ris\u00e9es par une triple mobilit\u00e9\u00a0: spatiale avec des d\u00e9placements g\u00e9ographiques des zones maraich\u00e8res et de ses mara\u00eecher\u00b7es selon l\u2019abondance et la qualit\u00e9 des eaux; fonctionnelle du fait qu\u2019une m\u00eame zone ayant pu conna\u00eetre des modes de valorisation tr\u00e8s dissemblables; psychosociale avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019un rapport in\u00e9dit entre les communaut\u00e9s diourbelloises et leurs zones humides. Il y a ainsi une plasticit\u00e9 de l\u2019am\u00e9nagement qui rejoint la mobilit\u00e9 biophysique des milieux d\u2019eau.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Revaloriser les zones humides en leur affectant une valeur \u00e9conomique\u00a0: l\u2019exemple de <em>Kambu Suuf<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c9valuer \u00e9conomiquement les services \u00e9cosyst\u00e9miques en utilisant la m\u00e9thode de pr\u00e9f\u00e9rences d\u00e9clar\u00e9es fond\u00e9e sur la demande (Hamid, 2018; Meral, 2012; Quill\u00e9rou, 2019) \u00e9claire les r\u00e9elles attentes des usagers vis-\u00e0-vis de la zone humide qu\u2019ils c\u00f4toient. Par une enqu\u00eate aupr\u00e8s de 50 personnes qui mobilisent une \u00e9valuation contingente, on d\u00e9termine le consentement des consommateur\u00b7trices \u00e0 payer un bien naturel, ici le <em>Kambu Suuf<\/em>, pour susciter l\u2019am\u00e9lioration du milieu humide (Fall, 2023). Les questions portent d\u2019abord sur l\u2019identification des services \u00e9cosyst\u00e9miques et leur hi\u00e9rarchie, puis dans le cadre d\u2019un hypoth\u00e9tique lancement d\u2019un programme de r\u00e9habilitation de l\u2019espace, l\u2019on se demande quelle somme chaque enqu\u00eat\u00e9\u00b7e serait pr\u00eat \u00e0 verser pour contribuer \u00e0 cet objectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au total, 16 personnes d\u00e9clarent ne pas souhaiter ou ne pas pouvoir participer au programme de paiement pour la revalorisation des zones humides de <em>Kambu Suuf<\/em>. Pour ce qui est du refus qui concerne 32\u00a0% de l\u2019\u00e9chantillon enqu\u00eat\u00e9, 10\u00a0% refusent, car ils n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat pour les <em>Kambu Suuf<\/em>, 6\u00a0% avancent que ce n\u2019est pas \u00e0 eux de payer, mais plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00c9tat de le faire, 6\u00a0% ne sont pas s\u00fbrs que l\u2019argent collect\u00e9 sera utilis\u00e9 pour financer la d\u00e9pollution et l\u2019am\u00e9nagement des <em>Kambu Suuf<\/em>, 4\u00a0% veulent bien, mais leur revenu ne le permet pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une majorit\u00e9 de personnes, 68\u00a0% de l\u2019\u00e9chantillon, se dit pr\u00eate \u00e0 payer pour que <em>Kambu Suuf <\/em>soit d\u00e9pollu\u00e9e et am\u00e9nag\u00e9e. Les motifs pour lesquelles les personnes sont pr\u00eates \u00e0 payer pour la revalorisation permettent d\u2019affiner la compr\u00e9hension des pr\u00e9occupations des habitant\u00b7es et usager\u00b7es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce secteur de la vall\u00e9e. Pour 23 des 34 personnes, le motif choisi est celui \u00ab d\u2019assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es\u00a0\u00bb. Ce motif est d\u2019ailleurs syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent m\u00eame lorsque d\u2019autres motifs sont s\u00e9lectionn\u00e9s (tableau 2). Pour 12\u00a0% des r\u00e9pondant\u00b7es, l\u2019enjeu agricole est coupl\u00e9 au d\u00e9veloppement du tourisme, \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration du cadre de vie et \u00e0 la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes. D\u2019autres personnes choisissent plut\u00f4t le couple enjeu agricole- am\u00e9lioration du cadre de vie ou enjeu agricole- conservation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Ce motif qui porte sur la conservation des milieux naturels et leur restauration n\u2019appara\u00eet en fait qu\u2019\u00e0 cinq reprises dans les r\u00e9ponses positives. Les pr\u00e9occupations sont d\u2019abord li\u00e9es au maintien voire au d\u00e9veloppement des pratiques agricoles dans les <em>Kambu Suuf<\/em>, \u00e0 la lutte contre la pollution pour l\u2019am\u00e9lioration de la vie quotidienne et pour favoriser le tourisme. L\u2019enjeu \u00e9cologique intervient en second lieu, les personnes mettent plut\u00f4t en avant les enjeux socio- \u00e9conomiques qui traversent les zones humides.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 2. Les motifs d\u2019approbation et de refus au programme de financement envisag\u00e9 \/ Source\u00a0: \u00a9 Auteur\u00b7es, 2023, \u00e0 partir des donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate, 2023<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<table class=\"aligncenter\" style=\"width: 444px\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Participer au programme envisag\u00e9?<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>Effectif<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\"><strong>Pourcentage<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Non<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>16<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">&#8212;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Autres (\u00e0 pr\u00e9ciser)<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">10<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">63%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Ce n\u2019est pas \u00e0 moi de payer, c\u2019est plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00c9tat de le faire<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Je ne suis pas s\u00fbr que le montant soit utilis\u00e9 pour financer la d\u00e9pollution des zones humides<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Mon revenu ne me le permet pas<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">4<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">25%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>OUI<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>34<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">&#8212;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">23<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">68%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/p>\n<p>| am\u00e9liorer le cadre de vie de la commune<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">3%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/p>\n<p>| conserver cet \u00e9cosyst\u00e8me aussi riche pour les g\u00e9n\u00e9rations futures<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">1<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">3%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/p>\n<p>| conserver cet \u00e9cosyst\u00e8me aussi riche pour les g\u00e9n\u00e9rations futures | d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel, | Am\u00e9liorer le<\/p>\n<p>cadre de vie de la commune<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">4<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">12%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/p>\n<p>| d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel,<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\"><\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">9%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\">Assurer la relance des activit\u00e9s agricoles qui y \u00e9taient pratiqu\u00e9es<\/p>\n<p>| d\u00e9velopper le tourisme dans la commune Diourbel, Am\u00e9liorer le<\/p>\n<p>cadre de vie de la commune<\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\">2<\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">6%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 247.443px\"><strong>Total g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 62.3011px\"><strong>50<\/strong><\/td>\n<td style=\"width: 91.7472px\">&#8212;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Par rapport \u00e0 leur contribution au programme envisag\u00e9 sur les 68\u00a0% des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es qui se disent pr\u00eat\u00b7es \u00e0 payer pour que les zones humides de Diourbel <em>(Kambu suuf) <\/em>soient d\u00e9pollu\u00e9es et am\u00e9nag\u00e9es, 56\u00a0% ont choisi un v\u00e9hicule de paiement mon\u00e9taire et 12\u00a0% un v\u00e9hicule non mon\u00e9taire. Comme v\u00e9hicule de paiement non mon\u00e9taire, sur les trois types de sp\u00e9culations propos\u00e9es, 8\u00a0% des enqu\u00eat\u00e9\u00b7es ont choisi l\u2019oignon, 2\u00a0% le gombo et 2\u00a0% la tomate. Seulement trois individus ont propos\u00e9 des montants sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux pr\u00e9vus dans les ench\u00e8res. Les montants consentis (CAP) varient de 10\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA \u00e0 500\u00a0000 F\u00a0CFA et peuvent \u00eatre class\u00e9s comme suit\u00a0: 92\u00a0% des personnes consentent \u00e0 payer un montant annuel allant de 10\u00a0000 \u00e0 100\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA, 3\u00a0% des personnes consentent \u00e0 payer entre 100\u00a0000 et 200\u00a0000 F CFA et 6\u00a0% consentent \u00e0 payer plus de 200\u00a0000 F CFA. Le consentement moyen est de 81 323 F CFA, la m\u00e9diane de 60\u00a0000 F CFA, le minimum de 10\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA et le maximum est de 500\u00a0000 F CFA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Co\u00efncidence significative, la part de ceux et celles qui ont une vision n\u00e9gative des zones humides d\u2019apr\u00e8s l\u2019enqu\u00eate des \u00e9tudiant\u00b7es sur les usages (70\u00a0%) est similaire \u00e0 celle de ceux et celles qui se disent pr\u00eat\u00b7es \u00e0 payer pour leur revalorisation (68\u00a0%). Par-del\u00e0 les biais statistiques (les deux enqu\u00eates n\u2019ont pas exactement \u00e9t\u00e9 conduites aupr\u00e8s du m\u00eame \u00e9chantillon), cela r\u00e9v\u00e8le l\u2019ambivalence perceptive de ces zones humides urbaines et, en filigrane, leurs perspectives d\u2019avenir. Espaces d\u00e9grad\u00e9s, parfois insalubres et souvent d\u00e9laiss\u00e9s, ces secteurs sont n\u00e9anmoins vitaux en assurant revenus et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 de nombreux\u00b7euses mara\u00eecher\u00b7es, car per\u00e7us comme productifs et f\u00e9conds. Leur r\u00e9habilitation, dans le cadre du projet vision verte et bleue, s\u2019inscrit donc dans cette ambivalence\u00a0: en l\u2019\u00e9tat la zone humide repousse, mais revitalis\u00e9e, elle attire.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les recherches effectu\u00e9es dans le cadre du programme BOUDIOU mettent en exergue de nombreuses vuln\u00e9rabilit\u00e9s, mais aussi la multifonctionnalit\u00e9 des zones humides urbaines de Diourbel. Les enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019extension de la ville au d\u00e9triment des zones humides, la fr\u00e9quence des risques d\u2019inondation en lien avec les changements d\u2019usages de sols et le changement climatique font peser des menaces sur cet espace qui rend de multiples services (production agricole, maraichage, ressources en eau\u2026) aux populations. C\u2019est dans ce contexte g\u00e9n\u00e9ral que l\u2019on note un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les zones humides urbaines de Diourbel comme en t\u00e9moignent les nombreux et disparates projets d\u2019am\u00e9nagement de la vall\u00e9e du Sine qui, peu ou prou, s\u2019inscrivent dans une vision verte et bleue de la cit\u00e9. Une op\u00e9ration remarquable et novatrice provient d\u2019une initiative priv\u00e9e situ\u00e9e au centre de la ville\u00a0: Pencum Ndox, un ancien d\u00e9potoir fortement affect\u00e9 par la pollution plastique, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 en un site \u00e9cologique et r\u00e9cr\u00e9atif tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 par les jeunes diourbellois. La valorisation de cet espace par la cr\u00e9ation d\u2019espaces conservatoires a permis de cr\u00e9er des emplois, de mieux g\u00e9rer l\u2019environnement et \u00e9galement de d\u00e9velopper des activit\u00e9s maraich\u00e8res et touristiques. De m\u00eame, un projet \u00e9tatique, conduit par le Minist\u00e8re des mines, vise \u00e0 revaloriser toutes les zones humides au sud de la ville li\u00e9es \u00e0 l\u2019extraction de sable (<em>Kambu suuf <\/em>1, 2 et 3).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, des tentatives agronomiques d\u2019adaptation des cultures au changement climatique, comme la diffusion du millet (Muller <em>et al.<\/em>, 2017) apparaissent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la r\u00e9gion. Cette multifonctionnalit\u00e9 des zones humides diourbelloises donne ainsi lieu \u00e0 une diversit\u00e9 d\u2019approches dans les formes de (re)valorisation. En parall\u00e8le, les r\u00e9sultats montrent \u00e9galement des perceptions vari\u00e9es suivant les acteurs. Plusieurs visages des zones humides de Diourbel sont mis en avant dans les perceptions\u00a0: espace-ressource pour certains, espace-risque, espace-d\u00e9potoir, et espace-loisirs verts pour d\u2019autres. Ces perceptions m\u00e8nent \u00e0 des strat\u00e9gies d\u2019adaptation et de valorisation diff\u00e9renci\u00e9es. Si on observe une multiplication des initiatives qui vont dans le sens de la valorisation des zones humides de Diourbel, on remarque qu\u2019elles sont cependant assez peu mises en r\u00e9seau. Des initiatives individuelles comme le projet Pencum Ndox mettent en \u00e9vidence les opportunit\u00e9s de valorisation. Leur mise en pratique passera par une approche collective et institutionnelle visant \u00e0 am\u00e9nager et \u00e0 revaloriser ces espaces. Fortement sollicit\u00e9e par les riverain\u00b7es des bas-fonds insalubres, l\u2019actuelle municipalit\u00e9 a d\u00e9but\u00e9 l\u2019assainissement des zones humides centrales et envisage de nouveau de reconnecter tous les \u00eelots humides aujourd\u2019hui disjoints. Si la question du financement de ces op\u00e9rations et les conflits d\u2019ambition entre acteurs dissemblables (\u00c9tat, r\u00e9gion, collectivit\u00e9 territoriale, acteurs priv\u00e9s, acteurs associatifs\u2026) rendent aujourd\u2019hui redoutable la revalorisation de la vall\u00e9e fossile urbaine du Sine \u00e0 Diourbel, nul doute que tous ces projets s\u2019inscrivent dans une vision verte et bleue de la ville.<\/p>\n<h2 class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Adams, Adrian. 2000. Fleuve S\u00e9n\u00e9gal\u00a0: gestion de la crue et avenir de la vall\u00e9e, <em>International Institute for Environment and Development (<\/em>IIED), 31 p. <a href=\"https:\/\/www.iied.org\/sites\/default\/files\/pdfs\/migrate\/X170IIED.pdf\">https:\/\/www.iied.org\/sites\/default\/files\/pdfs\/migrate\/X170IIED.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agence R\u00e9gionale de D\u00e9veloppement. 2017. <em>Plan de D\u00e9veloppement Communal (PDC) de Diourbel (2017-2022)<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Andrieu, Julien et Mering, Catherine. 2008. Cartographie par t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection des changements de la couverture v\u00e9g\u00e9tale sur la bande littorale ouest-africaine\u00a0: exemple des Rivi\u00e8res du Sud du delta du Saloum au Rio Geba. <em>Teledetection<\/em>, <em>8<\/em>(2), 93-118. <a href=\"https:\/\/shs.hal.science\/halshs-00388170\">https:\/\/shs.hal.science\/halshs-00388170<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1907. Carte d\u2019\u00e9tat-major au 1\/100\u00a0000e, Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, c\u00f4te 1FI 1099.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1930. Carte d\u2019\u00e9tat-major au 1\/100\u00a0000e, Service g\u00e9ographique de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, c\u00f4te 1FI 353.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. 1952. Rapport annuel de synth\u00e8se 1952, Service de l\u2019agriculture, 2eme circonscription agricole, Cercle de Diourbel, 8 p., c\u00f4te 2G56 n\u00b0 109.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ba, Djieynaba. 2023. <em>La valorisation des zones humides, une solution au ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019inondations \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des territoires<\/em>\u00a0:<em> Cas de la commune de Diourbel<\/em>. M\u00e9moire de Master 2 D\u00e9veloppement Durable, Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey, direction Aladji Diop et Caroline Le Calvez, 60 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Brigaud, Felix. 1961. <em>\u00c9tudes s\u00e9n\u00e9galaises n\u00b0 9, connaissance du S\u00e9n\u00e9gal, fascicule 2- hydrographie<\/em>, centre IFAN, S\u00e9n\u00e9gal, 108 p. <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/caoum_0373-5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2\">5834_1963_num_16_64_4269_t1_0421_0000_2<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Charreau, Claude, Mara, Michel et Poulain, Jean-Fran\u00e7ois. 1961. <em>\u00c9tude des terrains maraichers de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel et estimation des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par l\u2019\u00e9pandage des eaux us\u00e9es de la SEIB<\/em>, IRAT-CRA Bambey, 12 p., c\u00f4te 1G53, <a href=\"https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers15-09\/12844.pdf\">https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers15-09\/12844.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diallo, Souleymane, Faye, Mbagnick et Nacro, Bismark Hassn. 2022. La variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique et ses impacts sur les rendements et les surfaces cultiv\u00e9es dans le bassin arachidier\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 la\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 r\u00e9gion\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Thi\u00e8s.\u00a0 <em>Vertigo<\/em>,\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 2022,\u00a0\u00a0 23\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p. <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_<\/a> <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_d<\/a> <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/360497817_La_variabilite_pluviometrique_et_ses_impacts_sur_les_rendements_et_les_surfaces_cultivees_dans_le_bassin_arachidier_de_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and_\">e_la_region_de_Thies_SenegalThe_rainfall_Variability_and_its_Impacts_on_Yields_and<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diday, Etienne. 1971. Une nouvelle m\u00e9thode de classification automatique et reconnaissance des formes\u00a0: la m\u00e9thode des nu\u00e9es dynamiques. <em>Revue de statistique appliqu\u00e9e<\/em>,<em>\u00a0\u00a0\u00a0 19<\/em>(2),\u00a0 19-33. <a href=\"http:\/\/www.numdam.org\/item\/RSA_1971 19_2_19_0.pdf\">http:\/\/www.numdam.org\/item\/RSA_1971 19_2_19_0.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diouf Ndiaye, Awa. 2013. <em>Les femmes et le d\u00e9veloppement local au S\u00e9n\u00e9gal. Le r\u00f4le des associations f\u00e9minines dans le bassin arachidier. L\u2019exemple de Diourbel<\/em>. Th\u00e8se de doctorat de g\u00e9ographie de l\u2019universit\u00e9 de Bordeaux 3 sous la direction de Serge Morin, 527\u00a0p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dorier-Apprill, Elisabeth. 2002. <em>Gestion des d\u00e9chets urbain et aide \u00e0 la d\u00e9cision municipale<\/em>\u00a0:<em> municipalit\u00e9s de Mopti (Mali) et circonscription urbaine de Porto Novo (B\u00e9nin), rapport final du programme gestion durable des d\u00e9chets et de l\u2019assainissement urbain<\/em>. IRD &amp; UMR population, Environnement, D\u00e9veloppement, 54 p. <a href=\"https:\/\/www.pseau.org\/epa\/gdda\/Actions\/Action_D08\/Rapport_final_Vol1_D08.pdf\">https:\/\/www.pseau.org\/epa\/gdda\/Actions\/Action_D08\/Rapport_final_Vol1_D08.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fall, Adjara. 2023. <em>\u00c9valuation de la Valeur \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques des zones humides (Kambu Suuf) de Diourbel et perception des diff\u00e9rentes valeurs attribu\u00e9es par les communaut\u00e9s locales<\/em>. M\u00e9moire de master 2 D\u00e9veloppement Durable de l\u2019universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey, direction Adama Faye et Bertrand Sajaloli, 99 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gralepois Mathilde, Servain-Courant Sylvie, Sajaloli Bertrand, Serrano Jos\u00e9 et Dournel Sylvain. 2011. Tant va la ville \u00e0 l\u2019eau. L\u2019int\u00e9gration du risque d\u2019inondation aux d\u00e9cisions politiques et administratives d\u2019am\u00e9nagement urbain des agglom\u00e9rations lig\u00e9riennes. Dans HEUDE J. <em>et al.<\/em>, <em>Hors du lit, al\u00e9as, risques et m\u00e9moire <\/em>(p.\u00a0255-263). II\u00e8me Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes de Liessies, Cycle \u00ab M\u00e9moires et cours d\u2019eau \u00bb Liessies 23-24 septembre 2010, <em>Revue du Nord<\/em>, n\u00b0 16, Hors-s\u00e9rie, collection Art et Arch\u00e9ologie, 292 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gu\u00e8ye, Modou. 2014. <em>La con<\/em>fig<em>uration du r\u00e9seau hydrographique et les inondations \u00e0 Diourbel\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>[m\u00e9moire\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 de\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 master, UCAD]\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 p57,\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 58, 61. <a href=\"http:\/\/bibnum.ucad.sn\/viewer.php?c=mmoires&amp;d=meml_2015_0377\">http:\/\/bibnum.ucad.sn\/viewer.php?c=mmoires&amp;d=meml_2015_0377<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hamid, Mohammed Lemine. 2018. <em>\u00c9valuation \u00e9conomique des services \u00e9cosyst\u00e9miques offerts par les aires marines prot\u00e9g\u00e9es en Afrique de National du Banc d\u2019Arguin- Mauritanie. <\/em>Th\u00e8se de doctorat. <a href=\"https:\/\/theses.hal.science\/tel-02047962\/document\">https:\/\/theses.hal.science\/tel-02047962\/document<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Henry, Yves. 1918. <em>Irrigations et cultures irrigu\u00e9es en Afrique tropicale<\/em>. Paris, Emile Larose, 296 p., 5 cartes p. annexes.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Kane, Alioune. 2002. <em>Crues et inondations dans la basse vall\u00e9e du fleuve S\u00e9n\u00e9gal <\/em>In\u00a0: Gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources naturelles en zones inondables tropicales [en ligne]. Marseille\u00a0: IRD \u00c9ditions, 2002, disponible sur Internet\u00a0:<a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536\">&lt;ht<\/a>t<a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536\">p:\/\/books.openedition.org\/irdeditions\/8536&gt;.<\/a> ISBN\u00a0: 978-2-7099-1817-6. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.irdeditions.8536\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.irdeditions.8536<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Le Calvez, Caroline, Marega, Oumar et Sajaloli, Bertrand. 2023. S\u2019adapter pour sauvegarder les marais class\u00e9s de Bourges (France)? Une zone humide urbaine \u00e0 la crois\u00e9e des changements socio-environnementaux. <em>Dynamiques Environnementales<\/em>, 49.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Marega Oumar, San Emeterio Jos\u00e9-Luis, Fall, Ababacar et Andrieu Julien. 2021. Cartographie par t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection des variations spatio-temporelles de la couverture v\u00e9g\u00e9tale spontan\u00e9e face \u00e0 la variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique au Sahel\u00a0: approche multiscalaire. <em>Physio- G\u00e9o <\/em>[En ligne], <em>16<\/em>. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-geo.11977\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-<\/a> <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/physio-geo.11977\">geo.11977<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">M\u00e9ral, Philippe. 2012. <em>Le concept de service \u00e9cosyst\u00e9mique en \u00e9conomie\u00a0:<\/em> <em>origine et tendances r\u00e9centes<\/em>. En ligne\u00a0:\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.nss-journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf\">https:\/\/www.nss-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.nss-journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf\">journal.org\/articles\/nss\/pdf\/2012\/01\/nss120002.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Muller, Bertrand, Lalou, Ricard, Kouakou, Patrice, Soumar\u00e9, Mame Amar\u00e9, Bourgoin Jeremy, Dor\u00e9go S\u00e9raphin et Sine Bassirou. 2017. The return of Sanio millet in the Sine. Rational adaptation to climate evolution. In Sultan, Benjamin <em>et al.<\/em>, 2017, <em>Rural societies in face of climatic and environmental changes in West Africa <\/em>(p.\u00a0351-373). Marseille, IRD. <a href=\"https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers19-05\/010068401.pdf\">https:\/\/horizon.documentation.ird.fr\/exl-doc\/pleins_textes\/divers19-05\/010068401.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Quill\u00e9rou, Emmanuelle. 2019. <em>ELD CAMPUS Module<\/em>\u00a0: <em>Evaluation \u00e9conomique des services ecisystemiques.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">https:\/\/www.eld-<\/a> <a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Eval<\/a> <a href=\"https:\/\/www.eld-initiative.org\/fileadmin\/Knowledge_Hub\/ELD_Campus\/French_material\/Modul_08_Evaluation_economique_191028_www.pdf\">uation_economique_191028_www.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tourte, Ren\u00e9. 2005. <em>Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone. Le temps des stations et de la mise en valeur (1918-1940\/1945) <\/em>(Vol. 5). Rome\u00a0: Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture (FAO), 656 p.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Servain-Courant, Sylvie, Dournel, Sylvain et Andrieu, Dominique. 2012. L\u2019inscription paysag\u00e8re du risque d\u2019inondation dans les politiques urbaines des agglom\u00e9rations lig\u00e9riennes, proposition d\u2019un marqueur de r\u00e9silience spatiale. <em>Revue G\u00e9ographique de l&rsquo;Est <\/em>[En ligne], 51(3-4). URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/rge.revues.org\/3439\">http:\/\/rge.revues.org\/3439<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Le Calvez, Caroline, et Marega, Oumar. 2023. <em>Femmes et hommes des marais de Bourges (France, Cher) et de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal); Ensemble, vivre et s\u2019adapter au changement<\/em>. Fresque de 25 posters et kakemono, expos\u00e9 du 11 mai au 30 septembre au Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle de Bourges, du 1 au 15 octobre \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Dupanloup d\u2019Orl\u00e9ans, du 1 au 12 d\u00e9cembre dans le hall de l\u2019UFR LLSH de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, du 18 au 25 d\u00e9cembre au Centre culturel de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sajaloli, Bertrand, Le Calvez, Caroline, Marega, Oumar. 2024. L\u2019eau dans la ville\u00a0: am\u00e9nit\u00e9s et fragilit\u00e9s des zones humides urbaines du Nord et des Suds face au changement climatique. <em>Zones Humides Infos<\/em>, 105, 3-4. <a href=\"https:\/\/www.snpn.com\/produit\/zones-humides-infos-n-105-janvier-2024\/\">https:\/\/www.snpn.com\/produit\/zones-humides-infos-n-105-janvier-2024\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sy, Oumar. 2010. Mobilit\u00e9 pastorale dans la Basse vall\u00e9e du Ferlo dans le contexte de la remise en eau. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, 249, 31-46. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/com\/5848\">https:\/\/journals.openedition.org\/com\/5848<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/oumar-marega\">Oumar MAREGA<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, Laboratoire CEDETE<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/caroline-le-calvez\">Caroline LE CALVEZ<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, Laboratoire CEDETE<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/bertrand-sajaloli\">Bertrand SAJALOLI<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, Laboratoire CEDETE<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/aladji-madior-diop\">Aladji Madior DIOP<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 Alioune Diop, Bambey<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/adama-faye\">Adama FAYE<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 Alioune Diop, Bambey<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/coura-kane\">Coura KANE<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 Alioune Diop, Bambey<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/mamadou-saliou-mbengue\">Mamadou Saliou MBENGUE<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 Alioune Diop, Bambey<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-864-1\">L\u2019article mobilise et met en avant une partie des r\u00e9sultats issus des travaux effectu\u00e9s dans le cadre du programme BOUDIOU, un projet de recherche-action sur les marais urbains de Bourges (France) et les zones humides de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal) face au changement climatique. Il prolonge \u00e9galement les r\u00e9flexions engag\u00e9es dans le cadre du colloque international sur les am\u00e9nit\u00e9s et fragilit\u00e9s des zones humides urbaines du Nord et des Sud face au changement climatique (11 au 13 mai 2023 \u00e0 Bourges) et remobilise les donn\u00e9es issues de l\u2019exposition \u00ab femmes et hommes des marais de Bourges et des zones humides de Diourbel face au changement climatique \u00bb (Sajaloli <em>et al<\/em>., 2023) pr\u00e9sent\u00e9e tant en France qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal. <a href=\"#return-footnote-864-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-2\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, cotes 1 FI 1099 et 1 FI 353. <a href=\"#return-footnote-864-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-3\">Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal, Dakar, document de 1952, c\u00f4te 2G56 n\u00b0 109. <a href=\"#return-footnote-864-3\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 3\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-4\">Cote Po III 1451, Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal. <a href=\"#return-footnote-864-4\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 4\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-5\">Selon un entretien avec M. Alioune Tine, second-adjoint au maire de la ville de Diourbel, la ville fr\u00f4le les 160 000 \u00e0 170 000 habitants en 2023 d\u2019apr\u00e8s le dernier recensement. <a href=\"#return-footnote-864-5\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 5\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-6\">Symbole tragique de cet ass\u00e8chement des bas-fonds, le dernier ca\u00efman des zones humides de Diourbel est mort en 1987. <a href=\"#return-footnote-864-6\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 6\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-7\">Terme Wolof pouvant se traduire par \u00ab trou de sable \u00bb pour d\u00e9signer les zones humides qui ont pris place dans les anciennes carri\u00e8res d\u2019extraction de sable <a href=\"#return-footnote-864-7\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 7\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-8\">Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 retranscrits en fran\u00e7ais dans un fichier de pr\u00e8s de 200 000 signes. <a href=\"#return-footnote-864-8\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 8\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-9\">L\u2019\u00e9tude de Dieynaba BA (2023) sur les inondations \u00e0 Diourbel a constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey. <a href=\"#return-footnote-864-9\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 9\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-10\">L\u2019\u00e9tude d\u2019Adjara Fall (2023) a l\u00e0 aussi constitu\u00e9 son m\u00e9moire de Master 2, soutenu dans le cadre du Master D\u00e9veloppement Durable de l\u2019Universit\u00e9 Alioune Diop de Bambey. <a href=\"#return-footnote-864-10\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 10\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-864-11\">Terme wolof signifiant \u00ab Lieu d\u2019eau \u00bb, <em>Pencum Ndox <\/em>est le nom donn\u00e9 au projet de restauration \u00e9cologique d\u2019une portion de la vall\u00e9e du Sine \u00e0 Diourbel, et port\u00e9 par M. Sidy Guiss\u00e9 Diop. <a href=\"#return-footnote-864-11\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 11\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["oumar-marega","caroline-le-calvez","bertrand-sajaloli","aladji-madior-diop","adama-faye","coura-kane","mamadou-saliou-mbengue"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[269,268,267,266,270,271,265],"license":[],"class_list":["post-864","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","motscles-adaptation","motscles-perceptions","motscles-senegal","motscles-vallee-fossile-du-sine","motscles-variabilite-climatique","motscles-vulnerabilites","motscles-zone-humide-urbaine","keywords-adaptation","keywords-climate-variability","keywords-perceptions","keywords-senegal","keywords-sine-fossil-valley","keywords-urban-wetlands","keywords-vulnerabilities","motscles-autre-coppite-klimaa-bi","motscles-autre-fexe-and","motscles-autre-gaan-gaanu","motscles-autre-gis-gis-yi","motscles-autre-senegal","motscles-autre-tool-urbain","motscles-autre-valle-fosil-sinus","contributor-adama-faye","contributor-aladji-madior-diop","contributor-bertrand-sajaloli","contributor-caroline-le-calvez","contributor-coura-kane","contributor-mamadou-saliou-mbengue","contributor-oumar-marega"],"part":852,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/864","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/864\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1060,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/864\/revisions\/1060"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/852"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/864\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=864"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=864"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=864"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=864"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}