{"id":209,"date":"2021-09-22T12:27:58","date_gmt":"2021-09-22T10:27:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/?post_type=chapter&#038;p=209"},"modified":"2022-05-21T18:14:26","modified_gmt":"2022-05-21T16:14:26","slug":"awa_et_ngele2021","status":"web-only","type":"chapter","link":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/texte\/awa_et_ngele2021\/","title":{"rendered":"Texte et contexte \u00e0 la recherche de la compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire"},"content":{"raw":"<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction est essentiellement une activit\u00e9 humaine. Bien qu\u2019il y ait de nos jours des tentatives de l\u2019automatiser ou de l\u2019informatiser, l\u2019essentiel est qu\u2019on aura toujours besoin d\u2019une comp\u00e9tence humaine pour l\u2019aborder. En g\u00e9n\u00e9ral, elle est la reproduction de l\u2019\u00e9quivalence du message compris d\u2019une langue dite de d\u00e9part dans une autre dite d\u2019arriv\u00e9e. C\u2019est pourquoi il est important, dans le processus traductionnel, de s\u2019assurer que les deux textes (de d\u00e9part et d\u2019arriv\u00e9e) aient le m\u00eame sens et reproduisent les m\u00eames effets. Ce faisant, le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice est cens\u00e9\u00b7e tout faire pour que le lectorat n\u2019ait pas de difficult\u00e9s de compr\u00e9hension en lisant le texte final. Cela veut dire que le lectorat cible doit saisir le message d\u2019une mani\u00e8re naturelle comme si le message \u00e9tait r\u00e9dig\u00e9 dans sa langue. Cependant, il ne suffit pas que le traducteur ou la traductrice manie seulement l\u2019une des deux langues avec une capacit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e sans avoir le m\u00eame niveau de comp\u00e9tence dans l\u2019autre. Il est exig\u00e9 de lui ou d\u2019elle de bien ma\u00eetriser les deux langues et de comprendre les nuances qui s\u2019y trouvent. En plus de sa comp\u00e9tence linguistique, le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice doit toujours se souvenir des contraintes li\u00e9es \u00e0 cette activit\u00e9 qui sont, dans certains cas, linguistiques et, d\u2019autres, extralinguistiques. La plupart des contraintes proviennent de la grammaire, du contexte du message et de la typologie textuelle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet article, il sera question d\u2019\u00e9tablir le lien entre le texte et son contexte. \u00c9tant donn\u00e9 la nature sensible de la compr\u00e9hension du message litt\u00e9raire, l\u2019orientation du traducteur ou de la traductrice doit prendre en compte cette r\u00e9alit\u00e9. Il ou elle doit pr\u00e9ciser ce qui rel\u00e8ve du <em>vouloir dire<\/em> de l\u2019auteur ou l\u2019autrice du message qu\u2019il ou elle vise \u00e0 r\u00e9exprimer dans la langue d\u2019arriv\u00e9e. N\u2019oublions pas que le message litt\u00e9raire et la mani\u00e8re dont il est r\u00e9dig\u00e9 pr\u00e9voient des nuances et tournures \u00e9voquant des sentiments et notions que l\u2019auteur ou l\u2019autrice veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment passer. Le traducteur ou la traductrice doit rechercher le contexte des mots en usage et pas simplement la correspondance des mots isol\u00e9s. L\u2019objectif de ce texte sera de pr\u00e9senter la traduction litt\u00e9raire comme une activit\u00e9 exigeant deux comp\u00e9tences\u00a0: litt\u00e9raire et traductionnelle.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour atteindre l\u2019objectif qui vient d\u2019\u00eatre pos\u00e9, nous nous interrogerons sur le r\u00f4le du contexte dans la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire, sur la saisie du sens en dehors de la correspondance des mots et phrases isol\u00e9es et la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019essentiel du message litt\u00e9raire si le traducteur ou la traductrice ne prend pas en consid\u00e9ration son contexte situationnel. Cela renvoie alors \u00e0 l\u2019\u00e9cart qui r\u00e9sulte quand on ne lie pas le message litt\u00e9raire \u00e0 son contexte. Nous tenterons ainsi de soutenir que la compr\u00e9hension du fond du texte litt\u00e9raire est fonction de ce dernier. La th\u00e9orie du sens, dite interpr\u00e9tative, nous servira de cadre pour l\u2019analyse du <em>vouloir dire<\/em> de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice, activit\u00e9 qui pr\u00e9c\u00e8de la traduction. La traduction litt\u00e9raire est consid\u00e9r\u00e9e ici comme \u00e9tant une activit\u00e9 qui recouvre deux disciplines distinctes \u2013 la litt\u00e9rature et la traduction. Dans ce travail, nous ferons le lien entre l\u2019analyse du discours, le texte litt\u00e9raire et son contexte. Nous ach\u00e8verons ce texte par l\u2019\u00e9tude d\u2019un cas pratique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La traduction litt\u00e9raire et la litt\u00e9rature en traduction<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Quand on parle de la traduction litt\u00e9raire, on pense \u00e0 un processus par lequel le message d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire est reproduit d\u2019une langue dite de d\u00e9part dans une autre dite d\u2019arriv\u00e9e. Ceci dit, le traducteur ou la traductrice comme m\u00e9diateur ou m\u00e9diatrice du processus aura toujours la t\u00e2che de dupliquer fid\u00e8lement le message, retenant les effets et le style de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. Pour y parvenir, il ou elle devient une sorte de co-auteur ou co-autrice dans le processus de la recr\u00e9ation du message. En m\u00eame temps, il est exig\u00e9 de lui ou d\u2019elle d\u2019avoir une comp\u00e9tence dans la stylistique des langues en contact sans oublier d\u2019activer son bagage encyclop\u00e9dique emmagasin\u00e9 au cours des ann\u00e9es dans les deux cultures. Il faut rappeler qu\u2019il y a deux \u00e9l\u00e9ments importants que le traducteur ou la traductrice retiendra au cours de son travail\u00a0: la fonction de communiquer des id\u00e9es et informations \u00e0 travers des langues et l\u2019aspect esth\u00e9tique qui est \u00e0 la base de toute cr\u00e9ation litt\u00e9raire. C\u2019est pour cette raison que l'on commence \u00e0 sentir le sens en relation avec le contexte lors de la lecture d'une \u0153uvre litt\u00e9raire traduite. Il en est de m\u00eame des notions et \u00e9motions que cette derni\u00e8re communique.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">La compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire et la th\u00e9orie du sens<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9part, les th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes du sens \u2013 on citera par exemple Danica Seleskovitch et Marianne Lederer \u2013 sont d\u2019accord que le processus de traduction va au-del\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques. Ils et elles n\u2019ignorent pas compl\u00e8tement le r\u00f4le de la connaissance de l\u2019\u00e9l\u00e9ment linguistique. D\u2019ailleurs, c\u2019est cette connaissance qui aide \u00e0 soulever les probl\u00e8mes qui s\u2019imposent quand on a des obstacles li\u00e9s aux langues en traduction. Ces th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes pr\u00e9f\u00e8rent interpr\u00e9ter pour traduire, encore plus en traduction litt\u00e9raire. Il faut en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9viter des situations d\u2019intraduisibilit\u00e9 comme c\u2019est souvent le cas dans l\u2019approche de la signification linguistique.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient alors, dans ce travail, d\u2019utiliser la th\u00e9orie dite interpr\u00e9tative pour montrer comment faciliter la compr\u00e9hension dans le lien \u00e9troit que le texte entretient avec son contexte. Ce faisant, on comprend que le sens du message litt\u00e9raire n\u2019est pas strictement disponible dans les \u00e9l\u00e9ments graphiques et linguistiques. Soutenant ce raisonnement, Seleskovitch est d\u2019avis que \u00ab\u00a0Le sens est un vouloir dire ext\u00e9rieur \u00e0 la langue, ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019expression chez le sujet parlant, post\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9ception du discours chez le sujet percevant\u00a0\u00bb (Seleskovitch, cit\u00e9 par Lederer, 1994, p.\u00a09). Selon cette explication, le sens que l\u2019on retient en traduction litt\u00e9raire ne se trouve pas forc\u00e9ment dans les mots et phrases isol\u00e9s qui ne sont que des v\u00e9hicules utilis\u00e9s par l\u2019auteur ou l\u2019autrice pour passer son message. Regardant de pr\u00e8s, on constate qu\u2019autour de ces mots et phrases se trouvent un contexte qu\u2019on doit prendre en compte pour arriver au sens. Le fait que le sens est ce que l\u2019auteur ou l\u2019autrice veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment passer \u00e0 son public invite le traducteur ou la traductrice \u00e0 mobiliser sa connaissance encyclop\u00e9dique des domaines litt\u00e9raire et traductionnel pour comprendre les signifi\u00e9s des mots entour\u00e9s par les autres.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Seleskovitch soutient, d\u00e8s lors, l\u2019id\u00e9e que la compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire s\u2019op\u00e8re dans le rapprochement du texte \u00e0 son contexte. Si on s\u00e9pare les deux, on court le risque de g\u00e9n\u00e9rer des contresens. En plus, il est \u00e9vident que l\u2019essentiel, dans n\u2019importe quel type de traduction, est la ma\u00eetrise du message et sa r\u00e9expression fid\u00e8le par le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice. Il ou elle est toujours cens\u00e9\u00b7e comprendre la typologie textuelle dans son contexte, surtout culturel, afin de rendre au public cible une traduction apte. Sachons que la compr\u00e9hension des textes litt\u00e9raires n\u2019est pas facilement accessible par la simple correspondance des mots et phrases isol\u00e9s. Au contraire, les textes litt\u00e9raires en traduction suivent un processus qui exige l\u2019oubli temporaire des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques pour trouver des \u00e9quivalents appropri\u00e9s dans les deux langues. Rappelons aussi que la litt\u00e9rature n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une \u00e9criture statique, mais dynamique. Ce dynamisme se renforce en traduction litt\u00e9raire au moment o\u00f9 le traducteur ou la traductrice commence \u00e0 analyser le discours d\u2019un auteur pour savoir qui dit quoi, \u00e0 qui et \u00e0 quelle fin. Suite \u00e0 cette compr\u00e9hension, on saisit pourquoi la relation entre le texte et son contexte favorise \u00ab l\u2019interpr\u00e9tation du sens des \u00e9nonc\u00e9s, alors qu\u2019une approche linguistique repose sur une perspective comparatiste des codes linguistiques \u00bb (Rangel de Sousa et Srpova, 2010, p. 318). Il faut dire que la traduction litt\u00e9raire n\u2019est pas un simple \u00e9change des codes linguistiques, mais un processus cognitif dans lequel le traducteur ou la traductrice d\u00e9chiffre la signification du syst\u00e8me linguistique pour avoir le sens exact du message.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, le traducteur ou la traductrice doit travailler sur le discours exprim\u00e9 (texte) pour avoir acc\u00e8s \u00e0 la pens\u00e9e de l\u2019auteur. Mais, il ou elle n\u2019y parvient qu\u2019en prenant en compte le contexte situationnel de la totalit\u00e9 du message. C\u2019est pourquoi la compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire ne se limite pas seulement \u00e0 la connaissance des codes linguistiques. Elle va au-del\u00e0 pour impliquer les codes extralinguistiques qui, dans la plupart, font partie du message litt\u00e9raire. Il faut noter qu\u2019on a plusieurs signifiants autour de chaque mot dans le syst\u00e8me linguistique. Pour le texte litt\u00e9raire, on doit toujours rechercher le signifi\u00e9 exact des mots entour\u00e9s d\u2019autres mots pour \u00e9viter les probl\u00e8mes de polys\u00e9mie. Selon la th\u00e9orie interpr\u00e9tative que nous suivons dans ce travail, le traducteur ou la traductrice doit aller au-del\u00e0 des mots isol\u00e9s au niveau de la correspondance pour aborder l\u2019usage dynamique (l\u2019\u00e9quivalence) de ces derniers dans des contextes situationnels et sp\u00e9cifiques.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le lien entre l\u2019analyse du discours, le texte et son contexte en traduction litt\u00e9raire<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">En communication humaine, le discours est ce qui lie deux entit\u00e9s en interaction. Cela veut dire qu\u2019on doit avoir un \u00e9metteur et un r\u00e9cepteur. L\u2019analyse du discours fait partie des aspects fondamentaux de la th\u00e9orie du sens. Elle a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Jean Delisle[footnote]Delisle est l\u2019un pr\u00e9curseurs de la th\u00e9orie interpr\u00e9tative vulgaris\u00e9e par les th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes de l\u2019ESIT de Paris.[\/footnote] (1980). Dans cette approche, le discours est abord\u00e9 comme un acte de communication qui a deux axes. Le premier axe est oral et n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d\u2019au moins deux personnes (la personne qui s\u2019exprime et la personne qui \u00e9coute). Le second, quant \u00e0 lui, est le discours \u00e9crit qui implique une activit\u00e9 de production et une activit\u00e9 de r\u00e9ception. En fait, l\u2019analyse du discours ne se limite pas seulement \u00e0 la compr\u00e9hension des \u00e9l\u00e9ments graphiques du texte. Par contre, elle focalise l\u2019attention sur la situation de communication en interrogeant qui dit quoi, \u00e0 qui et \u00e0 quelle fin.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse du discours d\u00e9montre la capacit\u00e9 de d\u00e9passer la notion ordinaire du texte comme on la conna\u00eet. Le texte s\u2019explique tout simplement comme un ensemble linguistique qui est coh\u00e9rent et a du sens. En m\u00eame temps, le discours convoque la pragmatique situationnelle, ce qui inclut les notions de texte et de contexte. Si le texte est pris comme le produit de la communication, le discours repr\u00e9sente le dynamisme de la production communicationnelle qui prend en compte le contexte textuel et rend facile la compr\u00e9hension non seulement litt\u00e9raire, selon notre \u00e9tude, mais aussi des diff\u00e9rents types de texte. Par exemple, si on dit en anglais <em>It was raining cats and dogs outside<\/em>, la compr\u00e9hension n\u2019est pas dans la correspondance qui est au niveau de la signification linguistique. Si on traduit cet \u00e9nonc\u00e9 par <em>Il pleuvait des chats et des chiens dehors<\/em>, ce sera un non-sens ou un contresens parce que les \u00ab\u00a0cats\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0dogs\u00a0\u00bb dans la phrase signifient l\u2019intensit\u00e9 de la pluie et pas n\u00e9cessairement leur signification au niveau des mots. En recherchant le sens \u00e0 partir du contexte, la bonne traduction de cette phrase <em>Il pleuvait des cordes<\/em>. Dans cette traduction, on est all\u00e9 au fond du signifi\u00e9 de chaque mot, appuy\u00e9 du contexte, pour avoir la signification exacte de la phrase. C\u2019est ce qu\u2019exige, dans la plupart de cas, les textes litt\u00e9raires.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, l\u2019analyse du discours se r\u00e9v\u00e8le pertinente dans l\u2019explication de la th\u00e9orie du sens. Elle pr\u00e9sente explicitement le \u00ab\u00a0contexte du texte\u00a0\u00bb selon Delisle. Sa connaissance est importante dans les \u0153uvres litt\u00e9raires parce que celles-ci sont expressives et porteuses de sentiments. En traduction litt\u00e9raire, cette analyse est la manifestation de la th\u00e9orie dite du sens, elle aide la compr\u00e9hension du texte en m\u00eame temps qu\u2019elle lie des \u00e9quivalences contextuelles au vouloir dire de l\u2019auteur. C\u2019est le processus par lequel le traducteur ou la traductrice litt\u00e9raire est initi\u00e9\u00b7e au chemin traductionnel qui ne se limite pas \u00e0 la simple connaissance des langues. Pour \u00e9viter les contresens, on exige du traducteur-m\u00e9diateur ou de la traductrice-m\u00e9diatrice d\u2019\u00e9quilibrer sa comp\u00e9tence du syst\u00e8me linguistique et son exploitation du message litt\u00e9raire dans le cadre de la communication. N\u2019oublions pas que le syst\u00e8me linguistique doit \u00eatre compris \u00e0 deux niveaux\u00a0: la langue et la parole. Les deux s\u2019expliquent du fait que la langue s\u2019associe \u00e0 la signification des mots qui n\u2019ont pas de valeur en usage dynamique et la parole est ce qu\u2019on comprend des mots en usage contextuel.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La notion du texte en traduction litt\u00e9raire<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Commen\u00e7ons \u00e0 mettre l\u2019accent sur la traduction comme une activit\u00e9 humaine complexe. \u00c0 titre de rappel, la traduction consiste simplement \u00e0 <em>dire ce qui a \u00e9t\u00e9 dit dans une langue de d\u00e9part dans une autre langue dite d\u2019arriv\u00e9e<\/em>. Dans le domaine litt\u00e9raire, elle n\u2019est pas si facile \u00e0 aborder. C\u2019est parce que la r\u00e9alit\u00e9 des textes litt\u00e9raires ne laisse jamais un simple mouvement des mots et phrases isol\u00e9s d\u2019une langue A vers une langue\u00a0B. Au contraire, elle est une t\u00e2che qui exige un niveau \u00e9lev\u00e9 de cognition et de cr\u00e9ativit\u00e9 de la part du traducteur ou de la traductrice. Il doit comprendre au fond les deux disciplines \u2013 la litt\u00e9rature et la traduction. C\u2019est pourquoi comprendre le texte litt\u00e9raire et son contexte dans le processus traductionnel est indispensable pour le traducteur ou la traductrice. En m\u00eame temps, c\u2019est cette compr\u00e9hension qui l\u2019oriente vers le but et la fonction du texte en rapport au vouloir dire de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019auteur ou l\u2019autrice du texte utilise son \u00e9criture pour passer son message au lectorat, ce que le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice doit saisir et retenir dans la phase de compr\u00e9hension avant la r\u00e9expression dans la langue cible.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte, en tant qu\u2019expression cr\u00e9atrice de la pens\u00e9e de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice, est un ensemble linguistique qui doit avoir du sens. Cherchant \u00e0 expliquer ce qui distingue un texte, on l\u2019associe aux crit\u00e8res suivants\u00a0: \u00ab\u00a0cohesion, coherence, intentionality, acceptability, informativity, situationality and intertextuality\u00a0\u00bb (Beaugrande, 1990, p.\u00a058). Soutenant ce raisonnement, Tomaszkiewiez l\u2019explique comme \u00ab\u00a0a linguistic object of various length, that creates a semantic value\u00a0\u00bb (Tomaszkiewiez, cit\u00e9 par Puchala, 2011, p.\u00a0358). Cela veut dire que le texte se distingue toujours par la valeur s\u00e9mantique dont il dispose. C\u2019est cette valeur qui le rend compr\u00e9hensible.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Regardant de pr\u00e8s la citation, on constate que ces crit\u00e8res donnent au texte sa capacit\u00e9 de communication. Dans le domaine litt\u00e9raire, on le consid\u00e8re comme une s\u00e9quence de phrases constituant un ensemble coh\u00e9sif d\u00e8s le d\u00e9part jusqu\u2019\u00e0 la fin. La coh\u00e9sion textuelle est ce qui connecte la compr\u00e9hension aux \u00e9l\u00e9ments graphiques dans l\u2019acte de communication. Dans la litt\u00e9rature, le texte (discours) joue un r\u00f4le important et cela n\u00e9cessite une compr\u00e9hension totale du message. Le texte s\u2019explique par le fait que les mots et les phrases sont \u00e9troitement li\u00e9s, provoquant des connotations sp\u00e9cifiques selon le contexte et la situation. C\u2019est pourquoi il est souvent difficile de comprendre le message litt\u00e9raire si on n\u2019est pas initi\u00e9\u00b7e \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de ses crit\u00e8res et techniques. Relevant la pertinence de cette connaissance textuelle, G\u00fcnay dit\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">On a pu remarquer que, la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire est difficile, il en reste que sa traduction portera encore ses difficult\u00e9s probables. Avant tout, il nous faut expliquer ce que c\u2019est la traduction pour cette activit\u00e9 culturelle et linguistique, il est possible de trouver des diff\u00e9rents types de d\u00e9finition (sic !). [\u2026] L\u2019auteur donne au lecteur-traducteur un \u00e9nonc\u00e9 accompli de diff\u00e9rents points de vue, mais c\u2019est le lecteur-traducteur, qui doit trouver un \u00e9nonc\u00e9, en langue d\u2019arriv\u00e9e, \u00e9quivalents dans diff\u00e9rents points de vue. Du texte de la langue de d\u00e9part, on peut emprunter les sentiments, les impressions, les perceptions, les sensibilit\u00e9s, les pens\u00e9es, les images pr\u00eats\u2026 Mais il n\u2019y a pas une r\u00e8gle, une restriction, que les \u00e9quivalents de ces \u00e9l\u00e9ments se placent, se trouvent dans chaque langue (\u00e0 la fois dans la langue de d\u00e9part et dans la langue d\u2019arriv\u00e9e) (G\u00fcnay, 2001, p.\u00a08).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">De cette citation, on comprend que le texte litt\u00e9raire est charg\u00e9 des nuances et des tournures qui portent des notions et des \u00e9motions que l\u2019auteur ou l\u2019autrice sentait au moment de la r\u00e9daction du message. Rappelons aussi que le texte litt\u00e9raire est \u00e9crit selon deux syst\u00e8mes (l\u2019un est linguistique et l\u2019autre litt\u00e9raire) que le traducteur doit prendre en compte. Cela est plus \u00e9vident quand on prend les trois genres \u00e0 savoir la prose, la po\u00e9sie et le drame. Chacun d\u2019eux, selon sa fonction, a ses caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques. C\u2019est pourquoi on ne consid\u00e8re pas seulement le texte litt\u00e9raire du point de vue de sa capacit\u00e9 r\u00e9dactionnelle et communicative, mais de son orientation vers le vouloir dire et la cr\u00e9ativit\u00e9 de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. En lisant un texte litt\u00e9raire, on constate qu\u2019une connaissance au-del\u00e0 de l\u2019usage simple des mots et des phrases isol\u00e9s est n\u00e9cessaire pour arriver au sens du message. Parlant m\u00eame de la lecture litt\u00e9raire, on trouve qu\u2019on a besoin d\u2019un d\u00e9codage des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques pour en tirer du sens. Par rapport \u00e0 ce sujet, un des partisans de cette approche dit\u00a0: \u00ab\u00a0s\u2019agissant du terme lecture, il a le sens courant; le d\u00e9chiffrement de signes et la compr\u00e9hension de l\u2019ensemble fond-forme qu\u2019ils constituent, dans un contexte\u00a0\u00bb (Chevrel, 2006, p.\u00a06). Il nous fait savoir pourquoi lire un texte litt\u00e9raire exige un dynamisme cr\u00e9ateur et stylistique. La lecture aide \u00e9galement \u00e0 pr\u00e9parer la cognition du traducteur ou de la traductrice \u00e0 atteindre l\u2019essentiel des nuances associ\u00e9es au vouloir dire de l\u2019auteur du message.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que le traducteur ou la traductrice doit faire l\u2019effort de se mettre dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice afin qu\u2019il ou elle soit dans le m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit. Certes, si le traducteur ou la traductrice n\u2019arrive pas \u00e0 saisir le message du texte dans le cadre de sa typologie, il pourrait ne pas r\u00e9ussir \u00e0 rendre le sens. Par cons\u00e9quent, il ou elle doit se mettre dans l\u2019\u00e9tat cr\u00e9ateur pour pouvoir reproduire les m\u00eames effets cr\u00e9\u00e9s par le texte de d\u00e9part dans le texte d\u2019arriv\u00e9e. Il ou elle doit le faire d\u2019une mani\u00e8re naturelle qui ne posera pas de difficult\u00e9s de compr\u00e9hension au public vis\u00e9. Il ou elle devra aussi le reproduire d\u2019une mani\u00e8re cr\u00e9atrice sans se limiter aux signifiants des mots comme correspondances, mais aux signifi\u00e9s comme \u00e9quivalences dans des situations contextuelles. La raison est simple. Si le traducteur ou la traductrice ne comprend pas le texte litt\u00e9raire et son contexte qui lui ouvre au sens, il ou elle risque de reproduire un texte qui peut \u00eatre grammaticalement et s\u00e9mantiquement correct, mais contraire de l\u2019original. Par exemple, si la phrase <em>He kicked the bucket<\/em> est traduite hors contexte, on aura le rendu <em>Il a donn\u00e9 un coup de pied au seau<\/em>. Mais, en consid\u00e9rant qu\u2019elle soit produite dans un contexte litt\u00e9raire, elle l\u2019associera \u00e0 la mort en soulignant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un euph\u00e9misme. La bonne traduction sera alors <em>Il a cass\u00e9 sa pipe<\/em>. Voyons donc pourquoi on insiste qu\u2019il faille comprendre le contexte du texte dans le domaine de la traduction litt\u00e9raire. Si on regarde de pr\u00e8s la traduction, on constatera que c\u2019est la langue en usage (la parole) qui a fait appara\u00eetre le sens courant de ces mots par le biais de l\u2019examen des signes linguistiques.<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify\">La traduction litt\u00e9raire et la connaissance du contexte<\/h3>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019introduction de son article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Text and context in translation\u00a0\u00bb, House (2006) explique l\u2019importance du lien entre le texte et son contexte en traduction litt\u00e9raire en vue d\u2019obtenir de bonnes traductions. Elle dit\u00a0: \u00ab\u00a0while research on texts as units larger than sentences has a rich tradition in translation studies, the notion of context, its relation to text and the role it plays in translation has received much less attention\u00a0\u00bb (House, 2006, p.\u00a0338). En g\u00e9n\u00e9ral, la pratique de la traduction litt\u00e9raire est courante et importante parce que \u00ab\u00a0the new emphasis is on the context and not the text\u00a0\u00bb selon (Hung, 2005, p.\u00a0viii). Le contexte inclut toute information qui aide \u00e0 aborder le message du texte. Pour avoir cette information, on exploite la motivation et l\u2019orientation du processus de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Comme soutien, on est d\u2019accord avec Gr\u00e9goire et Mathios qui affirment\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Aborder les contextes en traduction semble cr\u00e9er un \u00e9cart entre le texte \u00e0 traduire et le texte traduit, et donc s\u2019\u00e9loigner des questions traductologiques propres \u00e0 la langue et au texte. Or, la prise en compte des contextes ne peut-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e au contraire comme une approche efficiente de la traduction, visant \u00e0 en expliquer le processus (Gr\u00e9goire et Mathios, 2019, p.\u00a0i).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Gr\u00e9goire et Mathios, le contexte litt\u00e9raire est l\u2019\u00e9cart qu\u2019on doit combler afin d\u2019arriver \u00e0 l\u2019essentiel du message de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. Comme il a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 en amont, la n\u00e9gligence du contexte litt\u00e9raire est susceptible de g\u00e9n\u00e9rer des contresens. Dans le sillage de l\u2019importance du contexte situationnel du message, Parks consid\u00e8re la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire comme le fait d\u2019aller au-del\u00e0 de l\u2019usage normal dans le syst\u00e8me linguistique. Au sujet de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019initi\u00e9\u00b7e en traduction litt\u00e9raire, il dit\u00a0:<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Experience tells us that it is literature that usually assumes the right to deviate from more ordinary ways of saying things, to draw attention to itself as language. True, its deviations often atrophy into the conventions of a recognisable poetic style, but it is the characteristic of the most dynamic literature to deviate even from these (Parks, 2007, p.\u00a015).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Parks pense que le domaine litt\u00e9raire fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9v\u00e9nements qui l\u2019entourent et l\u2019inspirent. Le contexte litt\u00e9raire s\u2019ouvre non seulement \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique litt\u00e9raire, mais aussi \u00e0 la stylistique en tant que discipline linguistique. Par exemple, si on dit <em>John is a lion and he lives in the jungle<\/em>, on remarque qu\u2019on ne peut pas comprendre la phrase en disant que <em>John est devenu un lion qui vit dans une jungle<\/em>. Le vrai sens de cet \u00e9nonc\u00e9, ant\u00e9rieur au sujet parlant, devient clair quand on sait que l\u2019auteur\u00b7e a utilis\u00e9 une technique litt\u00e9raire pour donner \u00e0 John l\u2019attribue du lion et de son lieu de r\u00e9sidence. En r\u00e9alit\u00e9, cette figure de style op\u00e8re par un transfert de sens. Par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 nous laisse rechercher deux contextes, l\u2019un ext\u00e9rieur au niveau de la correspondance des mots et l\u2019autre int\u00e9rieur au niveau du sens. Le premier consid\u00e8re les \u00e9l\u00e9ments linguistiques de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 et le second prend en compte l\u2019\u00e9nonc\u00e9 en tant qu\u2019entit\u00e9 compl\u00e8te et les aspects associatifs qui le mettent dans un contexte faisant appel \u00e0 la r\u00e9flexion. Notre traduction de la phrase est, de ce fait,\u00a0<em>Jean est sauvage et vit dans un lieu primitif<\/em>. Cette traduction trouve justification dans le comportement de Jean symbolis\u00e9 par la sauvagerie et le fait qu\u2019il vit dans un lieu brut. Elle est r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce au fait que nous connaissons le contexte dans lequel le discours est prononc\u00e9. La connaissance des contextes ext\u00e9rieur et int\u00e9rieur d\u2019un texte litt\u00e9raire aide le traducteur ou la traductrice dans le processus de restitution du sens dans la langue d\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Analyse d\u2019un extrait litt\u00e9raire<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Pour approfondir l\u2019explication sur la relation \u00e9troite entre texte et contexte en traduction, on note qu\u2019un texte litt\u00e9raire repr\u00e9sente un ensemble de phrases connect\u00e9es traduisant la pens\u00e9e de l\u2019auteur\u00b7e. Le contexte, comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit, facilite la compr\u00e9hension litt\u00e9raire. Prenant l\u2019exemple de l\u2019extrait \u00ab\u00a0Night Drive\u00a0\u00bb de Rubem Fonseca, tir\u00e9 du livre <em>Literary translation: a practical guide <\/em>(Landers, 2001, p.\u00a010), nous allons montrer comment saisir le sens du message, dans le sillage de la th\u00e9orie du sens dite interpr\u00e9tative, \u00e0 l\u2019aide du contexte de l\u2019extrait.<\/p>\r\n\r\n<blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">I arrived home with my briefcase bulging with papers, reports, studies, research, proposals, contracts. My wife, who was playing solitaire in bed, a glass of whiskey on the nightstand, said without looking up from the cards, \u201cyou are tired\u201d. The usual house sounds: my daughter in her room practicing voice modulation, quadraphonic music from my son\u2019s room. \u201cWhy don\u2019t you put down that suitcase?\u201d my wife asked \u201cTake off those cloths, have a nice glass of whiskey, you\u2019ve got to learn to relax\u201d (Landers, 2001, p.\u00a010).<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019arrivai chez moi, ma valise remplie de papiers, de rapports, d\u2019\u00e9crits, de recherches, de propositions et de contrats. Ma femme, qui jouait au solitaire au lit, un verre de whisky sur la table de chevet, sans lever les yeux des cartes, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu es fatigu\u00e9.\u00a0\u00bb \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison, les bruits habituels; dans sa chambre, ma fille s\u2019exer\u00e7ait \u00e0 la modulation vocale; dans sa chambre, mon fils jouait \u00e0 la musique quadriphonique. \u00ab\u00a0Pourquoi ne d\u00e9poses-tu pas cette valise?\u00a0\u00bb, demanda ma femme. \u00ab\u00a0Enl\u00e8ve tes habits, prends un verre de bon whisky. Tu dois apprendre \u00e0 te d\u00e9tendre\u00a0\u00bb, ajouta-t-elle (notre traduction).<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Si on regarde de pr\u00e8s l\u2019extrait de Rubem Fonseca, on constate que l\u2019on comprend beaucoup du contexte situationnel que des mots du syst\u00e8me linguistique. D\u2019abord, il se d\u00e9gage du texte que le monsieur est quelqu\u2019un qui travaille beaucoup et n\u2019a, par cons\u00e9quent, pas assez de temps pour sa famille. C\u2019est pour cette raison que sa femme lui dit qu\u2019il doit apprendre \u00e0 se d\u00e9tendre. Cette interpr\u00e9tation est issue aussi bien de la compr\u00e9hension ext\u00e9rieure qu\u2019int\u00e9rieure et de la connaissance extralinguistique. Quand l\u2019auteur dit <em>with my briefcase bulging with\u2026<\/em>, il fait usage r\u00e9f\u00e9rentiel du mot <em>bulging<\/em> pour indiquer le poids de cette valise. En utilisant le mot <em>bulging<\/em> qui peut se remplacer par la correspondance en fran\u00e7ais <em>renflement<\/em> ou <em>gonflement<\/em>, au lieu de <em>remplir<\/em> que nous avons utilis\u00e9 dans la traduction, l\u2019auteur voulait nuancer cette expression et passer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le message de la lourdeur de la valise que le monsieur portait. La valise symbolise aussi le trop de travail qu\u2019il fait, selon le texte.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, quand l\u2019auteur d\u00e9crit ce que sa femme \u00e9tait en train de faire (<em>without looking up from the cards<\/em>) et fait dire \u00e0 celle-ci <em>you are tired<\/em>, l\u2019intention de l\u2019auteur \u00e9tait de pr\u00e9senter la situation actuelle au foyer du monsieur et la r\u00e9action de sa femme et ses enfants. L\u2019attitude de la femme exprime le fait qu\u2019elle ne savait plus quoi faire parce que son mari travaille trop\u00a0et a peu de temps pour la famille. Le fait qu\u2019elle n\u2019a pas regard\u00e9 le monsieur, en parlant, veut dire qu\u2019elle est habitu\u00e9e \u00e0 cela. Et la suite des actions (<em>my daughter in her room practicing voice modulation; quadrophonic music from my son\u2019s room<\/em>) montre que le monsieur est dans un monde diff\u00e9rent, m\u00eame dans son foyer puisque les activit\u00e9s lui semblent lointaines. Son manque de temps explique la question pos\u00e9e par sa femme <em>why don\u2019t you put down that briefcase?<\/em> et le segment <em>Take off those cloths, have a nice glass of whiskey, you\u2019ve got to learn to relax<\/em>. Toutes ces informations sont prises aussi bien du contexte externe, hors de la signification linguistique, que du contexte interne de cet extrait du texte. Les contextes interne et externe aident le traducteur ou la traductrice litt\u00e9raire \u00e0 aborder et \u00e0 s\u2019approprier le vouloir dire de l\u2019auteur. La traduction de cet extrait a donc pris en compte le contexte pour restituer l\u2019esprit du message ainsi que le fond. En traduction litt\u00e9raire, le texte et son contexte peuvent envisager des r\u00e9alit\u00e9s distinctes selon l\u2019intention de l\u2019auteur. Pour Jean Delisle, les deux sont indissociables. Le contexte d\u2019un texte litt\u00e9raire est le noyau qui guide le traducteur ou la traductrice \u00e0 \u00e9tablir la compr\u00e9hension des \u00e9l\u00e9ments linguistiques et extralinguistiques.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: justify\">Tout au long de ce texte, nous avons examin\u00e9 l\u2019importance de la connaissance du texte et de son contexte en traduction litt\u00e9raire comme moyen de faciliter la recherche de la compr\u00e9hension. Comme le pr\u00e9conise la th\u00e9orie du sens, comprendre le texte en soi ne suffit pas pour aborder la compr\u00e9hension totale en traduction litt\u00e9raire. En revanche, on constate que la combinaison du texte et du contexte permet la compr\u00e9hension et la restitution du sens. Dans ce travail, la th\u00e9orie interpr\u00e9tative dite du sens a renforc\u00e9 les explications de l\u2019analyse du discours. Nous avons montr\u00e9 que le texte litt\u00e9raire donne une valeur contextuelle aux signes linguistiques. Il importe alors au traducteur ou \u00e0 la traductrice de rechercher et de restituer ce sens.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beaugrande, Dressler. 1990. <em>W.U. Wst\u00e7p do lingwistyki tekstii<\/em>. Warszawa: PWN.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chevrel, Yves. 2006. La lecture des \u0153uvres litt\u00e9raires en traduction\u00a0: quelques propositions.<em> L\u2019Information litt\u00e9raire<\/em>, <em>58<\/em>(1), 50-57.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Delisle, Jean. 1980. <em>L\u2019Analyse du discours comme m\u00e9thode de traduction\u00a0: initiation \u00e0 la traduction fran\u00e7aise des textes pragmatiques anglais, th\u00e9orie et pratiques<\/em>. Ottawa\u00a0: Edition de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gr\u00e9goire, Michael et Mathios, B\u00e9n\u00e9dicte. 2019. <em>Traductions et Contextes, Contextes de la traduction<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">G\u00fcnay, Dogan. 2001. Le traducteur, un co-auteur. <em>Le Fran\u00e7ais dans le Monde<\/em>, <em>314<\/em>. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.fdlm.org\/article\/314\/gunay.php\">https:\/\/www.fdlm.org\/article\/314\/gunay.php<\/a><\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">House, Julianna. 2006. Text and Context in Translation. <em>Journal of Pragmatics<\/em>, <em>38<\/em>(3), 338-358.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hung, Eva (dir.). 2005. <em>Translation and cultural change: Studies in history, norms and image- projection<\/em>. Amsterdam: John Benjamins.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Landers, Clifford. 2001. <em>Literary translation: A practical Guide<\/em>. Clevedon: Multilingual Matters Ltd.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Lederer, Marianne. 1994. <em>La Traduction aujourd\u2019hui\u00a0: le mod\u00e8le interpr\u00e9tatif<\/em>. Paris\u00a0: Hachette.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Parks, Tim. 2007. <em>A literary Approach to Translation \u2013 A Translation Approach to Literature<\/em>. London: Routledge.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Puchala, Karolina. 2011. Text typology and its significance in translation. <em>Studia<\/em> <em>Anglica Resviensia<\/em>, <em>69<\/em>(8), 357-365.<\/p>\r\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rangel de Sousa, Aida Carla et Srpova, Milena. 2010. Th\u00e9orie interpr\u00e9tative de la traduction et les variations culturelles: une \u00e9tude comparative \u2013 un film br\u00e9silien en France, un film fran\u00e7ais au Br\u00e9sil. Dans L.\u00a0Scliar-Cabral (dir.), <em>Psycholinguistics: Scientific and Technological Changes<\/em>, Selected Papers: 8th International Congress of International Society of Applied Psycholinguistics, Porto Alegre, PUCRS. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.yumpu.com\">https:\/\/www.yumpu.com<\/a><\/p>","rendered":"<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">En traduction litt\u00e9raire, le traducteur ou la traductrice \u00e9tablit un lien entre le texte et son contexte dans sa qu\u00eate du sens. Pour ce faire, il ou elle doit travailler non seulement le texte en tant qu\u2019entit\u00e9 linguistique, mais aussi le contexte situationnel dans l&rsquo;optique de d\u00e9gager le vouloir dire de l\u2019auteur. Dans cet article, notre approche th\u00e9orique privil\u00e9gie la recherche du sens par le biais de la compr\u00e9hension du texte dans son rapport au contexte. \u00c9tant donn\u00e9 que le message litt\u00e9raire dont on parle n\u2019est pas issu de la signification linguistique des mots isol\u00e9s, mais du signifi\u00e9 des mots en usage dynamique, l&rsquo;approche contextuel du sen s&rsquo;impose davantage comme une n\u00e9cessit\u00e9 pour les professionnel\u00b7le\u00b7s de la traduction. Notre m\u00e9thodologie s&rsquo;appuie sur l\u2019explication de la compr\u00e9hension dans le cadre de la th\u00e9orie du sens appliqu\u00e9e au domaine litt\u00e9raire.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/comprehension\/\">compr\u00e9hension<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/contexte\/\">contexte<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/sens\/\">sens<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/texte\/\">texte<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles\/traduction-litteraire\/\">traduction litt\u00e9raire<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Abstract&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">In literary translation, the knowledge of the nexus between a text and its context is an invaluable asset for the translator who truly desires to access the meaning of the message. This is because to arrive at meaning, the translator has to contend, not only with the text as a linguistic entity, but also the situational context of words surrounded by other words, leading to meaning as intended by the author. In this article our theoretical approach throws light on what constitutes meaning as seen through a text in its context, which, according to theorists of this approach, is what the translator needs to record a good translation. It is also pertinent to note that the literary message, which is the focus of this study, does not usually arise from linguistic elements of isolated words, but rather, from the meaning of words in their dynamic usage. Our methodology will explain the theoretical framework as well as present the two phenomena of text and context in the field of literary translation.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Keywords&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/comprehension\/\">comprehension<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/context\/\">context<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/literary-translation\/\">literary translation<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/meaning\/\">meaning<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/keywords\/text\/\">text<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 (igbo)&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p class=\"moz-quote-pre\" style=\"text-align: justify\">Gbasara ntughari okwu n\u2019agumagu, ngh\u1ecdta ihe e derede na ihe ndi sokwa ya di oke mkpa nye onye na tughari okwu m\u2019\u1ecdbru na ochoro ighota nke oma ihe e dere. Oburu na onye na atughari okwu choro ka enwe nghota zuru oke, obughi nani ihe e derede ka o ga aghota, kama o ga aghotakwa onodu ihe odee akwukwo choro ka aghota. Na ihe edide a, usoro iwu anyi gbakwasiri ukwu na nghota site na imata onodu okwu. Ndi oka mmuta na ntughari okwu kwenyere na nke a ga enyere onye ntughari okwu aka na oru ya. Odikwa oke mkpa ka anyi cheta na a naghi aghota agumagu site nani na mkpuruokwu e jiri dee ya, kama a na e site na onudu okwu ihe ederede we mata ihe ha putara. Site na ukpuru, anyi ga kowa nke oma usoro iwu ya na ederede na onodu okwu n\u2019ihe gbasara ntughari okwu.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s (igbo)&nbsp;: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/ederede\/\">ederede<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/mghota\/\">mghota<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/mputara\/\">mputara<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/ntughhari-okwu-nagumagu\/\">Ntughhari okwu n\u2019agumagu<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/motscles-autre\/onodu-okwu\/\">onodu okwu<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Historique de l&rsquo;article<\/strong><br \/><strong>Date de r\u00e9ception&nbsp;: <\/strong>29 septembre 2020<br \/><strong>Date d&rsquo;acceptation&nbsp;: <\/strong>12 avril 2021<br \/><strong>Date de publication&nbsp;: <\/strong>1 novembre 2021<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"metadata\">\n<p><strong>Type de texte&nbsp;: <\/strong>Article<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Introduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La traduction est essentiellement une activit\u00e9 humaine. Bien qu\u2019il y ait de nos jours des tentatives de l\u2019automatiser ou de l\u2019informatiser, l\u2019essentiel est qu\u2019on aura toujours besoin d\u2019une comp\u00e9tence humaine pour l\u2019aborder. En g\u00e9n\u00e9ral, elle est la reproduction de l\u2019\u00e9quivalence du message compris d\u2019une langue dite de d\u00e9part dans une autre dite d\u2019arriv\u00e9e. C\u2019est pourquoi il est important, dans le processus traductionnel, de s\u2019assurer que les deux textes (de d\u00e9part et d\u2019arriv\u00e9e) aient le m\u00eame sens et reproduisent les m\u00eames effets. Ce faisant, le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice est cens\u00e9\u00b7e tout faire pour que le lectorat n\u2019ait pas de difficult\u00e9s de compr\u00e9hension en lisant le texte final. Cela veut dire que le lectorat cible doit saisir le message d\u2019une mani\u00e8re naturelle comme si le message \u00e9tait r\u00e9dig\u00e9 dans sa langue. Cependant, il ne suffit pas que le traducteur ou la traductrice manie seulement l\u2019une des deux langues avec une capacit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e sans avoir le m\u00eame niveau de comp\u00e9tence dans l\u2019autre. Il est exig\u00e9 de lui ou d\u2019elle de bien ma\u00eetriser les deux langues et de comprendre les nuances qui s\u2019y trouvent. En plus de sa comp\u00e9tence linguistique, le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice doit toujours se souvenir des contraintes li\u00e9es \u00e0 cette activit\u00e9 qui sont, dans certains cas, linguistiques et, d\u2019autres, extralinguistiques. La plupart des contraintes proviennent de la grammaire, du contexte du message et de la typologie textuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans cet article, il sera question d\u2019\u00e9tablir le lien entre le texte et son contexte. \u00c9tant donn\u00e9 la nature sensible de la compr\u00e9hension du message litt\u00e9raire, l\u2019orientation du traducteur ou de la traductrice doit prendre en compte cette r\u00e9alit\u00e9. Il ou elle doit pr\u00e9ciser ce qui rel\u00e8ve du <em>vouloir dire<\/em> de l\u2019auteur ou l\u2019autrice du message qu\u2019il ou elle vise \u00e0 r\u00e9exprimer dans la langue d\u2019arriv\u00e9e. N\u2019oublions pas que le message litt\u00e9raire et la mani\u00e8re dont il est r\u00e9dig\u00e9 pr\u00e9voient des nuances et tournures \u00e9voquant des sentiments et notions que l\u2019auteur ou l\u2019autrice veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment passer. Le traducteur ou la traductrice doit rechercher le contexte des mots en usage et pas simplement la correspondance des mots isol\u00e9s. L\u2019objectif de ce texte sera de pr\u00e9senter la traduction litt\u00e9raire comme une activit\u00e9 exigeant deux comp\u00e9tences\u00a0: litt\u00e9raire et traductionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour atteindre l\u2019objectif qui vient d\u2019\u00eatre pos\u00e9, nous nous interrogerons sur le r\u00f4le du contexte dans la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire, sur la saisie du sens en dehors de la correspondance des mots et phrases isol\u00e9es et la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019essentiel du message litt\u00e9raire si le traducteur ou la traductrice ne prend pas en consid\u00e9ration son contexte situationnel. Cela renvoie alors \u00e0 l\u2019\u00e9cart qui r\u00e9sulte quand on ne lie pas le message litt\u00e9raire \u00e0 son contexte. Nous tenterons ainsi de soutenir que la compr\u00e9hension du fond du texte litt\u00e9raire est fonction de ce dernier. La th\u00e9orie du sens, dite interpr\u00e9tative, nous servira de cadre pour l\u2019analyse du <em>vouloir dire<\/em> de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice, activit\u00e9 qui pr\u00e9c\u00e8de la traduction. La traduction litt\u00e9raire est consid\u00e9r\u00e9e ici comme \u00e9tant une activit\u00e9 qui recouvre deux disciplines distinctes \u2013 la litt\u00e9rature et la traduction. Dans ce travail, nous ferons le lien entre l\u2019analyse du discours, le texte litt\u00e9raire et son contexte. Nous ach\u00e8verons ce texte par l\u2019\u00e9tude d\u2019un cas pratique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La traduction litt\u00e9raire et la litt\u00e9rature en traduction<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Quand on parle de la traduction litt\u00e9raire, on pense \u00e0 un processus par lequel le message d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire est reproduit d\u2019une langue dite de d\u00e9part dans une autre dite d\u2019arriv\u00e9e. Ceci dit, le traducteur ou la traductrice comme m\u00e9diateur ou m\u00e9diatrice du processus aura toujours la t\u00e2che de dupliquer fid\u00e8lement le message, retenant les effets et le style de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. Pour y parvenir, il ou elle devient une sorte de co-auteur ou co-autrice dans le processus de la recr\u00e9ation du message. En m\u00eame temps, il est exig\u00e9 de lui ou d\u2019elle d\u2019avoir une comp\u00e9tence dans la stylistique des langues en contact sans oublier d\u2019activer son bagage encyclop\u00e9dique emmagasin\u00e9 au cours des ann\u00e9es dans les deux cultures. Il faut rappeler qu\u2019il y a deux \u00e9l\u00e9ments importants que le traducteur ou la traductrice retiendra au cours de son travail\u00a0: la fonction de communiquer des id\u00e9es et informations \u00e0 travers des langues et l\u2019aspect esth\u00e9tique qui est \u00e0 la base de toute cr\u00e9ation litt\u00e9raire. C\u2019est pour cette raison que l&rsquo;on commence \u00e0 sentir le sens en relation avec le contexte lors de la lecture d&rsquo;une \u0153uvre litt\u00e9raire traduite. Il en est de m\u00eame des notions et \u00e9motions que cette derni\u00e8re communique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire et la th\u00e9orie du sens<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">D\u00e8s le d\u00e9part, les th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes du sens \u2013 on citera par exemple Danica Seleskovitch et Marianne Lederer \u2013 sont d\u2019accord que le processus de traduction va au-del\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques. Ils et elles n\u2019ignorent pas compl\u00e8tement le r\u00f4le de la connaissance de l\u2019\u00e9l\u00e9ment linguistique. D\u2019ailleurs, c\u2019est cette connaissance qui aide \u00e0 soulever les probl\u00e8mes qui s\u2019imposent quand on a des obstacles li\u00e9s aux langues en traduction. Ces th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes pr\u00e9f\u00e8rent interpr\u00e9ter pour traduire, encore plus en traduction litt\u00e9raire. Il faut en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9viter des situations d\u2019intraduisibilit\u00e9 comme c\u2019est souvent le cas dans l\u2019approche de la signification linguistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il convient alors, dans ce travail, d\u2019utiliser la th\u00e9orie dite interpr\u00e9tative pour montrer comment faciliter la compr\u00e9hension dans le lien \u00e9troit que le texte entretient avec son contexte. Ce faisant, on comprend que le sens du message litt\u00e9raire n\u2019est pas strictement disponible dans les \u00e9l\u00e9ments graphiques et linguistiques. Soutenant ce raisonnement, Seleskovitch est d\u2019avis que \u00ab\u00a0Le sens est un vouloir dire ext\u00e9rieur \u00e0 la langue, ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019expression chez le sujet parlant, post\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9ception du discours chez le sujet percevant\u00a0\u00bb (Seleskovitch, cit\u00e9 par Lederer, 1994, p.\u00a09). Selon cette explication, le sens que l\u2019on retient en traduction litt\u00e9raire ne se trouve pas forc\u00e9ment dans les mots et phrases isol\u00e9s qui ne sont que des v\u00e9hicules utilis\u00e9s par l\u2019auteur ou l\u2019autrice pour passer son message. Regardant de pr\u00e8s, on constate qu\u2019autour de ces mots et phrases se trouvent un contexte qu\u2019on doit prendre en compte pour arriver au sens. Le fait que le sens est ce que l\u2019auteur ou l\u2019autrice veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment passer \u00e0 son public invite le traducteur ou la traductrice \u00e0 mobiliser sa connaissance encyclop\u00e9dique des domaines litt\u00e9raire et traductionnel pour comprendre les signifi\u00e9s des mots entour\u00e9s par les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Seleskovitch soutient, d\u00e8s lors, l\u2019id\u00e9e que la compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire s\u2019op\u00e8re dans le rapprochement du texte \u00e0 son contexte. Si on s\u00e9pare les deux, on court le risque de g\u00e9n\u00e9rer des contresens. En plus, il est \u00e9vident que l\u2019essentiel, dans n\u2019importe quel type de traduction, est la ma\u00eetrise du message et sa r\u00e9expression fid\u00e8le par le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice-m\u00e9diatrice. Il ou elle est toujours cens\u00e9\u00b7e comprendre la typologie textuelle dans son contexte, surtout culturel, afin de rendre au public cible une traduction apte. Sachons que la compr\u00e9hension des textes litt\u00e9raires n\u2019est pas facilement accessible par la simple correspondance des mots et phrases isol\u00e9s. Au contraire, les textes litt\u00e9raires en traduction suivent un processus qui exige l\u2019oubli temporaire des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques pour trouver des \u00e9quivalents appropri\u00e9s dans les deux langues. Rappelons aussi que la litt\u00e9rature n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une \u00e9criture statique, mais dynamique. Ce dynamisme se renforce en traduction litt\u00e9raire au moment o\u00f9 le traducteur ou la traductrice commence \u00e0 analyser le discours d\u2019un auteur pour savoir qui dit quoi, \u00e0 qui et \u00e0 quelle fin. Suite \u00e0 cette compr\u00e9hension, on saisit pourquoi la relation entre le texte et son contexte favorise \u00ab l\u2019interpr\u00e9tation du sens des \u00e9nonc\u00e9s, alors qu\u2019une approche linguistique repose sur une perspective comparatiste des codes linguistiques \u00bb (Rangel de Sousa et Srpova, 2010, p. 318). Il faut dire que la traduction litt\u00e9raire n\u2019est pas un simple \u00e9change des codes linguistiques, mais un processus cognitif dans lequel le traducteur ou la traductrice d\u00e9chiffre la signification du syst\u00e8me linguistique pour avoir le sens exact du message.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En r\u00e9alit\u00e9, le traducteur ou la traductrice doit travailler sur le discours exprim\u00e9 (texte) pour avoir acc\u00e8s \u00e0 la pens\u00e9e de l\u2019auteur. Mais, il ou elle n\u2019y parvient qu\u2019en prenant en compte le contexte situationnel de la totalit\u00e9 du message. C\u2019est pourquoi la compr\u00e9hension en traduction litt\u00e9raire ne se limite pas seulement \u00e0 la connaissance des codes linguistiques. Elle va au-del\u00e0 pour impliquer les codes extralinguistiques qui, dans la plupart, font partie du message litt\u00e9raire. Il faut noter qu\u2019on a plusieurs signifiants autour de chaque mot dans le syst\u00e8me linguistique. Pour le texte litt\u00e9raire, on doit toujours rechercher le signifi\u00e9 exact des mots entour\u00e9s d\u2019autres mots pour \u00e9viter les probl\u00e8mes de polys\u00e9mie. Selon la th\u00e9orie interpr\u00e9tative que nous suivons dans ce travail, le traducteur ou la traductrice doit aller au-del\u00e0 des mots isol\u00e9s au niveau de la correspondance pour aborder l\u2019usage dynamique (l\u2019\u00e9quivalence) de ces derniers dans des contextes situationnels et sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le lien entre l\u2019analyse du discours, le texte et son contexte en traduction litt\u00e9raire<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">En communication humaine, le discours est ce qui lie deux entit\u00e9s en interaction. Cela veut dire qu\u2019on doit avoir un \u00e9metteur et un r\u00e9cepteur. L\u2019analyse du discours fait partie des aspects fondamentaux de la th\u00e9orie du sens. Elle a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Jean Delisle<a class=\"footnote\" title=\"Delisle est l\u2019un pr\u00e9curseurs de la th\u00e9orie interpr\u00e9tative vulgaris\u00e9e par les th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes de l\u2019ESIT de Paris.\" id=\"return-footnote-209-1\" href=\"#footnote-209-1\" aria-label=\"Footnote 1\"><sup class=\"footnote\">[1]<\/sup><\/a> (1980). Dans cette approche, le discours est abord\u00e9 comme un acte de communication qui a deux axes. Le premier axe est oral et n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d\u2019au moins deux personnes (la personne qui s\u2019exprime et la personne qui \u00e9coute). Le second, quant \u00e0 lui, est le discours \u00e9crit qui implique une activit\u00e9 de production et une activit\u00e9 de r\u00e9ception. En fait, l\u2019analyse du discours ne se limite pas seulement \u00e0 la compr\u00e9hension des \u00e9l\u00e9ments graphiques du texte. Par contre, elle focalise l\u2019attention sur la situation de communication en interrogeant qui dit quoi, \u00e0 qui et \u00e0 quelle fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019analyse du discours d\u00e9montre la capacit\u00e9 de d\u00e9passer la notion ordinaire du texte comme on la conna\u00eet. Le texte s\u2019explique tout simplement comme un ensemble linguistique qui est coh\u00e9rent et a du sens. En m\u00eame temps, le discours convoque la pragmatique situationnelle, ce qui inclut les notions de texte et de contexte. Si le texte est pris comme le produit de la communication, le discours repr\u00e9sente le dynamisme de la production communicationnelle qui prend en compte le contexte textuel et rend facile la compr\u00e9hension non seulement litt\u00e9raire, selon notre \u00e9tude, mais aussi des diff\u00e9rents types de texte. Par exemple, si on dit en anglais <em>It was raining cats and dogs outside<\/em>, la compr\u00e9hension n\u2019est pas dans la correspondance qui est au niveau de la signification linguistique. Si on traduit cet \u00e9nonc\u00e9 par <em>Il pleuvait des chats et des chiens dehors<\/em>, ce sera un non-sens ou un contresens parce que les \u00ab\u00a0cats\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0dogs\u00a0\u00bb dans la phrase signifient l\u2019intensit\u00e9 de la pluie et pas n\u00e9cessairement leur signification au niveau des mots. En recherchant le sens \u00e0 partir du contexte, la bonne traduction de cette phrase <em>Il pleuvait des cordes<\/em>. Dans cette traduction, on est all\u00e9 au fond du signifi\u00e9 de chaque mot, appuy\u00e9 du contexte, pour avoir la signification exacte de la phrase. C\u2019est ce qu\u2019exige, dans la plupart de cas, les textes litt\u00e9raires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, l\u2019analyse du discours se r\u00e9v\u00e8le pertinente dans l\u2019explication de la th\u00e9orie du sens. Elle pr\u00e9sente explicitement le \u00ab\u00a0contexte du texte\u00a0\u00bb selon Delisle. Sa connaissance est importante dans les \u0153uvres litt\u00e9raires parce que celles-ci sont expressives et porteuses de sentiments. En traduction litt\u00e9raire, cette analyse est la manifestation de la th\u00e9orie dite du sens, elle aide la compr\u00e9hension du texte en m\u00eame temps qu\u2019elle lie des \u00e9quivalences contextuelles au vouloir dire de l\u2019auteur. C\u2019est le processus par lequel le traducteur ou la traductrice litt\u00e9raire est initi\u00e9\u00b7e au chemin traductionnel qui ne se limite pas \u00e0 la simple connaissance des langues. Pour \u00e9viter les contresens, on exige du traducteur-m\u00e9diateur ou de la traductrice-m\u00e9diatrice d\u2019\u00e9quilibrer sa comp\u00e9tence du syst\u00e8me linguistique et son exploitation du message litt\u00e9raire dans le cadre de la communication. N\u2019oublions pas que le syst\u00e8me linguistique doit \u00eatre compris \u00e0 deux niveaux\u00a0: la langue et la parole. Les deux s\u2019expliquent du fait que la langue s\u2019associe \u00e0 la signification des mots qui n\u2019ont pas de valeur en usage dynamique et la parole est ce qu\u2019on comprend des mots en usage contextuel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La notion du texte en traduction litt\u00e9raire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Commen\u00e7ons \u00e0 mettre l\u2019accent sur la traduction comme une activit\u00e9 humaine complexe. \u00c0 titre de rappel, la traduction consiste simplement \u00e0 <em>dire ce qui a \u00e9t\u00e9 dit dans une langue de d\u00e9part dans une autre langue dite d\u2019arriv\u00e9e<\/em>. Dans le domaine litt\u00e9raire, elle n\u2019est pas si facile \u00e0 aborder. C\u2019est parce que la r\u00e9alit\u00e9 des textes litt\u00e9raires ne laisse jamais un simple mouvement des mots et phrases isol\u00e9s d\u2019une langue A vers une langue\u00a0B. Au contraire, elle est une t\u00e2che qui exige un niveau \u00e9lev\u00e9 de cognition et de cr\u00e9ativit\u00e9 de la part du traducteur ou de la traductrice. Il doit comprendre au fond les deux disciplines \u2013 la litt\u00e9rature et la traduction. C\u2019est pourquoi comprendre le texte litt\u00e9raire et son contexte dans le processus traductionnel est indispensable pour le traducteur ou la traductrice. En m\u00eame temps, c\u2019est cette compr\u00e9hension qui l\u2019oriente vers le but et la fonction du texte en rapport au vouloir dire de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019auteur ou l\u2019autrice du texte utilise son \u00e9criture pour passer son message au lectorat, ce que le traducteur-m\u00e9diateur ou la traductrice doit saisir et retenir dans la phase de compr\u00e9hension avant la r\u00e9expression dans la langue cible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le texte, en tant qu\u2019expression cr\u00e9atrice de la pens\u00e9e de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice, est un ensemble linguistique qui doit avoir du sens. Cherchant \u00e0 expliquer ce qui distingue un texte, on l\u2019associe aux crit\u00e8res suivants\u00a0: \u00ab\u00a0cohesion, coherence, intentionality, acceptability, informativity, situationality and intertextuality\u00a0\u00bb (Beaugrande, 1990, p.\u00a058). Soutenant ce raisonnement, Tomaszkiewiez l\u2019explique comme \u00ab\u00a0a linguistic object of various length, that creates a semantic value\u00a0\u00bb (Tomaszkiewiez, cit\u00e9 par Puchala, 2011, p.\u00a0358). Cela veut dire que le texte se distingue toujours par la valeur s\u00e9mantique dont il dispose. C\u2019est cette valeur qui le rend compr\u00e9hensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Regardant de pr\u00e8s la citation, on constate que ces crit\u00e8res donnent au texte sa capacit\u00e9 de communication. Dans le domaine litt\u00e9raire, on le consid\u00e8re comme une s\u00e9quence de phrases constituant un ensemble coh\u00e9sif d\u00e8s le d\u00e9part jusqu\u2019\u00e0 la fin. La coh\u00e9sion textuelle est ce qui connecte la compr\u00e9hension aux \u00e9l\u00e9ments graphiques dans l\u2019acte de communication. Dans la litt\u00e9rature, le texte (discours) joue un r\u00f4le important et cela n\u00e9cessite une compr\u00e9hension totale du message. Le texte s\u2019explique par le fait que les mots et les phrases sont \u00e9troitement li\u00e9s, provoquant des connotations sp\u00e9cifiques selon le contexte et la situation. C\u2019est pourquoi il est souvent difficile de comprendre le message litt\u00e9raire si on n\u2019est pas initi\u00e9\u00b7e \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de ses crit\u00e8res et techniques. Relevant la pertinence de cette connaissance textuelle, G\u00fcnay dit\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">On a pu remarquer que, la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire est difficile, il en reste que sa traduction portera encore ses difficult\u00e9s probables. Avant tout, il nous faut expliquer ce que c\u2019est la traduction pour cette activit\u00e9 culturelle et linguistique, il est possible de trouver des diff\u00e9rents types de d\u00e9finition (sic !). [\u2026] L\u2019auteur donne au lecteur-traducteur un \u00e9nonc\u00e9 accompli de diff\u00e9rents points de vue, mais c\u2019est le lecteur-traducteur, qui doit trouver un \u00e9nonc\u00e9, en langue d\u2019arriv\u00e9e, \u00e9quivalents dans diff\u00e9rents points de vue. Du texte de la langue de d\u00e9part, on peut emprunter les sentiments, les impressions, les perceptions, les sensibilit\u00e9s, les pens\u00e9es, les images pr\u00eats\u2026 Mais il n\u2019y a pas une r\u00e8gle, une restriction, que les \u00e9quivalents de ces \u00e9l\u00e9ments se placent, se trouvent dans chaque langue (\u00e0 la fois dans la langue de d\u00e9part et dans la langue d\u2019arriv\u00e9e) (G\u00fcnay, 2001, p.\u00a08).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">De cette citation, on comprend que le texte litt\u00e9raire est charg\u00e9 des nuances et des tournures qui portent des notions et des \u00e9motions que l\u2019auteur ou l\u2019autrice sentait au moment de la r\u00e9daction du message. Rappelons aussi que le texte litt\u00e9raire est \u00e9crit selon deux syst\u00e8mes (l\u2019un est linguistique et l\u2019autre litt\u00e9raire) que le traducteur doit prendre en compte. Cela est plus \u00e9vident quand on prend les trois genres \u00e0 savoir la prose, la po\u00e9sie et le drame. Chacun d\u2019eux, selon sa fonction, a ses caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques. C\u2019est pourquoi on ne consid\u00e8re pas seulement le texte litt\u00e9raire du point de vue de sa capacit\u00e9 r\u00e9dactionnelle et communicative, mais de son orientation vers le vouloir dire et la cr\u00e9ativit\u00e9 de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. En lisant un texte litt\u00e9raire, on constate qu\u2019une connaissance au-del\u00e0 de l\u2019usage simple des mots et des phrases isol\u00e9s est n\u00e9cessaire pour arriver au sens du message. Parlant m\u00eame de la lecture litt\u00e9raire, on trouve qu\u2019on a besoin d\u2019un d\u00e9codage des \u00e9l\u00e9ments purement linguistiques pour en tirer du sens. Par rapport \u00e0 ce sujet, un des partisans de cette approche dit\u00a0: \u00ab\u00a0s\u2019agissant du terme lecture, il a le sens courant; le d\u00e9chiffrement de signes et la compr\u00e9hension de l\u2019ensemble fond-forme qu\u2019ils constituent, dans un contexte\u00a0\u00bb (Chevrel, 2006, p.\u00a06). Il nous fait savoir pourquoi lire un texte litt\u00e9raire exige un dynamisme cr\u00e9ateur et stylistique. La lecture aide \u00e9galement \u00e0 pr\u00e9parer la cognition du traducteur ou de la traductrice \u00e0 atteindre l\u2019essentiel des nuances associ\u00e9es au vouloir dire de l\u2019auteur du message.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rappelons que le traducteur ou la traductrice doit faire l\u2019effort de se mettre dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice afin qu\u2019il ou elle soit dans le m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit. Certes, si le traducteur ou la traductrice n\u2019arrive pas \u00e0 saisir le message du texte dans le cadre de sa typologie, il pourrait ne pas r\u00e9ussir \u00e0 rendre le sens. Par cons\u00e9quent, il ou elle doit se mettre dans l\u2019\u00e9tat cr\u00e9ateur pour pouvoir reproduire les m\u00eames effets cr\u00e9\u00e9s par le texte de d\u00e9part dans le texte d\u2019arriv\u00e9e. Il ou elle doit le faire d\u2019une mani\u00e8re naturelle qui ne posera pas de difficult\u00e9s de compr\u00e9hension au public vis\u00e9. Il ou elle devra aussi le reproduire d\u2019une mani\u00e8re cr\u00e9atrice sans se limiter aux signifiants des mots comme correspondances, mais aux signifi\u00e9s comme \u00e9quivalences dans des situations contextuelles. La raison est simple. Si le traducteur ou la traductrice ne comprend pas le texte litt\u00e9raire et son contexte qui lui ouvre au sens, il ou elle risque de reproduire un texte qui peut \u00eatre grammaticalement et s\u00e9mantiquement correct, mais contraire de l\u2019original. Par exemple, si la phrase <em>He kicked the bucket<\/em> est traduite hors contexte, on aura le rendu <em>Il a donn\u00e9 un coup de pied au seau<\/em>. Mais, en consid\u00e9rant qu\u2019elle soit produite dans un contexte litt\u00e9raire, elle l\u2019associera \u00e0 la mort en soulignant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un euph\u00e9misme. La bonne traduction sera alors <em>Il a cass\u00e9 sa pipe<\/em>. Voyons donc pourquoi on insiste qu\u2019il faille comprendre le contexte du texte dans le domaine de la traduction litt\u00e9raire. Si on regarde de pr\u00e8s la traduction, on constatera que c\u2019est la langue en usage (la parole) qui a fait appara\u00eetre le sens courant de ces mots par le biais de l\u2019examen des signes linguistiques.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La traduction litt\u00e9raire et la connaissance du contexte<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans l\u2019introduction de son article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Text and context in translation\u00a0\u00bb, House (2006) explique l\u2019importance du lien entre le texte et son contexte en traduction litt\u00e9raire en vue d\u2019obtenir de bonnes traductions. Elle dit\u00a0: \u00ab\u00a0while research on texts as units larger than sentences has a rich tradition in translation studies, the notion of context, its relation to text and the role it plays in translation has received much less attention\u00a0\u00bb (House, 2006, p.\u00a0338). En g\u00e9n\u00e9ral, la pratique de la traduction litt\u00e9raire est courante et importante parce que \u00ab\u00a0the new emphasis is on the context and not the text\u00a0\u00bb selon (Hung, 2005, p.\u00a0viii). Le contexte inclut toute information qui aide \u00e0 aborder le message du texte. Pour avoir cette information, on exploite la motivation et l\u2019orientation du processus de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Comme soutien, on est d\u2019accord avec Gr\u00e9goire et Mathios qui affirment\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Aborder les contextes en traduction semble cr\u00e9er un \u00e9cart entre le texte \u00e0 traduire et le texte traduit, et donc s\u2019\u00e9loigner des questions traductologiques propres \u00e0 la langue et au texte. Or, la prise en compte des contextes ne peut-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e au contraire comme une approche efficiente de la traduction, visant \u00e0 en expliquer le processus (Gr\u00e9goire et Mathios, 2019, p.\u00a0i).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Selon Gr\u00e9goire et Mathios, le contexte litt\u00e9raire est l\u2019\u00e9cart qu\u2019on doit combler afin d\u2019arriver \u00e0 l\u2019essentiel du message de l\u2019auteur ou de l\u2019autrice. Comme il a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 en amont, la n\u00e9gligence du contexte litt\u00e9raire est susceptible de g\u00e9n\u00e9rer des contresens. Dans le sillage de l\u2019importance du contexte situationnel du message, Parks consid\u00e8re la compr\u00e9hension du texte litt\u00e9raire comme le fait d\u2019aller au-del\u00e0 de l\u2019usage normal dans le syst\u00e8me linguistique. Au sujet de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019initi\u00e9\u00b7e en traduction litt\u00e9raire, il dit\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Experience tells us that it is literature that usually assumes the right to deviate from more ordinary ways of saying things, to draw attention to itself as language. True, its deviations often atrophy into the conventions of a recognisable poetic style, but it is the characteristic of the most dynamic literature to deviate even from these (Parks, 2007, p.\u00a015).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Parks pense que le domaine litt\u00e9raire fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9v\u00e9nements qui l\u2019entourent et l\u2019inspirent. Le contexte litt\u00e9raire s\u2019ouvre non seulement \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique litt\u00e9raire, mais aussi \u00e0 la stylistique en tant que discipline linguistique. Par exemple, si on dit <em>John is a lion and he lives in the jungle<\/em>, on remarque qu\u2019on ne peut pas comprendre la phrase en disant que <em>John est devenu un lion qui vit dans une jungle<\/em>. Le vrai sens de cet \u00e9nonc\u00e9, ant\u00e9rieur au sujet parlant, devient clair quand on sait que l\u2019auteur\u00b7e a utilis\u00e9 une technique litt\u00e9raire pour donner \u00e0 John l\u2019attribue du lion et de son lieu de r\u00e9sidence. En r\u00e9alit\u00e9, cette figure de style op\u00e8re par un transfert de sens. Par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 nous laisse rechercher deux contextes, l\u2019un ext\u00e9rieur au niveau de la correspondance des mots et l\u2019autre int\u00e9rieur au niveau du sens. Le premier consid\u00e8re les \u00e9l\u00e9ments linguistiques de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 et le second prend en compte l\u2019\u00e9nonc\u00e9 en tant qu\u2019entit\u00e9 compl\u00e8te et les aspects associatifs qui le mettent dans un contexte faisant appel \u00e0 la r\u00e9flexion. Notre traduction de la phrase est, de ce fait,\u00a0<em>Jean est sauvage et vit dans un lieu primitif<\/em>. Cette traduction trouve justification dans le comportement de Jean symbolis\u00e9 par la sauvagerie et le fait qu\u2019il vit dans un lieu brut. Elle est r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce au fait que nous connaissons le contexte dans lequel le discours est prononc\u00e9. La connaissance des contextes ext\u00e9rieur et int\u00e9rieur d\u2019un texte litt\u00e9raire aide le traducteur ou la traductrice dans le processus de restitution du sens dans la langue d\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Analyse d\u2019un extrait litt\u00e9raire<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour approfondir l\u2019explication sur la relation \u00e9troite entre texte et contexte en traduction, on note qu\u2019un texte litt\u00e9raire repr\u00e9sente un ensemble de phrases connect\u00e9es traduisant la pens\u00e9e de l\u2019auteur\u00b7e. Le contexte, comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit, facilite la compr\u00e9hension litt\u00e9raire. Prenant l\u2019exemple de l\u2019extrait \u00ab\u00a0Night Drive\u00a0\u00bb de Rubem Fonseca, tir\u00e9 du livre <em>Literary translation: a practical guide <\/em>(Landers, 2001, p.\u00a010), nous allons montrer comment saisir le sens du message, dans le sillage de la th\u00e9orie du sens dite interpr\u00e9tative, \u00e0 l\u2019aide du contexte de l\u2019extrait.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">I arrived home with my briefcase bulging with papers, reports, studies, research, proposals, contracts. My wife, who was playing solitaire in bed, a glass of whiskey on the nightstand, said without looking up from the cards, \u201cyou are tired\u201d. The usual house sounds: my daughter in her room practicing voice modulation, quadraphonic music from my son\u2019s room. \u201cWhy don\u2019t you put down that suitcase?\u201d my wife asked \u201cTake off those cloths, have a nice glass of whiskey, you\u2019ve got to learn to relax\u201d (Landers, 2001, p.\u00a010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J\u2019arrivai chez moi, ma valise remplie de papiers, de rapports, d\u2019\u00e9crits, de recherches, de propositions et de contrats. Ma femme, qui jouait au solitaire au lit, un verre de whisky sur la table de chevet, sans lever les yeux des cartes, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu es fatigu\u00e9.\u00a0\u00bb \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison, les bruits habituels; dans sa chambre, ma fille s\u2019exer\u00e7ait \u00e0 la modulation vocale; dans sa chambre, mon fils jouait \u00e0 la musique quadriphonique. \u00ab\u00a0Pourquoi ne d\u00e9poses-tu pas cette valise?\u00a0\u00bb, demanda ma femme. \u00ab\u00a0Enl\u00e8ve tes habits, prends un verre de bon whisky. Tu dois apprendre \u00e0 te d\u00e9tendre\u00a0\u00bb, ajouta-t-elle (notre traduction).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Si on regarde de pr\u00e8s l\u2019extrait de Rubem Fonseca, on constate que l\u2019on comprend beaucoup du contexte situationnel que des mots du syst\u00e8me linguistique. D\u2019abord, il se d\u00e9gage du texte que le monsieur est quelqu\u2019un qui travaille beaucoup et n\u2019a, par cons\u00e9quent, pas assez de temps pour sa famille. C\u2019est pour cette raison que sa femme lui dit qu\u2019il doit apprendre \u00e0 se d\u00e9tendre. Cette interpr\u00e9tation est issue aussi bien de la compr\u00e9hension ext\u00e9rieure qu\u2019int\u00e9rieure et de la connaissance extralinguistique. Quand l\u2019auteur dit <em>with my briefcase bulging with\u2026<\/em>, il fait usage r\u00e9f\u00e9rentiel du mot <em>bulging<\/em> pour indiquer le poids de cette valise. En utilisant le mot <em>bulging<\/em> qui peut se remplacer par la correspondance en fran\u00e7ais <em>renflement<\/em> ou <em>gonflement<\/em>, au lieu de <em>remplir<\/em> que nous avons utilis\u00e9 dans la traduction, l\u2019auteur voulait nuancer cette expression et passer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le message de la lourdeur de la valise que le monsieur portait. La valise symbolise aussi le trop de travail qu\u2019il fait, selon le texte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, quand l\u2019auteur d\u00e9crit ce que sa femme \u00e9tait en train de faire (<em>without looking up from the cards<\/em>) et fait dire \u00e0 celle-ci <em>you are tired<\/em>, l\u2019intention de l\u2019auteur \u00e9tait de pr\u00e9senter la situation actuelle au foyer du monsieur et la r\u00e9action de sa femme et ses enfants. L\u2019attitude de la femme exprime le fait qu\u2019elle ne savait plus quoi faire parce que son mari travaille trop\u00a0et a peu de temps pour la famille. Le fait qu\u2019elle n\u2019a pas regard\u00e9 le monsieur, en parlant, veut dire qu\u2019elle est habitu\u00e9e \u00e0 cela. Et la suite des actions (<em>my daughter in her room practicing voice modulation; quadrophonic music from my son\u2019s room<\/em>) montre que le monsieur est dans un monde diff\u00e9rent, m\u00eame dans son foyer puisque les activit\u00e9s lui semblent lointaines. Son manque de temps explique la question pos\u00e9e par sa femme <em>why don\u2019t you put down that briefcase?<\/em> et le segment <em>Take off those cloths, have a nice glass of whiskey, you\u2019ve got to learn to relax<\/em>. Toutes ces informations sont prises aussi bien du contexte externe, hors de la signification linguistique, que du contexte interne de cet extrait du texte. Les contextes interne et externe aident le traducteur ou la traductrice litt\u00e9raire \u00e0 aborder et \u00e0 s\u2019approprier le vouloir dire de l\u2019auteur. La traduction de cet extrait a donc pris en compte le contexte pour restituer l\u2019esprit du message ainsi que le fond. En traduction litt\u00e9raire, le texte et son contexte peuvent envisager des r\u00e9alit\u00e9s distinctes selon l\u2019intention de l\u2019auteur. Pour Jean Delisle, les deux sont indissociables. Le contexte d\u2019un texte litt\u00e9raire est le noyau qui guide le traducteur ou la traductrice \u00e0 \u00e9tablir la compr\u00e9hension des \u00e9l\u00e9ments linguistiques et extralinguistiques.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Conclusion<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Tout au long de ce texte, nous avons examin\u00e9 l\u2019importance de la connaissance du texte et de son contexte en traduction litt\u00e9raire comme moyen de faciliter la recherche de la compr\u00e9hension. Comme le pr\u00e9conise la th\u00e9orie du sens, comprendre le texte en soi ne suffit pas pour aborder la compr\u00e9hension totale en traduction litt\u00e9raire. En revanche, on constate que la combinaison du texte et du contexte permet la compr\u00e9hension et la restitution du sens. Dans ce travail, la th\u00e9orie interpr\u00e9tative dite du sens a renforc\u00e9 les explications de l\u2019analyse du discours. Nous avons montr\u00e9 que le texte litt\u00e9raire donne une valeur contextuelle aux signes linguistiques. Il importe alors au traducteur ou \u00e0 la traductrice de rechercher et de restituer ce sens.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Beaugrande, Dressler. 1990. <em>W.U. Wst\u00e7p do lingwistyki tekstii<\/em>. Warszawa: PWN.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Chevrel, Yves. 2006. La lecture des \u0153uvres litt\u00e9raires en traduction\u00a0: quelques propositions.<em> L\u2019Information litt\u00e9raire<\/em>, <em>58<\/em>(1), 50-57.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Delisle, Jean. 1980. <em>L\u2019Analyse du discours comme m\u00e9thode de traduction\u00a0: initiation \u00e0 la traduction fran\u00e7aise des textes pragmatiques anglais, th\u00e9orie et pratiques<\/em>. Ottawa\u00a0: Edition de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Gr\u00e9goire, Michael et Mathios, B\u00e9n\u00e9dicte. 2019. <em>Traductions et Contextes, Contextes de la traduction<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">G\u00fcnay, Dogan. 2001. Le traducteur, un co-auteur. <em>Le Fran\u00e7ais dans le Monde<\/em>, <em>314<\/em>. En ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.fdlm.org\/article\/314\/gunay.php\">https:\/\/www.fdlm.org\/article\/314\/gunay.php<\/a><\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">House, Julianna. 2006. Text and Context in Translation. <em>Journal of Pragmatics<\/em>, <em>38<\/em>(3), 338-358.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Hung, Eva (dir.). 2005. <em>Translation and cultural change: Studies in history, norms and image- projection<\/em>. Amsterdam: John Benjamins.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Landers, Clifford. 2001. <em>Literary translation: A practical Guide<\/em>. Clevedon: Multilingual Matters Ltd.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Lederer, Marianne. 1994. <em>La Traduction aujourd\u2019hui\u00a0: le mod\u00e8le interpr\u00e9tatif<\/em>. Paris\u00a0: Hachette.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Parks, Tim. 2007. <em>A literary Approach to Translation \u2013 A Translation Approach to Literature<\/em>. London: Routledge.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Puchala, Karolina. 2011. Text typology and its significance in translation. <em>Studia<\/em> <em>Anglica Resviensia<\/em>, <em>69<\/em>(8), 357-365.<\/p>\n<p class=\"hanging-indent\" style=\"text-align: justify\">Rangel de Sousa, Aida Carla et Srpova, Milena. 2010. Th\u00e9orie interpr\u00e9tative de la traduction et les variations culturelles: une \u00e9tude comparative \u2013 un film br\u00e9silien en France, un film fran\u00e7ais au Br\u00e9sil. Dans L.\u00a0Scliar-Cabral (dir.), <em>Psycholinguistics: Scientific and Technological Changes<\/em>, Selected Papers: 8th International Congress of International Society of Applied Psycholinguistics, Porto Alegre, PUCRS. URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.yumpu.com\">https:\/\/www.yumpu.com<\/a><\/p>\n<hr class=\"metaauthorline\" \/>\n<div class=\"metadata metaauthor\">\n<p class=\"justify\" data-type=\"author\"><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/contributors\/samuel-onyemaechi-orji-awa\">Samuel Onyemaechi Orji AWA<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;auteur est titulaire d&rsquo;un doctorat PhD depuis 2016 et justifie d&rsquo;une exp\u00e9rience d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es dans le domaine de l&rsquo;enseignement. Sa participation \u00e0 de nombreux ateliers, s\u00e9minaires et conf\u00e9rences lui a permis de d\u00e9velopper des domaines de comp\u00e9tence dans les domaines de la traduction, de la didactique des langues, des cultures et civilisations. Il est actuellement professeur de fran\u00e7ais et d\u2019allemand \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Nigeria, Nsukka.<br \/>\nContact : samuel.awa@unn.edu.ng<br \/>&nbsp;<br \/><strong><a href=\"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/contributors\/ngele-chimuanya\">Ngele CHIMUANYA<\/a><\/strong><br \/>L&rsquo;autrice enseigne le fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re (FLE) depuis une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es. Elle est titulaire d&rsquo;un PhD en traduction anglais-fran\u00e7ais obtenu \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du Nigeria, Nsukka. Elle a publi\u00e9 plusieurs articles dans les diff\u00e9rents domaines.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"before-footnotes clear\" \/><div class=\"footnotes\"><ol><li id=\"footnote-209-1\">Delisle est l\u2019un pr\u00e9curseurs de la th\u00e9orie interpr\u00e9tative vulgaris\u00e9e par les th\u00e9oriciens et th\u00e9oriciennes de l\u2019ESIT de Paris. <a href=\"#return-footnote-209-1\" class=\"return-footnote\" aria-label=\"Return to footnote 1\">&crarr;<\/a><\/li><\/ol><\/div>","protected":false},"author":11,"menu_order":7,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":["samuel-onyemaechi-orji-awa","ngele-chimuanya"],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[107,106],"license":[],"class_list":["post-209","chapter","type-chapter","status-web-only","hentry","motscles-comprehension","motscles-contexte","motscles-sens","motscles-texte","motscles-traduction-litteraire","keywords-comprehension","keywords-context","keywords-literary-translation","keywords-meaning","keywords-text","motscles-autre-ederede","motscles-autre-mghota","motscles-autre-mputara","motscles-autre-ntughhari-okwu-nagumagu","motscles-autre-onodu-okwu","contributor-ngele-chimuanya","contributor-samuel-onyemaechi-orji-awa"],"part":185,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":345,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/209\/revisions\/345"}],"part":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/185"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/209\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=209"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=209"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revues.scienceafrique.org\/tafsiri\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}