{"id":197,"date":"2021-09-22T10:27:07","date_gmt":"2021-09-22T08:27:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/?post_type=chapter&#038;p=197"},"modified":"2022-05-21T18:09:34","modified_gmt":"2022-05-21T16:09:34","slug":"mino2021","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/texte\/mino2021\/","title":{"rendered":"Le r\u00f4le de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation dans le d\u00e9veloppement de Madagascar"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Madagascar est la grande \u00eele situ\u00e9e au large de la c\u00f4te sud-est du continent africain. De nombreuses recherches anthropologiques et ethnolinguistiques d\u00e9montrent les origines diverses de sa population. Bien que ce pays ne poss\u00e8de pas encore, \u00e0 cette date, de politique claire de traduction, nous pouvons affirmer le r\u00f4le non n\u00e9gligeable que cette derni\u00e8re a n\u00e9anmoins jou\u00e9 dans le d\u00e9veloppement du pays tout au long de son histoire \u2013 que nous survolerons bri\u00e8vement sous l\u2019angle linguistique. L\u2019\u00e9criture malgache a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e en 1823. Ainsi, nous verrons que la langue est enfin \u00ab\u00a0\u00e9quip\u00e9e\u00a0\u00bb pour permettre la contribution de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de la vie malgache sous les aspects suivants\u00a0: litt\u00e9raire et culturel, religieux, diplomatique, politique, \u00e9conomique et scientifique. Finalement, la lacune susmentionn\u00e9e dans la l\u00e9gislation se fait sentir de nos jours dans une absence de coordination et, parfois, dans un amateurisme \u00e0 d\u00e9plorer dans le domaine de la traduction. Ce constat nous conduira \u00e0 avancer quelques suggestions pour parer \u00e0 cette conjoncture.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bref historique de la traduction et aper\u00e7u des langues parl\u00e9es \u00e0 Madagascar<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019un point de vue historique, la langue malgache n\u2019a \u00e9t\u00e9 transcrite qu\u2019au XIXe si\u00e8cle sous une forme emprunt\u00e9e \u00e0 la langue fran\u00e7aise et anglaise. La traduction s\u2019en trouve alors facilit\u00e9e et d\u00e9multipli\u00e9e dans un pays qui s\u2019ouvre de plus en plus \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Les langues en pr\u00e9sence \u00e0 Madagascar se diversifient. Une partie de la population devient bilingue ou multilingue, mais la majorit\u00e9 monolingue reste d\u00e9pendante de la traduction dans ses \u00e9changes interculturels.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Naissance du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture malgache<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La langue et la culture malgaches appartiennent \u00e0 une tradition orale. La gen\u00e8se de la transcription de la langue malgache eut lieu au XIXe si\u00e8cle. Entre le XIe et le XIIIe si\u00e8cle, des populations islamis\u00e9es d\u2019Oman, du Y\u00e9men, de Sumatra, etc., ont immigr\u00e9 et se sont install\u00e9es dans le sud-est de Madagascar, apportant avec elles la forme arabe d\u2019une langue appel\u00e9e \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb. Le roi Andrianampoinimerina a utilis\u00e9 cette langue pendant son r\u00e8gne. Le mot \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb vient du malgache \u00ab\u00a0soratra\u00a0\u00bb qui d\u00e9rive lui-m\u00eame de l\u2019arabe \u00ab\u00a0sourate\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0mot\u00a0\u00bb) et \u00ab\u00a0be\u00a0\u00bb en malgache (\u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais). C\u2019\u00e9tait une langue tr\u00e8s secr\u00e8te\u00a0: seuls le roi, les diseurs de bonne aventure et les chefs religieux des ethnies Antemoro \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 l\u2019apprendre, \u00e0 l\u2019\u00e9crire et \u00e0 la transmettre \u00e0 un cercle tr\u00e8s ferm\u00e9 de personnes. Les documents \u00e9crits en \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb couvraient principalement des questions religieuses, m\u00e9dico-magiques, historiques et culturelles. Le plus ancien d\u00e9couvert jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent date du XIVe si\u00e8cle. La langue n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e aux gens ordinaires, c\u2019est donc aujourd\u2019hui une langue morte (Ouvrard, 2012, p. 95).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Des \u00e9tudes men\u00e9es par des chercheuses et chercheurs tels Rajaonarimanana (2000, p. 12) ont montr\u00e9 que les premiers contacts entre Madagascar et les Pays-Bas aux XVIe et XVIIe si\u00e8cles ont beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la connaissance de la langue malgache. En fait, les marins hollandais ont d\u00e9couvert l\u2019\u00eele au XVIe si\u00e8cle et en ont fait le lieu de ravitaillement des navires et de soin des marins malades. Plus tard, des esclaves malgaches ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 fournis aux commer\u00e7ants hollandais. Des interpr\u00e8tes \u00e9taient n\u00e9cessaires lors de ces relations commerciales\u00a0: ils \u00e9taient choisis parmi les marins malgaches libres ou parmi les esclaves malgaches sollicit\u00e9s pour leur comp\u00e9tence.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le 23 mars 1823, le roi malgache Radama I d\u00e9cide d\u2019apposer les voyelles fran\u00e7aises (\u00e0 l\u2019exception du \u00ab\u00a0u\u00a0\u00bb) et les consonnes anglaises (\u00e0 l\u2019exception de \u00ab\u00a0c, q, w, et x\u00a0\u00bb) pour fixer la langue malgache. Le 10 septembre 1823, Jones et Griffiths, deux missionnaires de la London Mission Society envoy\u00e9s \u00e0 Madagascar, ont commenc\u00e9 le travail ardu de la traduction de la Bible en malgache. La mort de Radama I en 1828 a \u00e9t\u00e9 suivie d\u2019une instabilit\u00e9 politique qui a en quelque sorte acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la r\u00e9vision et l\u2019impression du Nouveau Testament, achev\u00e9es en 1830. Les Malgaches ont ainsi obtenu leur premier livre de lecture (Riffard, 2008, p.\u00a0210). C\u2019est le jalon de l\u2019histoire de la traduction et de la litt\u00e9rature \u00e0 Madagascar. Par ailleurs, des vocabulaires et des dictionnaires bilingues ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La traduction \u00e0 l\u2019\u00e8re coloniale<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En 1896, la France a d\u00e9but\u00e9 la colonisation de Madagascar, renfor\u00e7ant le dialogue franco-malgache. Le fran\u00e7ais \u00e9tait impos\u00e9 comme langue officielle. Des formations pour les r\u00e9dacteurs et r\u00e9dactrices, les traductrices et traducteurs\/interpr\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es pour permettre la traduction des documents (surtout administratifs) dans les deux langues. Dans le m\u00eame temps, les \u00e9l\u00e8ves ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9s \u00e0 travers des traductions malgache-fran\u00e7ais et fran\u00e7ais-malgache de certains passages donn\u00e9s lors de l\u2019examen officiel du Baccalaur\u00e9at. Notons que lors de la colonisation, des dictionnaires monolingues sont apparus sur le march\u00e9 en tant que forme pouss\u00e9e de r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9lites \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9es et form\u00e9es pour devenir interpr\u00e8tes\/\u00e9crivain\u00b7e\u00b7s en g\u00e9n\u00e9ral et la m\u00e9thode utilis\u00e9e par l\u2019\u00e9cole pour l\u2019acquisition de la langue fran\u00e7aise \u00e9tait la traduction (Rakotomavo, 2007, p. 13). La traduction a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e pour l\u2019acquisition de la langue fran\u00e7aise qui \u00e9tait la langue de l\u2019\u00e9ducation. La traduction a \u00ab\u00a0le r\u00f4le de canal de colonisation, parall\u00e8le et li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et au contr\u00f4le manifeste ou dissimul\u00e9 des march\u00e9s et des institutions\u00a0\u00bb (Robinson, 2007, p. 31, notre traduction).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">Situation sociolinguistique actuelle<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s son ind\u00e9pendance le 26 juin 1960, Madagascar a maintenu la langue fran\u00e7aise parmi ses langues officielles (l\u2019autre \u00e9tant le malgache) et est rest\u00e9 en zone fran\u00e7aise ou en francophonie. En 1992, la 3e R\u00e9publique de Madagascar a ajout\u00e9 une disposition dans sa nouvelle constitution stipulant que le malgache est la langue nationale. En 2002, en raison de sa propension \u00e0 la culture anglo-saxonne, le pr\u00e9sident nouvellement \u00e9lu, Marc Ravalomanana, a proclam\u00e9 l\u2019anglais troisi\u00e8me langue officielle de la Constitution. Mais cela n\u2019a pas fait long feu suite \u00e0 son renversement par son rival en 2009.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne l\u2019utilisation des langues \u00e9trang\u00e8res, 0,57\u00a0% des Malgaches sont purement francophones et utilisent le fran\u00e7ais m\u00eame \u00e0 la maison. 6\u00a0% des Malagasy sont francophones malgaches, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils sont capables de communiquer dans les deux langues. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que \u00ab\u00a0le fran\u00e7ais est la langue principale des activit\u00e9s scientifiques, techniques et intellectuelles, bien au-del\u00e0 de la langue malgache et malgr\u00e9 une faible \u00e9mergence de l\u2019anglais\u00a0\u00bb (Rabenoro, cit\u00e9e dans Ravelomanantsoa, \u200b\u200b2013, p.\u00a06, notre traduction). 15\u00a0% des Malgaches comprennent le fran\u00e7ais sans l\u2019utiliser quotidiennement et 75 \u00e0 80\u00a0% des Malgaches vivant encore \u00e0 la campagne ne ma\u00eetrisent pas le fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0Le choix du monolinguisme concerne principalement les ruraux, car les ruraux restent g\u00e9n\u00e9ralement attach\u00e9s aux valeurs traditionnelles\u00a0\u00bb (Ravelomanantsoa, \u200b\u200b2013, p.\u00a028, notre traduction).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Les autres langues parl\u00e9es \u00e0 Madagascar sont\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<ul style=\"text-align: justify\">\r\n \t<li>l\u2019anglais (de plus en plus \u00e0 la mode);<\/li>\r\n \t<li>une langue mixte (combinaison de fran\u00e7ais, malgache et anglais);<\/li>\r\n \t<li>le mandarin gagne \u00e9galement en popularit\u00e9 avec la fondation de l\u2019Institut Confucius d\u2019Antananarivo en 2008.<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Mais la langue dominante reste toutefois le fran\u00e7ais m\u00e9lang\u00e9 au malgache, appel\u00e9 variaminanana en malgache, qui consiste en l\u2019utilisation de mots fran\u00e7ais dans un discours malgache, ainsi que l\u2019utilisation de mots fran\u00e7ais qui n\u2019existent pas, mais qui sont cr\u00e9\u00e9s gr\u00e2ce au m\u00e9lange avec des morph\u00e8mes et des radicaux malgaches.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les contributions de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation au d\u00e9veloppement de Madagascar<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les domaines litt\u00e9raire, culturel, religieux, diplomatique, politique, \u00e9conomique et scientifique, la traduction et l\u2019interpr\u00e9tation se sont av\u00e9r\u00e9es utiles et ont particip\u00e9 au d\u00e9veloppement de Madagascar. Nous pensons aujourd\u2019hui essentiel de le reconna\u00eetre et d\u2019en donner de plus amples d\u00e9tails afin de pouvoir acc\u00e9l\u00e9rer le progr\u00e8s futur de la Grande \u00cele.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement litt\u00e9raire et culturel<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon la professeure Ralalaoherivony (entretien priv\u00e9 en 2016), la traduction avait pris une grande importance depuis l\u2019arriv\u00e9e des missionnaires qui \u00e9rigeaient des \u00e9coles dans l\u2019\u00eele, car les gens devaient donc s\u2019occuper de la traduction. En d\u2019autres termes, des \u00e9coles n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 construites sans les interpr\u00e8tes, et les interpr\u00e8tes, traductrices et traducteurs n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 form\u00e9\u00b7e\u00b7s sans ces \u00e9coles. Au cours du XIXe si\u00e8cle, la traduction anglaise de po\u00e8mes malgaches a permis la circulation de la culture malgache dans la r\u00e9gion et au-del\u00e0. Trente ans plus tard, sous le r\u00e8gne de Ranavalona II, les contes malgaches se r\u00e9pandent et sont connus jusqu\u2019en Afrique du Sud.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Esther Randriamamonjy, po\u00e8te, \u00e9crivaine, romanci\u00e8re et traductrice malgache a une longue carri\u00e8re couvrant un demi-si\u00e8cle d\u2019\u00e9criture principalement malgache et comptant plus de soixante \u0153uvres litt\u00e9raires. Apr\u00e8s avoir s\u00e9journ\u00e9 pendant une d\u00e9cennie en URSS avec son mari qui y exer\u00e7ait en tant qu\u2019ambassadeur de l\u2019\u00eele \u00e0 l\u2019\u00e9poque, elle est revenue \u00e0 Madagascar avec une importante anthologie de la po\u00e9sie russe classique dans une version bilingue (russe et malgache). De m\u00eame, elle a traduit des po\u00e8tes fran\u00e7ais comme Alphonse Daudet pour prouver que la langue malgache est capable de restituer toutes les nuances de la prose chantante fran\u00e7aise. Elle manifeste une v\u00e9ritable passion pour Victor Hugo dont le chef-d\u2019\u0153uvre <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> a \u00e9t\u00e9 traduit par elle en trois volumes malgaches. Sa contribution \u00e0 la litt\u00e9rature disponible au lectorat malgache de Madagascar est \u00e9galement significative et pr\u00e9cieuse.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement religieux<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction par les missionnaires et les premi\u00e8res missions colonisatrices a fourni aux populations locales non seulement une forme \u00e9crite de leur propre langue, mais aussi la connaissance et la compr\u00e9hension de leur propre pays. Selon Haza\u00ebl-Massieux (cit\u00e9 dans Bekri, 2001), d\u2019une part les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es lors de la traduction de la Bible contribuent au progr\u00e8s des techniques de traduction et des solutions linguistiques. D\u2019autre part, les d\u00e9couvertes sur les sens que la traduction apporte peuvent offrir de multiples perspectives th\u00e9ologiques et religieuses. Le temps et les circonstances montrent que plus il y a de traducteurs et traductrices, plus il y a de versions diff\u00e9rentes des traductions de la Bible. Madagascar n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. On y recense trois types de traduction de la Bible\u00a0: la traduction protestante, la traduction catholique et la traduction collective (ou \u0153cum\u00e9nique).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement diplomatique, politique et \u00e9conomique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction a toujours jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans les n\u00e9gociations internationales, les luttes et les jeux de pouvoir politiques. Le discours politique et les textes politiques obtenus par traduction ont aid\u00e9 les gouvernements successifs \u00e0 maintenir, \u00e0 conserver et \u00e0 exposer leur id\u00e9ologie (B\u00e1nhegyi, 2014). Le r\u00f4le de la traduction dans les relations internationales entre Madagascar et les pays \u00e9trangers est important, se d\u00e9veloppant depuis les si\u00e8cles o\u00f9 l\u2019\u00eele a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par les marins et prosp\u00e8re pendant le commerce avec ces \u00e9trangers et \u00e9trang\u00e8res, jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode coloniale de l\u2019empire fran\u00e7ais et dans la reconstruction de l\u2019\u00eele apr\u00e8s son ind\u00e9pendance.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction joue un r\u00f4le tr\u00e8s important en politique, car lorsque le discours d\u2019un politicien ou d\u2019une politicienne est mal traduit ou mal interpr\u00e9t\u00e9, la conversation peut \u00eatre biais\u00e9e et peut prendre des tournures auxquelles les deux parties ne s\u2019attendaient pas. Elle peut m\u00eame aboutir \u00e0 des frictions diplomatiques qui sont tr\u00e8s dangereuses pour les relations bilat\u00e9rales des pays concern\u00e9s. Il faudrait ainsi prendre exemple sur le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res de la R\u00e9publique Populaire de Chine dont l\u2019une des fonctions est de se charger de l\u2019interpr\u00e9tation dans les activit\u00e9s diplomatiques importantes de la Chine et de la traduction des documents et des correspondances diplomatiques dans le but d\u2019\u00e9viter tout incident diplomatique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le domaine politique, les entit\u00e9s diplomatiques ont le plus besoin d\u2019op\u00e9rations de traduction. Des traducteurs, des traductrices et des interpr\u00e8tes peuvent accompagner l\u2019ambassadeur partout dans ses d\u00e9placements et leur travail facilite les relations entre pays parlant diff\u00e9rentes langues et contribue \u00e0 la gestion des conflits et de la paix dans le monde. Nous en voulons pour preuve le t\u00e9moignage d\u2019un contact \u00e0 l\u2019Ambassade des \u00c9tats-Unis \u00e0 Madagascar &amp; Comores dont la fonction d\u2019interpr\u00e8te couvre les heures ouvr\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, mais surtout \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019enceinte bas\u00e9e dans la capitale malgache.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les traducteurs et traductrices diplomatiques passent par des processus de s\u00e9lection tr\u00e8s difficiles, assez similaires \u00e0 ceux des organisations internationales. Le travail est vari\u00e9 et multidisciplinaire, ce qui est, en principe, gratifiant et peut g\u00e9n\u00e9rer une richesse de connaissances et d\u2019exp\u00e9rience (Luque, 1999). En tant que pays en voie de d\u00e9veloppement, Madagascar re\u00e7oit une aide internationale des pays d\u00e9velopp\u00e9s. Cela ne peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 sans l\u2019assistance de traducteurs, traductrices et d\u2019interpr\u00e8tes qui secondent les donateurs et donatrices \u00e0 toutes les \u00e9tapes des \u00e9changes \u00e9conomiques\u00a0: formulation des dons et\/ou philanthropie, ex\u00e9cution, suivi, r\u00e9ception, utilisation, etc. Cette pr\u00e9sence souhaitable du traducteur ou de la traductrice d\u00e8s les pr\u00e9misses d\u2019un projet est soulign\u00e9e par Rochard. Selon ses termes,<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les traducteurs d\u2019organisations internationales ont aussi int\u00e9r\u00eat \u00e0 travailler directement avec les experts pour mieux g\u00e9rer les flux d\u2019information sur les textes \u00e0 traduire en intervenant en amont, au moment o\u00f9 un programme de travail se dessine, pour en conna\u00eetre et en comprendre les enjeux (Rochard, 2009, p.\u00a012).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement scientifique<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les domaines scientifiques qui n\u00e9cessitent en permanence une politique de traduction se situent dans les domaines biologique et g\u00e9ologique, car ils promettent tous deux un avenir radieux pour la renomm\u00e9e de la flore et de la faune malgaches, en offrant un int\u00e9r\u00eat primordial et une attraction aux touristes de tous les coins du monde, mais \u00e9galement de Madagascar. L\u2019effort incessant pour prot\u00e9ger ces deux branches des sciences naturelles n\u00e9cessite \u00e9galement la pr\u00e9sence et les connaissances de scientifiques, et pour les promouvoir, nous avons besoin de guides touristiques accr\u00e9dit\u00e9\u00b7e\u00b7s qui, au moins, peuvent parler des langues \u00e9trang\u00e8res et poss\u00e8dent certaines techniques et comp\u00e9tences de traduction pendant leur travail.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, les perc\u00e9es scientifiques peuvent atteindre un public plus large ainsi que les \u00e9lites gr\u00e2ce \u00e0 la traduction des travaux (livres, articles, etc.) et des documents et revues \u00e0 vocation scientifique. Il est \u00e9vident que le bagage linguistique des scientifiques, m\u00eame insuffisant aux yeux d\u2019un expert ou d\u2019une experte linguiste, peut \u00eatre corrig\u00e9 apr\u00e8s que son travail ait \u00e9t\u00e9 lu et traduit par le traducteur ou la traductrice (qui lui-m\u00eame ou elle-m\u00eame dispose d\u2019une certaine connaissance du sujet).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Vers de meilleures perspectives\u00a0de d\u00e9veloppement \u00e0 Madagascar\u00a0: \u00e9laborer une politique de traduction?<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans de nombreuses r\u00e9gions du monde o\u00f9 le multiculturalisme et le multilinguisme pr\u00e9valent, les pays ont vu leurs relations internationales et nationales se renforcer et s\u2019\u00e9tendre gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place de politiques de traduction par les gouvernements. Les objectifs de la politique de traduction avalis\u00e9e par la politique linguistique \u00e0 Madagascar seraient les suivants\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>i) Promouvoir l\u2019unit\u00e9 nationale.\r\n\r\nii) Enraciner la d\u00e9mocratie, ce qui inclut la protection des droits linguistiques.\r\n\r\niii) Promouvoir le multilinguisme.\r\n\r\niv) Promouvoir le respect et la tol\u00e9rance envers la diversit\u00e9 linguistique et culturelle.\r\n\r\nv) Poursuivre l\u2019\u00e9laboration et la modernisation de la langue [malgache].\r\n\r\nvi) Promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique national <span style=\"text-align: justify;font-size: 1em\">(D\u00e9partement des arts, de la culture, des sciences et de la technologie, 1996, cit\u00e9 dans Tshotsho, 2013, p.\u00a041).<\/span><\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c9tant donn\u00e9 que Madagascar est une \u00eele, et donc un carrefour de civilisations, elle est devenue un foyer pour diff\u00e9rentes cultures et langues. Les quatre langues (malgache, fran\u00e7ais, anglais et mandarin) sont d\u00e9sormais majoritairement parl\u00e9es \u00e0 Madagascar, de sorte que les organismes habilit\u00e9s doivent prendre en compte l\u2019appel \u00e0 une politique de traduction les impliquant toutes afin de contr\u00f4ler le bon d\u00e9roulement des travaux de traduction et de fournir aux \u00e9trangers et \u00e9trang\u00e8res des services de traduction pour le bon fonctionnement de leur travail et de leur vie quotidienne sur l\u2019\u00eele.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Les services de traduction ne sont pas bien structur\u00e9s, bien qu\u2019existants. C\u2019est un obstacle \u00e0 la qualit\u00e9 et \u00e0 la quantit\u00e9 des \u0153uvres traduites. Le domaine litt\u00e9raire est le plus stigmatis\u00e9 par cet inconv\u00e9nient, car des traducteurs et traductrices de moins en moins exp\u00e9riment\u00e9\u00b7e\u00b7s ne peuvent que fournir des rendus de traduction acceptables. M\u00eame si les Malgaches ont tendance \u00e0 \u00eatre plus polyglottes, ils et elles ne disposent pas de bons outils pour effectuer une traduction de haute qualit\u00e9 \u00e9quivalant \u00e0 un art. La plupart des traducteurs, traductrices et interpr\u00e8tes \u00e0 Madagascar travaillent en priv\u00e9; un grand nombre d\u2019entre eux et elles n\u2019ont jamais suivi de formation professionnelle, ce qui peut r\u00e9duire la qualit\u00e9 de leur travail. Il n\u2019existe pas encore d\u2019association nationale de traducteurs, traductrices\/interpr\u00e8tes dans le pays. Il va sans dire que la qualit\u00e9 des traductions ne peut \u00eatre non plus contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 d\u00e9faut d\u2019organisme charg\u00e9 d\u2019une telle mission.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne les offres de formation, le d\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes fran\u00e7aises des universit\u00e9s publiques de la Grande \u00cele propose des cours de traduction \u00e0 ses \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes. Il en va de m\u00eame pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e du d\u00e9partement interdisciplinaire de formation professionnelle (toujours au sein des universit\u00e9s publiques). Le cursus pour les interpr\u00e8tes touristiques comprend \u00e9galement des cours de traduction et d\u2019interpr\u00e9tation. Le d\u00e9partement de malgache souhaite depuis quelques ann\u00e9es donner un nouveau souffle \u00e0 la traduction litt\u00e9raire, tandis que les d\u00e9partements d\u2019anglais, de russe, d\u2019allemand et d\u2019espagnol continuent d\u2019offrir des cours de traduction p\u00e9dagogique. Malgr\u00e9 le s\u00e9rieux et les efforts mis dans ces derniers, nous ne pouvons pas conclure avec certitude sur un r\u00f4le suffisamment ad\u00e9quat qu\u2019ils peuvent jouer dans la promotion de la traduction professionnelle \u00e0 Madagascar.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de formuler et de mettre en \u0153uvre une politique de traduction \u00e0 Madagascar, car bien que la demande de traduction augmente, l\u2019offre est stable \u2013 sinon d\u00e9croissante \u2013 et en raison de l\u2019absence d\u2019une politique de contr\u00f4le des \u0153uvres \u00e9trang\u00e8res \u00e0 traduire, on peut \u00e9galement d\u00e9plorer une insuffisante importation de la litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re dans le pays.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De nos jours, en adh\u00e9rant \u00e0 des institutions politico-\u00e9conomiques telles que la SADC, le COMESA ou la COI, Madagascar pr\u00e9voit de forger son d\u00e9veloppement \u00e9conomique sur le commerce international et l\u2019exportation. Le choix du multilinguisme ne peut que faciliter les relations de Madagascar avec ses partenaires commerciaux. Mais pour \u00e9viter la domination de l\u2019anglais dans ces relations, il faut veiller \u00e0 ce qu\u2019une clause linguistique soit pr\u00e9par\u00e9e dans les contrats d\u2019organisation r\u00e9gionale avec l\u2019\u00eele. Il est vrai qu\u2019en n\u00e9gociation, les aspects \u00e9conomiques et commerciaux des dossiers constituent le principal point de transaction. N\u00e9anmoins, les aspects linguistiques et culturels ne doivent pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9s\u00a0: ils doivent \u00eatre coh\u00e9rents avec la politique linguistique choisie. C\u2019est la raison pour laquelle, dans ce contexte, une politique de traduction doit \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e afin de faciliter l\u2019acc\u00e8s aux documents traduits (Rambelo, 1987).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis les plus anciennes interactions entre les peuples malgaches et \u00e9trangers foulant le sol malgache, cet article nous montre que la fixation du syst\u00e8me \u00e9crit de la langue malgache a permis au peuple de s\u2019ouvrir encore plus au monde, et de se d\u00e9velopper \u00e9galement \u00e0 son rythme. Ainsi, la traduction et l\u2019interpr\u00e9tation ont facilit\u00e9 ces \u00e9changes, ont apport\u00e9 leur pierre \u00e0 la croissance du pays, tant dans les domaines litt\u00e9raires, religieux, \u00e9conomiques, diplomatiques qu\u2019\u00e9conomiques, etc. Aujourd\u2019hui pourtant, figurant en haut de liste des pays les plus pauvres au monde, a-t-on raison de croire que Madagascar pourrait renverser la situation en poussant davantage ses connaissances linguistiques\u00a0et culturelles ainsi que sa mani\u00e8re de g\u00e9rer les langues parl\u00e9es sur son territoire? Pourquoi la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un document appuyant une politique de traduction ne semblait-elle venir que de l\u2019esprit de rares \u00e9rudits et \u00e9rudites \u00e0 l\u2019instar de la regrett\u00e9e Juliette Ratsimandrava et du regrett\u00e9 Henri Rahaingoson? Quelles sont en fait les principales raisons du retard pris dans la politique linguistique (c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une politique linguistique nationale) \u2013 et encore plus dans la politique de traduction \u2013 \u00e0 Madagascar?<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">B\u00e1nhegyi, M\u00e1ty\u00e1s. 2014.Translation and political discourse. <em>Acta Universitatis Sapientiae, Philologica,<\/em> <em>6<\/em>, 139-158.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bekri, Tahar (coord.). 2001. <em>Notre librairie revue des litt\u00e9ratures du Sud. Litt\u00e9ratures insulaires du Sud,<\/em> <em>143<\/em>.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Luque, Adri\u00e1n Fuentes. 1999. An Approach to Diplomatic Translation. <em>Translation Journal<\/em>, <em>3.<\/em> URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/translationjournal.net\/journal\/10dipl.htm\">https:\/\/translationjournal.net\/journal\/10dipl.htm<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ouvrard, Louise. 2012. L\u2019\u00e9criture arabico-malgache, quels enjeux identitaires? Dans Bellassen, Jo\u00ebl, Medhat-Lecocq, H\u00e9ba et Ouvrard, Louise (dir.), <em>Ecritures, politiques linguistiques et didactique des langues<\/em> (93-101). Paris\u00a0: Editions des archives contemporaines.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rajaonarimanana, Narivelo. 2000. La contribution hollandaise \u00e0 la connaissance de la langue malgache. Dans Allibert, Claude et Rajaonarimanana, Narivelo (dir.), <em>L\u2019Extraordinaire et le quotidien : variations anthropologiques <\/em>( 82-89). Paris\u00a0: \u00c9ditions Karthala.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rakotomavo, Hanta et Razanadraibe, Colomba. 2007. L\u2019enseignement de la langue anglaise \u00e0 Madagascar: d\u2019hier \u00e0 demain. Dans <em>Symposium international Plurilinguisme \u00e0 Madagascar, dans l\u2019Oc\u00e9an indien et au-del\u00e0. Quand les perspectives se rencontrent<\/em>. Antananarivo\u00a0: \u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure. Version revue publi\u00e9e dans <em>\u00c9tudes Oc\u00e9an Indien<\/em>, 2010, <em>44<\/em>, 55-97.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rambelo, Michel. 1987. Langue nationale, fran\u00e7ais et d\u00e9veloppement. \u00c9l\u00e9ments pour une politique d\u2019am\u00e9nagement linguistique \u00e0 Madagascar. Dans Francis Jouannet <em>et al.<\/em>, <em>Langues, \u00e9conomie et d\u00e9veloppement <\/em>(tome 2) (5-73). Aix-en-Provence\u00a0: Didier \u00e9rudition.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ravelomanantsoa, Haingo Gabriella. 2013. <em>Linguistic Representations and Identity Construction: Analysis of the Relation between Students and Foreign Languages.<\/em> M\u00e9moire de ma\u00eetrise en Sciences du langage, Universit\u00e9 d\u2019Antananarivo. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/biblio.univ-antananarivo.mg\/pdfs\/ravelomanantsoaHaingoG_ENG_M1_13.pdf\">http:\/\/biblio.univ-antananarivo.mg\/pdfs\/ravelomanantsoaHaingoG_ENG_M1_13.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Riffard, Claire. 2008. Le mouvement litt\u00e9raire Mitady ny very (\u00e0 la recherche des perdus)\u00a0: une ressource fondamentale pour la po\u00e9sie malgache contemporaine. <em>e-France: an on-line Journal of French Studies,<\/em> <em>2<\/em>, 209-223.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robinson, Douglas. 2007. <em>Translation and Empire: Postcolonial Theories Explained<\/em> (1997, first edition). Manchester: St. Jerome Publishing.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rochard, Michel. 2009. Traduction et organisations internationales\u00a0: sortir de la bulle?. <em>Traduire. Revue fran\u00e7aise de la traduction<\/em>, <em>220<\/em>, 5-13<em>.<\/em> URL\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/traduire\/375<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tshotsho, Baba. 2013. Mother tongue debate and language policy in South Africa. <em>International Journal of Humanities and Social Science<\/em>, <em>3<\/em>, 39-44.<\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Madagascar est la grande \u00eele situ\u00e9e au large de la c\u00f4te sud-est du continent africain. De nombreuses recherches anthropologiques et ethnolinguistiques d\u00e9montrent les origines diverses de sa population. Bien que ce pays ne poss\u00e8de pas encore \u00e0 cette date de politique claire de traduction, nous pouvons affirmer le r\u00f4le non n\u00e9gligeable que cette derni\u00e8re a n\u00e9anmoins jou\u00e9 dans le d\u00e9veloppement du pays, depuis la fixation de l\u2019\u00e9criture malgache en 1823, tout au long des p\u00e9riodes de colonisation et de d\u00e9colonisation, jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Nous discuterons de la contribution de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de la vie malgache sous les aspects suivants : litt\u00e9raire et culturel; religieux; diplomatique, politique, et \u00e9conomique; et enfin scientifique. Cette lacune dans la l\u00e9gislation se fait sentir de nos jours par une absence de coordination et, parfois, par un amateurisme \u00e0 d\u00e9plorer dans le domaine de la traduction. Le pays gagnerait \u00e0 formuler et \u00e0 impl\u00e9menter une politique traductionnelle dont l\u2019impact concourrait certainement \u00e0 un d\u00e9veloppement encore plus pouss\u00e9 dans les domaines sus-cit\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/developpement\/\">d\u00e9veloppement<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/interpretation\/\">interpr\u00e9tation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/madagascar\/\">Madagascar<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/role\/\">r\u00f4le<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/traduction\/\">traduction<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Madagascar is the large island located off the southeast coast of the African continent. Numerous anthropological and ethnolinguistic researches demonstrate the diverse origins of its population. Although this country does not yet have a clear translation policy to date, we can affirm the non-negligible role that translation has nevertheless played in the development of the country, since the fixing of Malagasy writing in 1823, throughout periods of colonization and decolonization, until today. We will discuss the contribution of translation and interpretation to improving the conditions of Malagasy life under the following aspects: literary and cultural; religious; diplomatic, political, and economic; and finally, scientific. This void in the legislation is felt today in a lack of coordination and, sometimes, in an amateurism to be deplored in the field of translation. The country would benefit from formulating and implementing a translation policy, the impact of which would certainly contribute to even further development in the fields mentioned above.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/development\/\">development<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/interpretation\/\">interpretation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/madagascar\/\">Madagascar<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/role\/\">role<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/translation\/\">translation<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (malgache)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Madagasikara dia ilay nosy lehibe izay hita any amorontsiraka atsimo-atsinanan&rsquo;ny kaontinanta afrikanina. Ny fikarohana antropolojika sy etnolingistika marobe dia mampiseho ny fiaviana isan-karazan\u2019ny mponina ao aminy. Na dia mbola tsy misy politika mazava amin&rsquo;ny fandikan-teny aza ao amin\u2019io firenena io mandraka ankehitriny, azo tsapain-t\u00e0nana kosa ny anjara notantanan&rsquo;ity farany tamin&rsquo;ny fampandrosoana ny firenena, hatramin&rsquo;ny nanamboarana ny fiteny malagasy tamin&rsquo;ny 1823, nanerana ny fe-potoana naha-fanjanahana ary ny fahaleovantena, mandraka androany. Hodinihintsika ny fandraisana anjaran&rsquo;ny fandikan-teny amin\u2019ny fanatsarana ny toe-piainan&rsquo;ny Malagasy eo ambanin&rsquo;ireto tranga manaraka ireto: ny literatiora sy ny kolontsaina; ny ara-pivavahana; diplaomatika, politika, sy ekonomika; ary farany ny siansa. Io banga ao amin&rsquo;ny lal\u00e0na io dia tsapa ankehitriny amin\u2019ny tsy fisian&rsquo;ny fandrindrana ary, indraindray, amin&rsquo;ny gaboraraka mihitsy aza tsapa amin&rsquo;ny sehatry ny fandikan-teny. Handray soa ny firenena amin&rsquo;ny famolavolana sy ny fametrahana ny politika fandikan-teny; ny fiantraikan&rsquo;izany dia mety hitondra anjara amin&rsquo;ny fampandrosoana bebe kokoa amin&rsquo;ny sehatry voalaza teo aloha ireo.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (malgache)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/andraikitra\/\">andraikitra<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/fampandrosoana\/\">fampandrosoana<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/fandikan-teny-am-bava\/\">fandikan-teny am-bava<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/fandikan-teny-an-tsoratra\/\">fandikan-teny an-tsoratra<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/madagasikara\/\">Madagasikara<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>7 juillet 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>23 f\u00e9vrier 2021<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>1 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Madagascar est la grande \u00eele situ\u00e9e au large de la c\u00f4te sud-est du continent africain. De nombreuses recherches anthropologiques et ethnolinguistiques d\u00e9montrent les origines diverses de sa population. Bien que ce pays ne poss\u00e8de pas encore, \u00e0 cette date, de politique claire de traduction, nous pouvons affirmer le r\u00f4le non n\u00e9gligeable que cette derni\u00e8re a n\u00e9anmoins jou\u00e9 dans le d\u00e9veloppement du pays tout au long de son histoire \u2013 que nous survolerons bri\u00e8vement sous l\u2019angle linguistique. L\u2019\u00e9criture malgache a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e en 1823. Ainsi, nous verrons que la langue est enfin \u00ab\u00a0\u00e9quip\u00e9e\u00a0\u00bb pour permettre la contribution de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de la vie malgache sous les aspects suivants\u00a0: litt\u00e9raire et culturel, religieux, diplomatique, politique, \u00e9conomique et scientifique. Finalement, la lacune susmentionn\u00e9e dans la l\u00e9gislation se fait sentir de nos jours dans une absence de coordination et, parfois, dans un amateurisme \u00e0 d\u00e9plorer dans le domaine de la traduction. Ce constat nous conduira \u00e0 avancer quelques suggestions pour parer \u00e0 cette conjoncture.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bref historique de la traduction et aper\u00e7u des langues parl\u00e9es \u00e0 Madagascar<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u2019un point de vue historique, la langue malgache n\u2019a \u00e9t\u00e9 transcrite qu\u2019au XIXe si\u00e8cle sous une forme emprunt\u00e9e \u00e0 la langue fran\u00e7aise et anglaise. La traduction s\u2019en trouve alors facilit\u00e9e et d\u00e9multipli\u00e9e dans un pays qui s\u2019ouvre de plus en plus \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Les langues en pr\u00e9sence \u00e0 Madagascar se diversifient. Une partie de la population devient bilingue ou multilingue, mais la majorit\u00e9 monolingue reste d\u00e9pendante de la traduction dans ses \u00e9changes interculturels.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Naissance du syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture malgache<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La langue et la culture malgaches appartiennent \u00e0 une tradition orale. La gen\u00e8se de la transcription de la langue malgache eut lieu au XIXe si\u00e8cle. Entre le XIe et le XIIIe si\u00e8cle, des populations islamis\u00e9es d\u2019Oman, du Y\u00e9men, de Sumatra, etc., ont immigr\u00e9 et se sont install\u00e9es dans le sud-est de Madagascar, apportant avec elles la forme arabe d\u2019une langue appel\u00e9e \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb. Le roi Andrianampoinimerina a utilis\u00e9 cette langue pendant son r\u00e8gne. Le mot \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb vient du malgache \u00ab\u00a0soratra\u00a0\u00bb qui d\u00e9rive lui-m\u00eame de l\u2019arabe \u00ab\u00a0sourate\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0mot\u00a0\u00bb) et \u00ab\u00a0be\u00a0\u00bb en malgache (\u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais). C\u2019\u00e9tait une langue tr\u00e8s secr\u00e8te\u00a0: seuls le roi, les diseurs de bonne aventure et les chefs religieux des ethnies Antemoro \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 l\u2019apprendre, \u00e0 l\u2019\u00e9crire et \u00e0 la transmettre \u00e0 un cercle tr\u00e8s ferm\u00e9 de personnes. Les documents \u00e9crits en \u00ab\u00a0sorabe\u00a0\u00bb couvraient principalement des questions religieuses, m\u00e9dico-magiques, historiques et culturelles. Le plus ancien d\u00e9couvert jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent date du XIVe si\u00e8cle. La langue n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e aux gens ordinaires, c\u2019est donc aujourd\u2019hui une langue morte (Ouvrard, 2012, p. 95).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Des \u00e9tudes men\u00e9es par des chercheuses et chercheurs tels Rajaonarimanana (2000, p. 12) ont montr\u00e9 que les premiers contacts entre Madagascar et les Pays-Bas aux XVIe et XVIIe si\u00e8cles ont beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la connaissance de la langue malgache. En fait, les marins hollandais ont d\u00e9couvert l\u2019\u00eele au XVIe si\u00e8cle et en ont fait le lieu de ravitaillement des navires et de soin des marins malades. Plus tard, des esclaves malgaches ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 fournis aux commer\u00e7ants hollandais. Des interpr\u00e8tes \u00e9taient n\u00e9cessaires lors de ces relations commerciales\u00a0: ils \u00e9taient choisis parmi les marins malgaches libres ou parmi les esclaves malgaches sollicit\u00e9s pour leur comp\u00e9tence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 23 mars 1823, le roi malgache Radama I d\u00e9cide d\u2019apposer les voyelles fran\u00e7aises (\u00e0 l\u2019exception du \u00ab\u00a0u\u00a0\u00bb) et les consonnes anglaises (\u00e0 l\u2019exception de \u00ab\u00a0c, q, w, et x\u00a0\u00bb) pour fixer la langue malgache. Le 10 septembre 1823, Jones et Griffiths, deux missionnaires de la London Mission Society envoy\u00e9s \u00e0 Madagascar, ont commenc\u00e9 le travail ardu de la traduction de la Bible en malgache. La mort de Radama I en 1828 a \u00e9t\u00e9 suivie d\u2019une instabilit\u00e9 politique qui a en quelque sorte acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la r\u00e9vision et l\u2019impression du Nouveau Testament, achev\u00e9es en 1830. Les Malgaches ont ainsi obtenu leur premier livre de lecture (Riffard, 2008, p.\u00a0210). C\u2019est le jalon de l\u2019histoire de la traduction et de la litt\u00e9rature \u00e0 Madagascar. Par ailleurs, des vocabulaires et des dictionnaires bilingues ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La traduction \u00e0 l\u2019\u00e8re coloniale<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">En 1896, la France a d\u00e9but\u00e9 la colonisation de Madagascar, renfor\u00e7ant le dialogue franco-malgache. Le fran\u00e7ais \u00e9tait impos\u00e9 comme langue officielle. Des formations pour les r\u00e9dacteurs et r\u00e9dactrices, les traductrices et traducteurs\/interpr\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es pour permettre la traduction des documents (surtout administratifs) dans les deux langues. Dans le m\u00eame temps, les \u00e9l\u00e8ves ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9s \u00e0 travers des traductions malgache-fran\u00e7ais et fran\u00e7ais-malgache de certains passages donn\u00e9s lors de l\u2019examen officiel du Baccalaur\u00e9at. Notons que lors de la colonisation, des dictionnaires monolingues sont apparus sur le march\u00e9 en tant que forme pouss\u00e9e de r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9lites \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9es et form\u00e9es pour devenir interpr\u00e8tes\/\u00e9crivain\u00b7e\u00b7s en g\u00e9n\u00e9ral et la m\u00e9thode utilis\u00e9e par l\u2019\u00e9cole pour l\u2019acquisition de la langue fran\u00e7aise \u00e9tait la traduction (Rakotomavo, 2007, p. 13). La traduction a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e pour l\u2019acquisition de la langue fran\u00e7aise qui \u00e9tait la langue de l\u2019\u00e9ducation. La traduction a \u00ab\u00a0le r\u00f4le de canal de colonisation, parall\u00e8le et li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et au contr\u00f4le manifeste ou dissimul\u00e9 des march\u00e9s et des institutions\u00a0\u00bb (Robinson, 2007, p. 31, notre traduction).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Situation sociolinguistique actuelle<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s son ind\u00e9pendance le 26 juin 1960, Madagascar a maintenu la langue fran\u00e7aise parmi ses langues officielles (l\u2019autre \u00e9tant le malgache) et est rest\u00e9 en zone fran\u00e7aise ou en francophonie. En 1992, la 3e R\u00e9publique de Madagascar a ajout\u00e9 une disposition dans sa nouvelle constitution stipulant que le malgache est la langue nationale. En 2002, en raison de sa propension \u00e0 la culture anglo-saxonne, le pr\u00e9sident nouvellement \u00e9lu, Marc Ravalomanana, a proclam\u00e9 l\u2019anglais troisi\u00e8me langue officielle de la Constitution. Mais cela n\u2019a pas fait long feu suite \u00e0 son renversement par son rival en 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne l\u2019utilisation des langues \u00e9trang\u00e8res, 0,57\u00a0% des Malgaches sont purement francophones et utilisent le fran\u00e7ais m\u00eame \u00e0 la maison. 6\u00a0% des Malagasy sont francophones malgaches, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils sont capables de communiquer dans les deux langues. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que \u00ab\u00a0le fran\u00e7ais est la langue principale des activit\u00e9s scientifiques, techniques et intellectuelles, bien au-del\u00e0 de la langue malgache et malgr\u00e9 une faible \u00e9mergence de l\u2019anglais\u00a0\u00bb (Rabenoro, cit\u00e9e dans Ravelomanantsoa, \u200b\u200b2013, p.\u00a06, notre traduction). 15\u00a0% des Malgaches comprennent le fran\u00e7ais sans l\u2019utiliser quotidiennement et 75 \u00e0 80\u00a0% des Malgaches vivant encore \u00e0 la campagne ne ma\u00eetrisent pas le fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0Le choix du monolinguisme concerne principalement les ruraux, car les ruraux restent g\u00e9n\u00e9ralement attach\u00e9s aux valeurs traditionnelles\u00a0\u00bb (Ravelomanantsoa, \u200b\u200b2013, p.\u00a028, notre traduction).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a0Les autres langues parl\u00e9es \u00e0 Madagascar sont\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>l\u2019anglais (de plus en plus \u00e0 la mode);<\/li>\n<li>une langue mixte (combinaison de fran\u00e7ais, malgache et anglais);<\/li>\n<li>le mandarin gagne \u00e9galement en popularit\u00e9 avec la fondation de l\u2019Institut Confucius d\u2019Antananarivo en 2008.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais la langue dominante reste toutefois le fran\u00e7ais m\u00e9lang\u00e9 au malgache, appel\u00e9 variaminanana en malgache, qui consiste en l\u2019utilisation de mots fran\u00e7ais dans un discours malgache, ainsi que l\u2019utilisation de mots fran\u00e7ais qui n\u2019existent pas, mais qui sont cr\u00e9\u00e9s gr\u00e2ce au m\u00e9lange avec des morph\u00e8mes et des radicaux malgaches.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Les contributions de la traduction et de l\u2019interpr\u00e9tation au d\u00e9veloppement de Madagascar<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les domaines litt\u00e9raire, culturel, religieux, diplomatique, politique, \u00e9conomique et scientifique, la traduction et l\u2019interpr\u00e9tation se sont av\u00e9r\u00e9es utiles et ont particip\u00e9 au d\u00e9veloppement de Madagascar. Nous pensons aujourd\u2019hui essentiel de le reconna\u00eetre et d\u2019en donner de plus amples d\u00e9tails afin de pouvoir acc\u00e9l\u00e9rer le progr\u00e8s futur de la Grande \u00cele.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement litt\u00e9raire et culturel<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon la professeure Ralalaoherivony (entretien priv\u00e9 en 2016), la traduction avait pris une grande importance depuis l\u2019arriv\u00e9e des missionnaires qui \u00e9rigeaient des \u00e9coles dans l\u2019\u00eele, car les gens devaient donc s\u2019occuper de la traduction. En d\u2019autres termes, des \u00e9coles n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 construites sans les interpr\u00e8tes, et les interpr\u00e8tes, traductrices et traducteurs n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 form\u00e9\u00b7e\u00b7s sans ces \u00e9coles. Au cours du XIXe si\u00e8cle, la traduction anglaise de po\u00e8mes malgaches a permis la circulation de la culture malgache dans la r\u00e9gion et au-del\u00e0. Trente ans plus tard, sous le r\u00e8gne de Ranavalona II, les contes malgaches se r\u00e9pandent et sont connus jusqu\u2019en Afrique du Sud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Esther Randriamamonjy, po\u00e8te, \u00e9crivaine, romanci\u00e8re et traductrice malgache a une longue carri\u00e8re couvrant un demi-si\u00e8cle d\u2019\u00e9criture principalement malgache et comptant plus de soixante \u0153uvres litt\u00e9raires. Apr\u00e8s avoir s\u00e9journ\u00e9 pendant une d\u00e9cennie en URSS avec son mari qui y exer\u00e7ait en tant qu\u2019ambassadeur de l\u2019\u00eele \u00e0 l\u2019\u00e9poque, elle est revenue \u00e0 Madagascar avec une importante anthologie de la po\u00e9sie russe classique dans une version bilingue (russe et malgache). De m\u00eame, elle a traduit des po\u00e8tes fran\u00e7ais comme Alphonse Daudet pour prouver que la langue malgache est capable de restituer toutes les nuances de la prose chantante fran\u00e7aise. Elle manifeste une v\u00e9ritable passion pour Victor Hugo dont le chef-d\u2019\u0153uvre <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> a \u00e9t\u00e9 traduit par elle en trois volumes malgaches. Sa contribution \u00e0 la litt\u00e9rature disponible au lectorat malgache de Madagascar est \u00e9galement significative et pr\u00e9cieuse.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement religieux<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction par les missionnaires et les premi\u00e8res missions colonisatrices a fourni aux populations locales non seulement une forme \u00e9crite de leur propre langue, mais aussi la connaissance et la compr\u00e9hension de leur propre pays. Selon Haza\u00ebl-Massieux (cit\u00e9 dans Bekri, 2001), d\u2019une part les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es lors de la traduction de la Bible contribuent au progr\u00e8s des techniques de traduction et des solutions linguistiques. D\u2019autre part, les d\u00e9couvertes sur les sens que la traduction apporte peuvent offrir de multiples perspectives th\u00e9ologiques et religieuses. Le temps et les circonstances montrent que plus il y a de traducteurs et traductrices, plus il y a de versions diff\u00e9rentes des traductions de la Bible. Madagascar n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. On y recense trois types de traduction de la Bible\u00a0: la traduction protestante, la traduction catholique et la traduction collective (ou \u0153cum\u00e9nique).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement diplomatique, politique et \u00e9conomique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction a toujours jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans les n\u00e9gociations internationales, les luttes et les jeux de pouvoir politiques. Le discours politique et les textes politiques obtenus par traduction ont aid\u00e9 les gouvernements successifs \u00e0 maintenir, \u00e0 conserver et \u00e0 exposer leur id\u00e9ologie (B\u00e1nhegyi, 2014). Le r\u00f4le de la traduction dans les relations internationales entre Madagascar et les pays \u00e9trangers est important, se d\u00e9veloppant depuis les si\u00e8cles o\u00f9 l\u2019\u00eele a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par les marins et prosp\u00e8re pendant le commerce avec ces \u00e9trangers et \u00e9trang\u00e8res, jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9riode coloniale de l\u2019empire fran\u00e7ais et dans la reconstruction de l\u2019\u00eele apr\u00e8s son ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction joue un r\u00f4le tr\u00e8s important en politique, car lorsque le discours d\u2019un politicien ou d\u2019une politicienne est mal traduit ou mal interpr\u00e9t\u00e9, la conversation peut \u00eatre biais\u00e9e et peut prendre des tournures auxquelles les deux parties ne s\u2019attendaient pas. Elle peut m\u00eame aboutir \u00e0 des frictions diplomatiques qui sont tr\u00e8s dangereuses pour les relations bilat\u00e9rales des pays concern\u00e9s. Il faudrait ainsi prendre exemple sur le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res de la R\u00e9publique Populaire de Chine dont l\u2019une des fonctions est de se charger de l\u2019interpr\u00e9tation dans les activit\u00e9s diplomatiques importantes de la Chine et de la traduction des documents et des correspondances diplomatiques dans le but d\u2019\u00e9viter tout incident diplomatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le domaine politique, les entit\u00e9s diplomatiques ont le plus besoin d\u2019op\u00e9rations de traduction. Des traducteurs, des traductrices et des interpr\u00e8tes peuvent accompagner l\u2019ambassadeur partout dans ses d\u00e9placements et leur travail facilite les relations entre pays parlant diff\u00e9rentes langues et contribue \u00e0 la gestion des conflits et de la paix dans le monde. Nous en voulons pour preuve le t\u00e9moignage d\u2019un contact \u00e0 l\u2019Ambassade des \u00c9tats-Unis \u00e0 Madagascar &amp; Comores dont la fonction d\u2019interpr\u00e8te couvre les heures ouvr\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, mais surtout \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019enceinte bas\u00e9e dans la capitale malgache.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les traducteurs et traductrices diplomatiques passent par des processus de s\u00e9lection tr\u00e8s difficiles, assez similaires \u00e0 ceux des organisations internationales. Le travail est vari\u00e9 et multidisciplinaire, ce qui est, en principe, gratifiant et peut g\u00e9n\u00e9rer une richesse de connaissances et d\u2019exp\u00e9rience (Luque, 1999). En tant que pays en voie de d\u00e9veloppement, Madagascar re\u00e7oit une aide internationale des pays d\u00e9velopp\u00e9s. Cela ne peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 sans l\u2019assistance de traducteurs, traductrices et d\u2019interpr\u00e8tes qui secondent les donateurs et donatrices \u00e0 toutes les \u00e9tapes des \u00e9changes \u00e9conomiques\u00a0: formulation des dons et\/ou philanthropie, ex\u00e9cution, suivi, r\u00e9ception, utilisation, etc. Cette pr\u00e9sence souhaitable du traducteur ou de la traductrice d\u00e8s les pr\u00e9misses d\u2019un projet est soulign\u00e9e par Rochard. Selon ses termes,<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Les traducteurs d\u2019organisations internationales ont aussi int\u00e9r\u00eat \u00e0 travailler directement avec les experts pour mieux g\u00e9rer les flux d\u2019information sur les textes \u00e0 traduire en intervenant en amont, au moment o\u00f9 un programme de travail se dessine, pour en conna\u00eetre et en comprendre les enjeux (Rochard, 2009, p.\u00a012).<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 style=\"text-align: justify\">D\u00e9veloppement scientifique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les domaines scientifiques qui n\u00e9cessitent en permanence une politique de traduction se situent dans les domaines biologique et g\u00e9ologique, car ils promettent tous deux un avenir radieux pour la renomm\u00e9e de la flore et de la faune malgaches, en offrant un int\u00e9r\u00eat primordial et une attraction aux touristes de tous les coins du monde, mais \u00e9galement de Madagascar. L\u2019effort incessant pour prot\u00e9ger ces deux branches des sciences naturelles n\u00e9cessite \u00e9galement la pr\u00e9sence et les connaissances de scientifiques, et pour les promouvoir, nous avons besoin de guides touristiques accr\u00e9dit\u00e9\u00b7e\u00b7s qui, au moins, peuvent parler des langues \u00e9trang\u00e8res et poss\u00e8dent certaines techniques et comp\u00e9tences de traduction pendant leur travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, les perc\u00e9es scientifiques peuvent atteindre un public plus large ainsi que les \u00e9lites gr\u00e2ce \u00e0 la traduction des travaux (livres, articles, etc.) et des documents et revues \u00e0 vocation scientifique. Il est \u00e9vident que le bagage linguistique des scientifiques, m\u00eame insuffisant aux yeux d\u2019un expert ou d\u2019une experte linguiste, peut \u00eatre corrig\u00e9 apr\u00e8s que son travail ait \u00e9t\u00e9 lu et traduit par le traducteur ou la traductrice (qui lui-m\u00eame ou elle-m\u00eame dispose d\u2019une certaine connaissance du sujet).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Vers de meilleures perspectives\u00a0de d\u00e9veloppement \u00e0 Madagascar\u00a0: \u00e9laborer une politique de traduction?<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans de nombreuses r\u00e9gions du monde o\u00f9 le multiculturalisme et le multilinguisme pr\u00e9valent, les pays ont vu leurs relations internationales et nationales se renforcer et s\u2019\u00e9tendre gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place de politiques de traduction par les gouvernements. Les objectifs de la politique de traduction avalis\u00e9e par la politique linguistique \u00e0 Madagascar seraient les suivants\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>i) Promouvoir l\u2019unit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>ii) Enraciner la d\u00e9mocratie, ce qui inclut la protection des droits linguistiques.<\/p>\n<p>iii) Promouvoir le multilinguisme.<\/p>\n<p>iv) Promouvoir le respect et la tol\u00e9rance envers la diversit\u00e9 linguistique et culturelle.<\/p>\n<p>v) Poursuivre l\u2019\u00e9laboration et la modernisation de la langue [malgache].<\/p>\n<p>vi) Promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique national <span style=\"text-align: justify;font-size: 1em\">(D\u00e9partement des arts, de la culture, des sciences et de la technologie, 1996, cit\u00e9 dans Tshotsho, 2013, p.\u00a041).<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c9tant donn\u00e9 que Madagascar est une \u00eele, et donc un carrefour de civilisations, elle est devenue un foyer pour diff\u00e9rentes cultures et langues. Les quatre langues (malgache, fran\u00e7ais, anglais et mandarin) sont d\u00e9sormais majoritairement parl\u00e9es \u00e0 Madagascar, de sorte que les organismes habilit\u00e9s doivent prendre en compte l\u2019appel \u00e0 une politique de traduction les impliquant toutes afin de contr\u00f4ler le bon d\u00e9roulement des travaux de traduction et de fournir aux \u00e9trangers et \u00e9trang\u00e8res des services de traduction pour le bon fonctionnement de leur travail et de leur vie quotidienne sur l\u2019\u00eele.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les services de traduction ne sont pas bien structur\u00e9s, bien qu\u2019existants. C\u2019est un obstacle \u00e0 la qualit\u00e9 et \u00e0 la quantit\u00e9 des \u0153uvres traduites. Le domaine litt\u00e9raire est le plus stigmatis\u00e9 par cet inconv\u00e9nient, car des traducteurs et traductrices de moins en moins exp\u00e9riment\u00e9\u00b7e\u00b7s ne peuvent que fournir des rendus de traduction acceptables. M\u00eame si les Malgaches ont tendance \u00e0 \u00eatre plus polyglottes, ils et elles ne disposent pas de bons outils pour effectuer une traduction de haute qualit\u00e9 \u00e9quivalant \u00e0 un art. La plupart des traducteurs, traductrices et interpr\u00e8tes \u00e0 Madagascar travaillent en priv\u00e9; un grand nombre d\u2019entre eux et elles n\u2019ont jamais suivi de formation professionnelle, ce qui peut r\u00e9duire la qualit\u00e9 de leur travail. Il n\u2019existe pas encore d\u2019association nationale de traducteurs, traductrices\/interpr\u00e8tes dans le pays. Il va sans dire que la qualit\u00e9 des traductions ne peut \u00eatre non plus contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 d\u00e9faut d\u2019organisme charg\u00e9 d\u2019une telle mission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En ce qui concerne les offres de formation, le d\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes fran\u00e7aises des universit\u00e9s publiques de la Grande \u00cele propose des cours de traduction \u00e0 ses \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes. Il en va de m\u00eame pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e du d\u00e9partement interdisciplinaire de formation professionnelle (toujours au sein des universit\u00e9s publiques). Le cursus pour les interpr\u00e8tes touristiques comprend \u00e9galement des cours de traduction et d\u2019interpr\u00e9tation. Le d\u00e9partement de malgache souhaite depuis quelques ann\u00e9es donner un nouveau souffle \u00e0 la traduction litt\u00e9raire, tandis que les d\u00e9partements d\u2019anglais, de russe, d\u2019allemand et d\u2019espagnol continuent d\u2019offrir des cours de traduction p\u00e9dagogique. Malgr\u00e9 le s\u00e9rieux et les efforts mis dans ces derniers, nous ne pouvons pas conclure avec certitude sur un r\u00f4le suffisamment ad\u00e9quat qu\u2019ils peuvent jouer dans la promotion de la traduction professionnelle \u00e0 Madagascar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de formuler et de mettre en \u0153uvre une politique de traduction \u00e0 Madagascar, car bien que la demande de traduction augmente, l\u2019offre est stable \u2013 sinon d\u00e9croissante \u2013 et en raison de l\u2019absence d\u2019une politique de contr\u00f4le des \u0153uvres \u00e9trang\u00e8res \u00e0 traduire, on peut \u00e9galement d\u00e9plorer une insuffisante importation de la litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re dans le pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De nos jours, en adh\u00e9rant \u00e0 des institutions politico-\u00e9conomiques telles que la SADC, le COMESA ou la COI, Madagascar pr\u00e9voit de forger son d\u00e9veloppement \u00e9conomique sur le commerce international et l\u2019exportation. Le choix du multilinguisme ne peut que faciliter les relations de Madagascar avec ses partenaires commerciaux. Mais pour \u00e9viter la domination de l\u2019anglais dans ces relations, il faut veiller \u00e0 ce qu\u2019une clause linguistique soit pr\u00e9par\u00e9e dans les contrats d\u2019organisation r\u00e9gionale avec l\u2019\u00eele. Il est vrai qu\u2019en n\u00e9gociation, les aspects \u00e9conomiques et commerciaux des dossiers constituent le principal point de transaction. N\u00e9anmoins, les aspects linguistiques et culturels ne doivent pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9s\u00a0: ils doivent \u00eatre coh\u00e9rents avec la politique linguistique choisie. C\u2019est la raison pour laquelle, dans ce contexte, une politique de traduction doit \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e afin de faciliter l\u2019acc\u00e8s aux documents traduits (Rambelo, 1987).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Depuis les plus anciennes interactions entre les peuples malgaches et \u00e9trangers foulant le sol malgache, cet article nous montre que la fixation du syst\u00e8me \u00e9crit de la langue malgache a permis au peuple de s\u2019ouvrir encore plus au monde, et de se d\u00e9velopper \u00e9galement \u00e0 son rythme. Ainsi, la traduction et l\u2019interpr\u00e9tation ont facilit\u00e9 ces \u00e9changes, ont apport\u00e9 leur pierre \u00e0 la croissance du pays, tant dans les domaines litt\u00e9raires, religieux, \u00e9conomiques, diplomatiques qu\u2019\u00e9conomiques, etc. Aujourd\u2019hui pourtant, figurant en haut de liste des pays les plus pauvres au monde, a-t-on raison de croire que Madagascar pourrait renverser la situation en poussant davantage ses connaissances linguistiques\u00a0et culturelles ainsi que sa mani\u00e8re de g\u00e9rer les langues parl\u00e9es sur son territoire? Pourquoi la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un document appuyant une politique de traduction ne semblait-elle venir que de l\u2019esprit de rares \u00e9rudits et \u00e9rudites \u00e0 l\u2019instar de la regrett\u00e9e Juliette Ratsimandrava et du regrett\u00e9 Henri Rahaingoson? Quelles sont en fait les principales raisons du retard pris dans la politique linguistique (c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une politique linguistique nationale) \u2013 et encore plus dans la politique de traduction \u2013 \u00e0 Madagascar?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">B\u00e1nhegyi, M\u00e1ty\u00e1s. 2014.Translation and political discourse. <em>Acta Universitatis Sapientiae, Philologica,<\/em> <em>6<\/em>, 139-158.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Bekri, Tahar (coord.). 2001. <em>Notre librairie revue des litt\u00e9ratures du Sud. Litt\u00e9ratures insulaires du Sud,<\/em> <em>143<\/em>.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Luque, Adri\u00e1n Fuentes. 1999. An Approach to Diplomatic Translation. <em>Translation Journal<\/em>, <em>3.<\/em> URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/translationjournal.net\/journal\/10dipl.htm\">https:\/\/translationjournal.net\/journal\/10dipl.htm<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ouvrard, Louise. 2012. L\u2019\u00e9criture arabico-malgache, quels enjeux identitaires? Dans Bellassen, Jo\u00ebl, Medhat-Lecocq, H\u00e9ba et Ouvrard, Louise (dir.), <em>Ecritures, politiques linguistiques et didactique des langues<\/em> (93-101). Paris\u00a0: Editions des archives contemporaines.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rajaonarimanana, Narivelo. 2000. La contribution hollandaise \u00e0 la connaissance de la langue malgache. Dans Allibert, Claude et Rajaonarimanana, Narivelo (dir.), <em>L\u2019Extraordinaire et le quotidien : variations anthropologiques <\/em>( 82-89). Paris\u00a0: \u00c9ditions Karthala.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rakotomavo, Hanta et Razanadraibe, Colomba. 2007. L\u2019enseignement de la langue anglaise \u00e0 Madagascar: d\u2019hier \u00e0 demain. Dans <em>Symposium international Plurilinguisme \u00e0 Madagascar, dans l\u2019Oc\u00e9an indien et au-del\u00e0. Quand les perspectives se rencontrent<\/em>. Antananarivo\u00a0: \u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure. Version revue publi\u00e9e dans <em>\u00c9tudes Oc\u00e9an Indien<\/em>, 2010, <em>44<\/em>, 55-97.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rambelo, Michel. 1987. Langue nationale, fran\u00e7ais et d\u00e9veloppement. \u00c9l\u00e9ments pour une politique d\u2019am\u00e9nagement linguistique \u00e0 Madagascar. Dans Francis Jouannet <em>et al.<\/em>, <em>Langues, \u00e9conomie et d\u00e9veloppement <\/em>(tome 2) (5-73). Aix-en-Provence\u00a0: Didier \u00e9rudition.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Ravelomanantsoa, Haingo Gabriella. 2013. <em>Linguistic Representations and Identity Construction: Analysis of the Relation between Students and Foreign Languages.<\/em> M\u00e9moire de ma\u00eetrise en Sciences du langage, Universit\u00e9 d\u2019Antananarivo. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/biblio.univ-antananarivo.mg\/pdfs\/ravelomanantsoaHaingoG_ENG_M1_13.pdf\">http:\/\/biblio.univ-antananarivo.mg\/pdfs\/ravelomanantsoaHaingoG_ENG_M1_13.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Riffard, Claire. 2008. Le mouvement litt\u00e9raire Mitady ny very (\u00e0 la recherche des perdus)\u00a0: une ressource fondamentale pour la po\u00e9sie malgache contemporaine. <em>e-France: an on-line Journal of French Studies,<\/em> <em>2<\/em>, 209-223.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Robinson, Douglas. 2007. <em>Translation and Empire: Postcolonial Theories Explained<\/em> (1997, first edition). Manchester: St. Jerome Publishing.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rochard, Michel. 2009. Traduction et organisations internationales\u00a0: sortir de la bulle?. <em>Traduire. Revue fran\u00e7aise de la traduction<\/em>, <em>220<\/em>, 5-13<em>.<\/em> URL\u00a0: http:\/\/journals.openedition.org\/traduire\/375<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Tshotsho, Baba. 2013. Mother tongue debate and language policy in South Africa. <em>International Journal of Humanities and Social Science<\/em>, <em>3<\/em>, 39-44.<\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/contributors\/mino-andriantsimahavandy\">Mino ANDRIANTSIMAHAVANDY<\/a><\/strong><br \/>Dipl\u00f4m\u00e9e de Langue et litt\u00e9rature anglaises de l\u2019Universit\u00e9 Normale Huazhong de Wuhan, l&rsquo;autrice est titulaire d&rsquo;un PhD. Elle est actuellement lectrice de fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des \u00c9tudes Internationales de Xi\u2019an et s&rsquo;int\u00e9resse aux th\u00e9ories et pratiques de la traduction ainsi qu\u2019\u00e0 la linguistique appliqu\u00e9e.<br \/>\nContact : mimino1984@yahoo.fr<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":11,"menu_order":3,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["mino-andriantsimahavandy"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[79],"license":[],"class_list":["post-197","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-developpement","motscles-interpretation","motscles-madagascar","motscles-role","motscles-traduction","keywords-development","keywords-interpretation","keywords-madagascar","keywords-role","keywords-translation","motscles-autre-andraikitra","motscles-autre-fampandrosoana","motscles-autre-fandikan-teny-am-bava","motscles-autre-fandikan-teny-an-tsoratra","motscles-autre-madagasikara","contributor-mino-andriantsimahavandy"],"part":185,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/197\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":337,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/197\/revisions\/337"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/185"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/197\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=197"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=197"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}