Volume 3, numéro 1 – 2026. Questionner les types de discours en contexte africain

Discours et migration du Nord au Sud

Nontehe Marie Katienin COULIBALY

 

Introduction

Le géographe Cris Beauchemin (2016) invite à appréhender les phénomènes migratoires au-delà de la seule immigration. Il souligne que ces flux, loin d’être unidirectionnels ou irréversibles, s’internationalisent et se complexifient. Si l’immigration se limite, au sens strict, à l’arrivée de personnes venues d’ailleurs, le concept de « migration » englobe une réalité plus vaste incluant départs, arrivées, émigrations et retours. Cette complexité est d’autant plus marquée dans le contexte africain que les données sont majoritairement produites par les pays d’accueil européens, orientant ainsi la focale sur l’immigration au détriment de l’émigration. Cette asymétrie documentaire tend à occulter les nouvelles destinations et, surtout, les dynamiques de retour. C’est sur cette problématique du retour que nous allons nous appuyer dans cette étude.

Nous assistons de plus en plus à une vague de retour de migrant·es africain·es vers l’Afrique et, comme pour l’immigration clandestine, les médias, notamment les réseaux sociaux en parlent abondamment. On entend partout la fin des expats au profit des repats. Étaient-ils tous des expats ou simplement des émigrés? Quelle différence est établie dans le discours entre ces désignations? Si différence il y a, comment se construisent-elles dans le discours sur la migration?

À travers l’examen de divers articles de presse, cette étude se propose d’analyser les angles sous lesquels sont traitées les thématiques de la migration et du retour. L’étude expose d’abord les outils méthodologiques et le corpus, avant d’analyser les titres ainsi que les concepts de repats et d’expats.

Instruments d’analyse

Dans un premier temps, notre étude va prendre en compte les titres des articles avant de s’appuyer sur leurs contenus. Nanourougo Coulibaly dans Titrologie (2021), classe le titre dans les genres qualifiés d’informatifs. Le titre de presse est donc un propos figurant sur la première page d’un journal (tribune, ventre, pied du journal ou encore au niveau du bandeau) et qui est censée porter les informations capitales, véhiculer l‘image du journal, tout en suscitant l’envie de l’acheter chez le lectorat.

Puis, nous allons nous intéresser à une analyse contrastive du discours. Sophie Moirand (1992) propose une linguistique du discours comparative qui vise à mettre en relief les différentes représentations ayant cours dans telle ou telle culture. Patricia von Münchow (2021) propose une réflexion théorique et une application méthodologique de l’analyse du discours contrastive (ADC)[1]. L’ADC s’appuie sur les travaux de l’analyse du discours à la française, enrichie par des perspectives interculturelles. Elle vise à identifier les cultures discursives et interroge les représentations mentales, sociales et discursives véhiculées par les textes.

Notre corpus est composé de deux articles de médias différents. Cette dualité a été choisie pour l’étude dans une logique comparative. Les différents médias appartiennent tous deux à des espaces différents, ce qui est censé nous aider dans l’analyse.

Le premier article est issu du journal le Point[2].

La création du magazine Le Point s’inscrit dans une volonté de renouvellement du paysage médiatique français des années 1970. En 1972, une équipe de journalistes quitte la rédaction de L’Express, reprochant à son directeur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, d’avoir transformé l’hebdomadaire en un outil de communication personnelle. L’essor de Le Point se fait grâce à des figures clés comme Claude Imbert et Olivier Chevrillon. Leur ambition est d’en faire un « news magazine à la française » qui privilégie la primauté des faits. L’exigence liée à la naissance de ce projet repose sur une dualité. L’objectif est de proposer un nouvel éditorial mais tout en demeurant attaché à la liberté de la presse. Ainsi, le principal rôle du journaliste est à la fois de rester objectif en informant le lectorat mais aussi de conserver une indépendance rédactionnelle.

Le second article est du média Jeune Afrique[3].

Le média Jeune Afrique est accessible via le lien ci-dessus et a été publié le 6 mars 2022, modifié le 10 mars 2022 à 10h10 et écrit par Marième Soumaré. Jeune Afrique est considérée comme le magazine mensuel de référence du continent Africain. Fondé en 1960 à Tunis, il offre chaque jour, sur son site internet, des informations politiques et économiques qui permettent à ses lecteurs et lectrices de mieux comprendre l’actualité africaine. Même si la rédaction est basée à Paris, le journal compte plusieurs correspondants permanents établis sur l’ensemble du continent, ainsi que plusieurs collaborateurs et collaboratrices. En plus des enquêtes, dossiers, analyses et reportages, Jeune Afrique offre à ses lecteurs et lectrices des informations exclusives. Hebdomadaire jusqu’en mai 2020, sa version papier est devenue mensuelle. Il compte désormais plus de 35 000 abonné·es, trois millions de visiteur·euses uniques tous les mois et plus de 12 millions de followers sur les réseaux sociaux. Le média dit s’engager à être la meilleure source d’informations politique et économique, ainsi que l’espace de débat privilégié de ceux qui souhaitent construire une Afrique forte, souveraine et innovante. La sélection de ces deux articles repose initialement sur l’impact de leurs titres qui, avant même l’examen du contenu, captent l’attention du lectorat.

Argumentativité et titres de presse

Le titre s’inscrit dans les genres informatifs propres à la presse écrite. Sa double fonction est essentielle : condenser l’information principale de l’article tout en captant l’attention du lectorat. Pour remplir son rôle d’accroche, il se doit d’être clair, concis et percutant, orientant immédiatement la compréhension du sujet. Pour Nanourougo, le titre est un énoncé, dans le sens où il constitue « une unité de communication relevant d’un genre » (Coulibaly, 2021, p. 29). Il peut donc être analysé dans le cadre de l’énonciation journalistique.

Ainsi, le premier titre qui est formulé comme suit : « La fin des expats, l’essor des repats? », contient, en son sein, une modalité interrogative qui se rencontre dans une situation d’échange ou d’interlocution et se matérialise par la présence du point d’interrogation (?). L’interrogation présuppose l’existence d’un interlocuteur appelé à répondre. On peut conclure qu’il s’agit là, soit d’une question rhétorique, qui n’attend pas de réponse et qui permet au journaliste d’exprimer une émotion, ou un point de vue, soit de l’expression du doute ou d’une hésitation du journaliste. En filigrane, ce procédé permet d’introduire une part de subjectivité ou de doute, invitant le lectorat à s’interroger sur la complexité des réalités migratoires décrites. Dans ce sens, « ce procédé de l’interrogation oratoire, employé tant à l’oral qu’à l’écrit, permet de produire différents effets, selon le contexte. On l’utilise notamment pour piquer la curiosité, pour orienter la pensée, pour suggérer une évidence »[4]. Il est donc possible de voir dans cet usage, la recherche de la construction, pour le journaliste, d’un titre incitateur. De plus, il y a comme un jeu de mots dans l’usage et la résonnance de « expats » et « repats ».

Le second article, titré quant à lui, « Paroles de « repats » : ces Français d’origine africaine qui ont fait le choix du retour », avec sa modalité déclarative, affirme et montre ainsi qu’il détient une vérité et justifie sa crédibilité. Cette assertion semble révéler d’une conviction du journaliste locuteur. L’usage de la ponctuation, les deux points, à valeur d’explication, permet au journaliste de préciser la première partie du titre. « Les deux points, ayant un rôle démarcatif, distinguent nettement le thème et son développement rhématique, selon la structure informationnelle suivante » (Do-Hurinville, 2012, p. 24). Cette valeur de précision peut permettre de mettre en valeur une partie précise du titre. Dans notre exemple, il ne s’agit pas de contraste mais de complémentarité car les différentes parties du titre se complètent et s’expliquent. Aussi, dans son libellé, ce titre exprime clairement que le retour est un choix. Aussi, on peut noter la ressemblance entre repatrié·e et rapatrié·e. Le premier est utilisé dans cet article et semble être opposé au second. Le mot « rapatrié » est défini comme : « ramener, faire revenir une personne ou un ensemble de personnes dans leur patrie, leur pays d’origine » (Cf. site dictionnaire académie). Cette définition montre bien que le rapatrié ou la rapatriée n’exprime pas forcément le choix délibéré de rentrer dans sa patrie. Le verbe ramener suppose que c’est une autre personne ou entité qui aide au retour. Cela induit donc que l’individu n’est pas en capacité de retourner par ses propres moyens. Si le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) promeut « le rapatriement volontaire des réfugiés quand certaines conditions préalables sont réalisées » (Do-Hurinville, 2012, p. 25), cela suppose donc que les rapatriements forcés sont toujours actuels.

La titraille, en plus de prendre en compte l’énoncé, implique aussi la rubrique, et les sous-titres qui apparaissent autour du titre. Ainsi, le premier article qui est du journal Le Point est inscrit dans la rubrique économie. Cela va justifier donc l’ancrage que va prendre l’article. Le second de Jeune Afrique, est tiré d’un dossier intitulé : « Diversité, une hypocrisie française ».

De plus, ces deux titres positionnent deux lexèmes qui nécessitent définitions mais aussi contexte pour mieux appréhender la suite. Il s’agit des mots « expats » et « repats ». La notion de repat dans le titre de Jeune Afrique est liée au mot retour, ce qui semble induire ou faciliter la définition. En revanche, Expat est le diminutif du mot expatriation. Ces deux termes sont opposés dans le titre du journal Le Point, parce qu’ils expriment justement deux réalités contraires. Quant au titre de Jeune Afrique, lui, il fait un parallèle entre repatrié·e et rapatrié·e. Si l’expatrié·e est une personne qui quitte son pays pour vivre à l’étranger (Cf. le site), il peut être souvent pris dans le sens d’exilé ou émigré (Expatrier quelqu’un. L’obliger à quitter sa patrie, l’exiler) (Cf. le site). La notion de repat, quant à elle, est issue de repatrié·e, du verbe « rapatrier», venant du latin repatriare qui signifie « rentrer dans sa patrie » (Cf. site dictionnaire académie). L’usage donc de repatrié·e semble revenir à celle du moyen français; repat est dit, plus courant et facile, par rapport à rapatrié·e. Si la différence semble être une question d’orthographe, dans les articles on perçoit une idée de choix délibéré pour saisir des opportunités. C’est peut-être pour cela que le terme est opposé directement à expatrié·e mais semble être en marge de celui de rapatrié·e. Dans l’implicite, on peut considérer la notion de rapatriement comme ayant une charge quelque peu négative (des rapatrié·es qui viennent chez eux par défaut ou à l’aide d’organisations humanitaires ou presque forcés au retour), pourtant celle plus courante de repat, cible une autre catégorie de personnes qui reviennent par leur propre moyen et qui ont décidé du choix du retour. Partant de ce fait, quelle différence peut–on établir entre ces deux titres?

Analyse contrastive de la notion « repats » dans le discours

L’analyse du discours contrastif (ADC) de Patricia von Münchow, nous propose une méthode pour comparer les cultures discursives à travers les productions verbales. Dans les deux articles issus de différents médias mais aussi de différents domaines et sphères géographiques, la question des repats est vue sous différents angles.

Les raisons des retours ou motivations économiques des repatrié·es

L’article du journal Le Point, se plaçant dans le domaine de l’économie, justifie la direction ou la posture de son contenu. Dans l’introduction du propos, le locuteur établit le décor, en parlant des investisseurs européens en Afrique et des difficultés auxquelles ceux-ci essaient de faire face. Ce contraste des difficultés, dans l’amorce de l‘article, est fait avec des exemples et des solutions qui semblent porter ses fruits. Selon le journal Le Point : « Le premier facteur de réussite pour les entreprises françaises est l’intégration d’un partenaire « enlocalisé » fiable ».

Le choix du lexique, comme le montre cet exemple, va dans ce sens : « facteur de réussite », « intégration », « enlocalisé ». Ce dernier mot semble être un néologisme qui n’est pas expliqué par le locuteur journaliste mais qui trouve sa définition dans la phrase. Le verbe « localiser » dont il est issu, désigne l’endroit où se situe quelque chose. Ainsi, le mot peut être mis en parallèle avec un autre dans la suite du développement du journaliste, c’est celui de « local content », comme il apparait dans le journal Le Point : « On constate que le phénomène du recours aux expatriés européens pour travailler en Afrique est en train de laisser le pas à d’autres types de recrutement : le « local content » devient la norme ».

Le concept de local content ou contenu local en français, est une stratégie qui vise à maximiser les retombées économiques et sociales d’un projet au profit du pays hôte. De manière concrète, une des choses qu’inclut le local content c’est l’emploi local. Et c’est ce dont il est question et c’est le principe ou la logique des repats. Le lexique de l’ensemble de l’article tourne donc autour des avantages d’avoir des repats. Vu que l’article s’inscrit dans le contexte économique, le journaliste évalue les avantages de ce type de recrutement en comparaison avec celui d’expatrié·es. On a pour preuve les comparaisons effectuées, suivantes : « Ce phénomène s’explique par la combinaison de deux tendances : d’une part, le niveau des cadres africains s’est considérablement amélioré (70 % des étudiants africains en MBA veulent se relocaliser en Afrique), d’autre part ils sont généralement moins chers que les expatriés (leur package de mobilité est souvent moins étoffé) » (Le Point).

L’usage des locutions adverbiales peut introduire deux aspects d’une même idée ou deux arguments distincts, souvent dans le cadre d’une comparaison ou d’une opposition. Ici, le journaliste compare et oppose en même temps expat et repat. Il utilise également, « moins cher que » et « considérablement ». Cela permet de donner le degré ou le niveau d’une chose, toujours dans une logique comparative. Ces différents termes indiquent le bien fondé du choix des repats dans les entreprises. Les raisons énumérées sont diverses :

Ils mêlent légitimité, « intérêt personnel à l’avancement du continent », mais également intelligence émotionnelle, capacité à repérer les tendances de fond et les signaux faibles. Séniorité entre pairs, joutes verbales, plaisanteries, salutations et systèmes d’allégeances implicites, posture, non-dits, etc. sont autant de codes sociétaux qui ont toute leur place dans une relation commerciale réussie. Respecter ces codes, c’est mettre en place un climat de confiance avec ses partenaires locaux et construire une relation de long terme (Huet et al., 2019, en ligne).

Le fait donc que le repat soit dans un environnement qu’il connaît ou un espace avec lequel il a des liens ou des intérêts. Et l’article l’illustre bien en faisant la corrélation suivante : « intérêt personnel à l’avancement du continent », le respect des codes sociétaux = climat de confiance=relation commerciale réussie à long termes… En somme, le journal Le Point s’intéresse aux bienfaits économiques de l’emploi des repats, à l’opposé des expats que ce soit pour le continent que pour les entreprises qui s’implantent en Afrique.

Raisons de retour : stéréotypes et mal-être

Pour ce qui est de l’article de Jeune Afrique, il débute en montrant les difficultés auxquelles « ces Français d’origine africaine» (comme cité dans le titre) faisaient face. Cet article se proposant de donner la parole aux repats, le fait directement sans autre forme de procédure. Le sous-titre le marque bien, en énonçant : « Diversité : une hypocrisie française […] Découragés par les discriminations, anxieux face à la montée de l’extrême droite, de nombreux Français d’origine africaine ont décidé de prendre un aller simple pour le continent. Et tous s’en félicitent. Témoignages » (Jeune Afrique).

Rappelons que le sous-titre a pour rôle de compléter, préciser et enrichir l’information. Il sert à clarifier le sujet de l’article, à susciter l’intérêt du lectorat et à améliorer la lisibilité et la compréhension du texte. En lisant, ce sous-titre, la raison principale des retours apparait explicitement : ce sont les discriminations. L’adjectif qualificatif « Découragés », qui s’accorde avec « de nombreux Français », marque l’état qui pousse ces personnes à vouloir revenir en Afrique ici désignée par le groupe nominal « le continent ». La désignation même de ces repats, « Français d’origine africaine », en plus de désigner la nationalité « française » des personnes, le groupe prépositionnel, complément du nom, « d’origine africaine », vient modifier voire qualifier le nom « français ». Ensemble, ce groupe permet de décrire la situation de toute personne ayant la nationalité française mais dont les ancêtres sont originaires d’Afrique. Elles sont aussi désignées comme étant des « ex-Afropéennes». Le préfixe ex pour signifier l’état antérieur et afropéenne, formé du préfixe « afro» en référence à Africain et du suffixe « péene » pour Européen. Ce terme désigne une personne d’ascendance africaine subsaharienne, née ou élevée en Europe. Il est utilisé pour décrire une identité culturelle spécifique, celle d’une personne qui a des racines en Afrique mais qui a grandi et s’est développée en Europe, créant ainsi une culture hybride. L’afropéanité est donc une notion qui englobe à la fois l’héritage africain et l’expérience européenne (https://palaisdetokyo.com/glossaire/afropeenne).

Les raisons de retour, les difficultés énumérées dès le départ, sont rapportées par le journaliste :

Il y a Ina, qui s’est vu refuser la location d’un appartement parce que son dossier était « trop beau pour être vrai », selon la propriétaire, qui a cru bon d’ajouter : « On connaît les arnaques des Africains ». Ou Aminata, qui garde un souvenir douloureux des nombreux contrôles de police auxquels elle assistait, enfant, quand elle se promenait dans les rues de Paris avec son père (Soumaré, 2022, en ligne).

Le titre de l’article disait que la parole allait être donnée aux repats. On voit donc des extraits de discours rapportés entre guillemets. En rapportant donc les paroles des repats, le journaliste décide de garder certains propos entre guillemets. Ce style de discours direct rapporté peut aider à mettre en valeur des expressions ou des propos. Le fait de citer « trop beau pour être vrai » et « on connait les arnaques des Africains » montre que le journaliste veut rapporter ces propos à l’identique, ne veut donc pas se permettre de les diluer ou modifier. Ce qu’il va traiter plus loin de « petites remarques soi-disant bienveillantes » aide à décrire par la suite les « actes de racisme ordinaires », donc les stéréotypes en circulation sur les Africains. Le stéréotype est défini comme étant « une croyance, plus ou moins partagée, concernant un groupe social déterminé » (Alfredo Lescano, 2013b). C’est donc une représentation simplifiée et généralisée d’un groupe social, souvent basée sur des croyances partagées et transmises, qui peut influencer la manière dont les individus sont perçus et traités.

Ainsi, dire « On connait les arnaques des Africains » suppose que les Africains sont des arnaqueurs. L’exemple de Aminata, avec les contrôles de Police, dévoile un autre stéréotype : les Africain·es sont dangereux ou sont des sans-papiers. Le lexique que va utiliser Ina par la suite, pour raconter son expérience et son choix du retour, montre toujours ces stéréotypes. On a par exemple : « racisme», « islamophobie», « sectarisme» et « communautarisme ». Tous ces termes, à caractère négatif, expriment la crainte de celle qui parle et illustrent ainsi les raisons de son retour vers l’Afrique.

Conclusion

Les titres des différents articles choisis pour constituer le corpus, par leurs formulations ont permis non seulement d’entamer l’analyse, mais aussi, de poser les notions d’« expats » et de « repats » comme des objets sociaux discursifs, porteurs de valeurs, de normes et de tensions culturelles. L’analyse contrastive révèle les inégalités symboliques dans la manière dont les mobilités sont racontées, légitimées ou invisibilisées. On voit alors qu’en fonction des espaces, le même thème, en l’occurrence celui des repats est abordé sous différents angles. Ces repats sont décrits comme remplissant les conditions requises pour aider au développement des compagnies et entreprises étrangères installées en Afrique dans l’article du média Le Point. Mais pour Jeune Afrique, ce retour est motivé par les conditions difficiles de vie en Europe et particulièrement en France avec l’exemple d’Ina et d’Aminata. Si dans le premier cas, ce retour est montré comme stratégique et bénéfique, dans le second, il est motivé par des craintes et est souvent mal vu par les pairs ou les parents. En fonction donc des sphères, le discours sur les repats est abordé différemment et répond à des motivations diverses : « Nos parents sont partis pour réussir, on revient pour les mêmes raisons » (Jeune Afrique).

Références bibliographiques

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Corpus

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Marième Soumaré. 2022. Paroles de « repats » : ces Français d’origine africaine qui ont fait le choix du retour. https://www.jeuneafrique.com/1308007/societe/paroles-de-repats-ces-francais-dorigine-africaine-qui-ont-fait-le-choix-du-retour/



Pour citer cet article

COULIBALY, Nontehe Marie Katienin. 2026. Discours et migration du Nord au Sud. Magana. L’analyse du discours dans tous ses sens, 3(1), en ligne. DOI : 10.46711/magana.2026.3.1.12

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La revue MAGANA. L’Analyse du discours dans tous ses sens est sous licence Creative Commons CC BY-SA 4.0, disponible en ligne, en format PDF et, dans certains contextes, en version imprimée.

Digital Object Identifier (DOI)

https://dx.doi.org/10.46711/magana.2026.3.1.12

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ISSN : Version en ligne

3093-4184