{"id":885,"date":"2024-12-29T20:53:31","date_gmt":"2024-12-29T19:53:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=885"},"modified":"2025-01-03T20:16:39","modified_gmt":"2025-01-03T19:16:39","slug":"sene_et_al2024","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/sene_et_al2024\/","title":{"rendered":"Analyse des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye dans une optique de pr\u00e9servation"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les zones humides sont des milieux divers, complexes, fragiles et extr\u00eamement riches et utiles \u00e0 la communaut\u00e9 (Bouscasse <em>et al.<\/em>, 2011). Elles sont de v\u00e9ritables foyers de biodiversit\u00e9 et fournissent l\u2019eau et la productivit\u00e9 dont des esp\u00e8ces innombrables de plantes et d\u2019animaux d\u00e9pendent pour leur survie. Elles offrent \u00e9galement d\u2019importantes possibilit\u00e9s d\u2019activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques (Badiane et Mbaye, 2018). Malgr\u00e9 leur importance et leurs multiples fonctions, les zones humides ont fait et font encore l\u2019objet de fortes pressions (pollution, drainage, irrigation, changement climatique\u2026) qui conduisent \u00e0 leur destruction. Dans les aires urbaines, les pressions exerc\u00e9es sur ces \u00e9cosyst\u00e8mes sont telles que l\u2019urbanisation est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019un des principaux facteurs de destruction des zones humides. La valorisation des services rendus par les \u00e9cosyst\u00e8mes est de plus en plus un motif pour justifier leur pr\u00e9servation au regard des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019elles procurent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Elle souligne en particulier le lien entre la d\u00e9termination des fonctionnalit\u00e9s des zones humides et l\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des services rendus dans la perspective d\u2019une aide \u00e0 la d\u00e9cision en mati\u00e8re de protection et de gestion de ces zones humides (Bouscasse <em>et al.<\/em>, 2011).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le S\u00e9n\u00e9gal abrite plusieurs zones humides qui se r\u00e9partissent entre la plaine d\u2019inondation du S\u00e9n\u00e9gal, le complexe delta\u00efque du S\u00e9n\u00e9gal, le Saloum et son delta, l\u2019estuaire de la Casamance et les Niayes. Ces derni\u00e8res s\u2019\u00e9tendent sur une bande de terre de 5 \u00e0 35 km de large pour une superficie estim\u00e9e \u00e0 2759 km\u00b2 (Ba, 2007). Les Niayes sont form\u00e9es par une succession de petites d\u00e9pressions humides (souvent transform\u00e9es en lacs temporaires durant la saison des pluies) plus ou moins inond\u00e9es par les pluies et surtout par la nappe phr\u00e9atique des sables du quaternaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye sont des anciennes lagunes qui appartiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des Niayes. Ils sont situ\u00e9s dans la banlieue de Dakar et abritent de nombreuses activit\u00e9s telles que l\u2019horticulture, la tannerie ou la p\u00eache. En outre, ils contribuent \u00e0 stocker les eaux pluviales pour r\u00e9guler les inondations devenues r\u00e9currentes dans la banlieue. Ces zones humides urbaines sont tr\u00e8s sensibles \u00e0 la variabilit\u00e9 climatique (Dasylva <em>et al.<\/em>, 2003; Aguiar, 2008; Ndiaye <em>et al.<\/em>, 2024) et aux impacts des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames (s\u00e9cheresse et inondations). Les s\u00e8cheresses persistantes enregistr\u00e9es dans le pays depuis la fin des ann\u00e9es 1960 ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019ass\u00e8chement de ces lacs. Les inondations r\u00e9currentes ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont fortement perturb\u00e9 ces lacs et menac\u00e9 les activit\u00e9s \u00e9conomiques (Dasylva, 2009), \u00e0 cause du drainage excessif des eaux pluviales tel que soulign\u00e9 par plusieurs usagers interrog\u00e9s[footnote]Donn\u00e9es pr\u00e9-enqu\u00eates.[\/footnote].<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs subissent \u00e9galement les effets n\u00e9gatifs d\u2019une urbanisation massive et d\u00e9structur\u00e9e qui perturbent les fonctions et les services qu\u2019ils rendent \u00e0 leurs usagers (Diop <em>et al.<\/em>, 2018; S\u00e8ne, 2018; Kital et Cohen, 2024). En effet, les ann\u00e9es de s\u00e9cheresse en 70 et 80 ont entrain\u00e9 l\u2019installation de fortes concentrations de populations autour des lacs et sur les zones humides ass\u00e9ch\u00e9es. Les communes install\u00e9es dans ces espaces (Yeumbeul Nord, Wakhinane Nimzat et Malika) enregistrent actuellement une densit\u00e9 de la population la plus forte de la r\u00e9gion de Dakar. Depuis le retour \u00e0 la normale pluviom\u00e9trique observ\u00e9e depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, les communes environnantes des lacs subissent des cycles r\u00e9p\u00e9titifs d\u2019inondations \u00e0 chaque saison de pluies avec de terribles cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques et environnementales.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs endurent des perturbations au plan hydrologique et une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux. La p\u00e9rennit\u00e9 des activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques autour de ces lacs est d\u00e9sormais menac\u00e9e alors qu\u2019elles constituent la source de revenus des centaines d\u2019usagers. La multifonctionnalit\u00e9 des lacs (sources de revenus pour les populations locales, r\u00e9gulation des inondations, etc.) tend vers la rupture pour un seul usage de stockage d\u2019eau. Comment ces lacs sont-ils utilis\u00e9s? Quelle est la valeur \u00e9conomique de ces usages? Quels sont les effets des inondations sur ces usages? Quels sont les impacts de la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux des lacs sur les activit\u00e9s \u00e9conomiques et leur p\u00e9rennit\u00e9? Pour aborder ces questions, cette contribution est structur\u00e9e comme suit\u00a0: la premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sentation des lacs et leurs usages, la deuxi\u00e8me partie pr\u00e9sente les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation des services \u00e9cosyst\u00e9miques utilis\u00e9es dans le cadre de cette \u00e9tude ainsi que les r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Pr\u00e9sentation des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les trois lacs \u00e9tudi\u00e9s font partie des formations lacustres situ\u00e9es sur la frange littorale de la Grande C\u00f4te du S\u00e9n\u00e9gal. Il s\u2019agit du lac Rose, du lac Tanma et du lac Mbeubeuss (figure\u00a01). Leur gen\u00e8se et leur \u00e9volution sont li\u00e9es aux variations climatiques observ\u00e9es pendant le quaternaire r\u00e9cent, notamment les variations du niveau marin (Morin, 1975). Ces lacs se seraient mis en place lors de la transgression nouakchottienne (7000 \u00e0 4200 ans BP) durant laquelle la mer aurait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019int\u00e9rieur des dunes pour former une lagune qui communiquait avec la mer (Ndao, 2005). La fermeture de la lagune intervenue durant la p\u00e9riode subactuelle (1700 ans BP) a isol\u00e9 cette unit\u00e9 qui \u00e9volue d\u00e9sormais comme des lacs aliment\u00e9s essentiellement par les apports pluviom\u00e9triques et la nappe phr\u00e9atique des sables du quaternaire. Les trois lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye sont de petites unit\u00e9s, peu profondes et comparables \u00e0 des \u00e9tangs naturels avec une circulation d\u2019eau lente voire nulle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Caract\u00e9ristiques des lacs \u00e9tudi\u00e9s (source\u00a0: Agence de d\u00e9veloppement municipal de Dakar, 2012)<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n<table class=\"aligncenter\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Caract\u00e9ristiques<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>P\u00e9rim\u00e8tre (m)<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Volume (m<sup>3<\/sup>)<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Lac Thiourour<\/td>\r\n<td>2125<\/td>\r\n<td>83400<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Lac Warouwaye<\/td>\r\n<td>3588<\/td>\r\n<td>246500<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Lac Wouye<\/td>\r\n<td>3423<\/td>\r\n<td>345300<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs sont localis\u00e9s dans la banlieue de Dakar (d\u00e9partements de Pikine Gu\u00e9diawaye et de Malika) \u00e0 cheval dans les communes de Wakhinane Nimzat (<em>Thiourour<\/em>), Yeumbeul Nord (<em>Warouwaye<\/em>) et Malika (<em>Wouye<\/em>).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Localisation des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<img class=\"wp-image-886 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"454\" height=\"321\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Planche 1. Quelques usages dans la zone des lacs<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_887\" align=\"aligncenter\" width=\"452\"]<img class=\"wp-image-887\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene.png\" alt=\"\" width=\"452\" height=\"411\" \/> A : mara\u00eechage; B : p\u00eache; C : tannerie; D : drainage des eaux de pluie; source\u00a0:\u00a0enqu\u00eates de terrain, 2017[\/caption]\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation des BSE des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Diverses techniques de mon\u00e9tarisation des services \u00e9cosyst\u00e9miques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es et class\u00e9es en plusieurs cat\u00e9gories (Dupras, Rev\u00e9ret et Hie, 2013; Mavsar <em>et al.<\/em>, 2013; TEEB, 2010; Bielsa <em>et al.<\/em>, 2009). Parmi elles, les m\u00e9thodes directes d\u2019estimation (les m\u00e9thodes bas\u00e9es sur les prix de march\u00e9, sur les co\u00fbts, la m\u00e9thode des prix h\u00e9donistes) et les m\u00e9thodes indirectes (les m\u00e9thodes contingentes et la m\u00e9thode de transfert) qui reposent sur des march\u00e9s hypoth\u00e9tiques adapt\u00e9s aux biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques qui n\u2019ont pas de march\u00e9 permettant leur valorisation mon\u00e9taire. Les biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques analys\u00e9s dans le cadre de cette \u00e9tude sont les services d\u2019approvisionnement (SA) et de r\u00e9gulation (SR) dont les m\u00e9thodes directes permettent d\u2019\u00e9valuer leur valeur \u00e9conomique. L\u2019\u00e9valuation des SA a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e sur la base de la m\u00e9thode des prix de march\u00e9 et permet d\u2019estimer la valeur \u00e9conomique des BSE qui sont vendus ou achet\u00e9s sur les march\u00e9s. Pour les services de r\u00e9gulation, la m\u00e9thode bas\u00e9e sur les co\u00fbts de remplacement a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e. Elle permet d\u2019attribuer une valeur mon\u00e9taire du bien et service \u00e9cosyst\u00e9mique identifi\u00e9 par le biais des prix des biens ou services de substitution.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00c9chantillonnage des usager\u00b7es enqu\u00eat\u00e9\u00b7es<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tape a d\u00e9but\u00e9 avec les recherches de statistiques sur la taille des populations. Sur la base des investigations effectu\u00e9es sur le terrain et des \u00e9changes avec les usager\u00b7es rencontr\u00e9\u00b7es, la population des trois lacs est estim\u00e9e \u00e0 1114 individus dont 883 sur le lac Wouye, 98 \u00e0 Warouwaye et 133 sur le lac Thiourour. Sur ce total, 10\u00a0% des usager\u00b7es sont enqu\u00eat\u00e9\u00b7es, soit 112 r\u00e9partis comme dans le tableau 2.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 2. R\u00e9partition des enqu\u00eat\u00e9s par usage et par lac<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n<table class=\"aligncenter\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Usager\u00b7es \/Lac<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Wouye<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Warouwaye<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Thiourour<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Horticulteurs<\/td>\r\n<td>77<\/td>\r\n<td>8<\/td>\r\n<td>2<\/td>\r\n<td>87<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Horticulteurs<\/td>\r\n<td>3<\/td>\r\n<td>2<\/td>\r\n<td>1<\/td>\r\n<td>6<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>P\u00eacheurs<\/td>\r\n<td>5<\/td>\r\n<td>1<\/td>\r\n<td>3<\/td>\r\n<td>9<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Tanneuses<\/td>\r\n<td>0<\/td>\r\n<td>0<\/td>\r\n<td>10<\/td>\r\n<td>10<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>85<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>11<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>16<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>112<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les usager\u00b7es interrog\u00e9\u00b7es ont \u00e9t\u00e9 choisi\u00b7es de mani\u00e8re al\u00e9atoire suivant leur disponibilit\u00e9 sur la base du nombre retenu par lac et par groupe d\u2019usager\u00b7es.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00c9laboration et administration du questionnaire<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La collecte des informations s\u2019est faite par un questionnaire adress\u00e9 aux usager\u00b7es. Le questionnaire est r\u00e9parti en plusieurs rubriques qui comprennent entre autres les caract\u00e9ristiques de l\u2019enqu\u00eat\u00e9\u00b7e, l\u2019identification des BSE des lacs et l\u2019analyse de leur \u00e9volution, l\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique de l\u2019activit\u00e9.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>D<\/strong><strong>\u00e9termination des co\u00fbts de remplacement <\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019estimation des co\u00fbts de remplacement du service de drainage et de stockage des eaux pluviales est bas\u00e9e sur les co\u00fbts des ouvrages pr\u00e9vus (infrastructures de drainage et d\u2019espaces de stockage, entre autres) dans le cadre de la mise en \u0153uvre du plan de drainage des eaux pluviales de la r\u00e9gion de Dakar (PDD). Pilot\u00e9 par l\u2019Agence de d\u00e9veloppement municipal (ADM), le PDD repose sur la conception d\u2019une ossature hydraulique qui cloisonne l\u2019espace en grands bassins versants (BV) ind\u00e9pendants. L\u2019\u00e9tablissement des prix unitaires des ouvrages s\u2019est appuy\u00e9 sur l\u2019examen de march\u00e9s au moment de la mise en \u0153uvre.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des services d\u2019approvisionnement<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude montre une diversit\u00e9 d\u2019activit\u00e9s autour des lacs ayant une rentabilit\u00e9 \u00e9conomique non n\u00e9gligeable. L\u2019apport \u00e9conomique de chaque activit\u00e9 est appr\u00e9ciable au regard du nombre d\u2019acteurs et d\u2019actrices qui s\u2019y mobilisent, mais surtout de la disponibilit\u00e9 et de la viabilit\u00e9 des facteurs de production.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>C<\/strong><strong>aract\u00e9ristiques des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les activit\u00e9s \u00e9conomiques identifi\u00e9es autour des lacs pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques variables selon leur nature, selon les groupes d\u2019acteurs et d\u2019actrices intervenant ou selon leur empreinte spatiale. La disponibilit\u00e9 de l\u2019eau reste le facteur d\u00e9terminant du d\u00e9veloppement de ces activit\u00e9s, mais il existe une sp\u00e9cificit\u00e9 pour chaque activit\u00e9 du point de vue de son organisation et de son fonctionnement.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>Le mara\u00eechage<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La pr\u00e9disposition des sols des<em> Niayes<\/em> au d\u00e9veloppement des cultures horticoles a permis aux populations anciennement \u00e9tablies de s\u2019activer dans le mara\u00eechage qu\u2019elles ont associ\u00e9 aux cultures sous pluies sur de larges surfaces. Avec l\u2019extension du b\u00e2ti, les p\u00e9rim\u00e8tres agricoles ne subsistent que sur les environs proches des trois lacs. Le lac <em>Wouye, <\/em>du fait de l\u2019importance des r\u00e9serves fonci\u00e8res encore disponibles par rapport aux deux autres lacs, concentre plus d\u2019actifs et de superficies cultiv\u00e9es. \u00c0 <em>Thiourour <\/em>comme \u00e0 <em>Warouwaye, <\/em>les exploitations qui subsistent se localisent sur les marges des d\u00e9pressions ou dans des maisons en d\u00e9but de construction. La taille des exploitations varie entre 100 et 500 m\u00b2. Plusieurs esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales sont cultiv\u00e9es dont la tomate, l\u2019oignon vert, le piment, le poivron, la courgette, le concombre, la patate, la menthe poivr\u00e9e, l\u2019aubergine, la laitue, le persil, le navet, le chou, la betterave, le poireau, le c\u00e8leri, le chou-fleur, la fraise, le manioc, l\u2019oseille, le gombo\u2026 L\u2019arboriculture est souvent associ\u00e9e aux cultures avec des plantations de bananiers, de cocotiers, de papayers et de grenadiers.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>La tannerie<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La tannerie (transformation de la peau d\u2019animaux en cuir) est pratiqu\u00e9e sur le lac <em>Thiourour<\/em>. Le site fait partie des rares espaces o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 est exerc\u00e9e sous sa forme traditionnelle \u00e0 Dakar. La tannerie est pratiqu\u00e9e depuis des g\u00e9n\u00e9rations par une communaut\u00e9 essentiellement Maure. Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9localisations du centre-ville en passant par Yarakh, Pikine ou encore \u00e0 Gu\u00e9diawaye (pr\u00e8s du lyc\u00e9e Limamou Laye), ce site de 2 ha \u00e0 l\u2019origine, a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9 par l\u2019administration de l\u2019\u00e9poque (dans les ann\u00e9es 1980) sous forme de bail. Depuis, l\u2019avanc\u00e9e des habitations et les inondations r\u00e9p\u00e9titives ont consid\u00e9rablement diminu\u00e9 l\u2019espace de travail.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>La p\u00eache<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La p\u00eache pratiqu\u00e9e sur les lacs est de type traditionnel, une p\u00eache artisanale essentiellement \u00e0 l\u2019aide de filets (dormant ou \u00e9pervier). Elle est pratiqu\u00e9e sur l\u2019ensemble des trois lacs durant toute l\u2019ann\u00e9e, pour la plupart par des p\u00eacheurs qui se d\u00e9placent sur les points d\u2019eau de la zone (Grande Niaye, Marigot de Tivaouane Peulh, entre autres) en fonction de la disponibilit\u00e9 des poissons. Les esp\u00e8ces p\u00each\u00e9es sont, suivant leur ordre d\u2019importance, le tilapia (carpe, <em>wass<\/em>), le silurus (<em>coler<\/em>) et le mulet (<em>guiss<\/em>). Le mat\u00e9riel de p\u00eache employ\u00e9 est rudimentaire, chaque p\u00eacheur dispose d\u2019un radeau confectionn\u00e9 \u00e0 partir des tiges de typha. L\u2019activit\u00e9, dont une partie est destin\u00e9e \u00e0 l\u2019autoconsommation, est aussi g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus assez consid\u00e9rables.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>L\u2019aviculture<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la zone des Niayes, les conditions climatiques favorables ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019essor de l\u2019activit\u00e9. Les exploitations exclusivement avicoles sont install\u00e9es autour des lacs, notamment autour du lac Wouye o\u00f9 elles sont plus nombreuses. Elles sont aussi pr\u00e9sentes dans les exploitations agricoles o\u00f9 les producteurs associent mara\u00eechage et aviculture. Le nombre de poulets de chair produits par campagne varie entre 350 et 1000 sujets. Pour les pondeuses, on compte habituellement entre 1000 et 2000 sujets.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des activit\u00e9s<\/strong><\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>Revenus tir\u00e9s des activit\u00e9s<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les revenus annuels des mara\u00eecher\u00b7es sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 partir des quantit\u00e9s moyennes produites par campagne, du nombre moyen de campagnes effectu\u00e9es pour chaque sp\u00e9culation dans l\u2019ann\u00e9e et de leur prix de vente. Ils sont compris entre 734 200 et 5 796 000 F CFA.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les acteurs et actrices qui s\u2019activent dans la tannerie estiment que leur travail est assez rentable. Les marges de b\u00e9n\u00e9fice s\u2019\u00e9l\u00e8vent entre 80 \u00e0 156 % par rapport aux co\u00fbts de production. Les revenus annuels enregistr\u00e9s par la tannerie sont compris entre 424 575 et 1 131 300 F CFA.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux p\u00eacheurs, les revenus fluctuent suivant les quantit\u00e9s de poissons avec des gains journaliers allant de 4000 \u00e0 10000\u00a0F\u00a0CFA.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les aviculteurs enregistrent des revenus qui varient entre 1\u00a0425\u00a0000 \u00e0 4\u00a0800\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA par ann\u00e9e. Plus de 70\u00a0% d\u2019entre eux ont des recettes annuelles sup\u00e9rieures \u00e0 2 500 000 F CFA.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>Recette annuelle des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les recettes annuelles pour les 112 usager\u00b7es enqu\u00eat\u00e9\u00b7es s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 262\u00a0170\u00a0025\u00a0F\u00a0CFA. Cette valeur rapport\u00e9e au nombre d\u2019usager\u00b7es qui s\u2019activent autour des lacs donne un total de 2\u00a0607\u00a0655\u00a0427,\u00a023\u00a0F\u00a0CFA par ann\u00e9e pour les mille-cent-quatorze (1114) usager\u00b7es. L\u2019horticulture est l\u2019activit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e8re le plus de revenus (figure 2), soit 64,11\u00a0% de la recette totale. Elle est suivie de l\u2019aviculture avec 27,66\u00a0%; la tannerie et la p\u00eache repr\u00e9sentent respectivement 3, 28\u00a0% et 4,94\u00a0% du total.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. R\u00e9partition des revenus des 112 usager\u00b7es<img class=\"wp-image-888 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"482\" height=\"262\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des services de r\u00e9gulation<\/strong><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs, comme l\u2019ensemble des d\u00e9pressions inter-dunaires, stockaient naturellement les eaux de ruissellement provenant des pluies avant que l\u2019urbanisation n\u2019obstrue les chemins naturels (Diop, 2005) emp\u00eachant l\u2019\u00e9coulement gravitaire des eaux vers les points bas tels que les lacs. Ce qui constitue l\u2019un des facteurs aggravants des inondations dans la banlieue de Dakar. Dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution du plan directeur de drainage des eaux pluviales (PDD), le PROGEP a r\u00e9alis\u00e9 des canaux raccordant les diff\u00e9rents bassins de r\u00e9tention du bassin versant de Thiourour en plus d\u2019un ouvrage de connexion entre les lacs Thiourour et Warouwaye. Des r\u00e9seaux secondaires sont ajout\u00e9s pour raccorder certains points des quartiers riverains. Le bassin versant de Yeumbeul (qui int\u00e8gre le lac Wouye) est \u00e9quip\u00e9 de treize ouvrages structurants dont six collecteurs, deux bassins, dont le bassin de Yeumbeul Nord (mare de Yawack) et un ouvrage de rejet \u00e0 la mer.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. R\u00e9seau de drainage des eaux pluviales autour des lacs (source de donn\u00e9es ADM)<img class=\"wp-image-889 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"460\" height=\"325\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le co\u00fbt des \u00e9quipements de drainage du plan directeur de drainage est estim\u00e9 \u00e0 93.1 milliards CFA (206 millions US\u00a0$) dont 74.5 milliards CFA pour l\u2019\u00e9quipement en canaux, bassins de stockage et ouvrages de rejet (tableau 3).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 3. Les co\u00fbts estim\u00e9s des \u00e9quipements de drainage du plan directeur de drainage dans le cadre du PROGEP, source ADM<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\" align=\"center\">\r\n<table class=\"aligncenter\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Investissements<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>Co\u00fbts en CFA<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Canaux de drainage<\/td>\r\n<td>42.7 milliards<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Espaces de stockage des eaux pluviales<\/td>\r\n<td>22.2 milliards<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Rejets en mer<\/td>\r\n<td>9.5 milliards<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>74.5 milliards<\/strong><\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n<\/div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le co\u00fbt unitaire des canaux de drainage est compris entre 900 000 F CFA et 1,007 milliards. Pour les espaces de stockage des eaux pluviales, les co\u00fbts varient entre 30 et 351 millions de CFA et les ouvrages de rejets en mer entre 142 millions et 1,090 milliards. Ces estimations donnent une id\u00e9e de la valeur \u00e9conomique de la fonction de drainage et de stockage des eaux pluviales.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des usages des lacs permet de disposer d\u2019informations pr\u00e9cises sur l\u2019utilit\u00e9 et le poids \u00e9conomique des usages des lacs afin de justifier leur pr\u00e9servation. Cependant, la premi\u00e8re contrainte not\u00e9e dans cet exercice est de disposer de chiffres officiels du nombre de personnes concern\u00e9es par les activit\u00e9s \u00e9conomiques li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence des lacs. Sur la base des enqu\u00eates effectu\u00e9es, 1114 usagers ont \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9s dont 800 mara\u00eecher\u00b7es autour du lac Wouye alors que Faye (2015) y d\u00e9nombre 300 mara\u00eecher\u00b7es. Si l\u2019auteur n\u2019apporte pas de pr\u00e9cisions sur la source de ces chiffres, les diff\u00e9rentes visites effectu\u00e9es ont permis de constater la fluctuation constante du nombre de mara\u00eecher\u00b7es pr\u00e9sent\u00b7es et des p\u00e9rim\u00e8tres emblav\u00e9s. Ceci s\u2019explique en partie par le fait que les mara\u00eecher\u00b7es abandonnent et reprennent leur exploitation en fonction de l\u2019\u00e9tendue des crues des lacs d\u2019une part et d\u2019autre part, le b\u00e2ti continue \u00e0 s\u2019\u00e9tendre vers les lacs. Par ailleurs, les revenus tir\u00e9s des activit\u00e9s sont cependant disparates et d\u00e9pendent souvent du type d\u2019activit\u00e9 et des moyens investis. Les aviculteurs interrog\u00e9s gagnent entre 1 425 000 et 4 800 000 FCFA par ann\u00e9e alors que les mara\u00eecher\u00b7es ont des revenus annuels compris entre 734 200 et 5 796 000 F CFA. Le m\u00eame constat est aussi not\u00e9 sur le site horticole de Camb\u00e9r\u00e8ne o\u00f9 les revenus annuels de 169 mara\u00eecher\u00b7es sont compris entre 50\u00a0000 et 5\u00a0000\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA (Niang <em>et al.<\/em>, 2001). Les revenus cumul\u00e9s des 88 mara\u00eecher\u00b7es interrog\u00e9\u00b7es sont de 168\u00a0098\u00a0450\u00a0F\u00a0CFA tandis que Diagne <em>et al.<\/em> (2006) estimaient \u00e0 102\u00a0654\u00a0250\u00a0F\u00a0CFA les revenus gagn\u00e9s par 70 mara\u00eecher\u00b7es \u00e9tabli\u00b7es sur les Niayes de Thiaroye Yeumbeul Nord en 2003. Il apparait donc que les lacs permettent aux usagers dont la plupart habitent dans les quartiers environnants de disposer d\u2019activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces activit\u00e9s sont souvent un d\u00e9but de solution pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des populations (Gaye et Niang, 2010). La mise en place du plan de drainage des eaux pluviales (PDD) est une r\u00e9ponse aux innombrables inondations enregistr\u00e9es dans la r\u00e9gion de Dakar provoquant de lourdes cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques et sanitaires. Cette situation est en grande partie caus\u00e9e par l\u2019\u00e9talement progressif du b\u00e2ti sur le r\u00e9seau hydrographique naturel des Niayes o\u00f9 les chemins de ruissellement naturels des eaux pluviales sont entrav\u00e9s. La banlieue de Dakar est la zone la plus touch\u00e9e par les inondations r\u00e9currentes. En 2009, 360\u00a0000 personnes ont \u00e9t\u00e9 directement affect\u00e9es par les inondations \u00e0 Pikine et 22\u00a0000 personnes \u00e0 Guediawaye (IAGU, 2019). Apr\u00e8s de nombreuses interventions ponctuelles pour contenir les inondations (plan ORSEC, plan Jaxaay\u2026), les gestionnaires ont cherch\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre des solutions durables. C\u2019est dans cette optique que la restauration du r\u00e9seau hydrographique des Niayes a \u00e9t\u00e9 retenue comme une solution pour la gestion durable des inondations, le drainage et le stockage des eaux pluviales sont naturellement effectu\u00e9s par la zone humide des Niayes. La perturbation de cette fonction \u00e9cologique a contraint les gestionnaires \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 sa restauration par la mise en place d\u2019un r\u00e9seau de drainage qui reproduit la configuration initiale des \u00e9coulements pour r\u00e9duire les inondations.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La restauration ou le remplacement de ce service rendu par l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me est tr\u00e8s couteux. Le co\u00fbt de mise en place du PDD pour les phases qui int\u00e8grent les trois lacs est de 74.5 milliards de F\u00a0CFA. Le PDD a certes permis d\u2019att\u00e9nuer les impacts des inondations. Cependant, la durabilit\u00e9 des \u00e9quipements reste tributaire de leur syst\u00e8me d\u2019exploitation et d\u2019entretien. Aussi, le drainage excessif des eaux pluviales vers les lacs constitue-t-il une menace pour leur survie comme le t\u00e9moigne le niveau d\u2019eutrophisation avanc\u00e9 des lacs. Pourtant, une meilleure gestion du syst\u00e8me de drainage des eaux pluviales qui int\u00e8grerait davantage la dimension environnementale pourrait conduire \u00e0 la renaturation des zones humides des Niayes. Cela passe par la r\u00e9utilisation des exc\u00e9dents d\u2019eaux de la nappe phr\u00e9atique et des eaux pluviales et par le renforcement de l\u2019agriculture p\u00e9ri urbaine (Pfeifer et Hitz, 2011). \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, notamment les zones humides, sont de plus en plus sollicit\u00e9s pour leur r\u00f4le dans l\u2019adaptation aux changements climatiques, les lacs, tr\u00e8s fragilis\u00e9s, voient leurs potentialit\u00e9s \u00e9conomiques et environnementales fortement affaiblies. Leur pr\u00e9servation, bien que compromise, d\u00e9pend de la capacit\u00e9 des gestionnaires \u00e0 stopper et \u00e0 \u00e9viter tout dommage et destruction suppl\u00e9mentaire.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette analyse a permis de mesurer l\u2019importance des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye, malgr\u00e9 le contexte de plus en plus difficile dans lequel ils subsistent. Ces lacs, situ\u00e9s dans la banlieue de Dakar, subissent de fortes pressions telles que la pr\u00e9sence d\u2019une forte concentration de la population et d\u2019un habitat non structur\u00e9 autour des lacs, les inondations r\u00e9p\u00e9titives, le drainage excessif des eaux pluviales\u2026<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des usages des lacs montre qu\u2019ils fournissent encore des services importants. Les activit\u00e9s \u00e9conomiques d\u00e9pendantes g\u00e9n\u00e8rent des revenus consid\u00e9rables. Les recettes annuelles pour les 112 usagers enqu\u00eat\u00e9s s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 262 170 025 F CFA. Elles sont estim\u00e9es \u00e0 2 607 655 427,23 F CFA pour les 1114 usager\u00b7es. Cela contribue largement \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des usagers. Le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des infrastructures du plan de drainage des eaux pluviales (PDD) mis en \u0153uvre par le PROGEP \u00e9valu\u00e9 \u00e0 74.5 milliards de F CFA permet de saisir l\u2019importance de la fonction de r\u00e9gulation que jouent les lacs dans la gestion des inondations. N\u00e9anmoins, l\u2019une des contraintes majeures actuelles est la difficile conciliation entre le stockage des eaux pluviales et le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s \u00e9conomiques. Les eaux pluviales sont excessivement drain\u00e9es sur les lacs perturbant ainsi l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me et les activit\u00e9s d\u00e9pendantes. La survie des lacs, bien que compromise, d\u00e9pend de la capacit\u00e9 des gestionnaires (les collectivit\u00e9s territoriales notamment) \u00e0 mettre en place un plan d\u2019am\u00e9nagement concert\u00e9 qui pr\u00e9servera l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me lacustre et assurera le maintien des activit\u00e9s \u00e9conomiques. Par ailleurs, un suivi de la qualit\u00e9 des eaux doit \u00eatre effectu\u00e9 pour \u00e9valuer les impacts du drainage sur l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me et sur les activit\u00e9s \u00e9conomiques d\u00e9pendantes.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Aguiar, Lazar Augustin. 2008. <em>Impact de la variabilit\u00e9 climatique r\u00e9cente sur les \u00e9cosyst\u00e8mes des niayes du S\u00e9n\u00e9gal entre 1950 et 2004<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, 185 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Ba, Awa 2007. <em>Les fonctions reconnues \u00e0 l\u2019agriculture intra et p\u00e9riurbaine (AIPU) dans le contexte dakarois<\/em>;<em> caract\u00e9risation, analyse et diagnostic de durabilit\u00e9 de cette agriculture en vue de son int\u00e9gration dans le projet urbain de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, UCAD, AgroParisTech, 356 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Sidia, Diaouma Badiane et Edm\u00e9e Mbaye. 2018. Zones humides urbaines \u00e0 double visage \u00e0 Dakar: opportunit\u00e9 ou menace? <em>Sciences Eaux &amp; Territoires<\/em>, <em>la revue d'Irstea<\/em>, hors-s\u00e9rie num\u00e9ro 51, 5 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Bielsa, Sabine <em>et al.<\/em> \u00a02009. <em>Approche \u00e9conomique de la biodiversit\u00e9 et des services li\u00e9s aux \u00e9cosyst\u00e8mes. Contribution \u00e0 la d\u00e9cision publique<\/em>, Rapport d\u2019expertise Centre d\u2019analyse strat\u00e9gique. \u00a0Paris, 399 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Bouscasse, H\u00e9l\u00e8ne <em>et al<\/em>. 2011. <em>\u00c9valuation \u00e9conomique des services rendus par les zones humides \u2013 Enseignements m\u00e9thodologiques de mon\u00e9tarisation<\/em>. Rapport technique Irstea,\u00a0 220 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Dasylva, Sylvestre., Cosandey Claude, Orange Didier et Sambou Soussou. 2003. Ass\u00e8chement des \u00ab niayes \u00bb (bas-fonds agricoles) de la R\u00e9gion de Dakar durant la p\u00e9riode 1960 \u2013 1990: variabilit\u00e9 spatiale et r\u00f4le jou\u00e9 par la pluviosit\u00e9. <em>Sud Science et Technologie<\/em>, 11, 27-34.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Dasylva, Syvestre. 2009. <em>Inondations \u00e0 Dakar et au Sahel : gestion durable des eaux de pluie<\/em>. ENDA Editions-CECI, 265 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Diagne, Alioune <em>et al<\/em>. 2006. <em>Rapport de l\u2019\u00e9tude exploratoire de l\u2019agriculture urbaine dans la ville de Pikine (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. IAGU, RUAF Fondation, 72 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Diop, Assane. 2005. <em>\u00c9tude de l\u2019impact de l\u2019urbanisation sur le r\u00e9seau hydrographique de la r\u00e9gion des niayes entre Dakar et Sangalkam<\/em>. M\u00e9moire de DEA, UCAD, 69 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Diop, Khalifa, Faye Cheikh Ahmed Tidjane, et Sow Seydou Alassane. 2018. Dynamique de l\u2019extension urbaine sur la Grande Niayes de Pikine entre 1997-2016 : quelles menaces sur l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine? <em>Afrique SCIENCE<\/em>, <em>14<\/em>(5), 285-298.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Dupras, J\u00e9r\u00f4me., Rev\u00e9ret Jean-Pierre et He Jie. 2013. <em>L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques dans un contexte de changements climatiques. Un guide m\u00e9thodologique pour une augmentation de la capacit\u00e9 \u00e0 prendre des d\u00e9cisions d\u2019adaptation<\/em>. Ouranos, Canada, 218 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Faye, Mbaye Mbengue. 2015. <em>Actualisation de l\u2019\u00e9tude d\u2019impact environnemental et social<\/em>. PROGEP Phase 2, 2\u00e8me tranche : bassin versant Mbeubeuss, 143 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Gaye, Malick et Niang Seydou, 2010. <em>Manuel des bonnes pratiques de l\u2019utilisation saine des eaux us\u00e9es dans l\u2019agriculture urbaine<\/em>. ENDA RUP, 126 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">IAGU, 2019. <em>Les inondations \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal). Gestion des risques et adaptations locales<\/em>, 45 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Kital, Mal\u00e9 et Cohen Marianne. 2024. Changement d\u2019occupation des Niayes de la banlieue de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal), en relation avec la variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique entre 1972 et 2022. <em>Zones Humides Infos<\/em>, 105, 9. https:\/\/hal.science\/hal-04582980\/document<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Mavsar, Robert, Varela Elsa, Gouriveau Fabrice et Herreros Fernando. 2013. M\u00e9thodes et outils d\u2019\u00e9valuation socio-\u00e9conomique des biens et services rendus par les \u00e9cosyst\u00e8mes bois\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ens. <em>Rapport de la deuxi\u00e8me composante du projet \u00ab Optimiser la production de biens et services par les \u00e9cosyst\u00e8mes bois\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ens dans un contexte de changements globaux \u00bb<\/em>, 38-49.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Ndao, Mari\u00e9tou. 2005. <em>Les Niayes de la presqu\u2019\u00eele du Cap vert : h\u00e9ritages en devenir en r\u00e9gion urbaine<\/em>. M\u00e9moire de DEA, Universit\u00e9 Michel de Montaigne, Bordeaux III, 86 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Ndiaye, Maguette., Manga Alla, Diop Cheikh et Sagna, Pascal. 2024. \u00c9volution spatiale du bassin mara\u00eecher Sud des Niayes m\u00e9ridionales \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal) dans un contexte de variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique. <em>Revue Internationale du chercheur<\/em>, <em>5<\/em>(1), 900-924.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Pfeifer, Hans-Rudolf. et Hitz Carmen. 2011. D\u00e9veloppement d\u2019un mod\u00e8le de strat\u00e9gie int\u00e9gr\u00e9e d\u2019am\u00e9nagement et de gestion durable des zones humides urbaines pour la maitrise des inondations \u00e0 Dakar. Dans <em>Quelles synergies face aux inondations de la r\u00e9gion de Dakar, Conseil R\u00e9gional de Dakar<\/em>, rapport d\u2019activit\u00e9, 28-29.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">S\u00e8ne, A\u00efssatou, Sarr Mamadou Adama, Kane Alioune et Diallo Mari\u00e8me. 2018. L\u2019ass\u00e8chement des lacs littoraux de la grande c\u00f4te du S\u00e9n\u00e9gal : mythe ou r\u00e9alit\u00e9 ? Cas des lacs Thiourour Warouwaye et Wouye de la banlieue de Dakar. <em>Journal of Animal &amp; Plant Sciences<\/em>, <em>35<\/em>(2), 5623-5638.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">TEEB. 2010. The Economics of Ecosystems and Biodiversity: Mainstreaming the Economics of Nature: A synthesis of the approach, conclusions and recommendations of TEEB, 38 pages. <a href=\"https:\/\/www.teebweb.org\/wpcontent\/uploads\/Study%20and%20Reports\/Reports\/Synthesis%20report\/TEEB%20Synthesis%20Report%202010.pdf\">https:\/\/www.teebweb.org\/wpcontent\/uploads\/Study%20and%20Reports\/Reports\/Synthesis%20report\/TEEB%20Synthesis%20Report%202010.pdf<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019objectif de cette \u00e9tude est d\u2019\u00e9valuer la valeur \u00e9conomique des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye, localis\u00e9s dans la banlieue de Dakar (\u00e0 cheval sur les communes de Wakhinae Nimzatt, Yeumbeul Nord et Malika) et faisant partie de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des <em>Niayes <\/em>qui borde la fa\u00e7ade nord de l\u2019oc\u00e9an Atlantique. Il s\u2019agit pr\u00e9cis\u00e9ment des services d\u2019approvisionnement et de r\u00e9gulation en vue de l\u2019adoption des strat\u00e9gies d\u2019am\u00e9nagement urbain durables. L\u2019approche m\u00e9thodologique s\u2019est bas\u00e9e sur une revue documentaire et sur des enqu\u00eates socio-\u00e9conomiques men\u00e9es aupr\u00e8s des usager\u00b7es pour d\u00e9terminer les fonctions des lacs et \u00e9valuer la valeur \u00e9conomique des activit\u00e9s d\u00e9pendantes. Les r\u00e9sultats montrent que les activit\u00e9s qui y sont d\u00e9velopp\u00e9es g\u00e9n\u00e8rent des revenus. Par ailleurs, l\u2019existence de ces lacs et des d\u00e9pressions naturelles a permis de r\u00e9duire les inondations et les co\u00fbts destin\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation des bassins de stockage des eaux pluviales pour lutter contre les inondations. Leur int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique et environnemental appelle \u00e0 une meilleure prise en compte de ces unit\u00e9s dans la planification urbaine et \u00e0 la mise en place des politiques d\u2019am\u00e9nagement plus durables.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/amenagement-urbain\/\">am\u00e9nagement urbain<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/dakar\/\">Dakar<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/economie\/\">\u00e9conomie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/gestion-durable\/\">gestion durable<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/inondations\/\">inondations<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/lac\/\">lac<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The aim of this study is to assess the economic value of the ecosystem goods and services of lakes Thiourour, Warouwaye and Wouye, located in the suburbs of Dakar (straddling the communes of Wakhinae Nimzatt, Yeumbeul Nord and Malika) and forming part of the Niayes ecosystem, which borders the northern Atlantic Ocean. The focus was on supply and regulation services with a view to adopting sustainable urban development strategies. The methodological approach was based on a literature review and socio-economic surveys of users to determine the functions of the lakes and assess the economic value of the dependent activities. The results show that the activities developed there generate income. In addition, the existence of these lakes and natural depressions has made it possible to reduce flooding and the costs of creating rainwater storage basins to combat flooding. Their economic and environmental benefits call for greater consideration to be given to these units in urban planning and the introduction of more sustainable development policies.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/dakar\/\">Dakar<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/economy\/\">economy<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/flooding\/\">flooding<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/lake\/\">lake<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/sustainable-management\/\">sustainable management<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/urban-development\/\">urban development<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (wolof)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Li g\u00ebstu bi di y\u00f3otu mooy xool njari\u00f1u koom-koomu lak Thiourour, Warouwaye ak Wouye, yi nekk ci biir d\u00ebkki Dakar (di j\u00e0kkarloo ak commune yu Wakhinae Nimzatt, Yeumbeul Nord ak Malika) te bokk ci Niayes ecosystem biy f\u00e9ete ci nord bi ci g\u00e9eju Atlantik. Loolu mooy sarwis yuy joxe ak yamale ay mbir ngir m\u00ebna j\u00ebl pexe yuy y\u00e0gg ngir yokkute d\u00ebkk yu mag yi. Xeetu j\u00ebfandikoo gi dafa sukkandikoo ci j\u00e0ngat dokimaa ak j\u00e0ngat sosio-ekonomik yu\u00f1 amal ci j\u00ebfandikukat yi ngir xam ligg\u00e9eyu lak yi ak j\u00e0ngat njari\u00f1u koom-koomu ligg\u00e9ey yi ciy aju. Resultaa yi da\u00f1u wane ni ligg\u00e9ey yi\u00f1 fa def da\u00f1uy jur xaalis. Rax ci dolli, nekkinu lak yooyu ak ay depresio\u014b natureel taxna \u00f1u w\u00e0\u00f1\u00f1i mb\u00ebnd yi ak nj\u00ebgu defar ay bassin ngir denc ndoxu taw ngir xeex mb\u00ebnd yi. Seen njari\u00f1 ci w\u00e0llu koom-koom ak environmaa bi mooy \u00f1u g\u00ebna b\u00e0yyi xel ci w\u00e0ll yooyu ci w\u00e0llu plaani\u014b urbain ak amal ay politik yuy g\u00ebna dundal yokkute.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (wolof)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/dakar\/\">Dakar<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/gestion-durable\/\">gestion durable<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/koom\/\">koom<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/lac\/\">lac<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/mbend\/\">mb\u00ebnd<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/planification-urbaine\/\">planification urbaine<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>27 mars 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>20 septembre 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>31 d\u00e9cembre 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les zones humides sont des milieux divers, complexes, fragiles et extr\u00eamement riches et utiles \u00e0 la communaut\u00e9 (Bouscasse <em>et al.<\/em>, 2011). Elles sont de v\u00e9ritables foyers de biodiversit\u00e9 et fournissent l\u2019eau et la productivit\u00e9 dont des esp\u00e8ces innombrables de plantes et d\u2019animaux d\u00e9pendent pour leur survie. Elles offrent \u00e9galement d\u2019importantes possibilit\u00e9s d\u2019activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques (Badiane et Mbaye, 2018). Malgr\u00e9 leur importance et leurs multiples fonctions, les zones humides ont fait et font encore l\u2019objet de fortes pressions (pollution, drainage, irrigation, changement climatique\u2026) qui conduisent \u00e0 leur destruction. Dans les aires urbaines, les pressions exerc\u00e9es sur ces \u00e9cosyst\u00e8mes sont telles que l\u2019urbanisation est consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019un des principaux facteurs de destruction des zones humides. La valorisation des services rendus par les \u00e9cosyst\u00e8mes est de plus en plus un motif pour justifier leur pr\u00e9servation au regard des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019elles procurent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Elle souligne en particulier le lien entre la d\u00e9termination des fonctionnalit\u00e9s des zones humides et l\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des services rendus dans la perspective d\u2019une aide \u00e0 la d\u00e9cision en mati\u00e8re de protection et de gestion de ces zones humides (Bouscasse <em>et al.<\/em>, 2011).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le S\u00e9n\u00e9gal abrite plusieurs zones humides qui se r\u00e9partissent entre la plaine d\u2019inondation du S\u00e9n\u00e9gal, le complexe delta\u00efque du S\u00e9n\u00e9gal, le Saloum et son delta, l\u2019estuaire de la Casamance et les Niayes. Ces derni\u00e8res s\u2019\u00e9tendent sur une bande de terre de 5 \u00e0 35 km de large pour une superficie estim\u00e9e \u00e0 2759 km\u00b2 (Ba, 2007). Les Niayes sont form\u00e9es par une succession de petites d\u00e9pressions humides (souvent transform\u00e9es en lacs temporaires durant la saison des pluies) plus ou moins inond\u00e9es par les pluies et surtout par la nappe phr\u00e9atique des sables du quaternaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye sont des anciennes lagunes qui appartiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des Niayes. Ils sont situ\u00e9s dans la banlieue de Dakar et abritent de nombreuses activit\u00e9s telles que l\u2019horticulture, la tannerie ou la p\u00eache. En outre, ils contribuent \u00e0 stocker les eaux pluviales pour r\u00e9guler les inondations devenues r\u00e9currentes dans la banlieue. Ces zones humides urbaines sont tr\u00e8s sensibles \u00e0 la variabilit\u00e9 climatique (Dasylva <em>et al.<\/em>, 2003; Aguiar, 2008; Ndiaye <em>et al.<\/em>, 2024) et aux impacts des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames (s\u00e9cheresse et inondations). Les s\u00e8cheresses persistantes enregistr\u00e9es dans le pays depuis la fin des ann\u00e9es 1960 ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019ass\u00e8chement de ces lacs. Les inondations r\u00e9currentes ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont fortement perturb\u00e9 ces lacs et menac\u00e9 les activit\u00e9s \u00e9conomiques (Dasylva, 2009), \u00e0 cause du drainage excessif des eaux pluviales tel que soulign\u00e9 par plusieurs usagers interrog\u00e9s<a class=\"footnote\" title=\"Donn\u00e9es pr\u00e9-enqu\u00eates.\" id=\"return-footnote-885-1\" href=\"#footnote-885-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs subissent \u00e9galement les effets n\u00e9gatifs d\u2019une urbanisation massive et d\u00e9structur\u00e9e qui perturbent les fonctions et les services qu\u2019ils rendent \u00e0 leurs usagers (Diop <em>et al.<\/em>, 2018; S\u00e8ne, 2018; Kital et Cohen, 2024). En effet, les ann\u00e9es de s\u00e9cheresse en 70 et 80 ont entrain\u00e9 l\u2019installation de fortes concentrations de populations autour des lacs et sur les zones humides ass\u00e9ch\u00e9es. Les communes install\u00e9es dans ces espaces (Yeumbeul Nord, Wakhinane Nimzat et Malika) enregistrent actuellement une densit\u00e9 de la population la plus forte de la r\u00e9gion de Dakar. Depuis le retour \u00e0 la normale pluviom\u00e9trique observ\u00e9e depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, les communes environnantes des lacs subissent des cycles r\u00e9p\u00e9titifs d\u2019inondations \u00e0 chaque saison de pluies avec de terribles cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques et environnementales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs endurent des perturbations au plan hydrologique et une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux. La p\u00e9rennit\u00e9 des activit\u00e9s socio-\u00e9conomiques autour de ces lacs est d\u00e9sormais menac\u00e9e alors qu\u2019elles constituent la source de revenus des centaines d\u2019usagers. La multifonctionnalit\u00e9 des lacs (sources de revenus pour les populations locales, r\u00e9gulation des inondations, etc.) tend vers la rupture pour un seul usage de stockage d\u2019eau. Comment ces lacs sont-ils utilis\u00e9s? Quelle est la valeur \u00e9conomique de ces usages? Quels sont les effets des inondations sur ces usages? Quels sont les impacts de la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des eaux des lacs sur les activit\u00e9s \u00e9conomiques et leur p\u00e9rennit\u00e9? Pour aborder ces questions, cette contribution est structur\u00e9e comme suit\u00a0: la premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sentation des lacs et leurs usages, la deuxi\u00e8me partie pr\u00e9sente les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation des services \u00e9cosyst\u00e9miques utilis\u00e9es dans le cadre de cette \u00e9tude ainsi que les r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Pr\u00e9sentation des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les trois lacs \u00e9tudi\u00e9s font partie des formations lacustres situ\u00e9es sur la frange littorale de la Grande C\u00f4te du S\u00e9n\u00e9gal. Il s\u2019agit du lac Rose, du lac Tanma et du lac Mbeubeuss (figure\u00a01). Leur gen\u00e8se et leur \u00e9volution sont li\u00e9es aux variations climatiques observ\u00e9es pendant le quaternaire r\u00e9cent, notamment les variations du niveau marin (Morin, 1975). Ces lacs se seraient mis en place lors de la transgression nouakchottienne (7000 \u00e0 4200 ans BP) durant laquelle la mer aurait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l\u2019int\u00e9rieur des dunes pour former une lagune qui communiquait avec la mer (Ndao, 2005). La fermeture de la lagune intervenue durant la p\u00e9riode subactuelle (1700 ans BP) a isol\u00e9 cette unit\u00e9 qui \u00e9volue d\u00e9sormais comme des lacs aliment\u00e9s essentiellement par les apports pluviom\u00e9triques et la nappe phr\u00e9atique des sables du quaternaire. Les trois lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye sont de petites unit\u00e9s, peu profondes et comparables \u00e0 des \u00e9tangs naturels avec une circulation d\u2019eau lente voire nulle.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 1. Caract\u00e9ristiques des lacs \u00e9tudi\u00e9s (source\u00a0: Agence de d\u00e9veloppement municipal de Dakar, 2012)<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<table class=\"aligncenter\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Caract\u00e9ristiques<\/strong><\/td>\n<td><strong>P\u00e9rim\u00e8tre (m)<\/strong><\/td>\n<td><strong>Volume (m<sup>3<\/sup>)<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lac Thiourour<\/td>\n<td>2125<\/td>\n<td>83400<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lac Warouwaye<\/td>\n<td>3588<\/td>\n<td>246500<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lac Wouye<\/td>\n<td>3423<\/td>\n<td>345300<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs sont localis\u00e9s dans la banlieue de Dakar (d\u00e9partements de Pikine Gu\u00e9diawaye et de Malika) \u00e0 cheval dans les communes de Wakhinane Nimzat (<em>Thiourour<\/em>), Yeumbeul Nord (<em>Warouwaye<\/em>) et Malika (<em>Wouye<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Localisation des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-886 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"454\" height=\"321\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al.jpg 1123w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-1024x724.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-768x543.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Sene-et-al-350x247.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Planche 1. Quelques usages dans la zone des lacs<\/p>\n<figure id=\"attachment_887\" aria-describedby=\"caption-attachment-887\" style=\"width: 452px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-887\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene.png\" alt=\"\" width=\"452\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene.png 678w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene-300x273.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene-65x59.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene-225x204.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Planche-1_Sene-350x318.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 452px) 100vw, 452px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-887\" class=\"wp-caption-text\">A : mara\u00eechage; B : p\u00eache; C : tannerie; D : drainage des eaux de pluie; source\u00a0:\u00a0enqu\u00eates de terrain, 2017<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation des BSE des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Diverses techniques de mon\u00e9tarisation des services \u00e9cosyst\u00e9miques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es et class\u00e9es en plusieurs cat\u00e9gories (Dupras, Rev\u00e9ret et Hie, 2013; Mavsar <em>et al.<\/em>, 2013; TEEB, 2010; Bielsa <em>et al.<\/em>, 2009). Parmi elles, les m\u00e9thodes directes d\u2019estimation (les m\u00e9thodes bas\u00e9es sur les prix de march\u00e9, sur les co\u00fbts, la m\u00e9thode des prix h\u00e9donistes) et les m\u00e9thodes indirectes (les m\u00e9thodes contingentes et la m\u00e9thode de transfert) qui reposent sur des march\u00e9s hypoth\u00e9tiques adapt\u00e9s aux biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques qui n\u2019ont pas de march\u00e9 permettant leur valorisation mon\u00e9taire. Les biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques analys\u00e9s dans le cadre de cette \u00e9tude sont les services d\u2019approvisionnement (SA) et de r\u00e9gulation (SR) dont les m\u00e9thodes directes permettent d\u2019\u00e9valuer leur valeur \u00e9conomique. L\u2019\u00e9valuation des SA a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e sur la base de la m\u00e9thode des prix de march\u00e9 et permet d\u2019estimer la valeur \u00e9conomique des BSE qui sont vendus ou achet\u00e9s sur les march\u00e9s. Pour les services de r\u00e9gulation, la m\u00e9thode bas\u00e9e sur les co\u00fbts de remplacement a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e. Elle permet d\u2019attribuer une valeur mon\u00e9taire du bien et service \u00e9cosyst\u00e9mique identifi\u00e9 par le biais des prix des biens ou services de substitution.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00c9chantillonnage des usager\u00b7es enqu\u00eat\u00e9\u00b7es<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tape a d\u00e9but\u00e9 avec les recherches de statistiques sur la taille des populations. Sur la base des investigations effectu\u00e9es sur le terrain et des \u00e9changes avec les usager\u00b7es rencontr\u00e9\u00b7es, la population des trois lacs est estim\u00e9e \u00e0 1114 individus dont 883 sur le lac Wouye, 98 \u00e0 Warouwaye et 133 sur le lac Thiourour. Sur ce total, 10\u00a0% des usager\u00b7es sont enqu\u00eat\u00e9\u00b7es, soit 112 r\u00e9partis comme dans le tableau 2.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 2. R\u00e9partition des enqu\u00eat\u00e9s par usage et par lac<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<table class=\"aligncenter\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Usager\u00b7es \/Lac<\/strong><\/td>\n<td><strong>Wouye<\/strong><\/td>\n<td><strong>Warouwaye<\/strong><\/td>\n<td><strong>Thiourour<\/strong><\/td>\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Horticulteurs<\/td>\n<td>77<\/td>\n<td>8<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>87<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Horticulteurs<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>6<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>P\u00eacheurs<\/td>\n<td>5<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td>9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanneuses<\/td>\n<td>0<\/td>\n<td>0<\/td>\n<td>10<\/td>\n<td>10<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\n<td><strong>85<\/strong><\/td>\n<td><strong>11<\/strong><\/td>\n<td><strong>16<\/strong><\/td>\n<td><strong>112<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Les usager\u00b7es interrog\u00e9\u00b7es ont \u00e9t\u00e9 choisi\u00b7es de mani\u00e8re al\u00e9atoire suivant leur disponibilit\u00e9 sur la base du nombre retenu par lac et par groupe d\u2019usager\u00b7es.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">\u00c9laboration et administration du questionnaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La collecte des informations s\u2019est faite par un questionnaire adress\u00e9 aux usager\u00b7es. Le questionnaire est r\u00e9parti en plusieurs rubriques qui comprennent entre autres les caract\u00e9ristiques de l\u2019enqu\u00eat\u00e9\u00b7e, l\u2019identification des BSE des lacs et l\u2019analyse de leur \u00e9volution, l\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique de l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>D<\/strong><strong>\u00e9termination des co\u00fbts de remplacement <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019estimation des co\u00fbts de remplacement du service de drainage et de stockage des eaux pluviales est bas\u00e9e sur les co\u00fbts des ouvrages pr\u00e9vus (infrastructures de drainage et d\u2019espaces de stockage, entre autres) dans le cadre de la mise en \u0153uvre du plan de drainage des eaux pluviales de la r\u00e9gion de Dakar (PDD). Pilot\u00e9 par l\u2019Agence de d\u00e9veloppement municipal (ADM), le PDD repose sur la conception d\u2019une ossature hydraulique qui cloisonne l\u2019espace en grands bassins versants (BV) ind\u00e9pendants. L\u2019\u00e9tablissement des prix unitaires des ouvrages s\u2019est appuy\u00e9 sur l\u2019examen de march\u00e9s au moment de la mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des services d\u2019approvisionnement<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude montre une diversit\u00e9 d\u2019activit\u00e9s autour des lacs ayant une rentabilit\u00e9 \u00e9conomique non n\u00e9gligeable. L\u2019apport \u00e9conomique de chaque activit\u00e9 est appr\u00e9ciable au regard du nombre d\u2019acteurs et d\u2019actrices qui s\u2019y mobilisent, mais surtout de la disponibilit\u00e9 et de la viabilit\u00e9 des facteurs de production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>C<\/strong><strong>aract\u00e9ristiques des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les activit\u00e9s \u00e9conomiques identifi\u00e9es autour des lacs pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques variables selon leur nature, selon les groupes d\u2019acteurs et d\u2019actrices intervenant ou selon leur empreinte spatiale. La disponibilit\u00e9 de l\u2019eau reste le facteur d\u00e9terminant du d\u00e9veloppement de ces activit\u00e9s, mais il existe une sp\u00e9cificit\u00e9 pour chaque activit\u00e9 du point de vue de son organisation et de son fonctionnement.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>Le mara\u00eechage<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">La pr\u00e9disposition des sols des<em> Niayes<\/em> au d\u00e9veloppement des cultures horticoles a permis aux populations anciennement \u00e9tablies de s\u2019activer dans le mara\u00eechage qu\u2019elles ont associ\u00e9 aux cultures sous pluies sur de larges surfaces. Avec l\u2019extension du b\u00e2ti, les p\u00e9rim\u00e8tres agricoles ne subsistent que sur les environs proches des trois lacs. Le lac <em>Wouye, <\/em>du fait de l\u2019importance des r\u00e9serves fonci\u00e8res encore disponibles par rapport aux deux autres lacs, concentre plus d\u2019actifs et de superficies cultiv\u00e9es. \u00c0 <em>Thiourour <\/em>comme \u00e0 <em>Warouwaye, <\/em>les exploitations qui subsistent se localisent sur les marges des d\u00e9pressions ou dans des maisons en d\u00e9but de construction. La taille des exploitations varie entre 100 et 500 m\u00b2. Plusieurs esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales sont cultiv\u00e9es dont la tomate, l\u2019oignon vert, le piment, le poivron, la courgette, le concombre, la patate, la menthe poivr\u00e9e, l\u2019aubergine, la laitue, le persil, le navet, le chou, la betterave, le poireau, le c\u00e8leri, le chou-fleur, la fraise, le manioc, l\u2019oseille, le gombo\u2026 L\u2019arboriculture est souvent associ\u00e9e aux cultures avec des plantations de bananiers, de cocotiers, de papayers et de grenadiers.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>La tannerie<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">La tannerie (transformation de la peau d\u2019animaux en cuir) est pratiqu\u00e9e sur le lac <em>Thiourour<\/em>. Le site fait partie des rares espaces o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 est exerc\u00e9e sous sa forme traditionnelle \u00e0 Dakar. La tannerie est pratiqu\u00e9e depuis des g\u00e9n\u00e9rations par une communaut\u00e9 essentiellement Maure. Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9localisations du centre-ville en passant par Yarakh, Pikine ou encore \u00e0 Gu\u00e9diawaye (pr\u00e8s du lyc\u00e9e Limamou Laye), ce site de 2 ha \u00e0 l\u2019origine, a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9 par l\u2019administration de l\u2019\u00e9poque (dans les ann\u00e9es 1980) sous forme de bail. Depuis, l\u2019avanc\u00e9e des habitations et les inondations r\u00e9p\u00e9titives ont consid\u00e9rablement diminu\u00e9 l\u2019espace de travail.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>La p\u00eache<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">La p\u00eache pratiqu\u00e9e sur les lacs est de type traditionnel, une p\u00eache artisanale essentiellement \u00e0 l\u2019aide de filets (dormant ou \u00e9pervier). Elle est pratiqu\u00e9e sur l\u2019ensemble des trois lacs durant toute l\u2019ann\u00e9e, pour la plupart par des p\u00eacheurs qui se d\u00e9placent sur les points d\u2019eau de la zone (Grande Niaye, Marigot de Tivaouane Peulh, entre autres) en fonction de la disponibilit\u00e9 des poissons. Les esp\u00e8ces p\u00each\u00e9es sont, suivant leur ordre d\u2019importance, le tilapia (carpe, <em>wass<\/em>), le silurus (<em>coler<\/em>) et le mulet (<em>guiss<\/em>). Le mat\u00e9riel de p\u00eache employ\u00e9 est rudimentaire, chaque p\u00eacheur dispose d\u2019un radeau confectionn\u00e9 \u00e0 partir des tiges de typha. L\u2019activit\u00e9, dont une partie est destin\u00e9e \u00e0 l\u2019autoconsommation, est aussi g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus assez consid\u00e9rables.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>L\u2019aviculture<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la zone des Niayes, les conditions climatiques favorables ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019essor de l\u2019activit\u00e9. Les exploitations exclusivement avicoles sont install\u00e9es autour des lacs, notamment autour du lac Wouye o\u00f9 elles sont plus nombreuses. Elles sont aussi pr\u00e9sentes dans les exploitations agricoles o\u00f9 les producteurs associent mara\u00eechage et aviculture. Le nombre de poulets de chair produits par campagne varie entre 350 et 1000 sujets. Pour les pondeuses, on compte habituellement entre 1000 et 2000 sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des activit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>Revenus tir\u00e9s des activit\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Les revenus annuels des mara\u00eecher\u00b7es sont d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 partir des quantit\u00e9s moyennes produites par campagne, du nombre moyen de campagnes effectu\u00e9es pour chaque sp\u00e9culation dans l\u2019ann\u00e9e et de leur prix de vente. Ils sont compris entre 734 200 et 5 796 000 F CFA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les acteurs et actrices qui s\u2019activent dans la tannerie estiment que leur travail est assez rentable. Les marges de b\u00e9n\u00e9fice s\u2019\u00e9l\u00e8vent entre 80 \u00e0 156 % par rapport aux co\u00fbts de production. Les revenus annuels enregistr\u00e9s par la tannerie sont compris entre 424 575 et 1 131 300 F CFA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux p\u00eacheurs, les revenus fluctuent suivant les quantit\u00e9s de poissons avec des gains journaliers allant de 4000 \u00e0 10000\u00a0F\u00a0CFA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les aviculteurs enregistrent des revenus qui varient entre 1\u00a0425\u00a0000 \u00e0 4\u00a0800\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA par ann\u00e9e. Plus de 70\u00a0% d\u2019entre eux ont des recettes annuelles sup\u00e9rieures \u00e0 2 500 000 F CFA.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>Recette annuelle des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Les recettes annuelles pour les 112 usager\u00b7es enqu\u00eat\u00e9\u00b7es s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 262\u00a0170\u00a0025\u00a0F\u00a0CFA. Cette valeur rapport\u00e9e au nombre d\u2019usager\u00b7es qui s\u2019activent autour des lacs donne un total de 2\u00a0607\u00a0655\u00a0427,\u00a023\u00a0F\u00a0CFA par ann\u00e9e pour les mille-cent-quatorze (1114) usager\u00b7es. L\u2019horticulture est l\u2019activit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e8re le plus de revenus (figure 2), soit 64,11\u00a0% de la recette totale. Elle est suivie de l\u2019aviculture avec 27,66\u00a0%; la tannerie et la p\u00eache repr\u00e9sentent respectivement 3, 28\u00a0% et 4,94\u00a0% du total.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. R\u00e9partition des revenus des 112 usager\u00b7es<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-888 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"482\" height=\"262\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al.jpg 760w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al-300x163.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al-65x35.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al-225x122.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Sene-et-al-350x190.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Valeur \u00e9conomique des services de r\u00e9gulation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les lacs, comme l\u2019ensemble des d\u00e9pressions inter-dunaires, stockaient naturellement les eaux de ruissellement provenant des pluies avant que l\u2019urbanisation n\u2019obstrue les chemins naturels (Diop, 2005) emp\u00eachant l\u2019\u00e9coulement gravitaire des eaux vers les points bas tels que les lacs. Ce qui constitue l\u2019un des facteurs aggravants des inondations dans la banlieue de Dakar. Dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution du plan directeur de drainage des eaux pluviales (PDD), le PROGEP a r\u00e9alis\u00e9 des canaux raccordant les diff\u00e9rents bassins de r\u00e9tention du bassin versant de Thiourour en plus d\u2019un ouvrage de connexion entre les lacs Thiourour et Warouwaye. Des r\u00e9seaux secondaires sont ajout\u00e9s pour raccorder certains points des quartiers riverains. Le bassin versant de Yeumbeul (qui int\u00e8gre le lac Wouye) est \u00e9quip\u00e9 de treize ouvrages structurants dont six collecteurs, deux bassins, dont le bassin de Yeumbeul Nord (mare de Yawack) et un ouvrage de rejet \u00e0 la mer.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. R\u00e9seau de drainage des eaux pluviales autour des lacs (source de donn\u00e9es ADM)<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-889 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al.jpg\" alt=\"\" width=\"460\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al.jpg 1123w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-1024x724.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-768x543.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Sene-et-al-350x247.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le co\u00fbt des \u00e9quipements de drainage du plan directeur de drainage est estim\u00e9 \u00e0 93.1 milliards CFA (206 millions US\u00a0$) dont 74.5 milliards CFA pour l\u2019\u00e9quipement en canaux, bassins de stockage et ouvrages de rejet (tableau 3).<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Tableau 3. Les co\u00fbts estim\u00e9s des \u00e9quipements de drainage du plan directeur de drainage dans le cadre du PROGEP, source ADM<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; margin: auto;\">\n<table class=\"aligncenter\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Investissements<\/strong><\/td>\n<td><strong>Co\u00fbts en CFA<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Canaux de drainage<\/td>\n<td>42.7 milliards<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Espaces de stockage des eaux pluviales<\/td>\n<td>22.2 milliards<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rejets en mer<\/td>\n<td>9.5 milliards<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\n<td><strong>74.5 milliards<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">Le co\u00fbt unitaire des canaux de drainage est compris entre 900 000 F CFA et 1,007 milliards. Pour les espaces de stockage des eaux pluviales, les co\u00fbts varient entre 30 et 351 millions de CFA et les ouvrages de rejets en mer entre 142 millions et 1,090 milliards. Ces estimations donnent une id\u00e9e de la valeur \u00e9conomique de la fonction de drainage et de stockage des eaux pluviales.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Discussion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des usages des lacs permet de disposer d\u2019informations pr\u00e9cises sur l\u2019utilit\u00e9 et le poids \u00e9conomique des usages des lacs afin de justifier leur pr\u00e9servation. Cependant, la premi\u00e8re contrainte not\u00e9e dans cet exercice est de disposer de chiffres officiels du nombre de personnes concern\u00e9es par les activit\u00e9s \u00e9conomiques li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence des lacs. Sur la base des enqu\u00eates effectu\u00e9es, 1114 usagers ont \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9s dont 800 mara\u00eecher\u00b7es autour du lac Wouye alors que Faye (2015) y d\u00e9nombre 300 mara\u00eecher\u00b7es. Si l\u2019auteur n\u2019apporte pas de pr\u00e9cisions sur la source de ces chiffres, les diff\u00e9rentes visites effectu\u00e9es ont permis de constater la fluctuation constante du nombre de mara\u00eecher\u00b7es pr\u00e9sent\u00b7es et des p\u00e9rim\u00e8tres emblav\u00e9s. Ceci s\u2019explique en partie par le fait que les mara\u00eecher\u00b7es abandonnent et reprennent leur exploitation en fonction de l\u2019\u00e9tendue des crues des lacs d\u2019une part et d\u2019autre part, le b\u00e2ti continue \u00e0 s\u2019\u00e9tendre vers les lacs. Par ailleurs, les revenus tir\u00e9s des activit\u00e9s sont cependant disparates et d\u00e9pendent souvent du type d\u2019activit\u00e9 et des moyens investis. Les aviculteurs interrog\u00e9s gagnent entre 1 425 000 et 4 800 000 FCFA par ann\u00e9e alors que les mara\u00eecher\u00b7es ont des revenus annuels compris entre 734 200 et 5 796 000 F CFA. Le m\u00eame constat est aussi not\u00e9 sur le site horticole de Camb\u00e9r\u00e8ne o\u00f9 les revenus annuels de 169 mara\u00eecher\u00b7es sont compris entre 50\u00a0000 et 5\u00a0000\u00a0000\u00a0F\u00a0CFA (Niang <em>et al.<\/em>, 2001). Les revenus cumul\u00e9s des 88 mara\u00eecher\u00b7es interrog\u00e9\u00b7es sont de 168\u00a0098\u00a0450\u00a0F\u00a0CFA tandis que Diagne <em>et al.<\/em> (2006) estimaient \u00e0 102\u00a0654\u00a0250\u00a0F\u00a0CFA les revenus gagn\u00e9s par 70 mara\u00eecher\u00b7es \u00e9tabli\u00b7es sur les Niayes de Thiaroye Yeumbeul Nord en 2003. Il apparait donc que les lacs permettent aux usagers dont la plupart habitent dans les quartiers environnants de disposer d\u2019activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces activit\u00e9s sont souvent un d\u00e9but de solution pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des populations (Gaye et Niang, 2010). La mise en place du plan de drainage des eaux pluviales (PDD) est une r\u00e9ponse aux innombrables inondations enregistr\u00e9es dans la r\u00e9gion de Dakar provoquant de lourdes cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques et sanitaires. Cette situation est en grande partie caus\u00e9e par l\u2019\u00e9talement progressif du b\u00e2ti sur le r\u00e9seau hydrographique naturel des Niayes o\u00f9 les chemins de ruissellement naturels des eaux pluviales sont entrav\u00e9s. La banlieue de Dakar est la zone la plus touch\u00e9e par les inondations r\u00e9currentes. En 2009, 360\u00a0000 personnes ont \u00e9t\u00e9 directement affect\u00e9es par les inondations \u00e0 Pikine et 22\u00a0000 personnes \u00e0 Guediawaye (IAGU, 2019). Apr\u00e8s de nombreuses interventions ponctuelles pour contenir les inondations (plan ORSEC, plan Jaxaay\u2026), les gestionnaires ont cherch\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre des solutions durables. C\u2019est dans cette optique que la restauration du r\u00e9seau hydrographique des Niayes a \u00e9t\u00e9 retenue comme une solution pour la gestion durable des inondations, le drainage et le stockage des eaux pluviales sont naturellement effectu\u00e9s par la zone humide des Niayes. La perturbation de cette fonction \u00e9cologique a contraint les gestionnaires \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 sa restauration par la mise en place d\u2019un r\u00e9seau de drainage qui reproduit la configuration initiale des \u00e9coulements pour r\u00e9duire les inondations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La restauration ou le remplacement de ce service rendu par l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me est tr\u00e8s couteux. Le co\u00fbt de mise en place du PDD pour les phases qui int\u00e8grent les trois lacs est de 74.5 milliards de F\u00a0CFA. Le PDD a certes permis d\u2019att\u00e9nuer les impacts des inondations. Cependant, la durabilit\u00e9 des \u00e9quipements reste tributaire de leur syst\u00e8me d\u2019exploitation et d\u2019entretien. Aussi, le drainage excessif des eaux pluviales vers les lacs constitue-t-il une menace pour leur survie comme le t\u00e9moigne le niveau d\u2019eutrophisation avanc\u00e9 des lacs. Pourtant, une meilleure gestion du syst\u00e8me de drainage des eaux pluviales qui int\u00e8grerait davantage la dimension environnementale pourrait conduire \u00e0 la renaturation des zones humides des Niayes. Cela passe par la r\u00e9utilisation des exc\u00e9dents d\u2019eaux de la nappe phr\u00e9atique et des eaux pluviales et par le renforcement de l\u2019agriculture p\u00e9ri urbaine (Pfeifer et Hitz, 2011). \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, notamment les zones humides, sont de plus en plus sollicit\u00e9s pour leur r\u00f4le dans l\u2019adaptation aux changements climatiques, les lacs, tr\u00e8s fragilis\u00e9s, voient leurs potentialit\u00e9s \u00e9conomiques et environnementales fortement affaiblies. Leur pr\u00e9servation, bien que compromise, d\u00e9pend de la capacit\u00e9 des gestionnaires \u00e0 stopper et \u00e0 \u00e9viter tout dommage et destruction suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette analyse a permis de mesurer l\u2019importance des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye, malgr\u00e9 le contexte de plus en plus difficile dans lequel ils subsistent. Ces lacs, situ\u00e9s dans la banlieue de Dakar, subissent de fortes pressions telles que la pr\u00e9sence d\u2019une forte concentration de la population et d\u2019un habitat non structur\u00e9 autour des lacs, les inondations r\u00e9p\u00e9titives, le drainage excessif des eaux pluviales\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des usages des lacs montre qu\u2019ils fournissent encore des services importants. Les activit\u00e9s \u00e9conomiques d\u00e9pendantes g\u00e9n\u00e8rent des revenus consid\u00e9rables. Les recettes annuelles pour les 112 usagers enqu\u00eat\u00e9s s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 262 170 025 F CFA. Elles sont estim\u00e9es \u00e0 2 607 655 427,23 F CFA pour les 1114 usager\u00b7es. Cela contribue largement \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des usagers. Le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des infrastructures du plan de drainage des eaux pluviales (PDD) mis en \u0153uvre par le PROGEP \u00e9valu\u00e9 \u00e0 74.5 milliards de F CFA permet de saisir l\u2019importance de la fonction de r\u00e9gulation que jouent les lacs dans la gestion des inondations. N\u00e9anmoins, l\u2019une des contraintes majeures actuelles est la difficile conciliation entre le stockage des eaux pluviales et le d\u00e9veloppement des activit\u00e9s \u00e9conomiques. Les eaux pluviales sont excessivement drain\u00e9es sur les lacs perturbant ainsi l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me et les activit\u00e9s d\u00e9pendantes. La survie des lacs, bien que compromise, d\u00e9pend de la capacit\u00e9 des gestionnaires (les collectivit\u00e9s territoriales notamment) \u00e0 mettre en place un plan d\u2019am\u00e9nagement concert\u00e9 qui pr\u00e9servera l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me lacustre et assurera le maintien des activit\u00e9s \u00e9conomiques. Par ailleurs, un suivi de la qualit\u00e9 des eaux doit \u00eatre effectu\u00e9 pour \u00e9valuer les impacts du drainage sur l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me et sur les activit\u00e9s \u00e9conomiques d\u00e9pendantes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\">Aguiar, Lazar Augustin. 2008. <em>Impact de la variabilit\u00e9 climatique r\u00e9cente sur les \u00e9cosyst\u00e8mes des niayes du S\u00e9n\u00e9gal entre 1950 et 2004<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al, 185 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Ba, Awa 2007. <em>Les fonctions reconnues \u00e0 l\u2019agriculture intra et p\u00e9riurbaine (AIPU) dans le contexte dakarois<\/em>;<em> caract\u00e9risation, analyse et diagnostic de durabilit\u00e9 de cette agriculture en vue de son int\u00e9gration dans le projet urbain de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. Th\u00e8se de doctorat, UCAD, AgroParisTech, 356 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Sidia, Diaouma Badiane et Edm\u00e9e Mbaye. 2018. Zones humides urbaines \u00e0 double visage \u00e0 Dakar: opportunit\u00e9 ou menace? <em>Sciences Eaux &amp; Territoires<\/em>, <em>la revue d&rsquo;Irstea<\/em>, hors-s\u00e9rie num\u00e9ro 51, 5 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Bielsa, Sabine <em>et al.<\/em> \u00a02009. <em>Approche \u00e9conomique de la biodiversit\u00e9 et des services li\u00e9s aux \u00e9cosyst\u00e8mes. Contribution \u00e0 la d\u00e9cision publique<\/em>, Rapport d\u2019expertise Centre d\u2019analyse strat\u00e9gique. \u00a0Paris, 399 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Bouscasse, H\u00e9l\u00e8ne <em>et al<\/em>. 2011. <em>\u00c9valuation \u00e9conomique des services rendus par les zones humides \u2013 Enseignements m\u00e9thodologiques de mon\u00e9tarisation<\/em>. Rapport technique Irstea,\u00a0 220 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Dasylva, Sylvestre., Cosandey Claude, Orange Didier et Sambou Soussou. 2003. Ass\u00e8chement des \u00ab niayes \u00bb (bas-fonds agricoles) de la R\u00e9gion de Dakar durant la p\u00e9riode 1960 \u2013 1990: variabilit\u00e9 spatiale et r\u00f4le jou\u00e9 par la pluviosit\u00e9. <em>Sud Science et Technologie<\/em>, 11, 27-34.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Dasylva, Syvestre. 2009. <em>Inondations \u00e0 Dakar et au Sahel : gestion durable des eaux de pluie<\/em>. ENDA Editions-CECI, 265 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Diagne, Alioune <em>et al<\/em>. 2006. <em>Rapport de l\u2019\u00e9tude exploratoire de l\u2019agriculture urbaine dans la ville de Pikine (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. IAGU, RUAF Fondation, 72 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Diop, Assane. 2005. <em>\u00c9tude de l\u2019impact de l\u2019urbanisation sur le r\u00e9seau hydrographique de la r\u00e9gion des niayes entre Dakar et Sangalkam<\/em>. M\u00e9moire de DEA, UCAD, 69 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Diop, Khalifa, Faye Cheikh Ahmed Tidjane, et Sow Seydou Alassane. 2018. Dynamique de l\u2019extension urbaine sur la Grande Niayes de Pikine entre 1997-2016 : quelles menaces sur l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine? <em>Afrique SCIENCE<\/em>, <em>14<\/em>(5), 285-298.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Dupras, J\u00e9r\u00f4me., Rev\u00e9ret Jean-Pierre et He Jie. 2013. <em>L\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques dans un contexte de changements climatiques. Un guide m\u00e9thodologique pour une augmentation de la capacit\u00e9 \u00e0 prendre des d\u00e9cisions d\u2019adaptation<\/em>. Ouranos, Canada, 218 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Faye, Mbaye Mbengue. 2015. <em>Actualisation de l\u2019\u00e9tude d\u2019impact environnemental et social<\/em>. PROGEP Phase 2, 2\u00e8me tranche : bassin versant Mbeubeuss, 143 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Gaye, Malick et Niang Seydou, 2010. <em>Manuel des bonnes pratiques de l\u2019utilisation saine des eaux us\u00e9es dans l\u2019agriculture urbaine<\/em>. ENDA RUP, 126 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">IAGU, 2019. <em>Les inondations \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal). Gestion des risques et adaptations locales<\/em>, 45 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Kital, Mal\u00e9 et Cohen Marianne. 2024. Changement d\u2019occupation des Niayes de la banlieue de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal), en relation avec la variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique entre 1972 et 2022. <em>Zones Humides Infos<\/em>, 105, 9. https:\/\/hal.science\/hal-04582980\/document<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Mavsar, Robert, Varela Elsa, Gouriveau Fabrice et Herreros Fernando. 2013. M\u00e9thodes et outils d\u2019\u00e9valuation socio-\u00e9conomique des biens et services rendus par les \u00e9cosyst\u00e8mes bois\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ens. <em>Rapport de la deuxi\u00e8me composante du projet \u00ab Optimiser la production de biens et services par les \u00e9cosyst\u00e8mes bois\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ens dans un contexte de changements globaux \u00bb<\/em>, 38-49.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Ndao, Mari\u00e9tou. 2005. <em>Les Niayes de la presqu\u2019\u00eele du Cap vert : h\u00e9ritages en devenir en r\u00e9gion urbaine<\/em>. M\u00e9moire de DEA, Universit\u00e9 Michel de Montaigne, Bordeaux III, 86 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Ndiaye, Maguette., Manga Alla, Diop Cheikh et Sagna, Pascal. 2024. \u00c9volution spatiale du bassin mara\u00eecher Sud des Niayes m\u00e9ridionales \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal) dans un contexte de variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique. <em>Revue Internationale du chercheur<\/em>, <em>5<\/em>(1), 900-924.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Pfeifer, Hans-Rudolf. et Hitz Carmen. 2011. D\u00e9veloppement d\u2019un mod\u00e8le de strat\u00e9gie int\u00e9gr\u00e9e d\u2019am\u00e9nagement et de gestion durable des zones humides urbaines pour la maitrise des inondations \u00e0 Dakar. Dans <em>Quelles synergies face aux inondations de la r\u00e9gion de Dakar, Conseil R\u00e9gional de Dakar<\/em>, rapport d\u2019activit\u00e9, 28-29.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">S\u00e8ne, A\u00efssatou, Sarr Mamadou Adama, Kane Alioune et Diallo Mari\u00e8me. 2018. L\u2019ass\u00e8chement des lacs littoraux de la grande c\u00f4te du S\u00e9n\u00e9gal : mythe ou r\u00e9alit\u00e9 ? Cas des lacs Thiourour Warouwaye et Wouye de la banlieue de Dakar. <em>Journal of Animal &amp; Plant Sciences<\/em>, <em>35<\/em>(2), 5623-5638.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">TEEB. 2010. The Economics of Ecosystems and Biodiversity: Mainstreaming the Economics of Nature: A synthesis of the approach, conclusions and recommendations of TEEB, 38 pages. <a href=\"https:\/\/www.teebweb.org\/wpcontent\/uploads\/Study%20and%20Reports\/Reports\/Synthesis%20report\/TEEB%20Synthesis%20Report%202010.pdf\">https:\/\/www.teebweb.org\/wpcontent\/uploads\/Study%20and%20Reports\/Reports\/Synthesis%20report\/TEEB%20Synthesis%20Report%202010.pdf<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/aissatou-sene\">A\u00efssatou S\u00c8NE<\/a><\/strong><br \/>Centre de Suivi \u00c9cologique (S\u00e9n\u00e9gal)<br \/>\nContact : aissatou.sene@cse.sn<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/birane-cisse\">Birane CISS\u00c9<\/a><\/strong><br \/>Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar<br \/>\nContact : birane12.cisse@ucad.edu.sn<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/sidia-diaouma-badiane\">Sidia Diaouma BADIANE<\/a><\/strong><br \/>Enseignant-chercheur, Ma\u00eetre de conf\u00e9rences Cames, Laboratoire de G\u00e9ographie humaine (LaboGehu), \u00c9cole doctorale ETHOS, d\u00e9partement de G\u00e9ographie, Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal).<br \/>\nContact : sidia.badiane@ucad.edu.sn<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-885-1\">Donn\u00e9es pr\u00e9-enqu\u00eates. <a href=\"#return-footnote-885-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":2,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["aissatou-sene","birane-cisse","sidia-diaouma-badiane"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[288,289,290],"license":[],"class_list":["post-885","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","motscles-amenagement-urbain","motscles-dakar","motscles-economie","motscles-gestion-durable","motscles-inondations","motscles-lac","keywords-dakar","keywords-economy","keywords-flooding","keywords-lake","keywords-sustainable-management","keywords-urban-development","motscles-autre-dakar","motscles-autre-gestion-durable","motscles-autre-koom","motscles-autre-lac","motscles-autre-mbend","motscles-autre-planification-urbaine","contributor-aissatou-sene","contributor-birane-cisse","contributor-sidia-diaouma-badiane"],"part":852,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/885","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/885\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1058,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/885\/revisions\/1058"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/852"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/885\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=885"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=885"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=885"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=885"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}