{"id":945,"date":"2024-12-31T00:25:41","date_gmt":"2024-12-30T23:25:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=945"},"modified":"2025-01-03T20:53:13","modified_gmt":"2025-01-03T19:53:13","slug":"camara2024","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/camara2024\/","title":{"rendered":"Valorisation socio\u00e9conomique des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine : cas de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui, de grands d\u00e9fis socio\u00e9conomiques se posent dans les pays africains. Ces d\u00e9fis sont encore plus importants dans les grandes villes africaines \u00e0 cause de la croissance rapide de leur d\u00e9mographie et des dynamiques de m\u00e9tropolisation. L\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (capitale de la Guin\u00e9e) est, \u00e0 l\u2019instar de ces grandes villes africaines, confront\u00e9e aux difficult\u00e9s dues \u00e0 l\u2019accroissement de la population. Elle passera de deux millions d\u2019habitant\u00b7es en 2021 (Institut national de la statistique, 2022) avec une superficie de 450 km\u00b2 \u00e0 six millions \u00e0 l\u2019horizon 2040 en devenant une r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine d\u2019environ 15 000 km\u00b2 (Minist\u00e8re de la ville et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, 2023). Dans un contexte o\u00f9 l\u2019urbanisation est essentiellement informelle (Camara, 2023), cela entraine un \u00e9talement urbain et une artificialisation des sols qui fragilise les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels et la biodiversit\u00e9 en zones urbaine et p\u00e9riurbaine. Cette urbanisation pose \u00e9galement d\u2019importants d\u00e9fis alimentaires, \u00e9conomiques, soci\u00e9taux et environnementaux \u00e0 relever pour les prochaines d\u00e9cennies. Face \u00e0 ces d\u00e9fis, plusieurs recherches (Aubry, 2013; Diedhiou, 2020; Robineau <em>et al<\/em>., 2014) s\u2019accordent pour dire que l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine est un levier d\u2019actions. L\u2019importance de ses fonctions alimentaires, \u00e9conomiques, sociales et environnementales est d\u00e9montr\u00e9e dans plusieurs recherches (Ba et Cantoreggi, 2018; Bode, 2021; Diedhiou <em>et al<\/em>., 2018). L\u2019agriculture p\u00e9riurbaine fait, ainsi, l\u2019objet d\u2019un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat et d\u2019une litt\u00e9rature africaine abondante.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, le d\u00e9veloppement cette activit\u00e9 dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e que r\u00e9cemment par Camara (2023) dans sa th\u00e8se. Si cette \u00e9tude a d\u00e9termin\u00e9 les conditions du maintien de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine face \u00e0 l\u2019urbanisation informelle, elle n\u2019a pas abord\u00e9 les enjeux de la valorisation socio\u00e9conomique des trames vertes par sa pratique. Dans cet article, j\u2019analyse le r\u00f4le de la valorisation des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry sous l\u2019angle des strat\u00e9gies socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains. Ceci est d\u2019autant plus int\u00e9ressant que le contexte des villes africaines est marqu\u00e9 par de fortes pressions anthropiques et climatiques sur l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine et sur les ressources naturelles. C\u2019est ce qui me conduit, comme Diedhiou <em>et al<\/em>. (2023), \u00e0 mobiliser le concept de \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb. Aussi, j\u2019analyse la capacit\u00e9 des m\u00e9nages \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 faire face, du point de vue socio\u00e9conomique, au d\u00e9veloppement urbain gr\u00e2ce \u00e0 la pratique d\u2019une agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La mobilisation de ce concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique, que je d\u00e9finis dans la section suivante, est f\u00e9conde dans la mesure o\u00f9 les mod\u00e8les d\u2019am\u00e9nagement spatiaux ou de morphologie urbaine font d\u00e9bat. L\u2019am\u00e9nagement de trames vertes et\/ou de ceintures vertes est ainsi un mod\u00e8le privil\u00e9gi\u00e9 par plusieurs villes africaines. D\u00e8s lors, cette r\u00e9flexion pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat parce qu\u2019elle permettra de saisir la subtilit\u00e9 de la place qu\u2019occupe les trames vertes dans les strat\u00e9gies socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles dans une ville soumise \u00e0 de fortes pressions anthropiques sur les ressources de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine et naturelles. En quoi la valorisation des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine assure-t-elle une r\u00e9silience socio\u00e9conomique pour des m\u00e9nages agricoles? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est envisag\u00e9e \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude du cas de l\u2019une des agglom\u00e9rations guin\u00e9ennes, Conakry. L\u2019hypoth\u00e8se est la suivante\u00a0: les trames vertes sur lesquelles des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains pratiquent l\u2019agriculture repr\u00e9sentent une ressource territoriale essentielle pour la mise en \u0153uvre des strat\u00e9gies de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Pour tester cette hypoth\u00e8se, je recours \u00e0 la m\u00e9thodologie mixte, avec des donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate par questionnaires, d\u2019entrevues semi-dirig\u00e9es, compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyse documentaire.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Mon propos est structur\u00e9 en cinq sections. La premi\u00e8re section analyse le concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique et pr\u00e9cise sa mobilisation dans le cadre de cet article. La deuxi\u00e8me section pr\u00e9sente l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, la zone d\u2019\u00e9tude. La m\u00e9thodologie est expliqu\u00e9e dans la troisi\u00e8me section. Dans la quatri\u00e8me section, je pr\u00e9sente les r\u00e9sultats qui soulignent les caract\u00e9ristiques socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains de la trame verte, les exploitations agricoles, les statuts fonciers et l\u2019utilisation des productions. La derni\u00e8re section, analyse et interpr\u00e8te les r\u00e9sultats en d\u00e9cryptant la strat\u00e9gie \u00e9conomique des m\u00e9nages.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le concept de \u00ab\u00a0r\u00e9silience socio\u00e9conomique\u00a0\u00bb pour l\u2019analyse des strat\u00e9gies des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains de la trame verte de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry font face \u00e0 plusieurs situations qui repr\u00e9sentent des chocs ext\u00e9rieurs. D\u2019une part, les espaces agricoles et naturels de la ville sont soumis \u00e0 de fortes pressions urbaines. D\u2019autre part, ces m\u00e9nages sont \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables, avec des revenus moyens inf\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne nationale (Camara, 2023). Elles sont ainsi dans une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 aggrav\u00e9e par un contexte de crises nationales et internationales (guerre en Ukraine, instabilit\u00e9 sociopolitique en Afrique de l\u2019Ouest et particuli\u00e8rement en Guin\u00e9e). Malgr\u00e9 cette vuln\u00e9rabilit\u00e9, ils vivent dans un contexte, d\u00e9crit par Berrou et Gondard-Delcroix (2011), comme \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9 par \u00ab la faiblesse des syst\u00e8mes de redistribution \u00e9tatique, l\u2019absence d\u2019un syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de protection sociale, ainsi que l\u2019imperfection des march\u00e9s du cr\u00e9dit et de l\u2019assurance priv\u00e9e \u00bb (2011, p. 73) Pour comprendre comment la valorisation des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry par l\u2019agriculture permet \u00e0 ces m\u00e9nages d\u2019absorber ces chocs tout en conservant leurs r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales, le concept de \u00ab r\u00e9silience socio\u00e9conomique \u00bb semble particuli\u00e8rement idoine. Dans cet article, je ne fais pas une revue exhaustive des d\u00e9finitions de la r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Ce serait non seulement long, mais pas tr\u00e8s pertinent dans ce travail. En revanche, je pr\u00e9cise le cadre \u00e9pist\u00e9mologique qui justifie son emploi dans la pr\u00e9sente \u00e9tude.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019abord, le terme \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb a fait l\u2019objet de nombreuses d\u00e9finitions, les acceptions variant d\u2019une discipline \u00e0 une autre. Emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019anglais <em>resilience<\/em>, signifiant le \u00ab\u00a0fait de rebondir\u00a0\u00bb, le terme est d\u2019abord utilis\u00e9 en m\u00e9canique et en physique pour parler de la \u00ab\u00a0r\u00e9sistance d\u2019un mat\u00e9riau au choc\u00a0\u00bb; puis en zoologie pour \u00e9voquer la \u00ab\u00a0capacit\u00e9 de reproduction d\u2019une esp\u00e8ce animale inemploy\u00e9e en raison d\u2019une ambiance hostile\u00a0\u00bb; enfin, le terme pris le sens de \u00ab\u00a0force morale, qualit\u00e9 de quelqu\u2019un qui ne se d\u00e9courage pas, qui ne se laisse pas abattre\u00a0\u00bb (TLFi, 2004, en ligne). L\u2019adjonction de l\u2019\u00e9pith\u00e8te \u00ab\u00a0socio\u00e9conomique\u00a0\u00bb participe \u00e0 circonscrire le domaine d\u2019interpr\u00e9tation de cette disposition ou de cette aptitude. Aussi Berrou et Gondard-Delacroix (2011) d\u00e9finissent-ils la r\u00e9silience socio\u00e9conomique, \u00e0 la suite de Courade et De Suremain (2001), comme \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 d\u2019un agent ou d\u2019un groupe d\u2019agents \u00e0 faire face aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives des risques et des chocs sur ses conditions de vie\u00a0\u00bb (2011, p.\u00a073). Cela suppose sa capacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9organiser et \u00e0 se maintenir tout en conservant ses fonctions essentielles pendant et apr\u00e8s le choc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Berrou et Gondard-Delcroix (2011) expliquent que les chocs peuvent \u00eatre de nature diverses et vari\u00e9es (d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques, sanitaires, environnementales, politiques, etc.). Ici, je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 deux types de chocs. D\u2019une part, le choc \u00e9conomique, notamment les r\u00e9ponses aux cons\u00e9quences des fluctuations du franc guin\u00e9en sur les m\u00e9nages \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables. D\u2019autre part, le choc environnemental li\u00e9 \u00e0 la consommation du foncier agricole p\u00e9riurbain par l\u2019urbanisation. Sur la nature des chocs, Berrou et Gondard-Delcroix (2011) s\u2019appuient sur la distinction faite par Murdoch entre chocs covariants et chocs idiosyncratiques. Dans le premier cas, \u00ab la probabilit\u00e9 qu\u2019un agent ou un \u00e9l\u00e9ment du syst\u00e8me soit touch\u00e9 par le choc est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la probabilit\u00e9 qu\u2019un autre agent ou \u00e9l\u00e9ment soit touch\u00e9 par le m\u00eame choc \u00bb; tandis que dans le second, les probabilit\u00e9s sont ind\u00e9pendantes l\u2019une par rapport \u00e0 l\u2019autre (Berrou et Gondard-Delacroix, 2011, p. 73). Dans cet article, c\u2019est l\u2019ensemble des m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry qu\u2019il faut voir comme un syst\u00e8me. Donc, nous consid\u00e9rons que les chocs sont de nature covariante dans la mesure o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments du syst\u00e8me \u00e9tudi\u00e9 sont li\u00e9s par les activit\u00e9s qui sont vis\u00e9es par les chocs. Les cons\u00e9quences des fluctuations du franc guin\u00e9en constituent un choc covariant.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme je le disais ci-haut, l\u2019ensemble des m\u00e9nages pratiquant l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry constituent un syst\u00e8me\u00a0: c\u2019est un syst\u00e8me socio\u00e9conomique. Par analogie \u00e0 l\u2019approche de Tendall <em>et al. <\/em>(2015) mobilis\u00e9 par Diedhiou <em>et al<\/em>. (2023) pour le syst\u00e8me alimentaire en estimant que sa r\u00e9silience est \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me alimentaire et de ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au cours du temps, malgr\u00e9 des perturbations vari\u00e9es et non pr\u00e9vues\u00a0\u00bb (Tendall <em>et al<\/em>., cit\u00e9 par Diedhiou <em>et al<\/em>., 2023, p.\u00a060).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Je retiens donc ici que la r\u00e9silience socio\u00e9conomique est la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me socio\u00e9conomique \u00e0 absorber un choc ext\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 r\u00e9sister au choc en r\u00e9ussissant \u00e0 se r\u00e9organiser et \u00e0 se maintenir tout en conservant ses fonctions essentielles pendant et apr\u00e8s le choc. Si je transpose cette d\u00e9finition \u00e0 un syst\u00e8me socio\u00e9conomique qui court des risques \u00e9conomiques et environnementaux, la r\u00e9silience socio\u00e9conomique signifie pour ce syst\u00e8me de r\u00e9sister aux perturbations de l\u2019environnement \u00e9conomique et foncier dont la survenue ne d\u00e9pend pas de ses \u00e9l\u00e9ments tout en gardant son fonctionnement de l\u2019int\u00e9rieur. Ici, il s\u2019agit de son fonctionnement \u00e9conomique et social.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conakry, ville aux riches espaces agricoles et naturels soumis \u00e0 de fortes pressions de l\u2019urbanisation<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Conakry est la capitale de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e, un pays qui dispose d\u2019un important potentiel agro\u00e9cologique. En 2020, l\u2019Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA) a \u00e9valu\u00e9 la superficie des terres agronomiques aptes \u00e0 15,2 millions d\u2019hectares soit 62\u00a0% de la superficie totale du pays. L\u2019agriculture repr\u00e9sente l\u2019activit\u00e9 principale de pr\u00e8s de 80\u00a0% de la population active (Minist\u00e8re de l\u2019agriculture, 2017). Conakry est l\u2019une des villes guin\u00e9ennes qui symbolisent ce riche potentiel agricole et \u00e9cologique. Camara (2023) d\u00e9crit une ville c\u00f4ti\u00e8re, constitu\u00e9e de formes inter-p\u00e9n\u00e9trantes de baies, d\u2019estuaires et de bras de mer, bord\u00e9e sur sa longueur au nord et au sud par un littoral caract\u00e9ris\u00e9 par des for\u00eats de mangrove et des basfonds mar\u00e9cageux. Ces caract\u00e9ristiques offrent un double avantage selon Camara (2023)\u00a0: des zones mar\u00e9cageuses propices \u00e0 la riziculture de basfonds, situ\u00e9es dans la zone de la baie de Sangar\u00e9ya[footnote]La <em>baie <\/em>de Sangareya est une des plus c\u00e9l\u00e8bres baies en Afrique, elle affleure la ville de <em>Conakry. <\/em><em>Elle va de Dubr\u00e9ka (une ville satellite de Conakry) \u00e0 la presqu\u2019\u00eele <\/em>de Kaloum et les \u00eeles de Loos.[\/footnote] et des for\u00eats de mangrove propices \u00e0 la riziculture de mangrove dans l\u2019estuaire de Tabonsou[footnote]L\u2019estuaire de Tabonsou, aussi pr\u00e9sent\u00e9 dans d\u2019autres documents comme baie de Tabonsou (Bah <em>et al.<\/em>, 2015), mais moins c\u00e9l\u00e8bre que la baie de Sangareya qui est la deuxi\u00e8me des baies entre lesquelles la p\u00e9ninsule de Conakry s\u2019enfonce dans l\u2019oc\u00e9an Atlantique.[\/footnote]. Ces zones naturelles s\u2019\u00e9tendent sur plusieurs centaines d\u2019hectares donnant une ville ayant sa partie urbanis\u00e9e pi\u00e9g\u00e9e entre des basfonds et plaines c\u00f4ti\u00e8res situ\u00e9es de part et d\u2019autre. C\u2019est la ceinture verte de Conakry. Elle forme l\u2019essentiel de la trame verte de Conakry telle que le montrent les r\u00e9sultats de Sylla (2019), premi\u00e8re recherche men\u00e9e sur les dynamiques spatiotemporelles des trames vertes et bleues de la ville de Conakry.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Carte de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry avec la localisation du cas d\u2019\u00e9tude<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_946\" align=\"aligncenter\" width=\"521\"]<img class=\"wp-image-946 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"521\" height=\"347\" \/> Source\u00a0: ONU-Habitat, 2022, cit\u00e9 par Camara, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme le montre la figure 1, la ceinture verte de Conakry est compos\u00e9e essentiellement de mangrove, d\u2019espaces agricoles, de r\u00e9serves fonci\u00e8res agricoles et d\u2019espaces ouverts. Les mangroves de ces zones ont des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res, un \u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 la fois riche mais fragile. Bertrand (1991) explique que l\u2019originalit\u00e9 de la mangrove guin\u00e9enne, dont celle de la ceinture verte de Conakry, tient \u00e0 son statut \u00e9cologique. C\u2019est un \u00e9cosyst\u00e8me d\u00e9coulant de la conjonction d\u2019un environnement terrig\u00e8ne favorable au d\u00e9veloppement des vasi\u00e8res et d\u2019une instabilit\u00e9 morphoclimatique amplifi\u00e9es par la conversion des extensions c\u00f4ti\u00e8res. Cependant, ce n\u2019est pas que la mangrove qui y est riche avec une caract\u00e9ristique particuli\u00e8re. Les espaces agricoles de cette zone ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es par l\u2019ANASA (2020) dans la strate de S1, soit des aptitudes agronomiques \u00e9lev\u00e9es. Ce sont donc des zones qui offrent des opportunit\u00e9s int\u00e9ressantes pour le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. Dynamique spatiotemporelle d\u2019urbanisation de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_947\" align=\"aligncenter\" width=\"446\"]<img class=\"wp-image-947\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara.png\" alt=\"\" width=\"446\" height=\"349\" \/> Source\u00a0: Banque africaine de d\u00e9veloppement, cit\u00e9 par Camara, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ces espaces, malgr\u00e9 l\u2019importance de leurs richesses, sont soumis \u00e0 de fortes pressions anthropiques, en particulier \u00e0 l\u2019urbanisation. En effet, Conakry est la plus grande et la plus importante ville de la Guin\u00e9e et l\u2019une des plus grandes de la sous-r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Elle a un peu plus de 2 millions d\u2019habitant\u00b7es, soit 17\u00a0% de la population nationale et plus de 50\u00a0% de la population urbaine nationale (INS, 2021). De plus, elle est pass\u00e9e de 113\u00a0000 habitant\u00b7es en 1960 \u00e0 plus de 2 millions d\u2019habitant\u00b7es en 2022 (Institut national de la statistique, 2022), soit l\u2019un des taux de croissance d\u00e9mographique les plus rapides en Afrique. Cette dynamique d\u00e9mographique a eu pour impact une artificialisation importante des espaces agricoles et naturels. La superficie de Conakry est pass\u00e9e de 70 km<sup>2<\/sup> en 1985 (Minist\u00e8re de l\u2019urbanisme et de l\u2019habitat, 1992) \u00e0 450 km\u00b2 en 2021. Ce qui a fait de Conakry la zone la plus urbanis\u00e9e de la Guin\u00e9e. L\u2019essentiel de cette urbanisation s\u2019est faite au d\u00e9triment des espaces agricoles et naturels (Camara, 2023). Ces dynamiques se poursuivront les prochaines ann\u00e9es. En effet, le nouveau Sch\u00e9ma directeur d\u2019urbanisation (SDU) pr\u00e9voit la cr\u00e9ation d\u2019une r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine qui sera le Grand Conakry. La superficie du Grand Conakry sera d\u2019environ 15\u00a0000 km\u00b2, soit plus de la moiti\u00e9 de toute la r\u00e9gion de la Basse Guin\u00e9e. Bien que le SDU accorde une importance aux espaces agricoles et naturels, l\u2019urbanisation de Conakry se fait par des pratiques habitantes de production de la ville (Gnagneux-K\u00e9b\u00e9, 2019). Ces pratiques sont de grandes consommatrices d\u2019espaces agricoles.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. D\u00e9coupage administratif de Conakry avec ses communes<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_948\" align=\"aligncenter\" width=\"469\"]<img class=\"wp-image-948 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"332\" \/> Source\u00a0: Auteur, 2024[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, il devient n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser le cadre territorial de Conakry sur lequel je travaille dans cet article. Parce que la ville de Conakry qui est compos\u00e9e des cinq communes continentales (Kaloum, Matam, Matoto, Dixinn, Ratoma) est diff\u00e9rente de la R\u00e9gion de Conakry qui est compos\u00e9e de six communes, \u00e0 savoir les cinq communes continentales et la commune de Kassa (les \u00celes de Loos). L\u2019agglom\u00e9ration de Conakry est une agglom\u00e9ration de fait. Elle est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de la conurbation des villes de Conakry, Coyah et Dubr\u00e9ka. Le Grand Conakry, comme je le mentionnais plus haut, est un projet de r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine dans le cadre de la vision 2040. Cet article porte sur l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Ce choix s\u2019explique par le fait que le cas d\u2019\u00e9tude (voir figure 1) se situe dans les limites administratives de deux communes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (Conakry et Dubr\u00e9ka). Dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, notre cas d\u2019\u00e9tude a port\u00e9 sur le basfond qui va de la plage de Lambandji au basfond de Sonfonia (dans la zone de la baie de Sangareya). C\u2019est la zone ayant l\u2019aptitude agronomique la plus \u00e9lev\u00e9e de l\u2019agglom\u00e9ration. Ce choix se justifie par le fait qu\u2019il s\u2019agit du plus grand bassin d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine. De plus, ces exploitations agricoles sont sur la ceinture verte de Conakry qui constitue l\u2019essentiel de la trame verte de l\u2019agglom\u00e9ration.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodologie<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 conduite suivant une approche mixte. Les donn\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es au moyen de questionnaire et d\u2019entrevues semi-dirig\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es entre avril et ao\u00fbt 2021. Elles ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyse documentaire. Le questionnaire a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e \u00e0 112 agriculteur\u00b7trices p\u00e9riurbain\u00b7es du basfond de la baie de Sangar\u00e9yah. En l\u2019absence d\u2019une base de sondage et de donn\u00e9es sur le nombre d\u2019agriculteur\u00b7trices dans la zone d\u2019\u00e9tude, j'ai proc\u00e9d\u00e9 en deux phases. La premi\u00e8re a consist\u00e9 \u00e0 l\u2019identification des agriculteur\u00b7trices et la deuxi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019administration des questionnaires. J'ai choisi d\u2019inclure l\u2019ensemble des agriculteur\u00b7trices identifi\u00e9\u00b7es pendant la premi\u00e8re phase, soit les 112 personnes. Les entrevues semi-dirig\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s de cinq m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains repr\u00e9sentant chacun un profil diff\u00e9rent. Cet \u00e9chantillon comprend : un \u00ab mono-agricole \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un m\u00e9nage qui ne pratique que l\u2019agriculture exclusivement; un m\u00e9nage pluriactif qui consomme toute la production agricole; un m\u00e9nage pluriactif qui consomme une partie de sa production et commercialise l\u2019autre partie; un m\u00e9nage qui combine l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage; et un dernier qui combine la riziculture et le maraichage. Quant \u00e0 l\u2019analyse documentaire, elle a port\u00e9 sur la Politique nationale de d\u00e9veloppement agricole (PNDA), un document qui d\u00e9finit les strat\u00e9gies pr\u00e9vues pour l\u2019atteinte de l\u2019objectif de la vision de la Guin\u00e9e comme \u00ab puissance agricole \u00e9mergente en 2025 \u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Lors de la collecte de donn\u00e9es, je me suis int\u00e9ress\u00e9 aux m\u00e9nages pris dans son ensemble plut\u00f4t qu\u2019aux membres individuellement pris dans les m\u00e9nages. Ce choix s\u2019explique par le souci de coh\u00e9rence avec le positionnement sur le concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Donc, les donn\u00e9es recherch\u00e9es ne concernaient pas les acteur\u00b7trices par genre ou les caract\u00e9ristiques des produits agricoles. Ces r\u00e9sultats peuvent \u00eatre trouv\u00e9s dans la th\u00e8se de Camara (2023). Dans cet article, c\u2019est plut\u00f4t les donn\u00e9es sur les m\u00e9nages et leurs strat\u00e9gies \u00e9conomiques qui ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es et analys\u00e9es. C\u2019est donc \u00e0 cette caract\u00e9ristique que je m\u2019int\u00e9resse.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aussi, je ne me suis int\u00e9ress\u00e9 qu\u2019aux m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019\u00e9levage domestique en plus de leur activit\u00e9 agricole de production v\u00e9g\u00e9tale sur les trames vertes. Cette pr\u00e9cision est importante parce que c\u2019est uniquement les agriculteur\u00b7trices sur les trames vertes de Conakry qui ont \u00e9t\u00e9 inclus-e-s dans cette \u00e9tude. Donc, les m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019\u00e9levage sans activit\u00e9 agricole sur les trames vertes n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inclus. Le fait de souligner la pr\u00e9sence d\u2019exploitations d\u2019\u00e9levage domestique concerne uniquement les foyers qui ont des exploitations agricoles sur les trames vertes et contribuent \u00e0 analyser ce qu\u2019elles repr\u00e9sentent dans leurs strat\u00e9gies. Donc, je ne m\u2019int\u00e9resse ici qu\u2019aux m\u00e9nages qui pratiquent soit un syst\u00e8me mixte avec des moutons, des ch\u00e8vres, des volailles ou des syst\u00e8mes sp\u00e9cialis\u00e9s (uniquement moutons, ou ch\u00e8vres ou volailles). Les \u00e9levages sont de petite taille, les troupeaux ne d\u00e9passant pas 15 individus quand il s\u2019agit de caprins et 25 individus pour les volailles. Les animaux sont laiss\u00e9s en divagation pour qu\u2019ils trouvent \u00e0 manger eux-m\u00eames.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce dispositif m\u00e9thodologique nous permet d\u2019aboutir aux r\u00e9sultats que nous pr\u00e9senterons et analyserons dans les sections suivantes.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Quelles caract\u00e9ristiques de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes?<\/h2>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des m\u00e9nages agricoles h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La premi\u00e8re chose int\u00e9ressante \u00e0 remarquer est le profil socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, il y a deux types de m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains sur les trames vertes de Conakry\u00a0: les \u00ab\u00a0mono-agricoles\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui tirent tous leurs revenus (mon\u00e9taire et non mon\u00e9taire) de l\u2019agriculture et les \u00ab\u00a0pluriactif\u00b7ves \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ceux et celles qui combinent plusieurs activit\u00e9s, dont les unes g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus mon\u00e9taires et les autres g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus non mon\u00e9taires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 4. Caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages suivant l\u2019utilisation des productions agricoles<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_949\" align=\"aligncenter\" width=\"549\"]<img class=\"wp-image-949\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"173\" \/> Source : Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme le montre la figure 2 ci-dessus, les \u00ab\u00a0Mono-agricoles\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie dont la production est principalement destin\u00e9e \u00e0 la commercialisation dans les march\u00e9s de Conakry. Et les \u00ab\u00a0Pluriactif\u00b7ves\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie dont la production est essentiellement destin\u00e9e \u00e0 l\u2019autoconsommation de leur m\u00e9nage. Si la premi\u00e8re cat\u00e9gorie est marginale (soit 9\u00a0%), la seconde constitue l\u2019importante majorit\u00e9 (91\u00a0%). Cette r\u00e9partition est int\u00e9ressante parce qu\u2019elle guide la strat\u00e9gie des diff\u00e9rents m\u00e9nages. En effet, derri\u00e8re ces strat\u00e9gies se cachent le revenu.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 5. Caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages par strat\u00e9gie \u00e9conomique et par revenus<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_950\" align=\"aligncenter\" width=\"498\"]<img class=\"wp-image-950 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"498\" height=\"190\" \/> Source\u00a0: Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00ab\u00a0Mono-agricoles\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure des revenus (trois millions de francs guin\u00e9ens mensuel ou plus). Elle est constitu\u00e9e de ceux et celles qui ont les niveaux d\u2019\u00e9tude les plus \u00e9lev\u00e9s et les cat\u00e9gories professionnelles de cadres ou d\u2019entrepreneur\u00b7euses agricoles. Et les \u00ab\u00a0Pluriactif\u00b7ves\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie inf\u00e9rieure des revenus (moins de trois millions de francs guin\u00e9ens mensuels). En plus de la faiblesse des revenus, les personnes appartenant \u00e0 cette cat\u00e9gorie ont un niveau d\u2019\u00e9tude inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Comme je le disais plus haut, les m\u00e9nages mono-agricoles tirent des revenus suffisants de l\u2019agriculture pour \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre les chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs. Ils ont les moyens financiers pour exploiter de grandes superficies agricoles, produire de grandes quantit\u00e9s pour vivre de la commercialisation de ces produits. En revanche, les m\u00e9nages pluriactifs sont \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables, donc extr\u00eamement expos\u00e9s aux chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs. Par cons\u00e9quent, ils ne prennent pas le risque de cultiver de grandes superficies (entre 1 \u00e0 3 hectares). Ils ne cultivent que ce qui est n\u00e9cessaire pour la consommation du m\u00e9nage. C\u2019est pour cette raison que l\u2019agriculture sur les trames vertes constitue la source de revenus non mon\u00e9taires. Pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus mon\u00e9taires, ils pratiquent d\u2019autres activit\u00e9s compl\u00e9mentaires telles que la saliculture, la p\u00eache, la ma\u00e7onnerie, la menuiserie, etc. Dans l\u2019un ou dans l\u2019autre des cas, ces strat\u00e9gies constituent des boucliers contre les chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs que je d\u00e9veloppe dans la section suivante.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Et une combinaison de trois types d\u2019exploitations agricoles sur les trames vertes<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe trois types d\u2019agricultures pratiqu\u00e9es sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Le premier type est la riziculture inond\u00e9e, pratiqu\u00e9e dans les casiers rizicoles que les agriculteur\u00b7trices appellent <em>buguni<\/em> Les superficies des <em>buguni<\/em> sont de 0,25; 0,50 et un hectare. Les m\u00e9nages mono-agricoles utilisent essentiellement les <em>buguni<\/em> d\u2019un hectare. Ils ont, ainsi, plusieurs <em>buguni<\/em> d\u2019un hectare (entre 50 \u00e0 75) soit des exploitations d\u2019entre 50 \u00e0 75 hectares. Les m\u00e9nages pluriactifs utilisent les <em>buguni<\/em> de toutes les tailles, mais avec des exploitations d\u2019une superficie entre un \u00e0 trois hectares.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Illustration 1. Un casier rizicole (<em>buguni<\/em>) de 0,75 hectares<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_951\" align=\"aligncenter\" width=\"485\"]<img class=\"wp-image-951 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"485\" height=\"303\" \/> Source : Camara, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les deuxi\u00e8mes types sont des exploitations de maraichage mixte. Elles ne sont pas pratiqu\u00e9es sur des <em>buguni<\/em> mais l\u00e0 o\u00f9 la salinit\u00e9 du sol est faible. Les m\u00e9nages y combinent plusieurs cultures maraich\u00e8res (l\u00e9gumes, tubercules, etc.) sur une m\u00eame parcelle. Ils y pratiquent \u00e9galement plusieurs cultures en fonction des saisons, contrairement au premier type o\u00f9 la riziculture n\u2019est pratiqu\u00e9e qu\u2019en saison pluvieuse. Les exploitations de maraichage mixte sont de petite taille, ne d\u00e9passant pas 500 m\u00b2.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Illustration 2. Une parcelle de maraichage mixte avec du manioc et des patates douces<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_952\" align=\"aligncenter\" width=\"398\"]<img class=\"wp-image-952 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"398\" height=\"381\" \/> Source\u00a0: Camara, 2023[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui est aussi int\u00e9ressant \u00e0 souligner ici, un des int\u00e9r\u00eats de prendre le m\u00e9nage entier plut\u00f4t que les individus comme acteur\u00b7trices de l\u2019agriculture sur les trames vertes, c\u2019est que la plupart des m\u00e9nages pluriactifs combinent au moins deux types d\u2019exploitations agricoles. Pour le cas des m\u00e9nages qui combinent la riziculture et le maraichage mixte, les hommes s\u2019occupent de la riziculture et les femmes s\u2019occupent du maraichage, bien que les femmes participent aussi aux acticit\u00e9s des exploitations rizicoles. Autrement dit, les hommes sont consid\u00e9r\u00e9s comme les responsables de la production rizicole et les femmes sont les responsables des productions maraich\u00e8res.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019organisation interne de ces m\u00e9nages, les hommes sont responsables des revenus non mon\u00e9taires n\u00e9cessaires \u00e0 la consommation domestique. Et les femmes ont la charge de trouver les revenus mon\u00e9taires. De ce point de vue, les produits maraichers sont alors essentiellement destin\u00e9s \u00e0 la commercialisation pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus mon\u00e9taires compl\u00e9mentaires. Pour les m\u00e9nages qui combinent la riziculture et l\u2019\u00e9levage, le riz produit reste destin\u00e9 \u00e0 la consommation domestique et les animaux sont vendus occasionnellement et sont consomm\u00e9s \u00e9galement quelquefois. L\u2019\u00e9levage est un recours pour faire face aux situations d\u2019urgence ou pour les manifestations relatives aux moments de f\u00eate (Camara, 2023)<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des statuts fonciers pr\u00e9caires<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bien qu\u2019il y ait des statuts fonciers et des modes d\u2019acc\u00e8s diff\u00e9rents selon le type d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine, les m\u00e9nages ont un point en commun\u00a0: la pr\u00e9carit\u00e9 du statut foncier sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. En effet, la zone est un domaine public vacant avec un flou sur la propri\u00e9t\u00e9 entre la Mairie de Ratoma et l\u2019\u00c9tat (Camara, 2023). Il existe ainsi plusieurs modes d\u2019acc\u00e8s au foncier dans la zone. Il y a des cas d\u2019achats, le plus souvent par des m\u00e9nages mono-agricoles. Contrairement \u00e0 d\u2019autres zones de la ville, les achats sur les trames vertes ne garantissent pas la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re, compte tenu du statut domaine dans lequel l\u2019achat a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Ces m\u00e9nages sont d\u2019ailleurs conscients qu\u2019ils perdront leurs exploitations le jour o\u00f9 l\u2019Etat, en particulier le gouvernement central, d\u00e9cide de les expulser de la zone.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Un deuxi\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s au foncier est par l\u2019h\u00e9ritage. La pr\u00e9sence de familles de lignage fondateur contribue \u00e0 la difficult\u00e9 du statut foncier de la zone. Plusieurs m\u00e9nages pluriactifs se consid\u00e8rent comme h\u00e9ritier\u00b7es mais restent pr\u00e9caires face \u00e0 la puissance de l\u2019\u00c9tat en cas d\u2019expulsion. Ces \u00ab\u00a0h\u00e9ritier\u00b7es\u00a0\u00bb proc\u00e8dent \u00e0 des op\u00e9rations de pr\u00eat (troisi\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s), de m\u00e9tayage (quatri\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s) ou de libre acc\u00e8s (cinqui\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s) aux espaces agricoles. Les m\u00e9nages qui sont dans ces trois derni\u00e8res situations sont vuln\u00e9rables d\u2019un c\u00f4t\u00e9 vis-\u00e0-vis des \u00ab\u00a0h\u00e9ritier\u00b7es\u00a0\u00bb, et de l\u2019autre vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat. Le sixi\u00e8me et dernier cas d\u2019acc\u00e8s identifi\u00e9 dans la zone est le pr\u00eat par la mairie \u00e0 des m\u00e9nages. Tous ces modes d\u2019acc\u00e8s sont pr\u00e9caires vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat qui a la puissance d\u2019expulsion. Aucun de ces statuts ne garantit la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re pour les m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019agriculture sur les trames vertes de Conakry.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il est difficile de d\u00e9terminer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9levage domestique du point de vue du statut foncier. Les animaux sont laiss\u00e9s en divagation, et bien qu\u2019il arrive qu\u2019ils aillent chercher des ressources dans les espaces publics, il est fastidieux de d\u00e9terminer si l\u2019interdiction des espaces publics aux animaux entrainerait l\u2019arr\u00eat de l\u2019\u00e9levage.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Un faible approvisionnement des march\u00e9s de Conakry vs une importante autoconsommation des produits<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour affiner l\u2019analyse de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment \u00e0 comprendre est la destination des produits. Quoiqu\u2019il f\u00fbt \u00e9vident depuis le d\u00e9but que l\u2019autoconsommation est la part la plus importante, il est important de savoir \u00e0 quelle proportion. Cela est \u00e9galement r\u00e9v\u00e9lateur de la relation de cette agriculture avec les autres composantes de la ville de Conakry.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center\">Figure 6. Utilisation des produits agricoles des trames vertes par types d\u2019agriculture<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_953\" align=\"aligncenter\" width=\"507\"]<img class=\"wp-image-953 \" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"507\" height=\"224\" \/> Source\u00a0: Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain[\/caption]\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9sultats de cette recherche sur la destination des productions agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry montrent d\u2019abord que c\u2019est une activit\u00e9 qui a un r\u00f4le important dans l\u2019alimentation. La pr\u00e9cision est que sa contribution \u00e0 l\u2019approvisionnement de la ville de Conakry est d\u00e9risoire. Ce qui en fait une activit\u00e9 dont les fonctions ne sont pas per\u00e7ues par les habitant\u00b7es de Conakry. De plus, son approvisionnement des march\u00e9s proches de la zone de production est plus important que les autres march\u00e9s de la ville qui sont g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019approvisionnement des march\u00e9s se fait par des circuits courts et de courte distance. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il y a des m\u00e9nages mono-agricoles qui sont organis\u00e9s comme des entreprises agricoles avec des emplois formels. En g\u00e9n\u00e9ral, ces m\u00e9nages vendent les produits en gros directement sur le march\u00e9. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il y a les m\u00e9nages pluriactifs qui vendent les produits maraichers et le surplus de la production de riz. Ils utilisent \u00e9galement des circuits courts, le plus souvent, occup\u00e9s par les membres du m\u00e9nage.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><em>A contrario<\/em> de la contribution de l\u2019agriculture des trames vertes \u00e0 l\u2019approvisionnement des march\u00e9s de la ville, elle repr\u00e9sente une part tr\u00e8s importante de l\u2019autoconsommation des m\u00e9nages qui la pratiquent. Il faut noter \u00e9galement qu\u2019il y a plusieurs m\u00e9nages dont les productions ne satisfont pas les besoins annuels de consommation du m\u00e9nage. Mais elles repr\u00e9sentent une ressource importante pour ces m\u00e9nages parce qu\u2019elles permettent tout de m\u00eame de satisfaire les besoins de plusieurs mois de l\u2019ann\u00e9e, des p\u00e9riodes cruciales pour l\u2019\u00e9quilibre des revenus et des besoins annuels du m\u00e9nage.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Une strat\u00e9gie de bouclier contre les al\u00e9as \u00e9conomiques versus une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re<\/h2>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Une r\u00e9silience socio\u00e9conomique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9sultats de l\u2019analyse pr\u00e9sentent des liens avec ceux de Rey et R\u00e9tif (2011) dans leur interpr\u00e9tation. En effet, le choix de la pluriactivit\u00e9 est en soi un aspect de la strat\u00e9gie contre les risques et al\u00e9as \u00e9conomiques. Ce choix est fait pour diversifier les revenus dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 \u00e9conomique, mon\u00e9taire et sociale. De ce point de vue, plusieurs auteur\u00b7trices estiment que la diversification \u00e9conomique, qu\u2019elle soit pour les pays, les entreprises ou, dans le cas pr\u00e9sent pour les m\u00e9nages, est consid\u00e9r\u00e9e comme importante contre les al\u00e9as et les incertitudes (Andr\u00e9-Le Pogamp et Navatte, 2014; Berth\u00e9lemy, 2005).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les agriculteur\u00b7trices des trames vertes de Conakry, la pluriactivit\u00e9 d\u00e9montre leur capacit\u00e9 d\u2019adaptation qui constitue la v\u00e9ritable r\u00e9silience socio\u00e9conomique de ces m\u00e9nages. Encore plus int\u00e9ressant, le choix de la riziculture est essentiel dans cette strat\u00e9gie. En effet, et comme l\u2019expliquent Rey et R\u00e9tif, c\u2019est le riz qui est l\u2019aliment de base et l\u2019un des produits dont les prix sont les plus fluctuants sur le march\u00e9. En choisissant de produire du riz, ils se mettent \u00e0 l\u2019abri contre tout risque li\u00e9 \u00e0 cette denr\u00e9e. Rey et R\u00e9tif pr\u00e9cisent\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par exemple, nombre d\u2019observateurs s\u2019\u00e9tonnent que les communaut\u00e9s littorales ne deviennent pas exclusivement p\u00eacheurs sachant que c\u2019est une activit\u00e9 tr\u00e8s fortement r\u00e9mun\u00e9ratrice, sans comparaison possible avec les activit\u00e9s agricoles. Dans un contexte o\u00f9 le Franc guin\u00e9en est fluctuant et o\u00f9 le prix du riz est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la hausse (du fait de l\u2019\u00e9volution de la parit\u00e9 GNF\/devise), la pratique exclusive d\u2019une activit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e8re des revenus mon\u00e9taires repr\u00e9senterait un trop grand risque. L\u2019argent accumul\u00e9 pourrait ne pas suffire pour acheter autant de riz que le m\u00e9nage en produit. La combinaison des activit\u00e9s pratiqu\u00e9es varie ainsi d\u2019un site \u00e0 l\u2019autre; il s\u2019agit d\u2019un savant dosage qui vise \u00e0 r\u00e9pondre au mieux \u00e0 la variabilit\u00e9 du contexte tout en limitant la prise de risque au maximum (Rey et R\u00e9tif, 2011, p.103).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La pluriactivit\u00e9 et le choix de la riziculture sont donc des choix d\u2019une strat\u00e9gie savante d\u2019adaptation \u00e0 un contexte instable, augmentant ainsi les risques de chocs ext\u00e9rieurs. Malgr\u00e9 cette r\u00e9ponse strat\u00e9gique aux chocs \u00e9conomiques et mon\u00e9taires, les m\u00e9nages agricoles des trames vertes de Conakry restent confront\u00e9s \u00e0 une fragilit\u00e9 de leur statut foncier rendant vuln\u00e9rable les exploitations agricoles.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Mais une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Bien que le syst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains des trames vertes de Conakry ait pu d\u00e9velopper une strat\u00e9gie intelligente et efficace contre les risques et al\u00e9as \u00e9conomiques, il reste tr\u00e8s vuln\u00e9rable du point de vue foncier. Cela va dans le m\u00eame sens que les r\u00e9sultats de plusieurs recherches men\u00e9es sur l\u2019agriculture urbaine et p\u00e9riurbaine en contexte africain (Dauvergne, 2010; Sanni Bio <em>et al.<\/em>, 2023). Les strat\u00e9gies d\u00e9velopp\u00e9es sont des solutions qui donnent un statut \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e0 l\u2019exploitation. Cet \u00e9tat de fait est similaire \u00e0 ce qu\u2019a observ\u00e9 Dauvergne (2010) au Cameroun.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans beaucoup de cas, l\u2019agriculture est une activit\u00e9 de transition sur des parcelles qui ont vocation \u00e0 \u00eatre construite. Ce sont des espaces engag\u00e9s dans le processus d\u2019urbanisation : lou\u00e9s ou vendus, immatricul\u00e9s ou en voie d\u2019immatriculation. Cette agriculture est en g\u00e9n\u00e9ral une agriculture de vivriers [\u2026] mais elle n\u2019a pas vocation \u00e0 se poursuivre \u00e0 long terme, il n\u2019y a pas de strat\u00e9gie de renouvellement de la fertilit\u00e9, comme l\u2019\u00e9tablissement de friches longues (Dauvergne, 2010, p. 7).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cette strat\u00e9gie de transition, observ\u00e9e par plusieurs recherches en Afrique (Mpie-Simba, 2022; Camara, 2022) est ainsi le moyen de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019urbanisation. Elle consiste \u00e0 s\u2019\u00e9loigner du front urbain au fur et \u00e0 mesure de son avancement. Dans l\u2019espoir que cet avancement n\u2019arrive jamais \u00e0 rattraper les exploitations agricoles. Mais cette strat\u00e9gie n\u2019assure pas une s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re. D\u2019une part, parce que toute la trame verte sur laquelle la strat\u00e9gie est mise en \u0153uvre a un statut de domaine public. Les exploitations sont, ainsi, expos\u00e9es au risque d\u2019expulsion par le gouvernement. D\u2019autre part, parce que l\u2019avanc\u00e9e du front urbain finira par consommer tous les espaces disponibles pour l\u2019agriculture. La signature d\u2019une convention entre le gouvernement et une multinationale pour la construction d\u2019une nouvelle ville de 650 hectares dans la zone en est une illustration. D\u2019ailleurs, ce projet a eu un impact s\u00e9rieux sur plusieurs exploitations.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En centrant l\u2019analyse sur l\u2019agriculture des trames vertes, mon objectif \u00e9tait de cerner les enjeux de la valorisation de ces trames. J\u2019ai, \u00e0 cet effet, d\u00e9crit les caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages et des exploitations agricoles pr\u00e9sentes sur ces trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Les principaux r\u00e9sultats montrent que bien qu\u2019il y ait des m\u00e9nages mono-agricoles situ\u00e9s dans la tranche sup\u00e9rieure des revenus, ils restent marginaux par rapport aux m\u00e9nages pluriactifs qui repr\u00e9sentent 91\u00a0% des m\u00e9nages de cette \u00e9tude. La strat\u00e9gie de la pluriactivit\u00e9 est une solution qui d\u00e9montre la capacit\u00e9 d\u2019adaptation de ces m\u00e9nages \u00e0 la situation \u00e9conomique et mon\u00e9taire instable de leur environnement. La riziculture est essentielle dans cette strat\u00e9gie. Elle repr\u00e9sente le pilier sans lequel la strat\u00e9gie ne tiendrait pas. Donc, la valorisation des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine est une strat\u00e9gie de r\u00e9silience socio\u00e9conomique des m\u00e9nages qui la pratiquent. Inversement, les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s montrent une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re des exploitations et la strat\u00e9gie de transition mise en \u0153uvre n\u2019est pas durable. Malgr\u00e9 la capacit\u00e9 d\u2019adaptation des m\u00e9nages aux chocs ext\u00e9rieurs, l\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le tout de m\u00eame que toutes les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es ne garantissent pas la r\u00e9silience du syst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles sur les trames.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Cet \u00e9tat de fait soul\u00e8ve encore une fois la question de la prise en compte de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine dans les politiques urbaines. Si dans d\u2019autres contexte, des auteur\u00b7trices (Tanguay <em>et al.<\/em>, 2018) recommandent sa prise en compte au-del\u00e0 des simples zonages de sauvegarde des espaces naturels, dans le cas de Conakry et plus globalement des pays en Afrique de l\u2019Ouest, les zonages de sauvegarde seraient une premi\u00e8re grande \u00e9tape. D\u2019ailleurs, la mobilisation des r\u00e9seaux internationaux, tels que la Urban Agriculture and Foods Systems (RUAF) et l\u2019Institut africain de gestion urbaine (IAGU), dans certaines villes ouest-africaines a permis de cr\u00e9er des ceintures vertes urbaines pour le maraichage. Ces projets ont permis de prot\u00e9ger le maraichage, notamment \u00e0 Bobo Dioulasso au Burkina Faso par exemple (Robineau <em>et al.<\/em>, 2014). M\u00eame si les zonages de sauvegarde sont contraignants dans un contexte o\u00f9 le besoin d\u2019urbanisation est justifi\u00e9, il est possible d\u2019int\u00e9grer cette activit\u00e9 dans les projets urbains. Il est d\u2019ailleurs int\u00e9ressant de poursuivre la r\u00e9flexion autour de cette question.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA). 2020. <em>Cartographie et \u00e9valuation des terres agricoles de la Guin\u00e9e.<\/em> <a href=\"https:\/\/anasa.gov.gn\/2021\/publications\/\">https:\/\/anasa.gov.gn\/2021\/publications\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Andr\u00e9-Le Pogamp, Florence et Navatte, Patrick. 2014. L\u2019impact de la diversification sur la valeur de la firme Vers une approche contingente. <em>Revue fran\u00e7aise de gestion<\/em>, 241 (4), 107-120. <a href=\"https:\/\/shs.cairn.info\/revue-francaise-de-gestion-2014-4-page-107?lang=fr\">https:\/\/shs.cairn.info\/revue-francaise-de-gestion-2014-4-page-107?lang=fr<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Aubry, Christine. 2013. <em>L\u2019agriculture urbaine, contributrice des strat\u00e9gies alimentaires des m\u00e9gapoles?<\/em> Communication pr\u00e9sent\u00e9e lors des 24e Journ\u00e9es scientifiques de l\u2019environnement \u2013 La transition \u00e9cologique des m\u00e9gapoles, Cr\u00e9teil, 12 f\u00e9vrier.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ba, Abou et Cantoreggi, Nicolas. 2018. Agriculture urbaine et p\u00e9riurbaine (AUP) et \u00e9conomie des m\u00e9nages agri-urbains \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal). <em>International Journal of Environnement, Agriculture and Biotechnology<\/em>, (3) 1, 195-207. <a href=\"https:\/\/dx.doi.org\/10.22161\/ijeab\/3.1.25\">https:\/\/dx.doi.org\/10.22161\/ijeab\/3.1.25<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bah, Thierno Boubacar Boiro, Ibrahima et Keita, S\u00e9kou Moussa. 2015. <em>Influence de la dynamique c\u00f4ti\u00e8re sur la mangrove au sud de Conakry : un r\u00e9el d\u00e9fi pour la stabilit\u00e9 du littoral<\/em>. \u00c9ditions universitaires europ\u00e9ennes (EUE).<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berrou, Jean-Philippe et Gondard-Delcroix, Claire. 2011. Dynamique des r\u00e9seaux sociaux et r\u00e9silience socio-\u00e9conomique des micro-entrepreneurs informels en milieu urbain africain. <em>Mondes en d\u00e9veloppement<\/em>, 156 (4), 73-88. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/med.156.0073\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/med.156.0073<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berth\u00e9lemy, Jean-Claude. 2005. Commerce international et diversification \u00e9conomique. <em>Revue d\u2019\u00e9conomie politique<\/em>, 115 (5), 591-611. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/redp.155.0591\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/redp.155.0591<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand, Frederic. 1991. L\u2019originalit\u00e9 des mangroves de Guin\u00e9e dans le monde tropical humide. <em>Cahiers d\u2019Outre-mer<\/em>, 176, 365-378. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3406\/caoum.1991.3412\">https:\/\/doi.org\/10.3406\/caoum.1991.3412<\/a> Bode,<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camara, Mohamed Saliou. 2023. <em>La forme urbaine et la multifonctionnalit\u00e9 de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine\u00a0: cas de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. <\/em>Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Tours et Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camara, Mohamed Saliou. 2022. <em>La relation de la ville et des espaces naturels, des dynamiques r\u00e9trospectives \u00e0 la mod\u00e9lisation prospective\u00a0: cas de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry<\/em>. Communication pr\u00e9sent\u00e9e lors du colloque Demain Nature et Ville, Blois, 24 juin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Courade, Georges et De Suremain, Charles Edouard. 2001. In\u00e9galit\u00e9s, vuln\u00e9rabilit\u00e9s et r\u00e9silience\u00a0: les voies \u00e9troites d\u2019un nouveau contrat social en Afrique subsaharienne. Dans Winter, G\u00e9rard (dir.), <em>In\u00e9galit\u00e9s et politiques publiques en Afrique. Pluralit\u00e9 des normes et jeux d\u2019acteurs <\/em>(p.\u00a0119-133)<em>.<\/em> Paris\u00a0: Karthala-IRD.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dauvergne, Sarah. 2010. Dynamique des agricultures p\u00e9riurbaines en Afrique sub-saharienne et statuts fonciers\u00a0: le cas des villes d\u2019Accra et Yaound\u00e9. Dans Coudel, Emilie, Devautour, Hubert, Faure, Guy, Ma\u00efzi, Pascale et Soulard Christophe (dir), <em>Symposium sur l'innovation et le d\u00e9veloppement durable dans l'agriculture et l'alimentation <\/em>(p. 1-12).<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/esag_2275-2919_2010_num_44_932_1041\"> https:\/\/www.persee.fr\/doc\/esag_2275-2919_2010_num_44_932_1041<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, S\u00e9cou Omar Oumar, Sy et Christine Margetic. 2023. Quelle r\u00e9silience des espaces agricoles sous \u00ab\u00a0pression\u00a0\u00bb des changements environnementaux \u00e0 Ziguinchor (S\u00e9n\u00e9gal)? <em>Bulletin de l\u2019association de g\u00e9ographes fran\u00e7ais<\/em> 100 (1). \u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/bagf.10691\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/bagf.10691<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, S\u00e9cou Omar, Sy, Oumar et Christine Margetic. 2018. Agriculture urbaine \u00e0 Ziguinchor\u00a0(S\u00e9n\u00e9gal) : des pratiques d\u2019autoconsommation favorables \u00e0 l\u2019essor de fili\u00e8res d\u2019approvisionnement urbaines durables. <em>Espace populations soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 3. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/eps.8250\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/eps.8250<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, Secou Omar. 2020. <em>Agriculture et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire urbaine \u00e0 Ziguinchor (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Nantes et Universit\u00e9 Assane Seck de Ziguinchor.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gangneux-Kebe, Julie. 2019. De la production paysag\u00e8re \u00e0 la formation des paysages v\u00e9cus \u00e0 Conakry (Guin\u00e9e). <em>Projets de paysage<\/em>, 21. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/paysage.2101\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/paysage.2101<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut national de la statistique. 2021. <em>Annuaire statistique 2021. <\/em><a href=\"https:\/\/www.stat-guinee.org\/index.php\/publications-ins\/89-publications-annuelles\">https:\/\/www.stat-guinee.org\/index.php\/publications-ins\/89-publications-annuelles<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Mabu Masiala. 2021. <em>Contribution des concessions agricoles p\u00e9riurbaines \u00e0 l\u2019approvisionnement alimentaire de la ville de Kinshasa<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat de l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge et de l\u2019Universit\u00e9 de Kinshasa.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019agriculture. 2017. <em>Politique nationale de d\u00e9veloppement agricole<\/em>. Gouvernement guin\u00e9en. Conakry, Guin\u00e9e. <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/faolex\/results\/details\/fr\/c\/LEX-FAOC186295\/\">https:\/\/www.fao.org\/faolex\/results\/details\/fr\/c\/LEX-FAOC186295\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019urbanisme et de l\u2019habitat. 1992. <em>Plan de D\u00e9veloppement Urbain de Conakry<\/em>.<a href=\"https:\/\/unhabitat.org\/evaluation-du-plan-de-developpement-urbain-conakry\"> https:\/\/unhabitat.org\/evaluation-du-plan-de-developpement-urbain-conakry<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de la ville et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. 2023. <em>Sch\u00e9ma directeur d\u2019urbanisation (SDU) du Grand Conakry<\/em>.<a href=\"https:\/\/www.eeas.europa.eu\/node\/19173_fr\"> https:\/\/www.eeas.europa.eu\/node\/19173_fr<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mpie-Simba, C\u00e9dric. 2022. <em>Dynamiques des paysages p\u00e9riurbains de la presqu\u2019ile de Libreville : de la caract\u00e9risation des trajectoires \u00e0 la mod\u00e9lisation prospective<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Tours.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rey, Pascal et R\u00e9tif, Marine. 2020. Le mythe de l\u2019autosuffisance en riz en Guin\u00e9e. Le paradoxe des politiques face aux strat\u00e9gies locales. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, 275. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/com.8054\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/com.8054<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robineau, Oph\u00e9lie, Tichit, Julia et Maillard, Thomas. 2014. S'int\u00e9grer pour se p\u00e9renniser\u00a0: pratiques d'agriculteurs urbains dans trois villes du Sud. <em>Espace et Soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 158, 83-100.<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-espaces-et-societes-2014-3-page-83.htm\"> https:\/\/www.cairn.info\/revue-espaces-et-societes-2014-3-page-83.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robineau, Oph\u00e9lie, Tichit, Julie et Maillard, Thomas. 2014. S\u2019int\u00e9grer pour se p\u00e9renniser\u00a0: pratiques d\u2019agriculteurs urbains dans trois villes du Sud. <em>Espaces et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 158 (3), 83-100. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/esp.158.0083\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/esp.158.0083<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sanni Bio, Bay\u00e9, Sounon Bouko, Boni, Djohy, Gildas Louis et Yabi, Jacob Afouda. 2023. Agriculture urbaine et p\u00e9ri-urbaine \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des dynamiques fonci\u00e8res en Afrique : \u00e9tat des lieux et perspectives. <em>Revue Aflash<\/em>, 10 (2), 285-327. <a href=\"https:\/\/aflash-revue-mdou.org\/2023\/12\/17\/vol102-2\/\">https:\/\/aflash-revue-mdou.org\/2023\/12\/17\/vol102-2\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sylla, Mamaissata Fatou. 2019. Dynamique spatio-temporelles des trames vertes et bleues de la ville de Conakry. M\u00e9moire de master en biologie, Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tanguay, C\u00e9line Yengu\u00e9, Jean\u00a0Louis et Serrano, Jos\u00e9. Planification spatiale et agriculture urbaine. L\u2019exemple de l\u2019agglom\u00e9ration tourangelle. <em>VertigO \u2013 la revue<\/em> <em>\u00e9lectronique en sciences de l'environnement<\/em>, 31 (HS). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.22074\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.22074<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (capitale de la Guin\u00e9e) connait une croissance d\u00e9mographique rapide et cela entraine un \u00e9talement urbain qui fragilise les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels. Face \u00e0 ces d\u00e9fis, l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine est vue comme un levier d\u2019actions. L\u2019am\u00e9nagement de trames vertes est ainsi un mod\u00e8le privil\u00e9gi\u00e9 par plusieurs villes africaines. Cependant, tr\u00e8s peu de recherches s\u2019int\u00e9ressent aux enjeux socio\u00e9conomiques de ces trames. Nous d\u00e9veloppons donc la r\u00e9flexion sur les enjeux socio\u00e9conomiques de la valorisation des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine. Pour y parvenir, la m\u00e9thodologie a \u00e9t\u00e9 b\u00e2tie sur une approche mixte. Une partie des donn\u00e9es a \u00e9t\u00e9 collect\u00e9e pendant la phase de terrain de la th\u00e8se (Camara, 2023) \u00e0 travers une enqu\u00eate au moyen de questionnaires et des entrevues semi-dirig\u00e9es. Ces donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyse documentaire (le nouveau Sch\u00e9ma directeur d\u2019urbanisme du Grand Conakry et de la Politique nationale de d\u00e9veloppement agricole). Les r\u00e9sultats montrent des m\u00e9nages essentiellement pluriactifs. L\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes constituent un \u00e9l\u00e9ment central de la strat\u00e9gie de ces m\u00e9nages, ce qui constitue leur r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Cependant, ces m\u00e9nages restent vuln\u00e9rables du point de vue de leur statuts fonciers.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/agriculture-periurbaine\/\">agriculture p\u00e9riurbaine<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/conakry\/\">Conakry<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/economie\/\">\u00e9conomie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/ecosysteme\/\">\u00e9cosyst\u00e8me<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/periurbain\/\">p\u00e9riurbain<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles\/trame-verte\/\">trame verte<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">The urban area of Conakry (the capital of Guinea) is experiencing rapid population growth, leading to urban sprawl that is undermining natural ecosystems. Faced with these challenges, peri-urban agriculture is seen as a lever for action. The development of green belts is a model favoured by several African cities. However, very little research has been carried out into the socio-economic implications of these networks. We are therefore examining the socio-economic issues involved in using peri-urban agriculture to enhance the green spaces in the Conakry urban area. To achieve this, the methodology was based on a mixed approach. Part of the data was collected during the field phase of the thesis (Camara, 2023) through a survey using questionnaires and semi-structured interviews. These data were supplemented by documentary analysis (the new Urban Master Plan for Greater Conakry and the National Agricultural Development Policy). The results show that households are essentially pluriactive. Peri-urban agriculture on green belts is a central element in the strategy of these households, which constitutes their socio-economic resilience. However, these households remain vulnerable in terms of their land tenure status.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/conakry\/\">Conakry<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/economy\/\">economy<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/ecosystem\/\">ecosystem<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/green-grid\/\">green grid<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/peri-urban\/\">peri-urban<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/keywords\/peri-urban-agriculture\/\">peri-urban agriculture<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (wolof)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00ebkk bu mag bi tuddu Conakry (kapitaalu Guin\u00e9e) mingi dundu lu bari ci askan wi, te loolu moo waral \u00f1u bari di tasaaroo ci d\u00ebkki taax yi, te loolu dafay n\u00e9ewal doole ecosystem yi. Bu\u00f1u j\u00e0nkoonte ak jafe-jafe yii, da\u00f1u j\u00e0pp ni mbay mi ci wetu d\u00ebkk yi mooy g\u00ebna am solo. Kon defar reso yu wert nekk na royukaay bu d\u00ebkk yu bari ci Afrique b\u00ebgg. Waaye, g\u00ebstu yu n\u00e9ew la\u00f1u def ci jafe-jafe sosio-ekonomik yi ci kaadar yooyu. Kon noo ngi j\u00ebmmale xalaat ci jafe-jafe sosio-ekonomik ngir g\u00ebna dooleel reso yu wert yi ci conurbation Conakry jaaraleko ci mbay mi ci biir d\u00ebkk yi. Ngir m\u00ebna def loolu, da\u00f1u tabax njur\u00e9ef ci anam wu wuute. Yenn ci done yi \u00f1u ngi leen j\u00eblee ci w\u00e0llu these bu Camara (2023) ci laaj-tontu ak janoo yu demi-structur\u00e9. Done yooyu da\u00f1u leen yokk ci j\u00e0ngat ci dokimaa (Plan Master bu bees bu Planio\u014b D\u00ebkk yi ngir Conakry bu Mag bi ak Politigu Yeesal Mbay mi ci R\u00e9ew mi). Ay njureef yi da\u00f1u wane ni njaboot yu bari \u00f1ooy ligg\u00e9ey. Bayyima yi ci biir d\u00ebkk yi, ci kaw reso yu wert yi, bokk na\u00f1u ci li g\u00ebna am solo ci pexem njaboot yooyu, te loolu mooy seen d\u00ebg\u00ebr ci w\u00e0llu koom-koom. Waaye, njaboot yooyu \u00f1u ngi nekk ci jafe-jafe ci w\u00e0llu seen suuf.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (wolof)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/ci-wetu-dekk\/\">ci wetu d\u00ebkk<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/conakry\/\">Conakry<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/ekosistem\/\">ekosistem<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/koom\/\">koom<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/mbay-mi-ci-wetu-dekk\/\">mbay mi ci wetu d\u00ebkk<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/motscles-autre\/reso-yu-wert\/\">reso yu wert<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>24 mars 2024<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>16 septembre 2024<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>31 d\u00e9cembre 2024<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Aujourd\u2019hui, de grands d\u00e9fis socio\u00e9conomiques se posent dans les pays africains. Ces d\u00e9fis sont encore plus importants dans les grandes villes africaines \u00e0 cause de la croissance rapide de leur d\u00e9mographie et des dynamiques de m\u00e9tropolisation. L\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (capitale de la Guin\u00e9e) est, \u00e0 l\u2019instar de ces grandes villes africaines, confront\u00e9e aux difficult\u00e9s dues \u00e0 l\u2019accroissement de la population. Elle passera de deux millions d\u2019habitant\u00b7es en 2021 (Institut national de la statistique, 2022) avec une superficie de 450 km\u00b2 \u00e0 six millions \u00e0 l\u2019horizon 2040 en devenant une r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine d\u2019environ 15 000 km\u00b2 (Minist\u00e8re de la ville et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, 2023). Dans un contexte o\u00f9 l\u2019urbanisation est essentiellement informelle (Camara, 2023), cela entraine un \u00e9talement urbain et une artificialisation des sols qui fragilise les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels et la biodiversit\u00e9 en zones urbaine et p\u00e9riurbaine. Cette urbanisation pose \u00e9galement d\u2019importants d\u00e9fis alimentaires, \u00e9conomiques, soci\u00e9taux et environnementaux \u00e0 relever pour les prochaines d\u00e9cennies. Face \u00e0 ces d\u00e9fis, plusieurs recherches (Aubry, 2013; Diedhiou, 2020; Robineau <em>et al<\/em>., 2014) s\u2019accordent pour dire que l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine est un levier d\u2019actions. L\u2019importance de ses fonctions alimentaires, \u00e9conomiques, sociales et environnementales est d\u00e9montr\u00e9e dans plusieurs recherches (Ba et Cantoreggi, 2018; Bode, 2021; Diedhiou <em>et al<\/em>., 2018). L\u2019agriculture p\u00e9riurbaine fait, ainsi, l\u2019objet d\u2019un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat et d\u2019une litt\u00e9rature africaine abondante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cependant, le d\u00e9veloppement cette activit\u00e9 dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e que r\u00e9cemment par Camara (2023) dans sa th\u00e8se. Si cette \u00e9tude a d\u00e9termin\u00e9 les conditions du maintien de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine face \u00e0 l\u2019urbanisation informelle, elle n\u2019a pas abord\u00e9 les enjeux de la valorisation socio\u00e9conomique des trames vertes par sa pratique. Dans cet article, j\u2019analyse le r\u00f4le de la valorisation des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry sous l\u2019angle des strat\u00e9gies socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains. Ceci est d\u2019autant plus int\u00e9ressant que le contexte des villes africaines est marqu\u00e9 par de fortes pressions anthropiques et climatiques sur l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine et sur les ressources naturelles. C\u2019est ce qui me conduit, comme Diedhiou <em>et al<\/em>. (2023), \u00e0 mobiliser le concept de \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb. Aussi, j\u2019analyse la capacit\u00e9 des m\u00e9nages \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 faire face, du point de vue socio\u00e9conomique, au d\u00e9veloppement urbain gr\u00e2ce \u00e0 la pratique d\u2019une agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La mobilisation de ce concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique, que je d\u00e9finis dans la section suivante, est f\u00e9conde dans la mesure o\u00f9 les mod\u00e8les d\u2019am\u00e9nagement spatiaux ou de morphologie urbaine font d\u00e9bat. L\u2019am\u00e9nagement de trames vertes et\/ou de ceintures vertes est ainsi un mod\u00e8le privil\u00e9gi\u00e9 par plusieurs villes africaines. D\u00e8s lors, cette r\u00e9flexion pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat parce qu\u2019elle permettra de saisir la subtilit\u00e9 de la place qu\u2019occupe les trames vertes dans les strat\u00e9gies socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles dans une ville soumise \u00e0 de fortes pressions anthropiques sur les ressources de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine et naturelles. En quoi la valorisation des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine assure-t-elle une r\u00e9silience socio\u00e9conomique pour des m\u00e9nages agricoles? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est envisag\u00e9e \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude du cas de l\u2019une des agglom\u00e9rations guin\u00e9ennes, Conakry. L\u2019hypoth\u00e8se est la suivante\u00a0: les trames vertes sur lesquelles des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains pratiquent l\u2019agriculture repr\u00e9sentent une ressource territoriale essentielle pour la mise en \u0153uvre des strat\u00e9gies de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Pour tester cette hypoth\u00e8se, je recours \u00e0 la m\u00e9thodologie mixte, avec des donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate par questionnaires, d\u2019entrevues semi-dirig\u00e9es, compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyse documentaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mon propos est structur\u00e9 en cinq sections. La premi\u00e8re section analyse le concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique et pr\u00e9cise sa mobilisation dans le cadre de cet article. La deuxi\u00e8me section pr\u00e9sente l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, la zone d\u2019\u00e9tude. La m\u00e9thodologie est expliqu\u00e9e dans la troisi\u00e8me section. Dans la quatri\u00e8me section, je pr\u00e9sente les r\u00e9sultats qui soulignent les caract\u00e9ristiques socio\u00e9conomiques des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains de la trame verte, les exploitations agricoles, les statuts fonciers et l\u2019utilisation des productions. La derni\u00e8re section, analyse et interpr\u00e8te les r\u00e9sultats en d\u00e9cryptant la strat\u00e9gie \u00e9conomique des m\u00e9nages.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le concept de \u00ab\u00a0r\u00e9silience socio\u00e9conomique\u00a0\u00bb pour l\u2019analyse des strat\u00e9gies des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains de la trame verte de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry font face \u00e0 plusieurs situations qui repr\u00e9sentent des chocs ext\u00e9rieurs. D\u2019une part, les espaces agricoles et naturels de la ville sont soumis \u00e0 de fortes pressions urbaines. D\u2019autre part, ces m\u00e9nages sont \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables, avec des revenus moyens inf\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne nationale (Camara, 2023). Elles sont ainsi dans une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 aggrav\u00e9e par un contexte de crises nationales et internationales (guerre en Ukraine, instabilit\u00e9 sociopolitique en Afrique de l\u2019Ouest et particuli\u00e8rement en Guin\u00e9e). Malgr\u00e9 cette vuln\u00e9rabilit\u00e9, ils vivent dans un contexte, d\u00e9crit par Berrou et Gondard-Delcroix (2011), comme \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9 par \u00ab la faiblesse des syst\u00e8mes de redistribution \u00e9tatique, l\u2019absence d\u2019un syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de protection sociale, ainsi que l\u2019imperfection des march\u00e9s du cr\u00e9dit et de l\u2019assurance priv\u00e9e \u00bb (2011, p. 73) Pour comprendre comment la valorisation des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry par l\u2019agriculture permet \u00e0 ces m\u00e9nages d\u2019absorber ces chocs tout en conservant leurs r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales, le concept de \u00ab r\u00e9silience socio\u00e9conomique \u00bb semble particuli\u00e8rement idoine. Dans cet article, je ne fais pas une revue exhaustive des d\u00e9finitions de la r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Ce serait non seulement long, mais pas tr\u00e8s pertinent dans ce travail. En revanche, je pr\u00e9cise le cadre \u00e9pist\u00e9mologique qui justifie son emploi dans la pr\u00e9sente \u00e9tude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019abord, le terme \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb a fait l\u2019objet de nombreuses d\u00e9finitions, les acceptions variant d\u2019une discipline \u00e0 une autre. Emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019anglais <em>resilience<\/em>, signifiant le \u00ab\u00a0fait de rebondir\u00a0\u00bb, le terme est d\u2019abord utilis\u00e9 en m\u00e9canique et en physique pour parler de la \u00ab\u00a0r\u00e9sistance d\u2019un mat\u00e9riau au choc\u00a0\u00bb; puis en zoologie pour \u00e9voquer la \u00ab\u00a0capacit\u00e9 de reproduction d\u2019une esp\u00e8ce animale inemploy\u00e9e en raison d\u2019une ambiance hostile\u00a0\u00bb; enfin, le terme pris le sens de \u00ab\u00a0force morale, qualit\u00e9 de quelqu\u2019un qui ne se d\u00e9courage pas, qui ne se laisse pas abattre\u00a0\u00bb (TLFi, 2004, en ligne). L\u2019adjonction de l\u2019\u00e9pith\u00e8te \u00ab\u00a0socio\u00e9conomique\u00a0\u00bb participe \u00e0 circonscrire le domaine d\u2019interpr\u00e9tation de cette disposition ou de cette aptitude. Aussi Berrou et Gondard-Delacroix (2011) d\u00e9finissent-ils la r\u00e9silience socio\u00e9conomique, \u00e0 la suite de Courade et De Suremain (2001), comme \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 d\u2019un agent ou d\u2019un groupe d\u2019agents \u00e0 faire face aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives des risques et des chocs sur ses conditions de vie\u00a0\u00bb (2011, p.\u00a073). Cela suppose sa capacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9organiser et \u00e0 se maintenir tout en conservant ses fonctions essentielles pendant et apr\u00e8s le choc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Berrou et Gondard-Delcroix (2011) expliquent que les chocs peuvent \u00eatre de nature diverses et vari\u00e9es (d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques, sanitaires, environnementales, politiques, etc.). Ici, je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 deux types de chocs. D\u2019une part, le choc \u00e9conomique, notamment les r\u00e9ponses aux cons\u00e9quences des fluctuations du franc guin\u00e9en sur les m\u00e9nages \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables. D\u2019autre part, le choc environnemental li\u00e9 \u00e0 la consommation du foncier agricole p\u00e9riurbain par l\u2019urbanisation. Sur la nature des chocs, Berrou et Gondard-Delcroix (2011) s\u2019appuient sur la distinction faite par Murdoch entre chocs covariants et chocs idiosyncratiques. Dans le premier cas, \u00ab la probabilit\u00e9 qu\u2019un agent ou un \u00e9l\u00e9ment du syst\u00e8me soit touch\u00e9 par le choc est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la probabilit\u00e9 qu\u2019un autre agent ou \u00e9l\u00e9ment soit touch\u00e9 par le m\u00eame choc \u00bb; tandis que dans le second, les probabilit\u00e9s sont ind\u00e9pendantes l\u2019une par rapport \u00e0 l\u2019autre (Berrou et Gondard-Delacroix, 2011, p. 73). Dans cet article, c\u2019est l\u2019ensemble des m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry qu\u2019il faut voir comme un syst\u00e8me. Donc, nous consid\u00e9rons que les chocs sont de nature covariante dans la mesure o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments du syst\u00e8me \u00e9tudi\u00e9 sont li\u00e9s par les activit\u00e9s qui sont vis\u00e9es par les chocs. Les cons\u00e9quences des fluctuations du franc guin\u00e9en constituent un choc covariant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme je le disais ci-haut, l\u2019ensemble des m\u00e9nages pratiquant l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry constituent un syst\u00e8me\u00a0: c\u2019est un syst\u00e8me socio\u00e9conomique. Par analogie \u00e0 l\u2019approche de Tendall <em>et al. <\/em>(2015) mobilis\u00e9 par Diedhiou <em>et al<\/em>. (2023) pour le syst\u00e8me alimentaire en estimant que sa r\u00e9silience est \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me alimentaire et de ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire au cours du temps, malgr\u00e9 des perturbations vari\u00e9es et non pr\u00e9vues\u00a0\u00bb (Tendall <em>et al<\/em>., cit\u00e9 par Diedhiou <em>et al<\/em>., 2023, p.\u00a060).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Je retiens donc ici que la r\u00e9silience socio\u00e9conomique est la capacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me socio\u00e9conomique \u00e0 absorber un choc ext\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 r\u00e9sister au choc en r\u00e9ussissant \u00e0 se r\u00e9organiser et \u00e0 se maintenir tout en conservant ses fonctions essentielles pendant et apr\u00e8s le choc. Si je transpose cette d\u00e9finition \u00e0 un syst\u00e8me socio\u00e9conomique qui court des risques \u00e9conomiques et environnementaux, la r\u00e9silience socio\u00e9conomique signifie pour ce syst\u00e8me de r\u00e9sister aux perturbations de l\u2019environnement \u00e9conomique et foncier dont la survenue ne d\u00e9pend pas de ses \u00e9l\u00e9ments tout en gardant son fonctionnement de l\u2019int\u00e9rieur. Ici, il s\u2019agit de son fonctionnement \u00e9conomique et social.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conakry, ville aux riches espaces agricoles et naturels soumis \u00e0 de fortes pressions de l\u2019urbanisation<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Conakry est la capitale de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e, un pays qui dispose d\u2019un important potentiel agro\u00e9cologique. En 2020, l\u2019Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA) a \u00e9valu\u00e9 la superficie des terres agronomiques aptes \u00e0 15,2 millions d\u2019hectares soit 62\u00a0% de la superficie totale du pays. L\u2019agriculture repr\u00e9sente l\u2019activit\u00e9 principale de pr\u00e8s de 80\u00a0% de la population active (Minist\u00e8re de l\u2019agriculture, 2017). Conakry est l\u2019une des villes guin\u00e9ennes qui symbolisent ce riche potentiel agricole et \u00e9cologique. Camara (2023) d\u00e9crit une ville c\u00f4ti\u00e8re, constitu\u00e9e de formes inter-p\u00e9n\u00e9trantes de baies, d\u2019estuaires et de bras de mer, bord\u00e9e sur sa longueur au nord et au sud par un littoral caract\u00e9ris\u00e9 par des for\u00eats de mangrove et des basfonds mar\u00e9cageux. Ces caract\u00e9ristiques offrent un double avantage selon Camara (2023)\u00a0: des zones mar\u00e9cageuses propices \u00e0 la riziculture de basfonds, situ\u00e9es dans la zone de la baie de Sangar\u00e9ya<a class=\"footnote\" title=\"La baie de Sangareya est une des plus c\u00e9l\u00e8bres baies en Afrique, elle affleure la ville de Conakry. Elle va de Dubr\u00e9ka (une ville satellite de Conakry) \u00e0 la presqu\u2019\u00eele de Kaloum et les \u00eeles de Loos.\" id=\"return-footnote-945-1\" href=\"#footnote-945-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> et des for\u00eats de mangrove propices \u00e0 la riziculture de mangrove dans l\u2019estuaire de Tabonsou<a class=\"footnote\" title=\"L\u2019estuaire de Tabonsou, aussi pr\u00e9sent\u00e9 dans d\u2019autres documents comme baie de Tabonsou (Bah et al., 2015), mais moins c\u00e9l\u00e8bre que la baie de Sangareya qui est la deuxi\u00e8me des baies entre lesquelles la p\u00e9ninsule de Conakry s\u2019enfonce dans l\u2019oc\u00e9an Atlantique.\" id=\"return-footnote-945-2\" href=\"#footnote-945-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>. Ces zones naturelles s\u2019\u00e9tendent sur plusieurs centaines d\u2019hectares donnant une ville ayant sa partie urbanis\u00e9e pi\u00e9g\u00e9e entre des basfonds et plaines c\u00f4ti\u00e8res situ\u00e9es de part et d\u2019autre. C\u2019est la ceinture verte de Conakry. Elle forme l\u2019essentiel de la trame verte de Conakry telle que le montrent les r\u00e9sultats de Sylla (2019), premi\u00e8re recherche men\u00e9e sur les dynamiques spatiotemporelles des trames vertes et bleues de la ville de Conakry.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 1. Carte de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry avec la localisation du cas d\u2019\u00e9tude<\/p>\n<figure id=\"attachment_946\" aria-describedby=\"caption-attachment-946\" style=\"width: 521px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-946\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"521\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara.jpg 686w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara-65x43.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara-225x150.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-1_Camara-350x233.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 521px) 100vw, 521px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-946\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: ONU-Habitat, 2022, cit\u00e9 par Camara, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme le montre la figure 1, la ceinture verte de Conakry est compos\u00e9e essentiellement de mangrove, d\u2019espaces agricoles, de r\u00e9serves fonci\u00e8res agricoles et d\u2019espaces ouverts. Les mangroves de ces zones ont des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res, un \u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 la fois riche mais fragile. Bertrand (1991) explique que l\u2019originalit\u00e9 de la mangrove guin\u00e9enne, dont celle de la ceinture verte de Conakry, tient \u00e0 son statut \u00e9cologique. C\u2019est un \u00e9cosyst\u00e8me d\u00e9coulant de la conjonction d\u2019un environnement terrig\u00e8ne favorable au d\u00e9veloppement des vasi\u00e8res et d\u2019une instabilit\u00e9 morphoclimatique amplifi\u00e9es par la conversion des extensions c\u00f4ti\u00e8res. Cependant, ce n\u2019est pas que la mangrove qui y est riche avec une caract\u00e9ristique particuli\u00e8re. Les espaces agricoles de cette zone ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es par l\u2019ANASA (2020) dans la strate de S1, soit des aptitudes agronomiques \u00e9lev\u00e9es. Ce sont donc des zones qui offrent des opportunit\u00e9s int\u00e9ressantes pour le d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 2. Dynamique spatiotemporelle d\u2019urbanisation de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry<\/p>\n<figure id=\"attachment_947\" aria-describedby=\"caption-attachment-947\" style=\"width: 446px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-947\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara.png\" alt=\"\" width=\"446\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara.png 1012w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara-300x235.png 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara-768x601.png 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara-65x51.png 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara-225x176.png 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-2_Camara-350x274.png 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 446px) 100vw, 446px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-947\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Banque africaine de d\u00e9veloppement, cit\u00e9 par Camara, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces espaces, malgr\u00e9 l\u2019importance de leurs richesses, sont soumis \u00e0 de fortes pressions anthropiques, en particulier \u00e0 l\u2019urbanisation. En effet, Conakry est la plus grande et la plus importante ville de la Guin\u00e9e et l\u2019une des plus grandes de la sous-r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Elle a un peu plus de 2 millions d\u2019habitant\u00b7es, soit 17\u00a0% de la population nationale et plus de 50\u00a0% de la population urbaine nationale (INS, 2021). De plus, elle est pass\u00e9e de 113\u00a0000 habitant\u00b7es en 1960 \u00e0 plus de 2 millions d\u2019habitant\u00b7es en 2022 (Institut national de la statistique, 2022), soit l\u2019un des taux de croissance d\u00e9mographique les plus rapides en Afrique. Cette dynamique d\u00e9mographique a eu pour impact une artificialisation importante des espaces agricoles et naturels. La superficie de Conakry est pass\u00e9e de 70 km<sup>2<\/sup> en 1985 (Minist\u00e8re de l\u2019urbanisme et de l\u2019habitat, 1992) \u00e0 450 km\u00b2 en 2021. Ce qui a fait de Conakry la zone la plus urbanis\u00e9e de la Guin\u00e9e. L\u2019essentiel de cette urbanisation s\u2019est faite au d\u00e9triment des espaces agricoles et naturels (Camara, 2023). Ces dynamiques se poursuivront les prochaines ann\u00e9es. En effet, le nouveau Sch\u00e9ma directeur d\u2019urbanisation (SDU) pr\u00e9voit la cr\u00e9ation d\u2019une r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine qui sera le Grand Conakry. La superficie du Grand Conakry sera d\u2019environ 15\u00a0000 km\u00b2, soit plus de la moiti\u00e9 de toute la r\u00e9gion de la Basse Guin\u00e9e. Bien que le SDU accorde une importance aux espaces agricoles et naturels, l\u2019urbanisation de Conakry se fait par des pratiques habitantes de production de la ville (Gnagneux-K\u00e9b\u00e9, 2019). Ces pratiques sont de grandes consommatrices d\u2019espaces agricoles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 3. D\u00e9coupage administratif de Conakry avec ses communes<\/p>\n<figure id=\"attachment_948\" aria-describedby=\"caption-attachment-948\" style=\"width: 469px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-948\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara.jpg 1319w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-1024x725.jpg 1024w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-768x544.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-65x46.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-225x159.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-3_Camara-350x248.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-948\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Auteur, 2024<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, il devient n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser le cadre territorial de Conakry sur lequel je travaille dans cet article. Parce que la ville de Conakry qui est compos\u00e9e des cinq communes continentales (Kaloum, Matam, Matoto, Dixinn, Ratoma) est diff\u00e9rente de la R\u00e9gion de Conakry qui est compos\u00e9e de six communes, \u00e0 savoir les cinq communes continentales et la commune de Kassa (les \u00celes de Loos). L\u2019agglom\u00e9ration de Conakry est une agglom\u00e9ration de fait. Elle est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de la conurbation des villes de Conakry, Coyah et Dubr\u00e9ka. Le Grand Conakry, comme je le mentionnais plus haut, est un projet de r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine dans le cadre de la vision 2040. Cet article porte sur l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Ce choix s\u2019explique par le fait que le cas d\u2019\u00e9tude (voir figure 1) se situe dans les limites administratives de deux communes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (Conakry et Dubr\u00e9ka). Dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, notre cas d\u2019\u00e9tude a port\u00e9 sur le basfond qui va de la plage de Lambandji au basfond de Sonfonia (dans la zone de la baie de Sangareya). C\u2019est la zone ayant l\u2019aptitude agronomique la plus \u00e9lev\u00e9e de l\u2019agglom\u00e9ration. Ce choix se justifie par le fait qu\u2019il s\u2019agit du plus grand bassin d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine. De plus, ces exploitations agricoles sont sur la ceinture verte de Conakry qui constitue l\u2019essentiel de la trame verte de l\u2019agglom\u00e9ration.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thodologie<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 conduite suivant une approche mixte. Les donn\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es au moyen de questionnaire et d\u2019entrevues semi-dirig\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es entre avril et ao\u00fbt 2021. Elles ont \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyse documentaire. Le questionnaire a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e \u00e0 112 agriculteur\u00b7trices p\u00e9riurbain\u00b7es du basfond de la baie de Sangar\u00e9yah. En l\u2019absence d\u2019une base de sondage et de donn\u00e9es sur le nombre d\u2019agriculteur\u00b7trices dans la zone d\u2019\u00e9tude, j&rsquo;ai proc\u00e9d\u00e9 en deux phases. La premi\u00e8re a consist\u00e9 \u00e0 l\u2019identification des agriculteur\u00b7trices et la deuxi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019administration des questionnaires. J&rsquo;ai choisi d\u2019inclure l\u2019ensemble des agriculteur\u00b7trices identifi\u00e9\u00b7es pendant la premi\u00e8re phase, soit les 112 personnes. Les entrevues semi-dirig\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s de cinq m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains repr\u00e9sentant chacun un profil diff\u00e9rent. Cet \u00e9chantillon comprend : un \u00ab mono-agricole \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un m\u00e9nage qui ne pratique que l\u2019agriculture exclusivement; un m\u00e9nage pluriactif qui consomme toute la production agricole; un m\u00e9nage pluriactif qui consomme une partie de sa production et commercialise l\u2019autre partie; un m\u00e9nage qui combine l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage; et un dernier qui combine la riziculture et le maraichage. Quant \u00e0 l\u2019analyse documentaire, elle a port\u00e9 sur la Politique nationale de d\u00e9veloppement agricole (PNDA), un document qui d\u00e9finit les strat\u00e9gies pr\u00e9vues pour l\u2019atteinte de l\u2019objectif de la vision de la Guin\u00e9e comme \u00ab puissance agricole \u00e9mergente en 2025 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lors de la collecte de donn\u00e9es, je me suis int\u00e9ress\u00e9 aux m\u00e9nages pris dans son ensemble plut\u00f4t qu\u2019aux membres individuellement pris dans les m\u00e9nages. Ce choix s\u2019explique par le souci de coh\u00e9rence avec le positionnement sur le concept de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Donc, les donn\u00e9es recherch\u00e9es ne concernaient pas les acteur\u00b7trices par genre ou les caract\u00e9ristiques des produits agricoles. Ces r\u00e9sultats peuvent \u00eatre trouv\u00e9s dans la th\u00e8se de Camara (2023). Dans cet article, c\u2019est plut\u00f4t les donn\u00e9es sur les m\u00e9nages et leurs strat\u00e9gies \u00e9conomiques qui ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es et analys\u00e9es. C\u2019est donc \u00e0 cette caract\u00e9ristique que je m\u2019int\u00e9resse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Aussi, je ne me suis int\u00e9ress\u00e9 qu\u2019aux m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019\u00e9levage domestique en plus de leur activit\u00e9 agricole de production v\u00e9g\u00e9tale sur les trames vertes. Cette pr\u00e9cision est importante parce que c\u2019est uniquement les agriculteur\u00b7trices sur les trames vertes de Conakry qui ont \u00e9t\u00e9 inclus-e-s dans cette \u00e9tude. Donc, les m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019\u00e9levage sans activit\u00e9 agricole sur les trames vertes n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inclus. Le fait de souligner la pr\u00e9sence d\u2019exploitations d\u2019\u00e9levage domestique concerne uniquement les foyers qui ont des exploitations agricoles sur les trames vertes et contribuent \u00e0 analyser ce qu\u2019elles repr\u00e9sentent dans leurs strat\u00e9gies. Donc, je ne m\u2019int\u00e9resse ici qu\u2019aux m\u00e9nages qui pratiquent soit un syst\u00e8me mixte avec des moutons, des ch\u00e8vres, des volailles ou des syst\u00e8mes sp\u00e9cialis\u00e9s (uniquement moutons, ou ch\u00e8vres ou volailles). Les \u00e9levages sont de petite taille, les troupeaux ne d\u00e9passant pas 15 individus quand il s\u2019agit de caprins et 25 individus pour les volailles. Les animaux sont laiss\u00e9s en divagation pour qu\u2019ils trouvent \u00e0 manger eux-m\u00eames.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce dispositif m\u00e9thodologique nous permet d\u2019aboutir aux r\u00e9sultats que nous pr\u00e9senterons et analyserons dans les sections suivantes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Quelles caract\u00e9ristiques de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine sur les trames vertes?<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des m\u00e9nages agricoles h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La premi\u00e8re chose int\u00e9ressante \u00e0 remarquer est le profil socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, il y a deux types de m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains sur les trames vertes de Conakry\u00a0: les \u00ab\u00a0mono-agricoles\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui tirent tous leurs revenus (mon\u00e9taire et non mon\u00e9taire) de l\u2019agriculture et les \u00ab\u00a0pluriactif\u00b7ves \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ceux et celles qui combinent plusieurs activit\u00e9s, dont les unes g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus mon\u00e9taires et les autres g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus non mon\u00e9taires.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 4. Caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages suivant l\u2019utilisation des productions agricoles<\/p>\n<figure id=\"attachment_949\" aria-describedby=\"caption-attachment-949\" style=\"width: 549px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-949\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara.jpg 635w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara-300x94.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara-65x20.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara-225x71.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-4_Camara-350x110.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 549px) 100vw, 549px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-949\" class=\"wp-caption-text\">Source : Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme le montre la figure 2 ci-dessus, les \u00ab\u00a0Mono-agricoles\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie dont la production est principalement destin\u00e9e \u00e0 la commercialisation dans les march\u00e9s de Conakry. Et les \u00ab\u00a0Pluriactif\u00b7ves\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie dont la production est essentiellement destin\u00e9e \u00e0 l\u2019autoconsommation de leur m\u00e9nage. Si la premi\u00e8re cat\u00e9gorie est marginale (soit 9\u00a0%), la seconde constitue l\u2019importante majorit\u00e9 (91\u00a0%). Cette r\u00e9partition est int\u00e9ressante parce qu\u2019elle guide la strat\u00e9gie des diff\u00e9rents m\u00e9nages. En effet, derri\u00e8re ces strat\u00e9gies se cachent le revenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 5. Caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages par strat\u00e9gie \u00e9conomique et par revenus<\/p>\n<figure id=\"attachment_950\" aria-describedby=\"caption-attachment-950\" style=\"width: 498px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-950\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"498\" height=\"190\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara.jpg 529w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara-300x115.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara-65x25.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara-225x86.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-5_Camara-350x134.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-950\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00ab\u00a0Mono-agricoles\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure des revenus (trois millions de francs guin\u00e9ens mensuel ou plus). Elle est constitu\u00e9e de ceux et celles qui ont les niveaux d\u2019\u00e9tude les plus \u00e9lev\u00e9s et les cat\u00e9gories professionnelles de cadres ou d\u2019entrepreneur\u00b7euses agricoles. Et les \u00ab\u00a0Pluriactif\u00b7ves\u00a0\u00bb constituent la cat\u00e9gorie inf\u00e9rieure des revenus (moins de trois millions de francs guin\u00e9ens mensuels). En plus de la faiblesse des revenus, les personnes appartenant \u00e0 cette cat\u00e9gorie ont un niveau d\u2019\u00e9tude inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Comme je le disais plus haut, les m\u00e9nages mono-agricoles tirent des revenus suffisants de l\u2019agriculture pour \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre les chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs. Ils ont les moyens financiers pour exploiter de grandes superficies agricoles, produire de grandes quantit\u00e9s pour vivre de la commercialisation de ces produits. En revanche, les m\u00e9nages pluriactifs sont \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables, donc extr\u00eamement expos\u00e9s aux chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs. Par cons\u00e9quent, ils ne prennent pas le risque de cultiver de grandes superficies (entre 1 \u00e0 3 hectares). Ils ne cultivent que ce qui est n\u00e9cessaire pour la consommation du m\u00e9nage. C\u2019est pour cette raison que l\u2019agriculture sur les trames vertes constitue la source de revenus non mon\u00e9taires. Pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus mon\u00e9taires, ils pratiquent d\u2019autres activit\u00e9s compl\u00e9mentaires telles que la saliculture, la p\u00eache, la ma\u00e7onnerie, la menuiserie, etc. Dans l\u2019un ou dans l\u2019autre des cas, ces strat\u00e9gies constituent des boucliers contre les chocs \u00e9conomiques ext\u00e9rieurs que je d\u00e9veloppe dans la section suivante.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Et une combinaison de trois types d\u2019exploitations agricoles sur les trames vertes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe trois types d\u2019agricultures pratiqu\u00e9es sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Le premier type est la riziculture inond\u00e9e, pratiqu\u00e9e dans les casiers rizicoles que les agriculteur\u00b7trices appellent <em>buguni<\/em> Les superficies des <em>buguni<\/em> sont de 0,25; 0,50 et un hectare. Les m\u00e9nages mono-agricoles utilisent essentiellement les <em>buguni<\/em> d\u2019un hectare. Ils ont, ainsi, plusieurs <em>buguni<\/em> d\u2019un hectare (entre 50 \u00e0 75) soit des exploitations d\u2019entre 50 \u00e0 75 hectares. Les m\u00e9nages pluriactifs utilisent les <em>buguni<\/em> de toutes les tailles, mais avec des exploitations d\u2019une superficie entre un \u00e0 trois hectares.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Illustration 1. Un casier rizicole (<em>buguni<\/em>) de 0,75 hectares<\/p>\n<figure id=\"attachment_951\" aria-describedby=\"caption-attachment-951\" style=\"width: 485px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-951\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"485\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara.jpg 784w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara-300x188.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara-768x480.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara-65x41.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara-225x141.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-1_Camara-350x219.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 485px) 100vw, 485px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-951\" class=\"wp-caption-text\">Source : Camara, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Les deuxi\u00e8mes types sont des exploitations de maraichage mixte. Elles ne sont pas pratiqu\u00e9es sur des <em>buguni<\/em> mais l\u00e0 o\u00f9 la salinit\u00e9 du sol est faible. Les m\u00e9nages y combinent plusieurs cultures maraich\u00e8res (l\u00e9gumes, tubercules, etc.) sur une m\u00eame parcelle. Ils y pratiquent \u00e9galement plusieurs cultures en fonction des saisons, contrairement au premier type o\u00f9 la riziculture n\u2019est pratiqu\u00e9e qu\u2019en saison pluvieuse. Les exploitations de maraichage mixte sont de petite taille, ne d\u00e9passant pas 500 m\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Illustration 2. Une parcelle de maraichage mixte avec du manioc et des patates douces<\/p>\n<figure id=\"attachment_952\" aria-describedby=\"caption-attachment-952\" style=\"width: 398px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-952\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"398\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara.jpg 581w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara-300x287.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara-65x62.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara-225x215.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Illustration-2_Camara-350x335.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 398px) 100vw, 398px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-952\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Camara, 2023<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui est aussi int\u00e9ressant \u00e0 souligner ici, un des int\u00e9r\u00eats de prendre le m\u00e9nage entier plut\u00f4t que les individus comme acteur\u00b7trices de l\u2019agriculture sur les trames vertes, c\u2019est que la plupart des m\u00e9nages pluriactifs combinent au moins deux types d\u2019exploitations agricoles. Pour le cas des m\u00e9nages qui combinent la riziculture et le maraichage mixte, les hommes s\u2019occupent de la riziculture et les femmes s\u2019occupent du maraichage, bien que les femmes participent aussi aux acticit\u00e9s des exploitations rizicoles. Autrement dit, les hommes sont consid\u00e9r\u00e9s comme les responsables de la production rizicole et les femmes sont les responsables des productions maraich\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019organisation interne de ces m\u00e9nages, les hommes sont responsables des revenus non mon\u00e9taires n\u00e9cessaires \u00e0 la consommation domestique. Et les femmes ont la charge de trouver les revenus mon\u00e9taires. De ce point de vue, les produits maraichers sont alors essentiellement destin\u00e9s \u00e0 la commercialisation pour g\u00e9n\u00e9rer des revenus mon\u00e9taires compl\u00e9mentaires. Pour les m\u00e9nages qui combinent la riziculture et l\u2019\u00e9levage, le riz produit reste destin\u00e9 \u00e0 la consommation domestique et les animaux sont vendus occasionnellement et sont consomm\u00e9s \u00e9galement quelquefois. L\u2019\u00e9levage est un recours pour faire face aux situations d\u2019urgence ou pour les manifestations relatives aux moments de f\u00eate (Camara, 2023)<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Des statuts fonciers pr\u00e9caires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Bien qu\u2019il y ait des statuts fonciers et des modes d\u2019acc\u00e8s diff\u00e9rents selon le type d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine, les m\u00e9nages ont un point en commun\u00a0: la pr\u00e9carit\u00e9 du statut foncier sur les trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. En effet, la zone est un domaine public vacant avec un flou sur la propri\u00e9t\u00e9 entre la Mairie de Ratoma et l\u2019\u00c9tat (Camara, 2023). Il existe ainsi plusieurs modes d\u2019acc\u00e8s au foncier dans la zone. Il y a des cas d\u2019achats, le plus souvent par des m\u00e9nages mono-agricoles. Contrairement \u00e0 d\u2019autres zones de la ville, les achats sur les trames vertes ne garantissent pas la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re, compte tenu du statut domaine dans lequel l\u2019achat a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Ces m\u00e9nages sont d\u2019ailleurs conscients qu\u2019ils perdront leurs exploitations le jour o\u00f9 l\u2019Etat, en particulier le gouvernement central, d\u00e9cide de les expulser de la zone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Un deuxi\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s au foncier est par l\u2019h\u00e9ritage. La pr\u00e9sence de familles de lignage fondateur contribue \u00e0 la difficult\u00e9 du statut foncier de la zone. Plusieurs m\u00e9nages pluriactifs se consid\u00e8rent comme h\u00e9ritier\u00b7es mais restent pr\u00e9caires face \u00e0 la puissance de l\u2019\u00c9tat en cas d\u2019expulsion. Ces \u00ab\u00a0h\u00e9ritier\u00b7es\u00a0\u00bb proc\u00e8dent \u00e0 des op\u00e9rations de pr\u00eat (troisi\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s), de m\u00e9tayage (quatri\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s) ou de libre acc\u00e8s (cinqui\u00e8me mode d\u2019acc\u00e8s) aux espaces agricoles. Les m\u00e9nages qui sont dans ces trois derni\u00e8res situations sont vuln\u00e9rables d\u2019un c\u00f4t\u00e9 vis-\u00e0-vis des \u00ab\u00a0h\u00e9ritier\u00b7es\u00a0\u00bb, et de l\u2019autre vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat. Le sixi\u00e8me et dernier cas d\u2019acc\u00e8s identifi\u00e9 dans la zone est le pr\u00eat par la mairie \u00e0 des m\u00e9nages. Tous ces modes d\u2019acc\u00e8s sont pr\u00e9caires vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat qui a la puissance d\u2019expulsion. Aucun de ces statuts ne garantit la s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re pour les m\u00e9nages qui pratiquent l\u2019agriculture sur les trames vertes de Conakry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est difficile de d\u00e9terminer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9levage domestique du point de vue du statut foncier. Les animaux sont laiss\u00e9s en divagation, et bien qu\u2019il arrive qu\u2019ils aillent chercher des ressources dans les espaces publics, il est fastidieux de d\u00e9terminer si l\u2019interdiction des espaces publics aux animaux entrainerait l\u2019arr\u00eat de l\u2019\u00e9levage.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Un faible approvisionnement des march\u00e9s de Conakry vs une importante autoconsommation des produits<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour affiner l\u2019analyse de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry, le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment \u00e0 comprendre est la destination des produits. Quoiqu\u2019il f\u00fbt \u00e9vident depuis le d\u00e9but que l\u2019autoconsommation est la part la plus importante, il est important de savoir \u00e0 quelle proportion. Cela est \u00e9galement r\u00e9v\u00e9lateur de la relation de cette agriculture avec les autres composantes de la ville de Conakry.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">Figure 6. Utilisation des produits agricoles des trames vertes par types d\u2019agriculture<\/p>\n<figure id=\"attachment_953\" aria-describedby=\"caption-attachment-953\" style=\"width: 507px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-953\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara.jpg\" alt=\"\" width=\"507\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara.jpg 889w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara-300x133.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara-768x340.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara-65x29.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara-225x99.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2024\/12\/Figure-6_Camara-350x155.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 507px) 100vw, 507px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-953\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Auteur \u00e0 partir des donn\u00e9es collect\u00e9es sur le terrain<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9sultats de cette recherche sur la destination des productions agricoles des trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry montrent d\u2019abord que c\u2019est une activit\u00e9 qui a un r\u00f4le important dans l\u2019alimentation. La pr\u00e9cision est que sa contribution \u00e0 l\u2019approvisionnement de la ville de Conakry est d\u00e9risoire. Ce qui en fait une activit\u00e9 dont les fonctions ne sont pas per\u00e7ues par les habitant\u00b7es de Conakry. De plus, son approvisionnement des march\u00e9s proches de la zone de production est plus important que les autres march\u00e9s de la ville qui sont g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019approvisionnement des march\u00e9s se fait par des circuits courts et de courte distance. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il y a des m\u00e9nages mono-agricoles qui sont organis\u00e9s comme des entreprises agricoles avec des emplois formels. En g\u00e9n\u00e9ral, ces m\u00e9nages vendent les produits en gros directement sur le march\u00e9. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il y a les m\u00e9nages pluriactifs qui vendent les produits maraichers et le surplus de la production de riz. Ils utilisent \u00e9galement des circuits courts, le plus souvent, occup\u00e9s par les membres du m\u00e9nage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>A contrario<\/em> de la contribution de l\u2019agriculture des trames vertes \u00e0 l\u2019approvisionnement des march\u00e9s de la ville, elle repr\u00e9sente une part tr\u00e8s importante de l\u2019autoconsommation des m\u00e9nages qui la pratiquent. Il faut noter \u00e9galement qu\u2019il y a plusieurs m\u00e9nages dont les productions ne satisfont pas les besoins annuels de consommation du m\u00e9nage. Mais elles repr\u00e9sentent une ressource importante pour ces m\u00e9nages parce qu\u2019elles permettent tout de m\u00eame de satisfaire les besoins de plusieurs mois de l\u2019ann\u00e9e, des p\u00e9riodes cruciales pour l\u2019\u00e9quilibre des revenus et des besoins annuels du m\u00e9nage.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Une strat\u00e9gie de bouclier contre les al\u00e9as \u00e9conomiques versus une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Une r\u00e9silience socio\u00e9conomique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les r\u00e9sultats de l\u2019analyse pr\u00e9sentent des liens avec ceux de Rey et R\u00e9tif (2011) dans leur interpr\u00e9tation. En effet, le choix de la pluriactivit\u00e9 est en soi un aspect de la strat\u00e9gie contre les risques et al\u00e9as \u00e9conomiques. Ce choix est fait pour diversifier les revenus dans un contexte d\u2019instabilit\u00e9 \u00e9conomique, mon\u00e9taire et sociale. De ce point de vue, plusieurs auteur\u00b7trices estiment que la diversification \u00e9conomique, qu\u2019elle soit pour les pays, les entreprises ou, dans le cas pr\u00e9sent pour les m\u00e9nages, est consid\u00e9r\u00e9e comme importante contre les al\u00e9as et les incertitudes (Andr\u00e9-Le Pogamp et Navatte, 2014; Berth\u00e9lemy, 2005).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les agriculteur\u00b7trices des trames vertes de Conakry, la pluriactivit\u00e9 d\u00e9montre leur capacit\u00e9 d\u2019adaptation qui constitue la v\u00e9ritable r\u00e9silience socio\u00e9conomique de ces m\u00e9nages. Encore plus int\u00e9ressant, le choix de la riziculture est essentiel dans cette strat\u00e9gie. En effet, et comme l\u2019expliquent Rey et R\u00e9tif, c\u2019est le riz qui est l\u2019aliment de base et l\u2019un des produits dont les prix sont les plus fluctuants sur le march\u00e9. En choisissant de produire du riz, ils se mettent \u00e0 l\u2019abri contre tout risque li\u00e9 \u00e0 cette denr\u00e9e. Rey et R\u00e9tif pr\u00e9cisent\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Par exemple, nombre d\u2019observateurs s\u2019\u00e9tonnent que les communaut\u00e9s littorales ne deviennent pas exclusivement p\u00eacheurs sachant que c\u2019est une activit\u00e9 tr\u00e8s fortement r\u00e9mun\u00e9ratrice, sans comparaison possible avec les activit\u00e9s agricoles. Dans un contexte o\u00f9 le Franc guin\u00e9en est fluctuant et o\u00f9 le prix du riz est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la hausse (du fait de l\u2019\u00e9volution de la parit\u00e9 GNF\/devise), la pratique exclusive d\u2019une activit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e8re des revenus mon\u00e9taires repr\u00e9senterait un trop grand risque. L\u2019argent accumul\u00e9 pourrait ne pas suffire pour acheter autant de riz que le m\u00e9nage en produit. La combinaison des activit\u00e9s pratiqu\u00e9es varie ainsi d\u2019un site \u00e0 l\u2019autre; il s\u2019agit d\u2019un savant dosage qui vise \u00e0 r\u00e9pondre au mieux \u00e0 la variabilit\u00e9 du contexte tout en limitant la prise de risque au maximum (Rey et R\u00e9tif, 2011, p.103).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La pluriactivit\u00e9 et le choix de la riziculture sont donc des choix d\u2019une strat\u00e9gie savante d\u2019adaptation \u00e0 un contexte instable, augmentant ainsi les risques de chocs ext\u00e9rieurs. Malgr\u00e9 cette r\u00e9ponse strat\u00e9gique aux chocs \u00e9conomiques et mon\u00e9taires, les m\u00e9nages agricoles des trames vertes de Conakry restent confront\u00e9s \u00e0 une fragilit\u00e9 de leur statut foncier rendant vuln\u00e9rable les exploitations agricoles.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Mais une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Bien que le syst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles p\u00e9riurbains des trames vertes de Conakry ait pu d\u00e9velopper une strat\u00e9gie intelligente et efficace contre les risques et al\u00e9as \u00e9conomiques, il reste tr\u00e8s vuln\u00e9rable du point de vue foncier. Cela va dans le m\u00eame sens que les r\u00e9sultats de plusieurs recherches men\u00e9es sur l\u2019agriculture urbaine et p\u00e9riurbaine en contexte africain (Dauvergne, 2010; Sanni Bio <em>et al.<\/em>, 2023). Les strat\u00e9gies d\u00e9velopp\u00e9es sont des solutions qui donnent un statut \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e0 l\u2019exploitation. Cet \u00e9tat de fait est similaire \u00e0 ce qu\u2019a observ\u00e9 Dauvergne (2010) au Cameroun.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans beaucoup de cas, l\u2019agriculture est une activit\u00e9 de transition sur des parcelles qui ont vocation \u00e0 \u00eatre construite. Ce sont des espaces engag\u00e9s dans le processus d\u2019urbanisation : lou\u00e9s ou vendus, immatricul\u00e9s ou en voie d\u2019immatriculation. Cette agriculture est en g\u00e9n\u00e9ral une agriculture de vivriers [\u2026] mais elle n\u2019a pas vocation \u00e0 se poursuivre \u00e0 long terme, il n\u2019y a pas de strat\u00e9gie de renouvellement de la fertilit\u00e9, comme l\u2019\u00e9tablissement de friches longues (Dauvergne, 2010, p. 7).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette strat\u00e9gie de transition, observ\u00e9e par plusieurs recherches en Afrique (Mpie-Simba, 2022; Camara, 2022) est ainsi le moyen de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019urbanisation. Elle consiste \u00e0 s\u2019\u00e9loigner du front urbain au fur et \u00e0 mesure de son avancement. Dans l\u2019espoir que cet avancement n\u2019arrive jamais \u00e0 rattraper les exploitations agricoles. Mais cette strat\u00e9gie n\u2019assure pas une s\u00e9curit\u00e9 fonci\u00e8re. D\u2019une part, parce que toute la trame verte sur laquelle la strat\u00e9gie est mise en \u0153uvre a un statut de domaine public. Les exploitations sont, ainsi, expos\u00e9es au risque d\u2019expulsion par le gouvernement. D\u2019autre part, parce que l\u2019avanc\u00e9e du front urbain finira par consommer tous les espaces disponibles pour l\u2019agriculture. La signature d\u2019une convention entre le gouvernement et une multinationale pour la construction d\u2019une nouvelle ville de 650 hectares dans la zone en est une illustration. D\u2019ailleurs, ce projet a eu un impact s\u00e9rieux sur plusieurs exploitations.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En centrant l\u2019analyse sur l\u2019agriculture des trames vertes, mon objectif \u00e9tait de cerner les enjeux de la valorisation de ces trames. J\u2019ai, \u00e0 cet effet, d\u00e9crit les caract\u00e9ristiques des m\u00e9nages et des exploitations agricoles pr\u00e9sentes sur ces trames vertes de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. Les principaux r\u00e9sultats montrent que bien qu\u2019il y ait des m\u00e9nages mono-agricoles situ\u00e9s dans la tranche sup\u00e9rieure des revenus, ils restent marginaux par rapport aux m\u00e9nages pluriactifs qui repr\u00e9sentent 91\u00a0% des m\u00e9nages de cette \u00e9tude. La strat\u00e9gie de la pluriactivit\u00e9 est une solution qui d\u00e9montre la capacit\u00e9 d\u2019adaptation de ces m\u00e9nages \u00e0 la situation \u00e9conomique et mon\u00e9taire instable de leur environnement. La riziculture est essentielle dans cette strat\u00e9gie. Elle repr\u00e9sente le pilier sans lequel la strat\u00e9gie ne tiendrait pas. Donc, la valorisation des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine est une strat\u00e9gie de r\u00e9silience socio\u00e9conomique des m\u00e9nages qui la pratiquent. Inversement, les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s montrent une fragilit\u00e9 fonci\u00e8re des exploitations et la strat\u00e9gie de transition mise en \u0153uvre n\u2019est pas durable. Malgr\u00e9 la capacit\u00e9 d\u2019adaptation des m\u00e9nages aux chocs ext\u00e9rieurs, l\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le tout de m\u00eame que toutes les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es ne garantissent pas la r\u00e9silience du syst\u00e8me socio\u00e9conomique des m\u00e9nages agricoles sur les trames.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cet \u00e9tat de fait soul\u00e8ve encore une fois la question de la prise en compte de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine dans les politiques urbaines. Si dans d\u2019autres contexte, des auteur\u00b7trices (Tanguay <em>et al.<\/em>, 2018) recommandent sa prise en compte au-del\u00e0 des simples zonages de sauvegarde des espaces naturels, dans le cas de Conakry et plus globalement des pays en Afrique de l\u2019Ouest, les zonages de sauvegarde seraient une premi\u00e8re grande \u00e9tape. D\u2019ailleurs, la mobilisation des r\u00e9seaux internationaux, tels que la Urban Agriculture and Foods Systems (RUAF) et l\u2019Institut africain de gestion urbaine (IAGU), dans certaines villes ouest-africaines a permis de cr\u00e9er des ceintures vertes urbaines pour le maraichage. Ces projets ont permis de prot\u00e9ger le maraichage, notamment \u00e0 Bobo Dioulasso au Burkina Faso par exemple (Robineau <em>et al.<\/em>, 2014). M\u00eame si les zonages de sauvegarde sont contraignants dans un contexte o\u00f9 le besoin d\u2019urbanisation est justifi\u00e9, il est possible d\u2019int\u00e9grer cette activit\u00e9 dans les projets urbains. Il est d\u2019ailleurs int\u00e9ressant de poursuivre la r\u00e9flexion autour de cette question.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA). 2020. <em>Cartographie et \u00e9valuation des terres agricoles de la Guin\u00e9e.<\/em> <a href=\"https:\/\/anasa.gov.gn\/2021\/publications\/\">https:\/\/anasa.gov.gn\/2021\/publications\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Andr\u00e9-Le Pogamp, Florence et Navatte, Patrick. 2014. L\u2019impact de la diversification sur la valeur de la firme Vers une approche contingente. <em>Revue fran\u00e7aise de gestion<\/em>, 241 (4), 107-120. <a href=\"https:\/\/shs.cairn.info\/revue-francaise-de-gestion-2014-4-page-107?lang=fr\">https:\/\/shs.cairn.info\/revue-francaise-de-gestion-2014-4-page-107?lang=fr<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Aubry, Christine. 2013. <em>L\u2019agriculture urbaine, contributrice des strat\u00e9gies alimentaires des m\u00e9gapoles?<\/em> Communication pr\u00e9sent\u00e9e lors des 24e Journ\u00e9es scientifiques de l\u2019environnement \u2013 La transition \u00e9cologique des m\u00e9gapoles, Cr\u00e9teil, 12 f\u00e9vrier.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ba, Abou et Cantoreggi, Nicolas. 2018. Agriculture urbaine et p\u00e9riurbaine (AUP) et \u00e9conomie des m\u00e9nages agri-urbains \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal). <em>International Journal of Environnement, Agriculture and Biotechnology<\/em>, (3) 1, 195-207. <a href=\"https:\/\/dx.doi.org\/10.22161\/ijeab\/3.1.25\">https:\/\/dx.doi.org\/10.22161\/ijeab\/3.1.25<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bah, Thierno Boubacar Boiro, Ibrahima et Keita, S\u00e9kou Moussa. 2015. <em>Influence de la dynamique c\u00f4ti\u00e8re sur la mangrove au sud de Conakry : un r\u00e9el d\u00e9fi pour la stabilit\u00e9 du littoral<\/em>. \u00c9ditions universitaires europ\u00e9ennes (EUE).<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berrou, Jean-Philippe et Gondard-Delcroix, Claire. 2011. Dynamique des r\u00e9seaux sociaux et r\u00e9silience socio-\u00e9conomique des micro-entrepreneurs informels en milieu urbain africain. <em>Mondes en d\u00e9veloppement<\/em>, 156 (4), 73-88. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/med.156.0073\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/med.156.0073<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berth\u00e9lemy, Jean-Claude. 2005. Commerce international et diversification \u00e9conomique. <em>Revue d\u2019\u00e9conomie politique<\/em>, 115 (5), 591-611. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/redp.155.0591\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/redp.155.0591<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bertrand, Frederic. 1991. L\u2019originalit\u00e9 des mangroves de Guin\u00e9e dans le monde tropical humide. <em>Cahiers d\u2019Outre-mer<\/em>, 176, 365-378. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3406\/caoum.1991.3412\">https:\/\/doi.org\/10.3406\/caoum.1991.3412<\/a> Bode,<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camara, Mohamed Saliou. 2023. <em>La forme urbaine et la multifonctionnalit\u00e9 de l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine\u00a0: cas de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry. <\/em>Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Tours et Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Camara, Mohamed Saliou. 2022. <em>La relation de la ville et des espaces naturels, des dynamiques r\u00e9trospectives \u00e0 la mod\u00e9lisation prospective\u00a0: cas de l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry<\/em>. Communication pr\u00e9sent\u00e9e lors du colloque Demain Nature et Ville, Blois, 24 juin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Courade, Georges et De Suremain, Charles Edouard. 2001. In\u00e9galit\u00e9s, vuln\u00e9rabilit\u00e9s et r\u00e9silience\u00a0: les voies \u00e9troites d\u2019un nouveau contrat social en Afrique subsaharienne. Dans Winter, G\u00e9rard (dir.), <em>In\u00e9galit\u00e9s et politiques publiques en Afrique. Pluralit\u00e9 des normes et jeux d\u2019acteurs <\/em>(p.\u00a0119-133)<em>.<\/em> Paris\u00a0: Karthala-IRD.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dauvergne, Sarah. 2010. Dynamique des agricultures p\u00e9riurbaines en Afrique sub-saharienne et statuts fonciers\u00a0: le cas des villes d\u2019Accra et Yaound\u00e9. Dans Coudel, Emilie, Devautour, Hubert, Faure, Guy, Ma\u00efzi, Pascale et Soulard Christophe (dir), <em>Symposium sur l&rsquo;innovation et le d\u00e9veloppement durable dans l&rsquo;agriculture et l&rsquo;alimentation <\/em>(p. 1-12).<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/esag_2275-2919_2010_num_44_932_1041\"> https:\/\/www.persee.fr\/doc\/esag_2275-2919_2010_num_44_932_1041<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, S\u00e9cou Omar Oumar, Sy et Christine Margetic. 2023. Quelle r\u00e9silience des espaces agricoles sous \u00ab\u00a0pression\u00a0\u00bb des changements environnementaux \u00e0 Ziguinchor (S\u00e9n\u00e9gal)? <em>Bulletin de l\u2019association de g\u00e9ographes fran\u00e7ais<\/em> 100 (1). \u00a0<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/bagf.10691\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/bagf.10691<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, S\u00e9cou Omar, Sy, Oumar et Christine Margetic. 2018. Agriculture urbaine \u00e0 Ziguinchor\u00a0(S\u00e9n\u00e9gal) : des pratiques d\u2019autoconsommation favorables \u00e0 l\u2019essor de fili\u00e8res d\u2019approvisionnement urbaines durables. <em>Espace populations soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 3. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/eps.8250\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/eps.8250<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diedhiou, Secou Omar. 2020. <em>Agriculture et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire urbaine \u00e0 Ziguinchor (S\u00e9n\u00e9gal)<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Nantes et Universit\u00e9 Assane Seck de Ziguinchor.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gangneux-Kebe, Julie. 2019. De la production paysag\u00e8re \u00e0 la formation des paysages v\u00e9cus \u00e0 Conakry (Guin\u00e9e). <em>Projets de paysage<\/em>, 21. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/paysage.2101\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/paysage.2101<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Institut national de la statistique. 2021. <em>Annuaire statistique 2021. <\/em><a href=\"https:\/\/www.stat-guinee.org\/index.php\/publications-ins\/89-publications-annuelles\">https:\/\/www.stat-guinee.org\/index.php\/publications-ins\/89-publications-annuelles<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Mabu Masiala. 2021. <em>Contribution des concessions agricoles p\u00e9riurbaines \u00e0 l\u2019approvisionnement alimentaire de la ville de Kinshasa<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat de l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge et de l\u2019Universit\u00e9 de Kinshasa.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019agriculture. 2017. <em>Politique nationale de d\u00e9veloppement agricole<\/em>. Gouvernement guin\u00e9en. Conakry, Guin\u00e9e. <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/faolex\/results\/details\/fr\/c\/LEX-FAOC186295\/\">https:\/\/www.fao.org\/faolex\/results\/details\/fr\/c\/LEX-FAOC186295\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019urbanisme et de l\u2019habitat. 1992. <em>Plan de D\u00e9veloppement Urbain de Conakry<\/em>.<a href=\"https:\/\/unhabitat.org\/evaluation-du-plan-de-developpement-urbain-conakry\"> https:\/\/unhabitat.org\/evaluation-du-plan-de-developpement-urbain-conakry<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de la ville et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. 2023. <em>Sch\u00e9ma directeur d\u2019urbanisation (SDU) du Grand Conakry<\/em>.<a href=\"https:\/\/www.eeas.europa.eu\/node\/19173_fr\"> https:\/\/www.eeas.europa.eu\/node\/19173_fr<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mpie-Simba, C\u00e9dric. 2022. <em>Dynamiques des paysages p\u00e9riurbains de la presqu\u2019ile de Libreville : de la caract\u00e9risation des trajectoires \u00e0 la mod\u00e9lisation prospective<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 de Tours.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rey, Pascal et R\u00e9tif, Marine. 2020. Le mythe de l\u2019autosuffisance en riz en Guin\u00e9e. Le paradoxe des politiques face aux strat\u00e9gies locales. <em>Les Cahiers d\u2019Outre-Mer<\/em>, 275. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/com.8054\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/com.8054<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robineau, Oph\u00e9lie, Tichit, Julia et Maillard, Thomas. 2014. S&rsquo;int\u00e9grer pour se p\u00e9renniser\u00a0: pratiques d&rsquo;agriculteurs urbains dans trois villes du Sud. <em>Espace et Soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 158, 83-100.<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-espaces-et-societes-2014-3-page-83.htm\"> https:\/\/www.cairn.info\/revue-espaces-et-societes-2014-3-page-83.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robineau, Oph\u00e9lie, Tichit, Julie et Maillard, Thomas. 2014. S\u2019int\u00e9grer pour se p\u00e9renniser\u00a0: pratiques d\u2019agriculteurs urbains dans trois villes du Sud. <em>Espaces et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 158 (3), 83-100. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/esp.158.0083\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/esp.158.0083<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sanni Bio, Bay\u00e9, Sounon Bouko, Boni, Djohy, Gildas Louis et Yabi, Jacob Afouda. 2023. Agriculture urbaine et p\u00e9ri-urbaine \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des dynamiques fonci\u00e8res en Afrique : \u00e9tat des lieux et perspectives. <em>Revue Aflash<\/em>, 10 (2), 285-327. <a href=\"https:\/\/aflash-revue-mdou.org\/2023\/12\/17\/vol102-2\/\">https:\/\/aflash-revue-mdou.org\/2023\/12\/17\/vol102-2\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sylla, Mamaissata Fatou. 2019. Dynamique spatio-temporelles des trames vertes et bleues de la ville de Conakry. M\u00e9moire de master en biologie, Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tanguay, C\u00e9line Yengu\u00e9, Jean\u00a0Louis et Serrano, Jos\u00e9. Planification spatiale et agriculture urbaine. L\u2019exemple de l\u2019agglom\u00e9ration tourangelle. <em>VertigO \u2013 la revue<\/em> <em>\u00e9lectronique en sciences de l&rsquo;environnement<\/em>, 31 (HS). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.22074\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.22074<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/mohamed-saliou-camara\">Mohamed Saliou CAMARA<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est enseignant-chercheur, Ma\u00eetre-Assistant \u00e0 l\u2019Institut Sup\u00e9rieur d\u2019Architecture et d\u2019Urbanisme (ISAU) de l\u2019Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry. Docteur en am\u00e9nagement de l\u2019espace, urbanisme de l\u2019Universit\u00e9 de Tours et en sciences de l\u2019environnement de l\u2019Universit\u00e9 Gamal Abdel Nasser de Conakry, il d\u00e9veloppe trois axes principaux de recherche : le d\u00e9veloppement territorial (d\u00e9veloppement \u00e9conomique des territoires, dynamiques de m\u00e9tropolisation, etc.), la planification territoriale (planification des conflits d\u2019usage, am\u00e9nage de la multifonctionnalit\u00e9) et la r\u00e9siliences des territoire (adaptation au changement climatique, espaces naturels en ville, etc.). Avant d\u2019\u00eatre recrut\u00e9 \u00e0 l\u2019ISAU, il enseignait \u00e0 l\u2019\u00c9cole Polytechnique de l\u2019Universit\u00e9 de Tours.<br \/>\nContact : mohamed.camara@univ-tours.fr<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-945-1\">La <em>baie <\/em>de Sangareya est une des plus c\u00e9l\u00e8bres baies en Afrique, elle affleure la ville de <em>Conakry. <\/em><em>Elle va de Dubr\u00e9ka (une ville satellite de Conakry) \u00e0 la presqu\u2019\u00eele <\/em>de Kaloum et les \u00eeles de Loos. <a href=\"#return-footnote-945-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-945-2\">L\u2019estuaire de Tabonsou, aussi pr\u00e9sent\u00e9 dans d\u2019autres documents comme baie de Tabonsou (Bah <em>et al.<\/em>, 2015), mais moins c\u00e9l\u00e8bre que la baie de Sangareya qui est la deuxi\u00e8me des baies entre lesquelles la p\u00e9ninsule de Conakry s\u2019enfonce dans l\u2019oc\u00e9an Atlantique. <a href=\"#return-footnote-945-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":7,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["mohamed-saliou-camara"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[358],"license":[],"class_list":["post-945","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","motscles-agriculture-periurbaine","motscles-conakry","motscles-economie","motscles-ecosysteme","motscles-periurbain","motscles-trame-verte","keywords-conakry","keywords-economy","keywords-ecosystem","keywords-green-grid","keywords-peri-urban","keywords-peri-urban-agriculture","motscles-autre-ci-wetu-dekk","motscles-autre-conakry","motscles-autre-ekosistem","motscles-autre-koom","motscles-autre-mbay-mi-ci-wetu-dekk","motscles-autre-reso-yu-wert","contributor-mohamed-saliou-camara"],"part":852,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/945","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/945\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1068,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/945\/revisions\/1068"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/852"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/945\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=945"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=945"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}