{"id":958,"date":"2024-12-31T11:43:36","date_gmt":"2024-12-31T10:43:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/?post_type=chapter&#038;p=958"},"modified":"2025-01-03T20:11:45","modified_gmt":"2025-01-03T19:11:45","slug":"presentation-vol3-no1-2024","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/texte\/presentation-vol3-no1-2024\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sentation. Trames vertes et bleues : enjeux \u00e9conomiques, sociopolitiques et environnementaux, dynamiques d\u2019acteurs"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">La biodiversit\u00e9 en p\u00e9ril, une pr\u00e9occupation mondiale et surtout africaine<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La lutte contre l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 est devenue un enjeu affich\u00e9 au niveau international depuis le Sommet de la Terre \u00e0 Rio (Amsallem, Deshayes et Bonnevialle, 2010). Cette prise de conscience collective de la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server la richesse faunique et floristique s\u2019est traduite selon les pays par des politiques environnementales de pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes. L\u2019objectif est de lutter contre la fragmentation des habitats naturels (Forman, 1995) du fait de l\u2019urbanisation croissante et des logiques extractivistes. En France, c\u2019est \u00e0 la suite du Grenelle de l\u2019environnement en 2007, que les trames vertes et bleues (TVB) sont institu\u00e9es comme m\u00e9canismes de pr\u00e9servation des r\u00e9servoirs de biodiversit\u00e9 et des continuit\u00e9s \u00e9cologiques (Alphand\u00e9ry <em>et al<\/em>., 2012). Certains sites, au-del\u00e0 de leur caract\u00e8re naturel, pr\u00e9sentent une dimension sacr\u00e9e et accueillent des c\u00e9r\u00e9monies et pratiques rituelles (Diatta <em>et al<\/em>., 2017).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les trames vertes et bleues ne sont pas simplement des niches \u00e9cologiques. Elles sont \u00e9galement des ressources (eau, terre et v\u00e9g\u00e9tation) inscrites dans des logiques d\u2019extraction-pr\u00e9servation-valorisation-r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration port\u00e9es par l\u2019\u00c9tat et ses d\u00e9membrements, les communaut\u00e9s, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les institutions r\u00e9gionales et internationales. Ces logiques r\u00e9pondent \u00e0 des enjeux socio-\u00e9conomiques (approvisionnement en eau potable, s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, pr\u00e9servation du cadre de vie et am\u00e9lioration du bien-\u00eatre social), culturels (patrimonialisation et identit\u00e9s territoriales), environnementaux (pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9, r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des \u00e9cosyst\u00e8mes\u2026) et politiques (normes, lois, conventions, programmes d\u2019am\u00e9nagement, strat\u00e9gies et dispositifs territoriaux centralis\u00e9s \u2013 aires prot\u00e9g\u00e9es \u2013 r\u00e9serves communautaires).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Interroger les trames vertes et bleues, c\u2019est questionner la disponibilit\u00e9 des ressources, leurs usages en termes de tensions et risques de rupture d\u2019\u00e9quilibre. C\u2019est aussi analyser les modalit\u00e9s de gouvernance politique et communautaire autour de ces \u00ab\u00a0communs\u00a0\u00bb, et des logiques patrimoniales.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Pratiques, dynamiques et logiques de pr\u00e9servation des trames vertes et bleues<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent dossier th\u00e9matique[footnote]Ce volume s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un programme de renforcement de la recherche en Afrique francophone avec un financement de l\u2019AFD\/GDN.[\/footnote], que nous publions dans <em>Naaj. Revue africaine sur les changements climatiques et les \u00e9nergies renouvelables<\/em>, se propose d\u2019analyser les pratiques, les dynamiques spatiales et sociales autour des trames vertes et bleues et les logiques de pr\u00e9servation \u00e0 travers trois entr\u00e9es\u00a0: une premi\u00e8re qui met l\u2019accent sur les politiques publiques, la gouvernance autour des communs; une seconde, articul\u00e9e autour des formes de valorisation socio-\u00e9conomique. La troisi\u00e8me entr\u00e9e prend en compte les productions de savoirs locaux autour des trames vertes et bleues, les r\u00e9gimes de coexistence.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les TVB font l\u2019objet de pr\u00e9l\u00e8vement, d\u2019exploitation, mais aussi de m\u00e9canismes de gouvernance politiques et\/ou communautaires. Il s\u2019agit ainsi de s\u2019interroger sur les politiques publiques, les approches, les strat\u00e9gies, les pratiques et les mod\u00e8les de gouvernance des trames bleues et vertes d\u00e9velopp\u00e9es par les communaut\u00e9s locales, les pouvoirs publics centraux et locaux, les acteurs non gouvernementaux et priv\u00e9s. Dans les villes africaines par exemple, les trames bleues et vertes sont soumises \u00e0 des tensions entre le maintien de leur vocation naturelle et l\u2019accueil des fonctions urbaines telles que l\u2019agriculture urbaine, le stockage et le recyclage des eaux us\u00e9es et pluviales. Dans les campagnes, elles sont soumises \u00e0 des pratiques d\u2019extraction de rentes mini\u00e8res, foresti\u00e8res et agricoles qui peuvent bousculer la conception et les approches communautaires de gouvernance et d\u2019utilisation de ces ressources. D\u00e8s lors, comment se d\u00e9ploient les dispositifs institutionnels d\u2019am\u00e9nagement, de pr\u00e9servation et\/ou de restauration des trames vertes et bleues, selon quels objectifs? Quels sont les acteurs et actrices en pr\u00e9sence et quels sont leurs perceptions et int\u00e9r\u00eats?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le premier axe questionne les usages et les valorisations socio-\u00e9conomiques et culturelles des trames vertes et bleues. Il s\u2019agit de penser les syst\u00e8mes productifs, en termes de production, d\u2019\u00e9change et de distribution des ressources (Linck, 2022), qui peuvent diff\u00e9rer en fonction du rapport entre les soci\u00e9t\u00e9s et la nature. Il est question de documenter les formes d\u2019appropriation individuelle et\/ou collective de ces espaces, les formes de conflits entre les acteur\u00b7trices et les usages (touristique, agricole, sportive\u2026) que cela peut engendrer. Les solidarit\u00e9s territoriales dans la prise en charge des modalit\u00e9s de valorisation des produits, de promotion des pratiques plus vertueuses de l\u2019environnement sont consid\u00e9r\u00e9es dans cet axe. Les contributions apporteront un \u00e9clairage sur les usages multiformes (agricole, touristique, sportive...) de ces espaces, les logiques d\u2019acteur\u00b7trices, les conflictualit\u00e9s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le second axe s\u2019int\u00e9resse aux r\u00e9gimes de coexistence, d\u2019hybridation et aux r\u00e9gimes de production des savoirs autour des trames vertes et bleues qui sont une dimension importante dans la compr\u00e9hension des savoirs locaux et leur prise en compte dans la gouvernance des TVB. Les savoirs autochtones, d\u00e9nomm\u00e9s encore \u00ab\u00a0indigenous and local Knowledge\u00a0\u00bb, ont pris une dimension in\u00e9dite (Verdeaux et Moiso, 2019), une \u00ab\u00a0mise en agenda\u00a0\u00bb, en raison de leur contribution au maintien de la biodiversit\u00e9. \u00c0 travers des situations concr\u00e8tes de valorisation, voire de pr\u00e9servation des savoirs endog\u00e8nes, cet axe cherche \u00e0 comprendre les formes d\u2019\u00e9nonciation et d\u2019appropriation autour des trames vertes et bleues. En lien avec les savoirs scientifiques, la prise en compte des savoirs endog\u00e8nes questionne aussi la place de l\u2019immat\u00e9riel, des valeurs, des croyances et repr\u00e9sentations partag\u00e9es (Linck, 2019), des r\u00e9gimes de coexistence dans nos soci\u00e9t\u00e9s postmodernes. Le processus de transmission et les formes d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement sont aussi \u00e0 prendre en consid\u00e9ration.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Analyses situ\u00e9es des potentialit\u00e9s, formes de valorisation et m\u00e9canismes de pr\u00e9servation des trames vertes et bleues<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9tudes originales (07) de ce volume offrent une lecture en deux temps des questionnements autour des TVB. Une premier axe porte sur les potentialit\u00e9s hydriques autour des \u00e9cosyst\u00e8mes humides, des formes de valorisation et des m\u00e9canismes de pr\u00e9servation. Dans une approche transversale, la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e8s, \u00e0 la qualit\u00e9, aux conflits d\u2019usages, \u00e0 la pr\u00e9servation et \u00e0 la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes en partant des potentialit\u00e9s existantes est analys\u00e9e. Le temps long est aussi pris en compte dans la compr\u00e9hension des dynamiques de ces espaces humides afin d\u2019en mesurer les tendances. Trois articles analysent, dans des perspectives diff\u00e9rentes, les contraintes des zones humides en contexte urbain.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La contribution d\u2019<strong>Aissatou S\u00c8NE<\/strong>, <strong>Birane CISS\u00c9<\/strong> et <strong>Sidia Diaouma BADIANE<\/strong>, qui porte sur les biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye, se propose de mesurer la valeur \u00e9conomique des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques de ces lacs, particuli\u00e8rement les services d\u2019approvisionnement et les services de r\u00e9gulation dans le contexte urbain de Dakar. L\u2019objectif est d\u2019\u00e9valuer les strat\u00e9gies d\u2019am\u00e9nagement urbain et favoriser une gestion durable de la ressource. Ces zones humides urbaines sont tr\u00e8s sensibles \u00e0 la variabilit\u00e9 climatique et aux impacts des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames (s\u00e9cheresse et inondations). Elles subissent \u00e9galement les effets n\u00e9gatifs d\u2019une urbanisation massive et d\u00e9structur\u00e9e autour des lacs, ce qui perturbe les fonctions de cet \u00e9cosyst\u00e8me et les services socio-\u00e9conomiques rendus aux usager\u00b7es.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les enjeux de conservation et de valorisation des zones humides urbaines, dans un contexte de pression citadine et de changement climatique sont aussi analys\u00e9s dans la ville de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal) par <strong>Omar MAREGA<\/strong>, <strong>Caroline LE CALVEZ<\/strong>, <strong>Bertrand SAJALOLI<\/strong>, <strong>Aladji Madior DIOP<\/strong>,<strong> Adama FAYE<\/strong>, <strong>Coura KANE<\/strong> et <strong>Mamadou Saliou MBENGUE<\/strong>. En \u00e9tudiant les dynamiques environnementales dans la vall\u00e9e fossile du Sine, les auteur\u00b7trices rel\u00e8vent la richesse des services \u00e9cosyst\u00e9miques en p\u00e9ril. Les vuln\u00e9rabilit\u00e9s sont li\u00e9es aux variations climatiques et aux pressions anthropiques. La proposition analyse les trajectoires des usages et des paysages sous le prisme des couples vuln\u00e9rabilit\u00e9-am\u00e9nit\u00e9 de la vall\u00e9e du Sine. Dans un contexte de multiples changements, les contributeur\u00b7trices ont essay\u00e9 d\u2019\u00e9clairer les permanences et les mutations qui caract\u00e9risent les zones humides de Diourbel, mais \u00e9galement leur perception par les populations locales, et d\u2019envisager des strat\u00e9gies de valorisation, actuelles ou futures, pour ces points d\u2019eau.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Mbagnick FAYE<\/strong>, <strong>Dome TINE<\/strong>, <strong>Gallo NIANG<\/strong> et <strong>Guilgane FAYE <\/strong>\u00e9tablissent une cartographie des zones humides de la r\u00e9gion de Dakar \u00e0 l\u2019aide des images Sentinel-2 et Landsat 8 OLI. Il s\u2019agit, dans une approche diachronique, d\u2019\u00e9valuer l\u2019\u00e9volution de ces milieux dans un contexte de forte urbanisation. L\u2019approche cartographique fait appara\u00eetre l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation spatiale et celle des espaces verts et des zones humides dans la r\u00e9gion de Dakar. Cette proposition a mobilis\u00e9 des images (les images satellitaires Landsat TM de 1986, ETM de 2000, OLI de 2020 et MSI de Sentinel 2), une classification supervis\u00e9e et l\u2019algorithme maximum de vraisemblance pour le traitement des r\u00e9sultats.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Une baisse de la couverture v\u00e9g\u00e9tale et des zones humides depuis 1986 pousse certains auteurs \u00e0 s\u2019interroger sur le devenir des fonctions \u00e9cologiques de r\u00e9gulateur thermique, de biodiversit\u00e9 et de qualit\u00e9 de l\u2019air dans les plans d\u2019eau. Sur la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes, la proposition de <strong>Seydou Alassane SOW<\/strong>, <strong>Aliou CISS\u00c9<\/strong> et <strong>Mar GAYE <\/strong>apporte un \u00e9clairage certain en caract\u00e9risant l\u2019\u00e9rosion dans le bassin versant de Niaoul\u00e9 (S\u00e9n\u00e9gal Oriental). Cette \u00e9rosion se manifeste par un affleurement de sols cuirass\u00e9s, un ensablement des bas-fonds, un affouillement des racines des arbres, des inondations, une destruction d\u2019infrastructures routi\u00e8res et une multiplication des ravins. Les auteurs \u00e9valuent l\u2019influence des facteurs naturels et anthropiques sur les processus \u00e9rosifs dans un bassin versant \u00e0 variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique persistante en s\u2019appuyant sur une caract\u00e9risation du r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations gr\u00e2ce \u00e0 des tests et indices statistiques, des mesures et suivis <em>in situ<\/em> du ravinement et d\u2019une application de l\u2019\u00c9quation universelle des pertes en sols de terres pour mod\u00e9liser les pertes en terres par \u00e9rosion en nappe. Ces \u00e9rosions emportent des particules fines, de la mati\u00e8re organique et d\u2019autres substances associ\u00e9es au potentiel agronomique des terres. Ce qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019appauvrissement en \u00e9l\u00e9ments nutritifs des terres agricoles et d\u2019une d\u00e9prise des activit\u00e9s agro-pastorales dans cette partie du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Deux contributions \u2013 celle d\u2019<strong>Ibrahima NDIAYE<\/strong>, <strong>Ibrahima Faye DIOUF<\/strong>, <strong>Daniel GOMIS<\/strong> et <strong>Sidia Diaouma BADIANE<\/strong>, et celle de <strong>Mohamed Saliou CAMARA<\/strong> \u2013 \u00e9clairent sur les formes d\u2019agriculture urbaines et p\u00e9riurbaines et leurs apports \u00e9conomiques. L\u2019article de Ndiaye <em>et al<\/em>. montre l\u2019appropriation de l\u2019espace public dans la r\u00e9gion de Dakar par l\u2019horticulture ornementale, une pratique \u00e9conomique et entrepreneuriale. Ce sont des interstices urbains valoris\u00e9s qui offrent \u00e0 l\u2019activit\u00e9 agricole des possibilit\u00e9s de d\u00e9ploiement pour r\u00e9pondre \u00e0 des besoins \u00e9conomiques et sociaux. Dans la r\u00e9gion de Dakar, l\u2019horticulture ornementale s\u2019est impos\u00e9e dans le paysage urbain. Son marquage spatial est manifeste et constitue un march\u00e9 \u00e9mergent et un enjeu de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Cette caract\u00e9risation indique que l\u2019horticulture ornementale g\u00e9n\u00e8re une forme particuli\u00e8re marqu\u00e9e par la pr\u00e9carit\u00e9 et l\u2019informalit\u00e9 du fait des contraintes fonci\u00e8res.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00eames contraintes fonci\u00e8res qui viennent d\u2019\u00eatre soulign\u00e9es sont aussi r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par les travaux de Camara sur la valorisation socio-\u00e9conomique des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine\u00a0dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (Guin\u00e9e Conakry). Face \u00e0 l\u2019urbanisation croissante et les d\u00e9fis qu\u2019elle pose \u00e0 l\u2019agriculture urbaine, des m\u00e9nages essentiellement pluriactifs, continuent de valoriser les espaces agricoles pour r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. L\u2019agriculture p\u00e9riurbaine dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry sur les trames vertes constitue un \u00e9l\u00e9ment central de la strat\u00e9gie de ces m\u00e9nages; on peut donc y lire une sorte de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Cependant, ces m\u00e9nages restent vuln\u00e9rables du point de vue de leur statut foncier. L\u2019analyse des formes d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine s\u2019appuie sur une m\u00e9thodologie mixte d\u2019analyse de corpus (documents de planification urbaine) et de donn\u00e9es de terrain.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La proposition d\u2019<strong>Aminata DIOP<\/strong> enrichit la r\u00e9flexion sur les trames vertes et bleues en faisant ressortir la dimension p\u00e9dagogique. Elle met l\u2019accent sur l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement en analysant les TVB comme un outil p\u00e9dagogique pour une \u00e9ducation au d\u00e9veloppement durable. L\u2019\u00e9tude des programmes p\u00e9dagogiques et des s\u00e9ances d\u2019enseignement-apprentissage en classe de sixi\u00e8me ont permis de montrer la prise en compte des probl\u00e9matiques environnementales en cours de g\u00e9ographie dans le cycle moyen. L\u2019autrice analyse l\u2019approche r\u00e9gionale du programme de g\u00e9ographie qui offre plusieurs possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9tudier les trames vertes et bleues. L\u2019organisation de la s\u00e9ance d\u2019\u00c9ducation au d\u00e9veloppement durable a montr\u00e9 que le choix des ressources pertinentes et des strat\u00e9gies centr\u00e9es sur le travail de groupe et la facilitation du professeur permettent d\u2019initier les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la complexit\u00e9. L\u2019\u00e9tude des trames bleues et vertes, dans une perspective de durabilit\u00e9, permettent d\u2019appr\u00e9hender \u00e0 la fois les savoirs scientifiques et les savoirs exp\u00e9rientiels et de susciter une volont\u00e9 de s\u2019engager pour le d\u00e9veloppement durable chez des apprenant\u00b7es.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alphand\u00e9ry, Pierre et Fortier, Agn\u00e8s. 2012. La trame verte et bleue et ses r\u00e9seaux : science, acteurs et territoires. <em>VertigO<\/em>, <em>12<\/em>(2). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.12453\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.12453<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amsallem, Jennifer, Deshayes, Michel et Bonnevialle, Marie. 2010. Analyse comparative de m\u00e9thodes d'\u00e9laboration de trames vertes et bleues nationales et r\u00e9gionales. <em>Sciences Eaux &amp; Territoires<\/em>, <em>3<\/em>(3), 40-45. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/set.003.0040\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/set.003.0040<\/a>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diatta, Claudette, Soumbane, Diouf, Malick, Karibuhoye Charlotte et Sow, Amadou\u00a0Abdoul. 2017.\u00a0Sites naturels sacr\u00e9s et conservation des ressources marines et c\u00f4ti\u00e8res en milieu traditionnel diola (S\u00e9n\u00e9gal),\u00a0<em>Revue d\u2019ethno\u00e9cologie<\/em> [Online], 11 | 2017, Online since 03 July 2017, connection on 31 December 2024. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/ethnoecologie.2900\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/ethnoecologie.2900<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Forman, Richard T. 1995. <em>Land mosaics: the ecology of landscapes and regions<\/em>. Cambridge University Press, Cambridge, U.\u00a0K.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Linck, Thierry. 2029. Mise en spectacle des savoirs locaux, levier de l\u2019int\u00e9gration des \u00ab arri\u00e8re-pays \u00bb marocains? Dans Verdeaux Francois, Hall Ingrid, Moizo Bernard (dir.), <em>Les savoirs locaux en situation, retour sur une notion plurielle et dynamique <\/em>(p.\u00a061-84). IRD Editions et Quae Editions.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Verdeaux, Francois, Moizo, Bernard. 2019. \u00c9volution d\u2019un questionnement. Dans Verdeaux Francois ; Hall Ingrid, Moizo Bernard (dir.), <em>Les savoirs locaux en situation, retour sur une notion plurielle et dynamique<\/em> (p.\u00a09-17). IRD Editions et Quae Editions.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>\u00c9ditorial<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La biodiversit\u00e9 en p\u00e9ril, une pr\u00e9occupation mondiale et surtout africaine<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La lutte contre l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 est devenue un enjeu affich\u00e9 au niveau international depuis le Sommet de la Terre \u00e0 Rio (Amsallem, Deshayes et Bonnevialle, 2010). Cette prise de conscience collective de la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server la richesse faunique et floristique s\u2019est traduite selon les pays par des politiques environnementales de pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes. L\u2019objectif est de lutter contre la fragmentation des habitats naturels (Forman, 1995) du fait de l\u2019urbanisation croissante et des logiques extractivistes. En France, c\u2019est \u00e0 la suite du Grenelle de l\u2019environnement en 2007, que les trames vertes et bleues (TVB) sont institu\u00e9es comme m\u00e9canismes de pr\u00e9servation des r\u00e9servoirs de biodiversit\u00e9 et des continuit\u00e9s \u00e9cologiques (Alphand\u00e9ry <em>et al<\/em>., 2012). Certains sites, au-del\u00e0 de leur caract\u00e8re naturel, pr\u00e9sentent une dimension sacr\u00e9e et accueillent des c\u00e9r\u00e9monies et pratiques rituelles (Diatta <em>et al<\/em>., 2017).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les trames vertes et bleues ne sont pas simplement des niches \u00e9cologiques. Elles sont \u00e9galement des ressources (eau, terre et v\u00e9g\u00e9tation) inscrites dans des logiques d\u2019extraction-pr\u00e9servation-valorisation-r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration port\u00e9es par l\u2019\u00c9tat et ses d\u00e9membrements, les communaut\u00e9s, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les institutions r\u00e9gionales et internationales. Ces logiques r\u00e9pondent \u00e0 des enjeux socio-\u00e9conomiques (approvisionnement en eau potable, s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, pr\u00e9servation du cadre de vie et am\u00e9lioration du bien-\u00eatre social), culturels (patrimonialisation et identit\u00e9s territoriales), environnementaux (pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9, r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des \u00e9cosyst\u00e8mes\u2026) et politiques (normes, lois, conventions, programmes d\u2019am\u00e9nagement, strat\u00e9gies et dispositifs territoriaux centralis\u00e9s \u2013 aires prot\u00e9g\u00e9es \u2013 r\u00e9serves communautaires).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Interroger les trames vertes et bleues, c\u2019est questionner la disponibilit\u00e9 des ressources, leurs usages en termes de tensions et risques de rupture d\u2019\u00e9quilibre. C\u2019est aussi analyser les modalit\u00e9s de gouvernance politique et communautaire autour de ces \u00ab\u00a0communs\u00a0\u00bb, et des logiques patrimoniales.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Pratiques, dynamiques et logiques de pr\u00e9servation des trames vertes et bleues<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent dossier th\u00e9matique<a class=\"footnote\" title=\"Ce volume s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un programme de renforcement de la recherche en Afrique francophone avec un financement de l\u2019AFD\/GDN.\" id=\"return-footnote-958-1\" href=\"#footnote-958-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, que nous publions dans <em>Naaj. Revue africaine sur les changements climatiques et les \u00e9nergies renouvelables<\/em>, se propose d\u2019analyser les pratiques, les dynamiques spatiales et sociales autour des trames vertes et bleues et les logiques de pr\u00e9servation \u00e0 travers trois entr\u00e9es\u00a0: une premi\u00e8re qui met l\u2019accent sur les politiques publiques, la gouvernance autour des communs; une seconde, articul\u00e9e autour des formes de valorisation socio-\u00e9conomique. La troisi\u00e8me entr\u00e9e prend en compte les productions de savoirs locaux autour des trames vertes et bleues, les r\u00e9gimes de coexistence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les TVB font l\u2019objet de pr\u00e9l\u00e8vement, d\u2019exploitation, mais aussi de m\u00e9canismes de gouvernance politiques et\/ou communautaires. Il s\u2019agit ainsi de s\u2019interroger sur les politiques publiques, les approches, les strat\u00e9gies, les pratiques et les mod\u00e8les de gouvernance des trames bleues et vertes d\u00e9velopp\u00e9es par les communaut\u00e9s locales, les pouvoirs publics centraux et locaux, les acteurs non gouvernementaux et priv\u00e9s. Dans les villes africaines par exemple, les trames bleues et vertes sont soumises \u00e0 des tensions entre le maintien de leur vocation naturelle et l\u2019accueil des fonctions urbaines telles que l\u2019agriculture urbaine, le stockage et le recyclage des eaux us\u00e9es et pluviales. Dans les campagnes, elles sont soumises \u00e0 des pratiques d\u2019extraction de rentes mini\u00e8res, foresti\u00e8res et agricoles qui peuvent bousculer la conception et les approches communautaires de gouvernance et d\u2019utilisation de ces ressources. D\u00e8s lors, comment se d\u00e9ploient les dispositifs institutionnels d\u2019am\u00e9nagement, de pr\u00e9servation et\/ou de restauration des trames vertes et bleues, selon quels objectifs? Quels sont les acteurs et actrices en pr\u00e9sence et quels sont leurs perceptions et int\u00e9r\u00eats?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le premier axe questionne les usages et les valorisations socio-\u00e9conomiques et culturelles des trames vertes et bleues. Il s\u2019agit de penser les syst\u00e8mes productifs, en termes de production, d\u2019\u00e9change et de distribution des ressources (Linck, 2022), qui peuvent diff\u00e9rer en fonction du rapport entre les soci\u00e9t\u00e9s et la nature. Il est question de documenter les formes d\u2019appropriation individuelle et\/ou collective de ces espaces, les formes de conflits entre les acteur\u00b7trices et les usages (touristique, agricole, sportive\u2026) que cela peut engendrer. Les solidarit\u00e9s territoriales dans la prise en charge des modalit\u00e9s de valorisation des produits, de promotion des pratiques plus vertueuses de l\u2019environnement sont consid\u00e9r\u00e9es dans cet axe. Les contributions apporteront un \u00e9clairage sur les usages multiformes (agricole, touristique, sportive&#8230;) de ces espaces, les logiques d\u2019acteur\u00b7trices, les conflictualit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le second axe s\u2019int\u00e9resse aux r\u00e9gimes de coexistence, d\u2019hybridation et aux r\u00e9gimes de production des savoirs autour des trames vertes et bleues qui sont une dimension importante dans la compr\u00e9hension des savoirs locaux et leur prise en compte dans la gouvernance des TVB. Les savoirs autochtones, d\u00e9nomm\u00e9s encore \u00ab\u00a0indigenous and local Knowledge\u00a0\u00bb, ont pris une dimension in\u00e9dite (Verdeaux et Moiso, 2019), une \u00ab\u00a0mise en agenda\u00a0\u00bb, en raison de leur contribution au maintien de la biodiversit\u00e9. \u00c0 travers des situations concr\u00e8tes de valorisation, voire de pr\u00e9servation des savoirs endog\u00e8nes, cet axe cherche \u00e0 comprendre les formes d\u2019\u00e9nonciation et d\u2019appropriation autour des trames vertes et bleues. En lien avec les savoirs scientifiques, la prise en compte des savoirs endog\u00e8nes questionne aussi la place de l\u2019immat\u00e9riel, des valeurs, des croyances et repr\u00e9sentations partag\u00e9es (Linck, 2019), des r\u00e9gimes de coexistence dans nos soci\u00e9t\u00e9s postmodernes. Le processus de transmission et les formes d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement sont aussi \u00e0 prendre en consid\u00e9ration.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Analyses situ\u00e9es des potentialit\u00e9s, formes de valorisation et m\u00e9canismes de pr\u00e9servation des trames vertes et bleues<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9tudes originales (07) de ce volume offrent une lecture en deux temps des questionnements autour des TVB. Une premier axe porte sur les potentialit\u00e9s hydriques autour des \u00e9cosyst\u00e8mes humides, des formes de valorisation et des m\u00e9canismes de pr\u00e9servation. Dans une approche transversale, la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e8s, \u00e0 la qualit\u00e9, aux conflits d\u2019usages, \u00e0 la pr\u00e9servation et \u00e0 la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes en partant des potentialit\u00e9s existantes est analys\u00e9e. Le temps long est aussi pris en compte dans la compr\u00e9hension des dynamiques de ces espaces humides afin d\u2019en mesurer les tendances. Trois articles analysent, dans des perspectives diff\u00e9rentes, les contraintes des zones humides en contexte urbain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La contribution d\u2019<strong>Aissatou S\u00c8NE<\/strong>, <strong>Birane CISS\u00c9<\/strong> et <strong>Sidia Diaouma BADIANE<\/strong>, qui porte sur les biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques des lacs Thiourour, Warouwaye et Wouye, se propose de mesurer la valeur \u00e9conomique des biens et services \u00e9cosyst\u00e9miques de ces lacs, particuli\u00e8rement les services d\u2019approvisionnement et les services de r\u00e9gulation dans le contexte urbain de Dakar. L\u2019objectif est d\u2019\u00e9valuer les strat\u00e9gies d\u2019am\u00e9nagement urbain et favoriser une gestion durable de la ressource. Ces zones humides urbaines sont tr\u00e8s sensibles \u00e0 la variabilit\u00e9 climatique et aux impacts des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames (s\u00e9cheresse et inondations). Elles subissent \u00e9galement les effets n\u00e9gatifs d\u2019une urbanisation massive et d\u00e9structur\u00e9e autour des lacs, ce qui perturbe les fonctions de cet \u00e9cosyst\u00e8me et les services socio-\u00e9conomiques rendus aux usager\u00b7es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les enjeux de conservation et de valorisation des zones humides urbaines, dans un contexte de pression citadine et de changement climatique sont aussi analys\u00e9s dans la ville de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal) par <strong>Omar MAREGA<\/strong>, <strong>Caroline LE CALVEZ<\/strong>, <strong>Bertrand SAJALOLI<\/strong>, <strong>Aladji Madior DIOP<\/strong>,<strong> Adama FAYE<\/strong>, <strong>Coura KANE<\/strong> et <strong>Mamadou Saliou MBENGUE<\/strong>. En \u00e9tudiant les dynamiques environnementales dans la vall\u00e9e fossile du Sine, les auteur\u00b7trices rel\u00e8vent la richesse des services \u00e9cosyst\u00e9miques en p\u00e9ril. Les vuln\u00e9rabilit\u00e9s sont li\u00e9es aux variations climatiques et aux pressions anthropiques. La proposition analyse les trajectoires des usages et des paysages sous le prisme des couples vuln\u00e9rabilit\u00e9-am\u00e9nit\u00e9 de la vall\u00e9e du Sine. Dans un contexte de multiples changements, les contributeur\u00b7trices ont essay\u00e9 d\u2019\u00e9clairer les permanences et les mutations qui caract\u00e9risent les zones humides de Diourbel, mais \u00e9galement leur perception par les populations locales, et d\u2019envisager des strat\u00e9gies de valorisation, actuelles ou futures, pour ces points d\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Mbagnick FAYE<\/strong>, <strong>Dome TINE<\/strong>, <strong>Gallo NIANG<\/strong> et <strong>Guilgane FAYE <\/strong>\u00e9tablissent une cartographie des zones humides de la r\u00e9gion de Dakar \u00e0 l\u2019aide des images Sentinel-2 et Landsat 8 OLI. Il s\u2019agit, dans une approche diachronique, d\u2019\u00e9valuer l\u2019\u00e9volution de ces milieux dans un contexte de forte urbanisation. L\u2019approche cartographique fait appara\u00eetre l\u2019\u00e9volution de l\u2019occupation spatiale et celle des espaces verts et des zones humides dans la r\u00e9gion de Dakar. Cette proposition a mobilis\u00e9 des images (les images satellitaires Landsat TM de 1986, ETM de 2000, OLI de 2020 et MSI de Sentinel 2), une classification supervis\u00e9e et l\u2019algorithme maximum de vraisemblance pour le traitement des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une baisse de la couverture v\u00e9g\u00e9tale et des zones humides depuis 1986 pousse certains auteurs \u00e0 s\u2019interroger sur le devenir des fonctions \u00e9cologiques de r\u00e9gulateur thermique, de biodiversit\u00e9 et de qualit\u00e9 de l\u2019air dans les plans d\u2019eau. Sur la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes, la proposition de <strong>Seydou Alassane SOW<\/strong>, <strong>Aliou CISS\u00c9<\/strong> et <strong>Mar GAYE <\/strong>apporte un \u00e9clairage certain en caract\u00e9risant l\u2019\u00e9rosion dans le bassin versant de Niaoul\u00e9 (S\u00e9n\u00e9gal Oriental). Cette \u00e9rosion se manifeste par un affleurement de sols cuirass\u00e9s, un ensablement des bas-fonds, un affouillement des racines des arbres, des inondations, une destruction d\u2019infrastructures routi\u00e8res et une multiplication des ravins. Les auteurs \u00e9valuent l\u2019influence des facteurs naturels et anthropiques sur les processus \u00e9rosifs dans un bassin versant \u00e0 variabilit\u00e9 pluviom\u00e9trique persistante en s\u2019appuyant sur une caract\u00e9risation du r\u00e9gime des pr\u00e9cipitations gr\u00e2ce \u00e0 des tests et indices statistiques, des mesures et suivis <em>in situ<\/em> du ravinement et d\u2019une application de l\u2019\u00c9quation universelle des pertes en sols de terres pour mod\u00e9liser les pertes en terres par \u00e9rosion en nappe. Ces \u00e9rosions emportent des particules fines, de la mati\u00e8re organique et d\u2019autres substances associ\u00e9es au potentiel agronomique des terres. Ce qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019appauvrissement en \u00e9l\u00e9ments nutritifs des terres agricoles et d\u2019une d\u00e9prise des activit\u00e9s agro-pastorales dans cette partie du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deux contributions \u2013 celle d\u2019<strong>Ibrahima NDIAYE<\/strong>, <strong>Ibrahima Faye DIOUF<\/strong>, <strong>Daniel GOMIS<\/strong> et <strong>Sidia Diaouma BADIANE<\/strong>, et celle de <strong>Mohamed Saliou CAMARA<\/strong> \u2013 \u00e9clairent sur les formes d\u2019agriculture urbaines et p\u00e9riurbaines et leurs apports \u00e9conomiques. L\u2019article de Ndiaye <em>et al<\/em>. montre l\u2019appropriation de l\u2019espace public dans la r\u00e9gion de Dakar par l\u2019horticulture ornementale, une pratique \u00e9conomique et entrepreneuriale. Ce sont des interstices urbains valoris\u00e9s qui offrent \u00e0 l\u2019activit\u00e9 agricole des possibilit\u00e9s de d\u00e9ploiement pour r\u00e9pondre \u00e0 des besoins \u00e9conomiques et sociaux. Dans la r\u00e9gion de Dakar, l\u2019horticulture ornementale s\u2019est impos\u00e9e dans le paysage urbain. Son marquage spatial est manifeste et constitue un march\u00e9 \u00e9mergent et un enjeu de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Cette caract\u00e9risation indique que l\u2019horticulture ornementale g\u00e9n\u00e8re une forme particuli\u00e8re marqu\u00e9e par la pr\u00e9carit\u00e9 et l\u2019informalit\u00e9 du fait des contraintes fonci\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00eames contraintes fonci\u00e8res qui viennent d\u2019\u00eatre soulign\u00e9es sont aussi r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par les travaux de Camara sur la valorisation socio-\u00e9conomique des trames vertes par l\u2019agriculture p\u00e9riurbaine\u00a0dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry (Guin\u00e9e Conakry). Face \u00e0 l\u2019urbanisation croissante et les d\u00e9fis qu\u2019elle pose \u00e0 l\u2019agriculture urbaine, des m\u00e9nages essentiellement pluriactifs, continuent de valoriser les espaces agricoles pour r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. L\u2019agriculture p\u00e9riurbaine dans l\u2019agglom\u00e9ration de Conakry sur les trames vertes constitue un \u00e9l\u00e9ment central de la strat\u00e9gie de ces m\u00e9nages; on peut donc y lire une sorte de r\u00e9silience socio\u00e9conomique. Cependant, ces m\u00e9nages restent vuln\u00e9rables du point de vue de leur statut foncier. L\u2019analyse des formes d\u2019agriculture p\u00e9riurbaine s\u2019appuie sur une m\u00e9thodologie mixte d\u2019analyse de corpus (documents de planification urbaine) et de donn\u00e9es de terrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La proposition d\u2019<strong>Aminata DIOP<\/strong> enrichit la r\u00e9flexion sur les trames vertes et bleues en faisant ressortir la dimension p\u00e9dagogique. Elle met l\u2019accent sur l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019environnement en analysant les TVB comme un outil p\u00e9dagogique pour une \u00e9ducation au d\u00e9veloppement durable. L\u2019\u00e9tude des programmes p\u00e9dagogiques et des s\u00e9ances d\u2019enseignement-apprentissage en classe de sixi\u00e8me ont permis de montrer la prise en compte des probl\u00e9matiques environnementales en cours de g\u00e9ographie dans le cycle moyen. L\u2019autrice analyse l\u2019approche r\u00e9gionale du programme de g\u00e9ographie qui offre plusieurs possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9tudier les trames vertes et bleues. L\u2019organisation de la s\u00e9ance d\u2019\u00c9ducation au d\u00e9veloppement durable a montr\u00e9 que le choix des ressources pertinentes et des strat\u00e9gies centr\u00e9es sur le travail de groupe et la facilitation du professeur permettent d\u2019initier les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la complexit\u00e9. L\u2019\u00e9tude des trames bleues et vertes, dans une perspective de durabilit\u00e9, permettent d\u2019appr\u00e9hender \u00e0 la fois les savoirs scientifiques et les savoirs exp\u00e9rientiels et de susciter une volont\u00e9 de s\u2019engager pour le d\u00e9veloppement durable chez des apprenant\u00b7es.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Alphand\u00e9ry, Pierre et Fortier, Agn\u00e8s. 2012. La trame verte et bleue et ses r\u00e9seaux : science, acteurs et territoires. <em>VertigO<\/em>, <em>12<\/em>(2). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.12453\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/vertigo.12453<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Amsallem, Jennifer, Deshayes, Michel et Bonnevialle, Marie. 2010. Analyse comparative de m\u00e9thodes d&rsquo;\u00e9laboration de trames vertes et bleues nationales et r\u00e9gionales. <em>Sciences Eaux &amp; Territoires<\/em>, <em>3<\/em>(3), 40-45. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/set.003.0040\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/set.003.0040<\/a>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Diatta, Claudette, Soumbane, Diouf, Malick, Karibuhoye Charlotte et Sow, Amadou\u00a0Abdoul. 2017.\u00a0Sites naturels sacr\u00e9s et conservation des ressources marines et c\u00f4ti\u00e8res en milieu traditionnel diola (S\u00e9n\u00e9gal),\u00a0<em>Revue d\u2019ethno\u00e9cologie<\/em> [Online], 11 | 2017, Online since 03 July 2017, connection on 31 December 2024. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/ethnoecologie.2900\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/ethnoecologie.2900<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Forman, Richard T. 1995. <em>Land mosaics: the ecology of landscapes and regions<\/em>. Cambridge University Press, Cambridge, U.\u00a0K.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Linck, Thierry. 2029. Mise en spectacle des savoirs locaux, levier de l\u2019int\u00e9gration des \u00ab arri\u00e8re-pays \u00bb marocains? Dans Verdeaux Francois, Hall Ingrid, Moizo Bernard (dir.), <em>Les savoirs locaux en situation, retour sur une notion plurielle et dynamique <\/em>(p.\u00a061-84). IRD Editions et Quae Editions.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Verdeaux, Francois, Moizo, Bernard. 2019. \u00c9volution d\u2019un questionnement. Dans Verdeaux Francois ; Hall Ingrid, Moizo Bernard (dir.), <em>Les savoirs locaux en situation, retour sur une notion plurielle et dynamique<\/em> (p.\u00a09-17). IRD Editions et Quae Editions.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/ibrahima-faye-diouf\">Ibrahima Faye DIOUF<\/a><\/strong><br \/> Enseignant-chercheur, Ma\u00eetre-Assistant Cames, Laboratoire de G\u00e9ographie humaine (LaboGehu), Ecole doctorale ETHOS, d\u00e9partement de G\u00e9ographie, Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal).<br \/>\nContact : ibrahimafaye.diouf@ucad.edu.sn<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/contributors\/mamadou-bouna-timera\">Mamadou Bouna TIMERA<\/a><\/strong><br \/>Professeur Titulaire, Directeur du Laboratoire de G\u00e9ographie humaine, Assesseur de la Facult\u00e9 des Lettres et sciences humaines.<br \/>\nUniversit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar,<br \/>\nContact : mamadou.timera@ucad.edu.sn<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-958-1\">Ce volume s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un programme de renforcement de la recherche en Afrique francophone avec un financement de l\u2019AFD\/GDN. <a href=\"#return-footnote-958-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":1,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["ibrahima-faye-diouf","mamadou-bouna-timera"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[342,374],"license":[],"class_list":["post-958","chapter","type-chapter","status-publish","hentry","contributor-ibrahima-faye-diouf","contributor-mamadou-bouna-timera"],"part":852,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/958","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/958\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1056,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/958\/revisions\/1056"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/852"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/958\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=958"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=958"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=958"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/naaj\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=958"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}