{"id":335,"date":"2021-01-23T20:52:15","date_gmt":"2021-01-23T19:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/?post_type=chapter&#038;p=335"},"modified":"2025-12-09T10:22:15","modified_gmt":"2025-12-09T09:22:15","slug":"nzino_et_eneke2021","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/texte\/nzino_et_eneke2021\/","title":{"rendered":"La culture de l\u2019eau : ressource mon\u00e9taire ou fait social?"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tout au long de l\u2019histoire, l\u2019eau est reconnue pour une grande valeur pour la personne humaine. C\u2019est une ressource vitale et ses utilisations sont diverses et multiples. Elle a des vertus curatives \u00e0 la fois dans les approches traditionnelles et modernes (Rinne, 2001). Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), la personne humaine doit consommer au moins 2,5 litres \u00e0 3 litres d\u2019eau par jour. Outre l\u2019aspect sant\u00e9, les communaut\u00e9s et les peuples autochtones ont attribu\u00e9 des valeurs culturelles \u00e0 l\u2019eau pendant des g\u00e9n\u00e9rations. Les traditions africaines la per\u00e7oivent comme une ressource naturelle et, donc, un don c\u00e9leste \u00e0 qui l\u2019on attribue un r\u00f4le central (Zenani et Mistri, 2005). Certaines l\u00e9gendes africaines lui conf\u00e8rent m\u00eame l\u2019origine de la vie un pouvoir et de purification (Rinne, 2001; Mokake, 2012). Dans certaines communaut\u00e9s, c\u2019est le minimum que l\u2019on puisse offrir \u00e0 son invit\u00e9-e pour lui souhaiter la bienvenue ou par simple courtoisie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la gratuit\u00e9 de la ressource poussait certain-e-s \u00e0 voir en l\u2019eau une ressource naturelle in\u00e9puisable dont la personne humaine peut jouir \u00e0 sa guise. Le d\u00e9veloppement scientifique et technologique a impliqu\u00e9 un usage multifonctionnel de l\u2019eau. L\u2019on a ainsi insist\u00e9 \u00e0 une r\u00e9duction de la disponibilit\u00e9 de cette derni\u00e8re \u00e0 cause de la demande croissante. En fait, la disponibilit\u00e9 de l\u2019eau ne se mesure pas seulement en termes de quantit\u00e9, mais essentiellement en termes de qualit\u00e9. La pollution des eaux se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un souci croissant sur le continent africain, un probl\u00e8me qui a motiv\u00e9 l\u2019installation de r\u00e9seaux d\u2019adduction d\u2019eau g\u00e9r\u00e9s par des centres de traitement et de distribution d\u2019eau. Ces infrastructures modifient certains usages coutumiers africains li\u00e9s \u00e0 cette denr\u00e9e. D\u00e9sormais, il s\u2019agit de consid\u00e9rer l\u2019eau comme une ressource mon\u00e9taire en prenant en compte, d\u2019une part, les investissements requis pour son exploitation et l\u2019approvisionnement maximal de la population et, d\u2019autre part, les co\u00fbts relatifs \u00e0 la maintenance des installations hydrauliques. Il est surtout question d\u2019emp\u00eacher que la dimension \u00e9conomique ne prime sur la fonction sociale. C\u2019est dans ce sillage que l\u2019hydraulique appara\u00eet comme \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment important des Objectifs de d\u00e9veloppement durable qui privil\u00e9gie l\u2019approche <em>bottom-up<\/em> dans l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des politiques hydrauliques.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept de d\u00e9veloppement durable et partant, celui de responsabilit\u00e9 sociale des entreprises, se fonde actuellement sur trois dimensions essentielles, \u00e0 savoir la solidarit\u00e9 sociale, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique, la responsabilit\u00e9 \u00e9cologique. R\u00e9cemment, la dimension culturelle y a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e comme quatri\u00e8me composante (Esoh Elame, 2004). Les zones urbaines se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre les lieux par excellence de l\u2019application de ce mode de d\u00e9veloppement, car elles sont identifi\u00e9es comme \u00e9tant un cadre de consommation excessive, de gaspillage d\u2019eau et d\u2019autres ressources (Mar\u00e9chal, 2003). Il est ainsi question de l\u2019impl\u00e9mentation d\u2019un d\u00e9veloppement durable, lequel suppose \u00e9galement une responsabilit\u00e9 sociale des entreprises en charge des questions hydrauliques. Ce d\u00e9veloppement concilie les aspects \u00e9conomique, social, environnemental et culturel des activit\u00e9s humaines et implique, cons\u00e9quemment, l\u2019\u00e9laboration des politiques contextuelles, de m\u00eame que la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies d\u2019\u00e9panouissement multiforme.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La perception africaine de la ressource hydrique<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon les croyances africaines, l\u2019univers est l\u2019\u0153uvre d\u2019un \u00ab \u00catre supr\u00eame, Cr\u00e9ateur, P\u00e8re de tout ce qui existe \u00bb (Mulago Gwa Cikala Musharhamina, 1980, p. 12). Les \u00e9l\u00e9ments de la nature sont ainsi per\u00e7us comme un don divin afin de servir de point de contact entre le Cr\u00e9ateur et les humains. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9l\u00e9ments dits sacr\u00e9s qui assurent la communication entre le monde invisible et le monde visible (Esoh Elame, 2006). C\u2019est dans cette logique que les pratiques culturelles africaines octroient une place centrale \u00e0 l\u2019eau. Consid\u00e9rant que la culture est un mode de vie, une fa\u00e7on de vivre ensemble, un syst\u00e8me de valeurs, de traditions et de croyances (Panoff et Perrin, 1973), l\u2019eau est non seulement pr\u00e9sent\u00e9e comme un vecteur culturel de purification, de renaissance et de b\u00e9n\u00e9diction, mais aussi comme \u00ab un \u00e9l\u00e9ment de partage et de lien \u00bb (Berger et Roques, 2005, p. 10). C\u2019est dans le fonctionnement particulier de chaque communaut\u00e9 qu\u2019elle prendra l\u2019une ou la plupart de ces fonctions.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le peuple sawa, populations c\u00f4ti\u00e8res du Cameroun, consid\u00e8re l\u2019eau comme source nourrici\u00e8re. Les crevettes, crustac\u00e9s\u00a0aquatiques; sont nomm\u00e9es \u00ab\u00a0<em>Nyamb\u00e9 ya tow\u00e8\u00a0\u00bb <\/em>ou \u00ab\u00a0<em>Mb\u00e9atow\u00e8<\/em>\u00a0\u00bb (Monwaih, 2017) traduits, \u00ab\u00a0divinit\u00e9s \u00e0 ramasser\u00a0\u00bb et constituent un des ingr\u00e9dients tr\u00e8s pris\u00e9s dans l\u2019art culinaire sawa. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect culinaire, l\u2019eau est le vecteur des diff\u00e9rents messages divins adress\u00e9s audit peuple; ces messages ont une influence sur l\u2019avenir non seulement du peuple <em>Sawa,<\/em> mais aussi du peuple camerounais. C\u2019est de cette croyance qu\u2019on tire aussi le nom du Cameroun\u00a0: <em>Rio Dos Camaro\u00e8s<\/em> (rivi\u00e8re des crevettes).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chez le peuple bantou et semi-bantou, l\u2019eau rev\u00eat une symbolique multidimensionnelle. Elle est ainsi per\u00e7ue comme un vecteur de vie. Selon les r\u00e9cits l\u00e9gendaires, \u00ab\u00a0le lieu de la premi\u00e8re cr\u00e9ation est un grand trou d\u2019eau tourbillonnante ou un lit de roseaux\u00a0\u00bb (Talkeu Tounouga, 2001, p.\u00a01). Le symbole de la f\u00e9condit\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019eau est tir\u00e9 du fait\u00a0que c\u2019est \u00e0 partir de l\u2019eau de pluie, de mare, du lac, de la source que les champs sont arros\u00e9s. Aussi l\u2019eau recueillie du creux d\u2019un arbre ou l\u2019eau de ros\u00e9 est-elle consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e, source de b\u00e9n\u00e9diction, une purification et une protection qui repoussent les forces mal\u00e9fiques. C\u2019est ainsi que \u00ab\u00a0chez les Bamil\u00e9k\u00e9s de l\u2019Ouest du Cameroun, le p\u00e8re b\u00e9nit sa fille le jour du mariage avec de l\u2019eau o\u00f9 trempent des feuilles de\u00a0Fefe, une sorte d\u2019\u00e9pinard qui symbolise la douceur, la concorde\u00a0\u00bb (Talkeu Tounouga, 1997, en ligne).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les Pygm\u00e9es, l\u2019eau est un instrument de communication. La pratique de l\u2019<em>Akutuk<\/em> (Talkeu Tounouga, 1997), r\u00e9serv\u00e9e aux femmes, est faite lors des activit\u00e9s de lessive et de p\u00eache afin de c\u00e9l\u00e9brer et d\u00e9livrer les messages divins.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les Pal\u00e9o\/N\u00e9o-Soudanais, l\u2019eau est une ressource sacr\u00e9e qui permet d\u2019\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre entre le mat\u00e9riel et le spirituel. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9e comme une source de vie. Selon les r\u00e9cits de la culture sah\u00e9lienne, le miracle de la vie surgit et se multiplie \u00e0 la surface de la Terre gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau. Ainsi, la qu\u00eate de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du bien-\u00eatre est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la ressource hydrique (Sambou, 2016). Les populations pal\u00e9o\/n\u00e9o-soudanaises vivant en zone sah\u00e9lienne consid\u00e8rent cette derni\u00e8re comme une manifestation de la mis\u00e9ricorde divine. En effet, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau que les \u00ab\u00a0<em>jnoun<\/em>\u00a0\u00bb ou les g\u00e9nies sont chass\u00e9s (Bentounes, 2003). Ainsi, l\u2019eau est asperg\u00e9e sur les malades, le b\u00e9tail, les biens mat\u00e9riels afin de garantir la gu\u00e9rison, la f\u00e9condit\u00e9 et la purification. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect mythique, l\u2019eau rev\u00eat aujourd\u2019hui une dimension \u00e9conomique ind\u00e9niable.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019eau, un instrument de d\u00e9veloppement<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La nouvelle perception que l\u2019on a de l\u2019eau modifie le rapport de l\u2019humain \u00e0 cette ressource. En effet, le d\u00e9veloppement scientifique et de la technologie ont induit un usage multifonctionnel de celle-ci. On peut citer, entre autres, l\u2019usage domestique, l\u2019irrigation agricole et la consommation industrielle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9veloppement des techniques agricoles encourage les agriculteurs et agricultrices africain-e-s \u00e0 d\u00e9laisser les pratiques saisonni\u00e8res pour assurer la disponibilit\u00e9 des produits agricoles sur l\u2019ann\u00e9e. Les techniques d\u2019irrigation leur permettent d\u2019exercer sans une d\u00e9pendance exclusive \u00e0 l\u2019eau provenant des pluies. Il est ainsi fait mention d\u2019une agriculture pluviale et irrigu\u00e9e. Deux types de syst\u00e8me d\u2019irrigation sont pratiqu\u00e9s au Cameroun\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif qui \u00ab\u00a0se r\u00e9alise par submersion dans les grands p\u00e9rim\u00e8tres rizicoles am\u00e9nag\u00e9s en casiers dans les [r\u00e9gions] de l\u2019extr\u00eame nord, du nord (Lagdo) et du nord-ouest ou par aspersion dans les bananeraies industrielles de la [r\u00e9gions] du sud-ouest\u00a0\u00bb (FAO, 2005, p.\u00a03);<\/li>\r\n \t<li>le syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel qui \u00ab\u00a0consiste \u00e0 compenser un \u00e9ventuel d\u00e9ficit hydrique passager [par le biais de] petites motopompes, les d\u00e9viations de ruisseaux, ou les mares d\u2019eau\u00a0\u00bb (FAO, <em>ibid<\/em>.).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En 2000, le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif couvrait une superficie de 25\u00a0654 ha, environ 0,4\u00a0% de la superficie cultiv\u00e9e estim\u00e9e \u00e0 19,378\u00a0% (FAO, <em>ibid<\/em>.). En 2014, la surface cultiv\u00e9e est estim\u00e9e \u00e0 20,6\u00a0% et la consommation d\u2019engrais \u00e9tait approximativement 9,3 kilogrammes par hectare de terres arables (Banque mondiale, s. d., en ligne). Le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans les pratiques des industries agricoles exer\u00e7ant sur le territoire camerounais tandis que le syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel est l\u2019apanage des individus. Bien qu\u2019\u00e9tant la m\u00e9thode la plus r\u00e9pandue au sein des communaut\u00e9s agricoles, la superficie d\u2019exploitation du syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel demeure inconnue. Cela se justifie par le fait qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une technique couramment pratiqu\u00e9e dans l\u2019informel, de fa\u00e7on diss\u00e9min\u00e9e, par des cultivateurs et cultivatrices. Ceux-ci ou celles-ci le font soit individuellement, soit collectivement en milieu urbain ou dans les p\u00e9riph\u00e9ries des villes (FAO, <em>ibid<\/em>.). L\u2019alimentation des diff\u00e9rents syst\u00e8mes d\u2019irrigation provient des eaux de surface et de l\u2019eau souterraine. Le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019eau de surface et souterraine \u00e0 des fins d\u2019irrigation est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 74\u00a0% de la consommation d\u2019eau en 2000. L\u2019indice de production industrielle au Cameroun \u00e9tait de 100 en 2011. Ce dernier est pass\u00e9 de 115,7 en 2013 \u00e0 122,3 en 2014 (FAO, <em>ibid<\/em>.).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En 2009, il est recens\u00e9 pr\u00e8s de 12\u00a0154 entreprises exer\u00e7ant dans le secteur secondaire\u00a0: textiles, confection, cuir, chaussure, alimentation, boisson et tabac, bois, papier, imprimerie, \u00e9dition, chimie, raffinage du p\u00e9trole, caoutchouc et plastique. Ces secteurs d\u2019activit\u00e9s sont r\u00e9partis comme suit dans les dix r\u00e9gions du Cameroun\u00a0: 80\u00a0% dans le littoral et 20\u00a0% dans le reste du pays (INS, 2009). Les tr\u00e8s petites entreprises repr\u00e9sentent de pr\u00e8s de 85\u00a0%, les grandes entreprises repr\u00e9sentent un peu plus de 2\u00a0% (INS, 2009, p.\u00a055). Leur consommation en eau a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e de 8\u00a0% en 2000 \u00e0 18\u00a0% en 2013.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le faible niveau de disponibilit\u00e9 de la ressource \u00e9nerg\u00e9tique relativement \u00e0 la demande des industries et des m\u00e9nages oblige l\u2019\u00c9tat camerounais \u00e0 avoir recours \u00e0 plusieurs sources d\u2019\u00e9nergie, dont l\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique. C\u2019est dans cette logique que la conception des projets des barrages hydro\u00e9lectriques de <em>Lom Pangar<\/em>, <em>Memv\u00e9l\u00e9<\/em> et de <em>Warack<\/em> a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e. Une politique de d\u00e9veloppement qui renforce le besoin croissant en ressource hydraulique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon G\u00e9rard Payen, 80\u00a0% des eaux us\u00e9es en milieu urbain ne sont pas collect\u00e9es et trait\u00e9es (Payen, 2016). Ces eaux sont d\u00e9vers\u00e9es en \u00e9tat dans la nature et sont susceptibles de contaminer les eaux souterraines. Au Cameroun, 58\u00a0% de la population en milieu urbain et 42\u00a0% en milieu rural ont acc\u00e8s aux services basiques d\u2019assainissement (AFD[footnote]International Society of City and Regional Planners.[\/footnote], 2009) et 59,8\u00a0% ont acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable de boisson (INS, 2012). La pollution des eaux est r\u00e9solument un souci croissant sur le continent africain. Cette croissance serait due aux mauvaises pratiques sanitaires\u00a0: les industries tout comme les individus d\u00e9versent leurs d\u00e9chets dans leur environnement imm\u00e9diat et m\u00eame dans les cours d\u2019eau. Toutefois, le faible niveau du d\u00e9veloppement et de l\u2019exploitation d\u2019infrastructure d\u2019assainissement peuvent r\u00e9sorber l\u2019ensemble des d\u00e9chets produits par la population croissante en milieu urbain. Les statistiques estiment le taux de la croissance d\u00e9mographique urbaine \u00e0 8\u00a0%, par an. La production moyenne de d\u00e9chets m\u00e9nagers par personne et par jour est comprise entre 500 et 600\u00a0g (MINEP<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, 2008), d\u2019o\u00f9 l\u2019estimation de 4\u00a0667\u00a0043,2 tonnes de d\u00e9chets solides par an pour 23\u00a0248\u00a0044 habitant-e-s.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le taux de couverture en assainissement liquide en milieu urbain est estim\u00e9 \u00e0 56\u00a0% et de 35\u00a0% en milieu rural en 2010 (Water Partnership Programme, 2011, p.\u00a09). Les infrastructures d\u2019assainissement, dans la plupart des cas, sont install\u00e9es par les particuliers et particuli\u00e8res sans aucun recours \u00e0 des expertises en la mati\u00e8re. Ainsi, 80\u00a0% des m\u00e9nages utilisent des latrines non am\u00e9lior\u00e9es pour l\u2019\u00e9vacuation des aux us\u00e9es et 7\u00a0% utilisent des WC avec chasse sur fosse septique ou sur r\u00e9seau collectif. Une situation qui ne s\u2019am\u00e9liore pas au fil des ann\u00e9es et favorise des conditions d\u2019hygi\u00e8ne tr\u00e8s pr\u00e9caires. L\u2019estimation de d\u00e9chets solides industriels au Cameroun dans le secteur primaire et secondaire s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1\u00a0015\u00a0035 t\/an. En ce qui concerne les d\u00e9chets industriels liquides, les huiles usag\u00e9es sont estim\u00e9es \u00e0 70\u00a0000 tonnes\/an et les d\u00e9chets solvants \u00e0 84\u00a0290 m3\/an (MINEP, 2013). Selon le Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, \u00ab\u00a0Le gisement national de solvants et des d\u00e9chets de peinture doit repr\u00e9senter au moins trois fois ce volume\u00a0\u00bb (MINEP, 2007, p.\u00a057). Les d\u00e9chets \u00e9manant des secteurs domestique, agricole et industriel provoquent une concentration qui exc\u00e8de la capacit\u00e9 d\u2019assimilation des cours d\u2019eau et donne lieu \u00e0 une eau de mauvaise qualit\u00e9, source de maladies hydriques et favorable au ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019eutrophisation. Il est donc n\u00e9cessaire de mettre en place des institutions de gestion de l\u2019eau.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La gestion des infrastructures d\u2019approvisionnement et d\u2019entretien\u00a0: un d\u00e9fi mon\u00e9taire et social<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau rev\u00eat dor\u00e9navant un int\u00e9r\u00eat non seulement social, mais \u00e9galement \u00e9conomique, politique et juridique (Berger et Roques, 2005). L\u2019un des d\u00e9fis majeurs de la gestion rationnelle de l\u2019eau dans le contexte social africain est d\u2019approvisionner des populations en une eau de qualit\u00e9. Au Cameroun, la loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant r\u00e9gime de l\u2019eau au Cameroun consacre l\u2019eau en bien du patrimoine national dont l\u2019\u00c9tat assure la protection et la gestion. Cette disposition vise \u00e0 impl\u00e9menter des diff\u00e9rents engagements de l\u2019\u00c9tat camerounais sur la sc\u00e8ne internationale. Lors des sommets de Dublin et de Rio en 1992, les programmes Gestion int\u00e9gr\u00e9e des Ressources en Eau (GIRE) et Agenda 21 ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019Agenda 21, il est question pour chaque \u00c9tat de garantir une gestion \u00e9quitable, solidaire, concert\u00e9e et participative. Quant au GIRE, quatre principes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9s\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 1- l\u2019eau est indispensable \u00e0 la vie dont la bonne gestion exige une approche globale qui concilie d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique et protection des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 2- le d\u00e9veloppement et la gestion de l\u2019eau doivent se fonder sur une approche participative, impliquant les usagers [et usag\u00e8res], les planificateurs [et planificatrices] et les d\u00e9cideurs [d\u00e9cideuses] politiques \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 3- les femmes jouent un r\u00f4le central dans l\u2019approvisionnement. La gestion et la pr\u00e9servation de l\u2019eau.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 4- l\u2019eau a une valeur \u00e9conomique dans tous ses usages concurrentiels et doit \u00eatre reconnue comme un bien \u00e9conomique (Global Water Paternership, 2012, en ligne).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En fait, ces principes pr\u00f4nent une gestion communautaire de l\u2019eau qui profiterait \u00e0 toutes les composantes de la soci\u00e9t\u00e9. Depuis 1997, il se tient un forum mondial de l\u2019eau tous les trois ans qui regroupe l\u2019ensemble des acteurs et actrices impliqu\u00e9-e-s dans la gestion de la ressource hydrique. La toute derni\u00e8re s\u2019est tenue en 2015. Durant ce forum, un accent particulier a \u00e9t\u00e9 mis sur la valeur humanitaire de l\u2019eau et de l\u2019assainissement. Ce qui r\u00e9sulta \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019Objectif du d\u00e9veloppement durable 6\u00a0: \u00ab\u00a0eau propre et assainissement\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit de garantir l\u2019acc\u00e8s \u00e9quitable de tous et de toutes \u00e0 l\u2019eau et aux services d\u2019assainissement, d\u2019y impliquer les populations locales, de mettre en \u0153uvre une gestion int\u00e9gr\u00e9e de l\u2019eau \u00e0 tous les niveaux (ONU, s. d.), etc.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adoption de ces diff\u00e9rents programmes sur la sc\u00e8ne internationale a permis \u00e0 l\u2019\u00c9tat camerounais de cadrer sa politique hydrique sur trois points majeurs\u00a0: la durabilit\u00e9, la pr\u00e9caution et la responsabilit\u00e9. Dans l\u2019ensemble, il est question de tenir compte de la nature limit\u00e9e, vuln\u00e9rable et indispensable de l\u2019eau dans ses diff\u00e9rents usages afin que chaque utilisateur et utilisatrice s\u2019abstienne de toute activit\u00e9 susceptible de cr\u00e9er des dommages graves et irr\u00e9versibles \u00e0 ce bien commun. Le principe <em>pollueur-payeur<\/em>\/<em>pr\u00e9leveur-payeur<\/em> est donc devenu capital pour les politiques de gestion de l\u2019eau. Dans la concr\u00e9tisation de ces diff\u00e9rents engagements, l\u2019\u00c9tat camerounais a opt\u00e9 pour une synergie entre les acteurs gouvernementaux et les parties prenantes du secteur priv\u00e9. La signature, le 19 avril 2007, de la lettre de politique sectorielle urbaine de l\u2019eau par le Premier ministre camerounais, parall\u00e8lement \u00e0 la publication de plusieurs d\u00e9crets et arr\u00eat\u00e9s en la mati\u00e8re, s\u2019inscrit dans ce sillage\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>d\u00e9cret n\u00b0 2001\/162\/PM du 08 mai 2001 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9signation des agents asserment\u00e9s pour la surveillance et le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des eaux;<\/li>\r\n \t<li>d\u00e9cret n\u00b0\u00a02001\/163\/PM du 08 mai 2001 r\u00e9glementant les p\u00e9rim\u00e8tres de protection autour des points de captage, de traitement et de stockage des eaux potalisables;<\/li>\r\n \t<li>d\u00e9cret n\u00b0\u00a02001\/164\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales;<\/li>\r\n \t<li>d\u00e9cret n\u00b02001\/165\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surfaces et des eaux souterraines contre la pollution;<\/li>\r\n \t<li>d\u00e9cret n\u00b0 2001\/216 du 02 ao\u00fbt 2001 portant cr\u00e9ation d\u2019un compte d\u2019affectation sp\u00e9ciale pour le financement des projets de d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re d\u2019eau et d\u2019assainissement, etc.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019enjeu hydrique au Cameroun se situe ainsi \u00e0 trois niveaux\u00a0: le renforcement du niveau d\u2019approvisionnement des populations urbaines et p\u00e9riurbaines, une meilleure prise en compte des pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 l\u2019assainissement et un fonctionnement efficient et harmonieux du cadre institutionnel de gestion des ressources en eau. C\u2019est dans cette logique que l\u2019\u00c9tat camerounais a mis sous r\u00e9gime de concession et d\u2019affermage les services publics de l\u2019eau et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain camerounais. L\u2019eau est ainsi consacr\u00e9e\u00a0<em>Res Commercium;<\/em> l\u2019on passe d\u00e8s lors du \u00ab\u00a0principe de la gratuit\u00e9\u00a0\u00bb est \u00e0 celui de \u00ab\u00a0l\u2019eau pay\u00e9e\u00a0\u00bb. Le contrat de concession de travaux publics et de gestion du patrimoine de l\u2019hydraulique urbaine et p\u00e9riurbaine a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 capital public <em>Cameroon water utilities corporation <\/em>(CAMWATER) pour une dur\u00e9e de 30 ans renouvelable par 10 ans (d\u00e9cret n\u00b02009\/148 du 02 juin 2009).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En fait, la CAMWATER est d\u00e9sign\u00e9e gestionnaire sous tutelle \u00ab\u00a0des biens et droits affect\u00e9s au service public de l\u2019eau potable en milieu urbain et p\u00e9riurbain\u00a0\u00bb (article 2, d\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005). Elle a pour mission\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">la recherche et la gestion des financements pour l\u2019ensemble des infrastructures et ouvrages n\u00e9cessaires au captage, \u00e0 la production, au transport et au stockage, \u00e0 la distribution de l\u2019eau potable, la construction, la r\u00e9habilitation, le renouvellement, l\u2019extension et la gestion comptable et financi\u00e8re, des infrastructures de captage, de production, de transport, de stockage et de distribution de l\u2019eau potable (d\u00e9cret n\u00b02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Afin de remplir l\u2019ensemble de ces missions, un plan directeur de l\u2019hydraulique urbaine et p\u00e9riurbaine du Cameroun fut \u00e9labor\u00e9. Le contrat d\u2019affermage \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 fermi\u00e8re \u00ab\u00a0La Camerounaise des eaux\u00a0\u00bb (d\u00e9cret n\u00b0\u00a02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005) a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en date du 18 d\u00e9cembre 2007 pour une dur\u00e9e de 10 ans susceptible d\u2019\u00eatre prorog\u00e9e pour 5 ans par avenant. Cette soci\u00e9t\u00e9 est ainsi responsable de \u00ab\u00a0l\u2019exploitation du service public de la production, du transport et de la distribution d\u2019eau potable\u00a0\u00bb (d\u00e9cret n\u00b0\u00a02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005). L\u2019installation de tout branchement au service de l\u2019eau est effectu\u00e9e aux frais de l\u2019abonn\u00e9-e. Cependant, l\u2019entretien est pris en charge par la Camerounaise des eaux. Les frais de branchement et de consommation d\u2019eau sont fix\u00e9s par un bordereau valid\u00e9 par le concessionnaire. Ce bordereau sera r\u00e9vis\u00e9 sous proposition du fermier sur la base de l\u2019acquisition de technologies efficaces et \u00e9conomiques. Parall\u00e8lement \u00e0 ces accords commerciaux, il est pr\u00e9vu des programmes de subvention afin de rendre accessible la ressource hydraulique aux populations les plus pauvres. Par ailleurs, les pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou souterraines \u00e0 des fins commerciales et industrielles sont soumis au paiement d\u2019une redevance (article 10, loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998; article 15, d\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001; article 23, d\u00e9cret n\u00b02001\/164\/PM du 8 mai 2001).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Conform\u00e9ment aux lois portant sur la d\u00e9centralisation et le transfert des responsabilit\u00e9s, la commune est institu\u00e9e administratrice des affaires locales, parmi lesquelles la gestion des centres urbains. Il revient ainsi aux communes de g\u00e9rer\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<ul>\r\n \t<li>l\u2019alimentation en eau potable,<\/li>\r\n \t<li>la protection des ressources en eaux souterraines et superficielles, des r\u00e9seaux destin\u00e9s \u00e0 la distribution de l\u2019eau,<\/li>\r\n \t<li>la cr\u00e9ation, l\u2019am\u00e9nagement, l\u2019entretien, l\u2019exploitation et la gestion des \u00e9quipements communautaires en mati\u00e8re d\u2019assainissement, eaux us\u00e9es et pluviales,<\/li>\r\n \t<li>la coordination des r\u00e9seaux urbains de distribution d\u2019\u00e9nergie, d\u2019eau potable (articles 16, 89, 110, loi n\u00b0 2004\/018 du 22 juillet 2004 fixant les r\u00e8gles applicables aux communes).<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Lors de la Conf\u00e9rence de Rio 20, les autorit\u00e9s locales et infranationales ont acquis une reconnaissance internationale dans le cadre de la promotion du d\u00e9veloppement durable au m\u00eame titre que les paliers nationaux, r\u00e9gionaux et mondiaux. Ainsi, celles-ci ont \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper des strat\u00e9gies promouvant, au niveau local, une gestion \u00e9quitable, solidaire, concert\u00e9e et participative. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on est arriv\u00e9 au concept de ville durable.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les enjeux de la ville durable\u00a0: la participation sociale<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Emelianoff (1999, p.\u00a019), la ville durable \u00ab\u00a0int\u00e9grer l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019un d\u00e9veloppement \u00e9quitable sur le double plan socio-\u00e9conomique et \u00e9cologique tant au niveau d\u2019un territoire qu\u2019\u00e0 celui de la plan\u00e8te tout enti\u00e8re\u00a0\u00bb. Cette explication du concept ville durable met en exergue un progr\u00e8s \u00e9conomique qui tient compte de l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et l\u2019enjeu \u00e9cologique. Deux tendances \u00e9mergent ainsi comme centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de cette \u00e9tude\u00a0: la question de la protection de l\u2019environnement comme exigence sociale essentielle de la population citadine (att\u00e9nuer et r\u00e9parer les impacts nocifs sur l\u2019environnement) et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 et le cadre de vie des citoyen-ne-s vivant en milieu urbain et p\u00e9riurbain (solidarit\u00e9, inclusion sociale, identit\u00e9 culturelle). Cette perception du d\u00e9veloppement met la personne humaine au centre des enjeux et fait de ce celle-ci un acteur ou une actrice majeur-e par le biais de l\u2019approche ascendante dite <em>bottom-up.\u00a0<\/em>Il est ainsi fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la participation citoyenne. Les citoyen-ne-s sont invit\u00e9-e-s dans un cadre pr\u00e9d\u00e9fini afin d\u2019exprimer leurs besoins et attentes. Selon Pascal Simard (2010, p.\u00a035), \u00ab\u00a0il ne s\u2019agit plus ici d\u2019am\u00e9liorer la participation des citadin[e]s \u00e0 une d\u00e9cision publique \u2018\u2018descendante\u2019\u2019, mais d\u2019acter leur participation \u00e0 la \u2018\u2018fabrication de la ville\u2019\u2019 et de concevoir l\u2019action publique \u00e0 partir des dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre au sein de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine locale\u00a0\u00bb. Il s\u2019ensuit alors l\u2019\u00e9laboration de deux formes de participation\u00a0: la participation publique\/sociale et la participation \u00e9lectorale.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Thibault, Lequin et Trembaly (2000, p.\u00a011), la participation publique\/sociale est le \u00ab\u00a0processus d\u2019\u00e9change volontaire entre une organisation qui accorde un certain degr\u00e9 de pouvoir aux personnes touch\u00e9es par elle et ces personnes qui acceptent en retour un certain degr\u00e9 de mobilisation en faveur de l\u2019organisation\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 la participation \u00e9lectorale, il s\u2019agit d\u2019une pratique dont le fondement est la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Chaque citoyen-ne fait usage de son droit et devoir civil et politique de voter un repr\u00e9sentant aux diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9 (Thibault, Lequin et Tremblay, 2000). Dans le cadre de cette \u00e9tude, les analyses se regroupent autour de la participation publique\/sociale. Cette derni\u00e8re est ainsi per\u00e7ue comme cette nouvelle orientation conceptuelle qui a pour but de renverser la scission faite entre l\u2019efficacit\u00e9 administrative et la libre action des citoyen-ne-s par leur pr\u00e9sence concr\u00e8te au sein des prises de d\u00e9cision. Il est accord\u00e9 un espace aux citoyen-ne-s qui expriment leurs attentes portant le label de valeurs, priorit\u00e9s de la collectivit\u00e9 dans laquelle ils vivent; des valeurs et priorit\u00e9s qui sont appel\u00e9es \u00e0 servir de principes directeurs dans l\u2019\u00e9laboration des textes juridiques, de politiques publiques, de programmes d\u2019am\u00e9nagement, etc. \u00ab\u00a0D\u00e8s lors, la\u00a0<em>participation<\/em>\u00a0appara\u00eet comme une sorte de r\u00e9cup\u00e9ration en esprit de ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu en fait\u00a0\u00bb (Dumont, 1979, paragr. 35).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Du fait de la nature progressive et compl\u00e9mentaire du r\u00e9gime de d\u00e9centralisation en vigueur au Cameroun, les communes ne poss\u00e8dent pas encore suffisamment d\u2019autorit\u00e9 administrative et de moyens financiers pour assumer les responsabilit\u00e9s relatives \u00e0 la gestion de l\u2019eau comme prescrit par la loi. Il est ainsi not\u00e9 une forte centralisation administrative de la gestion de la ressource hydrique laissant ainsi les communes et, par ricochet, les citoyen-ne-s en position d\u2019observateurs ou d\u2019observatrices et non de participant-e-s. Cet \u00e9tat de choses a une r\u00e9percussion nocive sur la valeur sociale de l\u2019eau. Cela s\u2019explique par l\u2019absence de plateforme de participation des citoyen-ne-s dans les projets urbains portant sur la gestion de l\u2019eau. Ainsi, les prises de d\u00e9cision et leur impl\u00e9mentation sont faites suivant le principe <em>top down<\/em> contrairement au principe pr\u00f4n\u00e9 par les Objectifs de d\u00e9veloppement durable. L\u2019enjeu est celui d\u2019une gestion efficiente de l\u2019eau en milieu urbain par la \u00ab\u00a0municipalisation des services de l\u2019eau\u00a0\u00bb (Kouam Kenmogne, 2013, p.\u00a027). Autrement dit, cela revient \u00e0 int\u00e9grer des m\u00e9canismes de participation du public \u00e0 l\u2019\u00e9laboration et l\u2019impl\u00e9mentation des politiques publiques relatives \u00e0 la gestion de l\u2019eau. Parmi les m\u00e9canismes recommand\u00e9s, il figure la GIRE. Faire mention des m\u00e9canismes de la GIRE qui facilitent l\u2019association de toutes les parties prenantes au processus d\u00e9cisionnel, c\u2019est \u00e9noncer l\u2019impact social de cette approche en termes de garantie de la coh\u00e9sion sociale. Il est de plus en plus fait recours aux \u00ab\u00a0mod\u00e9lisations participatives\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Une gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau\u00a0: en qu\u00eate de la mise sur pied d\u2019un \u00e9quilibre socio\u00e9conomique et environnemental<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La gestion de l\u2019eau met en \u00e9vidence le manque d\u2019acc\u00e8s des populations \u00e0 des quantit\u00e9s suffisantes d\u2019eau pour la consommation humaine et environnementale (Grafton <em>et al.<\/em>, 2014). Le d\u00e9fi cr\u00e9\u00e9 par l\u2019utilisation multifonctionnelle et la forte demande en eau a donn\u00e9 place \u00e0 la mon\u00e9tisation de cette ressource, mettant ainsi en p\u00e9ril la garantie du droit de la personne humaine \u00e0 l\u2019eau. C\u2019est dans la perspective de mettre en place des m\u00e9canismes pouvant contribuer \u00e0 la forte consid\u00e9ration soci\u00e9tale des droits de la personne humaine, relativement \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une eau potable pour tous et pour toutes, que l\u2019approche de GIRE fut \u00e9labor\u00e9e, vulgaris\u00e9e et impl\u00e9ment\u00e9e.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Molle reprend la d\u00e9finition de la GIRE donn\u00e9e par la Global Water Paternership.\u00a0Il s\u2019agit, en effet d\u2019\u00bb\u00a0un processus qui favorise le d\u00e9veloppement et la gestion coordonn\u00e9s de l\u2019eau, de la terre et des ressources connexes, afin de maximiser le bien-\u00eatre \u00e9conomique et social r\u00e9sultant de mani\u00e8re \u00e9quitable sans compromettre la durabilit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes vitaux\u00a0\u00bb (GWP, cit\u00e9 par Molle, 2012, p.\u00a025). Selon Vuyisile Zenani et Asha Mistri (2005), la mise en \u0153uvre d\u2019une approche int\u00e9gr\u00e9e dans la gestion de l\u2019eau implique la prise en consid\u00e9ration de la totalit\u00e9 des valeurs attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019eau par diff\u00e9rents individus et communaut\u00e9s. La GIRE est ainsi consid\u00e9r\u00e9e comme un outil contribuant \u00e0 augmenter la r\u00e9silience face aux al\u00e9as climatiques tels que la s\u00e9cheresse et les inondations. Cette disposition augmente la s\u00e9curit\u00e9 hydrique qui est tributaire de la mise sur pied d\u2019un syst\u00e8me de coop\u00e9ration. Cette derni\u00e8re peut \u00eatre atteinte par ce que les expert-e-s en n\u00e9gociation appellent des <em>valeurs sup\u00e9rieures<\/em>. Une valeur sup\u00e9rieure est une approche de concertation favorisant l\u2019escalade du d\u00e9bat tout en ayant la capacit\u00e9 de g\u00e9rer les points de divergence et les conflits pour l\u2019atteinte d\u2019un point de convergence et de synergie de parties prenantes (Delli Priscoli, 2000). C\u2019est dans cette logique que le principe de l\u2019\u00e9quilibre dans le cadre d\u2019un d\u00e9veloppement qui a pour composante la croissance \u00e9conomique, l\u2019inclusion sociale et l\u2019\u00e9quilibre environnemental est \u00e9nonc\u00e9 . La culture est l\u2019\u00e9l\u00e9ment nouveau qui vient s\u2019ajouter \u00e0 cette liste.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le\u00a0Global Water Partnership (2012) met donc l\u2019accent sur une meilleure r\u00e9partition et utilisation de l\u2019eau et sur l\u2019importance d\u2019associer toutes les parties prenantes au processus d\u00e9cisionnel. Il est question d\u2019inclure la dimension culturelle dans les politiques publiques, dans les plans de d\u00e9veloppement national et de les concr\u00e9tiser par des actions visibles dans les secteurs de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019\u00e9conomie, de la science, de la communication, de l\u2019environnement, de la coh\u00e9sion sociale et de la coop\u00e9ration internationale. Dans le souci de syst\u00e9matiser son impl\u00e9mentation, l\u2019approche de GIRE prend en consid\u00e9ration trois niveaux d\u2019intervention\u00a0dans le secteur de l\u2019eau\u00a0: l\u2019op\u00e9rationnel, l\u2019organisationnel et la normalisation. Il est question de garantir un environnement favorable et de clarifier le r\u00f4le des parties prenantes dans l\u2019usage efficient des instruments de gestion appropri\u00e9s (Kouam Kenmogne, 2013). Kouam Kenmogne, Mpakam, Ayonghe Ndonwy, Djomoudou Bopda et Ekodeck (2006, paragr. 11) d\u00e9nombrent treize domaines de changement de la GIRE\u00a0: le \u00ab\u00a0Cadre politique\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0Cadre l\u00e9gislatif\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Structure de financement\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0cadre organisationnel\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9dification des capacit\u00e9s institutionnelles\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00c9valuation des ressources en eau\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement des plans pour la GIRE\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Gestion de la demande\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments de changement social, la r\u00e9solution des conflits\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments r\u00e9glementaires\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments \u00e9conomiques\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00c9change et la gestion des informations\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, le GIRE consid\u00e8re que la surconsommation et la pollution sont les causes principales de la p\u00e9nurie d\u2019eau. Par cons\u00e9quent, il est question d\u2019\u00e9laborer des m\u00e9canismes qui contribuent \u00e0 la pr\u00e9servation des sources naturelles d\u2019approvisionnement de toute forme de souillure et \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de celles-ci.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon l\u2019OMS, il est important d\u2019adopter des modes de vie qui permettent d\u2019utiliser moins d\u2019eau, notamment l\u2019utilisation d\u2019eau de recyclage. La quantit\u00e9 d\u2019eau n\u00e9cessaire et consomm\u00e9e dans l\u2019irrigation peut \u00eatre r\u00e9duite via la r\u00e9duction de l\u2019\u00e9vaporation non productive jusqu\u2019\u00e0 50\u00a0% en couvrant le sol avec du paillis. L\u2019adoption de vari\u00e9t\u00e9s de culture avec de grandes canop\u00e9es devrait \u00eatre de mise pour am\u00e9liorer de l\u2019ombrage du sol. En outre, la pratique des m\u00e9thodes d\u2019irrigation modernes et moins consommatrices d\u2019eau serait d\u2019un grand apport. Contrairement aux m\u00e9thodes utilisant des arrosoirs et canons qui consomment des quantit\u00e9s massives d\u2019eau, l\u2019irrigation par goutte-\u00e0-goutte est \u00e0 consid\u00e9rer une meilleure alternative. Cette derni\u00e8re permet \u00e0 l\u2019eau de s\u2019\u00e9goutter directement \u00e0 la surface du sol \u00e0 travers un r\u00e9seau de tuyauterie. Cela peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en enterrant le syst\u00e8me de goutte-\u00e0-goutte pour fournir de l\u2019eau directement au r\u00e9seau de racines. Cette m\u00e9thode est efficace, car elle permet de r\u00e9duire les pertes par \u00e9vaporation et le lavage des engrais (Mato, s. d., en ligne).<\/p>\r\n\r\n<div style=\"text-align: justify\"><img class=\"alignnone size-full wp-image-337\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine.jpg\" alt=\"\" width=\"993\" height=\"485\" \/><\/div>\r\n<div>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la promotion de la municipalisation de la gestion de l\u2019eau et le renforcement de l\u2019implication de l\u2019expertise en impact environnemental dans les diff\u00e9rents projets de construction d\u2019infrastructure en milieu urbain figurent parmi les m\u00e9canismes envisag\u00e9s. Il sera ainsi de la responsabilit\u00e9 fonctionnelle des municipalit\u00e9s assist\u00e9es d\u2019expert-e-s en la mati\u00e8re de veiller \u00e0 pr\u00e9venir la r\u00e9duction des capacit\u00e9s d\u2019infiltration et de r\u00e9tention d\u2019eau des sols afin d\u2019\u00e9viter toute \u00e9ventuelle inondation et s\u00e9cheresse. Autrement dit, la conduite d\u2019une \u00e9valuation d\u2019impact environnemental devrait \u00eatre une condition <em>sine qua non<\/em> pour la validation de tout projet (construction de logements, d\u2019industries, de centres de loisir aquatique, etc.) par les municipalit\u00e9s. Ce qui implique la mise sur pied d\u2019une plateforme de concertation permettant d\u2019informer, de sensibiliser, d\u2019\u00e9duquer et de recueillir les avis et suggestion des populations de la zone cible du projet afin d\u2019une meilleure contextualisation dudit projet.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tout en contribuant \u00e0 la garantie de la coh\u00e9sion sociale, les m\u00e9canismes propos\u00e9s par la GIRE favorisent \u00e9galement la valorisation des savoirs locaux. Ils soulignent \u00e9galement l\u2019importance de consid\u00e9rer l\u2019\u00e9quilibre du genre dans la prise de d\u00e9cision (Fondation 2IE, 2010), car les femmes jouent un grand r\u00f4le en tant qu\u2019usag\u00e8res de cette ressource. Celles-ci ont le devoir d\u2019alimenter les m\u00e9nages en eau. Cette approche offre \u00e0 tou-te-s les usagers et usag\u00e8res une plateforme d\u2019expression dans laquelle ils ou elles pourront contribuer \u00e0 la gestion durable de la ressource-eau.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le recyclage des eaux us\u00e9es est \u00e9galement cit\u00e9 comme une solution aux probl\u00e8mes de l\u2019eau. Il est question, par ce m\u00e9canisme, de proposer, d\u2019une part, une source suppl\u00e9mentaire aux consommateurs et consommatrices de la ressource hydrique et, d\u2019autre part, une valorisation \u00e9conomique des eaux us\u00e9es. Cela permettra de r\u00e9duire consid\u00e9rablement les pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface et souterraines. L\u2019exemple des pays arabes est une illustration de la r\u00e9ussite de ce m\u00e9canisme\u00a0: traitant 71\u00a0% des eaux us\u00e9es, 21\u00a0% de ces derni\u00e8res sont utilis\u00e9es pour l\u2019irrigation et la recharge des eaux souterraines qui garantissent la s\u00e9curit\u00e9 hydrique (WWAP, 2016). En outre, les eaux us\u00e9es sont aussi utilis\u00e9es comme engrais utiles pour l\u2019activit\u00e9 agricole, mais \u00e9galement comme une source d\u2019\u00e9nergie\u00a0: biogaz, production de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, chauffage et refroidissement.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9canismes de gestion de l\u2019eau qui viennent d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s pourraient inspirer le Cameroun qui est actuellement dans une qu\u00eate croissante de source d\u2019approvisionnement en \u00e9nergie. Ce pays pourrait aussi y trouver un moyen de respecter ses engagements internationaux relativement aux changements climatiques. Certain-e-s chercheurs et chercheuses recommandent de plus en plus l\u2019utilisation des urines dans l\u2019activit\u00e9 agricole. Cette recommandation trouve son fondement dans la forte teneur de l\u2019urine en azote (88\u00a0%) et en phosphore (66\u00a0%). Le phosphore min\u00e9ral sera ainsi mieux pr\u00e9serv\u00e9. Cette solution est une alternative viable et opportune qui int\u00e8gre les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la pollution hydrique provenant de l\u2019agriculture. Il s\u2019agit surtout revoir l\u2019utilisation surabondante des engrais et autres produits agrochimiques qui sont souvent emport\u00e9s par les pluies dans les courants d\u2019eau et favorisent la prolif\u00e9ration d\u2019algues et, partant, de l\u2019eutrophisation (ISOCARP[footnote]International Society of City and Regional Planners.[\/footnote], 2014, WWAP, 2016). La contamination due \u00e0 une utilisation excessive des engrais peut entra\u00eener l\u2019\u00e9puisement de l\u2019oxyg\u00e8ne. La cons\u00e9quence sera alors la mort des habitants naturels des cours d\u2019eau et la perturbation des activit\u00e9s de p\u00eache des populations environnantes. La contamination par les nutriments ne se limite pas aux cours d\u2019eau adjacents, mais peut \u00e9galement s\u2019\u00e9tendre jusqu\u2019aux r\u00e9gions avoisinantes. De m\u00eame, il s\u2019agit de mettre une emphase sur le contr\u00f4le de la quantit\u00e9 maximale d\u2019engrais n\u00e9cessaire pour un sol (loi n\u00b0 2003\/007 du 10 juillet 2003). Cela emp\u00eacherait les autres utilisateurs et utilisatrices de l\u2019eau de souffrir de l\u2019effet de la pollution par l\u2019agriculture.<\/p>\r\n\r\n<h2>Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique centrale enregistre le plus faible taux d\u2019adoption et de mise en \u0153uvre de la GIRE (ISOCARP, 2014). Cet \u00e9tat de choses serait d\u00fb \u00e0 la faible capacit\u00e9 de financement d\u2019acquisition des infrastructures et technologies requises pour la conduite et la mise en \u0153uvre de ladite approche. Selon Berger et Roques,<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">l\u2019industrie de l\u2019eau recouvre ici toute une entreprise morale qui r\u00e9pond \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau pour tous [et pour toutes]. Elle valorise l\u2019eau. Si pour les uns [et les unes] elle met en \u00e9vidence les besoins vitaux, pour les autres elle favorise l\u2019av\u00e8nement du bien-\u00eatre. Cette industrie de l\u2019eau est \u00e0 la source de nouvelles formes communes de consommation (Berger et Roques, 2005, p.\u00a015).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau devient ainsi un objet marchand qui attire les grandes multinationales (Maris, 2002). L\u2019appropriation de cette ressource cr\u00e9e d\u00e8s lors des tensions. \u00ab\u00a0L\u2019imp\u00e9rieuse activit\u00e9 \u00e9conomique met en place un syst\u00e8me dont l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 s\u2019inscrit entre une communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats et des int\u00e9r\u00eats particuliers\u00a0\u00bb (Berger et Roques, <em>ibid<\/em>., p.\u00a016). Les pr\u00e9visions de croissance de l\u2019\u00e9conomie africaine \u00e0 long terme d\u00e9signent la ressource hydrique comme un facteur incontournable pour faire face aux crises socio-\u00e9conomiques \u00e0 venir. S\u2019inscrivant dans la logique de la solidarit\u00e9 internationale, un r\u00e9seau d\u2019assistance technique et scientifique est implant\u00e9 pour la cause d\u2019une eau potable accessible \u00e0 tous et \u00e0 toutes. Toutefois, le processus\u00a0<em>donor-led<\/em> serait la moindre des perspectives \u00e0 adopter dans une logique d\u2019atteinte des r\u00e9sultats soutenables. L\u2019approche la plus appropri\u00e9e serait la mobilisation de <em>funding seed<\/em> des bailleurs de fonds dans l\u2019optique d\u2019instaurer une coop\u00e9ration de partenariat et non d\u2019assistanat. Conform\u00e9ment aux principes de Dublin-Rio d\u00e9velopp\u00e9s en 1992, l\u2019eau potable est une ressource finie et vuln\u00e9rable, essentielle pour la survie, le d\u00e9veloppement et l\u2019environnement.<\/p>\r\n\r\n<h2 class=\"hanging-indent\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">AFD. 2009. Am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable \u00e0 Yaound\u00e9 et dans trois villes secondaires. Note de communication publique d\u2019op\u00e9ration r\u00e9publique du Cameroun CCM 6011.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bentounes, Cheikh Khaled. 2003. Eau profane, eau sacr\u00e9e. <em>Symposium international de l\u2019eau<\/em> (5e \u00e9dition). Cannes, Palais des festivals de Cannes, juin.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berger, Corinne et Roques, Jean Luc. 2005.\u00a0<em>L\u2019eau comme fait social\u00a0: transparence et opacit\u00e9 dans la gestion locale de l\u2019eau<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bernard, Maris. 2002. L\u2019app\u00e9tit vorace des multinationales. <em>Le Monde diplomatique<\/em>, <em>65<\/em>, 72-76.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/164\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/216 du 02 ao\u00fbt 2001 portant cr\u00e9ation d\u2019un compte d\u2019affectation sp\u00e9ciale pour le financement des projets de d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re d\u2019eau et d\u2019assainissement.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gation des services publics de l\u2019eau potable et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gation des services publics de l\u2019eau potable et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain, et Contrat d'affermage du service public de l\u2019alimentation en eau potable des centres urbains et p\u00e9riurbains du Cameroun, Minist\u00e8re de l'\u00e9nergie et de l\u2019eau.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/162\/PM du 08 mai 2001 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9signation des agents asserment\u00e9s pour la surveillance et le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des eaux.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/163\/PM du 08 mai 2001 r\u00e9glementant les p\u00e9rim\u00e8tres de protection autour des points de captages, de traitement et de stockage des eaux potalisables.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/164\/PM du 8 mai 2001 pr\u00e9cise les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vement des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02009\/148 du 02 juin 2009<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dumont, Fernand. 1979. L\u2019id\u00e9e de d\u00e9veloppement culturel\u00a0: esquisse pour une psychanalyse. <em>D\u00e9couvertes et red\u00e9couvertes<\/em>, <em>XI<\/em> (1). Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/sociologies\/283\">https\u00a0:\/\/journals.openedition.org\/sociologies\/283<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Emelianoff, Cyria. 1999. <em>La ville durable, un mod\u00e8le \u00e9mergeant (Porto, Strasbourg, Gdansk)<\/em>. Th\u00e8se de troisi\u00e8me cycle de g\u00e9ographie, Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esoh Elame, Joseph. 2004. Interculturaliser le d\u00e9veloppement durable. <em>Actes du Colloque D\u00e9veloppement durable\u00a0: le\u00e7ons et perspectives<\/em> (tome 1, p.\u00a071-80). Universit\u00e9 de Ouagadougou, Agence Universit\u00e9 de la Francophonie, Agence Intergouvernementale de la Francophonie.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esoh\u00a0Elame, Joseph. 2006. La prise en compte du magico-religieux dans les probl\u00e9matiques de d\u00e9veloppement durable\u00a0: le cas du Ngondo chez les peuples Sawa du Cameroun.\u00a0<em>VertigO. La revue \u00e9lectronique en sciences de l\u2019environnement<\/em>, <em>7<\/em> (3).\u00a0Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse http\u00a0:\/\/vertigo.revues.org\/2685; DOI\u00a0: 10.4000\/vertigo.2685<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2005. <em>L\u2019Irrigation en Afrique en chiffres \u2013 Enqu\u00eate AQUASAT 2005. Cameroun<\/em>. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.fao.org\/nr\/water\/aquastat\/countries_regions\/CMR\/CMR-CP_fra.pdf\">http\u00a0:\/\/www.fao.org\/nr\/water\/aquastat\/countries_regions\/CMR\/CMR-CP_fra.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fondation 2IE. 2010. <em>Manuel technique de gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grafton, Quentin R., Wyrwoll, Paul, White, Chris et Allendes, David (dir.). 2014. <em>Global Water\u00a0: Issues and Insights<\/em>. Canberra\u00a0: Australian National University Press.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">INS. 2012. <em>Rapport national de progr\u00e8s des objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement l\u2019ann\u00e9e 2012<\/em>. Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 2003\/007 du 10 juillet 2003 r\u00e9gissant les activit\u00e9s du sous-secteur engrais au Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 2004\/018 du 22 juillet 2004 fixant les r\u00e8gles applicables aux communes<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant r\u00e9gime de l\u2019eau au Cameroun.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant R\u00e9gime de l\u2019eau institue deux taxes servant au financement de l\u2019assainissement liquide.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mar\u00e9chal, Luc. 2003. La ville au centre de tout. <em>Naturopa<\/em>, <em>100<\/em>, 4.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINEP.\u00a02013. <em>Profil national sur la gestion des produits chimiques au Cameroun<\/em> (document de travail). Yaound\u00e9, Cameroun. <a href=\"http:\/\/www.minep.gov.cm\/index.php?option=]com_docman&amp;task=doc_download&amp;gid=185&amp;Itemid=30&amp;lang=fr\">http\u00a0:\/\/www.minep.gov.cm\/index.php?option=]com_docman&amp;task=doc_download&amp;gid=185&amp;Itemid=30&amp;lang=fr<\/a> (consult\u00e9 le 14\/10\/2019)<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mokake, Flavius M. 2012. Social Peace and the Ngondo Traditional Festival of the Duala of Cameroon. <em>African Conflict and Peacebuilding Review<\/em>, 2 (2), 88-103.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monwaih. 2017.\u00a0Les croyances religieuses traditionnelles chez les Duala. Document en ligne consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse https\u00a0:\/\/monwaih.com\/le-pantheon-duala\/<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mulago Gwa Cikala Mush. 1980. <em>La religion traditionnelle des Bantu et leur vision du monde<\/em> (2e \u00e9dition). Kinshasa\u00a0: Facult\u00e9 de Th\u00e9ologie catholique.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Panoff, M. et Perrin, M.1973. <em>Dictionnaire de l\u2019ethnologie<\/em>. Paris\u00a0: Payot.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Payen, G\u00e9rard. 2016. En route vers habitat III, agir pour la r\u00e9ussite des objectifs de d\u00e9veloppement durable mondiaux [en ligne]. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.thinktank-resources.com\/fr\/publications\/prises-de-parole\/gerard-payen-et-la-priorite-dhabitat-iii-agir-pour-la-reussite-des-objectifs-de-developpement-1\">http\u00a0:\/\/www.thinktank-resources.com\/fr\/publications\/prises-de-parole\/gerard-payen-et-la-priorite-dhabitat-iii-agir-pour-la-reussite-des-objectifs-de-developpement-1<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rinne, Eva-Marita. 2001. Water and Healing - Experiences from the Traditional Healers in Ile-Ife, Nigeria. <em>Nordic Journal of African Studies<\/em>, <em>10<\/em> (1), 41-65.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambou, Armel. 2016. L\u2019histoire \u00ab\u00a0de l\u2019eau\u00a0\u00bb\u00a0: contribution \u00e0 la compr\u00e9hension des relations intercommunautaires aux abords sud du lac Tchad. <em>Dialogue &amp; Paix<\/em>, 5, 129-147.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Simard, Pascal. 2010. Comment faire la ville durable?. Document consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.urbalyon.org\/PDF\/Comment_faire_la_ville_durable_--3184\">www.urbalyon.org\/PDF\/Comment_faire_la_ville_durable_--3184<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Talkeu Tounouga, Camille. 1997. La fonction symbolique de l\u2019eau en Afrique noire\u00a0: une approche culturelle. Dans Association Leonardo\/OLATS, <em>Le G\u00e9nie et le pouvoir de l\u2019eau\/The Spirit and power of water<\/em> (page web). Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.olats.org\/africa\/projets\/gpEau\/pouvoir\/contrib\/contrib_talkeu.php\">https\u00a0:\/\/www.olats.org\/africa\/projets\/gpEau\/pouvoir\/contrib\/contrib_talkeu.php<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Thibault, Andr\u00e9, Lequin, Marie et Tremblay, Mireille. 2000. <em>Cadre de r\u00e9f\u00e9rence de la participation publique (D\u00e9mocratique, utile et cr\u00e9dible)<\/em> (Rapport). Conseil de la sant\u00e9 et du bien-\u00eatre, Biblioth\u00e8que nationale du Qu\u00e9bec, 9 octobre 2000. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.csbe.gouv.qc.ca\/fileadmin\/www\/Archives\/ConseilSanteBienEtre\/Rapports\/20001009_rapp_cfr.pdf\">https\u00a0:\/\/www.csbe.gouv.qc.ca\/fileadmin\/www\/Archives\/ConseilSanteBienEtre\/Rapports\/20001009_rapp_cfr.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\">Zenani, Vuyisile et Mistri, Asha. 2005. <em>A Desktop study on the Cultural and Religious uses of water using regional case studies from South Africa<\/em>. Department of water affairs and forestry lefapha la metsi le dinkgwa umnyango wezamanzi nezamahlathi, Environmental Evaluation Unit, University of Cape Town.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019eau est per\u00e7ue comme le minimum que l\u2019on puisse offrir \u00e0 son invit\u00e9 en guise de courtoisie. Par ailleurs, la gratuit\u00e9 de la ressource poussait certain-e-s \u00e0 voir en l\u2019eau une ressource naturelle in\u00e9puisable dont l\u2019humain peut jouir \u00e0 sa guise. L\u2019introduction des infrastructures de nouvelles techniques d\u2019exploitation et de production dans le contexte social africain impose une gestion rationnelle de l\u2019eau en y int\u00e9grant le souci majeur de l\u2019approvisionnement des populations en une eau de qualit\u00e9. Les r\u00e9seaux d\u2019adduction d\u2019eau, g\u00e9r\u00e9s par des centres de traitement et de distribution, sont install\u00e9s \u00e0 cet effet. Ces \u00e9quipements apportent une modification des usages coutumiers africains li\u00e9s \u00e0 cette ressource. D\u00e9sormais, il s\u2019agit de prendre l\u2019eau comme une ressource mon\u00e9taire en investissant, d\u2019une part, pour l\u2019approvisionnement maximal de la population et, d\u2019autre part, pour la maintenance des installations. Une modification qui requiert une implication de la population dans les nouvelles dispositions de gestion et d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau. L\u2019enjeu actuel est d\u2019emp\u00eacher la pr\u00e9dominance de la consid\u00e9ration de la ressource d\u2019eau en bien purement \u00e9conomique au d\u00e9triment de sa fonction sociale. Dans un tel contexte, l\u2019hydraulique a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e comme un \u00e9l\u00e9ment devant figurer parmi les Objectifs de d\u00e9veloppement durable qui adopte l\u2019approche <em>bottom-up<\/em> dans l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des politiques hydrauliques \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019approche <em>top down<\/em> attribu\u00e9e aux Objectifs mill\u00e9naires du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/acces-a-leau\/\">acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/developpement-durable\/\">D\u00e9veloppement durable<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/economie\/\">\u00e9conomie<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/hydraulique\/\">hydraulique<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/motscles\/tradition\/\">tradition<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Water is perceived as the minimum that can be offered to one\u2019s guest as a sign of courtesy. On the other hand, the freebie of the resource pushed some to see in water an inexhaustible natural resource which man can enjoy at his leisure. The introduction of new operating and production technology infrastructure in the African social context imposes a sound management of water by integrating the major concern of supplying quality water to populations. Hence, the facilities of water supply systems managed by water treatment and distribution centres were set up.\u00a0These infrastructures brought about a change in the African water-related uses and customary. Now water is considered as a monetary resource; the justification of this new classification is the investment required on one hand for the supply of the maximum percentage of the population and on the other hand, the investment in maintenance of the facilities of the transported resource. For this change of conception to be effective, the population has to be involved in the new water management. The current issue is to prevent the predominance of water being perceived purely as an economic asset at the detriment of its first social function. In this context, water has been proposed as an element to be included among the Sustainable development goals that adopted the bottom-up approach in the development and implementation of water policies in replacement of the top down approach attributed to the Millennium development goals that focused on administrative unilateralism. The focus is on the development of contextual policies.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/access-to-water\/\">access to water<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/economy\/\">economy<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/hydraulics\/\">hydraulics<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/sustainable-development\/\">Sustainable development<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/keywords\/tradition\/\">tradition<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>8 novembre 2019<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>23 janvier 2021<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>19 avril 2021<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Note de recherche<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout au long de l\u2019histoire, l\u2019eau est reconnue pour une grande valeur pour la personne humaine. C\u2019est une ressource vitale et ses utilisations sont diverses et multiples. Elle a des vertus curatives \u00e0 la fois dans les approches traditionnelles et modernes (Rinne, 2001). Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), la personne humaine doit consommer au moins 2,5 litres \u00e0 3 litres d\u2019eau par jour. Outre l\u2019aspect sant\u00e9, les communaut\u00e9s et les peuples autochtones ont attribu\u00e9 des valeurs culturelles \u00e0 l\u2019eau pendant des g\u00e9n\u00e9rations. Les traditions africaines la per\u00e7oivent comme une ressource naturelle et, donc, un don c\u00e9leste \u00e0 qui l\u2019on attribue un r\u00f4le central (Zenani et Mistri, 2005). Certaines l\u00e9gendes africaines lui conf\u00e8rent m\u00eame l\u2019origine de la vie un pouvoir et de purification (Rinne, 2001; Mokake, 2012). Dans certaines communaut\u00e9s, c\u2019est le minimum que l\u2019on puisse offrir \u00e0 son invit\u00e9-e pour lui souhaiter la bienvenue ou par simple courtoisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la gratuit\u00e9 de la ressource poussait certain-e-s \u00e0 voir en l\u2019eau une ressource naturelle in\u00e9puisable dont la personne humaine peut jouir \u00e0 sa guise. Le d\u00e9veloppement scientifique et technologique a impliqu\u00e9 un usage multifonctionnel de l\u2019eau. L\u2019on a ainsi insist\u00e9 \u00e0 une r\u00e9duction de la disponibilit\u00e9 de cette derni\u00e8re \u00e0 cause de la demande croissante. En fait, la disponibilit\u00e9 de l\u2019eau ne se mesure pas seulement en termes de quantit\u00e9, mais essentiellement en termes de qualit\u00e9. La pollution des eaux se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un souci croissant sur le continent africain, un probl\u00e8me qui a motiv\u00e9 l\u2019installation de r\u00e9seaux d\u2019adduction d\u2019eau g\u00e9r\u00e9s par des centres de traitement et de distribution d\u2019eau. Ces infrastructures modifient certains usages coutumiers africains li\u00e9s \u00e0 cette denr\u00e9e. D\u00e9sormais, il s\u2019agit de consid\u00e9rer l\u2019eau comme une ressource mon\u00e9taire en prenant en compte, d\u2019une part, les investissements requis pour son exploitation et l\u2019approvisionnement maximal de la population et, d\u2019autre part, les co\u00fbts relatifs \u00e0 la maintenance des installations hydrauliques. Il est surtout question d\u2019emp\u00eacher que la dimension \u00e9conomique ne prime sur la fonction sociale. C\u2019est dans ce sillage que l\u2019hydraulique appara\u00eet comme \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment important des Objectifs de d\u00e9veloppement durable qui privil\u00e9gie l\u2019approche <em>bottom-up<\/em> dans l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des politiques hydrauliques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le concept de d\u00e9veloppement durable et partant, celui de responsabilit\u00e9 sociale des entreprises, se fonde actuellement sur trois dimensions essentielles, \u00e0 savoir la solidarit\u00e9 sociale, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique, la responsabilit\u00e9 \u00e9cologique. R\u00e9cemment, la dimension culturelle y a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e comme quatri\u00e8me composante (Esoh Elame, 2004). Les zones urbaines se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre les lieux par excellence de l\u2019application de ce mode de d\u00e9veloppement, car elles sont identifi\u00e9es comme \u00e9tant un cadre de consommation excessive, de gaspillage d\u2019eau et d\u2019autres ressources (Mar\u00e9chal, 2003). Il est ainsi question de l\u2019impl\u00e9mentation d\u2019un d\u00e9veloppement durable, lequel suppose \u00e9galement une responsabilit\u00e9 sociale des entreprises en charge des questions hydrauliques. Ce d\u00e9veloppement concilie les aspects \u00e9conomique, social, environnemental et culturel des activit\u00e9s humaines et implique, cons\u00e9quemment, l\u2019\u00e9laboration des politiques contextuelles, de m\u00eame que la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies d\u2019\u00e9panouissement multiforme.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La perception africaine de la ressource hydrique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon les croyances africaines, l\u2019univers est l\u2019\u0153uvre d\u2019un \u00ab \u00catre supr\u00eame, Cr\u00e9ateur, P\u00e8re de tout ce qui existe \u00bb (Mulago Gwa Cikala Musharhamina, 1980, p. 12). Les \u00e9l\u00e9ments de la nature sont ainsi per\u00e7us comme un don divin afin de servir de point de contact entre le Cr\u00e9ateur et les humains. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9l\u00e9ments dits sacr\u00e9s qui assurent la communication entre le monde invisible et le monde visible (Esoh Elame, 2006). C\u2019est dans cette logique que les pratiques culturelles africaines octroient une place centrale \u00e0 l\u2019eau. Consid\u00e9rant que la culture est un mode de vie, une fa\u00e7on de vivre ensemble, un syst\u00e8me de valeurs, de traditions et de croyances (Panoff et Perrin, 1973), l\u2019eau est non seulement pr\u00e9sent\u00e9e comme un vecteur culturel de purification, de renaissance et de b\u00e9n\u00e9diction, mais aussi comme \u00ab un \u00e9l\u00e9ment de partage et de lien \u00bb (Berger et Roques, 2005, p. 10). C\u2019est dans le fonctionnement particulier de chaque communaut\u00e9 qu\u2019elle prendra l\u2019une ou la plupart de ces fonctions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le peuple sawa, populations c\u00f4ti\u00e8res du Cameroun, consid\u00e8re l\u2019eau comme source nourrici\u00e8re. Les crevettes, crustac\u00e9s\u00a0aquatiques; sont nomm\u00e9es \u00ab\u00a0<em>Nyamb\u00e9 ya tow\u00e8\u00a0\u00bb <\/em>ou \u00ab\u00a0<em>Mb\u00e9atow\u00e8<\/em>\u00a0\u00bb (Monwaih, 2017) traduits, \u00ab\u00a0divinit\u00e9s \u00e0 ramasser\u00a0\u00bb et constituent un des ingr\u00e9dients tr\u00e8s pris\u00e9s dans l\u2019art culinaire sawa. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect culinaire, l\u2019eau est le vecteur des diff\u00e9rents messages divins adress\u00e9s audit peuple; ces messages ont une influence sur l\u2019avenir non seulement du peuple <em>Sawa,<\/em> mais aussi du peuple camerounais. C\u2019est de cette croyance qu\u2019on tire aussi le nom du Cameroun\u00a0: <em>Rio Dos Camaro\u00e8s<\/em> (rivi\u00e8re des crevettes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez le peuple bantou et semi-bantou, l\u2019eau rev\u00eat une symbolique multidimensionnelle. Elle est ainsi per\u00e7ue comme un vecteur de vie. Selon les r\u00e9cits l\u00e9gendaires, \u00ab\u00a0le lieu de la premi\u00e8re cr\u00e9ation est un grand trou d\u2019eau tourbillonnante ou un lit de roseaux\u00a0\u00bb (Talkeu Tounouga, 2001, p.\u00a01). Le symbole de la f\u00e9condit\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019eau est tir\u00e9 du fait\u00a0que c\u2019est \u00e0 partir de l\u2019eau de pluie, de mare, du lac, de la source que les champs sont arros\u00e9s. Aussi l\u2019eau recueillie du creux d\u2019un arbre ou l\u2019eau de ros\u00e9 est-elle consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e, source de b\u00e9n\u00e9diction, une purification et une protection qui repoussent les forces mal\u00e9fiques. C\u2019est ainsi que \u00ab\u00a0chez les Bamil\u00e9k\u00e9s de l\u2019Ouest du Cameroun, le p\u00e8re b\u00e9nit sa fille le jour du mariage avec de l\u2019eau o\u00f9 trempent des feuilles de\u00a0Fefe, une sorte d\u2019\u00e9pinard qui symbolise la douceur, la concorde\u00a0\u00bb (Talkeu Tounouga, 1997, en ligne).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les Pygm\u00e9es, l\u2019eau est un instrument de communication. La pratique de l\u2019<em>Akutuk<\/em> (Talkeu Tounouga, 1997), r\u00e9serv\u00e9e aux femmes, est faite lors des activit\u00e9s de lessive et de p\u00eache afin de c\u00e9l\u00e9brer et d\u00e9livrer les messages divins.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Chez les Pal\u00e9o\/N\u00e9o-Soudanais, l\u2019eau est une ressource sacr\u00e9e qui permet d\u2019\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre entre le mat\u00e9riel et le spirituel. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9e comme une source de vie. Selon les r\u00e9cits de la culture sah\u00e9lienne, le miracle de la vie surgit et se multiplie \u00e0 la surface de la Terre gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau. Ainsi, la qu\u00eate de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du bien-\u00eatre est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la ressource hydrique (Sambou, 2016). Les populations pal\u00e9o\/n\u00e9o-soudanaises vivant en zone sah\u00e9lienne consid\u00e8rent cette derni\u00e8re comme une manifestation de la mis\u00e9ricorde divine. En effet, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau que les \u00ab\u00a0<em>jnoun<\/em>\u00a0\u00bb ou les g\u00e9nies sont chass\u00e9s (Bentounes, 2003). Ainsi, l\u2019eau est asperg\u00e9e sur les malades, le b\u00e9tail, les biens mat\u00e9riels afin de garantir la gu\u00e9rison, la f\u00e9condit\u00e9 et la purification. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect mythique, l\u2019eau rev\u00eat aujourd\u2019hui une dimension \u00e9conomique ind\u00e9niable.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">L\u2019eau, un instrument de d\u00e9veloppement<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La nouvelle perception que l\u2019on a de l\u2019eau modifie le rapport de l\u2019humain \u00e0 cette ressource. En effet, le d\u00e9veloppement scientifique et de la technologie ont induit un usage multifonctionnel de celle-ci. On peut citer, entre autres, l\u2019usage domestique, l\u2019irrigation agricole et la consommation industrielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9veloppement des techniques agricoles encourage les agriculteurs et agricultrices africain-e-s \u00e0 d\u00e9laisser les pratiques saisonni\u00e8res pour assurer la disponibilit\u00e9 des produits agricoles sur l\u2019ann\u00e9e. Les techniques d\u2019irrigation leur permettent d\u2019exercer sans une d\u00e9pendance exclusive \u00e0 l\u2019eau provenant des pluies. Il est ainsi fait mention d\u2019une agriculture pluviale et irrigu\u00e9e. Deux types de syst\u00e8me d\u2019irrigation sont pratiqu\u00e9s au Cameroun\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif qui \u00ab\u00a0se r\u00e9alise par submersion dans les grands p\u00e9rim\u00e8tres rizicoles am\u00e9nag\u00e9s en casiers dans les [r\u00e9gions] de l\u2019extr\u00eame nord, du nord (Lagdo) et du nord-ouest ou par aspersion dans les bananeraies industrielles de la [r\u00e9gions] du sud-ouest\u00a0\u00bb (FAO, 2005, p.\u00a03);<\/li>\n<li>le syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel qui \u00ab\u00a0consiste \u00e0 compenser un \u00e9ventuel d\u00e9ficit hydrique passager [par le biais de] petites motopompes, les d\u00e9viations de ruisseaux, ou les mares d\u2019eau\u00a0\u00bb (FAO, <em>ibid<\/em>.).<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">En 2000, le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif couvrait une superficie de 25\u00a0654 ha, environ 0,4\u00a0% de la superficie cultiv\u00e9e estim\u00e9e \u00e0 19,378\u00a0% (FAO, <em>ibid<\/em>.). En 2014, la surface cultiv\u00e9e est estim\u00e9e \u00e0 20,6\u00a0% et la consommation d\u2019engrais \u00e9tait approximativement 9,3 kilogrammes par hectare de terres arables (Banque mondiale, s. d., en ligne). Le syst\u00e8me d\u2019irrigation intensif est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans les pratiques des industries agricoles exer\u00e7ant sur le territoire camerounais tandis que le syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel est l\u2019apanage des individus. Bien qu\u2019\u00e9tant la m\u00e9thode la plus r\u00e9pandue au sein des communaut\u00e9s agricoles, la superficie d\u2019exploitation du syst\u00e8me d\u2019irrigation traditionnel demeure inconnue. Cela se justifie par le fait qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une technique couramment pratiqu\u00e9e dans l\u2019informel, de fa\u00e7on diss\u00e9min\u00e9e, par des cultivateurs et cultivatrices. Ceux-ci ou celles-ci le font soit individuellement, soit collectivement en milieu urbain ou dans les p\u00e9riph\u00e9ries des villes (FAO, <em>ibid<\/em>.). L\u2019alimentation des diff\u00e9rents syst\u00e8mes d\u2019irrigation provient des eaux de surface et de l\u2019eau souterraine. Le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019eau de surface et souterraine \u00e0 des fins d\u2019irrigation est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 74\u00a0% de la consommation d\u2019eau en 2000. L\u2019indice de production industrielle au Cameroun \u00e9tait de 100 en 2011. Ce dernier est pass\u00e9 de 115,7 en 2013 \u00e0 122,3 en 2014 (FAO, <em>ibid<\/em>.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En 2009, il est recens\u00e9 pr\u00e8s de 12\u00a0154 entreprises exer\u00e7ant dans le secteur secondaire\u00a0: textiles, confection, cuir, chaussure, alimentation, boisson et tabac, bois, papier, imprimerie, \u00e9dition, chimie, raffinage du p\u00e9trole, caoutchouc et plastique. Ces secteurs d\u2019activit\u00e9s sont r\u00e9partis comme suit dans les dix r\u00e9gions du Cameroun\u00a0: 80\u00a0% dans le littoral et 20\u00a0% dans le reste du pays (INS, 2009). Les tr\u00e8s petites entreprises repr\u00e9sentent de pr\u00e8s de 85\u00a0%, les grandes entreprises repr\u00e9sentent un peu plus de 2\u00a0% (INS, 2009, p.\u00a055). Leur consommation en eau a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e de 8\u00a0% en 2000 \u00e0 18\u00a0% en 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le faible niveau de disponibilit\u00e9 de la ressource \u00e9nerg\u00e9tique relativement \u00e0 la demande des industries et des m\u00e9nages oblige l\u2019\u00c9tat camerounais \u00e0 avoir recours \u00e0 plusieurs sources d\u2019\u00e9nergie, dont l\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique. C\u2019est dans cette logique que la conception des projets des barrages hydro\u00e9lectriques de <em>Lom Pangar<\/em>, <em>Memv\u00e9l\u00e9<\/em> et de <em>Warack<\/em> a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e. Une politique de d\u00e9veloppement qui renforce le besoin croissant en ressource hydraulique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon G\u00e9rard Payen, 80\u00a0% des eaux us\u00e9es en milieu urbain ne sont pas collect\u00e9es et trait\u00e9es (Payen, 2016). Ces eaux sont d\u00e9vers\u00e9es en \u00e9tat dans la nature et sont susceptibles de contaminer les eaux souterraines. Au Cameroun, 58\u00a0% de la population en milieu urbain et 42\u00a0% en milieu rural ont acc\u00e8s aux services basiques d\u2019assainissement (AFD<a class=\"footnote\" title=\"International Society of City and Regional Planners.\" id=\"return-footnote-335-1\" href=\"#footnote-335-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a>, 2009) et 59,8\u00a0% ont acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable de boisson (INS, 2012). La pollution des eaux est r\u00e9solument un souci croissant sur le continent africain. Cette croissance serait due aux mauvaises pratiques sanitaires\u00a0: les industries tout comme les individus d\u00e9versent leurs d\u00e9chets dans leur environnement imm\u00e9diat et m\u00eame dans les cours d\u2019eau. Toutefois, le faible niveau du d\u00e9veloppement et de l\u2019exploitation d\u2019infrastructure d\u2019assainissement peuvent r\u00e9sorber l\u2019ensemble des d\u00e9chets produits par la population croissante en milieu urbain. Les statistiques estiment le taux de la croissance d\u00e9mographique urbaine \u00e0 8\u00a0%, par an. La production moyenne de d\u00e9chets m\u00e9nagers par personne et par jour est comprise entre 500 et 600\u00a0g (MINEP<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, 2008), d\u2019o\u00f9 l\u2019estimation de 4\u00a0667\u00a0043,2 tonnes de d\u00e9chets solides par an pour 23\u00a0248\u00a0044 habitant-e-s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le taux de couverture en assainissement liquide en milieu urbain est estim\u00e9 \u00e0 56\u00a0% et de 35\u00a0% en milieu rural en 2010 (Water Partnership Programme, 2011, p.\u00a09). Les infrastructures d\u2019assainissement, dans la plupart des cas, sont install\u00e9es par les particuliers et particuli\u00e8res sans aucun recours \u00e0 des expertises en la mati\u00e8re. Ainsi, 80\u00a0% des m\u00e9nages utilisent des latrines non am\u00e9lior\u00e9es pour l\u2019\u00e9vacuation des aux us\u00e9es et 7\u00a0% utilisent des WC avec chasse sur fosse septique ou sur r\u00e9seau collectif. Une situation qui ne s\u2019am\u00e9liore pas au fil des ann\u00e9es et favorise des conditions d\u2019hygi\u00e8ne tr\u00e8s pr\u00e9caires. L\u2019estimation de d\u00e9chets solides industriels au Cameroun dans le secteur primaire et secondaire s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1\u00a0015\u00a0035 t\/an. En ce qui concerne les d\u00e9chets industriels liquides, les huiles usag\u00e9es sont estim\u00e9es \u00e0 70\u00a0000 tonnes\/an et les d\u00e9chets solvants \u00e0 84\u00a0290 m3\/an (MINEP, 2013). Selon le Minist\u00e8re de l\u2019environnement et de la protection de la nature, \u00ab\u00a0Le gisement national de solvants et des d\u00e9chets de peinture doit repr\u00e9senter au moins trois fois ce volume\u00a0\u00bb (MINEP, 2007, p.\u00a057). Les d\u00e9chets \u00e9manant des secteurs domestique, agricole et industriel provoquent une concentration qui exc\u00e8de la capacit\u00e9 d\u2019assimilation des cours d\u2019eau et donne lieu \u00e0 une eau de mauvaise qualit\u00e9, source de maladies hydriques et favorable au ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019eutrophisation. Il est donc n\u00e9cessaire de mettre en place des institutions de gestion de l\u2019eau.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La gestion des infrastructures d\u2019approvisionnement et d\u2019entretien\u00a0: un d\u00e9fi mon\u00e9taire et social<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau rev\u00eat dor\u00e9navant un int\u00e9r\u00eat non seulement social, mais \u00e9galement \u00e9conomique, politique et juridique (Berger et Roques, 2005). L\u2019un des d\u00e9fis majeurs de la gestion rationnelle de l\u2019eau dans le contexte social africain est d\u2019approvisionner des populations en une eau de qualit\u00e9. Au Cameroun, la loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant r\u00e9gime de l\u2019eau au Cameroun consacre l\u2019eau en bien du patrimoine national dont l\u2019\u00c9tat assure la protection et la gestion. Cette disposition vise \u00e0 impl\u00e9menter des diff\u00e9rents engagements de l\u2019\u00c9tat camerounais sur la sc\u00e8ne internationale. Lors des sommets de Dublin et de Rio en 1992, les programmes Gestion int\u00e9gr\u00e9e des Ressources en Eau (GIRE) et Agenda 21 ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019Agenda 21, il est question pour chaque \u00c9tat de garantir une gestion \u00e9quitable, solidaire, concert\u00e9e et participative. Quant au GIRE, quatre principes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 1- l\u2019eau est indispensable \u00e0 la vie dont la bonne gestion exige une approche globale qui concilie d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique et protection des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 2- le d\u00e9veloppement et la gestion de l\u2019eau doivent se fonder sur une approche participative, impliquant les usagers [et usag\u00e8res], les planificateurs [et planificatrices] et les d\u00e9cideurs [d\u00e9cideuses] politiques \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 3- les femmes jouent un r\u00f4le central dans l\u2019approvisionnement. La gestion et la pr\u00e9servation de l\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Principe 4- l\u2019eau a une valeur \u00e9conomique dans tous ses usages concurrentiels et doit \u00eatre reconnue comme un bien \u00e9conomique (Global Water Paternership, 2012, en ligne).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">En fait, ces principes pr\u00f4nent une gestion communautaire de l\u2019eau qui profiterait \u00e0 toutes les composantes de la soci\u00e9t\u00e9. Depuis 1997, il se tient un forum mondial de l\u2019eau tous les trois ans qui regroupe l\u2019ensemble des acteurs et actrices impliqu\u00e9-e-s dans la gestion de la ressource hydrique. La toute derni\u00e8re s\u2019est tenue en 2015. Durant ce forum, un accent particulier a \u00e9t\u00e9 mis sur la valeur humanitaire de l\u2019eau et de l\u2019assainissement. Ce qui r\u00e9sulta \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019Objectif du d\u00e9veloppement durable 6\u00a0: \u00ab\u00a0eau propre et assainissement\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit de garantir l\u2019acc\u00e8s \u00e9quitable de tous et de toutes \u00e0 l\u2019eau et aux services d\u2019assainissement, d\u2019y impliquer les populations locales, de mettre en \u0153uvre une gestion int\u00e9gr\u00e9e de l\u2019eau \u00e0 tous les niveaux (ONU, s. d.), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019adoption de ces diff\u00e9rents programmes sur la sc\u00e8ne internationale a permis \u00e0 l\u2019\u00c9tat camerounais de cadrer sa politique hydrique sur trois points majeurs\u00a0: la durabilit\u00e9, la pr\u00e9caution et la responsabilit\u00e9. Dans l\u2019ensemble, il est question de tenir compte de la nature limit\u00e9e, vuln\u00e9rable et indispensable de l\u2019eau dans ses diff\u00e9rents usages afin que chaque utilisateur et utilisatrice s\u2019abstienne de toute activit\u00e9 susceptible de cr\u00e9er des dommages graves et irr\u00e9versibles \u00e0 ce bien commun. Le principe <em>pollueur-payeur<\/em>\/<em>pr\u00e9leveur-payeur<\/em> est donc devenu capital pour les politiques de gestion de l\u2019eau. Dans la concr\u00e9tisation de ces diff\u00e9rents engagements, l\u2019\u00c9tat camerounais a opt\u00e9 pour une synergie entre les acteurs gouvernementaux et les parties prenantes du secteur priv\u00e9. La signature, le 19 avril 2007, de la lettre de politique sectorielle urbaine de l\u2019eau par le Premier ministre camerounais, parall\u00e8lement \u00e0 la publication de plusieurs d\u00e9crets et arr\u00eat\u00e9s en la mati\u00e8re, s\u2019inscrit dans ce sillage\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>d\u00e9cret n\u00b0 2001\/162\/PM du 08 mai 2001 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9signation des agents asserment\u00e9s pour la surveillance et le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des eaux;<\/li>\n<li>d\u00e9cret n\u00b0\u00a02001\/163\/PM du 08 mai 2001 r\u00e9glementant les p\u00e9rim\u00e8tres de protection autour des points de captage, de traitement et de stockage des eaux potalisables;<\/li>\n<li>d\u00e9cret n\u00b0\u00a02001\/164\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales;<\/li>\n<li>d\u00e9cret n\u00b02001\/165\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surfaces et des eaux souterraines contre la pollution;<\/li>\n<li>d\u00e9cret n\u00b0 2001\/216 du 02 ao\u00fbt 2001 portant cr\u00e9ation d\u2019un compte d\u2019affectation sp\u00e9ciale pour le financement des projets de d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re d\u2019eau et d\u2019assainissement, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019enjeu hydrique au Cameroun se situe ainsi \u00e0 trois niveaux\u00a0: le renforcement du niveau d\u2019approvisionnement des populations urbaines et p\u00e9riurbaines, une meilleure prise en compte des pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 l\u2019assainissement et un fonctionnement efficient et harmonieux du cadre institutionnel de gestion des ressources en eau. C\u2019est dans cette logique que l\u2019\u00c9tat camerounais a mis sous r\u00e9gime de concession et d\u2019affermage les services publics de l\u2019eau et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain camerounais. L\u2019eau est ainsi consacr\u00e9e\u00a0<em>Res Commercium;<\/em> l\u2019on passe d\u00e8s lors du \u00ab\u00a0principe de la gratuit\u00e9\u00a0\u00bb est \u00e0 celui de \u00ab\u00a0l\u2019eau pay\u00e9e\u00a0\u00bb. Le contrat de concession de travaux publics et de gestion du patrimoine de l\u2019hydraulique urbaine et p\u00e9riurbaine a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 capital public <em>Cameroon water utilities corporation <\/em>(CAMWATER) pour une dur\u00e9e de 30 ans renouvelable par 10 ans (d\u00e9cret n\u00b02009\/148 du 02 juin 2009).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En fait, la CAMWATER est d\u00e9sign\u00e9e gestionnaire sous tutelle \u00ab\u00a0des biens et droits affect\u00e9s au service public de l\u2019eau potable en milieu urbain et p\u00e9riurbain\u00a0\u00bb (article 2, d\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005). Elle a pour mission\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">la recherche et la gestion des financements pour l\u2019ensemble des infrastructures et ouvrages n\u00e9cessaires au captage, \u00e0 la production, au transport et au stockage, \u00e0 la distribution de l\u2019eau potable, la construction, la r\u00e9habilitation, le renouvellement, l\u2019extension et la gestion comptable et financi\u00e8re, des infrastructures de captage, de production, de transport, de stockage et de distribution de l\u2019eau potable (d\u00e9cret n\u00b02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Afin de remplir l\u2019ensemble de ces missions, un plan directeur de l\u2019hydraulique urbaine et p\u00e9riurbaine du Cameroun fut \u00e9labor\u00e9. Le contrat d\u2019affermage \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 fermi\u00e8re \u00ab\u00a0La Camerounaise des eaux\u00a0\u00bb (d\u00e9cret n\u00b0\u00a02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005) a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en date du 18 d\u00e9cembre 2007 pour une dur\u00e9e de 10 ans susceptible d\u2019\u00eatre prorog\u00e9e pour 5 ans par avenant. Cette soci\u00e9t\u00e9 est ainsi responsable de \u00ab\u00a0l\u2019exploitation du service public de la production, du transport et de la distribution d\u2019eau potable\u00a0\u00bb (d\u00e9cret n\u00b0\u00a02005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005). L\u2019installation de tout branchement au service de l\u2019eau est effectu\u00e9e aux frais de l\u2019abonn\u00e9-e. Cependant, l\u2019entretien est pris en charge par la Camerounaise des eaux. Les frais de branchement et de consommation d\u2019eau sont fix\u00e9s par un bordereau valid\u00e9 par le concessionnaire. Ce bordereau sera r\u00e9vis\u00e9 sous proposition du fermier sur la base de l\u2019acquisition de technologies efficaces et \u00e9conomiques. Parall\u00e8lement \u00e0 ces accords commerciaux, il est pr\u00e9vu des programmes de subvention afin de rendre accessible la ressource hydraulique aux populations les plus pauvres. Par ailleurs, les pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou souterraines \u00e0 des fins commerciales et industrielles sont soumis au paiement d\u2019une redevance (article 10, loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998; article 15, d\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001; article 23, d\u00e9cret n\u00b02001\/164\/PM du 8 mai 2001).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Conform\u00e9ment aux lois portant sur la d\u00e9centralisation et le transfert des responsabilit\u00e9s, la commune est institu\u00e9e administratrice des affaires locales, parmi lesquelles la gestion des centres urbains. Il revient ainsi aux communes de g\u00e9rer\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<ul>\n<li>l\u2019alimentation en eau potable,<\/li>\n<li>la protection des ressources en eaux souterraines et superficielles, des r\u00e9seaux destin\u00e9s \u00e0 la distribution de l\u2019eau,<\/li>\n<li>la cr\u00e9ation, l\u2019am\u00e9nagement, l\u2019entretien, l\u2019exploitation et la gestion des \u00e9quipements communautaires en mati\u00e8re d\u2019assainissement, eaux us\u00e9es et pluviales,<\/li>\n<li>la coordination des r\u00e9seaux urbains de distribution d\u2019\u00e9nergie, d\u2019eau potable (articles 16, 89, 110, loi n\u00b0 2004\/018 du 22 juillet 2004 fixant les r\u00e8gles applicables aux communes).<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Lors de la Conf\u00e9rence de Rio 20, les autorit\u00e9s locales et infranationales ont acquis une reconnaissance internationale dans le cadre de la promotion du d\u00e9veloppement durable au m\u00eame titre que les paliers nationaux, r\u00e9gionaux et mondiaux. Ainsi, celles-ci ont \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper des strat\u00e9gies promouvant, au niveau local, une gestion \u00e9quitable, solidaire, concert\u00e9e et participative. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on est arriv\u00e9 au concept de ville durable.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les enjeux de la ville durable\u00a0: la participation sociale<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Emelianoff (1999, p.\u00a019), la ville durable \u00ab\u00a0int\u00e9grer l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019un d\u00e9veloppement \u00e9quitable sur le double plan socio-\u00e9conomique et \u00e9cologique tant au niveau d\u2019un territoire qu\u2019\u00e0 celui de la plan\u00e8te tout enti\u00e8re\u00a0\u00bb. Cette explication du concept ville durable met en exergue un progr\u00e8s \u00e9conomique qui tient compte de l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et l\u2019enjeu \u00e9cologique. Deux tendances \u00e9mergent ainsi comme centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de cette \u00e9tude\u00a0: la question de la protection de l\u2019environnement comme exigence sociale essentielle de la population citadine (att\u00e9nuer et r\u00e9parer les impacts nocifs sur l\u2019environnement) et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 et le cadre de vie des citoyen-ne-s vivant en milieu urbain et p\u00e9riurbain (solidarit\u00e9, inclusion sociale, identit\u00e9 culturelle). Cette perception du d\u00e9veloppement met la personne humaine au centre des enjeux et fait de ce celle-ci un acteur ou une actrice majeur-e par le biais de l\u2019approche ascendante dite <em>bottom-up.\u00a0<\/em>Il est ainsi fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la participation citoyenne. Les citoyen-ne-s sont invit\u00e9-e-s dans un cadre pr\u00e9d\u00e9fini afin d\u2019exprimer leurs besoins et attentes. Selon Pascal Simard (2010, p.\u00a035), \u00ab\u00a0il ne s\u2019agit plus ici d\u2019am\u00e9liorer la participation des citadin[e]s \u00e0 une d\u00e9cision publique \u2018\u2018descendante\u2019\u2019, mais d\u2019acter leur participation \u00e0 la \u2018\u2018fabrication de la ville\u2019\u2019 et de concevoir l\u2019action publique \u00e0 partir des dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre au sein de la soci\u00e9t\u00e9 urbaine locale\u00a0\u00bb. Il s\u2019ensuit alors l\u2019\u00e9laboration de deux formes de participation\u00a0: la participation publique\/sociale et la participation \u00e9lectorale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Thibault, Lequin et Trembaly (2000, p.\u00a011), la participation publique\/sociale est le \u00ab\u00a0processus d\u2019\u00e9change volontaire entre une organisation qui accorde un certain degr\u00e9 de pouvoir aux personnes touch\u00e9es par elle et ces personnes qui acceptent en retour un certain degr\u00e9 de mobilisation en faveur de l\u2019organisation\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 la participation \u00e9lectorale, il s\u2019agit d\u2019une pratique dont le fondement est la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Chaque citoyen-ne fait usage de son droit et devoir civil et politique de voter un repr\u00e9sentant aux diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9 (Thibault, Lequin et Tremblay, 2000). Dans le cadre de cette \u00e9tude, les analyses se regroupent autour de la participation publique\/sociale. Cette derni\u00e8re est ainsi per\u00e7ue comme cette nouvelle orientation conceptuelle qui a pour but de renverser la scission faite entre l\u2019efficacit\u00e9 administrative et la libre action des citoyen-ne-s par leur pr\u00e9sence concr\u00e8te au sein des prises de d\u00e9cision. Il est accord\u00e9 un espace aux citoyen-ne-s qui expriment leurs attentes portant le label de valeurs, priorit\u00e9s de la collectivit\u00e9 dans laquelle ils vivent; des valeurs et priorit\u00e9s qui sont appel\u00e9es \u00e0 servir de principes directeurs dans l\u2019\u00e9laboration des textes juridiques, de politiques publiques, de programmes d\u2019am\u00e9nagement, etc. \u00ab\u00a0D\u00e8s lors, la\u00a0<em>participation<\/em>\u00a0appara\u00eet comme une sorte de r\u00e9cup\u00e9ration en esprit de ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu en fait\u00a0\u00bb (Dumont, 1979, paragr. 35).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Du fait de la nature progressive et compl\u00e9mentaire du r\u00e9gime de d\u00e9centralisation en vigueur au Cameroun, les communes ne poss\u00e8dent pas encore suffisamment d\u2019autorit\u00e9 administrative et de moyens financiers pour assumer les responsabilit\u00e9s relatives \u00e0 la gestion de l\u2019eau comme prescrit par la loi. Il est ainsi not\u00e9 une forte centralisation administrative de la gestion de la ressource hydrique laissant ainsi les communes et, par ricochet, les citoyen-ne-s en position d\u2019observateurs ou d\u2019observatrices et non de participant-e-s. Cet \u00e9tat de choses a une r\u00e9percussion nocive sur la valeur sociale de l\u2019eau. Cela s\u2019explique par l\u2019absence de plateforme de participation des citoyen-ne-s dans les projets urbains portant sur la gestion de l\u2019eau. Ainsi, les prises de d\u00e9cision et leur impl\u00e9mentation sont faites suivant le principe <em>top down<\/em> contrairement au principe pr\u00f4n\u00e9 par les Objectifs de d\u00e9veloppement durable. L\u2019enjeu est celui d\u2019une gestion efficiente de l\u2019eau en milieu urbain par la \u00ab\u00a0municipalisation des services de l\u2019eau\u00a0\u00bb (Kouam Kenmogne, 2013, p.\u00a027). Autrement dit, cela revient \u00e0 int\u00e9grer des m\u00e9canismes de participation du public \u00e0 l\u2019\u00e9laboration et l\u2019impl\u00e9mentation des politiques publiques relatives \u00e0 la gestion de l\u2019eau. Parmi les m\u00e9canismes recommand\u00e9s, il figure la GIRE. Faire mention des m\u00e9canismes de la GIRE qui facilitent l\u2019association de toutes les parties prenantes au processus d\u00e9cisionnel, c\u2019est \u00e9noncer l\u2019impact social de cette approche en termes de garantie de la coh\u00e9sion sociale. Il est de plus en plus fait recours aux \u00ab\u00a0mod\u00e9lisations participatives\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Une gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau\u00a0: en qu\u00eate de la mise sur pied d\u2019un \u00e9quilibre socio\u00e9conomique et environnemental<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La gestion de l\u2019eau met en \u00e9vidence le manque d\u2019acc\u00e8s des populations \u00e0 des quantit\u00e9s suffisantes d\u2019eau pour la consommation humaine et environnementale (Grafton <em>et al.<\/em>, 2014). Le d\u00e9fi cr\u00e9\u00e9 par l\u2019utilisation multifonctionnelle et la forte demande en eau a donn\u00e9 place \u00e0 la mon\u00e9tisation de cette ressource, mettant ainsi en p\u00e9ril la garantie du droit de la personne humaine \u00e0 l\u2019eau. C\u2019est dans la perspective de mettre en place des m\u00e9canismes pouvant contribuer \u00e0 la forte consid\u00e9ration soci\u00e9tale des droits de la personne humaine, relativement \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une eau potable pour tous et pour toutes, que l\u2019approche de GIRE fut \u00e9labor\u00e9e, vulgaris\u00e9e et impl\u00e9ment\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Molle reprend la d\u00e9finition de la GIRE donn\u00e9e par la Global Water Paternership.\u00a0Il s\u2019agit, en effet d\u2019\u00bb\u00a0un processus qui favorise le d\u00e9veloppement et la gestion coordonn\u00e9s de l\u2019eau, de la terre et des ressources connexes, afin de maximiser le bien-\u00eatre \u00e9conomique et social r\u00e9sultant de mani\u00e8re \u00e9quitable sans compromettre la durabilit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes vitaux\u00a0\u00bb (GWP, cit\u00e9 par Molle, 2012, p.\u00a025). Selon Vuyisile Zenani et Asha Mistri (2005), la mise en \u0153uvre d\u2019une approche int\u00e9gr\u00e9e dans la gestion de l\u2019eau implique la prise en consid\u00e9ration de la totalit\u00e9 des valeurs attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019eau par diff\u00e9rents individus et communaut\u00e9s. La GIRE est ainsi consid\u00e9r\u00e9e comme un outil contribuant \u00e0 augmenter la r\u00e9silience face aux al\u00e9as climatiques tels que la s\u00e9cheresse et les inondations. Cette disposition augmente la s\u00e9curit\u00e9 hydrique qui est tributaire de la mise sur pied d\u2019un syst\u00e8me de coop\u00e9ration. Cette derni\u00e8re peut \u00eatre atteinte par ce que les expert-e-s en n\u00e9gociation appellent des <em>valeurs sup\u00e9rieures<\/em>. Une valeur sup\u00e9rieure est une approche de concertation favorisant l\u2019escalade du d\u00e9bat tout en ayant la capacit\u00e9 de g\u00e9rer les points de divergence et les conflits pour l\u2019atteinte d\u2019un point de convergence et de synergie de parties prenantes (Delli Priscoli, 2000). C\u2019est dans cette logique que le principe de l\u2019\u00e9quilibre dans le cadre d\u2019un d\u00e9veloppement qui a pour composante la croissance \u00e9conomique, l\u2019inclusion sociale et l\u2019\u00e9quilibre environnemental est \u00e9nonc\u00e9 . La culture est l\u2019\u00e9l\u00e9ment nouveau qui vient s\u2019ajouter \u00e0 cette liste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le\u00a0Global Water Partnership (2012) met donc l\u2019accent sur une meilleure r\u00e9partition et utilisation de l\u2019eau et sur l\u2019importance d\u2019associer toutes les parties prenantes au processus d\u00e9cisionnel. Il est question d\u2019inclure la dimension culturelle dans les politiques publiques, dans les plans de d\u00e9veloppement national et de les concr\u00e9tiser par des actions visibles dans les secteurs de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019\u00e9conomie, de la science, de la communication, de l\u2019environnement, de la coh\u00e9sion sociale et de la coop\u00e9ration internationale. Dans le souci de syst\u00e9matiser son impl\u00e9mentation, l\u2019approche de GIRE prend en consid\u00e9ration trois niveaux d\u2019intervention\u00a0dans le secteur de l\u2019eau\u00a0: l\u2019op\u00e9rationnel, l\u2019organisationnel et la normalisation. Il est question de garantir un environnement favorable et de clarifier le r\u00f4le des parties prenantes dans l\u2019usage efficient des instruments de gestion appropri\u00e9s (Kouam Kenmogne, 2013). Kouam Kenmogne, Mpakam, Ayonghe Ndonwy, Djomoudou Bopda et Ekodeck (2006, paragr. 11) d\u00e9nombrent treize domaines de changement de la GIRE\u00a0: le \u00ab\u00a0Cadre politique\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0Cadre l\u00e9gislatif\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Structure de financement\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0cadre organisationnel\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9dification des capacit\u00e9s institutionnelles\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00c9valuation des ressources en eau\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement des plans pour la GIRE\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0Gestion de la demande\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments de changement social, la r\u00e9solution des conflits\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments r\u00e9glementaires\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Instruments \u00e9conomiques\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0\u00c9change et la gestion des informations\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, le GIRE consid\u00e8re que la surconsommation et la pollution sont les causes principales de la p\u00e9nurie d\u2019eau. Par cons\u00e9quent, il est question d\u2019\u00e9laborer des m\u00e9canismes qui contribuent \u00e0 la pr\u00e9servation des sources naturelles d\u2019approvisionnement de toute forme de souillure et \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de celles-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon l\u2019OMS, il est important d\u2019adopter des modes de vie qui permettent d\u2019utiliser moins d\u2019eau, notamment l\u2019utilisation d\u2019eau de recyclage. La quantit\u00e9 d\u2019eau n\u00e9cessaire et consomm\u00e9e dans l\u2019irrigation peut \u00eatre r\u00e9duite via la r\u00e9duction de l\u2019\u00e9vaporation non productive jusqu\u2019\u00e0 50\u00a0% en couvrant le sol avec du paillis. L\u2019adoption de vari\u00e9t\u00e9s de culture avec de grandes canop\u00e9es devrait \u00eatre de mise pour am\u00e9liorer de l\u2019ombrage du sol. En outre, la pratique des m\u00e9thodes d\u2019irrigation modernes et moins consommatrices d\u2019eau serait d\u2019un grand apport. Contrairement aux m\u00e9thodes utilisant des arrosoirs et canons qui consomment des quantit\u00e9s massives d\u2019eau, l\u2019irrigation par goutte-\u00e0-goutte est \u00e0 consid\u00e9rer une meilleure alternative. Cette derni\u00e8re permet \u00e0 l\u2019eau de s\u2019\u00e9goutter directement \u00e0 la surface du sol \u00e0 travers un r\u00e9seau de tuyauterie. Cela peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en enterrant le syst\u00e8me de goutte-\u00e0-goutte pour fournir de l\u2019eau directement au r\u00e9seau de racines. Cette m\u00e9thode est efficace, car elle permet de r\u00e9duire les pertes par \u00e9vaporation et le lavage des engrais (Mato, s. d., en ligne).<\/p>\n<div style=\"text-align: justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-337\" src=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine.jpg\" alt=\"\" width=\"993\" height=\"485\" srcset=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine.jpg 993w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine-300x147.jpg 300w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine-768x375.jpg 768w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine-65x32.jpg 65w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine-225x110.jpg 225w, https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2021\/01\/Irrigation_Victorine-350x171.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 993px) 100vw, 993px\" \/><\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, la promotion de la municipalisation de la gestion de l\u2019eau et le renforcement de l\u2019implication de l\u2019expertise en impact environnemental dans les diff\u00e9rents projets de construction d\u2019infrastructure en milieu urbain figurent parmi les m\u00e9canismes envisag\u00e9s. Il sera ainsi de la responsabilit\u00e9 fonctionnelle des municipalit\u00e9s assist\u00e9es d\u2019expert-e-s en la mati\u00e8re de veiller \u00e0 pr\u00e9venir la r\u00e9duction des capacit\u00e9s d\u2019infiltration et de r\u00e9tention d\u2019eau des sols afin d\u2019\u00e9viter toute \u00e9ventuelle inondation et s\u00e9cheresse. Autrement dit, la conduite d\u2019une \u00e9valuation d\u2019impact environnemental devrait \u00eatre une condition <em>sine qua non<\/em> pour la validation de tout projet (construction de logements, d\u2019industries, de centres de loisir aquatique, etc.) par les municipalit\u00e9s. Ce qui implique la mise sur pied d\u2019une plateforme de concertation permettant d\u2019informer, de sensibiliser, d\u2019\u00e9duquer et de recueillir les avis et suggestion des populations de la zone cible du projet afin d\u2019une meilleure contextualisation dudit projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout en contribuant \u00e0 la garantie de la coh\u00e9sion sociale, les m\u00e9canismes propos\u00e9s par la GIRE favorisent \u00e9galement la valorisation des savoirs locaux. Ils soulignent \u00e9galement l\u2019importance de consid\u00e9rer l\u2019\u00e9quilibre du genre dans la prise de d\u00e9cision (Fondation 2IE, 2010), car les femmes jouent un grand r\u00f4le en tant qu\u2019usag\u00e8res de cette ressource. Celles-ci ont le devoir d\u2019alimenter les m\u00e9nages en eau. Cette approche offre \u00e0 tou-te-s les usagers et usag\u00e8res une plateforme d\u2019expression dans laquelle ils ou elles pourront contribuer \u00e0 la gestion durable de la ressource-eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le recyclage des eaux us\u00e9es est \u00e9galement cit\u00e9 comme une solution aux probl\u00e8mes de l\u2019eau. Il est question, par ce m\u00e9canisme, de proposer, d\u2019une part, une source suppl\u00e9mentaire aux consommateurs et consommatrices de la ressource hydrique et, d\u2019autre part, une valorisation \u00e9conomique des eaux us\u00e9es. Cela permettra de r\u00e9duire consid\u00e9rablement les pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface et souterraines. L\u2019exemple des pays arabes est une illustration de la r\u00e9ussite de ce m\u00e9canisme\u00a0: traitant 71\u00a0% des eaux us\u00e9es, 21\u00a0% de ces derni\u00e8res sont utilis\u00e9es pour l\u2019irrigation et la recharge des eaux souterraines qui garantissent la s\u00e9curit\u00e9 hydrique (WWAP, 2016). En outre, les eaux us\u00e9es sont aussi utilis\u00e9es comme engrais utiles pour l\u2019activit\u00e9 agricole, mais \u00e9galement comme une source d\u2019\u00e9nergie\u00a0: biogaz, production de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, chauffage et refroidissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les m\u00e9canismes de gestion de l\u2019eau qui viennent d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s pourraient inspirer le Cameroun qui est actuellement dans une qu\u00eate croissante de source d\u2019approvisionnement en \u00e9nergie. Ce pays pourrait aussi y trouver un moyen de respecter ses engagements internationaux relativement aux changements climatiques. Certain-e-s chercheurs et chercheuses recommandent de plus en plus l\u2019utilisation des urines dans l\u2019activit\u00e9 agricole. Cette recommandation trouve son fondement dans la forte teneur de l\u2019urine en azote (88\u00a0%) et en phosphore (66\u00a0%). Le phosphore min\u00e9ral sera ainsi mieux pr\u00e9serv\u00e9. Cette solution est une alternative viable et opportune qui int\u00e8gre les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la pollution hydrique provenant de l\u2019agriculture. Il s\u2019agit surtout revoir l\u2019utilisation surabondante des engrais et autres produits agrochimiques qui sont souvent emport\u00e9s par les pluies dans les courants d\u2019eau et favorisent la prolif\u00e9ration d\u2019algues et, partant, de l\u2019eutrophisation (ISOCARP<a class=\"footnote\" title=\"International Society of City and Regional Planners.\" id=\"return-footnote-335-2\" href=\"#footnote-335-2\" aria-label=\"Footnote 2\"><sup class=\"footnote\">[2]<\/sup><\/a>, 2014, WWAP, 2016). La contamination due \u00e0 une utilisation excessive des engrais peut entra\u00eener l\u2019\u00e9puisement de l\u2019oxyg\u00e8ne. La cons\u00e9quence sera alors la mort des habitants naturels des cours d\u2019eau et la perturbation des activit\u00e9s de p\u00eache des populations environnantes. La contamination par les nutriments ne se limite pas aux cours d\u2019eau adjacents, mais peut \u00e9galement s\u2019\u00e9tendre jusqu\u2019aux r\u00e9gions avoisinantes. De m\u00eame, il s\u2019agit de mettre une emphase sur le contr\u00f4le de la quantit\u00e9 maximale d\u2019engrais n\u00e9cessaire pour un sol (loi n\u00b0 2003\/007 du 10 juillet 2003). Cela emp\u00eacherait les autres utilisateurs et utilisatrices de l\u2019eau de souffrir de l\u2019effet de la pollution par l\u2019agriculture.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Afrique centrale enregistre le plus faible taux d\u2019adoption et de mise en \u0153uvre de la GIRE (ISOCARP, 2014). Cet \u00e9tat de choses serait d\u00fb \u00e0 la faible capacit\u00e9 de financement d\u2019acquisition des infrastructures et technologies requises pour la conduite et la mise en \u0153uvre de ladite approche. Selon Berger et Roques,<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">l\u2019industrie de l\u2019eau recouvre ici toute une entreprise morale qui r\u00e9pond \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau pour tous [et pour toutes]. Elle valorise l\u2019eau. Si pour les uns [et les unes] elle met en \u00e9vidence les besoins vitaux, pour les autres elle favorise l\u2019av\u00e8nement du bien-\u00eatre. Cette industrie de l\u2019eau est \u00e0 la source de nouvelles formes communes de consommation (Berger et Roques, 2005, p.\u00a015).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019eau devient ainsi un objet marchand qui attire les grandes multinationales (Maris, 2002). L\u2019appropriation de cette ressource cr\u00e9e d\u00e8s lors des tensions. \u00ab\u00a0L\u2019imp\u00e9rieuse activit\u00e9 \u00e9conomique met en place un syst\u00e8me dont l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 s\u2019inscrit entre une communaut\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats et des int\u00e9r\u00eats particuliers\u00a0\u00bb (Berger et Roques, <em>ibid<\/em>., p.\u00a016). Les pr\u00e9visions de croissance de l\u2019\u00e9conomie africaine \u00e0 long terme d\u00e9signent la ressource hydrique comme un facteur incontournable pour faire face aux crises socio-\u00e9conomiques \u00e0 venir. S\u2019inscrivant dans la logique de la solidarit\u00e9 internationale, un r\u00e9seau d\u2019assistance technique et scientifique est implant\u00e9 pour la cause d\u2019une eau potable accessible \u00e0 tous et \u00e0 toutes. Toutefois, le processus\u00a0<em>donor-led<\/em> serait la moindre des perspectives \u00e0 adopter dans une logique d\u2019atteinte des r\u00e9sultats soutenables. L\u2019approche la plus appropri\u00e9e serait la mobilisation de <em>funding seed<\/em> des bailleurs de fonds dans l\u2019optique d\u2019instaurer une coop\u00e9ration de partenariat et non d\u2019assistanat. Conform\u00e9ment aux principes de Dublin-Rio d\u00e9velopp\u00e9s en 1992, l\u2019eau potable est une ressource finie et vuln\u00e9rable, essentielle pour la survie, le d\u00e9veloppement et l\u2019environnement.<\/p>\n<h2 class=\"hanging-indent\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">AFD. 2009. Am\u00e9lioration de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable \u00e0 Yaound\u00e9 et dans trois villes secondaires. Note de communication publique d\u2019op\u00e9ration r\u00e9publique du Cameroun CCM 6011.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bentounes, Cheikh Khaled. 2003. Eau profane, eau sacr\u00e9e. <em>Symposium international de l\u2019eau<\/em> (5e \u00e9dition). Cannes, Palais des festivals de Cannes, juin.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Berger, Corinne et Roques, Jean Luc. 2005.\u00a0<em>L\u2019eau comme fait social\u00a0: transparence et opacit\u00e9 dans la gestion locale de l\u2019eau<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bernard, Maris. 2002. L\u2019app\u00e9tit vorace des multinationales. <em>Le Monde diplomatique<\/em>, <em>65<\/em>, 72-76.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/164\/PM du 08 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vements des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/165 du 8 mai 2001 pr\u00e9cisant les modalit\u00e9s de protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2001\/216 du 02 ao\u00fbt 2001 portant cr\u00e9ation d\u2019un compte d\u2019affectation sp\u00e9ciale pour le financement des projets de d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re d\u2019eau et d\u2019assainissement.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gation des services publics de l\u2019eau potable et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b0 2005\/493 du 31 d\u00e9cembre 2005 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9l\u00e9gation des services publics de l\u2019eau potable et de l\u2019assainissement liquide en milieu urbain et p\u00e9riurbain, et Contrat d&rsquo;affermage du service public de l\u2019alimentation en eau potable des centres urbains et p\u00e9riurbains du Cameroun, Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9nergie et de l\u2019eau.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/162\/PM du 08 mai 2001 fixant les modalit\u00e9s de d\u00e9signation des agents asserment\u00e9s pour la surveillance et le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des eaux.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/163\/PM du 08 mai 2001 r\u00e9glementant les p\u00e9rim\u00e8tres de protection autour des points de captages, de traitement et de stockage des eaux potalisables.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02001\/164\/PM du 8 mai 2001 pr\u00e9cise les modalit\u00e9s et conditions de pr\u00e9l\u00e8vement des eaux de surface ou des eaux souterraines \u00e0 des fins industrielles ou commerciales.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">D\u00e9cret n\u00b02009\/148 du 02 juin 2009<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Dumont, Fernand. 1979. L\u2019id\u00e9e de d\u00e9veloppement culturel\u00a0: esquisse pour une psychanalyse. <em>D\u00e9couvertes et red\u00e9couvertes<\/em>, <em>XI<\/em> (1). Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/sociologies\/283\">https\u00a0:\/\/journals.openedition.org\/sociologies\/283<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Emelianoff, Cyria. 1999. <em>La ville durable, un mod\u00e8le \u00e9mergeant (Porto, Strasbourg, Gdansk)<\/em>. Th\u00e8se de troisi\u00e8me cycle de g\u00e9ographie, Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esoh Elame, Joseph. 2004. Interculturaliser le d\u00e9veloppement durable. <em>Actes du Colloque D\u00e9veloppement durable\u00a0: le\u00e7ons et perspectives<\/em> (tome 1, p.\u00a071-80). Universit\u00e9 de Ouagadougou, Agence Universit\u00e9 de la Francophonie, Agence Intergouvernementale de la Francophonie.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Esoh\u00a0Elame, Joseph. 2006. La prise en compte du magico-religieux dans les probl\u00e9matiques de d\u00e9veloppement durable\u00a0: le cas du Ngondo chez les peuples Sawa du Cameroun.\u00a0<em>VertigO. La revue \u00e9lectronique en sciences de l\u2019environnement<\/em>, <em>7<\/em> (3).\u00a0Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse http\u00a0:\/\/vertigo.revues.org\/2685; DOI\u00a0: 10.4000\/vertigo.2685<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">FAO. 2005. <em>L\u2019Irrigation en Afrique en chiffres \u2013 Enqu\u00eate AQUASAT 2005. Cameroun<\/em>. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.fao.org\/nr\/water\/aquastat\/countries_regions\/CMR\/CMR-CP_fra.pdf\">http\u00a0:\/\/www.fao.org\/nr\/water\/aquastat\/countries_regions\/CMR\/CMR-CP_fra.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Fondation 2IE. 2010. <em>Manuel technique de gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Grafton, Quentin R., Wyrwoll, Paul, White, Chris et Allendes, David (dir.). 2014. <em>Global Water\u00a0: Issues and Insights<\/em>. Canberra\u00a0: Australian National University Press.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">INS. 2012. <em>Rapport national de progr\u00e8s des objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement l\u2019ann\u00e9e 2012<\/em>. Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 2003\/007 du 10 juillet 2003 r\u00e9gissant les activit\u00e9s du sous-secteur engrais au Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 2004\/018 du 22 juillet 2004 fixant les r\u00e8gles applicables aux communes<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant r\u00e9gime de l\u2019eau au Cameroun.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Loi n\u00b0 98\/005 du 14 avril 1998 portant R\u00e9gime de l\u2019eau institue deux taxes servant au financement de l\u2019assainissement liquide.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mar\u00e9chal, Luc. 2003. La ville au centre de tout. <em>Naturopa<\/em>, <em>100<\/em>, 4.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">MINEP.\u00a02013. <em>Profil national sur la gestion des produits chimiques au Cameroun<\/em> (document de travail). Yaound\u00e9, Cameroun. <a href=\"http:\/\/www.minep.gov.cm\/index.php?option=]com_docman&amp;task=doc_download&amp;gid=185&amp;Itemid=30&amp;lang=fr\">http\u00a0:\/\/www.minep.gov.cm\/index.php?option=]com_docman&amp;task=doc_download&amp;gid=185&amp;Itemid=30&amp;lang=fr<\/a> (consult\u00e9 le 14\/10\/2019)<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mokake, Flavius M. 2012. Social Peace and the Ngondo Traditional Festival of the Duala of Cameroon. <em>African Conflict and Peacebuilding Review<\/em>, 2 (2), 88-103.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Monwaih. 2017.\u00a0Les croyances religieuses traditionnelles chez les Duala. Document en ligne consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse https\u00a0:\/\/monwaih.com\/le-pantheon-duala\/<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Mulago Gwa Cikala Mush. 1980. <em>La religion traditionnelle des Bantu et leur vision du monde<\/em> (2e \u00e9dition). Kinshasa\u00a0: Facult\u00e9 de Th\u00e9ologie catholique.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Panoff, M. et Perrin, M.1973. <em>Dictionnaire de l\u2019ethnologie<\/em>. Paris\u00a0: Payot.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Payen, G\u00e9rard. 2016. En route vers habitat III, agir pour la r\u00e9ussite des objectifs de d\u00e9veloppement durable mondiaux [en ligne]. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.thinktank-resources.com\/fr\/publications\/prises-de-parole\/gerard-payen-et-la-priorite-dhabitat-iii-agir-pour-la-reussite-des-objectifs-de-developpement-1\">http\u00a0:\/\/www.thinktank-resources.com\/fr\/publications\/prises-de-parole\/gerard-payen-et-la-priorite-dhabitat-iii-agir-pour-la-reussite-des-objectifs-de-developpement-1<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rinne, Eva-Marita. 2001. Water and Healing &#8211; Experiences from the Traditional Healers in Ile-Ife, Nigeria. <em>Nordic Journal of African Studies<\/em>, <em>10<\/em> (1), 41-65.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Sambou, Armel. 2016. L\u2019histoire \u00ab\u00a0de l\u2019eau\u00a0\u00bb\u00a0: contribution \u00e0 la compr\u00e9hension des relations intercommunautaires aux abords sud du lac Tchad. <em>Dialogue &amp; Paix<\/em>, 5, 129-147.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Simard, Pascal. 2010. Comment faire la ville durable?. Document consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"http:\/\/www.urbalyon.org\/PDF\/Comment_faire_la_ville_durable_--3184\">www.urbalyon.org\/PDF\/Comment_faire_la_ville_durable_&#8211;3184<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Talkeu Tounouga, Camille. 1997. La fonction symbolique de l\u2019eau en Afrique noire\u00a0: une approche culturelle. Dans Association Leonardo\/OLATS, <em>Le G\u00e9nie et le pouvoir de l\u2019eau\/The Spirit and power of water<\/em> (page web). Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.olats.org\/africa\/projets\/gpEau\/pouvoir\/contrib\/contrib_talkeu.php\">https\u00a0:\/\/www.olats.org\/africa\/projets\/gpEau\/pouvoir\/contrib\/contrib_talkeu.php<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Thibault, Andr\u00e9, Lequin, Marie et Tremblay, Mireille. 2000. <em>Cadre de r\u00e9f\u00e9rence de la participation publique (D\u00e9mocratique, utile et cr\u00e9dible)<\/em> (Rapport). Conseil de la sant\u00e9 et du bien-\u00eatre, Biblioth\u00e8que nationale du Qu\u00e9bec, 9 octobre 2000. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.csbe.gouv.qc.ca\/fileadmin\/www\/Archives\/ConseilSanteBienEtre\/Rapports\/20001009_rapp_cfr.pdf\">https\u00a0:\/\/www.csbe.gouv.qc.ca\/fileadmin\/www\/Archives\/ConseilSanteBienEtre\/Rapports\/20001009_rapp_cfr.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\">Zenani, Vuyisile et Mistri, Asha. 2005. <em>A Desktop study on the Cultural and Religious uses of water using regional case studies from South Africa<\/em>. Department of water affairs and forestry lefapha la metsi le dinkgwa umnyango wezamanzi nezamahlathi, Environmental Evaluation Unit, University of Cape Town.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/victorinenzino\">Victorine Ghislaine NZINO MUNONGO<\/a><\/strong><br \/>Victorine Ghislaine NZINO MUNONGO est une sociojuriste int\u00e9ress\u00e9e par les questions relatives aux droits de la personne humaine et au d\u00e9veloppement durable. Elle est autrice de plusieurs articles scientifiques et un livre sur la s\u00e9curit\u00e9, l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie, les politiques de gestion des d\u00e9chets et les questions de genre qui lui ont valu le prix du \u00ab meilleur jeune chercheur 2015 \u00bb du Minist\u00e8re de la recherche scientifique et de l\u2019innovation (Cameroun). Titulaire d\u2019un master en Droits de l\u2019humain et Action humanitaire, ax\u00e9 d\u00e9veloppement durable, et d\u2019un master professionnel en D\u00e9fense, strat\u00e9gie, gestion des conflits et des catastrophes, elle est engag\u00e9e dans une d\u00e9marche d\u2019\u00e9valuation des politiques publiques fond\u00e9e sur les droits humains. Son objectif principal est d\u2019influencer l\u2019\u00e9laboration des politiques publiques pour aboutir \u00e0 des r\u00e9formes efficaces sur le plan social et le d\u00e9veloppement durable.<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/contributors\/martha-eneke-munongo\">Martha ENEKE MUNONGO<\/a><\/strong><br \/>Martha ENEKE MUNONGO est ing\u00e9nieure de conception du G\u00e9nie de l\u2019environnement, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure des Travaux Publics (Cameroun, 2015). Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de formation et stages effectu\u00e9s dans des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es au Cameroun, elle a acquis une expertise dans le domaine environnemental. Elle compte \u00e0 son actif plusieurs \u00e9tudes dans le domaine; entre autres l\u2019\u00e9tude sur la production et la caract\u00e9risation des engrais et du biochar \u00e0 base de cabosses de cacao publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2017. Elle est actuellement inspectrice au Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du D\u00e9veloppement Durable. Elle est int\u00e9ress\u00e9e par est la pratique de l\u2019agriculture dans le respect des normes environnementales.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-335-1\">International Society of City and Regional Planners. <a href=\"#return-footnote-335-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><li id=\"footnote-335-2\">International Society of City and Regional Planners. <a href=\"#return-footnote-335-2\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 2\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["victorinenzino","martha-eneke-munongo"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[155,61],"license":[],"class_list":["post-335","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-acces-a-leau","motscles-developpement-durable","motscles-economie","motscles-hydraulique","motscles-tradition","keywords-access-to-water","keywords-economy","keywords-hydraulics","keywords-sustainable-development","keywords-tradition","contributor-martha-eneke-munongo","contributor-victorinenzino"],"part":308,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/335","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/335\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":554,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/335\/revisions\/554"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/308"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/335\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=335"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=335"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=335"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/ngabandibolel\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=335"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}