{"id":166,"date":"2019-10-21T12:56:01","date_gmt":"2019-10-21T06:56:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/?post_type=chapter&#038;p=166"},"modified":"2021-06-05T15:22:29","modified_gmt":"2021-06-05T13:22:29","slug":"ngandam-mfondoum_mfondoum_lounang-tchatchouang-et-tchakam-mbouwe2019","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/texte\/ngandam-mfondoum_mfondoum_lounang-tchatchouang-et-tchakam-mbouwe2019\/","title":{"rendered":"La responsabilit\u00e9 sociale des entreprises dans le cadre de l\u2019activit\u00e9 d\u2019exploitation foresti\u00e8re dans la r\u00e9serve de faune du Dja et du Parc national de Campo Ma\u2019an"},"content":{"raw":"<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019id\u00e9e qu\u2019une part des responsabilit\u00e9s sociales incombe \u00e0 l\u2019entreprise n\u2019est pas nouvelle. Son origine remonte aux premiers \u00e2ges du capitalisme industriel (Gendron <em>et al<\/em>., 2004, p.\u00a075) et son ampleur s\u2019est accrue avec l\u2019av\u00e8nement de la mondialisation; un ph\u00e9nom\u00e8ne qui relie dans le monde entier les entreprises aux communaut\u00e9s locales, avec toutes ses implications sociales (Panwar et Hansen, 2007, en ligne). L\u2019expression \u00ab\u00a0Responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises et des organisations\u00a0\u00bb, en abr\u00e9g\u00e9 RSE\/RSO, est commun\u00e9ment utilis\u00e9e et plusieurs d\u00e9finitions lui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es. Celle qui a \u00e9t\u00e9 retenue pour cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 emprunt\u00e9e \u00e0 la <em>Norme ISO 26 000<\/em>, en raison de son approche diversifi\u00e9e et englobante.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En effet, dans ses lignes directrices relatives \u00e0 la responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale, l\u2019article 2.18 (p.\u00a04), la Norme ISO 26 000 d\u00e9finit la RSE\/RSO comme:<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>[La] responsabilit\u00e9 d\u2019une organisation vis-\u00e0-vis des impacts de ses d\u00e9cisions et de ses activit\u00e9s sur la soci\u00e9t\u00e9 et sur l\u2019environnement, se traduisant par un comportement transparent et \u00e9thique qui:<\/em><\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\"><em>contribue au d\u00e9veloppement durable y compris \u00e0 la sant\u00e9 et au bien-\u00eatre de la soci\u00e9t\u00e9;<\/em><\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\"><em>prend en compte les attentes des parties prenantes;<\/em><\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\"><em>respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales;<\/em><\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\"><em>est int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019ensemble de l\u2019organisation et mis en \u0153uvre dans ses relations.<\/em><\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Quelquefois assimil\u00e9e \u00e0 une traduction manag\u00e9riale du d\u00e9veloppement durable, la RSE\/RSO envisage les trois sph\u00e8res de la durabilit\u00e9. Il s\u2019agit, sur le plan social de l\u2019insertion et de l\u2019exclusion des salari\u00e9s; sur le plan \u00e9conomique, l\u2019optimisation des capacit\u00e9s de production; et sur le plan environnemental, la gestion participative des ressources environnementales. Ainsi, une entreprise ou organisation doit se comporter de fa\u00e7on responsable et contribuer au d\u00e9veloppement humain, voire humanitaire compensatoire de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle elle \u00e9volue.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En pr\u00e8s de 70 ans, soit de 1950 \u00e0 nos jours, une \u00e9volution aussi rapide que marquante de la RSE\/RSO et des pratiques des entreprises a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. Il s\u2019agit de nos jours d\u2019un courant dominant auquel les organisations peuvent de moins en moins se soustraire. Pourtant, les contextes socio\u00e9conomiques et les contraintes l\u00e9gales peuvent cr\u00e9er une dynamique de pratiques de la RSE\/RSO qui va \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ses fondements conceptuels.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article interroge les pratiques de la responsabilit\u00e9 sociale dans l\u2019activit\u00e9 d\u2019exploitation foresti\u00e8re au Cameroun au regard du concept de RSE\/RSO et ses principes les plus essentiels. En effet, quel est le degr\u00e9 de maturit\u00e9 de la RSE au Cameroun? Pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019entreprise foresti\u00e8re joue-t-elle pleinement son r\u00f4le humanitaire et paternaliste d\u00e9fini comme fondement de la RSE?<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En mettant l\u2019accent sur les principes socio-\u00e9thiques\u00a0chers \u00e0 la RSE, cet article vise \u00e0 analyser la corr\u00e9lation entre les pratiques des entreprises d\u2019exploitation foresti\u00e8re et les principes fondamentaux de la RSE, pour comprendre les avanc\u00e9es ou les lacunes en la mati\u00e8re. Le postulat de d\u00e9part est que les actions compensatrices des entreprises foresti\u00e8res sont suffisamment lacunaires pour remettre en question l\u2019existence de la RSE dans le cadre de cette activit\u00e9. L\u2019\u00e9tude s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au sein des aires prot\u00e9g\u00e9es que la R\u00e9serve du Dja et le Parc nationale de Campo Ma\u2019an. Celles-ci b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un double statut de protection et d\u2019exploitation.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">For\u00eat, aires prot\u00e9g\u00e9es et exploitation foresti\u00e8re<\/h2>\r\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9volution et l\u2019organisation de l\u2019espace forestier<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les for\u00eats couvrent actuellement 22 millions d\u2019hectares, soit 46.25\u00a0% du territoire national camerounais. Le Cameroun est class\u00e9 parmi les cinq plus grands exportateurs mondiaux de grumes et vingt-cinq entreprises y assurent officiellement l\u2019exploitation de la strate foresti\u00e8re arbor\u00e9e. Les enjeux \u00e9conomiques \u00e9tant de grande envergure, ces entreprises se livrent \u00e0 une coupe sauvage d\u2019essences ligneuses pr\u00e9cieuses; ce qui justifie la croissance du taux annuel de d\u00e9forestation, estim\u00e9 en 2008 \u00e0 environ 0.6\u00a0% (Duterne <em>et al.<\/em>, 2008). La principale solution envisag\u00e9e par l\u2019\u00c9tat est un encadrement juridique via la loi n\u00b0 94\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, ainsi que le d\u00e9cret n\u00b0 94\/436\/PM du 23 ao\u00fbt 1994 fixant les modalit\u00e9s d\u2019application du r\u00e9gime des for\u00eats.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En appui, un important r\u00e9seau national d\u2019aires prot\u00e9g\u00e9es a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 et s\u2019\u00e9tend sur environ 81 443.21 km2, soit 17.13\u00a0% des 475 442 km2 du territoire national (figure 1). Pour des besoins d\u2019usages multiples et sans conflits, les aires prot\u00e9g\u00e9es sont organis\u00e9es en zones d\u2019exploitation d\u00e9sign\u00e9es Unit\u00e9s foresti\u00e8res d\u2019am\u00e9nagements (UFA). Il s\u2019agit des \u00ab\u00a0zones de production foresti\u00e8re contigu\u00ebs au noyau de protection\u00a0\u00bb (MINFOF, 2005). Cette organisation vise une production foresti\u00e8re durable par l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des plans d\u2019am\u00e9nagement, la conduite des \u00e9tudes d\u2019impacts environnementaux et l\u2019application des mesures d\u2019att\u00e9nuation de ces impacts, autant que le r\u00e9investissement local d\u2019une partie des retomb\u00e9es. \u00c0 l\u2019observation, ces principes ne sont toujours pas respect\u00e9s dans les r\u00e9serves foresti\u00e8res \u00e9tudi\u00e9es: celle du Dja qui s\u2019\u00e9tale sur 526000 hectares et celle de Campo Ma\u2019an, couvrant 264 064 hectares. Ces espaces naturels multisp\u00e9cifiques qui sont situ\u00e9s dans le Sud-Cameroun (figure 1) connaissent de nombreux probl\u00e8mes dus \u00e0 une exploitation foresti\u00e8re faite\u00a0au d\u00e9triment du\u00a0climat, de l\u2019environnement, de la\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Biodiversit%C3%A9\">biodiversit\u00e9<\/a> et par ricochet des populations locales.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_167\" align=\"aligncenter\" width=\"318\"]<img class=\"size-full wp-image-167\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun.jpg\" alt=\"\" width=\"318\" height=\"522\" \/> La R\u00e9serve de faune du Dja (A) et le Parc national de Campo Ma\u2019an (B) dans le r\u00e9seau national des aires prot\u00e9g\u00e9es du Cameroun.[\/caption]\r\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Traits caract\u00e9ristiques de l\u2019exploitation foresti\u00e8re au sein de la RFD et du PNCM<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ils peuvent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9s dans les quelques points abord\u00e9s ci-dessous.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Plan de zonage, \u00ab\u00a0pr\u00e9dation spatiale\u00a0\u00bb et d\u00e9possession: l\u2019\u00c9tat mis en cause et des entreprises foresti\u00e8res \u00ab\u00a0scrupuleusement respectueuses\u00a0\u00bb des processus lacunaires <\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La R\u00e9serve de faune du Dja (RFD) et le Parc national de Campo Ma\u2019an (PNCM) appartiennent au Domaine Forestier Priv\u00e9 (DFP). Pourtant, leur d\u00e9limitation et le d\u00e9coupage en UFA n\u2019a que tr\u00e8s faiblement tenu compte des utilisations conjointes traditionnelles et industrielles. Une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e conjointement par AVIS\u00c9E et ABES en 2015 aupr\u00e8s de soixante personnes au sein des localit\u00e9s environnantes r\u00e9v\u00e8le ce qui suit:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">94\u00a0% (56\/60) des r\u00e9pondants insistent sur l\u2019empi\u00e8tement des limites de l\u2019aire prot\u00e9g\u00e9e sur les terroirs villageois;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">6\u00a0% (4\/60) des r\u00e9pondants restent ind\u00e9cis.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">100\u00a0% des r\u00e9pondants accusent la \u00ab\u00a0d\u00e9sacralisation\u00a0\u00bb de certains arbres qui, utilis\u00e9s autrefois dans les rites traditionnels et la pharmacop\u00e9e mystique, ont disparu aujourd\u2019hui.<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans le PNCM et sa zone p\u00e9riph\u00e9rique (ZP), les terroirs villageois tels que d\u00e9limit\u00e9s par 94\u00a0% (56\/60) des r\u00e9pondants s\u2019\u00e9tendent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du parc, en particulier dans la limite nord-est o\u00f9 les jach\u00e8res touchent le parc (villages Messama et Minkan Mengale). De m\u00eame, les terroirs sont r\u00e9duits par la pr\u00e9sence de l\u2019UFA 09-021 (note explicative de la codification) qui est intercal\u00e9e entre le parc et les villages (MINFOF, 2005).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour le cas de la RFD, les autochtones se plaignent d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de \u00ab\u00a0leur for\u00eat\u00a0\u00bb lors de la d\u00e9limitation, en raison des interdictions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certaines zones importantes pour des pr\u00e9l\u00e8vements de besoins vitaux quotidiens (cueillette, chasse, brulis agricoles, etc.) autant que pour des rituelles ancestraux (Ngandam, 2014).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ainsi, un d\u00e9coupage g\u00e9om\u00e9trique et une sp\u00e9cialisation de l\u2019espace mettent \u00e0 mal les territoires communautaires. Pourtant tout syst\u00e8me normatif de gestion des ressources naturelles doit se construire sur la base d\u2019une vision, d\u2019une \u00ab repr\u00e9sentation \u00bb de l\u2019espace propre au groupe social qui l\u2019a \u00e9tabli. Dans les cas des deux aires prot\u00e9g\u00e9es \u00e9tudi\u00e9es, un d\u00e9coupage g\u00e9om\u00e9trique entraine plut\u00f4t une fragmentation des espaces et sous-espaces de valeurs intrins\u00e8ques diff\u00e9rentes, emp\u00eachant notamment aux Bantous et Pygm\u00e9es de garder une relation harmonieuse avec leur milieu. Cependant, la R\u00e9solution 1.53 du congr\u00e8s mondial de la nature rappelle ce qui suit:<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il ne devrait pas exister de conflit intrins\u00e8que entre les objectifs des aires prot\u00e9g\u00e9es et l\u2019existence, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res, de peuples autochtones et traditionnels. En outre, ces peuples doivent \u00eatre reconnus comme des partenaires l\u00e9gitimes et \u00e9gaux dans le d\u00e9veloppement et la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies de conservation qui touchent leurs terres, territoires, eaux, mers c\u00f4ti\u00e8res et autres ressources, et en particulier lors de la cr\u00e9ation et de la gestion d\u2019aires prot\u00e9g\u00e9es (Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996, p. 5).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">De plus, il se pose un probl\u00e8me de mat\u00e9rialisation des limites. Dans la RFD comme dans le PNCM, quelques rares concessions sont d\u00e9limit\u00e9es par une ligne de fils barbel\u00e9s, des cordes \u00e9lastom\u00e8res, des plaques ou de la peinture. Mais dans la plupart des cas, les concessionnaires optent pour l\u2019immatriculation des essences limitrophes de leurs parcelles \u00e0 la peinture, des couleurs diff\u00e9rentes \u00e9tant utilis\u00e9es entre deux parcelles limitrophes. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate est que les exploitants connaissent leurs limites naturelles, mais g\u00e9n\u00e9ralement, certains habitants lointains ayant pris l\u2019habitude d\u2019y venir effectuer des pr\u00e9l\u00e8vements ne les connaissent pas et sont menac\u00e9es ou mis aux arr\u00eats (AVIS\u00c9E et ABES, 2015).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>S\u00e9lection des esp\u00e8ces de bois et respect de la r\u00e9glementation <\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Lors des exploitations, les entreprises proc\u00e8dent \u00e0 une s\u00e9lection des esp\u00e8ces les plus demand\u00e9es et donc les plus rentables, laissant sur pied une partie importante des volumes autoris\u00e9s dans les espaces allou\u00e9s pour aller au-del\u00e0 des limites fix\u00e9es (Ngandam, 2014; AVIS\u00c9E et ABES, 2015). L\u2019on distingue quatre types d\u2019exportations, notamment les grumes, les sciages, les contreplaqu\u00e9s et les placages. Pour chacun, six esp\u00e8ces tout au plus repr\u00e9sentent plus du tiers des volumes d\u2019exportations (figure 2). Dans le cas plus r\u00e9current des grumes, les volumes export\u00e9s ont drastiquement baiss\u00e9 d\u2019un million huit cent mille m\u00e8tres cubes (1 800 000 m3) en 1998 \u00e0 cent quatre-vingt-dix mille m\u00e8tres cubes (190000 m3) en 2001, avant de croitre progressivement \u00e0 huit-cent trente mille m\u00e8tres cubes (83000 m3) en 2015.<\/p>\r\n\r\n\r\n[caption id=\"attachment_168\" align=\"aligncenter\" width=\"738\"]<img class=\"size-full wp-image-168\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"738\" height=\"457\" \/> Volumes en m\u00e8tres cubes cumul\u00e9s des six premi\u00e8res essences de bois export\u00e9es par le secteur formel en 2015.<br \/>Source: COMCAM, 2015[\/caption]\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Le r\u00e9investissement local,\u00a0entre utopie et tromperie <\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019article 14 de la Convention Provisoire Coupe portant participation \u00e0 la r\u00e9alisation des infrastructures socio\u00e9conomiques indique ce qui suit: \u00ab\u00a0le concessionnaire est r\u00e9put\u00e9 participer financi\u00e8rement \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019infrastructures socio\u00e9conomiques par le pourcentage de la redevance foresti\u00e8re qui est fix\u00e9 annuellement par la loi des finances et qui doit \u00eatre revers\u00e9 au profit des communaut\u00e9s \u00bb (Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, annexe de la Convention Provisoire de Coupe, article 14, 1992, p.\u00a08). D\u2019une part, ces investissements peuvent \u00eatre directs au sein des communaut\u00e9s riveraines. D\u2019autre part, il peut s\u2019agir des quotas des activit\u00e9s \u00e0 reverser aupr\u00e8s de l\u2019\u00c9tat, suivant la loi n\u00b094\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, en son article 12, alin\u00e9a (2).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les retomb\u00e9es \u00e9conomiques ou financi\u00e8res r\u00e9sultant de leur utilisation donnent lieu au paiement \u00e0 l\u2019\u00c9tat des royalties dont le taux et les modalit\u00e9s de perception sont fix\u00e9s, au prorata de leur valeur, par arr\u00eat\u00e9 du Ministre charg\u00e9 des finances sur proposition des Ministres comp\u00e9tents (Loi n\u00b0 94\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, titre II, article 12, alin\u00e9a 2).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pourtant dans la pratique, l\u2019investissement local est quasi-inexistant, car rien ou presque ne change. On constate en effet que les pistes foresti\u00e8res, qui servent \u00e0 la desserte des parcelles d\u2019exploitation, sont multipli\u00e9es mais non entretenues. Au contraire, l\u2019ouverture des pistes foresti\u00e8res pour le d\u00e9bardage du bois a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme un moteur de perte de for\u00eat autour de la RFD et le PNCM, et facilite en m\u00eame temps l\u2019\u00e9vacuation des produits issus du braconnage (Fondation camerounaise terre vivante, 2012, en ligne). Plus encore, les projets de proximit\u00e9s \u00e9ducatives ou de comblements de besoins quotidiens comme les salles de classes et les pompes \u00e0 eau potable ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s, ou alors ils le sont avec des mat\u00e9riaux peu durables. Les entreprises foresti\u00e8res font donc des promesses qu\u2019elles ne tiennent pas. Et les mouvements d\u2019humeurs des autochtones sont \u00e9touff\u00e9s par des menaces et autres intimidations (AVIS\u00c9E et ABES, 2015).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>\u00c0 propos de l\u2019indemnisation des populations<\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La deuxi\u00e8me partie de l\u2019article 14 de la CPE stipule que<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Tous les autres engagements du concessionnaire devront \u00eatre n\u00e9goci\u00e9s avec les populations int\u00e9ress\u00e9es lors des r\u00e9unions de concertation pr\u00e9alables au classement de la concession et seront consign\u00e9s dans le cahier des charges de la Convention D\u00e9finitive d\u2019Exploitation. (Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, 2003, p.\u00a08).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Parmi ces engagementsfigurent g\u00e9n\u00e9ralement des clauses d\u2019indemnit\u00e9s li\u00e9es aux d\u00e9placements des habitations ou des plantations des autochtones install\u00e9s dans les environs de la concession. Qu\u2019il s\u2019agisse de la RFD ou du PNCM, les plaintes affluent de toutes parts concernant des indemnit\u00e9s non pay\u00e9es, partiellement pay\u00e9es (au meilleur des cas) ou frauduleusement fix\u00e9es. Au sujet des indemnisations, sur 60 autochtones interrog\u00e9s dans les environs de chacune des deux aires prot\u00e9g\u00e9es, il appara\u00eet que les r\u00e9sultats ci-apr\u00e8s.<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">21 personnes sur 60 (35\u00a0%) sont satisfaites des clauses indemnitaires sign\u00e9es;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">17 personnes sur 60 (28\u00a0%) ont re\u00e7u les indemnit\u00e9s totalement et dans les d\u00e9lais fix\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire avant tout marquage et le d\u00e9but de l\u2019exploitation;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">28 personnes sur 60 (47\u00a0%) ont re\u00e7u les indemnit\u00e9s avec beaucoup de retard (minimum un an d\u2019attente) et apr\u00e8s des plaintes et mouvements d\u2019humeurs<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">15 personnes sur 60 (25\u00a0%) n\u2019ont jamais re\u00e7u d\u2019indemnit\u00e9s.<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">11 personnes sur 60 (18\u00a0%) ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 aux arr\u00eats au moins une fois pour des causes de mouvements d\u2019humeurs relatifs aux r\u00e9clamations d\u2019indemnit\u00e9s.<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n&nbsp;\r\n\r\n[caption id=\"attachment_169\" align=\"aligncenter\" width=\"720\"]<img class=\"size-full wp-image-169\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"393\" \/> Appr\u00e9ciation des clauses indemnitaires sign\u00e9es avec les concessionnaires sur un \u00e9chantillon mixte de 60 autochtones enqu\u00eat\u00e9s (AVIS\u00c9E et ABES, 2015)[\/caption]\r\n\r\n&nbsp;\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Genre et gestion \u00e9quitable des ressources foresti\u00e8res <\/strong><\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le principal d\u00e9fi auquel les femmes font face en Afrique est la non reconnaissance de leurs droits fonciers et forestiers. Elles sont le plus souvent usufruiti\u00e8res sur les terres g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9tenues par les hommes (UICN-REFAAD, 2012, p. 4).<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans le cas pr\u00e9cis des aires prot\u00e9g\u00e9es camerounaises, les femmes sont les principales exploitantes des produits forestiers non-ligneux ou PFNL (kola, Bitter kola, lianes, feuilles d\u2019emballages et de cuissons, champignons, fruits divers, insectes comestibles comme les termites, chenilles, escargots, etc.). Malheureusement, leur r\u00f4le en amont des cessions et d\u00e9coupages de parcelles se limite le plus \u00e0 la concertation. Au pire des cas, les femmes r\u00e9coltant ces produits \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la zone de conservation sont victimes d\u2019abus de la part des concessionnaires, avec le soutien des agents \u00e9tatiques conservateurs, qui saisissent (pour leur propre consommation) ou d\u00e9truisent (en guise de punition) les produits collect\u00e9es (UICN-REFAAD, 2012, p. 4). Cette situation cr\u00e9e un s\u00e9rieux manque \u00e0 gagner, car la for\u00eat n\u2019est plus une source directe et indirecte d\u2019alimentation et de soins de la famille par la femme, encore moins une source de revenus suppl\u00e9mentaires issus de la vente. De m\u00eame, se perdent pour celles-ci les loisirs \u00e0 travers les lieux de promenades, de chants et danses propres aux femmes bantoues; des lieux o\u00f9 elles se retrouvaient pour se raconter librement, notamment les joies et peines de leurs couples, \u00e0 l\u2019abri des oreilles indiscr\u00e8tes de leur maris.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Telle est la situation qui se d\u00e9gage, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, du comportement des entreprises foresti\u00e8res dans les deux aires prot\u00e9g\u00e9es du Cameroun que nous avons \u00e9tudi\u00e9es. Il s\u2019ensuit une multitude de cons\u00e9quences humaines et environnementales, qui suscitent des interrogations au regard de la RSE.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Impact direct et indirect d\u2019une exploitation foresti\u00e8re in\u00e9galitaire: une remise en question de la RSE?<\/h2>\r\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Focus sur les avantages et les inconv\u00e9nients<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les situations d\u00e9crites ci-dessus affectent tous les aspects de la vie socio\u00e9conomique locale et nationale. Cependant, il faut reconna\u00eetre que les zones contigu\u00ebs aux aires prot\u00e9g\u00e9es du Dja et de Campo Ma\u2019an b\u00e9n\u00e9ficient de quelques avantages. En effet, l\u2019on peut relever des r\u00e9percussions autant sur le plan humain que sur le plan environnemental.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Tout d\u2019abord, on observe l\u2019\u00e9mergence des conflits latents (passifs) qui se sont mu\u00e9s en conflits ouverts (actifs) entre les autochtones, les concessionnaires et l\u2019administration. Les incursions des populations dans les zones d\u2019exploitation pour des pr\u00e9l\u00e8vements ou pour des rites provoquent des r\u00e9actions vari\u00e9es pouvant aboutir tant\u00f4t sur des n\u00e9gociations, tant\u00f4t sur des actes d\u2019intimidations des exploitants forestiers, avec l\u2019appui coercitif de certaines autorit\u00e9s. De m\u00eame, les populations autochtones \u00e9prouvent, de mani\u00e8re permanente, de la m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des exploitants \u00e0 la suite de promesses non tenues. Et pour ce qui concerne la gente f\u00e9minine, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 une accentuation des frustrations, ainsi que des tensions conjugales.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, on peut remarquer, sur le plan environnemental, la multiplication des clairi\u00e8res en dehors des concessions attribu\u00e9es. Cette prolif\u00e9ration vise \u00e0 coloniser des espaces nouveaux riches d\u2019esp\u00e8ces plus commercialis\u00e9es. La situation entra\u00eene, de mani\u00e8re subs\u00e9quente, une fragmentation-diminution des biotopes, la disparition de la faune, la destruction des champs et les agressions des populations par les animaux du fait de la d\u00e9viation de leurs couloirs migratoires (Ngnadam <em>et al.<\/em>, 2014). Face \u00e0 ces cons\u00e9quences n\u00e9fastes, peut-on opportun\u00e9ment parler d\u2019une responsabilit\u00e9 sociale des exploitants forestiers?<\/p>\r\n\r\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La relation causale avec les fondamentaux de la RSE<\/h3>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019exploitation foresti\u00e8re et son impact autour des aires prot\u00e9g\u00e9es du Dja et Campo Ma\u2019an pose des probl\u00e8mes quant aux principes \u00e9nonc\u00e9s pour la RSE. Les lignes essentielles de ces principes sont entre autres:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">un engagement volontaire et continu, soit une connotation de flexibilit\u00e9 personnelle de l\u2019entrepreneur sur le long terme, sans aucune intervention l\u00e9gislative;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">un comportement \u00e9thique, c\u2019est-\u00e0-dire des principes moraux, une prise de conscience par l\u2019entrepreneur d\u2019un traitement humain \u00e9quitable et d\u2019un soutien vis-\u00e0-vis des employ\u00e9s et autres acteurs;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">l\u2019int\u00e9gration des pr\u00e9occupations durables;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">le fonctionnement en partenariat selon l\u2019approche de parties prenantes;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">la mesure ant\u00e9rieure de l\u2019impact des activit\u00e9s;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">la transparence dans l\u2019\u00e9thique;<\/p>\r\n<\/li>\r\n \t<li>\r\n<p class=\"indent\">le respect des principes juridiques nationaux et des normes internationales.<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La d\u00e9marche est \u00e9thique, philanthropique et paternaliste. Elle suit une <em>auto-l\u00e9gislation,<\/em> un <em>autocontr\u00f4le<\/em>\u00a0de l\u2019entrepreneur et vise \u00e0 assurer une meilleure qualit\u00e9 de vie \u00e0 ses travailleurs et travailleuses, \u00e0 ses client-e-s selon le cas. Une \u00e9valuation compar\u00e9e de ces qualit\u00e9s et exigences, avec les attitudes des entreprises d\u2019exploitation foresti\u00e8res autour des aires prot\u00e9g\u00e9es, montre exactement le contraire. Au moins cinq principes soul\u00e8vent manifestement des difficult\u00e9s.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>La d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la l\u00e9gislation foresti\u00e8re nationale en vigueur<\/em>: ni la loi foresti\u00e8re de 1994, ni la convention provisoire d\u2019exploitation ne sont rigoureusement, et de mani\u00e8re volontaire, respect\u00e9es par les exploitants qui, quelquefois, recourent \u00e0 la corruption de certaines administrations.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Le non-respect des normes environnementales internationales<\/em>. Il s\u2019agit, d\u2019une part, des<em>\u00a0Principes et lignes directrices sur les peuples autochtones et traditionnels et les aires prot\u00e9g\u00e9es<\/em>, dont le principe 1 insiste sur le fait que \u00ab\u00a0les peuples autochtones et traditionnels maintiennent des liens de longue date avec la nature, dont ils ont une profonde compr\u00e9hension\u00a0\u00bb (Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996, p. 5). Il est soutenu sur le plan national par l\u2019article premier de la convention provisoire d\u2019exploitation, qui rappelle que\u00a0\u00ab\u00a0l\u2019exploitation foresti\u00e8re ne doit apporter aucune entrave \u00e0 l'exercice des droits d'usage des villageois \u00bb (Annexe de la convention provisoire de coupe, 1992, article 1er). Ces consid\u00e9rations ne sont que faiblement prises en compte dans la d\u00e9limitation des UFA et des concessions foresti\u00e8res; d\u2019o\u00f9 les frustrations des autochtones. C\u2019est d\u2019autre part l\u2019exemple du volet environnemental du d\u00e9veloppement durable, cens\u00e9 \u00ab\u00a0Pr\u00e9server, am\u00e9liorer et valoriser l\u2019environnement et les ressources naturelles sur le long terme, en maintenant les grands \u00e9quilibres \u00e9cologiques, en r\u00e9duisant les risques et en pr\u00e9venant les impacts environnementaux \u00bb (Document 3.0, 2012, en ligne). Le suivi interne est assur\u00e9 par la convention provisoire d\u2019exploitation en son article 4: \u00ab\u00a0Toutes les \u00e9tapes d\u2019exploitation foresti\u00e8re et d\u2019am\u00e9nagement doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es en respectant les normes d\u2019intervention en milieu forestier\u00a0\u00bb (Annexe de la convention provisoire de coupe, 1992, article 4). La r\u00e9duction des risques de clairi\u00e8res ouvertes et la pr\u00e9servation des jeunes pousses d\u2019arbres aux environs des parcelles sont les imp\u00e9ratifs relev\u00e9s ici, mais ils n\u2019entrent pas dans les habitudes des exploitants forestiers.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019instauration et l\u2019entretien volontaires d\u2019un syst\u00e8me d\u2019exploitation de la na\u00efvet\u00e9 des populations autochtones<\/em>: les tromperies dans les contrats, la violation des parcelles non-attribu\u00e9es, l\u2019escroquerie ou encore les d\u00e9fauts de r\u00e9alisations des infrastructures socio\u00e9conomiques promises sont autant d\u2019exemples.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Les luttes d\u2019influences, brimades et r\u00e9pressions vis-\u00e0-vis des droits territoriaux autochtones:<\/em> force revient toujours \u00e0 la justice, qui est rendue (quand l\u2019on arrive \u00e0 cette \u00e9tape!) dans un cadre o\u00f9 la corruption est vectrice des \u00e9changes malsains entre entreprises foresti\u00e8res et quelques autorit\u00e9s, pour \u00e9touffer certaines violations et des abus. Il s\u2019agit principalement des coupes non autoris\u00e9es, des dur\u00e9es d\u2019exploitation excessives signal\u00e9es, des incursions inopin\u00e9es en terrains conflictuels, des achats non sold\u00e9s ou des promesses non tenues pour des investissements locaux.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Le sexisme:<\/em> il commence par la non-application de la parit\u00e9 dans toutes les \u00e9tapes de n\u00e9gociations. En plus, l\u2019\u00e9panouissement des femmes de la for\u00eat se heurte au respect de la r\u00e9glementation. Ceci est vrai dans la mesure o\u00f9 elles ne parviennent pas \u00e0 exercer leurs droits d\u2019exploitation des produits forestiers \u00e0 des fins commerciales, au niveau r\u00e9gional ou local, \u00e0 cause du co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 du processus d\u2019obtention d\u2019un permis de collecte et d\u2019exploitation, d\u2019un agr\u00e9ment ou d\u2019un certificat d\u2019origine (UICN-REFAAD, 2012, p. 4). Ainsi, ni le droit \u00e0 la parole, ni droit \u00e0 l\u2019exploitation ne font l\u2019objet d\u2019un statut particulier pour la femme dans l\u2019organisation et la pratique de l\u2019exploitation foresti\u00e8re.<\/p>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En bref, il semble difficile de parler d\u2019une v\u00e9ritable RSE en mati\u00e8re d\u2019exploitation foresti\u00e8re dans le RFD et le PNCM. Au contraire, il est plus ais\u00e9 de constater l\u2019inverse d\u2019autant plus que les cas de violation de ses principes essentiels sont l\u00e9gion.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En d\u00e9finitive, les activit\u00e9s d\u2019exploitation foresti\u00e8re dans la r\u00e9serve du Dja et au parc de Campo M\u2019an pr\u00e9sentent un visage relativement en d\u00e9saccord avec les normes en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 sociale. Les exemples de ces deux espaces montrent l\u2019immaturit\u00e9 et les lacunes de la mise en application d\u2019une dynamique humaniste et philanthropique des entreprises concern\u00e9es pour compenser leurs activit\u00e9s de pr\u00e9l\u00e8vement. Ainsi, les violations de la l\u00e9gislation, les intimidations, les d\u00e9boisements sans reboisement, ou encore la non consid\u00e9ration sp\u00e9cifique des perceptions et utilisations du territoire par la gente f\u00e9minine sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 mettre \u00e0 contribution dans cette vision. Bien au-del\u00e0, les manquements volontaires qui sont soit spontan\u00e9s (pour \u00e9viter des frais ou exp\u00e9dier des proc\u00e9dures de coupe), soit pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9s \u2013 accaparement des concessions ou duperie des populations sur les investissements \u2013 sont de nature non seulement \u00e0 remettre compl\u00e8tement en question les principes fondamentaux de la RSE, mais \u00e0 poser des questions sur ses origines et orientations conceptuelles. Peut-on d\u00e8s lors parler d\u2019Irresponsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises (ISE)? Une \u00e9bauche de r\u00e9ponse sera apport\u00e9e dans le second article de cette s\u00e9rie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re dans les aires prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ABES. 2015. <em>Rapport des enqu\u00eates environnementales<\/em>. Novembre, 43 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Annexe de la convention provisoire de coupe<\/em>. 2012.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">AVIS\u00c9E. 2015. <em>Rapport \u2013 AProx 2015<\/em>. Novembre, 54 pages.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996. <em>Principes et lignes directrices sur les peuples autochtones et traditionnels et les aires prot\u00e9g\u00e9es<\/em>. Montr\u00e9al: UICN, CMAP et WWF.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 95\/531\/pm du 23 aout 1995 fixant les modalit\u00e9s d\u2019application du r\u00e9gime des forets. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Document 3.0. 2012. Qu\u2019est-ce que le DD?. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.3-0.fr\/doc-dd\/qu-est-ce-que-le-dd\/les-3-piliers-du-developpement-durable\">http:\/\/www.3-0.fr\/doc-dd\/qu-est-ce-que-le-dd\/les-3-piliers-du-developpement-durable<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Duterne, Bernard, Delcourt, Laurent, De Wilde, Yvon et Douxchamps, Christophe. 2008. <em>D\u00e9forestation: causes, acteurs et enjeux<\/em>. Paris:Syllepse\/Alternatives Sud.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fondation camerounaise de la terre vivante. 2018. D\u00e9forestation autour de la for\u00eat du Dja: un risque pour son int\u00e9grit\u00e9?. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/fctvcameroon.org\/2018\/05\/29\/deforestation-autour-de-la-reserve-de-faune-du-dja-un-risque-pour-son-integrite\/\">https:\/\/fctvcameroon.org\/2018\/05\/29\/deforestation-autour-de-la-reserve-de-faune-du-dja-un-risque-pour-son-integrite\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gendron, Corinne, Lapointe, Alain et Turcotte, Marie-France B. 2004. Responsabilit\u00e9 sociale et r\u00e9gulation de l\u2019entreprise mondialis\u00e9e. <em>Relations Industrielles<\/em>, <em>59 <\/em>(1), 73-100.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b094\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINFOP. 2005. <em>Strat\u00e9gie nationale des contr\u00f4les forestiers et fauniques au Cameroun<\/em>. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature. 2003. <em>Convention provisoire d\u2019exploitation<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ngandam Mfondoum, Alfred Hom\u00e8re, 2014. <em>D\u00e9tection et int\u00e9gration des pistes animali\u00e8res dans le processus de d\u00e9limitation des aires prot\u00e9g\u00e9es: exemple du parc national de Campo Ma\u2019an \u2013 Contribution de la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et des SIG.<\/em> M\u00e9moire de Master professionnel, CRASTE-lf, Rabat.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ngandam Mfondoum, Alfred Hom\u00e8re. Etouna, Joachim. Hakdaoui, Mustapha. 2014. Contribution of the Analytic Hierarchy Process (AHP) in Decision-Making to (Re)Define Protected Areas Boundaries \u2013 Case Study in the National Park of Campo Ma\u2019an (South-Cameroon, Central Africa). <em>International Journal of Science and Research<\/em>, <em>3<\/em> (11), 1842-1849.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Panwar, Rajat et Hansen, \u00c9ric. 2007. Responsabilit\u00e9 sociale des entreprises dans le secteur forestier. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.fao.org\/docrep\/011\/i0440f\/i0440f09.htm\">http:\/\/www.fao.org\/docrep\/011\/i0440f\/i0440f09.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UICN-REFAAD. 2012. <em>Prendre en compte les droits, les pr\u00e9occupations strat\u00e9giques et les besoins sp\u00e9cifiques des femmes dans le processus de relecture de la loi foresti\u00e8re camerounaise<\/em>. Rapport. Gland.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette \u00e9tude a pour objectif d\u2019analyser la corr\u00e9lation entre les pratiques des entreprises d\u2019exploitation foresti\u00e8re et les principes fondamentaux de la Responsabilit\u00e9 Sociale des Entreprises (RSE) pour appr\u00e9cier les avanc\u00e9es ou lacunes en la mati\u00e8re au Cameroun. Partant du principe que la RSE est ax\u00e9e sur l\u2019humanitaire et le paternalisme des entreprises sur fond de durabilit\u00e9, une analyse des pratiques des exploitants forestiers et des routines autochtones dans la r\u00e9serve de faune du Dja et le parc national de Campo Ma\u2019an permet d\u2019en appr\u00e9cier les lacunes et le contenu contextuel. Des \u00e9l\u00e9ments bibliographiques et des r\u00e9sultats d\u2019enqu\u00eates renseignent sur le fait que diverses formes de violations des normes et r\u00e8glementations, des nombreux abus, la faiblesse, voire l\u2019inexistence des investissements et la faible consid\u00e9ration de l\u2019interaction femme-for\u00eat remettent clairement en question la RSE dans le cadre de l\u2019exploitation foresti\u00e8re.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/aires-protegees\/\">Aires prot\u00e9g\u00e9es<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/autochtones\/\">Autochtones<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/cameroun\/\">Cameroun<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/exploitation-forestiere\/\">Exploitation foresti\u00e8re<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/rse\/\">RSE<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">This study aims to analyze the correlation between the practices of logging companies and the basic principles of the Corporate Social Responsibility, CSR, to assess the progress or gaps on that field in Cameroon. Assuming that CSR focuses on humanitarian and corporate paternalism with a background of sustainability, an analysis of loggers&rsquo; practices and indigenous routines in the Dja Wildlife Reserve and Campo Ma&rsquo;an National Park help to assess the weaknesses and the contextual content. Readings and survey results indicate that various forms of norms and regulation violations, numerous abuses, investment failures and a weak consideration of the interaction woman-forest, are clearly calling into question CSR in the context of logging.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/cameroon\/\">Cameroon<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/csr\/\">CSR<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/forestry-companies\/\">Forestry Companies<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/indigenous-people\/\">Indigenous people<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/protected-areas\/\">Protected Areas<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (bulu du Sud Cameroun)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00d4fas wuna w\u2019a s\u00f4\u00f1e na be bi ayem\u00e9 aj\u00f4 Irresponsabilit\u00e9 Social des Entreprises ISE. W\u2019a k\u00f4mb\u00f4 liti \u00f1jaa\u00a0 \u00f4 ne za\u00f1\u00a0 mbia\u00a0 mimboan\u00a0 \u00a0beta menda\u00a0 bisa\u00e9 \u00a0mefan \u00a0\u00a0a\u00a0 aya\u00e9 \u00e9nyi\u00f1\u00a0 meyo\u00f1 me b\u00f4t ya mb\u00f4ma\u2019ane m\u2019a nyi\u00f1 \u00e9yon b\u2019a fomb\u00f4 mi\u00f1yemetane\u00a0 ya\u00a0 Responsabilit\u00e9\u00a0 Sociale b\u2019Entreprises a ne RSE.\u00a0 Esa\u00e9\u00a0 y\u2019\u00f4fas \u00e9te\u00a0 j\u2019a te boban e mev\u00f4m meba\u00e9 \u00a0be ne be Zones Prot\u00e9g\u00e9es si\u00a0 \u00a0\u00a0kamelon \u00e9t\u00e9\u00a0: Ana Reserve betit ya Dja\u00a0 ba Parc National ya Campo e Ma\u2019an. Esa\u00e9 \u00e9te j\u2019a w\u00f4mesan mam mese mintilan mi ye\u2019ele a minka\u00f1ete be mie jale \u00e9yo\u00f1 b\u2019a sili be minsili. Ti\u2019ika\u00f1 y\u2019\u00e9sa\u00e9 \u00e9te \u00e9 ne na \u00a0\u00a0beta menda bisa\u00e9 \u00a0mefan\u00a0 m\u2019a ve\u2019ele \u00a0ki sem\u00e9\u00a0 memvend\u00e9\u00a0 mfa\u2019a kame \u00e9mo milan, ja\u2019ane mfa\u2019a ya\u00a0 meti\u00f1 \u00e9jo\u00e9\u00a0\u00a0 ajo mba\u2019alan mefan. \u00a0Amu nal\u00e9 ,\u00a0 biyalan y\u2019\u00f4fas bi a liti na j\u00f4m j\u2019a ve ISE ngul j\u2019a da\u00f1e so mefulu y\u2019 \u00e9jo\u00e9 ameyo\u00f1 ya si Kamelon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">(Traduction faite par ANGO n\u00e9e GAUL ELA FRAN\u00c7OISE ELEONOR, <a href=\"mailto:fgaulela@gmail.com\">fgaulela@gmail.com<\/a>)<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>27 avril 2018<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>24 septembre 2019<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>21 octobre 2019<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Question de recherche<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019id\u00e9e qu\u2019une part des responsabilit\u00e9s sociales incombe \u00e0 l\u2019entreprise n\u2019est pas nouvelle. Son origine remonte aux premiers \u00e2ges du capitalisme industriel (Gendron <em>et al<\/em>., 2004, p.\u00a075) et son ampleur s\u2019est accrue avec l\u2019av\u00e8nement de la mondialisation; un ph\u00e9nom\u00e8ne qui relie dans le monde entier les entreprises aux communaut\u00e9s locales, avec toutes ses implications sociales (Panwar et Hansen, 2007, en ligne). L\u2019expression \u00ab\u00a0Responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises et des organisations\u00a0\u00bb, en abr\u00e9g\u00e9 RSE\/RSO, est commun\u00e9ment utilis\u00e9e et plusieurs d\u00e9finitions lui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es. Celle qui a \u00e9t\u00e9 retenue pour cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 emprunt\u00e9e \u00e0 la <em>Norme ISO 26 000<\/em>, en raison de son approche diversifi\u00e9e et englobante.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En effet, dans ses lignes directrices relatives \u00e0 la responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale, l\u2019article 2.18 (p.\u00a04), la Norme ISO 26 000 d\u00e9finit la RSE\/RSO comme:<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>[La] responsabilit\u00e9 d\u2019une organisation vis-\u00e0-vis des impacts de ses d\u00e9cisions et de ses activit\u00e9s sur la soci\u00e9t\u00e9 et sur l\u2019environnement, se traduisant par un comportement transparent et \u00e9thique qui:<\/em><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>\n<p class=\"indent\"><em>contribue au d\u00e9veloppement durable y compris \u00e0 la sant\u00e9 et au bien-\u00eatre de la soci\u00e9t\u00e9;<\/em><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\"><em>prend en compte les attentes des parties prenantes;<\/em><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\"><em>respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales;<\/em><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\"><em>est int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019ensemble de l\u2019organisation et mis en \u0153uvre dans ses relations.<\/em><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Quelquefois assimil\u00e9e \u00e0 une traduction manag\u00e9riale du d\u00e9veloppement durable, la RSE\/RSO envisage les trois sph\u00e8res de la durabilit\u00e9. Il s\u2019agit, sur le plan social de l\u2019insertion et de l\u2019exclusion des salari\u00e9s; sur le plan \u00e9conomique, l\u2019optimisation des capacit\u00e9s de production; et sur le plan environnemental, la gestion participative des ressources environnementales. Ainsi, une entreprise ou organisation doit se comporter de fa\u00e7on responsable et contribuer au d\u00e9veloppement humain, voire humanitaire compensatoire de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle elle \u00e9volue.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En pr\u00e8s de 70 ans, soit de 1950 \u00e0 nos jours, une \u00e9volution aussi rapide que marquante de la RSE\/RSO et des pratiques des entreprises a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. Il s\u2019agit de nos jours d\u2019un courant dominant auquel les organisations peuvent de moins en moins se soustraire. Pourtant, les contextes socio\u00e9conomiques et les contraintes l\u00e9gales peuvent cr\u00e9er une dynamique de pratiques de la RSE\/RSO qui va \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ses fondements conceptuels.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article interroge les pratiques de la responsabilit\u00e9 sociale dans l\u2019activit\u00e9 d\u2019exploitation foresti\u00e8re au Cameroun au regard du concept de RSE\/RSO et ses principes les plus essentiels. En effet, quel est le degr\u00e9 de maturit\u00e9 de la RSE au Cameroun? Pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019entreprise foresti\u00e8re joue-t-elle pleinement son r\u00f4le humanitaire et paternaliste d\u00e9fini comme fondement de la RSE?<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En mettant l\u2019accent sur les principes socio-\u00e9thiques\u00a0chers \u00e0 la RSE, cet article vise \u00e0 analyser la corr\u00e9lation entre les pratiques des entreprises d\u2019exploitation foresti\u00e8re et les principes fondamentaux de la RSE, pour comprendre les avanc\u00e9es ou les lacunes en la mati\u00e8re. Le postulat de d\u00e9part est que les actions compensatrices des entreprises foresti\u00e8res sont suffisamment lacunaires pour remettre en question l\u2019existence de la RSE dans le cadre de cette activit\u00e9. L\u2019\u00e9tude s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au sein des aires prot\u00e9g\u00e9es que la R\u00e9serve du Dja et le Parc nationale de Campo Ma\u2019an. Celles-ci b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un double statut de protection et d\u2019exploitation.<\/p>\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">For\u00eat, aires prot\u00e9g\u00e9es et exploitation foresti\u00e8re<\/h2>\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9volution et l\u2019organisation de l\u2019espace forestier<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les for\u00eats couvrent actuellement 22 millions d\u2019hectares, soit 46.25\u00a0% du territoire national camerounais. Le Cameroun est class\u00e9 parmi les cinq plus grands exportateurs mondiaux de grumes et vingt-cinq entreprises y assurent officiellement l\u2019exploitation de la strate foresti\u00e8re arbor\u00e9e. Les enjeux \u00e9conomiques \u00e9tant de grande envergure, ces entreprises se livrent \u00e0 une coupe sauvage d\u2019essences ligneuses pr\u00e9cieuses; ce qui justifie la croissance du taux annuel de d\u00e9forestation, estim\u00e9 en 2008 \u00e0 environ 0.6\u00a0% (Duterne <em>et al.<\/em>, 2008). La principale solution envisag\u00e9e par l\u2019\u00c9tat est un encadrement juridique via la loi n\u00b0 94\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, ainsi que le d\u00e9cret n\u00b0 94\/436\/PM du 23 ao\u00fbt 1994 fixant les modalit\u00e9s d\u2019application du r\u00e9gime des for\u00eats.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En appui, un important r\u00e9seau national d\u2019aires prot\u00e9g\u00e9es a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 et s\u2019\u00e9tend sur environ 81 443.21 km2, soit 17.13\u00a0% des 475 442 km2 du territoire national (figure 1). Pour des besoins d\u2019usages multiples et sans conflits, les aires prot\u00e9g\u00e9es sont organis\u00e9es en zones d\u2019exploitation d\u00e9sign\u00e9es Unit\u00e9s foresti\u00e8res d\u2019am\u00e9nagements (UFA). Il s\u2019agit des \u00ab\u00a0zones de production foresti\u00e8re contigu\u00ebs au noyau de protection\u00a0\u00bb (MINFOF, 2005). Cette organisation vise une production foresti\u00e8re durable par l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des plans d\u2019am\u00e9nagement, la conduite des \u00e9tudes d\u2019impacts environnementaux et l\u2019application des mesures d\u2019att\u00e9nuation de ces impacts, autant que le r\u00e9investissement local d\u2019une partie des retomb\u00e9es. \u00c0 l\u2019observation, ces principes ne sont toujours pas respect\u00e9s dans les r\u00e9serves foresti\u00e8res \u00e9tudi\u00e9es: celle du Dja qui s\u2019\u00e9tale sur 526000 hectares et celle de Campo Ma\u2019an, couvrant 264 064 hectares. Ces espaces naturels multisp\u00e9cifiques qui sont situ\u00e9s dans le Sud-Cameroun (figure 1) connaissent de nombreux probl\u00e8mes dus \u00e0 une exploitation foresti\u00e8re faite\u00a0au d\u00e9triment du\u00a0climat, de l\u2019environnement, de la\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Biodiversit%C3%A9\">biodiversit\u00e9<\/a> et par ricochet des populations locales.<\/p>\n<figure id=\"attachment_167\" aria-describedby=\"caption-attachment-167\" style=\"width: 318px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-167\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun.jpg\" alt=\"\" width=\"318\" height=\"522\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun.jpg 318w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun-183x300.jpg 183w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun-65x107.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/La-R\u00e9serve-de-faune-du-Dja-A-et-le-Parc-national-de-Campo-Ma\u2019an-B-dans-le-r\u00e9seau-national-des-aires-prot\u00e9g\u00e9es-du-Cameroun-225x369.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 318px) 100vw, 318px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-167\" class=\"wp-caption-text\">La R\u00e9serve de faune du Dja (A) et le Parc national de Campo Ma\u2019an (B) dans le r\u00e9seau national des aires prot\u00e9g\u00e9es du Cameroun.<\/figcaption><\/figure>\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Traits caract\u00e9ristiques de l\u2019exploitation foresti\u00e8re au sein de la RFD et du PNCM<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ils peuvent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9s dans les quelques points abord\u00e9s ci-dessous.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Plan de zonage, \u00ab\u00a0pr\u00e9dation spatiale\u00a0\u00bb et d\u00e9possession: l\u2019\u00c9tat mis en cause et des entreprises foresti\u00e8res \u00ab\u00a0scrupuleusement respectueuses\u00a0\u00bb des processus lacunaires <\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La R\u00e9serve de faune du Dja (RFD) et le Parc national de Campo Ma\u2019an (PNCM) appartiennent au Domaine Forestier Priv\u00e9 (DFP). Pourtant, leur d\u00e9limitation et le d\u00e9coupage en UFA n\u2019a que tr\u00e8s faiblement tenu compte des utilisations conjointes traditionnelles et industrielles. Une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e conjointement par AVIS\u00c9E et ABES en 2015 aupr\u00e8s de soixante personnes au sein des localit\u00e9s environnantes r\u00e9v\u00e8le ce qui suit:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>\n<p class=\"indent\">94\u00a0% (56\/60) des r\u00e9pondants insistent sur l\u2019empi\u00e8tement des limites de l\u2019aire prot\u00e9g\u00e9e sur les terroirs villageois;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">6\u00a0% (4\/60) des r\u00e9pondants restent ind\u00e9cis.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">100\u00a0% des r\u00e9pondants accusent la \u00ab\u00a0d\u00e9sacralisation\u00a0\u00bb de certains arbres qui, utilis\u00e9s autrefois dans les rites traditionnels et la pharmacop\u00e9e mystique, ont disparu aujourd\u2019hui.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans le PNCM et sa zone p\u00e9riph\u00e9rique (ZP), les terroirs villageois tels que d\u00e9limit\u00e9s par 94\u00a0% (56\/60) des r\u00e9pondants s\u2019\u00e9tendent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du parc, en particulier dans la limite nord-est o\u00f9 les jach\u00e8res touchent le parc (villages Messama et Minkan Mengale). De m\u00eame, les terroirs sont r\u00e9duits par la pr\u00e9sence de l\u2019UFA 09-021 (note explicative de la codification) qui est intercal\u00e9e entre le parc et les villages (MINFOF, 2005).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pour le cas de la RFD, les autochtones se plaignent d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de \u00ab\u00a0leur for\u00eat\u00a0\u00bb lors de la d\u00e9limitation, en raison des interdictions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certaines zones importantes pour des pr\u00e9l\u00e8vements de besoins vitaux quotidiens (cueillette, chasse, brulis agricoles, etc.) autant que pour des rituelles ancestraux (Ngandam, 2014).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Ainsi, un d\u00e9coupage g\u00e9om\u00e9trique et une sp\u00e9cialisation de l\u2019espace mettent \u00e0 mal les territoires communautaires. Pourtant tout syst\u00e8me normatif de gestion des ressources naturelles doit se construire sur la base d\u2019une vision, d\u2019une \u00ab repr\u00e9sentation \u00bb de l\u2019espace propre au groupe social qui l\u2019a \u00e9tabli. Dans les cas des deux aires prot\u00e9g\u00e9es \u00e9tudi\u00e9es, un d\u00e9coupage g\u00e9om\u00e9trique entraine plut\u00f4t une fragmentation des espaces et sous-espaces de valeurs intrins\u00e8ques diff\u00e9rentes, emp\u00eachant notamment aux Bantous et Pygm\u00e9es de garder une relation harmonieuse avec leur milieu. Cependant, la R\u00e9solution 1.53 du congr\u00e8s mondial de la nature rappelle ce qui suit:<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Il ne devrait pas exister de conflit intrins\u00e8que entre les objectifs des aires prot\u00e9g\u00e9es et l\u2019existence, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res, de peuples autochtones et traditionnels. En outre, ces peuples doivent \u00eatre reconnus comme des partenaires l\u00e9gitimes et \u00e9gaux dans le d\u00e9veloppement et la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies de conservation qui touchent leurs terres, territoires, eaux, mers c\u00f4ti\u00e8res et autres ressources, et en particulier lors de la cr\u00e9ation et de la gestion d\u2019aires prot\u00e9g\u00e9es (Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996, p. 5).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">De plus, il se pose un probl\u00e8me de mat\u00e9rialisation des limites. Dans la RFD comme dans le PNCM, quelques rares concessions sont d\u00e9limit\u00e9es par une ligne de fils barbel\u00e9s, des cordes \u00e9lastom\u00e8res, des plaques ou de la peinture. Mais dans la plupart des cas, les concessionnaires optent pour l\u2019immatriculation des essences limitrophes de leurs parcelles \u00e0 la peinture, des couleurs diff\u00e9rentes \u00e9tant utilis\u00e9es entre deux parcelles limitrophes. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate est que les exploitants connaissent leurs limites naturelles, mais g\u00e9n\u00e9ralement, certains habitants lointains ayant pris l\u2019habitude d\u2019y venir effectuer des pr\u00e9l\u00e8vements ne les connaissent pas et sont menac\u00e9es ou mis aux arr\u00eats (AVIS\u00c9E et ABES, 2015).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>S\u00e9lection des esp\u00e8ces de bois et respect de la r\u00e9glementation <\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Lors des exploitations, les entreprises proc\u00e8dent \u00e0 une s\u00e9lection des esp\u00e8ces les plus demand\u00e9es et donc les plus rentables, laissant sur pied une partie importante des volumes autoris\u00e9s dans les espaces allou\u00e9s pour aller au-del\u00e0 des limites fix\u00e9es (Ngandam, 2014; AVIS\u00c9E et ABES, 2015). L\u2019on distingue quatre types d\u2019exportations, notamment les grumes, les sciages, les contreplaqu\u00e9s et les placages. Pour chacun, six esp\u00e8ces tout au plus repr\u00e9sentent plus du tiers des volumes d\u2019exportations (figure 2). Dans le cas plus r\u00e9current des grumes, les volumes export\u00e9s ont drastiquement baiss\u00e9 d\u2019un million huit cent mille m\u00e8tres cubes (1 800 000 m3) en 1998 \u00e0 cent quatre-vingt-dix mille m\u00e8tres cubes (190000 m3) en 2001, avant de croitre progressivement \u00e0 huit-cent trente mille m\u00e8tres cubes (83000 m3) en 2015.<\/p>\n<figure id=\"attachment_168\" aria-describedby=\"caption-attachment-168\" style=\"width: 738px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-168\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"738\" height=\"457\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015.jpg 738w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015-300x186.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015-65x40.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015-225x139.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Volumes-en-m\u00e8tres-cubes-cumul\u00e9s-des-six-premi\u00e8res-essences-de-bois-export\u00e9es-par-le-secteur-formel-en-2015-350x217.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 738px) 100vw, 738px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-168\" class=\"wp-caption-text\">Volumes en m\u00e8tres cubes cumul\u00e9s des six premi\u00e8res essences de bois export\u00e9es par le secteur formel en 2015.<br \/>Source: COMCAM, 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Le r\u00e9investissement local,\u00a0entre utopie et tromperie <\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019article 14 de la Convention Provisoire Coupe portant participation \u00e0 la r\u00e9alisation des infrastructures socio\u00e9conomiques indique ce qui suit: \u00ab\u00a0le concessionnaire est r\u00e9put\u00e9 participer financi\u00e8rement \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019infrastructures socio\u00e9conomiques par le pourcentage de la redevance foresti\u00e8re qui est fix\u00e9 annuellement par la loi des finances et qui doit \u00eatre revers\u00e9 au profit des communaut\u00e9s \u00bb (Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, annexe de la Convention Provisoire de Coupe, article 14, 1992, p.\u00a08). D\u2019une part, ces investissements peuvent \u00eatre directs au sein des communaut\u00e9s riveraines. D\u2019autre part, il peut s\u2019agir des quotas des activit\u00e9s \u00e0 reverser aupr\u00e8s de l\u2019\u00c9tat, suivant la loi n\u00b094\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, en son article 12, alin\u00e9a (2).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les retomb\u00e9es \u00e9conomiques ou financi\u00e8res r\u00e9sultant de leur utilisation donnent lieu au paiement \u00e0 l\u2019\u00c9tat des royalties dont le taux et les modalit\u00e9s de perception sont fix\u00e9s, au prorata de leur valeur, par arr\u00eat\u00e9 du Ministre charg\u00e9 des finances sur proposition des Ministres comp\u00e9tents (Loi n\u00b0 94\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache, titre II, article 12, alin\u00e9a 2).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Pourtant dans la pratique, l\u2019investissement local est quasi-inexistant, car rien ou presque ne change. On constate en effet que les pistes foresti\u00e8res, qui servent \u00e0 la desserte des parcelles d\u2019exploitation, sont multipli\u00e9es mais non entretenues. Au contraire, l\u2019ouverture des pistes foresti\u00e8res pour le d\u00e9bardage du bois a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme un moteur de perte de for\u00eat autour de la RFD et le PNCM, et facilite en m\u00eame temps l\u2019\u00e9vacuation des produits issus du braconnage (Fondation camerounaise terre vivante, 2012, en ligne). Plus encore, les projets de proximit\u00e9s \u00e9ducatives ou de comblements de besoins quotidiens comme les salles de classes et les pompes \u00e0 eau potable ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s, ou alors ils le sont avec des mat\u00e9riaux peu durables. Les entreprises foresti\u00e8res font donc des promesses qu\u2019elles ne tiennent pas. Et les mouvements d\u2019humeurs des autochtones sont \u00e9touff\u00e9s par des menaces et autres intimidations (AVIS\u00c9E et ABES, 2015).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>\u00c0 propos de l\u2019indemnisation des populations<\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La deuxi\u00e8me partie de l\u2019article 14 de la CPE stipule que<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Tous les autres engagements du concessionnaire devront \u00eatre n\u00e9goci\u00e9s avec les populations int\u00e9ress\u00e9es lors des r\u00e9unions de concertation pr\u00e9alables au classement de la concession et seront consign\u00e9s dans le cahier des charges de la Convention D\u00e9finitive d\u2019Exploitation. (Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, 2003, p.\u00a08).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Parmi ces engagementsfigurent g\u00e9n\u00e9ralement des clauses d\u2019indemnit\u00e9s li\u00e9es aux d\u00e9placements des habitations ou des plantations des autochtones install\u00e9s dans les environs de la concession. Qu\u2019il s\u2019agisse de la RFD ou du PNCM, les plaintes affluent de toutes parts concernant des indemnit\u00e9s non pay\u00e9es, partiellement pay\u00e9es (au meilleur des cas) ou frauduleusement fix\u00e9es. Au sujet des indemnisations, sur 60 autochtones interrog\u00e9s dans les environs de chacune des deux aires prot\u00e9g\u00e9es, il appara\u00eet que les r\u00e9sultats ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>\n<p class=\"indent\">21 personnes sur 60 (35\u00a0%) sont satisfaites des clauses indemnitaires sign\u00e9es;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">17 personnes sur 60 (28\u00a0%) ont re\u00e7u les indemnit\u00e9s totalement et dans les d\u00e9lais fix\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire avant tout marquage et le d\u00e9but de l\u2019exploitation;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">28 personnes sur 60 (47\u00a0%) ont re\u00e7u les indemnit\u00e9s avec beaucoup de retard (minimum un an d\u2019attente) et apr\u00e8s des plaintes et mouvements d\u2019humeurs<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">15 personnes sur 60 (25\u00a0%) n\u2019ont jamais re\u00e7u d\u2019indemnit\u00e9s.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">11 personnes sur 60 (18\u00a0%) ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 aux arr\u00eats au moins une fois pour des causes de mouvements d\u2019humeurs relatifs aux r\u00e9clamations d\u2019indemnit\u00e9s.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_169\" aria-describedby=\"caption-attachment-169\" style=\"width: 720px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-169\" src=\"http:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015.jpg 720w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015-300x164.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015-65x35.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015-225x123.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2019\/10\/Appr\u00e9ciation-des-clauses-indemnitaires-sign\u00e9es-avec-les-concessionnaires-sur-un-\u00e9chantillon-mixte-de-60-autochtones-enqu\u00eat\u00e9s-AVIS\u00c9E-et-ABES-2015-350x191.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-169\" class=\"wp-caption-text\">Appr\u00e9ciation des clauses indemnitaires sign\u00e9es avec les concessionnaires sur un \u00e9chantillon mixte de 60 autochtones enqu\u00eat\u00e9s (AVIS\u00c9E et ABES, 2015)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><strong>Genre et gestion \u00e9quitable des ressources foresti\u00e8res <\/strong><\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Le principal d\u00e9fi auquel les femmes font face en Afrique est la non reconnaissance de leurs droits fonciers et forestiers. Elles sont le plus souvent usufruiti\u00e8res sur les terres g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9tenues par les hommes (UICN-REFAAD, 2012, p. 4).<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Dans le cas pr\u00e9cis des aires prot\u00e9g\u00e9es camerounaises, les femmes sont les principales exploitantes des produits forestiers non-ligneux ou PFNL (kola, Bitter kola, lianes, feuilles d\u2019emballages et de cuissons, champignons, fruits divers, insectes comestibles comme les termites, chenilles, escargots, etc.). Malheureusement, leur r\u00f4le en amont des cessions et d\u00e9coupages de parcelles se limite le plus \u00e0 la concertation. Au pire des cas, les femmes r\u00e9coltant ces produits \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la zone de conservation sont victimes d\u2019abus de la part des concessionnaires, avec le soutien des agents \u00e9tatiques conservateurs, qui saisissent (pour leur propre consommation) ou d\u00e9truisent (en guise de punition) les produits collect\u00e9es (UICN-REFAAD, 2012, p. 4). Cette situation cr\u00e9e un s\u00e9rieux manque \u00e0 gagner, car la for\u00eat n\u2019est plus une source directe et indirecte d\u2019alimentation et de soins de la famille par la femme, encore moins une source de revenus suppl\u00e9mentaires issus de la vente. De m\u00eame, se perdent pour celles-ci les loisirs \u00e0 travers les lieux de promenades, de chants et danses propres aux femmes bantoues; des lieux o\u00f9 elles se retrouvaient pour se raconter librement, notamment les joies et peines de leurs couples, \u00e0 l\u2019abri des oreilles indiscr\u00e8tes de leur maris.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Telle est la situation qui se d\u00e9gage, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, du comportement des entreprises foresti\u00e8res dans les deux aires prot\u00e9g\u00e9es du Cameroun que nous avons \u00e9tudi\u00e9es. Il s\u2019ensuit une multitude de cons\u00e9quences humaines et environnementales, qui suscitent des interrogations au regard de la RSE.<\/p>\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Impact direct et indirect d\u2019une exploitation foresti\u00e8re in\u00e9galitaire: une remise en question de la RSE?<\/h2>\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Focus sur les avantages et les inconv\u00e9nients<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Les situations d\u00e9crites ci-dessus affectent tous les aspects de la vie socio\u00e9conomique locale et nationale. Cependant, il faut reconna\u00eetre que les zones contigu\u00ebs aux aires prot\u00e9g\u00e9es du Dja et de Campo Ma\u2019an b\u00e9n\u00e9ficient de quelques avantages. En effet, l\u2019on peut relever des r\u00e9percussions autant sur le plan humain que sur le plan environnemental.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Tout d\u2019abord, on observe l\u2019\u00e9mergence des conflits latents (passifs) qui se sont mu\u00e9s en conflits ouverts (actifs) entre les autochtones, les concessionnaires et l\u2019administration. Les incursions des populations dans les zones d\u2019exploitation pour des pr\u00e9l\u00e8vements ou pour des rites provoquent des r\u00e9actions vari\u00e9es pouvant aboutir tant\u00f4t sur des n\u00e9gociations, tant\u00f4t sur des actes d\u2019intimidations des exploitants forestiers, avec l\u2019appui coercitif de certaines autorit\u00e9s. De m\u00eame, les populations autochtones \u00e9prouvent, de mani\u00e8re permanente, de la m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des exploitants \u00e0 la suite de promesses non tenues. Et pour ce qui concerne la gente f\u00e9minine, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 une accentuation des frustrations, ainsi que des tensions conjugales.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, on peut remarquer, sur le plan environnemental, la multiplication des clairi\u00e8res en dehors des concessions attribu\u00e9es. Cette prolif\u00e9ration vise \u00e0 coloniser des espaces nouveaux riches d\u2019esp\u00e8ces plus commercialis\u00e9es. La situation entra\u00eene, de mani\u00e8re subs\u00e9quente, une fragmentation-diminution des biotopes, la disparition de la faune, la destruction des champs et les agressions des populations par les animaux du fait de la d\u00e9viation de leurs couloirs migratoires (Ngnadam <em>et al.<\/em>, 2014). Face \u00e0 ces cons\u00e9quences n\u00e9fastes, peut-on opportun\u00e9ment parler d\u2019une responsabilit\u00e9 sociale des exploitants forestiers?<\/p>\n<h3 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La relation causale avec les fondamentaux de la RSE<\/h3>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">L\u2019exploitation foresti\u00e8re et son impact autour des aires prot\u00e9g\u00e9es du Dja et Campo Ma\u2019an pose des probl\u00e8mes quant aux principes \u00e9nonc\u00e9s pour la RSE. Les lignes essentielles de ces principes sont entre autres:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>\n<p class=\"indent\">un engagement volontaire et continu, soit une connotation de flexibilit\u00e9 personnelle de l\u2019entrepreneur sur le long terme, sans aucune intervention l\u00e9gislative;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">un comportement \u00e9thique, c\u2019est-\u00e0-dire des principes moraux, une prise de conscience par l\u2019entrepreneur d\u2019un traitement humain \u00e9quitable et d\u2019un soutien vis-\u00e0-vis des employ\u00e9s et autres acteurs;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">l\u2019int\u00e9gration des pr\u00e9occupations durables;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">le fonctionnement en partenariat selon l\u2019approche de parties prenantes;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">la mesure ant\u00e9rieure de l\u2019impact des activit\u00e9s;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">la transparence dans l\u2019\u00e9thique;<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"indent\">le respect des principes juridiques nationaux et des normes internationales.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">La d\u00e9marche est \u00e9thique, philanthropique et paternaliste. Elle suit une <em>auto-l\u00e9gislation,<\/em> un <em>autocontr\u00f4le<\/em>\u00a0de l\u2019entrepreneur et vise \u00e0 assurer une meilleure qualit\u00e9 de vie \u00e0 ses travailleurs et travailleuses, \u00e0 ses client-e-s selon le cas. Une \u00e9valuation compar\u00e9e de ces qualit\u00e9s et exigences, avec les attitudes des entreprises d\u2019exploitation foresti\u00e8res autour des aires prot\u00e9g\u00e9es, montre exactement le contraire. Au moins cinq principes soul\u00e8vent manifestement des difficult\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>La d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la l\u00e9gislation foresti\u00e8re nationale en vigueur<\/em>: ni la loi foresti\u00e8re de 1994, ni la convention provisoire d\u2019exploitation ne sont rigoureusement, et de mani\u00e8re volontaire, respect\u00e9es par les exploitants qui, quelquefois, recourent \u00e0 la corruption de certaines administrations.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Le non-respect des normes environnementales internationales<\/em>. Il s\u2019agit, d\u2019une part, des<em>\u00a0Principes et lignes directrices sur les peuples autochtones et traditionnels et les aires prot\u00e9g\u00e9es<\/em>, dont le principe 1 insiste sur le fait que \u00ab\u00a0les peuples autochtones et traditionnels maintiennent des liens de longue date avec la nature, dont ils ont une profonde compr\u00e9hension\u00a0\u00bb (Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996, p. 5). Il est soutenu sur le plan national par l\u2019article premier de la convention provisoire d\u2019exploitation, qui rappelle que\u00a0\u00ab\u00a0l\u2019exploitation foresti\u00e8re ne doit apporter aucune entrave \u00e0 l&rsquo;exercice des droits d&rsquo;usage des villageois \u00bb (Annexe de la convention provisoire de coupe, 1992, article 1er). Ces consid\u00e9rations ne sont que faiblement prises en compte dans la d\u00e9limitation des UFA et des concessions foresti\u00e8res; d\u2019o\u00f9 les frustrations des autochtones. C\u2019est d\u2019autre part l\u2019exemple du volet environnemental du d\u00e9veloppement durable, cens\u00e9 \u00ab\u00a0Pr\u00e9server, am\u00e9liorer et valoriser l\u2019environnement et les ressources naturelles sur le long terme, en maintenant les grands \u00e9quilibres \u00e9cologiques, en r\u00e9duisant les risques et en pr\u00e9venant les impacts environnementaux \u00bb (Document 3.0, 2012, en ligne). Le suivi interne est assur\u00e9 par la convention provisoire d\u2019exploitation en son article 4: \u00ab\u00a0Toutes les \u00e9tapes d\u2019exploitation foresti\u00e8re et d\u2019am\u00e9nagement doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es en respectant les normes d\u2019intervention en milieu forestier\u00a0\u00bb (Annexe de la convention provisoire de coupe, 1992, article 4). La r\u00e9duction des risques de clairi\u00e8res ouvertes et la pr\u00e9servation des jeunes pousses d\u2019arbres aux environs des parcelles sont les imp\u00e9ratifs relev\u00e9s ici, mais ils n\u2019entrent pas dans les habitudes des exploitants forestiers.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>L\u2019instauration et l\u2019entretien volontaires d\u2019un syst\u00e8me d\u2019exploitation de la na\u00efvet\u00e9 des populations autochtones<\/em>: les tromperies dans les contrats, la violation des parcelles non-attribu\u00e9es, l\u2019escroquerie ou encore les d\u00e9fauts de r\u00e9alisations des infrastructures socio\u00e9conomiques promises sont autant d\u2019exemples.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Les luttes d\u2019influences, brimades et r\u00e9pressions vis-\u00e0-vis des droits territoriaux autochtones:<\/em> force revient toujours \u00e0 la justice, qui est rendue (quand l\u2019on arrive \u00e0 cette \u00e9tape!) dans un cadre o\u00f9 la corruption est vectrice des \u00e9changes malsains entre entreprises foresti\u00e8res et quelques autorit\u00e9s, pour \u00e9touffer certaines violations et des abus. Il s\u2019agit principalement des coupes non autoris\u00e9es, des dur\u00e9es d\u2019exploitation excessives signal\u00e9es, des incursions inopin\u00e9es en terrains conflictuels, des achats non sold\u00e9s ou des promesses non tenues pour des investissements locaux.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Le sexisme:<\/em> il commence par la non-application de la parit\u00e9 dans toutes les \u00e9tapes de n\u00e9gociations. En plus, l\u2019\u00e9panouissement des femmes de la for\u00eat se heurte au respect de la r\u00e9glementation. Ceci est vrai dans la mesure o\u00f9 elles ne parviennent pas \u00e0 exercer leurs droits d\u2019exploitation des produits forestiers \u00e0 des fins commerciales, au niveau r\u00e9gional ou local, \u00e0 cause du co\u00fbt tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 du processus d\u2019obtention d\u2019un permis de collecte et d\u2019exploitation, d\u2019un agr\u00e9ment ou d\u2019un certificat d\u2019origine (UICN-REFAAD, 2012, p. 4). Ainsi, ni le droit \u00e0 la parole, ni droit \u00e0 l\u2019exploitation ne font l\u2019objet d\u2019un statut particulier pour la femme dans l\u2019organisation et la pratique de l\u2019exploitation foresti\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En bref, il semble difficile de parler d\u2019une v\u00e9ritable RSE en mati\u00e8re d\u2019exploitation foresti\u00e8re dans le RFD et le PNCM. Au contraire, il est plus ais\u00e9 de constater l\u2019inverse d\u2019autant plus que les cas de violation de ses principes essentiels sont l\u00e9gion.<\/p>\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">En d\u00e9finitive, les activit\u00e9s d\u2019exploitation foresti\u00e8re dans la r\u00e9serve du Dja et au parc de Campo M\u2019an pr\u00e9sentent un visage relativement en d\u00e9saccord avec les normes en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 sociale. Les exemples de ces deux espaces montrent l\u2019immaturit\u00e9 et les lacunes de la mise en application d\u2019une dynamique humaniste et philanthropique des entreprises concern\u00e9es pour compenser leurs activit\u00e9s de pr\u00e9l\u00e8vement. Ainsi, les violations de la l\u00e9gislation, les intimidations, les d\u00e9boisements sans reboisement, ou encore la non consid\u00e9ration sp\u00e9cifique des perceptions et utilisations du territoire par la gente f\u00e9minine sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 mettre \u00e0 contribution dans cette vision. Bien au-del\u00e0, les manquements volontaires qui sont soit spontan\u00e9s (pour \u00e9viter des frais ou exp\u00e9dier des proc\u00e9dures de coupe), soit pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9s \u2013 accaparement des concessions ou duperie des populations sur les investissements \u2013 sont de nature non seulement \u00e0 remettre compl\u00e8tement en question les principes fondamentaux de la RSE, mais \u00e0 poser des questions sur ses origines et orientations conceptuelles. Peut-on d\u00e8s lors parler d\u2019Irresponsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises (ISE)? Une \u00e9bauche de r\u00e9ponse sera apport\u00e9e dans le second article de cette s\u00e9rie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re dans les aires prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<h2 class=\"indent\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">ABES. 2015. <em>Rapport des enqu\u00eates environnementales<\/em>. Novembre, 43 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\"><em>Annexe de la convention provisoire de coupe<\/em>. 2012.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">AVIS\u00c9E. 2015. <em>Rapport \u2013 AProx 2015<\/em>. Novembre, 54 pages.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Congr\u00e8s mondial de la nature, 1996. <em>Principes et lignes directrices sur les peuples autochtones et traditionnels et les aires prot\u00e9g\u00e9es<\/em>. Montr\u00e9al: UICN, CMAP et WWF.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 95\/531\/pm du 23 aout 1995 fixant les modalit\u00e9s d\u2019application du r\u00e9gime des forets. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Document 3.0. 2012. Qu\u2019est-ce que le DD?. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.3-0.fr\/doc-dd\/qu-est-ce-que-le-dd\/les-3-piliers-du-developpement-durable\">http:\/\/www.3-0.fr\/doc-dd\/qu-est-ce-que-le-dd\/les-3-piliers-du-developpement-durable<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Duterne, Bernard, Delcourt, Laurent, De Wilde, Yvon et Douxchamps, Christophe. 2008. <em>D\u00e9forestation: causes, acteurs et enjeux<\/em>. Paris:Syllepse\/Alternatives Sud.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fondation camerounaise de la terre vivante. 2018. D\u00e9forestation autour de la for\u00eat du Dja: un risque pour son int\u00e9grit\u00e9?. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/fctvcameroon.org\/2018\/05\/29\/deforestation-autour-de-la-reserve-de-faune-du-dja-un-risque-pour-son-integrite\/\">https:\/\/fctvcameroon.org\/2018\/05\/29\/deforestation-autour-de-la-reserve-de-faune-du-dja-un-risque-pour-son-integrite\/<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gendron, Corinne, Lapointe, Alain et Turcotte, Marie-France B. 2004. Responsabilit\u00e9 sociale et r\u00e9gulation de l\u2019entreprise mondialis\u00e9e. <em>Relations Industrielles<\/em>, <em>59 <\/em>(1), 73-100.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b094\/01 du 20 janvier 1994 portant r\u00e9gime des for\u00eats, de la faune et de la p\u00eache. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINFOP. 2005. <em>Strat\u00e9gie nationale des contr\u00f4les forestiers et fauniques au Cameroun<\/em>. Yaound\u00e9, Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature. 2003. <em>Convention provisoire d\u2019exploitation<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ngandam Mfondoum, Alfred Hom\u00e8re, 2014. <em>D\u00e9tection et int\u00e9gration des pistes animali\u00e8res dans le processus de d\u00e9limitation des aires prot\u00e9g\u00e9es: exemple du parc national de Campo Ma\u2019an \u2013 Contribution de la t\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et des SIG.<\/em> M\u00e9moire de Master professionnel, CRASTE-lf, Rabat.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ngandam Mfondoum, Alfred Hom\u00e8re. Etouna, Joachim. Hakdaoui, Mustapha. 2014. Contribution of the Analytic Hierarchy Process (AHP) in Decision-Making to (Re)Define Protected Areas Boundaries \u2013 Case Study in the National Park of Campo Ma\u2019an (South-Cameroon, Central Africa). <em>International Journal of Science and Research<\/em>, <em>3<\/em> (11), 1842-1849.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Panwar, Rajat et Hansen, \u00c9ric. 2007. Responsabilit\u00e9 sociale des entreprises dans le secteur forestier. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.fao.org\/docrep\/011\/i0440f\/i0440f09.htm\">http:\/\/www.fao.org\/docrep\/011\/i0440f\/i0440f09.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">UICN-REFAAD. 2012. <em>Prendre en compte les droits, les pr\u00e9occupations strat\u00e9giques et les besoins sp\u00e9cifiques des femmes dans le processus de relecture de la loi foresti\u00e8re camerounaise<\/em>. Rapport. Gland.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/alfred-homere-ngandam-mfondoum\">Alfred Hom\u00e8re NGANDAM MFONDOUM<\/a><\/strong><br \/>Alfred Hom\u00e8re Ngandam Mfondoum est titulaire d\u2019un Dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes approfondies de g\u00e9ographie physique, option gestion des ressources naturelles et d\u00e9veloppement durable, obtenu \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I o\u00f9 il attend de soutenir sa th\u00e8se de doctorat sur les questions de gouvernance, d\u2019am\u00e9nagement, de tourisme durable et de territorialit\u00e9. Il est \u00e9galement titulaire d\u2019un master professionnel en T\u00e9l\u00e9d\u00e9tection et Syst\u00e8mes d\u2019Information G\u00e9ographique (TSIG), obtenu au Centre R\u00e9gional Africain des Sciences et Technologies de l\u2019Espace en Langue Fran\u00e7aise (CRASTE-LF), de Rabat au Maroc. Par ailleurs, il est pr\u00e9sident-fondateur du bureau d\u2019\u00e9tudes Stats N\u2019Maps et de l\u2019Association pour la vulgarisation itin\u00e9rante des savoir-faire et des \u00e9tudes en environnement (AVIS\u00c9E).<br \/>\nContact : ngandamh@yahoo.com<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/roy-theophile-mfondoum\">Roy Th\u00e9ophile MFONDOUM<\/a><\/strong><br \/>Roy Th\u00e9ophile Mfondoum est titulaire d\u2019une licence en droit obtenue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II &#8211; Soa (Cameroun) et d\u2019un master en droit de l\u2019environnement obtenu \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Nantes. Int\u00e9ress\u00e9 par les questions de responsabilit\u00e9 sociale des entreprises et des organisations, il en est consultant permanent aupr\u00e8s de l\u2019AVIS\u00c9E et pr\u00e9sident-fondateur de l\u2019association Action pour le bien-\u00eatre social (ABES).<br \/>\nContact : lietheo@yahoo.fr<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/frederic-chamberlin-lounang-tchatchouang\">Fr\u00e9d\u00e9ric Chamberlin LOUNANG TCHATCHOUANG<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est titulaire d\u2019un Dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes approfondies de g\u00e9ographie physique, option biog\u00e9ographie, obtenu \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I. Il pr\u00e9pare sa th\u00e8se de doctorat sur la probl\u00e9matique de la conservation des bocages et des for\u00eats sacr\u00e9es dans les hauts-plateaux (Ouest-Cameroun). Il est par ailleurs consultant b\u00e9n\u00e9vole aupr\u00e8s de l\u2019AVIS\u00c9E.<br \/>\nContatct : fredylounang@gmail.com <br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/yves-bertrand-tchakam-mbouwe\">Yves Bertrand TCHAKAM MBOUWE<\/a><\/strong><br \/>Yves Bertrand Tchakam Mbouwe est titulaire d\u2019un Dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures sp\u00e9cialis\u00e9es en environnement \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Douala, option audit-environnemental, puis consultant aupr\u00e8s de l\u2019AVIS\u00c9E. Il est \u00e9galement inspecteur r\u00e9gional de p\u00e9dagogie d\u2019Histoire-G\u00e9ographie et \u00c9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9 pour le Sud-Ouest \u00e0 Bu\u00e9a (Cameroun).<br \/>\nContact : yvesttchakam@gmail.com<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":18,"menu_order":2,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["alfred-homere-ngandam-mfondoum","roy-theophile-mfondoum","frederic-chamberlin-lounang-tchatchouang","yves-bertrand-tchakam-mbouwe"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[100,102,101,103],"license":[],"class_list":["post-166","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-aires-protegees","motscles-autochtones","motscles-cameroun","motscles-exploitation-forestiere","motscles-rse","keywords-cameroon","keywords-csr","keywords-forestry-companies","keywords-indigenous-people","keywords-protected-areas","contributor-alfred-homere-ngandam-mfondoum","contributor-frederic-chamberlin-lounang-tchatchouang","contributor-roy-theophile-mfondoum","contributor-yves-bertrand-tchakam-mbouwe"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/166","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/166\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":480,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/166\/revisions\/480"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/166\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=166"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=166"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=166"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=166"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}