La perception de la justice climatique dans les régions les plus vulnérables et à faible capacité d’adaptation au changement climatique : le cas de l’Afrique subsaharienne

Yanick Hypolitte ZAMBO

 

Introduction

C’est un truisme de dire que le changement climatique est réel et incontestable. Faisant partie des menaces contemporaines contre la sécurité internationale et n’épargnant aucune région de la planète, ce phénomène est causé par la concentration des gaz à effet de serre (GES)[1]. Aux termes des dispositions de l’article premier alinéa 2 de la CCNUCC (1992), on entend par changements climatiques « des changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables ».

Par ailleurs, il est judicieux de préciser que la nature de ce phénomène ne faisait pas l’unanimité par le passé. Pour les climato-sceptiques, le changement climatique actuel serait essentiellement astronomique, c’est-à-dire dû à un effet de serre naturel. En revanche, la tendance majoritaire incarnée par les scientifiques, notamment du Groupe d’Expert Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), relève qu’on est en présence d’un changement climatique anthropique. En d’autres termes, l’humain est le principal responsable de la crise climatique ambiante. Ceci dit, on convient avec Aldo Léopold (cité par Nguyen, 1998, p. 87) que « nous maltraitons la terre comme une marchandise en notre possession ». Dans son quatrième rapport de 2007, le GIEC a relevé pertinemment que « l’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du 20e siècle est très vraisemblablement dû à l’augmentation des gaz à effet de serre anthropiques » (GIEC, 2007, p. 5).

Tout bien considéré, il s’avère que « le climat […] est un point de désaccord entre États. Il est même devenu le principal terrain d’affrontement où a été mise au grand jour l’opposition entre la Chine et les États-Unis » (Touffut, cité par Ouro-Bodi, 2014, p. 308). Laconiquement, il vient de plus en plus morceler le monde. En dépit de ce désaccord et du hiatus au sujet de la nature ou de l’origine du changement climatique, l’on note une unanimité certaine consécutive à ses effets pervers. Autrement dit, qu’il soit astronomique ou anthropique, cette impasse est rédhibitoire au bien-être des individus. Ainsi, « les voix refusant d’admettre l’existence d’un réchauffement climatique d’origine anthropique se font plus rares » (Durand, 2012, en ligne). Moult phénomènes météorologiques et climatiques drastiques ont généré en l’occurrence la sécheresse, la désertification, les inondations, la montée du niveau des mers, la fonte des glaces, les ouragans, la salinité des sols ou l’acidité des océans. Eu égard à cette considération, le problème climatique est de nos jours d’une ampleur et d’une gravité inquiétante (Torre-Schaub, 2016, p. 1).

Consciente que les manifestations du changement climatique et ses effets négatifs sont un sujet de préoccupation globale (CCNUCC, 1992), la société internationale s’est mobilisée, et ceci davantage dans le dessein d’obvier au spectre climatique. Cette mobilisation s’est matérialisée au début des années 1990, plus précisément en 1992 avec l’organisation de la Conférence des nations unies sur l’environnement et le développement (CNUED) du 3 au 14 juin 1992 à Rio de Janeiro. À l’issue de cet évènement témoignant de l’évolution de la conscience écologique internationale (Piette, 1993, p. 7), un dispositif juridique prolifique a été mis sur pied. On peut donc légitimement citer ici la CCNUCC qui posa les jalons du régime international du climat. Dès lors, des rencontres décennales foisonnent dans l’optique d’éviter l’impasse. Généralement, deux politiques sont mises sur la sellette dont la commodité appert en amont à travers l’atténuation des émissions de GES et en aval via l’adaptation aux effets du changement climatique.

Au-delà des précédents développements, force est de relever que le changement climatique présente une antinomie légendaire, une lapalissade : le Nord pollue et le Sud subit. Visiblement, cette considération est révélatrice des injustices et des inégalités générées par ce phénomène. En substance, « l’injustice fondamentale du changement climatique réside dans le fait que les pays les plus vulnérables ne sont pas les premiers responsables » (Gemenne, 2008, p. 145) : il s’agit là d’une injustice spatiale ou géographique. À côté d’elle, il y a une injustice temporelle qui est d’ailleurs non négligeable et qui renvoie au fait que les générations actuelles subissent les affres de celles passées. Comme le relève avec pertinence Catherine Larrère (2015, p. 74), trois sortes d’inégalités sont induites par le changement climatique : les inégalités inhérentes aux causes ou à la contribution au changement climatique, celles liées aux conséquences et enfin celles liées à la répartition des charges. En dépit du caractère global de la crise climatique, les effets du changement climatique sont assez inégalement répartis (Larrère, 2009, p. 156; Deléage, 2008, p. 13; Sokona, 2014, p. 81). Cette répartition est polarisée et donc, à géométrie variable.

En conséquence, il apparaît que certaines régions sont nettement plus affectées que d’autres. C’est ainsi que dans son rapport de 2007, le GIEC a conclu que l’Afrique est l’un des continents les plus vulnérables[2] au changement climatique. Dans ce contexte morbide, les populations voient leurs chances de développement s’amenuiser (Guesnerie et Stern, 2012, p. 88) et leurs moyens de subsistance périclitent, d’où la revendication de la justice climatique[3] par la société civile. Pour les pays de l’Afrique subsaharienne, c’est l’espoir, mieux le symbole d’un répondant stratégique et dynamique eu égard d’une part à sa commodité au plan éthique ou déontologique et, d’autre part, à la tendance consécutive au financement des mesures d’adaptation et au transfert des technologies pour un développement durable. C’est certainement pour cette raison que l’enjeu majeur des négociations internationales est la réparation des injustices de céans (Rigot et Van Nuffel, 2011, p. 15).

Or, il n’y a pas une définition juridique de la notion de justice climatique. D’ailleurs, elle a été introduite pour la première fois dans une convention internationale à caractère universel dans l’Accord de Paris (Michelot, 2016, p. 71). Manifestement, cette propension fait le lit de l’interprétation. Pour les pays du Sud, la justice climatique serait la traduction de la justice réparatrice ou corrective, synonyme de la responsabilité historique des pays du Nord et recoupe en quelque sorte le principe pollueur-payeur. En revanche, les pays industrialisés exigent une implication réelle de ceux en développement. Ainsi, les États-Unis n’ayant pas ratifié le Protocole de Kyoto estiment que la classification des pays y afférente était arbitraire. En substance, ils clament une mobilisation accrue de certains pays en développement dans l’entreprise de réduction des émissions de GES parmi lesquels le Brésil, la Chine, l’Inde (Boisson De Chazournes, 1997, p. 706). Il s’agit là de « déconstruire l’apparente solidarité de corps du groupe des États du Sud » (Boisson De Chazournes, 2009, p. 32). Vraisemblablement, la justice climatique vue sous cet angle est un véritable labyrinthe et suscite une dissonance marquée entre les pays du Nord et ceux du Sud. Cette toile de fond, de nature à lacérer la dynamique de la lutte contre les changements climatiques, suscite une interrogation capitale qu’il convient de mettre en vedette. La justice climatique telle que perçue par les pays de l’Afrique subsaharienne intègre-t-elle les considérations éthiques? Le but de ce texte est d’analyser l’acception africaine de la justice climatique dans une perspective éthique et non dans son versant judiciaire, même si celle-ci sera mobilisée incidemment. Comme hypothèse et au regard du contexte actuel, cette perception ne s’inscrirait pas fidèlement sur les sentiers des principes éthiques et plusieurs arguments justifient ce pan.

La vérification scientifique de l’hypothèse retenue requiert la mise à contribution d’un faisceau de méthodes parmi lesquelles l’exégèse des textes inhérents au climat; l’interview des pouvoirs publics, les responsables des organisations non gouvernementales et les citoyen·ne·s ordinaires afin de recueillir leurs points de vue sur la question de la justice climatique. Empiriquement, la perception africaine de cette dernière campe concomitamment sur la victimisation des pays en développement et la responsabilité historique des pays industrialisés. Or, cette inflexion ne saurait faire florès dans le contexte de la mondialisation et surtout eu égard à la portée internationale de la crise climatique ambiante. Il est donc judicieux de repenser la justice climatique afin de l’orienter vers une perspective distributive modérée via la mise en vedette des principes éthiques. Cette tendance connote l’implication de tous les acteurs, quels que soient leur degré d’émission de GES et leur capacité de résilience.

L’existant : une justice climatique orientée vers la victimisation des pays du Sud et la responsabilité historique de ceux du Nord

Dans son discours prononcé au Bourget le 30 novembre 2015 dans le cadre de l’ouverture de la COP21, l’ancien président français François Hollande (2005) a exalté la justice climatique. En substance, il note que « c’est au nom de la justice climatique » qu’il s’exprime et que « c’est au nom de la justice climatique que nous devons agir ». Dans ce même discours, il se demande « comment accepter que ce soient les pays les plus pauvres, ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, ceux qui sont les plus vulnérables qui soient encore davantage touchés ». Ces mots à la fois évocateurs et interpellateurs appellent à repenser la justice climatique. C’est dans cette veine qu’il faut situer l’assertion d’Olivier Godard et Anne Châteauneuf-Malclès (2015) selon laquelle « la solution au problème climatique passe par le règlement des questions de justice ». D’ailleurs, la directrice générale d’OXFAM France madame Cécile Duflot (cité dans Flourens, 2018) note qu’« en matière de changement climatique, si les impacts sont surtout vécus parmi les plus vulnérables, les responsabilités sont surtout à chercher du côté des plus riches ». Il sied de constater que le Sud en général et l’Afrique en particulier constitue l’une des principales victimes de la crise climatique tandis que le Nord serait le responsable historique.

L’Afrique subsaharienne, l’une des principales victimes de la crise climatique

Comme on l’a démontré plus haut, il existe une marqueterie de perceptions de la justice climatique. Cette toile de fond fait du Sud la première victime du réchauffement climatique (Kempf, 2009). En d’autres termes, les pays du Sud estiment qu’ils sont « victimes d’une situation dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité » (Larrère, 2009, p. 158). Ainsi, le continent africain est considéré comme l’une des régions les plus vulnérables au regard de sa faible capacité de résilience ou d’adaptation. Manifestement, cette inflexion et ce penchant corroborent la différenciation dans le régime climatique. Celle-ci recouvrant une discrimination positive au profit des pays en développement ne disposant pas d’assez de moyens d’adaptation nonobstant le caractère modeste de leur contribution à la dégradation de l’environnement (Halvorsen, 1999, p. 28; Van Ypersele, 2008, p. 9). D’ailleurs, Bernard Reber (2016, p. 111) précise pertinemment que « les responsabilités comme les causes du réchauffement ne sont pas les mêmes pour chaque État ». C’est certainement dans ce sillage qu’il faut situer la place des pays de l’Afrique subsaharienne à mille lieues du déclenchement de la crise climatique et cette considération ne fait point de doute.

Toutefois, le contexte climatique actuel présente un paradoxe réel. En substance, les émissions infimes des gaz à effet de serre de l’Afrique ne recoupent pas sa place de première victime du réchauffement climatique. Cette situation, qui est de nature à brouiller la dynamique développementaliste, viendrait accentuer la précarité des populations. Ces dernières vivent au quotidien les effets âpres du réchauffement du climat à travers la déliquescence progressive et lancinante des ressources naturelles. On comprend donc le tollé et la contrariété des pays de l’Afrique subsaharienne synonyme d’une frustration manifeste s’érigeant en une revendication du droit au développement. Cette réclamation est d’autant plus importante que, de leur côté, « les pays développés veulent préserver leur mode de vie » (Vieillefosse et Cros, 2007, p. 4). Les pays du Sud estiment par ricochet que supporter la charge ou le coût de la lutte contre le changement climatique serait injuste (Auverlot et al., 2012, p. 13). C’est ce qui a fait dire à Véronique Rigot et Nicolas Van Nuffel (2011, p. 15) que « le Sud ne doit pas payer la facture climatique ». Cette propension vient revigorer la position des ministres en charge des questions d’environnement proférée lors du sommet du G8 au Japon en juillet 2008.

En prélude à cette rencontre, ces ministres s’étaient réunis au mois de mai de cette même année à Kobé. À l’issue de cette réunion de trois jours, ceux-ci avaient fixé aux pays riches un objectif de réduction d’au moins 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour eux, il revient aux pays développés de montrer l’exemple dans la lutte contre le changement climatique mieux d’indemniser les moins développés pour le tort causé (Gardiner, 2004, p. 580). Youba Sokona (2014, p. 83) suggère dans cette veine que les pays industrialisés revoient à la baisse leur consommation d’énergie afin d’assurer un équilibre développementaliste. Pour l’auteur, cette commodité permettrait aux pays du Sud d’augmenter la leur (consommation d’énergie) dans l’optique d’améliorer le cadre de vie des populations. À n’en point douter, les manifestions de la victimisation des populations de l’Afrique subsaharienne sont connues comme le loup blanc et se confirment d’année en année. À cet effet, les incommodités induites par le changement climatique sont multisectorielles. Elles peuvent ainsi être analysées au plan social, économique et environnemental entre autres. Il est judicieux de préciser que certaines analyses de cette sous-partie sont adossées sur un travail préalable (Zambo, à paraître).

D’une manière générale, un certain nombre de phénomènes climatiques génèrent et amplifient les tensions au plan social. On peut ici citer le conflit au Darfour causé en partie par le changement climatique et la dégradation de l’environnement (Lavergne, 2010, p. 73). Au Cameroun, la désertification entraîne les conflits interethniques dans la partie septentrionale, précisément dans la région de l’Extrême-Nord du fait de la raréfaction du pâturage. Ce dernier est incontestablement indispensable pour la survie et l’accroissement du bétail ou le foisonnement de l’effectif du cheptel local. Au regard de ce qui précède, il est légitime de relever que la sécurité alimentaire visée par la communauté internationale est susceptible d’être asphyxiée par le dérèglement du climat. Ainsi, le plan d’action du sommet mondial de l’alimentation (1996) retient ceci :

La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (FAO,1996, en ligne).

Visiblement, cette définition renferme quatre principales composantes. D’emblée, le pilier de la disponibilité est mis en valeur dans cette perception de la sécurité alimentaire et renvoie logiquement à l’existence de la nourriture en quantité suffisante pour l’ensemble de la population. Ensuite, la présente définition fait la part belle au critère de l’accessibilité. Ici, il est indiqué que chaque individu se procure de la nourriture, soit grâce à sa propre production, soit en disposant un pouvoir d’achat suffisant pour en acheter. En outre, il est requis que la disponibilité et l’accessibilité de la nourriture soient permanentes. La guerre ou les catastrophes naturelles par exemple ne devraient aucunement entraver la garantie de la sécurité alimentaire. C’est ce qui justifie le pilier de stabilité et de durabilité. In fine, la définition proposée comporte l’exigence de la salubrité. En dépit des efforts fournis, les phénomènes extrêmes que génère le changement climatique sont susceptibles d’enclencher la crise alimentaire, d’étioler la valeur nutritive des aliments et de retarder la croissance des enfants (FAO et al., 2018, p. 40). Pourtant, le droit à l’alimentation est un droit fondamental de l’humain consacré en droit international humanitaire et en droit international des droits de l’humain. Pour illustrer l’ubiquité des effets du casse-tête planétaire en Afrique subsaharienne et son impact sur la sécurité alimentaire, intéressons-nous à ce récit de madame Cécile Duflot :

J’étais en déplacement au Tchad il y a quelques semaines, où j’ai pu échanger avec des femmes et des hommes parmi les près de 6 millions de personnes que la sécheresse a plongées dans l’insécurité alimentaire au sahel, où les vies de 1,6 million d’enfants sont actuellement menacées par la malnutrition aiguë et sévère […]. Dans ces situations, il faut apporter une aide humanitaire d’urgence pour sauver des vies (Duflot, cité par Flourens, 2018, en ligne).

Aussi, les vicissitudes climatiques sont de nature à favoriser la transmission ou le développement des maladies. La dynamique des vagues de chaleur est susceptible d’accroître la probabilité des maladies respiratoires et celles à transmission vectorielle comme la trypanosomiase, l’onchocercose ou le paludisme. Ce dernier étant le facteur majeur de la morbidité et la mortalité, sa propagation sera accrue dans les régions présentant l’abondance des précipitations et la hausse des températures propice au développement larvaire. Classiquement, ceci peut se justifier à travers le caractère composite binaire du cycle biologique de l’anophèle. Dans la phase aquatique, le plasmodium se développe en passant de l’œuf à la larve, de larve à la nymphe. Dans la phase aérienne, quant à elle, le moustique devient adulte. Afin de contourner l’impasse, les populations sont contraintes de migrer vers des régions présentant des conditions climatiques favorables. Malheureusement, il n’existe pas à l’heure actuelle un statut juridique pour les personnes déplacées pour des raisons environnementales ou climatiques. Même la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugié·e·s ne fait aucune référence au volet écologique. Elle est plutôt sertie sur les arguments politiques. Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé (2018), le changement climatique occasionnera environ 250 000 décès supplémentaires chaque année entre 2030 et 2050 dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress thermique.

Au plan économique, la variation des caractéristiques climatiques sape manifestement la dynamique des activités agricoles, celles-ci constituant le levier de développement, une source d’emplois. Incontestablement, l’agriculture est tributaire des conditions climatiques. En Afrique, plus de 95 % de l’agriculture dépend des précipitations (Doukpolo, 2014, p. 16; Banque mondiale, 2015, p. 1). Eu égard à l’intermittence des précipitations, il devient difficile de développer les activités agricoles, d’où l’instabilité du calendrier agricole. Cette impasse vient s’ajouter à la morosité des terres arables. Dans les pays comme la Côte d’Ivoire, l’augmentation des températures entachant la fertilité des terres dans les régions agricoles du Sud-Est détruira la culture du cacao. Cette dernière représente un tiers des exportations du pays et procure un revenu à plus de cinq millions de personnes selon une étude de Jeune Afrique. Grosso modo, le réchauffement de la planète entraîne déjà en Afrique subsaharienne la décadence de la production agricole. Logiquement, cette toile de fond est susceptible d’impacter le produit intérieur brut.

Comme le relève pertinemment Marcus Boni Teiga (2011, en ligne), « c’est une lapalissade de dire que l’Afrique est un continent riche, tant elle regorge des ressources naturelles ». Malheureusement, cette commodité s’effrite progressivement et drastiquement du fait de la débâcle climatique. Ceci justifie la dégradation des ressources fauniques, floristiques et hydriques. Ce chapelet de manifestations corrobore concomitamment la victimisation et la vulnérabilité du continent africain malgré leurs faibles émissions de gaz à effet de serre. Pour le Sud, « c’est l’industrialisation, massive et ancienne, à laquelle ont procédé les pays du Nord et dont ils ont été bénéficiaires, qui est responsable des aspects principaux de la crise actuelle » (Larrère, 2009, p. 158). C’est certainement pour cette raison qu’ils doivent agir en priorité (Vieillefosse et Cros, 2007, p. 9) en tant que « coauteurs d’une négligence fautive » (Piguet, 2014, p. 17).

Les pays du Nord considérés comme les responsables historiques de la crise climatique

Pour les pays du Sud, le changement anormal du climat est dû à la politique développementaliste des pays du Nord depuis la révolution industrielle. D’entrée de jeu, il est judicieux de préciser qu’on fait fi ici des débats doctrinaux sur la segmentation des « révolutions industrielles ». Mais on retiendra que l’ère industrielle se situe à la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, raison pour laquelle il est considéré comme le « berceau de la première révolution industrielle ». En plus, le changement de paradigme développementaliste d’alors a fait de la Grande-Bretagne la superpuissance incontestée du XIXe siècle (Asselain, s. d.). Par la suite, cette ère a étendu ses tentacules dans d’autres pays européens, d’Amérique du Nord et d’Asie de l’Est. C’est au cours de cette période que l’humanité a commencé à modifier le climat de la terre par le rejet dans l’atmosphère des gaz à effet de serre (Giraud, 2004, p. 321; Maréchal et Choquette, 2006, p. 7). Une kyrielle d’inventions et d’innovations techniques émaille cette période dont la plus fameuse est l’invention de la machine à vapeur par les Britanniques Thomas Savery et Thomas Newcomen en 1712, puis développée et redynamisée par James Watt en 1769. Comme toute machine, le fonctionnement de celle-ci est tributaire de l’énergie. C’est dans ce sillage qu’il faut situer la commodité du charbon qui devenait de plus en plus indispensable dans les industries telles que la sidérurgie, le textile ou la métallurgie. Manifestement, la machine à vapeur a permis de faire fonctionner des usines, faire avancer des locomotives. Autre source d’énergie, le pétrole alimentait les moteurs à combustion interne (Favennec, 2009, p. 50). Cette invention a catalysé le remplacement efficace des méthodes archaïques ou artisanales de production, d’où l’accroissement du rendement.

Sans se lasser, la responsabilité climatique des pays développés semble faire l’unanimité et le troisième paragraphe du préambule de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques confirme cette assertion. En effet, il a été indiqué qu’à partir du XIXe siècle et tout au long de la révolution industrielle, la stratégie de développement des pays occidentaux a entraîné l’augmentation exponentielle des quantités de gaz tels que le dioxyde de carbone, le méthane (Larrère, 2015, p. 74). Cette révolution industrielle recoupe l’anthropocène, dénote l’exploitation outrancière et même machiavélique des ressources naturelles, des énergies fossiles, en l’occurrence le charbon, le gaz naturel, le pétrole.

La révolution industrielle mise en cause ici recouvre la conflictualité du rapport entre l’humain et la nature, cette dernière n’ayant qu’une valeur instrumentale (Nguyen, 1998, p. 95). Pourtant, François Tchoca Fanikoua (2002, p. 24) affirme que « détruire la nature ou épuiser ses ressources prive l’homme d’un développement durable ». Il appert par conséquent que cette course effrénée au développement se situait aux antipodes des composantes du développement durable[4]. Ce dernier est défini dans le Rapport de la commission mondiale sur l’environnement et le développement Notre avenir à tous comme « le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (Commission mondiale sur l’environnement et le développement, 1988, p. 50). Autrement dit, le développement, bien qu’étant un facteur de la satisfaction des besoins des êtres humains et de l’amélioration de leur condition de vie, doit survenir de manière à éviter de nuire à la capacité du milieu naturel d’assurer le respect des besoins d’aujourd’hui comme ceux de demain (Zambo, 2016, p. 3).

L’ère industrielle, marquée par l’utilisation démesurée des énergies non renouvelables c’est-à-dire celles dépourvues de la capacité de régénérescence, a catalysé la propagation de plusieurs gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ceci revient à dire que la révolution industrielle a entraîné la pollution industrielle. Cette dernière renvoie à la contamination des ressources biophysiques dont l’impact se fait sentir sur les éléments biologiques et l’environnement humain. Évidemment, cette entreprise ne saurait survivre à une époque qui se veut plus rationnelle, raisonnable par la promotion du développement durable. C’est ce qui a justifié assurément la nécessité d’élaborer la théorie de l’éthique de l’environnement. Selon Nguyen Vinh-De,

L’éthique de l’environnement n’est pas autre chose qu’un effort théorique pour construire et justifier des normes, qui n’autoriseraient plus les hommes à exploiter la nature de façon abusive, en vue de servir les intérêts égoïstes d’un individu ou d’une collectivité, et qui leur permettraient d’établir une relation d’un nouveau genre avec elle (Nguyen Vinh-De, 1998, p. 93).

Au regard de ce qui précède, force est de constater que la révolution industrielle est à l’image de dieu Janus dont l’aspect positif recoupe naturellement le développement ou la modernisation de nombreux pays. Toutefois, le côté sombre de cette ère est inhérent à la pollution engendrée. En d’autres termes, le réchauffement climatique actuel est la surface immergée de l’iceberg de la révolution industrielle. C’est pour cette raison que les Africain·e·s estiment être en train de payer le prix du développement des pays du Nord axé sur la surexploitation des ressources naturelles. Visiblement, la victimisation proférée recoupe leur manque d’engagement véritable en matière de climat. Certes, le changement climatique génère des injustices. Mais le contexte actuel n’augure pas de lendemains meilleurs concernant la lutte contre ce phénomène. Ainsi, dans son discours prononcé le 16 décembre 2009 au sommet de Copenhague, l’ancien premier ministre d’Éthiopie et négociateur en chef de l’Union africaine Meles Zenawi (2009) précisait que l’Afrique devrait dépasser sa « place de victime du passé » et se considérer comme actrice de l’avenir, synonyme de son implication dans la résolution du problème climatique. Pour ce faire, il est fondamental de s’arc-bouter sur la justice et l’éthique.

La prospective : la nécessité de penser une justice climatique intégrative et syncrétique via la mise en évidence des principes éthiques

L’ampleur des dégâts causés par les changements climatiques devrait davantage interpeller la communauté internationale. Ainsi, il est judicieux que chaque pays prenne conscience de l’urgence d’agir véritablement. Pour cela, il serait nécessaire de prendre en compte certaines valeurs et les principes éthiques non seulement pour les pays africains, mais également ceux du Nord.

Pour une perception africaine de la justice climatique reposant sur les principes éthiques

Il est clairement perceptible que la différenciation établie dans les années 1990 est battue en brèche de nos jours compte tenu de la place de plus en plus importante de certains pays émergents dans les émissions des gaz à effet de serre (Hanne, 2015; Bourban, 2017, p. 9). La donne change progressivement. D’ores et déjà, il est important de signaler au regard du contexte actuel que l’action autarcique d’un pays ou d’un groupe de pays n’aura point de poids. Tout au contraire, « c’est en agissant collectivement […] que les pires conséquences du réchauffement seront évitées » (Sokona, 2014, p. 81; Barstenstein, 2010, p. 227; Boisson De Chazournes, 1997, p. 700). Cette considération dénote la commodité du principe de la solidarité souvent rattachée à l’unité. Celle-ci nécessite d’être cernée sous un double plan, c’est-à-dire intra et intergénérationnel. Il s’agit de léguer à la postérité un héritage planétaire non dégradé. Un proverbe chinois illustre avec pertinence cette toile de fond : « une génération plante un arbre, la suivante profite de son ombre ». Quoi qu’il en soit, la solidarité est liée à la configuration collectiviste ou généraliste de l’intérêt de la lutte contre les changements climatiques. La protection du climat est un bien public mondial (Gemenne, 2008, p. 152), d’où la promotion des responsabilités communes.

Selon Catherine Larrère (2009, p. 157), le problème climatique ne devrait plus être considéré comme l’apanage, le luxe des pays riches ou un frein à l’émergence de ceux dits pauvres. Elle martèle et récuse l’attitude de certains pays émergents du fait de l’exacerbation de leur victimisation. Si on considère que la pollution zéro est impossible à garantir, force est de relever que même dans les pays du Sud, des actes entraînant les émissions des gaz à effet de serre y sont posés. Et le boom démographique ambiant est susceptible d’accroître la tendance. Dans l’optique d’assurer le développement durable, il leur est demandé de mener leurs actions avec précaution. Une mobilisation accrue de ces principes complémentaires serait de nature à revigorer la lutte contre la crise climatique. Cette opportunité deviendra plus importante si les pays du Nord en font autant.

La nécessité d’une intégration corsée des principes éthiques dans les politiques climatiques des pays du Nord

Signalons d’entrée de jeu que certains auteurs et autrices comme Catherine Larrère (2009, p. 159) rejettent fermement l’idée d’une responsabilité historique des pays développés. L’argument avancé est qu’à l’ère industrielle, le Nord n’était pas conscient des conséquences environnementales de leur politique développementaliste. Autre raison, les générations présentes ne sauraient payer la dette des générations passées. Ainsi, leurs actes devraient être assimilés aux événements naturels. Cette position nous semble « extrémiste », car « il existe un principe éthique général selon lequel quiconque porte préjudice à autrui doit répondre de ce préjudice et dédommager ceux qu’il a lésés » (Unesco, 2016, p. 16). Bien que la responsabilité climatique soit commune, celle-ci se veut surtout différenciée. Deux principales raisons justifient cette différenciation. D’abord le degré des émissions de gaz à effet de serre, ensuite la capacité d’adaptation : leur dénominateur commun est la prise en compte des inégalités.

Les inégalités profondes induites par le changement climatique impliquent d’une part et naturellement la solidarité technologique et financière. C’est dans cette veine qu’il faut assurer l’effectivité de la mobilisation par les pays développés de 100 milliards de dollars, engagement pris à Copenhague en 2009 et confirmé à Paris en 2015. Il est généralement admis que les pays sont économiquement inégaux en dépit de l’égalité formelle consacrée au regard du principe fondamental de la souveraineté (Barstenstein, 2010, p. 179). Ainsi, l’Afrique subsaharienne ne dispose pas d’assez de ressources pour asseoir la transition énergétique. D’autre part, les inégalités recouvrent l’équité et la justice.

Conclusion

En définitive, il était question dans ce texte de répondre à la question de savoir si la perception africaine de la justice climatique tenait compte des principes éthiques. En jetant un regard panoramique et synoptique sur la situation actuelle, il ressort de cela que cette perception ne les intègre véritablement pas et recoupe la victimisation des pays du Sud et la responsabilité historique de ceux du Nord. C’est ce qui justifie la tendance actuelle de l’Afrique concernant la réclamation du droit au développement, la demande des financements et le transfert de technologie. Il serait difficile de lutter efficacement contre le réchauffement climatique dans ce contexte où chaque partie cherche à tirer son épingle du jeu. C’est pour cette raison qu’il est impératif d’initier une révolution copernicienne, celle qui est inhérente à la mobilisation de tous les pays malgré les inégalités ambiantes. L’inaction de certains pays serait rédhibitoire à la survie de l’humanité.

Références

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  1. L’article premier de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de 1992 définit les GES comme les constituants gazeux de l’atmosphère, tant naturels qu’anthropiques, qui absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge. L’annexe A du protocole de Kyoto à la CCNUCC énumère les GES : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), les Hydrofluorocarbones (HFC), les Hydrocarbures perfluorés (PFC) et l’Hexafluorure de soufre (SF6).
  2. La vulnérabilité ici a trait à la précarité ou faiblesse d’un système naturel ou humain confronté à la variation drastique et exubérante des caractéristiques climatiques. Le Rapport du GIEC de 2007 la définit comme « le degré auquel un système naturel ou humain est sensible et incapable de faire face aux effets néfastes des changements climatiques » (GIEC, 2007, p. 89).
  3. Les mots en gras dans ce texte constituent les principes éthiques mobilisés.
  4. Le développement durable a trois piliers fondamentaux : le volet économique, environnemental et social.

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La revue NAAJ. Revue africaine sur les changements climatiques et les énergies renouvelables est sous licence Creative Commons CC BY-SA 4.0, disponible en ligne, en format PDF et, dans certains contextes, en version imprimée.

Digital Object Identifier (DOI)

https://dx.doi.org/10.46711/naaj.2021.2.1.8

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ISSN : Version imprimée

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